La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les ééco-gardes co-gardes

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©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 3 Pour tout commentaire ou suggestion, bien vouloir contacter: Living Earth Cameroon Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante B.P :12763 Yaoundé Téléphone-Fax : (00 237) 22 20 98 81 ou (00 237) 75 14 17 50 Email: livingearthcameroon@yahoo.com or info@livingearth.org.uk Site internet: www.livingearth.org.uk , www.fondationcamerounterrevivante.org Ce manuel peut être partiellement ou totalement reproduit pour besoin d’éducation à but non lucratif, tout en remerciant « Living Earth Foundation » et La Fondation Camerounaise de la Terre Vivante (FCTV).

© Living Earth Foundation et La Fondation Camerounaise de la Terre Vivante (FCTV) (2009)

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La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 4 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens TABLE DE MATIERE Préface 5 Remerciements 6 Credits 7 Liste des abréviations 8 GRASP 9 Introduction 10 Note sur le manuel 11 Module 1: Communication Efficace Concepts et techniques de la communication A. 13 Barrières à la communication B. 21 Améliorer les capacités de réception C. 28 Techniques de questionnement D. 33 Faire passer le message E. 38 Présentation efficace F. 41 Autoévaluation par les apprenants G. 47 Module 2: Gestion des conflits et la consultation effective de la communauté A. Concept de la résolution des conflits 52 B. Causes des conflits 54 C. Méthodes de résolution des conflits: 58 C1. Négociation 61 C2. Participation de la communauté 76 D. Le processus participatif des communautés dans la gestion des ressources naturelles 78 E. Autoévaluation par les participants 88 Information supplémentaires Références 93 Living Earth Foundation 94 Bristol Zoo Gardens 95

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©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 5 PREFACE Ce manuel de formation est un outil didactique utile pour le personnel enseignant de l’Ecole des faunes de Garoua et de l’Ecole des Eaux et Forêts de Mbalmayo. Il enrichira les bibliothèques des deux écoles, rehaussera les aptitudes des enseignants et contribuera de manière importante à améliorer la formation professionnelle dans les deux écoles. Les futures promotions des stagiaires issues des deux écoles seront bien équipées pour bien interagir avec les communautés environnantes des aires protégées. Le Ministre des Forêt et de la Faune (MINFOF) sera ravi de voir les communautés autour des aires protégées collaborer efficacement avec les éco-gardes pour venir à bout de plusieurs défis de conservation. Ceci inclus le manque de communication effective entre les partenaires clés, le braconnage, l’exploitation illégale du bois et la pauvreté continuelle parmi les populations en bordure des Aires Protégées.

Après l’évaluation des besoins de formation effectuée en 2006, il ressortait que les éco- gardes et les services de conservation utilisent exclusivement les méthodes répressives pour appliquer les lois forestières et fauniques, raison pour laquelle il y a eu des succès limités. Cette approche a plutôt crée une situation de conflit entre les autorités de conservation et les populations locales conduisant à un climat de méfiance minimisant ainsi les bénéfices qui peuvent être apportés à la population comme un résultat de la conservation. En prenant en considération cette observation, nos partenaires « Living Earth Foundation et Bristol Zoo » ont conçu cette approche de renforcement des capacités pour fournir aux services de conservation et aux éco-gardes des connaissances de base en communication, gestion des conflits et consultation des communautés, nécessaire pour l’engagement effectif des populations locales dans la gestion participative et la conservation des ressources naturelles.

Nous saisissons cette opportunité pour remercier nos partenaires pour leur contribution à la réalisation de la politique gouvernementale d’adoption de l’approche participative dans la gestion de nos ressources forestières et fauniques. Tous les concernés devraient prendre l’opportunité de bénéficier de tous les avantages que cette initiative présente. Je recommande ce manuel à nos écoles de formation et j’appelle les autorités des deux écoles d’en faire bon usage de manière à produire dans le futur des meilleurs éco-gardes. Je recommande aussi aux services de conservation à travers le pays de l’utiliser de temps en temps pour fournir la formation professionnelle aux agents chargés de l’application de la loi à travers nos points chauds de conservation.

Le Ministre des Forêts et de la Faune Prof. NGOLLE NGOLLE Elvis

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La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 6 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens REMERCIEMENTS Ce manuel est produit par «Living Earth Foundation» encore appelé «La Fondation Camerounaise de la Terre Vivante (FCTV)». C’est dans le cadre du Projet De Mobilisation Des Communaués Autour Du Dja Pour Une Gestion Durable Des Ressources Naturelles (DPCEP - Dja Periphery Community Engagement Project) mis en œuvre depuis 2006 en partenariat avec Bristol Zoo et le Ministère des Forêts et de la Faune. Les activités de DPCEP ont été financées par une subvention EC du PNUE (sous projet CP/3000-05-75 sur les Grands singes) et le co-financement du fond Britannique appelé «Foreign and Commonweath Office Global Opportunities Fund».

La version finale de ce manuel est le résultat de la combinaison de plusieurs données du draft initial suivi d’un test d’application lors de la formation de 56 éco-gardes du Service de Conservation de la Réserve du Dja. Ainsi, sommes-nous particulièrement reconnaissants envers les institutions et personnes suivantes pour leurs inestimables contributions : Le Ministre des Forêts et de la Faune, • Le Ministère de l’Environnement et de la Protection de la Nature, • Dr. Talla, Francis Nchembi, directeur de l’Ecole des faunes de Garoua, • Dr. Linjouom, Ibrahim, Directeur de l’Ecole des Eaux et Forets de Mbalmayo, • Dr. Beti, Jean Lagarde, ex-conservateur de la Réserve de Biosphère du Dja, • Les chefs des Antennes Nord, Ouest, Sud et Est de la Réserve de Biosphère du Dja. • Nous remercions les éco-gardes pour leur participation active et feedback utiles durant le test d’application et les sessions de formation.

Tous ceux qui ont contribué à ce travail et ne sont pas cités dans ce travail sont également remerciés. Enfin, nous souhaitons remercier le personnel de «Living Earth Foundation» et «La Fondation Camerounaise de la Terre Vivante (FCTV)» ainsi que nos collaborateurs qui, dans leurs différents rôles ont contribués par leur travail à la réalisation de ce projet.

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©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 7 CREDITS Co-ordonnateur des Programmes: Dr Nouhou Ndam Gestionnaire des projets, DPCEP: Christian Azenui Asanga Responsable du volet Bien être: Isabella Ade Akwa Responsable Financier: Youmbi Maurice Responsable Administratif: Khinjem Awah Nchoutbumo Facilitateurs Communautaires: Sylvie Bekah, Simeon Akono Personnel d’appui: Victor Lyonga, Daouda Njoya, Vetna Tchamou, John Agwor, Atud Ruben Tebid, Tenjoh Jean Assistants techniques: Neil Maddison, Chris Callaghan, Ed Craven Consultants principaux: Georges Nditafon, Kolokosso à Bediang Traduction: Mekou Youssouf Bele Lecture et édition: Christian Asanga, Nouhou Ndam, Khinjem Awah Nchoutbumo, Mama Mouamfon Illustrations: Wiysenyuy Abdul Azizu Veranso Dessins: Fondation Camerounaise de la Terre Vivante, Living Earth Foundation Impression: Living Earth Foundation

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La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 8 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens ABREVIATIONS PBC Précision, Brièveté, clarté ABC Accuracy, Brevity, Clarity AGR Activités Génératrice de Revenus HCGB Haut Commissariat de Grande Bretagne RBD Réserve de Biosphère du Dja DPCEP Projet de Mobilisation des Communautés autour du Dja pour une Gestion Durable des Ressources Naturelles CE Commission Européenne UE Union Européenne UICN Union Internationale pour la Conservation et Nature CAP Connaissance, Attitude et Pratique GLCS Gardez-Le Court et Simple KISS Keep it Short and Simple LEFCP Living Earth Foundation Cameroon Programme M&E Monitoring et Evaluation MINEP Ministère de l’Environnement et de la Protection de la Nature MINFOF Ministère des Forêts et de la Faune ISS Interview Semi Structurée PNUE Programme des Nations Unies pour l’Environnement RU Royaume-Uni

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©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 9 Le projet pour la survie des grands singes (GRASP) Le Projet pour la survie des grands singes (GRASP) a été institué par le Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) en septembre 2001, en réponse aux graves menaces qui pèsent sur les grands singes et les écosystèmes essentiellement forestiers dont ils dépendent pour survivre. Lors de son lancement, le GRASP comptait une douzaine de partenaires, dont trois conventions relatives à la diversité biologique et neuf organisations non gouvernementales. A son lancement en tant que partenariat pour le développement durable, en septembre 2002, lors du Sommet mondial pour le développement durable de Johannesburg (Afrique du Sud), ce nombre était passé à 21, dont l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) et pratiquement toutes les organisations non gouvernementales qui mènent de grands programmes de conservation des singes en Afrique ou en Asie. Le nombre de ses partenaires continue à augmenter. L’objectif global de la stratégie est, en tant que défi immédiat, d’écarter la menace d’extinction imminente à laquelle doivent faire face la plupart des populations de grands singes, à savoir les gorilles, les chimpanzés, les bonobos (chimpanzés pygmées) et les orangs-outangs. Par la suite, conserver dans leurs habitats naturels les populations sauvages viables de toutes les espèces et sous-espèces de grands singes, et veiller à ce que, lorsqu’il y a des interactions entre elles et des populations humaines, ces interactions soient positives de part et d’autre et durables. (Information tiré de http://www.unep.org/grasp)

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La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 10 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens INTRODUCTION Le manuel est constitué de deux modules: La communication efficace 1. , et La gestion des conflits et consultation effective des communautés. 2. La consultation effective des communautés est traitée comme un moyen d’atténuer les conflits dans la gestion des ressources naturelles.

Les éco-gardes et les conservateurs sont appelés à travailler avec les populations locales pour élaborer et suivre un plan d’application effective des lois forestières et de gestion des ressources naturelles à l’intérieur et autour de la réserve de la Biosphère du Dja (RBD) ainsi que dans toutes les autres aires protégées. Les communautés locales dépendent presque entièrement de ces ressources naturelles qu’elles considèrent comme faisant partie de leur culture et une manne tombée du ciel. En conséquence, le phénomène de la surexploitation des ressources naturelles est très présent autour de la RBD. Parfois ceci est dû au besoins de satisfaire les moyens d’existence (nourriture, revenues, etc.) ou simplement à l’ignorance.

Les ressources très souvent surexploitées comprennent entre autres : Les animaux protégés de la classe A, tels que les chimpanzés, gorilles, éléphants. 1. Le bois d’œuvre 2. L’approche répressive utilisée par les éco gardes pour dissuader les populations dans cette pratique abusive reste très limitée pour plusieurs raisons. En conséquence, une approche participative à la conservation est considérée comme une alternative fiable dans laquelle les communautés locales et les autres parties prenantes sont impliquées dans le processus. Ceci constitue la raison principale de cette formation.

Une étude initialement menée sur les besoins en formation a révélé que les écogardes et les conservateurs autour de la RBD utilisent exclusivement les méthodes répressives dans l’application des lois forestières. Cette approche a plutôt crée une situation de conflits entre ceux qui prônent la conservation et les communautés locales qui utilisent les ressources. Pourtant, la conservation peut générer aux communautés beaucoup de bénéfices.

Ce manuel est conçu pour fournir aux conservateurs et aux éco gardes des aptitudes élémentaires en communication, gestion de conflits et consultation effective des communautés, nécessaires pour l’engagement effectif les communautés locales dans la gestion participative des ressources naturelles. Il est donc, destiné aux écogardes comme un guide pragmatique.

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©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 11 Une note sur le manuel George Nditafon Ce manuel peut être exploité de plusieurs façons. Tout dépend du temps disponible pour la formation et des besoins spécifiques de ceux qui doivent être formés. Le nombre de participants et le contexte d’apprentissage définiront la durée de la formation. Formation modulaire Ce manuel de formation est conçu pour environ 30 heures (24 heures d’apprentissage inter actif composé des cours magistraux et 6 heures des travaux pratiques sur le terrain) reparties sur 15 semaines.

Formation lors de l’atelier Ce guide contient le matériel nécessaire pour quatre jours de formation. Pour l’exploiter en temps plus réduit, il est possible de concevoir des modules plus courts ayant des activités spécifiques selon les objectifs à atteindre. Dans ce cas, il serait mieux de commencer en expliquant aux participants les bénéfices de la conservation à long terme et le besoin d’une participation totale des communautés dans les processus de prise des décisions qui affectent leurs moyens d’existence.

Pourquoi ce manuel ? Le but de la formation consiste à renforcer les capacités des éco gardes à acquérir les compétences qui leur sont nécessaires en : ‘adoptant une approche participative donc l’engagement des communautés locales et les autres parties prenantes dans l’application des lois forestières et de la conservation des ressources naturelles à l’intérieur et autour de la RBD’. L’objectif principal de ce manuel est donc de permettre aux éco gardes de faire usage des compétences acquises au cours de cette formation. Donc, le temps est beaucoup plus alloué à la pratique (travaux en groupes et discussions). Les travaux de terrain conçus dans ce manuel visent à renforcer les compétences acquises au cours de la formation et d’exposer la réalité pratique que les éco gardes rencontrent presque chaque jour dans l’exercice de leur mission.

Cependant, il faut noter que ce manuel est loin d’être un cours de gestion participative au sens strict du terme, mais plutôt un outil pour aider les écogardes à mieux collaborer avec toutes les autres parties prenantes impliquées dans la gestion des ressources naturelles autour de la RBD. En conséquence, l’accent est porté ici sur la Communication Efficace et la Négociation comme moyens de ressortir les bénéfices de la conservation et de la consultation des populations locales pour une participation effective dans la conservation des ressources naturelles. Les aspects de la communication et gestion des conflits ont été donc taillés pour répondre aux besoins immédiats des écogardes nécessaires à l’exercice de leur mission.

