Évaluation finale Plan d'action d'Addis-Abeba Adopté à la 8e Conférence panafricaine Octobre 2012

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Évaluation finale Plan d'action d'Addis-Abeba Adopté à la 8e Conférence panafricaine Octobre 2012
Évaluation finale
Plan d’action d’Addis-Abeba
Adopté à la 8e Conférence panafricaine
Octobre 2012

www.ifrc.org
Sauver des vies, changer les mentalités.
Évaluation finale Plan d'action d'Addis-Abeba Adopté à la 8e Conférence panafricaine Octobre 2012
La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge
et du Croissant-Rouge (Fédération internationale) est le plus
vaste réseau humanitaire de volontaires au monde. Chaque
année, avec ses 190 Sociétés nationales membres dans le
monde, elle agit dans toutes les communautés en faveur
de 160,7 millions de personnes par le biais de services et de
programmes de développement à long terme, ainsi que de
110 millions de personnes, à travers des opérations d’urgence
en cas de catastrophe et de relèvement précoce. Elle œuvre
avant, pendant et après les catastrophes et les urgences
sanitaires pour répondre aux besoins et améliorer les conditions
d’existence des personnes vulnérables. Elle le fait de façon
impartiale, sans distinction fondée sur la nationalité, la race, le
genre, les croyances religieuses, la classe sociale ou les opinions
politiques.

Guidés par la Stratégie 2020 – notre plan d’action collectif pour
faire face aux défis humanitaires majeurs de la décennie –
nous sommes déterminés à « sauver des vies et changer les
mentalités ».

La Fédération internationale et les Sociétés nationales tiennent
leur force de leur réseau de volontaires, du savoirfaire acquis
dans les communautés, de leur indépendance et de leur
neutralité. Elles s’emploient à améliorer les normes humanitaires,
en tant que partenaires du développement et en intervenant
en cas de catastrophe. Elles persuadent les décideurs d’agir en
toutes circonstances dans l’intérêt des personnes vulnérables. Ce
faisant, elles rendent les communautés saines et sûres, réduisent
les vulnérabilités, renforcent la résilience et encouragent une
culture de paix dans le monde entier.

© Fédération internationale des Sociétés de
la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Beyrouth,
2017

Toutes les parties de cette publication peuvent être
citées, copiées, traduites dans d’autres langues
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préalable de la Fédération internationale des
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Photo de couverture : Juozas Cernius / FICR            Référence du document :
Évaluation finale Plan d'action d'Addis-Abeba Adopté à la 8e Conférence panafricaine Octobre 2012
Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
                                                                               Évaluation finale
                                                                      Plan d’action d’Addis-Abeba

Présenté lors de:

             9e Conférence panafricaine
             Investir en Afrique
             Abidjan, Côte d’Ivoire | 9 au 12 avril 2017

                                                                                                   1
Évaluation finale Plan d'action d'Addis-Abeba Adopté à la 8e Conférence panafricaine Octobre 2012
Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
Évaluation finale
Plan d’action d’Addis-Abeba

                                     Table des matières
                                     Résumé analytique                                                              6

                                     Introduction                                                                  15

                                     Le Plan d’action d’Addis-Abeba                                                16

                                     Évaluation finale de la Conférence panafricaine                               17

                                     Les résultats                                                                 21

                                               Sociétés nationales africaines recevant un soutien financier
                                               ou en nature du gouvernement                                        21

                                                   Enjeux                                                          21

                                                   Les résultats                                                   21

                                                   Analyse                                                         23

                                                   Recommandations                                                 25

                                               Sociétés nationales dont plus de 50 % des revenus sont générés
                                               au niveau national                                                  26

                                                   Enjeux                                                          26

                                                   Résultats                                                       26

                                                   Analyse                                                         28

                                                   Recommandations                                                 32

                                               Sociétés nationales africaines dont les comptes sont vérifiés chaque
                                               année et qui produisent des états financiers annuels                 33

                                                   Enjeux                                                          33

                                                   Résultats                                                       34

                                                   Analyse                                                         35

                                                   Recommandations                                                 38

                                               Sociétés nationales qui se sont soumises à un processus d’auto-
                                               évaluation ou d’évaluation par les pairs reconnus par le Mouvement 38

                                                   Enjeux                                                          38

                                                   Résultats                                                       39

                                                   Analyse                                                         40

                                                   Recommandations                                                 41

                                               Sociétés nationales qui utilisent le système de compte rendu à
                                               l’échelle de la Fédération pour établir un rapport annuel           41

                                                   Enjeux                                                          41

                                                   Résultats                                                       42

                                                   Analyse                                                         42

                                                   Recommandations                                                 42

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Évaluation finale Plan d'action d'Addis-Abeba Adopté à la 8e Conférence panafricaine Octobre 2012
Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
                                                                                                                     Évaluation finale
                                                                                                            Plan d’action d’Addis-Abeba

      Sociétés nationales africaines qui ont des politiques et des programmes
      relatifs à la jeunesse et mettent en œuvre l’initiative YABC         42

         Enjeux                                                                     42

         Résultats                                                                  44

         Analyse                                                                    44

         Recommandations                                                            45

      Sociétés nationales dont les statuts ont été actualisés au cours
      des cinq dernières années                                                     45

         Enjeux                                                                     45

         Résultats                                                                  45

         Recommandations                                                            52

Conclusion et recommandations générales                                             55

ANNEXE I : QUESTIONNAIRE                                                            59

      Évaluation finale de la Conférence panafricaine 2012
      (plan d’action d’addis-abeba)                                                 59

Annexe II : analyse de l’état de la mise en œuvre du
Plan d’action d’Addis-Abeba                                                         66

Annexe III : Analyse de l’état de la mise en œuvre des
indicateurs du Plan d’action d’Addis-Abeba au niveau national                       67

