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Rencontre Une maintenance de haut niveau Stéphane Blazquez, agent de maîtrise au sein de la filiale MATEM de RATP Dev P. 6 Reportage Le tramway T3 poursuit sa route P. 14 La vie des équipes du groupe RATP #95 décembre 2018-janvier 2019 © allgord – GettyImages Dossier spécial anniversaire P. 9

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70 ans et toujours plus ActualitésQuand modernisation rime avec dématérialisation p. 4 RencontreStéphane Blazquez,agent de maîtrise au sein de la filiale MATEM de RATP Dev p.6 EnpratiquePrélèvement à la source : décryptage du bulletin de paie p.8 Letourdelaquestion 70 ans et toujours plus p.9 Reportage Le tramway T3 poursuit sa route p.

14 Décryptage BIM : vers les maquettes 3D intelligentes p. 16 Question(s) de transformationAppels d’offres : comment ça marche ? p. 17 CôtévoyageursDans les pas de nos clients p. 18 TendancesLe téléphérique, nouveau venu dans la ville p. 19 EnimagesBon anniversaire à la RATP ! p. 20 Sommaire © J.-F. Mauboussin CATHERINE GUILLOUARD, PRÉSIDENTE-DIRECTRICE GÉNÉRALE E n 2019, la RATP fête ses 70 ans ! Sept décennies marquées par la faculté d’adaptation des équipes et la capacité continue de la RATP à se transformer sur fond de modernité et d’innovation. Pour l’occasion, l’année démarrera avec une grande opération mettant à l’honneur les salariés et les voyageurs, qui ont toujours été et resteront le moteur de la réussite de notre entreprise.

2018 représente une nouvelle étape clé dans ce parcours, avec des orientations stratégiques qui accompagnent la transformation du Groupe et de son environnement : excellence opérationnelle, performance économique et sociale, transition énergétique, nouvelles mobilités, exploration de nouvelles pistes de croissance, évolution des méthodes et des espaces de travail… Et bien sûr, la préparation à la concurrence avec un nouveau cadre législatif. Soyons fiers de notre histoire et du chemin parcouru ensemble, qui posent les jalons nécessaires pour se projeter avec confiance vers l’avenir. La réussite du Groupe repose sur l’implication de tous et sur notre capacité à capitaliser sur nos nombreux atouts.

Je vous en remercie et vous souhaite, ainsi qu’à vos proches, une heureuse année 2019. La propreté, une priorité La RATP, avec le soutien d’Île-de-France Mobilités, poursuit ses efforts en faveur de la propreté de son réseau. Un plan spécifique a été conjointement dévoilé fin octobre*. SEM

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P armi les mesures présentées: le renforcement de la présence des agents de nettoyage dans les espaces en journée, une réflexion autour de l’implantation de toilettes supplémentaires sur le réseau, ou encore le déploiement d’un système de neutralisation des mauvaises odeurs dans 18 gares et stations avant fin 2018, puis dans 30 lieux supplémentaires entre 2019 et 2021. D’autres expérimen- tations en cours (cryogénie, balayeuse autonome) pourront être étendues plus massivement dans le cadre du prochain marché propreté si les résultats s’avèrent satisfaisants.

LA PROPRETÉ, L’AFFAIRE DE TOUS Les voyageurs ont aussi un rôle à jouer.

Le nudge, un système d’affichage encourageant à adopter un meilleur comportement en matière de propreté, a été testé de juillet à octobre 2018 dans quatre gares et stations. Il sera étendu à partir de début 2019 dans 30 à 40 stations supplémentaires, ainsi que dans les grandes gares parisiennes. Les clients peuvent également signaler des pro- blèmes de propreté via une nouvelle fonctionnalité sur l’application mobile RATP, avec la possibilité de joindre une photo.

UNE TÂCHE AU QUOTIDIEN Pour rappel, 1 000 agents de net- toyage sont mobilisés chaque jour pour le maintien en propreté des 368 stations et gares du réseau RATP, sans oublier le matériel roulant. En parallèle, 5 300 agents de gares et sta- tions assurent un contrôle quotidien des lieux en signalant les points à trai- ter. 80 opérations « coups de propre » ont déjà été réalisées sur le réseau. SID Un immeuble chauffé par le métro Utiliser la chaleur du métro pour chauffer un immeuble en plein cœur de Paris, c’est le projet lancé par la RATP et Paris Habitat. Concrètement, comment ça marche ? La chaleur du tunnel du métro de la ligne 11 est récupérée et acheminée vers une pompe à chaleur qui se trouve dans un immeuble situé dans le 4e arrondissement.

L’énergie ainsi produite est utilisée pour chauffer les 20 logements du bâtiment. Les résultats sont très satisfaisants puisque le dispositif permet de couvrir en moyenne 35 % des besoins en chauffage de l’immeuble. Pour la RATP et Paris Habitat, tous deux signataires de la charte du Plan climat de Paris, il s’agit d’une première expérimentation commune qui témoigne de leur engagement en matière de transition énergétique et carbone. © J.-F. Mauboussin RATP SMART SYSTEMS Nouveau contrat à Alger C’est gagné ! RATP SMART SYSTEMS a récemment remporté une mission d’assistance technique sur l’évolution de la billettique du tramway d’Alger menée auprès de la SETRAM, la société chargée de son exploitation et de sa maintenance.

L’objectif est d’analyser et de proposer des scénarios d’évolution du système billettique actuel, afin d’en améliorer le fonctionnement opérationnel. Les réflexions techniques doivent répondre à diverses problématiques, liées notamment au vieillissement du système.

