Travail de maturité

Travail de maturité

Travail de maturité

3m1, 08.11.10 Travail de maturité L’EMS de l’Orme : une insertion réussie? Elève : Sophie Baldy-Moulinier Maître : Mme Barraud Gymnase : Auguste Piccard

Travail de maturité

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 2 / 46 Travail de maturité L’EMS de l’Orme : une insertion réussie? Elève : Sophie Baldy-Moulinier Maître : Mme Barraud Gymnase : Auguste Piccard Image 2 : EMS de l’Orme, façade Nord

Travail de maturité

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 3 / 46 REMERCIEMENTS Je tiens à remercier très sincèrement Madame Marie-Antoinette Barraud pour le suivi de ce travail, le bureau d’architecture Jacques Gross pour son accueil et ses remarques, Madame Véronique Gafner pour le temps précieux qu’elle m’a consacré, tribu’ARCHITECTURE pour avoir répondu à mes questions, Monsieur Marx Lévy pour son humanité, Madame Irène Vogel Chevroulet pour la direction donnée à mes recherches, Monsieur Guy-Bernard Saudan pour son aide en informatique, Madame Martine Jaquet et toutes les personnes rencontrées dans les bureaux d’archives, d’urbanisme, de la santé publique ainsi que les gens du quartier de l’Ancien- Stand qui m’ont accordé un peu de leur temps.

Travail de maturité

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 4 / 46 RESUME DE LA RECHERCHE Ce travail questionne le choix de l’insertion de l’Etablissement médico-social de la Fondation de l’Orme dans le quartier de l’Ancien-Stand, à la Pontaise. Il touche aux domaines de l’urbanisme et de l’architecture ainsi qu’à la problématique de l’accueil de personnes souffrant de troubles psychiatriques de l’âge avancé.

Premièrement, une partie historique présentera l’évolution et la modification de la ville de Lausanne à partir du XIXe siècle jusque dans les années 1960, date de la création du quartier de l’Ancien-Stand, suite au déménagement du stand de tir en 1959.

Deuxièmement, il y aura une reconnaissance du quartier ainsi qu’une analyse, par ordre chronologique de construction, de l’emplacement et de la typologie des bâtiments de l’Ancien- Stand et de leur impact sur la qualité de vie de ses habitants.

Troisièmement, l’Etablissement médico-social de l’Orme sera étudié, sous l’angle de son histoire, de sa philosophie et de son fonctionnement. L’analyse de sa construction se fera sur la base des plans d’architectes, sur l’étude de l’Exposé des motifs et projet de décret de février 1995, présenté par le Conseil d’Etat au Grand Conseil du Canton de Vaud, ainsi que par des visites sur le site. Il sera question de l’intégration de ce bâtiment et de ses résidents dans la vie du quartier. Quatrièmement, la synthèse et la conclusion montreront que les résultats de la recherche définissent le quartier de l’Ancien-Stand comme homogène, que l’architecture issue du courant moderne, de type habitat social, sur le principe de « barre » n’est jamais écrasante et que l’Etablissement médico-social de l’Orme en forme de « L couché » s’intègre tout à fait à l’ensemble.

La vie y est de qualité. Les interactions entre la population du quartier et les résidents se font en étroite collaboration avec la « Société du Quartier du Nord » et la direction de l’EMS. Cinquièmement, il sera présenté sous forme d’« Annexes » les diverses questions posées, les réflexions et réponses obtenues, lors des rencontres avec Madame Véronique Gafner, directrice de l’EMS, les architectes du bureau Jacques Gross, auteurs du projet, avec Monsieur Marx Lévy, ancien municipal des travaux de Lausanne et les gens du quartier.

Travail de maturité

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 5 / 46 Table des matières Remerciements p. 3 Résumé de la recherche p. 4 Avant-propos p. 6 Abréviations p. 7 1.Historique p. 8 1.1 Le quartier de la Pontaise p. 9-10 1.2 Un stand pour la ville p. 11-12 2. Reconnaissance du quartier de l’Ancien-Stand et analyse du terrain p. 13-14 2.1 Les bâtiments du quartier par ordre chronologique de construction p. 15-16 2.2 Description et typologie des bâtiments p. 17-20 2.3 Le quartier de la Pontaise aurait-il vocation d’accueillir des centres pour personnes âgées ? p. 21 3. L’établissement médico-social de la Fondation de l’Orme, Plaines-du-Loup 4A p.

22-31 4. Synthèse et conclusion p. 32-35 5. Annexes Madame Gafner p. 36-37 Monsieur Gross p. 38 tribu’ARCHITECTURE p. 39 Monsieur Lévy p. 40 Enquête auprès de quelques habitants du quartier de l’Ancien-Stand p. 41-42 Statistiques p. 43-44 BIBLIOGRAPHIE p. 45 IMAGES p. 46

Travail de maturité

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 6 / 46 AVANT-PROPOS La découverte d’une ville pour moi se fait en marchant ! Le rythme des pas donne la mesure au regard, la topographie est ressentie par le mouvement, la sonorité des lieux renseigne sur l’activité humaine, le tempo de la marche donne du temps à la réflexion et offre une liberté qu’aucun autre moyen de transport peut m’apporter. Au gré de mes balades, au nord de la ville, j’ai été frappée par la couleur verte, « vert-pomme Grany-smith » d’un bâtiment situé en bordure de l’avenue du Vieux-Moulin. Je l’ai trouvée osée, soutenue, intense et belle ; en contraste avec la couleur verte de l’herbe du talus sur lequel cette construction est ancrée.

J’ai été curieuse de connaître la fonction de cette maison. Image 3 : Extension de l’EMS de l’Orme Il s’avère que c’est l’extension de l’Etablissement médico-social de l’Orme ; ce bâtiment a été ouvert en 2009 et a été construit par « tribu ‘ARCHITECTURE ». Cette découverte fut le point de départ de mon travail de maturité : m’intéresser au bâtiment principal de cet EMS qui est un logement collectif construit spécifiquement pour un type de population en principe âgée, atteinte de troubles cognitifs, de l’humeur, du comportement et /ou de la personnalité. Cette construction a été réalisée par le bureau d’architecture Jacques Gross et fut mise en service en 1997.

Il s’agit de l’EMS de la Fondation de l’Orme, 4a Route des Plaines–du-Loup, 1018 Lausanne. Il est situé à la Pontaise, plus particulièrement dans le quartier dit de l’Ancien-Stand.

Travail de maturité

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 7 / 46 Abréviations INSA Inventaire Suisse d’Architecture 1850-1920 Lausanne SCRIS Service cantonal de recherche informatique de la statistique CVE Centre de vie enfantine APEMS Accueil pour enfants en milieu scolaire EMS Etablissement médico-social CMS Centre médico-social PC Protection civile EMPD Exposé des motifs et projet de décret accordant à la Fondation de l’Orme la prise en charge du service de la dette, ainsi que la garantie de l’emprunt pour financer la construction de l’EMS Ancien-Stand, à Lausanne.

1995 FOPRODEMS Fondation pour la promotion d’établissements médico-sociaux UAT Unité d’accueil temporaire SIA Société des Ingénieurs et Architectes

Travail de maturité

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 8 / 46 1. Historique Le début du XIXème siècle est pour la ville de Lausanne une période d’évolution démographique, économique et culturelle, qui correspond à la mise en place graduelle des conditions nécessaires aux transformations plus considérables de la seconde moitié du siècle. La ville se modifie dans son aspect ; l’augmentation de sa population l’oblige à trouver de nouvelles possibilités de logements et pour cela à sortir de ses murs. L’anarchie qui régnait dans la construction ne faisait pas qu’entraver l’urbanisme lausannois, elle permettait une plus grande liberté dans la conception des immeubles.

L’essor considérable de construction de bâtiments publics caractérise la première décennie du siècle. Ce n’est qu’en 1881 que Lausanne peut disposer d’un RPC (règlement sur la police des constructions). L’aménagement urbanistique n’est pas encore visé mais bénéficie déjà de diverses prescriptions. Le règlement du 10 mai 1897 fait date dans l’histoire lausannoise car il confère des pouvoirs considérables à l’autorité communale. Autour de 1900, une enquête1 sur les conditions de logement démontre (déjà) une pénurie d’habitations bon marché et décrit l’insalubrité de la plupart d’entre elles.

Dans les années 19502 , on va chercher à valoriser le potentiel paysager d’un site tout en créant des habitations individuelles suite à la substitution massive des anciennes campagnes par des quartiers coordonnés (habitation et verdure).

On ne peut manquer de s’interroger sur les raisons qui expliquent la longue continuité, tout au long du développement urbain de Lausanne, de cette manière de traiter la ville comme une composition paysagère. Les années 19603 sont marquées à Lausanne par un changement d’échelle au niveau urbain, la ville s’étend beaucoup hors de ses limites. En janvier 1960 : La Municipalité de Lausanne prévoit la construction de 1000 logements subventionnés et à loyers modérés dans les quartiers suivants : Bellevaux, Bois-Gentils, « L’Ancien Stand », la Borde. _ _ 1 INSA 1850-1920, préface de Paul-René Martin, réf.

p. 7 2 Cahiers du Laboratoire de construction et de conservation 2009, p. 24 3 « Quartier de l’Ancien-Stand-Vieux-Moulin, étudiants Gauthier R, Kaufmann A, Von Bergen M .EPFL semestre d’hiver 2009

Travail de maturité

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 9 / 46 1.1 Le Quartier de la Pontaise Le quartier de la Pontaise1 est situé au nord de Lausanne, sur le versant droit de la rivière Petit-Flon. On pense que le nom Pontaise que l’on écrivait avec un h jusqu’en 1900 provient d’une vieille famille lausannoise aujourd’hui éteinte. « Les Pontheys », cités de 1293 à 1588, possédaient les terrains où se trouve actuellement le quartier.

Les plans antérieurs à 1850 ne signalent aucune construction, il n’y a que des champs, des prés et des vignes. Le Stand de tir, mis en service en 1867, agrandi en 1876 a nécessité un défrichement de la forêt environnante, sur une surface importante ainsi qu’un aplanissement du terrain ; sa longueur atteignait 450m.

Pour que la vision soit bonne, il y a eu trois terrassements successifs afin d’éliminer des buttes. Image 4 : Plan de 1989 En 1888 déjà, une étude fut faite pour tenter de déplacer ce stand et trouver un meilleur emplacement. En 1929 un accident coûta un œil à une dame et posa à nouveau la question de la sécurité. Le transfert sera décidé sur le territoire de la commune de Romanel en 1959. L’Orphelinat inauguré en 1873, devenu bâtiment scolaire et le Stand sont les premières constructions du quartier.

