Travail de maturité

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3m1, 08.11.10 Travail de maturité L’EMS de l’Orme : une insertion réussie? Elève : Sophie Baldy-Moulinier Maître : Mme Barraud Gymnase : Auguste Piccard

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Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 2 / 46 Travail de maturité L’EMS de l’Orme : une insertion réussie? Elève : Sophie Baldy-Moulinier Maître : Mme Barraud Gymnase : Auguste Piccard Image 2 : EMS de l’Orme, façade Nord

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Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 3 / 46 REMERCIEMENTS Je tiens à remercier très sincèrement Madame Marie-Antoinette Barraud pour le suivi de ce travail, le bureau d’architecture Jacques Gross pour son accueil et ses remarques, Madame Véronique Gafner pour le temps précieux qu’elle m’a consacré, tribu’ARCHITECTURE pour avoir répondu à mes questions, Monsieur Marx Lévy pour son humanité, Madame Irène Vogel Chevroulet pour la direction donnée à mes recherches, Monsieur Guy-Bernard Saudan pour son aide en informatique, Madame Martine Jaquet et toutes les personnes rencontrées dans les bureaux d’archives, d’urbanisme, de la santé publique ainsi que les gens du quartier de l’AncienStand qui m’ont accordé un peu de leur temps.

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Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 4 / 46 RESUME DE LA RECHERCHE Ce travail questionne le choix de l’insertion de l’Etablissement médico-social de la Fondation de l’Orme dans le quartier de l’Ancien-Stand, à la Pontaise. Il touche aux domaines de l’urbanisme et de l’architecture ainsi qu’à la problématique de l’accueil de personnes souffrant de troubles psychiatriques de l’âge avancé.

Premièrement, une partie historique présentera l’évolution et la modification de la ville de Lausanne à partir du XIXe siècle jusque dans les années 1960, date de la création du quartier de l’Ancien-Stand, suite au déménagement du stand de tir en 1959.

Deuxièmement, il y aura une reconnaissance du quartier ainsi qu’une analyse, par ordre chronologique de construction, de l’emplacement et de la typologie des bâtiments de l’AncienStand et de leur impact sur la qualité de vie de ses habitants.

Troisièmement, l’Etablissement médico-social de l’Orme sera étudié, sous l’angle de son histoire, de sa philosophie et de son fonctionnement. L’analyse de sa construction se fera sur la base des plans d’architectes, sur l’étude de l’Exposé des motifs et projet de décret de février 1995, présenté par le Conseil d’Etat au Grand Conseil du Canton de Vaud, ainsi que par des visites sur le site. Il sera question de l’intégration de ce bâtiment et de ses résidents dans la vie du quartier. Quatrièmement, la synthèse et la conclusion montreront que les résultats de la recherche définissent le quartier de l’Ancien-Stand comme homogène, que l’architecture issue du courant moderne, de type habitat social, sur le principe de « barre » n’est jamais écrasante et que l’Etablissement médico-social de l’Orme en forme de « L couché » s’intègre tout à fait à l’ensemble.

La vie y est de qualité. Les interactions entre la population du quartier et les résidents se font en étroite collaboration avec la « Société du Quartier du Nord » et la direction de l’EMS. Cinquièmement, il sera présenté sous forme d’« Annexes » les diverses questions posées, les réflexions et réponses obtenues, lors des rencontres avec Madame Véronique Gafner, directrice de l’EMS, les architectes du bureau Jacques Gross, auteurs du projet, avec Monsieur Marx Lévy, ancien municipal des travaux de Lausanne et les gens du quartier.

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Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 5 / 46 Table des matières Remerciements p. 3 Résumé de la recherche p. 4 Avant-propos p. 6 Abréviations p. 7 1.Historique p. 8 1.1 Le quartier de la Pontaise p. 9-10 1.2 Un stand pour la ville p. 11-12 2. Reconnaissance du quartier de l’Ancien-Stand et analyse du terrain p. 13-14 2.1 Les bâtiments du quartier par ordre chronologique de construction p. 15-16 2.2 Description et typologie des bâtiments p. 17-20 2.3 Le quartier de la Pontaise aurait-il vocation d’accueillir des centres pour personnes âgées ? p. 21 3. L’établissement médico-social de la Fondation de l’Orme, Plaines-du-Loup 4A p.

22-31 4. Synthèse et conclusion p. 32-35 5. Annexes Madame Gafner p. 36-37 Monsieur Gross p. 38 tribu’ARCHITECTURE p. 39 Monsieur Lévy p. 40 Enquête auprès de quelques habitants du quartier de l’Ancien-Stand p. 41-42 Statistiques p. 43-44 BIBLIOGRAPHIE p. 45 IMAGES p. 46

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Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 6 / 46 AVANT-PROPOS La découverte d’une ville pour moi se fait en marchant ! Le rythme des pas donne la mesure au regard, la topographie est ressentie par le mouvement, la sonorité des lieux renseigne sur l’activité humaine, le tempo de la marche donne du temps à la réflexion et offre une liberté qu’aucun autre moyen de transport peut m’apporter. Au gré de mes balades, au nord de la ville, j’ai été frappée par la couleur verte, « vert-pomme Grany-smith » d’un bâtiment situé en bordure de l’avenue du Vieux-Moulin. Je l’ai trouvée osée, soutenue, intense et belle ; en contraste avec la couleur verte de l’herbe du talus sur lequel cette construction est ancrée.