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 12 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens Structure du manuel Pour atteindre les buts de cette formation, ce manuel a été structuré comme suit : Les objectifs spécifiques pour chaque module 1. Un guide du facilitateur accompagné des notes explicatives quand nécessaires. 2. Les notes pour participants comprenant les sections pouvant être photocopiées. 3.

Les activités d’apprentissage permettant aux participants de contribuer au 4. renforcement de leur propre connaissance ainsi que la pratique des compétences acquises lors de la formation. Une section d’autoévaluation permettant aux participants de planifier comment 5. ils développeront leurs compétences pour faire le meilleur usage du guide. Les éléments abordés dans cette partie rappellent aux participants des concepts clés à retenir chaque fois qu’ils travaillent avec les communautés locales. A propos de la formation Le facilitateur doit indiquer que les participants ne devraient pas compter être des experts à la fin de la formation. Mais que l’on espère qu’ils seront capables d’analyser les facteurs clés de la communication efficace, de la résolution des conflits et de la consultation effective des communautés locales de manière à les utiliser plus efficacement sur le terrain.

La formation sera un mélange des exposés sur les concepts présentés par le facilitateur d’une part et des activités d’analyse et de discussion avec les participants d’autre part. L’objectif ici est de permettre aux participants de pratiquer et d’avoir des échanges d’idées entre eux. Ces activités devront aider les participants à approfondir et à accroître leur compréhension des concepts. Elles ne constituent en aucun cas ni les tests ni les examens qu’on doit absolument passer.

Le facilitateur doit attirer l’attention des participants sur des pages portant sur l’autoévaluation, expliquant brièvement ce qu’elles représentent. Il faut rappeler aux participants de feuilleter ces pages afin d’inscrire leurs idées au fur et à mesure que la formation progresse. Les attentes des participants citées au début de la formation devront servir de référence afin d’évaluer à la fin de la formation si les participants sont satisfaits ou non.

©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 13 Module 1: Communication Efficace Objectifs du Module A la fin de ce module, le participant devra être à mesure de : Définir les buts, concepts, processus ainsi que les facteurs et barrières à i. la communication comme outils d’une gestion participative des ressources naturelles ; Identifier les barrières à la communication dans la vie quotidienne et apprendre ii.

comment les surmonter ; Communiquer d’une manière claire et concise ; iii. Acquérir et utiliser les compétences pour une écoute active iv. Acquérir les habiletés dans le questionnement comme moyens d’approfondir la v. compréhension et améliorer les capacités de réception Acquérir et utiliser les techniques de sensibilisation et la présentation efficace vi. comme moyens de faire passer le message. Faire une bonne présentation vii.

A. Concepts et Techniques de Communication Figure 1: Feedback: un élément clé de la communication efficace  b) communication à deux sens avec une approche amicale (le feedback est présent) a) communication à sens unique avec crainte (Pas de feedback) Sais tu que tu es presque prisonnier… ? Allons… Peux tu m’instruire sur la loi forestière …? You don’t seem to understand that… Tu ne sembles pas comprendre...

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 14 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens Activité 1 : Fermer la porte du magasin (Communication Écrite - environ 10 minutes) Le facilitateur commence avec l’ activité 1 comme un exemple de communication écrite à sens unique. Les participants font l’exercice en 10 minutes maximum et gardent leurs résultats. Ils y reviendront plus tard.

Lissez le texte qui suit et dans dix minutes, répondez aux questions. Le texte est constitué de quatre phrases. Répondez par: V : si la proposition est vraie F : si la proposition est fausse PDE : si on ne peut pas dire avec exactitude N.B. Gardez votre réponse à côté car on y reviendra. Texte «Un écogarde vient de fermer la porte du magasin lorsqu’une personne apparaît et lui demande la viande de brousse confisquée. On a ouvert la porte. Le magasin a été complètement vidé de son contenu et alors la personne prend rapidement fuite. La brigade de la Gendarmerie de Djoum est immédiatement alertée». Les propositions relatives au passage: Une personne est apparue après la fermeture de la porte du magasin par le 1.

propriétaire. Le braconnier était un homme. 2. La personne qui est apparu n’avait pas demandé la viande de brousse confisquée. 3. Celui qui a ouvert la porte était le propriétaire. 4. Le propriétaire a vidé le magasin de son contenu et a pris fuite 5. Le braconnier a demandé au propriétaire de lui remettre la viande de brousse 6. confisquée. Après que la personne qui a demandé la viande de brousse confisquée ait vidé le 7.

magasin de son contenu, il a pris rapidement fuite. Après avoir fermé la porte du magasin, une personne approche. 8. Ce problème concerne trois personnes: le propriétaire du magasin, la personne 9. qui à demandé la viande de brousse confisquée et un élément de la gendarmerie de Djoum. Le facilitateur continue avec la définition, les buts, les processus et le concept de communication. Il est important de relever que toute communication sans feedback ne saurait jamais être efficace.

Passer à l’activité 2 sur la communication verbale à sens unique.

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 15 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens PLANCHE 1 a) Qu’est ce que la communication? Définition: La communication peut se définir comme un processus de transfert d’un messageparl’utilisationd’unmoyendecommunicationavecl’implicationdudialogue et du feedback. La communication a pour but d’informer et d’instruire à travers le dialogue. Il vise aussi à aider les individus à prendre des bonnes décisions. b) Le processus de communication Le processus de communication comprend trois étapes. Emettre un message: Le communicateur (émetteur) a une idée ou un message à transmettre à un • récepteur. Le message est codé et transmis sur une forme verbale, gestuelle ou écrite. • Ces formes sont les media. Recevoir un message: Le message est reçu à travers les sens du récepteur et est décodé. • Feedback C’est la confirmation de la réception et compréhension du message. Ceci se • fait à travers un hochement de la tête, une expression faciale, une question ou toute autre action. Le feedback est un signe indiquant que la communication a été effectivement réalisée. Selon la circonstance, le feedback peut être immédiat ou différée. Par exemple, dans le cas d’une communication face-à- face, le feedback est immédiat puisque l’émetteur peut aisément interpréter les réactions et gestes du récepteur du message.

Figure 2: Le concept de la communication efficace Récepteur Communicateur (Emmetteur)  Feedback Feedback Message décodé Message codé

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 16 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens Activité 2: Dessin (Communication verbale – environ 20 minutes) Choisir un volontaire parmi les participants en les rassurant que l’exercice ne sera pas embarrassant. Tout autre diagramme pourrait être utilisé à la place de celui de la Planche 2. Le dessin est confié à un volontaire à qui on demande de s’asseoir de manière à ce que les autres participants ne puissent voir le dessin. Le volontaire doit décrire le dessin verbalement sans toutefois donner l’idée de la nature de dessin avec les moindres gestes que ce soit. Il ne devra également répondre à aucune question. Les participants doivent observer un silence total en dessinant tout en évitant de poser les questions. La discussion est basée sur les difficultés rencontrées dans la communication à sens unique. L’accent est mis sur les difficultés de communication verbale par rapport aux combinaisons de la communication verbale, écrite, visuelle et gestuelle. Il est nécessaire de faire ressortir le rôle du feedback ici. Les questions suivantes pourront être utiles: Pourquoi est-il si difficile de reproduire le dessin ?

1. Que pouvons-nous faire pour le rendre plus facile à reproduire ? 2. Que peuvent être les autres objectifs de cet exercice? 3. Les réponses à ces questions sont consignées sur des papiers conférence/tableau. Pour la question 1, les réponses devraient clairement inclure entre autres : pas d’ opportunités de poser des question,s • pas d’instructions claires, • pas de feedback, • pas de rétroaction , • pas de description de l’esquisse général avant les détails, • Le communicateur pourrait aussi se plaindre du manque de temps pour • suffisamment préparer le dessin. Pour la question 2, les réponses devraient aussi comprendre entre autres : On peut rendre l’exercice plus facile en: encourageant le feedback, • encourageant les questions des participants, • prêtant l’attention aux gestes des participants et réagissant en conséquence, • utilisant la comparaison pour décrire l’objet. • Les éléments de réponse de la question 3 comprennent: Comme objectifs de cette activité, nous pouvons citer : la démonstration de l’importance du feedback, • l’illustration de l’importance des questions des participants, • la démonstration de l’inefficacité de la communication à sens unique, • l’illustration de la valeur d’écoute active, • la démonstration du degré de supposition. •

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 17 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens PLANCHE 2 Figure 3: Dessin pour l’activité 2

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 18 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens Nous venons d’aborder la communication verbale avec toutes ces difficultés. Est ce à dire que la communication écrite sera plus rassurante? Les réponses à cette question pourraient comprendre entre autres: «Oui, parce que l’on peut y revenir ; l’on a un point de référence, etc. » Demander aux apprenants de reprendre leur exercice sur la fermeture de la porte du magasin pour une correction d’ensemble. Il devrait normalement avoir assez d’arguments à propos des réponses, mais le facilitateur devra insister sur le fait que la confusion et les difficultés dans la compréhension constituent les objectifs de l’exercice. Activité 3: Fermer la porte du magasin (Réponses) (Communication écrite - environ 20 minutes) Une personne a apparu après la fermeture de la porte du magasin par le 1.

propriétaire - PDE Le texte parle de “l’écogarde” et non pas du “propriétaire”; ils peuvent ne pas être les mêmes personne. Le braconnier était un homme - 2. PDE Quel braconnier? ça pouvait être le conservateur, chef du village, etc. La personne qui a apparu n’avait pas demandé la viande de brousse confisquée - 3. F La personne l’avait demandé l La personne qui a ouvert la porte était le propriétaire - 4. PDE Le texte n’a pas dit qui est le propriétaire. Ça pouvait être une femme Le propriétaire a vidé le magasin de son contenu et a rapidement pris fuite - 5. PDE Le texte n’a pas dit qui à vidé le contenu du magasin Le braconnier a demandé au propriétaire de lui remettre la viande de brousse 6.

confisquée - PDE Le texte n’a pas qualifié la personne de braconnier Après que la personne qui a demandé la viande de brousse confisquée ait vidé le 7. magasin de son contenu, il a rapidement pris fuite - PDE Le texte ne dit pas qui a vidé le magasin de son contenu Après avoir fermé la porte du magasin, une personne approche - 8. V Vrai Ce problème concerne trois personnes: le propriétaire du magasin, la personne 9. qui à demande de la viande de brousse confisquée et un élément de la gendarmerie - PDE Et l’écogarde?

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 19 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens Les leçons apprises et à consigner sur le papier devront comprendre entre autres : Communicateur (Émetteur) • Faible capacité de s’exprimer, o Suppose trop. o Communicateur (Récepteur) • Manque de concentration, o Survole certaines informations et suppose le reste. o Communication à sens unique et à double sens Ayant déjà effectué les deux exercices, vous réalisez qu’il est facile de ne donner que les réponses fausses. Le facilitateur résume alors comme suit: La réussite de communication dépend beaucoup plus sur les deux acteurs principaux.

Le récepteur doit • : Écouter activement (Communication verbale) o Faire une lecture attentive (communication écrite) o Observer attentivement et activement (gestuelle) o Le communicateur doit: • Écouter activement pour le feedback (communication verbale) o Observer attentivement et activement (langage gestuel) o S’exprimer clairement (communication verbale/écrite) o

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 20 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens PLANCHE 3 Le succès de la communication est lie à la bonne réception du message et du feedback. Pour être efficaces, la réception et le feedback doivent être actifs. Ainsi, le communicateur et le récepteur doivent travailler ensemble pour que le message circule. Communication verbale: Communication écrite: Communication gestuelle: Communicateur Communicateur Communicateur Récepteur Récepteur Récepteur Ecoute active Ecriture active, Lecture active Observation active

©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 21 B. Barrières à la communication Le facilitateur devra signaler qu’un certain nombre de barrières ont été déjà relevés dans les exercices précédents. Il est néanmoins important de les considérer ensemble avec celles qui ne sont pas encore identifiés en termes de : Barrières • spécifiques aux faiblesses du communicateur, Barrières • spécifiques aux faiblesses du récepteur, et Barrières • générales applicables et au communicateur et au récepteur ainsi que les autres facteurs Activité 4: Les Barrières à la communication (Environ 1 heure 20 minutes) Dans vos groupes, définir les barrières à la communication. 1.

Préparer une liste des barrières à la communication qui vous marquent le plus et 2. expliquer comment chaque barrière empêche la bonne communication. Plénière: Chaque groupe présente ses résultats en pleniere. La presentation est suivie des discussions en plénière et une liste des barrières à la communication est préparée. Discussion: Parmi les barrières communément rencontrées dans la communication, il faut ressortir: 1. Les barrières spécifiques La faiblesse dû aux communicateurs – La faiblesse dû aux récepteurs – 2. Barrières générales d’ordre Culturel – Langage linguistique – Psychologique – Conditionnel – Structurel – La discussion devrait se focaliser sur comment minimiser les blocages de manière a rendre la communication efficace.

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 22 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens Barrières générales Culturel: Conflit avec la croyance ƒ traditionnelle des autres Conflit avec la culture de la ƒ communauté. Langage: Le jargon ƒ Sémantiques ƒ Ambiguïtés ƒ Psychologique: Emotion (la peur, timidité, ƒ l’agression) Pression ƒ Pré jugement ƒ parti pris ƒ Conditionnel: Environnement (bruit, l’intrus, ƒ malaise) Rang ƒ Politique ƒ Structurel: Distance ƒ Temps ƒ Mauvaise méthode ƒ Message surchargé ƒ Barrières spécifiques: La faiblesse dû aux communicateurs: Etre insolent ƒ Etre menaçant ƒ Etre ridiculisant ƒ Etre moralisant ou prêchant ƒ Faible capacité d’écoute ƒ Mauvaise préparation ƒ Faible connaissance du sujet ƒ La faiblesse dû aux récepteurs: Faible capacité d’écoute ƒ Manque d’intérêt ƒ Le pré jugement ƒ Répugnance à recevoir ƒ Faible connaissance du sujet ƒ PLANCHE 4 Barrières à la communication Généralement il y a deux catégories : Les barrières générales • Les barrières spécifiques aux individus • .