À terme, cette évolution doit mener à la réduction du taux de fraude, à la suppression des tickets magnétiques et à l’interopérabilité sur l’intégralité du réseau (tramway, bus, métro, téléphérique, train). Mis en service en mai 2011, le tramway d’Alger dessert 38 stations et transporte 100 000 voyageurs chaque jour en moyenne. Le dispositif nudge expérimenté dans la gare RER de Marne-la-Vallée – Chessy (ligne A). * Ce nouveau plan d’action,cofinancé par la RATP et Île-de-France Mobilités,est doté d’un budget de 2 millions d’euros en 2018 et de 5 millions d’euros par an entre 2019 et 2021. Il s’ajoute aux 85 millions d’euros attribués contractuellement chaque année à la RATP par Île-de-France Mobilités pour améliorer le confort et le ressenti des voyageurs.

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L e PMB fait l’objet du chantier 6 du programme « Bâtir une Relation RéInventée avec nos Clients » (BRRIC). Les nouveaux services, portés par le programme et conçus en étroite collaboration avec la filiale RATP SMART SYSTEMS,offrent une alternative moderne au ticket magnétique. « Ces services répondent pleinement aux attentes de nos clients et à leurs pratiques de la mobilité », explique Élise Aubry, respon- sable de la maîtrise d’ouvrage métier sur le PMB au département CML. La dématérialisation des titres de transport a déjà commencé en automne 2018 avec l’expérimentation de l’application Navigo Vis ma vie de client Toujours plus attentif à la perception des services qu’offre la RATP sur le parcours du voyageur, le département SEM a proposé à plusieurs agents de maîtrise de sillonner le réseau, tels des visiteurs qui découvrent le métro et le RER.

« Le principe était simple : emprunter une ligne que je ne connaissais pas avec le regard d’un client, afin d’évaluer la propreté des espaces, l’éclairage, l’information voyageurs, ou encore l’accueil des agents dans les stations.Un trajet riche d’enseignements, qui a révélé ce qu’on ne voit pas toujours au quotidien. C’est ce retour d’expérience que j’ai souhaité largement partager autour de moi.

Après ce parcours inédit, j’encourage davantage mes agents à sortir de leur comptoir, afin d’être plus visibles dans les espaces, pour plus de proximité avec les voyageurs. C’est une attente forte des clients ! Et pour la suite ? Une idée intéressante serait d’étendre l’expérience à un maximum d’agents, pour qu’ils prennent du recul et améliorent toujours plus leur façon de travailler. » La parole à… NATHALIE LEPRINCE, SEM,AGENT DE MAÎTRISE POLYVALENT SUR LA LIGNE 11 © N.

Leprince 5ans ! Le T5 a fêté son cinquième anniversaire. La première ligne de tramway sur pneus d’Île-de-France relie le marché de Saint-Denis à la gare de Garges-Sarcelles.

SEM BUS © D. Sutton Quand modernisation rime avec dématérialisation Le Programme de Modernisation de la Billettique (PMB), mené conjointement par IDFM, la RATP, SNCF et Optile, a pour principal objectif d’offrir de nouveaux services aux clients occasionnels, complétant ainsi la gamme Navigo. D’abord centrés sur la dématérialisation du t+, ces services seront par la suite étendus à toute l’Île-de-France et permettront ainsi de supprimer le ticket magnétique. CML SEM RATP SMART SYSTEMS 4 RATP - URBAN MAG - DÉCEMBRE 2018-JANVIER 2019

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LAB : 1 000 voyageurs testent l’achat et la validation de tickets t+ et de forfaits Navigo mois et semaine sur leur smartphone NFC compatible. Les retours sont très positifs ; l’application devrait prochainement être accessible à tous. Avant l’été 2019, le nou- veau passe Navigo Easy,vendu 2 euros,per- mettra en particulier aux touristes et clients très occasionnels de charger des tickets t+ et des forfaits journaliers.Toujours en 2019, avec le Navigo Liberté +,plus besoin d’ache- ter ses titres à l’avance: les voyageurs paye- ront en une seule fois tous les déplacements effectués sur un mois.Ils bénéficieront aussi de la correspondance gratuite entre le réseau de surface et le réseau ferré.« Autant de solutions qui constituent un enjeu fort pour l’entreprise car, dans les deux pro- chaines années, près d’un client sur deux adoptera l’un de ces nouveaux services bil- lettiques.Le ticket t+,au cœur de cette pre- mière étape, est l’un des titres phares de la RATP*.

Ainsi nous sommes tous mobilisés pour accompagner ce changement impor- tant sur le terrain », conclut Élise Aubry. RATP Dev et la Ville de Londres ont inauguré, le 15 novembre, le dépôt de bus électriques de Shepherd’s Bush, en présence de la Présidente Catherine Guillouard. L’ambition : convertir progressivement le site en un dépôt exploitant une flotte exclusive- ment électrique et en faire ainsi le premier garage de bus zéro émission à Londres. Pour l’heure, il accueille une flotte de 36 bus électriques. Quelques semaines auparavant, RATP Dev avait lancé le premier bus à impériale hop-on hop-off 100 % électrique de Londres, via sa filiale The Original Tour.

