MUNICIPALITÉ AMIE DES ENFANTS : établir une démarche participative avec les jeunes

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MUNICIPALITÉ AMIE DES ENFANTS : établir une démarche participative avec les jeunes

MUNICIPALITÉ AMIE DES ENFANTS : établir une démarche participative avec les jeunes

www.amiedesenfants.ca Nous tenons à remercier les villes de Sainte-Julie etVictoriaville pour leur participation à ce projet de recherche. Le programme d’accréditation Municipalité amie des enfants est soutenu financièrement par Les partenaires du programme d’accréditation et du projet de recherche Municipalité amie des enfants

MUNICIPALITÉ AMIE DES ENFANTS : établir une démarche participative avec les jeunes

TABLE DES MATIÈRES À qui s’adresse ce guide . 5 Qu’est-ce qu’une Municipalité amie des enfants . 6 Les formes de participation des jeunes .

8 La participation des jeunes : tout le monde y gagne . . 10 5 mythes et réalités par rapport aux jeunes . 12 Les dimensions d’une démarche participative avec les jeunes . . 14 DIMENSION 1 : Rejoindre les jeunes . 15 DIMENSION 2 : Créer un espace de collaboration . 20 DIMENSION 3 : S’outiller . . 25 DIMENSION 4 : Évaluer et faire un suivi . 30 Établir une culture de participation jeunesse . . 34 Pour aller plus loin . 37

MUNICIPALITÉ AMIE DES ENFANTS : établir une démarche participative avec les jeunes

/ 5 / À QUI S’ADRESSE CE GUIDE ? Ce guide a été élaboré à l’intention des municipalités québécoises urbaines, péri-urbaines et rurales accréditées Municipalités amies des enfants ou intéressées à le devenir. Offrir une plus grande place aux jeunes au sein de la vie municipale nécessite la révision de certaines structures et façons de faire. Favoriser la participation des jeunes ne constitue pas une charge de travail supplémentaire, il s’agit plutôt d’adopter une philosophie de travail qui favorise un épanouissement global des jeunes. Lorsqu’une culture de participation jeunesse est établie dans une municipalité, les jeunes prennent naturellement la place qui leur revient dans leur collectivité.

Ce guide contient des outils pratiques et des exemples concrets pour vous épauler et vous inspirer dans cette nouvelle approche. Il est à noter que les outils présentés dans ce guide visent les jeunes de 10 ans et plus, qui sont à une étape où ils affirment leur autonomie et développent leur identité. Ce guide est le fruit d’une collaboration entre le Carrefour action municipale et famille, la fondationAvenir d’enfants, l’Université Concordia, l’Université de Montréal avec le support des municipalités de Sainte-Julie etVictoriaville. Cette collaboration étalée sur plus d’un an a permis de dégager de bonnes pratiques en matière de participation des jeunes adaptées au contexte municipal québécois.

Ce guide vise à susciter au Québec une plus grande collaboration intergénérationnelle dans la vie municipale et à mettre en place les conditions favorables à la participation citoyenne des jeunes.

Le Carrefour action municipale et famille est à l’origine de l’adaptation québécoise de l’initiative MunicipalitéAmie des enfants (MAE).Ayant comme expertise première l’accompagnement des municipalités dans l’élaboration de politiques familiales municipales, l’organisme connaît bien les réalités des municipalités, des familles et des enfants du Québec. Le CAMF assure la coordination de l’accréditation MAE ainsi que le soutien et le suivi post-accréditation. L’UNICEF est le chef de file mondial des organismes humanitaires et des agences de développement axés sur l’aide à l’enfance. Grâce à des programmes novateurs, ainsi qu’à la promotion et à la défense des droits de l’enfant, l’UNICEF protège ces droits et sauve la vie d’enfants dans pratiquement chaque pays du monde.

La portée mondiale de l’UNICEF, son influence sans égale sur les décideurs et ses divers partenariats, permettent à cet organisme de contribuer largement à façonner un monde digne des enfants, où aucun d’entre eux ne mourrait de causes évitables.

\ 6 \ QU’EST-CE QU’UNE MUNICIPALITÉ AMIE DES ENFANTS ? Une Municipalité amie des enfants (MAE) est une municipalité qui s’engage à respecter les droits de l’enfant : ses opinions, ses besoins et ses priorités font partie intégrante des décisions, des politiques et des programmes publics. Bref, c’est une municipalité qui fait place à l’enfant dans toutes ses actions et qui le considère comme un citoyen à part entière. L’accréditation MAE est le pendant québécois de l’initiative Ville amie des enfants lancée en 1996 dans le cadre de la résolution prise lors de la Seconde Conférence des Nations Unies sur les établissements humains (Habitat II, Istanbul 1996), visant à faire des villes des lieux adaptés pour tous et, selon les termes de l’UNICEF, pour « les enfants d’abord ».

La déclaration issue de la Conférence confirme que le bien-être des enfants est l’indicateur suprême d’un habitat sain, d’une société démocratique et d’une bonne gestion des affaires publiques.

Une MAE ne vise pas simplement à protéger les jeunes : elle met en place les structures nécessaires pour que les jeunes s’affirment et développent leur autonomie. Dans cette perspective, une municipalité accréditée met en place les conditions nécessaires à l’épanouissement global des jeunes en favorisant le développement et la prise d’autonomie et de pouvoir de ceux-ci. L’UNICEF répertorie neuf grands piliers sur lesquels devrait reposer l’engagement d’une municipalité envers les jeunes : Les 9 piliers de participation des jeunes dans le cadre des Villes amies des enfants Être à l’écoute des jeunes Existe-t-il un Conseil Jeunesse chargé de faciliter le dialogue avec les jeunes et ainsi s’assurer que leur voix soit entendue dans la prise de décisions clés ? Des lois adaptées aux jeunes Une procédure adaptée a-t-elle été mise en place, en vue d’assurer aux jeunes des recours adéquats pour contester certaines lois ou politiques en cas d’incidence négative sur leurs personnes ?

Un plan municipal ami des enfants Le plan municipal a-t-il été développé à travers une vaste consultation incluant les jeunes comme partie prenante ? 1 2 3

/ 7 / Un organisme/service de coordination pour les jeunes La municipalité offre-t-elle une structure de promotion du concept deVille amie des enfants sous la forme d’un service ou organisme de coordination ayant aussi la capacité de mobiliser les jeunes ? Un intervenant en faveur des jeunes Des services d’écoute, de communication et de représentation des jeunes ont‑ils été mis en place, sous la forme d’un ombudsman, d’un défenseur ou d’un commissaire jeunesse ?

L’évaluation d’impact sur l’enfant Un mécanisme de vérification de l’impact potentiel ou réel de nouvelles décisions, politiques, lois, et services sur les jeunes ou certains groupes de jeunes a-t-il été mis en place ? Les jeunes socio-économiquement défavorisés ou faisant partie de groupes distincts (spécifiques au genre ou autres) ont-ils été consultés au long du processus de vérification d’impacts ?

Un rapport municipal sur le respect des droits des enfants Les jeunes prennent-ils une part active dans les processus de quantification et de présentation propres la démarche d’évaluation du statut des jeunes et de leurs droits ? Les jeunes et le budget Les jeunes (par exemple, un Conseil de jeunes) ont-ils droit de parole sur les budgets alloués aux programmes et services jeunesse ? Disposent-ils d’un budget propre dont ils peuvent assumer la gestion ? Sensibilisation et formation Des mécanismes d’information et de promotion des droits des enfants ont-ils été mis en place ? Les jeunes sont-ils impliqués dans les processus de prise de décision, le design, l’implantation de telles initiatives ?

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\ 8 \ LES FORMES DE PARTICIPATION DES JEUNES La participation des jeunes au sein de la vie municipale peut prendre plusieurs formes. Tandis que certains projets appellent à une collaboration étroite entre les jeunes et les adultes, d’autres sont mieux menés par les jeunes eux-mêmes ou, à l’inverse par des adultes avec l’appui des jeunes. L’illustration suivante répertorie les formes de participation des jeunes : la partie de droite présente les formules positives tandis que la partie de gauche répertorie des formes de participation symbolique qui sont à éviter.

