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LA REVUE DE L’ÉCO-EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE Pour la gestion active du bâtiment tertiaire, industriel et collectif FORMATION RGE et filière électrique ELECTRICITÉ Effacement et flexibilité de la demande SÉCURITÉ Contrôle d’accès et GTB 829 ISSN 0758-3826 / OCTOBRE 2014 Bruno Léchevin Président du Conseil d’administration de l’Ademe INTERVIEW « Pour 2030, le bâtiment représente la moitié des gisements d'économie d'énergie identifiés. » Transitions énergétiques

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obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté », écrivait Rousseau.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le projet de loi sur la transition énergétique examiné ce mois-ci à l’Assemblée nationale fixe des objectifs pour le moins contraignants. Parmi ceux-ci, la diminution de moitié de la consommation d'énergie en 2050 par rapport à 2012. Vu le contexte économique actuel, ce sera un vrai défi. Or, pour améliorer l’efficacité énergétique du cadre bâti, public et privé, individuel et collectif, les choses sont clairement en train de bouger, comme le montre dans notre interview le président de l’Ademe. Des outils sont mis en place, qui visent à valoriser l'intérêt économique sous-jacent à la transition énergétique.

Et, de fait, certaines contraintes peuvent faire naître de réelles opportunités.

À travers quels leviers d'action ? demandera-t-on. L’évolution du crédit d’impôt, la relance des prêts à taux zéro, qui déchargent les banques du contrôle technique des travaux, les prêts à bas taux de la Caisse des Dépôts pour les projets des collectivités, les interventions de la BPI et de la Banque européenne d’investissement, le chèque énergie, le tiers financement… Il s’agit en fait de créer les conditions d’une dynamique d’appropriation de la transition énergétique à tous les niveaux de la société, à travers de nouveaux modes de gouvernance et de nouvelles expérimentations.

Côté énergie, un rapport récent publié par RTE fait apparaître une dégradation de la sécurité d’approvisionnement électrique en France entre 2015 et 2018.

Parmi les solutions envisagées, l’effacement se révèle peut-être l’une des techniques qui permettra notamment d’éviter un black-out en cas de grand froid, tout en permettant aux entreprises de faire des économies. Notre dossier donne un aperçu des premiers retours d’expérience pour les bâtiments tertiaires.

Une chose est sûre : la transition énergétique ne se fera pas sans la mobilisation des territoires et des filières concernées. À cet égard, la mention RGE, obligatoire pour obtenir les principales aides fiscales à la rénovation énergétique, pose question à la filière électrique. Est-elle prête ? Le parcours pour obtenir la mention est-il adapté ? Un des dossiers du mois fait le point sur le sujet.

Aymeric Bourdin, rédacteur en chef © DR En couverture : Un projet de loi issu d’un long processus initié par le débat national sur la transition énergétique qui a pour objectif de placer notre société sur la trajectoire de la transition énergétique.

Ce texte est central : il veut inscrire l’ensemble de la société dans une dynamique de transition énergétique, faciliter le déploiement et la généralisation des expériences menées par les territoires plutôt que d’imposer de nouvelles interdictions.

De fait, certaines contraintes peuvent faire naître de réelles opportunités. Contraintes et opportunités j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr 3 ÉDITO «L’

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20 Datacenter : TelecityGroup rénove un datacenter avec maintien de la continuité de service : une opération complexe RÉALISATION 4 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr © DR THEBEN 2e de couv. LEGRAND 3e de couv. EATON 4e de couv. B.TIB 37 EMERSON 22 EQUIP'HOTEL 10 EXPOPROTECTION 35 FLIR 30 IDEAL NETWORKS 46 KAUFEL 43 METZ CONNECT 17 PREVENTICA 30 SIEMENS 41 SILVER ECONOMY EXPO 44 j3e N° 829 OCTOBRE 2014 11 - Évènement : Transition énergétique : comment inclure les consommateurs 12 - Compteurs intelligents : Sagemecom fournira plus de 1,2 million de compteurs et data concentrateurs Linky 13 - Évènement : Rexel « co-construit » au Forum mondial Convergences 14 - Électricité : Pénurie en vue dès 2015 • Innovation : Stocker de l’énergie dans un câble électrique • Efficacité énergétique : Hub One s’engage à réduire la consommation énergétique de son parc informatique 15 - Appel à manifestations d’intérêt : « Méthodes industrielles pour la rénovation et la construction de bâtiments » • Smart grid : IssyGrid, premier réseau de quartier intelligent en France • Transition énergétique : L’Europe veut sanctionner les pays n’ayant pas transposé la loi sur l’efficacité énergétique 16 - Éclairage : Retrait des lampes éco-halogènes en 2016 • Efficacité énergétique : La CDC lance 5E, un programme pour financer l’efficacité énergétique des entreprises • Énergie : GDF Suez accusée de pratiques anti-concurrentielles Voitures électriques : Vers un marché plus abordable 17 - Innovation : Des cellules photovoltaïques en spray à pulvériser • Stockage de l’énergie : Idex parmi les lauréats du Concours mondial d’Innovation LISTE DESANNONCEURS - N° 829 - octobre 2014 23 Énergies renouvelables : un bilan pour 2014 24 Les LED rebattent les cartes de l’industrie française de l’éclairage 18 Guide SPAP : Utilisation des piles et accumulateurs : informer les consommateurs Étude Xerfi : Les LED rebattent les cartes sur les marchés de l’éclairage Étude Cemafroid / EReIE / ARMiNES CES : Alternatives aux HFC à fort GWP dans les applications de réfrigération et de climatisation 19 Note de La Fabrique écologique : La transition énergétique au milieu du gué Rapport OPECST : Les freins réglementaires à l’innovation en matière d’économie d’énergie dans le bâtiment : le besoin d’une thérapie de choc Guide de l’Ademe : Guide de mises en œuvre de l’ISO 50001 ANALYSES INTERVIEW 6 Bruno Léchevin : Président du Conseil d’administration de l’Ademe ACTUALITÉ 11 j3e est un périodique inscrit à la Commission paritaire des publications et agences de presse sous le no 0617 T 85793.

Il est édité par la Société 3e Médias, SAS au capital de 140 000 euros ; siège social, 23, rue Galilée, 75116 Paris ; représentant légal Jean Tillinac. © 3e Médias, Paris. Reproduction interdite. Toutefois, des photocopies peuvent être réalisées avec l’autorisation de l’éditeur. Celle-ci pourra être obtenue auprès du Centre Français du Copyright,20,rue des Grands- Augustins,75006 Paris,auquel 3e Médias a donné mandatpourlereprésenterauprèsdesutilisateurs. Tél.:+33(0)144074770.

Dépôt légal : octobre 2014 Conception graphique - Réalisation : Planète Graphique Studio - Paris 17e Impression : IPPAC / Imprimerie de Champagne 52500 Langres.

Directeur de la publication : JeanTillinac Administrateur : Xavier Desmaison Rédaction 3e Médias :23,rue Galilée,F-75116 Paris Tél.+ 33 (0) 1 44 92 50 50 Fax + 33 (0) 1 44 92 50 51 Email : redaction@filiere-3e.fr Rédacteur en chef : Aymeric Bourdin Ont collaboré à ce numéro : Alexandre Arène, Jean-François Moreau, David Le Souder, Jean-Paul Beaudet, Maxime Pizon, Olivier Durand Diffusion Marketing-développement :David Le Souder (50 50) Relations abonnements :Solène Collat (50 41) Abonnement pour la France :voir page 5. Pour l’étranger : 155 € HT franco ; 175 € HT par avion Prix au numéro : 17 € Publicité 3e Médias 23, rue Galilée, F-75116 Paris Tél.

+ 33 (0) 1 44 92 50 50 Fax + 33 (0) 1 44 92 50 51 Responsable publicité print & digital : Sandrine de Montmorillon Ligne directe : 01 44 92 50 56 Email : sdm@filiere-3e.fr Pour joindre vos correspondants : Téléphone : composez le 01 44 92 suivi des 4 chiffres mentionnés (à côté du nom) SOMMAIRE À LIRE 18 20 © DR

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j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr 5 3 QUESTIONS À F FOURNISSEURS ENERGIE FP n Production FT n Transport FD n Distribution C CONSTRUCTION / FABRICATION CE n Equipement Electrique CL n Eclairage CG n Génie climatique CMn Mesure, Contrôle CA n Automatismes CI n Micro informatique CV n VDI - Sécurité, communication CO n Outils O MAÎTRISE D’OUVRAGE OP n Promoteur, constructeur OT n Collectivités territoriales OE n Etat (Ministères, DDE, DDA) P PRESCRIPTION / MAÎTRISE D’ŒUVRE PA n Architecte PI n Architecte d’intérieur PE n BE, ingénierie, conseil PC n Bureau de contrôle PMn Métreur, économiste, géomètre D DISTRIBUTION DI n Importateur DG n Grossiste DD n Détaillant I INSTALLATION / MAINTENANCE IE n Electricien IC n Chauffagiste, climaticien IA n Automaticien, informaticien, instrumentiste IV n Installateurs Réseaux, VDI U EXPLOITANTS UI n Utilisateurs industrie UT n Utilisateurs tertiaire UF n Utilisateurs infrastructures UC n Collectivités territoriales G ENSEIGNEMENT / FORMATION GA n Enseignant GB n Etudiant GC n Stagiaire S SERVICES SA n Direction générale SC n Direction commerciale SK n Chargé d’affaires SL n Direction marketing SMn Direction des travaux SB n Direction des études SN n Services techniques SX n Autres E EFFECTIF DE L’ENTREPRISE E0 n 1 à 4 E1 n 5 à 10 E2 n 11 à 50 E3 n 51 à 300 E4 n 301 à 1000 E5 n + 1000 À COMPLÉTER Offre papier + numérique n Abonnement 1 an : 150 € TTC 9 numéros du magazine papier + accès à l’ensemble du site Internet Offre tout numérique n Abonnement 1 an : 100 € TTC 9 numéros du magazine en version électronique uniquement (diffusion par e-mail) + accès à l’ensemble du site Internet n Règlement par chèque bancaire à l’ordre de 3e Médias ËOUI, JE SOUHAITE M’ABONNER AU MULTIMÉDIA j3e Bulletin à découper ou à photocopier et à nous retourner dûment complété à l’adresse suivante : j3e Service Abonnement – 23, rue Galilée – 75116 Paris Cedex Pour tout renseignement sur votre abonnement, contactez Solène Collat.

Tél. : 01 44 92 50 41 ou par e-mail : scollat@filiere-3e.fr Nom . Prénom . Société . Activité . Adresse . . Code postal . Ville . Tél . Fax . E-mail . © AGGLO 26 © Schneider Electric 31 © Pascal Darmagnac 36 CERTIFICATION 26 Formation : RGE et filière électrique ÉCONOMIES D'ÉNERGIE 31 Électricité : Effacement et flexibilité de la demande électrique SÉCURITÉ 36 Contrôle d’accès et architecture réseau : Enrichissez votre GTB 58 Pascale Giet, Vice-Présidente de la Fondation Rexel pour le progrès énergétique © DR SOMMAIRE PRODUITS 55 Eaton Kaufel Metz Connect Ideal Networks Legrand B2O Marechal Electric Qivivo Legrand LES DOSSIERS DU MOIS 40 Vidéosurveillance : L’interconnexion entre les systèmes, secret d’une installation performante SÉCURITÉ PORTRAIT D’ENTREPRISE 52 Kaufel France, l’entreprise à la campagne qui défie les grands 54 Le marché des datacenters 47 Retour sur le salon IBS 2014 : Franc succès pour le rendez-vous phare du Smart Building 46 Nice Grid : de l’expérimentation à l’application CHIFFRES CLÉS LE PLUS LU SUR www.filiere-3e.fr SALON IBS 45 Renouvelable:Un développement pénalisé par des incertitudes (AIE) AILLEURS SUR LE WEB 48 Sans-fil :Smart Bluetooth, ou 4.0, un dopant pour la domotique 51 Automate : L’em4, de Crouzet Automation ÉQUIPEMENTS ET TECHNIQUE © DR 58 52 56 52 © IBS 2014 © Legrand

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Pour 2030, le bâtiment représente la moitié des gisements d'économie d'énergie identifiés. INTERVIEW © DR 6 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr

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Président du conseil d’administration de l’ADEME. L'ADEME est l'opérateur de l'État pour accompagner la transition écologique et énergétique. C'est un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) placé sous tutelle conjointe du ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie et du ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. L’ADEME met à disposition des entreprises, des collectivités locales, des pouvoirs publics et du grand public ses capacités d’expertise et de conseil.

Elle aide en outre au financement de projets, de la recherche à la mise en œuvre, et ce, dans les domaines suivants : la gestion des déchets, la préservation des sols, l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables, la qualité de l’air et la lutte contre le bruit. Propos recueillis par Aymeric Bourdin j3e - Pouvez-vous nous rappeler l'his- torique et le rôle de l'ADEME dans le processusdetransitionénergétiqueen France ?

Bruno Léchevin - L’ADEME est une agence d’objectifs en charge d’une poli- tiquepubliqueglobaleettransversalesur l’environnementetlamaîtrisedel’énergie. Avec quelque1000salariésrépartispour moitié en régions et pour moitié en direction centrale, nous sommes l’éta- blissement public au service de la tran- sition énergétique et écologique.Par nos actions de recherche et d’innovation,de conseil, de communication, de soutiens techniques et financiers,nous accompa- gnons l’ensemble des acteurs – collecti- vités, entreprises, particuliers – vers des modes de consommation et de produc- tion plus durables.

Nous mettons notre expertise à dispo- sitiondetouslesdécideurs,etnotreorga- nisation territoriale spécifique permet de combiner répartition équitable des objectifs nationaux et prise en compte des priorités et spécificités régionales. Grâce à la complémentarité entre direc- tions centrales et directions régionales, l’ADEME assure également un conti- nuum depuis la recherche jusqu'à l’ap- plication de solutions, assurant ainsi la cohérence entre les politiques de l’État et celles qui sont menées par les collec- tivitésterritoriales.Lesretoursduterrain permettent aux directions régionales d’enrichir l’expertise nationale et de coconstuire une offre adaptée aux spé- cificités de chaque territoire, tout en mutualisant les expériences.

Réciproquement, les directions régio- nales peuvent faire bénéficier leurs par- tenaires locaux des expertises pointues disponibles au siège. Ce modèle unique ainsi que les champs d’expertise que nous couvrons font de l’ADEME le fer de lance naturel de la transition énergétique et écologique. j3e - L’ADEME a réalisé en 2012 une étude sur la situation énergétique de la France en 2030 et 2050. Quelles en ont été les conclusions ? B. L. - Menée par l’ensemble des colla- borateurs de l’Agence, cette réflexion prospective a permis de contribuer au débat national de la transition énergé- tique l’année dernière.

Devenu un élé- ment de référence, ce travail a permis à l’ADEME de porter auprès des parties prenantes un message assez volontariste sur les transitions énergétiques, axé sur deux piliers forts que sont la maîtrise de laconsommationénergétiqueetundéve- loppement très important de l’offre d’énergies renouvelables. Il s’agit d’un ensemble de propositions, d’une vision basée sur des hypothèses explicites d’évolutions possibles et non d’une prévision. Cet exercice propose une voie,et non la voie,vers la transition énergétique.L’essentiel a été de montrer qu’il était possible d’atteindre le facteur 4, en diminuant par deux notre consom- mation d’énergie et en développant for- tement les énergies renouvelables avec quelque 35 % en 2030 et plus de 55 % en 2050,en faisant de l’efficacité énergé- tique notre priorité absolue.

Un point essentiel : nous soutenons que lacroissancedelaconsommationd’éner- gie n’est pas inéluctable dans une crois- sance économique durable et que nous pouvons atteindre le facteur 4, sans remettre en cause les souhaits de confort et de bien-être de nos concitoyens. L’évaluation de l’impact macroécono- mique à moyen et long terme de ce scé- nario énergétique effectué grâce au modèle développé conjointement avec l’Observatoire français des conjonctures économiques montre que les options retenuessontbénéfiquespourl’économie et pour l’emploi. La croissance du PIB est légèrement supérieure à celui d’un scénario de référence tendanciel : de 1,8pointdePIBsupplémentaireen2030, soit une année de croissance, à environ 3 points en 2050.

Cette même évaluation macroécono- mique montre qu’en 2030 environ 330 000 emplois supplémentaires pour- raient être créés par rapport au scénario … Bruno Léchevin INTERVIEW j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr 7 © Fotolia

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8 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr Bruno Léchevin … de référence ; en 2050, ce serait entre 690 000 et 875 000 emplois supplémen- taires. En conclusion de nos scénarios énergé- tiques,l’efficacitéénergétiqueetledéploie- mentdesénergiesrenouvelablessontdonc lesleviersincontournablesdelatransition énergétique. Ce sont également et évi- demment les priorités de l’ADEME.

j3e - Quelles actions sont à mettre en œuvre, en conséquence ? Pouvez-vous évoquer quelques projets concrets ? B.L.-En pratique,l’atteinte de cet objec- tif nécessite d’agir en particulier sur la rénovation des bâtiments et sur la mobi- lité.Pour 2030,le bâtiment représente la moitiédesgisementsd’économied’éner- gie identifiés. Quant à l’objectif 2050, il n’estatteignablequ’enagissantégalement sur la mobilité et ce,dès aujourd’hui car les changements de comportement et le déploiement à grande échelle des inno- vations seront longs à atteindre.

Outre le bâtiment et les transports, nos scénarios tablent sur une augmentation de la production globale de l’industrie française qui, dans le même temps, accroît son efficacité énergétique, per- mettant ainsi une baisse de sa consom- mation d’énergie et un renforcement de sa compétitivité.

Les gains d’efficacité réalisables dans l’industrie à l’horizon 2030 sont estimés par l’ADEME à 20 % dont les 3/4 par des solutions techniques déjà largement éprouvées, mais qui restent à généraliser.Autant de points de compétitivité à gagner. Si nous pouvons nous projeter dans une société consommant moins et mieux l’énergie, c’est aussi grâce aux nouvelles technologiesd’efficacitéénergétique,aux réseauxintelligentsetdemainauxcomp- teurs communicants… à condition bien entendu que ces compteurs aident efficacement les habitants à gérer leur consommation et permettent à terme de nouveaux modes de consommation, d’autoconsommation, d’effacement.

La réduction des émissions de gaz à effet deserrereposeégalementsurundéploie- ment massif d’énergies renouvelables performantes, chaleur et électricité, créatrices de richesses et d’emploi. j3e-Commentl’ADEMEaccompagne- t-elle les professionnels du secteur du bâtiment dans leurs efforts d’amélio- ration de l’efficacité énergétique ? B.L.-Lesprofessionnelssontpleinement mobilisés. Ils sont de plus en plus nom- breux à s’engager dans RGE (Reconnu Garant de l’Environnement),et je tiens à saluer leur implication. Signe de recon- naissancepourlesprofessionnels,lamen- tionRGEestaussiuneassurancepourles particulierssouhaitantréaliserdestravaux de rénovation énergétique de la qualité desprestationsduprofessionnelsollicité.

Afin d’accompagner la montée en com- pétences de ces professionnels sur la per- formance énergétique, un dispositif de formationauxéconomiesd’énergiesleur estproposéavecleFEEBat.Ilestcomplété par Praxibat®,un réseau d’une cinquan- taine de plates-formes techniques péda- gogiques où les artisans peuvent mettre enpratiquelesenseignementsenmatière d’efficacité énergétique. Parce que les particuliers sont sensibles aux preuves de qualité et exigeants dans le choix de leurs prestataires,le ministère de l’Écologie, celui du Logement et l’ADEME ont récemment lancé l’an- nuaire des professionnels RGE.

Consultable en ligne sur le site renova- tion-info-service.gouv.fr,l’annuaireRGE permet aux particuliers de trouver des professionnels compétents en fonction des travaux à réaliser. Aujourd’hui,environ 20 000 entreprises se distinguent par un signe de qualité « RGE » avec 10 à 15 % d’augmentation par mois du nombre d’entreprises. L’objectif de 30 000 entreprises RGE d’ici la fin de l’année est d’actualité.Certes,ce chiffre est encore faible par rapport aux 389 000 entreprises en France, mais le mouvement est lancé et l’éco-condition- nalité des aides l’accélère déjà. « Pour 2030, le bâtiment représente la moitié des gisements d'économie d'énergie identifiés.

» INTERVIEW © Fotolia « Les gains d'efficacité réalisables dans l'industrie à l'horizon 2030 sont estimés par l'ADEME à 20 % dont les 3/4 par des solutions techniques déjà largement éprouvées, mais qui restent à généraliser. »

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j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr 9 j3e - Quelle est votre vision des enjeux dans le contexte du projet de loi qui est discuté cet automne ? B.L.- Ce projet de loi est issu d’un long processus initié par le débat national sur la transition énergétique.Il a pour objec- tif de placer notre société sur la trajec- toire de la transition énergétique afin d’atteindre le facteur 4 en 2050. Au regard de l’enjeu, il était essentiel de prendre le temps dans l’élaboration de ce texte. Car ce texte est central : il veut inscrire l’ensemble de la société dans une dynamique de transition énergétique, faciliter le déploiement et la généralisa- tion des expériences menées par les ter- ritoires plutôt que d’imposer de nou- velles interdictions.

Aussi, en ce qui concerne nos domaines de compétence, si nos attentes à l’égard de la loi sont bien sur des objectifs ambi- tieux en efficacité énergétique et en éner- gies renouvelables, proches de nos scé- narios, elles portent aussi et surtout sur la création des conditions d’une dyna- mique,d’uneaccélérationdesactionsdes territoires, d’une appropriation de la transition énergétique à tous les niveaux de la société :de nouvelles gouvernances, denouvellesexpérimentations…Latran- sition énergétique ne se fera pas sans la mobilisation des territoires.

L’enjeu de la loi est également de ne pas être immobilisante : seule, elle ne serait rien.