Ce nouveau véhicule silencieux de 12 mètres arborant une livrée verte pour l’occasion, transporte jusqu’à 75 passagers, 7 jours/7, sur le circuit « jaune ». Il dispose d’une autonomie de 150 kilomètres. Il s’agit du premier réseau touristique à lancer un bus 100 % électrique dans la capitale. RATP DEV Virages électriques à Londres Une alliance bien « câblée » GROUPE RATP Après trois années de recherche et développement, le groupe de travaux publics Eiffage, le spécialiste du transport par câble POMA et la RATP ont annoncé leur partenariat pour concevoir et commercialiser des téléphériques urbains.

En unissant leurs expertises respectives autour d’une offre dénommée « UP », les trois groupes proposent ainsi aux collectivités locales des solutions innovantes, clé en main, de mobilité aérienne urbaine par câble. Longtemps perçu comme un mode touristique, le transport aérien par câble représente une solution d’avenir pour l’émergence de la ville durable, permettant de faire face aux enjeux de densification et de congestion des espaces. Il complète également les autres modes de transport collectif. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 80 réalisations urbaines et 200 projets sont répertoriés dans le monde, dont 17 à l’étude en Île-de-France.

© M. Alexander/PA Wire Le Groupe exploite le téléphérique du Salève depuis 2013, par le biais d’un groupement mené par RATP Dev. * En 2017, la RATP a vendu plus de 380 millions de tickets t+. RATP - URBAN MAG - DÉCEMBRE 2018-JANVIER 2019 5 © O. Miche

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Une maintenance de haut niveau © J.-F. Mauboussin F ormé à l’école de la RATP de Noisiel (77) dès 1984,Stéphane Blazquez décroche un CAP d’électromécanique en 1987. Ventilations,dispositifs d’épuisement*, escaliers mécaniques…Stéphane intervient comme opérateur qualifié au sein du département M2E sur ces différents équipements.À partir de 2007, il encadre une équipe chargée de la maintenance des escalators de la station Châtelet.

En 2012,son savoir-faire intéresse RATP Dev qui lui propose d’intégrer MATEM,sa toute nouvelle filiale dédiée à la maintenance des ascenseurs,des trottoirs et des escaliers mécaniques.Grâce à un détachement,Stéphane devient responsable de la maintenance des escaliers,des trottoirs mécaniques, mais aussi des ascenseurs de l’aéroport d’Orly qui voit transiter pas moins de 30 millions de passagers chaque année. « Les équipements doivent être le moins possible à l’arrêt (que ce soit à cause d’une panne ou pendant une opération de maintenance) car cela pénalise fortement les voyageurs.C’est un défi quotidien pour mon équipe de 12 personnes,précise Stéphane.

C’est pourquoi nous réalisons la maintenance corrective en journée, et préventive la nuit avec une présence 7 jours / 7 et 24 heures /24.L ’enjeu est d’être réactif et d’anticiper les éventuels dysfonctionnements.» Depuis février 2018,MATEM assure également la maintenance des PARAFE d’Orly,ces sas qui permettent le passage automatisé et rapide des frontières.Très différents des installations que la filiale a l’habitude de gérer,ces équipements représentent un nouveau défi pour Stéphane et son équipe.Les escalators mènent à tout quand on sait les faire fonctionner… * Un ouvrage d’épuisement est destiné à recueillir les eaux d’infiltration du tunnel pour les rejeter dans le réseau d’assainissement local.

STÉPHANE BLAZQUEZ, AGENT DE MAÎTRISE AU SEIN DE LA FILIALE MAINTENANCE ASCENSEURS TROTTOIRS ESCALIERS MÉCANIQUES (MATEM) DE RATP DEV 6 RATP - URBAN MAG - DÉCEMBRE 2018-JANVIER 2019

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Un savoir-faire qui s’exporte En 30 ans de métier, Stéphane a acquis une expertise que MATEM mobilise également pour des missions ponctuelles et très techniques. « Je suis notamment intervenu au magasin Printemps de Caen, explique-t-il. Plus récemment, je me suis rendu à Alger en raison de pannes récurrentes sur les escaliers mécaniques du métro. Un examen approfondi nous a permis d’identifier des points d’amélioration et de proposer des solutions. » MATEM : quelles expertises ? Créée en 2012, par RATP Dev en partenariat avec la société ANCI, MATEM (Maintenance Ascenseurs Trottoirs Escaliers Mécaniques) est désormais une filiale à 100 % de RATP Dev.

Ce rachat des parts du coactionnaire historique s’inscrit dans la dynamique de développement du Groupe. Sa mission : assurer la maintenance préventive et corrective des ascenseurs et des escaliers mécaniques, mais également réaliser des missions d’expertise dans ce domaine. Issus du secteur public ou privé, ses principaux clients sont le groupe Aéroports de Paris, le métro de Toulouse, le Printemps Paris Haussmann, plusieurs municipalités d’Île-de-France, quelques filiales du groupe RATP, ou encore le Centre Pompidou à Paris, dont le contrat vient tout juste d’être gagné… MATEM regroupe actuellement 44 collaborateurs et la filiale compte bien poursuivre son développement alors même qu’elle a déjà multiplié son chiffre d’affaires par 2,5 au cours des cinq dernières années.

