LE DEVELOPPEMENT DURABLE : SON CONCEPT

LE DEVELOPPEMENT DURABLE : SON CONCEPT

LE DEVELOPPEMENT DURABLE : SON CONCEPT CEP de Florac - 1996

HISTORIQUE Le concept de développement durable est le dernier né d’un ensemble de démarche de développement apparu dans les années 70 suite à l’échec du schéma dominant. Les fondements théoriques de la durabilité ont été établis en 1980 par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (U.I.C.N.) puis développés par la Commission Mondiale sur l’environnement et le développement (CNUED, Commission Brundtland, Montréal, 1988).

Constatant les effets nocifs du développement qui dégrade les ressources sur lequel il repose, minant ses bases même, la Commission conclut à l’inséparabilité des questions de développement économique et celles touchant à l’environnement. Elle définit le concept de développement durable comme l’ensemble des processus de changement par lesquels l’exploitation des ressources , l’orientation des investissements et des institutions se trouvent en harmonie et renforcent le potentiel actuel et futur de satisfaction des besoins des hommes.

Les résultats de la Commission Mondiale ont suscité l’émergence d’un droit international de l’environnement : convention de Sofia et d’Helsinki pour la pollution atmosphérique, directive et convention de Bâle pour les déchets, convention de Montréal pour le contrôle des CFC et la protection de la couche d’ozone, conventions de Ramsar, Washington, Bonn et Berne pour la protection de la nature, convention d’Oslo et de Paris pour la protection du milieu méditérranéen de l’Atlantique Nord-Est, convention de la mer du Nord sur le déversement et l’incinération des déchets en mer, directives européennes sur la qualité des eaux, directive « nitrates », directive « habitats . . La Conférence Mondiale sur l’environnement et le développement de Rio de Janeiro consacrera le concept de développement durable : le développement durable est alors défini comme un mode de développement qui contribue aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire les leurs. La déclaration de Rio donnera naissance à la convention sur la biodiversité et l’agenda 21, catalogue des recommandations à mettre en oeuvre pour un développement durable.

Le concept de développement durable est devenu le cadre des actions du programme des Nations Unies et de l’Europe (juin 1992 : règlement CEE n°2078/92 concernant les méthodes de production agricole compatibles avec l’environnement ; décembre 1992 : programme européen intitulé « vers un développement soutenable »). En France, il est le maître mot de la législation sur l’aménagement et la protection de la nature: F circulaire DERF du Ministère de l’Agriculture sur la mise en oeuvre expérimentale des plans de développement durable de septembre 1992.

CEP de Florac - 1996

F décret portant création de la Commission du Développement Durable auprès du premier ministre en mars (décret n°93-744 du 29 mars 1993 modifié par le décret n° 96- 53 du 23 janvier 1996). La commision est chargée de définir lers orientations d’une politique de développement durable et de soumettre au gouvernement des recommandations ayant pour objet de promouvoir ces orientations dans le cadre des objectifs arrétés à l’occasion de la conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement.

F loi du 2 février 1995 relative au renforcement de la protection de l’environnement : l’article L 200-1 déclare que les espaces , ressources et milieux naturels, les sites et les paysages, les espèces animales et végétales, la diversité des équilibres biologiques auxquels ils participent font partie du patrimoine commun de la nation. Leur protection, leur mise en valeur, leur restauration, leur remise en état et leur gestion sont d’intérêt général et concourrent à l’objectif de développement durable. F loi du 04 février 1995 d’orientation pour l’aménagement et le développement du territoire : le schéma national d’aménagement et de développement du territoire fixe les orientations fondamentales en matière d’aménagement du territoire, d’environnement et de développement durable (art 2).

CEP de Florac - 1996

DEFINITIONS DE LA DURABILITE ET DU DEVELOPPEMENT DURABLE La définition du développement durable est sujet à de nombreuses contreverses : Pour certains la définition de l’UICN est trop restrictive , l’adjectif « durable » désigne uniquement la valorisation des ressources biologiques et l’approche protectrice du patrimoine naturel. La durabilité doit être appréhendée dans sa conception la plus globale possible et se construit sur la base des dimensions suivantes : F la durabilité sociale : il s’agit de construire une civilisation de l’être fondée sur un partage plus équitable et la satisfaction des besoins matériels, fondements du développement humain.

F la durabilité économique : il faut sortir d’une logique économique fondée sur les seuls critères de l’entreprise pour évaluer l’efficacité économique en termes globaux et instaurer un système mondial plus efficace (éviter les dettes, les détériorations de l’échange,...) F la durabilité écologique : elle suppose la limitation de la consommation des ressources non renouvelables, la réduction de la pression des plus riches sur les ressources, l’amélioration de l’efficacité dans l’utilisation des ressources non renouvelables et renouvelables.

