Stratégie Afrique du BMBF - Ouvrir des perspectives ! Un nouvel élan dans la coopération avec les partenaires africains dans les domaines de ...
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Stratégie Afrique du BMBF Ouvrir des perspectives ! Un nouvel élan dans la coopération avec les partenaires africains dans les domaines de l’éducation, de la science et de la recherche
Dr. Olivier Menoukeu Pamen, Prof. Gisèle Adelie Mophou Loudjom et Dr. Bubacarr Bah – Titulaires des Chaires allemandes de recherche aux centres de l’Institut africain des sciences mathématiques (AIMS) au Ghana, au Cameroun et en Afrique du Sud (de gauche à droite).
1 Sommaire Avant-propos 2 Résumé 4 Champs d’action 8 1. Nous souhaitons promouvoir les transferts de connaissance et l’innovation afin de contribuer à la croissance et à la prospérité et d’améliorer les perspectives économiques de l’ensemble des pays partenaires ...................................................................................................................................................... 8 2. Nous voulons soutenir l’enseignement supérieur et les jeunes scientifiques pour créer de meilleures perspectives de vie ............................................................................................................................. 10 3. Nous voulons renforcer l’employabilité des diplômés de l’enseignement supérieur et accroître l’orientation pratique de la formation professionnelle ........................................................................................ 13 4. Nous agissons de sorte que la collaboration dans le domaine de la recherche contribue davantage à la réalisation des objectifs de développement durable (ODD) fixés par les Nations Unies........................ 16 5. Nous souhaitons tirer profit des potentiels de synergie aux niveaux national, européen et international.................................................................................................................................................................. 20 Acteurs 22 Liste d’abréviations 24 Adresse bibliographique 25
2 Avant-propos L’Afrique est un continent de potentiels et d’opportunités. Nous avons pour ambition d’exploiter ces potentiels et d’ouvrir de nouvelles perspectives en coopérant avec nos partenaires africains dans les domaines de l’éducation, de la science et de la recherche. Nous faisons face à des défis considérables. L’Afrique est particulièrement touchée par les effets du changement climatique. Ceci menace les moyens de subsistance de très nombreux Africains. Par ailleurs, la population africaine va probablement doubler dans les 30 prochaines années. Et cette population de plus en plus nombreuse va avoir besoin d’un accès à l’eau potable, aux denrées alimentaires, aux médicaments et à l’approvisionnement énergétique. L’éducation, la recherche et les innovations sont les clés pour transformer ces défis en opportunités. La science a pour objet d’explorer les causes et les liens, et elle est en capacité d’apporter des solutions et des technologies innovantes. L’éducation est la base nécessaire pour que chacun puisse vivre sa vie de manière autonome. L’Afrique ayant une jeunesse très nombreuse, l’éducation peut y ouvrir des perspectives importantes dans de larges couches de la population. Ouvrir des perspectives, tel est l’objectif de notre Stratégie Afrique. Celle-ci offre un cadre fiable pour mettre en place et faire fructifier des contacts et des coopérations avec les institu- tions africaines partenaires. Elle est axée sur l’avenir car elle renforce la coopération avec les partenaires africains en priorité dans les domaines qui créent, garantissent et améliorent des moyens de subsistance durables pour les personnes. Elle a également un impact local car elle aborde les problèmes que nous avons identifiés sur place avec nos partenaires africains. Ceci nous permet de soutenir les opportunités de développement durable en Afrique et de donner un nouvel élan à la coopération germano-africaine. Anja Karliczek Membre du Bundestag allemand Ministre fédérale de l’Éducation et de la Recherche
4
Résumé
L’enseignement, la science et la recherche sont des croissance économique durable, un nombre suffi-
moteurs essentiels pour faire avancer le développe- sant d’emplois et une formation débouchant sur une
ment social et économique des sociétés. Ils contribuent qualification sont des facteurs essentiels permettant
à la prospérité, à la cohésion et la participation sociales. de transformer le potentiel de cette jeunesse africaine
Dans les pays d’Afrique, qui ont une structure démo- grandissante en un moteur économique.
graphique particulièrement jeune et dynamique et qui
font en même temps notamment face à d’autres défis C’est à ce niveau que la coopération germano-africaine
d’importance, l’enseignement, la science et la recherche en matière d’éducation, de science et de recherche peut
revêtent une importance toute particulière. En effet, porter ses fruits. En effet, une formation de qualité à
la population africaine va continuer à croître dans les tous les niveaux ainsi que des structures de recherche
prochaines décennies pour probablement doubler d’ici efficaces constituent des conditions importantes pour
2050 et atteindre 2,5 milliards d’habitants. Le nombre l’innovation, la croissance et l’emploi, mais aussi pour
de jeunes va notamment augmenter de manière dis- la sécurité et la stabilité.
proportionnée. La croissance économique actuelle de
l’Afrique ne peut pas suivre ce rythme, ce qui a pour Ceci s’exprime aussi clairement dans la stratégie
effet un chômage élevé chez les jeunes. centrale des États africains, l’« Agenda 2063 » de
l’Union africaine (UA), ainsi que dans ses stratégies
Cette augmentation de la population occasionnera un sectorielles : la « Stratégie continentale de l’éducation
besoin croissant en denrées alimentaires, une urbanisa- pour l’Afrique 2016–2025 (CESA 16–25) », la « Stratégie
tion rapide et une demande grandissante en électricité continentale pour l’enseignement technique et la
et en énergie, ce qui constitue des défis supplémen- formation professionnelle » et la « Stratégie 2024
taires. Dans le même temps, les effets du changement pour la science, la technologie et l’innovation en
climatique se font particulièrement ressentir sur le Afrique (STISA) » qui définissent les besoins et les me-
continent africain, et menacent les conditions d’exis- sures à prendre en matière d’éducation, de formation
tence économiques. Le manque de perspectives de vie, et de formation continue, de recherche,
en particulier chez les jeunes, crée des mouvements de technologie et d’innovation.
