Édito - par Christelle Werquin, Déléguée Générale de l'AFHYPAC

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Hynovations 62 – oct2016 N°62 – Octobre 2016 Édito par Christelle Werquin, Déléguée Générale de l'AFHYPAC Depuis quelques années s'opère une convergence à tous les niveaux : international, européen, national et territorial, pour valoriser l'hydrogène comme le chaînon manquant d'un nouvel écosystème permettant de réussir la transition énergétique. Les efforts cumulés des acteurs de la filière, fédérés de longue date au sein de l'AFHYPAC, ont permis d'obtenir dans cette démarche d'importants résultats, tant au niveau institutionnel et réglementaire, que sur les projets et financements déployés, ainsi qu'en termes de communication et de visibilité.

C'est pourquoi je suis aujourd'hui très heureuse de rejoindre l'AFHYPAC pour œuvrer à son développement et à la réalisation de ses objectifs : devenir la référence incontournable de l'hydrogène en France et renforcer notre position d'interlocuteur de la filière auprès des pouvoirs publics ; s'assurer la reconnaissance politique et sociétale de l'hydrogène comme technologie clé pour la décarbonation de la mobilité et de l'énergie en permettant la mise en oeuvre de projets sur le territoire ; accompagner la dynamique de l'association à travers des groupes de travail et services au profit de chacun de ses membres.

Enthousiasmée par le formidable potentiel de l'hydrogène énergie et des acteurs qui le portent, je souhaite apporter mon expérience : une première vie professionnelle à Bruxelles, notamment au sein de bureaux de représentation de Conseils régionaux pour lesquels j'étais en charge du lobbying, de la mise en réseau et de la représentation auprès des institutions européennes, ainsi que de brefs passages au sein des institutions européennes (Commission, Parlement). Puis j'ai rejoint en 2008 à Paris le Groupement d'intérêt économique Toute l'Europe où, en tant que responsable des partenariats, j'ai développé un réseau politique et institutionnel, monté de nombreux projets nationaux et européens, et créé un pôle dédié à la communication.

Parallèlement, j'ai enseigné quelques années à SciencesPo Lille et créé une auto-entreprise de formation pour les collectivités territoriales afin d'aider les élus à accéder au fonds et programmes européens.

Animer, fédérer, coordonner, accompagner, convaincre, seront ainsi au coeur de ma feuille de route à l'AFHYPAC. Dans cette démarche, je prendrai prochainement contact avec tous les membres de l'association afin d'en recueillir rapidement les attentes et mobiliser ainsi les énergies !

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Hynovations 62 – oct2016 Fait marquant Appel à projets Territoires Hydrogène : voici les lauréats Suite à l'appel à projets lancé en mai dernier, dans le cadre des travaux sur le stockage d’énergie de la Solution « Mobilité Écologique » de la Nouvelle France Industrielle, pas moins d’une centaine de projets répartis sur l’ensemble du territoire national ont été déposés.

Un succès qui témoigne d’une véritable mobilisation de la part des territoires et des industriels.

Le ministère de l’Ecologie y voit « une première étape importante dans le développement d’une filière hydrogène, qui représente des enjeux importants pour l’industrie française, la transition énergétique et la croissance verte ». Ce sont en tout 29 projets qui ont été labellisés par un comité d’évaluation regroupant des experts issus de l’ensemble des financeurs publics (Ministères en charge du développement durable et de l’industrie, CGI, ADEME, BPI France, Caisse des Dépôts et Consignations), et qui apporteront leur aide pour concrétiser ces projets. Les lauréats ont été annoncés le 3 novembre par Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, de l'Energie et de la Mer, chargée des Relations internationales sur le climat, et Christophe Sirugue, secrétaire d’Etat à l’Industrie.