Un travail collectif Les pannes sur les escalators et les ascenseurs nécessitent des réparations rapides, car elles pénalisent, particulièrement les personnes à mobilité réduite. « Pour cela, je dois coordonner les actions de l’équipe et disposer d’un bon stock de pièces de rechange, explique Stéphane Blazquez. À Orly, je sensibilise régulièrement le client au remplacement des matériels pour éviter les pannes. Il est très à l’écoute de nos recommandations. Cette cohésion est essentielle. » © J.-F. Mauboussin © MATEM © J.-F. Mauboussin RATP - URBAN MAG - DÉCEMBRE 2018-JANVIER 2019 7

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Dès le mois de janvier,l’impôt sur le revenu sera prélevé tous les mois directement sur la paie en respectant les règles suivantes: Pour calculer le montant de l’acompte mensuel prélevé, le taux de prélèvement,transmis à la RATP par l’administration fiscale,est appliqué au revenu net imposable.

Le salaire net à payer après impôt = net à payer avant impôt – acompte prélevé chaque mois. Il évoluera donc en fonction du montant de cet acompte.

Ci-contre un exemple de bulletin de paie décrivant un cas général. D’autres exemples figureront sur le dépliant qui accompagnera votre bulletin de paie de janvier. Prélèvement à la source : décryptage du bulletin de paie À partir de janvier 2019, le bulletin de paie intègre le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu. Découvrez ce qui change ! Montant du salaire net avant impôt 1 Montant de l’acompte mensuel prélevé Montant du salaire net à payer après impôt 5 4 Taux de prélèvement Salaire net imposable du mois Montant de l’acompte mensuel prélevé 3 2 4 1 3 5 2 4 8 RATP - URBAN MAG - DÉCEMBRE 2018-JANVIER 2019

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MÉMO Si vous avez raté les épisodes précédents La création de la RATP, en 1949, marque un point de départ pour l’entreprise, mais aussi un point d’achèvement à l’époque pour la réorganisation des transports en commun parisiens. Le processus a été engagé par l’État à la fin des années 30. Il se poursuit dans le cadre de la dernière des grandes vagues de nationalisation d’après-guerre. La RATP est l’héritière de deux sociétés privées. D’une part, la Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris (CMP) en charge de l’exploitation des lignes souterraines et,d’autre part,la Société des transports en commun de la région parisienne (STCRP) pour le réseau de surface.Aux termes du décret du 21 mars 1948,c’est un patrimoine conséquent qui tombe dans l’escarcelle de la nouvelle entité: 14 lignes de métro,la ligne de Sceaux, le funiculaire de Montmartre,38 lignes de bus à Paris et 74 en banlieue.

Un patrimoine appelé à se développer au fil d’une riche histoire… © E Girardet – Getty Images RATP - URBAN MAG - DÉCEMBRE 2018-JANVIER 2019 9

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A vant la création de la RATP, les trans- ports publics en Île-de-France ont longtemps été partagés entre deux entreprises privées : l’une en charge du réseau métropolitain, l’autre, du réseau de surface. En janvier 1949, la toute nouvelle entité hérite de leurs cultures respectives et rassemble les compétences d’exploitation et de maintenance. Sont ainsi posés, d’emblée, deux des principaux traits de personnalité de l’entreprise : l’association des expertises internes et la complémen- tarité entre les modes de transport. Avec des infrastructures endommagées par la guerre et un encadrement financier imposé par l’État, les débuts sont délicats.

La RATP trouve néanmoins les ressources pour innover. Les premières rames sur pneus sont mises en circulation en 1956. La première expérimentation en matière d’automatisme de conduite date de 1952, avec une généra- lisation du système à partir de 1967. Parallè- lement, on assiste aux débuts de la rénova- tion des stations et de l’agrandissement de certains espaces, pour faire du métro un lieu de modernité.

Au cours de la décennie suivante, cette capa- cité à se transformer va s’imposer comme un marqueur identitaire. Dès 1961, les premiers coups de pioche du RER sont donnés. Le développement du nouveau réseau est l’occa- sion d’affirmer la force d’une ingénierie et l’engagement des collaborateurs de la RATP au service de la région parisienne. LE VENT DU CHANGEMENT En surface, également, le changement se fait sentir. Déployé à partir de 1965, le bus SC10 est le fruit d’une réflexion visant à promouvoir un véhicule standard et, ainsi, des pratiques de maintenance simplifiées et à moindre coût. Une logique de responsabilité sociétale avant l’heure !

Dans son effort pour concilier innovation et accompagnement des mobilités, la RATP investit le champ de la tarification. Premier coup d’éclat : le lancement de la carte Orange. Dès l’année suivante, en 1976, elle se vend à 11 millions d’exemplaires. Les années 90 marquent un tournant majeur. Au sein des équipes d’ingénierie, le travail sur l’automatisation du métro mobilise les éner- gies. Il aboutit, en 1998, à l’ouverture de la ligne 14, qui introduit par ailleurs le principe de poste de commande et de contrôle centra- lisé (PCC) délocalisé. En lançant le tramway T1 en 1992, la RATP fait plus que redonner vie à un mode de transport disparu en Île-de-France.

Elle réinvente l’espace urbain et se pose en acteur de la ville intelligente et durable, en devenant un pionnier du « tramway à la française ». C’est dans les mêmes années que l’entreprise entame sa mue en interne.Au programme: sim- plification de l’organisation, révolution managé- riale, mais aussi et surtout, priorité absolue accordée à la satisfaction des clients. L’adoption, en 1992, du logo actuel de la RATP – avec son visage synonyme de proximité –, est l’un des symboles de la nouvelle posture.Celle-ci perdure encore de nos jours, par exemple via l’incitation des agents à aller au-devant des voyageurs.