      Afrique Australe                                                              67

      Afrique Orientale                                                             67

      Afrique Centrale                                                              68

      Côte Ouest                                                                    69

      Sahel                                                                         69

      Afrique du Nord                                                               70

 Acronymes
 SNA    Sociétés nationales africaines
 APoA   Plan d’action d’Addis-Abeba
 UA     Union africaine
 CMC    Comité de contrôle du respect des dispositions et de médiation de la Fédération
 OSC    Organisation de la société civile
 FDRS   Système de compte rendu à l’échelle de la Fédération
 FICR   Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
 CICR   Comité international de la Croix-Rouge
 ECCO   Évaluation et certification des capacités organisationnelles
 ONG    Organisation non gouvernementale
 PAC    Conférence panafricaine
 ECP    Équipe de coordination panafricaine
 SNP    Société nationale partenaire/participante
 YABC   Les jeunes en tant qu’agents du changement de comportement

                                                                                                                                         3
Évaluation finale Plan d'action d'Addis-Abeba Adopté à la 8e Conférence panafricaine Octobre 2012
Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
Évaluation finale
Plan d’action d’Addis-Abeba

                                     Résumé analytique
                                     Introduction
                                     La Conférence panafricaine des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
                                     (PAC) est une assemblée statutaire de la Fédération internationale des Sociétés de
                                     la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) qui se tient tous les quatre ans. La
                                     Conférence panafricaine rassemble les Sociétés nationales africaines, la Fédération
                                     et des partenaires afin de délibérer et réfléchir sur les questions humanitaires
                                     actuelles, et élaborer un plan d’action pour les quatre années suivantes. La 8e
                                     Conférence panafricaine s'est tenue à Addis-Abeba en Éthiopie, en octobre 2012 sur
                                     le thème « Investir en Afrique ». Ce thème reflétait l’atmosphère de l’époque, à savoir
                                     que les Sociétés nationales africaines avaient besoin et étaient capables d’attirer
                                     plus d’investissements en termes de ressources, tant au niveau local qu’à l’échelle
                                     internationale. La 9e Conférence panafricaine qui se tiendra à Abidjan en avril 2017
                                     sera une opportunité pour les Sociétés nationales africaines d’établir un lien entre
                                     le passé et l’avenir, à travers des processus de délibérations, de débats, de réflexions
                                     et d’apprentissage entre pairs. La 9e Conférence panafricaine conserve le thème «
                                     Investir en Afrique », ce qui signifie que les objectifs et les engagements définis par
                                     les Sociétés nationales africaines sont aussi valides aujourd’hui qu’ils l’étaient en
                                     2012.

                                     Les leçons tirées du Plan d’action d’Addis-Abeba
                                     Résumant les engagements pris lors de la 8e Conférence panafricaine, le Plan d’action
                                     d’Addis-Abeba était une résolution prise par les Sociétés nationales africaines afin
                                     de réunir les conditions nécessaires pour attirer les investissements, favoriser le rôle
                                     d’auxiliaires des pouvoirs publics, renforcer la bonne gouvernance et les mécanismes
                                     de reddition de compte, et poser les conditions adéquates pour un engagement plus
                                     efficace dans les partenariats locaux, régionaux et internationaux, afin de faire face
                                     efficacement aux nouveaux défis croissants de l’humanitaire et du développement à
                                     travers le continent. L’évaluation finale du Plan d’action d’Addis-Abeba montre que
                                     les Sociétés nationales africaines ont réalisé des avancées stratégiques. Toutefois, il
                                     existe également des lacunes qui compromettent le développement et la viabilité
                                     des institutions. Inversement, en prenant les bonnes décisions et en recherchant
                                     les résultats souhaitables, il est possible de transformer les défis en opportunités.
                                     Le présent document offre une vision de ce que les résultats de l’évaluation de la 8e
                                     Conférence panafricaine représentent pour les Sociétés nationales africaines.

                                     Le rôle d’auxiliaires des Sociétés nationales :
                                     Il faut être deux pour danser le tango
                                     Le rôle d’auxiliaires des Sociétés nationales confère aux Sociétés nationales un statut
                                     unique, ou sui generis en termes plus savants, c’est-à-dire un statut qui leur est pro-
                                     pre. Dans sa forme la plus simple, le rôle d’auxiliaire peut signifier que les Sociétés
                                     nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, en vertu de leur établissement
                                     par les États par le biais d’instruments juridiques nationaux, fournissent des ser-
                                     vices au public pour le compte de l’État dans la suite des pouvoirs publics. Dans une
                                     résolution adoptée en 2007 lors de la Conférence internationale de la Croix-Rouge et

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Évaluation finale Plan d'action d'Addis-Abeba Adopté à la 8e Conférence panafricaine Octobre 2012
Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
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                                                                                                         Plan d’action d’Addis-Abeba

