Comptoir Suisse, Lausanne - Impression générale/résumé

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PROTECTION SUISSE DES ANIMAUX PSA COMPTOIR SUISSE 1 Comptoir Suisse, Lausanne 19.–28.9.2014, visite du 25.92014 Impression générale/résumé Au Comptoir Suisse à Lausanne étaient présentés cette année des animaux de rente (vaches, mou- tons, chèvres, cochons), des chevaux, des chats, des lapins, des volailles domestiques (canards, poules), des pigeons, divers oiseaux d’ornement et des tortues. Les lapins ainsi que les volailles domestiques et d’ornement étaient primés.

L’exposition animalière avait lieu dans trois halles communicantes (halles 13/15/17). Lors de la visite, une présentation équestre se déroulait dans une halle (halle 10). Dans l’ensemble, il régnait une atmosphère agréable. Le niveau sonore était assez bas, toutefois les criaillements des grands perroquets et cacatoès troublaient régulièrement la tranquillité. La température qui régnait dans les halles s’élevait à environ 19 – 21 °C, pratiquement sans courants d’air.

Il était interdit de fumer. Les chiens n’étaient pas autorisés dans les halles et il n’y avait pas non plus de chenil. Il n’y avait pas de races ou d’espèces d’animaux problématiques (par sélection entraînant des malformations) sur le plan de la protection des animaux, à l’exception de canaris huppés, de grands perroquets et de cacatoès. Il n’y avait pas non plus de zoo câlin. Les visiteurs ne peuvent pas toucher les animaux, à l’ex- ception de quelques petits animaux sortis des enclos par les éleveurs et les animaux de rente qui cherchent d’eux-mêmes le contact le long du grillage. Il était interdit de nourrir les animaux, ce qui a été respecté pendant la visite.

Dans cette foire, la détention des animaux est acceptable, voire bonne. La majorité des animaux donnaient l’impression d’être vifs et en bonne santé. Nous n’avons détecté aucun signe de stress sauf chez certains oiseaux qui (probablement de nature) paraissaient nerveux comme les estrildidés et les inséparables. Les enclos étaient propres et généreusement couverts de litière en ce qui concerne les animaux de rente, chevaux, lapins et volaille. Nourriture et eau étaient disponibles.

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PROTECTION SUISSE DES ANIMAUX PSA COMPTOIR SUISSE 2 L’espace offert variait fortement; certains enclos étaient généreusement dotés (détention à l’ex- térieur des chèvres, enclos des chèvres de Gessenay et des chèvres chamoisées, vaches mères, quelques lapins et oiseaux d’ornement). Le rôle d’exemple à suivre a été bien exercé par la foire. En revanche, d’autres enclos étaient calculés au plus juste, voire inférieurs aux dimensions mini- males de l’ordonnance sur la protection des animaux (OPAn) (chèvres, chevaux Curly, lapins de grande taille). Lorsque la détention est limitée dans le temps et autorisée par l’office vétérinaire compétent, des dimensions inférieures ne sont toutefois pas illégales. La PSA est pourtant d’avis qu’une exposition d’une dizaine de jours ne pouvant plus être considérée comme temporaire, il faudrait au moins proposer les dimensions minimales. N’oublions pas qu’une exposition d’animaux devrait servir d’exemple aux visiteurs et présenter des détentions respectueuses des besoins des animaux au lieu d’enclos aux dimensions minimales. A notre sens, l’office vétérinaire responsable de l’inspection de la détention devrait impérativement insister davantage sur ce point. Par exemple, quelques installations comme celles des poules étaient visibles de tous côtés et ne proposaient pas de possibilités optiques de retrait. Or, quand les enclos sont calculés au plus juste, une occasion de se retirer ou au moins une protection contre les regards sur un ou deux côtés est d’autant plus importante. Certaines volières et cages à lapins ainsi que l’enclos des co- chons en ont heureusement tenu compte.

