OPTIMISER LE BIEN-ÊTRE DES POULES PONDEUSES DANS LES SYSTÈMES HORS-CAGE - Pour une transition douce dans la production européenne d'oeufs
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OPTIMISER LE BIEN-ÊTRE DES POULES PONDEUSES DANS LES SYSTÈMES HORS-CAGE Pour une transition douce dans la production européenne d’œufs D’après un rapport technique de AgraCEAS Consulting
Eurogroup for Animals Rue Ducale 29 – 1000 Brussels Tel: +32 (0)2 740 08 20 Email: info@eurogroupforanimals.org Website: www.eurogroupforanimals.org Follow us on Twitter @Act4AnimalsEU and Like us on https://www.facebook.com/eurogroupforanimals
TABLE DES MATIÈRES
PRÉFACE....................................................................................................................................................................................................................4
RECOMMENDATIONS.............................................................................................................................................................................................7
1. LES ATTENTES SOCIÉTALES À L’ÉGARD DU BIEN-ÊTRE ANIMAL ET DE LA PRODUCTION D’ŒUFS............................................8
2. LES SYSTÈMES D’ÉLEVAGE ET DE LOGEMENT HORS-CAGE............................................................................................................... 10
2.1 Les systèmes d’élevage alternatifs.................................................................................................................................................... 10
2.2 Les systèmes de logement.................................................................................................................................................................. 14
3. OPTIMISER LE BIEN-ÊTRE DES POULES DANS LES SYSTÈMES HORS‑CAGE.................................................................................. 18
3.1 Mesurer les résultats en matière de bien-être animal.................................................................................................................. 20
3.2 L’alimentation et l’eau.......................................................................................................................................................................... 21
3.3 Les caractéristiques physiques de l’environnement...................................................................................................................... 22
3.4 La liberté de choisir entre différentes zones fonctionnelles........................................................................................................ 23
3.5 L’enrichissement................................................................................................................................................................................... 25
3.6 Quelques problématiques liées à la santé....................................................................................................................................... 26
3.7 La manipulation et la gestion de l’élevage...................................................................................................................................... 29
3.8 Le taux de densité................................................................................................................................................................................. 30
4. RECOMMANDATIONS CONCERNANT DES ÉTAPES SPÉCIFIQUES DE LA VIE D’UNE POULE PONDEUSE.................................. 31
4.1 La phase d’élevage des poulettes...................................................................................................................................................... 31
4.2 Le ramassage des poules à la fin de la période de ponte.............................................................................................................. 32
4.3 Le transport et l’abattage des poules en fin de ponte................................................................................................................... 34
4.4 Les alternatives à l’élimination des poussins mâles âgés d’un jour........................................................................................... 34
5. LES ASPECTS ÉCONOMIQUES DE LA PRODUCTION D’ŒUFS HORS-CAGE..................................................................................... 36
5.1 Chiffres clés............................................................................................................................................................................................ 36
5.2 La structure organisationnelle........................................................................................................................................................... 38
5.3 Les coûts de production et les aspects commerciaux................................................................................................................... 38
6. LA DURABILITÉ DES SYSTÈMES DE LOGEMENT HORS-CAGE............................................................................................................ 41
6.1 La durabilité sur le plan environnemental....................................................................................................................................... 41
6.2 Une note sur la santé humaine et la sécurité alimentaire............................................................................................................ 43
ANNEXE – ÉTUDES DE CAS : SYSTÈMES DE LOGEMENT HORS-CAGE INNOVANTS AUX PAYS-BAS............................................. 44
BIBLIOGRAPHIE................................................................................................................................................................................................... 49PRÉFACE
Entrée en application en décembre 2013, la directive L‘abandon des cages au profit de systèmes d‘élevage alter-
européenne « poules pondeuses » (Directive 1999/74/ natifs est une démarche bénéfique pour le bien-être des
CE du Conseil) a imposé l‘interdiction de l‘utilisation de poules pondeuses. Cependant, la conception et la gestion
cages de batterie conventionnelles tout en permettant de ces systèmes hors-cage ont également un impact sur
toujours le recours aux « cages aménagées » (ou « enri- le bien-être des animaux. Il est donc important de prendre
chies »). L‘utilisation de ces dernières varie en fonction ces aspects en compte lors d‘un changement dans le mode
des États membres ; certains ont beaucoup investi dans d‘élevage. S‘il est admis que seuls les systèmes hors-cage
ces systèmes d‘élevage, alors que d‘autres se sont davan- permettent de répondre à certains besoins comportemen-
tage tournés vers des systèmes hors-cage. De leur côté, taux des poules pondeuses – tels que la prise de bains de
un grand nombre des entreprises majeures actives dans poussière, la recherche de nourriture et la nidification –,
les secteurs de la distribution et de l‘alimentation se sont il est tout aussi vrai qu‘une mauvaise conception et une
engagées à s‘approvisionner exclusivement en œufs issus mauvaise gestion de ces systèmes alternatifs peuvent
d‘élevages hors-cage à l‘horizon 2025, ou plus tôt. Cer- annuler ces effets bénéfiques sur le bien-être des oiseaux.