du Croissant-Rouge, réunion qui rassemble les Sociétés nationales, la Fédération, le
CICR et les gouvernements il a été déclaré que le concept d’auxiliaire se décline en
deux volets. Le premier concerne le devoir des sociétés nationales qui est de fournir
des services humanitaires complémentaires à ceux de l’État. Le second concerne le
rôle du gouvernement qui est d’appuyer les sociétés nationales dans la réalisation
de leur mission, en leur apportant entre autres un soutien financier et matériel. Pour
évaluer l’aide financière et en nature qu’ils comptent accorder aux Sociétés nation-
ales, il est capital que les gouvernements aient une compréhension adéquate du rôle
d’auxiliaires que celles-ci jouent auprès d’eux dans le domaine de l’humanitaire.
Néanmoins, l’évaluation du Plan d’action d’Addis-Abeba montre que la plupart des
Sociétés nationales sont largement dépendantes du soutien financier des donateurs
extérieurs, et ne reçoivent que peu de contributions financières ou en nature de leurs
gouvernements. Alors que 68 % des Sociétés nationales interrogées ont indiqué avoir
reçu un soutien financier de leurs gouvernements, seulement 3 ont déclaré avoir reçu
un soutien qui représentait au moins 75 % de leur budget annuel, tandis que 3 ont
reçu entre 50 % et 75 %, 4 entre 35 % et 50 %, 5 entre 10 % et 35 %, 12 moins de 10 %,
et 11 ont indiqué n’avoir reçu aucune subvention directe de leur gouvernement. Par
ailleurs, 68 % des Sociétés nationales interrogées ont indiqué avoir reçu un soutien
en nature de la part de leurs gouvernements. Cependant, parmi les sociétés qui ont
indiqué avoir reçu un soutien en nature, 16 ont indiqué que celui-ci correspondait à
moins de 10 % de leur budget annuel, 8 entre 10 % et 35 %, 1 entre 35 % et 50 %, et
aucune n’a reçu de soutien en nature d’une valeur supérieure à 50 % de son budget
annuel.
Les résultats ci-dessus montrent qu’une majorité de Sociétés nationales ayant par-
ticipé à l’enquête a reçu moins de 50 % de leurs budgets annuels de la part de leurs
gouvernements. Même si les contributions en nature sont les plus fréquentes, une
vision d’ensemble révèle qu’une portion substantielle des budgets des Sociétés na-
tionales ne provient pas de leurs gouvernements. Cette réalité soulève un certain
nombre de questions. Premièrement, quels sont les obstacles institutionnels et opé-
rationnels à l’origine de l’intérêt minime que les gouvernements accordent à financer
les Sociétés nationales ? Deuxièmement, quel type de soutien peut être apporté par
les partenaires pour combler les lacunes lorsqu’il y en a et faire des Sociétés nation-
ales des candidates privilégiées en matière d’investissement ? Les Sociétés nation-
ales africaines ont énoncé des défis au nombre desquels l’absence d’une perspective
commune entre les gouvernements et les Sociétés nationales africaines quant à la
mise en œuvre du rôle d’auxiliaire, ce qui a entraîné une mauvaise compréhension
du rôle et des responsabilités des Sociétés nationales et des gouvernements. Les ob-
stacles juridiques qui empêchent les agences non gouvernementales d’avoir accès
aux ressources financières publiques constituent une difficulté supplémentaire pour
les Sociétés nationales africaines.
Il convient de relever que malgré les investissements apparemment faibles qu’elles
reçoivent de leurs gouvernements, les Sociétés nationales constituent tout de même
des partenaires privilégiés pour ces derniers en termes d’objectifs de gestion des
risques de catastrophe. Il serait nécessaire de procéder à une structuration des
opérations des Sociétés nationales afin de tirer parti du travail mis en œuvre et
d’amplifier la nature du statut d’auxiliaire des Sociétés nationales africaines. Pour

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Évaluation finale Plan d'action d'Addis-Abeba Adopté à la 8e Conférence panafricaine Octobre 2012
Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
Évaluation finale
Plan d’action d’Addis-Abeba

                                     ce faire, il est essentiel que les Sociétés nationales africaines investissent dans la
                                     mise en évidence et la clarification de leur statut d’auxiliaire en collaborant avec
                                     leurs gouvernements. Pour être plus précis, il est recommandé de mener une telle
                                     discussion par le biais des missions diplomatiques de la Fédération, de concert avec
                                     les Sociétés nationales africaines. Il est également capital de préciser et vulgariser
                                     l’œuvre des Sociétés nationales africaines en tant que partenaires à part entière du
                                     gouvernement. Les partenaires peuvent appuyer ce processus en investissant dans
                                     les capacités des Sociétés nationales africaines en matière de communication et de
                                     plaidoyer. Au niveau collectif, les interventions doivent cibler le profilage des compé-
                                     tences et des capacités des Sociétés nationales, tout en créant une adéquation avec
                                     les besoins de partenariat des États.

                                     La mobilisation des ressources à l’échelle nationale
                                     L’accroissement de l’accès aux ressources financières nationales devrait élargir la
                                     portée des programmes des Sociétés nationales et assurer l’indépendance des opéra-
                                     tions et services des Sociétés nationales vis-à-vis du soutien financier des donateurs
                                     extérieurs. Par conséquent, il s’agit non d’un but politique, mais d’un objectif visant
                                     à accroître l’efficacité opérationnelle et la fiabilité des Sociétés nationales africaines,
                                     en assurant la durabilité des ressources pour alimenter les programmes et en fa-
                                     vorisant une réponse rapide aux besoins dès qu’ils sont posés. Toutefois, les Sociétés
                                     nationales africaines ont encore du mal à mobiliser des fonds à l’échelle nationale.
                                     Les données montrent que parmi les Sociétés nationales qui ont répondu au ques-
                                     tionnaire, au moins 15 déclarent que moins de 10 % de leur budget annuel provient
                                     de sources nationales. Par ailleurs, seulement 13 Sociétés nationales ont reçu entre
                                     10 % et 35 % ; 1 Société nationale entre 35 % et 50 % ; 4 Sociétés nationales entre
                                     50 % et 75 %, et 3 Sociétés nationales ont reçu plus 75 % de leur budget de sources
                                     nationales. Une seule Société nationale a indiqué qu’elle n’avait mobilisé aucune
                                     ressource au niveau national. En outre, pour ce qui est des ressources mobilisées au
                                     niveau national, les revenus générés par le biais d’activités (activités à but lucratif)
                                     représentaient moins de 10 % pour 15 Sociétés nationales ; entre 10 % et 35 % pour 11
                                     Sociétés nationales ; entre 35 % et 50 % pour 4 Sociétés nationales ; entre 50 % et 75 %
                                     pour 3 Sociétés nationales, et plus de 75 % pour 3 Sociétés nationales. La subvention
                                     du gouvernement était incluse dans la section des ressources mobilisées au niveau
                                     national et s’élevait à moins de 10 % pour 25 Sociétés nationales ; entre 10 % et 35 %
                                     pour 4 Sociétés nationales ; entre 35 % et 50 % pour 2 Sociétés nationales ; entre 50 %
                                     et 75 % pour 1 Société nationale et entre 75 % et 100 % pour 1 Société nationale. Pour
                                     ce qui est des revenus générés par les frais d’adhésion, 33 Sociétés nationales ont in-
                                     diqué qu’ils représentent moins de 10 % de leur budget, 3 ont indiqué se situer entre
                                     10 % et 35 %, et une seule a indiqué n’avoir reçu aucun frais d’adhésion. En outre,
                                     concernant les dons d’entreprises, 32 Sociétés nationales ont indiqué une part infé-
                                     rieure à 10 % ; 1 Société nationale entre 10 % et 35 % ; 1 Sociétés nationales entre 35
                                     % et 50 %, et 3 Sociétés nationales n’ont reçu aucune aide de la part des entreprises.
                                     De ce qui précède, il ressort que les Sociétés nationales africaines ont besoin de
                                     modèles de partenariats qui créent des capacités et des outils destinés à diversifier
                                     le flux des ressources, et en particulier à accroître la mobilisation des ressources à

