Alexandre Bazire - FFSE

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sport entreprises & Le magazine de la Fédération française du sport d’entreprise octobre 2015 - N°122 - 7€ SECRÉTARIAT D ’ ETAT AUX SPORTS EXCLUSIF Pour Thierry Braillard, secrétaire d’Etat aux Sports, le sport représente un relais de croissance Plein succès pour la Semaine européenne du sport et la Course de la diversité Les essais transformés du rugby à 7

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Odalys vacances sur Facebook 350 résidences, hôtels-clubs, appart’hôtels et un grand choix de villas et chalets en France, Espagne et Italie. odalys-vacances.com 0825 562 562 (0,15€/mn) OD0915 - Odalys Groupe - SAS au capital de 32 752 496.34 € - Odalys Evasion - Siège social 20 avenue de l'Opéra 75001 Paris - Opérateur de voyages et de séjours N° IMO751 00274 RCS Paris 511 929 739 - N° Intra Communautaire : FR63511929739 - Garantie Financière : Association Professionnelle de Solidarité du Tourisme (2 479 400 - Photos : Odalys, Guilhaume.

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4/sport & entreprises N°122 octobre 2015 /3 Didier Besseyre Président des Fédérations française, européenne et mondiale du sport d’entreprise LA CONVICTION de Didier Besseyre e toute façon, la société n’a pas le choix. Nous ne pouvons pas nous contenter de «vivre avec » nos voisins, nos équipiers ou nos collègues. Nous devons apprendre à mieux vivre ensemble, à être plus soli- daires, à être davantage complémentaires. La diver- sité est même une condition sine qua non pour enlever des marchés et pour remporter des médailles. En cette période de Coupe du monde, étant clermon- tois, je fais forcément le lien avec l’esprit originel du rugby où l’équipe a besoin de tous les gabarits et de tous les talents.

Où la diversité ne met pas les uns et les autres en concurrence mais où les forces et les va- leurs s’additionnent. A l’image d’une équipe de rugby, une entreprise qui gagne est donc une équipe qui s’applique à exprimer toutes ses potentialités en cultivant harmonieusement ses différences.

Dans ce vivier à l’échelle de la société, avoir l’esprit d’équipe, c’est en effet avoir appris à vivre ensemble. Et avoir appris à vivre ensemble, c’est avoir accepté toutes les diversités – tant qu’elles sont sources de solutions et non de problèmes –, s’en être imprégnés, les valoriser, les respecter, quels que soient les ori- gines, les sexes, les catégories d’âge, les handicaps, nos études ou notre religion. L’acceptation va bien entendu dans les deux sens.

Cette diversité qui est partout à toute heure de notre quotidien, la Fédération française du sport d’entre- prise l’a résolument placée au premier rang de ses préoccupations.

Elle en fait une profession de foi, ac- compagne toutes les initiatives qui vont dans ce sens et s’y associe aussi souvent que possible, comme le 10 septembre dernier avec l’organisation de la Course «Vivre ensemble, ce n’est pas seulement vivre avec » «La diversité est une condition “sine qua non” pour enlever des marchés et remporter des médailles» de la diversité(1), née l’an passé d’une idée originale et opportune de notre amie Haïdy Aron-Campan, re- présentante de Veolia au sein des instances fédérales. Tous les participants avaient l’esprit sportif. Tous portaient les valeurs de la cohésion sociale, de la solidarité et du bien-être au travail, creusant avec conviction et détermination ce sillon de la diversité.

Tous ont passé un grand moment de partage. Tous ont servi les intérêts de leur entreprise. C’est le rôle du sport. Et c’est aussi le rôle de chacun de nous. (1) Pages 18, 19 et 20 D

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4/sport & entreprises N°122 octobre 2015 AU SOMMAIRE Camille Ayglon, implication tous azimuts Cette handballeuse de Nîmes joue sur tous les tableaux : sportif, puisqu’elle prépare les JO de Rio avec l’équipe de France, mais elle entend aussi redonner au sport ce qu’il lui a apporté. Au comité directeur de la ligue Languedoc- Roussillon FFSE, Camille Ayglon est chargée du développement de la pratique féminine des activités physiques et sportives en entreprise (Fées du sport) et des relations entreprises/collectivités. Pour sa future reconversion, elle souhaite valoriser ses expériences du haut niveau auprès des entreprises.

Thales, un bâtiment dédié au sport Chez Thales Communications & Security, le sport fait partie de la vie des salariés. L’association sportive ASTC(1) , qui compte près de 1 800 adhérents autour de trente-six disciplines, dispose d’un bâtiment inauguré en octobre 2013 à Gennevilliers par Lucie Décosse, championne olympique de judo. Les collaborateurs peuvent exercer leur sport dans des conditions exceptionnelles grâce à des locaux modernes et de proximité : espace forme, salle de danse, mur d’escalade, terrain de squash… (1) Association sportive Thales Cristal Yohann Couvant, homme de passerelles Au sein de la chambre de commerce et d’industrie des Hauts-de-Seine, ce sportif passionné, président du comité départemental FFSE de Paris, a la responsabilité de favoriser le développement économique des entreprises.

Pour répondre plus facilement aux attentes et aux besoins de leurs dirigeants, il anime des clubs d’entreprises réunissant des responsables de PME et de grands comptes. Ainsi, Yohann Couvant crée des passerelles entre le monde sportif et les entreprises. « La FFSE est un partenaire idéal pour mon action », se réjouit-il. Notre podium Directeur de la publication Didier Besseyre Responsable du magazine Daniel Diguet Rédaction en chef et coordination Jean-Marie Safra Ont participé à ce numéro Nicolas Badotial Pierre Bienvault Nicolas César Jean-Luc Ferré Gurvan Heuze Florence Pagneux Serge et Michel Pautot Claude Staquet Christine Taconnet Conception et maquettes Patrick Maitre (gmes) Révision-correction Danièle Bourgeois Photos Droits réservés pour toutes photos non créditées Administration et actualités de la FFSE Gurvan Heuze Secrétaire général Claude Thourot FFSE : 3, rue Dieudonné-Costes 75013 Paris Tél.

: 01 56 64 02 10 Fax : 01 47 20 04 50 Impression Sport Sud Edition 31000 Toulouse. Tél. : 05 34 25 83 64 Abonnement 15 €/4 numéros. Ce numéro a été tiré à 5 000 exemplaires.

Dépôt légal à parution. sport & entreprises 3 L’éditorial de Didier Besseyre Pour le président de la Fédération française du sport d’entreprise, la diversité fait qu’une équipe ou une entreprise gagnent ou pas 4 Notre podium Camille Ayglon, Thales, Yohann Couvant 5 En lumière Des « vétérans » en forme olympique aux championnats du monde d’athlétisme de leurs catégories 6 Les entreprises à la conquête du sport 7 Réussite La Société Générale, grand sponsor du rugby français 8 Soyons olympiques Alexandre Bazire, un consul olympique à Rio pour préparer les JO 10 Entretien avec Thierry Braillard Le secrétaire d’Etat aux Sports est un inconditionnel de la pratique sportive dans les entreprises 14 Evénements Europe, sport, entreprises et diversité 22 En direct L’essentiel de l’actualité de la FFSE 24 Nos valeurs : l’arbitrage La FFSE et le philosophe Michel Serres font confiance aux arbitres contre vents et marées 29 Immersion Stéphane Diagana met son expérience de sportif de compétition au service des entreprises 30 Droit de suite La FFSE propose un guide formation aux entreprises 32 Grand stade Le rugby à 7 a gagné ses galons olympiques 34 Sport, santé et entreprises Cap Santé Entreprises s’attaque aux maladies chroniques / Le code du travail veille sur la santé des salariés 38 Oui, c’est possible Ancien international de rugby, Franck Mesnel est aujourd’hui un homme d’affaires prospère W AVEBREAKM EDIA M ICRO /F OTOLIA .

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4/sport & entreprises N°122 octobre 2015 /5 EN LUMIÈRE Exemplaire Ils courent, ils courent les « anciens ». Et quelles que soient la date de naissance de chacun d’eux ou leur nationalité, ils courent vite et bien. Le sport, une fois de plus, c’est la santé, et parfois même le long terme. Certains des concurrents des 21es championnats du monde d’athlétisme des vétérans, organisés à Lyon durant la pre- mière quinzaine d’août, avaient près de 100 ans… On ne sait pas très bien si tous avaient l’âge de leurs artères mais, de toute évi- dence, ils ne faisaient pas leur âge.

Quelle allure en effet, et quel espoir peut-être pour chacun d’entre nous ! Oui, c’est possible.

Franck Mesnel a été un trois-quarts centre au palmarès éloquent : champion de France avec le Racing Club de France en 1990, finaliste de la Coupe du monde avec l’équipe tricolore en 1987, et membre de l’équipe de France, auteure du grand chelem en 1987. Sa reconversion est à la mesure de sa réussite sportive : l’ancien rugbyman est à la tête de l’entreprise de vêtements Eden Park qu’il a fondée en 1988. Nos immanquables P HILIPPE D ESMAZES /AFP de dollars, soit 1 794 760 euros. C’est le fonds que vient de créer le CIO pour aider les réfugiés. « Nous avons tous été touchés par les terribles nouvelles et les déchirantes histoires de ces derniers jours, a déclaré son président, Thomas Bach.

Avec cette tragique crise à travers le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Europe, nous avons voulu jouer notre rôle en apportant de l’aide humanitaire aux réfugiés. » 2 OOO OOO 8 au 10 octobre : Challenge national de voile légère, à Piriac-sur-Mer 13 octobre : Tournoi Top Gones de bowling, à Lyon 13 au 15 octobre : Salon Preventica, à Lyon 31 octobre : Lauriers du sport IDF : tennis de table, à Charenton-le-Pont 19 décembre : 16e édition de la Ronde de Noël en course à pied, à Angers 16 au 23 janvier 2016 : Snow working des entreprises 9 au 13 mars : Jeux européens d’hiver du sport d’entreprise, à Cortina d’Ampezzo (Italie) 4 au 8 mai : Jeux nationaux d’été du sport d’entreprise, en Martinique 1er au 5 juin : Premiers Jeux mondiaux du sport d’entreprise, à Palma de Majorque (Espagne) 21 au 25 juin 2017 : Jeux européens d’été du sport d’entreprise, à Gand (Belgique)

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6/sport & entreprises N°122 octobre 2015 Les entreprises à la conquête du sport Le Palais omnisports de Paris-Bercy change de nom Pour les dix prochaines années, le POPB s’appellera Accor Hôtels Arena POPB. L’enceinte, qui devrait bientôt rouvrir ses portes après avoir été totalement rénovée, voit sa capacité d’accueil passer de 17 000 à 23 000 places. Le bon zapping de la Pro A de basket Alors que son diffuseur Sport + affiche un écran noir depuis la fin de la saison dernière, la Ligue nationale de basket a rebondi avec brio : deux rencontres sont désormais diffusées (le samedi et le lundi) par Ma Chaîne Sport qui proposera, en complément, un magazine de cinquante-deux minutes hebdomadaire.

De plus, douze matches en clair sont programmés sur L’Equipe21. SFR a acheté pour cinq ans les droits de diffusion pour une somme de 50 millions d’euros. Jusque-là, le basket français percevait 6,2 millions euros par saison.

Le nouveau chant du Coq sportif Non, Le Coq sportif n’est pas mort. Tout au contraire. Il renaît de ses plumes. Le style de l’équipementier évolue dans le sportswear sans renier sa proximité avec le monde du sport puisqu’il soutient aujourd’hui des champions et des organisateurs de tous horizons. Pour preuves, le fait que Le Coq sportif soit devenu le fournisseur officiel des maillots distinctifs du Tour de France et que son logo ait, lui, subi un véritable remodelage. Il marque toujours l’origine française de la marque et le fameux coq, plus fier que jamais, est posé sur un socle tricolore en forme d’arc de cercle.

La Poste met l’aviron à l’honneur Comme elle l’avait déjà fait en 1997, La Poste a émis un timbre spécial à l’occasion des championnats du monde d’aviron organisés du 30 août au 6 septembre sur le lac d’Aiguebelette, en Savoie. Deux timbres même, puisqu’il s’agit d’un diptyque, c’est-à-dire deux timbres se regardant. Le premier, d’une valeur de 1,20 €, destiné au courrier international, représente le huit barré masculin, vaisseau amiral de l’équipe tricolore; le second, d’une valeur de 76 centimes et réservé à la France, représente un deux de couple féminin.

Le Crédit Agricole, banque officielle de l’Euro 2016 Hublot, un horloger dans le rond central En devenant partenaire de la Champions League et d’Europa League, l’horloger suisse Hublot s’associe de nouveau à l’instance dirigeante du football européen au travers des deux compétitions majeures de clubs.

Pour chaque match des saisons 2015-2016, 2016-2017 et 2017-2018, la marque sera présente sur le panneau du quatrième arbitre avec un nouveau design directement inspiré d’une montre de la marque. L’aspect du panneau a été soigneusement étudié pour un résultat pratique et élégant. « Hublot s’accorde parfaitement au caractère prestigieux et exaltant de notre compétition des meilleurs clubs, a résumé Guy-Laurent Epstein, directeur marketing d’UEFA Events. Nous sommes impatients de pouvoir développer ensemble de nouvelles pièces d’horlogerie personnalisées et, bien sûr, de voir les nouveaux panneaux du quatrième arbitre à l’œuvre.

» Premier réseau bancaire français avec ses 7 000 agences, ses 21 millions de clients, et partenaire historique du football français – notamment de la Coupe du monde 1998 – la banque coopéra- tive sera sur les terrains lors de l’Euro 2016 orga- nisé en France du 10 juin au 10 juillet 2016. A l’occasion des cinquante et un matches qui se joueront dans dix villes françaises, les trente- neuf caisses régionales de Crédit Agricole seront mobilisées pour partager cette fête du football. « Sur le territoire national, le Crédit Agricole est un groupe incontournable et son positionnement comme banque majeure du marché français en fait un partenaire à la hauteur du prestige de l’événement », a estimé le président d’Euro 2016, Jacques Lambert.