Bien souvent, s’en tenir à inclure les jeunes de façon symbolique peut finir par nuire à la participation des jeunes plutôt que de l’encourager. Chaque projet appelle à une forme de participation différente et adaptée. Donnez-vous des défis et explorez ces diverses formes de participation, c’est ainsi que vous établirez une culture de la participation jeunesse adaptée à votre contexte spécifique. Selon moi, une MAE cherche à travailler avec les jeunes et pas uniquement pour les jeunes. - Un responsable du dossier MAE dans une municipalité accréditée.

/ 9 / Participation symbolique On invite des jeunes d’une minorité culturelle au conseil municipal dans le cadre de la semaine contre le racisme. On présume que de ces jeunes parleront au nom de tous les jeunes racialisés. Décoration On demande à un jeune de participer à la conférence de presse pour une annonce liée au dossier jeunesse de sa municipalité. Les jeunes n’ont pas pris part à la réalisation du projet. Manipulation Le conseil de ville présente les plans finaux d’un nouveau projet de skatepark lors d’une conférence de presse et laisse croire qu’il s’agit d’une collaboration avec les jeunes alors que ceux-ci n’ont pas été consultés.

Initiative des adultes La responsable du service des loisirs d’une municipalité invite des jeunes à élaborer la programmation artistique d’un événement avec elle et à contacter certains des artistes sélectionnés. Consultation Le responsable du département d’urbanisme sonde les jeunes pour connaitre l’endroit le plus approprié pour installer de nouveaux supports à vélo. Il fait un suivi auprès des jeunes pour leur indiquer l’emplacement final.

Information Une municipalité crée un babillard jeunesse dans un endroit fréquenté par les jeunes où elle centralise toute l’information pertinente pour les jeunes.

Initiative des jeunes Des jeunes veulent monter une campagne de sensibilisation contre l’homophobie. Le service communautaire de la municipalité leur offrent un soutien technique. Partenariat Des jeunes décident de fonder un café jeunesse. Ils invitent des adultes à se joindre au projet et collaborent avec eux à titre de partenaires.

\ 10 \ LA PARTICIPATION DES JEUNES : TOUT LE MONDEY GAGNE Une participation accrue des jeunes à la vie municipale ne comporte pas des avantages uniquement pour les jeunes; c’est l’hôtel de ville et toute la communauté qui y gagnent. Bénéfices pour les jeunes 1.  Les jeunes qui sont appelés à collaborer avec des adultes développent une meilleure estime d’eux-mêmes et des capacités pour réaliser des projets. La collaboration avec les adultes favorise le développement de l’estime de soi et le sentiment d’efficacité chez les jeunes. 2.  Les jeunes développent des compétences (animer un groupe, planifier des événements, résoudre des conflits, développer leur leadership, etc.) qui feront d’eux des membres plus autonomes et actifs de leur communauté.

3.  La participation des jeunes favorise le développement de leur créativité tout en leur donnant des outils concrets pour communiquer et réaliser leurs idées. 4.  En participant à la vie communautaire, les jeunes apprennent à estimer à leur juste valeur les avis des autres membres de leur communauté (personnes âgées, minorités...). 5.  Les jeunes acquièrent une reconnaissance de leur droit fondamental à participer à la vie de leur communauté. Bénéfices pour les adultes 1.  Les adultes remettent en question les stéréotypes qu’ils entretiennent face aux jeunes et les considèrent comme des collaborateurs, voire comme des experts sur certains sujets.

2.  Les jeunes offrent des perspectives nouvelles qui permettent aux adultes de considérer certains aspects de leur travail sous un angle renouvelé.

/ 11 / 3.  La connaissance de la réalité des jeunes permet aux adultes de participer de manière plus éclairée à la prise de décisions. 4.  Les jeunes peuvent insuffler une dose de spontanéité, d’enthousiasme et simplicité qui rend le travail plus agréable. Bénéfices pour la municipalité et la communauté 1.  Une plus grande participation des jeunes est synonyme d’un processus décisionnel plus démocratique, plus inclusif et plus adapté. Une municipalité accueillante pour les jeunes est souvent une municipalité perçue comme accessible par d’autres groupes plus marginalisés au sein de la communauté.

2.  Avec une culture de participation jeunesse bien établie, la table est mise pour un engagement citoyen durable. Il s’agit d’une façon de former de futurs citoyens engagés et enracinés dans leur milieu de vie.

3.  La présence des jeunes invite les organisations à sortir de leur zone de confort et à innover. 4.  Comme la participation des jeunes est un sujet qui mobilise beaucoup de personnes et d’institutions à travers le monde, la municipalité qui encourage la participation des jeunes peut bénéficier d’une communauté de savoir très large et établir des liens avec plein d’acteurs locaux et internationaux.

\ 12 \ 5 MYTHES ET VÉRITÉS PAR RAPPORT AUX JEUNES. Les jeunes sont problématiques et dangereux, surtout les adolescents. Dès l’âge de 12-13 ans, les enfants sentent que le regard porté sur eux change.

Soudainement, leur simple présence dans un parc devient suspecte. Les jeunes sont sensibles à cette perte de confiance associée au fait qu’ils ne sont plus de petits enfants. Comme chez les adultes, les jeunes qui adoptent un comportement problématique restent une infime minorité. Il ne faut pas généraliser toute une génération.

Les jeunes sont irréalistes. Une raison souvent évoquée pour tenir les jeunes loin du pouvoir décisionnel est l’argument selon lequel ils n’arrivent pas à comprendre les contraintes avec lesquelles les adultes doivent composer. Ils demanderaient la lune et se préoccuperaient peu des limites de temps, d’espace et de budget.Au contraire, les jeunes sont tout à fait capables d’adapter leurs propositions au contexte, pour autant qu’on se donne la peine de leur expliquer les contraintes.Au contact des jeunes, vous serez d’ailleurs étonnés de constater à quel point leurs propositions peuvent être très réalistes.

1 2 On dirait que les adultes ont peur de nous. Ils ne nous font pas confiance. C’est pas parce qu’on est ado qu’on est mal élevé. Ça n’a pas de rapport. Ils se sont occupés de nous quand on était petits mais on vieillit. Il y a beaucoup d’activités pour les enfants, mais pour nous... - Jeune participante de 14 ans Je dirais qu’il ne faut pas sous- estimer les opinions, les visions, les goûts des jeunes. Je me suis rendu compte que le processus a fonctionné parce que les jeunes avaient des idées réalisables basées sur leur évaluation de la situation. On dit souvent : « les jeunes, ils ne savent pas ce qu’ils veulent ou ils veulent des grosses affaires.

» Finalement, ils ont décidé de partir de ce qui était déjà en place en étant conscients des coûts. On a brisé les tabous qu’on avait envers les jeunes. L’exercice nous a démontré que les jeunes sont réalistes lorsqu’ils sont encadrés. - Employé du service des loisirs d’une municipalité accréditée

/ 13 / Les jeunes sont obsédés par le divertissement. Les municipalités ont souvent tendance à associer systématiquement leur service des loisirs au dossier jeunesse. Effectivement, une grande partie de la programmation des loisirs s’adresse à un public jeunesse. Cependant, les jeunes ont plusieurs préoccupations qui dépassent largement les loisirs. Les questions liées à la mobilité, à l’aménagement des espaces publics, à la vie économique, à la santé physique, sexuelle et mentale, aux relations internationales, à l’alimentation et les rapports avec la police sont autant de domaines qui ont une influence directe sur la vie des jeunes.

Il est primordial de les inclure dans tous les domaines qui les concernent.

Les jeunes sont tous pareils. Comme pour les adultes, il y a des jeunes de plusieurs genres, orientations sexuelles, provenances ethniques, habiletés physiques, classes sociales et qui ont des intérêts différents. Plus encore, d’un groupe d’âge à l’autre, les différences peuvent être plus marquées.Ainsi, l’inauguration d’un skatepark ou d’une maison des jeunes sont des événements qui réjouiront certains jeunes mais qui en laisseront d’autres parfaitement indifférents. Pour chaque projet, il est important de bien définir de qui l’on parle lorsque l’on parle « des jeunes » et d’inclure activement les différentes identités de ces jeunes concernés par les projets.