TOUS LES CHAMPS DE LA MOBILITÉ Le passage au XXIe siècle s’opère entre continuité et rupture. L’automatisation gagne progressivement les lignes de métro existantes les plus chargées, en veillant à limiter les impacts des travaux sur l’exploitation. Au sein des équipes, la culture du résultat s’enracine. Deux événements y contribuent. D’abord, la contractualisation qui, depuis 2000, oblige l’entreprise à rendre compte de ses actions et de leurs effets auprès de l’autorité organisatrice. Et, deux ans plus tard, la création de la filiale RATP Dev, qui permet de tirer parti, en France et à l’étranger, des savoir-faire de la maison mère en exploitation et en maintenance.

Opérateur multimodal et créateur de solutions d’ingénierie, mais aussi fournisseur de services urbains et gestionnaire d’infrastructures : le groupe RATP a étendu, au fil du temps, son domaine d’intervention à tous les champs de la mobilité. Son aptitude au renouvellement le rend toujours plus connecté, porteur de nouveaux services et engagé dans la réduction de son empreinte carbone. Aujourd’hui, le Groupe est présent dans 14 pays, avec 16 millions de voyages réalisés par jour via huit modes de transport. « Aujourd’hui, le Groupe est présent dans 14 pays, avec 16 millions de voyages réalisés par jour via huit modes de transport.

» L’histoire de la RATP est celle d’une adaptation constante à l’évolution des besoins en matière de transports publics. Une trajectoire qui met l’entreprise en bonne position pour répondre aux défis environnementaux, économiques et sociétaux de la ville d’aujourd’hui et de demain. 10 RATP - URBAN MAG - DÉCEMBRE 2018-JANVIER 2019

Toujours plus de sécurité et de régularité Toujours plus au service des Franciliens « Les territoires d’innovation de l’ingénierie couvrent différents domaines : la sécurité, les économies d’énergie, les infrastructures, sans oublier les innovations de services liées à la mobilité, comme le véhicule autonome. L’objectif global que nous poursuivons est de conforter le niveau technique du réseau en Île-de-France–sécurité et régularité, maîtrise des coûts d’exploitation, satisfaction des clients. Mais nous souhaitons aussi favoriser les échanges d’expertise avec RATP Dev, afin de gagner les appels d’offres sur lesquels le Groupe se positionne.

Typiquement, il existe aujourd’hui un important marché mondial pour le métro automatique. Notre organisation intégrée « ingénierie-exploitation- maintenance » est l’un des atouts pour saisir cette opportunité de croissance. S’y ajoute une capacité reconnue à concevoir de nouveaux systèmes automatiques et à en déployer sur des lignes existantes sans interruption majeure de l’exploitation.» Guillaume LeMandat, ING, responsable de l’entité Projets systèmes © DR « L’importance du RER pour la RATP tient en partie à son rôle de laboratoire d’innovation. À titre d’exemple, c’est sur la ligne A qu’a été mis en place, dès 1989, le système SACEM de contrôle de la vitesse.

Ce développement a été important pour réussir l’automatisation des lignes du métro.

Aujourd’hui, l’innovation reste nécessaire pour répondre à nos enjeux. Beaucoup de projets de modernisation sont menés afin d’optimiser certaines actions ou encore pour apporter une aide à la décision dans le domaine de l’exploitation, notamment en évaluant avec précision l’impact des incidents. L’avenir du RER ? Ce mode est toujours pertinent, puisque beaucoup de voyageurs effectuent des trajets de plus en plus longs entre leurs lieux de résidence et de travail.

Il sera connecté au Grand Paris Express et, à ce titre, sera une belle vitrine de notre savoir-faire. Un effet bénéfique sur la désaturation de la ligne A devrait être attendu en retour.

» Mathilde Mahaut, RER, responsable de la Direction de ligne unifiée de l’exploitation Ligne A (DLA) © D. Sutton « Le ticket magnétique tient une place majeure dans l’offre billettique d’Île-de-France,avec plus de 450 millions de ventes par an,soit près d’un tiers des recettes voyageurs de la RATP .Après les abonnements,ce sont les titres de nos clients occasionnels qui se modernisent.Dans cette perspective,IDFM a initié le programme de modernisation de la billettique,mené conjointement avec la RATP ,SNCF et Optile, poursuivant trois objectifs: offrir de nouveaux services aux clients pour supprimer progressivement le ticket magnétique, développer un système billettique commun à tous les transporteurs en vue de l’ouverture à la concurrence,permettre de l’agilité tarifaire.

Plusieurs services,développés avec l’appui de l’expertise technique de RATP SMART SYSTEMS, seront lancés en 2019*.Notre défi sera d’accompagner le changement auprès de nos clients.En effet,d’ici à 2021,après la suppression du carnet de t+,la moitié des clients aura changé de support. La suppression totale du ticket devrait intervenir, quant à elle,dans cinq ans.» Nathalie Laurent, CML, responsable de l’unité tarification, ventes, validations © B. Marguerite Toujours plus d’innovations billettiques Mise en service de la ligne 14 en 1998. 1967 Mise en service du premier poste de commande centralisé (PCC) sur la ligne 1 du métro 1989 1998 Mise en service de la ligne 14, première ligne de métro 100 % automatique à grande capacité du monde 2002 Démarrage de l’actuel programme de modernisation des systèmes du métro 2011 Mise en service des premières navettes automatiques sur la ligne 1 1965 Publication du schéma directeur prévoyant la création de trois lignes de RER 1969 Mise en service de la ligne entre Nation et Boissy-St-Léger 1977 Inauguration du tronçon central Auber-Nation 1981 Prolongement de la ligne B de Châtelet – Les Halles à Gare du Nord 2009 Inauguration de la branche est du RER A en 1977.