L’édification des Casernes (Louis Dériaz, architecte) en 1877 donne un mouvement à la construction et le quartier prend corps. Des rues sont tracées et reçoivent des noms. Vers 19002 , les premières constructions commencent à s’incruster le long de l’Avenue du Vieux- Moulin ; par leur taille on peut définir des maisons d’habitation, destinées à une population ouvrière. En 1905, La Prison du District (Bois-Mermet) a été bâtie dans une grande enceinte octogonale ; elle est située en dehors de la ville.

1 « La Chronique du Nord, no 4 de 1945 », Georges Waker ; Service des Archives 2 « Quartier de l’Ancien-Stand-Vieux-Moulin, étudiants Gauthier R, Kaufmann A, Von Bergen M .EPFL semestre d’hiver 2009

Travail de maturité

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 10 / 46 Le milieu urbain a envahi la région de la Pontaise. Il reste peu d’empreintes historiques, dans le quartier. Le « plateau » du stand de tir qui fut utilisé comme site de sports d’hiver par les Lausannois, avant la construction du quartier et les terrasses créées par l’érosion sont certainement les marques les plus présentes. Image 5 : Sports d’hiver peu avant la construction du quartier L’Est de la parcelle du stand de tir est marquée par un vallon. La dénomination Vieux-Moulin vient de la présence à cet endroit, en haut de la rue de la Borde, d’un moulin, datant de l’époque bernoise.

Il sera détruit lors du voûtage de la rivière, pour des questions de salubrité. Son dernier meunier se nommait Edouard Droguet ; il est devenu un des membres fondateurs de la Société des amis de la Pontaise.

Avant la 2ème guerre mondiale, le sport prend ses aises dans l’Ancienne place d’arme qui deviendra le Stade le la Pontaise.

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 11 / 46 1.2 Un stand pour la ville Le tir, sport national par excellence avait depuis fort longtemps de nombreux adeptes à Lausanne. La plus ancienne société de tir locale, l’Abbaye de l’Arc, fut fondée en 16911 . Le premier grand tir ou tirage organisé à Lausanne fut le tir fédéral de 1836. Il eut lieu dans le domaine du château de Beaulieu, où un stand provisoire fut installé.

Après beaucoup de palabres, il fut décidé de créer un stand à la Pontaise. (Inauguration en 1867).

Image 6 : Stand de tir, vue aérienne Ce stand fut agrandi en 1876 pour recevoir le tir fédéral et plusieurs transformations successives eurent lieu pour répondre aux besoins des nouvelles cartouches. En 1888 déjà, une étude fut entreprise pour trouver un meilleur emplacement de tir sur la commune de Lausanne. En 1942, monsieur Pilet2 , architecte, chef au plan d’extension de la ville de Lausanne a présenté ses vues. Faire de l’urbanisme dit-il, « c’est voir grand et surtout voir loin dans le développement futur des quartiers. » Il exposa le nouveau règlement : un plan directeur et sept plans de zone.

Le quartier du Nord qui nous occupe ici fait partie de la zone urbaine. Un projet des travaux à l’étude de 1942 nous informe qu’il y aura un aménagement de la place de la caserne, qu’il y aura la création du nouveau stand et l’aménagement de la place du stand actuel. L’armée souhaite garder dans un périmètre restreint le stand de tir, la caserne et la place d’arme. C’est compréhensible mais c’est sans tenir vraiment compte de l’accroissement de la population, de la densification de l’habitat, de la sécurité et du bruit des tirs. « La question du transfert du Stand traîne en longueur et le projet rencontre de farouches oppositions et des experts étudient un nouvel emplacement un peu plus au nord ; en attendant, les habitants de Bellevaux et de la Pontaise savourent comme il se doit la pétarade dominicale3 .

» Le stand déménagera à Vernand en 1959, libérant ainsi un terrain important qui donnera son nom au quartier dit de « L’Ancien-Stand » et c’est en 1960 qu’a lieu la Mise à l’Enquête du premier plan de quartier de l’Ancien Stand avec une occupation maximale du terrain.

1 « Journal du Nord » de 1943, no 3, Georges Waker et INSA p 231 réf. p.7 2 « Journal du Nord » de 1942, no 4 Georges Waker 3 « Journal du Nord » de 1946, no 2 Georges Waker

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 12 / 46 Deux projets élaborés par de grands architectes se feront face ; l’un, celui de M. Marx Levy1 qui est une unité d’habitation corbuséenne dans un parc, l’autre, une composition d’inspiration beaux- arts de J. Tschumi qui intègre une tour de 225m. Symbole pour l’Exposition nationale à venir (1964). Ces projets n’ont pas été retenus.

Image 7 : Projet Marx Lévy Image 8 : Projet Tschumi L’importance de la construction sur ce terrain est telle que la commune confie le projet à une association d’architectes afin de définir un plan de masse dont la version définitive a vu le jour en avril 1961 par l’Atelier des Architectes Associés (AAA). Les mises à l’enquête des plans pour les différents immeubles dates de 1962 et 1964 et l’inauguration du quartier a eu lieu le 10 février 19672 .

La construction du quartier est une nouveauté, il est de grande ampleur et est séparé des autres parties de la ville. Dans le cadre de la recherche de la production de logements collectifs, l’élaboration du quartier de l’Ancien Stand durera 10 ans environ, (dès 1951). 1 Voir Annexes, rencontre avec M. Marx Lévy, ancien municipal des travaux de 1974 à 1981 2 « Quartier de l’Ancien-Stand-Vieux-Moulin » Gauthier R, Kaufmann A, von Bergen M, semestre d’hiver 2009 EPFL

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 13 / 46 2. Reconnaissance du quartier de l’Ancien-Stand et analyse du terrain Au nord du quartier se trouve la forêt du Bois- Mermet.

La lecture d’ancienne carte nous montre qu’à l’est du quartier coule le ruisseau du Petit- Flon ; il a été voûté entre 1894 et 1899, 1 pour des questions de salubrité. Le sud et l’ouest sont « cintrés » par les rues du Vieux-Moulin et des Plaines du-Loup.

Le terrain est marqué par l’érosion due au ruisseau et descend en différentes terrasses. On se rend bien compte que ce terrain a été aplani, en son milieu, en vue de créer le stand de tir. Il continue à descendre en pente douce, jusqu’à la rue du Vieux-Moulin. Sur la photocopie du plan de quartier « Ancien Stand » de 1961 on voit clairement les courbes de niveau et l’implantation des futurs bâtiments. Image 9 : Plan 1961 avec courbes de niveau Il est possible de faire le tour du quartier de l’Ancien-Stand à pied ; en effet, en partant du côté sud, à la jonction de l’avenue du Vieux-Moulin et de la Route des Plaines-du-Loup, on remonte à l’ouest par la route des Plaines-du-Loup jusqu’au croisement du chemin de l’Ancien-Stand sur la droite, côté nord en lisière de forêt.

Cette forêt s’appelle « Le Bois-Mermet », et est certainement célèbre grâce à la prison qui est proche. Le chemin (plutôt sentier) de l’Ancien Stand rejoint à l’est l’avenue du Vieux-Moulin ; la jonction se situe près du Dépôt TL de la Borde. En remontant l’avenue du Vieux-Moulin, on rejoint le bâtiment de la Poste.

La route des Plaines-du-Loup et celle du Vieux-Moulin sont apparues très bruyantes. Il est intéressant de constater qu’une impasse de la route des Plaines-du- Loup a été créée pour pénétrer à l’intérieur du quartier de l’Ancien-Stand. Le panneau indicateur mentionne : Route des Plaines-du-Loup nos 2 à 24. Cette impasse est ouverte aux voitures jusqu’à la limite de l’école. Il y a des places de parc privées extérieures et des garages à l’intérieur du bâtiment de logements, nos 2-à-24. Une rangée d’arbres a été plantée le long de l’impasse.

Image 10 : Vue aérienne du quartier 1 INSA p.

293, réf. p.7

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 14 / 46 Du point de vue des transports publics, le quartier est très bien desservi par deux Bus, le no 1 (Maladière-Blécherette) « Casernes » et le bus 3 (Lausanne-Gare-Bellevaux) « Vieux-Moulin ». Cela le rend très proche du centre ville. Les voitures bénéficient d’une sortie d’autoroute, il y a également un parking-relais à la Blécherette. Des places de parc en zone bleue bordent la courbure de la route des Plaines-du-Loup, sur toute sa longueur.

En observant ce quartier depuis ses circulations extérieures, on est frappé par la masse d’arbres très variés, par la quantité de végétation et de gazon qui entoure les bâtiments ; au nord on trouve la forêt.

En regardant en direction du sud, il y a un énorme dégagement et on peut apercevoir les Alpes ; vers l’est on a une vue sur la colline de Sauvabelin. Avec un dégagement pareil et une végétation si abondante, les habitants du quartier ont de la chance, c’est un plus à leur qualité de vie. Les familles2 sentent leurs enfants en sécurité ; ils peuvent sortir seuls et aller jouer sans craindre les voitures ; les espaces de verdure sont immenses et les jeux ont été restaurés et portés aux normes actuelles de sécurité ; les piscines et pataugeoires sont gardées et gratuites pour chacun.

Image 11 : Vue sur les Alpes Selon le recensement le plus récent, celui de 2008, on dénombre 957 habitants dans ce quartier3 . Sa surface en hectares est de 7,5 et sa densité à l’hectare est de 127,6. C’est en 1979 que l’on dénombre le plus d’habitants : 1028. A titre de comparaison, en 2008 Lausanne compte 130'721 habitants pour une surface de1'814,4 hectares et une densité à l’hectare de 72,0 et en 1979 il y avait 128'421 habitants. 2 Voir Annexes, enquête auprès des habitants du quartier. 3 SCRIS, Evolution et densité de la population, quartiers statistiques lausannois de 1979 à 2008. réf.

p 7.

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 15 / 46 2.1 Les bâtiments du quartier par ordre chronologique de construction En septembre 19621 : Mise à l’enquête des plans pour les premiers immeubles Route des Plaines-du-Loup 10 à 24 et Chemin de l’Ancien-Stand 2 à 10 et 12 à 18 par l’Atelier des Architectes Associés (AAA). En 1964 : Mise à l’enquête des plans pour les immeubles au nord de la parcelle Chemin de l’Ancien-Stand 20 et 22 à 28 par les architectes Jaccottet et Haechler.

En 1964 : Construction des piscines, pataugeoires et APEMS. En 1966 : Ouverture des portes du Centre de vie enfantine à l’intérieur du bâtiment « 22 à 28 ».

En 1967 : Mise à l’enquête des plans pour l’école du Vieux-Moulin Route des Plaines-du- Loup 6 par l’architecte P. Quillet. Le bâtiment de la banque et de la poste a été construit en 1978 par les architectes Favre et Weber2 . En 1997 a lieu l’inauguration de l’EMS de l’Orme. Atelier d’architecture Jacques Gross. En 2004 construction par les architectes « Groupe Y» des bâtiments locatifs des Plaines-du-Loup 2c, 2d pour la Société coopérative d’habitation « Cité-Derrière 2 ».