J’ai été curieuse de connaître la fonction de cette maison. Image 3 : Extension de l’EMS de l’Orme Il s’avère que c’est l’extension de l’Etablissement médico-social de l’Orme ; ce bâtiment a été ouvert en 2009 et a été construit par « tribu ‘ARCHITECTURE ». Cette découverte fut le point de départ de mon travail de maturité : m’intéresser au bâtiment principal de cet EMS qui est un logement collectif construit spécifiquement pour un type de population en principe âgée, atteinte de troubles cognitifs, de l’humeur, du comportement et /ou de la personnalité. Cette construction a été réalisée par le bureau d’architecture Jacques Gross et fut mise en service en 1997.

Il s’agit de l’EMS de la Fondation de l’Orme, 4a Route des Plaines–du-Loup, 1018 Lausanne. Il est situé à la Pontaise, plus particulièrement dans le quartier dit de l’Ancien-Stand.

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Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 7 / 46 Abréviations INSA Inventaire Suisse d’Architecture 1850-1920 Lausanne SCRIS Service cantonal de recherche informatique de la statistique CVE Centre de vie enfantine APEMS Accueil pour enfants en milieu scolaire EMS Etablissement médico-social CMS Centre médico-social PC Protection civile EMPD Exposé des motifs et projet de décret accordant à la Fondation de l’Orme la prise en charge du service de la dette, ainsi que la garantie de l’emprunt pour financer la construction de l’EMS Ancien-Stand, à Lausanne.

1995 FOPRODEMS Fondation pour la promotion d’établissements médico-sociaux UAT Unité d’accueil temporaire SIA Société des Ingénieurs et Architectes

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Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 8 / 46 1. Historique Le début du XIXème siècle est pour la ville de Lausanne une période d’évolution démographique, économique et culturelle, qui correspond à la mise en place graduelle des conditions nécessaires aux transformations plus considérables de la seconde moitié du siècle. La ville se modifie dans son aspect ; l’augmentation de sa population l’oblige à trouver de nouvelles possibilités de logements et pour cela à sortir de ses murs. L’anarchie qui régnait dans la construction ne faisait pas qu’entraver l’urbanisme lausannois, elle permettait une plus grande liberté dans la conception des immeubles.

L’essor considérable de construction de bâtiments publics caractérise la première décennie du siècle. Ce n’est qu’en 1881 que Lausanne peut disposer d’un RPC (règlement sur la police des constructions). L’aménagement urbanistique n’est pas encore visé mais bénéficie déjà de diverses prescriptions. Le règlement du 10 mai 1897 fait date dans l’histoire lausannoise car il confère des pouvoirs considérables à l’autorité communale. Autour de 1900, une enquête1 sur les conditions de logement démontre (déjà) une pénurie d’habitations bon marché et décrit l’insalubrité de la plupart d’entre elles.

Dans les années 19502 , on va chercher à valoriser le potentiel paysager d’un site tout en créant des habitations individuelles suite à la substitution massive des anciennes campagnes par des quartiers coordonnés (habitation et verdure).

On ne peut manquer de s’interroger sur les raisons qui expliquent la longue continuité, tout au long du développement urbain de Lausanne, de cette manière de traiter la ville comme une composition paysagère. Les années 19603 sont marquées à Lausanne par un changement d’échelle au niveau urbain, la ville s’étend beaucoup hors de ses limites. En janvier 1960 : La Municipalité de Lausanne prévoit la construction de 1000 logements subventionnés et à loyers modérés dans les quartiers suivants : Bellevaux, Bois-Gentils, « L’Ancien Stand », la Borde. _ _ 1 INSA 1850-1920, préface de Paul-René Martin, réf.

p. 7 2 Cahiers du Laboratoire de construction et de conservation 2009, p. 24 3 « Quartier de l’Ancien-Stand-Vieux-Moulin, étudiants Gauthier R, Kaufmann A, Von Bergen M .EPFL semestre d’hiver 2009

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Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 9 / 46 1.1 Le Quartier de la Pontaise Le quartier de la Pontaise1 est situé au nord de Lausanne, sur le versant droit de la rivière Petit-Flon. On pense que le nom Pontaise que l’on écrivait avec un h jusqu’en 1900 provient d’une vieille famille lausannoise aujourd’hui éteinte. « Les Pontheys », cités de 1293 à 1588, possédaient les terrains où se trouve actuellement le quartier.

Les plans antérieurs à 1850 ne signalent aucune construction, il n’y a que des champs, des prés et des vignes. Le Stand de tir, mis en service en 1867, agrandi en 1876 a nécessité un défrichement de la forêt environnante, sur une surface importante ainsi qu’un aplanissement du terrain ; sa longueur atteignait 450m.

Pour que la vision soit bonne, il y a eu trois terrassements successifs afin d’éliminer des buttes. Image 4 : Plan de 1989 En 1888 déjà, une étude fut faite pour tenter de déplacer ce stand et trouver un meilleur emplacement. En 1929 un accident coûta un œil à une dame et posa à nouveau la question de la sécurité. Le transfert sera décidé sur le territoire de la commune de Romanel en 1959. L’Orphelinat inauguré en 1873, devenu bâtiment scolaire et le Stand sont les premières constructions du quartier.

L’édification des Casernes (Louis Dériaz, architecte) en 1877 donne un mouvement à la construction et le quartier prend corps. Des rues sont tracées et reçoivent des noms. Vers 19002 , les premières constructions commencent à s’incruster le long de l’Avenue du VieuxMoulin ; par leur taille on peut définir des maisons d’habitation, destinées à une population ouvrière. En 1905, La Prison du District (Bois-Mermet) a été bâtie dans une grande enceinte octogonale ; elle est située en dehors de la ville.