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Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
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                                                                                                         Plan d’action d’Addis-Abeba

l’échelle nationale. Il existe déjà de bons exemples de Sociétés nationales africaines
qui ont accès à suffisamment de ressources à l’échelle nationale, ce qui laisse en-
trevoir des possibilités. Pour y parvenir, les Sociétés nationales africaines doivent
investir dans leur visibilité, leur réactivité, leur responsabilité et leurs ressources
humaines, éléments indispensables à la mobilisation des ressources dans leurs pro-
pres pays. Bien entendu, on n’insistera jamais assez sur la valeur d’une stratégie
efficace de mobilisation des ressources qui adopte des outils modernes tels que les
terminaux de paiement, Internet et le téléphone. Les Sociétés nationales africaines
ont également besoin de stratégies pour construire avec leurs partenaires locaux des
relations durables dont les résultats ne seront visibles qu’après un certain temps.
Ce qui produira un succès qui ne sera pas limité dans le temps, mais fondé sur
l’établissement de relations durables basées sur la confiance, la responsabilité et la
visibilité.

La reddition de comptes et l’intégrité :
Un renforcement des capacités ou                         une       contribution               au
développement des capacités
Les Sociétés nationales africaines doivent s’efforcer à être plus transparentes et à
rendre des comptes de manière régulière. Les institutions ouvertes sont ouvertes
aux investissements. Qu’ils soient internes ou externes, les audits sont des outils de
gestion des risques visant à assurer la transparence et la responsabilité au sein d’une
Sociétés nationales. Lorsqu’elles sont dûment mandatées, les institutions d’audit
peuvent être utilisées pour le contrôle des transactions, avec les rapports d’audit et
les états financiers comme baromètres de la santé financière des Sociétés nation-
ales. Le recours aux audits et à toutes les autres méthodes susceptibles de mettre
en évidence la reddition des comptes et la transparence peut permettre d’obtenir
l’assurance raisonnable que la gestion financière de l’organisation est ouverte et
transparente, et par conséquent attirer des investissements.
L’évaluation de la 8e Conférence panafricaine montre que parmi les Sociétés nation-
ales interrogées, 31 sur 37 ont indiqué procéder à un audit externe chaque année,
ce qui signifie que 84 % des Sociétés nationales se soumettent à un audit annuel.
Comparativement, 27 Sociétés nationales ont indiqué que subir un audit annuel ex-
terne était une obligation constitutionnelle prévue dans les statuts/la constitution
des Sociétés nationales ; 6 Sociétés nationales ont déclaré qu’une telle obligation
n’existait pas et 2 Sociétés nationales n’ont pas donné de réponse. Par ailleurs, 24
Sociétés nationales (65 %) ont indiqué qu’elles produisent des états financiers ac-
cessibles au public, contrairement à 13 Sociétés nationales qui ont répondu par la
négative. De plus, 29 Sociétés nationales (78 %) ont indiqué qu’elles mettent les rap-
ports d’audit à la disposition des donateurs, tandis que 7 ne le font pas, et 1 Société
nationale n’a pas répondu à la question. En outre, parmi les Sociétés nationales in-
terrogées, 24 (65 %) ont indiqué que leurs états financiers sont accessibles au public,
ce qui n’est pas le cas pour 13 Sociétés nationales (35 %).
Concernant les mécanismes institutionnels qui recommandent les audits, 21
Sociétés nationales sur 37 (57 %) ont indiqué que leurs constitutions exigent qu’elles
mettent sur pied un comité d’audit/de gestion des risques au sein du conseil.

                                                                                                                                      7
Évaluation finale Plan d'action d'Addis-Abeba Adopté à la 8e Conférence panafricaine Octobre 2012
Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
Évaluation finale
Plan d’action d’Addis-Abeba

                                     Comparativement, 32 Sociétés nationales (86 %) sont tenues de se doter d’un comité
                                     des finances au sein du conseil. En droite ligne des meilleures pratiques en matière
                                     de bonne gouvernance, les comités d’audit peuvent jouer un rôle majeur dans la
                                     gestion continue des risques au sein des Sociétés nationales, tout en étant le point
                                     de contact avec les auditeurs externes des Sociétés nationales. Les comités d’audit/
                                     d’évaluation des risques constituent la représentation directe du conseil dans la
                                     gestion des risques de fraude et l’amélioration de la responsabilité des Sociétés na-
                                     tionales. Les services internes d’audit sont également indispensables pour faciliter
                                     la gestion des risques au sein des Sociétés nationales. L’audit externe se focalise
                                     généralement sur de plus grosses transactions, tandis que l’auditeur interne peut
                                     examiner 100 % de l’activité dans un domaine. Malgré le rôle essentiel des services
                                     internes d’audit, 15 (41 %) des 37 Sociétés nationales interrogées ont indiqué être do-
                                     tées de services internes d’audit, contrairement à 22 Sociétés nationales (59 %) pour
                                     lesquelles ce n’était pas le cas. Lorsqu’on combine ces informations avec l’absence
                                     d’un comité d’audit et d’évaluation des risques au niveau du conseil, les capacités
                                     internes de gestion des risques sont fragilisées.
                                     Les Sociétés nationales africaines sont confrontées aux défis de la séparation en-
                                     tre les audits internes et les audits de projets. La plupart des Sociétés nationales
                                     africaines se focalisent sur les audits de projets demandés par des donateurs spéci-
                                     fiques et souvent supervisés par ces derniers, et négligent les audits à l’échelle de
                                     l’institution. Se limiter aux audits des projets entraîne des failles dans la structure
                                     de responsabilité des Sociétés nationales. Cette situation crée un environnement où
                                     les Sociétés nationales africaines sont encouragées à continuer à rendre des comptes
                                     aux grands donateurs, principalement des entités internationales qui exigent que
                                     leurs projets soient vérifiés, et ne procèdent pas à l’audit des autres revenus reçus
                                     par les Sociétés nationales. Sur le long terme, les Sociétés nationales africaines qui
                                     se focalisent uniquement sur les audits de projets risquent de laisser s’échapper
                                     des opportunités de financement stratégiques et limiter leur capacité à attirer de
                                     nouveaux partenaires. Étant donné que la plupart des partenaires des Sociétés na-
                                     tionales africaines sont des partenaires du Mouvement, ils ont l’obligation d’aider
                                     les Sociétés nationales africaines à mener des audits à l’échelle de l’institution en se
                                     servant des financements alloués aux audits de projets.

