CHU DE TOURS - CEREMONIE DES VŒUX 2019 - Discours de Marie-Noëlle Gérain Breuzard, Directrice Générale - CEREMONIE DES VŒUX 2019 Discours de ...

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CHU DE TOURS - CEREMONIE DES VŒUX 2019 - Discours de Marie-Noëlle Gérain Breuzard, Directrice Générale - CEREMONIE DES VŒUX 2019 Discours de ...
Communiqué de presse,
                                                                                    le 23 janvier 2019

          CHU DE TOURS - CEREMONIE DES VŒUX 2019

              Discours de Marie-Noëlle Gérain Breuzard,
                         Directrice Générale
«   En décembre 2018, nous célébrions à Poitiers, en présence des deux Ministres, des
    Solidarités et de la Santé, et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, les 60 ans
    des CHU, instaurés par les ordonnances Debré de décembre 1958.
    Depuis cette première date, les CHU ont été à l’avant-garde de toutes les grandes
    transformations en formant tous les médecins, pharmaciens, dentistes (180 000 en 2018)
    et un très grand nombre de soignants. Dans son rapport de décembre 2017, consacré à
    l’enseignement et la recherche dans les CHU, la Cour des Comptes qui n’a pas l’habitude
    de tresser des louanges, dit clairement que soixante ans après la promulgation des
    ordonnances de 1958, le modèle de coopération établi entre l’université et les CHU, au
    service de l’excellence médicale, a montré sa pertinence.

    Les CHU ont toujours été en première ligne dans la mise en œuvre des politiques publiques
    de santé, dans la médecine de catastrophe, dans l’émancipation du malade, avec des
    résultats tangibles atteints en quelques années seulement.

    Grâce à ce modèle, la médecine française est aujourd’hui pleinement reconnue dans le
    monde, de même que les conditions d’hospitalisation des malades comptent parmi les
    meilleures, au bénéfice de tous, quelle que soit la condition sociale.

    « La création des CHU en 1958 fut un évènement qui a permis à la médecine française de
    reprendre sa place dans le concert international », disait Jean Dausset.
    Forts de ce bilan, les Assises ont permis aux gouvernances des Universités et des CHU
    de bâtir des propositions pour dessiner le CHU de demain.
    Ces propositions doivent trouver leur articulation avec le Plan Santé 2022, annoncé et
    décliné par le Président de la République, le 18 septembre 2018. Ce dernier connaîtra
    ses premières mesures d’application dans la Loi de santé qui pourrait être présentée au
    Parlement au mois de mars.
    Je voudrais ici reprendre les principales propositions formulées par les CHU et les
    Universités, et traduire comment le CHU de la Région Centre-Val de Loire, notre CHU,
    s’inscrit pleinement dans le cadre de ces évolutions et porte les transformations qui sont
    indispensables pour aborder son avenir de CHU avec confiance.

    1. LA PREMIÈRE PROPOSITION CONSISTE À SOUHAITER
    TRANSFORMER LA SYNERGIE ENTRE LE CHU ET L’UNIVERSITÉ
    Ce qui différentie un CHU d’un autre établissement hospitalier, c’est le lien qui l’unit à
    l’Université et spécifiquement à sa Faculté de santé. Le ciment de ce lien est constitué
    des personnels hospitalo-universitaires qui sont investis de la triple mission de soins,
    d’enseignement et de recherche. La convention qui unit le CHU de Tours à son Université
    date de 1973.

    Elle ne se satisfait pas du simple constat que la composante santé est majeure dans notre
    université. Pour aller plus loin, le Président de l’Université, le Doyen de la Faculté de
    Médecine et la Doyenne de la Faculté de pharmacie et la gouvernance du CHU, devons
    continuer de tisser les liens du futur, pour former des professionnels de haut niveau
    adaptés aux évolutions de la société et amplifier la visibilité de notre recherche au national
    et à l’international.

