Nouveauxcomportements les - EPFL Alumni

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3 N O U V E A U X C O M P O R T E M E N T S L E S MOBILITÉ EMPLOI SANTÉ TOURISME • Le magazine des diplômés de l’EPFL Juin 2016 No 4 Un alumnus au pôle Nord p.8 Martin Vetterli p.26

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4 Nous vous aidons à les protéger Vos idées vous appartiennent Brevets Marques Designs Veille technologique P&TS SA / Av. Jean-Jacques Rousseau 4 / Case postale 2848 / 2001 Neuchâtel Tél. + 41 - 032 - 7271427 / Fax + 41 - 032 - 7271424 / info@patentattorneys.ch / www.patentattorneys.ch

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C’est également vers le futur que se tourne ce numéro du magazine Alumnist à travers son dossier consacré aux «nouveaux comportements». Les nouvelles technologies, ainsi que les nouveaux modes de fonctionnement individuels et collectifs, sont de formi­ dables opportunités pour innover dans les domaines qui nous concernent au quotidien: notre alimentation, nos habitats, nos déplacements… Sans prétention d’exhaustivité, ce dossier propose un panorama d’une mutation dont nous sommes à la fois les témoins et les acteurs, et offre de nombreuses pistes de réflexion pour nos vies profes­ sionnelles, personnelles, ainsi que pour les domaines de recherche à l’EPFL. Ce 4e numéro d’Alumnist vous procurera donc, je l’espère, l’envie de découvrir les innovations actuelles et futures, ainsi que celle d’accompagner votre Ecole dans ses défis de demain. || Alumnist Préambule Chères diplômées, chers diplômés, Comme vous le savez, 2016 constitue ma dernière année à servir l’EPFL en tant que Président. Le professeur Martin Vetterli a été nommé en février dernier par le Conseil fédéral, sur proposition du Conseil des Ecoles polytechniques fédérales, et prendra ses fonctions en janvier 2017. Ses qualités reconnues et son expérience sont autant de garanties pour offrir un futur radieux à notre Ecole. Pour ma part, l’année en cours constitue un défi passionnant afin de transmettre à mon successeur une Ecole toujours plus dynamique, et d’assurer une transition sereine.

Autre nouveauté pour cette année: l’inauguration sur le campus du bâti­ ment ArtLab, situé juste en dessous de l’Esplanade. Riche de ses pavillons dédiés aux grands projets de recherche de l’EPFL, aux expositions muséales, et aux archives du Montreux Jazz Festival, celui-ci constituera une véritable pas­ serelle entre science, technologies, arts et société. En tant que diplômé-e-s de l’Ecole, nous sommes heureux de vous inviter à le visiter en avant-première le 4 novembre prochain, dans le cadre du premier Gala EPFL Alumni. �L’année en cours constitue un défi passionnant� Patrick Aebischer, Président de l'EPFL 3

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E d i t o Chères diplômées, chers diplômés, Ce début d’année 2016 fait souffler un vent de nouveauté sur le réseau des alumni. Ces nouveau­ tés commencent directement dans votre poche, avec une toute nouvelle version de l’application PocketCampus, qui vous permet désormais de rester connecté avec les autres diplômé-e-s, de tenir vos données à jour, et de vous inscrire aux événements se déroulant près de chez vous, depuis votre smartphone.

Autre nouveauté, la création de plusieurs «Clubs» alumni dans les mois à venir. Le premier d’entre eux: un club consacré aux femmes ingénieures diplômées de l’EPFL, elles qui ne représentent aujourd’hui qu’un peu plus d’un quart des alumni. L’objectif: identifier et implémenter des solutions pour mieux valoriser les carrières de nos alumni femmes. L’EPFL Alumni a également coordonné pour vous la toute première présence de l’Ecole à un événement sportif majeur: les 20 km de Lausanne. Plus de 500 coureurs (diplômé-e-s, étudiant-e-s, collaborateur- trice-s) étaient réunis sous les couleurs de l’EPFL pour un moment de sport et de bonne humeur en avril dernier. Nous espérons que son succès en appellera d’autres, en vous donnant envie de vous réunir autour de l’Ecole pour des compétitions sportives, en Suisse comme à l’étranger. Enfin, n’oubliez pas de vous inscrire au tout pre­ mier Gala des Alumni, qui aura lieu le 4 novembre prochain, pour des retrouvailles et des décou­ vertes hautes en couleur. Nous nous réjouissons de vous voir lors de cette soirée exceptionnelle. Nous espérons que vous partagez notre enthou­ siasme pour ces nouveautés, ainsi que pour ce magazine au cœur duquel vous pourrez une nouvelle fois découvrir la variété des carrières et histoires individuelles des alumni. Je vous souhaite une excellente lecture! || Annelies Garcia, directrice de l’EPFL Alumni 4 Alumnist Edito Sommaire PLONGÉE POLAIRE AVEC GHISLAIN BARDOUT Diplômé en Génie mécanique en 2009, l’explorateur documente depuis 2010 la vie sous la banquise grâce aux missions Under the Pole.

8 VOLÉE DE PHYSIQUE 1995: LA VIE APRÈS L’EPFL Entre souvenirs de campus et trajectoires de vie, cinq diplômés évoquent leur parcours. 24 Under The Pole - Pôle Nord 2010 EPFL / DR

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5 DOSSIER: LES NOUVEAUX COMPORTEMENTS De la finance à la mobilité, de la santé au travail, la déferlante du numérique et les nouvelles technologies bouleversent la société et définissent de nouveaux usages. LE FUTUR PRÉSIDENT DE L’EPFL Portrait de Martin Vetterli, qui prendra ses fonctions à la présidence de l’Ecole en janvier 2017. DES DIPLÔMÉS CHEZ FISCHER CONNECTORS Mondialement reconnue pour ses innovations dans le marché de la connectique, l’entreprise vaudoise emploie de nombreux alumni et anciens collaborateurs de l’EPFL.

13 26 UN ALUMNUS PASSIONNÉ De la recherche aux MOOCs, en passant par le soutien aux start-up, Roland Loos (EL’87) s’implique dans de nombreux projets EPFL. 28 18 Alumnist Sommaire Thierry Parel Thierry Parel Alain Herzog / EPFL

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Gilles Nahon 6 Alumnist E P F L A L U M N I L A SEED N IGHT 21 AVRIL 2016 La Seed Night de l’EPFL Alumni a eu lieu le 21 avril 2016 au Rolex Learning Center de l’EPFL. L’événement a rassemblé 15 start-up à fort potentiel issues de l’EPFL et du canton de Vaud, des Business Angels, des cadres de l’industrie et des alumni pour un total de 250 invités. Un grand succès et une belle soirée pour tous les amateurs d’innovation. Plus d’informations et de photos sur le site de l’EPFL Alumni. Gilles Nahon Gilles Nahon Evénements

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7 DR DR Alumnist C ’ E S T A R R I V É P R È S D E C H E Z V O U S VISITE DE L’ECAL LAB 26 MAR S 2016 L’EPFL+ECAL Lab est une unité de l’EPFL créée en 2003 par Nicolas Henchoz, ancien porte-parole de l’EPFL, et son équipe, en collaboration avec la Haute Ecole d’arts appliqués de Lausanne (ECAL). Le laboratoire, situé au sein de l’ECAL, a pour vocation d’explorer le potentiel des nouvelles technologies à travers le design – c’est-à-dire de stimuler l’innovation aux in- terfaces entre technologie, design et architecture. Les alumni ont eu l’occasion de visiter le laboratoire le 26 mars 2016. V ISITE D E PHON AK 8 D É C E M B R E 2 0 1 5 Vous vous souvenez de la victoire d’Alinghi lors de l’America’s Cup en 2003? Des systèmes de communication sans fil issus de la technologie innovatrice de l’entreprise Phonak (Groupe Sonova) y avaient déjà joué un rôle crucial. Phonak développe, produit et distribue mondialement des systèmes auditifs de pointe et des appareils sans fil depuis plus de soixante ans. Quarante alumni de l’association Suisse orientale ont eu l’opportunité de visiter l’entreprise basée à Stäfa (ZH).

MARTIN VETTERLI EN ASIE 2 4 E T 2 5 M A R S 2 0 1 6 De passage en Asie pour le congrès international sur l'acoustique et le traitement du signal (ICASSP), Martin Vetterli en a profité pour rencontrer les alumni vivant sur place. Il a ainsi eu l'occa­ sion de partager un moment avec les diplômés vivant à Shanghai le 24 mars dernier, et ceux à Singapour le 25 mars. DR FCasas FCasas Evénements

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8 Un alumnus sous la banquise Ghislain Bardout (GM’09) mène depuis 2010 des missions d’exploration baptisées Under The Pole, visant à documenter la vie sous la banquise. Texte: Arnaud Aubelle S i chacun se représente aisément les étendues blanches du Cercle polaire, on a longtemps ignoré ce qui se passait sous ces immenses plaques de glace. Depuis son diplôme EPFL obtenu en 2009, Ghislain Bardout documente ce monde jusqu’ici méconnu et en rap­ porte des images à la fois spectaculaires et d’une grande valeur scientifique. Cette vocation d’aventurier s’est construite pas à pas. Elle est d’abord le fruit d’un rapport à la nature établi très tôt, au fil d’une jeunesse passée sur les rives lémaniques et ponctuée de nombreuses plongées dans le lac. Elle est aussi due à une rencontre: celle faite à l’âge de 25 ans avec l’explorateur Jean-Louis Etienne. Alors à l’EPFL, Ghislain Bardout décide de mettre ses études en suspens durant deux ans pour l’accompagner dans le projet Total Pole Airship, mission scientifique ayant pour but l’exploration en dirigeable de la banquise. L’expédition, interrompue début 2008 suite à un accident, constitue néanmoins sa première approche de la banquise et la source d’une unique motivation: y revenir.

De retour à Lausanne, il obtient son diplôme en Génie Mécanique tout en travaillant à l’écriture de sa première ex­ périence en tant que chef d’expédition: Under The Pole. La première étape de six mois consiste en une étude de faisabilité qu’il prépare seul. Un cap important est franchi en mars 2008 lorsque Rolex s’intéresse au projet, puis lorsqu’un accord est trouvé quatre mois plus tard: c’est le premier sponsor majeur, celui qui offre au projet toute sa crédibilité et fait basculer Under The Pole du papier à la réalité. «La préparation d’une Ghislain Bardout − Lucas Santucci / Under The Pole − Groenland 2015 Alumnist Projet Ghislain Bardout (devant à droite avec son chien) et son équipe lors de la mission Under The Pole II. A gauche, sa femme et son fils, qui ont pris part à l’expédition.

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9 telle expédition est constituée d’une succession de barrières à faire tomber, comme dans un projet entrepreneurial, souligne Ghislain Bardout. L’accord avec le premier sponsor était l’une des plus importantes.» L’expédition débute le 26 mars 2010 après plusieurs phases d’entraînement. Seul à initier le projet, Ghislain Bardout est désormais rejoint par sept collabora­ teurs formant une équipe polyvalente, à même de progresser sur la banquise, et disposant chacun d’une spécialité (photographe, infirmier, mécanicien…). Cinquante et une plongées sont effec­ tuées et permettent de rapporter des images uniques au monde. Au retour, le projet vit à travers différents médiums qui permettent de découvrir toute la richesse de l’entreprise: la réalisation d’un film diffusé dans l’émission Thalassa en France et sur la chaîne du National Geographic à l’international, d’un livre, la rédaction de publications ou encore des programmes éducatifs mis en place en collaboration avec l’Education nationale française. L’ensemble de ces éléments permet de proposer au grand public un kaléidos­ cope de la vie polaire sous-marine. Fort de ce premier succès, Ghislain Bardout et son équipe travaillent à une nouvelle expédition: Under The Pole II, qui se déroule à partir de janvier 2014. Alors que la première mission avait duré quarante- cinq jours, ce nouveau projet est d’une toute autre ampleur. Il est réalisé sur vingt et un mois et 300 plongées sont cette fois effectuées permettant une étude encore plus complète de la faune, mais aussi de la résistance de l’être humain aux condi­ tions extrêmes (une étude sur la physiolo­ gie des plongeurs en milieu glacial est par exemple réalisée). Autre nouveauté plus personnelle: si la première expédition avait déjà été réalisée avec son épouse Emmanuelle, leur fils Robin, 2 ans au moment du départ, fait à présent partie de l’équipage. Cette seconde expédi­ tion constitue enfin un témoignage de premier plan sur les effets dévastateurs du réchauffement climatique, à travers l’étude de la banquise et de la fonte des glaces, mais aussi des modifications dans la vie quotidienne des Inuits, contraints à des changements significatifs dans leurs habitudes, par exemple dans leurs méthodes de pêche et de chasse. Si les compétences techniques acquises lors de ses études lui sont extrêmement précieuses, Ghislain Bardout souligne également un autre apport décisif de sa formation d’ingénieur EPFL: la capacité à endurer une très forte masse de travail et à résister à la pression. Enfin, c’est cette formation d’ingénieur qui a initia­ lement séduit Jean-Louis Etienne et a donc permis de lancer sa carrière d’explorateur.

