LES CANCERS EN FRANCE EN 2016 L'ESSENTIEL DES FAITS ET CHIFFRES

 
LES CANCERS
EN FRANCE
EN 2016
L’ESSENTIEL
DES FAITS
ET CHIFFRES
Ce document a pour objectif de préciser
    les principaux faits et chiffres issus du
    rapport « Les cancers en France – Édition
    2016 ». Au-delà des données générales
    sur les cancers, il offre une synthèse sur
    la généralisation du dépistage organisé du
    cancer du col de l’utérus et sur la cigarette
    électronique, et retrace les faits marquants
    de l’année.

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LES CANCERS EN FRANCE

1/ DONNÉES
GÉNÉRALES
DISPONIBLES

                                 3
UN TAUX D’INCIDENCE QUI BAISSE OU QUI TEND
À SE STABILISER DEPUIS 2005
       Chez les hommes         Chez les femmes

       Baisse de 1,3 % par an                                   Ralentissement de la
       entre 2005 et 2012, liée à la baisse                     progression : + 0,2 % par an
       de l’incidence du cancer de la prostate [1]              entre 2005 et 2012
                                                                au lieu de + 1,6 % entre 1980 et 2005, lié à la
                                                                 baisse de l’incidence du cancer du sein [1]

       PRÉCISIONS
       Taux d’incidence : nombre de cas pour 100 000 personnes/an standardisé sur la structure d’âge de la population
       mondiale (TSM). Ces chiffres permettent des comparaisons entre pays ou dans le temps en s’affranchissant des
       particularités des populations nationales, notamment leur augmentation et leur vieillissement.

       Entre 2005 et 2012, la proportion (TSM) d’hommes qui développent un cancer a diminué ; celle des femmes s’est
       stabilisée.

385 000 NOUVEAUX CAS DE CANCERS ESTIMÉS EN 2015
EN FRANCE MÉTROPOLITAINE
       Chez les hommes                                          Chez les femmes
       211 000 nouveaux cas*                                    174 000 nouveaux cas*
       Majoritairement représentés par                          Le cancer du sein reste de loin le plus
       les cancers de la prostate, du poumon                    fréquent devant les cancers du côlon-
       et du côlon-rectum                                       rectum et du poumon.
       TSM : 362,4 pour 100 000 [2]                             TSM : 272,6 pour 100 0000 [2]
       Âge médian au diagnostic : 68 ans                        Âge médian au diagnostic : 67 ans

       PRÉCISIONS
       Les cancers de la peau, autres que mélanomes, sont exclus. Seules les tumeurs invasives sont considérées.

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LES CANCERS EN FRANCE

UN TAUX DE MORTALITÉ PAR CANCER QUI BAISSE

                     Chez les hommes                                                          Chez les femmes

                     Baisse de 1,5 % par an                                                   Baisse de 1 % par an
                     entre 1980 et 2012                                                       entre 1980 et 2012
                     (-2,9 % entre 2005 et 2012) [1]                                          (-1,4 % entre 2005 et 2012) [1]

                     PRÉCISIONS
                     Taux de mortalité : nombre de cas pour 100 000 personnes/an standardisé sur la structure d’âge de la population
                     mondiale (TSM). Ces chiffres permettent des comparaisons entre pays ou dans le temps en s’affranchissant des
                     particularités des populations nationales, notamment leur augmentation et leur vieillissement.

                     Entre 1980 et 2012, la proportion (TSM) des personnes qui décèdent d’un cancer a diminué chez l’homme et la femme.

149 500 DÉCÈS PAR CANCERS ESTIMÉS EN 2015
EN FRANCE MÉTROPOLITAINE
                     Chez les hommes                                                          Chez les femmes
                     84 000 décès*                                                            65 000 décès*
                     Le cancer du poumon est toujours                                         Le cancer du sein est toujours en tête
                     au 1er rang, devant les cancers du                                       suivi de près par le cancer du poumon,
                     côlon-rectum et de la prostate.                                          devant le cancer du côlon-rectum.
                     TSM : 124,0 pour 100 000 [2]                                             TSM : 72,9 pour 100 000 [2]
                     Âge médian au décès : 73 ans                                             Âge médian au décès : 77 ans

*L
  es hypothèses de projection adoptées pour chaque cancer conduisent à prédire, entre 2011 et 2015, et tous cancers confondus,
 une stabilisation du taux d’incidence standardisé chez l’homme, une augmentation de ce taux chez la femme, et une diminution
 du taux de mortalité standardisé pour les deux sexes. Compte tenu des évolutions démographiques de la population française 1
 (accroissement et vieillissement), ceci se traduit par une hausse du nombre de nouveaux cas de cancers pour chaque sexe et une
 stabilisation du nombre de décès par cancer.
1. Sur la période 2011-2015, la population de France métropolitaine a augmenté de 1,8 % (+ 1,8 % chez l’homme et + 1,7 % chez la femme), la part des 60 ans et plus
   de 8,3 % (+ 7,4 % chez la femme et + 9,4 % chez l’homme), et celle des 65 ans et plus de 12 % (+ 10 % chez la femme et + 14,7 % chez l’homme).

                                                                                                                                                                       5
LES CANCERS EN FRANCE

LA PRÉVALENCE TOTALE                                                    LE DÉPISTAGE
DES CANCERS EN FRANCE
                                                                        Le dépistage organisé du cancer du sein
MÉTROPOLITAINE                                                          ◗ Population éligible au programme de dépistage organisé :
                                                                         près de 10 millions de femmes âgées de 50 à 74 ans,
Le nombre de personnes de 15 ans et plus en vie en 2008
                                                                         soit 4 914 726 invitées en 2015.
et ayant eu un cancer au cours de leur vie est de l’ordre
                                                                        ◗ Taux de participation : 51,5 % en 2015.
de 3millions : 1 570 000 hommes,                                        ◗ Taux de cancers détectés par le programme : 7,4 %0 femmes
1 412 000 femmes [3].                                                    dépistées (soit 36 889 cas de cancers détectés) en 2013-2014.
                                                                        ◗ Part des cancers in situ détectés : 11,4 % chez les femmes
                                                                         ayant eu un dépistage initial et 15,2 % chez les femmes
                                                                         ayant eu un dépistage postérieur en 2013-2014.

                                                                        Le dépistage organisé du cancer colorectal
                                                                        ◗ Population éligible au programme de dépistage organisé :

           NOMBRE DE PERSONNES                                           plus de 18 millions d’hommes et de femmes âgés de 50 à 74 ans
                                                                         tous les 2 ans.
             AYANT EU UN CANCER                                         ◗ Taux de participation : 29,8 % en 2013-2014. La participation
        3 MILLIONS : 1 570 000 HOMMES,                                   est plus élevée chez les femmes que chez les hommes
               1 412 000 FEMMES                                          (31,5 % vs 27,9 %).
                                                                        ◗ Taux de cancers colorectaux détectés par le programme :
                                                                         1,3%0 personnes dépistées (soit 6 211 cas de cancers détectés)
                                                                         en 2012-2013.