F la durabilité spatiale : elle implique une meilleure répartition spatiale des activités humaines et des hommes : limitation de la concentration, décentralisation des industries, promotion d’une agriculture non destructive des sols et de la biodiversité. F la durabilité de la diversité culturelle : la gestion intégrée des écosystèmes doit s’appuyer sur la tradition, les savoirs propres à chaque milieu et chaque contexte culturel.

D’autres rejettent la notion même de développement durable sur la base de deux arguments : 1) Un développement durable est antinomique : la notion de développement implique un accroissement linéaire alors que la durabilité soutend un fonctionnement cyclique. 2) La notion même de développement est typiquement occidentale et a peu de sens dans la plupart des pays en voie de développement où l’homme vit en harmonie avec la nature et en respecte les grands cycles.

La liste des définitions qui suit n’est pas exhaustive mais permet d’avoir un bon aperçu de la variété des définitions du concept de développement durable et de durabilité. Elle peut être aussi un bon outil pédagogique pour travailler sur les représentations des concepts. Notons que nous trouvons dans la littérature indifféremment les termes de développement durable et de développement soutenable ; la notion anglaise de sustainability n’a pas d’équivalent en français ; les termes approchant « soutenable » ou « durable » veulent avant tout rendre compte du souci d’équilibre entre l’homme et son environnement.

CEP de Florac - 1996

ALLEN (1980): (résumé U.I.C.N). Le « Développement Durable » est une notion simple à comprendre : nous devrions utiliser les espèces et les écosystèmes à des niveaux et d’une manière qui leur permettent de se renouveler indéfiniment, quelque soit l’utilisation que l’on en fait. L’importance qu’il y a à s’assurer que l’utilisation d’un écosystème ou d’une espèce est durable varie selon la dépendance des sociétés par rapport aux problèmes de la ressource en question. Pour la pérennité d’une société, l’utilisation durable de la plupart, sinon de toutes ses ressources vivantes, est essentielle. Plus l’économie est flexible et diverse, moins on a besoin d’utiliser certaines ressources durablement, mais, dans le même esprit, moins il est excusable de ne pas le faire.

Il est essentiel de s’assurer que les hommes protègent l’ensemble des composantes de la biosphère qui présentent un risque de disparition et ne modifient les autres que dans la mesure où elles peuvent durer. Le développement durable : développement qui, approximativement, tend vers la réalisation durable des besoins humains et l’amélioration de la qualité de la vie. BARBIER (1987) (Économiste) Le concept de développement économique durable tel qu’il est appliqué au Tiers-Monde est directement lié au niveau de vie croissant des classes pauvres, qui peut être mesuré quantitativement en terme d’accroissement de la part alimentaire, du revenu effectif, des services d’éducation, de la sécurité sociale, des équipements sanitaires et d’eau potable, etc. Il n’est qu’indirectement concerné par la croissance économique nationale et globale. En termes généraux, l’objectif premier est de réduire la pauvreté absolue des pays pauvres, en fournissant des moyens de subsistance durables et sûrs qui puissent minimiser l’épuisement des ressources, la dégradation de l’environnement, la rupture culturelle et l’instabilité sociale. BROWN ET AL (1987) (écologues) Au sens le plus réduit du terme, la « durabilité globale » signifie la survie des espèces humaines à travers toutes les régions du monde. Au sens plus large, la définition spécifie que, virtuellement, tous les humains naissent et vivent jusqu’à l’âge adulte, et que leurs vies ont une qualité bien supérieure à la simple survie biologique. Finalement, la définition la plus large de la « durabilité globale » inclue la persistance de toutes les composantes de la biosphère, y compris celles qui ne comportent pas d’avantages apparents pour l’humanité. CEP de Florac - 1996

BURNESS AND CUMMINGS (1986) (économistes) La notion de durabilité du Professeur Daily (1986) est extraordinairement vague et mal définie. Au sens pédagogique, la durabilité implique que tous les processus opèrent seulement à leur état d’équilibre dans un système renouvelable, ce qui pourrait alors suggérer un retour à une agriculture préhistorique régulée. CLARK (1986) (écologue et analyste politique) L’un des principaux challenges des décennies à venir est d’apprendre comment les interactions sur le long terme et à une large échelle entre l’environnement et le développement peuvent être mieux gérées afin d’accroître les perspectives d’une amélioration écologique durable, pour le bien être de l’humanité.