1 « La Chronique du Nord, no 4 de 1945 », Georges Waker ; Service des Archives 2 « Quartier de l’Ancien-Stand-Vieux-Moulin, étudiants Gauthier R, Kaufmann A, Von Bergen M .EPFL semestre d’hiver 2009

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Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 10 / 46 Le milieu urbain a envahi la région de la Pontaise. Il reste peu d’empreintes historiques, dans le quartier. Le « plateau » du stand de tir qui fut utilisé comme site de sports d’hiver par les Lausannois, avant la construction du quartier et les terrasses créées par l’érosion sont certainement les marques les plus présentes. Image 5 : Sports d’hiver peu avant la construction du quartier L’Est de la parcelle du stand de tir est marquée par un vallon. La dénomination Vieux-Moulin vient de la présence à cet endroit, en haut de la rue de la Borde, d’un moulin, datant de l’époque bernoise.

Il sera détruit lors du voûtage de la rivière, pour des questions de salubrité. Son dernier meunier se nommait Edouard Droguet ; il est devenu un des membres fondateurs de la Société des amis de la Pontaise.

Avant la 2ème guerre mondiale, le sport prend ses aises dans l’Ancienne place d’arme qui deviendra le Stade le la Pontaise.

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 11 / 46 1.2 Un stand pour la ville Le tir, sport national par excellence avait depuis fort longtemps de nombreux adeptes à Lausanne. La plus ancienne société de tir locale, l’Abbaye de l’Arc, fut fondée en 16911 . Le premier grand tir ou tirage organisé à Lausanne fut le tir fédéral de 1836. Il eut lieu dans le domaine du château de Beaulieu, où un stand provisoire fut installé.

Après beaucoup de palabres, il fut décidé de créer un stand à la Pontaise. (Inauguration en 1867).

Image 6 : Stand de tir, vue aérienne Ce stand fut agrandi en 1876 pour recevoir le tir fédéral et plusieurs transformations successives eurent lieu pour répondre aux besoins des nouvelles cartouches. En 1888 déjà, une étude fut entreprise pour trouver un meilleur emplacement de tir sur la commune de Lausanne. En 1942, monsieur Pilet2 , architecte, chef au plan d’extension de la ville de Lausanne a présenté ses vues. Faire de l’urbanisme dit-il, « c’est voir grand et surtout voir loin dans le développement futur des quartiers. » Il exposa le nouveau règlement : un plan directeur et sept plans de zone.

Le quartier du Nord qui nous occupe ici fait partie de la zone urbaine. Un projet des travaux à l’étude de 1942 nous informe qu’il y aura un aménagement de la place de la caserne, qu’il y aura la création du nouveau stand et l’aménagement de la place du stand actuel. L’armée souhaite garder dans un périmètre restreint le stand de tir, la caserne et la place d’arme. C’est compréhensible mais c’est sans tenir vraiment compte de l’accroissement de la population, de la densification de l’habitat, de la sécurité et du bruit des tirs. « La question du transfert du Stand traîne en longueur et le projet rencontre de farouches oppositions et des experts étudient un nouvel emplacement un peu plus au nord ; en attendant, les habitants de Bellevaux et de la Pontaise savourent comme il se doit la pétarade dominicale3 .

Le stand déménagera à Vernand en 1959, libérant ainsi un terrain important qui donnera son nom au quartier dit de « L’Ancien-Stand » et c’est en 1960 qu’a lieu la Mise à l’Enquête du premier plan de quartier de l’Ancien Stand avec une occupation maximale du terrain.

1 « Journal du Nord » de 1943, no 3, Georges Waker et INSA p 231 réf. p.7 2 « Journal du Nord » de 1942, no 4 Georges Waker 3 « Journal du Nord » de 1946, no 2 Georges Waker

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 12 / 46 Deux projets élaborés par de grands architectes se feront face ; l’un, celui de M. Marx Levy1 qui est une unité d’habitation corbuséenne dans un parc, l’autre, une composition d’inspiration beauxarts de J. Tschumi qui intègre une tour de 225m. Symbole pour l’Exposition nationale à venir (1964). Ces projets n’ont pas été retenus.

Image 7 : Projet Marx Lévy Image 8 : Projet Tschumi L’importance de la construction sur ce terrain est telle que la commune confie le projet à une association d’architectes afin de définir un plan de masse dont la version définitive a vu le jour en avril 1961 par l’Atelier des Architectes Associés (AAA). Les mises à l’enquête des plans pour les différents immeubles dates de 1962 et 1964 et l’inauguration du quartier a eu lieu le 10 février 19672 .

La construction du quartier est une nouveauté, il est de grande ampleur et est séparé des autres parties de la ville. Dans le cadre de la recherche de la production de logements collectifs, l’élaboration du quartier de l’Ancien Stand durera 10 ans environ, (dès 1951). 1 Voir Annexes, rencontre avec M. Marx Lévy, ancien municipal des travaux de 1974 à 1981 2 « Quartier de l’Ancien-Stand-Vieux-Moulin » Gauthier R, Kaufmann A, von Bergen M, semestre d’hiver 2009 EPFL

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 13 / 46 2. Reconnaissance du quartier de l’Ancien-Stand et analyse du terrain Au nord du quartier se trouve la forêt du BoisMermet.