Le palmarès distingue d’abord huit territoires : la communauté d’agglomération de la Rochelle, au titre de son projet Atlantech H-H ; la région Hauts de France, au titre de ses 4 projets EffiH2 ; la région Occitanie, au titre de 5 projets présentés ; la région Normandie, au titre de 4 projets soumis ; la région Pays de Loire et le département de la Vendée, pour 2 projets déposés ; le syndicat mixte des transports de Pau ; le Pays de Thur Doller ; la communauté de commune des Landes d’Armagnac, au titre de son projet Wood-Hy / Hy-Boy. Il met aussi à l’honneur trois projets avec un intérêt territorial fort : CASHEMIR et HYWAY II en région Auvergne-Rhône-Alpes ; Velhyre en région Centre-Val de Loire ; Cleargen en Martinique.

Les autres lauréats sont des projets avec un grand intérêt économique : ceux de l’entreprise Carrefour ; les projets SPHYNX portés par Engie en Ile-de-France ; le projet Be-e ; le volet stationnaire du projet Valhydate (entreprise Kem One). Les utilisations de l'hydrogène sont d’une grande diversité, avec à la fois des développements technologiques, la création d’un éco-quartier avec une utilisation de l'hydrogène pour stockage stationnaire et mobilité, une alimentation de secours pour des magasins de grande distribution, la valorisation de gisements d'hydrogène fatal issus de process industriels, ainsi qu’une application dans l’aéronautique et des projets insulaires.

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Hynovations 62 – oct2016 Zoom sur... Rapport Batho : une reconnaissance du rôle stratégique de l’hydrogène Dans son rapport sur l’offre automobile française, présenté le 26 octobre à l’Assemblée Nationale, la mission parlementaire conduite par la députée et ancienne ministre de l’Ecologie Delphine Batho propose à la filière de s’engager plus en matière d’écologie. Le texte met aussi en avant le rôle que pourrait jouer l’hydrogène. Issu d’une longue concertation, après le Dieselgate de Volkswagen, le rapport Batho fait 120 propositions, dont celle d’une convergence fiscale entre l’essence et le diesel.

Mais, il se positionne surtout en faveur d’une rupture définitive avec l’automobile polluante et nocive. La mission parlementaire propose « que la priorité soit donnée aux véhicules électriques à batterie pour les véhicules légers, pour laquelle une offre automobile française existe, au GNV pour le transport lourd, sans fermer la porte à l’hydrogène dont les développements en cours doivent être soutenus à ce stade par le déploiement de flottes captives». « Par ses caractéristiques technologiques, l’hydrogène pourrait à terme remplacer le diesel sur les usages automobiles liés aux longues distances, écrit encore ce document.

Le déploiement de l’hydrogène comme solution de mobilité à grande échelle suppose néanmoins de résoudre le problème des infrastructures, de la production d’hydrogène écologiquement vertueuse et de réduire les coûts ».

Autre bonne surprise : la proposition n°63 du rapport propose d’établir « une feuille de route pour le véhicule à l’hydrogène décarboné pour : soutenir dans l’immédiat le déploiement de flottes captives qui n’engendrent pas de coûts d’infrastructures trop lourds ; apporter un fort soutien à la R&D et inciter les constructeurs à concevoir une offre française du véhicule à hydrogène à horizon 2021 au plus tôt, 2025 au plus tard ; organiser une task force entre la filière automobile française et les entreprises leader de la technologie ou engagées sur le stockage de l’énergie (Air Liquide, Total, Engie, Saft...) ».

L’AFHYPAC se félicite du soutien apporté à la filière hydrogène, qui est « une solution d’avenir zéro émission de CO2 ». Néanmoins, sur certains points du rapport, l’association souhaite aller plus loin, et demande un engagement et un soutien plus forts du gouvernement.

Par exemple, pour pallier le manque de stations à hydrogène, l’AFHYPAC demande à nouveau une politique de soutien gouvernemental plus ambitieuse pour la filière et ses start-ups de pointe. Elle rappelle que l’objectif en France (issu de la feuille de route NFI) est de 100 stations de recharge à horizon 2022. Cet objectif réaliste, qui positionnerait la France au rang des pays leaders dans le domaine – à l’instar de l’Allemagne, du Japon ou des Etats-Unis -, nécessite néanmoins un véritable engagement de la part des pouvoirs publics.