                                     Investir dans la jeunesse :
                                     Des engagements politiques à la mise en œuvre de la stratégie
                                     Les jeunes constituent une composante essentielle du travail de la Croix-Rouge et
                                     du Croissant-Rouge à l’échelle internationale. Dans les Sociétés nationales afric-
                                     aines, les jeunes constituent la pierre angulaire des opérations des Sociétés nation-
                                     ales étant donné qu’ils représentent la majorité des volontaires qui fournissent de
                                     l’assistance humanitaire et répondent aux besoins des communautés. En outre, les
                                     jeunes sont un groupe cible stratégique dans la planification des Sociétés nationales.
                                     Les Sociétés nationales africaines se sont engagées à accroître leur engagement au-
                                     près des jeunes, car ceux-ci sont à la fois agents d’exécution des programmes à trav-
                                     ers le programme des jeunes en tant qu’agents du changement de comportement
                                     (YABC) et bénéficiaires des projets et programmes des Sociétés nationales.

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Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
                                                                                                                  Évaluation finale
                                                                                                         Plan d’action d’Addis-Abeba

L’évaluation de la 8e Conférence panafricaine montre que 27 des Sociétés nationales
interrogées (73 %) sont dotées de politiques pour les jeunes, ce qui n’est pas le cas
pour 9 Sociétés nationales. Par ailleurs, 18 Sociétés nationales ont indiqué qu’elles
disposaient d’une stratégie pour les jeunes, tandis que 18 Sociétés nationales ont
affirmé n’en avoir pas adopté. Un nombre plus élevé de Sociétés nationales, soit 32,
a indiqué avoir mis en œuvre le programme YABC. La traduction des politiques pour
la jeunesse en stratégies pourrait poser des défis en matière de planification et de
programmation. Par conséquent, les Sociétés nationales africaines doivent œuvrer
en faveur de la traduction des engagements politiques en plans opérationnels en
allouant les ressources nécessaires.
La participation des jeunes dans les structures de gouvernance est essentielle pour
l’implication de ces derniers dans les affaires des Sociétés nationales. La participa-
tion des jeunes à la gouvernance offre également une opportunité de formation et
de développement du leadership, et permet aux Sociétés nationales d’investir dans
le renforcement des capacités de leurs futurs leaders. Concernant le rôle des jeunes
dans la conduite des affaires des Sociétés nationales, 30 Sociétés nationales (soit
81 %) ont indiqué que leurs constitutions exigent la présence de jeunes au sein des
hautes instances de prise de décision.

Le maillon faible :
La collecte, la gestion et le partage des données
L’évaluation de la 8e Conférence panafricaine s'est caractérisée par la médiocrité des
taux de réponse et le manque de disponibilité des données essentielles à l’évaluation.
Cette constatation met en évidence les lacunes des Sociétés nationales en matière de
capacité de collecte, de gestion et de stockage des données. Les données permettent
de montrer les réalisations et les progrès, et d’identifier les opportunités de crois-
sance. Le Système de compte rendu à l’échelle de la Fédération (FDRS) est un outil de
collecte et d’analyse des données provenant des Sociétés nationales dans le but de
comprendre leurs capacités, services, forces, failles et leur potentiel futur. Les don-
nées générées par le FDRS ont permis de comprendre la portée générale de l’action
de la Fédération à travers l’œuvre des Sociétés nationales.
L’évaluation de la 8ePAC montre que sur les 37 Sociétés nationales interrogées, 28
ont indiqué qu’elles utilisent le FDRS pour établir des rapports annuels, 8 ont indiqué
qu’elles ne le faisaient pas et 1 n’a pas donné de réponse. Toutefois, le rapport du
FDRS montre que pour l’année 2014, 48 Sociétés nationales ont envoyé des rapports
en utilisant le FDRS comportant un ou plusieurs indicateurs requis tandis qu’en
2015 toutes les Sociétés nationales africaines ont envoyé des rapports au FDRS sur
au moins un indicateur. Bien que ceci constitue une avancée dans la bonne direc-
tion, il n’en demeure pas moins que beaucoup de Sociétés nationales africaines ne
fournissent toujours pas de données sur les indicateurs clés du FDRS, ce qui indique
que les données qui appuient ces indicateurs ne sont pas disponibles. Cela néces-
site une discussion plus approfondie sur les outils disponibles pour la gestion et la
conservation des données au sein des Sociétés nationales africaines ; pour être plus
concret, le système de gestion des données des ANS doit être évalué et amélioré. Cet
outil permettra non seulement de mesurer et de comprendre le travail des Sociétés

                                                                                                                                      9
Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
Évaluation finale
Plan d’action d’Addis-Abeba

                                     nationales africaines, mais aussi d’attirer des investissements au profit de celles-ci à
                                     travers des dons et l’appui au renforcement des capacités.