Définition et types des barrières Un frein à la communication est quelque chose qui empêche la transmission efficace, la réception, et la compréhension d’un message. Entre autres nous pouvons citer:

©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 23 Activité 5 : La transmission d’un message par plusieurs voies (Environ 1 heure) Objectif: Démontrer que plusieurs voies bloquent la communication efficace et dénaturent le contenu de l’information en passant d’une voie a une autre. Matériel: Un texte preparé sur la vie sauvage et la conservation comme celui ci-dessous. Tout autre texte ou histoire peut être utilise en fonction du contexte.

«Ce sont les populations rurales qui vont décider du destin des animaux sauvages autour de la RBD. Ces populations perçoivent les ressources forestières de manière différente que les gens qui habitent loin des forêts. Tandis que les conservateurs réclament les animaux sauvages partout comme patrimoine mondial, les gouvernements les considèrent comme ressources nationales. Les populations locales à leur tour les prennent de manière traditionnelle comme un don de la nature qui leur appartient et qui joue un rôle principal dans leur vie économique.» Procédure: Dans chaque groupe, les membres sont numérotés de un à X, 1.

Tous les membres ayant les numéros 1 restent dans la salle, tandis que les autres 2. sortent, Le texte ci-dessus est lu à haute voix à l’attention de ceux qui sont dans la salle ; 3. ils n’écrivent pas et ne posent aucune question, On fait entrer tous les membres ayant les numéros 2 et ceux ayant les numéros 1 4. leur expliquent le text, Les membres ayant les numéros 3 suivent le texte de ceux ayant les numéros 2, 5. tandis que ceux qui sont déjà passés restent tranquilles et ne font aucun geste, etc.

A partir des membres ayant les numéros 2, chacun relève ce qu’il a compris. 6. Figure 4: Rumeur capricieuse (le message original est complétèment transformé) It is the rural people of Africa… Hunters in the Dja will be arrested... Figure 4: Wayward whisper (The original message is completely transformed) Ce sont les ruraux d’Afrique... Les chasseurs dans le Dja seront arrêtés

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 24 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens Discussion: Les versions obtenues par les dernières personnes de chaque groupe sont écrites au tableau. Avec tous les apprenants dans la salle, le facilitateur affiche la version originale du texte et les comparaisons sont faites pour trouver : Le degré de modification du texte original pendant chaque étape de transmission 1.

Combien a été ajouté de 1 à 2, 2 à 3, etc. 2. Combien a été retranché de 1 à 2, 2 à 3, etc. 3. Comment peut on maintenir l’authenticité et améliorer la compréhension de ce texte? La discussion doit aider l’apprenant a énumérez les façons d’obtention du feedback en situation réelle. Dans cette discussion, les apprenants devront être assistés afin d’identifier les barrières ayant empêchées la compréhension effective du message et de les lier à l’activité 4 ci- dessus ainsi qu’à leur travail.

Utilisation des outils audiovisuels pour stimuler la discussion et le débat pour une communication efficace: Après l’activité 5, le facilitateur introduit le rôle des outils audiovisuels dans la communication efficace, indiquant qu’en combinant la lecture, l’écoute, la vue, l’explication et la pratique, la compréhension est beaucoup plus effective. Lier ceci aux avantages et inconvénients des facteurs de la communication écrite, verbale et gestuelle déjà étudiées.

Tableau 1: L’apprentissage et taux de rétention basé sur les outils audiovisuels et la participation active Lire Ecouter Voir Voir et écouter Voir, écouter et expliquer Voir, écouter, expliquer et faire 10% 20% 30% 50% 80% 90%

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 25 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens PLANCHE 5 Les outils audiovisuels Les outils audiovisuels peuvent exercer des effets profonds sur l’initiation des débats et des discussions qui pourraient aboutir à la bonne compréhension du message transmis. Ceci est basé sur les recherches scientifiques : Les récepteurs retiennent: 10% de ce qu’ils lisent. • 20% de ce qu’ils entendent • 30% de ce qu’ils voient • 50% de ce qu’ils voient et entendent • 80% de ce qu’ils voient, entendent et expliquent eux-mêmes • 90% de ce qu’ils voient, entendent, expliquent et font eux-mêmes. • Les deux sections (concept, facteurs et barrières à la communication efficace) peuvent être considérées en résumé comme règles générales pour une communication efficace.

Est-ce que vous vous rappelez? J’écoute et j’oublie je vois et je me souviens je fais et je comprends Confucius (Philosophe chinois) 551 BC - 479 BC.

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 26 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens Les deux sections (concept, techniques et barrières à la communication efficace) peuvent être considérées en résumé comme règles générales pour une communication efficace. (Voir Planche 6)

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 27 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens PLANCHE 6 Règles Générales pour une Communication Efficace Gardez-le Court et Simple 1. - (GLCS) En Anglais (Keep It Short and Simple - KISS) Exemples: Les dix commandements ont 120 mots • Le sermon sur la montagne a 300 mots, etc. • Précision, Brièveté, Clarté - 2. (PBC) En Anglais (ABC) Exemple: L’activité «Fermer la porte du magasin» est • B, mais pas P et C Ne jamais laissez les idées clés du message être devinées 3.

Exemple: «Nous allons discuter la stratégie de protection de nos animaux • sauvages à la prochaine rencontre. Tout un chacun est prié de préparer sa liste de suggestions.» PAS «Nous allons discuter la stratégie de protection de nos animaux • sauvages pendant la prochaine rencontre. Est ce clair? « Le message doit satisfaire le besoin de l’auditoire 4. L’outil audiovisuel doit également satisfaire le besoin de 5. l’audience Exemple: «Une bonne image vaut mieux que mille mots» • Il faut connaître son auditoire 6.

Dites-le en trois étapes 7.

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 28 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens C. Améliorer les Capacités de Réception d’un Message Habiletés de communication Le facilitateur introduit les habiletés de communication pour inclure: La réception: • Comment nous sommes prêts et avons la volonté d’accepter un message, d’avoir le feedback et en faire un bon usage.

La non réception: • Rester neutre dans une situation et laisser les autres prendre leurs propres décisions pour gagner en temps et énergie. Cette approche doit être utilisée avec beaucoup de précaution. L’expression: • Combien nous communiquons et sa qualité La non expression: • Savoir se taire pourrait être un outil puissant. Ceci est tout à fait différent que de rester sans parler. Certaines personnes ne sont pas patientes et donc finissent par ne pas percevoir les vrais messages transmis. Cette impatience est directement liée aux difficultés d’accroître la capacité de réception des uns et des autres.

Pour améliorer le niveau de réception, l’obtention du feedback doit être encouragée. Poser des bonnes questions et écouter activement sont importants pour obtenir le feedback. Les techniques de l’écoute Le concept de l’écoute active est introduit en indiquant qu’il y a des règles qui peuvent aider à améliorer l’écoute et donc les capacités de réception. Procéder à l’activité 6.

©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 29 Activité 6: Ecoute Active et difficultés rencontrées (Environ 1 heure) Objectif: Développer les techniques d’écoute active (empathie) Procédure: Les participants répartis en groupes de trois désignent un porte-parole, un écouteur, et un observateur pour chaque groupe. Le texte est expliqué par le porte-parole qui sans interruption exprime aussi ses émotions vis-à-vis du texte. L’écouteur écoute seulement, sans écrire et sans poser des questions. Seul l’observateur est autorisé à relever les points essentiels. Après avoir terminé, l’écouteur fait un résumé de points essentiels du texte. Ensuite, le porte-parole et l’observateur pourront faire des suggestions et ou des modifications au résumé fait par l’écouteur. Si le temps le permet, un autre texte pourra être sélectionné et l’exercice se poursuivra pour permettre à tous les participants de jouer tour à tour les différents rôles.

La permutation des rôles peut se faire toutes les 10-15 minutes, en sélectionnant à chaque fois un nouveau texte. Texte: «Les études menées au cours des dernières années dans la Réserve de la Biosphère du Dja (RBD) ont révélé que les populations vivant autour de cette réserve ont une attitude négative vis-à-vis des animaux sauvages qui s’y trouvent. Ces populations sont ainsi généralement impliquées dans l’exploitation illégale de la réserve. Legouvernementainsiquelesorganisationsimpliquéesdanslaconservationdelabiodi versité ont, à leur tour, adopté une attitude de méfiance. En plus, le régime d’application des lois dans la réserve semble très insuffisant pour empêcher l’exploitation abusive et non durable des ressources forestières.

Pour que cette réserve garde son intégrité écologique et que les communautés puissent bénéficier de leur forêt, l’engagement effectif et le développement des attitudes positives des communautés locales sont essentiels. Cependant, la plupart des communautés sont simplement écartées de la gestion forestière par les agents du gouvernement et sont constamment harassées par le conservateur et les éco gardes. Comme conséquence, ces communautés ont développé les attitudes négatives vis-à-vis de la conservation et ont adopté les activités illégales sans le moindre respect de la loi en vigueur ou les principes de la gestion durable.»

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 30 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens Figure 5: Apprendre à écouter (l’écoute active requiert aussi «l’écoute ave les yeux») Ateba, you seem to be lost…  Discussion: Pendant la discussion, les points suivants pourraient être utiles : Relever une difficulté où une barrière qui vous a empêché de bien jouer vos rôles 1.

respectifs de porte-parole, écouteur ou observateur. En tant qu’observateur, relever une chose qui n’a pas été dite, mais que vous avez 2. déduite à partir des gestes des autres. En tant qu’écouteur, expliquer pourquoi vous avez eu des difficultés à résumer le 3. texte. Quelle est l’importance de relever les idées clé pendant la communication? 4. Dans votre groupe, proposez une liste des comportements d’un bon écouteur. 5.

En plénière, développer la liste des comportements d’un bon écouteur qui devra contenir entre autres. Ateba, tu as l’air d’ être perdu...

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 31 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens PLANCHE 7 Bien écouter Les difficultés d’écoute active (empathie): Il n’est pas facile d’écouter. La plupart de personnes écoutent les tout premiers mots et commencent à réagir sans avoir reçu la totalité du message. Par conséquent, nous avons besoin de certaines techniques pour bien écouter. Les difficultés les plus rencontrées dans l’écoute active sont l’incapacité de: Surmonter les émotions.

i. Déchiffrer les gestes ii. Distinguer les gestes incohérents des gestes cohérents iii. Surmonter l’impatience et le manque de concentration iv. Contrôler les bruits externes v. Prendre les bonnes notes vi. Les éléments clé de l’écoute active: En prêtant une bonne attention au feedback, on peut déterminer le degré de compréhension du message. Une bonne attention requiert certaines qualités. En plus, les notes prises amélioreront les aptitudes d’écoute. L’écoute active nécessite entre autre de prêter attention: A la compréhension, • Aux nouvelles idées, • Aux gestes ou émotions, • Aux perspectives extraordinaires, • Aux inquiétudes, • Aux éléments de confusion, et après tout • A la prise des bonnes notes. •

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 32 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens PLANCHE 7 (suite) Bien écouter (suite) Impact de l’écoute active sur la compréhension du message: L’écoute gestuelle exige le déchiffrage des gestes afin d’obtenir ce qui n’a pas 1. été dit. Autrement dit, le déchiffrage du message se fait à partir des gestes tels que 2.

le hochement de la tête, secousse de la tête, l’impatience, l’inquiétude, l’hésitation, le signe de confusion, etc. L’écoute gestuelle est souvent appelée ‘nuance’ ou ‘feedback non verbal’ ou 3. ‘message caché.’ Pour que l’écoute gestuelle soit effective, les gestes doivent être cohérents. 4. L’écoute gestuelle a donc l’avantage d’aider les communicateurs déchiffrer ce 5.

qui n’a pas été dit au cours d’une discussion ou interview. Les gestes peuvent aussi jouer le rôle de barrière à la communication 6. Cependant l’écoute passive rend le déchiffrage difficile si le message été 7. effectivement compris ou pas. Dans ce cas, seul le sondage mené soigneusement peut confirmer si la communication a été efficace ou pas. Liste des comportements d’un bon écouteur: Garder contact avec les yeux, • Etre relax et attentif, • Ne pas interrompre l’interlocuteur, • Ne pas porter de jugement, • Poser des questions pour recueillir les opinions, points de vue et sentiments, • Utiliser un langage cohérent comme signe de compréhension tel que le hochement • de la tête, Chercher les signes d’expression tels que les émotions, froissement du visage, • etc.

Etre patient. •

©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 33 D. Les habiletés dans le questionnement Aborder le concept de questionnement pour introduire les bonnes et les mauvaises questions, les questions ambiguës, claires, orientées et tendancieuses. Les catégories d’interviews sont expliquées et comprennent les interviews structurées et semi structurées. Il faut toutefois noter que la qualité de l’information obtenue au cours d’une interview dépend de la qualité des questions posées. Discuter les caractéristiques des interviews semi structurées pour introduire la préparation du guide aux questions (les sous thèmes), questions ouvertes contrairement aux questions closes, questions tendancieuses, orientées, claires, sensibles, etc.

Une question tendancieuse suggère une réponse, et une question fermée amène les gens à répondre par oui ou non tandis qu’une question ouverte favorise la causerie. Les questions tendancieuses sont souvent appropriées pour la clarification du feedback après un sondage. Demander aux apprenants de donner les exemples de types de questions pouvant améliorer les capacités de réception des messages. Utiliser les questions ci-dessous pour améliorer la compréhension des questions ouvertes, closes, tendancieuses, orientées, etc. Les questions autres que celles proposées ici peuvent être utilisées. Les réponses proposées sont entre parenthèses. Quelles sont les questions suivantes?