COOMER (1979) La « société durable » est une société qui vit dans les limites d’auto-régénération de son environnement. Cette société n’est pas une société qui n’évolue pas ; c’est plutôt une société qui reconnaît les limites de la croissance...[et] recherche des modes de développement alternatifs. DAILY (économiste) 1. La durabilité, comme la justice, est une valeur impossible à appréhender par des processus de marché purement individuels. (1986) 2. Par « croissance », j’entends croissance à l’échelle de l’économie. Par « développement », j’entends l’amélioration qualitative de la structure, de la forme et de la composition des stocks et flux physiques qui résultent à la fois de la technique et du bon sens. (1987) GEORGESCU-ROEGEN (1988) (économiste) Si vous prenez juste un nombre croissant de malles postales, il s’agit de croissance. Et si vous passez du transport par malles postales au transport ferroviaire, il s’agit de développement.

CEP de Florac - 1996

GOODLAND ET LEDEC (1987) (écologues) 1. Le développement durable est défini comme un exemple de transformations économiques sociales et culturelles qui optimise les bienfaits sociaux et économiques accessibles au moment présent, sans compromettre les bienfaits similaires dans le futur. Un des objectifs essentiels du développement durable est d’atteindre un niveau acceptable (toutefois défini) et équitable des répartitions du bien-être économique, qui peut-être perpétué continuellement pour un grand nombre de générations.

2. Le développement durable implique l’utilisation des ressources naturelles renouvelables d’une manière qui ne les dégrade ou ne les élimine pas, ou qui ne diminue pas leur utilisation potentielle par les générations futures. Le développement durable implique de plus l’utilisation de ressources minérales non renouvelables (épuisables) d’une façon qui ne compromette pas inutilement leur facilité d’accès par les générations futures. Le développement durable implique également un épuisement des ressources énergétiques non renouvelables à une vitesse très réduite afin d’assurer une transition sociale méthodique vers des sources d’énergie renouvelables...

HOWE (1979) (économiste) Lignes directrices pour une politique d’utilisation responsable (rationnelle) des ressources naturelles : les activités devraient être considérées comme étant destinées à maintenir perpétuellement une base de ressources naturelles effective et constante. Ce concept a été proposé par Page (1977) et implique non pas une base de ressources inéchangeable, mais un panel de réserves de ressources, de technologies, et de maîtrise politique, qui maintienne ou développe les possibilités de production des générations futures. MARKANDYA ET PEARCE (1988): (économistes) 1. L’idée de base du développement durable est simple à mettre en oeuvre dans le domaine des ressources naturelles (exceptées les non renouvelables) et de l’environnement : leur utilisation dans le processus de développement devrait être durable à travers le temps. Si nous appliquons maintenant cette idée aux ressources, la durabilité devrait signifier qu’un stock donné de ressources (arbres, qualité de la terre, eau ) ne doit pas décliner. 2. La durabilité pourrait être définie en terme d’exigence : celle que l’utilisation actuelle des ressources ne doit pas réduire les revenus bruts dans le futur.

MOREY (1985) (économiste) La littérature sur la désertification suggère en général que cette dernière nuit à la fois aux perspectives du producteur et à celles de la société. L’utilisation durable est généralement posée comme représentant la stratégie optimale. CEP de Florac - 1996

O’RIORDAN (1988) (écologue) 1. L’image de la durabilité risque dans le temps d’être si utilisée qu’elle en devienne dénuée de sens, probablement comme un terme englobant les conflits idéologiques qui s’infiltrent dans l’écologisme contemporain. 2. La durabilité est plus un phénomène général (que le développement durable), embrassant les normes éthiques du domaine de la matière vivante, des droits des générations futures, et des institutions chargées de s’assurer que de tels droits sont pleinement pris en compte dans les politiques et les actions entreprises.

PEARCE (économiste) 1. Le critère de durabilité requière que les conditions nécessaires pour un accès équitable aux ressources de base pour chaque génération soient appliquées. (1987) 2. En termes simples, le développement durable plaide en faveur d’un développement sujet à un jeu de contraintes selon lesquelles le taux de prélèvement des ressources ne devrait pas dépasser le taux de régénération naturelle ou artificielle; et l’utilisation de l’environnement en tant qu’égout se ferait en se basant sur le fait que le taux d’ordures stockées ne devrait pas excéder le taux d’assimilation (naturelle ou artificielle) des écosystèmes correspondants...Il y a des problèmes évidents en soi dans le fait d’évoquer des niveaux de durabilité de ressources périssables, c’est pourquoi les « durabilistes » ont tendance à réfléchir en terme de jeu de ressources, englobant la substitution entre ressources renouvelables et périssables. De la même manière, l’hypothèse implicite que la durabilité est une « bonne chose » est évidente en soit (cela optimise le fait que l’utilisation durable est un objectif désirable). En ces termes, la durabilité pourrait impliquer l’utilisation de services environnementaux sur de longues périodes et, en théorie, indéfiniment. Le concept clé au regard de la dégradation des ressources naturelles dans les pays en développement est la durabilité. Les changements dans l’exercice de la gestion des ressources pourraient finalement contribuer à la préservation de la base de ressources renouvelables, et, en conséquence, au bien-être direct de la population et de l’économie globale future. PEARCE, BARBIER, et MARKANDYA (1988) (économistes) Nous considérons le développement comme étant un vecteur d’objectifs sociaux désirables, et pouvant inclure ces éléments: -croissance du revenu brut per-capita -amélioration des acquis nutritionnels et de la santé -accès à l’éducation -accès aux ressources -répartition des revenus plus juste -croissance des libertés élémentaires Le développement est alors une situation dans laquelle le vecteur de développement croît de façon monotone au fil du temps.