                                     Évaluations continues des capacités existantes
                                     Pour atteindre leurs objectifs et mener à bien leurs missions, les Sociétés nation-
                                     ales pourraient avoir besoin d’identifier les principales capacités existantes et de
                                     déterminer celles qui pourraient être nécessaires. Le processus d’évaluation et de
                                     revue offre aux Sociétés nationales l’opportunité d’identifier leurs faiblesses et leurs
                                     lacunes avec pour but de combler celles-ci. Par conséquent, l’incapacité à mener
                                     un processus d’évaluation constitue une occasion ratée d’investir dans l’avenir des
                                     Sociétés nationales africaines. Cependant, les Sociétés nationales africaines ont déjà
                                     subi plusieurs évaluations de leurs capacités par le passé, dans le cadre du Nouveau
                                     partenariat pour les Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (NEPARC),
                                     et plus récemment, la Fédération a mis en place le processus d’Évaluation et de
                                     certification des capacités organisationnelles (OCAC). À ce titre, l’évaluation de la
                                     8ePAC montre que 22 Sociétés nationales sur 37 (59 %) ont indiqué avoir subi un
                                     processus d’évaluation reconnu par le Mouvement, contre 14 pour qui ce n’était
                                     pas le cas et 1 qui n’a pas répondu. En outre, parmi les 22 Sociétés nationales qui
                                     ont subi l’évaluation, 19 ont indiqué qu’elles ont partagé les résultats des rapports
                                     d’évaluation avec leurs partenaires/donateurs.
                                     Subir des évaluations est une chose, mais combler les lacunes et surmonter les dif-
                                     ficultés identifiées dans les rapports en est une autre. Les Sociétés nationales ont
                                     indiqué que les faiblesses identifiées au cours de l’évaluation n’attiraient pas sys-
                                     tématiquement les investissements des donateurs et d’autres partenaires désireux
                                     de corriger la faiblesse en question. En d’autres termes, les Sociétés nationales n’ont
                                     pas nécessairement reçu de soutien en lien direct avec les résultats des processus
                                     d’évaluation. Il est donc nécessaire d’identifier des processus de suivi utiles après les
                                     évaluations, et d’établir un lien entre les résultats des évaluations institutionnelles
                                     et le soutien au développement que les donateurs et les partenaires accordent aux
                                     Sociétés nationales.

                                     Bonne gouvernance :
                                     Améliorer la base juridique
                                     Les Sociétés nationales sont ancrées dans la législation de leurs propres pays qui
                                     établit non seulement leur mission d’auxiliaires des pouvoirs publics, mais leur
                                     accorde également le pouvoir d’utiliser les emblèmes de la Croix-Rouge ou du
                                     Croissant-Rouge. De plus, les Sociétés nationales sont dotées de constitutions qui
                                     définissent le cadre juridique de gouvernance de la Société nationale, en établissant
                                     les instances dirigeantes et en attribuant les pouvoirs et les responsabilités. Dans
                                     l’ensemble, les statuts établissant les Sociétés nationales et les constitutions de ces
                                     dernières constituent un cadre de promotion de la bonne gouvernance, de la reddi-
                                     tion des comptes et de la stabilité. De ce fait, la révision de la base juridique constitue
                                     l’une des stratégies clés des Sociétés nationales africaines pour atteindre cet objectif.
                                     L’évaluation montre que 18 Sociétés nationales sur 27 interrogées (soit 49 %) ont

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                                                                                                                   Évaluation finale
                                                                                                          Plan d’action d’Addis-Abeba

indiqué avoir révisé leurs statuts/lois/décrets au cours des cinq dernières années,
tandis que 19 Sociétés nationales ne l’ont pas fait. Par contre, 21 Sociétés nationales
(soit 57 %) ont déclaré avoir révisé leurs constitutions au cours des cinq dernières an-
nées alors que 16 Sociétés nationales ont déclaré n’avoir pas procédé à des révisions.
30 Sociétés nationales (soit 81 %) ont indiqué que leur base juridique prévoit une sé-
paration des responsabilités, tandis que 6 Sociétés nationales (16 %) ont répondu par
la négative. Concernant la révision de leurs statuts, les Sociétés nationales font face
à des difficultés telles que le manque de ressources financières et humaines, la mau-
vaise compréhension des mécanismes du Mouvement qui soutiennent la révision
des instruments juridiques à l’instar de la Commission conjointe pour les statuts.
En ce qui concerne la participation du secteur privé et des gouvernements dans les
prises de décision des Sociétés nationales, 19 Sociétés nationales interrogées (soit 51
%) avaient dans leur constitution une disposition qui prévoyait la participation du
secteur privé dans les organes de prise de décision, tandis que 17 Sociétés nationales
ne prévoyaient rien dans ce sens. D’autre part, 20 Sociétés nationales interrogées
(soit 54 %) avaient indiqué qu’une disposition leur exigeait d’intégrer des représent-
ants de l’État dans les organes de prise de décision, contrairement à 16 Sociétés
nationales qui n’étaient pas soumises à une telle exigence et une Société nationale
qui n’a pas fourni de réponse. Cette situation mène à la conclusion selon laquelle les
Sociétés nationales africaines demeurent des institutions fermées qui attirent rare-
ment des dirigeants issus du secteur privé et des organismes publics.
La limitation des mandats et la régularité des élections créent un mécanisme qui
permet d’écarter les leaders improductifs, incompétents et peu coopératifs suscep-
tibles de compromettre le développement d’une Société nationale. À cet égard, sur
les 37 Sociétés nationales interrogées, 29 Sociétés nationales (soit 78 %) ont indiqué
que leur base juridique prévoyait une limitation des mandats, tandis que 7 Sociétés
nationales (soit 19 %) ont répondu par la négative. Même si les exigences juridiques
sont claires, leur mise en œuvre ne se fait pas sans difficulté. Cette tendance a cours
dans contexte mondial où la frontière est de plus en plus floue entre les notions de
gouvernance et de gestion. Les Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
doivent se faire entendre dans cette conversation.

