Le défi technologique

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Le défi technologique Où va le travail à l’ère numérique? Certains rêvent d’entreprises entièrement robotisées. D’autres envisagent avec anxiété les conséquences de l’innovation technologique sur l’emploi. La CSC et ses centrales préparent l’avenir. > P 7 à 10 © Philippe Clément/Belpress.com JOURNAL D'INFORMATIONS SYNDICALES WWW.LACSC.BE 9 février 2018 n° 3 • 76e année Bimensuel Rédaction: chaussée de Haecht 579 B-1030 Bruxelles Bureau de dépôt: Charleroi P911984 ISSN 0772/2427

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2 • L'Info • N°3 • 9 février 2018 La CSC et le Moc condamnent vivement le projet de loi sur les visites domiciliaires porté par le secrétaire d’État Theo Francken. Ils réclament une politique d’accueil plus hu- maine et moins ferme et rappellent que, dans notre pays, la solidarité n’est pas un délit. La Constitution constitue le fondement juridique de notre pays et de son fonctionnement démocratique. L’amender est toujours un acte important. Or, le gouvernement fédéral veut faire passer un projet de loi qui touche à l’article 15: «Le domicile est invio- lable; aucune visite domiciliaire ne peut avoir lieu que dans les cas prévus par la loi et la forme qu’elle prescrit.» La principale mesure du projet concerne l’insertion d’un article sur l’autorisation des visites domiciliaires. L’arrestation d’un étranger en séjour irrégulier serait ainsi permise lorsque celui- ci séjourne dans une habitation privée et refuse d’ouvrir la porte aux services de police. Ceci y compris si la personne est héber- gée chez des citoyens! La police aurait aussi le droit de fouiller le domicile de la personne ou du tiers qui l’héberge, notamment pour permettre aux services de police de rechercher les docu- ments d’identité afin de faciliter l’identification de l’étranger, en vue de son rapatriement dans son pays d’origine.

L’essentiel Porté par le secrétaire d’État à l’asile et à la migration, Theo Francken, ce projet a suscité des réactions indignées très nom- breuses et très fortes. La CSC et la FGTB ont salué ensemble la résistance citoyenne et dénoncé la politique de criminalisation systématique des migrants. Elles demandent solennellement aux parlementaires de tous les partis de faire barrage au projet de loi de Theo Francken «qui non seulement porte atteinte à l’ar- ticle 15 de la Constitution, mais s’attaque aussi à la solidarité citoyenne en permettant aux forces de l’ordre d’entrer dans le domicile d’un citoyen belge qui offrirait un hébergement à une personne sans papiers.» Comme porte-parole de ses différentes organisations constitu- tives (la CSC, la Mutualité chrétienne, les Équipes populaires, Vie féminine et la Joc), le Moc (Mouvement ouvrier chrétien) a dénoncé avec force le projet de loi.

Par ailleurs, des constitutionnalistes ont mis en doute la légiti- mité juridique de sa formulation. Les juges d’instruction se sont interrogés sur le rôle que veut leur faire jouer le gouvernement. La société civile a vivement dénoncé le projet. Des milliers de citoyens sont engagés dans l’accueil et la solidarité journalière avec les migrants. Ils se sont mobilisés à maintes reprises pour dénoncer les rafles visant les sans-papiers et les migrants en transit. Leur action suscite généralement la sympathie de l’opi- nion publique qui estime qu’ils ne peuvent être inquiétés pour leurs gestes de solidarité. Même au sein du MR, des manda- taires ont demandé la révision et la reformulation du projet. Du coup, l’examen du projet de loi en commission de la Chambre a tout simplement été postposé. EN BELGIQUE, LA SOLIDARITÉ N’EST PAS UN DÉLIT TIRAGE MOYEN 200.000 exemplaires RÉDACTION chaussée de Haecht, 579, B-1030 Bruxelles (Belgique) Tél : 02 246.32.86 Fax : 02 246.30.10 E-mail presse@acv-csc.be Pour obtenir votre correspondant, faites le 02/246 suivi des quatre chiffres indiqués. ABONNEMENTS ET POSTE Marleen Verlee (3281) mverlee@acv-csc.be CHEF DU SERVICE PRESSE Brigitte Jaspard (3291) bjaspard@acv-csc.be SECRÉTAIRE DE RÉDACTION Daniel Dellisse (3287) ddellisse@acv-csc.be RÉDACTION Danièle Ernotte (3289) dernotte@acv-csc.be Anne-Marie Pirard (3290) apirard@acv-csc.be Donatienne Coppieters (3283) dcoppieters@acv-csc.be MISE EN PAGE Patricia Martin (3297) patriciamartin@skynet.be Marie-Hélène Toussaint (3298) M-HToussaint@skynet.be ÉDITEUR Confédération des syndicats chrétiens (CSC) IMPRIMERIE Remy-Roto Beauraing www.lacsc.be www.facebook.com/lacsc www.twitter.com/la_csc SUIVEZ-NOUS SUR www.instagram.com/lacsc Procédure de téléchargement pour Android Allez sur Playstore > Dans «Recherche» (loupe), tapez «L’info CSC» > Cliquez sur l’icône «L’info CSC» > Cliquez sur «Installer». Le kiosque s’installe en arrière-plan sur le bureau de votre tablette > Toujours sur Playstore, cliquez sur «Ouvrir» > Lors de l’ouverture de l’application, acceptez les «notifications push» > Dans l’application, cliquez sur «Télécharger» pour lire votre dernier numéro de «L’Info». Pour une lecture aisée de «L’Info» sur smartphone et sur tablette, en Belgique et à l’étranger, et cela dès la parution du journal, scannez ce code QR. Il vous mènera directement vers le téléchargement de l’application «L’info CSC» de votre Playstore ou de l’App Store. Ou suivez la procédure de téléchargement. Procédure de téléchargement pour IOS Cliquez sur l’App Store > Dans la barre de recherche, en haut à droite de votre écran, tapez «L’info CSC» > Cliquez sur «L’info CSC» qui apparait dans les résultats de recherche > Cliquez sur le bouton de téléchargement > Patientez pendant le téléchargement et l’installation de votre application > Cliquez sur «Ouvrir» > Téléchargez le numéro de votre choix. Le projet de loi sur les visites domiciliaires est largement critiqué.

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L'Info • N°3 • 9 février 2018 • 3 Vous avez peut-être constaté que votre salaire net a aug- menté en janvier. Alors, vive le gouvernement Michel et son tax shift? Pas si vite! Voici quelques explications sur ce que cache en réalité cette augmentation. Oui, il y a une augmentation de salaire net. Mais… • Il y a une diminution de vos contributions directes (précompte professionnel). En gros, vous payez moins de contributions sur les revenus du travail en 2018 qu’en 2017. Cela a deux consé- quences. Premièrement des services publics moins bien finan- cés et de moins bonne qualité. Deuxièmement, la baisse des cotisations est récupérée autrement, notamment par l’aug- mentation de la TVA sur l’électricité, des accises sur le tabac, sur l’alcool,… • Avec le tax shift du gouvernement Michel, il y a aussi eu une baisse des cotisations sociales patronales (les cotisations que les patrons paient sur base de votre salaire brut). Ces coti- sations financent la sécurité sociale. Donc, si ces cotisations baissent, le patron gagne de l’argent, mais la sécurité sociale est moins bien financée. C’est d’autant moins pour votre pen- sion, vos soins de santé, vos allocations de chômage… Perte de pouvoir d’achat collective Le tax shift qui permet à certains Belges de gagner plus en net à la fin de chaque mois se fait donc aux dépens d’une perte de pouvoir d’achat collective.