Un aménagement conforme aux besoins de l’espèce supposait des améliorations; les volailles et les pigeons manquaient de nids, les estrildidés de corbeilles pour dormir. Le sable pour oiseaux manquait la plupart du temps, il en allait de même pour la possibilité de se baigner (pigeons, nombreux oiseaux exotiques). Enfin, chez les lapins, il manquait souvent le matériel pour ronger. Il aurait été souhaitable que les chèvres disposent de surfaces pour s’étendre et de possibilités de grimper. Par contre, la litière généreuse des enclos (animaux de rente, chevaux, lapins et volaille) qui donnait également une occupation aux animaux, mérite d’être saluée. Présentation détaillée de l’exposition Animaux de rente Responsables Bovins: Fédération Vaudoise des Syndicats d’Elevage, Mutterkuh Schweiz Chèvres et moutons: différents éleveurs de Suisse romande Conditions générales de détention Le Comptoir Suisse présentait cette année 44 génisses, 27 chèvres et 37 moutons de diverses races ainsi que 11 cochons. A part un veau qui a toussé plusieurs fois, l’ensemble des animaux donnait l’impression d’être bien soignés et en bonne santé. Tous les animaux avaient suffisamment de litière, de nourriture et d’eau

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PROTECTION SUISSE DES ANIMAUX PSA COMPTOIR SUISSE 3 Précisions • La Fédération Vaudoise des Syndicats d’Ele- vage présentait 20 vaches et 10 génisses des races Simmental, Red-Holstein, Hols- tein-Friesian et race tachetée brune suisse. Les animaux étaient à l’attache dans des étables traditionnelles d’une largeur d’en- viron 120 cm et d’une hauteur d’environ 200 cm par vache. • La même association exposait quatre veaux dont deux de race Simmental, un Red-Hols- tein, et un Holstein-Friesian dans un enclos mesurant environ 330 x 350 cm. Un veau a toussé plusieurs fois. • L’association Vache mère Suisse exposait dans cinq enclos aux vastes dimensions chaque fois une vache et son veau (ill. 2) des races Charolais, Simmental, Angus, Blonde d’Aquitaine et Aubrac. Le plus petit des enclos mesurait environ 500 x 550 cm. • Quatre aubettes d’environ 260 x 260 cm abritaient chaque fois trois à quatre chèvres de races différentes: 3 chèvres paon, 3 chèvres mohair, 4 chèvres Boers et 4 grandes chèvres de race et d’origine incon- nues (ill. 3). Dans ce dernier cas, l’espace était trop réduit par rapport au nombre d’animaux. Il n’y avait pas de matériel pour s’occuper, ni de possibilités de grimper ni de couchettes en hauteur. Comme les enclos étaient petits, les visiteurs pouvaient ca- resser les animaux s’ils s’approchaient des grilles.

• Un enclos d’environ 1000 x 1700 cm abri- tait trois chèvres de Gessenay et six chèvres chamoisées (ill. 4). L’enclos était muni d’une construction en bois qui offrait de nombreuses possibilités de grimper, de se coucher en hauteur et de se protéger des re- gards des visiteurs. Il y avait de l’eau, mais en quantité limitée. • Un enclos de plus de 100 m2 se trouvait juste à côté de l’entrée principale, avec au moins quatre chèvres (race non définie). Une cabane permettait aux animaux de s’abriter des intempéries et des regards. Le toit servait également de surface de repos en hauteur. Outre l’herbe du pré, il y avait du foin; en revanche l’eau n’était pas visible, mais il reste à espérer qu’il y en avait dans la partie de ALLE BILDER ZVG ill. 2 : Les vaches mères et leurs petits étaient installés dans des boxes aux dimensions géné- reuses.

ill. 3: Fortes variations dans la détention des chèvres. Ces animaux se trouvaient dans des boxes trop petits et sans structures. ill. 4: Les chèvres de Gessenay et les chèvres chamoisées avaient un grand enclos à disposi- tion avec une tour pour grimper.

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PROTECTION SUISSE DES ANIMAUX PSA COMPTOIR SUISSE 4 l’écurie que l’on ne pouvait pas voir. • Huit aubettes mesurant environ 260 x 260 cm abritaient de quatre à six moutons séparés par race: quatre Dorper, quatre Blancs des Alpes, quatre Charolais Suisse, cinq Ouessant, six moutons Roux du Valais, six Nez noir du Valais, trois Texel, un mouton à viande à tête brune et six Char- moises. Aucune possibilité de retrait. Les animaux proches de la grille pouvaient être caressés par les visiteurs.