La société rejette toute nouvelle norme si elle ne s’en approprie pas les objectifs et n’en comprend pas à la fois la nécessité et le caractère réaliste. C’est pourquoi,en parallèle aux travaux légis- latifs, il est important de montrer que dans certains territoires, dans certaines entreprises, la transition écologique et énergétique est déjà en mouvement et que l’on est ici dans l’accélération et la généralisation et non dans la création à partir de rien de nouvelles normes et de nouvelles pratiques. C’est tout l’enjeu du plan d’action et de mobilisation qui accompagne la loi et que la ministre de l’Écologie place à un niveau d’impor- tance similaire.

j3e - Un des sujets, lorsqu'il s'agit de rénovation dans le bâtiment, est le financement. Quelle est l'approche de l'ADEME sur la question ? B. L. - La question du financement est effectivement une question essentielle. Avant de parler du bâtiment en général, arrêtons-nous sur le logement. Ainsi, quand le président de la République a présenté le plan de rénovation énergé- tique de l'habitat, avec un objectif d'au moins 500 000 logements d'ici 2017, la démarche était nécessaire car le but est de diminuer de 38 % la consommation d'énergie dans le bâtiment d'ici 2020, sachant qu'il représente plus de 42 % de la consommation actuelle – logement et tertiaire compris.

On voit bien que c’est un levier fondamental et qui recèle de bellesopportunités.Pourautant,laques- tion du financement dans le tertiaire est plus complexe à traiter car les bâtiments et leurs usages sont plus hétérogènes. Pour améliorer l’efficacité énergétique du cadre bâti, public et privé, individuel et collectif, sont mises en place des aides renforcées et simplifiées qui permettent de passer rapidement à l’acte (évolution ducréditd’impôt,relancedesprêtsàtaux zéro en déchargeant les banques du contrôle technique des travaux, prêts à bas taux de la Caisse des Dépôts pour les projets des collectivités, interventions de la BPI et de la Banque européenne d’investissement, chèque énergie, tiers financement…).

Les choses sont clairement en train de bouger car des outils sont mis en place progressivement pour valoriser l'intérêt financier économique sous-jacent. « Le but est de diminuer de 38 % la consommation d'énergie dans le bâtiment d'ici 2020, sachant qu'il représente plus de 42 % de la consommation actuelle - logement et tertiaire compris. » Bruno Léchevin INTERVIEW Selon l'ADEME, l'efficacité énergétique et le déploiement des énergies renouvelables sont les leviers incontournables de la transition énergétique. © Fotolia

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«I mpossible de rénover 500 000 logements sans consulter le consommateur.

» Voilà ce qu’a déclaré Sophie Breton, directrice générale de l’Ignes (Industrie du génie numérique, énergétique et sécuritaire), pour ouvrir la réunion. Le ton est donné. Simplifier les offres pour les utilisateurs, clari- fier les aides apportées : la filière des énergies renouvelables doit séduire le grand public. D’autant que, selon Yvon Merlière, directeur général du Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), « les consommateurs ont pris conscience depuis 5-6 ans qu’il fallait faire des écono- mies d’énergie ». Le sujet semble donc enfin faire consensus.

Le sujet est d’autant plus délicat que, depuis le développement des énergies renouvelables pour les particuliers, les escroqueries ont été nombreuses : installations non-conformes, délais d’amortissement des travaux fallacieux, normes incompréhensibles autant pour les consommateurs que pour les profession- nels… La filière doit clari- fier et sécuriser ses offres et répondre à des normes ficacité énergétique au Medef et président de la Fédération française du bâtiment (FFB), « pour convaincre les consomma- teurs, il faut d’abord les écouter et chercher chez eux les modifications qu’il faut apporter ».

Le chan- gement doit donc se faire progressivement et dans la conciliation, et le consommateur doit y trou- ver son propre intérêt au- tant au niveau du confort que des économies réali- strictes mais compréhen- sibles. Autrement dit, le temps de la séduction est arrivé. Selon Fabienne Chol, directrice générale de l’INC (Institut national de la consommation), « la confiance du consom- mateur est toujours la clé du changement, surtout pour la transition énergé- tique ».

Simplifier les offres Exemple concret de la complexité des normes : la RT 2012, qui comprenait 1 300 pages de recom- mandations, était incom- préhensible pour l’usager, mais chose plus gênante, pour les professionnels aussi. « Le projet de loi va dans le bon sens, car il vise à simplifier les démarches », explique Fabienne Chol. L’objectif est donc de faire partici- per le consommateur et de l’aider à changer progressivement ses habitudes : « On ne peut pas imposer une technologie et demander au consomma- teur de s’adapter immé- diatement. Il faut laisser du temps », explique Yvon Merlière.

L’objectif de la table ronde était donc de trouver des solutions pour inclure le consommateur dans la transition énergétique. Selon Pascal Payet, coprésident du Comité ef- À l’occasion de la table ronde au CESE, les agences Carbone 4 et le CSTB ont présenté une étude menée conjointe- ment sur la gestion des solutions actives et passives d’efficacité énergétique. Pour définir les postes de consommation les plus gourmands dans un logement moyen, l’étude s’est focalisée sur une habitation existante, en analysant point par point sa consom- mation. Ce qui en ressort est assez clair : la consommation d’énergie pour le chauffage représente les trois quarts de la consommation totale du foyer.

C’est donc sur ce point que les plus gros efforts peuvent facilement être réalisés. Une simple gestion du chauf- fage permet d’importantes économies d’énergie. Et les résultats sont encore plus frappants en combinant gestion du chauffage et changement d’équipe- ment, avec une éventuelle amélioration de l’isolation. Mais pour une consomma- tion minimale, les agences Carbone 4 et CSTB préconisent une combinaison de solutions actives et passives, qui permet de réduire la consommation des logements de près de 34 %. Présentation du rapport Carbone 4 - CSTB … j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr 11 ACTUALITÉ Transition énergétique : comment inclure les consommateurs Évènement L’Ignes a organisé le 26 juin dernier une table ronde au Conseil économique, social et environnemental (CESE).

L’objet de la réunion : trouver des solutions pour que les citoyens se sentent concernés par la transition énergétique, qui ne pourra pas avoir lieu sans eux. Dans l’hémicycle, des chefs d’entreprises, des représentants institutionnels et des consultants donnent leur point de vue et proposent des solutions pour aller dans ce sens. ©DR

… censeur ou le ravalement de la façade à effectuer des travaux coûteux de mise aux normes énergé- tiques ? Comme c’est déjà le cas, l’Agence nationale de l’habitat (Anah) sera en charge de fournir une aide aux foyers les plus défavorisés. D’autres organismes ou associa- tions locales pourraient également participer, comme c’est déjà le cas pour certains projets. La transition énergétique semble enfin faire consen- sus autant au niveau des responsables politiques que des industriels. Tout l’enjeu consiste à séduire une grande partie du public, encore frileuse à l’idée d’investir dans la transition.

La mise en place d’aides et d’avan- tages fiscaux combinés à des garanties solides pour le consommateur devrait permettre d’accélérer le mouvement.

de consulter à tout moment sa consommation d’énergie sur des applica- tions pour smartphones ou tablettes. Aider financièrement le consommateur Mais l’un des principaux leviers d’action devrait se situer au niveau des avan- tages fiscaux. Pour encou- rager le consommateur, des aides au financement seront mises en place sous trois formes. D’une part, le CIDD (crédit d’impôt développement durable) accorde au consommateur des avan- tages fiscaux s’il effectue des travaux d’isolation ou qu’il installe une source d’énergie renouvelable. D’autre part, le CPE (contrat de performance énergétique) qui permet de récompenser les foyers les moins énergivores.

Enfin, de nouvelles aides fiscales seront mises en place pour aider les foyers les plus précaires énergé- tiquement à financer leurs travaux. Les grands oubliés de la transition, ce sont les foyers souf- frant de précarité énergétique. Comment forcer une copropriété qui ne peut déjà pas payer la mise aux normes de l’as- sées. Il faut également que l’usager bénéficie d’une garantie pour son installation, autant au niveau conventionnel qu’au niveau des résultats. La domotique pourrait également permettre de rendre l’offre plus attrac- tive, en donnant la possi- bilité au consommateur 12 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr ACTUALITÉ © DR Sagemecom fournira plus de 1,2 million de compteurs et data concentrateurs Linky Compteurs intelligents S uite à un appel d’of- fres lancé par ERDF, l’entreprise Sage- mecom, spécialisée dans le comptage communi- cant, s’est vue confier la fourniture de plus de 1,2 million de compteurs et de data concentrateurs dans le cadre du pro- gramme Linky.

Selon Ber- nard Lassus, directeur du programme Linky d’ERDF : « L’attribution de ces mar- chés marque une étape importante pour ERDF, et donne le coup d’envoi à la phase industrielle du pro- gramme. Avec ces comp- teurs communicants, ERDF s’inscrit dans la révolution numérique et accompagne le déploiement des réseaux intelligents en France. » La fabrication des comp- teurs sera française et implantée à Dinan. Avec plus d’un million de comp- teurs à mettre en place d’ici à 2017, Sagemecom se retrouve présent sur l’intégralité de la chaîne de comptage communi- cant, une technologie qui présente un potentiel d’export important.

© ERDF

D es acteurs de tous les horizons ras- semblés au nom du développement dura- ble, trois jours de confé- rences, de tables rondes et de rencontres pour trois domaines d’intervention distincts : consommation et production responsable, financement du développement durable et nouvelles technologies. Voilà en substance le contenu du 7e Forum mon- dial Convergences, qui a pris ses quartiers au pa- lais Brongniart et à l’Hôtel de Ville, à Paris, du 8 au 10 septembre derniers.

Dans ce contexte, quatre grandes entreprises (Véolia, Unilever, Crédit Agricole et Rexel) se sont associées lors de l’évène- ment pour témoigner d’une vision commune de l’engagement.

Leader mondial de la distribution professionnelle de produits et services pour le monde de l’énergie, Rexel est notamment venu présenter les actions de sa Fondation pour le progrès énergétique, mais aussi participer activement à des groupes de travail, co-organisés par les quatre entreprises et animés par le cabinet Weave AIR.

La preuve par l’exemple Pour expliquer les actions de la Fondation Rexel, quoi de mieux qu’un retour d’expérience : Xa- vier Galliot, directeur du Développement durable abordées, la nécessaire convergence des acteurs, la pédagogie sur la valeur de l’eau et de l’énergie, mais aussi de la matière à recycler, le développement de projets d’innovation territoriale, la mise en place de dispositifs per- mettant de réinvestir dans les économies d’énergie, la rupture vers un nou- veau modèle économique, social et environnemental. Synergie des compétences et convergence des acteurs Le second groupe de tra- vail, animé par Clémen- tine Prat, directrice des Partenariats du groupe Rexel, abordait quant à lui le thème de la compétiti- vité et du développement durable.

L’idée étant de réfléchir à des projets créant de la valeur res- ponsable, en conjuguant les compétences des quatre entreprises hôtes (Véolia, Rexel, Crédit Agricole et Unilever) et de leurs parties prenantes. Innover, décloisonner, mobiliser et mesurer… autant de mots qui ont guidé les échanges. Et fait naître des idées tour- nant autour de l’économie circulaire et collaborative, de la ville durable, de l’écologie industrielle ou encore des mesures d’im- pact. La voie est ouverte pour un monde durable. Et la convergence entre les acteurs et l’échange d’expertises est certaine- ment la clé de sa réussite.

du groupe, a co-présenté avec Jean-Jérôme Calvier, directeur général adjoint de Soleni (Solidarité éner- gie insertion), le fruit de leur coopération. Celle-ci s’inscrit dans le cadre de la plate-forme des entre- preneurs sociaux créée et animée par la Fondation Rexel. Cette plate-forme fédère différents acteurs de l’écosystème de l’effi- cacité énergétique (four- nisseurs, ONG, monde académique) ainsi que les équipes Rexel France pour accompagner 9 en- trepreneurs sociaux dans leur projet de lutte contre la précarité énergétique : mécénat de compétences, don de matériel, soutien financier, partage des savoirs.

Soleni est l’un des projets soutenus par la plate-forme. Ce service a une triple visée : écono- mique, sociale et environ- nementale. Il aide les ménages en précarité énergétique à améliorer l’efficacité énergétique de leur foyer. Signe distinctif : il est assuré par des conseillers en parcours d’insertion profession- nelle, qui développent ainsi leur employabilité. Rendre accessibles les technologies en faveur du développement durable Mais le Forum Conver- gences, c’est aussi des rencontres entre les diffé- rents acteurs du change- ment, dans le cadre d’ateliers dynamiques. Le premier workshop co-organisé par les quatre entreprises traitait d’une problématique clé : « Comment rendre acces- sibles les produits et ser- vices durables ? » L’une des tables était plus parti- culièrement dédiée au thème de l’innovation responsable dans les secteurs de l’eau et de l’énergie, réunissant une dizaine d’acteurs du sec- teur, dont la Fondation Nicolas Hulot, GDF Suez, Rassembleurs d’énergie, Planète d’entrepreneurs, le Cercle français de l’eau, Entreprises pour l’Envi- ronnement, ou encore le Comité 21.

Cette table était co-animée par Pas- cale Giet, directrice du Développement durable et de la Communication du groupe Rexel, et vice- présidente de la Fonda- tion Rexel, et Pierre Victoria, directeur du Développement durable de Véolia. Son objectif : débattre et trouver des solutions pour intéresser le consommateur à la transition énergétique et l’inciter à une consomma- tion durable des res- sources. Parmi les pistes j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr 13 ACTUALITÉ Rexel « co-construit » au Forum mondial Convergences Évènement « Rupture vers un nouveau modèle économique, social et environnemental »

qu’un supercondensateur sur ses couches exté- rieures. Un procédé qui devrait rapidement trouver des applications dans le développement de véhicules électriques, de lanceurs spatiaux et d’appareils électriques portables. vrir ses besoins, et en cas de vague de froid, la situation pourrait devenir problématique. Une solution est cependant avancée pour remédier à la pénurie : le déploiement dès l’hiver 2016 du « mécanisme de capacité », un système permettant de rémunérer les capacités de production disponibles, même quand les centrales sont à l’arrêt. La mise en service du nouveau réac- teur EPR de Flamanville, prévue en 2016, devrait également contribuer à soulager le réseau.

collées. La couche de tri- chites étant isolante, le fil de cuivre interne conserve son pouvoir canalisant, alors que les couches ex- ternes stockent une impor- tante quantité d’énergie de manière indépendante. Un dispositif qui se com- porte de la même manière R éseau de transport d’électricité (RTE) a tiré la sonnette d’alarme sur une possible pénurie d’électricité qui pourrait frapper la France à partir de l’hiver 2015. En cause, la fermeture d’ici 2016 de centrales fonction- nant au charbon et au fioul, due au durcissement des normes environnemen- tales. De l’autre côté, des centrales à gaz devraient perdre en rentabilité face à la concurrence du charbon meilleur marché.

La France devrait donc manquer de 8 600 mégawatts pour cou- 14 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr ACTUALITÉ Pénurie en vue dès 2015 Électricité nanotrichites, traitées avec un alliage spécial, pour créer une électrode. La seconde électrode vient de l’ajout d’une feuille en matière plastique très mince autour des trichites, enroulée autour d’une gaine de métal. Les couches ont ensuite été D es scientifiques de l’University of Central Florida ont mis au point un moyen qui permet à la fois de transmettre et de stocker de l’électricité dans un seul fil. L’innovation part d’un simple fil de cuivre, recouvert d’une couche de Stocker de l’énergie dans un câble électrique Innovation D ans le cadre de son engagement RSE, Hub One, le fournisseur global de ser- vices mobiles et télécoms pour les professionnels, fait appel aux services d’Avob, spécialiste de la gestion énergétique en entreprise, pour réduire drastiquement ses dé- Hub One s’engage à réduire la consommation énergétique de son parc informatique Efficacité énergétique © Diliff penses d’énergie.

L ’objectif affiché par l’entreprise est de réduire de 50 % la consommation de son parc informatique en l’espace de 2 mois. Après une pé- riode de test probante sur les 338 postes de son parc, la solution Avob IT Energy Saver a été retenue et sera déployée prochainement. Elle permet de mesurer de manière rapide et efficace la performance énergé- tique d’un parc informa- tique, à partir d’un tableau de bord ergonomique. Les économies réalisées sont alors visibles en temps réel par l’ensemble des colla- borateurs de l’entreprise, grâce à un widget d’infor- mation. Une solution qui semble porter ses fruits.

Patricia Lorreyte, directrice des Ressources humaines & RSE de Hub One, dresse un premier constat : « Après seulement 2 mois de mise en place, nous avons déjà économisé l’équivalent d’un aller- retour Paris-New-York ! »

© IssyGrid j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr 15 ACTUALITÉ tériaux renouvelables et recy- clés. L ’appel à manifestations d’intérêt, opéré par l’Ademe et doté de 1,12 milliard d’eu- ros, est ouvert à des projets d’une taille minimale finan- çable d’un million d’euros. Sa clôture finale aura lieu le 30 décembre 2016. technologiques et logistiques « clés en main » pour la rénovation des bâtiments, s’appuyer sur les technologies numé- riques pour développer une gestion intelligente des usages énergétiques et, enfin, travailler sur les ma- devrait permettre de construire ou de rénover des bâtiments, afin de leur offrir une performance énergétique supérieure aux exigences réglementaires.

Pour cela, trois axes d’inno- vations sont envisagés : développer des solutions L’ appel lancé par le ministère de l’Éco- logie et le minis- tère du Logement le 1er août dernier a pour objectif d’encourager les solutions techniques innovantes pour favoriser les économies d’énergie. Cette mesure « Méthodes industrielles pour la rénovation et la construction de bâtiments » Appel à manifestations d’intérêt mutualiser les systèmes de production, consomma- tion et stockage. L’ensemble sera piloté de manière centralisée pour définir des objectifs d’optimisation M is en place à Issy-les-Mouli- neaux, ce projet préfigure la gestion de l’énergie dans le quartier et la ville de demain.

Initié en 2011, le projet IssyGrid en est encore à sa pre- mière phase de déploie- ment et repose sur trois objectifs : mesurer l’en- semble des différents types de consommation d’énergie (bureaux, loge- ments, commerces, éclai- rage public, véhicules électriques…), mettre en place des moyens de pro- duction (photovoltaïque, cogénération…) et de stockage (batteries, volant d’inertie), et, enfin, IssyGrid, premier réseau de quartier intelligent en France Smart grid sion européenne pourra saisir la Cour de justice de l’Union européenne et imposer des sanctions.

Pour le moment, seul le Danemark s’est plié aux injonctions de l’Union. de mise en demeure ont été envoyées aux 24 États en infraction, incluant la France et l’Allemagne, les sommant de se mettre en conformité. Pour les États réfractaires, la Commis- de l’Union au mois d’août, afin de les contraindre à transposer la législation européenne sur l’efficacité énergétique dans leur droit national avant le 22 septembre. Des lettres L a Commission eu- ropéenne avait pré- venu, et pourrait mettre ses menaces à exé- cution dans les semaines à venir. Une procédure a été lancée contre 24 pays L’Europe veut sanctionner les pays n’ayant pas transposé la loi sur l’efficacité énergétique Transition énergétique des consommations d’énergie.

Pour le moment, IssyGrid comprend 94 logements connectés (compteurs intelligents) et 14 systèmes d’information interconnectés, ainsi que des tours de bureaux « smart grid ready » accueil- lant 2 000 employés. Son déploiement se poursuivra dans les années à venir.

© aesc E n l’espace de deux ans, le prix des batteries en lithium-ion a chuté de 20 %, et, d’après les prévi- sions des fabricants, cette baisse devrait se poursuivre jusqu’en 2020. Un compo- sant qui représente aujourd’hui 30 à 40 % du prix final d’une voiture électrique. Le marché des véhicules électriques devrait donc bénéficier de cette baisse des prix, pour peut-être devenir rapidement plus compéti- tif que celui des véhicules thermiques. D’autant qu’une nouvelle baisse des prix pourrait avoir lieu prochainement : les constructeurs Tesla et Panasonic ont pour projet de construire une méga-usine de batteries lithium-ion.

16 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr ACTUALITÉ des entreprises, indus- trielles pour la plupart, fortement consomma- trices d’énergie. L’objectif de 5E (efficacité énergé- tique et empreinte envi- ronnementale des L e programme mis en place par le groupe Caisse des Dépôts permet la réalisa- tion d’investissements pour financer les projets d’efficacité énergétique Vers un marché plus abordable Voitures électriques GDF Suez accusée de pratiques anti-concurrentielles Énergie L a guerre de la concurrence n’a pas fini de sévir dans le marché de l’éner- gie. En avril dernier, Direct Énergie avait saisi l’Autorité de la concur- rence pour un « abus de position dominante » de GDF Suez sur le secteur du gaz.

Le 15 juin, c’était au tour de l’UFC-Que Choisir de dénoncer les pratiques anti-concurren- tielles de GDF Suez, mais sur le marché du gaz cette fois. Les concurrents de GDF Suez pointent notamment du doigt l’utilisation de fichiers, acquis grâce à sa mission de service public, pour mettre la main sur les marchés du gaz et de l’électricité, en alignant ses offres commerciales sur les tarifs réglementés. Un fichier qui, selon la CRE, devrait être mis à disposition de la concur- rence pour éviter tout abus de position.

La CDC lance 5E, un programme pour financer l’efficacité énergétique des entreprises Efficacité énergétique usines européennes, et 7 000 emplois pour- raient être menacés. Les fabricants demandent donc quatre années supplémentaires pour préparer cette transition. La Commission euro- péenne a pour le moment repoussé le dossier du report à la fin de l’année. dernier. La cause princi- pale de leur retrait réside dans leur consommation trop importante d’énergie. Du côté des industriels, cette disposition tombe mal, mais arrive surtout trop tôt. La fabrication des éco-halogènes a rem- placé celle des ampoules à incandescence dans les L a Commission européenne a tran- ché.