© G.

Gaillard © J.-F. Mauboussin Mise en service du Système d’Aide à la Conduite, à l’Exploitation et à la Maintenance (SACEM) sur la ligne A, premier système à base d’informatique de sécurité embarquée à bord des trains Mise en place de l’interopérabilité RATP-SNCF sur la ligne B puis, en 2013, du centre de commandement unique du RER B et de la direction de ligne unifiée 1973 Installation des péages magnétiques dans le métro 1975 Lancement de la carte Orange 1998 Lancement commercial du titre Imagine R 2004 Passage en télébillettique de tous les abonnés longs (carte Intégrale et Imagine R), puis des forfaits Navigo Mois et Semaine 2008 Mise en circulation du passe Navigo puis ouverture des services en ligne sur Navigo.fr en 2016 * Lire l’article sur le programme de modernisation billettique p.4.

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Inauguration du tramway T1 en 1992. Le tramway de Casablanca (Maroc). Toujours plus de mobilité durable « Le tramway est aujourd’hui plébiscité. Il est le mode le plus apprécié des voyageurs (taux de perception le plus élevé de tous les modes). Notre réseau représente 11 % de la longueur totale des réseaux français, mais il transporte 22 % des voyageurs. Il est donc deux fois plus attractif que la moyenne ! Ce succès s’explique par la fiabilité des liaisons, ainsi que par leur interconnexion avec les autres modes : RER, métro, Transilien et bus. Le tramway est aussi un levier de recomposition de la ville et d’amélioration de la qualité de vie.

À titre d’exemple, les nouvelles lignes donnent l’occasion de créer des pistes cyclables et des espaces verts. Actuellement, nous sommes mobilisés par la consultation pour la ligne T9, qui désaturera les lignes de bus entre Paris et Orly. Nous avons mis en place un groupement RATP Épic – RATP Dev, afin de conjuguer l’expertise technique et opérationnelle et la compétence pour répondre à un appel d’offres, ce qui est un métier en soi. » Ingrid Lapeyre-Nadal, BUS, déléguée du directeur en charge du pôle tramway © B. Marguerite 1937 Dernier trajet du tramway dans la capitale entre Porte de Vincennes et Porte de Saint-Cloud 1992 Mise en service du T1 entre Saint-Denis et Bobigny 2018 Mise en service du prolongement du T3b entre Porte de la Chapelle et Porte d’Asnières 2018 La RATP exploite sept lignes de tramway sur 100 kilomètres en Île-de-France (troisième réseau en Europe) © R.

Roy « RATP Dev a été créée pour développer le chiffre d’affaires en dehors du marché historique de la RATP et pour apprendre à se confronter à la concurrence en vue de son arrivée en région parisienne. Aujourd’hui, le partage d’expérience avec la maison mère fonctionne bien. Les réussites et les échecs de RATP Dev ont mis en évidence un point important : il faut savoir apporter une réponse au niveau attendu par le client en termes de service et d’organisation du réseau, sans chercher à surdimensionner l’offre. Les années à venir s’annoncent riches de défis. D’ici à 2022, RATP Dev a pour objectif de représenter 20 % du chiffre d’affaires du Groupe, ce qui suppose de remporter des marchés de plus en plus gros, mais aussi de renouveler ceux que nous détenons en devenant gestionnaire de la qualité de service dans la durée ! » Catherine Chardon, RATP Dev, Business Transformation Director chez RATP Dev London © DR Toujours plus de compétitivité 2002 Création de RATP Dev 2012 Mise en service du tramway de Casablanca 2014 Gain du contrat de conception et d’exploitation du futur réseau de bus de Riyad 2018 RATP Dev est présente dans 14 pays et transporte 1,5 milliard de voyageurs chaque année © J.-F.

Mauboussin 12 RATP - URBAN MAG - DÉCEMBRE 2018-JANVIER 2019

Louvre sur la ligne 1, première station culturelle en 1968. Toujours plus engagé Toujours plus responsable « Au travers de la contractuali- sation,la RATP s’est engagée vis-à-vis des pouvoirs publics et des clients – via un service garanti – et des collectivités locales,pour la préservation de l’environnement et de la cohésion sociale. Au fil du temps,les contrats se sont faits plus détaillés et exigeants. Le contrat est aujourd’hui assorti d’indi- cateurs de performance et de qualité de service, qui, dans tous les départements et unités opérationnelles,sont déclinés en objectifs et donnent lieu à des plans d’action concrets.Si les intentions d’IDFM s’agissant du futur contrat ne sont pas encore connues,nous savons que la préparation de la mise en concurrence et l’élaboration de la maquette financière dans un contexte de fort investissement (MF19,MING, Bus2025,infrastructures et systèmes) en seront deux des principaux piliers.

À ces défis s’ajouteront, pour la RATP , l’amélioration de l’expérience client et le déploiement de la télébillettique. » Frédéric Dupouy, SDG, délégué général au contrat Stif © B. Marguerite « En 2013, le Stif nous a demandé d’arrêter l’achat de bus diesel et de privilégier les bus hybrides. Nous avons souhaité aller plus loin en formalisant cet objectif : ne faire rouler que des bus propres – à motorisation électrique, gaz naturel ou hybride–d’ici à 2025. La technologie gaz étant mature, les défis consistent à intégrer, dans des centres bus déjà très denses, les infrastructures de charge nécessaires.