1. Est-ce vrai que c’est impossible d’arrêter le braconnage dans la RBD? (TENDANCIEUSE/AMBIGUE/OUVERTE/ CLOSE) 2. Comment obtenez vous votre nourriture? (TENDANCIEUSE/AMBIGUE/OUVERTE/ CLOSE) 3. N’est-il pas souhaitable de domestiquer les aulacodes? (TENDANCIEUSE/AMBIGUE/OUVERTE/ CLOSE) 4. Que faites-vous en tant qu’écogarde? (TENDANCIEUSE/AMBIGUE/OUVERTE/ CLOSE) 5. Le nouveau poste de contrôle forestier est merveilleux, n’est-ce pas? (TENDANCIEUSE/AMBIGUE/OUVERTE/ CLOSE) 6. Pouvez-vous me dire en peu plus sur le problème de braconnage ? (TENDANCIEUSE/AMBIGUE/OUVERTE/ CLOSE)

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 34 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens Activité 7: L’interview semi structurée (ISS) (Environ 4 Heures) (1 heure pour préparer et discuter les sous thèmes, 30 minutes pour le déplacement sur le terrain. 30 minutes pour administrer l’interview, 30 minutes pour rentrer du terrain et 30 minutes pour préparer la restitution et les discussions). Note: L’analyse détaillée des résultats de l’interview semi structurée est loin d’être l’objectif de ce module. Le point essentiel ici est d’insister sur la préparation d’un bon guide aux questions pouvant produire des données de bonne qualité ainsi que l’utilisation des questions pouvant améliorer les capacités de réception et promouvoir une grande interaction entre les écogardes et les communautés locales.

Objectif: Mettre en œuvre l’outil de la bonne communication. Procédure: Dans vos groupes: Faites une liste des éléments sur lesquels se focaliser lorsqu’on se prépare pour 1. rencontrer une communauté locale pour une interview semi structurée. Développer une liste des sous thèmes pour pourvoir approfondir vos connaissances sur 2. la chasse illégale dans la RBD. Présenter vos résultats en séance plénière. 3.

Dans une communauté, organisez une interview semi structurée. 4. Rassembler vos résultats et présenter-les en séance plénière. 5. Ceci est suivi des discussions pour déterminer la nature et la convenance des questions posées (questions ouvertes, questions fermées, sondage, tendancieuses, etc.)

©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 35 Figure 6: Liste de contrôle pour un bon ISS Teamwork The six helpers Active listening Taking good notes Seating arrangement Cross checking         Collaboration Les 6 aides Prendre des notes Ecoute active Arrangement des sièges Contrôle croisé

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 36 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens Figure 7: Mauvaise (A) et Bonne (B) techniques d’interview (Le contexte d’un interview peut avoir des effets profondes sur la qualité des informations obtenues) Figure 8: Le contrôle croisé de l’efficacité à la fin d’une ISS peut donner des opportunités pour son amélioration A B What was not properly done…?

What went well…? What could we do better in future…? Figure 8: Cross checking the effectiveness at the end of an SSI can provide opportunities for improvement Qu’est ce qui n’a pas été bien fait...? Qu’est ce qui n’a bien marché..? Que pourrons nous mieux faire dans l’avenir...?

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 37 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens PLANCHE 8 Habileté dans le questionnement Types des questions: I. Comportement – Que font les gens? II. Avis – Que pensent les gens d’un problème? III. Emotion ou Sentiment – Quel est le sentiment des gens vis-à-vis d’un problème? IV. Connaissance ou savoir – Qu’est-ce que les gens connaissent du problème, et qu’est-ce qu’ils pensent savoir?

V. Sensoriel – Dans une situation donnée, que voient, écoutent, ou sentent les gens? VI. Données personnelles – Nom, âge, statut, lieu, biographie, etc. VII. Sondage – Ceci vise à approfondir la connaissance d’un sujet. Exemple: Pouvez-vous m’expliquez un peu plus, etc.? Les questions de sondage doivent être utilisées avec beaucoup de soins pour ne pas donner l’impression de fourrer le nez dans les affaires des autres. Pendant une interview semi structurée les questions sont souvent: Non tendancieuses, • Non ambiguës, • Claires et simples, • Ouvertes ou flexibles, ou générales et non orientées, • Sensibles. • Les questions illimitées (ouvertes) emploient souvent les six grandes aides dans le questionnement: Quoi?

• Quand? • Où? • Qui? • Pourquoi? • et Comment? • Le guide aux questions doit avoir entre autres les éléments suivants obtenus au cours d’un exercice de ce module avec les éco gardes: Les parties prenantes et leurs provenances (les complices) • Zones exploitées • Espèces prélevées • Procédés de chasse • Types de matériel • Fréquences et calendrier • Quantités prélevées • Destination (circuit de commercialisation) • Logistique • Itinéraires (entrée – sortie) • Opinion des riverains • Conséquences •

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 38 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens E. Faire passer le message Activité 8: Les moyens de sensibilisation (Environ - 1 Heure 20 minutes) Les apprenants dans leurs groupes, préparent une liste de moyens susceptibles d’avoir plus d’impact sur les groupes suivants: Les associations des femmes • Les chasseurs • Les autorités traditionnelles (chefs et conseillés) • Chaque groupe devra ensuite expliquer pourquoi le moyen choisi est approprié pour le groupe. Chaque groupe présente ses résultats en plénière. Discussion Les différents moyens de communication suivants ont été identifiés comme étant susceptiblesd’avoirungrandimpactsurlesdifférentescouchessocialesdanslacommu nauté et susciter la sensibilisation de ces couches.

Association des Femmes Chasseurs Autorités Traditionnelles Face-à-face Face-à-face Face-à-face Tam-tam (traditionnel) Tam-tam (traditionnel) Tableau d’affichage Emission radio en langues locales Emission radio en langue locale Radio Communautaire Annonces dans les institutions publiques telles que les églises, mosquées, cases de santé, et marchés Pancartes portant les messages visuels Banderoles Annonces dans les réunions locales, micro finances, rencontres locales sociales Posters sur les véhicules de transport et des véhicules des sociétés d’exploitation forestière.

Télévision Théâtre Banderoles Rapports Télévision Télévision Correspondances Griots Griots Journaux Pancartes portant les messages visuels Téléphone (portable)

©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 39 L’Internet n’est pas un moyen efficace pour sensibiliser les communautés locales car l’Internet est une nouvelle technologie pas encore bien maîtrisée dans ces milieux Figure 9: Messages visuels (Ces posters peuvent avoir plus de signification spécialement pour les populations illettrées comms les Pygmées) Le facilitateur devra aider les participants à classer les différents moyens de communication cités ci-haut en trois véhicules majeurs de communication: Oral 1. (parlé), Ecrit 2. , Signaux personnels 3. (gestes), ou Une combinaison des deux ou des trois véhicules. 4.

Le degré d’efficacité de chaque moyen de transmission du message dans une communication efficace devrait être débattu en fonction des couches sociales.

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 40 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens PLANCHE 9 E. La sensibilisation – techniques et moyens Qu’est ce que la sensibilisation? La sensibilisation est le processus par lequel l’on est informé d’un problème ou d’une situation qui lui échappait auparavant. Une fois sensibilisés, les gens sont plus réceptifs et prêts à apprendre davantage.

Les techniques de communication qui favorisent la sensibilisation sont plus efficaces. Trèssouvent,ilestdifficiledechangerlesattitudesaprèsréceptiond’uneinformati on. Néanmoins, dès que les gens croient en une information, leur attitude vis-à-vis de la question est automatiquement affectée. La suite logique de changement de mentalité est la conséquence du changement de comportement. Pour arriver à un changement de comportement à travers la communication, nous devons établir la confiance. Le communicateur doit sécuriser la confiance de la population locale. Ceci est possible, si le communicateur: est honnête et sincère, • socialise avec la communauté (mange, boit, dort, etc.) avec les • membres de cette communauté, utilise les moyens de la communication locale tels que les émissions en • langue locale, le tam-tam, etc. implique les groupes sociaux locaux, • respecte les autorités locales, • appuie l’aide de l’élite locale et externe. • En général, le respect de tradition et des valeurs culturelles de chaque communauté est capital.

Types de medias de sensibilisation et leur impact sur les différentes couches sociales de la communauté locale: Le type de moyens souvent utilisé dépend du type de communication et de la population cible. La communication intrapersonnelle nécessite le jugement de faits, la réflexion • et la prise de décision. Elle pourra être écrite, verbale ou gestuelle. La communication interpersonnelle est un processus à deux sens entre l’émetteur • et le récepteur. Dans ce type de communication, le feedback est immédiat. Il est soit verbal et/où gestuel. L’utilisation des moyens traditionnels est souvent plus efficace dans ce cas.

©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 41 F. La Présentation efficace Eléments d’une bonne présentation Rappeler aux apprenants que nous avons déjà parlé des différents moyens de sensibilisation comme outils de transmission du message. Nous allons maintenant focaliser l’attention sur la stratégie de présentation du message à l’audience cible. La présentation efficace est alors abordée en apportant les éléments nécessaires pour une bonne présentation en tenant compte des éléments suivants : Le présentateur i.

Les objectifs de la présentation ii. Les participants iii. La logistique iv. La disposition de la salle v. La durée d’une présentation vi. La structure et contenu d’une présentation vii. Les notes et les outils visuels viii.

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 42 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens PLANCHE 10 Eléments d’une bonne présentation Les éléments de base dans la préparation d’une présentation: Une bonne présentation est celle qui est bien préparée. Un environnement propice est le pré-requis pour l’apprentissage optimal. Les éléments à considérer entre autres pendant la préparation d’une bonne présentation sont: Le présentateur: La préparation de la présentation commence par soi-même. Son rôle doit être bien défini et connu par les participants, o Son but doit aussi être clairement défini, o Il doit contrôler ses émotions, o Se présenter heureux et respectueux à l’assistance. o Objectifs de la présentation: L’objectif de la présentation doit être clair, o Chaque présentation a toujours pour objectif soit de: o Changer le comportement a.

Persuader b. Informer c. Stimuler la réflexion d. Permettre la récréation e. Motiver l’initiation d’une action f. Les participants: A qui est destiné le message? o Quelles sont leurs attentes, leur niveau d’éducation, leur expérience, etc.? Que o peut être leur connaissance vis-à-vis du sujet de la présentation? Que peut être leur connaissance vis-à-vis du sujet de la présentation? o Logistique: S’as o surer que la salle est en ordre bien avant l’arrivée des participants, Assembler et ranger le matériel dans l’ordre d’utilisation bien avant la o rencontre, Le système d’audition, les prises de courant, les toilettes, etc., doivent être o vérifiés bien avant

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 43 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens PLANCHE 10 (suite) Eléments d’une bonne présentation (suite) Disposition de la salle: Il y a deux impressions que communique le modèle de disposition de la salle: o Le présentateur autoritaire. 1. Le présentateur comme faisant partie d’un processus d’apprentissage 2. dans lequel l’échange d’idées est encouragé. Généralement il y a six modèles de disposition chacun ayant ses avantages et inconvénients: Modèle en banquet ƒ Modèle en rangé et colonnes ƒ Modèle creux en forme de la lettre U ƒ Modèle en table de conférence ƒ Modèle en cercles ƒ Modèle des tables en trios ƒ La durée d’une présentation: Exerce une influence sur le niveau de la concentration, l’intérêt et l’attention o manifesté par le participant. La période de la journée exerce aussi un impact sur la manière de répondre par o les participants La structure et le contenu d’une présentation: La vitesse de la présentation est très importante o Le contenu doit avoir tout ce que les participants: o doivent connaître ƒ devraient connaître ƒ peuvent connaître ƒ Trop de détails en peu de temps fait obstacle au succès de la présentation. Les notes et les outils visuels jouent un rôle important: Les notes de l’orateur sont importantes dans la présentation car: o Servent de guide pour une présentation logique et cohérente ƒ Empêchent le déraillement et la présentation hors sujet ƒ Les outils visuels ne doivent pas être déviants ƒ

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 44 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens Après ceci, le facilitateur introduit les différentes méthodes utilisées pour transmettre un message à l’audience. .

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 45 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens PLANCHE 11 Les méthodes employées dans une présentation Plusieurs méthodes sont utilisées. Cependant, aucune n’est meilleure que l’autre. Pour une bonne présentation donc, une combinaison des approches est recommandée. Les méthodes les plus fréquemment utilisées comprennent: L’exposé: est l’approche traditionnelle, • est utilisé principalement pour introduire les participants aux nouveaux concepts • et de faire le résumé, est une approche de la communication à sens unique. • Les inconvénients de l’exposé comprennent entre autres: la supposition que les participants ne connaissent rien et par conséquent on doit • leur apprendre quoi faire. le manque de considération par rapport aux besoins et intérêts des • participants. le fait que le présentateur soit physiquement éloigné de ses participants. • Malgré ces désavantages, le discours est rapide et est souvent utilisé pour gagner le temps.

Cependant, des discours courts couplés des courtes sessions pratiques soigneusement sélectionnées rendent la compréhension facile. Groupes d’échanges: Les échanges sont utilisés pour donner l’opportunité aux participants: d’échanger leurs idées, • de réfléchir sur le contenu de la présentation, et • d’exprimer leurs opinions. • de donner également l’occasion au présentateur d’apprécier et de suivre la • discussion entre les participants. Remue-méninges: Les remue-méninges est une bonne technique de collecte d’idées et des données en un laps de temps. On peut y faire recours dans plusieurs exercices de groupe. Il est basé sur la libre discussion souvent suscitée par une idée ou question ouverte. Jeu de rôles: Le jeu de rôles constitue une activité d’apprentissage qui s’inspire des activités de la vie réelle des participants. Utilisé comme il faut, le jeu de rôles suscite la confiance. Néanmoins il prend trop de temps et son utilisation dépend de la bonne volonté des participants.

