MUNICIPALITÉ AMIE DES ENFANTS : établir une démarche participative avec les jeunes

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MUNICIPALITÉ AMIE DES ENFANTS : établir une démarche participative avec les jeunes

MUNICIPALITÉ AMIE DES ENFANTS : établir une démarche participative avec les jeunes

www.amiedesenfants.ca Nous tenons à remercier les villes de Sainte-Julie etVictoriaville pour leur participation à ce projet de recherche. Le programme d’accréditation Municipalité amie des enfants est soutenu financièrement par Les partenaires du programme d’accréditation et du projet de recherche Municipalité amie des enfants

MUNICIPALITÉ AMIE DES ENFANTS : établir une démarche participative avec les jeunes

TABLE DES MATIÈRES À qui s’adresse ce guide . 5 Qu’est-ce qu’une Municipalité amie des enfants . 6 Les formes de participation des jeunes .

8 La participation des jeunes : tout le monde y gagne . . 10 5 mythes et réalités par rapport aux jeunes . 12 Les dimensions d’une démarche participative avec les jeunes . . 14 DIMENSION 1 : Rejoindre les jeunes . 15 DIMENSION 2 : Créer un espace de collaboration . 20 DIMENSION 3 : S’outiller . . 25 DIMENSION 4 : Évaluer et faire un suivi . 30 Établir une culture de participation jeunesse . . 34 Pour aller plus loin . 37

MUNICIPALITÉ AMIE DES ENFANTS : établir une démarche participative avec les jeunes

/ 5 / À QUI S’ADRESSE CE GUIDE ? Ce guide a été élaboré à l’intention des municipalités québécoises urbaines, péri-urbaines et rurales accréditées Municipalités amies des enfants ou intéressées à le devenir. Offrir une plus grande place aux jeunes au sein de la vie municipale nécessite la révision de certaines structures et façons de faire. Favoriser la participation des jeunes ne constitue pas une charge de travail supplémentaire, il s’agit plutôt d’adopter une philosophie de travail qui favorise un épanouissement global des jeunes. Lorsqu’une culture de participation jeunesse est établie dans une municipalité, les jeunes prennent naturellement la place qui leur revient dans leur collectivité.

Ce guide contient des outils pratiques et des exemples concrets pour vous épauler et vous inspirer dans cette nouvelle approche. Il est à noter que les outils présentés dans ce guide visent les jeunes de 10 ans et plus, qui sont à une étape où ils affirment leur autonomie et développent leur identité. Ce guide est le fruit d’une collaboration entre le Carrefour action municipale et famille, la fondationAvenir d’enfants, l’Université Concordia, l’Université de Montréal avec le support des municipalités de Sainte-Julie etVictoriaville. Cette collaboration étalée sur plus d’un an a permis de dégager de bonnes pratiques en matière de participation des jeunes adaptées au contexte municipal québécois.

Ce guide vise à susciter au Québec une plus grande collaboration intergénérationnelle dans la vie municipale et à mettre en place les conditions favorables à la participation citoyenne des jeunes.

Le Carrefour action municipale et famille est à l’origine de l’adaptation québécoise de l’initiative MunicipalitéAmie des enfants (MAE).Ayant comme expertise première l’accompagnement des municipalités dans l’élaboration de politiques familiales municipales, l’organisme connaît bien les réalités des municipalités, des familles et des enfants du Québec. Le CAMF assure la coordination de l’accréditation MAE ainsi que le soutien et le suivi post-accréditation. L’UNICEF est le chef de file mondial des organismes humanitaires et des agences de développement axés sur l’aide à l’enfance. Grâce à des programmes novateurs, ainsi qu’à la promotion et à la défense des droits de l’enfant, l’UNICEF protège ces droits et sauve la vie d’enfants dans pratiquement chaque pays du monde.

La portée mondiale de l’UNICEF, son influence sans égale sur les décideurs et ses divers partenariats, permettent à cet organisme de contribuer largement à façonner un monde digne des enfants, où aucun d’entre eux ne mourrait de causes évitables.

\ 6 \ QU’EST-CE QU’UNE MUNICIPALITÉ AMIE DES ENFANTS ? Une Municipalité amie des enfants (MAE) est une municipalité qui s’engage à respecter les droits de l’enfant : ses opinions, ses besoins et ses priorités font partie intégrante des décisions, des politiques et des programmes publics. Bref, c’est une municipalité qui fait place à l’enfant dans toutes ses actions et qui le considère comme un citoyen à part entière. L’accréditation MAE est le pendant québécois de l’initiative Ville amie des enfants lancée en 1996 dans le cadre de la résolution prise lors de la Seconde Conférence des Nations Unies sur les établissements humains (Habitat II, Istanbul 1996), visant à faire des villes des lieux adaptés pour tous et, selon les termes de l’UNICEF, pour « les enfants d’abord ».

La déclaration issue de la Conférence confirme que le bien-être des enfants est l’indicateur suprême d’un habitat sain, d’une société démocratique et d’une bonne gestion des affaires publiques.