tains États membres ont également adopté ou annoncé Comme dans tout élevage industriel, un degré élevé de
une loi interdisant l‘élevage de poules en cage pour la pro- bien-être animal ne peut être atteint que lorsque les ins-
duction d‘œufs. tallations sont correctement conçues et gérées.
4L‘échec récent des « cages aménagées », qui ne répondent Après avoir décrit brièvement les systèmes d‘élevage et de
pas aux nouvelles attentes de la société envers un traite- logement utilisés dans l‘UE, nous présenterons certains
ment éthique des animaux, prouve clairement l‘utilité et aspects importants relatifs au bien-être des poules pon-
la pertinence des systèmes hors-cage pour l‘avenir. Le deuses, et nous proposerons des recommandations visant
bien-être animal et la santé humaine sont deux aspects à permettre la future résilience du secteur au regard des
étroitement liés, qui influencent fortement la productivi- connaissances scientifiques et des attentes sociétales.
té et la viabilité économique de la production d‘œufs. De Ensuite, nous examinerons succinctement les consé-
ce fait, veiller au bien-être des animaux peut donner lieu à quences qu‘un passage à l‘élevage hors-cage peut entraî-
une série d‘avantages financiers pour les producteurs. ner sur l‘environnement et sur la santé publique, et nous
aborderons les stratégies d‘atténuation qui pourraient
Le présent dossier porte un double objectif. D‘une part, il améliorer la durabilité générale de l‘ensemble des sys-
met en lumière les aspects relatifs à une production d‘œufs tèmes hors-cage.
hors-cage qui, dans une optique de bien-être animal, re-
quièrent une attention particulière. D‘autre part, il fournit La dernière partie du présent dossier fournit un bref aperçu
des recommandations à l‘attention des décideurs poli- de la chaîne de production d‘œufs dans l’UE, et se termine
tiques et des industriels afin de maximiser le bien-être des par trois études de cas portant sur des systèmes d‘éle-
poules pondeuses dans les élevages hors-cage. vage intéressants et innovants (Rondeel, The Plantation et
Kipster).
5RECOMMENDATIONS
Ne pas utiliser les systèmes de logement Familiariser les poulettes en phase d’élevage
combinés (ou « combi ») comme avec les conditions dans lesquelles elles
alternatives aux cages aménagées*. seront logées lors de la phase de ponte, afin
d’éviter des problèmes lors de cette phase.
Prévoir suffisamment d’espace libre
autour des mangeoires et abreuvoirs ; S’assurer de la bonne qualité de la
chaque poule doit y avoir accès à volonté. litière tout au long de la phase de ponte ;
c’est fondamental si l’on veut permettre
la recherche de nourriture, empêcher la
Fournir aux poules la possibilité de gratter et frustration et éviter le picage des plumes.
picorer le sol pour la recherche de nourriture.
Prévoir du matériel d’enrichissement adéquat
Ajouter des fibres insolubles à leur et en suffisance, en particulier des éléments
alimentation, afin d’empêcher le comportement comestibles et/ou destructibles (comme
délétère de picage des plumes. du grain épars ou des bottes de paille).
Fournir aux poules des périodes continues S’assurer d’un haut niveau
de lumière naturelle et d’obscurité d’hygiène et de propreté.
(8 heures continues d’obscurité).
Respecter les mesures de biosécurité.
Faire usage de systèmes de ventilation et de
chauffage contrôlés pour maintenir une bonne
qualité de l’air et une température adéquate ;
si possible, recourir également à un tapis à Adopter une approche proactive pour
fientes pour améliorer la qualité de l’air. empêcher le comportement délétère de picage.