LA RECHERCHE                                                            ◗ Taux d’adénomes avancés détectés par le programme :
                                                                         3,3 %0 personnes dépistées (soit 16 059 cas d’adénomes
                                                                         avancés) en 2012-2013.
◗P
  rès     de 48 000 patients ont été inclus dans les essais
    cliniques en cancérologie en 2015 (+ 122 % par rapport
    à 2008) dont 82 % dans des essais académiques.                      Le dépistage du cancer du col de l’utérus
◗ 158 millions d’euros ont été alloués à la recherche contre           ◗ Population éligible au dépistage : 17 000 000 de femmes âgées
    les cancers en 2015 :                                                de 25 à 65 ans tous les 3 ans.
    n 95,5 millions d’euros par les organismes institutionnels          ◗ Taux de participation au dépistage : 61 % sur la période
    (INCa, ITMO Cancer-Aviesan) ;                                        2010-2013.
    n 37,8 millions d’euros par la Ligue nationale contre le cancer ;

    n 24,5 millions d’euros par la Fondation ARC pour la recherche

    sur le cancer.

                   48 000 PATIENTS
                  SONT INCLUS DANS
                 LES ESSAIS CLINIQUES
6
LES CANCERS EN FRANCE

L’ORGANISATION DE L’OFFRE DE SOINS EN CANCÉROLOGIE

                      Le dispositif d’autorisation
                      ◗ Fin 2015, on compte 3 045 autorisations délivrées par les Agences régionales
                       de santé (ARS) pour 928 établissements de santé autorisés à prendre en charge
                       des patients atteints de cancers.

                      Les effectifs des professionnels de la cancérologie
                      en progression
 LES MÉTIERS DE LA    Au 4 mars 2016, le Répertoire partagé des professionnels de santé (RPPS) fait
 CANCÉROLOGIE EN      apparaître des effectifs de :

    PROGRESSION       ◗ 973 oncologues médicaux, en progression de 23 % par rapport à 2013 ;
                      ◗ 860 radiothérapeutes, en progression de 10 % par rapport à 2013 ;
  973 ONCOLOGUES      ◗ 1 633 anatomopathologistes, en progression de 9 % par rapport à 2013.
     MÉDICAUX,
PROGRESSION DE 23 %   Les plateformes de génétique moléculaire
     DEPUIS 2013      ◗ 28 plateformes hospitalières sont réparties sur l’ensemble du territoire.
                      ◗ 121 000 tests de génétique moléculaire ont été réalisés en 2015 pour 76 000 patients.
         860          ◗ Cancers pour lesquels des biomarqueurs sont identifiés : sein, poumon, côlon,
RADIOTHÉRAPEUTES,      mélanome, leucémies.

PROGRESSION DE 10 %   L’oncogénétique
     DEPUIS 2013      ◗ Depuis 2003, le dispositif national d’oncogénétique (consultations et laboratoires)
  1 633 ANATOMO-       a permis d’identifier 56 670       personnes porteuses d’une mutation
   PATHOLOGISTES       les prédisposant héréditairement à un risque très élevé de cancer.
                      ◗ 139   sites de consultation sont répartis dans 94 villes.
PROGRESSION DE 9 %    ◗E
                        ntre 2003 et 2015, le nombre de consultations a été multiplié par 5, passant
     DEPUIS 2013       de 12 696      à 63 618.
                      ◗L
                        e nombre de consultations liées aux cancers du sein et/ou de l’ovaire a progressé
                       de 16 % entre 2014 et 2015, pour atteindre 45 430 consultations.

                      Les outils du parcours de soins
                      ◗8
                        85 739 dossiers sont enregistrés en réunion de concertation
                       pluridisciplinaire (RCP) par les réseaux régionaux de cancérologie (RRC) en 2015,
                       soit trois fois plus qu’en 2005.
                      ◗ 199 361    programmes personnalisés de soins (PPS) ont été remis aux
                       patients en 2015 (deux fois plus qu’en 2011).

                                                                                                           7
LES CANCERS EN FRANCE

LES SOINS EN CANCÉROLOGIE

                        L’activité globale hospitalière dans les établissements
                        de Médecine, chirurgie, obstétrique (MCO)
                        ◗1
                          ,2 million de personnes ont été hospitalisées en lien avec le diagnostic, le
                         traitement ou la surveillance d’un cancer en 2015, soit une augmentation de 7,3 %
                         par rapport à 2010 (hors activité de radiothérapie dans le secteur privé libéral).
      1,2 MILLION       ◗ L’âge médian des personnes traitées pour cancer est de 68 ans chez les hommes et

    DE PERSONNES         65 ans chez les femmes.
                        ◗ Près de 6,8   millions d’hospitalisations (séances et séjours) en lien avec le
ONT ÉTÉ HOSPITALISÉES    diagnostic, le traitement ou la surveillance d’un cancer (hors activité de
     EN LIEN AVEC        radiothérapie en secteur privé libéral) ont été réalisées en 2015.
    LE DIAGNOSTIC,      ◗ L’activité de cancérologie représente près d’un quart de l’activité hospitalière
  LE TRAITEMENT OU       globale : 48,6 % des séances, 10,0 % des hospitalisations
   LA SURVEILLANCE       ambulatoires et 13,4 % des hospitalisations complètes.
 D’UN CANCER EN 2015
                        La chirurgie pour cancer dans les établissements MCO
                        ◗4
                          47 391 hospitalisations pour chirurgie de cancer ont été réalisées en 2015
                         (+8,5 % par rapport à 2010), soit 8,3 % de l’activité hospitalière totale en
                         cancérologie (hors activité de radiothérapie dans le secteur privé libéral).
                        ◗ 25,1   % de cette activité sont réalisés en ambulatoire (contre 16,6 % en 2010)
                         majoritairement pour les tumeurs de la peau hors mélanome (60,0 %), suivies de
                         loin par les cancers du sein (16,1 %) et du col de l’utérus (7,1 %).
                        ◗E
                          n chirurgie du cancer du sein, la chirurgie partielle (tumorectomie ou
                         quadrantectomie) est plus de deux fois plus fréquente que les mastectomies
                         totales : 52 700 hospitalisations pour mastectomie partielle en 2015 dont 30,4       %
                         en ambulatoire (contre 21,8 % en 2014 et 15,0 % en 2013).

                        Les traitements des cancers par chimiothérapie
                        dans les établissements MCO
    L’ACTIVITÉ DE       ◗2
                          405 252 séances et 253 815 séjours de chimiothérapie ont été
   CANCÉROLOGIE          réalisés en 2015.

  REPRÉSENTE PRÈS       ◗L
                          ’activité de chimiothérapie (en termes de séances et de séjours) représente
                         39,0 % de l’activité hospitalière totale en cancérologie (hors activité de
     D’UN QUART          radiothérapie du secteur privé libéral).
    DE L’ACTIVITÉ         ’activité de chimiothérapie pour traitement de cancer est assurée à plus de 50
                        ◗L                                                                                     %
HOSPITALIÈRE GLOBALE     par les centres hospitaliers (28,9 % pour les CH et 22,5 % par les CHU-R), 28,3      %
  EN COURT SÉJOUR        par des établissements privés commerciaux et 14,4        % par les Centres de lutte
                         contre le cancer (CLCC).