Une MAE ne vise pas simplement à protéger les jeunes : elle met en place les structures nécessaires pour que les jeunes s’affirment et développent leur autonomie. Dans cette perspective, une municipalité accréditée met en place les conditions nécessaires à l’épanouissement global des jeunes en favorisant le développement et la prise d’autonomie et de pouvoir de ceux-ci. L’UNICEF répertorie neuf grands piliers sur lesquels devrait reposer l’engagement d’une municipalité envers les jeunes : Les 9 piliers de participation des jeunes dans le cadre des Villes amies des enfants Être à l’écoute des jeunes Existe-t-il un Conseil Jeunesse chargé de faciliter le dialogue avec les jeunes et ainsi s’assurer que leur voix soit entendue dans la prise de décisions clés ? Des lois adaptées aux jeunes Une procédure adaptée a-t-elle été mise en place, en vue d’assurer aux jeunes des recours adéquats pour contester certaines lois ou politiques en cas d’incidence négative sur leurs personnes ?

Un plan municipal ami des enfants Le plan municipal a-t-il été développé à travers une vaste consultation incluant les jeunes comme partie prenante ? 1 2 3

/ 7 / Un organisme/service de coordination pour les jeunes La municipalité offre-t-elle une structure de promotion du concept deVille amie des enfants sous la forme d’un service ou organisme de coordination ayant aussi la capacité de mobiliser les jeunes ? Un intervenant en faveur des jeunes Des services d’écoute, de communication et de représentation des jeunes ont‑ils été mis en place, sous la forme d’un ombudsman, d’un défenseur ou d’un commissaire jeunesse ?

L’évaluation d’impact sur l’enfant Un mécanisme de vérification de l’impact potentiel ou réel de nouvelles décisions, politiques, lois, et services sur les jeunes ou certains groupes de jeunes a-t-il été mis en place ? Les jeunes socio-économiquement défavorisés ou faisant partie de groupes distincts (spécifiques au genre ou autres) ont-ils été consultés au long du processus de vérification d’impacts ?

Un rapport municipal sur le respect des droits des enfants Les jeunes prennent-ils une part active dans les processus de quantification et de présentation propres la démarche d’évaluation du statut des jeunes et de leurs droits ? Les jeunes et le budget Les jeunes (par exemple, un Conseil de jeunes) ont-ils droit de parole sur les budgets alloués aux programmes et services jeunesse ? Disposent-ils d’un budget propre dont ils peuvent assumer la gestion ? Sensibilisation et formation Des mécanismes d’information et de promotion des droits des enfants ont-ils été mis en place ? Les jeunes sont-ils impliqués dans les processus de prise de décision, le design, l’implantation de telles initiatives ?

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\ 8 \ LES FORMES DE PARTICIPATION DES JEUNES La participation des jeunes au sein de la vie municipale peut prendre plusieurs formes. Tandis que certains projets appellent à une collaboration étroite entre les jeunes et les adultes, d’autres sont mieux menés par les jeunes eux-mêmes ou, à l’inverse par des adultes avec l’appui des jeunes. L’illustration suivante répertorie les formes de participation des jeunes : la partie de droite présente les formules positives tandis que la partie de gauche répertorie des formes de participation symbolique qui sont à éviter.

Bien souvent, s’en tenir à inclure les jeunes de façon symbolique peut finir par nuire à la participation des jeunes plutôt que de l’encourager. Chaque projet appelle à une forme de participation différente et adaptée. Donnez-vous des défis et explorez ces diverses formes de participation, c’est ainsi que vous établirez une culture de la participation jeunesse adaptée à votre contexte spécifique. Selon moi, une MAE cherche à travailler avec les jeunes et pas uniquement pour les jeunes. - Un responsable du dossier MAE dans une municipalité accréditée.

/ 9 / Participation symbolique On invite des jeunes d’une minorité culturelle au conseil municipal dans le cadre de la semaine contre le racisme. On présume que de ces jeunes parleront au nom de tous les jeunes racialisés. Décoration On demande à un jeune de participer à la conférence de presse pour une annonce liée au dossier jeunesse de sa municipalité. Les jeunes n’ont pas pris part à la réalisation du projet. Manipulation Le conseil de ville présente les plans finaux d’un nouveau projet de skatepark lors d’une conférence de presse et laisse croire qu’il s’agit d’une collaboration avec les jeunes alors que ceux-ci n’ont pas été consultés.

Initiative des adultes La responsable du service des loisirs d’une municipalité invite des jeunes à élaborer la programmation artistique d’un événement avec elle et à contacter certains des artistes sélectionnés. Consultation Le responsable du département d’urbanisme sonde les jeunes pour connaitre l’endroit le plus approprié pour installer de nouveaux supports à vélo. Il fait un suivi auprès des jeunes pour leur indiquer l’emplacement final.

Information Une municipalité crée un babillard jeunesse dans un endroit fréquenté par les jeunes où elle centralise toute l’information pertinente pour les jeunes.

Initiative des jeunes Des jeunes veulent monter une campagne de sensibilisation contre l’homophobie. Le service communautaire de la municipalité leur offrent un soutien technique. Partenariat Des jeunes décident de fonder un café jeunesse. Ils invitent des adultes à se joindre au projet et collaborent avec eux à titre de partenaires.

