Le torchon brûle

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NO 5 22e année · mercredi 30 janvier 2019 Place de la Riponne 4 • 1005 Lausanne • tél. 021 321 14 60 • redaction@evenement.ch • www.evenement.ch l’hebdomadaire du syndicat L’ÉVÉNEMENT SYNDICAL JAA CH-1005 Lausanne P.P. / Journal Poste CH SA Suite à la résiliation d’un contrat avec l’Union bancaire privée, la société genevoise de nettoyage Orgapropre a procédé à des coupes dans ses effectifs. Défendues par le Sit, une quinzaine de travailleuses ont fait grève ces deux dernières semaines. Un mouvement aussi soutenu activement par Unia, solidaire avec leur cause.

Des discussions sont en cours pour sortir de l’impasse.

PAGE 5 pleur du phénomène quand bien même tous les effets de la Loi sur l’aménagement du territoire ne se sont pas encore déployés. Mais la propo- sition des initiants va plus loin. Elle constitue un garde-fou supplémentaire à la législation exis- tante,d’uneduréelimitée.Pasaugoûtdesoppo- sants qui jugent le projet extrême, rigide et, bien sûr, préjudiciable aux sacro-saints intérêts éco- nomiques de notre pays. Même s’il reste 300 km2 de zone à bâtir. De quoi héberger 1,5 million de personnessupplémentaires...Lesadversairesde l’initiative dénoncent encore les risques d’une augmentation du prix des terrains, des loyers.

Dérives le plus souvent imputables pourtant à la spéculation immobilière mais qu’importe s’il faut convaincre. Et on connaît la force des résis- tances chaque fois qu’un projet audacieux – vi- sionnaire? – en faveur de l’environnement ar- rive sur la table. Le monde paysan se montre lui aussi divisé sur la question. Entre une faîtière, l’USP, rejetant le texte de peur que de nouvelles halles pour poulets et cochons ou des serres ne puissent être érigées et des associations comme Uniterre soutenant le projet.

Dans tous les cas, l’initiative interroge sur le monde dans lequel nous souhaitons vivre.

La place que nous désirons accorder à nos cam- pagnes. A la souveraineté alimentaire de la Suisse. A la préservation de ce qui reste de la biodiversité – facteur clé de notre survie. A l’es- pace laissé aux autres espèces qui ont déjà vu leur habitat se réduire comme peau de chagrin. Le texte pose également la question de l’exten- sion des routes et du trafic qui iront de pair avec la poursuite du mitage du territoire. De la pollu- tion inhérente. La proposition prône, elle, une densification des quartiers durables. Une ges- tion efficiente des surfaces faisant la part belle aux îlots verts.

Et de facto, un moyen de préser- ver les paysages. Espaces de détente pour tous. Bouffées d’oxygène essentielles. Comme la Suisse a déjà eu la bonne idée, il y a environ 140 ans, de protéger ses indispensables forêts. Mais bien sûr, une telle perspective ne permettra pas à chacun de posséder sa villa. Eternel paradoxe auquel sont confrontés les Suisses, entre l’envie d’accéder à la propriété individuelle – une per- sonne sur deux l’espère – et l’impérative néces- sité de protéger la nature.

L’approche des Jeunes Verts plaide, elle, pour une forme de décroissance. Un frein au déve- loppement effréné. Rappelant que le sol n’est pas extensible. Se souciant des générations fu- tures. Si la population s’est dans un premier temps montrée plutôt favorable à ce texte, le risque que chacun veuille malgré tout défendre son pré carré se révèle bien réel. Un pré que tous ne rêvent hélas! pas vert.  Pré carré... Le torchon brûle Sonya Mermoud C ampagne contre ciment? Chaque jour, l’équivalent de huit terrains de football disparaîtenSuissesouslebéton.Jusqu’où acceptons-nous cet étalement urbain? Voilà la question à laquelle devront répondre, le 10 fé- vrier prochain, les citoyens helvétiques appe- lés à se prononcer sur l’initiative des Jeunes Verts «Stopper le mitage – pour un développe- ment durable du milieu bâti».

Un texte qui ré- clame un gel des zones à bâtir. Qui conditionne la construction de nouvelles surfaces au déclas- sement d’espaces de même taille. Qui entend préserver les terres cultivables sachant encore que, chaque seconde, près d’un mètre carré d’espace vert est perdu. De quoi donner l’am- POINT DE MIRE NEIL LABRADOR PROFIL JUGEMENT Grévistes de la Providence déboutés. PAGE 3 VAUD Ingénieurs et architectes soumis à la CCT. PAGE 9 NEUCHÂTEL Le câblier Nexans restructure.

PAGE 7 Nicolas Charrière, pasteur atypique. PAGE 2

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mercredi 30 janvier 2019 | No 5 2 PROFIL L’Événement syndical DIEU, LE ROCK ET LES MYGALES... Pasteur de la paroisse de Vaulion-Romainmôtier, Nicolas Charrière ne conçoit pas sa mission sans engagement. La foi, les yeux ouverts Sonya Mermoud N i guide. Ni intermédiaire. Ni- colas Charrière, marié et père de trois enfants, est un être hu- main comme les autres, avec ses fragi- lités et ses ambiguïtés. Ses doutes et ses peurs, comme celle de se perdre dans des choses sans intérêt. Un homme qui a décidé de cheminer aux côtés de per- sonnes en quête de spiritualité.

De se mettre à leur service, «de prendre soin d’elles». Une mission où il n’y a pas de supérieur mais juste un interlocuteur prêt à écouter. A s’engager. A offrir son temps et ses compétences à la commu- nauté sur laquelle il veille. A se taire quand les mots volent en éclats devant des peines incommensurables. A tisser des liens entre croyants. «Mon travail c’est aussi apprendre à aimer tous les gens, le monde, la création. Mais c’est peut-être là le job de chacun», relève encoreceVaudoisde45ansqui,consa- cré pasteur en 2003 et responsable de- puis 2017 de la paroisse de Vaulion-Ro- mainmôtier, s’est tout au long de son parcours frotté à nombre de situations difficiles.

Côtoyant misère et détresse. Confrontéauxfacetteslesplussombres de la vie humaine.

AU-DELÀ DE L’ACTE COMMIS A la fin de ses études de théologie, Ni- colas Charrière intervient comme pas- teur de rue suffragant à Lausanne. Le local où il travaille un jour par semaine accueille des SDF et surtout des toxi- comanes. Un havre où les marginaux peuvent boire un café, se restaurer, re- cevoir des soins de base et, surtout, s’alléger de leur colère. De leur souf- france. De leurs interrogations. «Ils at- tendaient rarement de réponse. Ils res- sentaient seulement le besoin d’être entendus. Nous ne parlions pas de Dieu. C’était juste des petits bouts de chemin que nous faisions ensemble et qui en ont aidé peut-être certains», explique Nicolas Charrière, précisant avoir «la foi, les yeux ouverts».

Le pasteur travaille ensuite une dizaine d’années à Payerne avant de se lancer un nouveau défi en acceptant un poste danslesprisonsdelaCroisée,àOrbe,et de la Tuilière, à Lonay. Rien d’évident. L’homme va se confronter à des déte- nus au passé parfois terrifiant, entre meurtres, viols, pédophilie, infanti- cides... «Difficile de ne pas porter de ju- gement, mais on ne saurait réduire un individu à l’acte commis. Il faut élargir le regard sur l’autre pour lui offrir une chanced’agirdemême.Ilestnécessaire que la vie soit encore possible au-delà delafaute»,expliquelepasteurquiévo- luera presque sept ans dans le milieu.

Du lourd. Et une foi souvent bousculée. CONFIANCE ET INTUITION «Si je doute? En permanence. Ma foi est constamment secouée par les hor- reurs, les atrocités de l’humanité mais, en même temps, par l’infinie beauté de personnes, de rencontres, du monde», lance le pasteur qui, bien que ne dé- tenant aucune preuve de Dieu, reste persuadé de son existence. «Une cer- titude de l’ordre de la confiance et de l’intuition. Dieu c’est, en trois mots, présence, soin et mystère», souffle cet homme d’Eglise qui a évolué dans une famille plutôt critique à l’égard de la re- ligion. Posture qu’il partageait tout en reconnaissant avoir toujours été habi- té par le sentiment «de quelque chose de plus grand».

Et militant alors pour davantage de justice sociale. Le déclic? Des échanges avec des professeurs de latin et de philosophie humanistes et d’autres étudiants. «Ces discussions et la lecture de la Bible m’ont révélé que j’étais croyant. J’ai été surpris et soula- gé en même temps», raconte celui qui prendra un congé sabbatique d’un an pour s’assurer d’emprunter la bonne voie. Une vocation qu’il conciliera avec sa personnalité. Son ouverture d’esprit et des engagements qu’il trouve justes. Quitte à déplaire à certains. «On a plu- sieurs fois demandé ma démission», relève le pasteur qui s’est largement mobilisé en faveur de la bénédiction des mariages LGBT en terre vaudoise.

Avec succès. Comme il n’a pas hésité à prendre des risques pour venir en aide à des réfugiés. «Certaines situa- tions particulières nécessitent de s’in- vestir au-delà de ce qui est autorisé.» TÊTE EN BAS Fan de musique pop, rock, heavy metal et punk, Nicolas Charrière, ex-batteur, gratte aujourd’hui de la guitare, chante et continue à se passionner pour les groupes de sa jeunesse. «Une musique qui véhicule de l’authentique, de la ré- volte...Unemanièred’êtrehumaindans toute sa complexité», affirme le pasteur atypique qui se distingue également par sonintérêtpourles...mygales–l’homme en possède pas moins de septante plus une, virtuelle, tatouée sur son épaule.

«Je les trouve belles, intéressantes. Il y a presque un côté méditatif à s’en oc- cuper, une manière de se vider la tête», explique le passionné qui abrite encore dans son foyer deux serpents, un scor- pion et deux chats. Durant son travail dans les prisons, le quadragénaire – qui sedéfinitcommeunepersonneenthou- siaste, réfléchie et impulsive à la fois et parfois sombre («mais ça ne dure alors jamais») – s’est aussi fait tatouer sur l’avant-bras une croix celtique. Un sym- bole mélangeant des influences judéo- chrétiennesetdestraditionsreligieuses du nord de l’Europe illustrant son res- pect pour la pluralité des chemins spi- rituels...

Gravé encore sur sa peau, un imposant dragon à l’esthétique médié- vale incarnant le diable dans la théolo- giechrétienneetladualité.«Maisj’aire- présentél’animalvaincu,latêteenbas», sourit Nicolas Charrière qui confie se ressourcer dans la prière et la musique, et aimer la forêt. «C’est là mon côté un peu ours, solitaire qui ressort», rigole ce sympathique pasteur qui, jetant un œil dans le rétroviseur de sa vie, dira: «Je porte un regard plutôt bienveillant sur mon vécu. Tout en partageant cette idée: “Tu es parfait comme tu es, conti- nue à t’améliorer.»  Pasteur profondément humain, Nicolas Charrière se ressource dans la prière et la musique.

THIERRY PORCHET

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No 5 |mercredi 30 janvier 2019 3 SUISSE L’Événement syndical Jérôme Béguin L e Tribunal fédéral (TF) vient de débouter les grévistes licenciés de l’Hôpital de la Providence. Les juges de Mon-Repos estiment que la grève qui s’est tenue dans l’établisse- ment neuchâtelois entre fin 2012 et dé- but 2013 était «illicite» et que le licen- ciement de 22 grévistes était prononcé pour de «justes motifs». Pour la Haute Cour, qui donne raison aux tribunaux neuchâtelois, les employés avaient reçu des «garanties importantes» sur la «prolongation de la CCT» Santé21 dans le contexte de la reprise par le Swiss Medical Network (SMN – ex-groupe Genolier); les syndicats avaient pour- tant «refusé de négocier une nouvelle CCT»; la grève était donc «prématurée et contraire à l’obligation de préserver la paix du travail».