En 2005 a lieu l’inauguration de la nouvelle salle omnisports. Atelier d’architecture CCHE. En 2009 l’extension de l’EMS de l’Orme est mis en service. Tribu’ARCHITECTURE. 1 G.Raymond, A.Kaufmann. M. von Bergen sur le Quartier de l’Ancien-Stand, semestre d’hiver 2009. EPFL p 8 à 12 2 Martine Jaquet , déléguée à la protection du patrimoine Image 12 : Bâtiments du quartier

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 16 / 46 Il est extrêmement intéressant de lire les « Prescriptions spéciales » qui accompagnent le plan de quartier de 1961. Il concerne l’implantation des bâtiments, l’élévation, l’architecture, l’esthétique, les garages, les zones de verdure.

A la lecture de ces « prescriptions », on prend conscience des contraintes énormes exigées pour la construction des bâtiments ; de ce fait la sensation d’homogénéité qui règne sur ce terrain s’explique bien. Hormis l’EMS et son extension, il y a sept bâtiments d’habitation, un bâtiment public qui comporte la poste « Pontaise 1018 Lausanne 18 » et la BCV. La banque 3 a fermé ses guichets en février 2008 car il y a trop de succursales BCV proches les unes des autres, (Bellevaux, Bergières) ; il ne reste donc plus que le bancomat ; les locaux de la banque sont tout de même conservés, dans l’attente de la densification de population, entraînée par le projet Métamorphose.

6000 nouveaux habitants sont prévus dans le quartier, soit un tiers de la croissance démographique attendue dans les 15 à 20 prochaines années4 .

Il y a une école (Ecole du Vieux-Moulin) et une salle omnisports adjacente ; des terrains de sport en tartan ainsi qu’ une piscine et une pataugeoire, les vestiaires sont à demi enterrés. Le Centre de vie enfantine se trouve dans le bâtiment 22 à 28. Il est intelligent d’avoir implanté les bâtiments locatifs en périphérie du terrain, laissant le « plateau », souvenir du tracé du stand de tir, aux constructions d’utilité publique et au gazon pour le sport et la détente. La création de l’impasse facilite l’accès aux bâtiments de services et crée un point de jonction, une sorte de trait d’union entre la ville et le quartier.

L’EMS a été construit sur une parcelle de ce « plateau ».

3 Renseignements obtenus par BCV Lausanne 4 « Le Courrier » du 23 septembre 2010, article de Jérôme Cachin.

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 17 / 46 2.2 Description et typologie des bâtiments Les constructions de ce quartier sont de grande ampleur, c’est un geste architectural radical puisqu’on évite les modules résidentiels individuels. Les trois « barres » de 1962, de couleur ocre, à l’ouest de la parcelle, sont traitées de la même manière ; seule leur longueur diffère ; huit entrées pour la barre située côté Plaines-du Loup (nos 10 à 24), cinq pour celle située à l’Ancien-Stand (nos 2 à 10) , et quatre entrées pour celle sise à l’Ancien-Stand (nos 12 à 18).

Image 13 : Plaines-du-Loup 10 à 24 La conception de ces bâtiments présente une surface au sol en retrait, il y a cinq à six étages et les appartements de deux à cinq pièces sont traversant ; la partie séjour, avec balcon, est orientée au soleil couchant (ouest) et la partie nuit côté « plateau » (est), le côté nuit est plus tranquille. Si la majeure partie des appartements est située Est-Ouest, il y en a aussi quelques uns qui sont situés au Sud avec balcons dans cette orientation. En ce qui concerne la plus longue barre, celle située sur la route des Plaines-du-Loup, (10 à 24), à l’étage d’accès dans le bâtiment, il y a des commerces : une pharmacie qui doit être très pratique pour les gens du quartier, un restaurant vietnamien, « Le Jasmin », un salon de coiffure et un magasin d’alimentation, peu prisé des habitants car le choix des produits est restreint et le prix peu compétitif.

Des garages intérieurs, en sous-sol, sont aménagés, ainsi que des places de parc au nord de la parcelle. Les rez-de-chaussée des immeubles sont marqués par un retrait par rapport à la façade, cela forme une rue à l’intérieur du bâtiment. La structure d’accueil des écoliers, APEMS, se situe dans la barre ocre sur l’Ancien-Stand (nos 12-18), côté Est du bâtiment avec accès direct à l’espace verdure. Elle est ouverte le matin, à midi et en fin de journée.

Le bâtiment qui à première vue marque le quartier est la tour de 15 étages, en béton bleuté au chemin de l’Ancien-Stand no 20, au nord du terrain, il a été construit en 1964.

Son orientation Nord-Sud place ses balcons (Sud) en face d’une vue impressionnante sur les Alpes. Le bâtiment à ses côtés, en forme de barre, qui a également été construit en 1964, (Ancien Stand nos 22 à 28) délimite la parcelle et équilibre l’ensemble, ce bâtiment fait penser au mur d’extrémité du stand de tir.

Image 14 : Tour, barre et école

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 18 / 46 Le Centre de vie enfantine se trouve dans la barre Ancien-Stand 22 à 24. Il s’agit d’une garderie municipale qui a ouvert ses portes en 1966 et qui comptait une soixantaine d’enfants. En 1992 d’importants travaux dont une véranda et un pavillon de bois sont venus agrémenter l’endroit. Les enfants sont accueillis de 14 semaines à 6 ou 7 ans, actuellement il y a 88 places et on compte 25 éducatrices.1 Au sud de la parcelle, les deux bâtiments d’habitation de couleur ocre, Plaines-du-Loup 2c et 2d comportent trois étages et leurs entrées sont face à face.

Ces maisons sont plus récentes, (2004), elles ont été construites par « Groupe Y », bureau d’architecture qui n’existe plus . Ces constructions sont isolées de la rue du Vieux-Moulin par une rangée d’arbres ; un parking extérieur privé leur est réservé, côté sud. Les balcons en retrait m’apparaissent très sombres et l’espace « Jeux d’enfants » traité au minimum. Il est vrai que le quartier dans son ensemble jouit de plusieurs parcs avec jeux.

Image 15 : Plaines-du-Loup 2c, 2d En ce qui concerne les bâtiments de service, le premier construit est celui de l’Ecole primaire du Vieux-Moulin, route des Plaines-du-Loup no 6. C’est un bâtiment en béton, les montants des fenêtres sont peints en bleu et les stores sont de couleur turquoise. Le préau de l’école, côté sud du bâtiment, a été rétréci pour permettre la construction de l’extension de l’EMS de l’Orme , le bâtiment « Mélodie ». La salle omnisports, à demi enterrée, faite de béton et de baies vitrées a été ouverte en 2005 et est divisée en trois parties. Elle peut accueillir de nombreux sports et peut contenir 800 spectateurs.

Les terrains de sport sont attenants à l’école et sont proches de la piscine qui a un bassin de 25mx12m et de la pataugeoire. Les vestiaires des piscines et les toilettes sont à demi enterrés.

Image 16 : Préau, parc extension et EMS Entre le préau de l’école, l’extension de l’EMS et son bâtiment principal, il y a un petit parc aménagé avec quelques bancs et l’on peut se rafraîchir à l’ombre de grands arbres : érables, tilleuls ou noisetiers. 1 Site officiel de la ville de Lausanne, précisions sur le Centre de vie enfantine.

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 19 / 46 Depuis ce parc, on découvre la « face » nord et multicolore de l’EMS de l’Orme. Ces couleurs sont : ocre, orange, violet, vert-clair ; elles me semblent un peu passées, elles auraient besoin d’un coup de « jeune » et l’on se demande l’effet qu’elles ont dû faire sur les habitants du quartier lors de la mise en service du bâtiment.

Dans les faits, le violet a eu du mal à être accepté1 .

Il est intéressant de constater que l’école fait face à l’EMS, les deux extrémités de la vie se rencontrent. Au début de la construction de l’EMS, il y a eu deux séances d’information pour les gens du quartier afin de répondre aux appréhensions des parents concernant d’éventuelles agressions des résidents sur la personne des enfants ; on sait qu’il y a une recherche constante de synergie entre les générations et que l’EMS ne fait plus du tout peur. Il n’y a d’ailleurs pas eu d’opposition lors de la mise à l’enquête de l’extension2 .

Un muret marqué de l’inscription « Il n’est pas d’arbre que le vent n’ait secoué » délimite la parcelle de l’EMS de l’Orme.

En réfléchissant à ce texte, on peut comprendre que l’être humain peut être comparé à un arbre, à un orme qui sait, et que la vie c’est le vent ! Ainsi, tout être humain dans son histoire de vie peut être secoué. Ce muret délimite le parc et laisse place à une petite route en descente qui permet l’accès à l’extension de l’EMS et aux entrées de service de l’EMS principal. La liaison entre les deux EMS se fait par un couvert en béton.

A l’entrée du quartier, on trouve le bâtiment de la BCV et de la Poste qui, bien que construit en béton, ne s’intègre pas ; sa construction est moins lisible, sa toiture est plate, recouverte d’herbe sèche ; il y a des ajouts en béton qui surchargent le bâtiment. Image 17 : Banque et poste Le quartier de l’Ancien-Stand est très bien délimité et les bâtiments sont homogènes. L’orientation a été pensée pour obtenir un maximum de lumière et créer un vaste espace paysager. Les toitures plates et les constructions semi enterrées permettent un dégagement qui offre une vue spectaculaire. La circulation à l’intérieur des espaces se fait par un réseau de sentiers qui offre de la sécurité et de la tranquillité, des espaces de jeux et de sports.

L’immense végétation compense largement le béton, elle forme même « une ceinture » au nord par la lisière de forêt. Il n’y a jamais la sensation d’écrasement. Ce quartier bénéficie d’une facilité d’accès, par bus, par voiture ou même avion, l’aérodrome de la Blécherette étant tout près. Le centre ville est à dix minutes à pied. Pour faire face au développement démographique important, il a été pensé de loger un maximum de personnes sur ce terrain ; pour rappel, sa densité à l’hectare est de 127,6 ; c’est plus qu’en ville si l’on considère que Lausanne à la même époque (2008) a une densité à l’hectare de 72.0.

Cela reste pourtant dans des normes faibles puisqu’une densité de 400 habitants à l’hectare est considérée comme forte3 .

1 Enquête auprès des habitants de quartier, voir Annexes 2 Entretien avec Madame Véronique Gafner, infirmière cheffe de l’EMS de l’Orme, voir Annexes 3 Entretien avec M. Michel Schuppisser, urbaniste.