Exemple: un travailleur marié, sans personnes à charge, qui gagne 2.500 euros brut par mois, a vu son salaire net augmenter en janvier de 45 euros. L’Etat perd donc 45 euros de contributions L’essentiel par mois. De plus, son patron verse aussi 63 euros en moins (par rapport à 2015) pour sa sécurité sociale. Autant de moyens en moins pour financer les pensions, les soins de santé, le chô- mage… À noter aussi que, l’an dernier, le saut d’index décidé par le gou- vernement a occasionné pour ce salarié une perte de revenus de 2%. Son salaire n’avait pas bougé, alors que les prix avaient augmenté.

Nos voisins européens mieux lotis En fait, les travailleurs en Belgique perdent du salaire: • La rémunération réelle d’un travailleur moyen a baissé de 3,1% depuis la mise en place du gouvernement Michel en 2014 (saut d’index,…). • Les rémunérations réelles des Belges (salaires et cotisations sociales incluses, en tenant compte du coût de la vie) ont d’ailleurs moins bien évolué que chez nos voisins européens au cours des vingt dernières années. Depuis 1996, elles ont augmenté de 8,2%, alors qu’en France et aux Pays-Bas, elles ont bondi de 18%. Il n’y a qu’en Allemagne que l’évolution des salaires sur vingt ans est moindre: +3,6%.

La communication de ce gouvernement est de dire qu’il renforce le pouvoir d’achat. Mais nous ne tombons pas dans le piège. Depuis le début, le gouvernement cherche à casser les mécanismes de solidarité que nos ancêtres ont construits et nous fait perdre notre pouvoir d’achat collectif. À ce projet de société individualiste, la CSC op- pose un projet et une vision de socié- té plus collective et solidaire. Moins de cotisations sociales, ce sont aussi des moyens en moins pour financer les pensions, les soins de santé, le chômage… © Jean-Luc Flémal/Belpress.com SALAIRE NET EN PLUS, SÉCURITÉ SOCIALE EN MOINS

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4 • L'Info • N°3 • 9 février 2018 Il existe une marge pour négocier des augmentations sa- lariales. Mais le gouvernement fédéral a modifié la loi sa- lariale. Du coup, cette marge est réduite à rien. Une fois encore, les revenus des entreprises augmentent, ceux des travailleurs diminuent. Le Conseil central de l’économie (CCE) a publié, le 22 janvier der- nier, les chiffres relatifs à l’évolution des salaires en Belgique et dans les principaux pays voisins: l’Allemagne, la France et les Pays-Bas. La moyenne ainsi calculée fixe le plafond à ne pas dépasser pour le calcul de l’augmentation des salaires lors des négociations sociales.

Le résultat de ces calculs confirme les craintes des syndicats: quand la nouvelle loi salariale a été votée, en 2017, les syndicats ont dit qu’elle serait défavorable aux travailleurs. Et, malheureu- sement, c’est bien ce qui est en train de se passer. Il existe bel et bien une marge pour une augmentation salariale, mais suite aux manipulations de la loi salariale, cette marge est délibérément réduite à rien. Les chiffres réels et les autres Le rapport du CCE montre qu’en 2016, les bénéfices des entre- prises ont atteint 35 milliards après impôts. Il montre aussi que le coût salarial horaire dans les pays voisins a augmenté plus vite (de 0,4%) que ce qui avait été prévu à la fin de l’an dernier, L’essentiel mais qu’en Belgique il a diminué plus vite que prévu (de 0,4%). Cette diminution est une conséquence des réductions de cotisa- tions patronales induites par le tax shift.

Mais la nouvelle loi salariale interdit de tenir compte de cette diminution et la rend même littéralement «invisible». Suite aux manipulations de la loi, devenue beaucoup plus restrictive, seule une diminution de 0,1% du coût salarial horaire belge est prise en compte pour 2016. Et comme la France a adopté un nouveau calcul de l’évo- lution du coût salarial, les chiffres pour notre pays montrent même un léger handicap sala- rial de 0,6% en 2016. Ce «handicap officiel des coûts salariaux» tombe à 0,3% en 2017, et se si- tue finalement à 0,6% en 2018. Les manipulations intégrées dans la nouvelle loi salariale produisent leur effet. Les entreprises s’enrichissent, mais pas les travailleurs (lire aussi l’article sur le tax shift en page 3).

Quelle serait la situation si l’évolution réelle du coût salarial horaire et si le tax shift patronal avaient été pris en compte de façon correcte? Dans ce cas, le handicap salarial de 2016 aurait été effacé. Et, en 2018, le coût salarial de notre pays serait infé- rieur d’environ 1% à celui des pays voisins. Des éléments négligés Et si, en plus, on tenait compte des 4,1 milliards de subsides salariaux dont ont bénéficié les secteurs marchands du privé? Dans ce cas, le coût salarial serait même inférieur de 2,9% à celui des pays voisins. En effet, les subsides salariaux accordés aux patrons sont nettement plus élevés en Belgique que dans les trois pays de référence… De plus, la compétitivité de la Belgique ne dépend pas unique- ment des coûts salariaux. D’autres éléments comme le coût de l’énergie, les prix des services et ceux des télécoms, la mobilité, la stabilité politique sont également cruciaux. Mais le gouverne- ment fédéral y accorde beaucoup moins d’attention! Le gouver- nement de Charles Michel a délibérément choisi de restreindre fortement les négociations salariales collectives libres. C’est tout à fait contradictoire avec ses grandes déclarations en faveur d’un marché libre! Mais, pour le gouvernement, cette liberté ne concerne pas le pouvoir d’achat des travailleurs.

Les conséquences néfastes de la réforme de la loi sur les sa- laires des travailleurs sont très claires. Lors des négociations interprofessionnelles qui débuteront fin 2018, les syndicats exi- geront donc une adaptation de cette loi. Ils revendiqueront leur part légitime de la valeur ajoutée. Et ils exigeront que tous les éléments du rapport du CCE soient pris en considération, et pas seulement ce qui concerne la compétitivité des entreprises. LE GOUVERNEMENT MANIPULE LES REVENUS DES TRAVAILLEURS Lors des négociations interprofessionnelles, les syndicats revendiqueront leur part légitime de la valeur ajoutée.

Le coût salarial plus élevé en Belgique que dans les pays voisins? Pas si l’on tient compte des subsides accordés aux patrons… © Philippe Turpin/Belpress.com

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L'Info • N°3 • 9 février 2018 • 5 Au Conseil national du travail, les représentants des travail- leurs et des employeurs se sont mis d’accord pour élargir la notion d’enfant handicapé et améliorer sensiblement les systèmes d’interruption de carrière et de crédit-temps en cas de congé pour soins aux enfants. La concertation s’est avérée constructive au Conseil national du travail (CNT). Les interlocuteurs sociaux devaient mettre en œuvre des accords sur le bien-être de l’accord interprofession- nel (AIP) 2017-2018. Ils se sont mis d’accord sur trois adaptations importantes à apporter aux systèmes de l’interruption de car- rière et du crédit-temps.

Au printemps 2017, 1,6 million d’euros avait été mis en réserve pour les parents isolés avec des enfants. L’affectation de ce bud- get dépendait notamment de l’évaluation des nouvelles dispositions en matière d’interrup- tion de carrière. C’est fait et le CNT demande au ministre de l’Emploi de prendre très vite les mesures législatives nécessaires pour appliquer ces adaptations. Élargir la notion d’enfant handicapé Le CNT a décidé d’élargir la notion d’enfant handicapé pour le congé parental et le crédit- temps pour soins. Pour un enfant souffrant d’un handicap, il est possible de prendre le congé jusqu’à l’âge de 21 ans au lieu de 12 ans pour le congé parental et 8 ans pour le crédit-temps. Jusqu’ici, seules les inca- pacités physiques graves étaient prises en considération. Désormais, la participation et l’autonomie de l’enfant, ainsi que la charge familiale seront également examinées. Cela signifie qu’un plus grand nombre de parents bénéficieront de droits plus étendus. Le CNT demande au ministre Peeters de prendre très vite les initiatives législatives requises afin que la nouvelle règle puisse en- trer en vigueur le 1er avril 2018 au plus tard. Dans le même temps, les membres du CNT appellent tous les gou- vernements à réaliser cet exercice pour tous les autres domaines politiques en relation avec des enfants porteurs d’un handicap. Soigner un enfant malade Le CNT donne aussi son feu vert à une nouvelle augmentation de 14% des allocations d’interruption pour des parents isolés qui prennent une interruption de carrière pour s’occuper d’un enfant (congé parental, congé palliatif ou congé pour assister un enfant gravement malade). En juin 2017, une amélioration de 35% avait déjà été réalisée, portant l’allocation brute (pour une interrup- tion complète) au-dessus de la norme européenne de pauvreté de 2016. Suite à la nouvelle augmentation de 14%, l’allocation nette dépasse la norme européenne de pauvreté (1.157 euros). Le CNT demande que cette amélioration entre en vigueur le 1er avril 2018.