• Une truie mère (grand porc blanc suisse) avec dix porcelets était installée dans un enclos d’environ 580 x 200 cm (ill. 5). L’enclos était divisé en deux, dont une partie accessible seulement aux porcelets (environ 100 x 200 cm). L’enclos communautaire était partiellement recouvert d’un toit, ce qui permettait aux animaux de se mettre à l’écart des visiteurs. Evaluation du point de vue de la PSA Globalement, la plupart des détentions d’animaux de rente exposés faisaient bonne impression. Les enclos étaient bien pourvus de litière, propres, et les animaux donnaient l’impression d’être en bonne santé et détendus. Signalons comme particulièrement exemplaires les enclos aux vastes dimensions de Vache mère Suisse et l’enclos pour les chèvres de Gessenay et les chèvres chamoi- sées, qui était très spacieux et offrait de nombreuses possibilités de grimper. La détention des cochons était elle aussi exemplaire en ce qui concerne l’espace, la litière et les possibilités de retrait. Toutefois, certaines détentions pouvaient donner prise à la critique. La place disponible dans les aubettes des moutons et des chèvres était parfois très juste par rapport au nombre d’ani- maux détenus et dans un cas était même inférieure aux dimensions minimales inscrites dans la loi. La PSA est toutefois d’avis qu’une exposition d’une dizaine de jours ne pouvant plus être considérée comme temporaire, il faudrait au moins proposer les mêmes conditions que pour une détention permanente.

Les aubettes des moutons et des chèvres n’offraient pas de possibilités de se retirer loin des visiteurs qui pouvaient caresser les animaux s’ils étaient près des grilles. La majorité des chèvres n’avait ni surface en hauteur ni possibilité de grimper, ce qui est justement essentiel pour le bien- être des chèvres. Etant donné qu’une foire a une fonction d’exemple, une meilleure structure et davantage de place auraient été souhaitables.

ill. 5: Les cochons pouvaient se retirer des visiteurs dans la section couverte.

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PROTECTION SUISSE DES ANIMAUX PSA COMPTOIR SUISSE 5 Chevaux Responsables Haflinger, Franches-Montagnes, Demi-sang suisse: Syndicat Vaudois d’élevage chevalin Poneys: Syndicat d’élevage le Poney Romand Chevaux Curly: Chevaux de Naya Conditions générales de détention Les 18 chevaux exposés étaient installés chacun dans un boxe, sauf les juments avec poulain qui étaient dans un boxe avec leur progéniture. Tous les animaux avaient suffisamment de litière et d’eau. Le foin n’était disponible qu’en quantité très limitée sur le sol. Il n’y avait pas de possibili- té de retrait. À l’exception de deux animaux, les chevaux donnaient l’impression d’être vifs et en bonne santé.

Précisions • Cinq boxes d’environ 400 x 280 cm accueil- laient les chevaux Franches-Montagnes, Haflinger et Demi-sang suisses. Trois boxes étaient occupés par les juments avec leur poulain. Dans un boxe, il y avait une jument demi-sang suisse de 21 ans, au pelage terne (ill. 6). Un boxe était vide au moment de la visite. • Dans six boxes d’environ 280 x 280 cm se trouvaient les poneys Shetland, Welsh et suisses A. Un boxe abritait une jument poney et son poulain; dans les cinq autres boxes, il y avait chaque fois un animal seul. Un poney était à vendre. • Trois boxes mesurant environ 280 x 280 cm accueillaient des chevaux Curly. Les dimen- sions étaient inférieures aux dimensions minimales figurant dans l’OPAn (9 m2 par cheval) si on les comparait à la hauteur du garrot! Un des chevaux semblait complète- ment absent (ill. 7).

Evaluation du point de vue de la PSA La détention des chevaux ne remplissait pas son rôle de modèle, étant donné l’absence de possi- bilités de retrait et l’espace disponible parfois exigu. L’espace limité pourrait éventuellement être toléré si les chevaux étaient remplacés par d’autres au bout d’un ou deux jours; s’ils doivent rester dans ces boxes pendant toute la durée de l’exposition, les conditions de détention sont préoccupantes du point de vue de la protection animale.

Les boxes étaient propres et recouverts d’une bonne litière. Hormis la litière, il manquait d’autres possibilités de s’occuper (comme les brosses, le foin en quantité suffisante ou des pierres de sel à lécher). La majorité des animaux paraissait en bonne santé, sauf un cheval bien maigre et au poil terne, et un cheval qui donnait l’impression d’être absent. ill. 6: Cette jument d’un certain âge était très maigre.

ill. 7: Les boxes des chevaux Curly étaient calculés trop juste. De plus, ce cheval donnait l’impression d’être absent.