migratoires importants en Afrique et en Europe. UneRÉSUMÉ 5
La qualification des personnes est un facteur clé à la Réseaux de recherche pour les
fois pour l’ascension sociale individuelle et pour la innovations en matière de santé
prospérité économique. Le capital humain crée des va-
en Afrique sub-saharienne
leurs durables : lorsque des savoirs et des compétences
sont partagés, ils ne se réduisent pas, ils se multiplient. À travers cinq réseaux de recherche germano-africains
De ce point de vue, la question de la « jeunesse » est pour les innovations en matière de santé, le BMBF
centrale. Comme l’« Agenda 2063 » le souligne, il est finance de manière ciblée depuis 2014 la recherche
d’autant plus important de soutenir la transition des médicale dans les pays de l’Afrique sub-saharienne.
sociétés africaines en sociétés de la connaissance pour L’initiative soutient à la fois la coopération entre les
atteindre une efficacité structurelle durable. instituts de recherche médicale allemands et les
établissements d’enseignement supérieur en Afrique,
À ce niveau, nous sommes en mesure de construire
la mise en relation des instituts de recherche africains,
sur la base de vastes structures de partenariat mises en
ainsi que la constitution et le développement de
place par le Ministère fédéral allemand de l’Éducation
capacités de recherche.
et de la Recherche (BMBF) dans sa « Stratégie Afrique
2014–2018 » : les coopérations germano-africaines L’objectif des travaux de recherche est la lutte contre
en matière d’éducation, de science et de recherche des maladies qui menacent particulièrement les
couvrent un large éventail de thèmes. Elles portent habitants du continent africain. Ceci concerne la
surtout sur des défis à la fois régionaux et internatio- tuberculose, le VIH/SIDA, les maladies tropicales dites
naux particulièrement cruciaux pour les pays d’Afrique. négligées, mais également le diabète et les maladies
Parmi ceux-ci, on compte les questions liées à l’envi- cardiovasculaires qui sont en progression. Ces maladies
ronnement et au climat ainsi qu’aux soins de santé (en posent un problème supplémentaire aux systèmes de
particulier aux maladies tropicales comme la malaria) santé africains.
et à la couverture des besoins croissants en matière
d’alimentation et d’énergie. Un partenariat fiable est un Les cinq réseaux exploitent les synergies en construi-
facteur clé pour le règlement de ces problèmes. sant sur la base des structures et des ressources
existantes. Ils sont coordonnés par des chercheurs
et scientifiques africains. Les réseaux de recherche
Nous souhaitons bâtir sur la base de ces succès tout en
travaillent en étroite collaboration avec les universités
faisant avancer de nouvelles solutions.
et les services de santé. Ils renforcent ainsi à moyen
terme les systèmes de formation et de santé des parte-
naires africains.
Cérémonie inaugurale des réseaux de re-
cherche pour les innovations en matière
de santé en Afrique sub-saharienne en
2017 à Dar es Salam en Tanzanie.6
Remise du Prix germano-africain d’encouragement à l’innovation (German-African Innovation Incentive Award) par madame la ministre Anja Karliczek
(au centre) et Dr. Tarek Metwally Khalil, Dr. Angella Musiimenta, Dr. Kolawole Adisa Olonade et Dr. Isaiah Etemo Muchilwa (de gauche à droite).
À travers sa Stratégie Afrique, le BMBF poursuit trois Nous souhaitons atteindre ces trois objectifs en prenant
objectifs centraux : des mesures dans cinq champs d’action :
●● Nous souhaitons continuer à contribuer à l’inter- 1. Nous souhaitons promouvoir les transferts de
nationalisation de l’enseignement, de la science et de connaissances et l’innovation afin de contribuer à
la recherche. La Stratégie Afrique du BMBF constitue la croissance et à la prospérité et d’améliorer leurs
un cadre durable permettant à la communauté des perspectives économiques des pays partenaires.
scientifiques et des chercheurs allemands de créer 2. Nous voulons soutenir l’enseignement supérieur
et de développer des contacts et des coopérations et les jeunes scientifiques pour créer de meilleures
fiables avec des institutions africaines partenaires. perspectives de vie.
●● Avec les moyens et les instruments offerts par l’en- 3. Nous voulons renforcer l’employabilité des diplô-
seignement, la science et la recherche, nous souhai- més de l’enseignement supérieur et accroître l’orien-
tons soutenir davantage les perspectives d’avenir tation pratique de la formation professionnelle.
et les opportunités de développement durable en 4. Nous agissons de sorte que la collaboration dans le
Afrique. La Stratégie Afrique du BMBF donne un domaine de la recherche contribue davantage à la
nouvel élan pour un avenir commun meilleur. réalisation des objectifs de développement durable
●● Pour ce faire, nous cherchons à renouveler cette (ODD) fixés par les Nations Unies
coopération en mettant davantage l’accent sur les 5. Nous souhaitons tirer profit des potentiels de
synergies comme le recommande la stratégie d’in- synergie aux niveaux national, européen et inter-
ternationalisation de l’enseignement, de la science national.