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Hynovations 62 – oct2016 De même, l’association insiste sur l’importance d’associer dans cette « équipe de France de l’hydrogène » les compétences des grands groupes industriels, les start-up et PME engagées dans la filière, ainsi que les grands laboratoires de recherche.

Les objectifs sont de développer et appuyer la R&D, améliorer la coopération avec la filière automobile et construire une véritable base industrielle en France.

En matière de fiscalité, l’AFHYPAC – qui prend bonne note de la montée en puissance de la taxe carbone pour soutenir le déploiement du véhicule zéro émission - souligne le besoin de visibilité et de stabilité dans les règlementations fiscales mises en vigueur par le gouvernement, et ce pour favoriser un développement conséquent de la filière hydrogène en France. Un « position paper » sera prochainement mis en ligne sur le site de l’association pour aller plus loin dans l’analyse.

L’avis de Thierry Alleau* Vingt-cinq ans après le premier engagement financier public pris dans le cadre du programme interministériel VPE (Véhicule Propre et Econome) et dont un des chapitres incluait le véhicule à hydrogène, l'Etat propose de s'engager davantage sur cette thématique pour une application dans le secteur automobile.

Entre temps, ces technologies se sont considérablement développées. On est passé d'une Renault Laguna, qui ne laissait place qu'à son conducteur, à des véhicules commercialisés depuis 2015, dont les performances égalent, et dépassent dans certains domaines, celles des véhicules thermiques.

Par ailleurs, dès 1998, une Association Nationale s'est créée. L'association Française de l'Hydrogène (AFH2), devenue AFHYPAC, a progressivement organisé la concertation entre les acteurs nationaux concernés et est devenue l'interface entre ces acteurs et les Pouvoirs Publics, via l'Ademe. Cela n'a malheureusement pas suffi et la France a accumulé un retard certain, en particulier vis à vis des acteurs asiatiques. Les résultats récents, encourageants et spectaculaires de la PME Symbio FCell, ne sont que l'arbre qui cache la forêt. Dans ce contexte, une prise de conscience nationale s'est heureusement, et depuis peu, installée et on ne peut que se féliciter des propositions contenues dans le Rapport Batho.

Les trois axes retenus sont naturels et ont déjà été retenus par ailleurs, en Allemagne notamment, via le programme NIP : - les infrastructures de recharge, pour casser le syndrome de l'œuf et la poule, - la mise en place d'une "équipe de France de l'hydrogène" et dont on peut imaginer que l'AFHYPAC soit le socle, - la reconnaissance, en France, de normes et réglementations qui se développent déjà largement en Europe et dans le monde.

Fondateur de l'Association Française de l'Hydrogène, Président d'Honneur de l'AFHYPAC.

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Hynovations 62 – oct2016 Actualités France L’hydrogène s’impose au e-Rallye de Monte Carlo Après 5 jours de compétition, la Toyota Mirai de l’équipage Artur Prusak-Thierry Benchetrit a remporté le e-Rallye de Monte-Carlo. C’est une première mondiale pour une voiture à hydrogène sur une épreuve inscrite au calendrier international des manifestations de la FIA (Fédération Internationale de l’Automobile). Pour l’anecdote, c’était aussi la première fois que ce rallye accueillait des véhicules avec pile à combustible.

Existant depuis 1995, il n’était jusqu’à présent réservé qu’aux seuls concurrents engagés avec un modèle électrique à batterie. En tout, ce sont d’ailleurs 6 véhicules à hydrogène (3 Toyota Mirai et 3 Kangoo H2) qui ont participé à cet événement. Ils ont parcouru plus de 1000 km pour rallier Monaco depuis Fontainebleau, démontrant ainsi la fiabilité et la viabilité de la technologie sur un long parcours. Tout au long de ce e-rallye, Air Liquide a fourni l’hydrogène via sa station mobile de recharge.