Les lampes éco-halogènes ne seront plus disponibles à la vente à partir de 2016. Pourtant, cette catégorie de luminaires est très po- pulaire chez les consom- mateurs, et représente la moitié des ventes de l’an Retrait des lampes éco-halogènes en 2016 Éclairage © DR entreprises) est de réali- ser 600 millions d’euros d’investissements sur 5 ans, pour des projets d’une valeur de 2 à 50 millions d’euros, implantés en France pour la plupart. À terme, 5E affiche l’objectif ambi- tieux d’au moins 20 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre et des consommations d’énergie.

j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr 17 ACTUALITÉ Idex parmi les lauréats du Concours mondial d’Innovation Stockage de l’énergie L e projet de R&D présenté par Idex en partenariat avec le CEA-Liten et baptisé Seti (Stockage d’énergie thermique intelligent), a été retenu dans le cadre du Concours mondial d’In- novation. Une cérémonie pour recevoir les lauréats a été organisée le 23 juillet dernier à l’Élysée en pré- sence du président de la République. Dans le cadre de la phase d’amorçage de Seti, une aide de 200 000 euros a été débloquée, notamment pour permettre de réaliser un avant-projet détaillé.

Son objectif principal : lis- ser les pointes de charge, combiner et optimiser en temps réel les sources de production et réservoirs d’énergie, et valoriser les sources renouvelables thermiques et électriques. Le développement de Seti repose sur trois ruptures technologiques majeures : un matériau à change- ment de phase à forte densité énergétique (100 kWh/m3), un système de mesure de l’état de charge embarqué et connecté, pour permettre au gestionnaire du réseau et à l’utilisateur d’être informés sur les flux d’énergie, et, enfin, un couplage à l’énergie électrique, pour optimiser le rendement de l’installa- tion.

photovoltaïques orga- niques ». De plus, le mode d’utilisation par pulvérisa- tion rend la mise en place de cette solution bien plus simple que les tradition- nels panneaux épais et d’une extrême fragilité. Les applications que per- met cette innovation sont innombrables : du porta- ble à la voiture, en passant par la maison autosuffi- sante, le spray à la pérovs- kite, qui présente un rendement jamais égalé de 25 % d’efficacité éner- gétique, se distingue des autres innovations dans le domaine du solaire. L’ Université de Sheffield, en An- gleterre, vient de mettre au point des cel- lules solaires minérales à pulvériser sous forme de peinture.

Cette innovation n’aurait pas été possible sans un minerai bien particulier, la pérovskite. D’après le professeur David Lidzey, en charge de la recherche, « ce matériau combine la haute perfor- mance énergétique des cellules solaires à base de silicium, tout en bénéfi- ciant de la faible dépense énergétique nécessaire à la fabrication des cellules Des cellules photovoltaïques en spray à pulvériser Innovation

À LIRE Guide SPAP Étude Xerfi Étude Cemafroid / EReIE / ARMiNES CES Les LED rebattent les cartes sur les marchés de l’éclairage Dans son étude parue le 3 septembre, Xerfi, leader français des études sur les économies sectorielles, analyse les impacts du succès des LED sur le paysage concurrentiel et la stratégie des acteurs. Les LED s’imposent peu à peu sur les marchés de l’éclairage. Ces lampes de dernière génération représentent déjà plus du quart des ventes en Europe. Un succès qui s’ex- plique par des performances énergétiques particulièrement séduisantes pour les entreprises et les collectivités.

Dans ce contexte, le marché fran- çais de l’éclairage évoluera différemment selon les segments considérés. Les experts de Xerfi pronostiquent en effet une progression de l’activité des spécialistes de l’éclairage public d’environ 1 % seulement par an en moyenne entre 2014 et 2017 (contre près de 4 % par an ces trois derniers exercices). L’étude est disponible en version payante sur : www.xerfi.fr. 18 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr © Cemafroid © SPAP Utilisation des piles et accumulateurs : informer les consommateurs Le Syndicat français des fabricants de piles et d’accumulateurs portables (SPAP) publie le « Guide d’utilisation des piles et accumulateurs » à destination des consommateurs.

Dans ce dépliant, les consommateurs pourront découvrir des conseils pratiques pour bien choisir leurs piles, mais également des conseils d’utilisation pour les piles jetables et rechargeables, afin de prolonger leur durée de vie et de les utiliser en toute sécurité. Enfin, ce nouveau guide permettra au consommateur d’être mieux informé sur la fin de vie des piles, en l’incitant à ne pas jeter les produits en fin de vie et en lui montrant les bénéfices de son geste de tri, pour lui et pour l’environnement. Plus d’un milliard de piles et accumulateurs portables sont mis sur le marché chaque année.

Il y en a, en moyenne, 75 par foyer. Les piles sont donc au cœur des usages courants et du quotidien des consommateurs. Le guide est disponible gratuitement et en intégralité sur : www.spap.fr.

Alternatives aux HFC à fort GWP dans les applications de réfrigération et de climatisation Cette étude, réalisée pour le compte de l’Ademe, l’AFCE et Uniclima, a pour objectif d’accompagner les entreprises dans l’application du règlement F-Gas, en vigueur dès 2015. L’étude est constituée de 23 fiches « applications » permettant de juger la viabilité, les avantages et les inconvénients des différentes solutions existantes ou en cours de développement, tant en fluides qu’en technologies. Elle souligne également les possibilités, ou les éventuels freins, se présentant au moment de modifier ou de remplacer des systèmes fonctionnant avec des fluides HFC (hydrofluorocarbures) à fort GWP (potentiel de réchauffement global).

L’ensemble de l’étude (122 pages) est disponible au télécharge- ment à l’adresse suivante : www.ademe.fr

À LIRE La transition énergétique au milieu du gué La Note de la Fabrique Écologique a pour objectif de présenter une analyse des principaux enjeux d’un texte, appelé, selon le président de la République lui-même, à devenir « l’une des lois les plus importantes du quinquennat ». Ce texte permet de constituer une grille de lecture des discussions parlementaires, qui ont débuté au mois de septembre. La note de la Fabrique Ecologique est, pour le moment, consacrée à la mise en relief des principaux enjeux de ce texte, en mettant en lumière certaines mesures clés. L’intégralité de la note (24 pages) est disponible gratuitement sur le site : www.lafabriqueecologique.fr.

Note de La Fabrique Écologique Rapport OPECST Les freins réglementaires à l’innovation en matière d’économie d’énergie dans le bâtiment : le besoin d’une thérapie de choc L’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) a publié un rapport sans concessions sur le secteur du bâtiment en France. 20 recommandations et 3 principaux leviers réglementaires que sont la simplification du système d’aides, l’amélioration de la transparence du système RT 2012 et l’évolution des procédures évaluant la sécurité et la qualité des produits, sont mis en avant dans ce rapport.

Selon ses auteurs, la priorité réside dans l’évolution du système d’aides et dans une meilleure utilisation des ressources dédiées au système de certificats d’économie d’énergie. Le rapport est disponible gratuitement et en intégralité (380 pages) sur le site : www.assemblee-nationale.fr.

19 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr © OPECST Guide de mises en œuvre de l’ISO 50001 L’Ademe et le groupe Afnor publient un guide de Mises en œuvre d’un système de management de l’énergie selon la norme ISO 50001. Les deux organismes ont accompagné, entre 2011 et 2013, 13 entreprises normandes dans la mise en œuvre d’un système de management de l’énergie, répondant aux exigences de l’ISO 50001. Cette expérience a permis d’identifier les questionnements récurrents et d’apporter des réponses concrètes, énoncées dans ce guide. Les analyses sont présentées sous forme de 6 fiches pratiques correspondant aux 6 thèmes clés que sont la politique énergétique, les différents rôles et responsabilités, la veille réglementaire, la planification, le déploiement et l’évaluation.

Le guide de Mises en œuvre d’un système de management de l’énergie selon l’ISO 50001 est disponible gratuitement et en intégralité sur le site : www.afnor.org. Guide de l’Ademe © Ademe

20 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr La rénovation d’un datacenter pour intégrer de nouvelles technologies plus performantes, en particulier au niveau du refroidissement et de l’augmentation de puissance Haute Qualité, est une opération délicate en assurant la continuité d’activité. C’est cette opération que vient de réaliser TelecityGroup France pour son site « Victor Hugo » à Aubervilliers (93) avec le concours de Cap Ingelec. DATACENTER TelecityGroup rénove un datacenter avec maintien de la continuité de service : une opération complexe ros d’investissement sont multiples : offrir à nos clients des capacités de déploiement supplémentaires par augmentation de la puissance HQ et de la densité électrique au m2, augmenter la sûreté de fonctionnement et la maintenabilité des installations de climatisation, mais aussi améliorer l’efficacité énergétique du site (réduction du PUE à 1,4) par une meilleure perfor- T elecityGroup France exploite trois datacenters en région pari- sienne dont « Victor Hugo » : 1 830 m2 de salles d’hébergement pour des PME ou des grands groupes, fournis- seurs de services « cloud », administra- tions, e-commerce, industries… Mis en service en 2001, ce site a été à l’avant- garde de l’innovation technologique et des référentiels qualité (pile à combusti- ble, contrôle d’accès, suppression d’in- cendie par brouillard d’eau à action locale…), mais après plus de 12 ans de fonctionnement un programme de réno- vation était nécessaire.

Pour Nicolas Buono, directeur des Opé- rations de TelecityGroup, « les raisons de ce programme de plusieurs millions d’eu- © DR RÉALISATION

raccorder les nouvelles unités intérieures. Une fois installés les aéro-refroidisseurs et la boucle d’eau, l’ensemble a été testé et réceptionné, et nous avons pu remplacer une par une les 36 unités intérieures par les nouvelles en les raccordant sur la boucle d’eau. » La collaboration et la compréhension des clients du site a été un facteur clé de succès de l’opération pendant les 5 mois de travaux lourds.« Il nous a fallu communiquer très régulière- ment avec nos clients et coordonner ces opérations en intégrant leurs contraintes de telle sorte que la sécurité et l’accessibi- lité de leurs environnements ne soient jamais compromises », confirme Nicolas Buono.

Au final, l’augmentation de puissance HQ utile est de 16 % et l’augmentation de densité électrique au m2 dans les zones les plus anciennes va jusqu’à 115 %. Pour Stéphane Duproz, directeur géné- ral de TelecityGroup France, « la moder- nisation permanente de nos datacenters fait partie intégrante de notre engagement clients. Cette modernisation passe par des phases d’upgrade importants, coûteux et délicats à réaliser, qui, s’ils sont planifiés et conduits avec rigueur, peuvent trans- former un site historique en modèle du genre ». Jean Paul Beaudet mance énergétique des équipements et grâce à la mise en œuvre du free-cooling.

Enfin, le site est raccordable aux opérateurs de réseaux de chaleur pour valoriser la cha- leur fatale du site ». Le remplacement de la climatisation et la mise en place de nouveaux onduleurs Emerson représen- taient les modifications les plus impor- tantes, mais d’autres lots étaient concernés (contrôle d’accès, vidéosur- veillance, éclairage par dalles LED, mise en œuvre de couloirs thermiques). La société Cap Ingelec a assuré la concep- tion-réalisation du remplacement de la climatisation. Le choix de la solution technique retenue a été contraint par le peu d’espace technique disponible, en particulier à l’extérieur, et la nécessité pendant les travaux de faire cohabiter l’ancienne installation en fonctionne- ment et la nouvelle en cours de montage.

Le choix s’est porté sur des armoires de climatisation Stulz intégrant deux tech- nologies, l’une pour l’hiver (échange thermique avec l’ambiance de la salle au travers d’une batterie d’eau glacée),l’autre pour l’été (échange thermique à travers une batterie à détente directe), les deux se combinant une partie de l’année lorsque les températures sont basses, mais pas suffisamment pour fonctionner avec 100 % de free-cooling. Jean-Nicolas Manços, directeur Développement data- center de Cap Ingelec, explique : « Nous avons proposé une solution d’armoires de climatisation à détente directe sur boucle d’eau en free-cooling : le principe consiste à installer de nouvelles unités intérieures qui captent la chaleur dans les salles et l’évacuent sur un réseau d’eau.

» Ces armoires sont couplées à des aéro-refroi- disseurs installés à l’extérieur (photo 1). Et pour Nicolas Buono : « La configura- tion de l’ensemble tient un rôle majeur : régulation de température, lois « intelli- gentes » de gestion du free-cooling sur les boucles d’eau de refroidissement capables de déterminer lequel de l’aéro-refroidisseur ou du compresseur consommera le moins d’énergie en fonction de la température extérieure. » Un phasage des travaux complexe Jean-Nicolas Manços le reconnaît : « Le phasage des travaux a été complexe. Comme il n’y avait pas de surface tech- nique disponible à l’extérieur, il a fallu créer, au-dessus du matériel existant en exploitation, une structure métallique capable se supporter les équipements (photo 2).

En parallèle, nous avons mis en place les nouveaux réseaux de distribution dans les salles informatiques en vue de « Il est tout à fait possible d’améliorer l’efficacité énergétique des centres informatiques existants par une démarche structurée » AVIS D’EXPERT JEAN-NICOLAS MANÇOS, directeur Développement activité datacenter Cap Ingelec L ’optimisation énergétique d’un datacenter est stratégique lorsque l’on sait que, sur 10 ans, le coût de l’énergie repré- sente 45 % du coût total. La plupart des nouveaux sites sont conçus dans cette optique, mais il est tout à fait possible d’avoir une démarche similaire pour améliorer l’efficacité des datacenters existants.

Les interventions en site occupé sont plus délicates et nécessitent des précautions spécifiques, mais une démarche structurée permet d’aboutir à des résul- tats très intéressants. Un levier d’action important concerne la partie climatisation qui représente 25 à 30 % du total des consommations avec souvent des possibilités d’optimisation importantes.

La démarche que Cap Ingelec suit, nécessite dans un pre- mier temps de bien comprendre le fonctionnement du site et les caractéristiques des équipements le composant. Ensuite, il s’agit de créer un modèle numérique permettant de calcu- ler les consommations en fonction du taux de charge, un modèle complexe prenant en compte les rendements des matériels, les modes de fonctionnement et l’impact des conditions météorologiques. Ce modèle est ensuite qualifié avec des mesures sur site. Il permet d’identifier les postes de consommation de l’existant et de vérifier si cette répartition ne présente pas des points de surconsommation inhabituels.

Une fois les études techniques d’optimisation réalisées, ce modèle peut être modifié en fonction des solu- tions techniques préconisées, et les gains associés calculés. Les solutions d’optimisation concernent en premier lieu le volet urbanisation (cantonnement des zones chaudes et froides) ; il s’agit du préalable avant toute autre analyse. Ensuite, l’objectif est d’étudier les différentes solutions permettant de limiter les consommations en s’assurant, dans tous les modes de fonctionnement, que la solution proposée n’altère pas l’aspect fonctionnel, donc la continuité d’exploitation.

RÉALISATION j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr 21

pays européens comme la Grèce ou l’Es- pagne se sont vus contraints de réduire drastiquement leurs efforts en faveur de la transition énergétique, et ce sont gé- néralement les énergies renouvelables qui en ont pâti. En France, le projet de loi sur la transition énergétique (pré- senté mercredi 18 juin dernier en Conseil des ministres par Ségolène Royal) a pu être cri- tiqué pour son manque d’am- bition, mais des perspectives se dégagent cependant pour ce qui concerne les ER.

Des prêts dits de « croissance verte » sont ainsi mis à dis- position des collectivités territoriales, tandis que des emprunts obligataires de longue durée (20-30 ans) sont ouverts aux PME souhaitant investir dans les ER. Le lancement de 1 500 méthani- seurs est aussi prévu pour développer le biogaz, une alternative aux gaz fossiles qui utilise les déchets agricoles. Enfin, le « Fonds chaleur », géré par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), doit passer de 220 millions d’euros par an actuelle- ment à 440 millions par an en 2017 ; ce Fonds est dédié à l’investissement dans des projets de génération de chaleur à partirdematièrespremièresrenouvelables comme le bois, la biomasse et les dé- chets.

Il est l’une des illustrations de la tentative des pouvoirs publics de don- ner le ton plutôt que de suivre la mu- sique.

À l’échelle mondiale, la crois- sance de la génération d’éner- gies renouvelables (ER) a tendance à accélérer sur les vingt der- nières années, passant de 3 % annuels pour la période 2000-2006 à 5 % par an entre 2006 et 2013. Elle devrait même grimper à 5,8 % par an dans les cinq prochaines années, soit une augmentation totale de 40 % d’ici 2018 par rapport à 2013. Même s’il n’y a pas augmentation de la part des ER dans la production mon- diale d’énergie, c’est au moins une aug- mentation significative en valeur absolue, devant atteindre 6 850 téra- watts/heure d’ici cinq ans, si les ten- dances se confirment.

Cette croissance, traditionnellement soutenue par les pays de l’OCDE, s’est maintenant étendue aux pays non- membres de cette organisation, et no- tamment aux principaux pays émergents. Emmenés par le Brésil, la Chine et l’Inde, les pays non-membres de l’Organisation sont désormais res- ponsables de 54 % de la génération d’ER. Les trois BRICS cités à l’instant sont souvent perçus comme de gros pol- lueurs considérant leurs besoins en énergie, actuels et anticipés. Cette per- ception est donc à nuancer, dans la me- sure où ils font aussi partie des développeurs les plus crédibles et ambi- tieux pour ce qui concerne les ER.

Ces progrès dans les ER ne sont pas ho- mogènes, ils varient largement selon la région et le type d’énergie. L’hydrau- lique continue sa croissance stable et de- meure la première source d’ER. L’éolien terrestre a aussi connu une certaine ex- pansion, malgré une croissance ralentie et erratique en Europe et aux États-Unis – c’est donc l’effort des pays émergents qui a permis de soutenir sa croissance. Enfin, le photovoltaïque est le domaine qui a connu les plus fortes tendances haussières, lui aussi porté par les pays non-membres de l’OCDE. En revanche, l’éolien offshore, les bioéner- gies, l’énergie solaire concentrée, l’éner- gie houlomotrice et les technologies géothermiques n’affichent pas encore les mêmes performances.

Le second facteur est la structure du marché, largement influencée par les politiques publiques. De nouveau, ce sont la Chine, l’Inde et le Brésil qui se distinguent par la plus grande cohérence entre leurs objectifs et les moyens mis en œuvre pour les atteindre. En effet, si l’Allemagne, et, dans une moindre me- sure, les États-Unis maintiennent des programmes ambitieux, la plupart des Après avoir consacré le premier chapitre de son rapport 2014 à une analyse globale du secteur énergétique, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) consacre le deuxième à un état des lieux des énergies propres, en commençant par les énergies renouvelables.

Le développement de celles-ci est étudié sous l’angle économique, technologique et environnemental. L’Agence s’appuie sur des comparaisons régionales pour esquisser une image plus précise de ce domaine d’avenir.

Énergies renouvelables : un bilan pour 2014 PAR JEAN-MARC GUILLIER « Emmenés par le Brésil, la Chine et l'Inde, les pays non-membres de l'OCDE sont désormais responsables de 54 % de la génération d'ER » 23 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr ANALYSES

24 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr ANALYSES concentrer sur les débouchés profes- sionnels, où la qualité et le caractère innovant des produits sont des critères tout aussi importants que le prix. Au-delà de la reconversion des unités de production, la pénétration croissante des LED sur les marchés de l’éclairage va nécessairement inciter les industriels du secteur à opérer des changements dans leur modèle économique à moyen terme.

En effet, la baisse des prix des LED couplée à l’amélioration de leurs performances posent aux fabricants un problème de récurrence de leurs ventes. L’allongement de la durée de vie des LED devrait donc encourager les industriels à revisiter leurs modèles de croissance basés sur le renouvellement fréquent des produits et à se diversifier dans les services. Les opérateurs auront également intérêt à faire évoluer leur métier vers des prestations à plus forte valeur ajoutée. L’utilisation de l’électro- nique des LED permet en effet de dé- ployer des solutions innovantes, telles que des systèmes de gestion de l’éclai- rage dans les bureaux ou, pour l’éclai- rage public, des outils de géolocalisation dans les magasins, etc.

D es investissements que les opé- rateurs doivent nécessaire- ment répercuter dans leurs prix pour ne pas sacrifier leurs perfor- mances opérationnelles. Ils sont jusqu’à présent parvenus à le faire, comme en témoigne la progression de près de 8 % des prix sortie d’usine des appareils d’éclairage en France entre 2008 et 2013. Mais cela va devenir plus difficile ces prochaines années. En effet, avec les offensives récentes des start-up françaises et des géants étrangers de l’élec- tronique et des semi- conducteurs,la concurrence va s’intensifier sur les mar- chés français de l’éclairage, limitant de facto les possibi- lités de revalorisations tarifaires.

L’essor des LED renforce en effet consi- dérablement la menace de nouveaux en- trants pour les industriels de l’éclairage présents en France. Car, avec cette tech- nologie, l’éclairage s’est rapproché du domaine de l’électronique, attisant ainsi les convoitises des leaders étrangers de ce secteur comme Toshiba, Panasonic et Samsung. Déjà présents depuis plusieurs années dans la fabrication de puces LED à destination des écrans de télévision et d’ordinateurs ou des téléphones portables, ces groupes ont l’avantage de maîtriser les cycles courts de renouvel- lement des produits de l’électronique grand public.

Ils jouissent par ailleurs d’une forte capacité d’innovation et de moyens financiers conséquents. Pour faire face à ces nouveaux entrants, les poids lourds du marché mondial de l’éclairage présents en France (Philips, Osram, Havells Sylvania, etc.) se sont positionnés très tôt sur les LED. Mais, malgré leurs efforts et près d’un siècle de domination du marché, ils ne sont pas forcément les mieux placés pour l’emporter sur toutes les compo- santes du segment des LED. Au-delà de l’arrivée des géants asiatiques, la montée en puissance de ces lampes a en effet fa- vorisé, ces dernières années, la percée d’une multitude de nouvelles entre- prises françaises innovantes, à l’instar de Sunlux ou de Lucibel.