«L’employeurrefusaitcatégoriquement de maintenir la CCT, il s’est contenté de proposer de conserver les conditions de travail prévues par celle-ci pour le restant de l’année 2013. Et encore, pas pour les nouveaux engagés, conteste Me Christian Dandrès, l’avocat des gré- vistes. Le TF dit que cette proposition était suffisante: la justice entre donc, pour la première fois, dans un examen matériel et arbitre le conflit en faveur de l’employeur. Ce n’est pourtant pas le rôle d’un juge d’apprécier les reven- dications des parties à un conflit col- lectif de travail. Et s’il devait le faire, il s’agirait de s’interroger notamment sur l’objectif de l’employeur et sa situation financière.» UNE FOLIE Pour l’avocat genevois, cet arrêt du TF «annihile le droit de grève» et donne un «blanc-seing au dumping salarial».

«Comment créer un tel rapport indis- pensable pour préserver les intérêts des travailleurs et comment obtenir une bonne CCT, si les travailleurs sont privés de moyens de pression sérieux pour appuyer leurs revendications?

Avec cet arrêt, les employeurs pour- ront très facilement à l’avenir casser les CCT qui ne leur plaisent pas et impo- ser de manière unilatérale leurs condi- tions. Et si les travailleurs se mettent en grève pour tenter de sauvegarder leurs intérêts, ils pourront les congédier avec l’aval des tribunaux. C’est une folie! Cet arrêt est d’autant plus choquant que cette grève était défensive et visait le maintien des conditions de travail et d’emploi. Les grévistes voulaient pré- server une CCT de secteur qui proté- geait la quasi-totalité des salariés des soins à Neuchâtel. On imagine ce qui se passera lors d’une grève destinée à améliorer une CCT ou pour tenter d’en obtenir une…» Ce jugement posera selon Me Dandrès un problème très concret aux syndi- cats: «Ils auront beaucoup de difficul- tés désormais à dire si le déclenche- ment d’une grève ou son maintien est légal.

En suivant le raisonnement du TF, il suffira à l’employeur de prolon- ger de quelques mois les conditions de la CCT en vigueur pour que la grève soit impossible ou doive cesser. Et avec quel délai? Six mois? Trois mois? L’ar- rêt ne le dit pas.» SANS GRÈVE, LA MENDICITÉ Député socialiste au Grand Conseil ge- nevois, Me Dandrès estime encore que ce verdict ne respecte pas les règles de démocratie. «Le droit de grève est ga- ranti par la Constitution, qui a été ac- ceptée en votation populaire. Une poignée de juges, même fédéraux, ne peuvent pas de facto le supprimer ou en restreindre la portée sans passer par un débat politique au Parlement, sanc- tionné par une votation.» «Lemouvementsyndicaldevraitplacer au cœur de ses revendications l’effecti- vité du droit de grève», conclut ce mi- litant du syndicat des services publics (SSP): «Sans un tel droit, la négociation collective se résumera à de la mendici- té organisée.

A l’heure où le dumping se généralise et où les salaires réels di- minuent, cet arrêt achève par ailleurs de rendre les mesures d’accompagne- ment à la libre circulation des per- sonnes quasiment inopérantes.» Les grévistes de la Providence devaient décidercettesemaines’ilsportentcette affaire devant la Cour européenne des droitsdel’hommedeStrasbourg.Après la grève de 2013, le SSP avait déposé une plainte contre la Suisse auprès de l’Organisation internationale du tra- vail, qui est toujours en cours d’exa- men. Le TF doit encore se prononcer sur une plainte pour violation de do- micile et diffamation déposée par SMN à l’encontre de quatre syndicalistes.

 élargi aux personnes atteintes de méso- théliome – ou leurs proches – dont la pa- thologie a été reconnue comme maladie professionnelle. Les montants seront tou- tefoisalorsinférieursàceuxversésauxper- sonnes n’ayant pas touché des compensa- tions de la Suva. La possibilité de recourir au Fonds était auparavant réservée priori- tairement aux victimes – ou à leur entou- ragedirect–ayantcontractéuncancerpro- voqué par l’amiante sans que celui-ci soit identifié comme maladie professionnelle; par exemple des proches ayant lavé des vêtements contaminés qui n’ont dès lors pas été exposés à la fibre dans un cadre de travail.

Ou des artisans amateurs. Selon le communiquédepressedel’EFApubliéàla fin de l’année dernière, 56 personnes ont, depuis la création du Fonds en mars 2017, obtenu des indemnités pour une somme totale de 5,8 millions de francs. Parmi les bénéficiaires récents, 23 sont des survi- vants de victimes de l’amiante. Quinze re- quêtessupplémentairessontactuellement à l’étude. Un nombre global jugé toutefois peu élevé. «Il n’y a pas eu autant de de- mandes que prévu. Le Fonds n’est vrai- Sonya Mermoud D avantage de bénéficiaires poten- tiels peuvent aujourd’hui s’adres- ser à la Fondation gérant le Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante (EFA)poursolliciterundédommagement.

Le cercle des ayants droit a en effet été semblablement pas assez connu. Il nous fautdavantagecommuniquer»,relèveLuca Cirigliano, secrétaire central de l’Union syndicale suisse (USS). Le conseil de Fon- dation, outre des syndicats, intègre des re- présentants d’associations et d’entreprises ainsiquedevictimesdel’amiante.Etlecol- laborateurdel’USSd’invitertouteslesper- sonnes susceptibles d’être concernées par la question à se renseigner.

PAS SEULEMENT LES VICTIMES DIRECTES Rappelons à ce titre que sont autorisés à faire une demande: le malade, le conjoint, le partenaire enregistré ou ayant vécu en ménage commun avec la personne souf- frante durant les cinq dernières années de sa vie, les enfants ou une personne autori- sée par celle éligible. «Le Fonds n’est pas destiné seulement aux malades», insiste le collaborateur de l’USS. A noter encore que seul le mésothéliome – un cancer qui, dé- claré, limite l’espérance de vie du malade de un à deux ans – est pris en compte. La Fondation EFA n’est pas habilitée à traiter des demandes pour d’autres pathologies provoquées par l’amiante.

Chaque année en Suisse, quelque 120 per- sonnessontfrappéesparunmésothéliome à la suite d’une exposition à la fibre meur- trière, interdite depuis 1990 dans nos fron- tières. Autant dire que le matériau n’a pas fini de faire des ravages. Alors que le dé- lai de prescription prévu par le Code des obligations a été, en juin dernier, élargi de dix à vingt ans – les temps de latence entre la déclaration de la maladie et l’ex- position à l’amiante pouvant s’étendre de 15 à 45 ans. Dans ce contexte, la Fondation EFA,aucapitaldedépartdesixmillionsde francs, sollicite urgemment des dons sup- plémentaires.

«Si la Fondation fonctionne jusqu’en 2025, il lui faudra encore plus de 100millionsdefrancspourremplirsamis- sion», peut-on aussi lire dans le commu- niqué précité. Et Urs Berger, président du conseildeFondation,d’enappeleràlares- ponsabilitésocialedel’économieetdel’in- dustrie en apportant leur contribution.  Service d’assistance, du lu au ve, de 8h à 12h et de 13h30 à 17h, au 041 418 89 79.

Informations: https://stiftung-efa.ch/fr LA MOBILISATION POUR LE CLIMAT GRANDIT Plus de 22 000 étudiants dans plusieurs villes de Suisse ont fait grève et sont descendus dans la rue le vendredi 18 janvier. Samedi 2 février, ils invitent à de nouvelles mo- bilisations. A Bâle, Berne, Genève, Neuchâtel, Lausanne, Saint-Gall, Zurich, Fribourg, Bellinzone, Lucerne, Soleure et Bienne. Ils dénoncent: «Une augmentation de plus de 2 degrésdelatempératureterrestremoyennedéjàannoncée, 30000 kilomètres carrés de forêt amazonienne détruits en uneannée,entre10et 12milliardsd’eurosdedéficitsliésau désastreclimatiquechaqueannéeenEurope,ladisparition des principales espèces de poissons, de coraux et de tout l’écosystème qui en dépend prévu pour 2048, une extinc- tion d’ores et déjà de plus de 60% des espèces entre 1970 et 2014, soit la 6e extinction de masse que vit notre planète...

Alors que l’environnement qui nous entoure s’écroule, la Suisse préfère lâchement payer des quotas pour ne pas avoir à se soumettre à quelques règles simples de l’accord de Katowice. Rien ne sert d’étudier si notre avenir et celui de la planète sur laquelle nous vivons n’est pas assuré!» Au- to-organisé, autonome et horizontal, le mouvement tient à rester apartisan. «Les banderoles, pancartes et autres dra- peaux sont donc bienvenus pour l’occasion, à condition qu’ils soient apartisans (ni partis ni autres organisations) et adressés aux autorités.»  AA Pour les lieux et les heures de départ des manifestations: klimademo.ch/fr Les grévistes de l’Hôpital de la Providence licenciés en 2013 sont déboutés.

Pour leur défenseur, le droit de grève est «annihilé» Chaque année, quelque 120 personnes sont frappées par un mésothéliome suite à une exposition à la fibre meurtrière.

Le 18 janvier dernier plus de 22000 étudiants avaient déjà fait grève dénonçant l’incurie des dirigeants sur la question climatique. SUVA LE TRIBUNAL FÉDÉRAL DONNE LE FEU VERT AU DUMPING SALARIAL Fonds amiante: cercle des ayants droit élargi Le Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante a élargi ses prestations à de nouveaux bénéficiaires. Concerné par la problématique? Renseignez-vous Les grévistes de la Providence ont été désavoués par le TF qui a jugé le mouvement illicite. Pour leur avocat, ce verdict ne respecte pas les règles de la démocratie.

NEIL LABRADOR/ARCHIVES NEIL LABRADOR

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mercredi 30 janvier 2019 | No 5 4 ANNONCES L’Événement syndical WWW.EVENEMENT.CH MINI ANNONCES Cocher la case qui convient  EMPLOI  VACANCES  À LOUER  IMMOBILIER  2 & 4 ROUES  À VENDRE  À ACHETER  RENCONTRES  ANIMAUX  DIVERS Vos annonces sont à envoyer à: L’Événement syndical, Service des annonces, place de la Riponne 4, 1005 Lausanne 18 mots maximum, vos coordonnées non comprises Tarif: 20 francs (à glisser dans l’enveloppe avec votre annonce) Ecrire lisiblement, en majuscules. Une lettre par case et une case de libre entre chaque mot Indiquer vos coordonnées précises (adresse ou numéro de téléphone) dans le texte de l’annonce (non compris dans les 18 mots) VOUS VOUS INTÉRESSEZ à l’actualité du monde du travail? VOUS ÊTES SENSIBLES aux enjeux sociaux, politiques et économiques qui lui sont liés? VOUS SOUHAITEZ une information à l’échelle romande, nationale et internationale? ABONNEZ-VOUS Grâce à une parution hebdomadaire, L’Événement syndical suit de près l’évolution du monde du travail.

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No 5 |mercredi 30 janvier 2019 5 LUTTES L’Événement syndical d’élargir la procédure de consultation à l’ensemble du personnel, soit aussi aux collaborateurs congédiés au prin- temps, ce qu’avait refusé la direction. Face à ce refus, Unia avait saisi le tri- bunal pour qu’il statue sur le respect ou non par Elis Suisse SA de cette pro- cédure prévue par le Code des obliga- tions.

Cette dernière permet à chaque salarié concerné de proposer des al- ternatives aux licenciements ou de né- gocier un plan social. Une obligation d’autant plus importante que de nom- breux travailleurs de La Sarraz comp- taient plus de 20 ans de service, et tou- chaient pour la plupart des salaires très bas, soit entre 3000 et 3500 francs. «BIEN PLUS QU’UNE VICTOIRE D’ÉTAPE» Statuant à la mi-décembre 2018, après avoir entendu les parties (voir L’ES du 19 décembre), le Tribunal des prud’hommes a constaté que l’entre- prise n’avait pas respecté la procé- dure prévue. Ce jugement est entré en force ce mois de janvier, Elis Suisse SA n’ayant pas recouru.