L’ACO confirme son intérêt pour l’hydrogène Suite à l'annonce du départ d'Audi, qui délaisse l'endurance et le championnat WEC (y compris les 24 h du Mans) pour se consacrer à la Formule E, l'Automobile Club de l'Ouest a tenu à réagir. Son Président, Pierre Fillon, a tenu d'abord à rendre hommage à la marque allemande, « présente au Mans depuis 1999 », qui « a écrit parmi les plus belles et les plus intenses pages de l’histoire des 24 Heures du Mans et plus récemment du WEC ». Mais dans la foulée, l'ACO a tenu à donner sa vision. Le souhait est de « rester à la pointe de l’innovation tout en proposant la meilleure plateforme possible pour les nouvelles technologies qui préparent la voiture de demain.

La technologie hybride et les moteurs électriques sont déjà le quotidien de l’endurance. Les évolutions du règlement technique vers une propulsion électrique à hydrogène répondront dès demain à la transition énergétique de cette nouvelle ère », conclut le Président de l'ACO.

EP Tender cherche des partenaires Créateur d’un prolongateur d’autonomie sous la forme d’une remorque articulée, qui contient un groupe électrogène et a pour vocation d’être louée pour faire de grandes distances (Tender Lib), le PDG de la société EP Tender recherche des partenaires pour faire une version avec une pile à combustible. Selon Jean-Baptiste Segard, le business model de la filière hydrogène en serait transformé. On pourrait ainsi faire des véhicules électriques plus économiques, et proposer une solution adaptée au déploiement progressif de l’infrastructure, avec un usage principal dans le cas pertinent des longs trajets.

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Hynovations 62 – oct2016 Bordeaux adopte le vélo à hydrogène Station de recharge Atawey La Métropole de Bordeaux va se doter d’une station de recharge à hydrogène pour alimenter une flotte d’une dizaine de vélos électriques. Elle sera implantée sur le site Newton à Bègles, à proximité de la gare de BordeauxSaint-Jean, d’ici à l’année prochaine. Conçue par Atawey, cette station pourra alimenter en hydrogène les vélos de Pragma Industries. Ce concept avait été présenté en octobre 2015, lors du Congrès ITS de Bordeaux, avec une station aménagée devant le Palais des Congrès de Bordeaux-Lac.

Le sous-marin à hydrogène du futur Dans le cadre du salon Euronaval au Bourget, DCNS a présenté un nouveau concept de sous-marin pour l’horizon 2025.

Il a pour nom U SMX 3.0. Ce navire de 3000 tonnes a pour ambition d’être à la pointe du numérique et de l'environnement. Mais surtout, il étrenne un système de propulsion anaérobie AIP FC2G (Air Independant Propulsion Fuel Cell Second Generation) utilisant la technologie des piles à combustible. Pour y parvenir, les ingénieurs français ont imaginé une solution visant à obtenir de l’hydrogène à partir d’un carburant classique (gazole) via un processus chimique de reformage. En parallèle, DCNS a conçu un système breveté permettant d’injecter de l’azote au niveau de l’arrivée d’oxygène, dans des proportions telles que l’on reconstitue de l’air synthétique, moins corrosif que l’oxygène pur.

L'air est alors injecté dans les piles à combustible où il réagit avec l’hydrogène pour produire de l’électricité.

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Hynovations 62 – oct2016 Une première commande pour Sylfen Smart Energy Hub de Sylfen La start-up grenobloise a reçu fin septembre une commande pour la réalisée d’un premier Smart Energy Hub. Il sera livré à l’été 2017 chez le client qui en assurera l’opération. Cette unité, baptisée SMARTHYES, assurera du stockage mixte d’énergie électrique (batteries et sous forme d’hydrogène), la restitution d’énergie en cogénération (électricité et chaleur), à partir de l’hydrogène stocké ou de gaz naturel, ainsi que le pilotage du fonctionnement de l’unité par une première génération de contrôle-commande.