Aujourd’hui, Ghislain Bardout et sa femme travaillent à l’écriture d’une troisième expédition Under The Pole en établissant un calendrier prévi­ sionnel ainsi que la feuille de route de la mission. Un important travail de préparation est également fait avec les différents partenaires institutionnels et privés. Parallèlement, il pose les bases d’un nouveau projet à l’ambition inédite: l’élaboration d’un sous-marin scientifique révolutionnaire, qui per­ mettrait des plongées de longue durée à des profondeurs extrêmes. Le projet, qui n’en est aujourd’hui qu’à ses prémices et demandera quatre ou cinq années de développement, correspond en tout point à la philosophie de l’explorateur, qu’il résume en quatre mots: «innova­ tion, travail, passion et persévérance». || Lucas Santucci / Under The Pole - Groenland 2014 Lucas Santucci - Martin Mellet / Under The Pole - Groenland 2014 Alumnist Projet Franck Gazzola / Under The Pole - Groenland 2015 Plus d’images et de détails sur les expéditions Under The Pole sont disponibles sur www.underthepole. com. Pour ses projets futurs, Ghislain Bardout est en recherche de partenaires scientifiques ou financiers. Si vous êtes intéressé-e, n’hésitez pas à prendre contact: ghislain@underthepole.com.

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Alumnist Equipe 10 Les 20 km de Lausanne aux couleurs de l’EPFL Le 24 avril dernier, l’Ecole était pour la première fois représentée lors de la plus célèbre des courses vaudoises par une équipe de plus de 500 coureurs. U n beau dimanche pour l’EPFL! Pour la toute première fois, une équipe aux couleurs de l’Ecole était présente sur la ligne de départ des 20 km de Lausanne. Et quelle équipe! Avec 513 coureurs et coureuses, dont 154 alumni, l’Ecole présen- tait en effet l’un des contingents les plus importants de toute la course, que ce soit sur les 20 km ou les 10 km.

Diplômé-e-s, étudiant-e-s, collaborateur- trice-s… Tous s’étaient donné rendez-vous pour partager un moment de sport et de bonne humeur, avant de se retrouver au terme de la course pour un buffet organisé par l’EPFL Alumni sur le stand de l’Ecole. Toutes nos félicitations à nos sportifs rayonnants, dont l’allant n’a en rien été stoppé par la météo capricieuse, et que nous nous réjouissons déjà de retrouver plus nombreux encore en 2017.

Et pour celles et ceux qui n’ont pas pu être présents mais souhaiteraient porter haut les couleurs de leur Ecole à travers le monde, une toute nouvelle boutique de vente de vêtements EPFL sera bientôt en ligne… Plus d’informations prochainement! || Texte: Arnaud Aubelle EPFL / Alain Herzog EPFL / Alain Herzog Gilles Nahon / Nahon.ch

Alumnist Equipe 11 Gilles Nahon / Nahon.ch Gilles Nahon / Nahon.ch Gilles Nahon / Nahon.ch Gilles Nahon / Nahon.ch

12 Alumnist PocketCampus: une toute nouvelle application pour les alumni L' EPFL partout avec vous: c’est ce que vous propose à présent PocketCampus. Jusqu’ici consacrée à la vie sur le campus, cette application s’étend à la vie des diplômé-e-s de l’Ecole et vous permet de rester connecté autant aux autres diplômé-e-s qu’à l’actualité de l’Ecole. C’est en effet un moyen facile pour consulter l’annuaire, découvrir les prochains événements se déroulant près de chez vous, ou simplement pour mettre votre profil à jour n’importe où et n’importe quand. Conçue pour offrir une utilisation simple et intuitive, elle permettra également une transition en douceur aux futur-e-s diplômé-e-s qui l’utilisent déjà actuellement sur le campus. TROIS QUESTIONS À LOIC GARDIOL (IN’12) ET AMER CHAMSEDDINE (IN’13), COFONDATEURS ET DIRECTEURS DE POCKETCAMPUS.

Quels sont les avantages de l’application pour les alumni? L’app permet aux alumni d’accéder au large réseau offert par EPFL Alumni directement depuis leur smartphone. Ceux-ci peuvent rechercher un ou une collègue de volée dans l’annuaire, découvrir les événements Alumni à venir, mettre à jour leur profil, ou encore s’informer des avantages offerts aux contributeurs et contributrices, tout ceci directement dans l’application. Pourquoi avoir intégré les services Alumni à PocketCampus plutôt que de développer une application différente?

L’app se destine bien sûr aux alumni actuels, mais aussi aux futur-e-s diplômé-e-s de l’Ecole. L’application PocketCampus étant déjà très populaire à l’EPFL, il était tout naturel d’y ajouter une section EPFL Alumni. Les futur-e-s alumni continueront ainsi à utiliser une application qu’ils et elles connaissent, et les diplômé-e-s pourront l’installer très simplement en cherchant «EPFL» sur l’App Store (iOS) ou le Play Store (Android). Il suffit ensuite de choisir «EPFL Alumni» dans le menu principal pour accéder aux services.

De même, on pourrait se demander pourquoi ne pas avoir intégré la géolocalisation. Même s’il pourrait être sympa de pouvoir retrouver en temps réel un-e diplômé-e si on est à Singapour ou Paris, cela nécessiterait que les diplômé-e-s soient géolocalisé-e-s en permanence. Ceci aurait un effet néfaste sur l’autonomie du smartphone et serait questionnable en termes de vie privée. L’annuaire cependant, qui indique la ville du lieu de résidence des diplômés, constitue déjà une bonne aide! De nouveaux développements suivront-ils dans les prochains mois?

Ce n’est qu’une première version! Pour la suite, nous souhaitons notam­ ment permettre une recherche par critères, tels que l’année de diplôme ou la section, en plus de la recherche par nom et entreprise de la version actuelle. Cela permettrait également d’ajouter un bouton «Ma volée», affichant très simplement ses collègues de promotion. Un nouveau design est également prévu pour la version Android, et pour certaines fonctionnalités sur iOS, les événements et les antennes internationales notamment. || Les alumni peuvent désormais actualiser leur profil, consulter l’annuaire et suivre les activités de l’EPFL depuis leur smartphone.

Texte: Arnaud Aubelle Pour toute remarque ou proposition d’amélioration, n’hésitez pas à nous écrire à alumni@epfl.ch Application

13 Alumnist Les alumni travaillant chez Fischer Connectors C réée en 1954 à Morges et basée depuis une dizaine d’années à Saint-Prex, Fischer Connectors est une entreprise purement vaudoise. Son rayonnement n’en est pas moins international: avec des clients répartis dans le monde entier et ses huit filiales en Europe, en Asie et aux Etats-Unis, elle est un acteur majeur du marché des connec­ teurs circulaires push-pull et des solutions de câblage robustes.

Ce succès se fonde sur l’amélioration continue et l’innovation. Une innovation qui passe autant par la gamme de produits, avec plus de 30’000 références dans le catalogue, que par une optimisation constante de l’intégralité des processus de l’entre­ prise. «Le mot clé est pour moi anticipation, souligne Dominique Glauser, CEO de l’entreprise. C’est en ancrant cette notion dans la culture d’entreprise que l’on peut répondre aux défis technologiques et faire face à la concurrence.» Installée à moins de 15 km de l’EPFL, Fischer Connectors emploie de nombreux alumni et anciens collaborateurs de l’Ecole. Quatre d’entre eux nous présentent leur métier et la manière dont cet état d’esprit se traduit au quotidien.

D ominique Glauser est depuis 2004 le directeur général de Fischer Connectors. Dès son arrivée, il met en place une culture de l’excellence. «La philosophie de l’entreprise est axée autour des attentes de nos clients et sur l’évaluation permanente de notre efficacité, afin d’y répondre en toutes circonstances», indique le CEO. De fait, le lean manufacturing, qui vise à une efficience et à une rationalisation organi­ sationnelle en continu, est en vigueur à tous les échelons de l’entreprise: dans les unités de production bien sûr, mais aussi au niveau de la prise de commandes, de la vente, du suivi de dossiers, et jusqu’à la livraison client. Tout est fait pour dimi­ nuer les stocks, le gaspillage, et réduire les délais au minimum. Dernière nouveauté à cet égard chez Fischer Connectors: l’application Product Selector sur iPad, qui permet aux forces de vente de parcourir le catalogue et de choisir directement avec le client le produit le plus adapté, lors d’une exposition par exemple, mais aussi de lui faire parvenir une offre pendant la discussion. «Lorsqu’on prend une décision, il est bien sûr tentant d’espérer un retour immédiat, souligne Dominique Glauser. Mais il est essentiel de garder en tête que les effets d’un changement dans la manière de travailler peuvent prendre du temps avant de pou­ voir mesurer un résultat probant.» Cette optique permet à Fischer Connectors d’être aujourd’hui leader sur un marché fortement concurrentiel, et de faire face aux contraintes extérieures, comme par exemple la suppression du taux plancher du franc suisse en 2015.

Entreprise internationale reconnue pour ses innovations dans le marché de la connectique, Fischer Connectors emploie de nombreux diplômés et anciens collaborateurs de l’EPFL. Ceux-ci nous présentent leur métier et dressent le portrait d’une des entreprises les plus modernes de l’Arc lémanique. Texte: Arnaud Aubelle Photos: Thierry Parel Dominique Glauser «Le niveau d’excellence et la formation pointue de l’EPFL font de ses diplômés de précieux ingé- nieurs pour Fischer Connectors» CEO Entreprise

Alumnist 14 E mployé depuis onze ans chez Fischer Connectors, Stéphane Rohrbach a d’abord géré le projet de mise en place du lean manufacturing, avant de prendre la direction des opérations puis de l’ingénierie. L’innovation est au cœur de son métier. «L’une de nos missions est d’identifier quelles sont les innovations les plus applicables pour Fischer Connectors, sachant que les meilleures sont les plus naturelles, précise-t-il. C’est-à-dire celles qui sont directement issues de points Dominique Glauser, qui a été chargé de cours et responsable du projet de robot neurochirurgical Minerva à l’Institut de microtechnique de l’EPFL, connaît bien l’Ecole et la qualité des ingénieurs qui y sont formés. «La proximité géographique joue bien sûr, mais c’est avant tout le d’amélioration que nous avons pu identifier et d’une compréhension fine des besoins évolutifs de nos clients.» Après un début de carrière à des postes techniques et de gestion de projet, c’est aujourd’hui son rôle de manager qui le passionne en premier lieu. «Etre respon­ sable d’une équipe de 25 personnes, c’est être responsable de chacun des pro­ jets menés par cette équipe. Cet aspect managérial est extrêmement stimulant et demeure l’aspect le plus excitant de mon travail.» L’esprit d’analyse et la capacité à envisager les défis sous des angles nouveaux, développés lors de sa formation à l’EPFL, lui sont essentiels au quotidien. « De même, la section Micro­ technique est d’une grande utilité pour ce type de métiers, de par le large spectre de domaines qu’elle permet de couvrir durant les études», ajoute-t-il. niveau d’excellence et la formation pointue de l’Ecole qui font des diplômés de précieux ingénieurs pour Fischer Connectors.» Une culture de l’excellence qui permet aux alumni recrutés par l’entreprise de répondre à ses ambitions de fiabilité et de vision sur le long terme. Stéphane Rohrbach (MT’96) Engineering Director «L’aspect managérial lié à ma fonction est extrêmement stimulant et excitant» Entreprise