Des start-up qui, grâce à leurs importants efforts de R&D et à leur casquette de spécialistes, béné- ficient aujourd’hui d’une certaine anté- riorité sur le segment. L’un des atouts de ces jeunes entreprises françaises réside par ailleurs dans leur positionnement. En effet,la plupart d’entre elles délaissent le marché grand public, où la concur- rence étrangère (cristallisée sur les prix) est particulièrement intense, pour se L’industrie française de l’éclairage est aujourd’hui le théâtre de profondes mutations liées aux LED. Grâce à leurs performances énergétiques particulièrement séduisantes pour les entreprises et les collectivités, ces lampes de dernière génération s’imposent en effet sur le marché européen.

Cette montée en puissance implique pour les industriels du secteur une réactivité importante et des investissements conséquents au niveau des sites de production. Les LED rebattent les cartes de l’industrie française de l’éclairage PAR GABRIEL GIRAUD, chef de projet - Xerfi Research « La pénétration croissante des LED sur les marchés de l’éclairage va nécessairement inciter les industriels du secteur à opérer des changements dans leur modèle économique. »

LES DOSSIERS DU MOIS © Pascal Darmagnac RGE et filière électrique 26 FORMATION Effacement et flexibilité de la demande électrique 31 36 ÉLECTRICITÉ Enrichissez votre GTB CONTRÔLE D’ACCÈS ET ARCHITECTURE RÉSEAU CERTIFICATION ÉCONOMIES D'ÉNERGIE SÉCURITÉ © Schneider Electric © AGGLO 25 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr

CERTIFICATION LES DOSSIERS DU MOIS © AGGLO Pour la filière électrique et les artisans électriciens, les travaux principaux concernés sont : travaux d’efficacité énergétique, installation d’équipements électriques hors énergies renouvelables, ventilation, installation d’énergies re- nouvelables, chauffage et/ou eau chaude solaire, pompe à chaleur, ballon ther- modynamique.

La situation et l’importance de la mention RGE pour la filière Côté face, il y a les acteurs qualifiés via Qualit’EnR, avec plus de 11 000 adhé- rents avec la mention RGE dont 6 700 sur les qualifications QualiPac, QualiPV et QualiSol.

La mention RGE est obligatoire pour obtenir les principales aides fiscales pour la rénovation énergétique. La filière électrique est- elle au rendez-vous ? Le parcours pour obtenir la mention est-il prêt et adapté ? RGE et filière électrique FORMATION La mention RGE obligatoire pour les aides à la rénovation énergétique Plus précisément, seules les entreprises qui interviennent sur les chantiers de ré- novation énergétique et qui sont titulaires d’un signe de qualité « Reconnu garant de l’environnement » (RGE) pourront faire bénéficier leurs clients des aides publiques prévues : éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) à partir du 1er septembre 2014, aides lo- cales,puis crédit d’impôt développement durable (CIDD) en 2015.

Sont concernés tous les travaux concou- rant à l’amélioration énergétique des bâtiments résidentiels (collectifs ou individuels) des particuliers. 26 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr

Côté pile, il y a un écho plutôt faible des acteurs de la filière, depuis les fabricants, en passant par les distributeurs de ma- tériels électriques. « Nous avons anticipé en communiquant dès 2013 et mis en place début 2014 un programme de formations FEEBat acces- sible à nos clients dans l’ensemble de nos agences Rexel partout en France. Nos ani- mateurs Habitat, accompagnés des équipes commerciales ainsi que de nos spécialistes en génie climatique et effica- cité énergétique, ont alerté et communi- qué sur les intérêts et les enjeux de la mention RGE », souligne Benoît Petit, chef de projet Marketing Client chez Rexel.

Nous constatons une montée en puis- sance récente du dispositif, mais sommes conscients du travail qu’il reste à réaliser pour sensibiliser encore plus de clients. Nous avons notamment ren- forcé notre dispositif de communication sur l’ensemble de nos supports. Nous mettons également en place un simula- teur permettant, à côté du prix du pro- jet, de mettre en évidence les aides qui sont disponibles (CIDD, CEE…) et le retour sur investissement, ajoute-t-il. Cette amorce lente peut s’expliquer parce que la mention RGE est intéres- sante, en premier lieu pour les entre- prises qui ont des clients particuliers ou qui interviennent sur des immeubles collectifs.

« De fait, les électriciens sont assez peu re- présentés, à peu près 5 % de la population que nous avons formés depuis un peu plus de 18 mois », souligne Jean-François Plo- teau, responsable pédagogique et forma- teur au sein d’Ecolusis. Et l’habitude de travailler en équipe n’est pas forcément bien installée, ce sont plutôt les autres artisans qui solli- citent les électriciens, mais en priorité pour le tirage de câbles et pas forcément pour l’efficacité énergétique active, complète-t-il.

« La formation pour obtenir la mention RGE est plutôt axée rénovation, et doit permettre au référent technique désigné par l’entreprise d’avoir pleine conscience que la rénovation performante ne se fait pas poste par poste mais globa- lement.

» Au-delà de la norme d’installation et de sécurité électrique, il est nécessaire de participer à l’efficacité énergétique glo- bale avec des méthodes de travail quali- tatives, qui respectent notamment l’étanchéité. Du point de vue métier électricien, les impacts sont nombreux et divers : - La ventilation : avec, d'une part, l’enjeu de poser la bonne ventilation sur le bon type de bâtiment et, d’autre part, l’im- portance de réaliser des travaux élec- triques qui respectent l’étanchéité à l’air du bâtiment pour garantir la perfor- mance énergétique et le rendement du système de ventilation.

- Sur la partie chauffage, les dispositifs de régulation, et notamment pièce par pièce particulièrement au niveau du chauffage électrique, sont des points fondamentaux. -Surlapartiedomotiqueetcourantfaible, la rénovation globale d’un logement peut être l’occasion de proposer et de mettre en place les concepts qui vont de soi dans un habitat moderne : réseau VDI, domotique appropriée à la situa- tion de l’occupant. - Sur la partie éclairage, les évolutions sont également substantielles, l’éclairage LED monte en puissance et diminue fortement la consommation d’éclairage. - Sur la partie courant fort, l’étanchéité nécessaire pour un habitat performant énergétiquement impacte aussi l’électri- cien : le placement des réseaux, l’étan- chéité de ceux-ci, la mise en place du tableau en volume chauffé, les points d’attention sont multiples.

- Sur la partie eau chaude sanitaire, le remplacement du cumulus électrique par un ballon thermodynamique ou un ballon solaire sont des solutions inté- grantes d’une bonne gestion de l’énergie pour l’ECS.

- Enfin, le comptage énergétique, obli- gatoire en neuf : avec la montée en puis- sance des dispositifs de flexibilité de la demande électrique et la nécessaire ré- duction ou effacement des consomma- tions, ce dispositif peut aussi trouver sa place en rénovation. Dominique Vignot, en charge de la Fa- brique 21 (Pôle écoconstruction Seine aval, dans les Yvelines), ajoute : « Il ne faut surtout pas oublier qu’il n’est plus possible de travailler seul dans son coin, le geste de chacun impacte le résultat des autres et le succès final du projet. Et l’élec- tricien, même si les travaux sont induits du fait par exemple de la mise en place d’une isolation intérieure, participe à ce résultat de manière forte.

» De plus, tout sous-traitant concerné par un impact énergétique doit aussi disposer de la mention RGE.

Pour les électriciens qui veulent s’inté- resser à la partie fluides et plus précisé- ment à la ventilation (double flux thermodynamique , nous proposons à la section Formation Fabrique 21 une formation Praxibat ainsi qu’une forma- 27 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr CERTIFICATION LES DOSSIERS DU MOIS … © DR Mise en évidence de détection des fuites d'air avec la caméra thermique.

LES DOSSIERS DU MOIS 28 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr INTERVIEW DE THIERRY AUTRIC, DÉLÉGUÉ GÉNÉRAL DE L’ASSOCIATION QUALIT’ENR. Pour la filière électrique, Qualit'EnR est, avec Qualifelec, un des deux organismes majeurs permettant d'obtenir une qualification associée à la mention RGE.

Quelle est la situation de vos adhérents sur ce sujet ? Qualit’EnR a fait évoluer son dispositif fin 2012 pour être en pleine conformité avec la mention RGE, dans le cadre de la signature de la charte RGE.

Depuis cette période, les entreprises qualifiées par notre association sont automatiquement « RGE », ce qui simplifie grandement la démarche pour les professionnels des énergies renouvelables. On compte à ce jour : • Qualisol / Solaire thermique : 2 500 qualifications actives. • QualiPV / Solaire photovoltaïque : 1 600 qualifications actives. • Qualibois / Bois énergie : 4 800 qualifications actives. • QualiPAC / Aérothermie et géothermie : 2 600 qualifications actives.

En quoi la mention RGE est-elle un plus ? La mention RGE vient s’ajouter aux avantages de la qualification : elle permet aux entreprises de valoriser leur savoir-faire (campagne de communication, annuaire national sur www.renovation-info-service.gouv.fr) et leur professionnalisme dans le domaine concerné.

La mention RGE permet également aux clients de profiter de tous les dispositifs de soutien existants, notamment les aides publiques, et c’est désormais un véritable repère pour guider les particuliers dans le choix d’un installateur. Avez-vous déjà des premiers retours d'expérience d’entreprises de la filière électrique ayant obtenu la mention RGE ?

Les témoignages que nous avons des entreprises qualifiées sont unanimes : la mention RGE permet de contribuer à identifier les entreprises réellement compétentes, dans un secteur où il faut à tout prix limiter les contre-références. Avec son contrôle de réalisation obligatoire, la qualification RGE permet aux installateurs de mettre en avant les résultats positifs des audits réalisés dans ce cadre. C’est également cité comme un avantage concurrentiel important pour les entreprises qui savent mettre en avant leur qualification, notamment grâce aux outils de communication qui permettent de la valoriser auprès des prospects (affiches, flyers, site Internet…).

Parallèlement, les professionnels engagés dans la qualifi- cation RGE attendent des pouvoirs publics qu’ils stimulent le marché avec des aides incitatives pour les particuliers. L'efficacité et la rénovation énergétique sont dans l'actualité du moment. Y a-t-il de nouvelles formations en réflexion sur ces sujets au sein de Qualit’EnR ? Tous les systèmes énergies renouvelables couverts par nos qualifications concourent à l’amélioration énergétique du bâtiment, que ce soit dans le neuf ou dans l’ancien. Couplée à une rénovation, une installation EnR peut permettre de démultiplier les économies réalisées sur la facture énergétique du logement (électricité et/ou chauffage) tout en augmentant la valeur du bien immobilier.

Qualit’EnR travaille actuellement à l’extension de Qualisol au collectif, en partenariat avec Socol, initiative mise en place par Enerplan. D’autres projets à plus long terme sont en cours de réflexion, notamment dans le domaine des systèmes hybrides. La mention RGE est-elle un véritable levier pour accompagner les changements de la profession ? Ce dispositif national a un double avantage : permettre aux particuliers d’identifier facilement les professionnels à même de leur proposer des prestations de qualité, mais aussi accompagner une montée en compétence de la filière du bâtiment pour répondre au défi de la transition énergétique.

Une évolution de cette envergure ne se fait jamais sans difficultés, mais c’est un investissement indispensable pour s’adapter au modèle du XXIe siècle basé sur la performance, l’efficience et la responsabilité environne- mentale. CERTIFICATION « Depuis 2013, tous nos adhérents sont automatiquement qualifiés avec la mention RGE. » Thierry Autric, délégué général de l’association Qualit’EnR

peuvent se prévaloir de la mention RGE à la différence de l'artisan qui intervient auprès des particuliers. En termes d'image et de communication,il y a donc un décalage malgré un savoir-faire en efficacité énergétique avéré.

« Élargir la mention RGE au tertiaire, mais aussi promulguer le décret relatif à la rénovation énergétique du parc tertiaire tant attendu par tous depuis trois ans… » Cela ferait grand sens car le marché ter- tiaire est un marché solvable avec des gains potentiels en termes d’efficacité énergétique très importants. Cela incite- rait les grands propriétaires tertiaires à aller vers la rénovation tertiaire.La réno- vation énergétique des logements sociaux pourrait jouer,par leur exemplarité au vu des résultats obtenus,un rôle incitatif au- près des particuliers et des copropriétés. « Nous souhaiterions donc une approche plus complète.

La précarité énergétique et le logement individuel sont des aspects im- portants, mais ce ne sont pas les seuls si nous voulons réussir la transition énergé- tique. » Qui dit transition énergétique dit égale- ment faire entrer le bâtiment dans sa glo- balité : le focus sur l’isolation nous semble trop restrictif,et agir sur les équi- pements nous semble indispensable pour atteindre les objectifs d’efficacité énergé- tique. L’opposition actif/passif doit vrai- ment disparaître, nous défendons une vision globale des projets de rénovation énergétique intégrant l'isolation et la ges- tion de l’énergie et, au risque de nous répéter, étendue à tous les types de bâti- ment, conclut Anne Valachs.

Le RGE aussi pour les certificats d’économie d’énergie (CEE) L’unanimité est faite sur l’importance de la mention RGE, et ce quel que soit le type d’activité des métiers de l’électricité. Et RGE devient d’ailleurs un sésame de plus en plus incontournable puisque la nouvelle formule 2015 des certificats d’économie d’énergie devrait inclure la nécessité de la mention RGE pour obte- nir les CEE.

Gageons donc que la filière électrique se mobiliseraencoreplusfortementautourde cettementiondanslesmoisquiviennent. Jean-François Moreau Les professionnels sensibilisés, mais… L’avis de Christian Olsen, responsable de Luz Elec : « Nous ne travaillons pas beaucoup sur la partie fluides, l’essentiel de nos activités est en rénovation et est liée à la modernisation du chauffage élec- trique, aux dispositifs de régulation, à la mise aux normes et à la réfection des cir- cuits électriques, et enfin aux courants faibles (VDI).

De fait, l’utilité de la men- tion RGE n’a pas encore été complètement perçue au niveau de notre société, d’au- tant plus que le RGE ne touche que le lo- gement particulier, et nous adressons aussi le petit tertiaire industriel et les col- lectivités locales. » Et si la mention RGE était généralisée à la rénovation énergétique de tout type de bâtiment ?

Le point de vue d’un des syndicats de la profession : Anne Valachs, directeur gé- néral du Serce, Syndicat des entreprises de génie électrique et climatique. « Pourquoi ne traiter que le logement ? La mention RGE devrait être élargie aux marchés et aux acteurs de la rénovation tertiaire et du logement social », énonce Anne Valachs. La mention RGE intéresse nos adhérents uniquementpourl’instant«parricochet», avec les travaux et la maintenance des marchés d’efficacité énergétique des lo- gements sociaux. Par exemple, pour les contrats de performance énergétique (CPE), seules des entreprises compé- tentes peuvent s'engager en termes d'at- teinte de résultats sur des objectifs d'économie d'énergie dans la durée.For- mer les équipes, assurer leur montée en compétences, est donc essentiel pour améliorer la performance énergétique lors des travaux de rénovation.

C'est ce que valorise la mention RGE, mais sur un périmètre restreint. Le Serce délivre des qualifications profes- sionnelles à ses adhérents,dont une dans le domaine de l'efficacité énergétique. Actuellement,les entreprises peuvent in- tervenir notamment dans le petit ter- tiaire, par exemple dans le cadre de l'amélioration de la performance énergé- tique des équipements d'une école ou d'un petit hôtel. Toutefois, elles ne 29 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr LES DOSSIERS DU MOIS Anne Valachs, directeur général du Serce. © DR tion FEEBat rénovation des bâtiments tertiaires, qui, au-delà du RGE, met l’ac- cent non seulement sur l’importance des systèmes de ventilation dans l’atteinte de l’objectif global de rénovation énergé- tique, mais également s’appuie sur un plateau technique pour mettre en œuvre les bonnes pratiques, ajoute-t-elle.

Les formations les plus adaptées parmi les formations FEEBat Pour obtenir la mention RGE, trois che- mins sont possibles au travers des qua- lifications Qualit’EnR, Qualibat et Qualifelec.

Pour Qualibat et Qualifelec, le parcours de formation s’appuie sur des modules standard FEEBat. Deux parcours nous semblent les plus adaptés : les modules M1-M2, 5.1-5.2 ou bien encore un mix des deux par- cours (sur 3 ou 4 jours), ajoute Jean- François Ploteau Les modules 5.1 et 5.2 avec pratique sont intéressants pour sensibiliser aux impacts des métiers de chacun sur la performance globale. « Avec l’exemple d’une construction bois, si l’étanchéité est percée par un corps du second œuvre, la performance sera très vite dégradée. La formation M1-M2 ou même la toute nouvelle formation FEEBat Rénove sont également de bons parcours avec une ap- proche incluant l’usage d’outils de simu- lation thermique.

» CERTIFICATION …

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31 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr ÉCONOMIES D'ÉNERGIE LES DOSSIERS DU MOIS © Schneider Electric De 2015 à 2018, le récent rapport publié par RTE fait apparaître une dégradation de la sécurité d’approvisionnement électrique en France. Alors, l’effacement est-il la solution pour éviter un black-out en cas de grand froid ? Est-il déjà en place et comment ? Aperçu des premiers retours d’expérience pour les bâtiments tertiaires. Effacement et flexibilité de la demande électrique ÉLECTRICITÉ Un déficit de capacité électrique pour les années à venir Le contexte des années à venir est plutôt favorable à la croissance de l’effacement.

Et ce même si 2014, compte-tenu de la douceur de l’hiver, constitue un contexte particulier.

Le bilan prévisionnel effectué par RTE analyse l’équilibre offre-demande d’élec- tricité en France de 2015 à l’hiver 2018- 2019 et établit des éléments prospectifs long terme jusqu’en 2030. À moyen terme, dans un scénario dit de référence, un déficit de capacité apparaît en cas de vague de froid pour l’hiver 2015-2016 (900 MW) et suivant (2 GW).À plus long terme, à partir de 2018-2019, l’équilibre est censé s’améliorer, en particulier sous l’effet du démarrage de cycles combinés gaz et du raccordement de nouveaux parcs éoliens.

Le scénario établi par RTE tient compte d’une part de la prévision de consomma- tion et d’autre part de l’arrêt de centrales à fioul ainsi que de l’arrêt de deux tranches nucléaires fin 2016.

Selon RTE, le système électrique sort donc d’un état de surcapacité structurelle et ce du fait notamment de la fermeture de centrales au fioul et charbon,ce qui représente près de 6 GW en Europe (2014 et 2015).

Salle de commande effacement energypool Schneider Electric. …

« Développer de nouvelles capacités d’effa- cement est une des deux solutions proposées par RTE », souligne Bertrand Sellier de Brugière,deValoris Énergie.En dehors de la possible mise aux normes de vieilles centrales, le rapport souligne de façon précise que le développement de nou- velles capacités d’effacement est favorisé par les dispositions du récent décret 2014- 764 du 3 juillet 2014 instaurant une prime versée aux opérateurs d’effacement. Un cadre réglementaire en cours d’évolution Lepremier mécanismepour effectuer l’ef- facementestceluipilotéàcejourparRTE, appelé encore réserves de capacités d’effa- cement.

Jusqu’en 2016, RTE va acheter par appel d’offre aux opérateurs d’effacement des capacités mobilisables à délai court, la ré- munération en ce cas étant acquise même si elle n’est pas mobilisée. « Les opérateurs d’effacement proposent en réponse à l’appel d’offre une prime fixe (en fonction des critères de temps de mobilisa- tion et des créneaux horaires – par exemple 1 MW mobilisable en moins de 10 min du 1/11 au 31/03) et une prime variable (fonc- tion du nombre de MW/h effectivement effacé) », précise Bertrand Sellier. Le second dispositif possible, intitulé Nebef (Notification d’échanges de bloc d’effacement), a été précisé par décret en décembre 2013.

Depuis,ont été précisées également la dé- finitiond’opérateurd’effacementetlamé- thodologie pour fixer les règles de rémunération entre les acteurs, consom- mateurs qui s’effacent,opérateurs et four- nisseurs d’énergie (décret n° 2014-764 du 3 juillet 2014). Un industriel peut donc vendre, via un opérateur,unblocd’énergiequ’ilnevapas consommer sur la bourse européenne de l’électricité (EpexSpot). Par exemple, la veille au soir pour le lendemain matin. À un prix de marché bas de 50 € du MWh, l’effacement sera opéré par la mise en veilled’un équipement dont les coûts sont limités plutôt que par l’activation de groupes électrogènes dont le coût est d’environ 200 € le MWh.

Ce marché fonctionne à ce jour au ralenti car l’opérateur d’effacement doit aussi en parallèle compenser le fournisseur d’énergie du client pour la perte de re- venu occasionnée par l’effacement. En revanche,ce mécanisme Nebef permet de saisir les opportunités de marché liées à un risque réseau important ; en ce cas, le prix d’achat du MWh augmente très vite pour atteindre un prix de cappage ou prix maximum de 4 500 €. Pour l’hiver 2016-2017, c’est la mise en place du marché de capacité avec un arrêt des appels d’offres de RTE.

Bertrand Sellier ajoute que des certifiés (les opérateurs d’effacement) vont propo- ser des capacités d’effacement issues de l’agrégation de différents consommateurs industriels ou tertiaires.

De l’autre côté, les obligés/fournisseurs d’énergie vont acheter la capacité d’effacement pour res- pecter la consommation globale au mo- ment des pointes de consommations par fournisseur d’énergie. L’étude d’effacement d’un site, un préalable incontournable « Par exemple, si l’on décide d’arrêter un broyeur industriel de 2 MW, il faut vérifier que l’équipement peut être extrait de la chaîne de production et avec une durée maximale (par exemple, en fonction du remplissage des stocks matière amont et aval du broyeur) », illustre-t-il. Une fois les possibilités bien définies, il faut les agréger et les faire entrer dans le cahier des charges de RTE.

On peut avoir par exemple : L’opérateur d’effacement va agréger ces demandes par tranches horaires pour répondre à l’appel d’offre de RTE dans sa globalité.

Une fois le dispositif mis en place, le client tertiaire ou industriel est rému- néré avec une prime fixe et une prime variable fonction de la quantité effacée réelle. Et la même solution technique permet de répondre aux sollicitations de l’agré- gateur quel que soit le mécanisme solli- cité (ajustement ou Nebef...). Pour Bertrand Sellier de Brugière, « nul doute que le contexte va évoluer d’une part avec l’augmentation du prix intrin- sèque de l’électricité (la déréglementation tarifaire est prévue au 1er janvier 2016), et d’autre part par l’augmentation du prix d’achat du MW effacé par la fragili- sation de l’équilibre offre/demande.