Le projet, mené avec l’appui en R&D du CEA-Liten, permettra de faire progresser le niveau de maturité technologique de Sylfen par l’intégration complète d’une première unité. Ce retour d’expérience sera incorporé dans la première série de Smart Energy Hubs échelle 1, développés en 2017, puis fabriqués et qualifiés en conditions pleinement opérationnelles dès la mi-2018.

Décret sur la programmation pluriannuelle de l'énergie La programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) a fait l’objet d’un décret, publié le 27 octobre au Journal Officiel. Ce texte rend irréversible la transition énergétique et le développement des énergies renouvelables, ce qui permet de placer la France au premier rang des pays du monde qui ont commencé d’appliquer concrètement l’Accord de Paris sur le climat. En cohérence avec la stratégie nationale bas carbone adoptée dès novembre 2015, la programmation pluriannuelle de l’énergie trace ainsi, aux horizons 2018 et 2023, les orientations et les actions concrètes pour décarboner et diversifier le mix énergétique en favorisant la croissance verte.

Elle prévoit de :
  • réduire fortement la consommation d’énergie (-12 % en 2023) et en particulier la consommation d’énergies fossiles (-22 % en 2023), au bénéfice du pouvoir d’achat des ménages, de la compétitivité des entreprises, et de l’indépendance énergétique de la France ;
  • augmenter de plus de 70 % la capacité d’énergies renouvelables électriques et augmenter de 50 % la production de chaleur renouvelable ;
  • développer la mobilité propre au travers du déploiement des modes actifs, collectifs, et partagés, et d’une diversification de nos carburants vers l’électrique et le gaz naturel véhicule ;
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  • Hynovations 62 – oct2016
  • réduire la production d’électricité d’origine nucléaire, en réponse à l’évolution de la consommation électrique et au développement des énergies renouvelables.
  • rendre le système énergétique de demain plus flexible et résilient aux chocs de toute nature, grâce à des orientations permettant de développer le stockage, de promouvoir l’autoconsommation ou bien encore de déployer les réseaux de chaleur. Afin de tenir compte des incertitudes affectant aujourd’hui le monde de l’énergie, tout en visant les objectifs ambitieux fixés par la loi pour 2030, la programmation sera révisée en 2018 puis tous les cinq ans.

Actualités internationales Le corridor France-Espagne en bonne voie Le premier corridor de distribution d'hydrogène transfrontalier entre la France, l’Espagne et l’Andorre (H2Piyr) a été lancé officiellement le 17 octobre à Toulouse, en présence de Nadia Pellefigue, vice-présidente de la Région Occitanie et de Gilles Capy, délégué régional EDF en Occitanie. Doté d’un budget de 3,9 M€, H2Piyr est un projet expérimental de 3 ans, financé à 65 % par le Fonds européen de développement régional à travers l'un des volets du programme Poctefa 2014-2020. L'objectif est de déployer un réseau de 10 stations à hydrogène, dont certaines produiront de l’hydrogène à partir d’électricité d’origine hydraulique, solaire ou éolienne.

Trois stations seront ouvertes dans la région Occitanie : Rodez et Pamiers en 2017, puis Toulouse. Par ailleurs, une station sera ouverte en Andorre et 4 en Aragon (Espagne). Elles viendront s’ajouter aux 3 stations déjà existantes d’Albi, de Saragosse et de Huesca. Le projet est coordonné par la Fundacion para el desarollo de las nuevas tecnologias del hidrogeno en Aragon, en partenariat avec EDF, la Madeeli, Ondulia (Ariège), Fuerzas Eléctricas de Andorra (Andorre) et Applus Idiada (Catalogne). Autonomie record pour la Honda Clarity La Honda Clarity Fuel Cell a obtenu l’homologation de l’EPA (Environmental Protection Agency) pour une autonomie de 366 miles (589 km) et l’équivalent en consommation d’essence de 3,46 l/100 km.