La lecture d’ancienne carte nous montre qu’à l’est du quartier coule le ruisseau du PetitFlon ; il a été voûté entre 1894 et 1899, 1 pour des questions de salubrité. Le sud et l’ouest sont « cintrés » par les rues du Vieux-Moulin et des Plaines du-Loup.

Le terrain est marqué par l’érosion due au ruisseau et descend en différentes terrasses. On se rend bien compte que ce terrain a été aplani, en son milieu, en vue de créer le stand de tir. Il continue à descendre en pente douce, jusqu’à la rue du Vieux-Moulin. Sur la photocopie du plan de quartier « Ancien Stand » de 1961 on voit clairement les courbes de niveau et l’implantation des futurs bâtiments. Image 9 : Plan 1961 avec courbes de niveau Il est possible de faire le tour du quartier de l’Ancien-Stand à pied ; en effet, en partant du côté sud, à la jonction de l’avenue du Vieux-Moulin et de la Route des Plaines-du-Loup, on remonte à l’ouest par la route des Plaines-du-Loup jusqu’au croisement du chemin de l’Ancien-Stand sur la droite, côté nord en lisière de forêt.

Cette forêt s’appelle « Le Bois-Mermet », et est certainement célèbre grâce à la prison qui est proche. Le chemin (plutôt sentier) de l’Ancien Stand rejoint à l’est l’avenue du Vieux-Moulin ; la jonction se situe près du Dépôt TL de la Borde. En remontant l’avenue du Vieux-Moulin, on rejoint le bâtiment de la Poste.

La route des Plaines-du-Loup et celle du Vieux-Moulin sont apparues très bruyantes. Il est intéressant de constater qu’une impasse de la route des Plaines-duLoup a été créée pour pénétrer à l’intérieur du quartier de l’Ancien-Stand. Le panneau indicateur mentionne : Route des Plaines-du-Loup nos 2 à 24. Cette impasse est ouverte aux voitures jusqu’à la limite de l’école. Il y a des places de parc privées extérieures et des garages à l’intérieur du bâtiment de logements, nos 2-à-24. Une rangée d’arbres a été plantée le long de l’impasse.

Image 10 : Vue aérienne du quartier 1 INSA p. 293, réf.

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 14 / 46 Du point de vue des transports publics, le quartier est très bien desservi par deux Bus, le no 1 (Maladière-Blécherette) « Casernes » et le bus 3 (Lausanne-Gare-Bellevaux) « Vieux-Moulin ». Cela le rend très proche du centre ville. Les voitures bénéficient d’une sortie d’autoroute, il y a également un parking-relais à la Blécherette. Des places de parc en zone bleue bordent la courbure de la route des Plaines-du-Loup, sur toute sa longueur.

En observant ce quartier depuis ses circulations extérieures, on est frappé par la masse d’arbres très variés, par la quantité de végétation et de gazon qui entoure les bâtiments ; au nord on trouve la forêt.

En regardant en direction du sud, il y a un énorme dégagement et on peut apercevoir les Alpes ; vers l’est on a une vue sur la colline de Sauvabelin. Avec un dégagement pareil et une végétation si abondante, les habitants du quartier ont de la chance, c’est un plus à leur qualité de vie. Les familles2 sentent leurs enfants en sécurité ; ils peuvent sortir seuls et aller jouer sans craindre les voitures ; les espaces de verdure sont immenses et les jeux ont été restaurés et portés aux normes actuelles de sécurité ; les piscines et pataugeoires sont gardées et gratuites pour chacun.

Image 11 : Vue sur les Alpes Selon le recensement le plus récent, celui de 2008, on dénombre 957 habitants dans ce quartier3 . Sa surface en hectares est de 7,5 et sa densité à l’hectare est de 127,6. C’est en 1979 que l’on dénombre le plus d’habitants : 1028. A titre de comparaison, en 2008 Lausanne compte 130'721 habitants pour une surface de1'814,4 hectares et une densité à l’hectare de 72,0 et en 1979 il y avait 128'421 habitants. 2 Voir Annexes, enquête auprès des habitants du quartier. 3 SCRIS, Evolution et densité de la population, quartiers statistiques lausannois de 1979 à 2008. réf.

p 7.

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 15 / 46 2.1 Les bâtiments du quartier par ordre chronologique de construction En septembre 19621 : Mise à l’enquête des plans pour les premiers immeubles Route des Plaines-du-Loup 10 à 24 et Chemin de l’Ancien-Stand 2 à 10 et 12 à 18 par l’Atelier des Architectes Associés (AAA). En 1964 : Mise à l’enquête des plans pour les immeubles au nord de la parcelle Chemin de l’Ancien-Stand 20 et 22 à 28 par les architectes Jaccottet et Haechler.

En 1964 : Construction des piscines, pataugeoires et APEMS. En 1966 : Ouverture des portes du Centre de vie enfantine à l’intérieur du bâtiment « 22 à 28 ».

En 1967 : Mise à l’enquête des plans pour l’école du Vieux-Moulin Route des Plaines-duLoup 6 par l’architecte P. Quillet. Le bâtiment de la banque et de la poste a été construit en 1978 par les architectes Favre et Weber2 . En 1997 a lieu l’inauguration de l’EMS de l’Orme. Atelier d’architecture Jacques Gross. En 2004 construction par les architectes « Groupe Y» des bâtiments locatifs des Plaines-du-Loup 2c, 2d pour la Société coopérative d’habitation « Cité-Derrière 2 ».