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 46 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens Activité 9: Les qualités d’un bon présentateur (Environ 40 minutes) Dans leurs groupes respectifs, les apprenants réfléchissent d’abord individuellement sur les qualités d’un bon présentateur et ensuite partagent leurs idées au sein du groupe. Au cours de ce processus, les apprenants développent une liste de référence des qualités d’un bon présentateur. La liste de chaque groupe est ensuite partagé et débattu lors de la séance plénière.

La liste devrait comprendre entre autres les éléments suivants: Un bon présentateur doit: être toujours en contrôle de ses gestes et émotions, • regarder l’assistance, et non la fenêtre • être heureux et non inquiet or craintif, • éviter toute forme de barrière physique entre l’assistance et lui, • éviter les gestes désordonnés • préparer profondément • éviter d’être défensif puisque ce comportement peu susciter l’hostilité de la part de • l’assistance, et éviter de prêcher • Chacun des points retenus comme qualité d’un bon présentateur devrait être lié à la sensibilisation et une bonne présentation comme moyen de transmettre le message. Figure 10: Présentation efficace - Ce qu’il ne faut pas faire (A) et ce qu’il faut faire (B) A B Figure 10: Effective presentation (What you must not do (A) and what you should do (B)

©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 47 G. L’autoévaluation par les apprenants Il est important de planifier comment développer ses habiletés de communication, si on devrait faire bon usage de ce module. Les points mentionnés ici permettront d’identifier les activités pertinentes pour améliorer les compétences de communication. Ils vont également permettre de se focaliser toutes les fois qu’on transmet un message à autrui Qu’est ce qu’une communication efficace pour moi?

1. _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ Quelles sont mes faiblesses personnelles qui peuvent freiner la communication 2. efficace ? Que puis-je faire de ces faiblesses ? _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ Vous êtes appelés à apprécier les différents moyens nécessaires pour améliorer la 3. communication en cochant la case appropriée dans le tableau ci-dessous. Vous pouvez également demander à l’un de vos collaborateurs de juger objectivement ces points. Que pensez-vous faire de vos faiblesses relevées par d’autres personnes? La note de 4 ou 5 attribuée par ces personnes voudrait dire que vous avez très peu à faire pour éliminer les freins à la communication dans votre manière de communiquer.

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 48 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens Elément Excellent > Very Poor 5 4 3 2 1 Ecouter attentivement, et donner la possibilité aux gens de s’exprimer pleinement Chercher toujours à avoir le feedback Eviter de donner beaucoup d’informations à la fois Accepter les contributions des autres Utiliser le langage simple et direct Etre ouvert et pas défensif Aider les gens à s’engager activement dans le processus de communication Eviter de donner les instructions en menaçant les participants Eviter le conflit avec la culture des autres.

Utiliser de façon appropriée les outils visuels Eviter d’etre moralisateur ou exposant Utiliser la langue qui n’est pas familière et les termes techniques sans explication pour montrer que l’on connaît mieux que l’assistance. En se basant sur ce tableau, citer les facteurs qui ont freiné la communication dans 4. l’exercice de vos fonctions et expliquer comment ces facteurs vous ont empêché de bien communiquer vos idées. _ _ _ _ _ _ _ _

©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 49 _ _ _ _ Les principes qu’il faut garder en vue quand je communique avec n’importe qui et 5. quelque soit le type de moyens utilisés sont: _ _ a. _ _ b. _ _ c. _ _ d. _ _ e. Lesquelles des quatre capacités de communication puis-je mieux utiliser et 6. pourquoi ? _ _ _ _ _ _ _ _ Les cinq règles que je dois appliquer pour devenir un bon écouteur sont: 7.

_ _ a. _ _ b. _ _ c. _ _ d. _ _ e. “Ecouter avec les yeux” comme un élément important du feedback demande les 8. aptitudes de décryptage du langage des signes qui comprennent : _ _ a.

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 50 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens _ _ b. _ _ c. _ _ d. _ _ e. Dans quelle occasion puis je aisément administrer l’interview semi structurée? Dans 9. chaque cas, expliquer pourquoi vous pensez qu’il est facile de pratiquer avec les groupes que vous avez choisis : Avec mes collègues de travail a. A la maison avec ma famille b. Avec les membres de la communauté c.

Avec mes supérieurs d. Avec mes amis de la cité e. Quel est le moyen le plus approprié pour communiquer avec: 10. Mes collègues du groupe? a. Autres membres du service de conservation? b. Les personnes des autres départements? c. Les populations locales? d. Chasseurs? e. Commerçants de la viande de brousse? f. Mes autorités supérieures? g. Les cinq points que je dois garder à l’esprit quand je prépare un exposé sont: 11. a _ _ b _ _ c _ _ d _ _ e _ _ 12. Les cinq principes que je dois observer quand j’expose sont: a _ _ b _ _ c _ _ d _ _ e _ _

©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 51 Module 2: Gestion des conflits et la consultation effective de la communauté Objectifs du Module A la fin de ce module, l’apprenant devraient être à mesure de: Définir le conflit et décrire ses concepts, les types et la nature comme caractéristiques i. inhérentes à l’existence humaine, Faire une analyse des causes des conflits, ii.

Faire usage de la connaissance et des compétences acquises pour résoudre les iii. conflits à travers la négociation efficace. Identifier les erreurs communes dans la négociation et apprendre comment les iv. surmonter. Acquérir et utiliser les aptitudes et habiletés dans l’engagement des populations v. locales et autres parties prenantes dans la gestion des ressources naturelles à l’intérieur et autour de la RBD. Figure 11: L’engagement effectif de la communauté requiert écoute et dialogue avant toute réaction A. Concept de la résolution des conflits Is that really our problem here? I have a solution to the problem of poaching… Est ce vraiment notre problème ici? J’ai une solution pour le problème de braconnage...

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 52 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens A. Concept de la résolution des conflits Le facilitateur introduit le conflit en discutant avec les participants sur la définition du conflit. Après ceci, le facilitateur évoque les types des conflits. 1. intrapersonnels 2. interpersonnels 3. intra-communautaires (intragroupe) 4. inter-communautaires (intergroupes). Il est important d’indiquer les types de conflit que l’éco-garde peut facilement rencontrer dans l’exercice de ses fonctions. Ce sont notamment: Les conflits entre les individus, et 1.

les conflits entre les groupes. 2. Le facilitateur anime également une discussion dans laquelle les différentes facettes d’un conflit sont abordées et souligne que le conflit est inhérent à la nature humaine.

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 53 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens PLANCHE 12 Types de conflits Il existe quatre (4) principaux types de conflits : intrapersonnels 1. interpersonnels 2. intra-communautaires (intragroupe) 3. inter-communautaires (intergroupes). 4. - Intra-personnels: A l’intérieur d’un individu - Interpersonnels: entre des individus - Intra-communautaires: Au sein d’une communauté,village, ville, pays. - Inter-communautaires: entre communautés, villages, pays, etc. L’image du conflit La toute première image que l’on se fait lorsque le mot conflit est prononcé est négative.

Exemples des conflits: Querelle, dispute, injustice...etc. Il est cependant important de noter ce qui suit à propos du conflit: Le conflit est neutre - . Il n’est ni bon ni mauvais. C’est la manière dont on l’appréhendre qui fait qu’il soit destructeur ou constructeur. Problème ou danger CONFLIT - Opportunité Le conflit est un problème ou un danger, lorsqu’il n’est pas bien appréhendé ou lorsqu’il est évité. Ceci peut conduire à la haine, la violence, la destruction. Le conflit serait une opportunité s’il est affronté, résolu ou transformé, conduisant ainsi à la paix et au développement.

Le conflit est inhérent à la vie humaine. On ne saurait l’éviter. Il est donc important de l’entrevoir non pas seulement négativement, mais comme une occasion offrant des opportunités pour le changement et le développement.

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 54 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens B. Les causes des conflits Activité 10: Identifier les causes des conflits (Environ 50 minutes) Pour faire l’exercice ci-dessous, lire attentivement le passage suivant à propos d’un malentendu entre certains écogardes et une commerçante de viande de brousse et d’ivoires. «Au contrôle routier à Mbouma, une fille arrive à pieds avec deux porteurs et des colis de viande sur la tête. Celle ci est interpellée, identifiée et le contenu du sac vérifié. La fille est munie d‘un papier supposé être signé par le Délègue départemental du MINFOF lui autorisant de collecter la viande dans le secteur et surtout les espèces de la classe C. Ce papier qui avait pour entête : AUTORISATION SPECIALE DE CIRCULER n’existe nulle part dans la loi 94. Nous sommes obligés de saisir ce papier, toutes les espèces de viande de la classe B (Potamochère, Sitatunga, etc.) tout en lui restituant ce que son papier autorisait. Ayant procédé à la vente aux enchères, et fait des versements avec quittance telle que prévoit la loi, la fille incriminée est allée voir le procureur qui nous a fait convoqué quatre jours après par la même fille. La fille en question ne nous a pas remis lesdites convocations et est repartie dire au procureur que nous avons refusé d’obtempérer. Un jour, une délégation de dix huit personnes (hommes en tenues confondus) arrive avec un mandat d’arrêt contre nous. Sans aucune résistance nous sommes conduits à Djoum. Pendant l’entretien, le procureur nous accuse du refus de respecter ses ordres. Avec un mandat de dépôt dûment signé et exécuté directement, nous sommes transférés en prison où nous avons passé trois semaines: Abus d’autorité pour jugement des faits. Deux semaines après notre libération, un véhicule transportant 17 trophées (ivoires) d’éléphants est tombé entre nos mains. Les ivoires ont été saisis, le véhicule mis en fourrière et la hiérarchie immédiatement informée. Le procureur est alors descendu à Mbouma pour utiliser son pouvoir. Les médias ont largement relayés l’information. Comme résultat, le procureur est dégradé et relevé des ses fonctions voire de son travail».

©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 55 Faites une liste de tous les éléments dans ce texte qui sont à l’origine du conflit 1. entre les éco gardes et la fille d’une part et les éco gardes et le procureur d’autre part. Discutez d’abord dans vos groupes et décider quelles étaient selon vous les causes 2.

majeures du conflit entre les éco gardes et les autres acteurs. Pour chaque cause, expliquez pourquoi vous pensez qu’elle peut provoquer un 3. conflit. Partagez vos idées en séance plénière. 4. PLANCHE 13: Le facilitateur devrait modérer une séance dans laquelle les apprenants identifieraient les facteurs contribuant à ces causes et lieraient chacune de ces causes à une situation de conflit réel dans l’exercice de leurs fonctions. PLANCHE 14: Le facilitateur discute les caractéristiques du conflit en abordant ses aspects positifs et négatifs.

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 56 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens PLANCHE 13 Les causes des conflits Pendant la discussion, les éléments suivants devraient être abordés: Manque de compréhension 1. Ignorance 2. Education 3. Freins à la communication 4. Barrière psychologique 5. Exclusion 6. Envie de satisfaire ses besoins personnels 7. Egoïsme 8. Accumulation des richesses 9.

Pouvoir 10. Orgueil 11.

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 57 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens PLANCHE 14 Caractéristiques des conflits Aspects négatifs Les aspects négatifs des conflits sont si évidents que ceux-ci sont généralement considérés comme diaboliques. Ainsi, l’on pense généralement que le conflit doit être banni de la société.

Chez un individu: Les conflits perturbent la santé. 1. Les conflits sont des tests dans la vie. 2. Les conflits entraînent la dépravation des mœurs. 3. La peur du conflit aboutit au conformisme et diminue la créativité 4. Les conflits peuvent freiner l’efficacité. 5. Sur les relations avec les autres: 1. Les conflits isolent 2. Les conflits nous font avoir peur des autres. 3. Les conflits mènent à la violence. Aspects positifs Les conflits sont un signe de vie pour nous. 1.

Les conflits construisent notre identité. 2. Les conflits nous font mûrir 3. Les conflits nous obligent à reconnaître l’existence des autres. 4. Les conflits révèlent ce qui est caché en nous. 5. Les conflits sont un facteur d’équilibre et de progrès dans la vie d’un groupe 6. Les conflits sont un signe de diversité et de liberté. 7.

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 58 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens C. Méthodes de la résolution des conflits Le facilitateur aborde les différentes méthodes de la résolution des conflits en expliquant que devant les situations conflictuelles, toute personne adopte des attitudes et stratégies pouvant conduire à: L’évitement, la soumission, la résignation, l’accommodation, la compétition, la fuite, le compromis, la force, l’adjudication (force judiciaire), l’arbitrage, la négociation, la médiation, la réconciliation, la suppression, la domination, etc. Les méthodes de la résolution des conflits sont appréciées par rapport à deux critères: La solution durable, • Le degré de participation mutuelle des parties concernées en conflit à la recherche • de solution qui satisfait les intérêts de l’une et de l’autre. Entre ces deux critères il existe un lien étroit : plus le degré de participation mutuelle est élevé, plus la possibilité d’aboutir à une solution durable est grande. Plus le degré de participation mutuelle est bas, moins la solution sera durable. Le degré de participation des parties en conflits croît au fur et à mesure qu’on évolue des méthodes purement coercitives (force) aux méthodes participatives.

Le facilitateur explique que parmi les méthodes énumérées ci-dessus, l’éco garde est au centre de la négociation pour obtenir le consentement et la collaboration de tous les acteurs dans le processus de la conservation des ressources naturelles et l’application des lois régissant leur exploitation. Donc dans le reste de ce module, nous allons aborder le concept, les forces, les étapes, les techniques de négociations, aussi que la bonne et la mauvaise négociation, les erreurs fréquentes en négociation, les points forts et faiblesses de négociation, les caractéristiques d’un bon négociateur. Nous allons aussi aborder la consultation de la communauté comme moyen de prévenir les conflits dans la gestion des ressources naturelles.