Alumnist 15 qui s’étoffe à un rythme soutenu.» Tout le défi tient donc dans la capacité de l’entreprise à livrer ses clients dans un délai aussi court que possible après la commande. C’est justement là l’une des grandes forces de l’entreprise: par l’auto­ matisation des processus, depuis le pas­ sage de la commande jusqu’aux rapports «L a grande spécificité de la gestion de chaîne logistique chez Fischer Connectors tient dans la quantité de produits différents, ex­ plique Amir Farhoumand. Nous gérons des commandes de tailles diverses, de dix pièces à plusieurs dizaines de milliers, avec par ailleurs une gamme de produits avec les fournisseurs et au transport, les délais de livraison ont été divisés par deux au cours des six dernières années, et ce, tout en réduisant le volume des stocks. Une optimisation des délais qui demande une grande capacité d’adaptation. Cette adaptabilité, Amir Farhoumand l’a acquise à l’EPFL, où tant ses études que sa vie associative lui ont servi de terrain d’expérimentation. Au sein de l’AGEPoly, il a en effet eu l’occasion de traiter avec des interlocuteurs très différents, des étudiants à la direction de l’Ecole, ou encore de faire ses premières armes dans la gestion de budget. La variété des problématiques quotidiennes auxquelles il est aujourd’hui confronté, associée au fait d’évoluer dans une structure qui lui donne les moyens d’y répondre, font de son métier un exercice passionnant. Et de conclure: «En huit ans chez Fischer Connectors, je n’ai jamais connu deux semaines identiques.» Amir Farhoumand (MT’04) «En huit ans chez Fischer Connectors, je n’ai jamais connu deux semaines identiques» Supply Chain Manager Entreprise

16 Alumnist J ean-Marie Buchilly dirige le service de développement des nouveaux produits. Il supervise donc la R&D, la validation des concepts et l’optimi­ sation des produits afin de répondre à la demande du marketing permettant d’introduire sur le marché les nouvelles solutions connectiques de la société. La veille technologique active fait égale­ ment partie de ses responsabilités. Cette veille s’effectue de diverses manières (presse spécialisée, expositions…) et in­ clut également l’observation des grandes tendances technologiques qui dépassent le champ unique de la connectique. Une activité captivante pour ce diplômé de microtechnique fasciné par les nouvelles technologies.

De plus en plus, le développement de produit se fait en lien étroit avec le dépar­ tement marketing, qui permet de prendre le pouls du marché. Cela se traduit par une nouvelle approche dans le lancement des nouveaux produits: ceux-ci sont aujourd’hui dévoilés de plus en plus tôt, dans le but de valider dès que possible leur pertinence et les potentiels points d’amélioration. La recherche d’excel­ lence, c’est aussi à l’EPFL que Jean-Marie Buchilly l’a acquise, notamment en étant exposé à une forte quantité et diversité de travail à gérer. «Les stages ont également constitué un moment décisif. L’immersion dans le monde de l’entreprise est une excellente chose pour tout étudiant.» || Jean-Marie Buchilly (MT’01) New Product Development Manager «Les stages en entreprise effectués lors de mes études à l’EPFL ont été décisifs» Entreprise

17 Alumnist Fondation Faites financer votre formation continue par la Fondation Acube «J'AI RÉALISÉ UNE ANNÉE D'ÉTUDE À L'ÉTRANGER GRÂCE AU SOUTIEN DE LA FONDATION ACUBE» «Lorsque j’ai été admis pour un Master en Economie et Politique de l’Energie et de l’Environnement à l’University College de Londres (UCL), j’ai compris que cette année à l’étranger aurait un coût élevé. Malgré un apport personnel, je dois remercier la Fondation Acube pour son soutien financier, sa rapidité d’engagement et son enthousiasme. Sans cette fondation, il ne m’aurait pas été possible de réaliser cette année d’étude. L’approche de l’enseignement anglo- saxonne fut une excellente découverte. Davantage axée sur le débat et les travaux de groupe, elle nécessite un développement des soft skills. Lors des entretiens d’embauche, on réalise que les recruteurs sont aussi intéressés par les qualités techniques que par les capacités humaines.

Bien que parmi les meilleures universités mondiales, UCL a une réputation moins internationale que Cambridge ou Oxford. Mais l’enseignement qu’on y trouve en fait une université que je recommande à tout diplômé EPFL désireux de parfaire sa formation d’ingénieur. J’espère que d’autres alumni pourront profiter de l’aide de la Fondation Acube dans le futur!» || «LA CONTRIBUTION D’ACUBE À MON PROJET DE MBA A ÉTÉ FONDAMENTALE» «Quatre ans après avoir été diplômé de l’EPFL, j’ai voulu donner à ma formation technique une dimension financière afin de pouvoir prétendre à un poste de cadre dirigeant. C’est précisément ce que proposait le programme du MBA de la Columbia Business School (CBS), qui m’offrait aussi la formidable opportunité de vivre à New York. Le seul hic: passer deux ans sans revenu dans l’une des villes les plus chères du monde, avec des frais de scolarité élevés. J’ai donc décidé de demander un prêt d’honneur à la Fondation Acube, qui m’a été accordé. Le MBA de la CBS propose un grand choix de cours. Une partie du programme est obligatoire en première année, mais dès la deuxième année, les étudiants peuvent choisir leur programme. J’ai opté pour les domaines de l’énergie et de la finance. Une fois diplômé, j’ai rejoint le groupe Infrastructure et Energie au sein de la Deutsche Bank. Cela a été une première expérience dans le secteur bancaire et le choc a été de taille: dans cet univers particulièrement hiérarchisé, j’ai très vite été confronté à des situations délicates en matière de confidentialité et de conflits d’intérêts. Après cette expérience intense dans le monde de la finance, j’ai ressenti le besoin d’exploiter davantage ma formation d’ingénieur. J’ai donc intégré le programme de rotation au sein de la division GE Energy Financial Services de General Electric: une expérience riche d’enseignements en matière d’investissements en infrastructures énergétiques.

Ces huit dernières années ont été bien remplies, tant sur le plan professionnel que personnel. J’ai été initié à de nombreuses notions de commerce et au monde de la finance. La contribution d’Acube à mon projet de MBA a été fondamentale, et je la remercie infiniment pour son soutien.» E ncore méconnue des alumni, la Fondation Acube est une opportunité unique de réaliser des projets de formation continue. Elle attribue chaque année des prêts à des diplômés désireux de poursuivre leur formation et d’élargir leur expérience professionnelle. Ces prêts, d’une valeur de 5’000 à 20’000 francs, sont sans intérêts. Ils permettent d’approfondir l’étude d’un domaine scientifique, de poursuivre des études postgrades (hors cursus académique) en Suisse ou à l’étranger, ou de suivre des cours de management. Deux alumni témoignent de leur expérience.

Informations et demandes sur www.epflalumni.ch/fr/ prets-dhonneur Sébastien Huberti (MT’07) Frédéric Steimer (CGC’12) DR DR Columbia Business School University College London

18 Alumnist Engagement des alumni Roland Loos: la passion comme moteur E nfant, Roland Loos était fasciné par l’espace. C’est donc en toute logique que ce Luxembourgeois d’origine s’intéresse aux communi­ cations satellites et rejoint la station terrienne de Loèche (VS) de Swiss PTT, ancêtre de Swisscom, quelques années après son diplôme EPFL. Fort de cette expérience, il fonde avec deux associés sa propre société au début des années 2000: NewSat Communications, qui propose des solutions de télécommu­ nications par satellite aux entreprises. Parmi ses clients, on trouve de grands groupes pétroliers et de gaz, pour la plupart basés à l’étranger, et notamment en Afrique. «Je me rendais sur place une semaine par mois en moyenne, précise Roland Loos. C’est ainsi que j’ai pu développer un réseau local.» Le succès de NewSat Communications est impor­ tant, à tel point que l’entreprise attire l’attention de groupes américains. En 2013, une première fusion est opérée avec ITC Global, proposant des solutions similaires à NewSat Communications, principalement aux groupes miniers, et avec qui la synergie est évidente. Puis en 2015, la société est définitivement vendue à Panasonic Avionics Corporation. Roland Loos décide de quitter la société suite à cette vente, après plus de dix ans à sa direction.

Durant son parcours professionnel, Roland Loos a conservé un œil attentif sur l’EPFL et son évolution. «De nombreux aspects du développement de l’Ecole sont pour moi admirables: sa visibilité à l’international, l’étendue des domaines de recherche, la vie sur le campus, ou encore l’augmentation du nombre d’étudiants.» Mais c’est réellement à son départ de NewSat Communications qu’il se reconnecte avec l’EPFL. Disposant désormais d’un peu plus de temps libre, il en profite pour s’intéresser aux start-up issues de l’Ecole à la suite d’un article consacré à l’investissement et au soutien à l’innovation, paru dans Alumnist en juin 2015. Il identifie plusieurs start-up pertinentes, entre autres en discussion avec la vice-présidence pour l’innovation et le transfert de technologie, et investit dans trois d’entre elles: Swissto12, qui conçoit des composants pour systèmes de télécommunications; Else, spécialisée dans les nanosattellites permettant la communication M2M (machine-to- machine); et Stérilux, qui développe un système de stérilisation de matériel hospitalier, destiné entre autres à certains pays africains. Trois start-up qui, par leur activité, correspondent à ses domaines de compétence ou d’intérêt: «Outre l’investissement financier, mon objectif est également d’être présent au Conseil d’administration afin de participer à la stratégie globale de ces entreprises.» Son investissement au sein du pro­ gramme MOOCs for Africa est d’une autre nature: il se fait par la mise à disposition de son réseau, ainsi que de temps consacré bénévolement au projet. L’enjeu du programme est triple: déve­ lopper du contenu de cours pertinent pour la formation continue, former les professeurs locaux aux technologies et à l’enseignement des MOOCs et faire pro­ gresser l’accès à internet des étudiants, bien souvent contraints d’utiliser la 3G pour se connecter en dehors des campus. A la tête d’une entreprise leader de la télécommunication par satellite durant plus de dix ans, Roland Loos (EL’87) s’implique aujourd’hui dans de nombreux projets EPFL. Son investissement dans la recherche, auprès de start-up et pour les MOOCs, témoigne de son caractère passionné et polyvalent. Portrait.

Texte: Arnaud Aubelle «De nombreux aspects du développement de l’Ecole sont pour moi admirables, dont sa visibilité à l’inter­ national et l’étendue des domaines de recherche» Roland Loos s'investit bénévolement au sein du programme MOOCs for Africa, mettant son temps et son réseau à disposition du projet. MOOCs Afrique

19 19 C’est sur ce dernier point que se portent les efforts de Roland Loos. Se rendant personnellement en Côte d’Ivoire, pays pilote pour le projet, il négocie direc­ tement avec les téléopérateurs locaux afin d’obtenir des tarifs d’abonnement avantageux pour les étudiants MOOCs. Les négociations sont actuellement en cours, et si elles aboutissent, l’objectif sera d’obtenir le même type d’accord au Cameroun et dans d’autres pays d’Afrique Occidentale. Roland Loos finance enfin pour deux ans un doctorant au sein du laboratoire Courtine. Une donation motivée par la personnalité et les compétences du Professeur Courtine, ainsi que la sensibi­ lité de Roland Loos, lui-même concerné par les enjeux de la neuroréhabilitation (son fils, en première année de Sciences de la vie, est paraplégique). Il suit depuis les évolutions attentivement, tout en insistant sur l’importance primordiale de laisser toute liberté aux scientifiques. Polyvalent, il a par ailleurs collaboré aux retransmissions des décollages, atterris­ sages et conférences de presse de Solar Impulse, et suit avec intérêt les différents projets du Swiss Space Center.