Il s’agit de la meilleure performance pour un véhicule électrique, qu’il soit équipé d’une batterie ou d’une pile à combustible, aux États-Unis. La Clarity Fuel Cell est la première voiture alimentée par une pile à combustible logée sous le capot. Honda a réduit de 33 % l’ensemble du groupe propulseur tout en augmentant la densité de puissance de 60 % par rapport à la FCX Clarity. En Europe, Honda introduira la voiture sur un nombre limité de marchés en fin d’année. Son arrivée se fera dans

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Hynovations 62 – oct2016 le cadre du programme HyFIVE, en vue d’encourager le développement, l’utilisation et la viabilité d’infrastructures de ravitaillement en hydrogène. Des bus à hydrogène chez Toyota Le constructeur débutera la commercialisation de bus à pile à combustible à partir de début 2017 sous le nom de Toyota FC Bus. Ce sera une première au Japon. Après avoir testé à plusieurs reprises leur utilisation pratique sur le terrain, le Bureau des Transports du Gouvernement métropolitain de Tokyo compte en exploiter deux sur des itinéraires fixes. Toyota prévoit de mettre en service plus d’une centaine de ces bus, principalement dans l’agglomération de Tokyo, dans l’optique des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2020.

Le Toyota FC Bus a été développé avec Hino Motors. Il embarque deux piles de 114 kW. Il s’agit du système le TFCS (Toyota Fuel Cell System) initialement conçu pour la Mirai. De l’hydrogène à partir des algues ?

Les scientifiques savent depuis des années que les micro-algues émettent de l’hydrogène, grâce à une enzyme appelée l’hydrogénase. Mais, ils pensaient jusqu’à présent que la quantité produite était minime, car elle a tendance à se décomposer en présence d’oxygène, comme c’est le cas quand les algues sont exposées à la lumière du jour, lors de la photosynthèse. Or, le Dr. Yiftach Yacoby, directeur du laboratoire des énergies renouvelables de l’Ecole des Sciences végétales de l’Université de Tel-Aviv, s’est aperçu que les algues unicellulaires, du type de celles qui se multiplient dans les réservoirs d’eau stagnante, émettent de l’hydrogène pendant toutes les heures de la journée.

Son équipe pu concevoir en laboratoire des micro-algues qui produisent 400% de plus d’hydrogène que les algues d’origine. C’est une découverte importante qui ouvre la perspective d’une production d’énergie à partir de ces algues.

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Hynovations 62 – oct2016 Un catalyseur qui sépare l'eau en hydrogène et oxygène 100 fois plus vite Des chercheurs de l'Université de Stanford et du SLAC National Accelerator Laboratory du gouvernement américain ont récemment découvert un nouveau catalyseur qui peut séparer l'eau en hydrogène et oxygène 100 fois plus rapidement qu'auparavant. Il améliore également sa performance avec le temps, car il peut travailler en conditions acides et il requiert moins d'iridium, l’un des plus rares métaux sur Terre. Ce nouveau catalyseur fait appel à un film fin de cristal avec une couche constituée d'oxyde d'iridium et une autre en oxyde d'iridium et de strontium.

Les chercheurs ne savent pas encore pourquoi ce catalyseur est si performant, mais il est prévu de l’analyser aux rayons X pour étudier la réaction des atomes. Les chercheurs vont essayer de réduire encore la part d’iridium pour le rendre viable sur un plan commercial. KnowHy : première plateforme e-learning dédiée aux technologies de l’hydrogène McPhy Energy participe à ce projet européen, né en 2013, et qui devrait prochainement accueillir ses premiers groupes d’étudiants. La plateforme propose du E-learning, des tutoriels, des « serious games », ainsi que des sessions de travail « grandeur nature ».

Et le tout en sept langues (français, anglais, allemand, néerlandais, espagnol, italien, portugais), avec des cours structurés autour d’un module commun de 40 heures, visant à maitriser les fondamentaux de la technologie des piles à combustible, et à se former à la sécurité de l’hydrogène. KnowHy a pour vocation de faciliter l’accès à la formation professionnelle des techniciens pour répondre aux besoins croissants du marché. D’ici 2020, KnowHy ambitionne de former plus de 1 000 techniciens.