En 2005 a lieu l’inauguration de la nouvelle salle omnisports. Atelier d’architecture CCHE. En 2009 l’extension de l’EMS de l’Orme est mis en service. Tribu’ARCHITECTURE. 1 G.Raymond, A.Kaufmann. M. von Bergen sur le Quartier de l’Ancien-Stand, semestre d’hiver 2009. EPFL p 8 à 12 2 Martine Jaquet , déléguée à la protection du patrimoine Image 12 : Bâtiments du quartier

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 16 / 46 Il est extrêmement intéressant de lire les « Prescriptions spéciales » qui accompagnent le plan de quartier de 1961. Il concerne l’implantation des bâtiments, l’élévation, l’architecture, l’esthétique, les garages, les zones de verdure.

A la lecture de ces « prescriptions », on prend conscience des contraintes énormes exigées pour la construction des bâtiments ; de ce fait la sensation d’homogénéité qui règne sur ce terrain s’explique bien. Hormis l’EMS et son extension, il y a sept bâtiments d’habitation, un bâtiment public qui comporte la poste « Pontaise 1018 Lausanne 18 » et la BCV. La banque 3 a fermé ses guichets en février 2008 car il y a trop de succursales BCV proches les unes des autres, (Bellevaux, Bergières) ; il ne reste donc plus que le bancomat ; les locaux de la banque sont tout de même conservés, dans l’attente de la densification de population, entraînée par le projet Métamorphose.

6000 nouveaux habitants sont prévus dans le quartier, soit un tiers de la croissance démographique attendue dans les 15 à 20 prochaines années4 .

Il y a une école (Ecole du Vieux-Moulin) et une salle omnisports adjacente ; des terrains de sport en tartan ainsi qu’ une piscine et une pataugeoire, les vestiaires sont à demi enterrés. Le Centre de vie enfantine se trouve dans le bâtiment 22 à 28. Il est intelligent d’avoir implanté les bâtiments locatifs en périphérie du terrain, laissant le « plateau », souvenir du tracé du stand de tir, aux constructions d’utilité publique et au gazon pour le sport et la détente. La création de l’impasse facilite l’accès aux bâtiments de services et crée un point de jonction, une sorte de trait d’union entre la ville et le quartier.

L’EMS a été construit sur une parcelle de ce « plateau ».

3 Renseignements obtenus par BCV Lausanne 4 « Le Courrier » du 23 septembre 2010, article de Jérôme Cachin.

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 17 / 46 2.2 Description et typologie des bâtiments Les constructions de ce quartier sont de grande ampleur, c’est un geste architectural radical puisqu’on évite les modules résidentiels individuels. Les trois « barres » de 1962, de couleur ocre, à l’ouest de la parcelle, sont traitées de la même manière ; seule leur longueur diffère ; huit entrées pour la barre située côté Plaines-du Loup (nos 10 à 24), cinq pour celle située à l’Ancien-Stand (nos 2 à 10) , et quatre entrées pour celle sise à l’Ancien-Stand (nos 12 à 18).

Image 13 : Plaines-du-Loup 10 à 24 La conception de ces bâtiments présente une surface au sol en retrait, il y a cinq à six étages et les appartements de deux à cinq pièces sont traversant ; la partie séjour, avec balcon, est orientée au soleil couchant (ouest) et la partie nuit côté « plateau » (est), le côté nuit est plus tranquille. Si la majeure partie des appartements est située Est-Ouest, il y en a aussi quelques uns qui sont situés au Sud avec balcons dans cette orientation. En ce qui concerne la plus longue barre, celle située sur la route des Plaines-du-Loup, (10 à 24), à l’étage d’accès dans le bâtiment, il y a des commerces : une pharmacie qui doit être très pratique pour les gens du quartier, un restaurant vietnamien, « Le Jasmin », un salon de coiffure et un magasin d’alimentation, peu prisé des habitants car le choix des produits est restreint et le prix peu compétitif.

Des garages intérieurs, en sous-sol, sont aménagés, ainsi que des places de parc au nord de la parcelle. Les rez-de-chaussée des immeubles sont marqués par un retrait par rapport à la façade, cela forme une rue à l’intérieur du bâtiment. La structure d’accueil des écoliers, APEMS, se situe dans la barre ocre sur l’Ancien-Stand (nos 12-18), côté Est du bâtiment avec accès direct à l’espace verdure. Elle est ouverte le matin, à midi et en fin de journée.

Le bâtiment qui à première vue marque le quartier est la tour de 15 étages, en béton bleuté au chemin de l’Ancien-Stand no 20, au nord du terrain, il a été construit en 1964.

Son orientation Nord-Sud place ses balcons (Sud) en face d’une vue impressionnante sur les Alpes. Le bâtiment à ses côtés, en forme de barre, qui a également été construit en 1964, (Ancien Stand nos 22 à 28) délimite la parcelle et équilibre l’ensemble, ce bâtiment fait penser au mur d’extrémité du stand de tir.

Image 14 : Tour, barre et école

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 18 / 46 Le Centre de vie enfantine se trouve dans la barre Ancien-Stand 22 à 24. Il s’agit d’une garderie municipale qui a ouvert ses portes en 1966 et qui comptait une soixantaine d’enfants. En 1992 d’importants travaux dont une véranda et un pavillon de bois sont venus agrémenter l’endroit. Les enfants sont accueillis de 14 semaines à 6 ou 7 ans, actuellement il y a 88 places et on compte 25 éducatrices.1 Au sud de la parcelle, les deux bâtiments d’habitation de couleur ocre, Plaines-du-Loup 2c et 2d comportent trois étages et leurs entrées sont face à face.