Concernant les bus électriques, il s’agit en plus d’obtenir des véhicules performants à un coût modéré et de préparer leur exploitation et leur maintenance dans un délai court. Pour notre réseau, le programme Bus2025 est une révolution comme il n’y en a pas eu depuis un siècle. En le menant à bien, nous allons moderniser l’image du bus et, peut-être, donner des idées à d’autres autorités organisatrices… » Nicolas Cartier, MRB, responsable programme Bus2025 © B. Marguerite 2006 Mise en place de la première politique énergie climat de la RATP 2008 2017 Conversion électrique des 21 bus de la ligne 341 2018 Le Groupe est le premier opérateur de transport multimodal au monde certifié ISO 50 001 Lancement d’un programme de remplacement des éclairages par des systèmes LED dans les espaces voyageurs, avec pour résultat une réduction de 50 % de la facture d’énergie des gares et stations Séparation fonctionnelle et comptable des activités de gestion d’infrastructures et d’opérateur de transport dans le cadre des lois ORTF et du Grand Paris 2000 Signature avec le Syndicat des transports parisiens (STP) du premier contrat pour la période 2000-2003 2008 Signature du premier contrat pluriannuel avec le Stif décentralisé 2012 2016 Signature avec le Stif du cinquième contrat de l’histoire de la RATP (2016-2020) © J.-F.

Mauboussin « L’identité d’une entreprise, c’est le système de signes – logo,couleurs… – qui la traduit aux yeux du monde extérieur. Mais c’est aussi le style, l’attitude publique ou encore le discours qui la font vivre en incarnant sa vision et ses promesses. Tout au long de son évolution, la RATP a souvent privilégié les signes de la modernité, voire la projection dans le futur, mais en respectant son patrimoine. C’est ainsi, par exemple, que le logo de 1992 évoquait déjà, par ses couleurs lumineuses, le développement durable, tout en actualisant le vert historique des transports parisiens.

Les projets dans les espaces ont ainsi toujours dépassé les exigences « fonctionnelles » en intégrant une qualité architecturale, une ambition de design, ou encore des interventions artistiques. Se dégage donc encore aujourd’hui une identité forte, qui constitue un atout majeur pour conserver et renforcer notre visibilité dans un contexte de plus en plus concurrentiel. Dans les années à venir, le mot d’ordre restera inchangé : être saillant, attractif, et inspirer confiance. » Yo Kaminagai, MOP, délégué à la conception © B. Marguerite Toujours plus d’identité 1973 Développement des stations culturelles et adoption d’un nouveau principe de rénovation des stations (style Andreu-Motte) 1992 Adoption du système d’identité visuelle RATP fondé sur le vert jade, le blanc et le bleu foncé, incluant le nouveau logo, aujourd’hui bien connu 1997 Adoption d’une signalétique commune à tous les modes 2006 Formalisation de la première charte sur les fondamentaux des espaces de transport 2018 Création de la marque et du logo groupe RATP © DR RATP - URBAN MAG - DÉCEMBRE 2018-JANVIER 2019 13

1 Des travaux de grande envergure Ce prolongement à la Porte d’Asnières a nécessité d’importantes restructurations urbaines. Cinq souterrains routiers ont notamment été comblés sur les boulevards des Maréchaux, afin d’accueillir les infrastructures ferroviaires : la plateforme, les rails, les poteaux des lignes aériennes de contact, la caténaire, le mobilier des stations, etc. Un succès prolongé Parti depuis le Pont du Garigliano (15e ), le T3 a rejoint la Porte d’Ivry (13e ) en 2006, puis la Porte de la Chapelle (18e ) en 2012.

Depuis, il poursuit sa route et a rejoint la Porte d’Asnières en 2018.

Inauguré fin novembre, en présence de Michel Cadot, Préfet de la Région d’Île-de-France et de Paris, d’Anne Hidalgo, Maire de Paris, de Valérie Pécresse, Présidente de la Région et d’Île-de-France Mobilités, et de Catherine Guillouard, Présidente-directrice générale du groupe RATP, ce tronçon de 4,3 kilomètres comporte huit nouvelles stations. Menés conjointement par les départements MOP, ING et MRF notamment, le prolongement a mobilisé plus de 200 collaborateurs de l’entreprise. Ce projet de transport est associé à une démarche de requalification urbaine comprenant notamment un réaménagement complet des boulevards.

Et demain ? Le T3 continuera son parcours à l’ouest vers la Porte Dauphine. Le tramway T3 poursuit sa route © D.

Sutton © Ville de Paris – Mission Tramway © I. Bonnet 2 Ruban vert Plus de 27 000 m² de gazon ont été déroulés sur la plateforme du tramway. Un tapis vert, conçu pour nécessiter peu d’entretien et peu d’eau. L’une des innovations du projet : la mise en place d’un système d’arrosage enterré, relié au réseau d’eau non potable de la Ville de Paris. 14 RATP - URBAN MAG - DÉCEMBRE 2018-JANVIER 2019

5 Un tracé tout en poésie Particularité du T3 : l’accompagnement culturel du projet. Les nouvelles stations ne font pas exception, comme, par exemple, les illustrations des fonds des abris par l’artiste Mai Li Bernard (photo ci-dessus) ou encore l’œuvre de Pierre Malphettes qui s’installe à la station Porte Pouchet.