Hynovations 62 – oct2016 Une première station publique en Suisse Une station publique de ravitaillement en hydrogène a ouvert ses portes à Hunzenschwil, en Suisse germanophone dans le canton d'Argovie. Elle est exploitée par la société Coop, le numéro 2 de la distribution derrière Migros. Cette station servira d'ailleurs à alimenter un camion et douze voitures à l'hydrogène. Les douze voitures seront mises à la disposition des collaborateurs de Coop au centre de distribution de Schafisheim pour leurs trajets professionnels. Le camion sera quant à lui utilisé pour des livraisons dans les régions aux alentours.

L'hydrogène sera produit par la société H2 Energy dans la centrale hydroélectrique d'IBAarau à Aarau, à quelques kilomètres de la station-service, et distribué par Coop Mineraloel. La production ne dégage ni CO2, ni polluants. Le 6 octobre dernier, le Laboratoire fédéral d'essai des matériaux et de recherche (Empa) avait mis en service la tout première station à hydrogène de Suisse à Dübendorf (ZH). Mais, elle ne fonctionne qu'à titre expérimental. Celle de COOP est publique. D'autres stations devraient d'ailleurs faire leur apparition dans le pays.

L’hydrogène à la COP22 Dans le cadre des side events de la COP22 à Marrakech, une conférence est prévue le 10 novembre sur le thème de l’hydrogène naturel. Aliou Diallo, Président de la société Petroma, espère faire de cette énergie le pétrole de l’Afrique, avec les émissions de CO2 en moins. Il se trouve que le village de Bourakebougou, au nord-ouest de Bamako, utilise un gisement d’hydrogène naturel pur à 98 % pour alimenter un groupe électrogène et produire ainsi de l’électricité. Petroma entend développer son exploitation tout d’abord à l’échelle du Mali, avec l'ambition d’en faire profiter un jour l’ensemble du continent.

Proposée par Planète Verte, la conférence sera également l’occasion d’entendre Alain Prinzhofer, un géologue pionnier dans la découverte de cette nouvelle ressource, ainsi que Damien Havard, Président de HDF (Hydrogène de France), qui évoquera la pertinence de l’hydrogène pour l'Afrique.

Hynovations 62 – oct2016 Interview Il faut une nouvelle gouvernance en régions pour la production d’énergie Jean-Marc Pastor, Président de l’association PHyRENEES* Ancien sénateur du Tarn, très impliqué dans la filière à travers notamment le Trifyl (syndicat mixte départemental pour la valorisation des déchets ménagers et assimilés), cet expert a profité de la journée sur l’hydrogène en action en région Occitanie pour faire le point sur les actions engagées. Vous, qui avez mené une mission parlementaire à ce sujet, pensez-vous que l’hydrogène soit plus reconnu aujourd’hui ? J’ai effectivement rédigé un rapport (https://www.senat.fr/notice-rapport/2013/r13-253- notice.html) avec le député Laurent Kalinowski, en 2014, au nom de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques.

Pendant plus d’un an, nous avons rencontré plus de 200 spécialistes. Nous nous sommes également rendus dans plusieurs pays, notamment en Allemagne, au Japon et en Corée du Sud. J’ai fait part de nos conclusions à Arnaud Montebourg, qui était encore ministre de l’Economie, quand il est venu assister aux Rencontres nationales des technologies de l’hydrogène à Labessière-Candeil, près d’Albi, en 2014. Mes recommandations ont été d’avoir un engagement fort (décision politique, programme de financement public-privé, organisme de coordination), de simplifier les normes, établir les conditions du démarrage d’un premier marché, de positionner les territoires comme les porteurs du développement économique, de se donner l’obligation d’une nouvelle gouvernance en matière d’énergie et de négocier avec l’Europe.