« Nous sommes ravis de pou- voir compter sur son soutien comme banque officielle de l’UEFA Euro 2016. » Parmi les autres partenaires de l’Euro 2016 : la Française des jeux, la société de travail tempo- raire Proman, la SNCF, Kia… A LEC F RETSMAN Moët & Chandon navigue toujours «Nous avons été partenaires de la Coupe de l’America depuis près de vingt-cinq ans », ne manque pas d’observer Ludovic du Plessis, vice-président Etats-Unis de Moët & Chandon. « Célébrer cet événement emblématique avec notre collection Grand Vintage 1983 est le parfait reflet de l’esprit de succès de Moët & Chandon.» La 35e Coupe de l’America a débuté en juillet à Portsmouth, dans le sud de l’Angleterre, pour une série de régates qui se poursuivra jusqu’en 2017.

Franck Cam- mas et Groupama Team France ont annoncé leur participation alors qu’il n’y avait plus eu de défi tricolore depuis 2007.

« Choisir le cyclisme, à travers cette équipe chère aux Français, est pour nous une évidence : nous partageons des va- leurs communes, telles que la proximité, l’enthousiasme et le goût de l’effort. » Xavier Caïtucoli, PDG de Direct Energie, lors de l’annonce, mardi 15 septembre, de la reprise de l’équipe Europcar par le troisième acteur français de l’électricité et du gaz.

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4/sport & entreprises N°122 octobre 2015 /7 Réussite Société Générale : la passion du ballon ovale L e premier accord avec la Fédération fran- çaise de rugby (FFR) remonte à 1987, et la Société Générale joue sa cinquième Coupe du monde depuis 1991.

L’aventure fut lancée par Marc Viénot, l’ancien PDG de la banque, entre 1986 et 1997. Elle a été poursuivie depuis par ses successeurs, Daniel Bouton et Fré- déric Oudéa, l’actuel patron, lequel ne manque jamais une occasion de rappeler que les valeurs de l’ovalie se rapprochent de celles que souhaite véhiculer la Société Générale. Cet engagement dans le rugby représente aujourd’hui une enve- loppe annuelle d’une petite quinzaine de mil- lions d’euros, ce qui le classe comme l’un des plus gros contrats de sponsoring sportif de l’Hexagone.

En France, la Société Générale est partenaire du Top 14 et de la Pro D2. Elle soutient également 450 clubs amateurs, auxquels de « nombreux collaborateurs donnent de leur temps et de leur énergie », rappelle la banque. Elle accompagne aussi le rugby à 7, qui va devenir sport olym- pique dès l’an prochain à Rio. A l’étranger, en fonction de ses implantations, la banque aide des petites fédérations, comme en Chine, au Sé- négal, en Turquie ou encore en Serbie.

Selon une enquête TNS Sofres réalisée l’an der- nier, 71 % des Français affirment connaître l’im- plication de la Société Générale dans le ballon ovale.

«L’image de la banque est mieux notée par les personnes l’identifiant comme partenaire de rugby. Elles voient davantage en elle une banque internationale, qui est fair-play et loyale», sou- ligne un porte-parole. Toutefois, la Société Générale ne peut afficher son logo sur le maillot des joueurs du XV de France, seule équipe nationale à ne pas arborer le nom d’un de ses sponsors. Un choix de la FFR qui met en avant des raisons politiques et philo- sophiques, ainsi que sa volonté de ne pas privi- légier un partenaire plutôt qu’un autre. Qu’à cela ne tienne ! Pour associer son nom au rugby, la banque utilise les services de joueurs de renom.

L’an dernier, le séminaire qui a réuni trois cents cadres dirigeants de la banque à Deauville était animé par Fabien Pelous, l’ancien capitaine du XV de France.

En mai, c’est du siège de la banque, à la Défense, que Philippe Saint-André, le sélectionneur de l’équipe de France, a dévoilé les noms des trente- six joueurs retenus pour cette Coupe du monde. Et en terre anglaise, la Société Générale a pris comme ambassadeur Jonny Wilkinson, l’ancien demi d’ouverture du XV de la Rose, qui a ter- miné sa carrière à Toulon. Claude STAQUET La banque est «le partenaire majeur» de la Coupe du monde de rugby et le «soutien historique» du XV de France.

Recettes P IERRE L AHALLE /P RESSE S PORTS Les bons comptes de la Fédération française de rugby La FFR a plusieurs partenaires officiels : la Société Générale, l’assureur GMF, Adidas, Orange et BMW, auxquels s’ajoutent Air France et France Télévisions, plus une dizaine de fournisseurs officiels.

Une bonne affaire sur le plan financier car l’ensemble du partenariat (sponsors plus droits TV) a rapporté 64 millions d’euros sur l’exercice 2014-2015 (clos au 30 juin), soit la moitié des recettes de la FFR, et 11 millions de plus qu’en 2013-2014. La Fédération française du rugby n’hésite d’ailleurs pas à faire monter les enchères. Il y a deux ans, elle a ainsi préféré BMW à Renault, au grand dam du gouvernement qui s’était alors ému de ce manque de patriotisme. Mais les dirigeants du rugby expliquent devoir faire face à la baisse des subventions publiques.

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8/sport & entreprises N°122 octobre 2015 Soyons olympiques Alexandre Bazire : attaché aux Jeux I l est très attaché à sa mission. Normal, c’est l’intitulé de sa fonction : attaché olympique. Depuis le 1er avril dernier, Alexandre Bazire est en poste au Brésil. Il est le représentant du Comité national olympique et sportif français (CNOSF) pour les Jeux de Rio. Un poste défini par la charte olympique, chaque comité national pouvant nommer un attaché devant assurer l’in- terface entre le comité d’organisation des Jeux et le mouvement sportif de son pays.

Un rôle foisonnant qui lui convient parfaitement, sa carrière révélant un sens du rebond allant bien au-delà de l’univers du football, qui occupe une place majeure sur sa carte de visite.

Car l’attaché olympique doit déployer une éner- gie tous azimuts : pour traiter les demandes, essentiellement logistiques, des fédérations fran- çaises olympiques et paralympiques, et pour pré- parer les animations liées au Club France, installé dans le célèbre quartier Lagoa et qui pré- voit d’accueillir jusqu’à 5 000 visiteurs quoti- diennement durant la fête olympique. Tout ceci étant destiné à valoriser l’activité des entreprises françaises au Brésil.

« Plusieurs sociétés tricolores ont déjà remporté des appels d’offres olympiques et paralym- piques, comme GL Events (restauration), Atos (intégrateur technologique) ou Gymnova (équi- pements de gymnastique), se félicite Alexandre Bazire. La diplomatie sportive et économique est devenue un enjeu fort pour la France et son rayonnement international. » Dans ce cadre, il est également sensible au dé- veloppement de la pratique sportive dans les en- treprises. « Ici, à Rio de Janeiro, les entreprises françaises sont très mobilisées autour de la pratique du sport. Ceci est peut-être aussi lié à cette ville particulière où le sport est roi ! De nombreuses équipes corpo se rencontrent dans le cadre de tournois de football ou de rugby, et c’est l’occasion pour les sala- riés de renforcer les liens de soli- darité, de “vivre” et de “réussir” ensemble.

Cela ne peut avoir que des effets positifs. » Jean-Luc FERRÉ A 37 ans, ce spécialiste du marketing et de l’événementiel représente à Rio le mouvement sportif français et joue le «consul» hexagonal jusqu’aux JO de 2016.

Parcours 1978 : Naissance le 17 avril 1978, à Angers 2001-2003 : Chef de produit marketing au Paris-Saint-Germain 2003-2005 : Responsable des ventes chez Air France à Pékin 2005-2010 : Directeur marketing et développement du Mans Football Club 2010-2011 : Directeur adjoint du Mans Football Club 2011-2015 : Président fondateur de l’agence marketing et événementielle Very Good Team 2015 : Nommé par le CNOSF attaché olympique pour les Jeux de Rio en 2016 2024 : Los Angeles dans la course aux anneaux Il y avait Paris, Rome, Hambourg et Budapest. Il y a maintenant Los Angeles, dont le vote positif du conseil municipal a reçu le soutien du président des Etats-Unis, Barack Obama.

Dans la course à l’organisation des JO d’été de 2024, la ville californienne remplace Boston qui avait dû renoncer faute d’adhésion populaire. « Les Jeux aiment LA et LA aime les Jeux.

Nous voulons que les Jeux reviennent chez eux », a expliqué le maire de Los Angeles, Eric Garcetti. Sa ville a déjà reçu les JO d’été en 1932 et en 1984. Ces derniers avaient été marqués par l’implication inédite de partenaires privés qui avaient permis de dégager des bénéfices. Le projet Los Angeles 2024 repose sur un budget de 4,1 milliards de dollars (3,6 milliards d’euros) et vise des recettes de 4,8 milliards de dollars grâce à la contribution du CIO, à la billetterie, aux partenariats et aux droits de télévision. La FDJ fait ses jeux La Française des jeux a été la première entreprise française à s’engager officiellement à soutenir la candidature de Paris à l’organisation des Jeux olympiques d’été de 2024.

A l’occasion de cette annonce faite lors du Tour de France, sa présidente, Stéphanie Pallez, a estimé que ce type de parrainage est « dans les gènes » de la FDJ, mais elle a indiqué attendre les règles du CIO pour en déterminer le montant. Dans le domaine du sport, l’entreprise publique, détenue à 72 % par l’Etat, est notamment déjà présente avec son équipe cycliste.

2022 : l’hiver à Pékin Hôte des JO d’été en 2008, la capitale chinoise a obtenu l’organisation des JO d’hiver de 2022. Pékin a été désignée aux dépens de la ville kazakhe, Amalty, seule autre candidate. Les compétitions auront lieu dans plusieurs sites du nord du pays. Une nouvelle ligne ferroviaire à grande vitesse placera Zhangjiakou (à proximité des stations de ski) à cinquante minutes de la mégapole chinoise. Pékin abritera les patinages de vitesse et artistique, le hockey sur glace, le curling, le village olympique et la cérémonie d’ouverture. Elle sera ainsi la première ville à avoir accueilli les Jeux olympiques d’été et d’hiver.

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10/sport & entreprises N°122 octobre 2015 L’ENTRETIEN Thierry Braillard a été nommé secrétaire d’Etat aux Sports en avril 2014. Son ministre de tutelle est Patrick Kanner, chargé de la Ville, de la Jeunesse et des Sports. Agé de 51 ans, cet avocat spécialisé dans le droit social est député de la deuxième circonscription du Rhône depuis 2012. Sport & Entreprises : Vous avez mis en place le Pacte de performance avec des entreprises pour ac- compagner les sportifs de haut niveau. Pouvez-vous nous présenter cette action et dresser un premier bilan de sa mise en œuvre ?

Thierry Braillard : Le Pacte de performance est un programme destiné à développer les partenariats entre des entreprises et les sportifs de haut niveau qui ont vocation à intégrer les équipes de France olym- piques et paralympiques aux prochains JO.

Dès le début des années 1980, la ministre chargée du Temps libre, de la Jeunesse et des Sports, Edwige Avice, avait d’ailleurs créé un dispositif pour favoriser le recrutement de sportifs de haut niveau dans les en- treprises. Cela a permis à de nombreux grands spor- tifs français de concilier leurs carrières sportive et professionnelle. J’ai souhaité accroître le nombre de ces entreprises et diversifier leurs profils afin qu’un maximum de sportifs puissent en bénéficier, mais THIERRY BRAILLARD «La pratique sportive est un outil d’intégration sociale et un tremplin vers le monde du travail.» également afin de pouvoir mieux faire correspondre leurs projets professionnels avec les métiers des en- treprises.

Dans cet objectif, nous avons tout d’abord souhaité valoriser davantage l’action des entreprises qui s’en- gageaient dans ce programme. Nous avons également assoupli le dispositif existant en leur permettant de proposer aux sportifs deux types de contrats : un contrat de travail aménagé ou un contrat d’image du- rant leur carrière sportive, couplé à un parcours d’in- tégration dans l’entreprise à l’issue de leur carrière. Depuis le lancement de l’opération en décembre 2014, en présence du président de la République, soixante-dix entreprises – de grands groupes mais aussi des PME et des startups – ont adhéré au Pacte de performance, offrant ainsi à cent cinquante spor- tifs olympiques et paralympiques la possibilité de si- gner un contrat.

S&E : Que peut apporter la Fédération française du SECRÉTARIAT D ’ ETAT AUX SPORTS

4/sport & entreprises N°122 octobre 2015 /11 sport d’entreprise comme contribution à une initia- tive de ce type ? Th.B. : En parler à vos adhérents ! Car l’intégration d’un sportif de haut niveau dans une équipe c’est non seulement un engagement citoyen en faveur du sport, mais aussi un formidable outil de performance au service de l’entreprise. Au-delà des compétences pro- fessionnelles que le sportif saura apporter et de l’outil de communication interne et externe qu’il pourra re- présenter, sa présence peut également être une op- portunité pour développer le sport au sein de l’entreprise.

Je pense notamment aux compétitions sportives interentreprises que vous organisez réguliè- rement, et j’imagine l’intérêt que pourrait représenter, pour les participants, le fait de pouvoir être coaché par un collègue qui est un sportif de haut niveau. S&E : Quels sont, selon vous, les autres champs d’interactions entre l’entreprise et le sport ? Th.B. : La pratique du sport de haut niveau est un tremplin vers l’entreprise, car les sportifs dévelop- pent, au fur et à mesure des entraînements, des stages à l’étranger et des compétitions internatio- nales, un ensemble de compétences qui sont des atouts fondamentaux pour une entreprise : exigence, adaptabilité, travail en équipe, capacité à se fixer des objectifs et à tout mettre en œuvre pour les attein- dre… C’est ce qui explique l’engouement des entre- prises pour le dispositif du Pacte de performance.