L’essentiel Patrons et syndicats s’attaquent aussi à une discrimination liée à l’âge dans le système de l’interruption de carrière pour les isolés qui assurent des soins à des enfants. Cette discrimination est née l’an dernier quand le gouvernement a porté brusquement l’allocation des parents isolés à partir de 50 ans à un montant inférieur à celui des parents de moins de 50 ans. Le CNT demande que cette discrimination liée à l’âge soit supprimée au plus tôt. Alléger le travail Le CNT s’est divisé sur l’allègement de la charge de travail avec perte de salaire compensée par un supplément à charge de l’employeur. Les accords sectoriels 2017-2018 de l’industrie transformatrice du métal prévoyaient la mise en œuvre de com- pensations sectorielles pour la perte de salaire encourue par les travailleurs plus âgés qui passent d’un travail en équipes à un travail de jour, et par les travailleurs qui passent à 4/5 en dehors du système des emplois de fin de carrière. Le gouvernement avait promis une dispense de cotisations sociales pour ce type de compensation, et il avait chargé Maggie De Block d’élaborer un projet d’arrêté royal, puis de le soumettre pour avis au CNT. Mais le texte de la ministre applique aussi cet arrêté aux CCT (conventions collectives de travail) d’entreprise, en cas de simple modification du règlement de travail, et même lors de tout allège- ment de la charge de travail avec perte de salaire compensée par un supplément à charge de l’employeur. C’est la porte ouverte à de nombreux abus. Les syndicats ont donc demandé d’en revenir au projet initial, mais les employeurs ont soutenu le projet. Reste à voir ce que fera le gouvernement.

LES CONGÉS POUR SOINS SENSIBLEMENT AMÉLIORÉS Le Conseil national du travail a donné son feu vert à une nouvelle augmentation de l’allocation accordée aux parents isolés qui interrompent leur carrière pour s’occuper d’un enfant. © Philippe Turpin/Belpress.com

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6 • L'Info • N°3 • 9 février 2018 Au «jobs, jobs, jobs» répété à l’envi par notre Premier ministre répondent, comme en un docile écho, de nom- breuses annonces médiatiques de diminution du chômage, tant à Bruxelles qu’en Wallonie. Que disent ces chiffres? Et surtout, que ne disent-ils pas? Avant le fond, la forme. Les articles de presse sur la diminution du chômage remettent trop rarement en perspective les com- muniqués du Forem ou de l’Onem, du moins dans la manière de présenter les chiffres. Très souvent, on parle en pourcentage de diminution du nombre de demandeurs d’emploi, et non de dimi- nution du taux de chômage. Ce n’est pas la même chose… Sur une base 100, lorsque 10 travailleurs sont sans emploi et que l’un d’entre eux a trouvé du travail, le nombre de deman- deurs d’emploi a diminué de 10%, passant de 10 à 9, mais le taux de chômage, lui, n’a diminué que de 1%. C’est bien sûr moins vendeur. Ainsi, dans la région de La Louvière, en comparant les chiffres de décembre 2016 et de décembre 2017, la presse titrait: «Le nombre de demandeurs d’emploi a diminué de 4%», pour parler d’une diminution du taux de chômage de 0,7%… Quels chômeurs?

Qui est comptabilisé comme chômeur? La question parait simple, mais la réponse ne l’est pas. Historiquement, l’Onem parlait de «chômeurs complets indemnisés» (CCI). On voit très vite ce que ce chiffre peut cacher, à commencer par les nombreuses exclusions et autres contrats à temps partiel. Les chiffres proposés par le Forem se basent sur les «demandeurs d’emploi inoccupés» (DEI). Si ce taux est plus fiable, puisqu’il n’est pas lié au paiement d’allo- cations, mais simplement à l’inscription L’essentiel auprès de l’organisme régional de l’emploi (le Forem), il est loin d’être parfait. Dans ce rapport entre DEI et population active, les contrats à temps partiel – qui ont augmenté de 40% en dix ans selon le cabinet d’audit Pricewaterhouse Coopers – sortent aussi des écrans, tout comme les chômeurs en formation. Quant aux exclus, qu’il s’agisse d’exclusions provisoires, définitives ou de chômeurs arrivés en fin de droit, ils ne sont comptabilisés que s’ils restent dument inscrit au Forem et s’ils renouvellent cette inscription tous les trois mois. Les chômeurs bénéficiant d’allo- cations du CPAS (une petite moitié des exclus, selon un rapport de l’Onem en 2015) sont en principe obligés de rester inscrits comme demandeur d’emploi. Le font-ils? Les CPAS vérifient-ils cette inscription? Les statistiques ne le disent pas. Une diminution à quel prix?

Si l’on ne peut que se réjouir syndicalement d’une réelle diminu- tion du chômage, on est aussi en droit, et en devoir, de s’inter- roger sur cette diminution. Même si certains «experts» le font allègrement, il est extrêmement ardu d’établir un lien de causa- lité directe entre diminution du chômage et politique de réduc- tion des cotisations sociales, à moins bien sûr de ne tenir aucun compte des effets de la «reprise» économique. On peut par contre mesurer plus précisément les politiques sociales de nos deux derniers gouvernements: entre 2014 et 2016, le pourcentage de la population wallonne bénéficiant du revenu d’intégration sociale (RIS) ou de son équivalent du CPAS est passé de 2,30% à 2,89%. Pour reprendre la méthode de présentation utilisée plus haut, cela repré- sente une augmentation de 25%! Combien, parmi ceux-là, sont-ils repris dans les sta- tistiques du chômage? Les chiffres fournis par le Forem ne nous le disent pas… F.V.

LES CONTOURS FLOUS DES CHIFFRES DU CHÔMAGE Qui est comptabilisé comme chômeur? La question parait simple, mais la réponse ne l’est pas. © Jean-Luc Flémal/Belpress.com L’Onem compte les «chômeurs complets indemnisés», le Forem les «demandeurs d’emploi inoccupés»…

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L'Info • N°3 • 9 février 2018 • 7 Le dossier Les travailleurs face aux défis technologiques L’entreprise du futur s’esquisse déjà aujourd’hui et l’innovation confronte les travailleurs à de nombreux défis. La CSC et ses cen- trales préparent l’avenir des entre- prises industrielles en tenant compte des évolutions technologiques, numé- riques, d’organisation du travail. Où va le travail humain à l’ère numérique? La question revient avec insistance dans l’actualité. Là où certains rêvent d’entre- prises entièrement robotisées, d’autres envisagent avec anxiété les conséquences sur l’emploi des hommes et des femmes. «Une entreprise basée sur la connaissance aura toujours besoin de présence humaine. En quelles proportions? Personne ne peut le dire, mais l’impact est évident et la CSC s’en préoccupe, précise Ann Vermorgen, secrétaire nationale de la CSC. Il serait sot de fuir le débat. Il faut au contraire s’y impliquer en œuvrant pour rendre le travail plus “faisable” et éviter les pièges. Il n’existe pas de réponse toute faite. On essaie, on expérimente, on échange les expériences. Les travailleurs savent mieux que quiconque com- ment cela se passe sur le terrain, et leur expertise est précieuse.» L’envers du décor C’est pour entendre et partager ces expériences que la CSC a réuni des militants et permanents directement concernés par les innovations technologiques (1) . Sur le terrain, les situations sont multiples. Partout, des difficultés existent. Mais, dans certaines entreprises, elles sont compensées par une vraie vision d’ave- nir et une réelle implication des travailleurs. C’est le cas, par exemple, chez Prayon à Engis (lire par ailleurs). Dans d’autres entreprises, l’expérience est plus mitigée. Ainsi l’équipementier Valeo, à Ghislenghien, a implanté du ma- tériel AGV (véhicules à guidage automatique), ce qui lui a valu d’être nommée «usine du futur» en 2017. L’envers du décor est plus sombre. Ces nouveaux outils ont été greffés sur d’anciennes © Philippe Clément/Belpress.com