Nous avons déjà été jeunes : nous comprenons les jeunes.

Il est possible d’avoir de l’empathie pour les jeunes en se souvenant des expériences que nous avions à leur âge. Cependant, les contextes changent rapidement. Avoir déjà été jeune ne constitue pas une expertise suffisante pour savoir de quoi les jeunes ont besoin aujourd’hui dans le contexte très spécifique dans lequel ils évoluent. 3 4 5

\ 14 \ LES DIMENSIONS D’UNE DÉMARCHE PARTICIPATIVE AVEC LES JEUNES La prochaine section de ce guide détaille les grandes dimensions d’une démarche participative avec les jeunes. DIMENSION 1 : REJOINDRE LES JEUNES DIMENSION 2 : CRÉER UN ESPACE DE COLLABORATION DIMENSION 3 : S’OUTILLER DIMENSION 4 : ÉVALUER ET FAIRE UN SUIVI Chacune des sections suivantes propose les dimensions à prendre en compte dans le déroulement de votre démarche participative, concrètement des outils, des pièges communs à éviter et des pistes de réflexion.

La démarche proposée doit être vue comme un cadre de référence flexible et non comme une marche à suivre rigide. Les réalités avec lesquelles les municipalités doivent composer varient grandement d’une région à l’autre. En contexte urbain, péri-urbain ou rural les défis diffèrent et les moyens d’action varient. Appropriez-vous cette démarche et taillez-là sur mesure à vos structures municipales et à vos projets.

/ 15 / DIMENSION 1 DIMENSION 2 DIMENSION 3 DIMENSION 4 DIMENSION 1 : REJOINDRE LES JEUNES Les jeunes sont partout, et pourtant, lorsque vient le temps de prendre contact avec eux, tout devient difficile. Cette situation peut parfois pousser les municipalités à reporter indéfiniment un premier projet participatif. Le principe général qui doit guider cette dimension d’une démarche participative parfois intimidante est celui de diversité. Diversité dans les réseaux utilisés pour prendre contact avec les jeunes et diversité au sein des groupes de jeunes avec lesquels vous collaborez.

Choisissez le bon projet S’il s’agit d’un premier projet de nature participative avec des jeunes, commencez par sélectionner un projet de plus petite envergure.

Un projet de nature plus modeste avec un nombre d’acteurs impliqués limités et dans lequel vous pouvez vous engager à donner suite aux propositions des jeunes est plus susceptible d’être un succès. Soyez clair Dans l’élaboration des termes du projet, utilisez un langage clair et concis. Si vous désirez parler de consommation de drogue, de sexualité ou de profilage policier soyez directs; nommez les choses telles quelles sont. De la même façon, ne faites pas paraître le projet plus gros qu’il ne l’est en réalité. Si vous avez 5 000 $ à investir dans le skatepark, n’invitez pas les jeunes à refaire le skatepark, invitez-les plutôt à l’améliorer.

Les jeunes sauront à quoi s’attendre s’ils décident d’embarquer avec vous dans le projet.

Mettez à profit les réseaux déjà établis Plusieurs organismes et institutions sur votre territoire travaillent quotidiennement avec des jeunes et constituent de bonnes portes d’entrée pour établir le premier contact avec les jeunes. Les écoles primaires et secondaires, les établissements d’enseignement aux adultes, les maisons de jeunes, les centres communautaires, les organismes à but non lucratif, les centres de santé (CSSS, CLSC) constituent autant de partenaires pouvant vous épauler. Le contact à travers chacun de ces partenaires comporte des avantages et des inconvénients.Assurez- vous d’avoir bien réfléchi à la nature du projet pour déterminer quel genre de contexte est préférable à la réalisation du projet.

Entrez en contact avec divers types de jeunes Il est, bien entendu, impossible de créer un groupe représentatif à 100 % des diverses réalités vécues par les jeunes. Cependant, un souci de représentativité devrait guider la façon dont vous constituez les groupes de jeunes avec lesquels 1 2 3 4

\ 16 \ DIMENSION 1 DIMENSION 2 DIMENSION 3 DIMENSION 4 vous collaborez. Imaginez que vous mettez sur pied une consultation jeunesse sur la sécurité routière.Vous recrutez plusieurs jeunes et, lors de la première séance, vous constatez que : 1) le groupe est majoritairement composé de jeunes garçons entre 10 et 13 ans; 2)  ce sont les membres de ce groupe qui prennent généralement la parole. Plusieurs points pertinents ressortiront assurément de cette consultation mais plusieurs perspectives importantes échapperont à votre diagnostic. L’intervention de jeunes filles, par exemple, aurait pu mettre en lumière un sentiment d’insécurité vécu à des endroits bien précis du territoire en raison du manque d’éclairage.

Au même titre, des jeunes avec des emplois ont des habitudes de mobilité différentes des jeunes sans emploi et ont, par conséquent, des besoins différents par rapport à la sécurité routière.Vous pourriez être surpris par la richesse d’un groupe plus diversifié.

Identifiez les adultes alliés dans vos réseaux Certains adultes ont la capacité d’établir des relations de confiance durables avec les jeunes. Ces adultes constituent de précieux alliés pour rendre des structures complexes comme celles d’une municipalité ou d’une école plus accueillantes pour les jeunes. C’est souvent par l’intermédiaire des adultes alliés que les jeunes trouvent le support nécessaire pour faire avancer leurs projets et faire entendre leurs opinions. L’apport de ces adultes doit être reconnu et appuyé. La présence d’adultes alliés au sein d’une organisation permet de rendre les projets participatifs de plus en plus simples à mettre en place.

Assurez-vous que les jeunes puissent entrer en contact avec vous. Les municipalités qui ont déjà réalisé des projets participatifs avec les jeunes ont parfois l’impression que la prise de contact est un processus difficile qui doit être recommencé pour chaque nouveau projet. En effet, il s’agit d’un processus qui doit être répété puisque les jeunes seront toujours remplacés par d’autres jeunes. Cependant, il est possible de considérer la situation sous un autre angle. En plus de vous poser la question : « comment entrer en contact avec les jeunes », vous pouvez aussi poser la question : « comment les jeunes peuvent-ils entrer en contact avec la municipalité .

Poser cette question, c’est réfléchir à l’accessibilité de vos structures.Voici quelques pistes à explorer pour améliorer votre accessibilité... -  Vos programmes sont-ils accessibles ? Dans vos dossiers liés aux jeunes, privilégiez un langage accessible. Si possible, prenez le temps de produire de courts documents de synthèse pour les dossiers jeunesse. -  Les jeunes ont-ils une personne à qui se référer pour les appuyer dans un projet ? De la même façon que les animateurs de la vie étudiante établissent un pont entre la direction et les jeunes au sein d’une école, il est important de désigner une personne au sein de la municipalité qui puisse accomplir ce rôle.

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/ 17 / DIMENSION 1 DIMENSION 2 DIMENSION 3 DIMENSION 4 Explorez de nouvelles méthodes de communication La communication avec les jeunes est une source de questionnement pour plusieurs municipalités. Pour entrer en contact avec les jeunes, il est nécessaire de repenser certaines méthodes de communication. Ce qui fonctionne avec les adultes ne fonctionne pas nécessairement avec les jeunes. Si ce n’est pas déjà fait, il est peut-être temps d’envisager de vous lancer dans les communications via les réseaux sociaux. Ceci dit, les jeunes privilégient encore beaucoup le contact en personne. N’hésitez pas à rejoindre les jeunes à travers les ambassadeurs naturels que sont les parents, le personnel éducatif, les enseignants et surtout, les autres jeunes.

7 Les jeunes croient à la nécessité d’avoir un intermédiaire entre les institutions et les jeunes parce qu’aujourd’hui c’est quand même assez difficile de mettre ses culottes puis d’aller à laVille pour dire « regardez moi, j’aimerais être appuyé dans un projet ». Ce serait bien d’avoir un répondant jeunesse, quelqu’un qui serait responsable d’accueillir les suggestions des jeunes, que ça soit clairement établi comme image autour de cette personne-là. Le lien entre les jeunes et la municipalité serait plus clair. Il y a vraiment besoin d’un intermédiaire, parce que le processus actuel n’est pas adapté pour ça.