De la même façon, la pratique sportive amateur peut être un outil d’intégration sociale et un tremplin vers le monde du travail. C’est le sens du plan national Citoyens du sport, mis en place dans le prolongement du Comité interministériel pour l’égalité et la citoyen- neté du 6 mars 2015, présidé par le Premier ministre, qui vise à développer la pratique sportive des jeunes dans les territoires prioritaires, avec un triple objectif : accès au sport, éducation à la citoyenneté et insertion professionnelle.

Le sport joue aussi bien évidemment un rôle clé dans le bien-être et l’épanouissement des salariés, ainsi que dans la cohésion interne des équipes. Et les études montrent que cela contribue à rendre ces équipes plus performantes. Le secteur sportif représente en effet un véritable re- lais de croissance pour l’économie française. Et sur ce terrain, la France dispose de nombreux atouts : une tradition ancienne d’organisation des compéti- tions, une culture de la pratique sportive forte, ainsi que des entreprises françaises présentes sur tous les segments de l’économie du sport. Afin de valoriser ces atouts, nous menons une politique active en fa- veur, d’une part, de l’accueil de grands événements sportifs en France, et d’autre part, de la structuration de la filière de l’économie du sport.

La France a ainsi décroché l’organisation d’une série de manifestations sportives majeures, avec notam- ment les championnats du monde d’aviron qui se sont tenus récemment à Aiguebelette, puis l’Euro Basket, les championnats d’Europe de badminton en avril 2016, l’Euro 2016 l’été prochain, les champion- nats du monde de handball masculin en janvier 2017, ceux de hockey sur glace ensuite, puis de canoë- kayak, la Ryder Cup en 2018, et enfin la Coupe du monde féminine de football en 2019. Tous ces événe- ments seront autant de vitrines pour les entreprises françaises. Afin de les fédérer, de promouvoir de nou- veaux modèles d’équipements et d’événements spor- tifs et de favoriser les synergies, notamment à l’export, nous avons mis en place, avec le ministre de l’Economie, un comité stratégique rassemblant l’en- semble des acteurs économiques du secteur sportif.

S&E : En quoi les entreprises peuvent-elles contri- buer efficacement au plan Citoyens du sport que vous avez mis en place ?

Th.B. : Dans le cadre de ce plan de nombreux clubs sportifs ont élaboré des projets pour développer leur discipline auprès des publics qui en sont le plus éloi- gnés, dans les zones urbaines et rurales en difficulté. Les entreprises ont leur rôle à jouer dans ces pro- grammes en devenant des partenaires privilégiés de ces clubs dynamiques qui ont plus que jamais besoin de ressources financières, mais surtout humaines, des entreprises.

S&E : Quels sont les intérêts spécifiques du sport d’entreprise et ses axes de développement à privilé- gier ? Th.B. : L’entrée dans la vie active correspond très souvent à un point de rupture avec la pratique régu- lière d’une activité physique et sportive au sein d’une association – notamment chez les femmes.

Pourtant, dans un contexte de tertiarisation de l’économie fran- çaise, avec de plus en plus d’emplois sédentaires, la nécessité de pratiquer régulièrement une activité phy- sique est un enjeu essentiel de santé publique, Les sportifs de haut niveau ont vocation à intégrer aujourd’hui les équipes de France olympiques et à mettre demain leurs talents au service des entreprises.

«La mission du ministère des Sports est d’accompagner le développement du sport dans les entreprises, mais aussi d’accompagner le développement des entreprises dans le secteur sportif.» ➤➤➤ SECRÉTARIAT D ’ ETAT AUX SPORTS

12/sport & entreprises N°122 octobre 2015 L’ENTRETIEN d’épanouissement des salariés, de cohésion so- ciale et, in fine, de performance des entreprises. En plus des formes classiques d’activités sportives de loisirs ou compétitives au sein des entreprises, on voit aujourd’hui se développer des activités spécifiques permettant d’améliorer le bien-être au travail, de pré- venir d’éventuels risques professionnels et de réduire ainsi le taux d’absentéisme.

A ce titre, l’initiative de l’entreprise Aircelle mérite d’être saluée : cette filiale du groupe Safran a mis en place pour ses salariés, en lien avec le pôle Sport, Santé, Bien-être du ministère des Sports, des activités de renforcement mus- culaire afin d’améliorer le sentiment de bien-être au travail, de prévenir les trou- bles musculosquelettiques et de réduire l’absentéisme qui en résultait. En quelques mois, le nombre d’arrêts de travail a dimi- nué de 40%, mais surtout, les salariés évoquent un sentiment de mieux-être au travail, une meilleure communication et une plus forte cohésion d’équipe.

C’est ce genre d’initiatives que je souhaite encou- rager.

S&E : La FFSE gagne cette année 25 % de nouveaux licenciés. Cette croissance illustre bien la montée en puissance de la question du sport pour les décideurs des entreprises. Que pouvez-vous initier pour ac- croître encore cette tendance ? Th.B. : Je crois qu’effectivement les entreprises pren- nent de plus en plus le sport au sérieux. A la fois pour ce qu’il peut apporter en termes de bien-être des col- laborateurs, de cohésion interne, de performance des équipes, d’image et de communication. Elles ont compris le pouvoir très particulier du sport, qui offre avant tout des histoires à raconter, des valeurs qui s’incarnent.

Pour accroître encore cette tendance, mes services et l’ensemble de leurs agents sont mobilisés pour continuer à développer de nouvelles collabora- tions avec les entreprises françaises, notamment dans le cadre de programmes de sport-santé. Par ailleurs, le ministère des Sports reste attentif à toutes les ini- tiatives que pourra prendre la Fédération française du sport d’entreprise dans ce sens, et aidera à les promouvoir.

S&E : Paris a déclaré sa candidature à l’organisa- tion des JO 2024… Qu’attendez-vous des entreprises sur ce plan ? Th.B. : Les entreprises françaises ont un rôle fonda- mental à jouer dans la candidature de Paris 2024. Même si l’on pense spontanément à ce qu’elles peu- vent apporter en termes de soutien financier, leur rôle s’étend en réalité bien au-delà du simple parrainage. Dirigeants et salariés pratiquent de plus en plus une activité sportive sur leur lieu de travail, ce dont té- Son hommage à la Semaine européenne du sport La mise en place par la Commission européenne d’une Semaine européenne du sport, qui vient d’avoir lieu, marque un tournant dans la politique sportive européenne, estime Thierry Braillard, « et je m’en réjouis d’autant plus qu’il s’agit de l’européanisation du dispositif français “Sentez-vous sport”, initié par le ministère des Sports dans les années 1990 – l’opération s’appelait alors “Fête du sport” – et dont le pilotage a été confié au CNOSF depuis 2013.

Si “Sentez-vous sport” a pu inspirer la Commission européenne, je crois que l’inverse sera également vrai et que l’opération nationale va largement bénéficier de son intégration dans un événement à l’échelle de l’Union européenne ». Thierry Braillard en bonne compagnie avec Marie Bochet et Muriel Hurtis, championnes valeureuses et exemples pour tous. ➤➤➤ SECRÉTARIAT D ’ ETAT AUX SPORTS

4/sport & entreprises N°122 octobre 2015 /13 moigne l’augmentation du nombre de licenciés de la FFSE, mais aussi l’engouement pour les courses ef- fectuées par équipes, entre amis et entre collègues. C’est cette dynamique qu’il faut accompagner et va- loriser auprès du Comité international olympique, pour lui montrer que la société française est une na- tion sportive qui saura accueillir les sportifs olym- piques et paralympiques venus du monde entier. S&E : Comment les entreprises peuvent-elles se sai- sir de cet événement pour développer leur activité ? Th.B. : Si le Comité international olympique choisit Paris, ce sera une vitrine exceptionnelle pour les en- treprises françaises.

Non seulement pour celles du secteur sportif à proprement parler, mais aussi pour l’ensemble des entreprises intéressées par le marché des grands événements sportifs, qui s’étend du BTP à l’événementiel, en passant par la sécurité et les opé- rateurs de téléphonie. Il s’agirait d’une formidable op- portunité pour les professionnels de l’hôtellerie, de la restauration et de la culture.

Outre la possibilité de développer leurs activités et d’accroître leur visibilité à l’échelle internationale, les Jeux olympiques et paralympiques peuvent être l’oc- casion pour les entreprises de repenser leur offre et d’innover afin d’être capables de répondre aux exi- gences du Comité international olympique, du Co- mité international paralympique, et des sportifs. Sur ce point, les Britanniques ont su profiter des Jeux de Londres pour s’imposer sur le marché des grands événements sportifs internationaux. Si nous avons l’honneur de succéder à Tokyo 2020, nous devrons nous en inspirer.

S&E : Comment capitaliser sur cet événement pour développer le sport pour tous et spécifiquement dans les entreprises ? Th.B.

: On parle souvent de l’héritage « physique » des Jeux olympiques et paralympiques, avec la réno- vation des transports publics, la construction d’équi- pements, ainsi que des retombées économiques en termes d’emploi et de rayonnement. Mais accueillir les Jeux modifie également les modes de vie de la po- pulation : ils ont un effet d’entraînement majeur dans le pays organisateur sur l’engagement bénévole, le re- cours aux modes de transport propres, la perception du handicap, et surtout sur la pratique sportive. Car si les Jeux à proprement parler ne durent que quinze jours, ils permettent en réalité de mobiliser la popu- lation bien en amont, durant la phase de candidature, puis, si elle est retenue, durant les sept années de pré- paration de la compétition, et bien après elle.

Dès aujourd’hui et jusqu’en septembre 2017, la can- didature de Paris 2024 va donc constituer, pour le mi- nistère des Sports et les fédérations sportives, un objectif vers lequel tous les projets, ou presque, pour- ront converger, notamment les programmes de déve- loppement du sport pour tous. De la même façon, la FFSE peut dès maintenant prendre contact avec le Comité de candidature de Paris 2024 pour échanger sur les moyens de ca- pitaliser sur cette dynamique et lui propo- ser des projets à développer en commun. S&E : Quelle doit être la contribution des fédérations non olympiques ? Th.B.

: Tous les acteurs du sport – les fé- dérations olympiques comme les fédéra- tions non olympiques, les clubs, les collectivités territoriales, l’Etat, les entre- prises du secteur – doivent se poser la question de savoir ce qu’ils peuvent appor- ter à la candidature, et comment ils se mo- biliseront pour montrer que la France a envie d’accueillir ces Jeux. S&E : En quoi les présidents français des fédérations internationales peuvent contribuer à cette candidature ? Th.B. : Toutes les initiatives qui permet- tront de valoriser les atouts de la candida- ture de Paris seront les bienvenues. Si chaque acteur du sport a un rôle à jouer dans le marathon qui nous conduira au vote du CIO en septembre 2017, celui des présidents français des fédérations internationales, au rang des- quels nous comptons désormais Didier Besseyre, dont je tiens à saluer l’engagement, est évidemment essentiel.

Je fais confiance à Bernard Lapasset, qui est le chef d’orchestre de ce mouvement, pour les mobiliser au service de la candidature. ■ Le secrétaire d’Etat aux Sports loue le travail de la Fédération française du sport d’entreprise Pour Thierry Braillard, se former à une discipline sportive c’est avant tout intégrer les règles essentielles de vie en société, se fixer des objectifs et prendre confiance en soi : «C’est fondamental pour tous les enfants, pour tous les jeunes, et en particulier pour ceux auxquels l’école n’a pas pu donner confiance en eux.» Le secrétaire d’Etat ajoute qu’intégrer un club sportif, c’est aussi accéder à un réseau de professionnels à l’écoute, capables de devenir des référents et des soutiens pour des jeunes qui peuvent en manquer.

A ses yeux, le sport peut ainsi être un moyen détourné mais très efficace pour reprendre le chemin de l’école, de la convivialité ou du travail : « L’action menée par la FFSE dans le cadre du recrutement par La Poste de 750 jeunes en emplois d’avenir, via les missions locales, a d’ailleurs montré combien le sport pouvait jouer ce rôle de tremplin vers l’emploi», souligne-t-il. L’allant et la détermination des sportifs paralympiques se transposent dans le monde de l’entreprise. SECRÉTARIAT D ’ ETAT AUX SPORTS

ÉVÉNEMENTS 14/sport & entreprises N°122 octobre 2015 Europe, sport, entreprises et diversité REPORTAGES PHOTOS : ALEC FRETSMAN

4/sport & entreprises N°122 octobre 2015 /15 Dans le cadre de la Semaine européenne du sport, l’opération qui consistait à convaincre le monde de l’entreprise que la pratique sportive en entreprise est non seulement utile, mais simple, ludique et conviviale, ne pouvait trouver meilleur terrain d’expression que le plus grand quartier d’affaires d’Europe. A la Défense, le sport d’entreprise est l’affaire de tous L e 10 septembre, la Fédération euro- péenne du sport d’entreprise (EFCS) a conduit un projet qui a connu une très belle réussite : l’« Active Workplace, Healthy Lifestyle » (AWHL).

Retenu parmi plusieurs dizaines d’autres, celui-ci a bénéficié du soutien fort et pres- tigieux de la Commission européenne. Au programme, l’organisation d’événements sportifs à l’intention des entreprises et des salariés de quatorze pays membres de l’EFCS : l’Allemagne, l’Autriche, la Bel- gique, le Danemark, l’Espagne, la France, la Grèce, la Hongrie, l’Italie, la Lettonie, Malte, la République tchèque, la Slovénie et la Suède. L’objectif de ce projet étant d’encourager et de promouvoir la pratique de l’activité physique et sportive au sein même du milieu professionnel.

En France, activités et animations se sont déroulées au cœur du plus grand symbole « business » du pays, avec ses soixante-douze immeubles professionnels, ses 160 000 travailleurs quotidiens, ses 1 500 sièges d’entreprises incluant quinze des cinquante plus grandes entreprises mondiales : la Défense.