Conclusion
Les engagements pris lors de la 8e Conférence panafricaine et l’évaluation qui en ré-
sulte permettent aux Sociétés nationales africaines de se concentrer sur les valeurs
et les normes qui sous-tendent ces engagements au-delà des indicateurs mesura-
bles. Les Sociétés nationales africaines ont renouvelé leur engagement en matière de
bonne gouvernance, de responsabilité et de renforcement de leur capacité de mobili-
sation des ressources au niveau national. Au-delà de l’évaluation, les Sociétés nation-
ales africaines doivent aborder la question de savoir si elles possèdent en leur sein
les attitudes, la dynamique et les outils adéquats et définir le type d’appui spécifique
dont elles ont besoin et qui peut être obtenu auprès des partenaires. La principale
difficulté des Sociétés nationales africaines réside dans l’existence de plusieurs cad-
res de planification et de mise en œuvre des programmes qui sont conditionnés par
les priorités des donateurs, les stratégies nationales adoptées par les gouvernements

                                                                                                                                    11
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                      Évaluation finale
                      Plan d’action d’Addis-Abeba

                                                           et les besoins humanitaires émergents. Cette situation requiert un effort d’équilibre
                                                           délicat qui pèse sur l’élaboration d’un plan de développement centralisé au sein des
                                                           sociétés nationales. Le Plan d’action d’Addis-Abeba et les engagements ultérieurs
                                                           de la Conférence panafricaine ne doivent donc pas être vus comme proposant des
                                                           outils de planification et de développement distincts, mais plutôt comme une bous-
                                                           sole indiquant une direction spécifique que les Sociétés nationales africaines doivent
                                                           suivre dans leurs propres efforts de développement.
Remo Naegeli / FICR

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                                                                                                                   Plan d’action d’Addis-Abeba

Introduction
La Conférence panafricaine des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (PAC) est
une assemblée statutaire de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et
du Croissant-Rouge (Fédération) qui se tient tous les quatre ans. La Conférence panafricaine
rassemble les Sociétés nationales d’Afrique, la Fédération et des partenaires afin de délibérer
et de réfléchir sur les questions humanitaires actuelles, et d’élaborer un plan d’action pour les
quatre années suivantes. Le but de la Conférence panafricaine est de promouvoir la coopéra-
tion, le travail en réseau et les partenariats entre les Sociétés nationales africaines, d’identifier
les préoccupations et questions humanitaires communes, de faire des propositions au Comité
directeur sur les questions relatives à l’Assemblée générale et aux Organes statutaires du
Mouvement, et de travailler à la réalisation de stratégies communes, en vue de la mise en
œuvre des décisions des organes statutaires du Mouvement.
Conformément à cette exigence statutaire, la 8e Conférence panafricaine s’est tenue à Addis-
Abeba (Éthiopie) en octobre 2012 sur le thème « Investir en Afrique ». Ce thème reflétait
l’atmosphère de l’époque, à savoir que les Sociétés nationales africaines avaient besoin et
étaient capables d’attirer plus d’investissements en termes de ressources, tant au niveau local
qu’à l’échelle internationale. Il s’appuyait sur l’idée selon laquelle la plupart des économies
africaines connaissaient une croissance rapide et stable. Plusieurs pays africains qui étaient
jusqu’ici réputés pour leurs conflits s’acheminaient lentement vers la paix et la prospérité.
L’Afrique se découvrait, avec la promesse de nouvelles ressources sous la forme de minéraux,
d’une population jeune et d’une connectivité politique accrue à l’intérieur du continent et avec
le reste du monde.
La combinaison entre la promesse de la technologie et une population jeune grandissante
laissait présager des solutions aux problèmes causés par la pauvreté et la marginalisation.
Ces changements géopolitiques et socio-économiques ainsi que le nouveau contexte ont attiré
l’attention du monde sur l’Afrique, créé des possibilités de partenariats susceptibles de déter-
miner le rôle à venir des Sociétés nationales africaines et leur importance.
Ces possibilités ouvrent la voie à des partenariats avec les Nations Unies et d’autres institutions
multilatérales, financières, régionales, fondations et citoyens qui travaillent à l’élaboration de
politiques, programmes et stratégies en faveur de la réduction de la pauvreté, de la résilience
et du maintien de la paix et de la sécurité. Les Sociétés nationales africaines ont ainsi appelé
les Africains d’abord, et ensuite les partenaires d’appui, à investir en Afrique.
La 8e Conférence panafricaine s’est achevée avec l’adoption du Plan d’action d’Addis-Abeba et
des engagements. Avec ce Plan d’action, les Sociétés nationales africaines ont pris l’engagement
d’ouvrir les Sociétés nationales africaines à des investissements nationaux, régionaux et in-
ternationaux accrus qui favoriseront l’intensification de l’action volontaire durable partout en
Afrique. Ce plan présente dix actions clés sous forme d’engagements, axés sur sept indicateurs
par rapport auxquels les progrès de toutes les sociétés nationales pourront être mesurés.
Le Plan d’action d’Addis-Abeba a réuni les conditions nécessaires pour attirer les in-
vestissements, favoriser le rôle d’auxiliaires des pouvoirs publics, renforcer la bonne
gouvernance et les mécanismes de redevabilité, et posé les conditions adéquates pour
un engagement plus efficace dans les partenariats locaux, régionaux et internation-
aux, afin de faire face efficacement aux nouveaux défis croissants de l’humanitaire
et du développement à travers le continent. Les Sociétés nationales se sont égale-
ment engagées « à produire à l’attention de nos Sociétés nationales des rapports par
pays sur les progrès de la mise en œuvre du Plan d’action d’Addis-Abeba d’ici 2016 ».
En outre, les Sociétés nationales se sont engagées « à dresser, sous la coordination de

                                                                                                                                             13
Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
Évaluation finale
Plan d’action d’Addis-Abeba