Ces maisons sont plus récentes, (2004), elles ont été construites par « Groupe Y », bureau d’architecture qui n’existe plus . Ces constructions sont isolées de la rue du Vieux-Moulin par une rangée d’arbres ; un parking extérieur privé leur est réservé, côté sud. Les balcons en retrait m’apparaissent très sombres et l’espace « Jeux d’enfants » traité au minimum. Il est vrai que le quartier dans son ensemble jouit de plusieurs parcs avec jeux.

Image 15 : Plaines-du-Loup 2c, 2d En ce qui concerne les bâtiments de service, le premier construit est celui de l’Ecole primaire du Vieux-Moulin, route des Plaines-du-Loup no 6. C’est un bâtiment en béton, les montants des fenêtres sont peints en bleu et les stores sont de couleur turquoise. Le préau de l’école, côté sud du bâtiment, a été rétréci pour permettre la construction de l’extension de l’EMS de l’Orme , le bâtiment « Mélodie ». La salle omnisports, à demi enterrée, faite de béton et de baies vitrées a été ouverte en 2005 et est divisée en trois parties. Elle peut accueillir de nombreux sports et peut contenir 800 spectateurs.

Les terrains de sport sont attenants à l’école et sont proches de la piscine qui a un bassin de 25mx12m et de la pataugeoire. Les vestiaires des piscines et les toilettes sont à demi enterrés.

Image 16 : Préau, parc extension et EMS Entre le préau de l’école, l’extension de l’EMS et son bâtiment principal, il y a un petit parc aménagé avec quelques bancs et l’on peut se rafraîchir à l’ombre de grands arbres : érables, tilleuls ou noisetiers. 1 Site officiel de la ville de Lausanne, précisions sur le Centre de vie enfantine.

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 19 / 46 Depuis ce parc, on découvre la « face » nord et multicolore de l’EMS de l’Orme. Ces couleurs sont : ocre, orange, violet, vert-clair ; elles me semblent un peu passées, elles auraient besoin d’un coup de « jeune » et l’on se demande l’effet qu’elles ont dû faire sur les habitants du quartier lors de la mise en service du bâtiment.

Dans les faits, le violet a eu du mal à être accepté1 .

Il est intéressant de constater que l’école fait face à l’EMS, les deux extrémités de la vie se rencontrent. Au début de la construction de l’EMS, il y a eu deux séances d’information pour les gens du quartier afin de répondre aux appréhensions des parents concernant d’éventuelles agressions des résidents sur la personne des enfants ; on sait qu’il y a une recherche constante de synergie entre les générations et que l’EMS ne fait plus du tout peur. Il n’y a d’ailleurs pas eu d’opposition lors de la mise à l’enquête de l’extension2 .

Un muret marqué de l’inscription « Il n’est pas d’arbre que le vent n’ait secoué » délimite la parcelle de l’EMS de l’Orme.

En réfléchissant à ce texte, on peut comprendre que l’être humain peut être comparé à un arbre, à un orme qui sait, et que la vie c’est le vent ! Ainsi, tout être humain dans son histoire de vie peut être secoué. Ce muret délimite le parc et laisse place à une petite route en descente qui permet l’accès à l’extension de l’EMS et aux entrées de service de l’EMS principal. La liaison entre les deux EMS se fait par un couvert en béton.

A l’entrée du quartier, on trouve le bâtiment de la BCV et de la Poste qui, bien que construit en béton, ne s’intègre pas ; sa construction est moins lisible, sa toiture est plate, recouverte d’herbe sèche ; il y a des ajouts en béton qui surchargent le bâtiment. Image 17 : Banque et poste Le quartier de l’Ancien-Stand est très bien délimité et les bâtiments sont homogènes. L’orientation a été pensée pour obtenir un maximum de lumière et créer un vaste espace paysager. Les toitures plates et les constructions semi enterrées permettent un dégagement qui offre une vue spectaculaire. La circulation à l’intérieur des espaces se fait par un réseau de sentiers qui offre de la sécurité et de la tranquillité, des espaces de jeux et de sports.

L’immense végétation compense largement le béton, elle forme même « une ceinture » au nord par la lisière de forêt. Il n’y a jamais la sensation d’écrasement. Ce quartier bénéficie d’une facilité d’accès, par bus, par voiture ou même avion, l’aérodrome de la Blécherette étant tout près. Le centre ville est à dix minutes à pied. Pour faire face au développement démographique important, il a été pensé de loger un maximum de personnes sur ce terrain ; pour rappel, sa densité à l’hectare est de 127,6 ; c’est plus qu’en ville si l’on considère que Lausanne à la même époque (2008) a une densité à l’hectare de 72.0.

Cela reste pourtant dans des normes faibles puisqu’une densité de 400 habitants à l’hectare est considérée comme forte3 .

1 Enquête auprès des habitants de quartier, voir Annexes 2 Entretien avec Madame Véronique Gafner, infirmière cheffe de l’EMS de l’Orme, voir Annexes 3 Entretien avec M. Michel Schuppisser, urbaniste.