Au cours de cette journée dédiée au sport d’entreprise, les équipes de la Fédération française du sport d’entreprise (contribu- trice essentielle du projet) et celles de ses partenaires ont donc proposé à tous les sa- lariés de participer à différentes disciplines sportives. Dans le village multisports une dizaine d’activités sportives étaient ainsi pratiquées, dont l’escrime, le golf, la marche nordique, la pétanque, le tir à l’arc, le volley, la zumba… Chacun a ainsi pu découvrir et pratiquer plusieurs sports, apprendre des gestes d’étirements et de posture au travail ou se familiariser avec les offres de la FFSE et des différents acteurs du sport d’entre- prise.

Un moment partagé avec plusieurs centaines de salariés sur l’esplanade, en présence des représentants de la Commis- sion européenne et du cabinet du Premier ministre, de l’ANDRH(1), et du Comité ré- gional et sportif d’Ile-de-France.

(1) Association nationale des directeurs des ressources humaines «Ça marche!» : le symbole est suffisamment fort pour s’inscrire dans la durée. Le 10 septembre restera dans les annales du sport d’entreprise et de la diversité.

16/sport & entreprises N°122 octobre 2015 ÉVÉNEMENTS Yves Le Lostecque, chef de l’entité Sport de la Commission européenne, et l’ancienne ministre Edwige Avice, actuelle présidente de la Fondation du sport français, avaient tenu à être présents auprès de Didier Besseyre.

4/sport & entreprises N°122 octobre 2015 /17 PASS : pour remettre les Européens en mouvement Ces dernières années, l’Union euro- péenne a fait de la promotion de l’activité physique l’un des axes majeurs de sa po- litique sportive.

Car la situation est in- quiétante : moins d’un Européen sur deux pratique une activité physique ré- gulière. Dans le cadre du programme Erasmus+ Sport, la Commission européenne a choisi de soutenir le projet « PASS – Physical Activity Serving Society », présenté par le «think tank» (laboratoire d’idées) Sport et Citoyenneté, avec l’appui de six partenaires européens. Lancé en février 2015 pour une durée de trois ans, PASS propose de tirer parti de l’expérience et des connais- sances de ses partenaires ainsi que des cadres, d’actions existant sur la promotion de l’activité physique aux niveaux européen et international : les lignes d’action recomman- dées par l’Union en matière d’acti- vité physique (2008) d’une part, et l’initiative Designed to Move d’autre part.

Cette dernière promeut une approche transsectorielle de l’activité physique dans les secteurs de l’édu- cation, des transports, de la santé, des villes, ou encore de la planification urbaine… La mission de PASS est de superposer ces deux grilles de lecture pour combler les la- cunes existant au niveau européen. Pour cela, une étude transnationale sera réalisée afin de confronter les schémas nationaux de promo- tion de l’activité physique, les niveaux de pra- tique et les méthodes de suivi et d’évaluation. Une série de cinq ateliers thématiques viendra dans un second temps confronter ces don- nées, et proposera des recommandations opé- rationnelles, par secteurs, à l’attention des décideurs.

Enfin, une importante campagne de communication et de plaidoyer sera orga- nisée pour diffuser les résultats du projet. Les premiers chiffres de l’étude transnationale sont attendus à la fin de cette année. www.sportetcitoyennete.com/pass Communiqué Tous les sports proposés ont réussi leur promotion : les volontaires, débutants ou pratiquants expérimentés, ont afflué et ont promis de renouveler l’expérience. Les responsables d’entreprise qui s’étaient déplacés ont pris bonne note de cet engouement.

Le sport d’entreprise est sur la bonne voie.

18/sport & entreprises N°122 octobre 2015 ÉVÉNEMENTS Le 10 septembre s’est déroulée la Course de la diversité. Cette manifestation interentreprises de respect de l’autre était parrainée par l’athlète français Ronald Pognon et soutenue par la Commission européenne. Organisée au Stade de France par la Fédération française du sport d’entreprise, en partenariat avec B2run, elle a rassemblé plus de sept cents participants de tous âges, tous horizons et de toutes compétitions physiques, tous désireux et heureux de partager ce moment sportif de convivialité et de fête.

Les entreprises parient sur la diversité

4/sport & entreprises N°122 octobre 2015 /19 Veolia soutient et participe à la Course de la diversité Dans le cadre du plan d’action «Diver- sité», et en cohérence avec ses engage- ments, le Groupe Veolia soutient et encourage la participation de ses salariés à la Course de la diversité. La diversité par le sport est un des enjeux de la politique et des engagements diversité du Groupe. Dans le cadre de ses engagements pour un dé- veloppement durable, Veolia souhaite garantir le respect des diversités et des droits humains fondamentaux au sein de l’entreprise, pour montrer que la différence est une richesse, et développer le « vivre ensemble ».

La Course de la diversité est un événement qui porte les valeurs de cohésion sociale, de solidarité et d’égalité des chances soutenues par Veolia. Le principe est le suivant : quelles que soient leurs différences ou leurs origines, tous marchent ensemble, en solo ou en duo, pour mixer toutes les diversités. Chacun réa- lise le même parcours, à son rythme et dans la convivialité : femmes et hommes, seniors et jeunes, personnes en situation de handicap et valides, sportifs ou non, quels que soient leurs niveaux de responsabilité au sein de l’entreprise.

Cette course offre l’opportunité de promou- voir la diversité, l’égalité des chances, de lut- ter contre les discriminations, de créer de la cohésion et de la solidarité et de renforcer le respect et la fierté d’appartenance. Elle est aussi l’occasion se sensibiliser les collabora- teurs de Veolia sur la prévention santé et sé- curité et l’importance du bien-être au travail. Depuis plus de dix ans, Veolia est partenaire de la Fédération française du sport d’entre- prise, organisatrice de l’événement, et l’asso- ciation Veolia Sports lui est affiliée.

Par ailleurs, participer à ce grand rassemble- ment est l’occasion de mettre en lumière les causes soutenues par l’association « Rêves », qui veut exaucer les rêves d’enfants et d’ado- lescents atteints de pathologies graves.

Au final, ce sont plus de trois cents salariés du Groupe, venus de toute la France, qui se sont mobilisés pour cette édition 2015 de la Course de la diversité. Communiqué Ronald Pognon, premier sprinteur français sous les 10s au 100m, est aujourd’hui ingénieur d’affaires chez Altem. Antoine Frérot, PDG de Veolia Environnement, très intéressé par l’apport de la Course de la diversité.

20/sport & entreprises N°122 octobre 2015 ÉVÉNEMENTS «La diversité n’est pas qu’un mot. C’est une réalité de notre entreprise : diversité de nos parcours professionnels, de nos profils et de nos histoires personnelles. C’est aussi tout simplement le reflet de la société dans laquelle PRO BTP évolue.» En signant la Charte de la diversité en 2007, notre Groupe a voulu affirmer l’égalité des chances. Assurer le respect dû à chacun et lui permettre d’évoluer avec ses différences, c’est le rôle de l’entreprise socialement responsable que nous sommes. Cet engagement s’exprime également dans notre volonté d’offrir un en- vironnement de travail agréable et équitable.

La Course de la diversité a favorisé la mixité, ainsi que de nouveaux échanges entre nos collaborateurs.

Nous nous sommes rassemblés pour porter les valeurs de la diversité hors du cadre formel du lieu du travail, quels que soient notre genre, notre âge, notre métier, notre handicap ou notre statut. Et nous étions nombreux à adhérer à cette manifestation sportive où nous avons marché, couru et partagé, tous ensemble. Communiqué La Fédération française du sport d’entreprise remercie tous ses partenaires pour cette édition 2015 de la Course de la diversité Lorsque l’on s’engage dans la Course de la diversité, on porte avec fierté les couleurs de son entreprise et on transmet un message de partage.

Observez.

Capturez. Partagez. @parisladefense

Direction Cortina d’Ampezzo Snow Working des entreprises : oxygénez vos équipes La Fédération française du sport d’entreprise, les chambres de commerce et d’industrie, la chambre professionnelle Domaines skiables de France et les écoles de ski français se sont entendues pour créer le Snow Working des entreprises, qui propose aux administrations, institutions, entreprises, sociétés, associations, ONG…, et à leurs salariés, une semaine ou un court séjour à des tarifs avantageux. L’hébergement, les cours de ski, les activités neige, le skipass et le matériel sont compris.

Méribel, La Clusaz et l’Alpe d’Huez figurent parmi les stations qui ont été choisies pour accueillir cette opération qui aura lieu du 16 au 23 janvier 2016.

Ce Snow Working répond à plusieurs objectifs parmi lesquels l’optimisation des périodes de fréquentation qui permet aux stations de consentir des tarifs privilégiés et un niveau de service élevé, et aux entreprises de bénéficier de conditions optimales.

Autres avantages : la mobilisation du monde du travail sur l’accessibilité du ski et des sports de montagne à tous et l’élargissement de l’accès à la montagne à ceux qui n’ont pas eu la chance de découvrir le ski pendant leur enfance. Pour plus d’informations : contact@redskiorganisation.com Après le succès de l’édition nationale des Jeux d’hiver du sport d’entreprise à Tignes cette année, ce sont les 13es Jeux européens d’hiver du sport d’en- treprise qui se présentent.

Alors que la station de Brunico en Italie avait été initialement choisie, c’est Cortina d’Ampezzo qui a pris le relais pour orga- Organisé dans le parc naturel régional du Vercors, l’EuroNordicWalk est le grand rassemblement européen de la marche nordique.

Les 20 et 21 juin dernier, plus de 3000 participants ont participé à sa troisième édition. En forte progression en Europe et dans le monde depuis le début des années 2000, la marche nordique est un sport-santé fa- cile à pratiquer, non violent, qui fait travail- ler 80 à 90% des muscles en ménageant les articulations. Cette année encore, le très riche programme de l’EuroNordicWalk Ver- cors a donc permis de toucher un large pu- blic par le biais des différentes activités proposées : des randonnées marche nor- dique de 8 à 26 km, dont une en nocturne. Ces journées ont aussi favorisé la décou- L’EuroNordicWalk Vercors, à grands pas verte des nouveautés et des spécificités de cette discipline au cours du Salon de la marche nordique où des conférences et des ateliers se sont tenus sur plusieurs thèmes : la technique de marche, le sport- santé… Cette année, le village a réuni plus de cin- quante équipementiers et marques « out- door », mais aussi des acteurs clé du sport- santé.

Présente comme exposant, la FFSE était partenaire de la première édition du challenge entreprise organisé pendant ce grand rassemblement Le rendez-vous pour l’année prochaine est déjà fixé : la quatrième édition de cet évé- nement de la marche nordique aura lieu du 17 au 19 juin 2016, à Lans-en-Vercors, en Isère.

niser ces 13es Jeux européens. La station transalpine, qui bénéficie de magnifiques installations, est mondialement connue. Elle a accueilli notamment les Jeux olym- piques d’hiver en 1956, et tous les ans une épreuve de la Coupe du monde de ski de descente féminine. Ajoutons qu’elle a même été le lieu de tournage d’un James Bond… Dans ce cadre prestigieux, plus de cinq cents participants sont attendus du 9 au 13 mars 2016 pour se disputer les mé- dailles et partager de grands moments de convivialité.

D’ores et déjà, les équipes locales d’orga- nisation, les superviseurs de la Fédération européenne du sport d’entreprise et les di- rigeants français nous annoncent une édi- tion très attractive.

Autres atouts de Cortina d’Ampezzo : des températures très douces et des tarifs avantageux liés à une fréquentation plus basse à cette période. La FFSE attend donc ses sportifs, nom- breux, pour défendre les couleurs bleu- blanc-rouge et prouver une nouvelle fois que la France compte dans le paysage du ski européen d’entreprise. Plus d’informations auprès de la Fédération française du sport d’entreprise : secretariat@ffse.fr EN DIRECT

4/sport & entreprises N°122 octobre 2015 /23 La Martinique nous attend Du 4 au 8 mai 2016, la ligue de Marti- nique du sport d’entreprise accueillera les 7es Jeux nationaux du sport d’en- treprise. Espéré depuis de nombreuses années, tant par les Martiniquais que par les déléga- tions de la métropole, ce rendez-vous s’an- nonce haut en couleur. D’une part, l’orga- nisation sera à coup sûr de qualité, grâce au dynamisme et au savoir-faire de l’équipe, présidée depuis dix ans par Yvon Fibleuil. D’autre part, ces Jeux, baptisés « Verts et Bleus » permettront de découvrir les richesses de l’île, tout en offrant un pla- teau sportif et de loisir attractif.

Douze disciplines seront proposées en compétition. Parmi les temps forts atten- dus, les tournois de football, de pétanque et les épreuves d’athlétisme. Tandis que le beach rugby, le tennis, le volley-ball, le golf, le trail, la voile ou encore le 10 km hors stade se dérouleront dans des cadres d’exception. Le rugby à 7, le tennis, le tir à l’arc ou encore les échecs compléteront le programme. A noter également le renforcement des ac- tivités de bien-être, de découverte et de loi- sirs, afin de mieux répondre encore aux at- tentes de tous. Les randonnées pédestres et la marche nordique donneront ainsi La sélection des cheminots en vedette C’est à Angers, du 11 au 13 juin dernier, que s’est déroulée la 7e édition du Trophée des sélections nationales du football d’entreprise qui regroupait les équipes France Militaire, France BPCE Sports, France Banque de France, France Cheminots, France Sapeurs-pompiers, France Finances, la sélection nationale de la Fédération française du sport d’entreprise et une sélection de la Principauté de Monaco.

Tenante du titre, l’équipe de France Militaire s’est inclinée en finale face à la sélection nationale des Cheminots. A noter que pour sa première participation, la sélection nationale de la FFSE s’est brillamment comportée en terminant à la troisième place, en affichant de plus un excellent état d’esprit. A également eu lieu le marathon relais des entreprises à Angers, avec la participation de près de 1 500 coureurs représentant plus de 250 équipes d’entreprises. Les rugbymen ont conquis l’Islande Une équipe composée de joueurs issus du championnat de la Fédération française du sport d’entreprise est allée à Reykjavík pour y disputer une rencontre face à une formation locale.