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 59 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens PLANCHE 15a Différentes méthodes de résolution des conflits Evitement : Ici il n’y a pas de participation mutuelle : le degré est nul. L’évitement s’apparente à l’accommodation, la soumission et la résignation. Force : Elle vise la suppression du conflit. Ici, soit c’est une tierce personne qui intervient avec force et supprime le conflit (Exemple : force d’interposition) soit une partie domine par force l’autre. Le degré de participation est nul ou très bas. Adjudication : ou procédure judiciaire ou jugement. La procédure de recherche de solution implique très peu les parties en conflit. Car la solution réside dans les textes codifiés qui ne prennent pas toujours en compte les points de vue des protagonistes même s’ils sont quelques fois écoutés (Exemple : la procédure en matière de divorce).

Arbitrage : L’arbitrage juge et tranche à partir d’un texte (codifié ou non). Tout comme à l’adjudication, les points de vue des parties en conflit sont minimisés. Les protagonistes ne participent pas à la prise de décision. Négociation : Ici, le degré de participation est considérable. Une tierce personne intervient dans le conflit et se met au service d’une partie (généralement la plus faible) en fonction de ses sensibilités.

Médiation : Dans la médiation, le degré de participation est total : ici intervient une tierce personne, impartiale, dont le rôle primordial est d’amener les protagonistes à trouver eux-mêmes les solutions à leur conflit. C’est un processus dynamique, où le médiateur joue le rôle de facilitateur. Réconciliation : c’est un processus de résolution des conflits qui consiste à rétablir les relations rompues entre deux personnes ou plusieurs groupes de personnes.

Ici la solution est plus durable puisqu’elle intègre entièrement les aspirations des parties en conflit.

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 60 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens HANDOUT 15b Mutual involvement in Conflict Resolution Figure 12: Degrés de participation mutuelle à la résolution des conflits Degree of Mutual Involvement Réconciliation Médiation Négociation Arbitrage Adjudication Force Evitement Elevé Bas

©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 61 C1. La négociation comme une méthode de résolution des conflits Faits saillants des négociations Le facilitateur aborde le concept de négociation en mentionnant les négociations des faits de la vie, qui devront comprendre entre autres les faits tels que: • Les gens sont différents, leurs désirs sont également différents, • Ce qu’un groupe de personnes désire est généralement contrôlé par d’autres, • En négociation, certaines approches sont bonnes et d’autres non, • Prévenir vaut mieux que guérir. Ceci veut dire que pour une négociation efficace, il faut avoir une bonne observation, une bonne préparation et une bonne pratique.

Introduire le concept des techniques de négociations ou de tactique de négociations. Expliquer qu’une tactique de négociation est un commentaire, une phrase ou une action dans un processus de négociation visant à sécuriser un avantage ou promouvoir ou encore un point de vue. Les forces de négociation Mentionner que les forces qui sont importantes dans l’influence des résultats de toute négociation seront examinées. Souligner que ces forces seront étudiées en détail, mais que les points les plus essentiels seront explorés et mis en pratique. C’est donc important que les apprenants relèvent leurs lacunes dans l’utilisation des forces afin de planifier comment améliorer leur compétence.

(Voir Planche 16)

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 62 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens PLANCHE 16 Les forces de négociation Les quatre forces de négociation sont: La base de l’influence 1. Ce que d’autres personnes veulent: a. i. Bénéfices tels que nourriture, revenus, viande de brousse, ii. Motivation, iii. Récompense / punition. L’écogarde est appelé à vanter les bénéfices de la conservation pour montrer aux autres parties prenantes les possibilités de mieux faire avec la conservation par rapport à la présente situation. Attributs du pouvoir formel tels que : b.

Titres (Majesté, Chef, Monsieur, Révérend, Madame, etc.) i. utilisés pour donner le pouvoir et le respect. Sources personnelles du pouvoir telles que: c. L’expertise, et i. Personnalités utilisées comme avantage lors de la négociation. ii. Information 2. – Avant toute négociation, l’on doit être bien informé. Pour être bien informé, on a besoin des informations dans les domaines suivants : A propos de votre situation – vos objectifs, ce que vous pouvez sacrifier a.

en échange, les contraintes La position de l’autre partie par rapport à ses besoins, désirs, ce qu’elle b. pourrait sacrifier, et leur contrainte bien maîtrisée. Autres facteurs influents tels que: c. Facteurs communs aux deux parties comme buts, contraintes i. Points de conflit telles les sources des conflits, votre position ii. d’échec possible, comment adresser et résoudre les points de conflit Accord, tel que la procédure d’agrément, assurer l’application, iii.

et parcourir tous les points importants L’information peut être obtenue en utilisant les techniques de l’interview semi structurée de l’activité 9 du module 1, avec les questions ouvertes, de suivi, etc. Elle pourra également être obtenue des livres, cartes aussi bien que d’autres acteurs. Durée 3. Dates limites et pressions. Quel est le temps disponible dans a. l’ensemble? Durée pour l’impact. A quelle étape tous les aspects et offres seront b.

introduits ? Réajustement. Le besoin de prendre une pause pour permettre aux c. gens de changer de position

©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 63 PLANCHE 16 (suite) Les forces de négociation (suite) Approche 4. Garder l’objectif à l’esprit. a. Avoir l’ouverture d’esprit, la volonté d’écouter et réagir conséquemment. b. Utiliser un langage et un vocabulaire appropriés (ex : éviter de dire ‘ c. non’ d’une manière catégorique). Certains exemples de vocabulaires ou phrases appropriés sont: “Qu’est ce que cela implique…?” 1.

“Vous semblez avoir un point de vue différent…” 2. “Je vois votre point…cela n’est pas facile, mais que suggérez vous?” 3. “Pouvons-nous regarder cela autrement….pouvons nous partager….?” 4. “Nous aurons à travailler sur cela …” 5. Invite les participants à donner d’autres exemples qu’ils auraient compris ou utilisé avant.

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 64 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens Les étapes d’une négociation Toute bonne négociation doit passer par les étapes suivantes: Préparer 1. : c’est le besoin d’accomplir son travail en évaluant et maximisant sa force parmi les quatre forces de négociation ci-dessus citées. Monter un scénario 2. : Implique que vous voudrez bien que les deux parties gagnent. Etablir les objectifs et critères pour les deux parties 3. : Ceci est mieux fait avec l’autre partie Echanger les points de vue et information 4. : Ceci demande de déterminer les besoins prioritaires et désirs. Eviter de divulguer les informations qui pourront ternir son propre cas Identifier et explorer les raisons des conflits et les compromis possible 5. s: Ceci exige d’éviter d’attiser la colère de l’autre partie et chercher plutôt un compromis Identifier les compromis: 6. Il n’y a aucune exigence. Les cas peuvent être combinés ou séparés pour créer des propositions acceptables. Accord 7. : A ce stade, les accords compris par les deux parties sont identifiés Administration 8. : Ceci demande un suivi par écrit si approprié, utilisant le même langage que celui utilisé dans les accords

©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 65 Activité 11: Tactiques de négociation (Environ 1 heure 20 minutes) Supposez que vous êtes dans une réunion avec les représentants d’un village de chasseurs vivant dans la périphérie du Dja. La communauté dépend entièrement de la chasse plus spécifiquement celles des mammifères et des éléphants pour gagner leur vie. Votre objectif est d’obtenir leur consentement pour une possibilité de collaboration dans l’application effective de la loi régissant le régime de chasse de ces animaux protégés. Suggérer les tactiques et les approches que vous allez utiliser pour convaincre la communauté en évitant toute confrontation après leur avoir présenté les points essentiels de la discussion.

Le facilitateur devra faire le premier exercice avec les apprenants afin qu’ils comprennent ce qui les attend dans l’exercice. Les représentants: Sont visiblement choqués de votre proposition indiquant ainsi qu’ils s’attendaient 1. à quelque chose de meilleur. Sont intéressés mais pas convaincus de votre proposition. 2. Acceptent de réduire le nombre de gibiers tués à un nombre maximum de 10 par 3. chasseur et par mois. Soulèvent le fait que ce n’est que grâce à la chasse qu’ils peuvent envoyer leurs 4.

enfants à l’école, soigner leurs familles, et les nourrir. Ensuite ils vous demandent de leur dire ce que vous aurez du faire si vous étiez à leur place. Essayent de vous convaincre à compatir pour leur sort. 5. Décident qu’ils retourneront consulter d’autres membres de la communauté par 6. rapport à la question Changent le sujet principal et insistent que vous leur donner du temps pour que le 7. cas soit examiné à une date ultérieure. Sont disponibles d’accepter votre proposition, mais sous condition que vous leur 8.

dites clairement ce que vous leur donnerez en retour. Rejettent votre proposition comme étant totalement insatisfaisante. 9. Présenter vos résultats en séance plénière Dans la discussion, assister les apprenants à organiser leurs tactiques comme dans le tableau ci-dessous. Cette liste n’est pas exhaustive et peut être beaucoup plus longue.

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 66 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens Tactiques Catégories de comportement d’une communauté Attitude d’une communauté Approche de l’écogarde Tactique pour entrer en matière Le recul A p p a r e m m e n t choqués et attendent une bonne proposition Sourire et vérifier s’ils ont une idée différente. Encouragez les à faire des propositions La méfiance Intéressés mais pas convaincus Ne pas vous empresser. Utiliser cette opportunité pour vanter les bénéfices de la conservation aux communautés Première offre Volonté de tuer seulement une certaine quantité d’animaux par chasseur et par mois Ne jamais sauter sur la première offre mais plutôt cherchez à comprendre ce que cela implique. Aussi essayez l’approche ‘parlons à propos’.

Tactique de relation Empathie Avoiruneraisonsolide de tuer les animaux Renvoyer en utilisant l’approche ‘je vois votre point…’ ou ‘ce n’est pas facile’, mais que suggérez vous ? Utiliser l’opportunité pour aller au delà des bénéfices de la conservation une fois de plus en utilisant l’approche ‘si cela ne vous dérange pas….’ Sympathie Sollicitent votre sympathie pour leur plainte Utiliser l’approche empathique PLANCHE 17a Les tactiques de négociation

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 67 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens PLANCHE 17a (suite.) Les tactiques de négociation (suite.) Tactique pour prévenir la pression/ renforcer la pression Haute autorité La communauté veut connaître l’opinion des villageois Prévenir: “si nous pouvons arriver à un accord, alors pourquoi pas aujourd’hui?” Prenez l’engagement: “vous êtes les représentants du village, et je m’attendait qu’ils acceptent aussi volontiers votre proposition ” Retirer vous: “puis-je rencontrer les villageois sans vous?” Mettre de côté Demander le temps pour que le cas soit débattu ultérieurement Rappeler le danger d’ajourner le cas. Votre objectif n’est pas de perdre leur temps. Rappelez leur le progrès dans la négociation et insister que le plus tôt le cas est traité, mieux ça vaut.

Tactique des offres Compromise Volonté d’accepter l’offre mais sous condition Mentionner leur les avantages de la conservation comme une concession de votre part déjà. Rappeler qu’il n’est pas enviable de revenir sur l’accord déjà conclu. Se détourner Rejettent votre offre comme insatisfaisante Utiliser l’approche d’un bon/mauvais gars en montrant que vous comprenez la tactique mais lancer comme amusement en disant que c’est une vieille tactique. Mentionner le fait que selon vous le gouvernement ne sera pas content et peut prendre les mesures qui pourront ne pas les plaire. Etre sympa, mais encouragez les à réfléchir à propos de leur décision.

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 68 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens Demander aux participants de donner des exemples réels de négociation qu’ils ont eu à pratiquer et les tactiques utilisées. Deux ou trois exemples sont suffisants. Bonne et mauvaise négociation (gagnant-gagnant,gagnant-perdant,perdant-perdant) Les exemples des participants devraient préparer le terrain à l’introduction du concept de bonne ou mauvaise négociation. Mentionner qu’une bonne négociation vise à arriver à une situation gagnant-gagnant où aucune partie ne se sent lésée. Toute bonne négociation doit éviter d’arriver à des situations gagnant-perdant ou perdant-perdant.

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 69 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens PLANCHE 18 Caractéristiques de la négociation gagnant-gagnant Les deux parties doivent avoir de la bonne volonté. 1. Les deux parties aimeraient collaborer après. 2. Aucune partie ne se sent lésée. 3. Chaque partie a obtenu quelque chose. 4. Donner et recevoir l’information est vitale. 5.

Les différences entre les parties négociantes font que leurs désirs 6. soient différents. Les deux parties ont confiance que l’accord aura lieu. 7. Caractéristiques de la négociation gagnant-perdant Le perdant: Ne gagne rien ; 1. Se sent lésé ; 2. Veut se venger ; 3. Déteste le gagnant ; 4. N’aimerait plus collaborer avec le gagnant et 5. Pourrait ne plus respecter l’accord. 6. Caractéristiques de la négociation perdant-perdant Les deux parties: Se sentent déçues et frustrées ; 1.

Perdent l’enthousiasme de continuer la négociation et 2. Perdent la bonne volonté vis-à-vis de l’autre. 3.

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 70 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens Activité 12: Identifier les erreurs courantes en négociation (Environ 50 minutes) Mentionner qu’il n’est pas digne d’imposer son point de vue ou son choix aux autres. Il est nécessaire d’identifier les erreurs courantes en négociation afin de les éviter lors de la négociation proprement dite.

Dans vos groupes: Faites la liste de tous les points possibles qui peuvent endommager une bonne 1. négociation entre un écogarde et les communautés locales vivant dans la périphérie de la réserve de la Biosphère du Dja Pour chacun de points cités, dites pourquoi il peut être un danger dans une bonne 2. négociation. Discutez vos résultats en séance plénière. 3. Débriefing Pendant le débriefing, les points suivants devraient être inclus : Pas d’écoute active • (voir Planche 7, Module 1 de ce manuel) Signes o Les problèmes clés o Ton o Pas de prise de notes o Etre agressif en se mettant en colère et menaçant • Argumentant • Manque de patience • Pas de préparation ou préparation inadéquate • Cherchant une situation de gagnant-perdant • Essayer de battre l’autre partie en marquant des points pour la satisfaction • personnelle Sous-estimer le statut l’autre partie • Ne pas aboutir à une mention positive (compromis) •

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 71 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens PLANCHE 19 Les erreurs courantes en négociation La liste n’est pas exhaustive et pourrait être plus longue. Manque de l’écoute active pour les • : Signes o Points essentiels o Ton o En écoutant activement, les points essentiels et mots muets sont compris et par conséquent nous sommes bien armés pour répondre. Ne pas relever les bonnes notes.