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8 • L'Info • N°3 • 9 février 2018 Le dossier structures, ce qui a entraîné divers problèmes. De plus, les tra- vailleurs n’ont pas été impliqués dans le processus, ce qui a généré inquiétude, stress et même des problèmes de sécurité. Chez Arcelor, à Liège, la direction a implanté la technologie JVD. «Dans un premier temps, nous n’avons pas été écoutés sur le nombre d’hommes nécessaires aux manettes. Mais on a l’expé- rience, et finalement la direction a dû s’incliner. À présent, elle veut introduire l’AGV, comme chez Valeo, pour re-diminuer le nombre d’hommes, explique Pietro Gettino, délégué CSC. Dans l’entreprise, nous avons des métiers très pointus, mais dont per- sonne n’a besoin ailleurs. Il est donc nécessaire de travailler la formation. Notre force, c’est notre savoir-faire et notre culture industrielle.» Chez Valeo et chez Arcelor, les délégués CSC de- mandent donc avec insistance des formations adaptées.

Pas pote avec son robot La formation est indispensable, car on ne détrônera pas les machines. «Il faut anticiper les tâches que les robots pourront réaliser et celles où l’humain reste indispensable, souligne Patri- cia Vendramin, chercheuse UCL Espo et directrice de la Fopes. Cela se joue dans le domaine de la créativité technique, relation- nelle et autre.» Elle met également en exergue un aspect souvent passé sous silence: la transformation de la collégialité dans les entreprises. «On n’est pas pote avec son robot!», remarque-t-elle, attirant l’attention sur le fait que la conscience d’appartenir à un grand groupe tend à s’effilocher. Cela représente également un défi pour les organisations syndicales.

«Si nous ne voulons pas subir les changements, nous devons en comprendre le fonctionnement et les enjeux. Il faut éviter les discours alarmistes qui visent à nous faire accepter toutes les conditions d’emploi et de salaire. Notre priorité est d’anticiper, de prévoir les formations et les reconversions nécessaires. Les travailleurs possèdent de nombreuses compétences, parfois ca- chées. Les entreprises doivent les déceler et les utiliser, analyse Marc Becker, secrétaire national de la CSC. Il faut aussi veiller à une implémentation dans le tissu local, car les avancées tech- nologiques constituent aussi des opportunités par rapport aux grands défis climatiques et démographiques. Mais les techno- logies ne modifient pas les rapports de force entre ceux qui dé- tiennent le capital et les travailleurs: la redistribution reste plus que jamais à l’ordre du jour.» (1) La journée «L’entreprise 4.0. Les travailleurs face aux défis des innovations techno- logiques et sociales» organisée par le service «entreprise» de la CSC, s’est déroulée le 30 janvier dernier à Bruxelles.

PRAYON: UNE PRÉFIGURATION DE L’AVENIR Raphaël Buttieri travaille au laboratoire d’essai chez Prayon à Engis. Pour le délégué CSC, ce travail est une préfigura- tion de l’avenir. Il apprécie la valorisation du savoir-faire des travailleurs et espère que l’activité pourra générer des emplois. Prayon, à Engis, est leader mondial dans le secteur des phos- phates. Le groupe propose une très large gamme de produits phosphatés et fluorés utilisés dans des applications alimentaires, des applications industrielles, dans les fertilisants et d’autres ap- plications comme les produits pharmaceutiques. Le site d’Engis emploie environ 450 ouvriers et autant d’employés. Il mise sur un important service de recherche et développement dédié à l’inno- vation permanente des «processes». Le laboratoire d’essai ima- © Jean-Luc Flémal/Belpress.com La conscience d’appartenir à un grand groupe s’effiloche. On n’est pas pote avec son robot… Raphaël Buttieri, délégué ACV-CSC-Metea chez Prayon à Engis: «La direction nous écoute vraiment.» Certains rêvent d’entreprises entièrement robotisées…

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L'Info • N°3 • 9 février 2018 • 9 gine et réalise des innovations qui sont envoyées dans des usines du groupe au Maroc, en Italie, aux USA… afin d’y être testées. Recherche de pointe Raphaël Buttieri, délégué ACV-CSC-Metea dans l’entreprise, tra- vaille dans ce laboratoire depuis sa création et s’y implique avec conviction. «Quand le laboratoire a été créé, il y a eu un appel d’offres à l’intérieur de l’entreprise. Nous n’avons pas été très nombreux à y répondre. D’une part, il fallait passer des examens difficiles. D’autre part, beaucoup de gens craignaient d’aller vers l’inconnu. Nous sommes douze à avoir réussi la sélection, et nous avons débuté les recherches. En gros, nous partons d’un déchet d’Arcelor, auquel nous ajoutons du lithium. Dans le monde, huit acteurs ont débuté cette production, et aujourd’hui Prayon est le seul à continuer. Ce n’est pas facile, car les entreprises pour lesquelles nous tra- vaillons ont des caractéristiques très différentes, et elles veulent toutes des produits spécifiques. Et surtout, quand nous envoyons un produit à une entreprise, elle doit le tester durant plusieurs mois avant de nous envoyer les résultats et commentaires. À ce moment-là, on doit revenir au produit et parfois retourner en arrière et recommencer certaines choses.» Préfiguration de l’avenir Cela demande du temps, et certains ont été déçus ou lassés. Sur les douze travailleurs impliqués au début, trois seulement continuent avec différents acteurs et des intérimaires dans les moments de grande activité. De plus, le reste de l’usine travaille à feu continu, et les ouvriers ont donc des primes de nuit et de week-end dont ne bénéficient plus les travailleurs engagés en recherche et développement qui sont donc un peu moins bien payés. Malgré cela, Raphaël Buttieri et ses deux collègues sont persuadés de la valeur du projet et prêts à aller jusqu’au bout. «C’est une préfigura- tion de l’avenir, affirme le délégué CSC. Et c’est un projet très interac- tif. La direction croit au projet et elle nous écoute vraiment, avec un impact sur la qualité du travail: moins de bruit, moins de pous- sière… Le projet valorise le savoir-faire des travailleurs. Chaque mois, notre premier délégué, Jacques Oliveri, reçoit un retour de l’entreprise. Nous savons que notre activité génère des rentrées financières pour notre usine. Et puis, si nous réussissons, cette activité générera de vingt à quarante emplois. Donc cela vaut la peine de continuer.» SOUFFREZ-VOUS DE TECHNOSTRESS? La «sursollicitation digitale», ou «technostress», fait l’ob- jet aujourd’hui de nombreuses études. On en parle même comme du «mal du XXIe siècle» tant le nombre de travail- leurs concernés explose: des cadres, mais aussi des agents techniques et commerciaux, des prestataires de services et de soins, etc.