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 20 / 46 C’est une réussite urbanistique et architecturale car grâce à la disposition des bâtiments, le terrain n’a pas été « massacré ». Il faut savoir que les appartements sont à loyers modérés et que l’on rencontre une mixité de population intéressante, du point de vue de l’âge : bébés fréquentant la garderie, enfants allant à l’école, personnes âgées, résidents de l‘EMS, employés de services ; du point de vue des nationalités également.

Les commerces sont peu représentés dans le quartier, ce qui est un point faible car il n’est pas toujours facile, pour une famille, de faire ses courses, sans utiliser les transports, publics ou privés.

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 21 / 46 2.3 Les deux articles de journaux suivants ont pour but de montrer comment les lausannois ont été sensibilisés et informés par la presse concernant la création d’un CMS et d’un EMS dans le quartier de la Pontaise. Le quartier de la Pontaise aurait-il vocation d’accueillir des centres pour personnes âgées ? « Réanimation du quartier de la Pontaise1 . Un centre pour personnes âgées : il a été dénombré dans le quartier de la Pontaise plus de 700 ménages de personnes âgées. (1982). Ces personnes sont attachées à leur milieu, et plus particulièrement à leur quartier.

Un certain nombre d’entre elles ont besoin d’être secourues, sans pour autant les déraciner de l’endroit où elles ont vécu une grande partie de leur existence. Une fondation sans but lucratif est en formation dans le but de créer un centre médico-social pour personnes âgées dans le quartier et plus particulièrement dans l’immeuble Mont-Banc 1, rue de la Pontaise 49. Bâtiment (dans un état de délabrement avancé) qui fait face à la Caserne… » Quelques treize ans plus tard, en 1995, l’article « La chronique-Le Nord 2 » nous informe : Un EMS à l’Ancien-Stand………çà démarre : « La construction d’un EMS à l’Ancien-Stand avait fait couler en son temps beaucoup d’encre.

La Société de développement du Nord, qui espérait voir la construction, sur ce terrain, d’une « grande salle », était intervenue, avant de décider d’être partenaire dans l’élaboration d’un Centre œcuménique et de quartier au Bois-Gentil. A suivi alors une valse-hésitation : construira l’EMS, construira pas, faute de moyens financiers. » « Le canton dispose de suffisamment d’établissements médico-sociaux, sauf dans la région lausannoise où les lits psychogériatriques font cruellement défaut. La petite dizaine d’établissements spécialisés dans la prise en charge de personnes âgées souffrant de troubles du comportement (maladie d’Alzheimer, démence sénile,…) croule sous les demandes émanant notamment des services de soins à domicile, ainsi que d’autres EMS classiques, qui ne peuvent pas imposer des résidents trop perturbés à des gens qui ont toute leur tête.

L’idée de base est qu’un EMS doit être une maison, pas un hôpital ; il doit offrir un cadre de vie familier et permettre le maintien de certaines habitudes domestiques.

Le projet d’EMS de l’Ancien-Stand est pris en main par Marc et Monique Vuilleumier, directeurs de deux petits EMS psychogériatriques, le Chalet de l’Orme sur les hauts de Lausanne et l’EMS Les Terrasses à Epalinges. Avec des représentants de divers services sanitaires, ils constitueront la « Fondation de l’Orme ». L’EMS comptera 56 lits et le projet coûtera 12,64 millions de francs. La Fondation de l’Orme ne disposant pas de fonds propres empruntera la totalité de cette somme. En principe, l’Etat de Vaud garantira les emprunts souscrits et prendra en charge le service de la dette. Les travaux pourraient débuter ce printemps déjà.

(1995). 1 « Journal du Nord » de 1982, no 143, p.9 F. Pfister. 2 « Journal du Nord » 1995, no 193, p.5.

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 22 / 46 3. L’établissement médico-social de la Fondation de l’Orme, Plaines-du Loup 4 A. La construction d’établissements médico-sociaux touche à la problématique du vieillissement de la population. Les EMS représentent l’un des trois piliers de la politique médico-sociale du canton de Vaud, dirigée par le département des affaires sociales et son chef Monsieur Pierre-Yves Maillard et celui de l’Economie de Monsieur Jean-Claude Mermoud. Les EMS complètent les Services de soins à domicile (CMS) et les logements protégés. Il serait naturellement plus heureux de pouvoir garder ses aînés à la maison ; mais l’âge avancé amène des problèmes de santé physique ou psychique impossible à gérer pour les familles.

Les personnes dépendantes doivent avoir recours à ces structures spécialisées, même si elles n’en n’éprouvent pas l’envie. A partir de 2000, le Service de la santé cherche à combler l’immense retard pris dans la construction d’EMS et vise à augmenter la capacité du nombre de lits, tout en souhaitant supprimer les chambres à trois lits. La volonté politique est en route. Depuis plusieurs années, l’AVDEMS (l’Association vaudoise d’établissements médico-sociaux) contribue activement au développement de principes éthiques et de référentiels professionnels clairs pour l’hébergement médico-social.1 La votation du 27 septembre 2009 inscrit dans la Constitution vaudoise que l’Etat et les Communes garantissent aux personnes qui, en raison de leur âge, de leur handicap ou de l’atteinte à leur santé aient accès à des lieux d’hébergement adaptés à leurs besoins2 .

En moins de 20 ans, la population hébergée dans les EMS vaudois s’est considérablement modifiée. En 2010 n’entrent en EMS plus que des personnes très âgées, souvent déjà fortement atteintes dans leur santé, qui requièrent un niveau de soins et d’accompagnement très élevé. « Dans un même laps de temps, on a observé un développement massif du nombre et du type de normes appliquées au secteur médico-social. Les institutions sont confrontées à un enjeu de taille : rester avant tout des lieux de vie et conserver une âme, malgré les normes et l’uniformisation3 .

Depuis 2003, la construction d’EMS doit répondre dans le canton de Vaud à des directives architecturales spécifiques, les DAEMS (Directives Architecturales EMS).

Ces DAEMS sont d’abord un rappel de toutes les normes existantes en matière de handicap, de sécurité et de feu ou de santé au travail, dont il s’agit de tenir compte lorsque l’on veut construire ou rénover un EMS. Le problème est qu’elles fixent un cadre relativement étroit et qu’elles se heurtent parfois au fonctionnement quotidien des EMS4 . » 1 Bulletin de l’Association vaudoise d’établissements médico-sociaux, numéro de juin 2010. Edito 2 Bulletin de l’Association vaudoise d’établissements médico-sociaux, numéro de juin 2010, p.8. 3 Bulletin de l’Association vaudoise d’établissements médico-sociaux, numéro de juin 2010, dossier 4 Bulletin de l’Association vaudoise d’établissements médico-sociaux, numéro de juin 2010, p.3.

Image 18 : Entrée principale de l’EMS

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 23 / 46 Au moment du projet d’étude de la construction de l’EMS de l’Orme, en 1993-1995 la situation de la dotation en lits d’hébergement gériatrique et psychogériatrique dans le canton de Vaud est la suivante : on dispose globalement de suffisamment de lits de ce type pour répondre à la demande. Il subsiste cependant des sources de déséquilibre : certaines zones sanitaires sont moins bien dotées que d’autres, l’implantation des EMS ne coïncide pas toujours avec la densité de l’habitat et les immeubles sont de valeur inégale. A cela s’ajoute la pression toujours plus grande qu’exerce la demande dans le domaine de l’hébergement psychogériatrique1 .

Outre un handicap ou une maladie nécessitant des soins somatiques éventuels, ces personnes exigent un encadrement spécialisé de type psychiatrique ou psychogériatrique (médecin, infirmier en psychiatrie, équipe soignante sensibilisée et formée en psychogériatrie). La situation de la région lausannoise est la suivante : LE NOMBRE DE LITS EXISTANTS EST INSUFFISANT et il y a un manque caractérisé de lits psychogériatriques. Qui plus est, l’avenir de l’hébergement psychogériatrique lausannois est lié à la personne des responsables en place, puisque nombre de ces EMS sont exploités en raison individuelle et disposent d’immeubles qui trop souvent n’offrent pas des conditions optimales.

Le projet de la future Fondation de l’Orme se place dans ce contexte. Il s’agit de construire un EMS psychogériatrique neuf de 56 lits (l’Ancien Stand), de démobiliser un EMS vétuste (Le Chalet de l’Orme à Lausanne) et d’en intégrer un troisième (Les Terrasses à Epalinges). Ces établissements travailleront en liaison avec le Service universitaire de psychogériatrie, le CHUV et les services de soins à domicile. Ils contribueront à la réduction de la durée de séjour dans ces hôpitaux de soins aigus ou à éviter des hospitalisations inappropriées, toutes choses susceptibles de réduire les coûts de l’hospitalisation.

Ils permettront d’améliorer la prise en charge des personnes souffrant de trouble du comportement, dont l’état empire lorsqu’elles ne peuvent pas être prises en charge dans un environnement adéquat. Le Grand Conseil Vaudois a pris la décision de construire l’EMS2 . Le PLAN PARTIEL D’AFFECTATION « Ancien-Stand » (PPA) no 6073 et le règlement qui l’accompagne présente un addenda ; dans le règlement initial, à l’article 2, on peut lire : le bâtiment B sera affecté à d’autres équipements de quartier (grande salle, restaurant, centre de loisirs, etc…). L’addenda (ajout) vient compléter l’article 2, en 2bis et l’on y lit : le bâtiment B peut aussi être affecté à un établissement médico-social.

Cet addenda a été approuvé le 22 mai 1992 par la Municipalité, Plan soumis à l’enquête publique à la Direction des travaux du 9 juin au 8 juillet 1992, addenda approuvé par le Conseil communal le 2 février 1993 et approuvé par le Conseil d’état le 16 avril 1993. Un addenda à un règlement permet d’accélérer les procédures de changement et de permettre dans ce cas la construction de l’EMS.

Le terrain est mis à disposition par la Commune de Lausanne ; elle en est propriétaire. La Fondation de l’Orme est au bénéfice d’un Droit distinct et permanent d’une durée de 99 ans. Il est situé dans le quartier de la Pontaise, près de la route des Plaines-du-Loup.

Les études d’implantation ont été menées en étroite collaboration avec le Service d’urbanisme de la ville de Lausanne, la direction des Centres médico-sociaux lausannois et le service de la santé publique, le tout sous l’impulsion et la direction de la Fondation pour la promotion d’établissements médico- sociaux (FOPRODEMS).

_ _ 1 Du Service de la santé publique : l’Exposé des motifs et projet de décret de février 1995 (EMPD) 2 EMPD, février1995 3 Le PLAN PARTIEL D’AFFECTATION « Ancien-Stand » (PPA) no 607 a été remis par le Service de l’urbanisme de Lausanne

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 24 / 46 Le terrain descend en pente douce du chemin de l’Ancien-Stand vers l’avenue du Vieux-Moulin. Sa position est optimale, située dans un quartier d’habitation, entre un bâtiment de services (poste et banque) et une école, ce qui lui confère une bonne accessibilité ainsi que de l’animation.