8
LES CANCERS EN FRANCE

Les traitements des cancers par radiothérapie dans le secteur
public et le secteur libéral
◗ 204 471 personnes atteintes de cancer ont été traitées par radiothérapie en
 2015 : 113 384 dans le secteur public (dont les CLCC et le secteur privé non
 commercial) et 91 087 dans le secteur libéral.
◗2
  023 591      séances et séjours de traitement de cancer par radiothérapie
 ont été réalisés dans les établissements de santé du secteur public (dont 97,8 %
 sous forme de séances).                                                                  204 471 PERSONNES
                                                                                         ATTEINTES DE CANCER
Les dépenses des hospitalisations liées au cancer                                        ONT ÉTÉ TRAITÉES PAR
dans les établissements MCO sont en progression                                             RADIOTHÉRAPIE
◗ 5,8 milliards d’euros de dépenses (hors séances de radiothérapie réalisées                   EN 2015
 dans le secteur libéral et hors dépenses des anticancéreux facturés en sus des
 groupes homogènes de séjours (GHS) liées au diagnostic, au traitement ou au suivi
 des personnes atteintes de cancer).
◗ Près   de 1,7 milliard d’euros (+ 6,2 % par rapport à 2014) de dépenses
 relatives aux molécules anticancéreuses facturées en sus des prestations
 d’hospitalisation de court séjour (dont 25,5 % pour le secteur privé commercial).
◗ Ces dépenses d’anticancéreux représentent 50,8

 le secteur privé commercial.
  es thérapies ciblées représentent 48,0
◗L
                                                       % du coût total des molécules
 onéreuses remboursées en sus des GHS toutes pathologies confondues dans le
 secteur public (dont les CLCC et le secteur privé non commercial) et 83,1      % dans

                                            % des dépenses d’anticancéreux (inscrits
                                                                                                €
                                                                                         LES HOSPITALISATIONS
 sur la liste en sus) pour le secteur public et 73,3
                                                   % pour le secteur privé               EN LIEN AVEC LE CANCER
 commercial.
                                                                                          REPRÉSENTENT PRÈS
                                                                                            DE 5,8 MILLIARDS
                                                                                         D’EUROS DES DÉPENSES

                                                                                                                9
LES CANCERS EN FRANCE

L’IMPACT DE LA MALADIE SUR LA SITUATION PERSONNELLE
                                                 ◗3
                                                     personnes sur 5 déclarent avoir conservé des séquelles deux ans après un
       3 PERSONNES                                diagnostic de cancer.
                                                 ◗ 8,5   % des personnes interrogées rapportent que, dans leur entourage, il leur est
     SUR 5 DÉCLARENT                              déjà arrivé d’être l’objet d’attitudes de rejet ou de discrimination liées directement
     AVOIR CONSERVÉ                               à leur maladie.
      DES SÉQUELLES                              ◗ La proportion des personnes atteintes de cancer considérées comme vivant en
     DEUX ANS APRÈS                               dessous du seuil de pauvreté passe de 20,9      % au moment du diagnostic en 2010 à
      UN DIAGNOSTIC                               25,1 % deux ans après le diagnostic.
        DE CANCER                                ◗ La situation professionnelle des personnes avec un cancer se dégrade considéra-
                                                  blement deux ans après le diagnostic : le taux d’emploi passe ainsi de 82      %à
                                                  61,3 % et le taux de chômage de 7 % à 11,1 % [4].

 8,5 % DES PERSONNES
 INTERROGÉES DISENT
      ÊTRE L’OBJET
 D’ATTITUDES DE REJET
 OU DE DISCRIMINATION
 LIÉES DIRECTEMENT À
     LEUR MALADIE

Références bibliographiques
[1] Binder-Foucard F, Belot A, Delafosse P, et al. Estimation nationale de l’incidence et de la mortalité par cancer en France entre 1980
     et 2012 - Partie 1 - Tumeurs solides. Programme partenarial Francim/HCL/InVS/INCa. Juillet 2013.
[2] Leone N, Voirin N, Roche L, et al. Projection de l’incidence et de la mortalité par cancer en France métropolitaine en 2015. Programme
     partenarial Francim/HCL/InVS/INCa. Novembre 2015.
[3] Colonna M, Mitton N, Grosclaude P. Estimation de la prévalence (partielle et totale) du cancer en France métropolitaine chez les 15 ans
     et plus en 2008. Programme partenarial Francim/HCL/InVS/INCa. Juillet 2014.
[4] INCa. La vie deux ans après un diagnostic de cancer - De l’annonce à l’après-cancer. Collection Etat des lieux et des connaissances /
     Recherche mai 2014.

10
LES CANCERS EN FRANCE

2/ FOCUS SUR…
La généralisation du dépistage organisé
du cancer du col de l’utérus

L
         e cancer du col de l’utérus        Pourtant, le CCU est le seul cancer pour       PRÈS DE 3 000 CAS
         (CCU) est lié à l’infection per-   lequel il existe :                             DE CANCER DU COL
         sistante par certains papillo-
         mavirus humains (HPV) dits
                                            l un examen de dépistage, le frottis cer-
                                              vico-utérin (FCU) - ou à l’avenir une
                                                                                           DE L’UTÉRUS SONT
         oncogènes. Près de 3 000 cas de      recherche directe de certains HPV -           DIAGNOSTIQUÉS
CCU sont diagnostiqués chaque année,          qui permet à la fois de dépister les          CHAQUE ANNÉE
qui font suite à des lésions précancé-        lésions précancéreuses et les cancers
reuses beaucoup plus répandues, par-          à un stade permettant plus facilement
fois sources de traitement invasif. Ces       la guérison ;
lésions précancéreuses sont identifiées     l et un vaccin contre le principal fac-
chez plus de 30 000 femmes chaque              teur de risque, le papillomavirus.
année, mais beaucoup échappent
actuellement à tout dépistage, principa-    Le Plan cancer 2014-2019 porte un pro-
lement dans les populations les plus        gramme de santé publique dont l’objec-            PLAN CANCER
vulnérables.                                tif est de lutter contre les inégalités
                                            d’accès et de recours au dépistage du
                                                                                                2014-2019,
Plus de 1 100 femmes meurent chaque         cancer du col utérin en s’appuyant sur         SON OBJECTIF EST
année de ce cancer, l’un des seuls pour     un programme national de dépistage           DE RÉDUIRE L’INCIDENCE
lequel le pronostic se dégrade en           organisé (action 1.1). Son objectif est de       ET LE NOMBRE
France, avec un taux de survie à 5 ans
après le diagnostic en diminution, et un
                                            réduire l’incidence et le nombre de
                                            décès par CCU de 30 % à 10 ans [1].
                                                                                         DE DÉCÈS PAR CANCER
impact démontré du niveau socioéco-                                                       DU COL DE L’UTÉRUS
nomique sur la mortalité.                                                                   DE 30 % À 10 ANS
                                                                                                               11
LES CANCERS EN FRANCE