Lorsqu’on l’interroge sur les motivations de ses différents investissements person­ nels et financiers, Roland Loos évoque son envie de faire progresser les projets et de nourrir sa passion pour le domaine spatial, tout en élargissant le spectre de ses activités. «Mes décisions sont prises autant avec la tête qu’avec les tripes», confie-t-il. Une évidence pour cet alumnus curieux, passionné et au regard toujours tourné vers les étoiles. || Alumnist Thierry Parel Engagement des alumni

20 A quoi ressemble la journée de travail d’une jeune ingénieure en mécanique entourée de 38 collègues masculins? C’est pour le savoir, mais aussi et surtout pour contribuer à rééquilibrer la balance, que l’EPFL Alumni a réuni 20 diplômées bénévoles pour créer un Club EPFL Alumni femmes. Texte: Annelies Garcia Alumnist L’EPFL Alumni crée son Club Femmes D iplômées de Physique, de Méca­ nique ou de Sciences de la Vie, en 1985, en 2000 ou en 2015, le constat est unanime: trop peu de femmes sont présentes dans les métiers de l’ingé­ nierie, et encore moins à des postes dirigeants. La proportion d’étudiantes a certes augmenté ces quarante dernières années, passant de 8% en 1975 à 27,7% en 2015. Et ces étudiantes ont, qui plus est, un taux de réussite très légèrement supérieur à celui de leurs confrères mas­ culins, pour 28% de femmes diplômées à la sortie de l’EPFL. Mais c’est lorsque les diplômées entrent dans le monde du travail que les écarts se creusent. Afin d’éviter que des diplômées béné­ ficiant d’une formation d’excellence n’arrêtent de travailler ou soient freinées dans leurs carrières et leurs projets, l’EPFL Alumni souhaite se mobiliser. Deux premières rencontres ont déjà eu lieu en mars et avril 2016, au cours desquelles des actions potentielles ont rapidement été définies, dans la plus pure tradition pragmatique qui caractérise les diplômé-e-s de l’Ecole. Cinq pistes concrètes se sont ainsi dégagées: > Mettre sur pied un programme de mentorat entre alumni seniors (femmes et hommes) et jeunes diplômées arrivant sur le marché de l’emploi > Aider les femmes dans leurs carrières en leur offrant des formations continues, notamment en soft skills > Stimuler l’entrepreneuriat au féminin, par un système de coaching, mais aussi par la promotion des start-up initiées par des femmes lors de la Seed Night, l’événement annuel de l’EPFL Alumni consacré à l’innovation > Diffuser une image positive des femmes ingénieures et architectes, en leur offrant l’opportunité de venir présenter leur parcours dans les classes du primaire et du secondaire > Faire participer activement les alumni cadres à la promotion des carrières féminines dans leurs entreprises La problématique de la place des femmes ingénieures à l’EPFL et dans le monde du travail n’est pas nouvelle. Les initiatives pour y remédier non plus. C’est donc tout naturellement que le Club EPFL Alumni femmes souhaite interagir avec les structures préexistantes dans la mise en place concrète des ambitions évoquées ci-dessus: le bureau de l’égalité de l’EPFL, l’Association suisse des femmes ingénieures (essentiellement active en Suisse alémanique), ou encore la Fondation WISH, déjà active sur le campus de l’EPFL. || Un agenda de mise en place de ces différentes actions, sur lequel nous communiquerons prochainement, est en cours d’élaboration. Nous sommes par ailleurs à la recherche d’alumni cadres pouvant témoigner d’initiatives de promotion de carrières féminines mises en place dans leurs entreprises, et présenter la forme que celles-ci prennent. N’hésitez pas à nous contacter à annelies.garcia@epfl.ch.

Amaia Uriarte (GM’12) Ingénieure mécanique R&D chez MECCAD Sàrl Irene Manzella (GC’08) Maître-assistante à l’Université de Genève, Département des sciences de la Terre Elles s’impliquent Clubs

21 �A près avoir effectué mon Bachelor et Master en ingénie­ rie à l’Université de Kyoto, j’ai travaillé pour Sumitomo Metal Industries en tant qu’ingénieur. J’ai ensuite été muté en Suisse en 1977 et en ai profité pour accomplir un doctorat à l’EPFL. Dès mon arrivée, je me suis plongé dans les recherches du Professeur Wilfried Kurz, spécialiste de la solidifica­ tion. En combinant les théories les plus modernes avec mon expérience en usine, nous avons pu clarifier le phénomène de la solidifi­ cation de l’acier en fusion à Ces quatre alumni aux profils très différents démontrent que l’étude des matériaux à l’EPFL ouvre la voie à des carrières éclectiques. Ils reviennent sur leur parcours et leurs souvenirs du campus.

Texte: Julien Calligaro �D ès la fin de mon doctorat, j’ai rejoint le groupe américain de chimie DuPont et j’ai eu la chance de pouvoir travailler dans plusieurs pays, tant en Amérique du Nord qu’en Europe. J’ai touché à des domaines variés, tels que la recherche, le marketing et le business management. Je suis actuellement directeur de la recherche et de l’innovation pour le groupe Solvay, leader de la chimie mondiale. Le réseau que j’ai commencé à développer pendant mes huit ans à l’EPFL m’est très utile aujourd’hui: le caractère international de l’Ecole y est pour beaucoup. Grâce à mes études, j’ai appris à travailler en groupe et à réaliser des projets avec des contraintes de temps rigides, des compé­ tences essentielles pour une carrière dans l’industrie. Dans les années 1980, l’Ecole ressemblait peu à ce qu’elle est aujourd’hui. Mais ce qui n’a pas changé est la pas­ sion de celles et ceux qui y étudient et travaillent. Cette énergie est la meilleure mesure de son succès et du potentiel qu’elle génère.» DR DR Génie des Matériaux l’aide de la coulée continue. Cela a sans doute contribué à élever cette technologie au plus haut niveau mondial. Grâce à ma connaissance de cette matière, je suis aujourd’hui conseiller pour Nippon Steel, producteur d’acier japonais. La diversité des nationalités a rendu ma vie sur le cam­ pus très excitante. Dans le laboratoire dans lequel j’évoluais, les étudiants et chercheurs venaient autant de Suisse que de l’étranger. Je me rappelle encore de longues discussions sur des sujets intellectuellement très stimulants.» «LE RÉSEAU DE L’EPFL M’EST TRÈS UTILE» «LA DIVERSITÉ DES NATIONALITÉS A RENDU MES ÉTUDES EXCITANTES» Alumnist Section NICOLAS CUDRÉ-MAUROUX, 1985 Directeur de la Recherche et de l’Innovation chez Solvay, Bruxelles, Belgique HIROSHI TOMONO, 1979 Senior Advisor et ex-CEO chez Nippon Steel & Sumitomo Metal Corporation, Tokyo, Japon

22 �M es études à l’EPFL m’ont appris à résoudre des problèmes complexes et m’ont donné confiance en moi. Ne pas comprendre immédiate­ ment et poser des questions n’est pas un aveu de faiblesse, même lorsqu’on occupe un poste à responsabilités. Au contraire, cela permet de mieux cerner chaque problématique. J’ai passé mon diplôme à l’EPFL en 1989. A cette époque, l’Ecole ne jouissait pas encore d’une renommée internationale. Après avoir été diplômé, j’ai voulu quitter la Suisse romande et suis parti travailler chez Dow Chemical DR dans le canton de Zurich. Mais je rêvais d’une carrière internationale.

Je suis alors parti aux Etats- Unis en 1991 pour effectuer simultanément un Master en gestion d’entreprise et un autre en études internatio­ nales. Dans le cadre de mes différents emplois, j’ai par la suite travaillé et négocié avec des entreprises basées dans des pays très différents. Cela m’a appris à être patient, curieux et flexible. Des qualités précieuses pour mon emploi actuel: je suis vice-président exécutif de la société Tyco, spécialisée dans la protection incendie et la sécurité.» «JE RÊVAIS D’UNE CARRIÈRE INTERNATIONALE» �I mmédiatement après avoir obtenu mon diplôme en 2014, j’ai signé un contrat avec la marque de vélos suisse BMC comme pilote VTT profes­ sionnelle. J’ai également une fonction d’ingénieure R&D au sein de son bureau d’études. L’EPFL m’a apporté de formi­ dables bases scientifiques que j’utilise aujour­ d’hui quoti­ diennement dans mon travail. Mais ce que j’ai acquis pen­ dant ces années de formation va au-delà des connaissances scientifiques. Etudier les matériaux m’a enseigné l’humilité: la façon dont se comporte la matière est fascinante. J’ai aussi appris à m’adapter rapidement, à trouver mes propres solu­ tions et à avoir confiance en mes capacités. En raison des compétitions et des camps d’entraînements de VTT, il m’est souvent arrivé de manquer des cours. Mais il y a toujours eu des volon­ taires pour m’aider à rattraper mon retard et me donner leurs notes. Même si ma vie de sportive de haut niveau m’a passablement coupé de la vie de campus, j’ai fait de très belles rencontres.» «MES ÉTUDES M’ONT APPRIS L’HUMILITÉ» DR JOHAN PFEIFFER, 1989 Vice-président exécutif chez Tyco, Princeton, Etats-Unis Alumnist Section LORRAINE TRUONG, 2014 Pilote VTT professionnelle et ingénieure chez BMC Switzerland, Granges, Suisse

SOLUTIONS CONNECTIQUES INNOVANTES www.fischerconnectors.com Faire de vos défis connectiques des succès: voilà ce qui nous motive. THE RELIABLE EXPERT

24 Alumnist Volée Volée Physique 1995 que sont-ils devenus? 24 P oursuivre sa carrière académique ou se lancer dans le secteur privé? Nombreux sont les étudiants fraî- chement diplômés à devoir résoudre ce dilemme. Si certains ont persévéré dans la recherche, d’autres alumni de la volée de Physique 1995 se sont éloignés de leur domaine d’études initial, ressentant le besoin d’atteindre des objectifs plus concrets. Chacun des diplômés interrogés souligne toutefois l’importance de cette formation, qui fournit des bases solides et un bon esprit d’analyse. Comment un diplôme en physique peut-il mener à l’horlogerie ou au conseil en prévoyance professionnelle? Entre imprévu et intérêt personnel, le hasard est souvent pointé du doigt par les intéressés, un hasard qui fait parfois bien les choses. || Texte: Steve Riesen GRÉGOIRE RIBORDY 45 ANS GENÈVE, SUISSE «Quelques semaines après l’obtention de mon diplôme, je suis parti au Japon pour effectuer un stage chez Nikon, dans la recherche et le déve- loppement. Je suis ensuite revenu en Suisse pour y passer mon Doctorat en physique quantique à l’Université de Genève. En 2001, j’ai fondé mon entre- prise ID Quantique, spécialisée dans la cryptographie quan- tique. L’objectif: développer et commercialiser un prototype élaboré durant mon doctorat, afin de fournir aux entreprises des équipements de très haute sécurité pour les protéger des attaques informatiques. Nous collaborons régulièrement avec l’EPFL et l’Université de Genève: leurs avancées nous permettent de réduire les risques et nous les aidons à enrichir leur recherche avec des résultats concrets.» LÉONORE MIAUTON 44 ANS CHEXBRES (VD), SUISSE «Quand je repense à mon parcours, je le vois un peu comme une mosaïque. Après deux ans de recherche en optoélectronique à l’EPFZ, j’ai compris que je voulais rester dans le domaine de la recherche, mais sans en faire moi- même. J’ai suivi mon mari à Baltimore en 1999, où j’ai travaillé dans le marketing pour l’Université Johns-Hopkins. En 2003, j’ai à nouveau changé de continent pour m’installer à Singapour, où j’ai monté ma propre société en informatique. Je suis revenue en Suisse en 2009. J’ai été engagée à l’EPFL comme Community Manager pour le projet de recherche Nano- Tera, puis comme administratrice du Programme des pôles de recherche nationaux en oncologie (NCCR). Depuis 2013, je m’occupe de la gestion des projets scienti- fiques à l’institut IDIAP.»

25 Alumnist Volée 25 OLIVIER KERN 44 ANS BERNE, SUISSE «J’ai poursuivi mes études avec un doctorat à l’Université de Berne, où j’ai participé au développement d’un spectromètre de masse qui a été envoyé sur un satel- lite. A cette époque, j’étais fasciné par la physique, mais je me suis rendu compte que la recherche était un travail de fourmi et que j’avais besoin de résultats plus concrets. A la suite d’un séminaire sur les assurances sociales, je me suis lancé dans l’activité de conseil en prévoyance professionnelle en 1999. L’approche très pra- tique des mathématiques m’a beaucoup plu. En 2004, j’ai passé mon Diplôme fédéral d’expert en assurances de pensions. Depuis, j’ai la chance de transmettre mon savoir à des actuaires ju- niors avec qui j’ai des échanges très intéressants, car ils abordent parfois les problèmes sous un angle nouveau.» Cette photo a été prise au Polydôme en mars 1995.