- Jeune participant de 17 ans

\ 18 \ DIMENSION 1 DIMENSION 2 DIMENSION 3 DIMENSION 4 Une page Facebook c’est bien, une bonne page Facebook c’est mieux ! 1.  Assurez-vous de faire des mises à jour de façon hebdomadaire. Des mises à jour trop ou pas assez fréquentes risquent de faire tomber la page en désuétude. 2.  Répondez aux commentaires et suggestions de façon personnalisée. 3.  Mettez en évidence les ressources appropriées pour orienter les jeunes lorsqu’ils ont des projets.

4.  Faites un retour sur les événements. Mettre en ligne les photos prises lors des activités augmente la popularité d’une page. 5.  Utilisez Facebook pour diffuser de l’information.

Évitez de vous en servir pour faire de longs sondages. 6.  Assurez-vous de respecter l’intimité des jeunes. 7.  Mettez-y de la couleur ! L’art sous-estimé du kiosque en milieu scolaire. Une animatrice de la vie étudiante vous livre ses secrets pour la mise sur pied d’un kiosque.

1.  Montez un kiosque sur plusieurs jours. De préférence entre le mardi et le jeudi. Le premier jour les jeunes vous remarqueront, ils oseront généralement venir vous voir le lendemain. 2.  Mettez-y de la couleur, de la lumière. Soyez ludiques et créatifs. Un gyrophare (silencieux !) fait son effet à coup sûr. 3.  Pensez à quelque chose d’interactif comme un quiz. 4.  Offrez de la nourriture ou un petit cadeau. Il s’agit d’un bon prétexte pour venir vous voir en un premier temps.

5.  Approchez-les. La façon la plus simple d’entrer en contact avec les jeunes c’est de les aborder directement et de leur poser les questions qui vous intéressent.

/ 19 / DIMENSION 1 DIMENSION 2 DIMENSION 3 DIMENSION 4 REJOINDRE LES JEUNES... En bref , la première dimension d’un projet participatif avec les jeunes est la prise de contact. Pour ce faire, vous devez sélectionner un projet adapté à vos moyens, décrits dans des termes clairs et auquel vous vous engagez à donner suite. Pour commencer votre recrutement, n’hésitez pas à demander l’appui des réseaux déjà en contact avec les jeunes comme les écoles, les maisons de jeunes, les organismes communautaires. Ensuite, identifiez les adultes qui pourront servir d’intermédiaires entre les jeunes et la municipalité en bâtissant une relation de confiance avec ceux-ci.

Durant votre recrutement, gardez en tête qu’il est préférable de constituer un groupe de jeunes relativement hétérogène si la nature du projet vise les jeunes de façon large. N’hésitez pas à sortir des sentiers battus pour prendre contact avec les jeunes, expérimentez avec les réseaux sociaux et usez de votre créativité pour les rejoindre. Finalement, afin que la prise de contact puisse se faire de façon horizontale, assurez-vous que la communication avec les jeunes puisse se faire dans les deux sens .

\ 20 \ DIMENSION 1 DIMENSION 2 DIMENSION 3 DIMENSION 4 DIMENSION 2 : CRÉER UN ESPACE DE COLLABORATION Dès la prise de contact, il est nécessaire de fixer les termes de la collaboration avec les jeunes. Les principes d’égalité et de respect doivent guider cette seconde dimension d’une démarche participative. S’ils ne le verbalisent par toujours de façon explicite, les jeunes sont très sensibles à la façon dont ils sont considérés au sein d’un groupe. La création d’un espace de collaboration respectueux et sécuritaire pour tous permet d’assurer que le projet repose sur des bases solides.

Soyez transparents par rapport à vos attentes mutuelles Lors de votre première rencontre avec les jeunes, prenez le temps de discuter avec eux de vos attentes et des leurs.

Les avez-vous réunis pour les informer, les consulter, pour collaborer ou pour leur déléguer certaines décisions ? Si vos objectifs peuvent vous sembler clairs, ils ne le sont pas forcément pour les jeunes. Vous pouvez vous référer à l’éventail des formes de participation jeunesse de la section précédente pour mieux décrire vos attentes. Soyez aussi réceptifs aux attentes formulées par les jeunes. Se sentent-ils aptes à assumer les responsabilités que vous voulez leur confier ? Le niveau de participation attendu peut varier d’un projet à l’autre.Vous n’avez pas à partager le pouvoir décisionnel avec les jeunes lors de tous les projets.

Cependant, il est important d’éviter de vous cantonner exclusivement dans un seul mode de participation. Si tous vos projets qui incluent les jeunes visent exclusivement à les informer, leur niveau de motivation risque de diminuer avec le temps. Inversement, si tous vos projets exigent un fort niveau d’implication de la part des jeunes, ceux-ci peuvent perdre intérêt. Établissez les termes d’une communication respectueuse Que vous le souhaitiez ou non, une relation de pouvoir existe entre les adultes et les jeunes. Cette situation est naturelle dans la mesure où les adultes possèdent certaines connaissances et expériences que les jeunes n’ont tout simplement pas encore eu la possibilité d’acquérir.Toutefois, cette relation de pouvoir peut inhiber la participation des jeunes.

Il est possible de reconnaitre ce déséquilibre et de travailler concrètement à rendre les collaborations intergénérationnelles les plus riches possibles. Un premier pas dans cette direction est la reconnaissance de la distinction entre autorité et crédibilité. L’autorité est basée sur le pouvoir alors que la crédibilité se fonde sur l’expérience et la connaissance.Veillez à ce que vos interventions reposent sur votre crédibilité et non sur votre autorité. 1 2

/ 21 / DIMENSION 1 DIMENSION 2 DIMENSION 3 DIMENSION 4 12 conseils pour une communication respectueuse 1.  Mettez les jeunes en annexe dans vos correspondances liées au projet. 2.  Si possible, choisissez des lieux de rencontre accessibles autrement qu’en voiture. 3.  Portez attention à la disposition de la salle : êtes-vous debout pendant que les jeunes sont assis, face à vous ? 4.  Soyez conscient de votre langage corporel : vous placez-vous dans des positions de supériorité ou d’écoute ? 5.  Évitez de monopoliser les discussions; instaurez un tour de parole; 6.  Observez si vous avez tendance à interrompre les jeunes ou à trop reformuler leur pensée; 7.  Choisissez les mots avec lesquels vous vous exprimez.

Prenez le temps de définir les concepts plus abstraits. 8.  Évitez les acronymes. Le fait que la CDEC ait établi un partenariat avec le CLSC afin d’appuyer la CRÉ dans son processus de.... ne veut rien dire pour bien des gens.

9.  Vérifiez régulièrement la compréhension des jeunes; 10.  Participez aux activités avec les jeunes plutôt que de simplement observer; 11.  Mangez la même chose qu’eux, à la même table qu’eux. 12.  Évitez de stéréotyper les jeunes, même lorsque cela vous semble positif. Si vous semblez sans cesse surpris par la qualité de leurs interventions, ils vont finir par croire que vous êtes étonné qu’ils puissent avoir des opinions !

\ 22 \ DIMENSION 1 DIMENSION 2 DIMENSION 3 DIMENSION 4 Soyez flexibles Des jeunes peuvent vouloir se joindre au projet au fil du temps.

Dans la mesure du possible, tâchez de rendre vos structures les plus flexibles possibles afin d’accueillir de nouveaux participants en cours de route. Inversement, des jeunes peuvent vouloir se retirer du projet. Il est important de s’informer des raisons de leur départ tout en respectant leur décision. Plusieurs jeunes jonglent avec des horaires très chargés. Entre l’école, le travail à temps partiel, les activités para-scolaires, les sports et des conditions familiales changeantes, les jeunes doivent composer avec plusieurs contraintes dans leur emploi du temps. Et, comme les adultes, ils apprécient aussi avoir du temps libre.