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PROTECTION SUISSE DES ANIMAUX PSA COMPTOIR SUISSE 6 Lapins Responsables Diverses associations de petits animaux de Suisse romande Conditions générales de détention La grande partie des lapins (68 animaux) étaient détenus seuls dans des cages d’exposition. Envi- ron 21 lapins étaient détenus en groupes (notamment des lapines avec leurs petits) dans des enclos plus vastes. La litière de paille était généreuse dans tous les enclos; il y avait du foin, des pellets et de l’eau pour les animaux. Dans certains enclos, il y avait une branche en bois dur à ronger, mais la majorité des lapins n’avaient pas le matériel à ronger prescrit par l’ordonnance (ou du moins ce n’était pas visible en raison de l’épaisseur de la litière). Tous les animaux donnaient l’impression d’être bien soignés et en bonne santé. Les lapins étaient primés et certaines cages portaient la mention que les animaux étaient à vendre. On a observé une fois comment un éleveur sortait un lapin de l’enclos pour que des enfants puissent le caresser. Précisions • Huit animaux de grandes races étaient logés dans des cages d’environ 100 x 100 x 110 cm. Les cages étaient munies sur trois côtés de pro- tection contre les regards et même sur une partie du devant; certes, les lapins étaient ainsi protégés contre les visiteurs, mais ils n’avaient pas de contact avec les autres ani- maux.

• Les 60 animaux restants (races de taille moyenne à grande) étaient installés dans des cages d’environ 70 x 70 x 90 cm (ill. 8). Alors que ces dimensions sont encore conformes à la loi pour des animaux de petites races, elles ne suffisent pas à des lapins plus lourds! Ces cages étaient elles aussi munies de protection contre les re- gards sur trois côtés. • Deux groupes de lapins avaient des enclos de 220 x 220 x 130 cm. L’un abritait une lapine (grande race) avec sept lapereaux déjà auto- nomes, dans le deuxième enclos il y avait cinq lapins nains tête de lion (ill. 9 & 10). Les cages étaient placées dans la halle et on pouvait regarder de tous les côtés; la seule possibilité de re- trait était une maisonnette qui était trop exiguë pour abriter tous les animaux en même temps. ill. 8: La place était calculée trop juste pour les grandes races de lapins.

ill. 9: De nombreux enclos étaient visibles par tous les côtés et étaient littéralement assiégés par les visiteurs. ill. 10: En dépit de l’espace, il n’y avait qu’une petite cabane pour se retirer.

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PROTECTION SUISSE DES ANIMAUX PSA COMPTOIR SUISSE 7 Les lapins nains tête de lion ont reçu de la nourriture fraîche pendant la visite. Il n’y avait de matériel à ronger dans aucune cage. • Deux autres groupes de lapins se trouvaient dans des enclos de 150 x 150 x 130 cm. Dans un enclos, il y avait trois lapins d’une petite race, dans un deuxième une lapine (grande race) avec quatre petits. Là aussi, les animaux étaient visibles de tous côtés et la maisonnette, seule possibilité de retrait, ne pouvait pas abriter l’ensemble des animaux.

Evaluation du point de vue de la PSA Les animaux exposés étaient bien soignés et en bonne santé, les enclos propres et équipés a mi- nima (litière, fourrage avec fibres, eau). En revanche, il n’y avait pas matériel à ronger dans tous les enclos comme il est pourtant prescrit par la loi. L’espace disponible variait fortement. Tandis que les lapins détenus en groupes avaient des enclos d’une taille exemplaire, les lapins détenus seuls n’avaient que peu de place. C’était parti- culièrement frappant pour les lapins des catégories lourdes où la surface était inférieure aux pres- criptions de l’ordonnance sur la protection des animaux. Ce qui serait tolérable pour une détention temporaire d’un ou deux jours est douteux pour une exposition d’une durée assez longue. Dans ces conditions, il faudrait au moins proposer les mêmes conditions que les prescriptions de l’ordonnance sur la protection des animaux pour une détention permanente, puisque les expositions ont une fonction de modèle.

La majorité des lapins étaient installés seuls dans des enclos, ce qui est légal et, pour l’exposi- tion, probablement ce qu’il y a de plus pratique. Il n’en reste pas moins que ce n’est pas conforme aux besoins des animaux qui, dans la nature, vivent en groupes familiaux et en colonies. Les enclos qui accueillaient des groupes étaient visibles de tous côtés par les visiteurs et la cabane ne suffisait pas à tous les animaux. Vu la taille généreuse des enclos, il aurait été possible d’y installer quelques maisonnettes ou autres possibilités de retrait, du fait que les enclos étaient parfois littéralement assiégés par les visiteurs.

Certains animaux étaient à vendre. La PSA est critique vis-à-vis d’offres de ce genre pendant une foire, étant donné qu’elles peuvent inciter les visiteurs à des achats spontanés.