et de la recherche du gouvernement fédéral. La
Stratégie Afrique du BMBF contribue à la cohérence
de la coopération avec l’Afrique.RÉSUMÉ 7
Lors de l’établissement des cinq champs d’action, nous Les cinq champs d’action et les deux thématiques
accordons une attention particulière à deux théma- transversales font écho aux priorités africaines et aux
tiques transversales que nous souhaitons prendre en mesures de l’« Agenda 2063 » de l’Union africaine et de
compte dans tous les champs d’action : ses stratégies spécifiques, et ils soutiennent la réalisa-
tion des objectifs en matière de développement durable
●● Nous voulons promouvoir davantage la place des des Nations Unies.
femmes dans l’enseignement supérieur, la recherche
et l’innovation. Les femmes jouent un rôle central
dans le développement économique du continent Centres internationaux Maria Sibylla
africain, c’est pourquoi l’égalité des droits n’est pas uni- Merian de hautes études en lettres,
quement une question d’égalité sociale mais contribue sciences humaines et sciences sociales
bel et bien à davantage de prospérité économique.
Pour que les femmes puissent exploiter pleinement Les processus de transformation sociétale nécessitent
leur potentiel et s’engager efficacement pour la pros- eux aussi l’apport de la réflexion critique des sciences
périté des sociétés, il faut surmonter le problème de sociales dans les pays émergents et en voie de
l’inégalité des sexes. L’« Agenda 2063 » de l’Union afri- développement. Dans le même temps, il existe
caine réclame la suppression des inégalités existantes à une volonté de continuer à faire reconnaître et à
tous les niveaux du système éducatif afin que le capital internationaliser les sciences humaines, culturelles
humain de l’Afrique puisse s’épanouir entièrement. et sociales allemandes par le biais de projets de
●● Nous voulons exploiter les opportunités offertes coopérations étroite bi- et multilatérales à l’étranger.
par la numérisation et permettre et améliorer Le BMBF relaie cette volonté en mettant sur pied
la participation au savoir. La numérisation offre plusieurs Centres internationaux Maria Sibylla Merian
également au continent africain des opportunités de hautes études en lettres, sciences humaines et
exceptionnelles, en particulier pour les applications sciences sociales. Au cours de sa visite d’État au
dans l’Internet mobile : le nombre de personnes ayant Ghana au mois de décembre 2017, le Président de
accès à l’Internet mobile en Afrique est en augmenta- la République fédérale M. Frank-Walter Steinmeier a
tion. Dans le même temps, la part des technologies et inauguré « l’Institut international Merian de hautes
des services de communication mobile s’accroît dans études Afrique (MIASA) » à l’Université du Ghana. Les
le produit intérieur brut de l’Afrique. Les applications partenaires allemands de ce projet sont l’Université
numériques, telles que les méthodes et les instru- de Fribourg-en-Brisgau (coordinatrice), l’Institut
ments d’apprentissage numériques, apportent une historique allemand de Paris en tant que membre
valeur ajoutée aux personnes sur place également de la Fondation Max Weber, le German Institute of
dans le domaine de l’enseignement, de la science et de Global and Area Studies (GIGA) de Hambourg et
la recherche. C’est ce que nous souhaitons soutenir. les universités de Francfort et de Constance. Dans
le cadre d’une coopération interdisciplinaire, des
chercheurs spécialisés dans différents domaines
réfléchissent aux questions de la migration et de
l’exil, du développement rural et de la raréfaction des
ressources, de la transition énergétique en Afrique et
des caractéristiques des parlements africains.
L’objectif du MIASA est de concevoir un programme
intellectuel et un agenda de recherche permettant
d’étayer des approches africaines à la fois en matière
scientifique et de politique pratique, et ce, à travers
une coopération multinationale.8 Participants à un atelier d’experts organisé
en juin 2018 sur l’élaboration de la Stra-
tégie Afrique (de gauche à droite : Prof.
Romain Murenzi, Dr. Mahama Ouedraogo,
Dr. Moumini Savadogo et Prof. Anne
Nangulu).
Champs d’action
1. Nous souhaitons promouvoir les transferts de connaissance et l’innovation
afin de contribuer à la croissance et à la prospérité et d’améliorer les perspectives
économiques de l’ensemble des pays partenaires.
L’économie connaît une croissance rapide dans rageons donc nos partenaires africains à développer
différents pays africains. Mais des pans entiers de la l’enseignement, la recherche et l’innovation dans
population africaine ne bénéficient pas de progrès. une approche holistique. Ceci inclut une formation
Afin que tous les Africains puissent profiter d’un professionnelle adaptée de même qu’un enseignement
niveau de vie en augmentation, il faut tirer profit supérieur de haute qualité et axé sur la pratique. Nous
de meilleure manière des potentiels d’innovation. Il mettons tout en œuvre pour exploiter de façon plus
convient également pour cela d’ancrer davantage dans conséquente les synergies issues de l’enseignement, de
la pratique les connaissances issues des établissements la recherche et de l’innovation afin d’obtenir un gain en
d’enseignement supérieur africains. termes de qualité et d’efficacité.