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> En 2018 s’est préparé la COMUE CVDL (COMmunauté d’Universités et Établissements
du Centre-Val de Loire) qui unit les universités d’Orléans, de Tours, les établissements
universitaires que constituent l’école d’ingénieurs de Blois et le Bureau de Recherche
Géologiques et Minières (BRGM) d’Orléans. Seuls deux CHU en France sont membres
fondateurs de COMUE, c’est le cas à Tours, et cela traduit bien notre confiance réciproque.
L’ambition de ce groupement est de monter des projets universitaires d’enseignement
et de recherche en commun et de partager les ressources et compétences rares, en
s’appuyant sur les forces de chaque établissement.

> Pour septembre 2019, dans le cadre du Collegium santé, présidé par le Pr Henri Marret,
nous préparons l’universitarisation des formations paramédicales d’IDE, de Techniciens
de laboratoire, de manipulateurs radio, cadres de santé… qui concerneront 850 étudiants
qui, désormais inscrits via Parcours Sup, vont ainsi bénéficier de l’ensemble des droits
étudiants ouverts à l’université, et profiter des rapprochements d’enseignement avec les
étudiants de médecine, et de passerelles, nous l’espérons, facilitées.

> Dans ce même cadre nous préparons avec l’Université de Tours et l’Université d’Angers,
les Masters d’Infirmier en pratiques avancées, qui constituent une opportunité majeure
de faire progresser la coopération entre médecins et IDE, et d’offrir aux IDE une véritable
reconnaissance de responsabilités nouvelles dans le cadre d’un développement de
carrière.

> 2019 est aussi l’année qui prépare une évolution majeure des études de médecine, avec
la disparition du numerus clausus et des épreuves classantes. Ce défi est d’abord celui
des doyens et Pr Patrice Diot s’est récemment exprimé sur la manière dont il souhaitait
préparer cette réforme. Les enjeux démographiques en sont majeurs pour notre région.

Parce que l’Université forme les professionnels qui travailleront demain en ville et à
l’hôpital dans des exercices revisités, il est indispensable de conforter le lien entre
la formation et les besoins des terrains professionnels.

Ensemble, nous portons également une ambition en matière de recherche.
   > Forts de nos 7 unités de recherche INSERM, INRA et CNRS, nous avons eu la
   fierté de voir distinguées les carrières du Pr Denis Guilloteau et celle du Pr Philippe
   Roingeard, par l’attribution de grands prix de l’Académie de Pharmacie, et de fêter les
   30 ans de l’unité Imagerie et cerveau, la plus ancienne du CHU.
   > Nous attendons avec impatience et confiance les résultats de la procédure de
   renouvellement du LABEX Mabimprove et sur la labellisation du projet de RHU TURBO
   présenté par le Pr Philippe Goupille dans le cadre de la vague 4 d’Appel à projets.
   > L’appel d’offres jeunes chercheurs lancé par le CHU en 2018, a permis de sélectionner
   7 parmi les 31 projets présentés. Leurs porteurs ont bénéficié du soutien financier de
   200 000 € attribué par le CHU.
   > La collaboration avec le Centre Hospitalier Régional d’Orléans (CHRO) a, en 2018,
   permis de démontrer aux équipes de cet établissement partenaire, l’intérêt de s’appuyer
   sur les ressources de promotion de la recherche pilotée par le CHU, pour faciliter le
   portage des projets. Cette collaboration ouvre la voie d’une collaboration en la matière
   avec les principaux autres établissements de la Région.
   > Les ambitions et les enjeux sont encore nombreux en matière de recherche : préparer
   la reconnaissance d’une nouvelle unité INSERM, développer notre réponse aux
   PHRC nationaux, encourager les projets de recherche portés par les paramédicaux,
   développer avec les professionnels de ville et le département de Médecine générale
   de la Faculté, des projets de recherche en soins premiers…

Ensemble avec l’Université, nous regardons demain. Ensemble nous allons porter,
auprès de la Région et de la Métropole, un ambitieux projet de construction d’un
bâtiment de recherche, dans le cadre du prochain Contrat de Plan Etat Région
(CPER), en parallèle de la construction du nouvel Hôpital Trousseau.