\ 10 \ LA PARTICIPATION DES JEUNES : TOUT LE MONDEY GAGNE Une participation accrue des jeunes à la vie municipale ne comporte pas des avantages uniquement pour les jeunes; c’est l’hôtel de ville et toute la communauté qui y gagnent. Bénéfices pour les jeunes 1.  Les jeunes qui sont appelés à collaborer avec des adultes développent une meilleure estime d’eux-mêmes et des capacités pour réaliser des projets. La collaboration avec les adultes favorise le développement de l’estime de soi et le sentiment d’efficacité chez les jeunes. 2.  Les jeunes développent des compétences (animer un groupe, planifier des événements, résoudre des conflits, développer leur leadership, etc.) qui feront d’eux des membres plus autonomes et actifs de leur communauté.

3.  La participation des jeunes favorise le développement de leur créativité tout en leur donnant des outils concrets pour communiquer et réaliser leurs idées. 4.  En participant à la vie communautaire, les jeunes apprennent à estimer à leur juste valeur les avis des autres membres de leur communauté (personnes âgées, minorités...). 5.  Les jeunes acquièrent une reconnaissance de leur droit fondamental à participer à la vie de leur communauté. Bénéfices pour les adultes 1.  Les adultes remettent en question les stéréotypes qu’ils entretiennent face aux jeunes et les considèrent comme des collaborateurs, voire comme des experts sur certains sujets.

2.  Les jeunes offrent des perspectives nouvelles qui permettent aux adultes de considérer certains aspects de leur travail sous un angle renouvelé.

/ 11 / 3.  La connaissance de la réalité des jeunes permet aux adultes de participer de manière plus éclairée à la prise de décisions. 4.  Les jeunes peuvent insuffler une dose de spontanéité, d’enthousiasme et simplicité qui rend le travail plus agréable. Bénéfices pour la municipalité et la communauté 1.  Une plus grande participation des jeunes est synonyme d’un processus décisionnel plus démocratique, plus inclusif et plus adapté. Une municipalité accueillante pour les jeunes est souvent une municipalité perçue comme accessible par d’autres groupes plus marginalisés au sein de la communauté.

2.  Avec une culture de participation jeunesse bien établie, la table est mise pour un engagement citoyen durable. Il s’agit d’une façon de former de futurs citoyens engagés et enracinés dans leur milieu de vie.

3.  La présence des jeunes invite les organisations à sortir de leur zone de confort et à innover. 4.  Comme la participation des jeunes est un sujet qui mobilise beaucoup de personnes et d’institutions à travers le monde, la municipalité qui encourage la participation des jeunes peut bénéficier d’une communauté de savoir très large et établir des liens avec plein d’acteurs locaux et internationaux.

\ 12 \ 5 MYTHES ET VÉRITÉS PAR RAPPORT AUX JEUNES. Les jeunes sont problématiques et dangereux, surtout les adolescents. Dès l’âge de 12-13 ans, les enfants sentent que le regard porté sur eux change.

Soudainement, leur simple présence dans un parc devient suspecte. Les jeunes sont sensibles à cette perte de confiance associée au fait qu’ils ne sont plus de petits enfants. Comme chez les adultes, les jeunes qui adoptent un comportement problématique restent une infime minorité. Il ne faut pas généraliser toute une génération.

Les jeunes sont irréalistes. Une raison souvent évoquée pour tenir les jeunes loin du pouvoir décisionnel est l’argument selon lequel ils n’arrivent pas à comprendre les contraintes avec lesquelles les adultes doivent composer. Ils demanderaient la lune et se préoccuperaient peu des limites de temps, d’espace et de budget.Au contraire, les jeunes sont tout à fait capables d’adapter leurs propositions au contexte, pour autant qu’on se donne la peine de leur expliquer les contraintes.Au contact des jeunes, vous serez d’ailleurs étonnés de constater à quel point leurs propositions peuvent être très réalistes.

1 2 On dirait que les adultes ont peur de nous. Ils ne nous font pas confiance. C’est pas parce qu’on est ado qu’on est mal élevé. Ça n’a pas de rapport. Ils se sont occupés de nous quand on était petits mais on vieillit. Il y a beaucoup d’activités pour les enfants, mais pour nous... - Jeune participante de 14 ans Je dirais qu’il ne faut pas sous- estimer les opinions, les visions, les goûts des jeunes. Je me suis rendu compte que le processus a fonctionné parce que les jeunes avaient des idées réalisables basées sur leur évaluation de la situation. On dit souvent : « les jeunes, ils ne savent pas ce qu’ils veulent ou ils veulent des grosses affaires.

» Finalement, ils ont décidé de partir de ce qui était déjà en place en étant conscients des coûts. On a brisé les tabous qu’on avait envers les jeunes. L’exercice nous a démontré que les jeunes sont réalistes lorsqu’ils sont encadrés. - Employé du service des loisirs d’une municipalité accréditée

/ 13 / Les jeunes sont obsédés par le divertissement. Les municipalités ont souvent tendance à associer systématiquement leur service des loisirs au dossier jeunesse. Effectivement, une grande partie de la programmation des loisirs s’adresse à un public jeunesse. Cependant, les jeunes ont plusieurs préoccupations qui dépassent largement les loisirs. Les questions liées à la mobilité, à l’aménagement des espaces publics, à la vie économique, à la santé physique, sexuelle et mentale, aux relations internationales, à l’alimentation et les rapports avec la police sont autant de domaines qui ont une influence directe sur la vie des jeunes.

Il est primordial de les inclure dans tous les domaines qui les concernent.