Le technostress est défini comme le stress induit par l’utilisa- tion en permanence des technologies de l’information et de la communication. Les causes de ce technostress – qui s’ajoute bien sûr aux autres sources de stress professionnelles et privées – peuvent se cumuler: • une augmentation du contrôle des performances du travailleur qui peut être ressenti comme invasif; • un rythme de travail qui est dicté par la machine; • une surcharge d’informations entre lesquelles il faut faire constamment le tri et qui entraînent de fréquentes interruptions du travail: communications par mobile, courrier électronique, messageries instantanées, réseaux sociaux…; • une pression constante à donner suite à tous les signaux et solli- citations reçus dans des délais toujours plus courts; • des exigences de formation et d’adaptation à ces technologies qui évoluent constamment et dont les défaillances sont elles- mêmes causes de stress; • un affaiblissement de la séparation entre temps de travail et vie privée,avecunrisqueimportantdedépendanceauxsmartphones et tablettes: difficultés de se déconnecter, état de manque… À Engis, le laboratoire d’essai imagine des innovations qui sont testées dans des usines du groupe. © Leyla Vidal/Belpress.com

Le défi technologique

10 • L'Info • N°3 • 9 février 2018 Le dossier Gérard Valenduc, chercheur associé à l’Institut syndical euro- péen et professeur honoraire à l’Université de Namur, décrit ainsi les conséquences du technostress: «fatigue généralisée et chronique, attitude apathique ou cynique, troubles de la concen- tration, tensions musculaires et autres douleurs physiques, épuisement professionnel. En plus de ces conséquences, assez similaires à celles du stress professionnel en général, le tech- nostress peut également entraîner des troubles neurologiques de déficit de l’attention qui rendent les travailleurs incapables de gérer correctement leurs priorités et leur temps, et qui gé- nèrent des sentiments de panique et de culpabilité.»(1) Physiquement et mentalement, nous ne sommes peut-être tout simplement pas faits pour regarder un écran d’ordinateur ou de smartphone à 50 centimètres de notre nez douze heures par jour… Et face à une surcharge d’informations, notre cerveau se met sans doute en mode «freinage d’urgence», ce qui est finalement une réaction normale et salutaire face à trop de sti- muli. Enfin, nous avons tous besoin de temps de récupération, de moments sans sollicitations et d’endroits où l’on ne soit pas contrôlé en permanence. À méditer… (1) Gérard Valenduc, «Au doigt et à l’œil. Les conditions de travail dans des environne- ments digitalisés», dans «Hesamag» n°16, 2e semestre 2017.

BIENTÔT UN DROIT À LA DÉCONNEXION? L’Allemagne a été un des premiers pays européens à lan- cer le débat sur le «droit à la déconnexion» afin de freiner l’immixtion du digital dans la vie privée des travailleurs. Aucune loi n’a été adoptée chez nos voisins allemands à ce jour, mais plusieurs grandes entreprises ont été précurseurs en la matière. Chez Volkswagen, par exemple, depuis fin 2016, les moments où les salariés doivent être joignables sont définis sur une base individuelle, en accord avec le supérieur hiérarchique. En dehors de ces horaires, le droit à la déconnexion s’applique. En pratique, Volkswagen coupe ses serveurs le soir (de 18h15 à 7h) et le week-end, et aucun courriel n’arrive donc dans les boîtes électroniques des employés pendant cette période. Cette mesure ne concerne cependant qu’un millier de salariés, et pas les cadres.

Une autre firme automobile, Daimler, a mis en place un pro- gramme «Mail On Holiday» prévoyant que les messages arrivant pendant les vacances soient automatiquement supprimés de la boîte de réception du salarié et redirigés vers d’autres interlocu- teurs. Enfin, chez BMW, il existe maintenant un système qui per- met aux salariés d’inscrire leurs heures effectuées en dehors du bureau sur un compte épargne-temps.

En France, la «loi travail» oblige depuis le 1er janvier 2017 les entreprises à négocier un accord ou, au minimum, à établir une charte qui définit les modalités de l’utilisation des outils numé- riques, «en vue d’assurer le respect des temps de repos et de congé ainsi que de la vie personnelle et familiale». Et chez nous? Lors de son dernier congrès, la CSC avait demandé un droit à la déconnexion: pouvoir se déconnecter des courriels et du téléphone professionnels pendant son temps libre. Le mi- nistre fédéral de l’Emploi a repris cette idée. Qu’en reste-t-il après être passée par le gouvernement? Rien de plus que l’obligation faite à l’employeur d’organiser une concertation régulière à ce sujet au comité PPT (ou avec la délégation syndicale) et d’inscrire le point à l’ordre du jour lorsque les représentants des travail- leurs le demandent.

© Leyla Vidal/Belpress.com En Allemagne, chez Volkswagen, aucun courriel n’arrive dans les boîtes électroniques des employés le soir et le week-end. Nous ne sommes peut-être tout simplement pas faits pour regarder un écran douze heures par jour…

L'Info • N°3 • 9 février 2018 • 11 Secrétaire fédérale de la CSC de Na- mur-Dinant depuis le 1er février, Isa- belle Meerhaeghe veut mettre en va- leur les actions positives et solidaires des militants et permanents et miser sur l’éducation permanente pour lut- ter contre les discours simplistes. «Il y aura toujours des raisons de ne pas désespérer, car il y aura toujours des réactions face aux inégalités, aux injus- tices. Aujourd’hui, quoi que l’on pense, de nombreuses personnes s’engagent. C’est le cas de nos mili- tants, de nos permanents. Et l’engagement, la mili- tance, c’est contagieux. Ce que l’on réalise à la CSC amène à prendre d’autres engagements. Et les enga- gements que l’on a pris ail- leurs peuvent amener à la CSC», affirme Isabelle Mee- rhaeghe. Le 1er février, elle est devenue la nouvelle se- crétaire fédérale de la CSC de Namur-Dinant, succédant à Thierry Jacques. Jusqu’ici, elle était permanente inter- professionnelle responsable des travailleurs sans emploi de la fédération, après avoir été en charge de la diver- sité et de la lutte contre les discriminations à la CSC de Namur-Dinant et à la CSC du Luxembourg.

«La solidarité constitue le fil vert de mon engagement professionnel. J’ai toujours travaillé avec l’objectif de construire une société plus juste, plus égalitaire. Mes valeurs ont tou- jours été les mêmes et mes engagements se rejoignent», explique-t-elle. La solidarité comme fil vert Licenciée en journalisme de l’ULB, Isabelle Meerhaeghe a exercé le métier de jour- naliste durant une dizaine d’années, se consacrant surtout aux dossiers sociaux. Puis, elle s’est engagée chez Ecolo où elle a été conseillère politique, a travaillé dans un cabinet avant de devenir députée. Elle a fait une priorité de la question du loge- ment et y a consacré beaucoup d’énergie car «avoir un toit est une condition essen- tielle pour vivre décemment». Enfin, elle a rejoint la CSC et la voici désor- mais secrétaire fédérale. «J’ai beaucoup réfléchi avant de m’engager de cette manière-là, avoue-t-elle. C’est une lourde responsabilité: à l’extérieur, il faut pou- voir représenter, avec justesse, la fédé- ration et tous ceux qui y travaillent et s’y engagent. En interne, il faut gérer les équipes en leur permettant de travailler dans de bonnes conditions. Cela demande beaucoup d’implication et de patience, car c’est un travail de longue haleine. Mais quand on a des militants et des permanents motivés, comme c’est le cas ici à Namur-Dinant, c’est aussi très valo- risant. Et puis, pour accomplir ce travail, Namur-Dinant Isabelle Meerhaeghe: «Le contexte est dur, il faut inverser la vapeur» Le terrain on a besoin de soutien, celui de l’interpro- fessionnel et celui des centrales. Dans notre fédération, il existe beaucoup de reconnaissance et un très grand respect mutuel pour le travail que chacun accom- plit. C’est énorme et c’est parce que cela existe que j’ai accepté cette nouvelle res- ponsabilité.» Inverser la vapeur «En effet, les défis à relever sont nom- breux et le contexte actuel est très dur: le chômage et en particulier celui des jeunes, les mesures contre les pensions, la “non-poli- tique” des migrants, la dété- rioration des conditions de travail… Il faut donc continuer à combattre les décisions des gouvernements fédéral et wallon pour réussir à in- verser la vapeur, ce qui sup- pose une mobilisation forte de tous et toutes», souligne Isabelle Meerhaeghe.