Les conditions nécessaires pour le développement durable sont la « stabilité du capital naturel » et plus strictement, l’exigence que les changements ne soient pas négatifs sur le stock des ressources naturelles telles que le sol et sa qualité, les eaux souterraines et de surface CEP de Florac - 1996

et leur qualité, la biomasse terrestre, la biomasse aquatique, et la capacité d’assimilation des déchets par les milieux qui les reçoivent. PIRAGES (1977) (tirée d’une conférence fondée par l’Institut pour l’Ordre Mondial) 1. La croissance durable signifie une croissance pouvant être supportée par les environnements physiques et sociaux dans un futur prévisible. La société durable idéale serait celle au sein de laquelle l’énergie serait tirée du rayonnement solaire et où toutes les énergies non renouvelables seraient recyclées.

PORRITT (1984) (Directeur des Frères de la Terre du Royaume-Uni) Toute croissance économique dans le futur devrait être durable: cela revient à dire qu’elle devrait s’opérer de l’intérieur, et non au delà, des limites finies de la planète. REPETTO (1985) (économiste, Institut des Ressources Mondiales) 1. Le concept de durabilité tient dans l’idée que les décisions en cours ne devraient pas altérer les perspectives de maintien ou d’accroissement des niveaux de vie futurs...Ceci implique que nos systèmes économiques devraient être gérés de manière que l’on puisse vivre des revenus tirés des ressources, en maintenant ou en accroissant ces dernières. Ce principe est de plus en plus en adéquation avec la conception idéale du revenu que les comptables cherchent à déterminer : la plus grosse quantité qui puisse être consommée dans la période actuelle sans pour autant réduire les perspectives de consommation dans le futur.

2. Cela ne signifie pas que le développement durable demande la préservation du stock actuel de ressources naturelles ou de n’importe quel « melting-pot » humain particulier et de n’importe quel bien naturel ou physique. Tel que le développement s’effectue, la composition de l’actif immobilisé sous-jacent change. 3. Un large consensus poursuit les politiques qui mettent en péril le bien être des futures générations, qui ne sont représentées dans aucun forum politique ou économique, ce qui est injuste.

REDCLIFT (1987) (économiste) Jusqu’à quel point la croissance économique est-elle une mesure appropriée du développement ? CEP de Florac - 1996

SOLOW (1986) (Prix Nobel d’économie) Une société qui investit dans un capital reproductible les bénéfices compétitifs tirés de l’extraction actuelle de ses ressources non renouvelables, appréciera un courant de consommation constant dans le temps. Ce résultat peut être interprété en terme de stock, défini et approprié, de capital (incluant la dotation initiale des ressources) se maintenant intégralement, et la consommation peut être interprétée comme un intérêt envers ce patrimoine.

TALBOT (1984) (Directeur Général de l’U.I.C.N.) 1. Objectif de la stratégie de conservation mondiale La conservation a trois objectifs de base: (1) maintenir les processus écologiques essentiels et les écosystèmes (2) préserver la diversité génétique (3) s’assurer que l’utilisation des ressources vivantes, ainsi que les écosystèmes dans lesquels elles se trouvent, est durable. TIETENBERG (1984) (économiste) 1. Le critère de durabilité suggère que, au minimum, les générations futures ne vivent pas plus mal que les générations actuelles.

2. Plutôt que d’éliminer les taux d’escompte [positifs], le critère d’évaluation actuel devrait être complémenté par d’autres critères, tels que la durabilité. Par exemple, nous devrions choisir d’en maximiser la valeur actuelle, soumise à la condition que les futures générations ne soient pas défavorisées. TOLBA (1987) (Directeur exécutif, Programme Environnemental des Nations Unies) 1. Le développement durable est devenu une profession de foi, un mot d’ordre : souvent utilisé, rarement expliqué. Ce concept représente-t-il une stratégie ? S’applique-t-il seulement aux ressources renouvelables ? Que signifie actuellement ce terme ?