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 20 / 46 C’est une réussite urbanistique et architecturale car grâce à la disposition des bâtiments, le terrain n’a pas été « massacré ». Il faut savoir que les appartements sont à loyers modérés et que l’on rencontre une mixité de population intéressante, du point de vue de l’âge : bébés fréquentant la garderie, enfants allant à l’école, personnes âgées, résidents de l‘EMS, employés de services ; du point de vue des nationalités également.

Les commerces sont peu représentés dans le quartier, ce qui est un point faible car il n’est pas toujours facile, pour une famille, de faire ses courses, sans utiliser les transports, publics ou privés.

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 21 / 46 2.3 Les deux articles de journaux suivants ont pour but de montrer comment les lausannois ont été sensibilisés et informés par la presse concernant la création d’un CMS et d’un EMS dans le quartier de la Pontaise. Le quartier de la Pontaise aurait-il vocation d’accueillir des centres pour personnes âgées ? « Réanimation du quartier de la Pontaise1 . Un centre pour personnes âgées : il a été dénombré dans le quartier de la Pontaise plus de 700 ménages de personnes âgées. (1982). Ces personnes sont attachées à leur milieu, et plus particulièrement à leur quartier.

Un certain nombre d’entre elles ont besoin d’être secourues, sans pour autant les déraciner de l’endroit où elles ont vécu une grande partie de leur existence. Une fondation sans but lucratif est en formation dans le but de créer un centre médico-social pour personnes âgées dans le quartier et plus particulièrement dans l’immeuble Mont-Banc 1, rue de la Pontaise 49. Bâtiment (dans un état de délabrement avancé) qui fait face à la Caserne... » Quelques treize ans plus tard, en 1995, l’article « La chronique-Le Nord 2 » nous informe : Un EMS à l’Ancien-Stand...çà démarre : « La construction d’un EMS à l’Ancien-Stand avait fait couler en son temps beaucoup d’encre.

La Société de développement du Nord, qui espérait voir la construction, sur ce terrain, d’une « grande salle », était intervenue, avant de décider d’être partenaire dans l’élaboration d’un Centre œcuménique et de quartier au Bois-Gentil. A suivi alors une valse-hésitation : construira l’EMS, construira pas, faute de moyens financiers. » « Le canton dispose de suffisamment d’établissements médico-sociaux, sauf dans la région lausannoise où les lits psychogériatriques font cruellement défaut. La petite dizaine d’établissements spécialisés dans la prise en charge de personnes âgées souffrant de troubles du comportement (maladie d’Alzheimer, démence sénile,...) croule sous les demandes émanant notamment des services de soins à domicile, ainsi que d’autres EMS classiques, qui ne peuvent pas imposer des résidents trop perturbés à des gens qui ont toute leur tête.

L’idée de base est qu’un EMS doit être une maison, pas un hôpital ; il doit offrir un cadre de vie familier et permettre le maintien de certaines habitudes domestiques.

Le projet d’EMS de l’Ancien-Stand est pris en main par Marc et Monique Vuilleumier, directeurs de deux petits EMS psychogériatriques, le Chalet de l’Orme sur les hauts de Lausanne et l’EMS Les Terrasses à Epalinges. Avec des représentants de divers services sanitaires, ils constitueront la « Fondation de l’Orme ». L’EMS comptera 56 lits et le projet coûtera 12,64 millions de francs. La Fondation de l’Orme ne disposant pas de fonds propres empruntera la totalité de cette somme. En principe, l’Etat de Vaud garantira les emprunts souscrits et prendra en charge le service de la dette. Les travaux pourraient débuter ce printemps déjà.

(1995). 1 « Journal du Nord » de 1982, no 143, p.9 F. Pfister. 2 « Journal du Nord » 1995, no 193, p.5.

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 22 / 46 3. L’établissement médico-social de la Fondation de l’Orme, Plaines-du Loup 4 A. La construction d’établissements médico-sociaux touche à la problématique du vieillissement de la population. Les EMS représentent l’un des trois piliers de la politique médico-sociale du canton de Vaud, dirigée par le département des affaires sociales et son chef Monsieur Pierre-Yves Maillard et celui de l’Economie de Monsieur Jean-Claude Mermoud. Les EMS complètent les Services de soins à domicile (CMS) et les logements protégés. Il serait naturellement plus heureux de pouvoir garder ses aînés à la maison ; mais l’âge avancé amène des problèmes de santé physique ou psychique impossible à gérer pour les familles.

Les personnes dépendantes doivent avoir recours à ces structures spécialisées, même si elles n’en n’éprouvent pas l’envie. A partir de 2000, le Service de la santé cherche à combler l’immense retard pris dans la construction d’EMS et vise à augmenter la capacité du nombre de lits, tout en souhaitant supprimer les chambres à trois lits. La volonté politique est en route. Depuis plusieurs années, l’AVDEMS (l’Association vaudoise d’établissements médico-sociaux) contribue activement au développement de principes éthiques et de référentiels professionnels clairs pour l’hébergement médico-social.1 La votation du 27 septembre 2009 inscrit dans la Constitution vaudoise que l’Etat et les Communes garantissent aux personnes qui, en raison de leur âge, de leur handicap ou de l’atteinte à leur santé aient accès à des lieux d’hébergement adaptés à leurs besoins2 .