5 pièges à éviter lors des rencontres avec les jeunes... 1.  Un travail de préparation nécessitant beaucoup de lectures; 2.  De longues réunions; 3.  Un plan de travail complexe; 4.  Des procédures de réunion très formelles (l’utilisation du code Morin, par exemple); 5.  Un manque de soutien et de formation dans les cas où les jeunes doivent assurer des tâches decoordination ou de communication. Création d’un espace de collaboration respectueuse : quelques idées en rafale. La première rencontre est un moment privilégié pour établir un espace de collaboration dans lequel les jeunes se sentiront à l’aise.Voici quelques conseils pour bien mettre le projet en branle : Avant la première rencontre...

-  Faites parvenir aux participants un plan de travail préliminaire dans lequel vous indiquez les objectifs que vous aimeriez atteindre lors de cette première rencontre. L’ordre du jour doit rester relativement ouvert pour être modifié en groupe au début de la rencontre. 3 4

/ 23 / DIMENSION 1 DIMENSION 2 DIMENSION 3 DIMENSION 4 -  Assurez-vous que l’ordre du jour laisse suffisamment de temps pour des discussions de groupe et des activités. Une première réunion qui consisterait en un simple exposé linéaire de vos intentions risque d’être peu motivante pour les jeunes. -  Choisissez un lieu accessible que les jeunes connaissent comme un café, une salle communautaire ou un chalet de parc.Votre bureau à l’hôtel de ville risque d’être un lieu intimidant pour une première rencontre. -  S’il s’agit d’une première rencontre, choisissez un moment opportun pour la rencontre.

En journée sur semaine, ils sont généralement à l’école et le samedi matin, à 9 heure, il est peut-être trop tôt. -  Soyez pro-actifs dans l’organisation des transports pour les jeunes. Prévoyez des billets d’autobus, des coupons pour le taxi ou des arrangements de co-voiturage.

-  Prévoyez de la nourriture. Ne sous-estimez jamais l’attrait de ces attentions pour les jeunes. De plus, une collation ou un repas est une bonne façon de briser la glace et de créer une atmosphère plus détendue. -  Préparez du matériel pour la rencontre comme des crayons feutres, du papier, des cartons, des tableaux, etc. Même si vous ne prévoyez pas vous en servir, ils peuvent toujours être utiles. Pendant la première rencontre -  Après avoir accueilli les jeunes, prenez le temps de faire connaissance. Faites un tour de table où tous disent leur nom.Vous pouvez aussi tous répondre à une question qui permettra à tout le monde de faire plus ample connaissance.

Il est bien important de tenter de se souvenir des noms des jeunes. C’est une marque d’attention qu’ils apprécieront. Vous pouvez vous faire un diagramme où vous inscrivez les noms. -  Passez en revue le plan de travail et révisez-le au besoin avec les commentaires des jeunes. Cette étape est aussi un bon moment pour discuter de la participation attendue de part et d’autre. -  Après avoir discuté des modalités du projet, faites un échéancier avec les jeunes.Assurez-vous que cet échéancier soit visuellement clair.

\ 24 \ DIMENSION 1 DIMENSION 2 DIMENSION 3 DIMENSION 4 -  La répartition des tâches est une étape importante. Il est crucial d’être réaliste et de bien évaluer les capacités de tous. Si certains jeunes se manifestent pour certaines tâches mais qu’ils doutent de leur capacité à les accomplir, il est important de leur offrir un soutien. Ce soutien peut venir d’un adulte ou d’un autre jeune qui possède les compétences requises.

-  Désignez quelqu’un pour faire le suivi des tâches et assurez-vous que tous quittent la rencontre bien au fait de leurs responsabilités. -  Rappelez-vous que les jeunes possèdent aussi des compétences que les adultes n’ont pas.

Si vous désirez leur collaboration, c’est que vous croyez qu’ils sont aptes à prendre des décisions éclairées. Rappelez-leur qu’ils sont les experts sur plusieurs sujets sur lesquels vous travaillez.

-  Encouragez les jeunes à développer leurs habiletés et à faire profiter au groupe des aptitudes qu’ils possèdent déjà. CRÉER UN ESPACE DE COLLABORATION... En bref , une fois les jeunes rassemblés, vous devez établir avec eux les termes de la collaboration. Soyez transparents quant au niveau de participation que vous attendez des jeunes. Par la suite, fixer avec les jeunes les termes de la communication respectueuse au sein du groupe. Prenez le temps d’examiner vos rapports avec les jeunes; portez une attention particulière aux comportements qui peuvent les intimider et inhiber leur participation.

Identifiez ensuite les obstacles qui peuvent décourager la participation des jeunes. Rappelez-vous que les obstacles qui se dressent devant les jeunes sont parfois différents de ceux des adultes (transport, consentement parental, sentiment d’infériorité, etc.). Dans l’élaboration des termes du projet, évitez de reléguer les jeunes à une participation symbolique sans réel impact dans le déroulement du projet. Pour conclure, restez flexibles dans votre marche à suivre. Le succès du projet reposera en partie sur la capacité du groupe à apprendre de ses échecs.

/ 25 / DIMENSION 1 DIMENSION 2 DIMENSION 3 DIMENSION 4 DIMENSION 3 : S’OUTILLER Vous êtes maintenant dans le vif de l’action. Le principe qui doit guider cette troisième dimension de la démarche participative est l’engagement à réaliser quelque chose ensemble. C’est le moment où vous choisissez les méthodes de travail les plus appropriées pour mener à terme le projet. Profitez de ce moment pour sortir des sentiers battus et expérimenter avec de nouveaux outils de travail. Le jeu et, en général, l’action sont des approches tout à fait pertinentes pour mener à terme un projet en plus de constituer des modes d’expression privilégiés pour les jeunes.

Cette section répertorie quelques outils de travail qui pourront vous inspirer dans le diagnostic, l’exploration des solutions et dans la prise de décision.

Bougez les meubles ! L’environnement physique dans lequel se déroule une rencontre a un impact décisif sur l’attitude et la participation des personnes présentes. La disposition classique d’une salle de classe est à éviter pour susciter la participation. Une telle disposition encourage généralement une écoute passive.Voici des dispositions de salle à privilégier en fonction du but de la rencontre. Réunion Pour tenir une réunion ou un groupe de discussion, une disposition en cercle est idéale. Dans un tel cadre, les gens regardent directement la personne qui prend la parole, ce qui favorise des échanges plus directs et non médiés par une personne en position d’autorité.

Présentation Une disposition en U (ou en cercle) est plus appropriée pour une présentation. Cela favorise les échanges tout en concentrant l’attention vers les personnes qui font la présentation et animent la discussion.

\ 26 \ DIMENSION 1 DIMENSION 2 DIMENSION 3 DIMENSION 4 La marche exploratoire Une marche exploratoire est une méthode pouvant s’avérer utile pour les problématiques liées à la sécurité routière et à la mobilité des jeunes. Il s’agit d’une méthode appropriée pour poser un diagnostic sur une situation. 1.  Prévoyez des cartes géographiques du lieu ciblé, des appareils photos, des tables à dessin et des crayons.

2.  Formez un groupe de jeunes et déterminez avec eux le territoire à explorer. 3.  Au cours de la marche, recueillez les impressions des jeunes sur les lieux visités. Quels lieux aiment-ils ? Pourquoi ? Quels lieux ne sont pas assez sécuritaires ? Quels lieux trouvent-ils jolis ou laids ? Invitez-les à prendre des photos pour répertorier ces lieux. 4.  Laissez les jeunes guider la marche. 5.  Demandez-leur de tracer sur une carte les chemins qu’ils empruntent quotidiennement.Vous pouvez leur demander de marquer en vert les sections du trajet qu’ils apprécient et ceux qu’ils n’aiment pas.

Portez une attention particulière aux raccourcis qu’ils prennent et aux sentiers qui ne sont pas indiqués sur les cartes officielles, ils en disent beaucoup sur les habitudes de mobilité des jeunes.

6.  La marche peut aussi être faite à vélo, en planche à roulette, en patin. Tout dépend des intérêts des jeunes et de la distance à parcourir. Le sondage Le sondage est une méthodologie fréquemment utilisée par les adultes pour connaitre l’opinion des jeunes. Il s’agit d’une méthode utile pour établir le diagnostic d’une situation ou pour tester quelques pistes de solution. Impliquez les jeunes dans la création d’un sondage en lien avec une problématique qui les concernent. Prêtez attention à la façon dont ils formulent les questions et au format qu’ils adoptent : ce sont des éléments évocateurs des sujets significatifs pour les jeunes.Assurez-vous de valider le format du sondage auprès des jeunes avant de l’utiliser.