EPFL / DR AUDE BILLARD 45 ANS LAUSANNE, SUISSE «Après mon diplôme, je suis partie réaliser ma thèse à l’Univer- sité d’Edimbourg. J’ai obtenu mon Doctorat en intelligence arti- ficielle et j’ai ensuite fait de la recherche en Californie. Je n’avais pas prévu de rentrer en Suisse, mais j’ai reçu en 2002 une proposition pour être professeure boursière à l’EPFL, une offre que je ne pouvais pas refuser! En 2014, je suis devenue professeure ordinaire en robo- tique et microtechnique. Une différence entre l’EPFL de mes études et celle d’aujourd’hui? A l’époque, nous n’avions pas d’e-mail… C’est anecdotique, mais je ne sais même plus comment nous nous organisions! La plupart des informations devaient cer- tainement se transmettre par le bouche-à-oreille.» FRÉDÉRIC OULEVEY 44 ANS SAINT-GEORGE (VD), SUISSE «J’ai poursuivi mon cursus à l’EPFL avec un Docto- rat en physique des matériaux. Lorsque j’ai dû choisir un secteur d’activité une fois mes études terminées, je ne voulais surtout pas travailler en lien avec le domaine militaire, ce qui était courant dans mon champ de recherche. J’ai alors commencé en tant qu’ingénieur chez Rolex, en 1999, car l’horlogerie m’intéressait. J’y ai exercé ensuite diverses positions managériales. En 2015, je suis devenu directeur du développement produit chez Jaeger-LeCoultre.

Je me suis très vite passionné pour ce domaine qui allie l’art et la technique. L’horlogerie nous pousse à innover constamment, tout en respectant la tradition. Une fois qu’on est entré dans cet univers, on ne peut plus le lâcher.»

26 Alumnist EPFL Martin Vetterli sera le nouveau président de l'EPFL Né à Soleure le 4 octobre 1957, Martin Vetterli a suivi sa scolarité et effectué sa maturité dans le canton de Neuchâtel. Ingénieur en génie électrique de l’ETHZ (1981), diplômé de l’Université de Stanford (1982) et docteur en sciences de l’EPFL (1986), Martin Vetterli a ensei­ gné à la Columbia University comme professeur assistant puis associé. Il a ensuite été nommé professeur ordinaire au département du génie électrique et des sciences de l’informatique de l’Uni­ versité de Berkeley, avant de revenir à l’EPFL en tant que professeur ordinaire à l’âge de 38 ans. Il a également enseigné à l’ETHZ et à l’Université de Stanford. Ses activités de recherche centrées sur le génie électrique, les sciences de l’infor­ matique et les mathématiques appli­ quées lui ont valu de nombreuses récom­ penses nationales et internationales, parmi lesquelles le prix Latsis National, en 1996. Il est Fellow de l’Association for Computing Machinery et de l’Institute of Electrical and Electronics Engineers et membre de la National Academy of Engineering (NAE) notamment. Martin Vetterli a publié plus de 170 articles et trois ouvrages de référence. Ses travaux sur la théorie des ondelettes, utilisées dans le traitement du signal, sont reconnus par ses pairs comme étant d’une portée majeure, et ses domaines de prédilection, comme la compression des images et vidéos ou les systèmes de communication auto-organisés, sont au cœur du développement des nouvelles technologies de l’information. En tant que directeur fondateur du Pôle de recherche national «Systèmes mobiles Le futur président de L’EPFL a été nommé le 24 février dernier par le Conseil fédéral, qui a confirmé la proposition du Conseil des écoles polytechniques fédérales (CEPF). Le professeur Martin Vetterli prendra ses fonctions le 1er janvier 2017, succédant à l’actuel président, le professeur Patrick Aebischer.

P résident du Conseil national de la recherche du Fonds national suisse et professeur en systèmes de communication à l’EPFL, l’ingénieur Martin Vetterli, 58 ans, est un brillant chercheur, un enseignant ac­ compli et un fin connaisseur du paysage suisse de la formation et de la recherche. Il a été nommé par le Conseil fédéral à l’issue d’un processus de sélection mené par le Conseil des EPF. Le professeur Vetterli a été proposé à l’unanimité par ce dernier.

Texte: Mediacom «C’est un immense honneur de reprendre le flambeau des mains de Patrick Aebischer. L’EPFL est une magnifique école, dont la réputation sur un plan international est impressionnante. Je me réjouis de poursuivre le développement de cette institution et de l’amener plus loin encore»

27 Alumnist EPFL L’ingénieur est l’auteur d’une cinquan­ taine de brevets qui ont conduit à la création de plusieurs start-up issues de son laboratoire, comme Dartfish ou Illu­ sonic, ainsi qu’à des transferts de tech­ nologie par le biais de vente de brevets (Qualcomm). Il encourage activement les jeunes chercheurs à poursuivre ces efforts et commercialiser les résultats de leurs travaux. «C’est un immense honneur de reprendre le flambeau des mains de Patrick Aebischer, a déclaré Martin Vetterli. L’EPFL est une magnifique école, dont la réputation sur un plan international est impressionnante. Je me réjouis de poursuivre le développement de cette institution et de l’amener plus loin encore.» Patrick Aebischer s’est dit «très heureux de pouvoir remettre les clés de l’Ecole à un homme aussi talentueux et éminent. J’ai une totale confiance en Martin, que je connais bien.» d’information et de communication», le professeur Vetterli est un fervent défen­ seur de la recherche transdisciplinaire. Martin Vetterli connaît l’EPFL de l’inté­ rieur. Alumnus de l’Ecole, il y enseigne depuis 1995, a été le vice-président chargé des relations internationales puis des affaires institutionnelles entre 2004 et 2011, et doyen de la Faculté informa­ tique et communication en 2011 et 2012. Aujourd’hui, en parallèle à sa fonction de président du Conseil national de la recherche du Fonds national suisse qu’il occupe depuis 2013, il dirige le Labora­ toire de communications audiovisuelles (LCAV) de l’EPFL.

Martin Vetterli a accompagné plus de 60 doctorants en Suisse et aux Etats-Unis pendant leur thèse et se fait un point d’honneur de suivre l’évolution de leur parcours au plus haut niveau, acadé­ mique ou dans le monde entrepreneurial. Sous la présidence de Patrick Aebischer (2000-2016), l’EPFL s’est profondément transformée. Elle est passée de moins de 5’000 étudiants en 2000 à plus de 10’000 étudiants en 2015 et le nombre de professeurs qui y enseignent a plus que doublé. Selon les principaux classements académiques, l’EPFL fait aujourd’hui partie des dix meilleures écoles d’ingénieurs en Europe et des 20 meilleures universités au monde dans les domaines de l’ingénierie. Martin Vetterli prendra ses fonctions comme président de l’EPFL le 1er janvier prochain. Il a été élu pour un mandat de quatre ans, renouvelable. || Contact pour plus d’informations: Madeleine von Holzen, porte-parole de l’EPFL madeleine.vonholzen@epfl.ch Tél. +41 79 305 86 25 Nik Hunger

28 Alumnist Dossier Depuis plusieurs années déjà, la déferlante numérique bouleverse la société en profondeur. Le développement technologique et digital ne révolutionne pas seulement l’économie mondiale, il modifie aussi fondamentalement les comportements humains. «Alumnist» fait le point. Texte: Séverine Géroudet, Céline Bilardo et Julien Calligaro Photos: Hervé Annen e faire livrer son repas d’un simple clic, recruter un nouvel employé via les réseaux sociaux, réser­ ver ses vacances grâce à son smartphone, mesurer ses battements de cœur avec un bra­ celet connecté… Inexistants il y a peu, ces gestes sont anodins et quotidiens aujourd’hui. Considérée par certains comme l’équivalent d’une troisième révolution industrielle, la déferlante numérique se distingue des évolutions qui l’ont précédée par sa puissance et la rapidité de son développement, ainsi que par les nouvelles technologies qui l’accompagnent. Elle se diffuse très rapi­ dement dans le temps comme dans l’es­ pace et change la façon que chacun a de consommer, de communiquer et même d’être. «La révolution digitale irrigue nos pratiques de manière presque banale, observe le sociologue Olivier Glassey, spécialiste des nouveaux médias. Ces quinze dernières années, elle est entrée en continu dans notre quotidien. Aucune sphère n’est préservée. L’acte de se connecter est presque devenu obsolète, on est toujours connecté.» En 2015, on dénombrait 5 milliards d’objets connectés dans le monde. Ils seront 25 milliards d’ici à 2020. Plus de 2 milliards de smartphones se trouvent ainsi sur le marché, sans parler des 2 mil­ liards d’utilisateurs Facebook, du milliard de personnes qui communiquent par WhatsApp et des milliers d’applications développées chaque semaine… L’im­ pact du numérique s’observe à tous les niveaux. «Cette transformation a débuté dès la fin des années 1990 avec la nais­ sance du web, mais tout a basculé en 2007 avec l’essor du smartphone, relève Pascal Meyer, fondateur du site de vente en ligne QoQa.ch. Avec internet dans notre poche, le smartphone est la plateforme par laquelle tout transite.» Les smartphones conduisent aujourd’hui plus de 50% de tous les trafics d’e-com­ merce. Ils sont le symbole de cette connectivité permanente qui s’accom­ pagne, selon le sociologue Olivier Glassey, d’une tendance à survaloriser l’immédiateté: «La manière de penser le temps change, les temporalités évo­ luent.

On observe une forme d’accélération par rapport aux attentes du consom­ mateur qui devient impatient. Les gens recherchent des opportunités liées à leur ‘ici et maintenant’. Ils sont en quête d’une expérience.» Si le produit est bon, le service fiable et que la techno­ logie a un sens pour eux, les utilisa­ teurs adoptent très vite de nouveaux comportements. Si tous ces éléments sont réunis, un nouvel usage peut donc rapidement devenir viral, avec internet comme vecteur.

MOBILITÉ EMPLOI SANTÉ TOURISME • S L E S N O U V E A U X C O M P O R T E M E N T S

29 Alumnist Dossier MOBILITÉ «ON NE S’ÉMANCIPE PLUS GRÂCE À LA VOITURE» Les nouvelles technologies ont un fort impact sur la mobilité. Il s’observe surtout dans la manière dont la population utilise les moyens de transport aujourd’hui, pour se déplacer de son domicile à son lieu de travail ou simplement d’un point A à un point B dans une même ville. «La perception du temps de déplacement a radicalement changé depuis dix ans, relève Vincent Kaufmann, pro- fesseur de sociologie urbaine et d’analyse des mobilités à l’EPFL. Un trajet n’est plus considéré comme un temps mort! Au contraire, les nouvelles technologies permettent aux pendulaires de travailler en se déplaçant, à tout un chacun d’être connecté et de communiquer quand il le souhaite. Le trajet peut donc être long, il servira au moins à remplir une tâche ou à envoyer un e-mail.» De même, avec le développement des véhicules autonomes, la voiture elle-même offrira de nouveaux possibles, pouvant par exemple devenir un bureau mobile.

Actuellement, la voiture individuelle «classique», par son caractère polluant et ses nombreux aspects contrai- gnants, ne semble plus séduire la nouvelle génération qui lui préfère les transports publics. «La voiture n’est plus un vecteur d’émancipation pour les jeunes, explique Vincent Kaufmann. Obtenir son permis de conduire n’a plus le même charme, les adolescents quittent désor- mais le milieu familial via les réseaux sociaux.» Et les nouveaux acteurs de la mobilité ont bousculé les modes de transports urbains. Plus besoin d’avoir sa propre voiture quand on peut en louer une au kilomètre (Mobility Carsharing), partager son trajet avec un conducteur qui se déplace au même endroit (Blablacar) ou commander un Uber en deux clics.