Seuls CHU et Faculté de santé de la région, nous sommes conscients des défis à
relever ensemble, pour aborder les enjeux de demain.

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2. LA SECONDE PROPOSITION FORMULÉE POUR FAIRE ÉVOLUER
LE MODÈLE DES CHU EST DE CONFORTER LEUR RESPONSABILITÉ
CONJOINTE AVEC L’UNIVERSITÉ SUR LES TERRITOIRES

> La conception que nous portons avec l’ensemble des établissements du Groupement
Hospitalier de Territoire Touraine-Val de Loire (GHT 37), est de faire fructifier les
coopérations pour maintenir une offre de proximité de qualité, sécurisée et graduée. Le
débat a été nourri en 2018, au sein de notre région, quant au maintien de telle ou telle
structure. Quels que soient le lieu et le contexte, et alors que le régime des autorisations
est en cours de refondation, il est primordial de garder à l’esprit la priorité à donner à la
sécurité. Il est de notre responsabilité que l’offre de soins de proximité soit présente sur
l’ensemble des territoires et il revient au CHU de tout faire avec les acteurs de terrain pour
y parvenir. La soixantaine de médecins du CHU aujourd’hui engagés dans une activité
partagée CHU/établissements du GHT, témoigne de cette mobilisation.

> Pour maintenir une offre de proximité adaptée, il est de la responsabilité de tous les
acteurs, y compris des élus, de ne pas sacrifier à la priorité de la sécurité. C’est dans
cet état d’esprit que le CHU a travaillé avec le Centre Hospitalier (CH) de Chinon pour
maintenir l’activité d’obstétrique, avec le CH de Loches et celui d’Amboise pour garantir
une offre de chirurgie. Dans le même état d’esprit, la coopération qui se renforce avec le
CH de Luynes doit permettre de renforcer les exercices médicaux partagés et de faire de
Luynes un établissement de gériatrie de pointe. Le succès remporté par le GHT aux deux
Appels à projets lancés par l’ARS a permis de recevoir le financement de plus d’un million
d’euros. Devant nous en 2019 : l’opportunité de la labellisation d’hôpital de proximité : un
nouveau défi, pour de nouveaux enjeux.

> Le GHT, c’est d’abord et avant tout la construction et l’expression d’un projet médical
partagé. C’est aussi la poursuite d’un projet de gestion commun, qui nous a conduits en
2018, à partir d’un état des lieux, à construire notre stratégie pour préparer l’interopérabilité
de nos systèmes d’information à horizon 2025, à mettre en commun notre politique
d’achats, à poursuivre la mutualisation de fonctions supports comme la lingerie. Une
cinquième compétence va s’ajouter au socle de responsabilités du GHT. En 2019, nous
préparerons la mise en place d’une gestion commune des personnels médicaux, ainsi que
la mise en place d’une Commission Médicale d’Etablissement de GHT, pour janvier 2020
; cette évolution est majeure et sensible, nous le savons. Nous voulons l’aborder dans le
même état d’esprit constructif et coopératif.

> La question de l’ouverture des GHT aux professionnels de ville et aux établissements
privés commerciaux est devant nous. Le Plan Santé 2022 en pose le principe. Le GHT
compte déjà parmi ses partenaires des établissements privés à but non lucratif et des
cliniques psychiatriques. Ceux-ci ont trouvé du sens à s’engager avec le groupement
public. Demain, peut-être, les cliniques MCO (Médecine-Chirurgie-Obstétrique) verront
elles aussi un sens à travailler un peu moins dans la concurrence et un peu plus dans la
complémentarité avec le GHT. Nous y sommes prêts pour notre part.

> Nous travaillons avec l’Union Régionale de Professionnels de Santé (URPS), au
resserrement des liens avec les Communautés Professionnelles Territoriales de Santé
(CPTS) et des Maisons de Santé Pluri-professionnelles (MSP). En février 2019, le CHU
met en place une application très attendue, qui permettra à l’ensemble des correspondants
médicaux extérieurs à l’établissement, de pouvoir accéder téléphoniquement à un
médecin sénior du CHU, dans chacune des disciplines. Ceci va compléter le déploiement
du Dossier médical Partagé (DMP) et de la messagerie sécurisée, qui d’ici juin accédera
aux Comptes Rendus d’Hospitalisation (CRH). A côté de ces outils, le GHT expérimente
avec deux MSP (Avoine et l’Ile Bouchard), une organisation plus fluide entre les urgences
hospitalière et les professionnels de ville.