                                     Le Plan d’action d’Addis-Abeba
                                     l’ECP, un rapport en se basant sur les indicateurs du Plan d’action d’Addis-Abeba. ». À
                                     cet effet, la 8e Conférence panafricaine revêtait un caractère unique pour une raison
                                     principale : les engagements des Sociétés nationales africaines participant à la con-
                                     férence ont été présentés sous la forme d’un plan d’action accompagné d’indicateurs
                                     de base vérifiables, à partir desquels les progrès allaient être mesurés. Contrairement
                                     aux conférences précédentes, la 8e Conférence panafricaine ne s’est pas limitée à
                                     une déclaration et à des documents finaux sans lien direct avec une stratégie pour
                                     leur mise en œuvre.
                                     Les dix actions clés constitutives du Plan d’action d’Addis-Abeba sont :
                                          1.    Investir continuellement et de manière rigoureuse dans le renforcement des
                                                capacités et du professionnalisme des membres de nos organes de gouver-
                                                nance et de gestion pour faire en sorte que nos Sociétés nationales fonction-
                                                nent bien ;
                                          2.    S’entraider pour devenir des Sociétés nationales qui fonctionnent bien, par le
                                                biais de du soutien des pairs, des réseaux régionaux et des examens par les
                                                pairs ;
                                          3.    Investir continuellement dans l’amélioration des capacités et des compé-
                                                tences d’une base de volontaires diverse et représentative, qui compte actuel-
                                                lement 1,4 million de personnes, pour faire face aux défis humanitaires et du
                                                développement en Afrique, en mettant tout particulièrement l’accent sur la
                                                faim, la sécurité alimentaire, l’adaptation aux changements climatiques, la
                                                migration et la violence ;
                                          4.    Établir, à tous les niveaux de la prise de décisions, une culture d’intégration
                                                des représentants Jeunesse en tant qu’agents du changement, consacrée,
                                                dans chaque Société nationale africaine, par une politique relative à la jeu-
                                                nesse et les statuts ;
                                          5.    Intégrer l’autonomisation des femmes, la prévention de la violence et la pro-
                                                motion d’une culture de paix dans tous nos secteurs d’activité ;
                                          6.    Investir dans le renforcement des relations et une communication con-
                                                stante avec les gouvernements, aux fins de traduire dans les faits notre rôle
                                                d’auxiliaire auprès des pouvoirs publics à tous les niveaux ;
                                          7.    Mettre les Sociétés nationales africaines en mesure de participer activement
                                                aux stratégies des gouvernements, à la planification et aux plateformes na-
                                                tionales et régionales ;
                                          8.    Investir dans des partenariats stratégiques avec le secteur privé, les médias et
                                                les établissements universitaires, en vue de renforcer la sensibilisation et de
                                                promouvoir la non-violence et la paix ;
                                          9.    Investir dans les partenariats régionaux entre Sociétés nationales africaines
                                                en vue de faciliter la collaboration transfrontalière, dans le cadre du soutien
                                                aux migrants, de l’alerte précoce et de la réduction partagée des risques ;
                                          10. Définir et mettre en œuvre des stratégies créatives pour lutter contre
                                              l’insécurité alimentaire, la sous-alimentation chronique et la faim, et fixer
                                              des cibles réalistes en ce qui concerne la réduction du nombre de personnes
                                              souffrant quotidiennement de la faim en Afrique.

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Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
                                                                                                                   Évaluation finale
                                                                                                          Plan d’action d’Addis-Abeba

Évaluation finale de la Conférence
panafricaine
Pour réaliser ces actions clés, le Plan d’action d’Addis-Abeba a identifié sept indi-
cateurs qui seraient utilisés par l’Équipe de coordination panafricaine (ECP) afin de
mesurer les progrès accomplis par les Sociétés nationales africaines relativement à
la réalisation des engagements du Plan d’action.
Indicateur 1 : Nombre de Sociétés nationales africaines recevant un soutien finan-
               cier ou en nature du gouvernement
Indicateur 2 : Nombre de Sociétés nationales africaines dont plus de 50 % des rev-
               enus sont générés au niveau national.
Indicateur 3 : Nombre de Sociétés nationales africaines dont les comptes sont véri-
               fiés chaque année et qui produisent des états financiers annuels.
Indicateur 4 : Nombre de Sociétés nationales africaines qui se sont soumises à un
               processus d’auto-évaluation ou d’évaluation par les pairs reconnu
               par le Mouvement.
Indicateur 5 : Nombre de Sociétés nationales africaines qui utilisent le système
               de compte rendu à l’échelle de la Fédération pour établir un rapport
               annuel
Indicateur 6 : Nombre de Sociétés nationales africaines qui ont des politiques et des
               programmes relatifs à la jeunesse et mettent en œuvre l’initiative «
               Les jeunes en tant qu’agents du changement de comportement ».
Indicateur 7 : Nombre de Sociétés nationales africaines dont les statuts ont été ac-
               tualisés au cours des cinq dernières années.
Les dix actions clés et leurs indicateurs reflétaient la vision selon laquelle l’Afrique
en tant que continent fait partie des régions qui enregistrent l’une des plus fortes
croissances dans le monde. Cet environnement dynamique donne au Mouvement
de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, en particulier aux Sociétés nationales af-
ricaines, l’occasion de définir leur rôle et leur importance à l’avenir. Le Plan d’action
d’Addis-Abeba a reconnu que les Sociétés nationales africaines et leurs réseaux de
volontaires, en tant qu’auxiliaires des pouvoirs publics, occupent une place de choix
au plan institutionnel dans leurs pays respectifs. L’objectif global du Plan d’action
était de créer un cadre d’action visant l’amélioration des capacités des Sociétés na-
tionales africaines à se ressourcer par le biais de partenariats nationaux, régionaux
et internationaux, afin d’intensifier de manière durable les activités des volontaires
sur le continent. Le Plan d’action d’Addis-Abeba a donc été conçu comme un trem-
plin pour le développement durable futur des Sociétés nationales africaines, tandis
que celles-ci continuent d’exercer de leur rôle d’auxiliaires. Les indicateurs propo-
sés visaient à faciliter l’évaluation des progrès réalisés, y compris dans la gestion et
l’attraction de nouveaux investissements.
Pour comprendre dans quelle mesure les Sociétés nationales africaines ont respecté
les engagements pris dans le cadre du Plan d’action d’Addis-Abeba, le Bureau région-
al de la Fédération pour l’Afrique a commandé une évaluation finale du Plan d’action
d’Addis-Abeba et des engagements correspondants, en prélude à la 9e Conférence
panafricaine. Les objectifs spécifiques de cette évaluation consistaient à :
 „„ évaluer la mise en œuvre et l’impact du Plan d’action d’Addis-Abeba, en se bas-
    ant sur les dix actions clés convenues visant l’accroissement des investissements

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