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PROTECTION SUISSE DES ANIMAUX PSA COMPTOIR SUISSE 8 Volaille domestique et pigeons Responsable Petits animaux Vaud. Conditions générales de détention 73 poules adultes de différentes races, 11 poussins, 5 canards, 2 faisans argentés et 47 pigeons étaient installés par groupes dans les enclos d’exposition des halles 13 et 15. En outre, l’Associa- tion des producteurs d’œufs suisses GalloSuisse présentait une poussinière dans la halle 14. Les volières couvertes d’une litière de débris de paille ou de copeaux de bois donnaient dans l’ensemble l’impression d’être propres. Presque toutes les volières de poules (sauf les Orpington) ainsi que les volières de pigeons étaient équipées de perchoirs en bois naturel. Les animaux avaient de l’eau et de la nourriture, mais le sable ou le gravier n’était pas visible. Les animaux donnaient l’impression d’être bien soignés et en bonne santé. Les visiteurs ne pouvaient pas toucher les ani- maux dans les volières. Toutefois, nous avons observé deux fois comment les éleveurs sortaient une poule de l’enclos pour que les gens puissent la voir et la caresser.

Précisions • Deux poules et un coq de différentes races étaient installés dans 20 volières carrées mesu- rant 150 x 150 x 150 cm et dans une volière mesurant 150 x 150 x 130 cm. La majorité des volières étaient visibles de tous les côtés; hormis les perchoirs et les points de nourriture et d’eau, il n’y avait aucune structure dans les volières (ill. 11). Il n’y avait pas de nids pour les poules.

• Une volière aux dimensions de 300 x 300 x 150 cm abritait six poules Orpington. La volière était visible de tous les côtés. Sachant qu’elle était décorée d’une table recouverte, les poules pouvaient s’y abriter des regards et se mettre à l’abri des visiteurs. Il n’y avait pas ni perchoirs ni nids. • Trois poules et un coq étaient placés dans une volière mesurant 220 x 220 x 130 cm. La vo- lière n’était visible que de deux côtés.

• Dans une volière de 150 x 150 x 150 cm, il y avait deux canards mandarins et trois canards Rouen-Clair (un canard mâle et deux canes). Deux volières contenaient un bain mesurant 60 x 60 cm et profond de 15 cm (ill. 12). Tandis que l’eau des Rouen-Clair donnait l’impres- sion d’être à peu près propre, celle des mandarins était assez sale. Il n’y avait pas d’eau à boire séparément. La volière était visible de deux côtés. Il y avait une fougère comme protec- tion optique pour les mandarins, tandis que les Rouen-Clair n’en avaient pas du tout.

• Deux faisans argentés du Sud de la Chine se trouvaient dans une volière de 220 x 220 x 140 cm. La volière était visible d’un côté uniquement et décorée de plantes et de branches naturelles permettant aux animaux de se retirer un peu des regards. ill. 11: Les volières pour les poules étaient visibles de tous les côtés et n’avaient aucune possibilité de retrait. ill. 12: Les canards Rouen-Clair n’avaient qu’une toute petite baignoire.

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PROTECTION SUISSE DES ANIMAUX PSA COMPTOIR SUISSE 9 • Six volières de 300 x 100 x 200 cm ac- cueillaient entre 5 et 12 pigeons de race. La majorité des volières était visible de tous les côtés (ill. 13). Hormis les perchoirs et les points de nourriture et d’eau, il n’y avait aucune structure dans les volières. L’eau était disponible, mais l’installation d’une baignoire et de nichoirs, pourtant prescrite par la loi, faisait défaut. Il y avait parfois des panneaux «à vendre» sur les volières (ill. 14).