Et cet équilibre dépasse nos frontières : ainsi, avec la Belgique dont trois réacteurs nu- cléaires sont en panne et un potentiel de 116 heures de black-out pour le prochain hiver, le prix du MWh risque de grimper et d’atteindre ponctuellement son prix de cappage (4 500 €). À ce tarif, le broyeur qui s’efface 2 heures toutes les 2 heures sur un mécanisme Nebef pourrait procurer 10 heures d’effacement et être rémunéré 45 K€ par jour ».

Le projet Greenlys, premier démonstrateur à échelle réelle d’un système électrique intelligent « Le projet Greenlys, initié en 2012 par un consortium regroupant GEG, ERDF, GDF Suez, Schneider Electric et GINP, avec le soutien de l’Ademe, est à ce jour une ex- périmentation qui teste en réel le fonc- tionnement d’un réseau électrique intelligent dans sa globalité ; c’est-à-dire en intégrant les consommateurs, les ins- tallations d’énergies renouvelables (pho- tovoltaïque, cogénération…), les véhicules ÉCONOMIES D'ÉNERGIE LES DOSSIERS DU MOIS « En préalable à l’effacement, l’étude d’effacement est primordiale, car le risque client doit être bien appréhendé.

» Bertrand Sellier 32 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr Pour Olivier Sala, directeur général de GEG, « le démonstrateur smartgrid Greenlys apporte d’ores et déjà des réponses concrètes au service de la transition énergétique ». SITES EFFACEMENT Site tertiaire 1 0,1 MW de 8 h à 10 h Site industriel 2 1 MW de 8 h à 12 h Site industriel 3 0,5 MW de 9 h à 11 h Site tertiaire 4 0,5 MW de 11 h à 12 h Etc.

33 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr LES DOSSIERS DU MOIS … L’effacement et les économies d’énergie « Globalement, l’effacement n’est pas un levier d’économie d’énergie significatif en volume, mais les équipements utiles à l’ef- facement le sont aussi pour le pilotage énergétique. » La solution va permettre au gestionnaire de sites de mettre en place toutes les stratégies de gestion de l’énergie et d’ainsi répondre aux sollicitations de l’opérateur d’effacement : autoconsom- mation des énergies renouvelables pro- duites localement, effacement, stockage, gestion tarifaire, conclut-il.

Enfin, signalons que, d’ici la fin de l’ex- périence, une étude sociologique sera menée pour savoir qui sont les expéri- mentateurs, pourquoi ils ont accepté l’expérience, s’ils ont changé d’habitudes en cours d’expérience, s’ils auraient pris des décisions d’eux-mêmes sans alerte ni conseil ; ce qui leur a plu ; comment améliorer le système ; et s’ils seraient prêts à utiliser ce type de services inno- vants en dehors de l’expérimentation. La synthèse des travaux exprimera les at- tentes,lescoûts,lesgainspourlesconsom- mateurs, les fournisseurs d’énergie, les gestionnaires de réseau, l’environnement et la répartition possible des bénéfices.

Les hôpitaux ont franchi le pas « Ce qui permet d’envisager un projet d’effacement dans le monde hospitalier, c’est – au-delà de la sécurisation de électriques, les compteurs communicants Linky et les dispositifs de régulation/au- tomatismes du tertiaire ou encore la do- motique », introduit Olivier Sala. Les chiffres clés d’un premier bilan - Budget du projet : environ 42 M€ d’investissement sur 4 ans. - Régions concernées : Lyon et Grenoble. - 390 clients finaux (à fin juin 2014) avec un objectif de 1 000 testeurs (indi- viduels).

- 30 000 effacements de consommation avec report programmé. - Capacité puissance d’effacement : en- viron 0,4 MW de puissance effaçable (0,2 sur le résidentiel et 0,2 en tertiaire). - Une bonne adhésion aux enjeux de flexibilité par les consommateurs : 5 % de taux de dérogation ? - Un taux de satisfaction de 90 % sur le matériel électrique déployé dans les lo- gements. - Plusieurs sites tertiaires ou collectifs déployés ou en cours de déploiement (site 38TEC de 3 600 m2, site 38 EQI Eu- ropole du GEG, immeuble collectif avec cogénération, etc.) avec à terme 40 sites tertiaires sur les deux régions.

- En tertiaire : • Gains financiers de 16 % sur les usages pilotés grâce aux reports de la consommation électrique vers les heures creuses pour un bâtiment. • Absence d’impact sur le confort des occupants tertiaires avec une perte de température de 0,5 °C ; GEG est présent sur 4 métiers : fournis- seur d’énergie, opérateur de réseaux électricité et gaz, production décentra- lisée d’ENR (hydraulique solaire, éolien, biogaz) et exploitation de l’éclairage pu- blic.

« Nous sommes donc impliqués à plu- sieurs niveaux dans le projet Greenlys : tout d’abord en tant que consommateur puisque l’un de nos immeubles fait partie du panel des clients consommateurs, en- suite et surtout en tant que fournisseur d’énergie et gestionnaire réseaux », pour- suit Olivier Sala.

Enfin, GEG envisage de se positionner également en tant qu’opérateur d’efface- ment et de répondre aux demandes is- sues des deux mécanismes d’effacement existants (réserve rapide RTE et Nebef). « Pour chaque bâtiment tertiaire, une étude préalable permet d’identifier les po- tentiels d’effacement, les équipements éventuels à installer en complément de la GTB existante, le processus d’activation en cas de demande d’effacement. » L’autre bénéfice du client final est son optimisation tarifaire : à iso-consomma- tion, il est possible, en décalant certains processus, de diviser le prix de l’énergie par deux.

Cette valeur peut se révéler suffisante pour investir dans un équipe- ment supplémentaire afin de gérer l’ef- facement, surtout avec la mise en place en 2016 des tarifs déréglementés. Exemple effacement energy-pool. ÉCONOMIES D'ÉNERGIE

l’architecture de distribution et des redon- dances des installations électriques – l’ex- pertise technique et le travail de partenariat avec l’équipe d’exploitation. » La confiance des clients hospitaliers, à la fois dans leurs partenaires techniques et dans leur organisation d’exploitation, est donc essentielle pour envisager de délester une partie de la consommation électrique de l’hôpital. « De fait, via notre opérateur d’efface- ment Energy Pool, nous intervenons de plus en plus dans les hôpitaux et établis- sements de santé en France ou au Royaume-Uni », ajoute Fabrice Broutin. Au début, il y a un peu plus de deux ans, il y avait des réticences à mettre en place des opérations d’effacement.

Désormais, les directions générale et technique sont réceptives et veulent participer à l’effort sur la transition énergétique. La confiance entraînant la confiance, plus d’une dizaine d’hôpitaux en France ont mis en place un dispositif d’effacement. « Évidemment, toutes les consommations ne sont pas effacées, certains bâtiments sont concernés, d’autres ne le seront pas, compte tenu du caractère vital de l’ali- mentation électrique. Selon la taille des établissements, sont effacés entre 1 MW, comme c’est le cas de l’hôpital de Morlaix, et 12 MW pour d’autres hôpitaux, no- tamment des CHU », illustre-t-il.

Vers une généralisation de la flexibilité énergétique pour les bâtiments Avec la fin des tarifs réglementés et la fragilisation de l’équilibre offre-de- mande, il est certain que la connexion des bâtiments au smart grid va s’ampli- fier pour permettre la flexibilité énergé- tique à plus grande échelle.

L’effacement dans le monde tertiaire n’en est qu’à ses débuts, mais les solu- tions techniques existent et sont fiables, avec d’ores et déjà des retours d’expé- rience significatifs. LES DOSSIERS DU MOIS 34 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr LES DONNÉES CLÉS : Deux lieux géographiques sont concer- nés : Pontchaillou et l’hôpital Sud. - « L’objectif est la valorisation des sources de secours, sources qui sont obligatoires compte tenu du caractère vital de la ressource électricité pour l’hôpital. L’effacement permet aussi de faire démarrer les groupes électro- gènes de manière plus fréquente à pleine charge, ce qui est un gage de sé- curité supplémentaire par rapport aux exigences de maintenance et de sécu- rité électrique en vigueur », précise Loïc Bardou, ingénieur responsable Fluides au sein du département patri- moine Technique et Immobilier du CHU de Rennes.

- Deux cadres d’effacement : • Le pacte Électrique Breton : res- pectivement pour 4 MW et 1 MW de puissance et une prime fixe de 70 k€ environ sur la période d’hiver du 1er nov. au 31 mars. L’activation dans ce cadre est prévue avec un délai J–1 et pour une durée minimum de 2 heures (fenêtre de sollicitation 8 h-12 h et 18 h- 20 h). 20 sollicitations maximum sur la pé- riode et par site. En 2014, il n’y a pas eu d’activation, compte tenu de la dou- ceur de l’hiver. « Nous avons eu deux sollicitations dans ce cadre en 2013. Chaque sollicitation réalisée est rému- nérée avec une prime variable par MWh », précise l’expert.

• Dans le cadre de la réserve rapide RTE : pour la période en dehors de l’hi- ver, capacité d’effacement pour 3,7 MW dans le cadre d’un contrat sur 3 ans de plus de 500 K€. Soit 90 effacements sur 3 ans et sur une durée courte de 30 min à 2 h.

- Modalités d’effacement : les groupes électrogènes sont commandés directe- ment par les services techniques suite à la réception du signal d’activation externe émanant de l’opérateur d’effa- cement. En général, le signal est transmis par GSM. L’hôpital s’efface alors complètement (pas de fourniture d’énergie au réseau). - « Par ailleurs, nous transmettons à l’opérateur d’effacement les informa- tions concernant nos essais de groupes ainsi que nos effacements ponctuels pour maintenance », précise Loïc Bardou.

Les deux centrales électriques, une par site géographique, sont dans leur mode de fonctionnement par défaut en mode couplage permanent au réseau.

À noter qu’il existe un autre mode pour la réserve rapide, notamment au travers de l’injection ; cette fois, la puissance produite est fournie au ré- seau en puissance complémentaire. C’est une alternative intéressante, mais non mise en place au CHU, sou- ligne l’expert. - Les incidences pour le CHU de Rennes : paramétrage des groupes électrogènes pour répondre à une sol- licitation extérieure.

Les différentes périodes d’effacement peuvent êtres « prévalidées », l’efface- ment sera alors automatique (marche et arrêt) en fonction des fenêtres d’ac- tivité validées. Les postes de supervision ont été rendus accessibles depuis Internet (via accès VPN sécurisé) et permettent d’accéder pour visualisation aux images néces- saires au contrôle de fonctionnement et d’arrêt des centrales dans les périodes de non-présence de personnel d'exploi- tation (essentiellement 18 h – 20 h). (*) Le pacte Électrique Breton est un dispositif spécifique à la région compte tenu de la forte croissance de la demande en énergie sur la région (+ 20 % d’augmentation des consomma- tions de pointe entre 2003 et 2010) et de la faiblesse de production locale (environ 8 ; le pacte prévoit de mobiliser des dispositifs d’effa- cement pour minimiser les pointes et par ailleurs prévoit un plan local de développement de production à base d’énergies renouvelables.

Le CHU de Rennes est un des premiers partici- pants à ce plan.

Retour d’expérience avec le CHU de Rennes, pionnier du secteur hospitalier depuis fin 2012, à mettre en place une logique d’effacement de sa puissance électrique. ÉCONOMIES D'ÉNERGIE … « Effacement, le secteur hospitalier y participe aussi. » Les détails avec Fabrice Broutin, directeur Segment Santé au sein de Schneider Electric France Nul doute qu’avec la fragilisation de la production électrique annoncée par RTE, l’inéluctable hausse de la tarifica- tion et la fin des tarifs réglementés, ce dispositif va se généraliser à d’autres bâ- timents tertiaires publics ou privés.

Les interfaces automatisées entre GTB, contrôle-commande industriels et sys- tèmes de pilotage des agrégateurs en sont encore à leur tout début.

Mais nous reviendrons sur ce sujet pour aborder notamment en détail les standards de mécanismes d’échanges et interface entre systèmes d’effacement et GTB. Jean-François Moreau

SÉCURITÉ LES DOSSIERS DU MOIS © Pascal Darmagnac tés du bâtiment depuis le même poste. Selon Pascal Darmagnac, directeur com- mercial de la société Iris Régulation : « La force de ce système réside dans la simplicité de son exploitation. L’ensemble des fonctionnalités du bâtiment est géré par un seul opérateur. » Malheureuse- ment, la plupart des installateurs mettent en place les deux systèmes de manière parallèle, sans les relier entre eux. Et la raison est simple : « Les cahiers des charges pour les deux systèmes sont souvent mis en place indépendamment, par des équipes différentes et à des mo- ments différents de la conception ou de la rénovation du bâtiment », explique Nicolas Boisson, de l’entreprise Til Technologies.

Pourtant, faire converger les systèmes vers une interface unique permet une gestion centralisée de l’en- semble des fonctionnalités du bâtiment. Complémentarité des solutions L’entreprise Sofacréal, spécialisée dans les systèmes de pilotage du bâtiment, a su allier GTB et contrôle d’accès, pour L e contrôle d’accès permet d’as- surer une protection contre une utilisation non autorisée des res- sources par une entité ou un groupe d’entités. Pour protéger un système, il faut donc mettre en place un certain nombre de barrières qui peuvent être de différentes natures : vidéosurveillance, badges d’accès, détection anti-intru- sion… Mais, pour une gestion optimale d’un bâtiment, tous ces systèmes sont appelés à faire converger leurs informa- tions vers un terminal unique de sécu- rité, et peuvent même être inclus dans un centre nerveux de GTB.

Architecture centralisée Les réseaux évoluent, les architectures aussi. Traditionnellement, la configura- tion des mécanismes de contrôle d’accès pouvait se faire de deux façons. La pre- mière, la manière directe, consiste à se connecter à chacun des équipements en configurant chacun des modules ma- nuellement. Une méthode intéressante s’il ne faut configurer qu’un équipement unique incluant tous les modules, mais inutilisable lorsque le nombre d’équipe- ments augmente. La deuxième mé- thode, indirecte, consiste à se servir d’une plate-forme d’administration du contrôle d’accès à laquelle les différents modules sont reliés.

Un tel outil permet d’administrer plusieurs modules de contrôle d’accès à partir d’un équipe- ment unique, offrant une interface gé- nérique à l’officier de sécurité. Seul problème, l’interface ne prend en charge qu’un ensemble de modules produits par un même constructeur et offre de ce fait des possibilités limitées. Aujourd’hui, nombre de systèmes per- mettent d’intégrer les interfaces de contrôle d’accès à l’architecture réseau d’une GTB. Cela permet une gestion unique de l’ensemble des fonctionnali- 36 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr Le développement d’architectures de plus en plus complexes pour les contrôles d’accès soulève la question épineuse de leur gestion.

Vidéosurveillance, badges, détection anti-intrusion et anti-incendie, tous ces canaux doivent converger vers un poste de surveillance unique, pour assurer une sécurité maximale. Ces dispositifs peuvent également s’intégrer au réseau de GTB, ce qui permet de piloter l’ensemble des fonctionnalités du bâtiment depuis un poste unique.

Enrichissez votre GTB CONTRÔLE D’ACCÈS ET ARCHITECTURE RÉSEAU Dispositif de contrôle d’accès mis en place aux archives départementales du Rhône. …

PUBLI-RÉDACTIONNEL B asée sur la plate-forme Niagara, lea- der mondial de la gestion technique du bâtiment, Active-Vision est une solution terrain permettant d’industrialiser l'intégration et de réduire les coûts d'ingé- nierie. La solution fournit les fonctions es- sentielles d'une GTB : console d'alarmes, historiques, programmes horaires, vues de synthèses par zone et des vues détaillées sur chaque point et équipement.

Le tout avec une architecture matérielle simplifiée, sans avoir forcément à installer un PC sur site. Toute la philosophie de l'application re- pose sur la standardisation du processus d'intégration en allant au-delà de la simple ouverture des protocoles. L'applicatif per- met de faire gagner du temps à l'intégra- teur, d'améliorer la fiabilité de la supervision livrée et de simplifier la gestion du projet et des différents intervenants. « Notre objectif est de fournir à notre réseau d'intégrateurs une palette d'outils pour construire des su- pervisions simplement pour tout type de bâtiment », souligne Olivier Poumeyrol.

Standardiser la construction d'une supervision La construction d'une supervision avec Active-Vision se décompose en trois étapes pour l'intégrateur : la déclaration des points et leurs fonctions associées, le choix des modèles d'automatisme et des vues, et la définition de l'ergonomie de la supervision (navigations, synthèses, etc.). L'utilisation d'un fichier de type Excel pour la déclaration des points permet de fournir une interface unique aux différents intervenants. Il contient les équipements et leurs points associés, mais aussi toutes les données utiles telles que leurs localisations (bâtiment, étage, etc.), leurs historisations et leurs alarmes.

L'inté- gration dans Niagara se fait ensuite automa- tiquement. Grâce aux outils fournis par B.tib, l'utilisateur construit sa supervision très sim- plement en choisissant son modèle de CTA, de TGBT, le masque général, etc. Il définit les navigations (géographique par étage, mé- tier…), et les vues de synthèses réalisées. Le système génère ensuite automatiquement les pages et les droits d'accès associés. L'in- tégrateur peut enfin se concentrer sur la mise en service des équipements et l'adaptation de la supervision aux besoins du client. Faire évoluer les modèles Grâce à la puissance et à la simplicité de la plate-forme Niagara, l'intégrateur peut créer ses propres logiques de pilotage, intégrer ses propres vues… « Chez B.tib, nous considérons que la valeur ajoutée de l'intégrateur ne réside pas dans le copier- coller, mais dans la fourniture d'une super- vision adaptée à l’exploitation du site du client », précise Olivier Poumeyrol.

La supervision, autrefois réservée aux très grands bâtiments (>10 000 m²), s'est largement démocratisée notamment avec l'arrivée de solutions distribuées et d'applicatifs destinés à améliorer l'intégration. Active-Vision, présentée au salon IBS 2014, a suscité beaucoup d'intérêt parmi les intégrateurs et les bureaux d'études. Olivier Poumeyrol, responsable des applications chez B.tib, nous la présente.

Fournir une supervision pour tous les bâtiments Profiter d’un outil puissant pour l’exploitation Active-Vision fournit d’origine de nombreux paramètres directement modifiables par l’exploitant. « Nous voulons que l’exploitant puisse s’approprier le système et le modifier selon ses besoins », ajoute Olivier Poumey- rol. Les dénominations, les seuils d’alarmes, les temps avant et après alarmes, l’activa- tion des historiques, font partie des nom- breux éléments que l’exploitant peut gérer directement depuis l’interface. Différents rapports automatiques lui permettent de gagner du temps et d’améliorer le taux de service des équipements.

Par exemple, Active-Vision fournit la synthèse des alarmes en inhibition ou des points en dérogation. Ainsi, il est beaucoup plus aisé de gérer l’ensemble de l’installation. Retrouvez toutes les informations sur www.btib.fr n 37 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr Active-Vision est une solution simple de supervision et de pilotage, totalement évolutive, qui permet de s'adapter à tous les bâtiments.

LES DOSSIERS DU MOIS 38 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr un pilotage de l’ensemble effectué de- puis un poste unique. Selon Hung Nguyen, responsable du développement au sein de l’entreprise, ce système cen- tralisé offre des possibilités plus larges. Premier exemple : « Il permet à l’opéra- teur d’ouvrir ou de fermer certaines portes à distance, mais aussi de contrôler la tem- pérature et l’éclairage dans les pièces occupées. » Deuxième exemple : « La cen- tralisation de la GTB et du contrôle d’ac- cès permet, par programmation et de ma- nière totalement automatisée, d’autoriser l’accès à certaines "populations" au sein de l’entreprise (direction, cadres, service informatique .

Par l’utilisation d’un badge, le système sait qui est l’employé, s’il est habilité à pénétrer le bâtiment, dans quels lieux il a le droit d’aller, et lance la GTB (température, lumière…) dans les lieux en question de manière automa- tique. » Mais, selon Hung Nguyen, une condition est nécessaire pour le bon fonctionnement des deux compétences : bien que pilotables depuis un poste unique, la GTB et le contrôle d’accès doivent chacun dépendre d’un opéra- teur spécialisé, dirigés par un chef opé- rateur, pour utiliser au mieux les deux compétences.

3 questions à Jean-François Sol Dourdin, directeur du salon Expoprotection : SALON EXPOPROTECTION, PORTE DE VERSAILLES, DU 4 AU 6 NOVEMBRE 2014 Quels thèmes seront à l’honneur de cette 25e édition ? Le salon et les conférences organisées cette année s’articuleront autour de trois thèmes principaux : l’innovation, la réglementation et la formation. Des conférences techniques seront organisées pour découvrir les nouvelles technologies de la sécurité. Autour de la réglementation, notre rôle sera plus pédagogique. L ’objectif sera de diffuser aux installateurs les nouvelles règles, en particulier dans les domaines de la sécurité incendie, du risque industriel et de la sécurité au travail.

Enfin, nous aborderons les thèmes de l’organisation et de la structuration, c’est ce qui attend la filière dans les années à venir. Grâce à la formation professionnelle, aux certifications et à une meilleure structuration des rémunérations notam- ment, le domaine de la protection gagnera en savoir-faire. Observez-vous une augmentation de l’offre de solutions clés en main intégrant sécurité et pilotage du bâtiment ? Il est assez clair que la tendance se développe, surtout en ce qui concerne les offres combinées pour les particuliers. Le phénomène s’accélère énormément depuis un peu plus d’un an et les offres tendent à se diversifier encore davantage.

On observe aujourd’hui un dialogue entre les différents procédés, mais aussi entre les différentes fonctionnalités à piloter dans un bâtiment. La sécurité n’est donc plus considérée comme une fonctionnalité à part entière, mais devient une composante d’un système de pilotage bien plus complet.