1.  Prévoyez un sondage relativement court.Trop long, c’est intimidant pour les jeunes. 2.  Employez un langage simple. Les jeunes peuvent comprendre l’idée derrière un concept (citoyenneté, délinquance, etc.) sans connaître le mot précis qui s’y réfère. 3.  Partagez les résultats rapidement. Même si les détails de la compilation peuvent prendre plus de temps à l’interne, les jeunes apprécient avoir un suivi pour connaitre les résultats des grandes lignes du sondage.

4.  Interprétez les résultats avec les jeunes. Certains résultats peuvent surprendre à la fois les adultes et les jeunes.

Prendre le temps d’interpréter les résultats lors d’une discussion de groupe peut s’avérer révélateur à plusieurs niveaux. 1 2

/ 27 / DIMENSION 1 DIMENSION 2 DIMENSION 3 DIMENSION 4 Le photo-reportage Le photo-reportage est une méthode documentaire créative qui permet aux jeunes de présenter leur point de vue sur un sujet donné. Si le projet porte sur les habitudes de vie, les jeunes peuvent photographier leurs repas pendant une semaine. Si le manque d’espace réservé aux ados est le sujet choisi, les jeunes peuvent photographier les lieux où ils se tiennent, faute d’alternatives. Des jeunes plus timides peuvent apprécier ce genre de méthode qui leur permet d’exprimer un point de vue sans nécessairement avoir à faire une présentation devant un groupe.

La séance d’improvisation L’improvisation théâtrale est un outil de choix pour aborder des sujets plus sensibles.Au lieu d’aborder de front certains sujets qui pourraient susciter un malaise, l’improvisation permet aux jeunes de s’exprimer dans un cadre fictif tout en jouant un rôle. Il s’agit d’une méthode qui permet de prendre le pouls d’une situation et de connaître l’avis des jeunes sur un sujet.Tout dépendant de la thématique explorée, cette méthode peut aussi permettre d’explorer des pistes de solution avec les jeunes.

1.  Créer deux équipes et nommer un arbitre qui proposera des thèmes et des durées pour chaque improvisation en lien avec le sujet choisi. 2.  S’il y a plusieurs adultes impliqués dans le projet, faites des équipes mixtes. L’expérience sera mémorable pour tout le monde. 3.  Prenez des notes sur les échanges importants qui ressortent durant la partie, vous pourrez mieux faire un retour par la suite. 4.  Faites un retour en groupe sur les thèmes qui ont émergé pendant la partie. Qu’est-ce que les jeunes ont aimé et moins aimé ? Est-ce que certaines improvisations les ont marqués et pourquoi ?Auraient-ils aimé que certaines histoires prennent une tournure différente ?

La charrette participative Une charrette est une méthode de travail intensive en groupe utilisée par les designers. Il s’agit de réunir un groupe et de se pencher sur une problématique d’aménagement pour trouver des solutions originales et créatives. Il s’agit d’une méthode qui se combine bien avec la marche exploratoire et qui permet à la fois d’établir un diagnostic et de formuler des pistes de solution. 1.  Organisez une visite du lieu à l’étude. Si les conditions le permettent, essayez de faire la charrette sur le lieu même (sous un chapiteau, par exemple). 2.  Prévoyez des cartes géographiques du lieu ciblé (une vue satellite est préférable), des crayons, des « post-it », des papiers, des tableaux.

Si vous avez des photos du lieu à aménager, vous pouvez les afficher dans la salle de travail. 3.  Prenez le temps de bien expliquer au groupe les contraintes d’aménagement (espace, budget, ressources, etc.).

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\ 28 \ DIMENSION 1 DIMENSION 2 DIMENSION 3 DIMENSION 4 4.  Si le groupe est large, vous pouvez créer de plus petites équipes qui se penchent sur le même projet ou sur des facettes différentes du même projet. 5.  Prenez le temps de mettre en commun toutes les idées et d’élaborer un plan d’ensemble. Forum ouvert Le forum ouvert est un mode d’organisation en sous-groupe qui permet d’aborder une plus grande variété de sujets et qui favorise une participation plus diversifiée. Ce type de rencontre est moins exploité mais il est souvent très productif autant pour les jeunes que pour les adultes.

Le forum ouvert permet à la fois d’établir des diagnostics, d’élaborer des pistes de solution et de prendre des décisions. C’est une méthode de travail très complète pour faire avancer un projet.

1.  Les participants se réunissent en grand groupe pour discuter des objectifs de la séance et décident des thèmes qui devront être abordés par les divers sous‑groupes. 2.  Chacun, selon ses intérêts et ses compétences, choisi le thème sur lequel il désire travailler et joint le sous-groupe de son choix. 3.  Les sous-groupes tiennent simultanément leur séance de discussion et de travail et formulent des plans d’action et des propositions.

4.  Tous reviennent en grand groupe et chaque sous-groupe fait un rapport de la séance de travail en présentant au groupe les décisions qui ont été prises.

Ces décisions peuvent faire l’objet de débats. 5.  Pour clore la réunion, on dresse un bilan de la rencontre et on propose des nouveaux objectifs pour la prochaine rencontre. Avantages du forum ouvert : -  Favorise la participation de tous, même au sein de gros groupes. -  Permet d’aller au fond de situations plus complexes et de formuler des solutions originales.

-  Permet à un projet d’avancer plus rapidement et aux rencontres d’être plus fructueuses pour tout le monde. 6

/ 29 / DIMENSION 1 DIMENSION 2 DIMENSION 3 DIMENSION 4 Groupe de discussion Un groupe de discussion est un outil de travail simple qui permet d’aborder sans détour les sujets choisis. Réunir un petit groupe de jeunes (entre 5 et 10) permet de prendre le pouls d’une situation en plus d’offrir l’opportunité aux jeunes de raffiner leurs positions et propositions à travers la discussion avec leurs pairs. Sans prétendre donner des résultats exhaustifs, un groupe de discussion offre l’avantage d’aller au fond de certains débats.

Préparez les groupes de discussion en proposant quelques questions pour orienter la séance. Soyez attentifs au tour de parole et encouragez les interventions des participants plus timides. S’OUTILLER...

7 En bref , le choix des méthodes de travail doit être guidé par la nature du projet et par l’ étape à laquelle il est rendu . Si vous désirez établir un diagnostic , toutes les méthodes suggérées dans cette section peuvent vous être utiles. Il suffit de choisir laquelle favorise le plus une libre expression de la part des jeunes avec lesquels vous travaillez. Pour explorer des pistes de solution , la séance d’improvisation, la charrette participative, le forum ouvert et le groupe de discussion constituent des méthodes plus appropriées. En conclusion, pour prendre des décisions , le forum ouvert et le groupe de discussion sont des méthodes tout indiquées pour arriver à un consensus en groupe.

Dans le plaisir et le respect , vous réaliserez un projet dont le processus sera enrichissant pour tous.

\ 30 \ DIMENSION 1 DIMENSION 2 DIMENSION 3 DIMENSION 4 DIMENSION 4 : ÉVALUATION ET SUIVI L’évaluation d’un projet doit être continue. Il ne s’agit pas d’une étape qui arrive en fin de parcours, il s’agit d’un réflexe auto-critique qui doit exister en filigrane de tout projet. Cette dimension doit être guidée par un principe de pérennité qui permet aux participants d’évoluer et d’apprendre, d’une rencontre à l’autre et d’un projet à l’autre. Cette dimension est parfois sous-estimée dans les projets participatifs. Une fois les activités plus interactives terminées, il peut y avoir une tentation à continuer à faire cavalier seul pour les derniers détails et la mise en œuvre administrative du projet.