Dans un sens large, le concept de développement durable englobe : (1) L’aide aux pays très pauvres, parce qu’ils sont laissés sans autre option que de détruire leur environnement. (2) L’idée de développement autarcique ou autosuffisant, au sein des contraintes de ressources naturelles. (3) L’idée de développement « au coût effectif » juxtaposant des critères économiques différents par rapport à l’approche traditionnelle ; ceci revient à dire que le développement ne devrait pas dégrader la qualité de l’environnement, ni réduire la productivité sur le long terme.

(4) La résolution des grandes problématiques de contrôle sanitaire, des technologies appropriées, de l’autosuffisance alimentaire, de la salubrité de l’eau, et de logement, pour tous. (5) La notion de nécessité d’initiatives de la part des populations locales ; l’existence humaine, en d’autres termes, est la ressource au sein du concept. CEP de Florac - 1996

TONN (1988) Deux principes de la planification sur cinq ans : Principe 1: les génération futures ne devraient pas hériter des générations présentes, des risques inacceptables de mort inhérents aux catastrophes environnementales ou autres catastrophes, endigables. Principe 2: les générations futures, aussi bien que les présentes, pourraient éviter des contraintes, comme des sacrifices faits pour jouir des conditions du principe 1, sur leurs libertés les plus élémentaires.

TURNER (économiste) 1. La stratégie mondiale de conservation donne une éminence considérable au concept de durabilité, bien que ses applications implicites et pratiques n’aient pas été présentées sous une forme détaillée et opérationnelle. (1987) 2. La signification précise de termes tels que « usage durable des ressources », « croissance durable », et « développement durable » est jusqu’ici démontrée comme intangible. (1988) 3. En principe, une politique de croissance durable chercherait à maintenir un taux de croissance acceptable en revenu réel per-capita sans déprécier le stock national d’actif immobilisé ou le stock de biens environnementaux naturels.

4. Il s’agit d’un non sens que de parler de l’utilisation durable d’une ressource non renouvelable (même avec des efforts de recyclage et des niveaux de réutilisation substantiels). Tout niveau positif d’exploitation conduira en définitive à l’épuisement du stock fini. 5. Par ce mode de développement durable, la conservation devient la base universelle pour définir un critère à l’aide duquel on puisse juger de l’intérêt d’affectations alternatives pour les ressources naturelles.

W.C.E.D. (1987) (Rapport de Brundtland) 1. Nous venons de voir qu’une nouvelle voie de développement était requise, qui ferait perdurer les progrès humains non seulement à certains endroits et pendant quelques années, mais pour la planète entière et pour le futur éloigné. Ce développement devient un enjeu non seulement pour les P.V.D., mais aussi pour les pays industrialisés. 2. Le développement durable est un développement qui satisfait les besoins du présent sans compromettre la possibilité pour les générations futures de satisfaire les leurs. Il contient en soi deux concepts clé: * le concept des « besoins », en particulier les besoins essentiels du Tiers- Monde, auxquels les priorités directrices devraient être consacrées. CEP de Florac - 1996

* l’idée de limitations, imposées en fonction de l’état d’organisation sociale et technologique par rapport à la capacité de l’environnement à satisfaire les besoins présents et futurs. 3. Même l’étroite notion de durabilité physique suscite un intérêt pour l’équité sociale entre les générations, un intérêt qui devrait logiquement être étendu à l’équité entre chaque génération.

4. Les niveaux de vie qui vont au-delà du minimum de base sont durables seulement si les niveaux de consommation s’intéressent partout à la durabilité à long terme. Encore beaucoup d’entre nous vivent à l’écart des règles écologiques mondiales, par exemple dans nos modèles d’utilisation de l’énergie. Les besoins perçus sont socialement et culturellement déterminés, et le développement durable requiert la promotion de valeurs qui encourageraient des niveaux de consommation allant de pair avec les bornes du « possible écologique » et auxquels tous puissent raisonnablement aspirer.

5. La croissance et le développement économiques impliquent manifestement des changements dans l’écosystème physique. Aucun écosystème, nulle part, ne peut être préservé intact. 6. La perte [i.e. l’extinction] d’espèces animales et végétales peut grandement limiter les options des générations futures; aussi le développement durable requiert-t-il la conservation des espèces animales et végétales.