Il faut donc renforcer les connexions entre la recherche Avec la Stratégie Afrique, nous voulons nous concen-
et l’économie et développer des mécanismes et des trer davantage sur le développement, la gestion et
structures permettant de mieux valoriser et de mettre le transfert des connaissances afin de renforcer des
sur le marché les innovations et les découvertes scien- systèmes d’innovation :
tifiques ainsi que le savoir existant dans la région. C’est
ainsi que des emplois se créent qui ouvrent des pers- ●● Nous allons orienter davantage la coopération en
pectives d’avenir en Afrique. Les solutions numériques matière d’enseignement, de science et de recherche
jouent à ce niveau un rôle particulier. sur l’innovation et l’exploitation des résultats de
recherche. Ceci nous permettra de renforcer les
Les systèmes de recherche modernes sont synonymes systèmes de recherche et d’innovation africains et de
d’innovation, de participation sociale, de création soutenir nos partenaires africains dans la création de
d’emploi et de croissance économique. Nous encou- conditions permettant un meilleur développementCHAMPS D’ACTION 9
économique sur place, et dans l’établissement et diffuser plus facilement ses propres publications
de domaines professionnels extra-universitaires sur la base d’une bonne pratique scientifique sont des
offrant de nombreuses perspectives aux diplômés conditions permettant une participation accrue de la
de l’enseignement supérieur. recherche africaine à la production internationale de
●● Nous allons intensifier les connexions entre la savoirs et à l’exploitation des résultats de recherche.
recherche et l’économie pour obtenir une meilleure ●● Nous profiterons de la collaboration avec l’UNESCO-
exploitation des résultats, par exemple à travers UNEVOC (Organisation des Nations Unies pour
des projets impliquant des centres de recherche, l’éducation, la science et la culture – Centre inter-
des universités et des entreprises privés allemands national pour l’enseignement et la formation
et africains, et en soutenant la création de spin-off techniques et professionnels) pour mettre en valeur
issus d’établissements d’enseignement supérieur. Les les opportunités offertes par la numérisation aux
réseaux d’innovation régionaux (Cluster) jouent à ce enseignants et aux étudiants, dans le domaine
titre un rôle essentiel. de la formation professionnelle.
●● Nous allons soutenir le développement des structures
de gestion des universités africaines pour l’innovation,
le transfert de technologie et l’entrepreneuriat. Sur
ce point, l’utilisation des innovations locales joue un Partenariats pour le développement de
rôle particulier au sens où des solutions africaines produits pour la prévention, la thérapie
répondent à des défis africains. et le diagnostic des maladies tropicales
●● Grâce à une nouvelle mesure de financement, nous
allons aider les femmes scientifiques à transposer les Le BMBF finance de 2016 à 2022 cinq partenariats
résultats de leurs travaux dans l’économie, la société pour le développement de produits (PDP) liés aux
et la politique. pathologies suivantes : malaria, tuberculose, leish-
●● Nous offrirons aux partenaires africains régionaux maniose, trypanosomiase africaine et VIH, ainsi qu’au
et nationaux, ainsi qu’aux acteurs internationaux, diagnostic de maladies infectieuses récurrentes comme
la possibilité de s’associer à nos initiatives de mise Ebola.
en libre accès de résultats et d’expériences. En effet, Les PDP sont des organisations à but non lucratif dans
bénéficier d’un accès à des informations scientifiques lesquelles différents acteurs, tels que des instituts
académiques, des centres de recherche publics, des
entreprises pharmaceutiques et des ONG, coopèrent
pour développer des vaccins, des médicaments ou des
méthodes diagnostiques pour améliorer le traitement
des maladies négligées et associées à la pauvreté. Ces
PDP sont principalement financés par des fondations
privées et des bailleurs de fonds publics comme le
BMBF. L’objectif est de favoriser la collaboration entre
des organisations de recherche publiques et l’industrie
pharmaceutique pour développer rapidement les pro-
duits dont il existe un besoin urgent, puis pour pouvoir
les mettre à disposition dans les régions du monde les
plus touchées (principalement en Afrique), et ce, à des
prix accessibles.
Les produits développés dans le cadre des PDP ont une
Participants à un
atelier d’experts importance cruciale pour le continent africain. Les PDP
organisé en juin 2018 sont un excellent exemple de coopération réussie entre
sur l’élaboration de
la Stratégie Afrique. des acteurs publics et privés dans le traitement d’ur-
gences mondiales. L’expérience qui en est tirée permet
d’inspirer des projets ultérieurs.10 Le secrétaire d’État Dr. Georg Schütte en visite à l’Institut africain des sciences mathématiques (AIMS) à Mbour/Sénégal. 2. Nous voulons soutenir l’enseignement supérieur et les jeunes scientifiques pour créer de meilleures perspectives de vie. De nombreux établissements d’enseignement supé- et africains va encore s’intensifier. On compte à pré- rieurs en Afrique comptent un très grand nombre sent plus de 800 partenariats entre des établissements d’étudiants pour peu de professeurs. Du fait de la crois- d’enseignement supérieur allemands et africains. Pour sance démographique, le besoin en formation univer- que le capital humain de l’Afrique puisse s’épanouir sitaire va continuer à croître et la disproportion entre pleinement, nous nous engageons également en faveur le nombre d’étudiants et de professeurs va continuer d’une meilleure représentation des femmes au sein de à s’aggraver. Pour que l’offre évolue conformément à l’enseignement supérieur et de la recherche, en particu- la demande, il est primordial de développer sur le plan lier aux postes de direction. quantitatif et qualitatif les systèmes d’enseignement supérieur et de recherche africains. Les entreprises Avec la Stratégie Afrique du BMBF, nous souhaitons locales ayant besoin de main d’œuvre sur place en sont continuer à aider l’enseignement supérieur et les jeunes également les bénéficiaires. scientifiques à travers des mesures concrètes : Les coopérations entre établissements d’enseignement ●● Nous allons orienter la coopération avec l’Afrique supérieur jouent un rôle très important dans le cadre du de manière à soutenir efficacement et à rendre soutien apporté aux structures de l’enseignement supé- pérennes des systèmes de recherche dotés d’insti- rieur en Afrique. L’Université allemande du Caire (GUC), tutions renforcées ainsi que d’un personnel scienti- qui a vu le jour en 2003, a été la première université fique qualifié. binationale en Afrique. La coopération intensive entre ●● Nous allons soutenir surtout des partenariats entre les établissements d’enseignement supérieur allemands des instituts de l’enseignement supérieur qui ont
11
locales et de former les jeunes générations de cher-
cheurs dans des conditions attractives. Pour ce faire,
il est nécessaire d’examiner également des modèles
de chaire permettant de travailler sur les deux sites
grâce à des solutions numériques.