Le bâtiment principal est disposé perpendiculairement à la voie d’accès, avec une orientation sud de la plupart des chambres des pensionnaires. L’aile du bâtiment longe le chemin de l’Ancien- Stand avec l’orientation des chambres est-ouest. Le jardin est au sud, en contrebas. Il est fermé à l’est par une rangée d’arbres. Les accès de service et de la PC (Protection civile) se font au nord. Le bâtiment groupe plusieurs entités : 1) L ‘EMS proprement dit, il comprend cinquante-six lits de pensionnaires y compris les huit lits de courts séjours et une unité d’accueil temporaire (UAT). 2) Un centre médico-social qui regroupe l’équipe pluridisciplinaire du maintien à domicile de Borde-Bellevaux placé sous l’égide de l’Association lausannoise pour la santé et le maintien à domicile.

3) Un poste sanitaire de trente-deux lits et un poste d’attente pour formation. Cet ouvrage indépendant est totalement pris en charge par les organes de la PC. (Protection civile). Le bâtiment comprend trois niveaux sur rez ainsi que deux sous-sols. L’aile principale au nord est divisée en trois unités distinctes, cloisonnées verticalement, pour favoriser la vie comparable à celle d’une habitation familiale. Un monte-charge. Chaque « maisonnée » dispose d’un ascenseur.

L’ensemble du programme (sans l’ouvrage de protection civile) représente une surface de plancher de 4260 m2 pour un volume de 13 979 m3 SIA.

Le projet tient compte de toutes les exigences (1995) en matière d’isolation des bâtiments et d’économie d’énergie. Puissance thermique (chauffage et ventilation 250KW), puissance électrique (électricité 200KW).1 Le « Label Minergie » n’existant que depuis une dizaine d’années ne peut être mentionné en 1997 ! Monsieur Marc Vuilleumier, municipal popiste, actuellement directeur de la Sécurité et des Sports était, avec son épouse Monique, directeurs de l’EMS « Le Chalet de l’Orme ». En raison de la vétusté des lieux, le chalet a été démobilisé mais le nom « de l’Orme » a été conservé en souvenir.

La Fondation de l’Orme est un établissement médico-social qui accueille des personnes souffrant de troubles psychiatriques de l’âge avancé. Elle a basé sa philosophie sur le concept du « être chez soi » ; le « chez soi » définit une relation particulière qu’une personne entretient avec son cadre de vie, relation associée à la satisfaction de ses besoins fondamentaux : recherche de sécurité, maintien de son identité et de son intimité. La Fondation de l’Orme est un lieu de vie, elle met en place des structures souples permettant de s’adapter aux habitudes de vie des résidents ; elle est tolérante par rapport aux troubles du comportement et/ou d’orientation et elle cherche à comprendre le sens de ces troubles chez les résidents, ces derniers ont la possibilité d’exprimer leur manière d’être.

Elle privilégie les normes découlant de la vision du monde du résident, et non pas celles généralement acceptées par la société. La Fondation de l’Orme veille tout particulièrement à intégrer l’entourage de manière optimale2 .

Le bureau d’architecture Jacques Gross a reçu le mandat de construction ; le choix ne s’est donc pas fait sur concours. Les études ont duré de 1993 à 1995 et le chantier s’est déroulé d’octobre 1995 à fin juillet 1997. Les études et la construction sont financées par l’Etat de Vaud. La Fondation de l’Orme a pris un crédit hypothécaire auprès de la Banque Cantonale Vaudoise, avec une garantie de l’Etat de Vaud. Ce crédit sera amorti sur une période de 27 ans avec remboursement des intérêts et de la dette par le Service de la santé publique de l’Etat de Vaud.

_ _ 1 EMPD, février 1995 2 « tribu’ARCHITECURE », www.

tribu-ARCHITECTURE.ch et entretien avec Mme Gafner, voir Annexes

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 25 / 46 Coût de la construction : 12,64 millions de francs. La conception du projet a été la suivante : L’établissement permet d’accueillir quarante-huit personnes en long séjour, huit en court séjour et d’y adjoindre une unité d’accueil temporaire (UAT). Le « court séjour » correspond à un mois au maximum, le but étant de soulager la famille ou le conjoint mais de garder les gens le plus longtemps à leur domicile. L’unité d’accueil temporaire (UAT) accueille les gens la journée, environ 10 personnes par jour, ils rentrent le soir chez eux après souper et ne sont pas là le week- end.

Quatre principes ont guidés les fondateurs et la commission de construction et ont prévalu dans la conception de cet EMS : Donner la préférence au concept de l’habitation par rapport à celui d’hospitalisation Promouvoir la vie dans des petites unités rassurantes, pour éviter la désorientation Intégrer l’administration dans la vie des étages Privilégier la collaboration entre la direction et les partenaires sociaux. Image 19 : Plans de l’EMS Image 20 : Coupes L’organisation du bâtiment est détaillée par niveau comme suit : 2ème Sous-sol construction de protection civile indépendante 1er Sous-sol locaux de la PC indépendante, vestiaires, dépôts, locaux techniques et abri de l’EMS .

Rez inférieur est cuisines de l’EMS, salles à manger et séjours des trois unités de logement Rez inférieur ouest ergothérapie, UAT, cafétéria, dépôt et chaufferie Rez supérieur est seize lits répartis à raison de six chambres à un lit et de cinq chambres à deux lits avec locaux communs et de services Rez supérieur ouest hall d’entrée avec réception, unité de huit lits de court-séjour avec les services nécessaires 1er étage Chambres 2ème étage. Chambres, centre médico-social avec les locaux communs et archives nécessaires.

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 26 / 46 Monsieur et Madame Vuilleumier, directeurs, ainsi que Madame Véronique Gafner, infirmière- cheffe, actuellement directrice 1 ont travaillé ensemble dans les commissions de construction, de concert avec les architectes du bureau d’architecture Jacques Gross2 .

Madame Gafner précise qu’il a été très agréable de travailler avec ce bureau d’architecture car les architectes furent très à l’écoute des besoins et de la philosophie préconisés pour cet EMS. Ce qui se passe souvent dans les EMS, c’est que le bâtiment existe avant la fonction, la philosophie s’intègre a posteriori. La Fondation de l’Orme a eu la chance de pouvoir faire le contraire, c’est une des particularités de cet EMS.

La valeur essentielle défendue ici est que l’EMS de l’Orme est le lieu de vie des gens ! Pour le personnel dans son ensemble, que ce soit l’homme d’entretien, la secrétaire, l’infirmière, le message est de se dire qu’ils viennent travailler au domicile des personnes ! Pour répondre aux exigences du PPA et à la complexité du programme, à savoir, réunir trois fonctions : un abri de protection civile de taille importante, des bureaux pour le CMS et l’EMS, sur la parcelle désignée par la commune, les architectes ont été obligés d’ enterrer une partie du bâtiment et ont créé une forme en « L », dont la partie longue mesure 100m.

Il est évident qu’il fallait également respecter la limitation des coûts, ici Frs. 180'000.—le lit. Le budget a été si bien contrôlé et géré qu’il est resté un solde de Frs 300'000.—laissé à la disposition de la Fondation. Il a été nécessaire de réaliser un type de terrassement spécial, c’est-à-dire, introduire dans le terrain 80 pieux tubés-forés, sortes de colonnes en béton qui doivent traverser les mauvaises terres et aller jusqu’à la roche, soit à environ 20 mètres de profondeur. La mauvaise qualité du terrain résulte des différents remblais effectués lors de la construction du stand de tir.

La structure portante du bâtiment est faite de piliers et de dalles en béton. La toiture plate respecte le plan du quartier et contribue à conserver la vue. C’est aussi, selon l’architecte, une manière plus économique de construction. Le type de fenêtre utilisé est le bois métal. On conçoit la difficulté d’intégrer la philosophie de base de l’EMS « Etre chez soi : idée d’intimité, d’identité et de sécurité », dans une forme en « L ». Les longs couloirs font plus penser à un hôpital qu’à une maison ou à un appartement.

La solution a été trouvée en subdivisant la grande barre du « L » en trois parties, trois « maisonnées », ce qui évite une concentration trop importante de gens différents. La maisonnée du bout, côté Vieux Moulin, s’appelle « Symphonie », il y réside 18 personnes souffrant d’Alzheimer, sa couleur est ocre. La maisonnée du milieu s’intitule « Concerto », elle accueille 12 résidents, un peu plus jeunes, sa couleur est orange.

La troisième maisonnée s’appelle « Opéra », elle accueille des personnes atteintes d’Alzheimer mais dont le stade est moins avancé, sa couleur est violette. Le bureau de Madame Gafner se trouve ici.

Le pied du L « Intermède », de couleur vert-clair, intègre l’entrée principale de l’EMS et du CMS de l’Orme qui est située dans « le talon » du bâtiment, au no 4A de l’impasse de la route des Plaines-du-Loup. Devant l’EMS, il y une place handicapé et deux places visiteurs ; le parking souterrain projeté a été refusé pour permettre de privilégier les moyens de transport publics. La partie courte du bâtiment accueille les gens en court séjour, ainsi que le CMS (centre medico- social) qui déménagera en 2011 et laissera la place pour de nouvelles chambres. Les architectes ont déjà anticipé la transformation des bureaux en chambres ; il y a donc une arrivée d’eau possible.

1. Madame Gafner 2 Bureau Jacques Gross, Architecte 3 www.google. Günther Förg

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 27 / 46 Au rez inférieur, dans cette partie du bâtiment, il y a une cafétéria ainsi qu’un bar qui s’appelle, le « Bar Gross ». Sympathique hommage à l’architecte ! Ce qui montre la bonne collaboration des intervenants. . Image 21 : Bar Gross La spécificité de l’Orme est que chaque maisonnée dispose de sa propre équipe de soin, de son propre bureau d’infirmière et de sa propre couleur. Elle a en outre sa propre salle à manger, ainsi qu’une petite cuisine et une tisanerie (à chaque étage de la maisonnée) à disposition des familles afin de recréer une intimité, en plus d’une cuisine centralisée où l’on prépare les repas pour l’ensemble des résidents et des collaborateurs.

Des petites chambres ont été privilégiées afin de pouvoir bénéficier de plus d’espaces collectifs, dans l’idée que la chambre n’est destinée qu’au sommeil. Les chambres disposent d’un lavabo, une paroi coulissante peut séparer l’espace en deux. Il faut traverser un couloir pour se rendre à la salle de bains. Si l’on comprend la nécessité d’avoir de grands espaces dans les salles de bain, pour faciliter le travail du personnel, on ne peut s’empêcher de penser à des salles d’hôpital. Les nouveaux règlements imposent une salle de bains pour deux chambres.