Il est toutefois important de maintenir un lien avec les jeunes : si les jeunes perdent toute trace d’un projet dans lequel ils se sont investis, ils peuvent se sentir utilisés. Faites une évaluation continue Une façon toute simple d’assurer une évaluation continue de l’avancement du projet est de faire un tour de table au début de chaque rencontre pour connaitre les attentes de tout le monde et de conclure par un tour de table pour recueillir les impressions sur le déroulement de la rencontre. En complément, il est aussi possible d’installer une boite à suggestions ou de rappeler aux jeunes qu’ils peuvent vous écrire par courriel s’ils désirent vous parler d’un sujet précis.

Les plus timides oseront peut-être plus s’exprimer de cette façon.

Il s’agit d’une méthode simple pour intégrer les commentaires et suggestions au fur et à mesure qu’ils émergent. Lorsqu’il y a un moment prévu pour faire un retour sur la rencontre, les gens se sentent généralement plus à l’aise de nommer les tensions et les malentendus qu’ils ont pu ressentir.Vous évitez ainsi de laisser des conflits faciles à régler prendre de l’ampleur. Assurez le suivi Vers la fin du processus, réservez un moment pour discuter avec les jeunes du genre de suivi qu’ils désirent.

-  Sur quels sujets les jeunes veulent-ils être informés ? Mettre au clair cette question vous évitera d’en faire trop ou pas assez.

Il est possible que les jeunes veuillent être informés s’il y a des changements dans l’échéancier et qu’ils veuillent être consultés si des changements majeurs doivent être apportés au plan initial pour des raisons techniques ou budgétaires. À l’inverse, informez les jeunes de votre marge de manoeuvre. Il vous sera peut-être impossible de les reconsulter en cours de route, il est important de les en informer. -  Comment les jeunes veulent-ils être informés ?Avez-vous une page Facebook, un groupe d’envoi par courriel, un site internet, un lieu de rencontre fréquenté par tous ? Servez-vous des canaux de communication que vous avez déjà mis en place 1 2

/ 31 / DIMENSION 1 DIMENSION 2 DIMENSION 3 DIMENSION 4 avec les jeunes pour diffuser les informations sur l’évolution du projet. Soyez prêt à annoncer des nouvelles plus décevantes et à répondre aux commentaires. Qu’est-ce qu’on évalue ? Les projets sont souvent évalués par rapport aux résultats obtenus. L’attention est alors moins portée sur le processus et sur la qualité des rencontres. Si les jeunes désirent s’exprimer sur le plaisir qu’ils ont eu lors d’une rencontre en particulier, intégrez ces commentaires lors de votre bilan. Ce sont des données très importantes pour eux qui font partie intégrante de l’évaluation qu’ils font du projet.

Prévoyez un espace pour faire le bilan Cette dernière rencontre arrive en fin de parcours et elle est parfois indéfiniment reportée. Pourtant, avec le recul, certains éléments peuvent ressortir plus clairement et permettre une évaluation plus juste du projet. Une rencontre d’évaluation est utile à la fin de n’importe quel projet mais elle est particulièrement importante dans un projet intergénérationnel à caractère participatif. Si une culture de participation des jeunes n’est pas déjà fermement établie au sein de votre organisation, elle reste fragile. Si vous désirez qu’une participation jeunesse prenne racine au sein de la vie municipale, il est important de tenir ces rencontres d’évaluation.

S’il n’est pas possible de se rencontrer, trouvez une façon d’entrer en communication (par courriel, par exemple.) Par ailleurs, si le projet s’est avéré peu concluant à plusieurs niveaux, il s’agit là d’une occasion idéale pour aborder les déceptions. Cette dernière rencontre est aussi un bon moment pour ouvrir la voie vers d’autres collaborations et pour s’informer des autres sujets qui motivent ces jeunes.

3 Un autre point fort de l’expérience, cette fois-ci encore au plan personnel, elle m’a apprise à être à l’aise à parler devant d’autre personnes que je ne connaissais pas et être à l’aise de me construire une opinion et de bien savoir l’exprimer aux yeux de tous afin que l’on trouve des solutions tous ensemble. Cette expérience m’a appris que tous ensemble, à l’aide de l’opinion de chacun, nous pouvions bâtir des solutions concrètes et très intéressantes.

J’ai été vraiment heureuse de voir que laVille nous prenait au sérieux lors de cette rencontre ! J’appréhendais beaucoup celle-ci, puisque je me disais « Qu’est-ce qu’ils en ont à faire, de l’opinion de 3 jeunes de 16-17 ans ? » J’ai été agréablement surprise lorsque j’ai vu que nos suggestions étaient prises en note et qu’un vent de changement pourrait s’annoncer.

C’est lors d’expériences comme celles- ci que nous pouvons voir que lorsque nous faisons rien, nous n’obtenons rien.

- Jeune participante de 16 ans

\ 32 \ DIMENSION 1 DIMENSION 2 DIMENSION 3 DIMENSION 4 Consolidez les liens qui se sont tissés lors de la démarche Vos meilleurs ambassadeurs auprès des jeunes sont probablement les autres jeunes.Veillez à conserver et entretenir les liens créés avec les jeunes au cours d’un projet participatif. La première étape de la démarche participative, la prise de contact, n’en sera que simplifiée la prochaine fois. Une bonne façon d’entretenir cette relation est de prendre le temps de remercier de façon plus officielle les jeunes ayant pris part au projet.Voici quelques suggestions : -  Leur envoyer une lettre de remerciement signée personnellement par l’administration de la municipalité.

-  Leur faire suivre les impressions positives de vos collègues par rapport à leur travail. -  Avec leur consentement, publier des photos et des articles qui détaillent l’expérience du projet dans le journal municipal ou sur le site internet officiel. Citez-les directement dans l’article. -  Fournissez-leur des lettres de référence. Il peut parfois être difficile de dérocher un premier emploi, une référence de la municipalité est toujours un bon atout dans un curriculum vitae.

-  Invitez-les à diner en groupe, organisez une petite fête de remerciement. -  Prenez le temps de les saluer et de vous informer de leurs nouveaux projets lorsque vous les croisez.

Respect de la vie privée Comme les adultes, les jeunes ont droit au respect de leur vie privée. Voici quelques conseils : 1.  Prenez connaissance des règlements encadrant le travail avec les mineurs au sein des institutions avec lesquelles vous collaborez, le cas échéant.

2.  Lorsque vous faites des envois de masse par courriel, mettez les adresses courriel des jeunes en CCi (cachées). 3.  Soyez prêts à intervenir si des discussions sur les médias sociaux comme Facebook prennent une tournure inattendue. 4.  Demandez l’autorisation des jeunes (et de leurs parents, le cas échéant) pour publier des photos d’eux ou pour les citer. 4

/ 33 / DIMENSION 1 DIMENSION 2 DIMENSION 3 DIMENSION 4 FAIRE L’ÉVALUATION DU PROJET... En bref , la dimension d’évaluation et de suivi du projet collaboratif vise à assurer la pérennité des autres projets collaboratifs que vous mettrez sur pied avec les jeunes.

L’évaluation devrait être un réflexe qui teinte l’ensemble de la démarche. À chaque rencontre, assurez-vous que les jeunes aient un espace pour évaluer l’avancement du travail et la qualité des rapports au sein de l’équipe.Assurez-vous de prévoir une rencontre plus tard dans l’échéancier dédiée uniquement à faire le bilan du projet . Par la suite, entretenez les relations que vous avez créées avec les jeunes, ceci vous aidera à établir une culture de la participation chez les jeunes au sein de la vie municipale.

\ 34 \ ÉTABLIR UNE CULTURE DE PARTICIPATION JEUNESSE Une Municipalité amie des enfants vise à travailler avec les jeunes sur les sujets qui les concernent. Les enjeux qui touchent les jeunes sont variés : ainsi vous pouvez solliciter leur participation et mettre à profit leur créativité et leur soif d’engagement dans une multitude de domaines de la vie municipale. Le réseau d’enjeux qui touchent les jeunes LES JEUNES Alimentation Santé Relations internationales Mobilité Aménagement Service de police Économie Loisirs Éducation sexuelle Sécurité Éducation En menant des projets participatifs avec les jeunes, vous serez naturellement poussés à faire évoluer certaines pratiques.