C’était la première fois qu’une équipe française de rugby se rendait sur les terres des fjords. Le résultat a été sans appel : 99 à 0 en sa faveur, mais l’essentiel était ailleurs : l’aventure les aura fait rencontrer l’ambassadeur français en Islande et passer à la télévision dans un programme d’info, semblable à celui de notre JT de 20 heures. Du 1er au 5 juin 2016, des centaines d’entreprises et de salariés venant du monde entier vont se retrouver dans la capitale des Baléares à l’occasion des premiers Jeux mondiaux du sport d’entreprise.

C’est entendu : les installations sportives seront de très grande qualité, le soleil sera majorquin, les hôtels seront tout confort et les découvertes touristiques ou culturelles de la région vont réserver de très belles surprises.

Au programme sportif, dix-neuf disciplines : athlétisme, badminton, bas- ket-ball, beach-volley, bowling, cyclisme sur route, football (à 11, 7 et 5), fléchettes, golf, handball, padel (jeu pratiqué à qua- tre, entre squash et tennis), pétanque, na- Tous à Palma de Majorque pour une première historique Du jeu, des buts et de beaux souvenirs pour les équipes du football d’entreprise. Les représentants du rugby du sport d’entreprise ont été à la fête sur cette terre de feu et de glace. tation, squash, tennis, tennis de table et volley. A noter égale- ment qu’une nouvelle fois, après les Jeux européens de Riccione, les athlètes para- lympiques seront eux aussi à l’honneur avec des compétitions d’athlétisme, de basket et de natation.

Sans oublier une cé- rémonie d’ouverture et de clôture qui s’an- noncent des plus grandioses.

On compte sur une importante délégation française pour ce premier rendez-vous mondial du sport d’entreprise. Plus d’informations auprès de la Fédération française du sport d’entreprise : secretariat@ffse.fr l’occasion de découvrir les endroits les plus inaccessibles de l’île. Ceux qui le sou- haitent pourront même s’offrir un pro- gramme à la carte en choisissant parmi les multiples activités proposées : aquagym, beach tennis, fitness, gommier (sport de voile traditionnel aux Antilles), kayak de mer, pilates, zumba… Une répétition générale très réussie a eu lieu du 18 au 20 juin dernier lors des 3es Jeux martiniquais du sport d’entreprise.

Plus de six cents sportifs locaux ont parti- cipé aux vingt épreuves. Pour les Jeux nationaux, inscriptions et informations : Thomas le Lann, tél. : 05 46 23 10 03 – 06 98 42 38 74, ou territoires@ffse.fr Carte postale de rêve pour les participants aux Jeux nationaux d’été 2016.

24/sport & entreprises N°122 octobre 2015 NOS VALEURS

4/sport & entreprises N°122 octobre 2015 /25 C’ est reparti. La folle farandole des championnats nationaux a repris partout dans l’Hexagone, et avec elle les coups de dé, les coups du sort et… les sempiternels coups de gueule contre les arbitres. Contester leurs déci- sions est un sport national, et la tradition n’en finit plus d’être respectée. Même au rugby, toujours prompt à vanter ses valeurs exemplaires ? Même au rugby. A tel point que le patron de la Ligue na- tionale, Paul Goze, a tapé du poing sur la table, instaurant un « new deal » en la ma- tière.

Sur le terrain, qu’un joueur en de- hors des capitaines tente de s’adresser à l’arbitre, et son équipe est sanctionnée. Sur le banc de touche, si volent des noms d’oiseaux vers les pros du sifflet, c’est de 3 000 à 50 000 euros d’amende. Et si des cadres d’un club se permettent de mé- chantes critiques à froid, la facture peut passer de 50 000 à 300 000 euros. En no- vembre 2014, l’entraîneur du Racing Métro, Laurent Labit, s’est ainsi fait pla- quer pour ses propos salés sur l’arbitre du derby face au Stade Français : quinze se- maines d’interdiction de terrain et de ves- tiaire, et 50 000 euros d’amende pour le Racing.

Il n’empêche. Les attaques fusent toujours sur les pelouses et les planchers des gym- nases. « Nous le constatons malheureuse- L’arbitrage La Fédération française du sport d’entreprise défend une valeur phare de la pratique sportive : le respect absolu du droit à l’erreur des arbitres. ment nous aussi lors de nos matches de rugby ou durant nos Jeux nationaux, dé- plore Frédéric Delannoy, le directeur tech- nique national de la FFSE. Comme d’au- tres, je le dis et je le répète : l’arbitre est un acteur du jeu, humain et qui a donc fa- talement droit à l’erreur. Ce droit, il doit même le revendiquer.

» Parrain des Journées nationales de l’arbi- trage en 2012, le philosophe Michel Serres (lire aussi p.27) poussait le curseur encore plus loin : « Je crois que le respect de l’ar- bitre est le commencement de la démocra- tie.» Seulement voilà : le débat sur l’ar- bitrage ne cesse, depuis vingt ans, de s’échapper du terrain éthique où droit et morale peuvent faire bon ménage pour se perdre sur celui de l’infaillibilité de la dé- cision comme idéal à poursuivre. Dès lors, rapplique dans le jeu la question de l’aide à la décision et des outils pour l’atteindre : autrement dit la vidéo. Les arbitres sont contestés ? Renforçons-les grâce à l’arme fatale et neutre par excellence : la techno- logie.

Le rugby là encore passe pour exem- plaire : l’appel à la vidéo pour valider un essai est entré dans les mœurs. Reste qu’il n’empêche en rien les contestations. « Ceux qui sont pour l’arbitrage vidéo sont victimes d’une pseudo-évidence : celle de l’image objective », analysait le professeur agrégé de philosophie Mathias Roux Garant du jouer ensemble ➤➤➤

Mauvais joueurs « C’est difficile de jouer face à quelqu’un qui peut te toucher mais que tu n’as pas le droit de toucher ! » Le pivot français, Rudy Gobert, à propos du héros ibérique de la soirée, Pau Gasol, après de la défaite (80-75) de l’équipe de France en demi-finale de l’Euro de basket. En réponse, l’arbitre international français Eddie Viator, qui a arbitré la finale de la Coupe du monde 2014 Etats- Unis-Serbie, a estimé qu’il n’y avait « aucune critique » à faire sur la performance de ses confrères. « Les fautes qui ont été sifflées contre les Français n’étaient pas imaginaires. La défaite n’a rien à voir avec l’arbitrage », a-t-il tranché.

Lus sur l’Equipe.fr, le 19 septembre. « Je pense que le premier but est hors-jeu et ensuite l’expulsion d’Olivier Giroud est très sévère. Le premier carton jaune était dû à une protestation pour une faute sifflée en sa faveur. Sur le deuxième carton jaune, il ne fait pas exprès de toucher le joueur. C'est complètement accidentel. Je ne comprends pas l’arbitre.» L’entraîneur d’Arsenal, Arsène Wenger, après la défaite (1-2) de son équipe le 16 septembre face au Dinamo Zagreb, sur le site de So Foot du 17 septembre.

26/sport & entreprises N°122 octobre 2015 NOS VALEURS Questions à Jean-Raphaël Gaitey Responsable des partenariats sportifs du Groupe La Poste «Contribuer à changer le regard sur l’arbitrage» La Poste s’est inscrite depuis 2007 dans un partenariat sportif atypique en soutenant les arbitres, avec l’ambition de mieux faire comprendre l’exercice de la fonction.

Sport & Entreprises : Quel est le sens du partenariat durable mis en place par le Groupe La Poste avec les arbitres des fédérations françaises de football, de rugby, de basket et de handball ?

Jean-Raphaël Gaitey : Pour nous, le soutien aux 53 000 arbitres amateurs et élites de ces quatre sports collectifs part du constat qu’il existe un véritable parallèle entre l’activité de nos postiers et de nos facteurs qui sont des traits d’union entre les expéditeurs et les receveurs, et les arbitres sur le terrain. Nous défendons les valeurs d’engagement, de performance, de service public, et le rôle des hommes en noir peut s’assimiler à cette notion de service public. Notre ambition est triple : valoriser leur fonction, les accompagner en développant notamment des outils pédagogiques et des stages de formation, susciter des vocations avec des campagnes, comme les Journées de l’arbitrage, qui se dérouleront cette année les 21 et 28 octobre et se concentreront sur le recrutement des jeunes.

S&E : Quel type d’arbitrage souhaitez-vous promouvoir dans un contexte où la vidéo et les nouvelles technologies s’invitent de plus en plus dans les débats ? J.-R.G : Nous ne souhaitons pas entrer dans les polémiques entre les différents acteurs du jeu, et encore moins faire montre d’ingérence sur ces questions. Mais la technologie semble aujourd’hui difficile à laisser de côté. L’intégration de certains procédés, comme la caméra sur la ligne de but lors de la dernière Coupe du monde de football, peut se révéler intéressante. S&E : La dimension humaine de l’arbitrage n’est-elle pas du même coup menacée ? J.-R.G : L’arbitre reste un homme, qui peut faire des erreurs.

Par nos actions, nous cherchons à démontrer que l’exercice de la fonction est très compliqué lorsqu’il s’agit de prendre une décision dans l’instant et pas deux secondes après. C’est difficile de faire changer le regard souvent négatif porté sur les arbitres. C’est pour cela que nous montrons les coulisses de l’arbitrage, les angoisses, les pressions et la violence auxquelles ils sont confrontés, mais aussi la passion et l’engagement qu’ils déploient. L’homme, dans tous les cas, doit rester au centre du dispositif. Une filière arbitrage Parmi les sections sportives régionales de second cycle labellisées par la Fédération française de foot- ball, plusieurs d’entre elles disposent d’une filière « Arbitrage ».

Ces dernières permettent aux jeunes lycéens entrant en seconde ou en première de développer leurs compétences à l’aide d’une formation continue aménagée et structurée autour de quatre grands axes d’enseignement spécifiques : la pré- paration athlétique, la préparation théorique, la préparation technique et pratique et la culture du football et de l’arbitrage. Il s’agit des lycées Daguin-Dassault à Mérignac, Emile-Littré à Avranches, Jo- seph-Fourier à Auxerre et Bréquigny à Rennes.

Lu sur la toile Arbitrage : culture rugby Rugbyrama.fr du 17 septembre Comme avant chaque édition, les arbitres qui officient durant la Coupe du monde (18 septembre-31 octobre) ont reçu des directives, orientées cette année vers la sécurité des joueurs, particulièrement autour des re- groupements et sur les duels aériens. World Rugby (l’or- gane suprême du jeu) leur a demandé d’être vraiment sévères en cas de jeu déloyal, d’être très vigilants pour protéger les joueurs. Les charges et les placages à l’épaule, au cou et à la tête devant être scrutés de près. Les arbitres ont également pour consigne d’être extrê- mement attentifs dans les regroupements.

Gare au joueur qui irait déblayer un adversaire au-dessus de la ligne des épaules !

Ils ont dit lors de la sortie de son livre savou- reux : Socrate en crampons, en 2010(1). « Or, une image est un angle de vue, comme n’importe quelle paire d’yeux. Parfois, elle permet de trancher. Mais il existe un cer- tain nombre de cas où elle ne peut rien. La vidéo n’aide pas l’arbitre et devient alors un cadeau empoisonné. » La question ta- raude les fédérations, car la pression est toujours plus forte en faveur de l’arbitrage vidéo. Le sondage réalisé par La Poste- TNS-Sofres lors des dernières Journées de l’arbitrage en septembre 2014 révélait que les Français le plébiscitaient à 71%.

S’il en est un que le chiffre n’impressionne guère, c’est Michel Platini. Ardent défen- seur de l’arbitrage à cinq dans le football, l’ex-champion, candidat à la présidence de la FIFA, se dit même hostile à l’évolution de la caméra placée sur la ligne de but. « Toutes ces questions se posent évidem- ment parce que les enjeux sont devenus énormes dans les compétitions profession- nelles, et pour nous le sujet n’est pas là, se félicite Frédéric Delannoy. Dans notre pratique, se pose plutôt la question de l’auto-arbitrage, qu’organise par exemple le sport en entreprise en Allemagne. On re- trouve là le sens premier de l’arbitre, chargé de la bonne marche du jouer en- semble.

» Dans le même esprit, la FFSE a passé depuis le mois de mai 2014 une convention avec l’Union nationale du sport scolaire pour que des jeunes de l’UNSS puissent arbitrer ses compétitions. « Cela contribue à l’éducation des jeunes et les confronte en même temps avec le milieu de l’entreprise, souligne le DTN. Dans nos compétitions, nous pouvons être un lieu d’expérimentation de nombreuses ➤➤➤ valeurs – mixité, intergénération, respect de l’autre – à travers l’arbitrage. » Et cette vocation de l’homme en noir, ou de quelle que couleur qu’il soit vêtu, comme garant du vivre ensemble, pour le coup, devrait être incontestable.

Jean-Luc FERRÉ (1) Dans un entretien avec la rédaction du site Chronofoot.

4/sport & entreprises N°122 octobre 2015 /27 «L es arbitres sont des hommes comme vous et moi. Ils ont deux yeux et pas trois. Ils ont deux oreilles et pas quatre. Ils peuvent donc se tromper. Un arbitre est choisi, comme on choisit un juge ou un avocat, parce qu’un arbitre est une personne de droit et qu’un sport est une activité phy- sique qui a des règles de droit. Les ques- tions d’arbitrage sont donc des questions juridiques. On ne peut pas imaginer une rencontre sans arbitre, parce qu’elle a des règles qui ne peuvent être appliquées que par un tiers.

Ce tiers a un nom très précis. Les Anglais disent referee – référence. Cet arbitre rend une décision. Or, c’est un homme faillible. En se trompant, il peut décider de façon injuste de l’issue d’une partie. Dans le cas d’un procès normal, on ferait appel. Il se trouve qu’un match de rugby, un match de football ou un match de basket sont des procès sans appel pos- sible. Et ce pour une raison très simple : l’arbitre qui s’est trompé risque encore de C’est l’arbitre qui marque le but « La langue française le dit : c’est l’arbitre qui marque le but et non pas le trois-quarts aile qui touche dans l’en-but, le numéro dix qui expédie le ballon dans le filet ou le basketteur qui réussit un panier, observe Michel Serres.