Fournir aux poules des espaces correctement Envisager de réduire la densité de
aménagés, enrichis et attractifs, comme des peuplement.
zones extérieures, des zones de grattage bien
entretenues et/ou des vérandas couvertes.
Gérer le risque de mortalité en réduisant les
parasites externes et internes, et en empêchant
Habiller les espaces extérieurs de végétation les blessures (par exemple en améliorant la
ou d’autres éléments fournissant de l’ombre et conception et la pose des perchoirs, et en
une protection contre les prédateurs, afin que les installant des rampes pour prévenir les fractures).
poules soient davantage attirées par ces zones.
Examiner les oiseaux au moins deux fois
Accorder une attention particulière à la par jour, et s’assurer qu’ils sont manipulés
conception des perchoirs et des nids, ainsi qu’à avec soin et compétence par un personnel
la qualité des matériaux utilisés pour ces nids. correctement formé et informé.
* Les systèmes combinés (ou « combi », ou encore convertibles) sont inadéquats sur le plan du bien-être animal, et ne devraient pas
constituer une alternative aux cages aménagées. Voir aussi la section 3.2.4.
71.
LES ATTENTES SOCIÉTALES À L’ÉGARD
DU BIEN-ÊTRE ANIMAL ET DE LA
PRODUCTION D’ŒUFS
Ces dernières années ont vu croître la prise de conscience compte en comparant les résultats de l‘Eurobaromètre
des citoyens européens à l‘égard du bien-être animal et de 2007 (Eurobaromètre spécial 229) et de 2016 : entre
de l‘environnement, si bien que les consommateurs du 2006 et 2015, la proportion de répondants estimant que
marché de l‘UE sont désormais demandeurs d‘une alimen- les animaux d‘élevage devaient être mieux protégés a aug-
tation « durable », composée de denrées (dont les œufs) menté de 5 % dans neuf États membres.
saines et respectant des normes de bien-être animal plus
strictes. Par ailleurs, moins de la moitié des consommateurs euro-
péens (48 %) estime que l‘offre en matière de produits ali-
En 2016, il ressortait d‘un sondage réalisé par l‘UE à mentaires respectueux du bien-être animal est suffisante
propos de l‘attitude des citoyens européens sur le bien- dans les magasins et supermarchés (+ 9 % par rapport à
être animal (Eurobaromètre spécial 442) que la majorité 2006). La majorité des personnes interrogées (59 %) in-
absolue des Européens (94 %) estiment qu‘il est impor- diquent être prêtes à payer davantage pour des produits
tant de protéger les animaux de ferme (y compris les respectueux du bien-être animal, et c‘est particulièrement
poules pondeuses). En Suède, en Finlande et au Portugal, le cas des Suédois, des Luxembourgeois et des Néerlandais.
pratiquement toutes les personnes interrogées (99 %) ont
indiqué qu‘elles accordent de l‘importance au bien-être Deux études récentes ont plus spécifiquement examiné
des animaux de ferme. Même dans les pays constituant l‘attitude des Européens à l‘égard du bien-être des poules
l‘extrémité inférieure, à savoir la Hongrie, la Croatie, la pondeuses. Leurs résultats prouvent que les consomma-
Pologne, la Slovaquie et la Bulgarie, le bien-être animal teurs connaissent la différence entre les différents sys-
était considéré comme important pour 86 à 88 % des per- tèmes de production, et qu‘ils peuvent exprimer des pré-
sonnes interrogées. férences. Ces études montrent que les consommateurs
verraient l‘élevage de poules en plein air comme un gain
La sensibilité des Européens à l‘égard de cette théma- important en matière de bien-être animal.
tique est en augmentation, comme on peut s‘en rendre
8Une étude réalisée en Pologne (Zakowska-Biemans & l’ensemble de leurs comportements naturels (Nicol et al.,
Tekien, 2017) indique que les consommateurs : 2017 ; EFSA, 2005). Mais il est également vrai que le degré
de bien-être animal obtenu dans les systèmes d’élevage et
• Font nettement la différence entre l‘élevage au sol en
de logement hors-cage dépend fortement des caractéris-
bâtiment et l‘élevage en plein air, et préfèrent largement
tiques et de la gestion de ceux-ci.
les systèmes offrant aux poules un accès à l‘extérieur ;
• Préfèrent les œufs issus d‘élevages en plein air que ceux Cette transition souhaitée mais rapide vers des systèmes
issus d‘élevages biologiques (ce qui s‘explique égale- hors-cage pose un certain risque : la pression économique
ment par le prix), et ce, malgré les avantages garantis qui repose sur les éleveurs pourrait aboutir à l‘adoption de
légalement qu‘offre l‘élevage bio en matière de bien- solutions sous-optimales en matière de bien-être animal.