• Le poulailler à poussins exploité par Gallo- Suisse se trouvait dans la halle 14 avec 11 poussins âgés de quelques jours seulement. L’installation munie de deux vitres mesu- rait environ 40 x 40 x 60 cm. Le parcours adjacent d’environ 40 x 40 x 25 cm était de bois et de verre avec un plafond en treillis, tous deux bien trop petits pour les poussins. Il y avait de la litière, de la nourriture, de l’eau et une lampe chauffante. Evaluation du point de vue de la PSA Les animaux exposés donnaient l’impression d’être bien soignés et en bonne santé. Dans l’en- semble, les volières étaient propres et leur sur- face remplissait et parfois même dépassait les exigences minimales (poules). Par ailleurs, elles étaient équipées du minimum nécessaire (li- tière, nourriture, eau, perchoirs). Il manquait toutefois des ressources importantes pour le bien-être et le comportement naturel: des nids pour la volaille et les pigeons ainsi qu’un bain pour les pigeons (alors que c’est prescrit par la loi). De même, on ne voyait pas le bain de sable pour les poules ni le gravier indispensable pour digérer les graines (du moment qu’il n’est pas mélangé directement à la nourriture). A l’exception des enclos des canards mandarins et des faisans, il n’y avait aucune possibilité de se retirer loin des regards des visiteurs ou des autres animaux dans l’enclos. Le poulailler de poussins exploité par GalloSuisse avait une surface trop exiguë par rapport au nombre de poussins qui s’y trouvaient; 5 poussins aurait été le nombre adéquat. Par contre, la protection optique sur deux côtés et l’emplacement en hauteur de l’écurie et du parcours était une excellente chose, de même le fait que le public ne pouvait pas toucher les poussins.

ill. 13: Les volières des pigeons étaient visibles de tous les côtés et n’avaient pas de nids. ill. 14: Certains animaux étaient à vendre.

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PROTECTION SUISSE DES ANIMAUX PSA COMPTOIR SUISSE 10 Oiseaux d’ornement/exotiques Responsables L’association les Amis de la Volière exposait divers oiseaux d’ornement installés dans les volières du Garden Centre de Lavaux. Conditions générales de détention des oiseaux Divers oiseaux d’ornement occupaient 16 volières grillagées différemment structurées: du diamant à queue rousse à l’ara macao, toutes les espèces et tailles étaient représentées. Les oiseaux don- naient l’impression d’être sains et vifs. La majorité des volières étaient aménagées généreusement. Certaines d’entre elles avaient des protections optiques sur un ou deux côtés, mais d’autres n’en avaient aucune. Toutes les volières étaient munies de branches naturelles, parfois avec leur feuil- lage, déjà sec au moment de la visite; les branches servaient de perchoirs. Il y avait un substrat sur le sol ainsi que de la nourriture et de l’eau. Le sable manquait dans la majorité des cas, de même que les possibilités de baignades.

Précisions • Une volière mesurant 400 x 100 x 200 cm abritait environ 20 estrildidés de différents types (notamment des diamants de Bichenov, des diamants à queue rousse, des diamants à longue queue), deux léiothrix jaunes de Chine et deux bouvreuils pivoines. La volière était structurée par des branches naturelles, des planches, etc. (ill. 15). Le sable prescrit par la loi manquait, de même que les nids ou paniers de repos où les oiseaux aiment se retirer pour dormir. • 16 estrildidés de différentes espèces se trouvaient dans une volière de 100 x 100 x 200 cm. Il y avait des branches naturelles pour se percher (ill. 16). Là aussi, absence de sable et de corbeilles de repos.

• 20 canaris étaient installés dans une volière de 200 x 100 x 200 cm. La volière était visible de trois côtés. • 24 canaris se trouvaient dans une volière de 150 x 400 x 200 cm. Quelques animaux avaient une huppe qui limitait la vision. • Dans une volière de 250 x 350 x 250 cm il y avait environ 27 canaris, sans possibilité de se baigner et sans sable. • Une volière de 750 x 250 x 250 cm contenait 17 perruches australiennes de types différents (notamment calopsittes élégantes, perruches de Bourke, perruches de Pennant etc.). La vo- lière était visible de trois côtés et le sable prescrit manquait. • Dans une volière 400 x 400 x 350 cm se trouvaient 20 perruches à collier. La volière était visible de tous les côtés, les animaux se tenaient le plus souvent directement sous le plafond de la volière et le sable prescrit par la loi manquait.

• Deux calopsittes élégantes et deux youyous du Sénégal se partageaient une volière de 200 x 80 x 150 cm. Il y avait des perchoirs naturels, mais fixes et raides au lieu d’être souples ill. 15: La volière des estrildidés était richement structurée. ill. 16: Des branches naturelles permettaient aux oiseaux de se percher.

PROTECTION SUISSE DES ANIMAUX PSA COMPTOIR SUISSE 11 comme le stipule la loi (ill. 17). Le bain et le sable manquaient également. La volière était visible de deux côtés et n’avait aucune structure si ce n’est les perchoirs, et il n’y avait pas de protection contre les regards. Un panneau indiquait que les oiseaux étaient à vendre (avec le prix). • Dans une volière mesurant 200 x 200 x 200 cm se trouvaient six perruches australiennes et trois cailles, là aussi sans sable.