• Etre agressif • en perdant son tempérament et être menaçant– lorsque vous perdez votre tempérament, la raison disparaît et la négociation échoue. En argumentant • , l’autre partie décide de maintenir et de renforcer sa position. Etre impatient • amène l’autre partie à se sentir sous pression et par conséquent pourrait opter pour l’abandon de la négociation. Préparation inadéquate • – vous ne pouvez pas offrir ce que vous n’avez pas. Chercher à arriver à une situation gagnant-perdant • – le principe de ‘donner et prendre’ encourage les deux parties dans la négociation. Essayer de battre l’autre partie • en marquant des points pour la satisfaction personnelle – l’autre partie est choquée. Sous estimer le statut de l’autre partie • lui donne le sentiment d’être lésée. Ne pas finir sur une mention positive • exprime l’insatisfaction et l’action pourrait ne pas suivre la négociation.

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 72 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens Les faiblesses de la négociation Utilisez Planche 20 pour aborder les quatre éléments indispensables d’une négociation. Ces quatre éléments sont orientés vers: les résultats, 1. l’implication de l’autre partie 2. la fermeté, 3. et l’analyse ou les détails. 4.

Mentionner les faiblesses des négociateurs qui rentrent dans chacune de ces catégories, et demander aux apprenants d’identifier honnêtement le quadrant dans lequel elles appartiennent dans la fenêtre de Johari. Demandez leur de commencer à penser comment ils comptent surmonter leurs faiblesses.

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 73 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens PLANCHE 20 Les quatre éléments indispensables d’une négociation Analyse: Les négociateurs ici: Sont rigides et rentrent trop dans le • détail Ne sont pas souples • Sont souvent détachés • N’aiment pas le principe gagnant- • gagnant Résultats: Les négociateurs ici: Prennent rapidement les décisions • Ont une approche structurée • Sont Impatients • Sont arrogants • Sont retranchés s’ils sont défiés • Utilisent les menaces • Aiment le principe gagnant-perdant • Fermeté: Les négociateurs ici: Sont lents pour mettre en confiance • l’autre partie Manquent d’envie pour le • changement Sont facilement influencés • N’arrivent pas à affronter les • pressions Implication: Les négociateurs ici: Sont aimables et informels • Sont parfois insensibles • Sont parfois têtus • Préfèrent la conviction aux faits • Ignorent le point de vue des autres • Détestent les détails • Aiment influencer • Aiment le principe gagnant-gagnant •

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 74 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens Activité 13: Liste de repaire des bons négociateurs (Environ 40 minutes) Réfléchissez d’abord indivi 1. duellement de ce que les bons négociateurs pourraient être. Partagez vos idées avec les membres de votre groupe. 2. Dans vos groupes, discutez vos points personnels et développez une liste d’au moins 3.

6 caractéristiques d’un bon négociateur. Partagez vos résultats en séance plénière. 4. (Voir Planche 21)

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 75 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens PLANCHE 21 Répertoire des caractéristiques d’un bon négociateur Pendant la discussion, les points suivants devront être mentionnés entre autres: Bien préparer afin de comprendre les points clés, • Avoir l’endurance physique et mentale, • Ecouter activement, • Etre patient, • Viser la situation gagnant-gagnant, • Etre sensible aux besoins des autres, • Accepter de faire des compromis, • Identifier rapidement les points clés, • Etre tolérant au stress. •

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 76 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens C2. Consultation de la communauté comme un moyen de prévenir les conflits dans la gestion des ressources naturelles Aborder la consultation de la communauté comme un moyen de prévenir les conflits dans la gestion des ressources naturelles. Le besoin des communautés locales et des autres acteurs doit être bien exprimé et pris en compte dans la gestion de leurs ressources naturelles. Les différentes perceptions des relations sociales entre les écogardes et les partenaires sont notées en utilisant les quatre quadrants de la fenêtre de Johari (voir Planche 22).

Le concept de résistance au changement devra être souligné et lié aux activités 10 et 11 respectivement sur les causes des conflits et les techniques de négociation. Pour un engagement effectif de la communauté, l’éco garde est appelé à transformer les perceptions de la communauté dans les quadrants aveugle, inconnue et cachée en perception dans le quadrant ouverte. Ceci est possible en: Améliorant leurs capacités de réceptivité, et • Sécurisant la confiance des populations. • Expliquer que la communauté est une entité hétérogène et non statique au sein de laquelle les individus peuvent avoir des points de vue différents et des réactions différentes devant l’adoption des mesures qui leur cause des problèmes. Les différentes réactions des acteurs indiquant les degrés variés de résistance au changement devront être discutés en relation avec l’activité 11 sur les tactiques de la négociation. Les discussions pourraient inclure les réactions qui pourraient être retenues par les membres de la communauté comme pouvant briser le statut quo.

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 77 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens PLANCHE 22 La fenêtre de Johari: Les différents types de perceptions Ouverte: Les deux parties se connaissent mutuellement et les relations semblent amicales. Cette situation est dite « ouverte ». C’est la situation idéale où toute intervention doit se produire. Aveugle: Un éco garde connaît clairement la loi forestière et les problèmes qu’elle engendre dans la communauté alors que celle-ci ne les connaît pas. Cette situation est dite « aveugle ». Cachée: La communauté a des sentiments et des croyances que l’éco garde ne connaît pas pour l’instant. Cette situation est dite « cachée ». Inconnue: L’éco garde ne connaît pas la communauté et vice versa. Cette situation est dite « inconnue ». Mais, les deux parties arriveront à se connaître si elles travaillent ensemble

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 78 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens D. Le processus participatif des communautés dans la gestion des ressources naturelles Figure 13: Participation effective de la communauté (Ce qu’il faut faire) Faire une description claire de l’itinéraire du processus participatif (étapes, phases de la démarche et outils participatifs y afférents) Souligner la capacité des communautés à apprécier les conséquences de la destruction des ressources naturelles et à planifier des actions susceptibles de réduire cette destruction, peut permettre d’obtenir des progrès remarquables dans la lutte contre le braconnage. Pour y arriver, la démarche adoptée pour développer la participation des communautés à la base s’articule autour des étapes suivantes: la préparation du processus participatif, 1.

l’analyse diagnostic de la situation locale, 2. la planification des actions à entreprendre, 3. la recherche du consentement collectif, 4. la mise en œuvre, 5. le suivi et l’évaluation participatifs. 6. Ensuite expliquer que la préparation du processus participatif a pour objectif de planifier les activités qui seront entreprises avec la communauté au cours de la séance consacrée à la planification participative. La collection de l’information pourrait être faite par une interview semi structurée comme dans le module 1, la carte du milieu où vit la communauté, l’arbre à problèmes et l’arbre à objectifs, etc. Cette étape de la préparation devra être liée au fait qu’il est ’important d’obtenir l’information à propos de l’autre partie comme l’une des quatre forces de négociation. Il doit être mentionné que la préparation doit avoir lieu une semaine au moins avant le travail de terrain proprement dit.

The 1994 law… But we have right of usage... We have nothing else to eat Yes…, but you do not have the right to destroy… Game guard (standing) facilitates as community member lists community problems for ranking, analysis, diagnosis and action planning La loi de 1994... Mais nous avons le droit d’usage... Nous n’avons rien d’autre à manger Oui...mais vous n’avez pas le droit de détruire L’éco-garde (debout) facilite comme membre de la communauté le listing des problèmes de la communauté pour le diagnostic, l’analyse et le planification d’activités

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 79 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens PLANCHE 23 Le processus participatif I - Préparation du processus participatif II - Analyse-diagnostic de la situation III- Planification IV - Recherche du consentement collectif de la communauté V - Mise en oeuvre VI - Suivi et évaluation participatifs 

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 80 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens Etape I : Préparation du processus participatif L’étape de préparation comprend les phases suivantes : Identification des communautés • dans lesquelles le processus participatif aura lieu (village, quartier, association, groupe socioprofessionnel). Constitution des équipes de facilitateurs • en fonction de leurs connaissances générales sur la législation forestière et du degré de familiarité avec la démarche participative. L’effectif optimal de l’équipe d’animation doit être compris entre trois et six personnes.

Prise de contact avec les autorités locales • et traditionnelles pour présenter les objectifs. Ceci a pour but la mobilisation communautaire, requérir l’adhésion des autorités et celle des populations, discuter le programme de travail, s’entendre sur la durée et le rythme du travail, régler les problèmes logistiques. Collecte des informations existantes • au sujet de la zone ou du milieu, auprès des personnes ressources. Cette phase permet à l’équipe de facilitateurs de connaître l’environnement humain, économique, social et culturel dans lequel le processus participatif sera mis en œuvre ainsi que les principales préoccupations des membres de la communauté.

Exploitation des informations recueillies au cours d’ • un atelier de préparation des membres de l’équipe d’animation. L’atelier de préparation a pour objectifs: de clarifier les rôles de chaque membre de l’équipe, o de familiariser les membres de l’équipe avec le processus participatif et de les o préparer à l’utilisation des outils, d’établir le programme détaillé de la séance de planification participative et o d’acquerir le matériel de travail ainsi que les équipements de terrain o indispensables. Etape II : Analyse diagnostique de la situation L’analyse diagnostique de la situation permet de mettre en exergue, de manière participative: un ensemble de données fournissant des informations dont la connaissance est • essentielle pour déterminer les conditions dans lesquelles les ressources naturelles sont utilisées par la communauté et, évaluer les efforts nécessaires pour appliquer la loi et initier des actions alternatives • génératrices des revenus pour soutenir les communautés. Ces données sont la connaissance: de la loi forestière sur les réserves, • de l’environnement économique et socioculturel dans lequel vivent les • populations. La participation ici signifie: un processus de collaboration entre les populations elles-mêmes d’abord et • ensuite,

©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 81 entre les populations et les intervenants extérieurs (éco gardes), à travers lesquels, • les populations prennent en charge: l’analyse de leur situation, o la planification, o la mise en œuvre et o l’évaluation des actions de lutte contre la destruction des ressources o naturelles dans la communauté. Arbres à problèmes et arbres à objectifs (Un outil d’analyse-diagnostique des problèmes socio-économiques) Définition et concept: Définir l’arbre à problèmes comme un outil d’analyse de situation qui permet de déterminer les causes et les effets d’un problème ou besoin identifié. Il est utilisé pour convertir les problèmes en objectifs. Les ‘racines’ constituent les causes, le ‘tronc’ d’arbre le problème alors que les branches constituent les effets sur la communauté. L’arbre à problèmes est utilisé pour cerner les besoins réels des bénéficiaires. Quand l’arbre à problèmes est utilisé de manière appropriée, ses résultats peuvent permettre le développement des projets avec des objectifs acceptés et soutenus par toutes les parties prenantes. En développant un arbre à problèmes: Un sujet d’actualité est défini et accepté par les deux parties, • Un inventaire de tous les problèmes associés au sujet est fait, • Un inventaire de toutes les causes de chaque type de problème est fait, • Un inventaire de tous les effets de chaque type de problème est aussi fait, • Les problèmes classés en fonction des priorités et de leur faisabilité sont arrangés • dans une relation de cause à effet pour réaliser l’arbre à problèmes. En transformant les problèmes en moyens et les effets en finalités positives ou objectifs, on obtient l’arbre à objectifs.

Activité 14 : Définir un arbre à problèmes et un arbre à objectifs (Environ 55 minutes) Dans vos groupes: Faites une liste de cinq problèmes courants à l’exercice de vos fonctions 1. Chaque membre de votre groupe doit choisir trois problèmes les plus importants et 2. les ranger par ordre de priorité. Discutez votre classement avec votre groupe et sélectionnez les plus fréquents. 3. Développer un arbre à problèmes pour ce problème. 4.

Transformer votre arbre à problèmes en arbre à objectifs. 5. Présentez vos résultats en plénière. 6.

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 82 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens PLANCHE 24 L’arbre à problèmes Figure 15: Principe de l’arbre à problèmes Racines : Causes Bronches: Effects/Conséquences Tronc: Problème

©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 83 Etape III : Planification participative des actions 1: Planification Cette phase permet: d’identifier, à partir des options de lutte retenues au cours de l’étape précédente, • les actions concrètes que la communauté et les éco gardes entendent mener pour réduire la destruction des ressources naturelles et la pauvreté de ses membres, de préciser les responsabilités des membres de la communauté et la contribution • des partenaires locaux, de prévoir les moyens matériels, financiers et humains à mobiliser pour chaque • action, d’accorder des délais à la réalisation de chacune des actions envisagées. • Le tableau de planification ci-après est un support simplifié qui peut servir à développer de tels plans: Actions Délais Moyens Responsables Partenaires Indicateur de résultat Comment faire pour y parvenir ? Quand, combien de temps cela va prendre ?

Avec quoi? Qui devra agir/ intervenir? Avec l’appui de qui? Quelles seront les preuves? 2: Mise en place de la structure de coordination Cette phase a pour objectif de créer une organisation ou de consolider une organisation existante qui aura la responsabilité de coordonner la mise en œuvre du plan et d’assurer l’interface entre la communauté, les éco gardes et les partenaires extérieurs. Etape IV : Recherche du consentement collectif Après l’élaboration du plan d’action et la mise en place de la structure de coordination, un consensus doit se dégager autour des actions à mener. La recherche du consentement collectif vise à obtenir l’adhésion et l’engagement des différents groupes sociaux, des leaders, des autorités traditionnelles et administratives de la localité dans la mise en œuvre du plan d’action communautaire.