La sécurité informatique fait-elle partie de vos thématiques ? Initialement, cet aspect de la sécurité n’était pas abordé au salon. Aujourd’hui, la convergence des systèmes sur le réseau fait que la sécurité des données est devenue un de nos sujets clés. Un exemple : les équipements de sécurité fonctionnent en IP et sont consultables sur Internet et sur différents supports. La sécurité des données devient donc l’affaire de tous, et l’aspect de cyber protection devient central dès lors que l’on possède des équipements connectés ou une caméra IP , à plus forte raison. … © Sofacréal Le logiciel GesAcc permet de gérer les fonctionnalités du contrôle d’accès et se branche à GesGTB pour optimiser les fonctionnalités du bâtiment.

SÉCURITÉ

39 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr SÉCURITÉ LES DOSSIERS DU MOIS En ce qui concerne l’installation, les lo- giciels utilisés par Sofacréal, CA GesAcc (contrôle d’accès) et GTB GesGTB (GTB) peuvent être installés indépen- damment et s’interconnecter par la suite. Mais le plus simple et le plus éco- nomique reste bien sûr l’installation de l’ensemble des deux systèmes de ma- nière conjointe, évitant à l’installateur de refaire les câblages et l’armoire élec- trique, ce qui peut représenter un sur- coût relativement conséquent pour l’entreprise.

Faire converger les données de contrôle d’accès et de sécurité, ainsi que les don- nées de consommation inhérentes aux systèmes de GTB, en un poste unique, permet une gestion entièrement centra- lisée et donc plus efficace de l’ensemble des fonctionnalités du bâtiment.

Mais, pour les installateurs, un écueil est à évi- ter : celui de l’interconnexion. Attention à la compatibilité La compatibilité, ou plutôt l’incompati- bilité entre les différents procédés, peut se révéler problématique au moment de leur mise en place, le plus souvent lorsque l’une des fonctionnalités déjà existante doit être raccordée au système complémentaire. Pour éviter des pertes de temps considérables, des surcoûts, ou tout simplement la dégradation mu- tuelle des systèmes, il est impératif de s’assurer que les logiciels utilisés fonc- tionnent selon les mêmes procédés et codages. Le plus simple et le plus écono- mique reste bien sûr l’installation d’un système unique, englobant les deux compétences, mais cet exemple n’est pas le plus courant.

Iris Régulation, société spécialisée dans le pilotage des installations in- dustrielles, s’est chargée de rénover les archives départementales du Rhône, en y intégrant l’ensemble des fonctionnalités de pilotage, dé- terminées par le bureau d’étude Technip TPS. Le bâtiment est au- jourd’hui à basse consommation énergétique et permet la gestion thermique et hygrométrique de 50 magasins (espaces de stockage des livres). Le système électrique, la gestion d’accès des 42 portes, la gestion des 12 caméras IP , ainsi que de la température et de l’éclairage, se font par l’intermédiaire du logi- ciel GTB Niagara.

Le lieu bénéficie aujourd’hui d’une gestion totale- ment centralisée en un poste unique, avec un opérateur unique. De plus, le logiciel de supervision est accessible sur Internet depuis Internet Explorer. Quant à la sécurité, elle est assurée au niveau des Jace qui envoient leurs rapports à intervalles de temps réguliers pour archivage. Les archives départementales du Rhône bénéficient au- jourd’hui d’une installation complète et simple d’exploitation, pilotable partout et tout le temps.

Témoignage d’Iris Régulation autour du thème « l’intégration d’un système de sécurité et de GTB » Les archives départementales du Rhône. © Pascal Darmagnac Vue du boîtier fonctionnant avec GesGTB. © S o f a c r é a l que les logiciels de GTB et de contrôle d’accès se sont fiabilisés, au point d’être aujourd’hui quasi inviolables : « Les lo- giciels fonctionnent en IP, mais ne sont pas intégrés au réseau Internet. Il n’y a donc pas de sorties, et donc d’entrées pos- sibles pour un éventuel pirate. Pour s’at- taquer à l’installation, il devra pirater le système depuis l’intérieur du bâtiment », explique Hung Nguyen.

« Il existe des failles, mais nos logiciels permettent de limiter les possibilités d’intrusion au maximum »,ajoute-t-il.Pour Pascal Dar- magnac, d’Iris Régulation : « Le système Niagara possède une navigationWeb sécu- risée HTTPS. L’ensemble de la communi- cation est sous cryptage SSL. De plus, nous pouvons travailler avec des certificats des entreprises et ce logiciel est compatible avec l’accès via des codes flottants RSA. » Faire converger le contrôle d’accès sur l’architecture réseau de la GTB présente donc des avantages multiples et permet un pilotage de l’ensemble des fonction- nalités du bâtiment depuis un poste unique, avec un opérateur unique.

Pourtant, ce système centralisé est trop rarement mis en place, les fonctions de sécurité et de GTB étant souvent disso- ciées pour diverses raisons, qu’il s’agisse de temporalité, de sécurité ou de cloi- sonnement volontaire entre les diffé- rentes fonctionnalités.

Alexandre Arène Il existe des systèmes pour éviter les désagréments d’une installation dont les composantes fonctionnent selon des procédés différents. La société Iris Ré- gulation utilise pour cela le logiciel Nia- gara, compatible avec tous les standards et donc tous les différents produits. Un logiciel qui présente des avantages mul- tiples, comme nous l’explique Pascal Darmagnac, directeur commercial d’Iris Régulation : « Le logiciel est consultable n’importe où et n’importe quand grâce à Internet Explorer, et permet de réguler l’ensemble des fonctionnalités du bâti- ment. Lorsqu’un employé passe le système de contrôle d’accès, ce dernier détermine automatiquement les portes qu’il peut franchir, les salles dans lesquelles il faut allumer la lumière ou régler la tempéra- ture.

Le tout piloté en un poste unique par un opérateur unique via le Web (smart- phone, tablette et autres). Lorsqu’une in- trusion est détectée, tous les presets des caméras, des éclairages du bâtiment et toute autre action sont réalisables simple- ment car tous les objets sont communs dans Niagara. » Quid du piratage ? Mais si le rassemblement des deux com- pétences est bénéfique dans la plupart des cas, il peut également présenter un risque pour la sécurité du bâtiment : celui du piratage. C’est pour cette raison

SÉCURITÉ 40 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr L e marché de la vidéosurveillance en France représente 175 mil- lions d’euros, et bénéficie d’une croissance à deux chiffres, de l’ordre de 10 %. Dans le monde, le revenu généré par des équipements de vidéosurveil- lance atteint les 15 milliards de dollars. Un marché en pleine expansion, qui vit depuis quelques années de grands chan- gements, autant au niveau du matériel que des logiciels utilisés pour assurer la supervision du site à protéger. Le marché de la vidéosurveillance se di- vise en deux catégories. La surveillance urbaine, qui se concentre principale- ment sur les artères sensibles des agglo- mérations, dans les parcs ou les abords des bâtiments publics.

Vient ensuite la surveillance dite « privée », principale- ment dédiée aux bâtiments à usage privé, aux parkings et aux lieux de stockage en tout genre. Quand le mar- ché de la surveillance « urbaine » repré- sente 40 à 50 millions d’euros, le second s’élève quant à lui au triple, pour une va- leur de 125 millions d’euros. C’est dans ce domaine que la croissance est la plus forte et c’est dans ce domaine également que les équipements mis en place par les constructeurs sont parmi les plus per- formants et les plus complets. La vidéo- surveillance ne se limite plus aux caméras et au poste de surveillance Intrusions, vols, dégradations, vandalisme : les commerces, bâtiments tertiaires ou habitations ne sont pas à l’abri de menaces qui peuvent venir aussi bien de l’extérieur que de l’intérieur.

À la lecture des chiffres officiels, il est aisé de constater qu’aucune installation non protégée n’est épargnée. Retour sur les nouveautés et les bons choix technologiques en matière de vidéoprotection.

VIDÉOSURVEILLANCE L’interconnexion entre les systèmes, secret d’une installation performante seuls, mais s’intègre aujourd’hui dans des systèmes beaucoup plus complexes, incluant parfois le contrôle d’accès et la GTB/GTC. Évolution des systèmes Depuis les premiers dispositifs de vidéo- surveillance apparus après la Deuxième Guerre mondiale, les changements tech- nologiques et les possibilités offertes ne cessent de se développer. Depuis plu- sieurs années, les caméras IP ont fait leur apparition et commencent seule- ment à détrôner les caméras analo- giques, utilisées jusque-là. Elles sont aujourd’hui de meilleure qualité, mais surtout beaucoup plus abordables et plus sûres.

Leur principal atout reste l’accès aux données enregistrées, consul- tables n’importe où et depuis n’importe quel support (ordinateur, smartphone, tablette). La technologie IP constitue aujourd’hui le présent et l’avenir de la vidéosurveillance.

La dernière génération de caméras, de type IP-V6, offre de formidables avan- tages par rapport aux versions précé- dentes. Elles permettent une meilleure gestion du flux associé, des possibilités de cryptage et une sécurité supplémen- taire, sans oublier un accès à la vidéo depuis n’importe quel poste, un smart- phone ou une tablette. Les caméras elles-mêmes intègrent donc de plus en plus d’intelligence (vidéo analytique, haute définition, cryptage). Cela permet de regrouper trois types de métiers : la © Siemens Building Technologies L’interface SeeTec permet de piloter l’ensemble des fonctionnalités du bâtiment depuis un poste unique.

SÉCURITÉ 42 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr sureté bien entendu, mais aussi le confort et la détection d’incendies. Mais les changements viennent également des softwares utilisés pour piloter les infor- mations récoltées. Centralisation et analyse des données Le système traditionnel de vidéosurveil- lance analogique est encore installé dans des banques ou des commerces, surtout en raison des craintes que procure l’IP en termes de piratage. S’il est vrai que l’analogique représentait une sécurité supplémentaire à une époque, au- jourd’hui ces craintes se dissipent progressivement.

Pour l’IP, c’est à l’opé- rateur de déterminer la sécurité de son système : plus le système est ouvert à une large « population », plus il est « piratable ». Autrement dit, l’accès aux données issues de la vidéosurveillance doit être limité à un nombre de per- sonnes restreint.

Les informations récoltées doivent quant à elles être traitées. C’est cet aspect qui connaît le plus d’améliora- tions, notamment dans l’intégration de Le Crédit Agricole du Finistère sécurise son siège Situé à Quimper, le siège du Crédit Agricole du Finistère, c’est environ 20 000 m² répartis sur 6 ni- veaux et plusieurs bâti- ments, le tout construit dans les années 1970. Pour ce type d’établissement, la pré- vention des risques est un souci majeur, principale- ment pour la sécurisation des bâtiments, les installa- tions techniques, la confi- dentialité et la protection des personnes. Pour ce faire, le siège a donc été équipé entre 2010 et 2013 de sys- tèmes de sécurité incendie Esser, d’une solution de contrôle d’accès, puis de vidéo et de détection anti- intrusion, le tout avec du matériel Honeywell.

Les images issues de la vidéo- surveillance sont donc consultables au siège, mais, grâce à l’IP, elles sont éga- lement accessibles aux té- lésurveilleurs partenaires. Le système s’avère donc plus « ouvert » et flexible, il intègre l’ensemble des fonctionnalités liées à la sé- curité du bâtiment, pour une gestion centralisée, et bénéficie également de tous les outils nécessaires au bon fonctionnement de l’installation, tels que les anti-virus, logiciels de su- pervision et firewall sur les stockeurs Honeywell. Une installation qui respecte les lois en vigueur en matière de vidéosurveillance (réfé- rentiel technique Apsad R82), requise par l’assureur du Crédit Agricole.

FICHE PRODUITS : - Un contrôleur PRO2200 - 80 lecteurs OmniProx - 1 000 badges utilisateurs - 75 caméras IP (intérieur/ extérieur : HD3MDIPX) - Plusieurs enregistreurs vidéo numériques Fusion IV NVR (16 voies et 32 voies) - Une centrale Galaxy Dimension GD-520 (interface entre la vidéoprotection, le contrôle d’accès et la détection anti-intrusion). © Honeywell Les données issues de la vidéosurveillance et de la supervision du bâtiment convergent vers un poste unique. © Honeywell Caméra dôme installée au siège du Crédit Agricole de Quimper.

Le pack SiPass permet de relier les systèmes de vidéosurveillance à SeeTec, et d’en faciliter la supervision. © Siemens Building la vidéosurveillance aux systèmes de supervision du bâtiment, comme la GTB ou la GTC. Trois métiers sont alors assurés par une plate-forme unique par l’intermédiaire de passerelles entre les différents systèmes : sûreté, confort et détection d’incendie. « Nous avons la possibilité de rassembler l’ensemble des fonctionnalités du bâtiment sur un software, SeeTec en l’occurrence, qui per- met de faire le lien avec la vidéo, le logiciel de contrôle d'accès SiPass, et la centrale de détection d'intrusion SPC.

Pour des ni- veaux de supervision supplémentaires, nous pouvons proposer deux softwares de plus : MM8000 et Desigo, explique Pascal Loiseau, directeur de la Business-line sûreté chez Siemens. Nous travaillons comme des intégrateurs de solutions, grâce à des accords signés avec des entre- prises partenaires comme Axis, Samsung ou encore Bosch en ce qui concerne le hardware, le tout sur un protocole intégré dans les logiciels de supervision Siemens. » Une coopération et un dialogue entre différents systèmes, fournis par diffé- …

j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr 43 SÉCURITÉ rents constructeurs, pour choisir au mieux le matériel voulu en fonction de l’installation mise en place. Protéger les systèmes Mais intégrer la vidéosurveillance IP à des systèmes de supervision présente également un risque supplémentaire de piratage. Pour s’en prémunir, des pare- feu sont disponibles, et il est préférable de fermer au maximum l’accès aux données. La technologie se fiabilise et les usages permettent d’améliorer considé- rablement la performance des installa- tions. Un autre système, aussi complet mais plus sûr, a fait ses preuves, comme nous l’explique Daniel Quelennec, inté- grateur et responsable de l’agence Cidel Sécurité de Quimper : « Dans certains cas, il est parfois utile et nécessaire d’orienter le choix du matériel vers un stockeur numérique hybride pour une utilisation de caméras analogiques.

» L’IP, apparu il y a environ 5 ans, consti- tue donc le présent et l’avenir de la vidéosurveillance, notamment pour sa plus grande flexibilité, un transfert d’in- formations accéléré, l’intégration aux systèmes de supervision, sans oublier les contraintes du câblage, moins présentes que pour l’analogique.Renvoi d’alarmes, détection d’intrus, contrôle d’accès, supervision et depuis peu reconnais- sance automatique de visages ou des plaques d’immatriculation, l’IP offre un spectre de possibilités décuplé, tout en gagnant constamment en sécurité. Alexandre Arène L’entrée du siège du Crédit Agricole de Quimper.

© Cidel Sécurité

45 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr Dans son troisième rapport annuel centré sur le marché des énergies renouvelables, publié le 29 août dernier, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime que des incertitudes politiques vont freiner le développement des énergies propres, notamment dans les pays de l’OCDE. Une analyse qui marque une rupture avec le rapport de l’année dernière, dans lequel l’organisation tablait sur une croissance constante du renouvelable jusqu’en 2018.

Extrait du site L’énerGeek, rédigé par Yoann Gibert le 4 septembre 2014 AILLEURS SUR LE WEB Selon le rapport de l’AIE, les énergies re- nouvelables éoliennes, solaires et hydro- électriques ont représenté en 2013 une part de 22 % du mix électrique mondial grâce à un volume de production de 5 070 TWh.

Avec des investissements qui ontavoisinéles250milliardsdedollars,les énergies propres ont ainsi continué leur expansion pour finalement s’assurer une part du mix électrique mondial aussi im- portantequelegaznaturel.Unrésultatqui s’explique par « la progression vigoureuse desrenouvelables,maiségalementdecondi- tions économiques difficiles pour la produc- tiondegazdansdenombreuxpaysmembres del’Organisationdecoopérationetdévelop- pement économique (OCDE) en 2013 et d’unaccèsrestreintàunapprovisionnement en gaz abordable pour les autres ». 26 % d’électricité verte dans le mix mondial en 2020 Toujours selon les prévisions détaillées dans le rapport de l’AIE, 2014 va toutefois marquer un tournant dans la montée en puissance des énergies renouvelables.

Ces dernières devraient en effet continuer d’augmenter,maisàunrythmenettement moins important qu’au cours de la der- nière décennie. La production mondiale d’électricitévertedevraiteneffetcroîtrede 45 % jusqu’en 2020,pour finalement s’as- surer une part de 26 % du mix électrique mondial. Sur cette période, les investisse- mentsannuelsdevraients’éleverà230mil- liardsdedollarsparan,unchiffreenbaisse par rapport à 2013.Même si,dans les pays de l’OCDE principalement, l’énergie re- nouvelable représente 80 % des nouvelles capacités de production électriques instal- lées,l’AIE craint un essoufflement en l’ab- senced’uncadrededéveloppementstable.

Afindediversifieretdécarbonnerleurmix énergétique,les pays de l’OCDE ont long- tempsfavoriséledéploiementdesénergies renouvelables grâce à des politiques de soutien fortes.Une ère sur le point de tou- cher à sa fin en raison d’instabilités poli- tiques et réglementaires pointées du doigt parl’IAE,etquivontlogiquementfavoriser le ralentissement des installations d’éner- gies renouvelables.

Un cadre réglementaire nécessaire en Europe après 2020 « Au moment où les énergies renouvelables deviennentunesolutionàprixconcurrentiel dans un nombre croissant de cas, l’incerti- tude du cadre politique et réglementaire augmente également sur certains marchés clés », explique Maria van der Hoeven,di- recteur exécutif de l’AIE.Les énergies pro- pres « ont besoin d’un contexte stable qui assure un retour sur investissement raison- nable et prévisible pour les investisseurs. Cela implique une réflexion sérieuse sur la manière d’atteindre un mix énergétique mondial plus durable ». L’AIE estime par exemple que les incertitudes de dévelop- pement sur le Vieux Continent portent Renouvelable : Un développement pénalisé par des incertitudes (AIE) ÉNERGEEK actuellement sur son incapacité à définir un cadre réglementaire stable et efficace au-delà de 2020.

Si certaines énergies propres sont proches de la rentabilité économique, l’AIE estime qu’elles doivent cependant encore bénéficier d’un soutien minimum pour assurer aux investisseurs un retour sur investis- sement raisonnable et prévisible. Si certains pays souffrent encore d’un manque de fonds pour renforcer le dé- ploiement de moyens de production re- nouvelables,les nations non membres de l’OCDE devraient toutefois être le mo- teur du secteur de l’énergie propre dans les années à venir. L’AIE estime que ces pays devraient installer, au cours des 7 prochaines années, 70 % des nouvelles infrastructures respectueuses de l’envi- ronnement.Des pays qui sont aussi,il est vrai, ceux qui ont le plus besoin de nou- veaux centres de production énergétique pour faire face à leur démographie et pour accompagner leur croissance.

© OliBac

46 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr LE PLUS LU SUR www.filiere-3e.fr Mercredi dernier, à l’occasion du show-room de Nice Grid à Carros, Michel Cadot, le préfet de la région Paca, a souligné la réussite du quartier solaire intelligent. D’après Michel Cadot, la révolution énergétique est ainsi engagée à travers cette expérimentation unique au niveau international. Le show-room de Carros présente les réseaux électriques du futur. Il illustre le projet Nice Grids et permet d’appréhender les enjeux de l’utilisation des smart grid. Le projet est label- lisé et financé par les Investissements d’avenir.

Ils prévoient 30 millions d’investissement sur les 4 ans de développement de Nice Grid.

Le compteur Linky au cœur du projet Le projet Nice Grid est piloté par ERDF jusqu’en 2016. Son objectif est de développer le réseau électrique en intégrant des panneaux photovoltaïques, des unités de stockage et des équipements communicants chez les particuliers. La prin- cipale difficulté est de stocker l’énergie produite par les par- ticuliers pour qu’elle soit disponible lors des pics de consommation. Une batterie de stockage d’un mégawatt est testée et, pour augmenter la flexibilité, des batteries de 4 ki- lowatts vont être installées dans des foyers à l’automne pro- chain. Et, en cas de pics de consommation, les particuliers recevront même un message leur demandant de réduire leurs dépenses énergétiques.

Ces messages seront transmis via le compteur communicant Linky, dont le programme de développement est désormais officiellement validé. Le projet Nice Grid a investi la commune de Carros dans les Alpes-Maritimes depuis un an. Un prototype de quartier solaire intelligent y a été expérimenté. Le projet vient d’être validé et va maintenant être appliqué en grandeur réelle.

NICE GRID : DE L’EXPÉRIMENTATION À L’APPLICATION Publié le 19/08/2014 par Maxime PIZON Retrouvez la suite sur www.filiere-3e.fr Galerie du show-room de Nice Grid. © DR

RETOUR SUR LE SALON IBS 2014 Franc succès pour le rendez- vous phare du Smart Building Les 24 et 25 septembre derniers, le salon IBS a réuni au CNIT de La Défense les acteurs du bâtiment intelligent. Du comptage au pilotage, les solutions présentées par les fabricants se diversifient et se précisent d’années en années, de quoi faire perdre la tête aux visiteurs. Fréquentation à la hausse, multiplication des solutions et salles combles pour les conférences.

Retour sur le rendez-vous du Smart Building, sorti grandi de cette 5e édition. D ans les allées du Hall Marie Curie du CNIT à La Défense,les solutions fleurissent, les acteurs aussi. Cette année, ces deux journées ont été un véritable succès pour les organisa- teurs : plus d’exposants,plus de solutions, mais, surtout, plus d’affluence. Au total, 4 644 visiteurs professionnels ont pu découvrir les nouveautés des 150 sociétés présentes au salon. Des rencontres et des échanges encouragés par un large pro- gramme de conférences,ayant attiré 3 745 auditeurs.Pour ce cru 2014,l’affluence au salon IBS a augmenté de 21,5 % par rap- port à 2013.