BANQUE MONDIALE (1987) 1.Le développement durable satisfait les multiples critères de la croissance durable, l’allégement de la pauvreté, et une gestion environnementale saine. 2. A un large degré, la gestion de l’environnement devrait être conçue comme un moyen d’atteindre les objectifs les plus larges de la croissance économique durable et de l’allègement de la pauvreté. 3. Édifier l’intérêt des questions environnementales et développer la capacité à mettre en pratique des outils sains pour la gestion de l’environnement sont des points avec lesquels nous devons nous réconcilier, et, là où cela est approprié, faire l’échange entre les objectifs de croissance et l’allégement de la pauvreté, et une gestion environnementale saine. RAPPORT BRUNDTLAND (1987) Le développemenrt durable est une modèle de développement qui permet aux générations présentes de satisfaire leurs besoins sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire leurs propres besoins.

CEP de Florac - 1996

LE DEVELOPPEMENT DURABLE DANS LE CADRE DES REVENDICATIONS ENTRE ECONOMIE ET ENVIRONNEMENT ALLEN (1980) (U.I.C.N.) Le développement dépend de la conservation, et cette conservation dépend également du développement. La conservation de la biosphère est une nécessité pour la survie et le bien être des hommes ; l’interdépendance est un inévitable ingrédient de la vie. BARTELMUS (1986) Les objectifs principaux du développement et de l’environnement ne sont pas en conflit mais sont véritablement les mêmes, à savoir l’amélioration de la qualité de vie des hommes, ou le bien être des générations présentes et futures.

CLARK (1986) (écologue et analyste politique) A travers la majeure partie de l’histoire, les interactions entre le développement de l’humanité et l’environnement ont été relativement simples et locales. Mais la complexité et l’échelle de ces interactions augmentent... Ce qui fut franchement objet d’opposition entre la préservation écologique et la croissance économique reflète maintenant de complexes enchevêtrements (témoins la rétroaction entre l’énergie et la production de récoltes, la déforestation et les changements climatiques, qui apparaît comme flagrante dans l’étude de l’effet de serre atmosphérique).

TOLBA (1987) Le développement économique et la qualité environnementale sont interdépendants et, sur le long terme, se renforcent mutuellement. La gestion rationnelle du stock mondial de ressources naturelles menacées anticipe sur une perte en qualité de l’environnement et accroît la croissance économique durable. W.C.E.D. (1987) Il est impossible de dissocier les problèmes de développement économique des problèmes d’environnement ; certaines formes de développement érodent les ressources environnementales sur lesquelles elles devraient se reposer, et la dégradation de l’environnement peut miner de l’intérieur le développement économique. La pauvreté est une cause et un effet majeur des problèmes globaux d’environnement.

CEP de Florac - 1996

BANQUE MONDIALE Promouvoir la croissance, l’allégement de la pauvreté, et protéger l’environnement, sont des objectifs qui peuvent se juxtaposer sur le long terme. Sur le cours terme, cependant, ces objectifs ne sont pas toujours compatibles. (1987) La pauvreté (des peuples et des pays) est ainsi une cause majeure de dégradation environnementale. Ceci rend essentielle, si les dégradations environnementales ne deviennent pas complètement ingérables, la conception de politiques orientées vers la croissance économique avec une insistance toute particulière sur l’accroissement des revenus des pauvres...Néanmoins, la croissance économique pourrait aussi détruire l’environnement et épuiser les revenus déjà ténus des pauvres...Ainsi, et malgré le fait que la croissance soit impérative pour l’allégement de la pauvreté, elle pourrait également affecter défavorablement les pauvres et l’environnement, si une attention inadéquate était dispensée aux pauvres et à leurs besoins. (1987) La croissance économique, l’allégement de la pauvreté, et la gestion saine de l’environnement sont dans bien des cas des objectifs mutuellement conséquents. (1988) CEP de Florac - 1996

MOTS CLEFS ASSOCIES AU CONCEPT DE DEVELOPPEMENT DURABLE développement : concept récent car le terme n’apparait qu’au 15ème siècle et se répandra surtout au 17ème et 18ème siècle avec la révolution industrielle et le développement des échanges internationaux. On associe actuellement la notion de développement à une dimension économique. Cette association est née dans les années 20 et 30, la Société des Nations l’utilisant par opposition au non développé. L’ONU lancera dans les années 1945 sa théorie du développement : le développement ne peut être assuré que par l’évolution économique ; cette vision soutend une notion de progrès perpétuel et illimité.