Enseignement transnational et
projets d’établissements allemands
d’enseignement supérieur à l’étranger
Depuis 2001, le DAAD finance des « Offres d’études
d’établissements allemands d’enseignement supérieur
à l’étranger ». L’éventail couvert jusqu’ici par les projets
financés va de la mise en place de cursus d’études
individuels, débouchant sur des diplômes reconnus en
Allemagne et dans le pays partenaire, à la conception
d’établissements d’enseignement supérieur entiers,
en passant par la création de facultés et d’instituts. Le
Programme pour l’enseignement transnational (TNB)
prend en charge le financement de la partie allemande.
En Afrique, cinq sites au total sont financés depuis
2018 par des fonds provenant du BMBF.
pour objectif de soutenir les structures locales. Afin
de garantir la pérennité de ces coopérations, nous al- Une offre interdisciplinaire d’études mondiales destinée
lons renforcer la procédure ascendante dans le cadre aux étudiants en Master et aux doctorants et axée sur
du Programme d’enseignement transnational (TNB) le thème « Paix et sécurité en Afrique » est proposée
de l’Office allemand des échanges universitaires à Addis Abeba (Éthiopie) parallèlement aux cursus
(DAAD) en accordant une attention toute particu- de sciences naturelles et de technologie dispensés à
lière à des projets pilotes mis sur pied en Afrique. Meknès (Maroc) et El Gouna (Égypte) où ils rencontrent
●● Dans le cadre de la coopération en matière de re- un franc succès. L’Université Goethe de Francfort vient
cherche, nous allons permettre à des établissements de mettre en place un cursus de Master sur deux ans
d’enseignement supérieur africains de développer intitulé « Études archivistiques » à Jos (Nigeria) en
des capacités de formation de diplômés dont la coopération avec l’Institut du film allemand, avec un
science et l’économie ont un besoin urgent. Ceci financement démarrant le 1er octobre 2018.
permet d’articuler la coopération en matière de
Avec environ 12 000 étudiants, l’Université allemande
recherche et des éléments d’enseignement destinés
du Caire (GUC) en Égypte compte actuellement parmi
aux jeunes chercheurs (à travers des programmes
les projets les plus importants et les plus réussis du
communs de Master par ex.). Nous chercherons
programme d’« Offres d’études d’établissements alle-
à intensifier la coopération entre les partenaires,
mands d’enseignement supérieur à l’étranger ». La GUC
notamment à travers la mise en place de centres de
est une université privée organisée selon le modèle des
recherche virtuels dotés d’infrastructures numé-
universités techniques allemandes. Les universités par-
riques.
tenaires allemandes d’Ulm, de Stuttgart et de Tübingen
●● Nous encouragerons le fait que les chercheurs
participent au profil académique de la GUC depuis sa
africains, ayant un lien avec l’Allemagne du fait de
création en 2003. Ses domaines de spécialité sont les
leurs études et de leurs recherches, puissent égale-
sciences de l’ingénierie, les sciences naturelles appli-
ment employer leurs compétences dans leur pays
quées, la pharmacie et la gestion axée sur la technique.
d’origine. Nous allons favoriser la mise en place de
Le financement du TNB permet de mettre en place et
groupes de recherche conjoints germano-africains
d’étendre des coopérations de recherche avec la GUC.
afin d’intensifier le développement de structures12
Titulaires des Chaires des recherche allemandes : Dr. Bubacarr Bah,
Dr. Olivier Menoukeu Pamen, Dr. Moustapha Fall, Prof. Dr. Gisèle
Mophou et Dr. Marc Sedjro (de gauche à droite). D’autres chaires sont
en cours de création.
Chaires de recherche allemandes/AIMS
●● Nous souhaitons améliorer l’accès à l’éducation, à la
Dans les pays partenaires africains, le BMBF soutient
science et à la recherche en Afrique en utilisant des
depuis longtemps le développement des sociétés du
technologies numériques et nous voulons soutenir ●●
savoir à travers des mesures visant au développement
l’innovation dans ce domaine. Nous soutiendrons
des structures et du capital humain. Il s’agit notam-
donc les offres en ligne de l’enseignement supé-
ment des Chaires de recherche allemande des centres
rieur allemand lorsqu’elles sont orientées vers les
de l’Institut africain des sciences mathématiques
besoins de l’Afrique et nous les améliorerons avec
(AIMS) en Afrique du Sud, au Sénégal, au Ghana, au
les partenaires.
Cameroun et en Tanzanie, qui sont mises en place
●● Nous allons financer davantage de chaires dans les
par la fondation Alexander von Humboldt (AvH) pour
pays partenaires africains, telles que les chaires de
le compte du BMBF. Pour soutenir directement les
recherche allemandes des centres de l’Institut afri-
chaires et garantir un lien direct avec l’Allemagne, le
cain aux sciences mathématiques (AIMS).