Directeur d’Uber en Suisse romande, Steve Salom (SC’05) observe que la population cherche à maximiser davantage les ressources qu’elle a à disposition. Et à en croire le succès de la société, qui compte déjà plusieurs dizaines de milliers d’utilisateurs réguliers en Suisse romande depuis son arrivée en 2014, Uber répond bien à une demande. «Acheter une voiture ne relève plus du même défi qu’avant, souligne Steve Salom. Le consommateur veut optimiser ses dépenses, et les services qui lui sont accessibles à travers les smartphones, comme le nôtre, lui en donnent la possibilité aujourd’hui.» Témoignage d'une utilisatrice d’Uber Liane Elias Hoffmann 45 ans «Uber est un service qui correspond totalement à nos modes de vie actuels: simple, immédiat, efficace, et qui plus est avec des tarifs abordables. En un clic on commande une voiture et cela sans avoir besoin de dire où l’on se trouve car le GPS s’en charge, on sait de manière très précise quand notre Uber arrive, avec une estimation du temps de la course et de son prix, et pas besoin d’avoir de cash ni de s’inquiéter du paiement. Ma belle- fille adolescente prend Uber, et je suis totalement en confiance, car je peux suivre le trajet de la voi- ture sur une carte et régler sa course à distance.» Pour aller plus loin Stéphanie Vincent, Emmanuel Ravalet et Vincent Kaufmann, «L’appropriation des temps et des espaces de la grande mobilité à l’ère du numérique», in Géo-regards, n° 7. Alexandre Rigal, «Avec ou sans voiture», in Urbanités, 14.09.2015.

Francis Demoz, «La voiture de demain: la révolution automobile a commencé», Nouveau Monde Editions, 2011.

Alumnist Dossier FACILITÉ D’UTILISATION ET RÉDUCTION DES COÛTS Avec cette déferlante numérique basée sur une connectivité continue est apparu un «cybermonde», nouvel espace de communication, de transaction et même de rencontre, offrant un millier de possibilités en quelques clics. De nom­ breux usages auparavant liés au monde «physique» basculent dorénavant vers ce nouveau lieu d’échange. Aujourd’hui, on fait ses courses en ligne, on lit un livre sur une tablette, on stocke ses photos sur son smartphone, on ne discute presque plus par téléphone mais par écrit via des applications connectées… «Et ce n’est que le début, car avec la réalité virtuelle, un monde parallèle plus vrai que nature est en train de se développer, observe l’entrepreneur Pascal Meyer. Son poten­ tiel est infini. Par exemple, à l’avenir, on ne testera plus physiquement une nouvelle voiture, on le fera uniquement virtuellement.» Pour Olivier Glassey, le «cybermonde» se caractérise avant tout par un flux incessant d’informations multiples. «Nous sommes passés d’un univers où l’information était difficile d’accès à un environnement où elle est pléthorique et continue, relève ce dernier. Cela a changé profondément notre façon de communiquer et de percevoir l’actua­ lité.» Lors d’un événement marquant, le flux d’informations circule en quelques minutes en ligne, à coups de hashtags, tweets de politiciens, vidéos, photos... Le récent exemple des attentats terro­ ristes en Europe a démontré la portée de ce flux ininterrompu. L’immédiateté de la diffusion a permis notamment à de nombreuses personnes de se mettre à l’abri à Paris. «L’impact est fort, poursuit l’expert. Les nouvelles technologies de l’information permettent de nous mobiliser et de nous coordonner à moindre coût.» Communiquer sans frais, mais aussi écouter un morceau de musique sans l’avoir acheté, commander un objet en ligne et le recevoir le lendemain ou encore échanger des photos, des informa­ tions et des logements, la révolu­ tion numérique permet indéniablement une facilité d’utilisation et une réduction des coûts. Elle offre, d’une certaine manière, la possibilité de consommer de façon plus intelligente, du point de vue du client. Pourquoi acheter un album de musique entier quand on peut en choisir uniquement la meilleure chanson sur iTunes? Pourquoi payer un câblo- opérateur pour la télévision alors que les systèmes de VOD comme Netflix per­ mettent de regarder ce qu’on veut quand on veut? Pourquoi avoir une voiture, si on ne l’utilise qu’une heure par jour? Autant la partager via des plateformes de covoiturage.

ALIMENTATION «SENS ET CONSCIENCE ENTRENT DANS NOS ASSIETTES» S’il est un domaine qui vit et va vivre des révolutions comportementales importantes c’est bien l’alimentation. L’enjeu est multiple. Il s’agit de conjuguer plaisir et santé, rapidité d’accès toujours plus forte – on passe en moyenne trente à quarante minutes au restaurant là où on passait une heure trente dans les années 1980 – et diversité de l’offre. Tous les grands acteurs s’y intéressent et les révolutions à venir touchent autant à l’émergence de nouveaux aliments, à la lisibilité de produits ainsi qu’aux expé­riences gustatives elles-mêmes. La spécia­ liste Christine Demen Meier, professeure à l’Ecole hôte- lière de Lausanne, constate à quel point le comportement technologique est ancré dans les habitudes des nouveaux consommateurs, mais aussi dans leur besoin de donner un sens à tout acte de consommation. L’accès à l’infor- mation est aujourd’hui plus simple et rapide. Consé- quence: la population devient plus sensible à ce qu’elle mange et exprime des attentes en termes de traçabilité des ingrédients qui constituent ses plats. Philippe Ligron, maître d’enseignement des arts culinaires et animateur radio, remarque que «le symptôme Airbnb» s’est aussi développé dans le monde de la gastronomie, avec le succès notamment d’applications comme Vizeat, qui permettent d’aller manger chez un particulier ou de partager un repas: «La population est à la recherche d’expériences humaines et de nouvelles découvertes. Et les réseaux sociaux favorisent ces échanges.» Les spécialistes observent également le rôle des nouvelles technologies dans la prise de conscience des consom- mateurs face à l’écologie et à la gestion des déchets. Dans un climat de lutte toujours plus intense contre le gaspillage alimentaire, les invendus, les restes et même les produits périmés ou les déchets, longtemps laissés pour compte, deviennent aujourd’hui des denrées d’intérêt. Des restaurants sans déchet ou cuisinant les invendus voient le jour. Le partage et la création de communautés en ligne accompagnent ce mouvement et offrent de nombreuses possibilités de consommation plus intelligentes, à l’instar de Tasty, une application permettant aux utilisateurs de rechercher des portions de plats disponibles près de chez eux qu’une personne aurait cuisinés en trop. 30 Pour aller plus loin Belkasco Warren, «Meals to come. A history of the future of food», University of California Press, 2006.

Elisabeth Sloan, «The top ten food trends», in Food Technology, avril 2015.

31 EMPLOI «LES RÉSEAUX SOCIAUX SONT DE PLUS EN PLUS UTILISÉS DANS LE PROCESSUS DE RECRUTEMENT» Le monde du travail est en pleine mutation. En cause: les nouvelles technologies. Elles permettent notamment à la main-d’œuvre d’être de plus en plus mobile, à l’image du coworking et du télétravail. Ce dernier connaît d’ailleurs un essor considérable en Suisse: plus d’un quart de la population travaille régulièrement depuis son domicile, selon une étude du cabinet de conseils, Deloitte. Mais les changements touchent également la gestion des ressources humaines et particulièrement le stade du recrutement: les réseaux sociaux y sont de plus en plus présents. On estime que seuls 4% des Américains n’utilisent jamais ces outils dans leur processus d’enga- gement. Sans surprise, LinkedIn arrive en tête des ins- truments les plus exploités par les recruteurs. Le réseau professionnel a d’ailleurs développé il y a quelques années une application permettant de postuler pour un emploi directement sur le net. «Il n’existe pas de chiffres précis sur l’utilisation des réseaux sociaux dans le processus de recrutement en Suisse, constate Mathias Rossi, directeur de l’Institut pour l’entrepreneuriat et les PME de la Haute école de gestion Fribourg HEG-FR. Le phénomène n’est pas encore très répandu, mais le mouvement est en marche.» Le développement des MOOCs représente également un nouvel outil dans le processus d’engagement. Certaines entreprises achètent des données sur les personnes qui suivent ces cours en ligne pour ensuite sélectionner des candidats en fonction de leurs notes et de leur comporte- ment. D’autres créent leurs propres MOOCs pour former de manière ciblée leurs futurs employés. Les diplômes obte- nus via des MOOCs commencent petit à petit à trouver une légitimité auprès des RH. Autre tendance, tout droit venue des Etats-Unis: la «gamification». Plutôt que de mettre en ligne une annonce, de plus en plus d’employeurs choisissent de faire jouer les candidats. «Cela permet d’effectuer un premier tri en mettant les prétendants directement en situation, explique Mathias Rossi. La méthode est surtout plus objective que les entretiens traditionnels, car elle permet d’éviter certains biais.» Alumnist Dossier Témoignage d'un enseignant et créateur de MOOCs à l’EPFL Jean-Cédric Chappelier 49 ans «Les MOOCs ont changé la forme et l’organisation du cours traditionnel, augmentant ainsi l’implica- tion et la motivation des étudiants. Ils permettent des formes d’enseignement plus variées et modulaires: vidéos, quiz, exercices… Les étudiants deviennent acteurs de leur apprentissage. Ils s’approprient les savoirs de base par eux-mêmes, à leur niveau et à leur rythme, en fonction de leurs besoins. En tant qu'enseignants, cela nous a demandé avec ma collègue Jamila Sam de repenser nos cours complètement différemment. Notre contribution à cette nouvelle forme d’ensei- gnement au travers de nos quatre MOOCs a été récompensée par le Credit Swiss Award for Best Teaching 2015.» Pour aller plus loin Sandra Enlart et Olivier Charbonnier, «A quoi ressemblera le travail de demain?», Dunod, 2013. Michel Barabel, Olivier Meier et André Perret, «A quoi ressemblera la fonction RH demain?», Dunod, 2014.

Christian Licoppe, «L'évolution des cultures numériques: de la mutation du lien social à l'organisation du travail», FYP éditions, 2009.

Alumnist Dossier DES INDUSTRIES EN PLEINE MUTATION La numérisation du monde a fait naître un nouveau modèle économique transversal, fondé sur le partage et les communautés collaboratives. «Le peer to peer et les pla­ teformes en ligne ont permis le dévelop­ pement de l’économie de partage: on peut être partout en même temps et être à la fois consommateur et producteur, client et fournisseur de services», note Andrew Tarling, chercheur associé au Global Center for Digital Business de l’IMD busi­ ness school, à Lausanne. En prônant une mutualisation des ressources, l’économie collaborative modifie les usages et le rapport à la propriété: l’essentiel n’est plus de posséder mais d’avoir un accès facilité à un service ou un bien.

De nombreux domaines et industries, de la mobilité à la finance, en passant par les médias et les services publics, sont concernés par ces nouveaux usages. Ces derniers se développent très rapidement, notamment grâce aux prestations pro­ posées par les acteurs qui arrivent sur le marché. Ces nouveaux modèles sont appelés disruptifs, car ils bouleversent totalement les modèles existants, jusqu’à les redéfinir, voire les faire disparaître. 32 TOURISME «L’EXPÉRIENCE DU VOYAGE SE DÉMOCRATISE» On ne voyage plus aujourd’hui comme on le faisait il y a quelques décennies. L’illustration la plus parlante est sans doute l’essor d’Airbnb. La plateforme d’hébergement chez l’habitant a franchi l’année passée la barre du million d’objets immobiliers répertoriés sur son site. La raison d’un tel engouement? «L’interface d’Airbnb est plus esthétique et conviviale que celle des hôtels tradition- nels, indique Roland Schegg, professeur d’e-tourisme à la HES-SO Valais-Wallis. La richesse de l’offre et la transpa- rence des informations y sont également meilleures. Cela favorise la confiance entre partenaires.» D’autre part, l’accès à des vacances haut de gamme se démocratise également. De nouvelles plateformes de réservation en ligne, proposant des offres à prix cassés, permettent aujourd’hui à chacun d’accéder à des sites d’exception à moindres frais. Dans cette même mouvance, les vacances à thème se multiplient: les séjours bien-être, trekking, gastronomie ou encore digital détox sont vendus en pac- kage. L’étape fastidieuse et chronophage de l’organisation du voyage est ainsi en partie contournée.