. développement solidaire : développement soucieux des impacts qu’il peut avoir sur les autres sociétés. développement autocentré : ce concept apparait en opposition au système mondial régi par un ensemble de relations entre le centre (les pays développés) et la périphérie (les pays en voie de développement), le centre exerçant sur la périphérie une influence unilatérale et irréversible impliquant un échange inégal. Les centres du développement ne doivent être conçus que dans les fondements de la société même.

développement endogène ou endodéveloppement : il s’agit d’un mode de développement qui s’appuie sur le « noyau positif » des valeurs culturelles héritées du passé ainsi que sur les éléments les plus valables du patrimoine universel. Il implique 2 exigences : - sur le plan de la finalité, il doit être au service de l’homme en vue d’assurer son plein épanouissement - sur le plan de la modalité, il est engendré de l’intérieur et respecte le droit d’un peuple à sa culture.

développement communautaire : un développement né de l’ensemble des populations humaines dans le souci d’une parfaite équité. . durabilité faible : elle repose sur le principe de préserver de façon indéfinie la capacité des sociétés humaines à produire et non pas à conserver telle ou telle ressource, encore moins à conserver tous les éléments naturels dans un état inaltéré. Il s'agit non pas de manger son capital (équipements productifs, captital humain, capital naturel) mais de prendre en compte le revenu encore disponible une fois que la dégradation du capital a été compensée par des dépenses de restauration appropriées. Le capital naturel n'est ici pas considéré comme irremplaçable , il n'a de valeur que par les services qu'il rend (ce qui pose le problème de pouvoir mesurer la valeur des capacités naturelles et de pouvoir remplacer les services non renouvelables par des formes renouvelables).

CEP de Florac - 1996

objectifs économiques F croissance F efficacité objectifs sociaux objectifs écologiques F équité F gestion des ressources F réduction de la naturelles pauvreté durabilité forte : elle repose sur le principe que la sauvegarde du capital naturel est une exigence à part entière, en plus de celle de préserver le capital total : les pertes du capital naturel doivent être empêchées ou sinon compensées par la réhabilitation d'autres éléments de ce capital naturel. Il s'agit donc de prendre en compte l'irréversibilité de certains dommages causés à l'environnement.

objectifs économiques F croissance F efficacité F équité objectifs sociaux objectifs écologiques F participation F respect de l'écosystème F mobilité sociale F capacité de charge F cohésion sociale F biodiversité F identité culturelle F problèmes globaux F développement institutionnel ethnodéveloppement : comme le développement endogène, il se fonde sur le respect des habitudes culturelles de la société mais ne s’appuie pas nécessairement sur les potentialités de CEP de Florac - 1996

la société pour assurer sa croissance. Il peut être exogène. Alors qu’il cherche à maintenir les valeurs culturelles, il en sape souvent les fondements qui sont rarement accessibles à l’ethnosociologue. écodéveloppement : développement endogène et dépendant de ses propres forces, soumis à la logique des besoins de la population entière, conscient de sa dimension écologique et recherchant une harmonie entre l’homme et la nature » (Ignacy Sachs) développement viable : il soutend 4 règles : - la définition d’objectifs de très long terme, d’ordre éthique et politique, au sens fort du terme, est un préalable à l’élaboration de toute stratégie de gestion (Weber et Bailly, 1993) - s’agissant de communautés humaines, la sociodiversité est au moins aussi importante que la biodiversité.

- Les décisions économiques et sociales devraient être prises sous contrainte de maintien de la viabilité des écosystèmes, et parallèllement les aménagements des milieux devraient être respectueux du maintien de la viabilité des modes de vie. - Nos actions se feront en connivence avec les écosystèmes et leurs variabilités naturelles et non pas en concurrence ; il s’agira plus que de rechercher un optimum mais d’élaborer des stratégies adaptatives aux variabilités naturelles et économiques. Ce concept est proche de celui d’écodéveloppement à la différence que le développement viable ne préjuge pas « d’une logique des besoins de la population entière » qui soutend une notion d’équité intrinsèque à la démarche. Un développement peut être parfaitement viable et non équitable. Raisonner en terme de développement viable c’est s’imposer la règle d’équité qui n’émergerait pas obligatoirement de la démarche choisie.

Le développement viable est par contre très différent du développement durable car refuse la notion d’équilibre soutendu par la notion de durabilité. Le développement viable a le souci de gérer une variabilité et des incertitudes inhérents à tout système (écosystème, système socio économique) et recherche à assurer une co-viabilité à long terme des écosystèmes et des modes de vie.

développement intégré : notion qui s’oppose au système économique global où le marché est désarticulé et où règne la domination de certains pays sur d’autres. agriculture intégrée : ce concept est né de la notion de lutte intégrée ; elle propose des systèmes d’exploitation qui intègrent l’ensemble des techniques agricoles en privilégiant quand c’est possible les techniques respectueuses de l’environnement tout en maintenant ou accroissant le revenu de l’agriculteur.

CEP de Florac - 1996

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ANTOINE S.; BARRERE M. ; VERBRUGGE G., 1994. - La planète terre entre nos mains (conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement de Rio de Janeiro). - Paris, la Documentation française, 442 p. ARNAUD D. ; ILBERT H. ; MONGRUEL R., 1994. - Biodiversité le fruit convoité. L’accès aux ressources génétiques végétales : un enjeu de développement. - Paris : FPH/Solagral, - (coll.dossier pour un débat, n°28).