• Une volière de 230 x 230 x 220 cm abritait huit perroquets et perruches de grande taille (sans indication de l’espèce). La volière avait deux protections latérales. Pas de sable. • 20 inséparables de Fischer occupaient une volière de 200 x 200 x 250 cm, visible de deux côtés. • Deux amazones à front jaune, deux youyous du Sénégal, deux piones à couronne blanche, deux perroquets de Meyer ainsi qu’un grand eclectus se partageaient une volière mesurant 350 x 350 x 250 cm. Or, conformément à l’ordonnance sur la protection des animaux (an- nexe 2, tab. 2, notamment point 19), les oiseaux doivent être détenus en groupes de deux animaux au moins. La détention de ce perroquet en solitaire est par conséquent contraire à la loi. Par ailleurs, la volière était trop petite pour le nombre et les espèces d’animaux qui s’y trouvaient; elle aurait dû avoir au moins un volume de 36,9 m3 . Pas de sable non plus.

ill. 17: Absence de perchoirs élastiques pres- crits par la loi. De plus, les oiseaux avaient été élevés à la main et étaient à vendre. ill. 19: Les aras bleus et jaunes demandent beaucoup à leur détenteur. ill. 18: Volière spacieuse pour les grands perro- quets. On peut toutefois se demander pourquoi des oiseaux aussi compliqués à détenir sont proposés à la vente.

PROTECTION SUISSE DES ANIMAUX PSA COMPTOIR SUISSE 12 • Une volière mesurant 420 x 820 x 330 cm accueillait deux perroquets gris du Japon, un ara macao, un ara Paradiso (croisement entre ara bleu et jaune et ara macao) ainsi que deux aras bleus et jaunes. Une possibilité de baignade permettant aux aras d’y prendre place au com- plet, ainsi que le sable faisaient défaut. La volière était visible de deux côtés (ill. 18 & 19). • Six cacatoès à huppe jaune de tailles différentes se partageaient une volière tripar- tite dont les sections mesuraient environ 250 x 250 x 440 cm + 300 x 100 x 300 cm + 300 x 100 x 300 cm. Ni possibilités de baignade ni sable n’étaient visibles. • Dans une volière mesurant 175 x 450 x 250 cm, il y avait un grand eclectus tout seul, deux cacatoès et deux amazones (espèces indéterminées). Conformément à l’ordonnance sur la protection des animaux (annexe 2, tab. 2, let. point 19) les oiseaux doivent être détenus en groupes de deux animaux au moins. La détention de ce perroquet en solitaire est par consé- quent contraire à la loi. Par ailleurs, la volière était trop petite pour le nombre et les espèces d’animaux qui s’y trouvaient. Rien que pour les deux cacatoès, il aurait fallu une surface de 10 m2 et un volume de 30 m3 . Une possibilité de baignade et le sable manquaient alors que la loi les prescrit.

• Une volière mesurant 350 x 550 x 250 cm abritait un grand eclectus tout seul, un cacatoès à huppe jaune, deux amazones à front jaune et cinq perroquets (deux espèces différentes indéter- minées). Nous avons ici la même problématique que précédemment, la détention d’oiseaux en solitaire étant contraire à la loi. Une possibilité de baignade et le sable manquaient également. Evaluation du point de vue de la PSA Les oiseaux exposés au Comptoir Suisse donnaient l’impression d’être vifs et en bonne santé, leur comportement était équilibré et conforme à leur espèce. La majorité des volières étaient propres et spacieuses; les oiseaux pouvaient faire des vols courts. Ces éléments sont exemplaires et mon- traient aux visiteurs l’espace nécessaire à une détention adéquate des oiseaux. Deux volières fai- saient toutefois exception, les dimensions étant même inférieures au minimum prescrit par l’or- donnance sur la protection des animaux pour une détention permanente.

Certes, lorsque la détention est limitée dans le temps, des dimensions inférieures sont légales. La PSA est toutefois d’avis qu’une exposition d’une dizaine de jours ne pouvant plus être considé- rée comme temporaire, il faudrait au moins respecter les dimensions minimales. Facteur positif, quelques volières avaient des protections contre les regards sur un ou deux côtés. De même, les perchoirs naturels, qui en majorité étaient élastiques comme le prescrit la loi, étaient aussi un phénomène réjouissant. Une volière d’estrildidés était joliment structurée. Mal- heureusement, il manquait le sable ou le gravier prescrit par la loi dans la majorité des cas (ou du moins on ne le voyait pas s’il était directement mélangé avec la nourriture). Quelques oiseaux n’avaient pas de possibilité de se baigner.