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> Le territoire, c’est aussi la région. Le travail porté par le CHU, la Faculté, l’ARS et
la Fédération Hospitalière de France (FHF) dans le cadre des Conférences Hospitalo-
Universitaires entrera dans sa 3ème édition en 2019. Elles nourrissent un lien fonctionnel
entre le CHU et les établissements de la région. Il se matérialise notamment par la
multiplication du dispositif d’assistant partagé, dont l’ambition est de favoriser le maintien
des nouveaux médecins en région. Il s’est également illustré par la labellisation du projet
de Centre régional de référence sur le psycho-trauma porté par le Pr Wissam El Haje,
préparé avec le CHRO et d’autres établissements de la région. Dix centres experts ont été
labellisés en France, dont celui porté par le CHU de Tours !

> Le territoire c’est aussi l’inter région HUGO (Hôpitaux Universitaires du Grand
Ouest), qui constitue le modèle de CHU en réseau auquel nous souscrivons. Un réseau
d’établissements solidaires qui s’appuie sur les forces de chacun pour conforter les offres
de soin, et répondre ensemble à des appels à projets nationaux ambitieux comme le
Health Data Hub, ou le projet de plateforme génomique, et construire par ailleurs une
école du management.

> Enfin, être présent sur les territoires, c’est aussi et surtout, travailler en synergie avec la
Région, la Métropole et les municipalités, notamment la ville de Tours.

Le CHU est un atout majeur de la Région et de la Métropole et réciproquement. Il
contribue à la santé des concitoyens et il est un acteur économique majeur (l’impact
économique du CHU en région représentait en 2017, 1,2 milliard d’euros).

Nous savons pouvoir compter sur la Région, la Métropole et la Ville pour le soutien de
nos projets. Je voudrais à cet égard saluer l’engagement et le soutien du Président de
la Région et de son équipe, François Bonneau, celui de La Métropole, Philippe Briand et
de son équipe et celui du Président de notre Conseil de surveillance, le Maire de Tours,
Christophe Bouchet.

Le développement d’un nouveau centre urbain à Chambray-lès-Tours et Saint-Avertin,
autour de la construction du Nouvel Hôpital Trousseau, accompagné d’un bâtiment
accueillant les activités de recherche, et desservi par la seconde ligne de tramway qui
reliera les deux établissements du CHU, la Faculté Tonnellé, est pour demain notre projet
commun le plus emblématique.

Ces partenaires répondent toujours présents à la construction de projets communs :
ouverture de l’Antenne universitaire d’odontologie en 2018, chaufferie biomasse en
2019, préparation d’une cuisine commune avec la ville de Tours pour 2024. Leur prise en
compte de l’enjeu représenté par le devenir de l’aéroport, indispensable aux activités de
transplantations d’organes, activités phare de notre CHU, est pour nous un atout majeur.

De tout cela, nous tenons à les remercier.

3. LE TROISIÈME DÉFI DU CHU DE DEMAIN, EST DE RÉAFFIRMER LA
PLACE DES ACTEURS DE SANTÉ ET LE SENS DE LEUR MÉTIER

Cet enjeu est tout autant majeur. Aucun projet n’a vraiment de sens si les acteurs qui
doivent le porter ne s’y reconnaissent pas et que ces projets n’intègrent pas les ambitions
et les aspirations des professionnels.

La politique de gestion des ressources humaines que nous portons depuis plusieurs
années vise à prendre soin de nos professionnels et à les responsabiliser dans le bon
fonctionnement de l’établissement. Ce chemin est complexe et « l’hôpital bashing » que
les hôpitaux publics connaissent depuis 2017, ne contribue pas à considérer les choses
avec objectivité.