Il ouvre la voie à la poursuite de requêtes individuelles dé- posées par cinq anciens salariés, dans le but d’obtenir le versement d’indem- nités vu le non-respect des dispositions sur le licenciement collectif. Ces in- Victoire d’Unia contre la blanchisserie Elis Suisse SA Jérôme Béguin S ociété genevoise de nettoyage, Or- gapropre a licencié 37 personnes, en majorité des femmes, après avoir perdu un contrat de prestations avec l’Union bancaire privée (UBP). Soutenues par le Syndicat interprofes- sionnel de travailleuses et travailleurs (Sit), une quinzaine de nettoyeuses or- ganisent un piquet de grève quotidien devant la banque à la rue du Rhône du- rant leur horaire de travail, soit de 18h à 20h.

Ne bénéficiant d’aucun plan so- cial, elles exigent d’être réengagées par le repreneur, Cleaning Service. «On est ré-vol-té! martèle Thierry Horner, se- crétaire syndical du Sit. Ces femmes, qui gagnent 19,60 francs de l’heure pour deux heures de travail par jour, sont victimes d’une injustice crasse. Cela fait deux mois que nous deman- donsl’ouverturedenégociations.Orga- propre refuse de se rendre aux séances convoquées par l’Office cantonal de l’emploi.» La société se vante pourtant sur son site d’être une entreprise «res- ponsable» et de travailler pour les col- lectivités publiques. Son directeur Pas- cal Masson est membre du comité de la faitière patronale, l’Agens, mais il est actuellement aux abonnés absents, en voyage en Thaïlande selon le Sit.

«On ne reste pas en vacances lorsqu’il y a une grève dans sa propre boîte!» s’in- digne Manuela Cattani, cosecrétaire générale du Sit. Sollicitée, la banque est de son côté intervenue auprès du repreneur, mais a refusé pour l’heure de mettre la main à la poche. «On de- mande à l’UBP environ 50000 francs pour que ces salariées puissent fran- chir ce cap. Le nouveau contrat de net- toyage leur fait économiser beaucoup plus.» Relevons que l’établissement fi- nancier a réalisé un bénéfice de 220 millions en 2017. En fin de semaine dernière, Cleaning Service avait em- bauché huit nettoyeuses d’Orgapropre.

«Les sept personnes encore à reclasser ont entre 56 et 63 ans, proches de la re- traite, elles ont été blacklistées», assure Manuela Cattani.

«Je n’ai pas reçu de téléphone pour tra- vailler. Je veux continuer là-bas, j’y tra- vaille depuis 18 ans, je parle à tout le monde», témoigne une gréviste âgée de 56 ans qui a reçu l’annonce de son licenciement comme «un choc et un sentiment de trahison». La perte de cet Des femmes de ménage en grève devant une banque genevoise été blessé à la jambe. Ceinturé par des vigiles de la banque, Thierry Horner a été séquestré à l’intérieur de l’édifice, plaqué au mur durant une vingtaine de minutes jusqu’à l’arrivée de la police. «Ils m’ont dit en gros que, maintenant que j’étais à l’intérieur, j’étais cuit», in- dique le secrétaire syndical.

Manuela Cattani est très remontée: «Pour moi, c’était un guet-apens. Ils voulaient prouver que nous exercions une vio- lation de domicile. C’est inacceptable. Le but des piquets de grève est d’infor- mer et de dialoguer. Nous n’avons ja- mais exercé de la contrainte physique. Nous dénonçons avec force cette pro- vocation, les violences et cette atteinte à notre droit de manifester devant un lieu de travail.» Lundi, à l’heure de boucler ce numéro, la grève continuait. A suivre.  Licenciées par Orgapropre, sans plan social, les nettoyeuses se battent pour être réengagées par le repreneur du contrat avec l’UBP, Cleaning Service.

Elis Suisse SA, anciennement Lavotel, a été désavoué par la justice qui a constaté le non-respect de la procédure de licenciement lors de la fermeture du site de La Sarraz Sylviane Herranz L a démarche n’est pas commune, et encore moins dans un canton où le partenariat social est ancré dans la pratique de la plupart des en- treprises signataires de conventions collectives de travail (CCT). Le syndi- cat Unia vient de faire constater par la justice le non-respect de la procédure applicable en cas de licenciement col- lectif par une société. Cette entreprise, c’est Elis Suisse SA, ex-Lavotel.

Elle s’est démarquée des usages il y a bien- tôt deux ans et a été remise à l’ordre par le Tribunal des prud’hommes de Lau- sanne dans un jugement rendu en dé- cembre dernier.

Au printemps 2017, Elis Suisse SA congédiait neuf personnes de sa blan- chisserie de La Sarraz. Un licenciement préfigurant la fermeture prochaine du site, qui comptait encore 38 collabo- rateurs au début de cette année-là. La société avait en effet déjà déplacé des activités vers d’autres sites, à Nyon no- tamment, conduisant à des transferts de personnel et à des démissions. En août 2017, la direction annonçait onze nouveaux licenciements, et l’arrêt des activités pour novembre. Mandaté par les travailleurs, Unia avait demandé Une quinzaine de nettoyeuses d’Orgapropre tiennent depuis deux semaines un piquet de grève à l’entrée de l’Union bancaire privée POING LEVÉ LE SANG DES OUVRIÈRES SUR NOS VÊTEMENTS Par Sylviane Herranz Des balles en caoutchouc, des canons à eau et des véhicules blindés contre les ouvrières en grève au Bangladesh.

Au moins une personne a été tuée et cinquante autres blessées ce mois de janvier, dans un pays où l’exploitation de millions de travailleurs, essentiellement des femmes, permet d’alimenter les rayons de presque toutes les grandes marques occidentales en vêtements à des prix défiant toute concurrence, tant les salaires sont bas. Le 6 janvier, des ouvrières se sont mises en grève pour exiger des augmentations. Le salaire minimum était passé à 8000 takas (83 euros) par mois en début d’année; or, les syndicats exigeaient le double, le coût de la vie ayant pris l’ascenseur. Le personnel payé un peu au-dessus du minimum n’avait lui pas touché un taka de plus.

La grève, immobilisant une cinquantaine d’usines, a duré près de 10 jours. D’énormes manifestations se sont déroulées, dont l’une ayant rassemblé 50000 grévistes à Savar, le 9 janvier, dans la banlieue industrielle de Dacca, là où s’était effondré le Rana Plaza, en avril 2013, tuant plus de 1130 salariés du textile. Après une nouvelle journée de violence, gouvernement et patronat lâchaient – un peu – de lest le 13 janvier, octroyant une augmentation de… 20 centimes par mois et jusqu’à 8 euros pour les plus chanceux. Face au refus de certains grévistes de cesser leur mouvement, la puissante association patronale des produc- teurs textiles a menacé de fermer toutes les usines du pays s’ils ne retournaient pas au travail.

Une reprise douloureuse pour cer- tains. Le 16 janvier, quelque 750 employés de plusieurs usines de la banlieue de Dacca se sont retrouvés face à une interdiction de rejoindre leur poste. Les patrons avaient placardé des listes de personnes licenciées, avec noms et photos, à l’entrée des im- meubles abritant leurs ateliers. Plus de la moitié d’entre eux tra- vaillaient dans une usine d’Ashulia, la Metro Knitting and Dyeing, produisant des vêtements pour H&M, Next et d’autres marques. Des responsables syndicaux ont également été menacés. «La po- lice m’a dit de ne pas créer de problèmes sinon on me fera dis- paraître», a confié à l’AFP un dirigeant syndical.

Pour couronner le tout, dans ce contexte de répression an- ti-ouvrière et anti-syndicale, la fédération mondiale Industriall Global Union vient d’informer que The Guardian a publié un ar- ticle dans lequel il révèle qu’une association caritative anglaise, Comic Relief, dont l’objectif est de lutter contre la pauvreté, mène campagne pour la «justice entre les sexes» avec des T-shirts fabriqués au Bangladesh. Un pull promu par les Spice Girls, ven- du 22 euros alors que les travailleuses de l’usine les produisant, appartenant à un membre du Gouvernement bangladais, gagnent à peine 40 centimes d’euros l’heure, travaillent jusqu’à 16 heures par jour et sont insultées par leur chef.

Un scandale qui n’est pas isolé, remarque Industriall Global Union. Qui rappelle notamment celui ayant éclaté en 2015, avec un T-shirt d’une campagne por- tant le slogan «Voilà à quoi ressemble une féministe», confection- né par des ouvrières sous-payées de l’île Maurice. Ces dernières avaient aussi été matraquées par la police pour avoir protesté contre leurs conditions de travail…  NEIL LABRADOR demnités pour congé abusif peuvent s’élever, dans de tels cas, jusqu’à deux mois de salaire.

«La décision des prud’hommes est beaucoup plus qu’une victoire d’étape. Le tribunal constate clairement la vio- lation par l’entreprise de ses obliga- tions», réagit, très satisfait, Nicolas Rochat Fernandez. Le juriste d’Unia re- grette qu’une entreprise si importante, signataire de la CCT romande du net- toyage, «utilise des pratiques dilatoires crasses, non respectueuses des tradi- tions du partenariat social. Des pra- tiques coûtant du temps en raison de longues procédures, mais également de l’argent, celui du contribuable.» Le juriste ajoute que le refus de recourir d’Elis Suisse SA «est la preuve qu’elle admet être en tort».

A la suite de ce jugement, le syndicat a interpellé le Service de l’emploi du can- ton de Vaud pour qu’il dénonce la so- ciété de blanchisserie industrielle pour son «défaut d’annonce de licenciement collectif en temps voulu». Selon la loi, l’amende peut s’élever jusqu’à 40000 francs.  emploi lui enlèverait 800 francs, ce qui n’est pas négligeable pour son budget. «Les piquets de grève sont difficiles, il fait froid, sous la pluie, la neige. Heu- reusement, on reçoit beaucoup de soutien.» De nombreux militants poli- tiques et syndicaux sont venus témoi- gner de leur solidarité aux grévistes et, surtout, les huit nettoyeuses réenga- gées ont décidé de poursuivre le mou- vement jusqu’à ce que toutes leurs col- lègues soient reclassées ou bénéficient d’un plan social.

«Tout le monde a be- soin d’un travail», explique simple- ment une travailleuse qui a signé un contrat avec Cleaning Service SYNDICALISTES AGRESSÉS Mercredi dernier, selon le Sit, le conflit s’est envenimé lorsque quatre syndi- calistes ont été agressés par des cadres d’Orgapropre et des agents de sécuri- té de l’UBP. Poussé sur un vélo tombé à terre, un secrétaire d’Unia Genève a

Le torchon brûle

mercredi 30 janvier 2019 | No 5 6 MOUVEMENT L’Événement syndical Jérôme Béguin «L e low cost est toujours trop cher», titrait il y a trois se- maines Le Courrier en poin- tant les problèmes sociaux et environ- nementaux que génère l’aéroport de Genève-Cointrin. Selon le quotidien, entre 25 et 50% des conflits pour les- quels la Chambre des relations collec- tives du travail a été saisie depuis une décenniesesonteneffetdérouléssurle site,pourtantenmainspubliquesetqui, bien que colossal, ne dénombre que 10% des salariés du canton de Genève. Dnata, Gate Gourmet, ISS, Securitas, SR Technics, Swissport… toutes ces en- treprises présentes dans l’enceinte aé- roportuaire ont connu ou connaissent encore des mouvements sociaux.

AinsiàSecuritas,lepersonnel,organisé par Unia et le SSP, s’élève contre la sup- pressiond’unedizainedepostesàplein temps au mois de décembre. Depuis le 1er juin dernier, l’entreprise de sécurité est chargée de l’accueil des passagers. La société ISS, qui a pourtant présen- té une offre moins onéreuse, a perdu ce mandatàl’occasiondurenouvellement du contrat de prestation.

SOUPÇONS DE COPINAGE Relevons au passage que cette attribu- tion critiquée par les syndicats a été contestée en justice par l’entreprise perdante. La Cour de justice vient d’ail- leurs de condamner l’aéroport pour adjudication illicite d’un marché pu- blic. Cointrin doit faire face à des soup- çons tenaces de copinage, car son res- ponsable de la sécurité est un ancien employé de Securitas, élu PLR d’une commune genevoise et que tout cela s’inscrit dans l’affaire Maudet. Secu- ritas a décroché cette mission alors que Pierre Maudet tenait les manettes du conseil d’administration de l’aéro- port.