Parmi les éléments négatifs, signalons la détention de plusieurs oiseaux solitaires (grands eclec- tus, cacatoès à huppe jaune). La majorité des espèces d’oiseaux sont extrêmement sociables et souffrent en l’absence de contact avec leurs congénères. Voilà pourquoi la loi bannit la détention en solitaire (OPAn, notamment annexe 2, tab. 2, point 19). Compte tenu de ce besoin de compagnie, l’élevage et la vente d’oiseaux élevés à la main posent problème. En effet, les perroquets élevés à la main sont marqués par l’être humain et développent très souvent des troubles du comportement plus tard. Il est donc extrêmement préoccupant que ce type d’animaux soit proposé à la vente dans une exposition.

Il était frappant de constater que les espèces d’oiseaux étaient souvent mélangées dans les volières (par exemple estrildidés avec léiothrix jaunes de Chine et bouvreuils pivoines, aras avec perroquets jaco). La réunion d’espèces diverses n’est défendable que lorsqu‘il s’agit d’espèces de même taille provenant du même biotope et ayant une alimentation identique. En outre, il faut au moins deux animaux par espèce.

Le fait que cette année aussi, de nombreux aras et cacatoès aient été exposés donne à réfléchir. Ces oiseaux réclament beaucoup d’attention de la part de leur détenteur et ne sont à mettre qu’entre les mains d’experts. L’exposition de ces animaux très attrayants recèle toutefois le danger de «ten- ter» les visiteurs. Si vraiment il fallait exposer de grands perroquets, il serait utile de signaler la

PROTECTION SUISSE DES ANIMAUX PSA COMPTOIR SUISSE 13 complexité de leurs conditions de détention et que, pour les grands perroquets et les cacatoès, la détention est obligatoirement soumise à une autorisation. Exposer des canaris huppés pose également des problèmes, même si du point de vue du bien- être animal (sur le plan d’un élevage extrême) ils font partie des cas plutôt bénins des canaris de posture, la huppe est un obstacle à la vue ce qui n’est pas rassurant pour cet animal de fuite. En outre, la huppe fait partie des facteurs létaux homozygotes. En d’autres termes, la progéniture homozygote de deux porteurs du gène de la huppe n’est pas viable.

Reptiles Responsable Les Amis de la Volière. Conditions générales de détention Le Comptoir Suisse n’a présenté cette année qu’un enclos avec des tortues européennes. Il n’y avait pas d’informations sur le nombre et l’espèce des animaux ni sur leurs conditions de détention. Précisions Ilyavaitaumoinsdeuxtortuesterrestresd›Europedansunenclosmesurantenviron200 x 200 x 40 cm. Le sol était recouvert de copeaux de bois ainsi que d’un patch d’herbe à moitié desséché. Hormis quelques plantes (qui n’offraient qu’un abri sommaire) il n’y avait pas de structure dans l’enclos. La seule possibilité de retrait pour les animaux était le foin dans lequel ils s’étaient enfouis. Outre le foin et le patch de gazon, il y avait de l’eau et de la nourriture en pellets. Pas de lampe chauf- fante.

Evaluation du point de vue de la PSA Dans l’ensemble, les conditions de détention étaient moyennes. Si l’espace était acceptable, mais loin d’être exemplaire, l’installation enfreignait les dispositions légales sur deux points: l’ordonnance sur la protection des animaux (notamment annexe 2, tab. 5, point 7) stipule que la conformité du sol doit permettre aux animaux de creuser et de s’y cacher sur une partie au moins. Le type (copeaux de bois) et l’épaisseur du sol rendaient cette activité presque impossible. Les cachettes prescrites pour la loi (comme une serre ou des plantes assurant une bonne couverture) brillaient par leur absence. Les animaux étaient par conséquent contraints de se cacher dans leur nourriture (foin). Les tortues sont des animaux poïkilothermes ou à sang froid. Elles ont besoin de se réchauffer et d’absorber des UV pour un fonctionnement optimal de leur organisme. Or il n’y avait ni lampe chauffante ni lampe à UV alors qu’elles auraient été absolument nécessaires pendant une exposition d’aussi longue durée!

N’oublions pas qu’une exposition joue toujours le rôle de modèle pour ses visiteurs. Cet enclos n’était exemplaire à aucun égard. 11 / 2014 psa@protection-animaux.com · www.protection-animaux.com

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