Loin de moi l’idée de considérer qu’il n’existe aucun problème dans nos organisations de

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travail. Nous entendons ce sentiment exprimé par certains professionnels d’exercer avec
de plus en plus de difficulté le cœur de leur métier. Nous savons qu’il y a un sentiment
diffus, parfois amplifié par certains, qui va de la lassitude à la perte de sens.
Les raisons sont multiples, la réponse essentielle consiste à favoriser le travail en équipe,
faire circuler la parole, mieux reconnaître les compétences, favoriser les initiatives de
terrain, assouplir les conditions de fonctionnement. S’il suffisait de le décréter…

> Le management est un métier à part entière. Les cadres non médicaux se forment
pour assumer cette fonction. Les responsables médicaux l’intègrent le plus souvent sans
préparation particulière. Les réflexions menées en 2018 dans le cadre de la Commission de
la Vie Hospitalière (CVH) mise en place par la CME, pilotée par le Pr Patrice Beutter, que
je voudrais ici remercier, ont été reprises dans le projet managérial et le projet Ressources
Humaines du Projet Médical du CHU. Elles ont mis en évidence plusieurs objectifs : le
besoin de plus d’équité dans les plannings, le besoin d’entretien individuel annuel de point
entre médecins (du reste depuis l’année dernière totalement déployés pour les personnels
non médicaux), la nécessité de choisir les responsables médicaux en recherchant
d’abord les qualités managériales, la nécessité de former les responsables médicaux au
management, le besoin de coaching pour être accompagné dans ces responsabilités. Ce
sont autant de voies sur lesquelles nous nous engageons en 2019 et qui commenceront
par un grand séminaire managérial organisé au printemps.

> En 2019, cinq équipes d’encadrement répondent présentes pour se lancer dans une
démarche de travail collaboratif en leur sein. Cette expérimentation sera évaluée et nous
étudierons, à partir de leurs expériences, les modalités d’un plus large déploiement dans
les années à venir.

> Nous devons être encore plus attentifs aux situations de violence et de conflictualité,
voire de discrimination au sein de l’hôpital.

> La CVH a préparé le déploiement de la médiation interne, qui fait écho au décret présidant
à la mise en place de la mission de médiation nationale et régionale.

> La Direction des Ressources Humaines et la Direction des Affaires Médicales proposeront
avec les instances, les conditions de mise en place d’un observatoire des situations de
violence et de conflictualité.

> Enfin, je n’oublie pas que trop souvent, et récemment encore dans des conditions qui
auraient pu être dramatiques, nos professionnels sont en butte à des incivilités de la part
de nos usagers. Une campagne de sensibilisation est en préparation sur ce sujet. Je
voudrais à cette occasion rappeler que le CHU sera inflexible dans les situations avérées
de ce type et apportera tout son soutien, y compris juridique, à ses professionnels, dans
des situations que nous nous devons, ensemble, tenter de prévenir.

> Notre CHU, et plus largement le GHT, est résolument engagé dans le déploiement des
fonctions d’IDE de pratiques avancées et des protocoles de coopération. Ces derniers ont
été multipliés par 6 en 2018 et se poursuivront en 2019. Ils constituent une manière de
repenser le travail en équipe, de dépasser le cloisonnement entre professions. C’est un
élément important de la reconnaissance des compétences. C’est essentiel pour progresser
dans la qualité de la prise en charge de nos patients. Je suis convaincue que c’est là l’une
des évolutions majeures qu’il nous faut réussir

> Enfin, il nous faut continuer de travailler à réduire les inégalités au travail et à réduire la
précarité.
> Le protocole travaillé et signé avec certaines organisations syndicales, a permis
d’améliorer et de rendre plus lisibles les statuts des personnels contractuels au sein du CHU
; je remercie tous ceux qui se sont impliqués dans sa construction. En réduisant la période
de contractualisation avant mise en stage, en améliorant les grilles de rémunération, ce
protocole a permis d’améliorer la situation de plus de 1000 professionnels et ont constitué
un surcoût de 400 000 € pour notre établissement.
        > Les ateliers aidant à préparer un CV et aborder les entretiens de recrutement