Dans les deux ans à venir, il y aura des élections commu- nales puis législatives. Pour la secrétaire fédérale, c’est le moment de faire passer des messages forts et de sensi- biliser l’opinion publique sur l’action des partis dans les gouvernements. Pour cela, elle mise sur l’action «pure et dure» mais insiste beau- coup aussi sur l’éducation permanente: «Elle est et reste plus essentielle que jamais pour déconstruire les pré- jugés qui nous habitent. Elle permet aux permanents et aux militants d’être bien outillés pour réa- liser leurs missions et pour déconstruire les discours faciles et pouvoir argumen- ter», insiste-t-elle.

Enfin, elle veut donner davantage de visibi- lité aux nombreuses actions que les mili- tants mènent chaque jour. Ce sera un des objectifs du congrès de la fédération en mai prochain. L’éducation permanente reste plus essentielle que jamais pour déconstruire les préjugés. Isabelle Meerhaeghe est la nouvelle secrétaire fédérale de la CSC de Namur-Dinant.

12 • L'Info • N°3 • 9 février 2018 Le secteur de la construction est à la recherche d’ouvriers! Il n’y a jamais eu si peu d’inscriptions dans l’ensei- gnement technique et professionnel. La baisse de popularité et le dumping social restent problématiques pour le secteur. Avec la relance de l’économie, la construc- tion reprend en Belgique. Les entrepre- neurs sont submergés de demandes pour différents projets. Le secteur semble donc bien se porter. Mais toute médaille a son revers: l’effet combiné de la diminution du nombre de jeunes qui se tournent vers les métiers du bâtiment et du nombre crois- sant de travailleurs âgés qui quittent le secteur débouche sur une pénurie grave de main-d’œuvre. Le dumping social à grande CONSTRUCTION LES ENTREPRISES DE CONSTRUCTION PEINENT À RECRUTER échelle a par ailleurs entrainé la perte de milliers d’emplois ces dernières années. Il faut que ça change, demande la CSC-Bâti- ment industrie & énergie (CSC-BIE). Manque de main-d’œuvre Les entreprises de construction peinent à recruter du personnel technique qualifié. Et la situation ne devrait pas s’améliorer dans un proche avenir. L’année passée, le nombre d’inscriptions dans des écoles techniques et professionnelles a atteint un niveau historiquement bas. Les jeunes préfèrent tenter leur chance dans l’ensei- gnement général, même s’ils n’y ont pas toujours leur place. En conséquence, an- née après année, de moins en moins de professionnels arrivent sur le marché. En même temps, le secteur est aussi à la recherche de personnel plus qualifié. Les nouvelles techniques de construction et les règles plus strictes en matière d’effi- cacité énergétique nécessitent de bonnes connaissances techniques. «Ces der- nières années, les ingénieurs en construc- tion, les calculateurs et les responsables de projet jouent un rôle toujours plus im- portant», confirme Patrick Vandenberghe, président de la CSC-BIE.

Le fait que de moins en moins de jeunes soient tentés par un emploi dans la construction est, selon la CSC-BIE, lié à la baisse de popularité du secteur. «Dans la construction, on travaille dur, explique Pa- trick Vandenberghe. On travaille par tous les temps, les déplacements sont parfois très longs, et la surcharge de travail aug- mente systématiquement.» Il y a donc en même temps de moins en moins de diplô- més qui sortent des écoles et une augmen- tation du nombre de départs du secteur. «Auparavant, les ouvriers de la construc- tion bénéficiaient d’un statut attrayant: ils avaient de bonnes conditions de tra- vail et un salaire attractif. Mais ceux qui travaillent aujourd’hui dans une usine de construction automobile, par exemple, gagnent à peu près la même chose. Et ils travaillent plus près de chez eux. Il n’est donc guère étonnant que de nombreux ouvriers de la construction décident de quitter le secteur.» Lutter contre le dumping social La «directive détachement» européenne a causé, malgré une hausse de l’acti- vité dans le secteur de la construction, la perte de près de 25.000 emplois d’ou- vriers ces six dernières années, regrette Pierre Cuppens, secrétaire général de la CSC-BIE. «Les travailleurs étrangers qui coûtent moins cher que les travailleurs belges et qui travaillent à un rythme infer- nal inondent nos marchés et faussent la concurrence. La concurrence déloyale a aussi pour effet que les travailleurs belges doivent être de plus en plus flexibles, sans pour autant obtenir de compensations», ajoute Patrick Vandenberghe.

La Commission européenne a récemment décidé de renforcer la législation qui se rapporte au travail dans un autre État membre. Grâce à cela, le nombre de cas de dumping social au travers du déta- chement commence à diminuer. Mais, en même temps, de nouvelles formes de fraude, notamment les faux indépendants, apparaissent. «Nous demandons que certaines mesures indispensables à la lutte contre la fraude sociale soient prises, insiste Pierre Cup- pens. Notamment l’application du prin- cipe “salaire égal pour travail égal sur le même lieu du travail”, une perception des cotisations de sécurité sociale des travailleurs détachés dans le pays de tra- vail avec reversement au pays d’origine, et une interdiction ferme de mettre des ouvriers en chômage économique alors que leur travail est sous-traité.» Source: «Visie» Le nombre d’inscriptions dans des écoles techniques et professionnelles a atteint un niveau historiquement bas. Le dumping social à travers le détachement diminue, mais de nouvelles formes de fraude apparaissent. © Jean-Luc Flémal/Belpress.com Les secteurs

L'Info • N°3 • 9 février 2018 • 13 RÉPRESSION ANTISYNDICALE EN ALGÉRIE Les organisations syndicales internationales condamnent les traitements inhumains infligés à plus d’un millier de manifestants détenus par la police algérienne, et appellent à l’arrêt de la répression qui s’intensifie contre les syndi- cats et leurs dirigeants en Algérie. Le 20 janvier, la police algérienne a appréhendé plus d’un mil- lier de personnes dans une opération visant à empêcher la tenue d’une manifestation pacifique organisée par le syndicat Snategs (secteur pétrolier et gazier) dans la capitale Alger. Les manifes- tants réclamaient du gouvernement qu’il arrête la privatisation des entreprises d’État, qu’il respecte la liberté syndicale et ré- intègre les travailleurs et dirigeants syndicaux licenciés par la compagnie publique d’énergie Sonelgaz.

Près de 10.000 policiers ont participé à cette opération. Ils ont blo- qué tous les accès à la capitale et contrôlé toutes les personnes L'international pénétrant dans la ville. De nombreux autocars transportant des manifestants ont dû faire demi-tour. D’après le Snategs, 30.000 personnes voulaient participer à la manifestation, mais 600 à 700 d’entre elles seulement ont pu rejoindre le rassemblement devant la grand-poste d’Alger.

Les personnes arrêtées ont été emmenées en autobus vers des régions éloignées, et privées de nourriture et d’eau de 11h à 21h. La police a confisqué les téléphones dont elle a effacé les pho- tos de la manifestation ainsi que tout élément attestant de la répression. D’après le Snategs, des femmes ont été harcelées sexuellement et d’autres syndicalistes ont subi des agressions physiques.

Diverses fédérations syndicales internationales, dont Indus- triall et la Confédération syndicale internationale, ont écrit au ministre algérien du Travail, Mourad Zemali, pour condamner ces faits ainsi que la répression croissante des syndicats et des dirigeants syndicaux en Algérie. Le président du Snategs, Raouf Mellal, qui avait dénoncé une surfacturation délibérée et à grande échelle des abonnés de la Sonelgaz pendant une dizaine d’années, a été condamné à dix- sept mois de prison et à une amende de 10.000 euros. Il n’est plus détenu et a fait appel du jugement. Accusé de diffamation, le secrétaire général du syndicat, Abdelkader Kawafi, doit lui aussi passer en justice.