Ce qu’il faut savoir, c’est que nous avons en France des sociétés qui travaillent sur l’hydrogène, mais qui sont obligées de faire du business en dehors de nos frontières. Je pense à Air Liquide, mais aussi à Total qui financent des stations dans certains pays. Aujourd’hui, nous entrons dans une nouvelle ère qui permet de faire de l’économie circulaire grâce aux énergies renouvelables. L'hydrogène peut être utilisé en tant que vecteur d’énergie, en facilitant le stockage de l'électricité, et contribuer ainsi à la substitution des énergies fossiles, notamment dans les transports.

Et c’est donc ce que vous proposez avec votre association PHyRENEES ? Exactement. Nous avons engagé dès 2007 une coopération avec nos voisins espagnols. Dans la province d’Aragon, ils travaillent depuis déjà 30 ans sur l’hydrogène, qu’ils utilisent pour stocker l’électricité produite à partir des éoliennes et des panneaux solaires. De l’autre côté des Pyrénées, nous avons lancé le programme VaBHyoGaz sur 10 ans avec des partenaires afin

Hynovations 62 – oct2016 de produire de l’hydrogène à partir des déchets ménagers, sur le site du Trifyl. Nous entrons à présent dans une phase industrielle, qui va permettre dans le cadre d’un partenariat publicprivé d’aménager des points de distribution d’hydrogène en bord de route, dans des stationsservices existantes.

Cela permet de faire apparaître des producteurs locaux d’énergie qui viennent enrichir l’économie du territoire, tout en apportant de l’innovation. La région semble en pointe dans l’hydrogène d’origine renouvelable ?

Oui. Dans l’Aveyron, l'entreprise Braley, spécialisée dans l'énergie et notamment dans le traitement des déchets, va construire une station de production et de distribution d'hydrogène, après avoir répondu à un appel à projets européen. C’est une PME située à une quinzaine de kilomètres de la ville de Rodez. La production d'hydrogène s'effectuera par un électrolyseur alimenté par de l'électricité fatale, une énergie qui n'est habituellement pas consommée dans le circuit classique et donc perdue. Il y aussi un autre projet à Revel, dans le nord de la Haute-Garonne, où un industriel va gazéifier des bidons usagés pour en faire de l’hydrogène.

Au plan national et international, quelles sont vos actions ? Rappelons d’abord que PHyRENEES est l’un des membres fondateurs de l’AFHYPAC. Notre rôle est la mise en place de filières hydrogène structurées, de la production à l’utilisation en passant par le transport et le stockage. Aux côtés de ses partenaires, l’association est aussi impliquée dans des programmes internationaux de développement de la filière hydrogène, tels que Hyprofessionals (éducation), HyRamp (collectivités territoriales), ou encore Hyrreg (partenariats avec l’Espagne et le Portugal). Elle a contribué également à la création de Hyer (Hydrogen Fuel Cells and Electro mobility in European Regions).

Mais surtout, nous participons à un corridor qui va être mis en place entre la France et l’Espagne, pour que des stations puissent alimenter des véhicules à hydrogène, de part et d’autre de la frontière. C’est une façon de rapprocher l’Europe du sud de l’Europe centrale. J’ajoute que l’Espagne est en train de relancer sa feuille de route sur l’hydrogène. Cela montre l’intérêt des pouvoirs publics pour cette forme d’énergie.

Ses membres fondateurs sont l’Ecole des Mines d’Albi-Carmaux, le TRIFYL, N-GHY, AIRBUS, Gaz de France, INPT, ARAMIP, le Conseil Régional Midi-Pyrénées, le Conseil Général du Tarn, avec le soutien de l’ADEME, la DRIRE, Midi-Pyrénées Innovation, l’ARPE, Aérospace Valley et DERBI. Interview réalisée par Laurent Meillaud Lettre d'information mensuelle de l'Association Française pour l'Hydrogène et les Piles à Combustible Réalisée avec le soutien de l'ADEME En collaboration avec Laurent Meillaud

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