LES DONNÉES                                                                                 LES
ÉPIDÉMIOLOGIQUES                                                                            EXPÉRIMENTATIONS
Incidence
                                                                                            FRANÇAISES DE
L’incidence du cancer invasif du col de        formes évoluées, chez des patientes qui      DÉPISTAGE ORGANISÉ
l’utérus est en baisse régulière depuis le     n’ont pas bénéficié au cours de leur vie
début des années 1980 et est estimée à         d’un suivi gynécologique [3].                En France, depuis le début des années 1990,
2 797 nouveaux cas pour l’année 2015, ce                                                    3 sites correspondant à quatre départe-
qui correspond à un taux d’incidence stan-     La survie nette à 5 ans standardisée         ments (Bas-Rhin, Haut-Rhin, Isère et Mar-
dardisé à la population mondiale de 5,9        sur l’âge tend à se dégrader passant de      tinique) ont mis en place des programmes
cas pour 100 000 femmes [2]. L’incidence       68 % pour les cas diagnostiqués en 1989-     pilotes de dépistage organisé (DO) des can-
varie en fonction de l’âge au diagnostic, le   1993 à 62 % pour ceux diagnostiqués en       cers du col utérin par FCU. En 2010, 6 nou-
pic se situant autour de 40 ans [3].           2005-2010. La diminution de la survie,       veaux sites expérimentaux correspondant
                                               observée dans des pays où l’offre de         à 9 départements (Allier, Cantal, Haute-
Les données des séjours hospitaliers           soins est satisfaisante, est paradoxale-     Loire, Puy-de-Dôme, Cher, Indre-et-Loire,
issues du PMSI indiquent que 32 179            ment attribuée à un recours plus impor-      Maine-et-Loire, La Réunion, Val-de-Marne)
femmes ont été hospitalisées pour le trai-     tant au dépistage par un mécanisme de        se sont inscrits dans une approche intégrée
tement d’une pathologie précancéreuse          sélection des cancers les moins agressifs.   de lutte contre le CCU et ont mis en place
du col utérin en 2011. Une part impor-         Le dépistage permet non seulement            des expérimentations de DO du CCU ainsi
tante de ces lésions pouvant être traitées     d’identifier et de reséquer les lésions      que des actions innovantes en direction des
en ambulatoire, le nombre total de dia-        précancéreuses, mais également de            femmes non suivies, des actions de préven-
gnostics de lésions cervicales précancé-       détecter des cancers à un stade précoce.     tion et des actions d’éducation à la santé.
reuses serait probablement supérieur [3].      Les cancers invasifs du col diagnostiqués    Ces expérimentations ont été cofinancées
                                               bien que moins nombreux, comportent          par l’Institut national du cancer, la Direc-
Mortalité                                      une proportion plus importante de can-       tion générale de la santé (DGS) et la Caisse
Le nombre de décès par CCU est égale-          cers agressifs au développement rapide,      nationale de l’assurance maladie des tra-
ment en baisse régulière depuis les            de cancers ayant échappé au dépistage        vailleurs salariés (Cnamts). Elles cou-
années 1980 et est estimé à 1 092 pour         et de cancers avancés chez des femmes        vraient 13,4 % de la population cible des
l’année 2015, ce qui correspond à un           non dépistées. Ces types de cancers dia-     femmes de 25-65 ans.
taux de mortalité, standardisé à la popu-      gnostiqués sont de mauvais pronostic, ce
lation mondiale de 1,7 décès pour              qui explique la baisse de la survie [4].     L’organisation de ces expérimentations
100 000 femmes [2]. Les données de                                                          reposait sur l’invitation des femmes qui
mortalité par âge montrent un premier          Disparités géographiques et sociales         ne se font pas spontanément dépister et
pic à 51 ans [3].                              On observe des disparités géogra-            sur un recueil exhaustif des résultats de
                                               phiques marquées en termes d’inci-           toutes les femmes de 25-65 ans ayant réa-
Survie                                         dence et de mortalité selon les régions ;    lisé un dépistage par FCU (spontané ou
Le CCU est un cancer de relativement           les incidences observées et la mortalité     après invitation).
bon pronostic avec une survie nette stan-      dans les départements d’outre-mer sont
dardisée à 5 et 10 ans, respectivement de      nettement supérieures à celles des           Sur la période 2010-2012, 1,33 million de
65 % et 58 % pour les cas diagnostiqués        départements de métropole, par               femmes ont reçu une invitation à se faire
en 1989-2010, avec cependant une forte         exemple. Il existe également des dispa-      dépister. À la suite des invitations et
disparité selon l’âge de la patiente au        rités importantes liées à des critères       relances, Santé publique France a estimé
diagnostic : la survie nette à 5 ans varie     économiques ou sociaux. Ces disparités       que le taux de couverture de dépistage
de 82 % chez les femmes de 15-44 ans à         sont partiellement à rattacher à l’insuf-    sur trois ans (2010-2012) avait augmenté
35 % chez les femmes de plus de 75 ans         fisance des pratiques de dépistage au        de 13,2 points. Douze mois après avoir
[4]. Les femmes les plus âgées ont une         sein des populations défavorisées [3].       reçu une invitation ou une relance, près
survie nette plus faible, ce qui peut être                                                  de 280 000 femmes ont réalisé un dépis-
le résultat d’un diagnostic tardif, de                                                      tage qu’elles n’auraient probablement

12
LES CANCERS EN FRANCE

Figure 1 : Nombre de femmes non participantes, taux de participation au dépistage spontané et poids dans la population cible
            du DO par sous-populations concernées par les stratégies de ciblage supplémentaire

 8 000 000                                                               Nombre total de femmes                                                                              80%
                                               76,0%                    Nombre de femmes non participantes au dépistage CCU
                                                                         Taux de participation au dépistage individuel
 7 000 000                                                                                                                                                                   70%
                  6 705 253
                                                                                                                                   64,4%

 6 000 000                                                                                                                                                                   60%
                                                                                               55,2%

                            52,3%                                                                                                                                  53,0%
 5 000 000                                                      51,0%                                           51,0%                                                      50%
                                                                                                                                                    51,9%

                                                                                 41,4%
 4 000 000                                                                                                                                                                   40%

                       3 198 406
 3 000 000                                                                                                                                                                   30%

 2 000 000                                                                                                                                                                   20%
                                                                                                                                            1 557 092
                                                        1 221 394
 1 000 000                           775 938                                                                                                    748 961                      10%
                                                            598 483
                                                                         441 969          431 770
                                         186 225                             258 994          193 433    71 395           232 885                            60 200
                                                                                                             34 984            82 907                            28 294
                                                                                                                                                                             0%
                      +50ans          Femmes              CMU-C          ALD Diabète         ALD        ALD Sur-risque ALD Cancer           Autres ALD       Handicap
                                      enceintes                                           Dépression                                                         institution
  % de la
  population cible                      2,8%               9,0%                            2,9%                            1,3%            11,3%
                       48,2%                                                3,9%                           0,5%                                              0,4%
  du DO (non
  participantes DI)