Enfin, et c’est l’un des changements majeurs, le voyage devient plus virtuel que jamais. Plus question de partir à l’autre bout du monde sans en informer ses «followers». Sur Facebook, Twitter ou Instagram, les proches font aujourd’hui partie intégrante de l’expédition. Le dévelop- pement de la réalité augmentée participe également à cette tendance. Cette technologie permet, à l’aide d’un casque audio et d’un masque, de parcourir Manhattan en hélicoptère ou encore d’escalader une montagne au Canada. Cette nouvelle forme d’excursion est utilisée pour l’instant par les agences de voyages – notamment Thomas Cook – dans le but de donner envie aux clients en les projetant directement sur le lieu de leur choix. Mais le pouvoir de l’image pourra rapidement prendre le dessus sur l’expérience réelle, car il permet sans coûts de se projeter dans des mondes qui ne sont pas les siens. Selon Roland Schegg, «il n’est pas impossible que la réalité virtuelle soit à l’avenir employée par une partie des consomma- teurs dans le seul but de voyager». Sans devoir se déplacer du canapé. Pour aller plus loin Peter Rubin, «The future of travel has arrived: virtual- reality beach vacations», in Wired, 18.09.14.

«L’avenir du voyage 2024», rapport de la société Sky­ scanner, 2014, consultable en ligne.

33 Alumnist Dossier FINANCE «L’HEURE EST AU SELF-SERVICE» «Le secteur de la finance fait face à un changement de paradigme, remarque Guillaume Dubray, fondateur de Fusion, un accélérateur fintech basé à Genève. Les gens ont aujourd’hui moins facilement confiance dans leur banque.» En cause: la crise financière et l’arrivée de la génération Y. Mais également le développement de la technologie financière, appelée aussi fintech. Ce cocktail explosif provoque de nouveaux comportements. On observe par exemple une augmentation des utilisateurs de services financiers sur smartphone: leur nombre pourrait doubler d’ici à 2019 pour atteindre 1,8 milliard de personnes, selon une étude du cabinet d’audit et de conseils KPMG. Quels sont les impacts sur les banques? «Les nouvelles technologies leur permettent de rationaliser leur proces- sus et de structurer leurs coûts, explique Guillaume Dubray. Elles peuvent donc augmenter leurs marges.» Mais cer­ tains établissements ont des structures informatiques très lourdes et supportent mal cette transformation, ce qui laisse le champ libre aux start-up. Ces dernières pro- posent notamment des solutions de paiements via mobile ou de transfert d’argent sans passer par les banques. Paymit et TransferWise en sont des exemples. Grâce à ces applications gratuites accessibles jour et nuit, les coûts d’un transfert d’argent sont abaissés de près de 90%. Plus d’intermédiaire, plus de frais prélevés, les transac- tions se font directement de smartphone à smartphone. Autre constat: les produits dédiés à l’origine aux investis- seurs qualifiés tendent à se démocratiser, à l’instar des trackers. Ces fonds indiciels cotés en Bourse qui per- mettent d’investir sur une multitude d’indices boursiers séduisent aujourd’hui les particuliers. Il faut dire que la technologie réduit le coût de ces outils et facilite leur uti- lisation. «L’heure est au self-service, constate Guillaume Dubray. Les gens ne s’adressent plus à des conseillers, mais comparent en premier lieu les offres et suivent ensuite les recommandations de leurs proches.» Ou celles d’intelligences artificielles: la Bank of Tokyo-Mitsubishi UF J propose à ses clients des robots-conseillers suggé- rant des placements sur la base d’algorithmes. «Des industries entières sont menacées d’être balayées par la disruption numé­ rique, observe Andrew Tarling, de l’IMD.

Qu’est devenu Kodak? Disparu! Il fait partie de l’histoire à présent. Les boule­ versements subis par l’industrie musicale depuis les années 1990 en sont également un exemple fort.» La presse, l’édition, les transports et même l’éducation avec la création des MOOCs (Massive Open On­ line Courses) connaissent des mutations similaires. «La disruption numérique a le potentiel de bouleverser et de réorganiser les marchés plus rapidement qu’aucun autre phénomène dans l’histoire, poursuit le spécialiste. Les entreprises tradition­ nelles doivent s’adapter et se transformer si elles veulent continuer d’être concur­ rentielles.» Pour l’entrepreneur Pascal Meyer, afin que la disruption demeure positive, elle ne doit pas faire disparaître complète­ ment ce que le consommateur connaît. Malgré sa forme irréversible, elle ne doit pas remplacer, mais plutôt compléter et améliorer l’expérience client. «Les anciens modèles doivent être le support de cette évolution, pour qu’on continue à s’y retrouver. Bien évidemment, comme avec tout changement, on aban­ donne forcément des prestations et des façons de faire, il n’y a qu’à voir le sort du fax ou encore des chèques.» Force est de constater que la meilleure offre, le service amélioré ou encore l’accès le plus rapide l’emportent en tout temps.

Témoignage d'une logeuse Airbnb Viviane Renaud 66 ans «Je passe plusieurs mois à l’étranger chaque hiver. Ne pas laisser mon appartement vide trop longtemps a été ma première motivation pour le louer. Le petit plus financier que cela apporte à la fin du mois n’est pas non plus négligeable. J’ai choisi de passer par Airbnb, car l’idée de l’échange de particulier à particulier me plaît et que cette plateforme est très facile d’utilisation. De plus, je fais appel à une société qui s’est développée en marge d’Airbnb, weDoux, qui s’occupe de toute la logistique, de la remise des clés au ménage. Je ne me soucie de rien, c’est vraiment optimal.» Pour aller plus loin Susanne Chishti et Janos Barberis, «The Fintech Book: The financial technology handbook for investors, entrepreneurs and visionaries», Wiley, 2016. Viktor Kanzler, «How do fintech startups and a changing consumer behavior reshape the financial services industry?», Grin, 2015. «Les fintech ou nouveaux entrants dans la banque et la finance. Des modèles qui challengent la finance traditionnelle», une étude du groupe Xerfi, 2015.

34 Alumnist Dossier HYBRIDATION DU MONDE PHYSIQUE ET NUMÉRIQUE La tension est donc aujourd’hui maxi­ male entre les acteurs traditionnels et les acteurs digitaux. Les premiers exercent dans un cadre fortement régulé et taxé, alors que les seconds s’éman­ cipent des frontières, des réglementa­ tions et autres charges sociales. Dans ce contexte, la grogne des hôtels face à Airbnb ou des médecins qui voient leur cabinet classique remplacé par un cabi­ net numérique, semble légitime. Mais l’arrivée des nouvelles technologies a également permis de mettre en lumière les biais de certaines industries. Avec l’arrivée d’Uber en France par exemple, le mécanisme des ventes exorbitantes de licences de taxis a été mis en exergue. «De nombreuses règles et nouveaux fondements sont à créer pour arbitrer les activités de ces nouveaux acteurs, souligne le sociologue Olivier Glassey. Il s’agit d’une nécessité qu’on ne peut pas sacrifier au seul développement technologique.» Certains systèmes, compétences et rôles devront être repensés en profondeur.

Du point de vue de certaines industries qui peinent à évoluer rapidement, la révolution numérique comporte de nombreux points négatifs, mais du côté du consommateur, l’expérience semble majoritairement positive. Elle n’est pourtant pas sans risques. Beaucoup de jeunes construisent aujourd’hui essentiellement leur sociabilité en ligne, via les réseaux sociaux. Il faut veiller à ce que les rapports virtuels ne prennent pas le pas sur les rapports humains. Cet univers sans fin et sans limite peut créer une forme paradoxale de solitude connectée. «Comment, en tant qu’hu­ main, trouver sa place dans ce système- là? Comment faire en sorte qu’il reste à taille humaine? s’interroge Olivier Glassey. L’hybridation du monde physique et numérique est primordiale. L’enjeu est de réussir à se servir de ces outils numériques pour qu’ils nous apportent quelque chose dans la vie réelle. Il faut apprendre à naviguer simultanément dans les deux univers.» L’émergence de l’économie de partage prouve que l’on est sur la bonne voie. La solidarité est loin de disparaître. Le numérique devient un support et un vecteur d’échanges menant à un réel lien social, à l’image du covoiturage, du logement chez l’habitant ou du partage de repas. De même, les marques qui fonctionnaient essentiellement en ligne jusqu’alors créent aujourd’hui des événements ou des lieux de vente éphé­ mères pour provoquer la rencontre. «Le numérique permet de rassembler une quantité impressionnante de personnes, de former de vraies communautés, re­ lève l’entrepreneur Pascal Meyer. C’est ce qui fait sa force, mais cette proximité virtuelle doit aussi être transposée dans des événements physiques. Il faut pré­ server le contact humain.» UNE PLACE À RENÉGOCIER Le droit à la déconnexion n’est pourtant pas évident actuellement. L’explosion d’offres de «digital detox» démontre qu’il est devenu difficile d’y arriver par soi-même. La connexion continue est une injonction à être réactif. Une forme de dépendance se crée. Le raz-de-marée d’informations reçues donne le vertige, il devient difficile de s’y retrouver, de démêler le vrai du faux. «Le défi est de retrouver de la lisibilité, savoir trier, retrouver du sens, souligne Oliver Glassey. Il ne faut pas perdre de vue que l’univers numérique n’est pas juste un univers entre humains, il est régi, et parfois biaisé, par des algorithmes ou des social bots invisibles qui vont par exemple décider de ce qui est inté­ ressant pour chacun, sur la base de nos actions en ligne.» SANTÉ «LA SANTÉ DEVIENT MOBILE ET PERSONNALISÉE» «Les domaines de la santé et de la médecine se situent aux prémices d’une évolution majeure.» Pour Bertand Kiefer, rédacteur en chef de la Revue médicale suisse, les smartphones, les objets connectés et autres sys- tèmes embarqués transforment la santé, qui devient de plus en plus mobile et personnalisée. «Ces nouveaux outils de mesure et de contrôle ont un impact majoritai- rement positif, car ils permettent aux gens de devenir acteurs de leur santé, les poussant à être plus attentifs et à adopter des démarches plus préventives, remarque le spécialiste. A terme, ces nouveaux usages vont aussi reconfigurer la médecine, la manière de soigner et de se soigner, ainsi que le rôle même des hôpitaux, qui ne sera plus central, car le parcours du patient deviendra davantage ambulatoire.» En effet, le médecin pourra suivre son patient à distance grâce aux données récol- tées et transmises par ces outils. De même, beaucoup de choses qui relevaient des compétences du personnel soignant passeront entre les mains des malades. Bientôt de nombreux tests, par exemple sanguins, mais aussi de véritables examens seront effectués à domicile par le patient lui-même.

Le quantified self, ou auto-mesure, et la mobile health s’accompagnent d’un impressionnant flux de données qui transitent dans le «cybermonde». Même les capteurs non destinés à un usage médical, comme le GPS, peuvent aujourd’hui donner des informations sur la santé de quelqu’un: par exemple une personne dépressive marchera plus lentement, se déplacera moins fréquemment... «Ces données sont à la fois une source d’informations précieuse pour la médecine et la recherche scientifique, mais sont aussi une mine d’or pour les entreprises qui les gèrent, en particulier celles du Big Data, observe Bertrand Kiefer. Il faut donc être attentif à ces nouveaux pouvoirs et ne pas se montrer trop naïf. Il faut également faire attention à ce que la surveillance ne se traduise pas par une normalisation des comportements ou une augmentation des tendances hypocondriaques de chacun. La responsabilité des soignants n'est pas d'empêcher l’auto-mesure mais de l'accompagner d'une éducation, d'un partage de savoir, d'une nouvelle health literacy». Pour aller plus loin Jean-Yves Nau, «L’arrivée annoncée du patient virtuel, numérique et personnalisé», in Revue médicale suisse, 16.04.2014.

Bertrand Kiefer, «Des médecins, la techno- logie fera-t-elle des infirmières?» in Revue médicale suisse, 26.08.2015. Guy Vallancien, «La médecine sans méde- cin? Le numérique au service du malade», éditions Gallimard, 2015.