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mis en place fin 2018, vont se poursuivre, et bénéficier à une soixantaine de
       professionnels par an.
       > Je souhaite en 2019 que nous puissions déployer une formation de réactivation
       des savoirs de base permettant à ceux qui le souhaitent d’aborder plus sereinement
       les concours.
       > Enfin pour la 3ème année, une soixantaine de jeunes en service civique, ont
       tout à la fois apporté leur attention à nos usagers et découvert un nouvel univers
       professionnel. Une dizaine d’entre eux ont été recrutés au CHU, et à peu près
       autant ont intégré des formations paramédicales. Nous poursuivons avec beaucoup
       d’engagement ce dispositif gagnant-gagnant, en partenariat avec le CREPI Touraine

Notre CHU est attractif pour les professionnels universitaires comme hospitaliers.
Il le restera en continuant d’aller de l’avant et en étant attentif à ses responsabilités
sociales.

4. ENFIN ET SURTOUT, UN CHU SE DOIT AUSSI D’ÊTRE EXEMPLAIRE
EN MATIÈRE D’ACCUEIL ET DE PRISE EN CHARGE DE SES PATIENTS

> J’entends souvent louer la qualité de l’accueil et des délais de prise en charge dans les
cliniques, certes ! Sans nous exonérer de nos responsabilités, nous savons que l’activité et
l’organisation d’une structure de la taille de la nôtre, impliquée dans des enjeux multiples
est sans doute plus complexe à rendre pleinement opérationnelle.
Pour autant, nous ne nous résoudrons jamais aux conditions dans lesquelles sont survenus
les décès des deux patientes âgées, aux urgences, en début d’année ; pas davantage
qu’aux reports répétés d’opération de certains patients d’orthopédie, comme à aucune des
situations qui nous sont décrites dans les réclamations que nous recevons.
Ces situations nous interpellent au plus profond de ce qui motive nos métiers d’hospitaliers.
Elles donnent lieu à des plans d’action débattus avec les équipes et suivis par les
représentants des usagers. Ils nous engagent collectivement et ne peuvent se traiter par
la « simple » allocation de moyens supplémentaires, nous le savons tous.

> En 2018, nombre d’actions ont été engagées pour améliorer le parcours et le séjour des
patients, nous devons les poursuivre et les intensifier, avec une attention forte portée aux
délais de prise en charge. Souvent, ces actions dérangent des habitudes de fonctionnement.
L’articulation de l’hôpital de recours et de l’hôpital de proximité que constitue un CHU
génère des tensions, des conflits de priorités. Ils ne se règleront pas dans le chacun pour
soi, mais dans la vision partagée des enjeux. C’est un enjeu majeur du CHU d’aujourd’hui
et de demain.

> Les droits de l’usager, en termes d’accès et de clarté de l’information le concernant, de
gestion de sa douleur et de prise en charge de ses besoins connexes à sa maladie, sont
tout aussi fondamentaux à prendre en compte, que le soin direct qui leur est apporté.

> L’espace des Usagers qui a ouvert ses portes en fin d’année 2018 avec le soutien du
Fonds de Dotation, soutenu par La Ligue Contre Le Cancer d’Indre-et-Loire et les Activités
sociales du Groupe AG2R La Mondiale, est un atout. Les associations de patients, leur
Président Jacques Portier, que je salue très chaleureusement, qui animent cet espace,
doivent constituer notre aiguillon éclairé mais sans concession, pour nous challenger sur
les évolutions qui sont nécessaires.

> Bien entendu, en 2019 comme en 2018, nous continuerons de faire évoluer nos
infrastructures et nos équipements. A cet égard, la préparation de l’ouverture de l’extension
de l’hématologie et du doublement des capacités de court séjour gériatrique, ainsi que
les travaux de modernisation de Clocheville, l’installation des activités de psychiatrie
ambulatoire dans deux structures neuves et adaptées à Tours Nord et Tours Centre, devront
nous permettre de mieux répondre à des besoins majeurs de notre prise en charge.