être animal – les perspectives de marché sont donc plus Les producteurs réfléchissent actuellement aux diffé-
élevées dans le cas des œufs plein air que des œufs bio. rentes manières de diversifier l’offre, et il est probable que
les œufs issus d’élevages au sol en bâtiment prendront la
De même, selon un sondage réalisé au Royaume-Uni, les
place de ceux provenant de cages aménagées, formant
consommateurs estiment que :
ainsi l’essentiel de la production à bas prix (Puybasset,
• Les poules élevées dans des systèmes en plein air sont 2018) – malgré le fait que l‘acceptabilité de ce type d’œufs
« plus heureuses » (74,2 %) ; par les citoyens varie en fonction des pays (FarmingUK,
2017). En d’autres termes, certains éleveurs peuvent se
• Des normes élevées de bien-être animal devraient
sentir attirés par des modèles permettant de maximiser
avant tout prévoir l‘accès à l‘extérieur et à l‘air frais (Pet-
la production tout en maintenant les coûts bas, alors qu’il
terson, 2016).
peut s’agir d’une solution sous-optimale pour le bien-être
Les Européens sont favorables à l’adoption de normes des animaux.
élevées pour le bien-être animal, et sont prêts à payer
davantage pour des produits qui répondent à de tels cri- La disparition imminente des cages aménagées dans l’UE
tères. Cette réalité incite un grand nombre d‘entreprises met en lumière l’existence de risques intrinsèquement
majeures dans les secteurs de l‘alimentation et de la dis- liés au recours massif à certains systèmes d’élevage sans
tribution à s’engager à utiliser exclusivement des œufs tenir compte de l’évolution des choix des consommateurs,
issus d‘élevages hors-cage au plus tard pour 2025. Parmi des données scientifiques, et des changements dans
ces entreprises, citons Tesco au Royaume-Uni et en Europe les attentes sociétales à l’égard de l’élevage d’animaux.
centrale, Camst en Italie, Monoprix et Carrefour en France, L’abandon progressif des cages ne peut donc se faire
des services de restauration internationaux tels que Sodexo qu’avec l’adoption de bonnes pratiques. Les bénéfices
et Compass Group, ou encore des multinationales alimen- en sont nombreux : les animaux vivent une meilleure vie,
taires telles que Nestlé (CIWF, 2016a, 2017a). Dans certains les consommateurs accordent une plus grande confiance
États et Régions membres de l’UE, l’élevage de poules au marché, et, surtout, les producteurs emploient des sys-
pondeuses en cage est même illégal : l’Autriche interdi- tèmes respectueux du bien-être animal, économiquement
ra les cages aménagées dans le courant de l’année 2019, viables et résistants aux tendances futures.
les Pays-Bas feront de même en 2021 (pourtant, les cages
« colonies » restent autorisées1), l’Allemagne en 2025, et L’Initiative citoyenne européenne « End The Cage Age » a de
la Wallonie en 2028. Les éleveurs qui avaient installé des bonnes chances d’aboutir, et la détention de poules (ainsi
cages aménagées pour se conformer à la législation eu- que de n’importe quelle autre espèce) dans des cages
ropéenne devront réaliser d’autres investissements afin pourrait donc bien devenir une pratique interdite dans
de répondre aux nouvelles demandes. Dans certains États, l’UE dans un avenir pas si lointain. Dans ce cas de figure,
cette transition va concerner une bonne partie de l’indus- les décideurs politiques et les producteurs devront être
trie : c’est par exemple le cas de plusieurs pays d’Europe de en mesure de mener une transition sans heurt vers des
l’Est, mais aussi de l’Espagne (où 87,8 % de la production a systèmes hors-cage qui respectent davantage le bien-
lieu en cage) et de la France (64,8 %). être animal. Le deuxième Centre de référence de l‘Union
européenne pour le bien-être des animaux, consacré à la
L’abandon actuel des systèmes de cages répond à une question des volailles, sera un outil précieux pour faciliter
demande de la société civile, qui souhaite une meilleure cette transition. Les producteurs devront être guidés dans
protection du bien-être animal. Le changement se jus- le choix des souches d’oiseaux, la prévision du logement et
tifie par ailleurs par les connaissances scientifiques : la gestion de l’élevage. L’objectif est de prévenir certains
les études montrent en effet que les systèmes hors-cage problèmes qui se posent actuellement dans les systèmes
peuvent permettre aux poules pondeuses d’exprimer hors-cage : fractures du bréchet, mortalité, comporte-
ment délétère de picage des plumes, etc. Le présent docu-
ment met d’ores et déjà en évidence une série de bonnes
1
Les cages « colonies » (colony cages) sont des modèles plus grands pratiques permettant d’aider les producteurs qui ne sou-
qui contiennent généralement entre 40 à 80 oiseaux chacune. haitent plus recourir aux cages aménagées.