Les jeunes sont tous pareils. Comme pour les adultes, il y a des jeunes de plusieurs genres, orientations sexuelles, provenances ethniques, habiletés physiques, classes sociales et qui ont des intérêts différents. Plus encore, d’un groupe d’âge à l’autre, les différences peuvent être plus marquées.Ainsi, l’inauguration d’un skatepark ou d’une maison des jeunes sont des événements qui réjouiront certains jeunes mais qui en laisseront d’autres parfaitement indifférents. Pour chaque projet, il est important de bien définir de qui l’on parle lorsque l’on parle « des jeunes » et d’inclure activement les différentes identités de ces jeunes concernés par les projets.

Nous avons déjà été jeunes : nous comprenons les jeunes.

Il est possible d’avoir de l’empathie pour les jeunes en se souvenant des expériences que nous avions à leur âge. Cependant, les contextes changent rapidement. Avoir déjà été jeune ne constitue pas une expertise suffisante pour savoir de quoi les jeunes ont besoin aujourd’hui dans le contexte très spécifique dans lequel ils évoluent. 3 4 5

\ 14 \ LES DIMENSIONS D’UNE DÉMARCHE PARTICIPATIVE AVEC LES JEUNES La prochaine section de ce guide détaille les grandes dimensions d’une démarche participative avec les jeunes. DIMENSION 1 : REJOINDRE LES JEUNES DIMENSION 2 : CRÉER UN ESPACE DE COLLABORATION DIMENSION 3 : S’OUTILLER DIMENSION 4 : ÉVALUER ET FAIRE UN SUIVI Chacune des sections suivantes propose les dimensions à prendre en compte dans le déroulement de votre démarche participative, concrètement des outils, des pièges communs à éviter et des pistes de réflexion.

La démarche proposée doit être vue comme un cadre de référence flexible et non comme une marche à suivre rigide. Les réalités avec lesquelles les municipalités doivent composer varient grandement d’une région à l’autre. En contexte urbain, péri-urbain ou rural les défis diffèrent et les moyens d’action varient. Appropriez-vous cette démarche et taillez-là sur mesure à vos structures municipales et à vos projets.

/ 15 / DIMENSION 1 DIMENSION 2 DIMENSION 3 DIMENSION 4 DIMENSION 1 : REJOINDRE LES JEUNES Les jeunes sont partout, et pourtant, lorsque vient le temps de prendre contact avec eux, tout devient difficile. Cette situation peut parfois pousser les municipalités à reporter indéfiniment un premier projet participatif. Le principe général qui doit guider cette dimension d’une démarche participative parfois intimidante est celui de diversité. Diversité dans les réseaux utilisés pour prendre contact avec les jeunes et diversité au sein des groupes de jeunes avec lesquels vous collaborez.

Choisissez le bon projet S’il s’agit d’un premier projet de nature participative avec des jeunes, commencez par sélectionner un projet de plus petite envergure.

Un projet de nature plus modeste avec un nombre d’acteurs impliqués limités et dans lequel vous pouvez vous engager à donner suite aux propositions des jeunes est plus susceptible d’être un succès. Soyez clair Dans l’élaboration des termes du projet, utilisez un langage clair et concis. Si vous désirez parler de consommation de drogue, de sexualité ou de profilage policier soyez directs; nommez les choses telles quelles sont. De la même façon, ne faites pas paraître le projet plus gros qu’il ne l’est en réalité. Si vous avez 5 000 $ à investir dans le skatepark, n’invitez pas les jeunes à refaire le skatepark, invitez-les plutôt à l’améliorer.

Les jeunes sauront à quoi s’attendre s’ils décident d’embarquer avec vous dans le projet.

Mettez à profit les réseaux déjà établis Plusieurs organismes et institutions sur votre territoire travaillent quotidiennement avec des jeunes et constituent de bonnes portes d’entrée pour établir le premier contact avec les jeunes. Les écoles primaires et secondaires, les établissements d’enseignement aux adultes, les maisons de jeunes, les centres communautaires, les organismes à but non lucratif, les centres de santé (CSSS, CLSC) constituent autant de partenaires pouvant vous épauler. Le contact à travers chacun de ces partenaires comporte des avantages et des inconvénients.Assurez- vous d’avoir bien réfléchi à la nature du projet pour déterminer quel genre de contexte est préférable à la réalisation du projet.

Entrez en contact avec divers types de jeunes Il est, bien entendu, impossible de créer un groupe représentatif à 100 % des diverses réalités vécues par les jeunes. Cependant, un souci de représentativité devrait guider la façon dont vous constituez les groupes de jeunes avec lesquels 1 2 3 4

\ 16 \ DIMENSION 1 DIMENSION 2 DIMENSION 3 DIMENSION 4 vous collaborez. Imaginez que vous mettez sur pied une consultation jeunesse sur la sécurité routière.Vous recrutez plusieurs jeunes et, lors de la première séance, vous constatez que : 1) le groupe est majoritairement composé de jeunes garçons entre 10 et 13 ans; 2)  ce sont les membres de ce groupe qui prennent généralement la parole. Plusieurs points pertinents ressortiront assurément de cette consultation mais plusieurs perspectives importantes échapperont à votre diagnostic. L’intervention de jeunes filles, par exemple, aurait pu mettre en lumière un sentiment d’insécurité vécu à des endroits bien précis du territoire en raison du manque d’éclairage.