Malgré ces condamnations, la justice a également reconnu Raouf Mellal comme le président légitime du Snategs, en dépit des tentatives du gouvernement et de la Sonelgaz de le destituer et de dissoudre le syndicat. Un tribunal de Guelma a aussi annulé la décision de la Sonelgaz de licencier Raouf Mellal en 2014, en appliquant la loi qui protège les dirigeants syndicaux contre le licenciement arbitraire. ITALIE: DEUX ACCIDENTS MORTELS DANS LA MÉTALLURGIE Le 19 janvier, les syndicats ont organisé un rassemblement à Milan et une heure de grève dans l’ensemble de la région lombarde. Ils voulaient attirer l’attention sur l’insécurité au travail, suite à quatre décès tragiques survenus récem- ment.

Le 17 janvier, trois travailleurs, Marco Santamaria (42 ans), Giu- seppe Setzu (48 ans) et Arrigo Barbieri (57 ans) ont été mortelle- ment intoxiqués au gaz (azote) dans un four souterrain de l’acié- rie Lamina, à Rho (Milan). Un autre accident mortel s’est produit dans l’entreprise Elettronica LG, à Rovato (Brescia), où un jeune travailleur de 19 ans, Luca Lecci, a été happé dans un tour. Il est décédé le 19 janvier, le jour même de la manifestation syndicale. «Basta morti sul lavoro!» (les morts au travail, ça suffit) ont scandé les manifestants. «Trop souvent, les accidents du tra- vail ne résultent pas de la malchance, mais du non-respect des procédures et des règles de sécurité de la part des entreprises, ont souligné les syndicats dans un communiqué commun. Trop souvent, ces drames témoignent de l’insuffisance des systèmes et des mesures de prévention. Trop souvent, les coûts font obs- tacles aux formations et aux actions de sensibilisation, ainsi qu’à la sécurisation des lieux de travail.» «Les morts au travail, ça suffit!», ont scandé les syndicats à Milan.

© Industriall Global Union La police a bloqué les accès d’Alger et a arrêté un millier de manifestants, le 20 janvier.

14 • L'Info • N°3 • 9 février 2018 Lorsqu’on travaille à temps partiel, com- ment faire en sorte d’augmenter son régime horaire? La question taraude beaucoup de travailleurs et de travail- leuses qui rêvent d’un meilleur salaire et de meilleures conditions de travail. Malheureusement, la loi n’apporte pas encore beaucoup de solutions. Contrairement aux idées reçues, le travail à temps partiel – une formule qui concerne plus de 80% de femmes – est souvent loin d’être «choisi». Des secteurs comme le nettoyage, le commerce, le gardiennage proposent peu d’emplois à temps plein. Les salaires sont donc peu élevés, avec des horaires souvent flexibles qui empêchent de combiner deux emplois. Rien d’éton- nant, donc, à ce que pas mal de travailleurs rêvent d’élargir leur régime de travail… À leur intention, une réglementation, la CCT n°35 du Conseil national du travail, prévoit que les travailleurs à temps par- tiel qui en font la demande doivent obtenir prioritairement un emploi à temps plein qui devient vacant, pour autant qu’ils répondent aux qualifications requises. Dans ce cas, les travailleurs concernés ont toutefois la possibilité d’accepter ou non le régime horaire proposé – sauf s’ils reçoivent une allocation de garantie de revenu (voir plus loin).

Cette priorité ne porte pas uniquement sur l’obtention d’un travail à temps plein, mais également sur l’obtention d’un autre emploi à temps partiel dans l’entreprise qui, presté seul ou à titre complémen- taire, procurerait au travailleur un régime horaire supérieur à celui dans lequel il est déjà occupé. Cotisation de responsabilisation Dans la pratique, ce droit de priorité est peu appliqué. Les employeurs ne s’embar- rassent bien souvent pas de veiller à ce que les travailleurs à temps partiel qui le demandent se voient proposer par prio- rité des postes vacants. Le gouvernement vient donc d’adopter un système d’amende pour ceux qui ne respecteraient cette obligation vis-à- vis de leurs salariés à temps partiel qui perçoivent une allocation de garantie de revenu (AGR) versée par l’Onem. Ces em- Les outils ployeurs devront s’acquitter d’une «coti- sation de responsabilisation» de 25 euros versée à l’ONSS par travailleur visé et par mois durant lequel cette obligation n’est pas respectée.

Si l’intention est bonne, on peut s’inter- roger sur l’efficacité de cette mesure. En premier lieu, le montant dérisoire de la sanction infligée à l’employeur pose question, surtout si on le compare avec les sanctions qui peuvent être prises à l’égard des travailleurs à temps partiel bénéficiant d’une AGR (voir ci-après). Autre difficulté: les moyens d’exercer un contrôle. Le gouvernement précise que «le contrôle de la présence ou pas de telles heures complémentaires sera effectué sur la base des déclarations ONSS, dans Des secteurs comme le commerce, le nettoyage, le gardiennage proposent peu d’emplois à temps plein. En Wallonie, 53,9% des salariées travaillent à temps partiel (+4,9% entre 2008 et 2016) En Wallonie, 14,7% des salariés travaillent à temps partiel (+3,7% entre 2008 et 2016) De plus en plus de travailleurs à temps partiel Chiffres 2016. Source: Walstat.

© Jean-Luc Flémal/Belpress.com Travail à temps partiel: prioritaire pour un temps plein?

L'Info • N°3 • 9 février 2018 • 15 L'Info • N°3 • 9 février 2018 • 15 le but de réduire autant que possible la charge administrative». Autrement dit, le gouvernement ne s’est pas donné la peine d’imposer de nouvelles obligations admi- nistratives aux entreprises en vue d’assu- rer l’effectivité des contrôles. Les services d’inspection devront donc se contenter des déclarations ONSS pour constater une infraction… à condition, bien entendu, qu’ils en aient les moyens.

Troisième problème: la sanction cessera de produire ses effets dès que l’em- ployeur aura fait une offre d’heures sup- plémentaires au travailleur qui en a fait la demande. Une offre quelconque, que l’em- ployeur sait pertinemment n’être pas ac- ceptable pour le travailleur, pourrait donc suffire à mettre fin à la sanction encourue par l’employeur. Il n’est en effet pas exigé que le travailleur ait vu son régime de tra- vail effectivement augmenter.

Les effets pervers Sur le terrain, la CSC craint aussi que ce risque de «sanction» pousse certains patrons à multiplier les offres d’heures supplémentaires, sans considération de la faisabilité pratique pour la per- sonne. On pense notamment à un tra- vailleur du secteur du nettoyage, des titres-services ou du gardiennage qui se verrait offrir des heures supplémentaires sur un chantier beaucoup trop éloigné de son lieu de travail actuel, ou pendant une tranche horaire impossible à concilier avec une occupation sur un autre chantier ou chez un autre employeur.

Le travailleur bénéficiant d’une AGR, confronté à une telle offre inconciliable, se retrouverait dans une situation extrê- mement délicate. En effet, la loi prévoit que, lorsqu’un employeur propose des heures supplémentaires à un travailleur qui en a fait la demande et que ce dernier refuse, l’employeur doit en informer le bureau régional du chômage de l’Onem. Avec à la clé une lourde sanction pour le travailleur, à savoir la suppression pure et simple de cette AGR.