BARBUT M. ; KARSENTY A., 1994. - Stratégie pour une gestion des forêts tropicales dans un but d’exploitation durable. - Paris : UICN, Comité français, octobre 1994 BROWN M. ; WYCKOFF-BAIRD B., 1994. - Projets Intégrés de Conservation de la Nature et de Développement. - Biodiversity Support Program. CHAUVET M. ; OLIVIER L., 1993.- La Biodiversité : enjeu planétaire.- Paris : Ed. Sang de la terre CONFERENCE DES NATIONS UNIES POUR L’ENVIRONNEMENT ET LE DEVELOPPEMEN, 1992. - Convention sur la Diversité Biologique DE MONTGOLFIER J. ; NATALI J.M., 1987. - Le patrimoine du futur : des outils pour une gestion patrimoniale. -Paris: Economica.- 248 p.

EDWARDS S., 1994. - Utilisation durable des espèces. - Bulletin de l’UICN, n°2, Gland (suisse). -p.15, 1994 FAUCHEUX S. ; FROGER G., 1994. - Le revenu national soutenable est -il un indicateur de soutenabilité?. - Revue française d’économie, n°9, 1994 FAUCHEUX S. ; FROGER G. ; MUNDA G., 1994.- Des outils d’aide à la décision pour la multidimensionnalité systémique : une aplication au développement durable.- revue internationale de systémique n°15 FAUCHEUX S. ; FROGER G. ; NOEL J.F.,1993. - Quelle hypothèse de rationalité pour le développement soutenable - Economie appliquée 46(4), 1993 GIRARDIN P., 1993. - Agriculture intégrée : au-delà des mythes...un défi. - Cahiers Agricultures, 2(2), pp 141-143, 1993.

GODARD O., 1995. - Le développement durable : paysage intellectuel.- Nature,Sciences, Sociétés vol.2, n°4. - p.309-322, 1995. GODARD O., 1991. - Environnement soutenable et développement durable : le modèle néoclassique en question. -Séminaire du CNRS, Environnement et développement durable, Univ. de Paris I, avril 1991 CEP de Florac - 1996

GUILLE-ESCURET G., 1989. - Les sociétés et leurs natures. - Paris : Armand Colin. - 175 p. HENRY C., 1990. - Efficacité économique et impératifs éthiques : l’environnement en copropriété. - Revue économique, n°41. HUYNH CAO T ; LE THANH ; ROLAND C. et al, 1984. - Stratégies du développement endogène. - Paris UNESCO KLEITZ G.,1994. - Frontières des aires protégées en zone tropicale humide : quels projets de développement et de gestion des ressources naturelles? - GRET, Equipe agriculture.

LEVÊQUE F., 1992. - Erosion de la diversité génétique et gestion mondiale des ressources vivantes. - Problèmes Economiques, n°2.278. p. 8-16 LEVÊQUE F. ; GLACHANT M., 1992 - Diversité génétique : la gestion mondiale des ressources vivantes. - La Recherche n°23. - p.114-123 LUCAS B., 1994. - Pour que la conservation soit durable! - Bulletin de l’UICN, n°2, Gland (Suisse). - p14. MERMET L., 1992. - Stratégies pour la gestion de l’environnement. - Paris : L’Harmattan.- 205p.

OLLAGNON H., 1989. - Une approche patrimoniale de la qualité du milieu naturel. - In Mathieu N. et Jollivet M. (ed.) : Du rural à l’environnement, la question de la nature aujourd’hui.- Paris : A.R.F. : L’Harmattan. PASSET R., 1992. - De la connaissance à une maitrise de l’environnement : les approches économiques de l’environnement. - Problèmes Economiques n°2.278. - p.1-7 PRIEUR M., DOUMBE BILLE , 1994. - Droit de l'environnement et développement durable. - PULIM. -352p.

SACHS I., 1993. - Ecodéveloppement. - Paris : Syros : Alternatives Economiques. SOLAGRAL, 1995. - La nature et le marché. - Courrier de la planète, n°30, septembre- octobre 1995 WEBER J. ; REVERET J.P., 1993. - La gestion des relations sociétés-natures : mode d’appropriation et processus de décision. - Le Monde Diplomatique, Octobre 1993. WEBER J. ; BAILLY D., 1993. - Prévoir, c’est gouverner. - Natures, Sciences, Sociétés, n° 1, Janvier 1993.

WRI/UICN/PNUE, - 1994- La stratégie mondiale de la biodiversité. - Bureau de ressources génétiques, Comité français UICN CEP de Florac - 1996

Vous pouvez aussi lire