Et cette société a aussi obtenu le convoyage des détenus étrangement privatisé par le conseiller d’Etat. Cela dit, les 150 employés d’ISS crai- gnaient de perdre jusqu’à 750 francs par mois en passant sous la coupe de Securitas, ISS appliquant la Conven- tion collective nationale de travail de l’hôtellerie-restauration, plus favo- rable que la CCT de la sécurité privée. Cela ne s’est heureusement pas pro- duit. «Des travailleurs avec qui nous sommes en contact nous ont toutefois signalé une péjoration de leurs condi- tions de travail. Il y a notamment un souci avec la planification. Des per- sonnes engagées à temps partiel se plaignent d’être trop souvent sollici- tées pour des heures supplémentaires tandis que d’autres, au contraire, récla- ment de travailler plus», explique Pa- blo Guscetti, secrétaire syndical d’Unia Genève.

Laplanification,c’estlàoùlebâtblesse. Pour justifier cette réduction d’effectifs, Securitas affirme avoir perdu 20 000 heures de travail en 2019. Dans une résolution votée en décembre, le per- sonnel a exigé d’obtenir toutes les in- formations nécessaires, l’ouverture de négociations et une rencontre avec les responsables de Cointrin. «La situa- tion n’a pas évolué depuis, regrette Pa- blo Guscetti. Nous attendons toujours une rencontre avec Securitas en pré- sence de la direction de l’aéroport.»  Les conflits à l’aéroport s’enchaînent, dernier exemple en date chez Securitas Mouvements sociaux à répétition à l’aéroport de Cointrin.

Le personnel de Securitas chargé de l’accueil des passagers s’élève contre la suppression d’une dizaine de postes à plein temps et d’une mauvaise planification du temps de travail.

NEIL LABRADOR Partenariat social à Cointrin: Mayday! Mayday! Mayday! çoitunemenaceécritedelicenciementsilesventes àbordnesontpassatisfaisantes.Embauchésentant qu’indépendants,pasdecotisationsauxcaissesma- ladieniauxcaissesderetraite.Lesemployésdoivent se rendre en Allemagne pour une formation de six semaines non rétribuée, avec les frais de déplace- ment, de logement et de nourriture à leur charge, soit plus de 3000 euros auxquels il faut ajouter 500 euros d’inscription.» LUTTES RÉPÉTÉES... A partir de 2017, une suite d’événements décisifs va changer la situation, et des négociations vont enfin permettre aux employés de bénéficier du principe de base d’un contrat propre aux règles de chaque pays et non à celles de l’Irlande.

C’est en bonne voie, mais il faudra passer par des grèves pour en arriver là.

Historique: août 2017, Ryanair doit annuler 2000 vols à cause d’une pénurie de pilotes. Les com- mandants de bord constatent que ce phéno- mène se généralise dans l’ensemble de l’aviation de ligne mondiale. Les revendications deviennent désormais possibles pour les pilotes, quitte à dé- missionner pour offrir leurs services ailleurs où les salaires et des conditions de travail sont plus décents. Août 2017: les pilotes reçoivent une lettre de la di- rection leur intimant de renoncer à dix jours de congé contre une nouvelle prime, mais en s’enga- geant à travailler au moins un an pour leur com- pagnie.

Les 17 bases européennes rejettent la pro- position. Les pilotes reçoivent comme réponse sèche: «Un pilote doit travailler et se taire!» Gérard Blanc L e Parisien, la RTS, Le Monde, La Libre Bel- gique, Le Temps, Air Journal, Libération, BFMTV, RMC, etc., dénoncent depuis 2012 les conditions de travail déplorables du person- nel de la low-cost Ryanair.

Compagnieinterneirlandaiseen1985,Ryanairdoit sonessor,depuis27ans,àsonPDGMichaelO’Lea- ry, qui a choisi d’en faire une compagnie bon mar- ché (low-cost), en infligeant à son personnel des conditions de travail dignes de l’esclavage, profi- tantdespaysoùlechômageétaitenaugmentation. Sofia Lichani, hôtesse de l’air, a décrit sur les ondes de RMC l’enfer qu’elle a vécu. «J’ai été embauchée sous“contratirlandais”(bienquevivantenFrance) pouruneduréedéterminéerenouvelable.Lecontrat établi par l’agence d’intérim Crewlink, appartenant à Ryanair, était très lacunaire. Rapidement, j’ai dé- couvert un univers impitoyable de dumping sala- rial.

Le salaire est calculé au tarif de 16,20 euros par heure de vol réellement effectuée. Le briefing avant le vol n’est pas payé, ni l’embarquement, ni les pro- céduresdesécurité,nimêmequandl’avionadure- tard.Nousnesommespayésqu’àpartirdumoment où l’avion décolle. Au débarquement, il faut faire le ménage, qui n’est pas payé non plus. Si nous tom- bons malade, il n’y a pas de salaire. Dans mes pre- miers mois, mon salaire n’a pas dépassé 400 euros. Sur55mois,j’aieffectué5000heuresdetravaildont seulement 3700 m’ont été payées.» Et d’autres em- ployés de renchérir: «A bord, la vente de produits hors taxe doit être optimisée, surveillée par un pas- sager “mystère” qui fait son rapport.

L’employé re- Septembre2017:laCourdejusticedel’Unioneuro- péenne(CJUE)reconnaîtlebien-fondédesplaintes deplusieursemployéseuropéensetdéclarequ’hors d’Irlande, Ryanair ne devrait plus appliquer le droit du travail irlandais. Ryanair passe outre. MENACES ET ANNULATIONS DE VOLS Fin novembre 2017: les personnels de bord de l’Ir- lande, du Portugal, de l’Allemagne, de l’Italie, de la Belgiqueetdel’Espagnelancentunpréavisdegrève pour la période du 15 au 20 décembre. Ryanair ac- cepteunenégociationmaisàconditionquecelle-ci ait lieu en janvier 2018, date à laquelle elle déclare lesrevendications«ridicules»,etmenacelespilotes de délocalisations, de suppressions de primes, etc.

Juillet 2018: à l’appel de cinq syndicats de pilotes auxquels se joignent ceux du personnel de cabine, le Portugal, l’Espagne, l’Irlande et la Belgique an- nulent 600 vols les 25 et 26 juillet. Dans les aéro- ports, les employés arborent des T-shirts avec le slogan: «Ryanair doit changer». Septembre 2018: nouvelle grève, 250 vols sont annulés. Ryanair menace de délocaliser les em- ployés irlandais en Pologne. La menace n’a pas d’effet. Michael O’Leary baisse la garde et aban- donne le projet. Il signe un accord de convention collective avec les syndicats de plusieurs pays dont celui des employés italiens.

Aujourd’hui,labataillen’estpasterminée.Lessyn- dicats restent en effet sur la brèche pour l’applica- tion des lois du travail propres à chaque pays.  Conditions de travail chez Ryanair: le résultat des grèves Les années 2017 et 2018 ont été marquées par un important changement dans la direction de la compagnie aérienne qui, malgré elle, a dû peu à peu admettre le principe d’un dialogue avec les syndicats. La bataille n’est toutefois pas terminée UBER EATS DOIT RESPECTER LA CCT COURSIERS Après que McDonald’s a nié pendant longtemps une coopération avec Uber Eats, les deux entre- prises ont annoncé le 24 janvier qu’elles colla- borent à Genève.

Jusqu’à présent, le modèle com- mercial d’Uber n’a pas tenu compte des conditions de travail usuelles dans la branche. Dès lors, les coursiers sont menacés de subir le même sort que les conducteurs de taxi d’Uber: ils travaillent comme faux-indépendants sans assurance-acci- dent,niassurancessociales.Poursedistancerdela sous-enchère salariale et du dumping social, Uber doit introduire une obligation de Convention col- lective de travail (CCT) pour ses conducteurs. Mais McDonald’s est lui aussi sollicité: comme man- dant, il doit veiller à ce que son partenaire com- mercial – en l’occurrence Uber Eats – assume sa responsabilité sociale.

La collaboration entre McDonald’s et Uber Eats peut avoir de conséquences importantes pour la branche des coursiers. Ce secteur en pleine expan- sion est connu pour ses mauvaises conditions de travail faute de conventions collectives. Par ail- leurs, la pression concurrentielle et l’émergence de plateformes fragilisent encore davantage les conditions de travail. Avec la CCT Coursiers, qui entre en vigueur dès le 1er mai 2019, une conven- tion collective de travail s’appliquera désormais à la branche. Uber Eats est appelé à s’y conformer pour ses conducteurs. Faute de quoi, il favorise de mauvaises conditions de travail et la précarité.

SiUberEatsn’estpasdisposéàendossersarespon- sabilité sociale, Syndicom recourra à des moyens syndicaux. Mais la politique a elle aussi son rôle à jouer: la numérisation ne doit pas progresser sur le dosdessalariés,maisaveclesindividusetpoureux. Un seuil de tolérance pour les technologies émer- gentes n’est envisageable que si les intérêts des sa- lariéssontgarantis.Fautedequoi,ilfauts’attendreà uneforterésistancedessalariésetàundiscréditpo- pulaire. Avec la CCT Coursiers, Syndicom offre une opportunité à Uber Eats de prendre ses responsa- bilités. Quant à McDonald’s, il ne doit pas se défiler derrièresonpartenairecommercial,maiss’engager pour qu’il assume ses responsabilités.

Autrement, le nouveau fournisseur McDelivery deviendra très prochainement un handicap pour le géant améri- cain.  Syndicom COMMUNIQUÉ

Le torchon brûle

No 5 |mercredi 30 janvier 2019 7 TEMPS FORTS L’Événement syndical Sylviane Herranz C oup dur pour le tissu économique et in- dustriel neuchâtelois. Le groupe mon- dial Nexans, actif dans la fabrication de câbles, a annoncé jeudi dernier un plan de res- tructuration en Europe, avec à la clé la dispari- tion de 939 emplois d’ici à 2021. Certains sites pourraientêtrerenforcés,aveclacréationde296 nouveaux postes, alors que d’autres risquent la fermeture. Selon l’entreprise, les pays les plus fortement touchés seraient l’Allemagne, la France et la Suisse, et dans une moindre mesure la Belgique, la Norvège et l’Italie.

Dans nos fron- tières, Nexans projette de supprimer une cen- taine d’emplois sur son site de Cortaillod, qui en compterait actuellement 339. Pour l’heure, la consultation va se dérouler à l’échelle du conti- nent, avec la commission européenne du per- sonnel, à laquelle participent des représentants des salariés de Cortaillod. Cette consultation sera menée jusqu’au 24 avril. CRAINTE D’UNE FERMETURE Dans un communiqué, Unia Neuchâtel déplore «l’annoncechoquante»deNexansdesupprimer des postes dans cette entreprise «fleuron régio- nal depuis 140 ans dans la branche de l’indus- trie des machines» participant à la diversifica- tion du tissu industriel du canton.

«D’après nos informations, le projet de restructu- ration toucherait pour 50% des travailleurs de la productionet50%descolsblancs»,indiqueFran- cisco Pires, secrétaire syndical à Unia Neuchâtel. Le syndicaliste espère que la commission du per- sonnel,pilotée par l’associationEmployés Suisse, sera à la hauteur des attentes et défendra avec vi- gueur les intérêts de Cortaillod. «Nous avons été informés par la direction de sa volonté de préser- ver 240 postes dans notre canton. Il est question notamment de moderniser les halles et de cesser laproductiondecâblesàhautetensionpoursere- centrersurd’autresproduits,maisnouscraignons néanmoins une fermeture totale de l’entreprise», souligne le syndicaliste.

Comme signataire de la CCT de l’industrie des machines, Unia «attend une conduite ir- réprochable de la direction lors de la période de consultation». Le syndicat exige que l’entre- prise mette tout en œuvre pour limiter les sup- pressions de postes et restreindre leur portée. «Nous allons demander à être informés des ré- sultats de la consultation européenne afin de pouvoir défendre nos membres», souligne Fran- cisco Pires, ajoutant que le syndicat se tient à la disposition du personnel et de la commission d’entreprise dans le but d’accomplir les dé- marches nécessaires pour réduire les impacts négatifs de cette restructuration.