Au même titre, des jeunes avec des emplois ont des habitudes de mobilité différentes des jeunes sans emploi et ont, par conséquent, des besoins différents par rapport à la sécurité routière.Vous pourriez être surpris par la richesse d’un groupe plus diversifié.

Identifiez les adultes alliés dans vos réseaux Certains adultes ont la capacité d’établir des relations de confiance durables avec les jeunes. Ces adultes constituent de précieux alliés pour rendre des structures complexes comme celles d’une municipalité ou d’une école plus accueillantes pour les jeunes. C’est souvent par l’intermédiaire des adultes alliés que les jeunes trouvent le support nécessaire pour faire avancer leurs projets et faire entendre leurs opinions. L’apport de ces adultes doit être reconnu et appuyé. La présence d’adultes alliés au sein d’une organisation permet de rendre les projets participatifs de plus en plus simples à mettre en place.

Assurez-vous que les jeunes puissent entrer en contact avec vous. Les municipalités qui ont déjà réalisé des projets participatifs avec les jeunes ont parfois l’impression que la prise de contact est un processus difficile qui doit être recommencé pour chaque nouveau projet. En effet, il s’agit d’un processus qui doit être répété puisque les jeunes seront toujours remplacés par d’autres jeunes. Cependant, il est possible de considérer la situation sous un autre angle. En plus de vous poser la question : « comment entrer en contact avec les jeunes », vous pouvez aussi poser la question : « comment les jeunes peuvent-ils entrer en contact avec la municipalité .

Poser cette question, c’est réfléchir à l’accessibilité de vos structures.Voici quelques pistes à explorer pour améliorer votre accessibilité... -  Vos programmes sont-ils accessibles ? Dans vos dossiers liés aux jeunes, privilégiez un langage accessible. Si possible, prenez le temps de produire de courts documents de synthèse pour les dossiers jeunesse. -  Les jeunes ont-ils une personne à qui se référer pour les appuyer dans un projet ? De la même façon que les animateurs de la vie étudiante établissent un pont entre la direction et les jeunes au sein d’une école, il est important de désigner une personne au sein de la municipalité qui puisse accomplir ce rôle.

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/ 17 / DIMENSION 1 DIMENSION 2 DIMENSION 3 DIMENSION 4 Explorez de nouvelles méthodes de communication La communication avec les jeunes est une source de questionnement pour plusieurs municipalités. Pour entrer en contact avec les jeunes, il est nécessaire de repenser certaines méthodes de communication. Ce qui fonctionne avec les adultes ne fonctionne pas nécessairement avec les jeunes. Si ce n’est pas déjà fait, il est peut-être temps d’envisager de vous lancer dans les communications via les réseaux sociaux. Ceci dit, les jeunes privilégient encore beaucoup le contact en personne. N’hésitez pas à rejoindre les jeunes à travers les ambassadeurs naturels que sont les parents, le personnel éducatif, les enseignants et surtout, les autres jeunes.

7 Les jeunes croient à la nécessité d’avoir un intermédiaire entre les institutions et les jeunes parce qu’aujourd’hui c’est quand même assez difficile de mettre ses culottes puis d’aller à laVille pour dire « regardez moi, j’aimerais être appuyé dans un projet ». Ce serait bien d’avoir un répondant jeunesse, quelqu’un qui serait responsable d’accueillir les suggestions des jeunes, que ça soit clairement établi comme image autour de cette personne-là. Le lien entre les jeunes et la municipalité serait plus clair. Il y a vraiment besoin d’un intermédiaire, parce que le processus actuel n’est pas adapté pour ça.

- Jeune participant de 17 ans

\ 18 \ DIMENSION 1 DIMENSION 2 DIMENSION 3 DIMENSION 4 Une page Facebook c’est bien, une bonne page Facebook c’est mieux ! 1.  Assurez-vous de faire des mises à jour de façon hebdomadaire. Des mises à jour trop ou pas assez fréquentes risquent de faire tomber la page en désuétude. 2.  Répondez aux commentaires et suggestions de façon personnalisée. 3.  Mettez en évidence les ressources appropriées pour orienter les jeunes lorsqu’ils ont des projets.

4.  Faites un retour sur les événements. Mettre en ligne les photos prises lors des activités augmente la popularité d’une page. 5.  Utilisez Facebook pour diffuser de l’information.

Évitez de vous en servir pour faire de longs sondages. 6.  Assurez-vous de respecter l’intimité des jeunes. 7.  Mettez-y de la couleur ! L’art sous-estimé du kiosque en milieu scolaire. Une animatrice de la vie étudiante vous livre ses secrets pour la mise sur pied d’un kiosque.

1.  Montez un kiosque sur plusieurs jours. De préférence entre le mardi et le jeudi. Le premier jour les jeunes vous remarqueront, ils oseront généralement venir vous voir le lendemain. 2.  Mettez-y de la couleur, de la lumière. Soyez ludiques et créatifs. Un gyrophare (silencieux !) fait son effet à coup sûr. 3.  Pensez à quelque chose d’interactif comme un quiz. 4.  Offrez de la nourriture ou un petit cadeau. Il s’agit d’un bon prétexte pour venir vous voir en un premier temps.