92.
LES SYSTÈMES D’ÉLEVAGE ET DE
LOGEMENT HORS-CAGE
© Vier Pfoten
2.1
LES SYSTÈMES D’ÉLEVAGE ALTERNATIFS
La législation européenne prévoit et encadre trois systèmes d’élevage alternatifs (hors-cage), à savoir l’élevage au sol, en plein
air et biologique. La loi impose que le mode d’élevage employé soit renseigné sur la coquille de tout œuf commercialisé ainsi
que sur son emballage, selon un système de code défini dans le Règlement européen portant sur les normes de commerciali-
sation des œufs (589/2008). Les dispositions légales relatives aux systèmes alternatifs sont énoncées dans plusieurs textes de
loi européens, que nous détaillons ci-après.
10L’ÉLEVAGE AU SOL
LE SYSTÈME D’ÉLEVAGE AU SOL en bref
»» Principales caractéristiques : système hors-cage permettant aux poules de se déplacer librement dans un bâtiment.
»» Densité : maximum 9 poules par m2 d’espace utile.
»» Espace intérieur minimal : 1100 cm2
»» Espace extérieur minimal : 0
»» Taille du cheptel : varie de quelques centaines (production à petite échelle) jusqu’à plusieurs dizaines de milliers
(production à grande échelle).
»» Exigences minimales : le système doit répondre aux conditions fixées dans l’Art. 4 de la Directive 1999/74/EC.
EXEMPLES DE SYSTÈMES DE LOGEMENT DANS UN ÉLEVAGE AU SOL :
»» Volière à plusieurs étages : les poules peuvent se déplacer librement entre différents niveaux (jusqu’à 4 niveaux – 3
étages plus le niveau du sol).
»» Volière à un seul niveau : semblable à la volière à étages, mais sur un seul niveau.
L’élevage au sol est un système alternatif dans lequel les poules ne sont pas en cage, et qui répond aux exigences suivantes (Art.
4 de la Directive 1999/74/CE du Conseil) :
• La densité de peuplement ne peut dépasser 9 poules par • Présence d’au moins un nid pour sept poules, soit 1 m2
m2 de surface utile ; pour max. 120 poules (nids collectifs) ;
• Les mangeoires sont soit longitudinales et offrent au • Présence de perchoirs appropriés, offrant au moins 15
moins 10 cm de longueur par poule, soit circulaires et cm par poule ;
offrent au moins 4 cm de longueur par poule ;
• Présence d’au moins 250 cm2 de surface de litière par
• Les abreuvoirs sont soit continus et offrent 2,5 cm de lon- poule, qui occupe au moins un tiers de la surface au sol ;
gueur par poule, soit circulaires et offrent 1 cm de lon-
• Les poules ont pareillement accès aux équipements d‘ali-
gueur par poule ;
mentation et d‘abreuvement (applicable aux systèmes à
différents niveaux).
Si un accès à un espace extérieur est fourni, les trappes de sortie doivent respecter au minimum une hauteur de 35 cm, une
largeur de 40 cm et une ouverture totale de 2 m par groupe de 1000 poules.
11L’ÉLEVAGE EN PLEIN AIR
LE SYSTÈME D’ÉLEVAGE EN PLEIN AIR en bref
»» Principales caractéristiques : les poules peuvent accéder à un espace extérieur pour picorer et gratter le sol, et chercher
de la nourriture.
»» Densité : 2500 poules/ha de surface disponible.