L’arbitre n’accorde pas le but, il le marque. » Le philosophe est originaire d’Agen. Il ne pouvait donc pas ne pas attraper le virus du rugby. Troisième ligne aile, il a été un bon joueur universitaire. Michel Serres est contre l’arbi- trage vidéo.

se tromper lors d’un deuxième match. Bref, l’arbitre ne se trompe jamais parce qu’il se trompe toujours. Il n’y a pas d’er- reur, point final. Plus la rencontre est sérieuse, plus elle de- mande un respect des règles de la part des joueurs, un respect des règles de la part des entraîneurs, un respect des arbitres de la part des spectateurs, des commenta- teurs, des téléspectateurs, des auditeurs et des lecteurs. Et l’arbitre éprouve du plaisir à être respecté, parce qu’il est le représen- tant de la règle, tout simplement. Mais il n’est pas seulement le représentant de la loi, il est aussi de l’état physique des joueurs.

En faisant respecter les règles, il protège aussi le joueur de blessures consi- dérables.

Le bon arbitre rend possible un match. Il est celui qu’on ne voit pas et le plaisir d’être invisible est un plaisir inouï. Ce qu’il se passe sur un terrain c‘est au fond un modèle réduit de ce que nous vivons dans la société. S’il n’y avait pas de droit, il n’y aurait pas de société, ce serait la jungle. Pour toutes ces raisons, je suis relative- ment contre les évolutions qui tendent à faire assister l’arbitre par la vidéo. » Recueilli par Raphaël SIMON Michel Serres «L’arbitre ne se trompe jamais»

“NUTRITION, SPORT et performance en entreprise. ” vCOMITE SPORT DU MEDEF LYON-RHONE “Comment faire rythmer QUALITE DE VIE AU TRAVAIL avec SANTE GLOBALE ? ” vCOHESION INTERNATIONAL “Impact des conduites “ADDICTIVES” dans l’entreprise ? Ce que peut faire l'employeur ! ” vPSRE “Comment accompagner humainement le CHANGEMENT et les transformations ? ” vPSYA QUALITÉ DE VIE AU TRAVAIL D E P U I S 1 5 A N S , L ' É V É N E M E N T D E R É F É R E N C E E N F R A N C E Sous le Haut-Patronage du Ministère du Travail, de l’Emploi, de la Formation Professionnelle et du Dialogue Social et du Ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports EXPOSER +33 (0)5 57 54 12 65 DEVENIR PARTENAIRE +33 (0)5 57 54 38 26 Programme des conférences et inscription gratuite (Code YM281N) sur

4/sport & entreprises N°122 octobre 2015 /29 Immersion Stéphane Diagana : son expérience parle aux entreprises C hampion du monde d’athlétisme. Et de- puis vingt ans recordman d’Europe du 400 mètres haies. Le palmarès de Sté- phane Diagana fait rêver. Mais c’est le chemin menant à ses victoires que l’athlète, travailleur acharné, veut partager aujourd’hui avec les en- treprises. Pour lui, pas de doute : son parcours a valeur d’exemple. Avec ses trophées. Avec ses échecs aussi.

Stéphane Diagana a raccroché les pointes en 2004. Diplôme d’école de commerce en poche, il est parti vers d’autres aventures.

La télé, la radio, des partenariats, des engagements, et puis cette activité récurrente de « conférencier en en- treprise » démarrée sur une intuition : « J’étais encore athlète. Une société m’a demandé si un sportif pouvait venir témoigner sur la notion de performance. J’ai accepté. » Il n’a pas arrêté depuis de peaufiner ses inter- ventions. Comment rendre l’entreprise plus effi- cace, le management plus motivant, l’adhésion collective au projet plus forte ? Quels enseigne- ments tirer de cette brillante carrière qui n’était pas écrite ? « Mon potentiel ne sautait pas aux yeux quand j’étais junior », rappelle l’homme, affable.

« Il ne s’agit pas de parler de techniques, mais de relations humaines, de gestion de projet et de processus. » Au cœur de ses réflexions : le subtil rapport entre l’athlète et son entraîneur. Il en sait quelque chose, lui qui a passé seize années aux côtés du même coach, Fernand Urtebise, le vi- sionnaire qui orientera le jeune Stéphane vers le 400 mètres haies et les sommets. La compréhen- sion mutuelle fut immense. Ensemble contre vents et marées. « Il y a deux schémas possibles, reprend l’ancien champion. Le modèle du gou- rou, qui engendre un risque de dépendance. Et la coconstruction, c’est-à-dire la délégation vers l’athlète des choses qu’il peut assumer.

L’absence de hiérarchie oblige à solidifier l’engagement. » Le sportif, force morale autant que physique – Stéphane Diagana a été très engagé dans la lutte antidopage – a d’autres pistes à partager sur le chemin qui mène à l’excellence. L’importance d’objectifs clairs, expliqués, compris. La néces- saire maturité du management. Apprendre des revers. Et soigner les « 3 P « Le socle de la per- formance, c’est le plaisir, si possible la passion, et toujours la patience. » Un modèle ? « Je ne donne pas de leçons, rétorque-t-il avec une mo- destie sereine. J’explique simplement ce qui m’a permis de devenir un athlète qui a exprimé tout son potentiel.

» Christine TACONNET Pour en savoir plus : www.stephane-diagana.fr Depuis quelques années le champion français met son expérience de sportif de compétition au ser- vice des entreprises. Comment l’homme qui a remporté deux titres mondiaux d’athlétisme peut-il les aider à devenir plus performantes ?

Tours de piste 1969 : Naissance en Aveyron 1990 : Premier record de France du 400 mètres haies 1995 : Record d’Europe du 400 mètres haies (47s 37), qui tient toujours, et médaille de bronze aux championnats du monde d’athlétisme à Göteborg 1997 : Champion du monde à Athènes 2002 : Premier titre de champion d’Europe à Munich 2003 : Champion du monde du relais 4 x 400 mètres (avec Marc Raquil, Leslie Djhone et Naman Keïta) à Saint-Denis (deuxièmes derrière les Américains disqualifiés pour dopage) 2004 : Diplômé de l’école de commerce ESCP Europe. Démarrage de ses interventions en entreprise 2007 : Premier président de la Ligue nationale d’athlétisme, il devient également consultant pour France Télévisions

30/sport & entreprises N°122 octobre 2015 DROIT DE SUITE Après trois ans de réflexion, la Fédération française du sport (FFSE) présente son premier « Guide Formation 2015-2016 ». Clair et concis, il s’adresse aux manageurs, aux salariés et édu- cateurs sportifs à la recherche d’outils pour améliorer la santé, le bien-être ou l’insertion des nouveaux employés au sein des entreprises.

N ous sommes en septembre 2013. Des jeunes «emplois d’avenir» de La Poste débutent une formation pas comme les autres. On leur a parlé de sport. Ils s’attendent à des parties de foot. Mais le formateur de la FFSE a une autre idée en tête.

Démarrent des petits jeux, ar- bitrés par les futurs salariés de La Poste. Certains découvrent l’ingratitude du rôle d’arbitre, d’autres l’intérêt de penser en équipe, le rôle du capitaine. On débriefe. On débat. On réfléchit. Autant de mises en situation qui serviront ensuite à intégrer les jeunes dans leur nouvelle structure. Entre 2013 et 2014, 750 personnes suivront la formation élaborée par la Fédération en partenariat avec La Poste.

L’expérience a été décisive. Elle a permis de basculer vers une offre FFSE structurée qui a pris la forme du premier « Guide Formation 2015-2016 ». D’une trentaine de pages, il se décline en un catalogue de dix-huit modules axés sur le sport, la santé et l’insertion. Il s’agit d’offrir des ou- tils clés en main qui visent par exemple à «renforcer la cohésion d’équipe», à Quand la Fédération rime J ULIEN E ICHINGER /F OTOLIA .

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4/sport & entreprises N°122 octobre 2015 /31 Paroles de Richard Oswald Directeur technique national adjoint, en charge de la formation « Il y a encore vingt ans, les entreprises confiaient intégralement la pratique sportive à leur comité d’entreprise.

Le sport en entreprise concernait une minorité de passionnés. Il avait surtout une dimension corporatiste, avec ses compétitions et ses règles. Aujourd’hui, d’autres enjeux ont émergé qui ne peuvent plus être uniquement satisfaits via les activités traditionnelles organisées dans le cadre du CE.

Je pense aux enjeux en matière de santé, de bien-être des salariés ou à des problématiques d’insertion de nouveaux embauchés. Or, nous savons que les activités sportives et physiques sont des facteurs de santé, de cohésion et de performance. Est-ce le rôle d’une fédération d’avoir un organisme de formation? La Fédération française du sport d’entreprise ne s’est pas investie depuis trois ans dans ce domaine par hasard.

Cela répondait d’abord à une demande forte des entreprises avec lesquelles nous échangeons. Par sa vocation, notre fédération a légitimement les atouts pour répondre à cette attente.

Les formations dispensées aujourd’hui mettent avant tout l’accent sur la technique sportive. Notre rôle est de proposer des choses qui n’existent pas dans le secteur. Quelle activité physique proposer à des publics non pratiquants ?

Quel module mettre en place pour améliorer la santé des salariés ? Ce sont autant de chantiers à mener. Par ailleurs, on ne trouve guère d’offres pour les manageurs ou les salariés qui voudraient utiliser la pratique sportive comme outil d’insertion. Or, la FFSE a une mission de service public. Notre stratégie de formation doit être en concordance avec les objectifs d’insertion des jeunes de notre ministère de tutelle. Faisons de ces contraintes une chance pour se démarquer de l’offre existante dans le champ du sport. N’oublions pas enfin que la formation doit accroître la visibilité de notre fédération auprès des entreprises, avec à la clef de possibles nouveaux licenciés.

» «Une demande forte des entreprises» « adopter les bonnes postures au travail pour préserver son capital santé », à « ap- pliquer les principes de renforcement musculaire aux activités profession- nelles », ou à « construire un projet de club sportif d’entreprise ».

Dans les faits, le programme de la FFSE répond aux interrogations croissantes des salariés et des chefs d’entreprise. « Nous vivons dans une société qui demande de plus en plus de temps, observe Carole Mégrot, sophrologue spécialisée dans la gestion du stress, et formatrice à la Fédé- ration. On court, on ne s’arrête jamais, on ne prend pas soin de sa santé. » Le stress et les troubles musculo- squelettiques nuisent pourtant grandement à la santé des salariés, avec tous les risques d’absentéisme et de baisse de la producti- vité. « Souvent débor- dés, les chefs d’entre- prises se plaignent de ne plus en pouvoir », poursuit-elle.

Face à la multiplication des affaires de souffrance au travail, le législateur plaide en faveur du renforcement du code du tra- vail. Des lois visant au bien-être des sala- riés ont été votées au cours des deux dernières décennies. « De plus en plus d’entreprises s’intéressent à la santé de leurs employés dans le cadre des exi- gences de la responsabilité sociétale des entreprises », note aussi Sébastien Rimetz, président de la ligue Languedoc-Roussillon du sport d’entreprise, l’un des neuf forma- teurs de la FFSE.

Les besoins définis, reste à se positionner sur le marché très concurrentiel de la for- mation professionnelle.

La FFSE mise sur des cycles courts (une journée) et peu coû- teux (1 500 euros en moyenne), à destina- tion des salariés, cadres, animateurs sportifs, bénévoles… L’offre santé cherche à inciter des publics non sportifs à changer leurs habitudes. Cela peut être par exem- ple une initiation des travailleurs séden- taires aux bienfaits d’exercices physiques : étirements pour le dos et les jambes, exer- cices visuels et respiratoires… La Fédération française du sport d’entre- prise a identifié une centaine d’entreprises susceptibles d’être intéressées par le guide qu’elle propose. La plupart sont des groupes cotés au CAC 40 et des sociétés déjà affiliées à la FFSE.

D’ores et déjà, des contacts avancés ont été noués avec Sanofi ainsi qu’avec la RATP. France Télévisions a donné son accord pour in- tégrer des animations sportives cet au- tomne. Plusieurs PME se disent aussi intéressées. « Notre offre doit créer la de- mande, espère Sébastien Rimetz. A nous de nous positionner auprès de nom- breuses entreprises et administrations. » Nicolas BADIOTAL avec formation Emploi, sport, santé: la Fédération française du sport d’entreprise remplit sa mission de service public en étant très mobilisée, notamment sur le bien- être au travail, sur la santé, sur l’insertion et la formation.

32/sport & entreprises N°122 octobre 2015 GRAND STADE Une dimension réduite. En 1883, Ned Haig, boucher écossais, joueur du club de Mel- rose RFC, organise un tournoi de rugby au bénéfice de son club. Pour offrir plus de spectacle et augmenter les recettes, il a l’idée de multiplier les matches en rame- nant l’effectif de l’équipe à sept joueurs et la durée de la rencontre à quinze minutes. Ainsi, naît le rugby à 7. Longtemps utilisé comme technique d’entraînement et pra- tiqué par les marins, ce sport devra atten- dre 1993 avant de voir naître sa première coupe du monde. Depuis, elle a lieu tous les quatre ans.

Des 7 de France crédibles. Les équipes de Nouvelle-Zélande et d’Afrique du Sud ex- cellent dans cette variante du rugby. Mais, les « Américains montent en puissance », observe Frédéric Pomarel, l’entraîneur de l’équipe de France de rugby à 7. Les Asia- tiques s’intéressent aussi davantage à ce sport depuis qu’il fait partie du cercle pres- tigieux des disciplines olympiques. De son côté, l’Hexagone est en retrait, mais les équipes féminine et masculine se sont qualifiées pour les Jeux olympiques de Rio. Ce qui devrait provoquer un engoue- ment supplémentaire pour le rugby à 7. « En France, il n’y a pas de clubs qui lui sont dédiés, indique Frédéric Pomarel, mais cela fait partie des projets fédéraux.