Source : Généralisation du dépistage du cancer du col de l’utérus : étude médico-économique - Phase 1. Institut national du cancer [6]

pas fait spontanément. Ces premiers
résultats témoignent d’un impact positif
                                                                    LES FEMMES NON                                             âgées entre 25 et 65 ans incluses) [6].
                                                                                                                               Les taux de non-participation au dépis-
des expérimentations de DO, avec                                    PARTICIPANTES ET                                           tage augmentaient à partir de l’âge de
notamment un gain significatif de cou-
verture de dépistage grâce à la sollicita-
                                                                    LES POPULATIONS                                            50 ans, chez les femmes ayant un
                                                                                                                               moindre recours au système de santé,
tion de femmes peu ou pas dépistées [5].                            VULNÉRABLES                                                en affection longue durée (ALD), en
                                                                                                                               invalidité et présentant des caractéris-
L’Institut national du cancer a réalisé un                          Le Plan cancer 2014-2019 précise que le                    tiques socio-économiques défavorables.
point d’étape des expérimentations sur                              programme national de DO du CCU                            Près de 60 % des femmes non partici-
les premiers éléments d’activité des sites.                         devra surtout cibler les femmes ne réa-                    pantes résidaient dans un lieu identifié
Cette analyse a permis de rendre compte                             lisant pas de dépistage du CCU et les                      comme défavorisé et 15 % étaient béné-
des modalités mises en place par les sites,                         populations les plus vulnérables.                          ficiaires de la CMU-C.
des actions initiées visant la réduction
des inégalités, des actions d’information                           D’après une étude de l’Institut national                   Les données permettent d’estimer
et de formation auprès de professionnels                            du cancer, près de 40 % des femmes                         quantitativement le nombre total de
de santé et des difficultés/freins rencon-                          n’avaient réalisé aucun dépistage du                       femmes non participantes que le pro-
trés. L’Institut national du cancer a for-                          CCU en 4 ans, sur la période 2010-2013                     gramme organisé devra cibler et au sein
mulé des premières propositions dans la                             (volet quantitatif de l’étude, réalisé à                   de cette population, d’apprécier le poids
perspective de la généralisation au plan                            partir de l’échantillon généralisé des                     de chacun des sous-groupes.
national du DO CCU [6].                                             bénéficiaires (EGB) ; 125 519 femmes

                                                                                                                                                                               13
LES CANCERS EN FRANCE

Préconisations de l’Institut national du cancer pour la généralisation du dépistage
du cancer du col de l’utérus [7]
Du fait des contraintes fortes de calendrier, des risques identifiés et des prérequis non satisfaits à ce
jour pour le passage au test HPV en dépistage primaire en France (situation cible), l’Institut national
du cancer préconise que le programme national de dépistage organisé (DO) du CCU se mette en
place :                                                                                                       LES PRÉCONISATIONS
l en créant les conditions du passage à terme au test HPV en dépistage primaire, au travers :
ln  de son cahier des charges et des circuits d’information entre les professionnels de santé et            DE L’INSTITUT NATIONAL
ln
      acteurs impliqués ;
    du système d’information du programme (en cours d’élaboration) ;
                                                                                                              DU CANCER POUR
ln  des indicateurs d’impact et d’évaluation et des données à collecter ;
    de la généralisation du prélèvement en milieu liquide ;
                                                                                                              LA GÉNÉRALISATION
                                                                                                              DU DO
ln
ln  de la mise en place du système d’assurance qualité intégrant le suivi des pratiques (dépistage,
      suivi, traitement) et de la qualité des prélèvements ;
ln  d’une amplification des actions de diversification des préleveurs (incitations, coopérations, etc.) ;
ln  du renforcement de l’implication du réseau des anatomocytopathologistes (y compris                      En 2016, l’Institut national du cancer a
      harmonisation des tarifications) ;                                                                      évalué l’efficience de différentes moda-
l en tenant compte à court terme de la hiérarchisation des stratégies de DO fondée sur le FCU :              lités de DO en tenant compte des évolu-
ln  en cas de ressources limitées, invitations et relances en direction des femmes bénéficiaires de la
                                                                                                              tions attendues de la population cible en
      CMUc ne participant pas spontanément au dépistage dans l’intervalle recommandé ;
ln  puis extension rapide des invitations/relances à l’ensemble des femmes non spontanément                 termes d’âge et statut vaccinal anti-HPV
      participantes ;                                                                                         et de la démographie médicale, des alter-
ln  enfin, envoi lors de la relance de kits d’autoprélèvement vaginal permettant la recherche d’ADN         natives possibles de prélèvement (auto-
      HPV afin d’identifier, parmi les femmes les plus réfractaires au dépistage, celles plus à risque de
                                                                                                              prélèvement) et d’analyse des tests [7].
      CCU et de concentrer les moyens dans leur direction ;
l en mettant en place les évaluations nécessaires afin :
ln  d’intégrer progressivement et efficacement les innovations technologiques attendues en                  L’histoire naturelle du CCU a été repro-
      dépistage du CCU dans un cadre organisé stabilisé ;                                                     duite par un modèle mathématique de
ln  de disposer d’une visibilité plus importante sur des problématiques peu explorées en population
                                                                                                              microsimulation et plusieurs stratégies
      générale ou en conditions réelles (qualité et performance des tests, reproductibilité, fourniture
      à une échelle industrielle, etc.) ainsi que sur leurs coûts de production, de façon à autoriser         possibles de DO avec invitation des
      une négociation tarifaire qui permette de replacer leur niveau d’efficience en deçà des seuils          femmes non participantes au dépistage
      généralement admis au plan international et qui les rende acceptables dans un contexte de               ont été testées incluant différents tests
      ressources limitées et budgétaire contraint.
                                                                                                              (frottis cervico-utérin, test HPV, double
                                                                                                              marquage immuno-histochimique p16/
                                                                                                              Ki67) et différents intervalles de dépis-
Ainsi, d’après l’étude menée par l’Institut               L’enjeu de la généralisation du DO CCU              tage (3, 5 et 10 ans).
national du cancer, les femmes de plus                    sera, pour atteindre les objectifs de
de 50 ans non participantes au dépistage                  réduction des inégalités de santé portés            Toutes les stratégies de DO permettent
représentent moins de 40 % de la popu-                    par le Plan cancer, de proposer un                  d’améliorer la couverture du dépistage,
lation cible du dépistage mais près de la                 dépistage à toutes les femmes avec des              de diminuer l’incidence et la mortalité
moitié des femmes non participantes                       modalités variant selon les besoins, et             liée au CCU. Les réductions d’incidence
(3,2 millions de femmes sur un total de                   de réduire les barrières du recours au              et de mortalité étaient comprises entre
6,6 millions de femmes de 25 à 65 ans                     dépistage.                                          13 % et 26 % et les gains d’espérance de
non participantes, figure 1). Parmi les                                                                       vie de 35 à plus de 60 ans. La limitation
1,2 million de femmes bénéficiant de la                                                                       du surdépistage, le DO par FCU triennal
CMU-C, 598 483 n’ont pas participé au                                                                         avec autoprélèvement HPV et le DO par
dépistage, ce qui représente 9 % des                                                                          test HPV tous les 5 ans étaient les stra-
femmes non participantes.                                                                                     tégies les plus efficientes.