En cas de li- cenciements, le plan social ayant prévalu lors de la fermeture par Nexans des câbleries de Cos- sonay et de celles de Breitenbach (SO) en 2014- 2015 devrait s’appliquer.  LE CÂBLIER NEXANS RESTRUCTURE Unia Neuchâtel déplore la volonté de supprimer une centaine de postes à Cortaillod, ce qui porterait un gros coup à l’économie du canton Chantier de démantèlement naval sur une plage d’Alang, en Inde. La forte exposition aux produits chimiques et toxiques comme l’amiante, le plomb ou le mercure provoque décès et maladies professionnelles des ouvriers.

Manon Todesco A près une longue vie de navigation, que se passe-t-il pour les bateaux de haute mer? Une enquête de Gie Go- ris et Nicola Mulinaris, lauréate du prix d’in- vestigation de Public Eye, fait la lumière sur ces plages d’Asie du Sud où des bateaux en fin de vie en provenance du monde entier, et notamment de Suisse, seront démantelés dans des conditions extrêmement polluantes et dangereuses pour les ouvriers. D’abord, quelques chiffres. Selon l’ONG Shipbreaking Platform environ 1000 ba- teaux sont démantelés chaque année, dont en moyenne 70% sont acheminés en Inde, au Pakistan ou au Bangladesh.

Sur les plages d’Alang, en Inde, on recense près de 160 chantiers de démantèlement naval, où tra- vailleraient entre 15 000 et 30 000 ouvriers. Entre 1983 et 2013, pas moins de 470 acci- dents mortels ont eu lieu. Un business qui rapporte à l’Etat du Gujarat 100 millions de francs chaque année. A Chittagong, au Ban- gladesh, 15 travailleurs ont laissé leur peau sur ces chantiers en 2017, et 19 en 2018. Se- lon l’enquête, la Suisse, entre autres arma- teurs européens, a sa part de responsabilité. En2009,90porte-conteneursdétenuspardes entreprises helvétiques ont atterri en Asie, 80 d’entre eux appartenant au très connu MSC, «champion de l’échouage» d’après les en- quêteurs.

Avec un chiffre d’affaires de 30 mil- liards de francs en 2017, le croisiériste envoie la quasi totalité de ses navires vétustes dans ces cimetières asiatiques. C’est ainsi que le MSC Jessica a pris feu en 2005, provoquant la mort de 6 ouvriers. Le MSC Alice arrivait lui en 2017 à Alang pour se faire désosser. DOUBLE PEINE Cette industrie est a l’origine d’un scandale humain. L’enquête montre en effet que la sé- curité et la santé des ouvriers sont sans cesse en danger et que les lois visant à les protéger, insuffisantes, ne sont souvent pas appliquées. La forte exposition aux produits chimiques et toxiques comme l’amiante, le plomb ou le mercure provoquent décès et maladies pro- fessionnelles.

Sans oublier les incendies et les accidents qui mettent la vie de ces travailleurs en péril. Au Bangladesh, les ouvriers vivent dans des conditions insalubres, n’ont pas de contrat de travail, pas de vacances, accu- mulent les heures de travail et n’ont pas ac- cès aux organisations syndicales. Les conséquences pour l’environnement sont tout aussi dramatiques, les résidus pé- troliers et les métaux lourds étant emportés par les vagues. D’ailleurs, la pollution d’Alang au cuivre, au cobalt, au plomb, au nickel, au zinc et au mercure a été confirmée. Un coût humain et écologique largement supporté par les pays pauvres.

Il s’avère ef- fectivement que la convention de Bâle, seule législation internationale visant à protéger les pays du Sud en la matière, est sans cesse contournée. Les armateurs ne précisent pas aux autorités du port de départ que le navire est destiné à la «poubelle». Une nouvelle convention, celle de Hong Kong, prévoit un recyclage sûr et propre, mais seulement six Etats l’ont ratifiée… Faire mieux est possible mais cela a un coût. Un coût que les arma- teurs, obsédés par la recherche de profit, ne sont pas prêts à assumer!  Plus de détails sur https://www.publiceye.ch/fr/ Au péril de leur vie Fumer tue plus en Afrique Une enquête primée par Public Eye révèle que les cigarettes suisses exportées en Afrique sont plus toxiques et addictives que celles fumées en Europe Une autre enquête primée par Public Eye lève le voile sur la catastrophe écologique et humaine liée au démantèlement de vieux navires sur les plages d’Asie du Sud AMIT DAVE Une dose plus élevée de nicotine augmente considérablement l’addiction.

D’ici à 2025, la proportion de fumeurs en Afrique, actuellement 6,5% de la population, pourrait exploser.

LOUIS WITTER – HANS LUCAS Manon Todesco P our les fumeurs étrangers, griller des cigarettes Made in Switzerland est un gage de qualité. Elles seraient meil- leures que les autres. L’enquête de la journaliste Marie Maurisse, qui a reçu le prix d’investigation de Public Eye pour son travail, prouve exactement le contraire. De fait, après avoir mené des tests en laboratoire, il s’avère que les cigarettes fabriquées en Suisse et vendues au Maroc, qui en a importé 2900 tonnes en 2017, sont plus fortes, plus no- cives et plus toxiques que celles vendues en Suisse ou en France. Les chiffres parlent d’eux- mêmes.

Pour chacun des trois Pour la nicotine, la différence entre les cigarettes commercia- lisées au Maroc et en Suisse est particulièrement frappante: 1,28 milligramme par cigarette pour desCamel«Swissmade»vendues auMaroccontreàpeine0,75mil- ligramme pour des Camel Filters vendues en Suisse. Pour le mo- noxydedecarbone,quiapouref- fet de réduire la quantité d’oxy- gène circulant dans le sang, les valeurssontaussitrèsdifférentes selon qu’on fume une Wins- ton Blue au Maroc (9,62 milli- grammes par cigarette) ou en Suisse (5,45 milligrammes). DEUX POIDS, DEUX MESURES En Suisse, comme en Europe, les autorités ont pourtant ins- core, souligne l’enquête: «Dans certains cas, les taux mesurés par les scientifiques romands sont supérieurs à ceux affichés par les marques sur leurs pa- quets.

C’est particulièrement le cas des valeurs de nicotine contenue dans les cigarettes ma- rocaines: les Winston en renfer- ment près de 1,5 milligramme, alors qu’elles affichent le chiffre de 1.» Mis au pied du mur par la jour- naliste, les cigarettiers refusent des’expliquer,bottententouche, font diversion ou prétendent en- core que les «consommateurs du monde entier ont des préfé- rences différentes» et que, sur cette base, «le tabac est sélec- tionné selon les mélanges spé- cifiques et les grades de feuille pour maintenir la consistance et les carctéristiques de chaque marque».

ÉPIDÉMIE À VENIR Pour les spécialistes du tabac, la manœuvre est loin d’être ano- dine: une dose plus élevée de nicotine augmente considéra- blement l’addiction, et donc la toxicité. Du pain bénit pour les industriels? Alors qu’en Europe, la vente de cigarettes baisse (-38% en France en 20 ans), l’Afrique représente une poten- tielle poule aux œufs d’or pour les fabricants de Camel, Wins- ton et autres Marlboro, et le Ma- roc, une formidable porte d’en- trée vers ces marchés. En effet, selon l’OMS, il y aurait actuelle- ment 77 millions de fumeurs en Afrique, soit 6,5% de la popula- tion. Une proportion qui pour- rait exploser d’ici à 2025 et faire du continent celui qui abrite le plus de fumeurs.

Une véritable «épidémie» à venir, qui pourrait tuer deux fois plus en Afrique d’ici à 2030.  Pour en savoir plus, rendez-vous sur: https://publiceye.ch/fr/ paramètres testés, à savoir la nicotine, le goudron et le mo- noxyde de carbone, la quasi-to- talité des cigarettes produites en Suisse et consommées au Maroc enregistrent une teneur supé- rieure à celle observée dans les cigarettes suisses et françaises. Par exemple, un échantillon de la marque Winston comporte plus de 16,31 milligrammes de particules totales par cigarette, contre 10,5 pour des Winston Classic achetées à Lausanne. tauré la norme du 10-1-10, soit 10 milligrammes de goudron, 1 milligramme de nicotine et 10 milligrammes de monoxyde de carbone maximum par ciga- rette vendue sur ces deux mar- chés.

Des règles que les trois géants du tabac basés en Suisse, Philip Morris International, Bri- tish American Tobacco et Ja- pan Tobacco International, ne semblent pas appliquer pour leurs clopes vouées à l’expor- tation. Mais il y a plus grave en-

Le torchon brûle

mercredi 30 janvier 2019 | No 5 8 RÉGIONS L’Événement syndical PUBLIC OU PRIVÉ? Jacques Dubochet, notre prix Nobel de Morges, affirme souvent qu’il faut comprendre la vie comme une éternelle tension entre le moi et le nous, entre l’égoïsme et l’altruisme. S’il a choisi son camp politique du côté de la gauche, c’est précisément parce que cette dernière fait plus facilement confiance à l’altruisme, à des solutions solidaires, seules capables de nous sortir de la plupart de nos difficultés. Le nous, l’al- truisme, c’est l’avenir.

Il y a 50 ans, lorsque j’exerçais la responsabilité de fourrier dans une compagnie de fusiliers de montagne, j’aimais bien expliquer qu’avec 1,70 franc par homme et par jour, mais avec une cuisine commune, j’arrivais à nourrir très correctement les 170 hommes de ma compa- gnie.

Le pain, le fromage et le beurre étaient fournis à part, en dehors de ce franc septante. Nous arrivions avec mes excellents sergents de cuisine à nourrir des hommes qui salivaient en lisant les menus af- fichés à la cantine. S’ils avaient tous dû se débrouiller avec ce franc septante, ils n’auraient pas même pu se payer le petit déjeuner. La solution solidaire, imposée, nous permettait de faire des miracles. Le débat a pris beaucoup d’ampleur dans les années 1980. La droite veut privatiser tous les services publics. Elle est loin d’y avoir renon- cé. Ses arguments: moins cher, plus efficace.

Comme elle y a réus- si souvent, le peuple peut comparer et il ne se laisse plus facilement «enfumer»: la poste, les assurances maladie, etc. En France, la distri- bution d’eau. En Angleterre, les trains et le gaz.

Un secteur éclaire ce sujet de façon particulièrement significative. Parce que la comparaison a été faite dans le journal Bon à Savoir de décembre 2018, je me permets d’y revenir. Il s’agit de l’assurance in- cendie et autres dommages, obligatoire dans tous les cantons. Lais- sée à des acteurs privés la plupart du temps et à des institutions de droit public à Berne, Fribourg, Jura, Neuchâtel et Vaud. Les institutions privées encaissent, pour des prestations comparables, entre 571,55 et 434,85 francs. Les institutions de droit public entre 412,30 et 238 francs. Moyenne des privés: 503 francs, et du public: 325 francs, avec un soutien financier aux équipements des corps de sa- peurs-pompiers, ce qui soulage financièrement les communes.

Dans le débat sur l’assurance maladie, il serait judicieux de se souve- nir de cette réalité économique, d’oublier les arguments idéologiques qui cachent des intérêts privés et se rappeler que toutes les entreprises privées existent essentiellement pour enrichir leurs propriétaires et pas leurs clients captifs ou pas.  Pierre Aguet, Vevey GENÈVE PERMANENCE PAPYRUS Horaires: mardi et jeudi de 16h à 19h. La permanence a lieu au syndicat. GROUPE DES RETRAITÉS Repas annuel Le Groupe d’intérêt des retraités organise son traditionnel repas annuel le mardi 12 février. Coût par personne 40 fr. Le lieu vous sera communiqué avec l’envoi du BVR.

Vous trouverez ci-dessous le bulletin d’inscription à nous retourner avant le 25 janvier à: Unia, Edwige Charrat, chemin de Surinam 5, 1203 Genève.