5.  Approchez-les. La façon la plus simple d’entrer en contact avec les jeunes c’est de les aborder directement et de leur poser les questions qui vous intéressent.

/ 19 / DIMENSION 1 DIMENSION 2 DIMENSION 3 DIMENSION 4 REJOINDRE LES JEUNES... En bref , la première dimension d’un projet participatif avec les jeunes est la prise de contact. Pour ce faire, vous devez sélectionner un projet adapté à vos moyens, décrits dans des termes clairs et auquel vous vous engagez à donner suite. Pour commencer votre recrutement, n’hésitez pas à demander l’appui des réseaux déjà en contact avec les jeunes comme les écoles, les maisons de jeunes, les organismes communautaires. Ensuite, identifiez les adultes qui pourront servir d’intermédiaires entre les jeunes et la municipalité en bâtissant une relation de confiance avec ceux-ci.

Durant votre recrutement, gardez en tête qu’il est préférable de constituer un groupe de jeunes relativement hétérogène si la nature du projet vise les jeunes de façon large. N’hésitez pas à sortir des sentiers battus pour prendre contact avec les jeunes, expérimentez avec les réseaux sociaux et usez de votre créativité pour les rejoindre. Finalement, afin que la prise de contact puisse se faire de façon horizontale, assurez-vous que la communication avec les jeunes puisse se faire dans les deux sens .

\ 20 \ DIMENSION 1 DIMENSION 2 DIMENSION 3 DIMENSION 4 DIMENSION 2 : CRÉER UN ESPACE DE COLLABORATION Dès la prise de contact, il est nécessaire de fixer les termes de la collaboration avec les jeunes. Les principes d’égalité et de respect doivent guider cette seconde dimension d’une démarche participative. S’ils ne le verbalisent par toujours de façon explicite, les jeunes sont très sensibles à la façon dont ils sont considérés au sein d’un groupe. La création d’un espace de collaboration respectueux et sécuritaire pour tous permet d’assurer que le projet repose sur des bases solides.

Soyez transparents par rapport à vos attentes mutuelles Lors de votre première rencontre avec les jeunes, prenez le temps de discuter avec eux de vos attentes et des leurs.

Les avez-vous réunis pour les informer, les consulter, pour collaborer ou pour leur déléguer certaines décisions ? Si vos objectifs peuvent vous sembler clairs, ils ne le sont pas forcément pour les jeunes. Vous pouvez vous référer à l’éventail des formes de participation jeunesse de la section précédente pour mieux décrire vos attentes. Soyez aussi réceptifs aux attentes formulées par les jeunes. Se sentent-ils aptes à assumer les responsabilités que vous voulez leur confier ? Le niveau de participation attendu peut varier d’un projet à l’autre.Vous n’avez pas à partager le pouvoir décisionnel avec les jeunes lors de tous les projets.

Cependant, il est important d’éviter de vous cantonner exclusivement dans un seul mode de participation. Si tous vos projets qui incluent les jeunes visent exclusivement à les informer, leur niveau de motivation risque de diminuer avec le temps. Inversement, si tous vos projets exigent un fort niveau d’implication de la part des jeunes, ceux-ci peuvent perdre intérêt. Établissez les termes d’une communication respectueuse Que vous le souhaitiez ou non, une relation de pouvoir existe entre les adultes et les jeunes. Cette situation est naturelle dans la mesure où les adultes possèdent certaines connaissances et expériences que les jeunes n’ont tout simplement pas encore eu la possibilité d’acquérir.Toutefois, cette relation de pouvoir peut inhiber la participation des jeunes.

Il est possible de reconnaitre ce déséquilibre et de travailler concrètement à rendre les collaborations intergénérationnelles les plus riches possibles. Un premier pas dans cette direction est la reconnaissance de la distinction entre autorité et crédibilité. L’autorité est basée sur le pouvoir alors que la crédibilité se fonde sur l’expérience et la connaissance.Veillez à ce que vos interventions reposent sur votre crédibilité et non sur votre autorité. 1 2

/ 21 / DIMENSION 1 DIMENSION 2 DIMENSION 3 DIMENSION 4 12 conseils pour une communication respectueuse 1.  Mettez les jeunes en annexe dans vos correspondances liées au projet. 2.  Si possible, choisissez des lieux de rencontre accessibles autrement qu’en voiture. 3.  Portez attention à la disposition de la salle : êtes-vous debout pendant que les jeunes sont assis, face à vous ? 4.  Soyez conscient de votre langage corporel : vous placez-vous dans des positions de supériorité ou d’écoute ? 5.  Évitez de monopoliser les discussions; instaurez un tour de parole; 6.  Observez si vous avez tendance à interrompre les jeunes ou à trop reformuler leur pensée; 7.  Choisissez les mots avec lesquels vous vous exprimez.

Prenez le temps de définir les concepts plus abstraits. 8.  Évitez les acronymes. Le fait que la CDEC ait établi un partenariat avec le CLSC afin d’appuyer la CRÉ dans son processus de.... ne veut rien dire pour bien des gens.