»» Espace intérieur minimal : 1 100 cm2
»» Espace extérieur minimal : 4 m2
»» Taille du cheptel : varie de quelques centaines (production à petite échelle) jusqu’à plusieurs dizaines de milliers
(production à grande échelle).
»» Exigences minimales : le système doit répondre aux conditions fixées dans l’Art. 4 de la Directive 1999/74/CE et dans
l’Annexe II du Règlement (CE) No 589/2008.
EXEMPLES DE SYSTÈMES DE LOGEMENT DANS UN ÉLEVAGE EN PLEIN AIR :
»» Volière à plusieurs étages : comme décrit ci-avant, mais avec un accès extérieur.
»» Bâtiments fixes ou mobiles : les bâtiments sont similaires à des volières, à la différence qu’ils sont déplaçables et que les
poules ont un également un accès à l’extérieur.
Les systèmes en plein air sont encadrés légalement par l’annexe II du Règlement (CE) No 589/2008 sur les normes de com-
mercialisation des œufs. Ils doivent ainsi répondre aux exigences suivantes :
• Les poules doivent avoir pendant la journée un accès • Les espaces extérieurs ne peuvent s‘étendre au-delà d‘un
ininterrompu à des espaces extérieurs, avec toutefois rayon de 150 m de la trappe de sortie la plus proche, ou
une restriction possible pendant une période de temps au-delà de 350 m si un nombre suffisant d‘abris est prévu
limitée au cours de la matinée ; conformément à la directive « poules pondeuses ».
• L’espace extérieur doit être majoritairement recouvert de
végétation et il ne peut faire l‘objet d‘aucune autre utili-
sation ;
12© Vier Pfoten
L’ÉLEVAGE BIOLOGIQUE
L’ÉLEVAGE BIOLOGIQUE en bref
»» Principales caractéristiques : les poules peuvent librement accéder à un espace extérieur.
»» Densité : 6 poules/m2 d’espace utile
»» Espace intérieur minimal : 1660 cm2
»» Espace extérieur minimal : 4 m2
»» Taille du cheptel : idéal pour les cheptels plus réduits (200 - 2000 poules)
»» Exigences minimales : l’élevage doit répondre aux conditions fixées dans l’Art. 12 et dans l’Annexe III du Règlement (CE)
No 889/2008.
EXEMPLES DE SYSTÈMES DE LOGEMENT DANS UN ÉLEVAGE BIOLOGIQUE :
»» Volière à un ou plusieurs niveau(x) : comme décrit ci-avant, mais conforme aux normes biologiques.
»» Bâtiments fixes ou mobiles : comme décrit ci-avant, mais conformes aux normes biologiques.
Les règles s’appliquant spécifiquement aux systèmes d’élevage biologiques sont inscrites dans l’article 12 et dans l’annexe
III du Règlement (CE) No 889/2008 relatif à la production biologique. Les élevages producteurs d’œufs biologiques doivent
ainsi respecter les règles suivantes :
• Au moins un tiers de la surface au sol est construite en • Chaque bâtiment ne compte pas plus de 3000 poules
dur et couverte d‘une litière ; pondeuses ;
• Une partie suffisante de la surface accessible aux poules • Tous les oiseaux accèdent aisément à l’extérieur par les
est destinée à la récolte des déjections ; trappes de sortie/d‘entrée qui présentent une longueur
combinée d‘au moins 4 m par 100 m2 de surface dispo-
• Les bâtiments sont équipés de perchoirs (18 cm/poule) ;
nible du bâtiment.
• les bâtiments sont munis de trappes de sortie/d‘entrée
d‘une dimension adéquate ;
13 Example of a flat deck barn system (used with permission from www.laywel.eu)
2.2 LE SYSTÈME DE LOGEMENT
LES SYSTÈMES DE LOGEMENT À UN NIVEAU/AU SOL
Les systèmes d’élevage alternatifs peuvent employer dif- Les systèmes de volière à un niveau sont la forme la plus
férents systèmes de logement pour les poules pondeuses. simple de logement de poules pondeuses en bâtiment.
Le tableau 2-1 présente les modèles les plus répandus au Dans ces systèmes, la taille des cheptels peut varier de
sein de l’UE, et indique dans quels systèmes d’élevage ils quelques centaines à plusieurs dizaines de milliers d’oi-
sont utilisés. seaux. Leur structure et leur conception sont variables
également, mais elles présentent toutes certaines carac-
Ci-après, nous décrivons plus en détails les caractéris- téristiques communes :
tiques des différents modèles de logement hors-cage.