Menu n° 1: Saumon fumé, crémeux d’avocat, toast et salade. Longe de cochon à la moutarde à l’ancienne. Gratin dauphinois. Légumes de saison. Tarte tatin, glace cannelle. Vin – eau – café. Menu n° 2: Salade d’endives au bleu, noix et croûtons. Pavé de saumon grillé à la badiane. Pommes nature. Légumes de saison. Tarte tatin, glace cannelle. Vin – eau – café. Nom/Prénom/Adresse/Tél/Courriel. Choix du menu (pour chaque personne): . x le menu 1 . x le menu 2 DÉCLARATION D’IMPÔTS Cette année encore, nous sommes à la disposition de nos membres, du 15 février au 29 mars, pour remplir les déclaration d’impôts 2018.

Afin de fixer un rendez-vous, et si vous êtes déjà en possession de toutes les pièces nécessaires, vous pouvez nous téléphoner au: 022 949 12 65, uniquement de 9h à 12h sauf le lundi matin, du 8 février au 15 mars. En dehors de ces jours et horaires, aucun appel ne sera pris. Vous pouvez également vous présenter à nos bureaux les mêmes jours aux mêmes heures.

Nous vous prions de bien vouloir noter votre rendez-vous, aucune confirmation ne sera envoyée. Tarifs par déclaration: · Membres Unia: 49 fr. · Couple (membre syndiqué, conjoint non syndiqué): 59 fr. · Enfants ou parents d’un membre: 79 fr. · Enfants des membres qui ont un salaire inférieur à 15000 fr.: 10 fr. · Autodéclaration relative à la fortune pour les personnes: 30 fr. La liste des documents à apporter est disponible auprès du secrétariat Unia et sur notre site internet: http://geneve.unia.ch Veuillez noter que les photocopies des justificatifs doivent être faites au préalable par vos soins.

Aucun document original ne vous sera retourné. NEUCHÂTEL HORAIRE DES SECRÉTARIATS Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds Permanence administrative: de 10h à 12h du lundi au vendredi, de 15h à 18h les lundi, mardi, mercredi et jeudi.

Permanence syndicale: de 15h à 18h les lundi, mercredi et jeudi. Le Locle Ouverture du bureau: lundi 9h30 à 12h, mardi et jeudi 9h30 à 12h et 15h à 17h30. Permanence téléphonique: lundi et mercredi 8h à 12h, mardi et jeudi 8h à 12h et 14h à 17h30. Fleurier Ouverture du bureau: lundi, jeudi et vendredi 9h30 à 12h, mardi 9h30 à 12h et 15h à 17h30. Permanence téléphonique: lundi, jeudi et vendredi 8h à 12h, mardi 8h à 12h et 15h à 17h30.

CAISSE DE CHÔMAGE Invitation à une information sur l’assurance chômage dans les locaux d’Unia: La Chaux-de-Fonds: le jeudi 14 février à 16h. Neuchâtel: le mardi 19 février à 16h.

DÉCLARATION D’IMPÔTS Sections: Le Locle, Val-de-Travers, Neuchâtel Comme chaque année, nous sommes prêts à vous aider à remplir votre déclaration d’impôts. Merci de vous référer à ce qui suit: Le Locle Vous pouvez sans autre passer au secrétariat les jeudis 21 et 28 février de 13h30 à 19h et le vendredi 15 mars de 13h30 à 19h. Val-de-Travers Vous pouvez passer au secrétariat de Fleurier le vendredi matin de 9h30 à 12h auprès de Mme Brigitte Vermot muni de votre déclaration ainsi que de tous les documents adéquats. Votre dossier sera traité à Neuchâtel. Neuchâtel Vous pouvez passer auprès de notre secrétariat dès le lundi 28 janvier aux horaires habituels d’ouverture des bureaux afin de déposer vos documents.

Un spécialiste des impôts sera présent, chaque mardi, dès le 5 février et ceci jusqu’au 26 mars de 9h à 12h et de 13h30 à 18h. Merci de respecter cet horaire. Ce service est rendu uniquement aux membres d’Unia en ordre avec leurs cotisations. Nous ne remplirons pas les déclarations d’autres membres de la famille non-affiliés. Attention: Afin de couvrir une partie des frais en personnel externe qui doit être engagé pour cette campagne d’établissement de déclarations d’impôts nous nous permettrons de vous demander une petite contribution financière: · Actifs: 30 fr.

· Retraités, AI, étudiants/apprentis: 10 fr.

· Prestations complémentaires, membre à l’action sociale: gratuité. Cependant, en cas de déclaration complexe, nous nous réservons le droit de facturer un supplément. Documents nécessaires pour l’établissement de votre déclaration d’impôts: Certificat (s) de salaire + certificats de gain accessoires (conciergerie etc), attestation d’indemnités (chômage, maladie, accident); attestation de rente AVS ou AI (Si AI facture de cotisations AVS); attestation de rente de caisse de retraite, aussi rente étrangère ou pré- retraite (Si pré-retraite, facture de costisations AVS); attestation de rente Suva; attestation du montant de la pension alimentaire reçue/ ou payée; attestation fiscale pour comptes bancaires, actions, obligations, comptes de chèques postaux et, si besoin Postfinance fonds; attestation de gain(s) au jeu (documents originaux); attestation de l’assureur pour les assurances vie/ 3e pilier; attestation d’intérêts passifs (petits crédits), hypothèques, facture de cotisations AVS; attestation maladie 2018 (si pas en possession demander attestation à l’assureur); attestation de dons; frais de garde d’enfant, factures de crèche ou de maman de jour, para-scolaire; personnes nécessiteuses à charge, attestation d’existence, d’indigence, preuves de versements; en cas de frais médicaux importants demander impérativement à votre assurance maladie le détail des prestations versées en 2018, les frais de dentiste et de lunettes sont aussi pris en considération, cas de diabète, certificat médical (si pas déjà déposé au fisc) ainsi que pour régime spécial (gluten); Si propriétaire tous les documents nécessaires et factures si réparations; ne pas oublier le double de la déclaration 2018 (pour les nouveaux utilisateurs de la prestation) et la notification de taxation.

LE LOCLE GROUPE DES AÎNÉS ASSEMBLÉE GÉNÉRALE L’assemblée générale du groupe des aînés aura lieu: le mercredi 13 février, à 14h30, Au Cercle de l’Union.

Ordre du jour: 1. Appel. 2. Lecture du procès-verbal du 14 février 2018. 3. Rapport du Président. 4. Rapport du caissier et des vérificateurs. 5. Approbation des comptes et décharge au Président. 6. Rapport des courses pédestres + vacances. 7. Démissions, admissions. 8. Nomination du président. 9. Nomination d’un vice-président ou vice-présidente. 10. Nomination du caissier. 11. Nomination du comité. 12. Nomination des vérificateurs de comptes. 13. Activités 2019. 14. Divers. A la fin de l’assemblée générale, M. P.-A. Ducommun présentera le film des vacances 2018 à Sainte Maxime.

Pour le Comité: la secrétaire M.

Blanc TRANSJURANE PERMANENCES SYNDICALES Delémont: lundi et jeudi de 14h30 à 18h. Vendredi de 9h à 12h (administration uniquement). Porrentruy: lundi de 14h30 à 18h. Tavannes: lundi de 14h30 à 18h. Jeudi de 14h30 à 18h (administration uniquement). Moutier: lundi de 14h30 à 18h. St-Imier: lundi de 14h30 à 18h. Jeudi de 14h30 à 18h (administration uniquement). Permanence téléphonique: du lundi au jeudi de 14h30 à 17h30 et vendredi de 9h à 12h au 0848 421 600.

PERMANENCES CAISSE DE CHÔMAGE Delémont: lundi et jeudi de 14h30 à 18h, vendredi de 9h à 12h. Tavannes: lundi et jeudi de 9h à 12h et de 14h30 à 18h, mardi de 9h à 12h et de 14h30 à 17h, mercredi de 9h à 12h. Porrentruy: lundi et jeudi de 14h30 à 18h. Moutier: lundi de 14h30 à 18h. St-Imier: lundi et jeudi de 14h30 à 18h. Permanence téléphonique: tous les matins de 9h à 12h au 0848 421 600. VALAIS SYNDICAT ET CAISSE DE CHÔMAGE Sierre: 027 602 60 00, fax: 027 602 60 40. Sion: 027 602 60 00, fax: 027 602 60 20. Martigny: 027 602 60 00, fax: 027 602 60 60. Monthey: 027 602 60 00, fax: 027 602 60 80.

HORAIRES Permanence téléphonique: du lundi au vendredi de 8h30 à 11h30 et de 14h à 16h30. Ouverture du guichet: du lundi au vendredi, de 8h30 à 11h30 et de 14h à 16h. PERMANENCES SYNDICALES Sierre: du lundi au vendredi, de 8h30 à 9h30. Lundi soir, de 17h à 19h.

Samedi de 9h à 11h30. Sion: du lundi au vendredi, de 8h30 à 9h30. Jeudi soir, de 17h à 19h. Samedi de 9h à 11h30. Martigny: du lundi au vendredi, de 8h30 à 9h30. Jeudi soir, de 17h à 19h. Monthey: mardi et vendredi, de 9h30 à 11h30. Mardi soir, de 17h à 19h. VALAIS ROMAND GRÈVE DES FEMMES 2019 Pour fédérer nos forces en faveur de l’égalité, pour contraindre les employeurs à concrétiser enfin sérieusement l’égalité salariale en Suisse, nous comptons sur votre engagement.

Les personnes intéressées sont invitées à une séance préparatoire le jeudi 7 février à 19h au secrétariat Unia à Sion.

Pour plus d’information: francine.zufferey@unia.ch VAUD NORD VAUDOIS DÉCLARATION D’IMPÔTS Unia Nord vaudois vous aide à remplir votre déclaration d’impôts (citoyens suisses et permis C). Rendez-vous au secrétariat, av. Haldimand 23, à Yverdon-les-Bains aux dates suivantes: Samedi 2 mars de 9h à 11h, et samedi 16 mars de 9h à 11h.

Documents nécessaires: 1. Certificat de salaire ou attestation de chômage, d’indemnités journalières, attestation RMR, pension alimentaire éventuelle pour l’année 2018 (complète). 2. Attestation bancaire, postale et autres (bouclement des comptes 2018 avec les intérêts). 3. Justificatifs des gains de loterie et des mises. 4. Attestation AVS/AI pour l’année 2018. 5. Attestation des autres rentes pour l’année 2018. 6. Attestation officielle 3e pilier A pour l’année 2018. 7. Justificatifs de frais de perfectionnement et de reconversion professionnelle pour l’année 2018. 8. Justificatifs relatifs aux dettes et intérêts passifs pour l’année 2018.

9. Facture de gros frais médicaux non remboursés par l’assurance pour l’année 2018. 10. Bail à loyer (concernant les loyers payés en 2018). 11. Justificatifs des frais de garde des enfants pour l’année 2018. 12. Situation familiale au 31 décembre 2018 (marié, célibataire, etc. et nombre d’enfants à charge) 13. Précédente déclaration d’impôts 2017. 14. Décision de taxation 2017 et relevé de compte de l’année 2017.

Pour les propriétaires: 1. Dettes hypothécaires (intérêts hypothécaires pour l’année 2018 et solde de la dette au 31 décembre 2018). 2. Factures pour les frais d’entretien d’immeuble pour l’année 2018. 3. Dernière estimation fiscale de la maison. 4. Dernière décision de la valeur locative. 5. Bien immobilier à l’étranger. Il faut un document stipulant la valeur du bien immobilier (merci de faire le change en francs suisses). Le prix est fixé à 50 fr. pour chacun. PERMANENCE DE VALLORBE Réouverture Le syndicat Unia répond à nouveau à vos questions tous les mardis de 16h à 18h lors de sa permanence syndicale.

La permanence s’adresse en particulier aux travailleuses et travailleurs de l’industrie. Contact: Syndicat Unia, Grand Rue 9, 1337 Vallorbe 0848 606 606. AGENDA PAUSE CIGARETTE ALÉATOIRE Je travaille 8 heures et demie par jour avec 1 heure de pause à midi. Je souhaite fumer une cigarette avant midi, mais mon employeur s’y oppose en me disant que je n’ai pas le droit de faire une pause entre mon arrivée le matin et ma pause de midi. Est-ce que mon employeur a raison?