Les chambres de l’EMS sont orientées côté sud, malheureusement, suite à la construction des immeubles locatifs Plaines-du-loup 2c et 2d, (2004) il n’y pas plus la vue sur les Alpes.

Etant donné que chaque maisonnée accueille des résidents qui ont des problèmes différents, l’organisation du travail est différente, les horaires le sont aussi et la formation des collaborateurs ayant des spécificités particulières diffèrent également. Cette forme de travail est une force car les résidents connaissent très bien les collaborateurs et ceux-ci connaissent très bien les résidents, mais cela peut devenir une faiblesse car l’interchangeabilité devient plus difficile. On peut imaginer la formation de clans, dans les maisonnées, ce qui ne serait pas heureux. Il faut tout de même remarquer que de nombreux collaborateurs travaillent dans l’EMS de l’Orme depuis l’ouverture de celui-ci.(1997).1 1 Entretien avec Mme Gafner.

Voir Annexes

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 28 / 46 On sait que les couleurs extérieures sont l’Oeuvre d’un artiste allemand renommé, Günther Förg (1952), il travaille en Allemagne et à Areuse, en Suisse. Pour les projets de 8 millions et plus, à l’époque, il était obligatoire de confier un mandat à un artiste, pour la création d’une oeuvre d’art. Cette démarche entre dans ce que l’on appelle le pour-cent culturel. L’artiste coloriste a proposé de symboliser les différents services. Les couleurs aident la lecture de l’organisation du bâtiment et permettent de se repérer. Il est intéressant de savoir qu’à l’intérieur du bâtiment, on ne retrouve pas du tout ces mêmes couleurs, il y a le rouge pour Opéra, le bleu pour Concerto et le vert pour Symphonie.

Si l’on comprend bien la subdivision en maisonnées sur la façade nord et dans le jardin, cette subdivision n’est pas du tout perceptible sur sa façade sud, tous les éléments sont semblables et l’organisation interne ne s’y lit pas, à moins de regarder la toiture et les systèmes d’ascenseurs. Des ginkgos montent le long de cette façade à espace régulier ; ce sont des arbres très résistants qui symbolisent l’éternité … Il y a de longues fenêtres rectangulaires avec stores. L’utilisation d’aluminium donne une sensation de légèreté. Image 25 : Façade sud Les portes donnant sur l’extérieur sont verrouillées pour des raisons évidentes de sécurité des résidents.

Un système de « tags » remplace les clefs et permet de pénétrer de l’extérieur par l’application magnétique de ces « tags » sur une surface compatible. Ces « tags » enregistrent tout, ils permettent de contrôler les entrées et les sorties. Les familles peuvent ainsi venir librement rendre visite à leur proche. Seuls cinq résidents actuellement sont capables de sortir seuls et disposent d’un « tag ». A l’intérieur du bâtiment, on remarque une constante recherche de lumière naturelle. Image 26 : Recherche de lumière Images 22, 23, 24 : Façade nord

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 29 / 46 Il y a une double circulation : verticale par maison pour les résidents et horizontale de maison en maison, pour les liaisons du personnel. Seul le Rez inférieur offre aux résidents de pouvoir se balader sur toute la longueur du bâtiment, c’est ce que l’on appelle la Rue du Village, le couloir est commun à tout l’EMS. Il y a toutes sortes d’activités, dont un coiffeur, on peut regarder à travers les baies vitrées de la cuisine par exemple ; le but étant de rester en contact avec la vie. A ce propos, il est intéressant de savoir que l’EMS possède un petit bus privé qui emmène parfois les résidents en vacances ! Depuis la Rue du Village, on accède au jardin et à la cafétéria.

C’est une chance pour un EMS situé presque en plein centre d’une ville de pouvoir jouir d’un grand jardin et d’un petit enclos avec 4 chèvres. Les résidents et les enfants du quartier y sont très attachés. Etant donné la pente du terrain, en arrivant dans le jardin, on fait face à un mur qui est très élevé. Il est recouvert de vigne vierge sur sa face intérieure, sans cette vigne vierge, on pourrait imaginer une sensation d’emprisonnement. Depuis l’extérieur de l’EMS, en regardant le jardin, on a un peu l’impression de regarder dans une « fosse ». Il est très intéressant de s’arrêter un instant sur ce jardin.

On remarque une terrasse collective, on voit un système de circulation portant des noms amusants, par exemple, av. de l’opéra, chemin du coup de barre, rue du sprint, etc… puis on trouve en alternance des petits carrés de gazon et des terrasses privatives, avec sièges et parasols, on comprend qu’il y a un rapport entre l’organisation intérieure et extérieure. Chaque maisonnée dispose de son jardin particulier, c’est un rappel de la partie bâtie et un respect d’intimité, tout en ayant une terrasse ouverte à tous.

On voit qu’il y a une recherche de décoration paysagère dans ce jardin. Plusieurs vélos peints recouverts de fleurs y sont disposés. A l’extrémité, côté est, proche de la rue du Vieux-Moulin, (on ne la voit pas mais on entend passablement les voitures), on voit et on sent les chèvres. Ce jardin est bien protégé, par le mur de béton et par des arbres. Il est évident qu’il y a une recherche d’intimité de l’intérieur vers l’extérieur comme de l’extérieur vers l’intérieur. La sécurité est évidemment primordiale, il ne faudrait pas qu’un résident puisse s’en aller.

Disposer d’un jardin dans une construction de cette ampleur, en ville, est un privilège.

Image 27 : Le jardin

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 30 / 46 La Fondation de l’Orme s’occupe de personnes qui souffrent de problèmes psychiatriques de l’âge avancé, à savoir : ce sont des gens qui ont en principe plus de 65 ans mais pas toujours ; ils sont atteints de différentes démences (troubles cognitifs). Actuellement, l’EMS compte 51 personnes définitives, 8 personnes en court séjour et 10 personnes passent la journée dans l’établissement.

Il existe également une unité qui est un peu l’interface entre l’hôpital et l’appartement pour le type de troubles suivants : schizophrénie, dépression ou alcoolisme.

La philosophie se heure parfois à la réalité ; étant donné le développement des structures de soins à domicilie, les gens peuvent heureusement rester chez eux plus longtemps mais lorsqu’ils arrivent en EMS, ils sont malheureusement de plus en plus dépendants et atteints dans leur santé physique ; ils nécessitent alors beaucoup de soins.

Il faut bien se rendre compte que le 98% des gens qui arrivent en EMS n’en n’ont pas du tout envie1 . Le tarif 2010 par jour et par personne s’élève à Frs 157,85 à l’Orme I et à Frs 162,30 à l’Orme II qui comprend tout l’aspect socio-hôtelier. En ce qui concerne les soins, ce sont les caisses maladie qui paient. L’état prend en charge les frais des personnes économiquement démunies2 _ _ 1 Entretien avec Mme Gafner. Voir Annexes 2 Entretien avec Mme Gafner. Voir Annexes

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 31 / 46 En 2002, il y a eu une mise au concours, en vue de l’extension de l’EMS de l’0rme (Orme II) Selon l’EMPD de 2006, on apprend que le projet (Sur les Bancs d’Aléria par tribu’ARCHITECTURE) est lauréat de 25 candidats.

Trois buts principaux sont visés : 1) Construire un nouvel EMS à côté de l’EMS Fondation de l’Orme de 30 lits C 2) Démobiliser l’EMS des Terrasses à Epalinges 3) Créer un centre d’accueil pour les écoliers du collège voisin. Il prévoyait la création d’un bâtiment distinct de l’Orme I avec des locaux communs. Pour des raisons économiques, ce projet a été considérablement modifié au cours du développement des études. C’était irréaliste de créer un socle sur l’avenue du Vieux-Moulin et maintenir les niveaux dédié aux écoliers.

Le nouvel EMS est composé d’un bâtiment en forme de parallélépipède sur quatre niveaux orientés Est-Ouest et a été ouvert en novembre 2009. L’extension garde la même philosophie du « Etre chez soi » ; Les résidents peuvent se rendrent dans l’une ou l’autre des structures, d’aucuns pour profiter du jardin, d’autres du matériel audiovisuel. Les chambres sont beaucoup plus grandes que dans le bâtiment principal1 car suite aux nouvelles normes en vigueur sur la construction d’EMS dès 2003, il a fallu envisager, un wc, une douche et un lavabo pour deux résidents.

Cette construction a aussi été envisagée, pour une éventuelle transformation en appartement protégé.

Les lits C correspondent à une définition du type d’accueil et de soins pour tous les EMS. Image 28 : Extension de l’EMS 1 « tribu’Architecture »

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 32 / 46 4. SYNTHESE ET CONCLUSION Afin de comprendre si l’EMS de l’Orme est bien inséré dans le quartier de l’Ancien-Stand, il a été mis en perspective au cours de ce travail l’étude du contexte historique, l’analyse du terrain, l’observation des bâtiments et la problématique des EMS. Il a été démontré que la morphologie du quartier présente des limites claires et des bâtiments homogènes, que même si les gens du quartier ne sont pas tous conscients de l’origine du nom « Ancien-Stand », ils trouvent leur identité dans cet endroit, ils se réfèrent à l’Ancien-Stand et non à la Pontaise.

La sensation de sécurité est relevée par les parents puisqu’ils peuvent laisser les enfants dans les espaces de jeux et de sport sans souci étant donné que la circulation à l’intérieur des espaces se fait par un réseau de sentiers. Les gens du quartier apprécient la gratuité et la surveillance des piscines. La qualité de vie est agréable bien qu’il manque des commerces d’alimentation. Image 29 : Piscine Image 30 : Pataugeoire

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 33 / 46 Il a été créé un vaste espace paysager qui équilibre les « barres d’habitation ».

L’immense végétation compense largement le béton, elle forme même « une ceinture » au nord par la lisière de forêt. Les toitures plates et les constructions semi enterrées permettent un dégagement qui offre une vue spectaculaire. Les couleurs des bâtiments du quartier, ocre, blanc-bleuté, verte, s’intègrent à la nature, seul le violet de l’EMS reste particulier. Il n’y a jamais la sensation d’écrasement.

Image 31 : Sensation d’espace Ce quartier bénéficie d’une facilité d’accès, par bus, par voiture, il y a un parking relais à la Blécherette ; ou même par avion, l’aérodrome de la Blécherette étant tout près. Le centre ville est à dix minutes à pied. Au moment de la construction de l’EMS de l’Orme, en 1995, il faut se rappeler que les habitations Plaines-du Loup 2c et 2d, (2004) que la salle omnisports (2005) et que l’extension de l’EMS (2009) n’existaient pas. Le préau de l’école était donc plus grand et la vue sur les Alpes dégagée. Son positionnement entre la Poste et l’Ecole, à l’entrée Sud, est optimal, du point de vue accessibilité ; l’insertion de cet EMS dans un quartier vivant lui procure de l’animation.