DAAD apporte un soutien financier à la coopération
●● Nous allons mettre en place des réseaux d’anciens
avec les établissements d’enseignement supérieur alle-
étudiants pour les centres de compétence sur le
mands ainsi qu’aux doctorants et post-doctorants.
climat WASCAL (West African Science Service
Centre on Climate Change and Adapted Land Use) et Les « Chaires de recherche allemandes » sont un
SASSCAL (Southern African Science Service Centre exemple réussi d’effets d’amplitude obtenus grâce à
for Climate Change and Adaptive Land Manage- une aide individuelle : en premier lieu, les chaires axent
ment). Ils auront pour but de garantir l’utilisation leur travail sur la pratique pour trouver des solutions
des connaissances et des expériences au profit de aux défis locaux, ensuite elles forment avec un haut
l’Afrique et leur mise à disposition de tous. niveau de qualité les chercheurs de demain et enfin,
●● Nous allons soutenir les jeunes chercheurs en au-delà des chaires de recherche elles-mêmes, les
ciblant de nouveaux programmes de recherche sur sciences mathématiques de chaque pays profitent des
l’exploitation durable des terres et sur le développe- liens de coopération des chaires de recherche avec les
ment urbain durable (cf. champ d’action no 4). Pour établissements d’enseignement supérieur allemands.
ce faire, nous ancrerons davantage dans SASSCAL
Avec le financement des Chaires de recherche alle-
les programmes d’étude supérieure en cours dans
mandes des centres de l’AIMS, le BMBF contribue avec
WASCAL (Master et doctorat) où ils rencontrent un
succès à l’élargissement des capacités locales et à une
réel succès, et nous les étofferons à la fois au niveau
coopération durable entre l’Allemagne et ses parte-
thématique et du point de vue régional.
naires africains.CHAMPS D’ACTION 13
3. Nous voulons renforcer l’employabilité des diplômés de l’enseignement
supérieur et accroître l’orientation pratique de la formation professionnelle.
Le chômage des jeunes constitue un défi majeur en
Afrique. Il touche également un grand nombre de European and Developing Countries
diplômés de l’enseignement supérieur, en particulier Clinical Trials Partnership (Partenariat
en Afrique du Nord. Ainsi, la « Stratégie continentale des pays européens et en développement
pour l’éducation en Afrique 2016–2025 » de l’Union sur les essais cliniques)
africaine accorde-t-elle la plus haute importance
aux questions de formation professionnelle et Le Partenariat des pays européens et en développement
d’employabilité. sur les essais cliniques (EDCTP) a été créé en 2003 sous
la forme d’une initiative européenne visant à faire face
Le chômage des jeunes en Afrique est dû, d’une part, à la crise sanitaire mondiale. Ce partenariat implique
au manque de capacité d’absorption du marché du quatorze États membres européens, deux États associés
travail. D’autre part, il manque dans bien des cas une et quarante-huit pays d’Afrique sub-saharienne.
formation professionnelle de qualité ainsi qu’une
En 2014, le Parlement européen et le Conseil européen
interconnexion efficace entre l’enseignement supérieur
ont décidé de poursuivre le programme avec EDCTP 2.
et le marché du travail local permettant de se préparer
L’objectif est de développer des diagnostics, des
aux exigences de la vie professionnelle. Le manque
médicaments et des vaccins pour lutter contre les trois
de possibilités de s’épanouir conduit à un manque de
grandes maladies liées à la pauvreté : le VIH/SIDA, la
perspectives, y compris pour les diplômés de l’ensei-
malaria et la tuberculose, et pour lutter contre d’autres
gnement supérieur et pour les jeunes chercheurs. Ceci
maladies infectieuses négligées. Étant donné le succès
présente un risque de conflit élevé et peut favoriser
du projet précédent, l’Allemagne s’est activement
une fuite des cerveaux dont ces pays ont pourtant un
engagée dans la nouvelle phase de ce programme.
besoin impérieux.
Depuis sa création en 2003, l’EDCTP s’est imposé
comme un modèle de coopération reconnu à l’échelle
mondiale entre des pays africains et européens.14 STRATÉGIE AFRIQUE DU MINISTÈRE FÉDÉRAL ALLEMAND DE L’ÉDUCATION ET DE LA RECHERCHE
Initiatives sur le climat
WASCAL et SASSCAL
En collaboration avec des partenaires de dix pays de
l’ouest et de cinq pays du sud de l’Afrique, le BMBF dé-
veloppe deux centres régionaux de compétences consa-
crés au changement climatique et à la gestion durable
des terres dans le sud et l’ouest de l’Afrique. L’objectif
est de mieux protéger les personnes et l’environnement
des conséquences du changement climatique.
En Afrique de l’ouest, le Bénin, le Burkina Faso, la
Côte d’Ivoire, la Gambie, le Ghana, le Mali, le Niger,
le Nigeria, le Sénégal et le Togo collaborent au sein
de WASCAL (West African Science Service Centre on
Climate Change and Adapted Land Use). SASSCAL Signature du projet de collaboration sur la formation professionnelle
avec l’Afrique du Sud par la directice du département Susanne Burger.