35 Alumnist Dossier Là se situe le danger. Les systèmes sont en effet peu transparents. A l’ère du Big Data, chacun laisse des traces sur la toile. Comment ces données person­ nelles sont-elles utilisées et à quelles fins? Ces systèmes sont encore très jeunes. Leur aspect disruptif pousse à abandon­ ner certains usages au profit de nouvelles offres, mais ces dernières seront-elles encore attractives à l’avenir? Quel sera le coût de ces changements? De plus, la plu­ part de ces nouveaux outils numériques sont contrôlés par de grandes sociétés qui étendent leur monopole. Comment continuer à être des acteurs et des citoyens de ce monde-là et pas juste des clients? Pour Olivier Glassey, il est impor­ tant que tous ces changements restent souhaités et non subis sous la pression des seuls puissants de ce monde. Sans compter que bientôt, les machines seront de plus en plus capables de prendre elles- mêmes des décisions. «Le présent du numérique est porteur de mondes et de scénarios d’avenir très différents, estime le spécialiste. Je ne les vois absolument pas comme étant forcément des scénarios catastrophes, au contraire. Cependant, il est certain que notre place en tant qu’humain devra être revendiquée et renégociée.» Il faudra faire un effort conséquent d’éducation et de formation autour de la mutation en marche pour rehausser et valoriser le capital humain. Aux pouvoirs publics à présent de prendre leurs responsa­ bilités face à cet enjeu, en élaborant notamment un cadre réglementaire, concurrentiel et fiscal compatible avec l’innovation, en garantissant la qualité des données, qui deviennent un élément clé des libertés individuelles, et en contribuant à faire émerger une gouver­ nance internationale du numérique. || Témoignage d'un adepte du «quantified-self» Gregory Teichmann 37 ans «En tant que sportif faisant de la compétition cycliste, je m’auto-mesure pour calculer mes performances et ma progression. J’utilise un cardiofréquencemètre pour mesurer mes pulsations ainsi qu’un capteur de puissance, qui calcule les watts que je dépense pour faire avancer le vélo. Ces outils permettent de rendre l’entraînement plus ciblé et personnalisé. Les sportifs connaissent l’auto-mesure depuis long- temps. Aujourd’hui, avec le boom des bracelets connectés, ce comportement est à la portée de chacun. C’est simple et ludique et cela permet souvent de prendre conscience de son état et de sa forme physique.»

36 Alumnist Ecole 36 Depuis sa création, l’EPFL n’a cessé d’évoluer, de grandir et de se développer, perfectionnant son ensei­ gnement et élargissant ses domaines de recherche, pour acquérir le niveau d’excellence et la renommée internationale dont elle bénéficie aujourd’hui. Alumnist s’est penché sur ces quarante dernières années, et plus particulièrement sur les années 1975, 1995 et 2015, pour illustrer la croissance de l’Ecole à travers quelques données significatives. En quarante ans, le pourcentage d’étudiantes a triplé, porté par la politique égalitaire de l’EPFL. Malgré une baisse de la fréquentation d’étudiants étrangers dans les années 1990, celle-ci n’a cessé de s’accroître par la suite, jusqu’à représenter la moitié des étudiants de l’Ecole, et faisant de l’EPFL un des sites les plus cosmopolites du monde.

Afin d’accueillir un nombre d’étudiants en constante augmentation, entouré par un corps professoral toujours plus conséquent, le campus a dû s’adapter et a connu un formidable développement. Il est aujourd’hui un véritable lieu d’échanges, de rencontres et de vie. || 10’124 27,7 50,9 26 4’202 16,4 21,6 10 NOMBRE TOTAL D'ÉTUDIANTS % D'ÉTUDIANTES % D'ÉTUDIANTS ÉTRANGERS RESTAURANTS ET CAFÉTÉRIAS N 1’631 8 41,7 3 1975 1995 2015 Une Ecole en constante évolution

37 Alumnist Ecole 37 338 66 31’170 965'047 kCHF 731'000 m2 répartis sur les différents sites (Lausanne, mais aussi Fribourg, Neuchâtel, Valais, Genève) 134 9 10’640 434'559 kCHF 373'000 m2 NOMBRE DE PROFS NOMBRE D'ASSOCIATIONS NOMBRE D'ALUMNI BUDGET ANNUEL DE L'ÉCOLE SURFACE DU CAMPUS 16 12 NOMBRE DE SECTIONS 94 3’577 77’918 kCHF 29'000 m2 9

38 De nombreux événements s’ajoutent à cette liste au fur et à mesure. Pour savoir ce qu’il se passe près de chez vous, consultez notre site www.epflalumni.ch, ainsi que le groupe EPFL Alumni sur LinkedIn et assurez-vous que nous possédions une adresse e-mail correcte pour vous. T O U R E N B AT E A U E T F E U X D ’ A R T I F I C E P O U R L A Z Ü R I FÄ S C H T 1er juillet L’association EPFL Alumni Suisse orientale organise un tour à bord du bateau MS Linth pour profiter des feux d’artifice de la Züri Fäscht, qui a lieu tous les trois ans le premier week-end de juillet. Une superbe occasion de partager un moment entre alumni et de bénéficier d’une vue imprenable sur les feux, tout en profitant d’un repas servi sur le bateau. Joignez-vous à une visite en anglais des locaux d’Adobe Research à Bâle pour en savoir plus sur cette entreprise dont nous utilisons les produits au quotidien. Adobe fut fondée en 1982 et développe de nombreux logiciels informatiques: Acrobat, Photoshop, Illustrator, Dreamweaver... En 2010, l’entreprise DAY Software à Bâle fut rachetée et est devenue un centre de recherche pour, entre autres, le Adobe Experience Manager (AEM).

La quatrième visite de labo EPFL en 2016 sera celle de l’Institut de recherche en infectiologie. Plus d’informations ainsi que le lien pour l’inscription seront envoyés cet automne. Un événement de prestige sur le campus pour vous et vos proches: concert de jazz, visite exclusive de l’ArtLab et interventions de Patrick Aebischer et Martin Vetterli. Immanquable! Les inscriptions sont ouvertes sur go.epfl.ch/gala La troisième édition de nos afterworks bernois aura lieu le mardi 27 septembre dès 18h au restaurant Lötschberg (Zeughausgasse 16). Pas d’inscription nécessaire: venez seulement!

V I S I T E D E L’ E N T R E P R I S E A D O B E R E S E A R C H À B Â L E 7 septembre V I S I T E D E L’ I N S T I T U T D E R E C H E R C H E E N I N F E C T I O L O G I E 13 octobre ₍date  confirmer₎ G A L A D E S A L U M N I 4 novembre A P É R O A F T E R W O R K À B E R N E 27 septembre j u i l l e t s e p t e m b r e o c t o b r e n o v e m b r e A G E N D A 2 0 1 6 Alumnist Agenda ÉDITEUR EPFL Alumni Rolex Learning Center Station 20 1015 Lausanne / Suisse T. 021 693 24 91 www.epflalumni.ch RÉALISATION GRAPHIQUE LargeNetwork 6, rue Abraham-Gevray 1201 Genève / Suisse T. 022 919 19 19 info@largenetwork.com www.largenetwork.com RESPONSABLES DE LA PUBLICATION Gabriel Sigrist et Pierre Grosjean DIRECTION DE PROJET Arnaud Aubelle pour l’EPFL Alumni Séverine Géroudet pour LargeNetwork Alumnist est distribué en même temps que Technologist, magazine européen de la science, initié par l’EPFL et publié par EuroTech Universities.

IMPRESSUM ALUMNIST RÉDACTION Arnaud Aubelle Céline Bilardo Julien Calligaro Annelies Garcia Séverine Géroudet Steve Riesen Mediacom MISE EN PAGE Nicola Todeschini Yan Rubin TRADUCTION Technicis, Paris IMPRIMEUR Pajo, Estonie DISTRIBUTION 5’700 exemplaires

PUBLICITÉ Dean of the School of Basic Sciences at the Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) Dean of the School of Engineering at the Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) EPFL – the Swiss Federal Institute of Technology Lausanne – is one of the foremost European institutions of science and engineering. EPFL fosters transdisciplinary research and technology transfer together with a first class infrastructure. Engaged regionally, natio- nally and internationally, its campus provides an exciting intellectual environment located in the French-speaking region of Switzerland, on the shores of Lake Geneva, at the foot of the Alps. For more information about EPFL, please visit www.epfl.ch. The School of Basic Sciences comprises Mathematics, Physics, and Chemistry. With more than 130 faculty members, 710 staff, 1500 bachelor and master students, and 500 PhD students, it is the largest School at EPFL and has a central role in teaching and research. The School also hosts a number of research centers, such as the Swiss Plasma Center and the Bernoulli Center, as well as technical platforms to support research activities. More detailed information about the School is available at sb.epfl.ch. Reporting to the President as part of EPFL’s senior administra- tion, the Dean provides vision and leadership across the School’s teaching and research activities, manages its corporate business and administrative responsibilities, and represents the School at the campus, regional, national, and international levels. The successful candidate will be an inspirational leader with outs- tanding achievements in research and teaching, a past record of academic community service, demonstrated managerial capabilities in a university setting, and evident collegial skills. EPFL – the Swiss Federal Institute of Technology Lausanne – invites applications for the position of Dean of the School of Engineering. With an international reputation for excellence, EPFL is one of the foremost European institutions of science and technology. Known for the highest standards of academic distinction and community contribution, EPFL fosters transdisciplinary research collaborations and technology transfer with a first class infrastructure. Deeply engaged regionally, nationally and internationally, its campus S/he will have a long-term vision for teaching and research for all three areas of basic sciences at EPFL as well as for gender balance and the planning of academic careers.

Experience in organizing collaborative teams and programs, invol- ving both internal and external partners, will be an important asset. A prior working knowledge of French is not required. The position offers competitive personal compensation, tenure at the full professor level, and financial support for the candidate’s research program. The candidate should be willing to act as Dean for at least one term of 4 years and to start as early as possible in 2017. Please submit a curriculum vitae, a vision statement and the names of up to five professional references by August 31st, 2016 using the following website: https://academicjobsonline.org/ajo/jobs/7284. Inquiries, nominations, and expressions of interest can be addressed to: Prof. Harald Brune, Chairman of the Search Committee harald.brune@epfl.ch provides a unique and exciting learning environment located in the French-speaking area of Switzerland, next to Lake Geneva, at the foot of the Alps. For more information about EPFL, please visit www.epfl.ch.

The exceptional quality of teaching and research of the School of Engineering is internationally recognized. The School has a strong track record of major technological advances and strategic ties with industry, academia and government. With more than 120 faculty members, 2’200 students in bachelor and master programs, and 700 PhD candidates, the School’s extensive research program is funded through public and private sources including the Swiss Confedera- tion, the European Union, private foundations and industrial partners. Additional information about the School is available at sti.epfl.ch. Reporting to the President as part of EPFL’s senior management, the Dean provides vision and leadership across the School’s tea- ching and research activities, and oversees its administration. The successful candidate will have an exemplary academic record, recognized achievements in research, teaching, scholarly activities and service, demonstrated leadership in a collegial university set- ting, and the ability to inspire. Possessing outstanding management and interpersonal skills, s/he will be committed to fostering interdis- ciplinary teaching and research and to promoting the endeavors of the School at the campus, regional, national, and international level. Experience in building diverse and collaborative teams, relating to a range of internal and external partners, and experience in fundrai- sing will be important assets in this role. A prior working knowledge of French is not required.

The position offers competitive personal compensation, tenure at the full professor level, and financial support for the candidate’s research program. The candidate should be willing to act as Dean for at least one term of 4 years and to start as early as possible in 2017. Please submit a curriculum vitae, a vision statement and the names of up to five professional references by August 31st, 2016 using the following website: https://academicjobsonline.org/ajo/jobs/xxxx Inquiries, nominations, and expressions of interest can be addressed to: Prof. Michael Unser, Chair of the Search Committee michael.unser@epfl.ch EPFL is committed to increasing the diversity of its faculty, and strongly encourages women to apply.

EPFL is committed to increasing the diversity of its faculty, and strongly encourages women to apply.

40 Places limitées à 800 personnes Liste des participants et inscription sur go.epfl.ch/gala Alumni contributeurs 75.– Alumni non contributeurs et conjoints 125.– 17:30 Apéritif de bienvenue au Rolex Lear- ning Center 18:00 Visites guidées de l’ArtLab et du Montreux Jazz Café 19:00 Allocution de bienvenue de P. Aebischer, Président de l’EPFL et M. Vetterli, Président désigné dès 2017. Quizz scientifique et remise de prix 20:30 Cocktail dînatoire et concert de jazz 22:00 Piste de danse et bar à champagne 5–6 novembre Portes ouvertes EPFL et week-end d’activités scientifiques sur le campus

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