En moins de 20 ans, la population hébergée dans les EMS vaudois s’est considérablement modifiée. En 2010 n’entrent en EMS plus que des personnes très âgées, souvent déjà fortement atteintes dans leur santé, qui requièrent un niveau de soins et d’accompagnement très élevé. « Dans un même laps de temps, on a observé un développement massif du nombre et du type de normes appliquées au secteur médico-social. Les institutions sont confrontées à un enjeu de taille : rester avant tout des lieux de vie et conserver une âme, malgré les normes et l’uniformisation3 .

Depuis 2003, la construction d’EMS doit répondre dans le canton de Vaud à des directives architecturales spécifiques, les DAEMS (Directives Architecturales EMS).

Ces DAEMS sont d’abord un rappel de toutes les normes existantes en matière de handicap, de sécurité et de feu ou de santé au travail, dont il s’agit de tenir compte lorsque l’on veut construire ou rénover un EMS. Le problème est qu’elles fixent un cadre relativement étroit et qu’elles se heurtent parfois au fonctionnement quotidien des EMS4 . » 1 Bulletin de l’Association vaudoise d’établissements médico-sociaux, numéro de juin 2010. Edito 2 Bulletin de l’Association vaudoise d’établissements médico-sociaux, numéro de juin 2010, p.8. 3 Bulletin de l’Association vaudoise d’établissements médico-sociaux, numéro de juin 2010, dossier 4 Bulletin de l’Association vaudoise d’établissements médico-sociaux, numéro de juin 2010, p.3.

Image 18 : Entrée principale de l’EMS

Travail de maturité 2010-2011 Sophie Baldy-Moulinier 23 / 46 Au moment du projet d’étude de la construction de l’EMS de l’Orme, en 1993-1995 la situation de la dotation en lits d’hébergement gériatrique et psychogériatrique dans le canton de Vaud est la suivante : on dispose globalement de suffisamment de lits de ce type pour répondre à la demande. Il subsiste cependant des sources de déséquilibre : certaines zones sanitaires sont moins bien dotées que d’autres, l’implantation des EMS ne coïncide pas toujours avec la densité de l’habitat et les immeubles sont de valeur inégale. A cela s’ajoute la pression toujours plus grande qu’exerce la demande dans le domaine de l’hébergement psychogériatrique1 .

Outre un handicap ou une maladie nécessitant des soins somatiques éventuels, ces personnes exigent un encadrement spécialisé de type psychiatrique ou psychogériatrique (médecin, infirmier en psychiatrie, équipe soignante sensibilisée et formée en psychogériatrie). La situation de la région lausannoise est la suivante : LE NOMBRE DE LITS EXISTANTS EST INSUFFISANT et il y a un manque caractérisé de lits psychogériatriques. Qui plus est, l’avenir de l’hébergement psychogériatrique lausannois est lié à la personne des responsables en place, puisque nombre de ces EMS sont exploités en raison individuelle et disposent d’immeubles qui trop souvent n’offrent pas des conditions optimales.

Le projet de la future Fondation de l’Orme se place dans ce contexte. Il s’agit de construire un EMS psychogériatrique neuf de 56 lits (l’Ancien Stand), de démobiliser un EMS vétuste (Le Chalet de l’Orme à Lausanne) et d’en intégrer un troisième (Les Terrasses à Epalinges). Ces établissements travailleront en liaison avec le Service universitaire de psychogériatrie, le CHUV et les services de soins à domicile. Ils contribueront à la réduction de la durée de séjour dans ces hôpitaux de soins aigus ou à éviter des hospitalisations inappropriées, toutes choses susceptibles de réduire les coûts de l’hospitalisation.

Ils permettront d’améliorer la prise en charge des personnes souffrant de trouble du comportement, dont l’état empire lorsqu’elles ne peuvent pas être prises en charge dans un environnement adéquat. Le Grand Conseil Vaudois a pris la décision de construire l’EMS2 . Le PLAN PARTIEL D’AFFECTATION « Ancien-Stand » (PPA) no 6073 et le règlement qui l’accompagne présente un addenda ; dans le règlement initial, à l’article 2, on peut lire : le bâtiment B sera affecté à d’autres équipements de quartier (grande salle, restaurant, centre de loisirs, etc...). L’addenda (ajout) vient compléter l’article 2, en 2bis et l’on y lit : le bâtiment B peut aussi être affecté à un établissement médico-social.

Cet addenda a été approuvé le 22 mai 1992 par la Municipalité, Plan soumis à l’enquête publique à la Direction des travaux du 9 juin au 8 juillet 1992, addenda approuvé par le Conseil communal le 2 février 1993 et approuvé par le Conseil d’état le 16 avril 1993. Un addenda à un règlement permet d’accélérer les procédures de changement et de permettre dans ce cas la construction de l’EMS.

Le terrain est mis à disposition par la Commune de Lausanne ; elle en est propriétaire. La Fondation de l’Orme est au bénéfice d’un Droit distinct et permanent d’une durée de 99 ans. Il est situé dans le quartier de la Pontaise, près de la route des Plaines-du-Loup.

Les études d’implantation ont été menées en étroite collaboration avec le Service d’urbanisme de la ville de Lausanne, la direction des Centres médico-sociaux lausannois et le service de la santé publique, le tout sous l’impulsion et la direction de la Fondation pour la promotion d’établissements médicosociaux (FOPRODEMS).

1 Du Service de la santé publique : l’Exposé des motifs et projet de décret de février 1995 (EMPD) 2 EMPD, février1995 3 Le PLAN PARTIEL D’AFFECTATION « Ancien-Stand » (PPA) no 607 a été remis par le Service de l’urbanisme de Lausanne

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