(Southern African Science Service Centre for Climate
Change and Adaptive Land Management) est géré
conjointement par l’Angola, le Botswana, la Namibie, ●● Nous allons continuer à soutenir le développement
la Zambie et l’Afrique du Sud. Ces centres de compé- des cursus adaptés au marché du travail, l’ajus-
tences sont cofinancés par les pays partenaires. tement des programmes d’études (« Qualité de
l’enseignement ») et les programmes de formation
Depuis 2010, WASCAL et SASSCAL aident les régions
continue des professeurs de l’enseignement supé-
les plus touchées par le changement climatique dans le
rieur.
sud et l’ouest de l’Afrique à développer des structures
●● Dans les projets de grande envergure WASCAL et
scientifiques et universitaires ou non universitaires. Ceci
SASSCAL, nous allons mettre en place des actions
a lieu en étroite collaboration avec les établissements
pour accompagner la formation et la formation
d’enseignement supérieur et les instituts de recherche
continue, ainsi que des bourses destinées aux Start-
allemands ainsi que leurs réseaux.
up (mesure appelée « Entrée dans l’entrepreneu-
Dans ces deux centres de compétence, des solutions riat »), et ce, pour faciliter le passage des diplômés
exemplaires en faveur de la protection du climat et de dans l’économie de marché. Ceci s’effectue sur la
l’adaptation au changement climatique sont dévelop- base des expériences accomplies et des réussites
pées, expérimentées et appliquées en collaboration obtenues par les écoles d’études supérieures de
avec les utilisateurs. Ils constituent ainsi de parfaits WASCAL.
exemples d’interaction réussie entre l’enseignement ●● Nous soutiendrons l’introduction de cursus doubles
universitaire, la coopération en matière de recherche avec une interaction entre études universitaires et
et les infrastructures de recherche. formation en entreprise en Afrique.
●● Nous intégrerons des éléments de formation profes-
Sur ce point, la Stratégie Afrique du BMBF met l’accent sionnelle dans des projets de recherche.
sur la question de l’employabilité. Nous souhaitons ●● En accord avec l’« Agenda 2063 » de l’Union afri-
concevoir des cours d’études axés sur la pratique et caine, nous allons collaborer avec d’autres minis-
sur les besoins, et mieux exploiter les potentiels de la tères et avec des acteurs économiques allemands et
formation professionnelle : africains pour explorer et tirer profit des potentielsCHAMPS D’ACTION 15
offerts par le secteur privé afin de développer et
Partenariats avec l’Afrique sub-saharienne
d’expérimenter une formation professionnelle coo-
pérative en entreprise et interentreprise. Nous allons
pour des solutions durables – Mesures
surtout soutenir les petites et moyennes entreprises intégrées en faveur de la recherche, de la
(PME) allemandes et africaines engagées dans la formation et de la formation continue
formation professionnelle par le biais d’instruments post-universitaires
ciblés comme les partenariats de formation dans les-
quels plusieurs entreprises mutualisent des éléments Dans le cadre du programme de recherche intitulé
de formation. « Partenariats avec l’Afrique sub-saharienne pour des
●● Dans les pays africains intéressés, nous allons évaluer solutions durables », la recherche conjointe portant
les besoins en conseils systémiques en matière de sur des thématiques touchant de près l’Afrique sub-
formation professionnelle (cadre légal, financement, saharienne est articulée avec le développement des
gouvernance), et proposer à ces pays des prestations capacités de formation et de formation continue
de conseil correspondantes. post-universitaires pour les étudiants africains en
●● Nous faisons tout notre possible pour exploiter de Master et en doctorat, et ce, à travers une approche
manière ciblée le potentiel de la recherche alle- modulaire intégrée. Les thématiques dominantes sont
mande sur la formation professionnelle afin de sou- la bioéconomie, le développement urbain durable et
tenir les efforts de réforme en la matière en Afrique. la gestion des ressources (matières premières). Des
Nous mettrons également à profit le domaine des partenaires provenant de quatorze États africains
formations professionnelles informelles et nous participent à treize réseaux germano-africains au total.
collaborerons avec des acteurs multilatéraux. Ces partenariats sont un bon exemple de la manière
●● Nous allons contribuer à l’amélioration de la forma- dont, parallèlement à la recherche conjointe, on
tion des professeurs de l’enseignement professionnel peut contribuer efficacement à l’amélioration des
ainsi que des formateurs en entreprise. Notre objec- capacités d’enseignement et de recherche dans les pays
tif en la matière se résume en trois mots : « Train the partenaires.
Trainer ».16 STRATÉGIE AFRIQUE DU MINISTÈRE FÉDÉRAL ALLEMAND DE L’ÉDUCATION ET DE LA RECHERCHE
4. Nous agissons de sorte que la collaboration dans le domaine de la recherche
contribue davantage à la réalisation des objectifs de développement durable
(ODD) fixés par les Nations Unies.
Au mois de septembre 2015, l’Assemblée générale des En accord avec les ODD, la stratégie de développement
Nations Unies a adopté l’« Agenda 2030 » et ses 17 objec- de l’Union africaine, « Agenda 2063 », a également
tifs de développement durable (ODD). L’« Agenda 2030 » pour ambition de favoriser la prospérité des Africains,
revêt une importance cruciale pour un développement laquelle repose sur une croissance inclusive et un
à la fois durable et pacifique du monde car les ODD sont développement durable. L’« Agenda 2063 » insiste,
le reflet de l’interdépendance entre les défis sociaux, ce faisant, sur le rôle particulièrement important de
économiques et écologiques à l’échelle mondiale. la recherche et de la technologie pour atteindre ces
objectifs.
L’éducation, la recherche et l’innovation sont des mo-
teurs essentiels d’un développement durable et donc de À travers la Stratégie Afrique du BMBF, nous soutenons
la mise en œuvre de l’« Agenda 2030 ». Elles permettent donc la coopération germano-africaine en matière de
de rendre plus souples et mieux applicables ces ODD recherche qui contribue à la fois à relever les défis liés
liés les uns aux autres, d’effectuer des recherches et de au développement du continent africain et à réaliser les
trouver des solutions aux conflits d’objectifs existant ODD :
entre les besoins sociaux, économiques et écologiques,
de fournir des technologies durables et de donner des ●● Nous allons renforcer la coopération en matière
impulsions claires aux actions en matière de politique de recherche avec les partenaires africains, particu-
sociétale. lièrement dans les domaines offrant et garantissant17
à chacun des bases d’existence durables au niveau ●● La recherche dans le domaine de la prévention
local et favorisant la résilience. Pour ce faire, nous des pandémies et la gestion des crises sanitaires
allons élaborer des recommandations pratiques pour concevoir des stratégies et des outils de
et mettre en avant des solutions concourant à des lutte efficaces contre la menace représentée par
améliorations concrètes en matière de besoins fon- les maladies infectieuses, et ce, tout en tenant
damentaux locaux (ODD 1 et 2). compte des ressources disponibles.