Pour établir une Municipalité amie des enfants viable, il est important de réunir certaines conditions gagnantes :

/ 35 / Engagement envers le personnel qui élabore des projets participatifs. Un bon projet participatif se distingue par la façon dont il permet l’épanouissement et le développement des acteurs concernés.Ainsi, le personnel qui s’engage dans les projets participatifs doit sentir que la valeur de la démarche dans laquelle il s’investit est reconnue et valorisée par ses pairs. Le temps passé à échanger avec les jeunes, à faire des marches exploratoires avec eux et à les aider à organiser une conférence de presse doit être reconnu comme un travail nécessaire et utile. La démarche participative présentée dans ce guide ne réclame pas plus de travail.

Elle réclame par contre de travailler différemment et de revoir les standards de performance généralement associés aux projets. Collaboration entre les divers départements La diversité dans les sujets qui touchent les jeunes appelle à une collaboration accrue entre les divers départements et services de la municipalité. Par exemple, le dossier de l’aménagement des espaces publics pour les jeunes peut être porté par une collaboration entre service des loisirs et le service d’urbanisme.Au même titre, le département des communications et le CLSC local pourraient aussi développer des liens plus étroits pour un projet sur les saines habitudes de vie.

Il faut être prêt à voir évoluer vos pratiques et à travailler de façon transversale entre les divers départements.

Création de partenariats Si vous manquez de certaines ressources, il existe certaines organisations et institutions qui peuvent s’avérer de précieux alliés. Si vous avez de la difficulté à établir un contact avec les jeunes, plusieurs groupes communautaires peuvent vous épauler dans cette étape. Si vous avez besoin de soutien pour une marche exploratoire ou une charrette de design participatif, les étudiants des universités et des CÉGEPS de la région pourraient être intéressés par cette opportunité de stage. Les artistes et les commerçants locaux peuvent aussi s’avérer de précieux alliés pour aller rejoindre les jeunes.

Soyez imaginatifs et ouverts, il est possible d’établir des partenariats satisfaisants pour tous qui allègeront la tâche au personnel municipal.

1 2 3 Je donnerais comme conseil aux municipalités de se trouver des partenaires universitaires. C’est un contact qui nous tient à jour et qui nous donne un certain recul sur notre travail quotidien. On offre aux chercheurs universitaires un terrain de recherche et en échange, on profite de leur expertise. De plus, c’est parfois plus crédible quand c’est quelqu’un de l’extérieur qui formule des critiques. Des fois, à l’interne, pour ne pas décourager ou déplaire on va éviter d’aborder certains problèmes. - Directeur du service des loisirs d’une municipalité accréditée.

\ 36 \ Établir une culture de communication avec les jeunes Pour entretenir le « momentum » que suscitent les projets participatifs intergénérationnels, il est important d’établir une culture de communication avec les jeunes.

Plus les jeunes seront au fait des activités de la municipalité et des projets qu’elle mène en collaboration avec eux, plus ils se sentiront concernés par le devenir de leur communauté. Voici quelques suggestions pour instaurer une culture de communication avec les jeunes : 1.  Ajoutez une section jeunesse dans le journal local. 2.  Publiez des communiqués de presse produits en collaboration avec les jeunes pour publier l’avancement et les résultats de vos projets collaboratifs.

3.  Offrez aux jeunes l’opportunité de s’exprimer via la radio ou la télévision locale au moyen d’une capsule ou d’une émission. 4.  Optez pour une combinaison de plusieurs moyens de communication, incluant les plus traditionnels comme les affiches. 5.  Identifiez des lieux d’affichage stratégiques fréquentés par les jeunes. 6.  Rejoignez les jeunes à travers les ambassadeurs naturels pour faire passer les messages de laVille : les parents, le personnel éducatif, les professeurs, etc.

7.  Utilisez les réseaux sociaux. Élaboration d’une vision à long terme. Ce guide a pour objectif d’inspirer et d’outiller les municipalités intéressées à être accréditées Municipalité amie des enfants.

La démarche proposée dans ce guide doit être vue comme un cadre de référence et non pas comme une marche à suivre rigide. Si certains éléments ont retenu votre attention, tentez de les mettre en application dès votre prochain projet. Petit à petit, vous façonnerez ainsi une démarche participative adaptée à votre contexte municipal. Permettre aux jeunes d’accéder aux espaces décisionnels constitue une façon d’assurer des changements positifs et durables dans nos communautés. Établir une culture de participation jeunesse au sein de votre municipalité, c’est vous engager à bâtir une communauté plus accueillante et plus inclusive pour tous.

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/ 37 / Concernant la section À qui s’adresse ce guide Site web du projet Municipalité amie des enfants, du Carrefour municipal action et famille. www.amiedesenfants.ca Site web UNICEF http://www.unicef.ca/fr Concernant la section Qu’est-ce qu’une municipalité amie des enfants Site web de l’initiative Child Friendly Cities, UNICEF (en anglais) www.childfriendlycities.org Rapport : La situation des enfants dans le monde 2012 : Les enfants dans un monde urbain, UNICEF www.unicef.org/french/sowc2012 Concernant la section Les formes de participation des jeunes Hart, Roger (1997) Children’s Participation.TheTheory and Practice of InvolvingYoung Citizens in Community Development and Environmental Care.

London. Earthscan.

Concernant la section La participation des jeunes, tout le monde y gagne et mythes et réalités par rapport aux jeunes Chawla, Louise (2002) Growing Up in an Urbanising World. London. Earthscan Torres, Juan (2009) L’enfant et la ville : aménager pour grandir ensemble. InstitutVanier de la famille. http://www.vanierinstitute.ca/modules/news/ newsitem.php?ItemId=124#.UHBxcBzkFeo Guide de l’UNICEF pour la mise en oeuvre de la Convention relative aux droits de l’enfant (analyse et interprétation de chaque article de la Convention) http://www.unicef.org/french/publications/ index_43110.html Comité des droits de l’enfant.

(2009). Observation générale no 12. Le droit de l’enfant d’être entendu. http://www2.ohchr.org/english/bodies/crc/docs/ AdvanceVersions/CRC-C-GC-12_fr.pdf Save the Children. Petit guide à l’usage de ceux qui souhaitent consulter les enfants. Recueil des bonnes pratiques.

http://resourcecentre.savethechildren.se/ Concernant les dimensions d’une démarche participative Driskell, David (2002) Creating Better Cities with Children andYouth.A Manual for Participation. London. Earthscan. Faire participer les jeunes au changement social : définir un nouvel horizon. Blanchet-Cohen, Natasha, Elaina Mack et Michel Cook. http://www.mcconnellfoundation.ca/fr/ resources/report/youthscape-guidebook- changing-the-landscape-involving-youth-in-s Forum jeunesse centre-du-québec (2011) 6 étapes pour faire place au jeunes : Guide à l’intention des instances décisionnelles du Centre-du-Québec.

http://www.toilejeunesse.centre-du-quebec. qc.ca/client/uploads/2012/415253302113356.pdf Grandir en ville Canada (2005) Outils créatifs : l’engagement des jeunes dans la communauté. http://www.iicrd.org/resources/tools_and_ training_manuals/creative_tools Groupe intérêt jeunesse (2006) Des jeunes et des projets : un guide pour encourager la participation des jeunes. http://www.groupeinteretjeunesse.ch/fileadmin/ media/GP_7_Foksabouge-prod.pdf Latendresse Josée et Blanchet-Cohen Natasha (2010) Engager les jeunes au sein de nos milieux. http://www.youthscape.ca/guide_jeune_fr_ web.pdf POUR ALLER PLUS LOIN...

Sous la direction de : Natasha Blanchet-Cohen et JuanTorres Collaborateurs : Marie-Sophie Banville, Giulietta di Mambro et Olivier Martin-Cloutier Comité aviseur :  Marc-André Plante, Laurianne Carpentier-Désormeaux, Maryse Bédard-Allaire, Hélène Moïse Conception graphique : Brigitte Lavallée et Marie-Sophie Banville Remerciements particuliers : à tous les jeunes et adultes associés aux projets derecherches à Saint-Julie etVictoriaville ISBN : 978-2-9813623-1-5

www.amiedesenfants.ca

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