Bien que construit environ trente ans après les autres bâtiments, l’EMS reprend la conception de la « barre » et de l’espace traversant sur sa surface au sol : sa « Rue du Village », au rez inférieur. Le respect du toit plat, conforme au règlement de construction, donne bien sûr un effet d’homogénéité.

Du point de vue urbanistique, l’EMS de l’Orme et son extension sont implantés d’une manière logique, ils apportent une mixité supplémentaire au quartier et j’aime beaucoup le fait qu’ils soient en face d’une école dont le préau et le petit parc forment une sorte de trait d’union entre les générations extrêmes. En regardant le quartier par ses circulations extérieures, depuis la rue du Vieux Moulin, l’EMS principal, son extension et l’école sont en enfilade, ils sont serrés les uns contre les autres. Le coup d’œil est moins heureux. Depuis les Plaines-du Loup, on remarque surtout la verdure entourant les bâtiments.

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 34 / 46 Du point de vue architectural, les bâtiments du quartier se ressemblent, c’est logique puisqu’ils doivent répondre aux règlements des plans de construction qui sont très stricts. Les architectes du bureau Jacques Gross et tribu’ARCHITECTURE ont trouvé des solutions qui s’intègrent bien à la démarche des années 1960, où l’habitation de type logement social par barre était prônée. En ce qui concerne la forme du bâtiment de l’extension, elle apparaît moins intéressante que celle du bâtiment principal.

Du point de vue humain, l’EMS a tout à fait sa place dans la vie du quartier et au vu de ce que Madame Gafner, directrice, a transmis, il y a des rencontres organisées et une recherche de synergie entre les résidents et les habitants.

Actuellement, la demande d’EMS dépasse largement l’offre. En terme de ce que le quartier de l’Ancien-Stand peut offrir, il faut constater qu’il n’y plus de zone constructible. Une modification pourrait intervenir à l’intérieur de l’EMS principal, à savoir à la place des bureaux CMS, créer des chambres. Il est envisageable également d’ouvrir des appartements protégés dans l’extension de l’EMS, le bâtiment « Mélodie ».

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 35 / 46 Ce travail a touché à un problème de société : il n’est presque plus possible, sous nos latitudes et surtout en ville, de mélanger les générations dans un même appartement. La disponibilité des jeunes parents à l’égard de leurs propres parents est très réduite. L’allongement de la durée de vie pose les problèmes de dépendance physique ou psychique des personnes qui malgré la mise sur pied d’aide sociale à domicile n’ont plus d’autre choix que d’aller finir leur vie, dans un appartement protégé, dans un EMS ou à l’hôpital.

L’EMS apparaît alors comme un « mal nécessaire ».

Il est d’autant plus important de l’intégrer dans un tissu urbain pour que l’accessibilité et l’animation soit les plus grandes possible afin de faciliter les échanges et les visites. Dans un but de plus grande mixité, on peut imaginer la construction d’un bâtiment qui regrouperait une garderie d’enfant, un grand magasin et des logements d’habitation. Il est naturellement difficile de trouver des espaces adéquats en ville, mais implanter un EMS en pleine campagne et l’isoler à la manière d’une prison, d’un ghetto n’est pas acceptable car il faut garder la vie dans la vie !

A la question de savoir si l’EMS de l’Orme dans le quartier dit de « l’Ancien-Stand » est une insertion réussie ? Les résultats de l’étude permettent de répondre par l’affirmative ! La grande découverte dans l’élaboration de ce travail fut ma prise de conscience de l’importance du domaine politique dans l’urbanisme et l’architecture. J’ai été impressionnée par l’organisation des plans d’affectation et par les contraintes fixées dans les règlements de construction. La création architecturale doit donc trouver des solutions cohérentes et esthétiques dans la contrainte.

Il y a beaucoup de travail de recherche d’archives qui touche à l’histoire, à la géographie et à la sociologie.

L’urbanisme et l’architecture, c’est étudier le passé d’un territoire, de ses bâtiments et de ses habitants, pour lui donner une vie aujourd’hui et construire pour nos lendemains.

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 36 / 46 5. Annexes Quelques questions posées à Madame Gafner : -Est-ce que l’EMS a été construit pour héberger en priorité les personnes âgées du quartier ? Si oui, quel pourcentage est-ce que cela représente ? L’EMS n’a pas été construit pour héberger en priorité des personnes du quartier. Bien entendu, si une personne correspond aux critères de l’EMS et qu’en plus elle habite le quartier, elle sera prioritaire.

-D’où viennent les autres résidents ? Les résidents proviennent en majorité de Lausanne et environs. -J’aurais aussi souhaité avoir votre avis sur l’adaptation de l’EMS dans le quartier et les relations avec ce dernier ? Au début, lors de la construction, nous avons fait deux séances d’information pour les personnes du quartier.

Il y avait beaucoup d’appréhension et la crainte que les personnes âgées puissent agresser les enfants dans le préau de l’école. Il a fallu les rassurer. L’EMS est actuellement bien implanté et ne fait plus du tout peur ! -Quelles sont les interactions entre la population du quartier et les résidents ? Nous avons des contacts avec la Société du Quartier Nord, aussi, toute l’année, nous collaborons à des manifestations comme par exemple : La Journée des Voisins Echanges intergénérationnels avec la garderie du quartier, régulièrement et plusieurs Fois par mois.

La Fête de Noël avec les enfants des classes de l’école voisine Depuis 7 ans, participation à la semaine du goût, avec repas tout public dans l’EMS Vente de vide grenier sur le trottoir devant l’EMS Exposition de peinture dans l’EMS Journée Portes Ouvertes une fois l’an. Nous avons à cœur de ne pas couper les contacts avec l’extérieur pour que les résidents ne soient pas totalement coupé du monde de la société et ceci malgré leur trouble. Quels sont les points forts de l’EMS ?

Une philosophie réfléchie et pensée avant la construction, ce qui a mis en fonction nos valeurs : créer un cadre architectural en lien avec notre concept de soins.

Nous avons un grand jardin, ce qui est loin d’être le cas des EMS en milieu urbain. Le fait d’avoir des critères d’admission différents d’une maisonnée à l’autre est essentiel. Le capital humain est important pour nous. La Fondation de l’Orme se projette dans l’avenir, elle ne reste pas figée, elle a des projets, comme l’exploitation d’appartements protégés dans le quartier de la Borde (mars 2011). Quels sont les points faibles ?

Aucuns.

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 37 / 46 A votre avis, est-ce que l’EMS de l’Orme est une insertion réussie ? Je peux affirmer, même si dans le fond je ne suis pas tout à fait objective, que l’EMS de l’Orme soit bien intégré dans le quartier. Le voisinage s’est aussi bien habitué à notre présence et n’a fait aucune opposition, par exemple, lors de notre nouvelle extension. Nous n’avons aucun problème. Pensez-vous que le projet « Métamorphose, écoquartier », le long des Plaines-du-Loup occasionnera des changements en ce qui concerne l’EMS ?

Je ne pense pas fondamentalement que notre fonctionnement va être modifié, tout en étant claire avec vous, que j’ai de la difficulté à me projeter dans les changements que « Métamorphose » va entraîner. Je pense par contre que les services de soins à domicile vont être confrontés à une arrivée importante de population. Je sais que ce service est déjà entrain d’étudier et de travailler sur la création d’un centre médico-social supplémentaire.

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 38 / 46 Quelques questions posées à l’architecte, Monsieur Jacques Gross.

Dans quel cadre urbanistique l’EMS s’est-il développé ? Dans les années 1960, la ville de Lausanne a dû faire face à une grande croissance démographique qui s’est accentuée à nos jours ; dans les années 1990 le quartier de l’Ancien-Stand est très dense en terme de population aussi, l’implantation d’un EMS autour d’habitations autour d’une école et autour de bâtiments de service est judicieuse. Pourquoi ne pas l’avoir construit au centre ville ?

Par manque de place constructible à cet endroit-là. A quels problèmes avez-vous été confrontés dans la réalisation de ce projet ? Il y a eu une limitation importante des coûts de construction : CHF 180'000.—le lit, mais le budget a été respecté avec un disponible de CHF 300'000.—qui a été laissé à la Fondation. En raison des remblais pour la construction du Stand de tir, le terrain était très mauvais et il a fallu réaliser environ 80 pieux tubés-forés (sorte de colonnes en béton traversant les mauvaises terres jusqu’à la roche, soit entre 15 et 20 m. de profondeur). La limitation de la hauteur du bâtiment, exigée par le PPA, a nécessité l’ »enterrement » d’une partie du bâtiment pour réaliser la totalité du programme des locaux.

La complexité de la construction qui devait réunir trois fonctions, un abri PC, un EMS et des bureaux pour un CMS a demandé beaucoup de réflexion.

Quelle est la structure portante du bâtiment ? Ce sont des piliers et des dalles en béton. Comment sont les circulations à l’intérieur du bâtiment ? Elles sont à double fonction : verticale, par maisonnées, pour les personnes âgées et horizontale pour les liaisons du personnel. Pourquoi ces couleurs ? Le concept de mise en couleurs a été utilisé pour pouvoir permettre aux personnes âgées de s’orienter au mieux.

Elles sont dues à l’intervention de l’artiste de renommée mondiale Günther Förg. On peut voir son site sur Internet.

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 39 / 46 Quelques questions posées à tribu’ARCHITECTURE Pourquoi avez-vous dû faire un concours et combien de concurrents étiez-vous ? La Loi vaudoise sur les marchés publics impose depuis 1998 de mettre les services (mandats d’architecture et d’ingénieurs) ainsi que les travaux de construction en concurrence publique.

Nous avons été vingt-cinq participants à remettre un projet, en octobre 2002. Qui a organisé le concours ?

La Fondation de l’Orme, avec la participation de Département de la santé et de l’action sociale de l’Etat de Vaud. Dans quel but ? Afin d’augmenter la capacité de lits de l’EMS de l’Orme, à savoir de passer de 56 lits à 84. Pour ce faire, la Ville de Lausanne a octroyé un droit de superficie prévu dans le plan partiel d’affectation. Pourquoi cette couleur ? Pour jouer sur les mêmes tons du parc, elle est « marketing » aussi, on la repère. Que pensez-vous de l’EMS de l’Orme construit par le bureau Gross ? Je ne suis pas apte à juger cet EMS mais en soi je le trouve plutôt bien réussi.

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 40 / 46 Entretien avec Monsieur Marx Lévy.