3 Garage redimensionné Au sein du site de maintenance et de remisage Jules Ladoumègue, l’espace de remisage a été agrandi afin de pouvoir accueillir les 14 rames supplémentaires acquises dans le cadre du prolongement de la ligne. Sept nouvelles voies de remisage ont ainsi été installées, soit 28 positions supplémentaires*.

6 Moderne et fiable Ce prolongement constitue une réponse efficace à la saturation de la ligne de bus PC3 et à la demande croissante de transport de surface dans le secteur, encourageant ainsi l’utilisation des transports en commun. Le tramway est un mode régulier, confortable et silencieux. 89000 voyageurs supplémentaires attendus chaque jour. 31kilomètres de ligne entre le Pont du Garigliano et la Porte d’Asnières. 4minutes d’intervalle entre deux rames, en heure de pointe (contre 5 auparavant). 4 Toujours plus interconnecté Avec le prolongement du T3 à la Porte d’Asnières, le maillage urbain est davantage optimisé.

Désormais, les voyageurs peuvent, depuis le T3, rejoindre les lignes 4, 12 et 13 du métro (et prochainement la ligne 14 prolongée), ainsi que le RER C et une vingtaine de lignes de bus. À cela s’ajoutent des solutions de mobilité douce (vélos en libre-service…), améliorant les déplacements porte à porte. © D.

Sutton © D. Sutton © D. Sutton © B. Marguerite * Le site est d’ores et déjà prêt à accueillir les rames du futur prolongement de la Porte Dauphine. RATP - URBAN MAG - DÉCEMBRE 2018-JANVIER 2019 15

BIM: VERS LES MAQUETTES 3D INTELLIGENTES Le BIM apporte une nouvelle manière de concevoir et de réaliser des projets de construction. Cette approche gagne aujourd’hui du terrain dans tous les secteurs et le groupe RATP adopte le BIM dans un nombre croissant de projets d’infrastructures. © D. Sutton « Savoir exploiter les données numériques d’une infrastructure au format BIM va être un critère de choix dans les futurs appels d’offres.C’est pourquoi le groupe RATP développe actuellement une véritable expertise dans le domaine.» JÉRÉMY POTEAU, ING,CHEF DE PROJET DÉPLOIEMENT BIM Le Building Information Modeling (BIM) est une représentation numérique d’un ouvrage bâti et de ses constituants, enrichie d’informations servant des cas d’usages prédéfinis, par exemple des livrables d’études, ou, à terme, la gestion et la maintenance d’un ouvrage.

Le BIM, c’est à la fois : 1 Un format de maquette numérique en 3D. 2 Un ensemble de données numériques associées. Le BIM permet une visite virtuelle détaillée d’une infrastructure. Il rend possible: un dialogue éclairé entre les parties prenantes d’un projet (le propriétaire de l’ouvrage, les équipes d’ingénierie, leurs sous-traitants, les exploitants de l’infrastructure,les équipes de maintenance…); un échange et des démonstrations avec les riverains d’un projet; une interaction avec les maîtres d’ouvrage d’autres projets situés à proximité géographique. LesdonnéesBIMpermettent, parexemple,derépondre àdesquestionstellesque: où et comment sont disposées les gaines techniques (aération, fourreaux électriques,etc.) ? quels sont les matériaux utilisés pour les portes et les cloisons d’un local ? La réaffectation envisagée respecte-t-elle les normes de sécurité incendie ? où sont positionnés les équipements de sonorisation dans le bâtiment ? De quel type de matériel s’agit-il au regard d’une nouvelle réglementation ? quel impact l’infrastructure aura-t-elle sur l’environnement urbain ?

Qui fait du BIM à la RATP ? MOP et ING pour la conception de nouveaux projets d’infrastructures. GDI et ING pour la modélisation des postes de redressement notamment. MRF et ING pour l’adaptation des ateliers de maintenance. M2E pour la préparation des opérations de maintenance. VAL et ING pour certains projets de valorisation immobilière (Vaugirard, notamment). SID car le BIM fait partie des trois priorités d’innovation (avec le véhicule autonome et l’intelligence artificielle),dans le levier « Innovation et digital » du plan Défis 2025. RATP REAL ESTATE, ING et MRB pour la conversion électrique des centres bus.

? Lesaviez-vous? La RATP a démarré ses premières activités en démarche BIM en 2015, avec le prolonge- ment de la ligne 11, actuellement en chantier. Un travail de « cadrage » est en cours sur le BIM au sein du plan de transformation digitale. Il est animé par un groupe de travail pluridisciplinaire, composé de GDI, ING, MOP, VAL et SID, pour faire converger les initiatives BIM des différents départements dans une feuille de route commune de transfor- mation de 2019 à 2022. 3 Une méthode de travail pour les parties prenantes d’un projet. Représentation BIM de l’atelier existant de Massy à adapter pour le Matériel Interconnecté Nouvelle Génération (MING).

LesprojetsRATP utilisantleBIM: La station et l’atelier de maintenance ferroviaire de Rosny-Bois-Perrier, dans le cadre du projet de prolongement de la ligne 11. Les futurs ateliers ferroviaires de : - Mitry, pour le MI09,RER A; - Morangis, sur le prolongement de la ligne 14; - Massy, pour le MING,RER B. Les projets de réaménagement des gares de : - Charles-de-Gaulle–Étoile ; - Gare de Lyon.

© RATP 16 RATP - URBAN MAG - DÉCEMBRE 2018-JANVIER 2019