Une fréquentation constatée sur le stand de j3e, qui n’a pas désempli pendant les deux jours du salon. Il fallait donc en profiter pour découvrir les nou- veaux acteurs et leurs innovations : une quarantaine de représentants des diffé- rentes sociétés exposantes sont venus pré- senter face à la caméra de j3e leur « pierre » qui construira le bâtiment de demain.

Les solutions fleurissent De la gestion automatisée des équipe- ments à la communication en temps réel, en passant par les mécanismes d’efface- ment de consommation, le bâtiment in- telligent facilite et rend plus sobre le train de vie énergétique de ses habitants. Il a également vocation à devenir un outil au service de l’efficacité énergétique et du dé- veloppement des réseaux. Les solutions du smart building sont aujourd’hui plus simples,admettent des interfaces plus in- tuitives, comme pour séduire les plus ré- ticents. Des solutions clés en main qui se multiplient et qui s’adaptent à la demande de chacun, en fonction de besoins propres, le Smart Grid Ready, comme on le nomme, était à l’honneur de cette 5e édition d’IBS.

Mais les solutions se sont tellement mul- tipliées depuis les précédentes éditions qu’elles parviennent aujourd’hui à perdre un visiteur,venu chercher le système pour rendre son bâtiment plus performant et plus sobre.Du compteur d’électricité por- table aux prises intelligentes, en passant par les alimentations électriques sécuri- sées par batteries ou le premier routeur industriel modulaire et flexible :que choi- sir et sur quels critères ? D’autant que l’offre ne semble pas à bout de souffle, bien au contraire.

Pour aider les visiteurs à mieux compren- dre et appréhender les enjeux du smart building, une vingtaine de conférences étaient organisées.

De ce côté-là aussi, le succèsaétéaurendez-vous.Sallescombles pour l’ensemble des ateliers organisés par le salon IBS et le congrès Smart Grid/Smart City,avec plus de 3 700 audi- teurs venus écouter des intervenants qualifiés et porteurs de projets. Preuve de l’intérêt croissant pour l’amélioration de la performance énergétique dans le domaine tertiaire, industriel et collectif. IBS s’agrandit Fort de ce rendez-vous réussi,IBS s’étoffe : pour la 6e édition, le salon se tiendra à Paris Expo Porte de Versailles, lieu à forte identité internationale plébiscité par les professionnels du bâtiment,et bénéficiera d’un calendrier plus favorable : les 7 et 8 octobre 2015.Et,comme pour cette édi- tion, le salon IBS sera accompagné du Congrès Smart Grid/Smart City,pour des cycles de conférences et d’ateliers élargis.

Rendez-vous est pris pour la prochaine édition de l’évènement phare des nou- veaux bâtisseurs. Alexandre Arène 47 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr Vue du Concept Store Schneider Electric au salon. Salles combles pour la vingtaine de conférences organisées au salon.

Le salon a accueilli 150 exposants, venus livrer leurs innovations aux visiteurs. © IBS 2014 © IBS 2014 © IBS 2014

ÉQUIPEMENTS ET TECHNIQUE SANS-FIL Smart Bluetooth, ou 4.0, un dopant pour la domotique Bluetooth est une technologie que beaucoup connaissent, mais n’apprécient pas nécessairement. En cause, la difficulté souvent rencontrée d’appairer les objets Bluetooth et leur consommation élevée d’énergie. Les nouvelles spécifications emploient une technologie améliorée qui aide les objets du quotidien à rester appairés plus longtemps et nécessitant moins de puissance.

Nommée Smart Bluetooth® ou Bluetooth 4.0, elle couvre de nouvelles catégories d’objets telles que des traceurs de forme physique, des objets médicaux et même des contrôleurs d’éclairage de maison. Après le Bluetooth des oreillettes sans fil et des transferts de petits fichiers, après le Bluetooth 3.0 haut débit, place au Bluetooth 4.0, avec une communication à très faible consommation énergétique permettant le développement des objets connectés. S mart Bluetooth® est la technolo- gie sans fil idéale pour la maison connectée. Basé sur une norme basse puissance,Smart Bluetooth permet à des sociétés nouvelles, non historiques de l’électricité,de développer des objets et des applications pour se relier aux mil- liards de smartphones, d’objets divers et ordinateurs.

Selon une étude ABI Re- search, le nombre objets Bluetooth dans la maison communicante est estimé à 250 millions d’unités en 2018, faisant de cette technologie la plus utilisée. En fait, la part de marché de Smart Bluetooth pour des applications smarthome telles que l’éclairage, la sécurité et la gestion de l’énergie est pressentie comme celle qui augmentera plus rapidement que n’im- porte quelle autre technologie sans fil au cours des cinq années à venir.Smart Blue- tooth crée des possibilités sans fin dans la gestion de l’énergie et la domotique.Mais la vraie question est comment intégrer les technologies des objets connectés dans une domotique traditionnelle et remon- ter les informations issues des capteurs ? Bluetooth Smart ?

Smart Ready ? 4.x ? Le Bluetooth s’était dévoilé au grand public en créant les oreillettes sans fil et des transferts de petits fichiers. Le Blue- tooth 3.0 apportait un débit plus impor- tant. Le Bluetooth 4.0 reprend à son compte les avantages des versions anté- rieures et se dote d’un atout indéniable pour participer à la révolution des cap- teurs en proposant une communication à très faible coût énergétique (parfois dé- nommée LE pour Low Energy).

Cette génération de Bluetooth est seg- mentée en deux groupes : Bluetooth Smart Ready et Bluetooth Smart. Pour comprendre pourquoi la technologie a été dédoublée, il faut d’abord concevoir les défis faisant face au Bluetooth.

Ces défis sont les batteries et l’appairage/ré- appairage constant d’objets connectés. Bluetooth 4.0 est conçu pour être plus intelligent (d’où Bluetooth Smart) pour gérer ces connexions, particulièrement quand il s’agit de conserver l’énergie. La nouvelle génération Bluetooth met moins d’accent sur le maintien du flux d’informations et se concentre sur l’envoi de petites quantités de données si néces- saire et se met en sommeil au cours des périodes de non-utilisation. Quand deux objets 4.0 sont appairés, ils gaspillent moins d’énergie parce que la connexion est dormante, à moins que des données critiques soient partagées.

Avec la génération précédente de Blue- tooth, il était préférable d’arrêter votre matériel quand il n’était pas utilisé. La durée de vie des batteries des derniers objets connectés est estimée à 2 ans. Comment cela fonctionne La différence principale entre Bluetooth et Smart Bluetooth est que Bluetooth est conçu pour la transmission sans fil des médias (par exemple d’une source à une paire de haut-parleurs ou d’un casque) et exige plus de puissance. Bluetooth a été conçu pour maintenir la communi- cation sans fil avec des périphériques fixes et mobiles, et pour établir des réseaux domestiques.

Il emploie les radiofréquences à ondes courtes UHF dans la bande 2.4-2.485 GHz et soutient des débits de 1-3 Mb/s. La transmission peut atteindre 100 mètres et il est possible de relier un maître et 7 esclaves. Dans Bluetooth 4.0, tous les appareils ne sont pas égaux. Les capteurs se chargent de collecter une information spécifique qu’ils retransmettent à des appareils qui, eux, sont capables d’interroger les cap- teurs et de recevoir ces informations en retour, mais aussi d’exploiter les autres versions du Bluetooth.

Lorsque vous voyez sur un produit tech- nologique qu’il est doté de la technologie Bluetooth Smart, qu’il est estampillé Bluetooth LE (Low Energy),vous êtes en 48 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr

ÉQUIPEMENTS ET TECHNIQUE 49 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr présence d’un objet parlant Bluetooth version 4.Il est important de préciser que Bluetooth Smart est en fait une techno- logie introduite avec la norme Bluetooth 4.0. Cette précision à son importance. Un objet Bluetooth 4 n’est pas forcément Bluetooth Smart et pourra de ce fait poser des problèmes de compatibilité.

Donc : • Tous les produits Bluetooth Smart sont développés avec la norme Bluetooth 4.x. • Tous les produits Bluetooth 4.x ne sont pas forcément Bluetooth Smart. Bluetooth Smart se réfère aux produits certifiés intégrant Bluetooth version 4.0 (ou ultérieure) avec une configuration de base à faible consommation énergétique. Les produits Bluetooth Smart seront donc les périphériques servant de cap- teurs ou de collecteurs de données trans- mettant leurs relevés à des « hubs » (smartphones, tablettes…) Bluetooth Smart Ready se réfère aux produits certifiés intégrant Bluetooth version 4.0 (ou ultérieure) avec une configuration de base à faible consom- mation énergétique.

Ils fournissent un moyen par lequel l’utilisateur peut choi- sir de mettre à jour le produit Bluetooth Smart Ready avec la fonctionnalité d’un produit Bluetooth Smart. On retrouve dans la catégorie Bluetooth Smart Ready des périphériques agissant comme des « hubs » tels que les smart- phones, les tablettes ou encore les ordi- nateurs. Ils reçoivent les données de périphériques Bluetooth Smart, les convertissent en données utiles en les communiquant à des applications instal- lées sur les appareils ou à des services sur le cloud. Les objets Bluetooth Smart Ready peuvent recevoir et partager des signaux Bluetooth avec des accessoires tels que des haut-parleurs,des écouteurs, des accessoires de forme physique, et même des outils médicaux tels que des moniteurscardiaquesetdesthermomètres électroniques.

Ce qu’il faut retenir,c’est que quand vous voyez un appareil estampillé Bluetooth Smart et un autre arborant la mention Bluetooth Smart Ready,vous pouvez être certain que ces produits fonctionnent ensemble. Pour terminer, on peut compléter le ta- bleau en disant que les produits qui sont construits avec la norme Bluetooth ver- sion 4 et qui ne seront ni Bluetooth Smart ni Bluetooth Smart Ready seront simplement vendus sous la terminologie Bluetooth. ULP Bluetooth : un monde de capteurs Si le Bluetooth Special Interest Group (SIG), l’organisme chargé de la promo- tion de la technologie Bluetooth,cherche depuis plusieurs années à accroître les débits de sa technologie sans fil,un autre domaine offre également de sérieuses opportunités, du côté des équipements émettant de faibles quantités de données à intervalles réguliers.

C'est le cas des capteurs médicaux ou de fitness, pour lesquels la faible consom- mation de la technologie Bluetooth est un avantage. Depuis 2 ans, le marché croît et les fabricants y voient d’énormes perspectives de développement. Et pour profiter de cette croissance, le Bluetooth SIG s’est trouvé un allié en Nokia, qui a développé une technologie concurrente en 2006, le WiBree, un mode de trans- mission sans fil avec un débit de l'ordre de 1 Mb/s au maximum,mais caractérisé par une consommation très faible. L'avantage du WiBree est qu’il con- somme si peu que des capteurs peuvent fonctionner pendant des années avec une simple pile bouton sans avoir à être re- chargés.

Mais plutôt que d'avoir à créer un écosystème autour de sa technologie WiBree et de tenter une adoption en force, en concurrence avec le Bluetooth SIG, le groupe de promotion du WiBree a finalement choisi de fusionner avec ce dernier et de profiter de son poids indus- triel pour répondre à un nouvel usage : l’ULP Bluetooth (Ultra Low Power). Celui-ci doit anticiper le boom d’un cer- tain type de capteurs, notamment dans le domaine médical, pouvant suivre cer- taines constantes physiologiques chez les sujets à risque ou pour évaluer l’effort d’un sportif.Conjointement au dévelop- pement de cette variante à faible consommation,le Bluetooth SIG a déve- loppé un profil d’utilisation spécial, dit MDP pour Medical Device Profile, qui doit apporter les garanties de sécurité du transfert sans fil de données à caractère médical.

Avec le Super Bluetooth, utilisant un protocole UWB ou IEEE 802.11,et l’ULP Bluetooth pour les transmissions à très faible consommation d’énergie, l’avenir du Bluetooth se prépare pour une vaste gamme d’usages et de débits, assurant aux 9 000 membres du Bluetooth SIG de nombreuses opportunités à venir grâce à une vision cohérente et encadrée de cette technologie sans fil. Et maintenant, Bluetooth 4.1 La technologie Bluetooth Smart/Smart Ready est bien entendu entièrement re- prise par les spécifications de la nouvelle version 4.1. Il existera des produits Blue- tooth 4.1 qui pourront jouer simultané- ment le rôle de périphérique Bluetooth Smart et de hub Bluetooth.

C’est le cas par exemple d’une smartwatch pouvant tantôt collecter des informations en pro- venance d’un capteur cardiaque, tantôt devenir le périphérique d’un smart- phone,affichant les notifications en pro- venance de celui-ci.La mise à jour 4.1 est Si votre produit porte ce logo… il est compatible avec le produit portant n’importe lequel de ces logos …

une évolution majeure du standard Bluetooth après l’introduction du Blue- tooth Smart en 2010. Mais tous les pro- duits Bluetooth 4.1 ne seront pas Bluetooth Smart. En effet, la caractéris- tique « Low Energy » est optionnelle en Bluetooth 4.1. La version 4.1 permettra à un appareil d’être connecté en tant que périphé- rique Bluetooth Smart et comme ser- veur. Un smartphone pourra ainsi être connecté en permanence à une smart- watch et à un podomètre, ou à un appa- reil de mesure quelconque. Les trois appareils interagiront en temps réel et communiqueront entre eux. La recon- nexion entre les objets connectés sera automatique au bout de 3 minutes.

Les principales caractéristiques du Blue- tooth 4.1 sont les suivantes : • interaction améliorée avec le LTE (4G): le Bluetooth et le LTE communiqueront ensemble, ce qui réduira les interfé- rences dues à la proximité des bandes respectives. Ainsi, il y aura moins d’in- terférences avec le LTE et une connexion meilleure ; • nouvel intervalle flexible (prépro- grammé à 3 minutes) de reconnexion permettant de se reconnecter rapide- ment suite à un éloignement temporaire trop important. C’est le cas classique qui survient lorsque vous vous éloignez un peu trop de votre smartphone pendant un court instant.

La liaison Bluetooth avec l’oreillette ne sera plus perturbée quand vous vous rapprocherez de nou- veau. Il ne sera plus nécessaire de demander à votre smartphone de recon- naître votre oreillette Bluetooth chaque fois que vous êtes trop éloigné de votre mobile ; • une meilleure gestion du transfert des données, avec des échanges plus volumi- neux au lieu de privilégier de multiples échanges. Cela devrait améliorer non seulement la vitesse des opérations, mais également l’autonomie des smart- phones. Si l’on prend le cas des activités sportives, les multiples échanges requis entre les trackers et le smartphone sont très consommateurs ; • rôle mixte pour les objets de type cap- teur et hub à la fois.

Souvenez-vous : une montre Bluetooth peut servir de hub pour un tracker cardiaque et être elle- même, en même temps, le périphérique d’un smartphone ; • support d’IPv6 pour le Bluetooth Smart. En route pour l’Internet des objets !

La version 4.1 assure donc une meilleure communication avec les autres normes sans fil cellulaires comme le LTE, vous permet d’entrer et sortir d’une pièce sans avoir à reconnecter manuellement, et le transfert de grands lots de données issus des appareils connectés… Grâce à ces nouvelles fonctionnalités, des capteurs qui ont recueilli des données pendant une course à pied, une sortie à vélo ou un entraînement de natation pourraient, par exemple, transférer ces données de manière plus efficace lorsque le consom- mateur revient à la maison. Et tout cela de manière transparente pour lui. La nouvelle norme établit également les bases nécessaires pour permettre aux périphériques Bluetooth de se connecter directement à Internet.

Les normes Bluetooth actuelles exigent un dispositif supplémentaire, tel qu’un smartphone ou un ordinateur portable pour trans- férer des informations vers et à partir des sites Web ou d’autres objets connec- tés à Internet.

La grande nouveauté du Bluetooth 4.1 est la mise en place des bases permettant le support de l’Internet Protocol, plus connu sous son acronyme : IP. En faisant appel à un canal dédié, des communica- tions via le protocole IPv6 pourront être mises en œuvre.Avec cette possibilité de s’ouvrir au réseau des réseaux qu’est Internet, le Bluetooth 4.1 se remet dans la course pour tenter d’être le protocole de choix pour l’Internet des objets. Bluetooth 4.0 rend-il les produits Bluetooth existants obsolètes ? De plus, les nouveaux ordis, téléphones et tablettes incorporant Bluetooth Smart fonctionnent avec les périphé- riques de générations précédentes.

Inu- tile, par exemple, de jeter vos casques sans fil ou haut-parleurs portatifs Blue- tooth 3.0 si vous disposez d'un smart- phone Smart Ready : vous pourrez y diffuser vos podcasts sans problème. Un appareil BT 4 fonctionne avec un ap- pareil BT 3 ou BT 2,heureusement ! Sim- plement, si les deux ne sont pas BT 4, ils ne pourront pas exploiter les fonctions particulières de la dernière norme BT 4. Pour bénéficier des fonctions basse consommation de Bluetooth Smart,tout votre équipement (accessoires, smart- phones, tablettes, ordinateurs, etc.) doit être estampillé Bluetooth Smart.. Conclusion Le Bluetooth 4.1 se positionne claire- ment en concurrent du Wi-Fi 802.11ah, du ZigBee ou autres 6LowPan.Pour sup- planter les concurrents, il peut compter sur son très bon taux de pénétration dans les secteurs du wearable computing (bracelets, lunettes, montres connectés), des smartphones et autres tablettes.

An- droid et iOS sont désormais d’accord pour le proposer sur les différents péri- phériques.

Le Bluetooth 4.1, même s’il offre de réels atouts pour l’Internet des objets, ajoute un nouveau protocole à la liste des pos- sibles. Cela ne va pas forcément dans le sens de l’interopérabilité souhaitée,espé- rée et réclamée par les clients… Les nou- veaux objets connectés permettent de construire une maison connectée. Il est ainsi possible de vérifier,et le cas échéant fermer, sa porte à distance avec les ser- rures Kwitset, de réguler la température des pièces avec un thermostat Netatmo, d’éteindre ses lumières Philips Hue, ou verrouiller son portail Somfy.On ne peut pas parler d’intelligence quand tout se pilote du smartphone à partir d’une application dédiée pour chaque fonc- tionnalité.

Croissance explosive de la domotique : • Selon ABI Research, la part de marché de Smart Bluetooth pour des applica- tions smarthome telles que l’éclairage, la sécurité et la gestion de l’énergie aug- menteront très significativement au cours des cinq années à venir. • D’ici 2018, Bluetooth sera devenu la technologie sans fil de la maison intelli- gente, devant les capteurs. David Le Souder ÉQUIPEMENTS ET TECHNIQUE 50 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr …

ÉQUIPEMENTS ET TECHNIQUE 51 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr AUTOMATE L’em4, de Crouzet Automation Entretien avec Sébastien de Peretti, responsable de la Business Unit Automation de Custom Sensors & Technologies (CST) C ST est une société américaine, avec une forte implantation eu- ropéenne.

Spécialiste de la conception et de la fabrication de cap- teurs, de contrôleurs et d'actionneurs pour applications « critiques » des mar- chés de l’aéronautique, du transport, de l’industrie, de l’énergie, elle regroupe 7 marques expertes.

Parmi elles, Crouzet Automation, marque pionnière en programmation simplifiée, lance un tout nouveau micro automate révolutionnaire : l’em4. Petit automate communicant à l’heure de l’Internet des objets, em4 n’est pas seule- ment un nano-PLC innovant, perfor- mant et simple d’utilisation. Dans le sillage du Millenium 3, il constitue une plate-forme de croissance au service des constructeurs de machines et intégra- teurs souhaitant faire entrer simplement leur application dans l’ère digitale. S’ouvrent à eux une infrastructure prête à l’emploi, ainsi qu’un écosystème d’ou- tils et de services en ligne, vecteur d’une nouvelle valeur ajoutée pour leurs clients.

j3e-Quelssontlesprincipauxéléments différenciant de l’em4 sur le marché ? Sébastien de Peretti - Tout d’abord sans doutecequ’onattendd’unpetitautomate programmable, c'est-à-dire la facilité d’utilisation,cequifaitd’ailleurslesuccès de la gamme précédente Millenium 3. Pour des non-spécialistes, installateurs, tableautiers, intégrateurs de systèmes, constructeurs de machines, qui ne sont pas forcément automaticiens de forma- tion, l’avantage de notre automate est d’être facile à prendre en main et intuitif. Pourunbontechnicien,en2heures,l’ou- til de programmation de logiciel est acquis, là où avec un automate plus clas- sique, il faut des semaines de formation.

Deuxième élément différenciant : la robustesse du produit, qui est très appréciée par les clients. Elle justifie que notre marque Crouzet Automation, si elle n’est pas la moins chère, soit une référence. À titre indicatif, le prix d’un microautomate non connecté s’éche- lonne de 150 euros à 400 euros, avec des extensions.

Troisième élément de différenciation spécifique à l’em4 : la connectivité à dis- tance avec l’accès au monde de « l’inter- net des objets ». Il s’agit de la nouvelle génération complémentaire à la gamme Millenium 3. D’ailleurs,« EM » qui n’est pas un sigle,a été choisi pour le « e » propre à l’ère « Internet », le 4 reprenant quant à lui la série de générations de produits. En ce qui concerne l’em4, le monde ac- tuel et les habitudes de travail ayant été modifiées par la digitalisation du quoti- dien,chacun s’attend à de plus en plus de digitalisation.Sur nos marchés de petites machines commerciales, on rencontre tout l’aspect domotique, résidentiel… Ce qui est proposé sur le marché peut rendre les choses compliquées pour le client, s’il n’a pas de culture de program- mation.