Pour gagner en temps, l’adhésion collective au plan d’action est faite à la fin de l’atelier de planification dans la mesure où les représentants de tous les acteurs sont encore présents. Ceux-ci pourront parapher le plan comme signe d’acceptation. Dans le cas contraire, les réunions de sensibilisation avec les différentes couches sociales pourraient être organisées au plus tard une semaine après l’atelier de planification. De telles réunions pourront se concentrer sur: laprésentationdelaloirégissantlasecteurforestièreetlaprésentationdeladestru ction 1.

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 84 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens des ressources naturelles comme étant une menace réelle pour la communauté locale et internationale, la présentation des déterminants (causes et causes secondaires) et des conséquences liés 2. à la destruction des ressources naturelles tels que identifiés dans l’arbre à problèmes, la présentation du plan d’action.

3. Etape V : Mise en oeuvre Après l’étape du consentement collectif, la structure de coordination et les éco gardes doivent se réunir pour programmer l’exécution des actions du plan. Etape VI : Suivi et Evaluation Participatif Le suivi et évaluation participatif permet aux principaux acteurs (éco gardes et comité de coordination) de rendre compte à la communauté, du niveau d’exécution des activités prévues, des contraintes rencontrées et des possibilités d’y remédier. Le mécanisme de suivi et évaluation participatif prévoit : une assemblée générale des écogardes et des membres de la communauté chaque • semestre pour faire le point sur la situation et présenter le rapport d’activités; l’affichage sur des lieux publics des informations relatives à l’exécution des • programmes locaux; la visite régulière des réalisations sur le terrain ; • le report des informations dans un cahier de planification et suivi des actions, • cahier qui peut être consulté à tout moment par tous.

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 85 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens PLANCHE 25 Résumé des étapes dans l’analyse participative et processus de planification L’aperçu ci-dessous donne les étapes à suivre pour compléter une analyse participative et un processus de planification Phase préparatoire Définir le sujet i. Définir le sujet pour discussion et investigation o Analyse des acteurs ii.

Analyse des parties ayant un intérêt dans le sujet o Phase d’analyses Analyse des problèmes i. Vérifier le sujet avec les acteurs a. Faire un inventaire de tous les problèmes perçus b. Vérifier si ces problèmes sont communément compris c. Construire l’arbre à problèmes (relations cause à effet) d. Analyse des objectifs ii. Convertir l’arbre à problèmes en arbre à objectifs a. Vérifier qu’il existe une étroite relation moyens-finalités. Si b.

nécessaire reformuler les objectifs Phase d’élaboration du plan d’action participatif Développer un carnet d’activités i. Mettre sur pied un comité de coordination ii. Adhésion et validation Application Suivi et évaluation participatifs

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 86 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens Activité 15: Travail de terrain – Analyse participative et planification en action (Environ 3 heures) Dans vos groupes, préparer et conduire un travail d’investigation participative et de planification avec les communautés locales sur les sujets suivants: Sécurité alimentaire dans la périphérie de la réserve du Dja 1.

Chasse des animaux de la classe-A dans la réserve 2. Il est à noter que l’activité 15 doit se faire avec l’interview semi structurée, la cartographie villageoise et l’analyse des arbres à problèmes et à objectifs. D’autres outils peuvent aussi être utilisés dans l’analyse et le diagnostic des problèmes de la communauté locale. Partager les résultats en séance plénière.

©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 87 E. L’auto-évaluation par le participant Etant donné que vous ne deviendrez pas experts en gestion des conflits à la fin de ce module, ce dernier aborde toutefois les éléments de base de la gestion des conflits dont vous aurez plus que jamais besoin pour mener à bien les taches dans vos lieux de service. Vous devez vous référer le plus souvent à cette partie et répondre aux questions le plus honnêtement possible afin de déterminer vos faiblesses personnelles et adapter les stratégies d’amélioration.

Préparer un plan d’action d’au plus deux pages sur comment vous prétendez obtenir 1. le consentement de la communauté locale dans votre zone de travail afin de soutenir pleinement et contribuer à l’application effective de la loi forestière et de la conservation des ressources à l’intérieur et autour de la réserve de la Biosphère du Dja. Se rappeler de prendre en compte les éléments de: la communication efficace, • la gestion des conflits, et • la consultation et participation des communautés. • 2. Conflit veut dire: Une situation de désaccord qui a toujours un effet négatif a.

Une situation de désaccord ayant aussi bien les effets négatifs que positifs b. Une situation de désaccord ayant plus d’effets positifs que négatifs c. Expliquer chacune de ces phrases et dire ce que c’est un conflit en vos propres mots. _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 3. Penser à un conflit que vous avez vécu dans l’exercice de votre travail. En se basant sur votre compréhension du concept de conflit, citer les causes a. possibles de ce conflit. Quels facteurs pourraient avoir contribué à chacune des causes que vous b.

avez mentionnées? _ _ _ _ _ _

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 88 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens 4. Faire une liste de quatre éléments qui constituent les faits de négociation dans la vie _ _ a. _ _ b. _ _ c. _ _ d. 5. Considérer les éléments des quatre forces de la négociation efficace suivants. Faire une liste des éléments que vous maîtrisez et qui pourraient être bien utilisés. Faire un plan d’action pour améliorer la maîtrise et l’utilisation des éléments auxquels vous êtes faibles.

Forces Eléments La base de l’influence Ce que les autres veulent Pouvoir formel Sources personnelles du pouvoir Information A propos de votre propre situation A propos de l’autre partie Autres facteurs importants d’influence Temps Dates limites et pression Opportunité pour bénéficier d’un impact Réajustement Approche Garder a vue l’objectif principal Adopter une attitude d’ouverture Utiliser les phrases et vocabulaire appropriés 6. Choisir les étapes de négociation suivantes où vous vous sentez faibles. Pour chaque étape choisie, dire les mesures à prendre pour améliorer votre situation: a. Préparation b. Faire le scénario c. Évoquer les buts d. Échanger les informations e. Compromis f. Offres g. Accords h. Administration _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 89 _ _ _ _ _ _ 7. Ecrire un plan d’action pour améliorer votre manière d’utiliser les techniques suivantes en négociation: a. Tactique pour entrer en matière b. Tactique de relations c. Tactique pour faire monter la pression d. Tactique pour soulager la pression e. Tactique des offres f. Tactique de finalisation 8. Quelles sont les caractéristiques des types de négociation suivants: a. Gagnant-gagnant b. Gagnant-perdant c. Perdant-perdant d. Lequel de ces types constitue une approche préférée en négociation et pourquoi?

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 9. Les erreurs courantes en négociation que je suis susceptible de commettre sont: a _ _ b _ _ c _ _ d _ _ e _ _

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 90 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens f _ _ g _ _ Donner un inconvénient de chacune de ces erreurs en négociation a _ _ b _ _ c _ _ d _ _ e _ _ f _ _ g _ _ 10. Je dois garder à l’esprit les points suivants si dois conduire avec succès une négociation a _ _ b _ _ c _ _ d _ _ e _ _ f _ _ g _ _ 11. Les différents types de perception que la communauté locale peut avoir de l’écogarde et vice versa peuvent être représentés dans le diagramme de Johari comme suit. Décrire les perceptions dans chaque quadrant. Comment pouvez vous en faire usage dans votre travail quotidien?

©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 91 OUVERTE AVEUGLE CACHEE INCONNUE Citer les caractéristiqes de chaque quadrant. _ _ _ _ _ _ _ _ 12. Le diagramme suivant décrit le processus participatif a. Nommer et décrire chacune des phases numérotées de I à VI. b. Quelle est l’importance de chaque phase dans un processus participatif c. Pourquoi est-il important d’impliquer activement la communauté locale dans toutes les phases du processus de mise en application de la loi forestière et la conservation des ressources naturelles? _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 92 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens _ _ _ _ _ _ _ _ 

©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 93 Références Betti, J.-L. & Ndo Nkoumou, J.-C. (2006) : Etude des besoins en renforcement des capacités des éco gardes dans le domaine de la gestion participative et utilisation rationnelle des ressources naturelles dans la réserve de Biosphère du Dja au Cameroun. Rapport de DPCEP, LEFCP, Cameroun.

Pretty, N. J., Guijt, I., Scoones, I., John Thompson, J. (1995): Participatory Learning and Action: A Trainer’s Guide. IIED. Living Earth Foundation (2006): Mise en Oeuvre de l’éducation environnementale; Guide pour les enseignants. Living Earth. Wendy Carter (1993): Communication Skills: Tutor’s Guide. Kogan Page. Wendy Carter (1993): Negotiation Skills: Participant’s Guide. Kogan Page. Living Earth: Publications LEF a produit un certain nombre de publications dans le domaine de l’Education Environnementale (EE) et de la Foresterie Communautaire. Nous citons : 1. La foresterie communautaire en route 2. Education environnementale : Manuel d’Action pour l’Ecole Primaire 3. Education environnementale : Manuel d’Action pour l’Enseignement secondaire 4. Au delà de la parole : la Fondation Uni des Enseignants pour l’Education environnementale 5. Tremplin vers l’Education Environnementale : le Livret de l’Enseignant pour la Province du Littoral.

6. L’Alphabet de Campo-ma’an : Un Livre de Coloriage. 7. Mise en œuvre de l’Education environnementale : Guide pour le Secteur Informel. 8. Mise en œuvre de l’Education environnementale : Guide pour le Secteur formel. Websites Fondation Camerounaise de la Terre Vivante: www.fondationcamerounterrevivante.org Living Earth Foundation: www.livingearth.org.uk Bristol Zoo Gardens: www.bristolzoo.org.uk GRASP: www.unep.org/grasp

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 94 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens Living Earth Foundation: Qui sommes-nous? Living Earth Foundation (LEF) est une Organisation internationale à but non lucratif, spécialisée dans le travail avec les populations pour la résolution de leurs préoccupations environnementales. Pour accomplir ses missions, LEF œuvre en: Développant les idées, compétences et confiance en soi au sein des populations, • Renforçantetsoutenantlespartenariats,leschangementspositifsparledéveloppeme nt, • le soutien des municipalités locales, les services locaux du gouvernement central et le rassemblement des différents groupes pour établir un consensus et éviter les conflits. LEF a commencé ses activités au Cameroun en 1989 et depuis lors, elle a réalisé plusieurs projets : Le Projet d’appui à l’Education Environnementale au Cameroun Phase I (PSEEC I, 1996- • 1998) Le Projet Apprendre pour la Vie au Cameroun (AVC, 1998-1999) • Le Projet d’appui à la Foresterie Communautaire au Cameroun (PSFC, 1999-2002), • Le Projet d’appui à l’Education Environnementale dans la région de l’UTO-Campo- • Ma’an, Kribi (2002-2003), Le Projet d’appui à l’Education Environnementale au Cameroun Phase II (PSEEC II, • 2003-2005), Le Projet De Mobilisation Des Communaués Autour Du Dja Pour Une Gestion Durable Des • Ressources Naturelles (DPCEP) en cours (2006-2009). Ce manuel représente les inspirations rassemblées sur le terrain durant les trois dernières années (2006,2007 et 2008) lors de la mise en œuvre de DPCEP. Il est axé sur la conservation et le développement durable.

C’est dans le cadre de ce DPCEP que ce manuel a été produit comme une contribution à la formation des éco-gardes et la révision des programmes scolaires (curricula) de l’Ecole des Eaux et Forets de Mbalmayo et de l’Ecole de Faune de Garoua. LEF travaille dans les parties anglophone et francophone du Cameroun et publie dans les deux langues. LEF (Royaume-Uni) travaille sous la couverture de LEF Cameroun qui est enregistrée selon les lois en vigueur.

©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 95 Bristol Zoo Gardens: Qui sommes-nous? Bristol Zoo Gardens est un zoo situé à Bristol, dans le sud ouest de l’Angleterre. ‘La fondation de conservation et science de Bristol’ (‘Bristol Conservation and Science Foundation’, BCSF), une organisation sœur de Bristol Zoo) entreprend la recherche pour donner un aperçu des soucis de conservation. On met en oeuvre des projets qui ont pour but la préservation de la faune et flore, tout en considérant les opinions and les besoins des communautés locales. Une de nos politique fondamentales est de travailler avec les partenaires locaux afin de renforcer leur capacité pour que les communautés puissent développer leurs propres solutions.

Bristol Zoo, et la fondation de conservation et science de Bristol, travaillent en partenariat avec ‘le fond des secours de faune du Cameroun’ (‘Cameroon Wildlife Aid Fund’, CWAF) depuis 1997. Au début on travaillait au Zoo de Mvog-Betsi à Yaoundé et maintenant on travaille à ce zoo et aussi au Parc de la Mefou. Travaillant en collaboration avec le gouvernement de Cameroun, le BSCF et CWAF fournissent les équipements pour les primates qui ont été confisqués.

Le projet a plusieurs buts : Fournir les soins des animaux au niveau élevé pour les primates aux deux centres, • Réintroduire les animaux au milieu naturel dans la mesure du possible, • Mettre l’accent sur les problèmes qui touchent les primates et toute autre faune • camerounaise à travers des programmes d’éducation. La réserve au parc national de Mefou loge maintenant plusieurs groupes de primates. Le parc attire déjà beaucoup de visiteurs, et il est évident qu’il y a portée pour développer une centre des visiteurs qui met l’accent sur les problèmes des animaux dans la forêt tropicale du Cameroun et en outre pour créer une source de revenu soutenable dont la population locale et la population camerounaise en général peuvent profiter. En association avec les deux autres sanctuaires de primates au Cameroun, on est en train de juger la validité d’un programme de réintroduction des chimpanzés au milieu naturel.

La mobilisation effective des communautés: Un manuel pour les éco-gardes 96 ©Living Earth Foundation / Fondation Camerounaise de la Terre Vivante/ Bristol Zoo Gardens

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