Tout d’abord, il est important de vérifier ce qui est prévu en matière de pauses dans la convention collective de travail (s’il y en a une dans votre branche) ou dans le contrat-type (s’il y en a un dans votre branche) ou dans votre contrat de travail ou encore dans le règlement de votre entreprise.

Si tel est le cas, il faut s’y référer. Si, après toutes ces vérifications, rien n’est prévu en matière de pauses, c’est la loi qui s’appliquera (Code des obligations et Loi sur le travail). Malheureusement, dans ce cas, votre employeur a raison selon la loi.

En effet, la loi prévoit qu’une pause de 15 minutes soit accor- dée lors d’une journée de travail de plus de 5 heures et demie. Dès 7 heures de travail, le minimum de pause accordé doit être de 30 minutes. Si l’activité dure plus de 9 heures, la pause sera d’une heure. Apparemment votre employeur respecte ce qui est prévu par la loi, sachant que ces périodes de pause ne comptent pas comme temps de travail. La pause compte comme temps de travail seulement si elle est prise sur le lieu de travail en vue de la surveillance du travail.

Néanmoins, nous vous conseillons de négocier avec votre employeur en lui expliquant que vous avez besoin de faire une petite pause entre votre arrivée le matin et votre pause de midi pour fumer une cigarette.

Si besoin est, vous pouvez égale- ment vous adresser à votre médecin pour préparer un mot allant dans le sens de ce qui vient d’être écrit. Cette manière de procéder vous aidera sûrement à trouver une solution à votre demande.

Si vous n’arrivez pas à trouver une solution avec votre em- ployeur, nous vous conseillons de vous rendre à l’une de nos permanences syndicales. Parfois, l’intervention du syndicat peut être très utile pour trouver une solution qui convienne à l’employé, tout comme à l’employeur. TRAVAILLER MÊME MALADE? Depuis le mois de janvier, je suis en arrêt maladie. Cependant, étant donné que c’est la période des soldes, mon employeur me demande de l’aider en raison d’une surchage de travail. Que faire?

Tout d’abord, en tant qu’assuré, vous avez l’obligation d’être attentif à ne pas aggraver votre état de santé.

En assurance, on parle du principe qui incombe à l’assuré «de réduire le dommage». Partant, c’est seulement une fois guéri que vous devez reprendre votre emploi. Si, pendant votre arrêt maladie, vous acceptez de travailler pour votre employeur ou un autre, tout en étant rémunéré pour cela, et que vous touchez en plus le salaire versé par l’assurance, il s’agit d’une fraude à l’assurance. De plus, si votre état de santé devait s’aggraver à cause du fait que vous acceptez de travailler durant votre arrêt maladie, l’assurance qui vous verse les indemnités peut potentielle- ment se retourner contre vous et votre employeur qui aura accepté ou suscité que vous travailliez durant cette période.

Sachez que votre employeur, même s’il est débordé pendant la période des soldes, n’a pas le droit de vous obliger à l’aider. Si vous veniez à refuser sa demande et qu’il vous licenciait à votre retour au travail, cela serait considéré comme un congé représailles, c’est-à-dire un congé abusif. Par conséquent, avant de rendre réponse à votre employeur, le syndicat vous conseille de discuter au préalable avec votre médecin pour adapter votre certificat d’incapacité de travail si votre état de santé le permet. Conformément au certificat d’incapacité adapté, vous pourrez alors retourner au travail avec le pourcentage indiqué sur le certificat.

Si votre état de santé ne le permet pas, refusez alors de travailler pour votre employeur durant votre arrêt maladie.  Huseyin Yildiz, juriste à Unia Fribourg Une question sur vos droits en matière de travail ou d’assurances sociales? N’hésitez pas à nous écrire à redaction@evenement.ch VOUS AVEZ DES DROITS COURRIER

Le torchon brûle

No 5 |mercredi 30 janvier 2019 9 FOCUS L’Événement syndical Aline Andrey «C’ est le fruit d’une col- laboration exemplaire entre architectes et ingé- nieurs et d’un compromis entre syndi- cats et associations patronales», s’est réjouit Fabian Rozemberg, président de l’Union patronale des ingénieurs et architectes vaudois (Upiav), dans l’une des salles de réunion du Musée olympique à Lausanne, devant un par- terre d’ingénieurs et d’architectes, jeu- di dernier.

Cette nouvelle CCT s’applique dès le 1er janvier 2019 à tous les bureaux, en- treprises de génie civil, d’ingénierie en technique du bâtiment et en matière d’aménagement du territoire (urba- nisme, transport et mobilité) du canton deVaud,qu’ilsoitintervenantprincipal, filiale ou succursale, ou encore sous- traitant, y compris ceux provenant d’un autre canton ou d’un autre pays.

L’entrée en vigueur de la nouvelle CCT des bureaux d’architectes et d’ingé- nieurs vaudois avec force étendue de- vrait ainsi permettre de «maintenir des prix et des salaires corrects», estiment les partenaires sociaux dans un com- muniqué commun.

Pietro Carobbio, responsable du sec- teur de la construction d’Unia Vaud, a rappelé que six années ont été néces- saires pour atteindre ce compromis qui représente une valeur ajoutée pour la protection des conditions de travail, notamment par l’obligation pour tous les bureaux de la mettre à exécution. «Jusqu’à présent, seuls les membres de l’ Upiav devaient appliquer la CCT. Au- jourd’hui, avec la déclaration de force obligatoire, il y a une égalité des droits et des devoirs. On supprime la distor- sion de la concurrence et on met un cran d’arrêt à la baisse des salaires.» UN PREMIER PAS Pour les associations patronales comme pour le syndicat, «ce type de CCT est la mesure d’accompagne- ment type dont on parle dans le cadre des comptes rendus des négociations entre la Suisse et l’Europe».

«Face à la concurrence étrangère, la profession est mise à mal. Les règles déontologiques sont trop souvent ba- fouées, avec le risque d’une baisse de la qualité et d’une hausse de la pression pour les collaborateurs», a rappelé En- rique Zurita, président de la SIA-Vaud, avant d’ajouter: «Une fois de plus, le canton de Vaud est précurseur. Mais il reste du pain sur la planche.» Notam- ment dans la mise en place d’une com- mission paritaire pour contrôler l’ap- plication de la CCT sur le terrain et dans les bureaux. Et avec l’épée de Da- moclès que représente la révision de la Loi sur les marchés publics en discus- sion en ce moment aux Chambres qui penchent vers l’application des CCT du lieu de provenance de l’entreprise et non du lieu d’exécution.

«Face aux dérives que pourrait entraîner cette modification, notamment une entrave aux bonnes conditions de travail, il est important de sensibiliser nos élus», a asséné Nuria Gorrite, présidente du Conseil d’Etat et cheffe du Départe- ment des infrastructures et des res- sources humaines.

«La CCT du lieu d’exécution doit être appliquée, sinon il y a mise en danger des places de travail dans le canton et en Suisse», a renchéri Pietro Carob- bio en rappelant qu’avec la libre circu- lation, le syndicat Unia a vu dans ses permanences l’arrivée d’Européens qualifiés payés moins de 4000 francs. INGÉNIEURS ET ARCHITECTES VAUDOIS TOUS SOUMIS À LA CCT SYNDICALISTES CONDAMNÉS, RECOURS ANNONCÉ Le Tribunal d’arrondissement du Nord vaudois a rendu son verdict dans la procédure pénale lan- cée à l’encontre de Nicolas Irus et Laurent Tettamanti. Ces deux secrétaires syndicaux d’Unia sont poursuivis par Patricia De Gior- gi, épouse du directeur d’Alpen Peak International.

En 2016, dans le cadre de la grève de tra- vailleurs polonais payés 8 à 9 eu- ros de l’heure par cette société, les syndicalistes auraient mena- cé, injurié et lancé des tracts à la figure de la plaignante. Ce qu’ils ont contesté catégoriquement il y a deux semaines devant le Tri- bunal d’Yverdon (notre dernière édition). Dans son jugement, le tribunal les libère de prévention de voies de fait et de menace, il retient, par contre, l’injure et les condamne à 30 jours-amende avec sursis. Chacun d’eux de- vra en sus s’acquitter des frais de justice et d’une indemnité de 4922,95francsàl’égarddeMme De Giorgi.

«J’ai déposé une annonce d’appel», indique Me Charlotte Iselin. L’avocate des deux secré- taires syndicaux ne peut com- menter le jugement faute d’avoir reçu ses motivations, «mais il semble important de recourir». «Aveccettelourdecondamnation, ce jugement est scandaleux. Il est inadmissible que la justice entre en matière dans cette affaire qui n’est que la vengeance d’une fa- mille n’ayant pas supporté de de- voir payer ses travailleurs, estime Laurent Tettamanti. Nous nous battrons jusqu’au bout pour dé- fendre notre honneur.»  Jérôme Béguin Plusieurs autres défis seront également à relever lors de l’application de la CCT: informer largement de l’existence de cette convention collective, discuter avec les maîtres d’ouvrage publics et privés pour que le respect de la CCT soit inclus dans les conditions d’appel d’offres.

Et Pietro Carobbio d’ajouter: «Cette convention représente un pre- mier pas. Dans l’idéal, elle devrait être étendue au niveau national.»  Davantage d’informations: upiav.ch La nouvelle Convention collective de travail des bureaux d’architectes et d’ingénieurs vaudois devient de force obligatoire La nouvelle CCT s’applique à tous les bureaux, entreprises de génie civil, d’ingénierie en technique du bâtiment et en matière d’aménagement du territoire (urbanisme, transport et mobilité) du canton de Vaud, qu’il soit intervenant principal, filiale ou succursale, ou encore sous-traitant, y compris ceux provenant d’un autre canton ou d’un autre pays.

Pietro Carobbio, responsable du secteur de la construction d’Unia Vaud, a souligné la valeur ajoutée que représente la CCT de force obligatoire pour la protection des conditions de travail.

C’est pourquoi le comité de soutien à l’initiative, composé de la gauche, des syndicats et de nombreuses associa- tions, entend rendre à la fonction pu- blique sa véritable vocation. «Actuel- lement, les caisses maladie proposent des assurances complémentaires pri- vées pour le remboursement des soins dentaires. Les profits réalisés par ces assurances participent à la privatisa- tion de la santé et à défendre un sys- tème inéquitable.» UNE CAISSE PUBLIQUE ET TRANSPARENTE La seconde initiative, prévoyant une modification constitutionnelle de l’ar- ticle 172, veut mettre un terme à un système d’assurance maladie «deve- nu intolérable», selon les initiants.

Elle propose la création d’un établis- sement public autonome, transparent, à but social et détaché des intérêts de groupes d’assurances privés. Intégré au système actuel de la LAMal, cette caisse obéirait aux mêmes règles que ses concurrentes privées. Une alter- native pour tous ceux qui ne veulent plus avoir affaire aux assureurs privés et leurs lobbys. «Chaque année, les caisses d’assurance privées nous in- fligent des augmentations de primes records, si bien que ces primes ont plus que doublé depuis l’introduction de la LAMal et atteignent aujourd’hui à Genève des montants insoutenables», dénonce le comité d’initiative, qui rap- pelle que la prime moyenne d’assu- rance maladie a dépassé les 600 francs par mois et par personne.

L’objectif de cette initiative est simple, à savoir pro- poser des primes abordables et rem- bourser correctement les soins. Cette dernière suggère que cette caisse pu- blique soit contrôlée par la Cour des comptes et supervisée par un conseil d’administration représenté par des membres du Grand Conseil. En 2014, l’initiative fédérale pour une caisse pu- blique, refusée à plus de 71% au niveau suisse, avait été acceptée à plus de 57% par les Genevois. Si une solution au ni- veau fédéral est préférable selon les ini- tiants, impossible d’attendre que le dé- bat se débloque.