Or la vague de digitalisation n’a pas encore atteint tous nos clients. Tech- nologiquement, les solutions ne sont pas révolutionnaires, mais à l’ère des smart- phones, chacun veut avoir un accès facile à l’utilisation. C’est pourquoi nous nous sommes atta- chés à rendre cet accès très facile et in- tuitif comme l’est notre software. L’accès à distance aux machines et équipements est simple, ils sont facilement connectés, pour de la maintenance à distance ou encore de la maintenance prédictive. Ainsi peuvent être mises à disposition les données sous forme de dashboards, de graphiques et de tableaux afin de contrôler, diagnostiquer et enregistrer de façon simple.

j3e - Quelles sont les principales applications de l’em4 ? S.deP.-Le produit,disponible à la vente en septembre 2014, est passé par une phasedetestdeplusieursmois. Unetren- taine de produits a tourné chez des clients. Nous sommes particulièrement fiersduproduit«em4remote»etdel’in- frastructure qui l’entoure,avec une carte SIM,unabonnementdata,unlogin/pass- word qui permet d’avoir accès depuis un seul endroit à plusieurs sites. Avec cela, l’utilisateur voit tous ses diagnostics de machines sur un seul écran. À titre d’exemple, en test, nous avons eu un système de monitoring de cuisine d’hôtel, un contrôle d’accès de bâti- ments, avec gestion des portes et repor- ting vers un système.

Il y a également eu du contrôle d’accès industriel, des machines de traitement de l’eau sur des marchés industriels ou encore des ma- chines de lavage de véhicules. Mais, par-dessus tout, le produit s’avère très adapté à la gestion de l’énergie. Si l’em4 peut être installé dans des bâti- ments pour la régulation de l’énergie, l’éclairage et la climatisation tout comme 30 % des Millenium 3 sur le marché, il est, lui, spécifiquement adapté à l’embarqué sur véhicules. Somme toute, on peut le comparer à un couteau suisse pouvant servir à de nombreuses applications.

Propos recueillis par Aymeric Bourdin

PORTRAIT D’ENTREPRISE j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr 52 KAUFEL FRANCE, L’ENTREPRISE À LA CAMPAGNE QUI DÉFIE LES GRANDS E ntre plaines et vallons, c’est aux confins de l’Île-de-France et à l’orée de la Bourgogne que Kaufel est venue jeter son ancre. La genèse remonte à 1948, lorsque le fondateur, M. Romano, saute dans le train des trente glorieuses, porte son bébé sur les fonts baptismaux, et le prénomme Comptoir Général Impex, ou CGI, professionnel de l’éclairage et de la signalisation. Début des années 1960, un fait divers impose de nouvelles normes de sécurité dans les bâtiments publics.

CGI y voit un levier de croissance, et oriente avec succès son activité dans la conception de blocs autonomes d’éclairage de sécurité, ou BAES. Petits boîtiers, dotés d’un pictogramme qui représente un petit homme vert en position de coureur, placés en hauteur à intervalles réguliers, ils balisent le chemin de vie en cas de sinistre. La société prend un nom commercial, Secoumatic, traverse les années 1970 et 1980 puis rachète la société Ratec en 1987. Les effectifs montent à 60 salariés. Pendant ce temps, le Canadien Bruce Kaufmann, patron de Kaufel, cherche de nouvelles opportunités de marché en Europe.

Kaufel devient ainsi, en 1994, filiale du groupe nord-américain. Les marques Secoumatic et Ratec ne seront regroupées sous la bannière Kaufel qu’en 2011. Après huit années d’activité, Kaufel intègre le groupe américain Thomas & Betts, 10 000 salariés, basé à Memphis, spécialiste notamment des connecteurs, de la mise à la terre, de l’isolation et de la mise en œuvre du câble. Pour Kaufel France, changement de tempo. « C’est le passage à un mode industriel, rigoureux, avec des mesures constantes de la performance », se souvient Frédéric Par Olivier Durand Il est des entreprises qui flanchent devant les vicissitudes de la vie économique, d’autres, loin de refuser l’obstacle, l’utilisent comme tremplin.

Kaufel France est de celles-là ; spécialiste des équipements de secours pour les bâtiments publics, fidèle à ses racines, guidée par son héritage, ses valeurs et ses convictions chevillées au corps, elle a su faire preuve de suffisamment d’agilité et de clairvoyance dans ses choix pour regarder aujourd’hui l’horizon avec confiance et préparer ses réponses aux enjeux du XXIe siècle. Cheminons vers Piffonds… © DR Frederic Torres, Directeur Commercial France

PORTRAIT D’ENTREPRISE 53 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr Les collaborateurs « veulent que l’entreprise qui les embauche soit connue et reconnue ». Kaufel France est une entreprise à échelle humaine qui assume un rôle économique et social unique, « il y a peu, trois générations de femmes issues de la même famille y travaillaient ». À ce jour, ils sont 80 salariés, des ingénieurs qui innovent, des employés qui assemblent et des commerciaux qui vendent. Justement, ils sont 15 à porter la bonne parole. Kaufel cultive un mode de recrutement pragmatique. Un CV long comme le bras n’est pas nécessairement un sésame, les candidats commerciaux doivent démontrer leur « envie de travailler, d’apprendre et de restituer à nos clients les valeurs de l’entreprise », développe Frédéric Torres.

Être autodidacte ne constitue pas un handicap. Tant mieux, alors que le monde de l’entreprise recrute des gens formatés. Et cela marche. En dix ans, le chiffre d’affaires a doublé, ce qui est tout à fait remarquable « sur un marché mature, face à de très gros concurrents ». La PME apparaît désormais dans le rétroviseur de ses concurrents. « Aux salons, nos clients ne sont pas les seuls à nous visiter, nos confrères viennent aussi », déclare Frédéric Torres. Pour exister, Kaufel invente et fait bouger les lignes. Tous les deux ans, « on apporte quelque chose de nou- veau. L’innovation est au cœur de nos priorités ».

En poche, un catalogue de 500 produits, que Frédéric Torres résume par la formule suivante : « C’est toute notre vie ». Concrètement, cela passe par la conception du bloc BAES « bi-fonction », destiné aux locaux de sommeil, hôpitaux, hôtels… « Un produit devenu un standard. » C’est aussi imaginer la gestion à distance, via un ordinateur, de l’état des blocs, pour diminuer les coûts de mainte- nance. « Il y a 7 ou 8 ans, nous n’étions pas consultés pour les projets d’enver- Torres, actuel directeur commercial. En 2012, le géant helvético-suédois ABB Group rachète Thomas & Betts. Kaufel France est désormais rattaché à un groupe mondial, leader incontesté des technologies de l’énergie et de l’automation, installé à Zurich.

Classée 143e plus grande entreprise mondiale au classement Forbes, la société emploie 145 000 salariés. Tandis que Thomas & Betts devient « une business unit dans une division ABB », Kaufel France, petite PME bourguignonne, ne peut que se féliciter d’une intégration réussie au sein du groupe mondial ABB. « C’est une sorte d’adoption, l’enfant a son vécu, et le nouveau parent pour jouer pleinement son rôle doit passer par une phase de compréhension », explique Frédéric Torres. ABB Group regarde comment Kaufel France évolue. Kaufel pour sa part, s’approprie un management teinté de culture germanophone.

« Avant de prendre une décision, ABB évalue la situation, recherche le consensus et celui-ci atteint, il n’y a plus de discussion, tout le monde y va », constate Frédéric Torres qui ajoute, satisfait : « La préoccupation du groupe est de nous faire grossir, c’est bon signe ! » « Les rachats successifs n’ont pas modifié l’ADN de la société », affirme Frédéric Torres. Clin d’œil au passé, la façade d’un des bâtiments garde l’empreinte de l’enseigne de la CGI de 1948. La PME poursuit sa croissance grâce à ses forces vives et à sa capacité à innover. « Une structure qui assume des valeurs de terroir dans un monde industriel », résume Frédéric Torres.

« Une structure qui assume des valeurs de terroir dans un monde industriel » Bloc autonome d'éclairage de sécurité BRIO+. gure, aujourd’hui notre technologie est approuvée pour des stades de plusieurs milliers de places, cela donne la mesure du chemin parcouru et rassure pour l’avenir. » L’avenir, de quoi sera-t-il le nom pour Kaufel ? « Tout est imaginable, mais que peut-on espérer , lance, philosophe, Frédéric Torres. La PME répond déjà présent en se positionnant sur des problématiques aux enjeux multiples. Environnementaux, avec la conception de produits peu énergivores. Sociétaux, ou comment imaginer un chemin d’évacuation utilisable par les personnes en situation de handicap.

Frédéric Torres, qui ne veut pas en dire trop, lâche que « l’avenir passera par l’intelligence embarquée », et ajoute un peu joueur à l’adresse de ses confrères, « des idées, nous en avons plein nos tiroirs ! » Sur ce point, il peut faire valoir la puissance de frappe technologique sans pareille de sa maison mère, de quoi rassurer les clients. Alors, allez- vous étoffer vos troupes ? La réponse fuse : « C’est une évidence. » Kaufel a su évoluer et faire sa place sur son marché au gré de ses différents rachats tout en gardant son âme, dans un monde en perpétuel mouvement où la mondiali- sation prend toute son ampleur.

Bon vent à Kaufel.

@olivier.durand © Kaufel

CHIFFRES CLÉS Le marché des datacenters Mise en place de l’indicateur DCEM (Data center energy management), pour mesurer l’efficacité énergétique des data center. Cet indicateur remplace la classification PUE, critiquée pour son manque de transparence. France 2013 année de faible croissance (20 nouveaux datacenters construits), mais les prévisions sont très encourageantes pour 2014-2015 3 260 datacenters dans le monde Perspectives de développement Monde 3e marché en Europe « La France profite d’un emplacement central en Europe et d’un coût de l’énergie faible », selon l’étude Xerfi 4e marché au monde 4,3 milliards d’euros investis dans l’industrie des datacenters en 2013 137 datacenters sur le territoire français j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr 54 62,7% des datacenters bénéficieront dans l’année à venir de travaux pour améliorer leur efficacité énergétique 50% des données informatiques en France sur le cloud en 2020 1 252 datacenters aux États-Unis soit 40 % 970 datacenters en Europe

PRODUITS 55 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr L’Intelligent Power Pod d’Eaton est un système intégré com- prenant une alimentation de sauvegarde (onduleur),une dis- tribution et une gestion intelligente de l’alimentation électrique (PDU), la baie informatique pour l’hébergement, le logiciel de gestion ainsi que les services associés. Il assure ainsi la continuité d’activités et la résilience en associant une infrastructure physique fiable et en s’intégrant parfaitement aux hyperviseurs, ce qui permet d’initier des migrations au- tomatiques des équipements virtuels vers le cloud ou d’en- clencher la sauvegarde de données en cas de coupure de courant.

Ces fonctions sont réalisées grâce au logiciel Intelli- gent PowerTM Manager d’Eaton, en liaison avec les systèmes de gestion de virtualisation comme VMware vCentre et Site Recovery Manager. Il permet aux utilisateurs de superviser de manière pratique et efficace l’ensemble de leur installation IT, infrastructure énergétique comprise, à partir d’une console unique.

Éclairage de sécurité Une gamme complète adaptée à tous les environnements Développée par Kaufel, la gamme BRIO+ répond aux pro- blématiques les plus complexes en termes d’éclairage de sé- curité.Avec son design extraplat et sa technologie 100 % LED, BRIO+ est disponible en version BAES, LSC, BAEH, DBR / DL. Dotée du label « Performances SATI » et de la fonction adressable SATI, la gamme est idéalement compatible avec les principales télécommandes du marché pour vos projets de rénovation ou d’extension.La gamme BRIO+ permet éga- lement de bénéficier de multiples possibilités d’installation grâce à une offre complète d’accessoires.

Installations électriques Un nouveau connecteur spécial câblage structuré Pour répondre aux besoins du câblage structuré des bâti- ments, des centres de calcul ou de l’industrie, le groupe alle- mand Metz Connect propose un nouveau connecteur : le RJ45 Field Plug Pro C6A. Il permet, après un montage rela- tivement simple,d’établir sur place une connexion fiable sans outils particuliers. Grâce à sa forme compacte, Field Plug convient aux applications multiports et trouve sa place dans un espace très réduit. Le blindage de l’appareil contre les per- turbations électromagnétiques est assuré à 360° par un boîtier en zinc moulé sous pression.

Le RJ45 Field Plug Pro C6A est approprié pour des transmissions allant jusqu’à 10 Gbits et peut être reconnecté, démonté et réutilisé si le câble est en- dommagé ou en cas d’erreur de câblage. Au total, 32 départs de câbles sont prévus et permettent de choisir la direction adéquate au moment du montage © Eaton © Kaufel © Metz Connect Réseau Un superviseur d’installation IT

PRODUITS 56 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr Installations électriques Nouveau testeur de câblage et de transmission pour les réseaux LAN Ideal Networks lance le SignalTEK CT, un testeur de câblage et de transmission pour réseaux locaux (LAN). Il permet de prouver la bonne installation des câblages cuivre et leur ca- pacité à prendre en charge des applications Gigabit Ethernet, conformément à la norme internationale IEEE802.3ab. Un simple appui sur le bouton Autotest permet de connaître en 15 secondes les résultats, qui sont ensuite sauvegardés, et peuvent être exportés au format PDF sur une clé USB.

Destiné à la fois aux installateurs et aux clients finaux, le Si- gnalTEK CT est la solution pour prouver les performances d’une installation.

Gestion de l’éclairage Nouveaux variateurs colorimétriques Legrand innove dans la gestion de l’éclairage avec des solu- tions permettant de créer différentes ambiances lumineuses au sein d’un même espace.Idéales pour les restaurants,show- rooms, musées, salles d’exposition, magasins ou encore ins- tituts de beauté, ces solutions offrent un réel confort visuel aux usagers des bâtiments tertiaires. Les nouveaux variateurs colorimétriques du programme Mosaic permettent de créer différents scénarios d’éclairage adaptés aux moments de la journée, par exemple. Cette nouvelle solution offre une grande liberté d’utilisation, afin de créer, selon la solution choisie, des ambiances lumineuses dans 4 zones différentes d’un même espace, en jouant sur le choix des couleurs, l’in- tensité et la saturation.

Les variateurs colorimétriques, pour ballasts et drivers DALI, peuvent commander jusqu’à 21 lu- minaires RVB (rouge/vert/bleu).

Productivité des entreprises Un progiciel de gestion et d’analyse des données La solution proposée par la société B2O est destinée à amé- liorer la productivité des entreprises du secteur du bâtiment. Cet outil intuitif et complètement personnalisable permet aux entreprises du BTP d'avoir une vision sur la planification, la facturation,la gestion des plans de charge ou encore le suivi des chantiers en cours. Les données informatiques sont hé- bergées et protégées, ce qui permet de piloter une entreprise de n'importe où et n'importe quand avec un smartphone, une tablette ou un ordinateur. De plus, la solution proposée par B2O bénéficie d’une interface ergonomique et multi- plates-formes,s’adaptant aux process et à la culture de chaque entreprise.

L’application a d’ailleurs été primée pour son in- novation.

© Ideal Networks © Legrand © B20

PRODUITS 57 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr Installations électriques Des connexions dimensionnées pour le cinéma, le spectacle, la télévision et l’événementiel Projection audio/vidéo Trois nouveaux Prêts à Poser pour les bâtiments tertiaires Ces solutions « tout en un »,mises au point par Legrand,per- mettent de disposer, sous une seule référence, de tous les pro- duits nécessaires pour réaliser des installations de 15 à 100 mètres de longueur. Le Prêt à Poser pour projection vidéo permet d’effectuer des projections dans de petites salles de réunion.

Il facilite la transmission du flux vidéo jusqu’à 15 m entre un ordinateur et un vidéoprojecteur, et sa mise en œuvre est simplifiée grâce aux prises HD15 et aux cordons préconnectorisés. Le Prêt à Poser pour projection audio/vidéo permet de réaliser des installations de plus grande envergure (jusqu’à 100 m de longueur). Enfin, le Prêt à Poser pour projection audio/vidéo « multi-participants » est idéal pour équiper des salles de réunion. Plus besoin de se lever, les usagers disposent de toute la connectique néces- saire pour brancher rapidement et facilement l’ordinateur. © Marechal Electric © Legrand Efficacité énergétique Une solution face au bilan énergétique de la France Qivivo met au point un système de gestion intelligente et au- tonome du chauffage, aidant ainsi les ménages à reprendre la main sur leur facture énergétique.

Il s’agit en fait d’un ther- mostat intelligent, qui permet de réduire de 40 % la facture du chauffage, en le régulant de manière autonome et adap- tative. Alliant modèle thermique et données multiples comme la température, les prévisions météorologiques va- riées, le rythme et les habitudes de vie des occupants, Qivivo analyse les besoins pour un pilotage personnalisé. Le chauf- fage n’est activé que lorsqu’il est nécessaire de chauffer, et permet d’anticiper et de s’adapter, évitant ainsi les déperdi- tions d’énergie et de coût. Des interfaces sont également disponibles sur PC, tablettes et smartphones pour agir manuellement sur l’installation en cas de besoin.

© Qivivo Incontournable sur le marché du cinéma et du spectacle de- puis de nombreuses années, le Decontactor™ de Marechal Electric allie un haut niveau de sécurité pour l’utilisateur et une grande simplicité de manœuvre, en particulier sur des installations mobiles (prolongateurs, coffrets mobiles, ar- moires fixes, racks équipés de socles . La manipulation est à la portée de tous : une simple pression sur le bouton en haut de la prise libère la fiche. Elles peuvent de plus recevoir aussi bien des fiches 400V 3P+N+T ou 3P+T que des fiches mono 230 V 1P+N+T. Flexibilité et souplesse d’utilisation sont les facteurs clés du succès des implantations et de leur rotation en enchaînement continu.

Pascale Giet, Vice-Présidente de la Fondation Rexel pour le progrès énergétique Diplômée de l’INSEAD et titulaire d’un DESS de communication politique et sociale à la Sorbonne, Pascale Giet dirige aujourd’hui la communication et le développement durable du Groupe Rexel et est membre de son comité exécutif. Depuis plus de 20 ans, elle a occupé des postes de direction dans divers secteurs, notamment l’assurance, les media et les télécommunications. Pascale Giet a été à l’initiative de la création en 2013 de la Fondation Rexel pour le progrès énergétique, qui a pour mission de favoriser l’accès pour tous à l’efficacité énergétique.

entreprises, collectivités territoriales -- deslevierspermettantderéaliserdeséco- nomies d’énergie.La prise de conscience parchaqueconsommateurqu’ilpeutêtre lui-mêmeencapacitédemaîtrisersapro- preconsommationd’énergieestcruciale. Une étude commanditée par la Fondation en 2013 auprès du grand public de 4 pays mettait également en exergue la complexité des technologies quineleurparaissaientpassuffisamment accessiblesainsiquelapalettedesolutions techniques si vaste qu’ils se sentaient dépassés.

j3e - Pouvez-vous illustrer par un ou deux exemples la complémentarité entre l'entreprise et la Fondation ? P.

G. - Par notre métier, nous jouons un rôle d’intégrateur et de catalyseur entre les fabricants, les installateurs et les uti- lisateurs finaux. Par notre Fondation, nous tissons des liens avec le monde entrepreneurial,associatif etacadémique. Nous sommes convaincus que la co- construction est source d’innovation pourfaçonnerlemondededemain.Pour reprendre l’exemple de la plateforme de soutienauxentrepreneurssociauxluttant contre la précarité énergétique, celle-ci mobilise différents acteurs de l’éco-sys- tème de l’efficacité énergétique, et aux côtés d’ONG et de grandes écoles, des collaborateurs du monde de l’entreprise.

Qu’ils fassent partie d’équipes au sein de nos fournisseurs ou de Rexel France, ils contribuentenapportantleursexpertises et s’enrichissent à leur tour au contact de personnes très expérimentées prove- nant d’autres horizons.

j3e - Quels sont les axes d'intervention de la Fondation Rexel ? Pascale Giet - Nous avons bâti la Fondation Rexel autour de 3 axes com- plémentaires qui se nourrissent et s’en- richissentrespectivement.Lepremieraxe concerne les « projets solidaires » : la Fondation accompagne ses partenaires (ONG, entrepreneurs sociaux, fonda- tions...) dans la mise en place d’actions favorisantl’accèsàl’énergieetbénéficiant auxpopulationslesplusdéfavoriséesaux quatre coins du globe. Avec notre plate- forme d’entrepreneurs sociaux, nous encourageons aussi l’innovation dans ce domaine.Ledeuxièmeaxeviseàsoutenir des « recherches académiques » notam- ment en attribuant desboursesà desétu- diants et chercheurs.Je citerai par exem- ple les projets de recherche sur les systèmesdestockaged’énergieetlamicro génération, qui pourraient apporter demain des réponses radicales face aux enjeux énergétiques.Enfin,partageant la conviction que le progrès énergétique doit être l’affaire de tous, la Fondation développe et diffuse des « connaissances et savoirs » sur le thème de l’efficacité énergétique, en produisant par exemple des enquêtes internationales.

j3e - Mis à part l'aspect financier, quelssonten2014lesprincipauxfreins dans le monde à l'accès à l'efficacité énergétique ? P. G. - Aujourd’hui, 1,3 milliard d’habi- tantsdelaplanèten’ontpasaccèsàl’élec- tricité et 100 millions de personnes sont en situation de précarité énergétique en Europe, à savoir qu’ils consacrent plus de10%deleursrevenusàpayerleursfac- tures d’énergie. Si l’on isole les aspects financiers,qui bien entendu constituent une grande partie du problème,les prin- cipauxfreinsrésidentdanslaméconnais- sance par beaucoup d’acteurs --citoyens, 3 QUESTIONS À © DR 58 Créée et animée par la Fondation Rexel, la plateforme met en rela- tion les différents acteurs impliqués dans le progrès énergétique : • des entrepreneurs sociaux, porteurs de projets visant à améliorer l’accès à l’énergie et à lutter contre la précarité énergétique • des mécènes qui sont tous des partenaires de Rexel : fournisseurs, entreprises de services, associations ou organisations Aujourd’hui, la plateforme compte 9 entrepreneurs sociaux qui sont accompagnés sous diverses formes : mécénat de compétences, don de matériel, soutien financier, transport et logistique ou encore outils de partage des savoirs.

Elle a l’ambition de grandir en taille et de se développer à l’international.

58 j3e 829 / OCTOBRE 2014 - www.filiere-3e.fr La plateforme de soutien aux entrepreneurs sociaux

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