Deux poids et deux mesures, donc: d’un côté, une privation importante de reve- nus pour les travailleurs; de l’autre, une petite cotisation de 25 euros, facilement évitable, pour les employeurs… Une occasion manquée Le travail à temps partiel involontaire est indéniablement une forme d’emploi précaire. Lors de son dernier congrès, la CSC-Alimentation et services – qui repré- sente plusieurs secteurs où les temps par- tiels sont très nombreux – avait demandé une plus grande responsabilisation des employeurs qui ont recours de manière de plus en plus intensive aux différentes formes d’emploi précaire. La réponse du gouvernement, à travers cette cotisation de responsabilisation, n’est certainement pas la plus adéquate. Elle risque même de fragiliser encore davantage certains tra- vailleurs. Une occasion (volontairement?) manquée donc, qui montre bien que le combat syndical en faveur d’emplois de qualité a encore de beaux jours devant lui… A.F. et D.E.

Les travailleurs à temps partiel qui en font la demande doivent obtenir prioritairement un emploi à temps plein qui devient vacant. LA CSC-ALIMENTATION ET SERVICES SONDE SES AFFILIÉS La CSC-Alimentation et services lance une campagne intitulée «Votre voix, notre avenir». La centrale souhaite son- der ses affiliés sur ce qui les préoccupe dans leur vie quotidienne et sur les mesures qu’ils trouvent importantes en matière d’emploi, de flexibilité, de pou- voird’achat,d’impôts,defindecarrière, etc. Cette enquête s’inscrit dans la pers- pective des élections de 2019. N’hésitez pas à donner à votre avis en remplis- sant le questionnaire et en le diffusant auprès des membres de votre famille ou de vos collègues. Quelques minutes suffisent pour répondre aux questions. L’enquête est en ligne sur www.csc-ali- mentation-services.be. Elle se clôturera finmars.Sivouslesouhaitez,vousserez tenu informé par courriel des résultats complets.

SOIGNIES: LA CSC DÉMÉNAGE TEMPORAIREMENT Durant ses travaux, le bureau CSC de Soignies s’installe temporaire- ment rue Grégoire Wincqz 2. Dès le 20 février, les collaborateurs du ser- vice chômage y seront disponibles le mardi de 14h à 18h et le jeudi de 9h à 12h. Permanence de première ligne le mardi de 15h à 18h. BRUXELLES: PRIME AUX CHÔMEURS QUI DEVIENNENT INDÉPENDANTS Les premiers mois d’une entreprise sont souvent compliqués. Pour aider les candidats indépendants à se lancer, le gouvernement bruxellois octroie depuis janvier une prime aux demandeurs d’emploi inoccupés do- miciliés dans la Région de Bruxelles- Capitale. Il s’agit d’un incitant financier dégressif de 4.000 euros, octroyé par Actiris pendant au maximum les six premiers mois d’une activité profes- sionnelle indépendante à titre princi- pal. Plus d’infos sur www.actiris.be. Les outils Offre d’emploi Détaché pédagogique (h/f) Les Jeunes CSC recrutent un détaché pédago- gique (h/f). Entrée en fonction le 1er septembre 2018 pour une période de trois ans renouvelable. Lieu de travail: Liège.

Fonction: •  recherche et conception d’outils d’information et de formation; •  formation de groupes de jeunes; •  développement des contacts et des animations dans les écoles; •  réalisation de projets concrets avec des groupes de jeunes. Conditions: •  être nommé(e) à temps plein; •  adhérer aux valeurs de la CSC. Les candidatures (CV et lettre de motivation) sont à adresser à Jean-Marc Namotte, CSC de Liège-Huy-Waremme, boulevard Saucy 10, à 4020 Liège, ou via jnamotte@acv-csc.be. Date limite de rentrée des candidatures: 1er avril.

Le sommaire L'édito La santé, un bien précieux Une étude de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) montre que les facteurs sociaux déterminent 80% de la santé générale d’un homme ou d’une femme. Notre état de santé dépend largement de notre formation, de nos revenus, de notre logement, de nos conditions de vie et de travail. Il passe par l’accès à des soins et à des services collectifs de qualité. La politique menée par le gouvernement fédéral se trouve aux antipodes de ces indications de l’OMS. Au cours des quatre dernières années, notre système de soins de santé a subi pour 1,5 milliard d’euros de coupes claires… Jusqu’ici de grande qualité, il est en train de se détériorer. Dans les hôpitaux et les maisons de repos et de soins, le personnel travaille à effectifs ré- duits et à stress intense. Malgré ses efforts et sa bonne volonté, cela affecte les patients. Les impératifs financiers s’imposent et l’on s’ache- mine de plus en plus vers une privatisation des soins. Les patients en capacité de payer une chambre individuelle et les suppléments que cela suppose seront des «clients» choyés, les autres des «clients» de seconde classe… Les médecins sont sommés d’être plus «sé- vères» quand ils délivrent des certificats médi- caux. Or, les patients supplient d’être mainte- nus debout coûte que coûte, pas d’être déclarés en incapacité de travail… (1) Et malheur aux malades de longue durée que le même gouver- nement suspecte aussitôt de paresse. Un certain nombre de médicaments étant moins remboursés, certains patients se voient contraints d’opérer un «choix» dans la pres- cription de leur médecin… Comme CSC, nous avons contribué à créer la sécurité sociale et nous y sommes fortement attachés. C’est pourquoi, avec septante autres organisations, nous soutenons la campagne «Tam-tam» et nous nous battons pour une sécurité sociale forte et une politique de santé digne de ce nom.

Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC Marc Leemans, président de la CSC (1) Réaction d’un généraliste dans une opinion publiée par «La Libre Belgique» le 5 février dernier. Refusons l'extension des FLEXI-JOBS Ensemble pour une Wallonie ambitieuse et solidaire TOUS DES PANTINS SALAIRE NET EN PLUS, SÉCURITÉ SOCIALE EN MOINS > 3 Vous avez peut-être constaté que votre salaire net a augmenté en janvier. Alors, vive le gouvernement Michel et son tax shift? Pas si vite! Voici quelques explica- tions sur ce que cache en réalité cette augmentation. LES CONGÉS POUR SOINS SENSIBLEMENT AMÉLIORÉS > 5 Au Conseil national du travail, syndicats et employeurs se sont mis d’accord pour élargir la notion d’enfant handicapé et améliorer sensiblement les systèmes d’interruption de carrière en cas de congé pour soins aux enfants. LES TRAVAILLEURS ET LE DÉFI TECHNOLOGIQUE > 7 À 10 Où va le travail humain à l’ère numérique? Certains rêvent d’entreprises entière- ment robotisées. D’autres envisagent avec anxiété les conséquences de l’innova- tion technologique sur l’emploi des hommes et des femmes.

LA CONSTRUCTION MANQUE DE PERSONNEL > 12 Le secteur de la construction est à la recherche d’ouvriers! Il n’y a jamais eu si peu d’inscriptions dans l’enseignement technique et professionnel. La baisse de popularité et le dumping social restent problématiques pour le secteur. COMPÉTITIVITÉ DE LA BELGIQUE: LES BONS CHIFFRES > 4 Il existe une marge pour négocier des augmentations salariales. Mais le gou- vernement fédéral a modifié la loi. Une fois encore, les revenus des entreprises augmentent, ceux des travailleurs diminuent.

LES CONTOURS FLOUS DES STATISTIQUES DU CHÔMAGE > 6 Au «jobs, jobs, jobs» répété à l’envi par notre Premier ministre répondent de nombreuses annonces médiatiques de diminution du chômage. Mais que disent ces chiffres? Et surtout, que ne disent-ils pas? UNE NOUVELLE PILOTE À LA CSC DE NAMUR-DINANT > 11 Isabelle Meerhaeghe est la nouvelle secrétaire fédérale de la CSC de Namur-Di- nant. Elle mise sur l’action et sur l’éducation permanente pour sensibiliser l’opi- nion publique, alors que se profilent les élections communales et législatives. DU TEMPS PARTIEL AU TEMPS PLEIN > 14 Théoriquement, les travailleurs à temps partiel qui en font la demande doivent obtenir prioritairement un emploi à temps plein qui devient vacant dans l’entre- prise. Dans la pratique, ce droit est peu appliqué.

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