●● Par le biais du soutien que nous apportons à la ●● Dans le cadre de notre coopération en matière de
recherche médicale dans les pays africains parte- recherche avec les partenaires africains, nous allons
naires, nous allons également contribuer à créer et à insister sur la création d’un environnement qui soit
maintenir durablement des capacités de recherche favorable aux chercheuses. L’égalité des chances entre
afin d’améliorer l’état de santé des populations et de les hommes et les femmes est, certes, primordiale
consolider les systèmes de santé africains. À travers dans le monde entier (ODD 5), mais elle est particuliè-
nos mesures de soutien, nous souhaitons aider nos rement essentielle sur le continent africain pour pou-
partenaires africains à transposer de manière sys- voir actionner des leviers cruciaux pour le développe-
tématique dans leurs soins de santé les résultats de ment économique et social des pays et des régions.
recherche actuels et les pratiques éprouvées ●● Nous allons renforcer la recherche pour la mise en
(ODD 3). Ceci concerne notamment : œuvre d’une gestion durable de l’eau en Afrique
●● La recherche sur la mise en œuvre de nouveaux (ODD 6). La priorité en la matière est donnée à la
biens et services de santé (éventuellement dans satisfaction des besoins en eau potable, à une utilisa-
leur dernière phase de développement), si possible tion efficace, à la conservation des systèmes écolo-
avec les partenariats pour le développement de giques hydriques et à la lutte contre la sécheresse
produits (PDP) existant dans ce domaine, le Par- et les inondations comme éléments d’une gestion
tenariat des pays européens et en développement intégrée des ressources en eau.
sur les essais cliniques (EDCTP), d’autres bailleurs ●● Dans le cadre d’une nouvelle initiative (incluant En-
de fonds publics ou privés et des organisations non ergize West Africa), nous allons concevoir, dévelop-
gouvernementales (ONG). per et réaliser des projets de recherche avec l’Afrique
●● La recherche épidémiologique et la recherche sur dans le domaine de l’énergie. L’objectif est de mettre
la santé publique portant sur les besoins des par- en place des systèmes énergétiques durables qui
tenaires africains (par ex. l’importance croissante doivent garantir un accès à tous à une énergie à la
des maladies non transmissibles) et fournissant fois abordable et propre (ODD 7). Dans le même
les connaissances de base pour une promotion de temps, des solutions doivent être mises en œuvre
la santé à la fois générale et ciblée. pour créer des effets positifs sur l’économie et offrir
de nouvelles opportunités d’emploi.18 STRATÉGIE AFRIQUE DU MINISTÈRE FÉDÉRAL ALLEMAND DE L’ÉDUCATION ET DE LA RECHERCHE
●● En collaboration avec les pays africains partenaires,
CLIENT II – Partenariats internationaux
nous allons concevoir et réaliser un nouveau
pour une innovation durable
programme de recherche pour un développement
Dans son programme cadre intitulé « Recherche pour durable des régions urbaines (ODD 11). Ceci va nous
un développement durable (FONA3) », le BMBF sou- permettre de répondre à un problème qui, certes,
tient des partenariats avec des pays émergents et en touche la planète toute entière, mais qui frappe
voie de développement dans les domaines du climat, tout particulièrement l’Afrique en raison de sa forte
de l’environnement et de l’énergie à travers la mesure croissance démographique. À ce niveau, la priorité
CLIENT II qui court de 2017 à 2023. Les thèmes et les est donnée à la conception et à l’utilisation d’ins-
instruments du soutien apporté à des solutions inno- truments de planification concrets permettant aux
vantes et durables sont axés sur les besoins concrets villes de trouver des solutions rapidement appli-
des pays partenaires concernés. Les thématiques prio- cables pour faire face aux défis de l’urbanisation.
ritaires de CLIENT II en lien avec les pays et les régions ●● Nous allons continuer à nous consacrer, avec
d’Afrique sont actuellement la protection du climat et nos partenaires africains, aux défis globaux de la
l’efficacité énergétique, l’adaptation au changement recherche sur le climat et l’exploitation de la mer
climatique, la gestion des terres et les systèmes éner- (ODD 13 et 14) dans le cadre de programmes de
gétiques durables. Le sud et l’ouest de l’Afrique ainsi recherche nationaux et internationaux, car la partie
que le Maroc font partie des pays et des régions ciblés australe de l’Afrique sera une des régions les plus
prioritairement par ces actions. fortement impactées par le changement climatique.
CLIENT II aide également les entreprises allemandes
à trouver des débouchés à leur savoir-faire techno-
logique dans la maîtrise des défis globaux sur des
marchés internationaux où ils font l’objet d’une réelle
demande.
CLIENT II se distingue ainsi par son approche parti-
culièrement pratique. Le fait d’impliquer les acteurs
politiques et économiques du pays partenaire permet
de mettre rapidement en pratique les résultats de
recherche.
Collecte de données en Angola
dans le cadre du programme
SASSCAL (Southern African
Science Service Centre for Climate
Change and Adaptive Land Management)
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