Né en 1924 à Tramelan, de parents juifs alsaciens et suisses. Il suivit ses écoles à Bienne. C’était une ville socialiste. L’intérêt de Marx Lévy pour la politique s’est éveillé très tôt, il se sentait proche des communistes. « Je ne voulais pas choisir une vie d’artiste, pensant alors qu’on doit gagner sa vie par la production de biens de consommations courante. L’activité artistique devait venir en surcroît, produit du temps libre, hors du cycle marchand. Je choisis donc l’architecture, un art appliqué ». « M. Lévy vint à Lausanne où l’école d’architecture venait de s’ajouter à celle d’ingénieurs.

Dès cette époque, les trois domaines : architecture, politique et surréalisme ont imprégné sa conduite de vie. Il aime à marcher en ville, il l’étudie dans la rue. Il faut se méfier des façades dit-il, » l’architecture exprime une continuité de l’intérieur vers l’extérieur : cette même observation s’applique au bâtiment ou à la ville. » « En tant qu’étudiant, il a pu participer au CIAM (Congrès internationaux d’architecture moderne) en 1947 à Bergame, il y rencontra Le Corbusier. Une dizaine d’années plus tard, M. Lévy demanda qu’on fasse appelle à cet éminent architecte en vue de la réalisation de l’Exposition nationale (1964).

La demande sera rejetée. » « Marx Lévy, à l’instar du Corbusier n’aura jamais le titre officiel d’architecte. D’ailleurs il revendiquerait plutôt celui d’urbaniste.

Qu’est-ce que l’urbanisme ? Une politique construite . . Rarement hélas ! C’est l’ art de combiner l’ambition et la négociation, dit-il. » En ce qui concerne la politique et l’urbanisme, Monsieur Lévy connaît bien le sujet car il a été pendant 16 ans conseiller communal (1957-1973) , le hasard a fait qu’il est devenu municipal, directeur des travaux, « Urbaniste en chef » de 1974 à 1981. Il fut victime de la première élection des municipalités par le peuple dans le canton de Vaud, il fut recalé et dut réintégrer son bureau privé ; peu d’élus locaux ont subi autant de procès d’intention que lui.

Il a réfléchi à des plans de quartier inventifs et courageux et on lui doit aussi la reprise de la vie du Casino de Montbenon, (bâtiment qui a failli être détruit), les négociations avec les PTT pour sauver les Galeries du commerce et l’installation du Conservatoire dans les dites galeries, l’âme du quartier Sous-Gare, la fête à Lausanne. Il est très malheureux de ce qui est advenu de la vallée du Flon.

Concernant le projet de l’Ancien Stand, nous avons parlé des contraintes que la croissance démographique de 1960 imposaient et la difficulté de trouver des solutions de logement où un maximum de personnes pouvaient habiter sans « massacrer » le terrain. Alors que l’époque montrait des maisons de 3 ou 4 étages, Monsieur Lévy a proposé l’implantation, sur ce terrain bien isolé par rapport à l’entourage, d’un projet d’architecture plus radical, de type « Unité d’habitation corbuséenne ». Le projet n’a pas été réalisé. J’ai trouvé en Monsieur Lévy une personnalité passionnante, bouillonnante, cultivée et humaniste, empreinte de culture chinoise, un penseur, un visionnaire.

Je suis reconnaissante.

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 41 / 46 Enquête auprès de quelques habitants du quartier de l’Ancien-Stand. Trente personnes de tout âge et de toute nationalité ont accepté de répondre à quelques questions concernant leur vie dans le quartier ; je suis bien consciente, vu l’échelle du quartier, 957 habitants, que le nombre de réponses n’est pas représentatif et donne plus un coup d’œil qu’un éclairage.

La qualité de vie qu’offrent la proximité de la nature, de la forêt, du parc, de la piscine, de l’école et la possibilité de se faire des copains est relevée par les parents et les enfants.

La cohabitation avec les résidents de l’EMS ne pose pas de problème particulier puisque j’ai pu comprendre qu’on ne les remarquait pas beaucoup. Les bâtiments eux-mêmes, à part la couleur, n’ont pas occasionné de remarques. 1) Vous sentez-vous faisant partie du quartier de la Pontaise ou de l’Ancien-Stand ? 29 personnes ont répondu de l’Ancien-Stand.

2) Aimez-vous habiter dans ce quartier et si oui pourquoi ? Oui parce que j’y ai plein de copains et que l’on peut jouer au foot sans problème. Oui parce qu’il y a beaucoup d’arbres. Oui parce que pour les enfants, c’est hyper pratique, c’est un peu moins pratique pour moi pour faire les courses, je n’ai pas de voiture et le petit magasin ne me plaît pas. La pharmacie est proche. Oui mais comme les maisons deviennent vieilles, il y a beaucoup de travaux et cela occasionne du bruit.

J’aime aller à la piscine gratuitement. Il n’y a pas assez de places de parc privées. On peut aller se balader tout de suite en forêt.

29 personnes ont répondu oui. 3) Savez-vous pourquoi le quartier s’appelle « Ancien-Stand » ? Beaucoup de réponses négatives mais un petit enfant asiatique m’a expliqué qu’il avait appris l’histoire du quartier à l’école et il a pu me le dire, il m’a également dit que le restaurant « Le Jasmin » est un restaurant vietnamien car sa mère y a travaillé.

10 personnes connaissent l’origine du nom, 20 non. 4) Savez-vous ce qu’est le bâtiment coloré à l’entrée du quartier ? Les gens hésitaient entre une maison pour personnes âgées ou pour des malades. Comment trouvez-vous les couleurs ? On s’habitue ! Le violet était choquant à l’époque. 20 personnes répondent correctement, 8 non et 2 sans avis

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 42 / 46 5) L’idée d’avoir implanté un EMS dans le quartier, près d’une école, comment trouvez-vous ? Je ne sais pas Cela ne me dérange pas, on les voit pas J’aime bien les animaux dans le jardin Les couleurs sont pas terribles Je trouve très bien d’intégrer les personnes âgées, elles ont été des enfants.

25 personnes étaient favorables et 5 sans avis.

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 43 / 46 Statistiques

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 44 / 46

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 45 / 46 BIBLIOGRAPHIE OUVRAGES GENERAUX INSA : Inventaire Suisse d’Architecture 1850-1920 – Lausanne, Préface de Paul-René Martin, Syndic de Lausanne, 11 octobre 1989. P. 231. P. 293. Une Place pour Lausanne, Entretiens avec Marx Lévy par Jean-Claude Péclet suivis de Flon 90 de P. Foretay, M. Lévy et A. Berchten. Editions 24 heures.

P.14 à 33. Unité d’Enseignement A : Ville et Jardin : Histoire et Projet, EPFL. Semestre hiver 2009, le 23 octobre Professeurs : Martine Jaquet, Emmanuelle Bonnemaison et Eric Kempf. « Quartier de l’Ancien-Stand-Vieux Moulin » Etudiants Gauthier Raymond, Kaufmann Andreas, von Bergen Markus. P.8, P.9, P 11 et 12, P. 34.

Les Cahiers du Laboratoire de Construction et Conservation, 2009. EPFL- ENAC-IA : Histoire (s) de Lausanne. P. 16 à 20, La Capitale du nouveau canton, Jean Charles Biaudet, Histoire de Lausanne. P. 24 à 29 La Seconde moitié du Xxe siècle, B. Marchand, D. Dupuis, S. Malfroy, D. Zanghi, C. Fähndrich, Lausanne dans le contexte du second après-guerre. ARTICLES « Journal du Nord » : Waker Georges, règlement sur le plan d’extension de la ville de Lausanne, no 4, décembre 1942 Waker Georges, projet d’urbanisme à l’étude pour les quartiers du Nord, no 3, 1943 Waker Georges, collège de la Pontaise, no 4, décembre 1945 Waker Georges, l’origine des noms des rues de notre quartier, no 2 juin 1946 Pfister F.

réanimation du quartier de la Pontaise. Un centre pour personnes âgées, no 143, 1982. Un EMS à l’Ancien-Stand… ça démarre, « Chronique » no 193, 1995. « Le Courrier » provenant du site « Métamorphose », 23 septembre 2010, Jérôme Cachin. Bulletin de l’Association vaudoise d’établissements médico-sociaux, numéro de juin 2010. Edito, dossier. P. 3, P. 8.

EMPD février1995, Exposé des motifs et projet de décret remis par le Service de la santé publique. PLANS Plan partiel d’affectation no 607 « Ancien-Stand » Addenda au plan de quartier légalisé « Ancien-Stand » no 607 Plans et coupes de l’EMS remis par le bureau d’architecture Jacques Gross. SITES http://en.wikipedia.org/wiki/G%C3%BCnther_F%C3%B6rg artiste allemand ayant peint la façade nord de l’EMS http://www.google.ch. Ville de Lausanne recherche sur Centre de vie enfantine, Apems, piscines www.tribu-Architecture renseignements sur l’extension de l’EMS www.métamorphose recherche sur l’écoquartier

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 46 / 46 IMAGES 1 EMS de l’Orme, façade sud Sophie Baldy-M. p. 1 2 EMS de l’Orme, façade nord Sophie Baldy-M. p. 2 3 Extension de l’EMS, Rue du vieux-Moulin Sophie Baldy-M. p. 6 4 Plan de 1989 , p.11, travail de Gauthier R, Kaufmann A, von Bergen M. p. 9 5 Sports d’hiver, p 31, travail de Gauthier R, Kaufmann A, von Bergen M. p. 10 6 Stand de tir. Journal du Nord no 109, 1968 p. 11 7-8 Projets Lévy et Tschumi, p.34, travail de Gauthier R, Kaufmann A, p. 12 von Bergen M.

9 Plan 607 (PPA) courbes de niveau p. 13 10 Vue aérienne,p.21, travail de Gauthier R, Kaufmann A, von Bergen M.

p. 13 11 Vue sur les Alpes, salle ominsports Sophie Baldy-M p. 14 12 PPA 701 Sophie Baldy-M. p. 15 13 Barre route des Plaines-du-Loup 10 à 24 Sophie Baldy-M. p. 17 14 Ecole, tour et barre Sophie Baldy-M. p. 17 15 Bâtiments 2c,2d Sophie Baldy-M. p. 18 16 Préau, petit parc, extension et EMS Sophie Baldy-M. p 18 17 Banque et poste Sophie Baldy-M. p. 19 18 Entrée EMS Sophie Baldy-M. p. 22 19-20 Plans et courbes, bureau Jacques Gross p. 25 21 Bar Gross Sophie Baldy-M. p. 27 22-24 Façade nord EMS Sophie Baldy-M. p. 28 25 Façade sud Sophie Baldy-M. p. 28 26 Recherche de lumière Sophie Baldy-M. p.

28 27 Le jardin Sophie Baldy-M. p. 29 28 Extension de l’EMS Sophie Baldy-M. p. 31 29-30 Piscine et pataugeoire Sophie Baldy-M. p. 32 31 Sensation d’espace Sophie Baldy-M. p. 33

Vous pouvez aussi lire