                                                                                                              L’étude a confirmé l’intérêt de déployer
                                                                                                              en France un programme de DO du CCU
                                                                                                              par FCU triennal puis à terme par test
                                                                                                              HPV tous les 5 ans et a conduit l’Institut
                                                                                                              national du cancer à formuler des pré-
                                                                                                              conisations de déploiement du pro-
                                                                                                              gramme (voir ci-dessus) [7].

14
LES CANCERS EN FRANCE

LES ÉTAPES DE                                 Figure 2 : Calendrier et étapes de déploiement du Programme national
                                                          de dépistage organisé du CCU
PRÉFIGURATION ET
DE TRANSITION VERS                              2016
                                                          ■
                                                          ■
                                                              Lancement de l’étape préfiguration
                                                              Désignation par les ARS d’un site régional préfigurateur
LA GÉNÉRALISATION
DU DO                                           2017
                                                          ■
                                                          ■
                                                              Étape de transition, montée en charge progressive du dispositif en régions
                                                              Publication du cahier des charges national du programme (fin 2017)
Le cahier des charges national du pro-
gramme de DO sera publié fin 2017 pour
une généralisation effective en 2018
                                                2018      ■   Généralisation du programme au plan national
(Figure 2) [8].

D’ici là, une étape de préfiguration de la
généralisation a été lancée en 2016. Elle
s’appuie sur des structures régionales de
préfiguration désignée par les Agences        L’année 2017 sera une étape de transi-                  l   ettre en place des séances d’infor-
                                                                                                         m
régionales de santé dans chaque région.       tion entre la préfiguration et la généra-                  mation et de formation des profes-
Les missions de ces structures régionales     lisation du programme. Cette étape de                      sionnels de santé, en particulier les
ont été précisées sur la base d’un cahier     transition consistera à :                                  professionnels de santé préleveurs ;
des charges d’étape vers la généralisa-       l poursuivre les missions de préfigura-                l soutenir des projets d’intervention en
tion préparé dans le cadre des travaux           tion initiées en 2016 et relatives à la                 santé publique concernant la lutte
du comité technique et de prospective            mise en place du programme ;                            contre les inégalités sociales de santé
du dépistage du CCU de l’Institut national    l lancer des invitations en direction des                 et des stratégies intégrées de lutte
du cancer [8].                                   femmes non participantes de la popu-                    contre le CCU (incluant la vaccination
                                                 lation cible au niveau infrarégional ou                 anti-HPV).
En 2016, les missions de préfiguration           régional en suivant le schéma d’invi-
à l’échelle régionale couvrent :                 tation progressif proposé ;
l les prises de contact, la mise en place
   d’un réseau des cabinets d’anatomo-
  cytopathologie ainsi que la mise en
  place d’un réseau des professionnels de
  santé (gynécologues-obstétriciens,
  médecins généralistes, sages-femmes) ;      Références bibliographiques
l les prises de contacts avec les régimes    [1] INCa. Plan Cancer 2014-2019. Collection Documents institutionnels / Plan cancer. Février 2015.
                                              [2] Leone N, Voirin N, Roche L, et al. Projection de l’incidence et de la mortalité par cancer en France
   et caisses d’assurance maladie en vue
                                                   métropolitaine en 2015. Programme partenarial Francim/HCL/InVS/INCa. Novembre 2015.
   de conventions relatives aux échanges      [3] INCa. Prévention et dépistage du cancer du col de l’utérus. Collection Fiches repère / Prévention.
   de fichiers ;                                   Octobre 2013.
l la définition de modalités de constitu-    [4] Cowppli-Bony A, Uhry Z, Remontet L, et al. Survie des personnes atteintes de cancer en France
                                                   métropolitaine 1989-2013 - Partie 1 - Tumeurs solides. Programme partenarial Francim/HCL/
   tion de la base de données population-
                                                   InVS/INCa. Février 2016.
   nelle pour les invitations et les suivis   [5] Duport N, Salines E, Grémy I. Premiers résultats de l’évaluation du programme expérimental de
   des personnes concernées (accords               dépistage organisé du cancer du col de l’utérus, France, 2010-2012. BEH. 2014 20/05/2014;13-14-
   CNIL, extraction et stockage des don-           15:228-33.
                                              [6] INCa. Généralisation du dépistage du cancer du col de l’utérus / étude médico-économique /
   nées en vue d’une utilisation ulté-
                                                   Phase 1. Collection Appui à la décision / Dépistage et détection précoce. Janvier 2016.
   rieure, etc.).                             [7] INCa. Généralisation du dépistage du cancer du col de l’utérus / étude médico-économique /
                                                   Phase 2. Collection Appui à la décision / Dépistage et détection précoce. Octobre 2016.
                                              [8] Instruction DGS/SP5/2016/166 du 25 mai 2016 relative aux modalités de désignation de
                                                   structures régionales de préfiguration de la généralisation du dépistage organisé du cancer du col
                                                   de l’utérus.

                                                                                                                                                   15
LES CANCERS EN FRANCE

 La cigarette électronique:
 une opportunité de réduire
 le nombre de cancers liés au tabac?

L
          a cigarette électronique (e-ci-               Figure 3 : Usage de cigarettes électroniques (expérimentation et usage occasionnel
          garette) est un dispositif per-                           et quotidien) selon le sexe et l’année parmi les 15-75 ans
          mettant d’inhaler de la vapeur                                                                                     Expérimentateur seulement
                                                                                                   30%
          obtenue par chauffage d’une                                                                                        Utilisateur occassionnel
          solution liquide composée                                                                                          Utilisateur quotdien
                                                                                                           3,5%
principalement de propylène glycol, de
                                                                                                   25%
glycérol, d’arômes et le plus souvent de                                                                             4,0%                                 2,9%
                                                 Proportion d'expérimentateurs et d'utilisateurs

                                                                                                           3,2%
nicotine.
                                                                                                                     1,2%    2,3%                                     3,0%
                                                                                                                                                           3,1%
                                                                                                   20%                                                                 1,0%
À la différence des cigarettes, elles ne                                                                                      2,9%
                                                                                                                                              2,0%
contiennent pas de tabac, ne créent ni de                                                                                                     0,9%

fumée ni de combustion. Bien que la nico-
                                                                                                   15%
tine soit addictive et, à très haute dose,
néfaste pour la santé, la cigarette électro-
nique ne contient pas le vaste cocktail de                                                                 21,9%   21,2%
                                                                                                   10%                                                   19,6%       19,3%
produits chimiques cancérigènes trouvés
                                                                                                                             17,5%          17,5%
dans le tabac combustible. Public Health
England a estimé, dans un rapport publié
                                                                                                    5%
en 2015, qu’utiliser la cigarette électronique
serait 95 % moins nocif que le tabac [1].