9.  Vérifiez régulièrement la compréhension des jeunes; 10.  Participez aux activités avec les jeunes plutôt que de simplement observer; 11.  Mangez la même chose qu’eux, à la même table qu’eux. 12.  Évitez de stéréotyper les jeunes, même lorsque cela vous semble positif. Si vous semblez sans cesse surpris par la qualité de leurs interventions, ils vont finir par croire que vous êtes étonné qu’ils puissent avoir des opinions !

\ 22 \ DIMENSION 1 DIMENSION 2 DIMENSION 3 DIMENSION 4 Soyez flexibles Des jeunes peuvent vouloir se joindre au projet au fil du temps.

Dans la mesure du possible, tâchez de rendre vos structures les plus flexibles possibles afin d’accueillir de nouveaux participants en cours de route. Inversement, des jeunes peuvent vouloir se retirer du projet. Il est important de s’informer des raisons de leur départ tout en respectant leur décision. Plusieurs jeunes jonglent avec des horaires très chargés. Entre l’école, le travail à temps partiel, les activités para-scolaires, les sports et des conditions familiales changeantes, les jeunes doivent composer avec plusieurs contraintes dans leur emploi du temps. Et, comme les adultes, ils apprécient aussi avoir du temps libre.

5 pièges à éviter lors des rencontres avec les jeunes... 1.  Un travail de préparation nécessitant beaucoup de lectures; 2.  De longues réunions; 3.  Un plan de travail complexe; 4.  Des procédures de réunion très formelles (l’utilisation du code Morin, par exemple); 5.  Un manque de soutien et de formation dans les cas où les jeunes doivent assurer des tâches decoordination ou de communication. Création d’un espace de collaboration respectueuse : quelques idées en rafale. La première rencontre est un moment privilégié pour établir un espace de collaboration dans lequel les jeunes se sentiront à l’aise.Voici quelques conseils pour bien mettre le projet en branle : Avant la première rencontre...

-  Faites parvenir aux participants un plan de travail préliminaire dans lequel vous indiquez les objectifs que vous aimeriez atteindre lors de cette première rencontre. L’ordre du jour doit rester relativement ouvert pour être modifié en groupe au début de la rencontre. 3 4

/ 23 / DIMENSION 1 DIMENSION 2 DIMENSION 3 DIMENSION 4 -  Assurez-vous que l’ordre du jour laisse suffisamment de temps pour des discussions de groupe et des activités. Une première réunion qui consisterait en un simple exposé linéaire de vos intentions risque d’être peu motivante pour les jeunes. -  Choisissez un lieu accessible que les jeunes connaissent comme un café, une salle communautaire ou un chalet de parc.Votre bureau à l’hôtel de ville risque d’être un lieu intimidant pour une première rencontre. -  S’il s’agit d’une première rencontre, choisissez un moment opportun pour la rencontre.

En journée sur semaine, ils sont généralement à l’école et le samedi matin, à 9 heure, il est peut-être trop tôt. -  Soyez pro-actifs dans l’organisation des transports pour les jeunes. Prévoyez des billets d’autobus, des coupons pour le taxi ou des arrangements de co-voiturage.

-  Prévoyez de la nourriture. Ne sous-estimez jamais l’attrait de ces attentions pour les jeunes. De plus, une collation ou un repas est une bonne façon de briser la glace et de créer une atmosphère plus détendue. -  Préparez du matériel pour la rencontre comme des crayons feutres, du papier, des cartons, des tableaux, etc. Même si vous ne prévoyez pas vous en servir, ils peuvent toujours être utiles. Pendant la première rencontre -  Après avoir accueilli les jeunes, prenez le temps de faire connaissance. Faites un tour de table où tous disent leur nom.Vous pouvez aussi tous répondre à une question qui permettra à tout le monde de faire plus ample connaissance.

Il est bien important de tenter de se souvenir des noms des jeunes. C’est une marque d’attention qu’ils apprécieront. Vous pouvez vous faire un diagramme où vous inscrivez les noms. -  Passez en revue le plan de travail et révisez-le au besoin avec les commentaires des jeunes. Cette étape est aussi un bon moment pour discuter de la participation attendue de part et d’autre. -  Après avoir discuté des modalités du projet, faites un échéancier avec les jeunes.Assurez-vous que cet échéancier soit visuellement clair.

\ 24 \ DIMENSION 1 DIMENSION 2 DIMENSION 3 DIMENSION 4 -  La répartition des tâches est une étape importante. Il est crucial d’être réaliste et de bien évaluer les capacités de tous. Si certains jeunes se manifestent pour certaines tâches mais qu’ils doutent de leur capacité à les accomplir, il est important de leur offrir un soutien. Ce soutien peut venir d’un adulte ou d’un autre jeune qui possède les compétences requises.

-  Désignez quelqu’un pour faire le suivi des tâches et assurez-vous que tous quittent la rencontre bien au fait de leurs responsabilités. -  Rappelez-vous que les jeunes possèdent aussi des compétences que les adultes n’ont pas.

Si vous désirez leur collaboration, c’est que vous croyez qu’ils sont aptes à prendre des décisions éclairées. Rappelez-leur qu’ils sont les experts sur plusieurs sujets sur lesquels vous travaillez.