» Des règles séduisantes. Les règles de base sont celles du rugby à XV, mais avec quelques nuances. Par exemple, les péna- lités doivent être transformées en moins de quarante secondes pour limiter au maximum les temps morts. Autre subtilité, l’équipe qui marque un essai effectue en- suite la remise en jeu. Le rugby à 7 se joue avec deux équipes constituées de trois avants, un demi de mêlée et de trois trois- quarts, ainsi que de trois remplaçants. La Pour la première fois de son histoire, le rugby à 7 figurera officiellement au programme des Jeux olympiques à Rio de Janeiro, en 2016. Les équipes de France féminine et masculine sont qualifiées.

Une mise en lumière, qui devrait favoriser le dé- veloppement de ce rugby, encore plus specta- culaire que son cousin du XV.

bonnes raisons de pratiquer le 8 RUGBY À 7 conseils Avant de se lancer dans le rugby à 7… Il faut d’abord renforcer son physique pour prendre un maximum de plaisir. Cela passe par du « fractionné ». Il s’agit de répéter à l’entraînement des efforts sur des distances et à des intensités minutieusement programmées. Par exemple, dix séquences de 200 mètres, avec trente secondes de récupération entre chaque effort. Ou encore six fois 1 000 mètres, avec un répit d’une minute et demie entre chaque session. Tout ceci pour améliorer son rythme cardiaque, sa masse musculaire et repousser ses limites.

Il faut savoir qu’un rugbyman professionnel à 7 court 8 km à chaque entraînement de quarante-cinq minutes, dont 40 % au-dessus de 15 km/h.

A LISON B OWDEN /F OTOLIA . COM

4/sport & entreprises N°122 octobre 2015 /33 S&E : Pourquoi le rugby à 7 a-t-il été inscrit au programme officiel des Jeux olympiques de Rio ? Frédéric Pomarel : C’est le sport télévisuel par excellence. Les matchs sont courts et il y a plus de spectacle qu’avec le rugby à XV. Le ballon «vit» davantage sur le terrain. A un haut niveau, il y a un essai toutes les soixante secondes au rugby à 7. Et, statistiquement, il y a une fois et demie plus de contacts qu’au rugby à XV. S&E : Quels sont ses autres atouts ? F.P. : Si le rugby à XV a cette particularité de permettre à différents profils de physiques de s’exprimer et ainsi de montrer une complémentarité entre tous les joueurs, le rugby à 7 s’en distingue aussi dans la mesure où il peut apparaître plus éducatif, notamment parce que l’absence de mêlée lui donne un aspect moins violent.

S&E : Les deux rugbys sont-ils conciliables ? F.P. : Tout à fait. Depuis cinq ans, nous essayons d’ailleurs de créer des passerelles entre le rugby à XV et le rugby à 7 en incitant les joueurs des pôles espoirs à pratiquer les deux sports. En outre, un championnat de rugby à 7 a été créé en 2010 en France. Il commence aujourd’hui à prendre son envol. Il y avait 1 700 joueurs aux finales cette année à Marcoussis. Je suis convaincu que les JO de Rio vont changer le regard en Europe sur le rugby à 7. Propos recueillis par N.C. Questions à Frédéric Pomarel Entraîneur de l’équipe de France de rugby à 7 durée des matches est réduite de quatre- vingts à quatorze minutes.

Des physiques toniques. Le rugby à 7 exige une très bonne condition physique, à la fois de l’endurance et de la vitesse. La fai- ble densité de joueurs, sur un terrain aussi grand que celui du rugby à XV, rend le jeu plus dynamique. « Il faut être capable de répéter de longues courses », souligne Fré- déric Pomarel. Par conséquent, les joueurs sont plus élancés qu’au rugby à XV. Une pratique plus ludique. Le rugby à 7 s’adresse à tous et propose un visage d’au- tant plus séduisant qu’il permet aux joueurs de toucher davantage de ballons dans un match. Son rythme soutenu cible plus particulièrement les nouvelles géné- rations, adeptes de jeux rapides et de contacts.

Une mixité assurée et assumée. Le sport sco- laire est à la base du développement du rugby à 7 féminin, à l’évidence mieux par- tagé entre joueuses et joueurs que son cousin à XV. Un terreau pour les entreprises. Par la taille des équipes, réduites à sept personnes, ce sport est propice à l’organisation de tour- nois, notamment en entreprise. L’intensité des matchs, qui ne durent que quatorze minutes, et le nombre plus fréquent d’es- sais renforcent aussi sa dimension festive. En outre, les valeurs du rugby sont très ap- préciées en entreprise. Des répercussions positives dans la vie quoti- dienne.

Ses bénéfices psychologiques et physiques sont nombreux. Le rugby à 7 est très énergivore, donne du sens à l’effort et vise au service d’un collectif. Il permet aussi de bien évacuer son stress tout en améliorant sa réactivité. Des qualités re- cherchées, notamment au travail.

Nicolas CÉSAR

34/sport & entreprises N°122 octobre 2015 Certains sports, comme l’aïkido, peuvent être très bénéfiques pour aider à lutter contre des maladies graves. SPORT, SANTÉ & ENTREPRISES Cap Santé Entreprise aide les entreprises à accompagner leurs salariés atteints de ma- ladies chroniques. Elle pro- pose aussi des actions pour favoriser le maintien dans l’emploi mais également le bien-être au travail, notam- ment à travers des activités physiques et sportives C omment aider les entreprises à ac- compagner au mieux leurs salariés atteints de maladies chroniques ? Cette question est au cœur des préoccupa- tions de Cap Santé Entreprise, un fonds de dotation mis en place début 2015.

Ce fonds est né d’une initiative originale menée par des responsables du monde as- sociatif, de la santé et de l’entreprise. «L’objectif est de permettre aux managers de mieux connaître et de mieux gérer les attentes et les besoins des salariés ma- lades», explique Stanislas Regniault, di- recteur du comité de la Ligue contre le cancer des Hauts-de-Seine, et fondateur de ce projet. « L’idée est aussi de sensibiliser les entreprises à la question de la santé et du bien-être au travail. Et cela peut passer par des programmes d’activités physiques et sportives », ajoute-t-il. Ce projet est suivi avec intérêt par la Fédération française du sport d’entreprise.

D’autant que sa vice- présidente, Marie-Christine Oghly, assure la coprésidence de Cap Santé Entreprise. C’est en 2008 que la Ligue des Hauts-de- Seine a lancé cette initiative. « On a sou- haité agir sur le problème de la vie au travail des personnes atteintes de cancer mais aussi sur toutes les pathologies chro- niques : les maladies cardiovasculaires, le diabète, la sclérose en plaques, les mala- dies neurodégénératives… Aujourd’hui, ces pathologies touchent un Français sur quatre », témoigne Stanislas Regniault. La Ligue s’est appuyée sur des médecins du travail, des cancérologues, des psycho- sociologues de l’université Paris-Ouest, mais aussi sur des acteurs du monde de l’entreprise.

Elle a notamment avancé en lien étroit avec Damien Kunegel, respon- sable d’une agence du Crédit Mutuel, et aujourd’hui coordonnateur du conseil d’orientation stratégique de Cap Santé Entreprise.

Cap Santé Entreprise propose aux entre- prises un programme étalé sur trois ans. Celui-ci débute par un diagnostic person- nalisé permettant de mesurer les atteintes des salariés. « On diffuse un questionnaire anonyme, élaboré par des psychosocio- logues pour savoir ce qu’ils feraient face à la maladie ou face à un collègue malade. On mesure aussi quel serait leur niveau de confiance dans leur entreprise si un pro- blème de ce type devait survenir », pour- suit Damien Kunegel.

Ensuite, Cap Santé Entreprise propose des actions pour accompagner les personnes malades : temps partiel thérapeutique, for- mation sur des postes plus adaptés, per- manence d’information dans les locaux, plate-forme téléphonique… Des questions cruciales sont aussi celles de la sensibili- sation des salariés et de la formation des managers de proximité.

« Un des enjeux est de favoriser un climat de confiance pour inciter le salarié à parler le plus tôt possible de sa maladie », souligne-t-il. En général, le salarié a tendance à cacher le plus longtemps possible son problème de santé. « Souvent par peur d’être “pla- cardisé” ou de voir son plan de carrière ar- rêté. Mais ne rien dire, c’est difficile au bout d’un moment, surtout si la personne Des contacts avec plusieurs grands groupes Cap Santé Entreprise a vocation à aider toutes les entreprises, les grandes comme les plus petites. Aujourd’hui, le fonds de dotation mène des actions pour mieux se faire connaître auprès d’un certain nombre de grands groupes.

« Nous avons rencontré par exemple des responsables de Capgemini, Vinci ou Renault. Et nous avons des contacts avancés avec le Crédit Mutuel et Veolia, qui sont des partenaires de longue date de ce projet », se réjouit Stanislas Regniault. Pour contacter Cap Santé Entreprise, tél. : 01 55 69 18 19 ou www.capsan.fr Les entreprises face au défi des maladies chroniques ZUMMOLO /F OTOLIA .

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4/sport & entreprises N°122 octobre 2015 /35 Une étude montre que le retour au tra- vail après un cancer n’est pas toujours simple. C’est une aspiration de beaucoup de ma- lades du cancer : après la phase des trai- tements, ils veulent souvent reprendre dès que possible une activité professionnelle. Mais ce retour au travail n’est pas toujours simple. C’est ce que montre une étude de l’Institut Curie présentée en juin au congrès de la Société française du cancer. Cette étude s’est intéressée au devenir de 153 salariés, six ans après leur cancer. Pre- mier constat : six ans après la maladie, 83 salariés étaient en toujours en poste.

Parmi eux, 68 ont accepté de participer à l’étude. Et leurs réponses montrent que l’après- cancer reste une période difficile : 57 % des personnes se déclarent ainsi plus fati- gables qu’avant la maladie, 56 % font état de troubles du sommeil, 34 % de troubles Après un cancer, le risque de « placardisation » de la mémoire et de la concentration, 31 % de troubles anxieux. « L’importance des séquelles liées au cancer est assez impres- sionnante », souligne l’un des auteurs de l’étude, le docteur Bernard Asselain, épi- démiologiste, aujourd’hui chargé de mis- sion scientifique à Unicancer.

Autre enseignement : un sentiment de pé- nalisation est éprouvé par 40 % des sala- riés non cadres. « Ces personnes rappor- tent souvent des situations de “placardisa- tion”, ce qui est relativement fréquent après un cancer. A cause du risque de rechute ou de moindre productivité, la hié- rarchie peut aussi avoir tendance à freiner l’évolution professionnelle de ces anciens malades», remarque le docteur Asselain, en confirmant que «ces mises à l’écart concernent davantage les employés que les cadres ».

P.B. doit s’absenter pour ses traitements », ob- serve Stanislas Regniault. Ces absences, si elles se prolongent, vont parfois entraîner une surcharge de travail pour les col- lègues.

« Au départ, beaucoup réagissent avec empathie face à un salarié malade. Mais, au fil du temps, l’empathie peut lais- ser place à de l’agacement ou de l’incom- préhension si la situation n’est pas bien gérée, notamment à propos de la sur- charge de travail. » Cap Santé Entreprise peut aussi proposer des actions de prévention ou visant à maintenir les salariés en forme : lutte contre le tabagisme, conseils de nutrition, coaching antistress, mais également des programmes d’activités physiques et spor- tives. «On connaît aujourd’hui les bien- faits du sport pour la prévention d’un certain nombre de maladies chroniques », ajoute Damien Kunegel.

Faire du sport peut ainsi aider des personnes malades à aller mieux. J’ai pu constater, par exemple, que l’aïkido peut se révéler très bénéfique pour les malades du cancer. Pour toutes ces raisons, la question du sport au sein de l’entreprise nous intéresse chaque jour davantage. » Pierre BIENVAULT Depuis 2008, Annie Gouraud se bat contre un mélanome, un cancer de la peau. Après avoir subi de nombreux traitements et frôlé la mort, cette es- théticienne nantaise de 50 ans va mieux aujourd’hui grâce à un traite- ment d’immunothérapie suivi en 2012 à l’Institut Gustave-Roussy de Villejuif. « A cause de mon cancer, j’ai dû arrêter mon activité professionnelle il y a trois ans.

Je tenais alors un institut de beauté à Nantes. Et c’est avec un grand bonheur que j’ai pu reprendre mon travail et rouvrir mon salon en mai dernier. Aujourd’hui, même si je vais mieux, le cancer n’est pas encore sorti de ma vie. Je fais régulière- ment des examens de contrôle à Gustave- Roussy. Mais se remettre à travailler, cela permet de ne pas penser en permanence à sa maladie. D’occuper son esprit à autre chose. C’est important de sortir de chez soi, d’avoir à nouveau une vie et une uti- Témoignage « Se remettre à travailler, c’est se remettre dans la vie » lité sociales. En reprenant mon institut de beauté, j’ai aussi pu retrouver mes an- ciennes clientes qui ne m’avaient pas ou- bliée et en découvrir de nouvelles.

Se remettre à travailler, c’est se remettre dans la vie d’une certaine manière. Il est néces- saire après une telle épreuve de refaire des projets. Et moi, en ce moment, j’en ai un qui me tient particulièrement à cœur : agrandir mon salon pour travailler avec ma fille qui va venir me rejoindre. » Recueilli par P.B.

36/sport & entreprises N°122 octobre 2015 SPORT, SANTÉ & ENTREPRISES Le sport au travail ne fait pas que « doper » l’efficacité des sa- lariés dans l’entreprise. L’Orga- nisation mondiale de la santé rappelle le rôle des employeurs en matière de prévention de maladies, notamment par l’ac- tivité physique. Qu’en est-il exactement dans le droit du travail français ? L e sport, c’est la santé. Notre code du travail met à la charge de l’em- ployeur l’obligation de prendre « les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé phy- sique et mentale des travail- leurs ».

Ces mesures comprennent à l’article L.