                                                                                                    0%
L’utilisation exclusive de la cigarette élec-                                                             Hommes    Hommes   Femmes         Femmes       Ensemble     Ensemble
tronique en tant qu’alternative au tabac et                                                                 2014     2015     2014           2015        15-75 ans    15-75 ans
                                                                                                                                                           2014         2015
à l’acte de fumer pourrait représenter une
                                                        Source : Baromètre cancer 2015 et baromètre santé 2014 [4, 5]. Traitement : INCa 2016.
opportunité de réduire la consommation
de tabac et ainsi le nombre de décès par
cancers liés au tabac, estimé aujourd’hui
en France à près de 45 000 cas [2].
                                                        LA PRÉVALENCE                                                                  sateur occasionnel et quotidien)
Au niveau européen, l’Euro-baromètre
2014 - enquête menée auprès de 27 460
                                                        DES UTILISATEURS                                                               concerne 4,0 % des 15-75 ans (5,2 % des
                                                                                                                                       hommes et 2,9 % des femmes, p < 0,01),
personnes de plus de quinze ans et repar-               DE CIGARETTES                                                                  et la prévalence de l’usage quotidien est
ties dans les 28 pays de l’Union euro-
péenne - montre que 6 millions de
                                                        ÉLECTRONIQUES                                                                  de 3,0 % (4,0 % des hommes et 2,0 % des
                                                                                                                                       femmes, p < 0,05).
fumeurs dans l’Union européenne ont                     EN FRANCE
arrêté de fumer, et plus de 9 millions ont                                                                                             Par rapport aux résultats du baromètre
réduit leur consommation de tabac fumé                  L’analyse des données du baromètre                                             santé 2014, les niveaux d’expérimenta-
avec la cigarette électronique. Parmi les               cancer 2015 - enquête menée par télé-                                          tion (25,6 % en 2014, p < 0,05) et d’usage
utilisateurs de cigarettes électroniques,               phone sur un échantillon représentatif                                         actuel (5,9 % en 2014, p < 0,001) se
35 % ont arrêté de fumer du tabac, et 32 %              de la population des 15-85 ans (n = 4 139)                                     révèlent en baisse, tandis que l’usage
en ont réduit leur consommation. De plus,               résidant en France métropolitaine -                                            quotidien apparaît stable [4, 5]. Par
l’utilisation de la cigarette électronique              montre qu’en 2015, 23,3 % des 15-75 ans                                        conséquent, au sein des utilisateurs de
au sein de l’Union européenne est large-                déclarent avoir expérimenté la cigarette                                       cigarette électronique, la part d’usagers
ment confinée à la population de fumeurs                électronique (26,3 % des hommes et                                             quotidiens apparaît en forte hausse,
(actuels et anciens), et est minimale chez              20,4 % des femmes, p < 0,001) (Figure 3)                                       passant de 48,6 % en 2014 à 74,2 % en
les non-fumeurs [3].                                    [4]. Son usage actuel (regroupant utili-                                       2015 (p < 0,001).

16
LES CANCERS EN FRANCE

                                                     Figure 4 : Usage quotidien de cigarettes électroniques par tranche d’âge en 2014
                                                                 et 2015
                                                                                        5%     2014      2015

                                                                                                                                         4,3%
                                                                                                                                                                                        4,0%
                                                                                        4%                                      3,8%
                                                                                                                 3,7%
                                                Pourcentage d'utilisateurs quotidiens

L’usage actuel a particulièrement baissé                                                                                                                                                                            3,1%
parmi les femmes, passant de 5,2 % à                                                    3%                                                                                                                                              2,9%
                                                                                                                         2,8%
                                                                                                                                                                                                2,7%
2,9 % (Figure 3). L’usage quotidien est
stable quels que soient le sexe (Figure 3)
                                                                                                                                                                                                          2,2%
                                                                                              2,1%
et la tranche d’âge (Figure 4) en dehors
                                                                                        2%           1,8%
des 65-75 ans pour lesquels on observe
une augmentation significative (p < 0,05).

Comme cela avait été observé en 2014,                                                   1%                                                                                                                                     0,9%
l’expérimentation de la cigarette électro-
nique est beaucoup plus fréquente parmi
les fumeurs (52,3 %) que parmi les non-fu-
meurs (8,0 %, p < 0,001). Les utilisateurs de                                           0%
                                                                                              15-24 ans           25-34 ans       35-44 ans                                              45-54 ans           55-64 ans           65-75 ans
cigarettes électroniques actuels sont par
                                                                                                                                         Classes d'âge
ailleurs 71 % à également fumer du tabac,
                                                     Source : Baromètre cancer 2015 et baromètre santé 2014 [4, 5]. Traitement : INCa 2016.
cette proportion se révélant en baisse
significative relativement à 2014 (83 %, p
< 0,05), la proportion d’ex-fumeurs au sein
des utilisateurs de cigarettes électroniques         telles que la revue Cochrane [7] et deux                                                         Figure 5 : Statut tabagique des
ayant augmenté, passant de 15 % à 26 %               essais comparatifs randomisés [8, 9]. Ces                                                                    utilisateurs de cigarettes
(p
LES CANCERS EN FRANCE

    UNE RÉDUCTION
   SIGNIFICATIVE DU                              de cigarettes électroniques et de tabac     sélection des projets par un comité
NOMBRE DE CIGARETTES                             dans la cohorte CONSTANCES, projet          scientifique indépendant aura lieu en
FUMÉES EST TOUTEFOIS                             coordonné par Marie Zins – Inserm ;         février 2017.
 OBSERVÉE EN FAVEUR                            l le projet YEMI – Marketing et e-ciga-