-  Encouragez les jeunes à développer leurs habiletés et à faire profiter au groupe des aptitudes qu’ils possèdent déjà. CRÉER UN ESPACE DE COLLABORATION... En bref , une fois les jeunes rassemblés, vous devez établir avec eux les termes de la collaboration. Soyez transparents quant au niveau de participation que vous attendez des jeunes. Par la suite, fixer avec les jeunes les termes de la communication respectueuse au sein du groupe. Prenez le temps d’examiner vos rapports avec les jeunes; portez une attention particulière aux comportements qui peuvent les intimider et inhiber leur participation.

Identifiez ensuite les obstacles qui peuvent décourager la participation des jeunes. Rappelez-vous que les obstacles qui se dressent devant les jeunes sont parfois différents de ceux des adultes (transport, consentement parental, sentiment d’infériorité, etc.). Dans l’élaboration des termes du projet, évitez de reléguer les jeunes à une participation symbolique sans réel impact dans le déroulement du projet. Pour conclure, restez flexibles dans votre marche à suivre. Le succès du projet reposera en partie sur la capacité du groupe à apprendre de ses échecs.

/ 25 / DIMENSION 1 DIMENSION 2 DIMENSION 3 DIMENSION 4 DIMENSION 3 : S’OUTILLER Vous êtes maintenant dans le vif de l’action. Le principe qui doit guider cette troisième dimension de la démarche participative est l’engagement à réaliser quelque chose ensemble. C’est le moment où vous choisissez les méthodes de travail les plus appropriées pour mener à terme le projet. Profitez de ce moment pour sortir des sentiers battus et expérimenter avec de nouveaux outils de travail. Le jeu et, en général, l’action sont des approches tout à fait pertinentes pour mener à terme un projet en plus de constituer des modes d’expression privilégiés pour les jeunes.

Cette section répertorie quelques outils de travail qui pourront vous inspirer dans le diagnostic, l’exploration des solutions et dans la prise de décision.

Bougez les meubles ! L’environnement physique dans lequel se déroule une rencontre a un impact décisif sur l’attitude et la participation des personnes présentes. La disposition classique d’une salle de classe est à éviter pour susciter la participation. Une telle disposition encourage généralement une écoute passive.Voici des dispositions de salle à privilégier en fonction du but de la rencontre. Réunion Pour tenir une réunion ou un groupe de discussion, une disposition en cercle est idéale. Dans un tel cadre, les gens regardent directement la personne qui prend la parole, ce qui favorise des échanges plus directs et non médiés par une personne en position d’autorité.

Présentation Une disposition en U (ou en cercle) est plus appropriée pour une présentation. Cela favorise les échanges tout en concentrant l’attention vers les personnes qui font la présentation et animent la discussion.

\ 26 \ DIMENSION 1 DIMENSION 2 DIMENSION 3 DIMENSION 4 La marche exploratoire Une marche exploratoire est une méthode pouvant s’avérer utile pour les problématiques liées à la sécurité routière et à la mobilité des jeunes. Il s’agit d’une méthode appropriée pour poser un diagnostic sur une situation. 1.  Prévoyez des cartes géographiques du lieu ciblé, des appareils photos, des tables à dessin et des crayons.

2.  Formez un groupe de jeunes et déterminez avec eux le territoire à explorer. 3.  Au cours de la marche, recueillez les impressions des jeunes sur les lieux visités. Quels lieux aiment-ils ? Pourquoi ? Quels lieux ne sont pas assez sécuritaires ? Quels lieux trouvent-ils jolis ou laids ? Invitez-les à prendre des photos pour répertorier ces lieux. 4.  Laissez les jeunes guider la marche. 5.  Demandez-leur de tracer sur une carte les chemins qu’ils empruntent quotidiennement.Vous pouvez leur demander de marquer en vert les sections du trajet qu’ils apprécient et ceux qu’ils n’aiment pas.

Portez une attention particulière aux raccourcis qu’ils prennent et aux sentiers qui ne sont pas indiqués sur les cartes officielles, ils en disent beaucoup sur les habitudes de mobilité des jeunes.

6.  La marche peut aussi être faite à vélo, en planche à roulette, en patin. Tout dépend des intérêts des jeunes et de la distance à parcourir. Le sondage Le sondage est une méthodologie fréquemment utilisée par les adultes pour connaitre l’opinion des jeunes. Il s’agit d’une méthode utile pour établir le diagnostic d’une situation ou pour tester quelques pistes de solution. Impliquez les jeunes dans la création d’un sondage en lien avec une problématique qui les concernent. Prêtez attention à la façon dont ils formulent les questions et au format qu’ils adoptent : ce sont des éléments évocateurs des sujets significatifs pour les jeunes.Assurez-vous de valider le format du sondage auprès des jeunes avant de l’utiliser.

1.  Prévoyez un sondage relativement court.Trop long, c’est intimidant pour les jeunes. 2.  Employez un langage simple. Les jeunes peuvent comprendre l’idée derrière un concept (citoyenneté, délinquance, etc.) sans connaître le mot précis qui s’y réfère. 3.  Partagez les résultats rapidement. Même si les détails de la compilation peuvent prendre plus de temps à l’interne, les jeunes apprécient avoir un suivi pour connaitre les résultats des grandes lignes du sondage.

4.  Interprétez les résultats avec les jeunes. Certains résultats peuvent surprendre à la fois les adultes et les jeunes.

Prendre le temps d’interpréter les résultats lors d’une discussion de groupe peut s’avérer révélateur à plusieurs niveaux. 1 2

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