Leprojet,contrairementauxsoinsden- taires, ne fait pas l’unanimité à gauche. Les socialistes sont contre, tandis que les Verts ont décidé de s’abstenir. Epi- logue le 10 février prochain.  La santé au cœur des votations Les Genevois devront se prononcer le 10 février sur deux initiatives lancées par le Parti du Travail, à savoir le remboursement des soins dentaires et la caisse maladie publique à but social Manon Todesco D eux objets en lien avec la santé seront soumis aux électeurs du bout du lac: «Pour le rembour- sement des soins dentaires» et «Pour une caisse d’assurance maladie et acci- dents genevoise publique à but social».

Les initiatives, lancées par le Parti du Travail, plaident toutes deux pour un système de soins plus performant, plus juste et plus accessible.

Concrètement,lapremièredemandela modification de la Constitution canto- nale afin que soit mise en place une as- surance obligatoire pour les soins den- taires de base, tels que les caries, les abcès, les couronnes, les détartrages ou encore l’orthodontie. Par ailleurs, l’ini- tiative populaire propose un renforce- ment de la prévention, qui permettra, à long terme, de réduire les coûts de la santé. Son financement serait compa- rable à celui de l’assurance maternité, à savoir une retenue sur le salaire en fonction de son montant, et une coti- sation prise en charge à la fois par l’em- ployé et l’employeur.

Le but est double: réduire le coût des soins dentaires, et permettre un accès aux soins dentaires pour tous. Par la THIERRY PORCHET NEIL LABRADOR même occasion, la concrétisation de ce projet de loi mettrait un frein au tou- risme dentaire, notamment en France et en Hongrie, et préserverait l’emploi dans la région genevoise. Les initiants rappellent l’urgence de la situation: 20% de la population, et jusqu’à un tiers dans les milieux les plus défavo- risés, renonce à se faire soigner à cause des coûts trop élevés. De même, depuis 1994, la santé dentaire des enfants se dégraderait. La promesse constitution- nelle à des soins médicaux essentiels et un accès équitable à des prestations de qualité pour tous n’est donc pas tenue.

L’initiative pour le remboursement des soins dentaires entend permettre un accès aux traitements pour tous.

PIERRE NOVERRAZ

Le torchon brûle

mercredi 30 janvier 2019 | No 5 10 CULTURE L’Événement syndical Sonya Mermoud L a vie de Max (Rodolphe Ittig), 60 ans, bascule quand son épouse le quitte et s’envole pour Cuba. Ter- rifié à l’idée de rester seul et aimant en- core sa femme, il décide de partir à sa recherche, avec l’espoir de la recon- quérir. Et ce malgré sa détestation de l’avion et des voyages. De son aversion pour l’imprévu. Débute alors un pé- riple confrontant le protagoniste à des situations détonantes qu’il va affronter avec un certain courage, lui qui n’aime pas être bousculé.

Une immersion dans un pays pauvre et magnifique, ob- jet de fantasmes et d’idées reçues, des- tination de vacances et de sexe. Un mi- crocosme rythmé par la lutte au jour le jour de ses habitants pour survivre et les petites combines inhérentes. Avec, à la clef, son lot d’échanges biaisés et une communication souvent difficile, voire illusoire. Sa chaleur et sa com- plexité. Sa misère et un niveau d’édu- cation élevé. Ses différences culturelles et des incompréhensions mutuelles. Et au final des situations et des rencontres révélatrices, dans des jeux de miroirs, des facettes enfouies de la personnali- té de Max et de sa femme qui l’a laissé...

IL FAUT INVENTER...

Présentée prochainement par la Com- pagnie Motamot à Rolle et à Renens*, la pièce La double constance ou le voyage de Max (un titre clin d’œil à la pièce de Marivaux) questionne, à tra- vers ses personnages, les relations hu- maines, l’avenir amoureux et la dupli- cité des êtres. Entre idylles, mensonges et cœurs blessés. L’auteur du texte, Lisa Torriente – qui y interprète aussi un rôle – ancre le récit dans une île où elle a noué des liens étroits et séjour- né à moult reprises. De quoi donner de l’épaisseur à cette histoire oscillant entre rires et émotions. Profondeur et poésie. Interrogations et légèreté.

Un spectacle qui intègre aussi plusieurs artistes cubains – à l’image de Carlos Diaz, qui signe la mise en scène. Alors qu’un film d’animation tourné à La Ha- vane s’intercale entre les scènes, sou- tenant l’imaginaire du public à tra- vers des images réalistes et un décor en carton-pâte inspiré de la réalité cu- baine. Façades lézardées de la capitale quand elles ne s’écroulent pas, objets désuets du quotidien, véhicules impro- bables... témoignent en filigrane d’un univers hors du temps, marqué par les pénuries et la débrouillardise de ses habitants. Tout en illustrant à propos une expression typiquement du crû: «Hay que inventar» (Il faut inventer).

Un support onirique agissant comme un personnage supplémentaire dans la pièce. Sans oublier l’écho que cette dernière offre aux voix chaudes, aux rythmes sensuels et aux incantations Youruba typiques de l’île avec la pré- sence sur scène de musiciens et de danseurs ponctuant l’histoire. La double constance ou le voyage de Max entraîne ainsi non seulement le prota- goniste mais aussi les spectateurs dans un voyage chatoyant et poétique. Ini- tiatique. Embarquement immédiat... *La double constance ou le voyage de Max: Théâtre de Rolle, les 1er février à 20h, 2 février à 19h et 3 février à 17h.

Théâtre Contexte Silo à Renens, du 7 au 17 mars (theatre-contexte-silo.ch). S’ENGAGER EN FAVEUR DES MIGRANTS Depuis 2016, le prix Diversité-Emploi-Formation (DEF) récompense un employeur ou un institut de recherche et de formation lausannois contribuant à l’intégration professionnelle des personnes mi- grantes. Doté de 10000 francs, il valorise l’engage- ment en faveur de l’égalité des chances et de la non- discrimination en ville de Lausanne. Par exemple, la mise sur pied de cours de français, de stages, d’ac- tions pour prévenir le racisme ou toute autre ini- tiative favorisant l’insertion des travailleurs immi- grés et le respect de la diversité.

Le jury prendra en compte l’originalité du projet, son esprit novateur mais aussi son potentiel et son impact.

Pour participer, il faut avoir son siège dans la capitale vaudoise, avoir mis en place de bonnes pratiques dans ce domaine et envoyer sa candida- ture complète avant le 15 mars. Le prix sera remis le 22 mai.  MT Documents et modalités sur lausanne.ch/prix-diversite «UNE ODYSSÉE AFRICAINE» Al’heureoùdesenfants,desfemmesetdeshommes en exil continuent de mourir aux portes de l’Europe, Emmanuel Mbolela, originaire de la République dé- mocratique du Congo, réfugié en France, témoigne de son «odyssée africaine». Il donnera une série de conférences en Suisse romande du 1er au 7 février, tournée organisée par l’Aravoh (association de sou- tien aux requérants d’asile à Vallorbe).

Le militant reviendra sur son exil entre 2002 et 2008, et ses com- bats. Une émigration de tous les dangers qu’il ra- conte aussi dans son livre intitulé Réfugié.  AA Emmanuel Mbolela, Réfugié, Editions Libertalia, Paris, 2017, 264 pages.

Conférences publiques (entrée libre): Yverdon, 1er février, 19h30, Aula Magna du Château (Place Pestalozzi) Chez-le-Bart (Gorgier – NE), 2 février, 19h30, Eglise évangélique de la Béroche (rue de Combamarre 19) Ecublens, 3 février, 17h, Grande Salle (place du Motty 4) Prilly, 4 février, 17h30, local du «quartier solidaire» (route des Flumeaux 39) Lausanne, 5 février, 19h30, Pôle Sud (avenue J.-J. Mercier 3) Le Mont-sur-Lausanne, 6 février, 20h, Salle de Paroisse (route de Lausanne 15) La Chaux-de-Fonds, 7 février, 20h15, Cefna (rue de la Serre 62).

La Compagnie Motamot présente La double constance ou le voyage de Max.

Un spectacle pluridisciplinaire sur les relations humaines métissées de La Havane. A ne pas manquer Un film d’animation intégrant des images et un décor en carton-pâte inspiré de la réalité cubaine rythme le spectacle. ISABELLE MILLION ATTRAPE-CŒURS ET MIROIRS CUBAINS et l’affection sont présentes entre tous les enfants et chaque adulte. Bien sûr, avant de vivre ensemble, c’était déjà des gars ouverts, qui faisaient déjà leur part dans leur foyer, mais sans jamais se po- ser de questions sur leur masculinité et ayant grandit dans un système patriar- cal», explique Diego Vallarino en tour- née en Suisse pour la projection de son documentaire, l’organisation de stages de théâtre social avec son compère Andrés Oviedo sur les notions de genre et la pré- sentation de leur pièce de théâtre Cazzo, le macho de ta vie.

EN RECHERCHE «Cela nous semble important de nous positionner, en tant qu’homme hété- ro, contre le modèle patriarcal et le ma- chisme, alors que nous souffrons aussi de ce système», souligne Diego Vallarino. Et d’ajouter quant à cette posture encore rare: «On est en perpétuel questionne- ment et apprentissage.» Dans leur spec- tacle, les artistes cherchent à montrer Aline Andrey C’ est l’histoire de quatre pères sé- parésvivantensembleavecleurs enfants dont ils ont la garde à temps partiel. Dans une maison rose, à une trentaine de kilomètres de Córdoba, ville du centre de l’Argentine, une coexis- tence improbable prend forme.

Propulsé dans ce microcosme peu commun, Die- go Vallarino – homme de théâtre social et documentariste, fondateur de l’antenne argentine de Métis’Arte (association vau- doise qui crée des ponts entre la culture et le social) – a filmé pendant un an ce quotidien masculin d’où émergent un partage des tâches atypique et de nom- breux questionnements sur la parenta- lité. Le documentaire intimiste Casa Ja- carandá, la maison (casa) suivie du nom de l’immense arbre de leur jardin (Jaca- randá) – symbole du temps qui passe –, donne à voir cet univers créatif en mou- vement. «Ils apprennent à être père tous ensemble, à être solidaires.

La confiance la construction, dès le plus jeune âge et de manière inconsciente, du machisme. Leur objectif: «Sensibiliser le public au rôle des hommes, aux manières de se concevoir eux-mêmes et aux possibilités identitaires qui nous sont interdites par le machisme.» D’où l’importance aussi des débats et des discussions qui suivent les représentations. Alors que le féminisme vit un nouvel essor, le masculin antipa- triarcal a déjà ses Rencontres en Argen- tine, relève Diego Vallarino: «C’est une manière, avec notre humble position, de soutenir la lutte des femmes, que ce soit en Suisse, en Argentine ou partout ail- leursdanslemonde.Cen’estpasencoreà elles de s’occuper d’éduquer les hommes! C’est à nous de nous prendre en main.»  Lausanne, cinéma Oblo (Av.

de France 9) 1er février, 20h, pièce de théâtre Cazzo, le macho de ta vie, suivi à 21h30 du film Casa Jacarandá (Alma pater).

Genève, Infokiosque (Ecurie de l’Ilot 13, rue de Montbrillant 14), 5 février, 19h, Cazzo, le macho de ta vie. Lausanne, Pôle Sud (Av. J.-J. Mercier 3) 8 février, dès 18h: présentation de l’antenne de Métis’Arte Argentina. 19h: pièce de théâtre Cazzo, le macho de ta vie (entrée 15 francs). Dès 20h15 (entrée libre): bar ouvert et empanadas. 21h: projection du documentaire Casa Jacarandá (25 minutes).

21h30: débat. 9 et 10 février, de 13h à 18h, Atelier- laboratoire de théâtre social axé sur les questions de genre, animé par Diego Vallarino. Plus d’informations et inscriptions: polesud.ch ou metisarte.org ou metisartesedeargentina.blogspot.com Des hommes sur scène contre le modèle patriarcal A travers une pièce de théâtre, des stages et un court métrage, l’association Métis’Arte questionne les notions de genre et de masculinité IMAGE TIRÉE DU DOCUMENTAIRE CASA JACARANDÁ/MÉTIS’ARTE

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