   DE LA CIGARETTE                                rette : état des lieux et influences sur
                                                 les jeunes. Projet coordonné par Véro-
                                                                                             CONCLUSION
 ÉLECTRONIQUE AVEC                               nique Resgnier-Denois de l’institut de
 NICOTINE CONTRE LES                             Cancérologie Lucien Neuwirth -
                                                                                             En France, l’utilisation de la cigarette élec-
                                                                                             tronique enregistrée depuis 2012 ralentit,
       PATCHS.                                   Centre Hygée.
                                                                                             avec un marché moins dynamique en
                                               Le ministère de la Santé finance en 2016
                                                                                             2015 que les années précédentes [13].
                                               dans le cadre du programme hospitalier
                                                                                             L’expérimentation et l’usage actuel de la
                                               de recherche clinique (PHRC) un essai
signalés à court et à moyen terme [11].                                                      cigarette électronique sont en baisse
                                               randomisé en double aveugle, destiné à
D’autres études sur l’efficacité et l’inno-                                                  entre 2014 et 2015, tandis que l’usage
                                               évaluer l’efficacité de la cigarette élec-
cuité sont encore nécessaires pour ins-                                                      quotidien est stable à 3,0 %. Ces résultats
                                               tronique avec nicotine dans l’arrêt du
crire la cigarette électronique dans                                                         semblent ainsi montrer d’une part que la
                                               tabac.
l’arsenal médical pour l’arrêt du tabac,                                                     diffusion de la cigarette électronique a
a indiqué la Haute Autorité de santé dans                                                    nettement ralenti, et d’autre part que son
                                               Les résultats de ces projets de recherche
un avis paru en novembre 2015 [12]. Les                                                      utilisation est désormais majoritairement
                                               permettront de répondre aux questions
recommandations en vigueur de la HAS                                                         quotidienne [4].
                                               et de suivre les tendances relatives à
sur le sevrage tabagique invitent les pro-
                                               l’usage de la cigarette électronique.
fessionnels de santé à ne pas dissuader                                                      Il faut noter que la prévalence d’expé-
                                               De nombreux projets sur la cigarette
les patients de son utilisation lorsque                                                      rimentation de la cigarette électronique
                                               électronique ont été déposés dans l’édi-
celle-ci s’inscrit dans le cadre d’une                                                       diminue entre 2014 et 2015. Bien qu’il
                                               tion 2017 de l’appel à projet Priorité
démarche d’arrêt complet du tabac.                                                           faille rester prudent concernant l’ana-
                                               Tabac, confirmant que la recherche en
                                                                                             lyse de ces données, l’engouement pour
                                               France sur le sujet se développe. La
LE FINANCEMENT
DE LA RECHERCHE
SUR LA CIGARETTE
ÉLECTRONIQUE EN
FRANCE
Pour répondre aux nombreuses ques-
tions en suspens sur les cigarettes électro-
niques, l’Institut national du cancer par-
ticipe au financement, avec les ministères
de la Santé et de la Recherche dans ce
domaine. Il s’agit notamment de répondre
aux questions sur l’impact à long terme
de l’usage de la cigarette électronique, les
conséquences plus larges de la cigarette
électronique en particulier sur les jeunes,
et de mieux appréhender l’efficacité et de
mieux comprendre les trajectoires d’arrêt
du tabac des consommateurs de cigarette
électronique. Deux projets ont été finan-            L’EXPÉRIMENTATION ET L’USAGE ACTUEL
cés dans le cadre de l’appel à projet prio-
rité Tabac lancé en 2016 :
                                                      DE LA CIGARETTE ÉLECTRONIQUE SONT
l le projet cig-electra : étude longitudi-               EN BAISSE ENTRE 2014 ET 2015,
   nale des trajectoires de consommation          TANDIS QUE L’USAGE QUOTIDIEN EST STABLE À 3 %
18
LES CANCERS EN FRANCE

  73 000 DÉCÈS PAR AN,
       EN FRANCE,
   SONT ATTRIBUABLES
        AU TABAC,
       DONT PLUS
  DE 60 % PAR CANCER

la cigarette électronique devient moins
prononcé auprès des personnes souhai-
tant essayer d’arrêter de fumer du
tabac. La multitude d’études et d’infor-
mations sur la cigarette électronique,
souvent contradictoires et de qualité
scientifique variable [1, 6], et les nom-
breuses questions auxquelles il faut                   par cancer) [2], l’effort engagé dans la lutte          effet. L’augmentation récente de 15 % du
encore répondre, pourraient conduire                   contre le tabagisme a été accru avec le                 prix du tabac à rouler, voie d’entrée des
les fumeurs à être plus hésitants à l’uti-             Programme national de réduction du taba-                jeunes dans le tabagisme, va dans ce sens.
liser comme moyen de substitution.                     gisme dont les objectifs sont très ambi-
                                                       tieux, et qui comporte des mesures fortes               Dans cet ensemble de mesures, la ciga-
Sachant que la prévalence du tabagisme                 comme la mise en place du paquet neutre.                rette électronique pourrait représenter,
en 2015, parmi les 15-75 ans est de 34,6 %             Cet effort doit être approfondi. Parmi les              à terme, un moyen de sevrage supplé-
et celle du tabagisme quotidien de 28,8 %,             leviers pour réduire la consommation de                 mentaire pour aider les fumeurs qui
et que 73 000 décès par an, en France, sont            tabac, les augmentations de prix, rappro-               décident d’arrêter ou de réduire leur
attribuables au tabac (dont plus de 60 %               chées et importantes ont démontré leur                  consommation.

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(octobre 2014), suite au rapport sur la cigarette électronique du Public Health England.
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                                                                                                                                                           19
LES CANCERS EN FRANCE

3/ LES FAITS
MARQUANTS
                                                                                         Dans le cadre de la loi de modernisation
                                                                                         de notre système de santé de jan-

L’ÉPIDÉMIOLOGIE                                                                          vier 2016, la lutte contre le tabagisme
                                                                                         est renforcée par l’instauration, à partir
DES CANCERS                                                                              de mai 2016, de paquets de cigarettes
                                                                                         neutres, ayant tous la même forme, la
La production et la publication de ces                                                   même taille, la même couleur et la
données sont le résultat des actions du                                                  même typographie, sans aucun logo.
programme de travail partenarial entre
le réseau français des registres des can-                                                Alcool
cers Francim, le Service de biostatis-                                                   Deuxième cause de mortalité évitable
tique des Hospices civils de Lyon (HCL),                                                 par cancer (15 000 décès par an ou 9,5 %
Santé publique France et l’Institut natio-                                               de la mortalité par cancer), la consom-
nal du cancer (INCa) sur la durée du                                                     mation d’alcool en France reste en 2014
troisième Plan cancer 2014-2019.                                                         parmi les plus élevées d’Europe, avec
                                                                                         12 litres d’alcool pur par habitant de 15
L’édition 2016 est marquée par la publi-     LES FACTEURS                                ans et plus (équivalent de 2,6 verres
cation, pour la première fois en France,
des données de survie nette à 15 ans des
                                             DE RISQUE                                   standard par jour).

personnes de moins de 75 ans diagnos-        COMPORTEMENTAUX                             La Cour des comptes a conduit, en 2016,
tiquées entre 1989 et 1998, ainsi que la                                                 une évaluation des politiques de lutte
mise à disposition des données de mor-       Tabac                                       contre les consommations nocives d’al-
talité par départements sur la période       Le tabagisme tue près de 6 millions de      cool. Ce rapport préconise d’agir plus
2011-2013. Cette édition présente égale-     personnes chaque année dans le monde,       efficacement sur la publicité, d’enca-
ment la position de la France par rap-       soit près de 10 % de la mortalité mon-      drer davantage l’information sur les
port aux autres pays en termes d’inci-       diale, dont 600 000 par tabagisme passif.   produits alcoolisés et le lobbying des
dence, de mortalité et de survie nette       En France, on estime que le tabac est       milieux économiques, d’agir sur la fis-
avec les dernières données récemment         responsable de 73 000 décès en 2013,        calité, et de rénover la législation sur les
publiées.                                    dont 45 000 par cancer.                     débits de boissons.

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