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Demain se prépare aujourd’hui, au travers des organisations et des ambitions qui
       sont les nôtres. Pour les traduire avec encore plus de cohérence et d’ambition,
       nous avons besoin de nouvelles infrastructures.

       > Tel est l’enjeu du projet à Horizon 2026 que nous portons et dont je souhaite vous faire
       partager, ce soir, les premières images. Le choix du projet porté par l’agence d’architecture
       AIA, est ambitieux et qualitatif. Il est celui d’un hôpital moderne, connecté sur la ville,
       à haute qualité environnementale, inséré dans un environnement végétal, soucieux de
       ménager des espaces chaleureux, à taille humaine, accueillants pour les usagers et les
       professionnels, mais aussi à la pointe de la technologie numérique et robotique, permettant
       d’affranchir les professionnels des tâches les plus pénibles…
       Le concours préparé en 2018 avec plus de 150 professionnels traduit notre vision pour
       notre hôpital demain.
       En 2019, dans un cadre de concertation élargi, avec une équipe projet constituée et
       engagée, il nous revient de dessiner plus concrètement ce futur. Il est porteur de
       changements organisationnels profonds, à nous de les modeler et de nous les approprier
       pour en faire le projet qui répond à ce qui est attendu de nous.
       Je souhaite que nous puissions présenter à la population l’aboutissement de ces travaux
       préparatoires, à partir de la rentrée 2019.

       Je voudrais pour terminer ce trop long discours, à la mesure des enjeux qui sont les
       nôtres, remercier tous ceux qui au quotidien œuvrent à les assumer.
       L’ensemble des Chefs de pôles et Chefs de service, l’ensemble des cadres solides et
       engagés, mes deux complices Pr Gilles Calais et Pr Patrice Diot et leurs équipes proches,
       l’équipe de direction professionnelle, loyale, complice et sans cesse à la manœuvre, et
       l’ensemble des équipes du CHU .
       Mais aussi tous nos partenaires, parmi lesquels je voudrais plus particulièrement citer au
       titre de l’année écoulée, Relais H qui a répondu présent à l’ambitieux projet de réfection
       des cafétérias et du hall de Trousseau ; Happytal, qui s’est engagé avec disponibilité et
       enthousiasme, dans la mise en place de notre conciergerie, qui apporte désormais le «
       petit plus » dans le quotidien des patients et des professionnels qui le souhaitent ; et les
       deux hôtels IBIS qui ont su s’organiser pour accueillir des clients, pas comme les autres,
       de l’hôtel hospitalier.
       D’aucun préfèrent parler des trains qui n’arrivent pas à l’heure, ils existent bien sûr et
       doivent sans cesse nous réinterroger, mais :
            > Combien chaque jour donnez-vous d’écoute attentive, de paroles qui adoucissent,
            de gestes professionnels et d’avis éclairés ;
            > Pour gérer 110 000 urgences, 110 000 séjours d’hospitalisation, 500 000 consultations
            externes, 280 greffes, les 3600 naissances, nos 840 publications scientifiques, le 1,5
            million de repas servi, les 3000 appels téléphoniques par jour… chacun dans votre
            rôle ;
            > De ceci aussi, il faut savoir parler positivement et fièrement, tout comme des 670
            000 euros que nous accordent les financements publics chaque année pour assurer
            nos responsabilités.

       Vous faites de notre hôpital l’un des ciments forts de notre société et donnez
       confiance dans ce service public qui constitue un des piliers centraux du pacte
       social. Dans ces temps de crise que traverse notre démocratie, soyons solides sur
       les bases que nous en constituons et ayons confiance dans notre avenir.

       A vous tous un grand coup de chapeau : on ne dira jamais assez combien vous êtes des
       gens remarquables.

                                                                                                       »
       Je vous souhaite, ainsi qu’à à vos proches, une année lumineuse et simplement heureuse.
       Prenez soin de vous et soyez fiers de ce que nous sommes ensemble !

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02 47 47 97 72 - 06 83 85 42 49 - v.landais-purnu@chu-tours.fr - www.chu-tours.fr
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