4121-1 : l des actions de pré- vention des risques professionnels et de la pénibilité au tra- vail ; l des actions d’information et de forma- tion ; l la mise en place d’une organisation et de moyens adaptés. Et l’article suivant (L. 4121-2) d’ajouter : « L’employeur met en œuvre ces mesures sur le fondement des principes généraux de prévention», qui sont les suivants : l éviter les risques ; l évaluer les risques qui ne peuvent être évités ; l combattre les risques à la source ; l adapter le travail à l’homme, en particulier en ce qui concerne la concep- tion des postes de travail ainsi que le choix des équipements de travail et des mé- thodes de travail et de production, en vue notamment de limiter le travail monotone et le travail cadencé et de réduire les effets de ceux-ci sur la santé ; l tenir compte de l’état d’évolu- tion de la technique ; l remplacer ce qui est dange- reux par ce qui n’est pas dange- reux ou par ce qui l’est moins.

De même, l’article L.4141-1 du même code pose l’obligation générale à l’employeur d’or- ganiser une information des travailleurs sur les risques pour la santé, la sécurité et les mesures prises pour y remédier. Le finance- ment des actions de formation à la sé- curité est à sa charge. Il incombe aussi à chaque travailleur de prendre soin de sa santé et de sa sécurité en fonction de sa formation et de ses pos- sibilités – ainsi que de celles des autres personnes concernées par ses actes ou ses omissions au travail (art. L. 4122-1). De même, le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail a pour mis- sion au visa de l’article L.

4612-1 : l de contribuer à la protection de la santé physique et mentale et de la sécurité des travailleurs de l’éta- blissement et de ceux mis à sa Le code du travail veille sur la santé des salariés O N I D J I / F O T O L I A . C O M P HOTOGRAPHEE .

EU /F OTOLIA . COM

4/sport & entreprises N°122 octobre 2015 /37 Serge et Michel Pautot, avocats du sport vrai Père et fils, ils sont avocats au barreau de Marseille. Serge et Michel Pautot sont également militants du sport. Ils conseillent et assistent les sportifs et les structures sportives. Ils sont auteurs de divers ouvrages en droit du sport : La Convention collective nationale du sport ; Les Contrats de travail des sportifs ; Le Sport et la loi. Ils sont à l’origine de l’arrêt Malaja qui a bouleversé le sport professionnel européen en élargissant l’arrêt Bosman, décision de la Cour de justice des Communautés européennes relative au sport professionnel, à de nouveaux pays, interdisant les discriminations dans les conditions de travail des joueurs étrangers.

Ils sont également militants du sport avec la campagne Légisport : « Mettre KO la violence et le racisme dans le sport », et par leur implication dans le mouvement sportif, tant local que national.

disposition par une entreprise extérieure ; l de contribuer à l’amélioration des condi- tions de travail, notamment en vue de fa- ciliter l’accès des femmes à tous les emplois et de répondre aux problèmes liés à la maternité ; l de veiller à l’observation des prescrip- tions légales prises en ces matières. Surtout, le comité d’entreprise, organe pri- mordial dans la création des activités so- ciales et culturelles, inclut l’organisation d’activités sportives, en contribuant à leur financement pour en favoriser le dévelop- pement (article L.2323-85). La création d’une association sportive au sein de l’en- treprise est souhaitable.

L’activité physique ou sportive régulière et modérée est reconnue comme un facteur d’amélioration de la santé, et sa pratique sur le lieu de travail peut y contribuer. Pour agir sur l’offre sportive dans l’entre- prise, les plus grandes d'entre elles peu- vent mettre à disposition une salle de sport équipée, proposer des activités de groupes ou offrir des prestations privées telles que cours de gymnastique, remise en forme, parcours de santé ou accès à une piscine. La taille de l’entreprise avec la présence d’un comité d’entreprise favorise bien évi- demment la mise en place de ces activités.

Il existe également la possibilité pour de plus petites entreprises d’offrir des tarifs avantageux dans des clubs de sport. Serge et Michel PAUTOT Pour une charte « Sport pour tous » Les trois propositions du Centre d’analyse stratégique(1) l La création d’une charte « Sport pour tous », calquée sur la charte de la diversité et selon laquelle les entreprises et les administrations signataires s’engagent notamment à faciliter la pratique sportive en aménageant les horaires de travail.

l L’intégration dans les formations aux ressources humaines de modules sur l’amélioration de la santé et du bien-être des salariés par l’activité phy- sique. l La mise en place d’un cadre de pratique sportive spécifique pour les sa- lariés seniors sur le lieu de travail (dans le cadre des obligations liées au dialogue social sur l’emploi des seniors). (1) Le Centre d’analyse stratégique (CAS) était une institution française d’expertise et d’aide à la décision qui appar- tenait aux services du Premier ministre. Créé par un décret du 6 mars 2006 pour remplacer, avec le Conseil d’analyse économique, le Commissariat général du Plan, il avait pour mission d’éclairer le gouvernement dans la définition et la mise en œuvre de ses orientations stratégiques en matière économique, sociale, environnementale ou culturelle.

Il a été remplacé par le Commissariat général à la stratégie et à la prospective, France Stratégie, en 2013. Connaissez-vous Légisport ?

Nul n’est censé ignorer la loi. On ne s’improvise plus dirigeant sportif, et le bénévolat n’autorise pas la non-connaissance du droit. C’est pourquoi Serge et Michel Pautot, passionnés de sport, ont créé en 1991 l’association Légisport qui s’adresse aux sportifs, athlètes, dirigeants de clubs, de fédérations et de comités, pour faire connaître les divers aspects de la législation sportive sur la responsabilité, les assurances et les contrats de travail dans le domaine du sport… Prix de l’abonnement au bulletin d’informations juridiques sportives «Légisport» : 30 euros pour six numéros.

Légisport, 8, rue d’Arcole, 13006 Marseille.

legisport@wanadoo.fr / www.legisport.com Les enjeux du sport en E ntreprise EDITORIAL sport, c’est la santé ! Certains employeurs l'ont compris. Chez Microsoft, les salariés bénéficient d'une salle de gymnastique intra -muros. Total, lui, procure à ses équipes des piscines. T andis que la société Emailvision coache, chaque année, une poignée de collaborateurs volontaires, pour gravir des sommets.

C’est ce que nous indique le journal « Les Echos » en présentant les résultats du Centre d’Analyse Stratégique (CAS), qui dévoile u ne étude sur les enjeux de la pratique sportive au travail. « Par cette note, nous souhaitons montrer aux entreprises qu’elles se rendent service en développant des initiatives pour leurs salariés ». Et pour cause ! Aux yeux des autorités sanitaires, l a pratique sportive, vecteur de bien -être, est plus que jamais considérée comme un outil efficace de lutte contre des pathologies qui n'épargnent plus le monde du travail : stress, troubles musculo - squelettiques, cancers...

En 2008, l'Organisation Mondial e de la Santé (OMS) insistait su r le rôle des employeurs, en mati ère de prévention de maladies, notamment par . l'exercice physique. Et l 'OMS préconisait même de glisser des messages sur les bienfaits du sport dans les enveloppes des fiches de paie (« Les Echos » du 30 Octobre 2012). Le Commissaire européen au sport Tibor Navracsis et le Président de la Fédération européenne du sport d’entreprise Didier Besseyre ont signé le 1 er Décembre dernier, lors du Forum européen sur le sport à Milan, un accord de partenariat dans le cadre de la Semaine européenne du sport.

Une journée spécifique sera dédiée au sport en entreprise le 17 Septembre 2015. L’Union des associations européennes de football (UEFA), l’Association pour le sport international pour tous (TA FISA), l’A ssociation internationale sport et culture (ISCA), l’Association européenne de golf,…sont partenaires de cette Semaine européenne du sport. Le bulletin est rédigé par Maîtres Serge et Michel Pautot, docteurs en droit et avocats au barreau de Mar seille LE « Informer les sportifs et les dirigeants de leurs droits et obligations » NUMERO 114 JUILLET -AOUT 201 5 Nos pr écédents numéros 1er Numéro : Sept.

1996 N°107 : Equipements sportifs : de la sécurité à une nouvelle gouvernance économique N°108 : Le Maire et le Sport N°109 : Sport pro et collectivités : une vraie révolution ?

N°110 : La montagne : un massif juridique N°111 : 12 ème étude « Sport et Nationalités » : une place limitée pour les joueurs européens ? N°112 : Réforme des rythmes scolaires : une carte à jouer pour le sport ? N°113 : La responsabilité du club organisateur d’une manifestation sportive Le Bulletin est édité par LEGISPORT, 8 Rue d’Arcole, 13006 MARSEILLE Tél 04 91 81 70 68 / Fax 04 91 57 11 60 e-mail : legisport@wanadoo.fr site internet : www.legisport.com Directeur de la Publication et de la Rédaction : Me Michel PAUTOT, Docteur en Droit, Avocat - - SARL de presse au capital de 304,90 € RCS Marseille B428121875 N° Commission Paritaire : 1018 T 82252.

N° ISSN : 1275 -8973 – N°Siret : 42812187500010 Imprimé par nos soins. Dépôt légal : 07/20 15. Abonnement annuel : 30 € / 6 Numéros. Prix du numéro : 5 €.

© Toute reproduction , même partielle est interdite sans l’autorisation expresse et écrite de l’éditeur . (loi du 11/3/57) LEGISPORT Bulletin d’Informations Juridiques Sportives

38/sport & entreprises N°122 octobre 2015 Oui, c’est possible Franck Mesnel : la fantaisie dans la rigueur D ans une autre vie, Franck Mesnel aurait pu devenir architecte. Ou pilote d’héli- coptère, passion qu’il pratique en ama- teur. Etudiant en dernière année d’architecture aux Beaux-Arts, le jeune homme a préféré chan- ger de cap pour travailler dans la publicité, chez Euro RSCG, et surtout se consacrer au rugby, dé- couvert à l’âge de 7 ans dans sa ville natale de Carrières-sur-Seine (Yvelines).

Après avoir joué à Saint-Germain-en-Laye, Franck Mesnel a été at- tiré par le Racing Club de France, à Paris, où il jouera de 1985 à 2000. « C’était un vrai chal- lenge, se souvient ce père de deux enfants. Je m’étais préparé très fort et j’ai joué le match de ma vie pour y entrer. » Avec son équipe, Franck Mesnel multiplie les fa- céties, osant porter béret basque ou chaussures dorées sur le terrain. Pour la finale du champion- nat de France, en 1987, les joueurs au maillot ciel et blanc arborent un nœud papillon rose au- tour du cou. Le match est perdu mais le symbole fait mouche. « Il nous a offert une notoriété hal- lucinante, raconte Franck Mesnel.

On s’est dit qu’il ne fallait pas s’arrêter là. » Avec deux autres joueurs du Racing, il fonde la marque Eden Park en 1988, en référence au mythique stade néo-zé- landais. Des maillots de rugby, la marque se di- versifie aux vêtements pour toute la famille et même à la décoration. Aujourd’hui, Eden Park emploie deux cents personnes (dont quatre- vingts au siège parisien) et se vend dans trente- quatre pays.

Pendant douze années, Franck Mesnel, président du directoire de la société, aura mené de front développement de la marque et pratique inten- sive du rugby. « C’était mon équilibre, mon adré- naline. » Aujourd’hui encore, le sport n’est jamais loin : « Pédaler cinquante minutes chaque matin me permet d’arriver gonflé d’idées au bu- reau. » Le souci du détail et du travail en équipe l’habite au quotidien. « Il faut valoriser le rôle de chacun, comme sur un terrain», ajoute celui qui a fondé un collège à Madagascar, enseignant ma- tières générales et rugby. «Pas pour en faire des joueurs, mais pour leur donner la possibilité de grandir », précise-t-il.

Parole d’un joueur qui a bien grandi.

Florence PAGNEUX L’ancien rugbyman, sélectionné cinquante-six fois en équipe de France, a cofondé l’entreprise de vêtements Eden Park en 1988. Après avoir conjugué carrière sportive et entrepreneuriat, il se consacre pleinement au dévelop- pement de la marque au nœud papillon rose. Palmarès l Trois-quarts centre du Racing Club de France de 1985 à 2000 l Champion de France en 1990, finaliste en 1987 l Rugbyman international : 56 sélections en équipe de France de 1986 à 1995 l Trois Coupes du monde : finaliste en 1987, quart de finaliste en 1991, troisième en 1995 l Tournoi des V nations : Grand Chelem en 1987 l International militaire et universitaire l Membre des Barbarians français l Membre des Barbarians britanniques l Membre d’une sélection mondiale qui a effectué une tournée en Afrique du Sud en 1989

7 DISCIPLINES COMPETITIVES ATHLETISME 10KMS HORS STADE BEACHVOLLEY ECHECS FOOTBALL A 7 GOLF NATATION PETANQUE RUGBY A 7 (ET BEACH RUGBY) TENNIS TIR A L’ARC TRAIL VOILE DISCIPLINES LOISIR ET INITIATION BEACHTENNIS GOMMIER (EMBARCATION AVOILETRADITIONELLE) KAYAK DE MER MARCHE NORDIQUE RANDONNEE PEDESTRE TIR A L’ARC PROGRAMME COMPLET «SPORT SANTE» (zumba, aquagym, pilates...) 4 AU 8 MAI 2016 JEUX NATIONAUX DU SPORT D’ENTREPRISE èmes MARTINIQUE 7 Pour plus d’informations : www.ffse.fr 05-46-23-10-03 ou territoires@ffse.fr

1-5 JUIN 2016 ERS 1JEUX MONDIAUX DU SPORT D’ENTREPRISE PALMA DE MAJORQUE ∞ Football à 11, 7 et 5 ∞ Basketball ∞ Padel ∞ Tennis ∞Tennis de table ∞ Cyclisme ∞ Athlétisme ∞ Beach volley ∞ Volley-ball ∞ Handball ∞ Natation ∞ Pétanque ∞ Golf ∞ Squash ∞ Bowling ∞ Fléchettes ∞ Badminton Epreuves paralympiques ∞ Athlétisme ∞ Basket-ball ∞ Natation Plus d’infos evenementiel@ffse.fr - 01 56 64 02 17

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