• Au moins un tiers du sol est construit en dur et couvert
d‘une litière (LayWel, 2006). La plupart du temps, il
existe une zone surélevée centrale (le niveau) pourvue
d’un plancher en caillebotis sur lequel sont placés les
mangeoires, les nids et les perchoirs (Nicol et al., 2017) ;
Tableau 2-1 : Aperçu des logements hors-cage pour poules pondeuses en fonction des systèmes d’élevage
Système d’élevage
Type de logement Au sol Plein air Biologique
Volière à un/plusieurs niveau
Volière à un/plusieurs niveau(x) avec accès extérieur
Combiné (« combi »)* **
Bâtiment mobile
Source : AgraCEAS, d‘après la littérature existante.
* Théoriquement, un système combiné peut être utilisé dans une production en plein air ou biologique si les portes restent ouvertes et que les
poules ont accès à l’extérieur. Dans la réalité, cette configuration est rare dans la mesure où elle a peu d’intérêt.
** Devient un système en cage lorsque les portes sont fermées.
14• Une fosse à fumier ou un système d‘enlèvement du Les systèmes de volières correctement conçus doivent
fumier est normalement placé sous la zone centrale à permettre aux poules d’exprimer des comportements im-
caillebotis surélevé ; portants, à savoir :
• Les nids fermés sont habituellement placés sur le plan- • Se percher en hauteur (sur des perchoirs) ;
cher en caillebotis. Ils sont généralement recouverts
• Exprimer des comportements de recherche de nid et de
d‘un fond ou d‘une litière en gazon artificiel, et les œufs
ponte dans des nids collectifs ;
peuvent être ramassés automatiquement ou manuel-
lement. Les nids peuvent être individuels ou collectifs ; • Utiliser des lignes d‘alimentation et d‘abreuvement ;
• Les perchoirs sont habituellement placés dans des • Picorer, gratter le sol et prendre des bains de poussière
cadres en A sur le plancher en caillebotis (LayWel, 2006) dans la zone de litière.
ou suspendus au plafond.
À condition qu’elles soient conçues de manière à faciliter
La zone de déambulation permet aux poules de se dé- l’accès aux ressources et à éviter les surpopulations, et que
placer et d’exprimer certains de leurs comportements les groupes ne soient pas trop nombreux, (6000 poules au
naturels (comme battre des ailes, s’étirer, voler et prendre maximum ou, idéalement, moins de 4000 poules), les vo-
des bains de poussière), a fortiori si elle est équipée de vé- lières à plusieurs niveaux sont, de par leur nature complexe,
randas couvertes. en mesure d’offrir aux poules un environnement stimulant.
Les volières à un ou plusieurs niveau(x) peuvent être équi-
LE SYSTÈME À PLUSIEURS NIVEAUX pées de vérandas couvertes (que l’on appelle aussi parfois
« jardins d’hiver »). Il s‘agit de zones couvertes adjacentes
Les volières à plusieurs niveaux sont des systèmes de lo- au bâtiment principal, qui offrent aux poules de la lumière
gement dans lesquels les poules peuvent se déplacer li- naturelle, et auxquelles elles accèdent par des trappes. Les
brement entre différents niveaux (jusqu’à quatre niveaux vérandas fournissent aux poules des zones supplémen-
selon la législation européenne – Windhorst, 2017). Dispo- taires pour prendre des bains de poussière dans la litière,
nibles sous plusieurs formes, elles présentent la principale chercher de la nourriture si un enrichissement est prévu,
caractéristique de mettre à profit l’espace vertical dans et profiter de la lumière naturelle et, souvent, de l‘air frais
le bâtiment. Les perchoirs, mangeoires, abreuvoirs et nids (CIWF, 2012a).
fermés sont généralement disposés sur plusieurs niveaux ;
leur emplacement précis dépend alors de la conception Par ailleurs, ces zones peuvent s’avérer utiles, surtout dans
de la volière. La présence de rampes ou de perchoirs d’ap- le cas des élevages en plein air, lorsque les poules doivent
proche correctement conçus permet de faciliter l’accès être confinées à l’intérieur des bâtiments sur de longues
des poules à ces ressources, ainsi que les mouvements périodes (par exemple lors d’une épizootie de grippe
entre les étages. L’article 4 de la Directive 1999/74/CE aviaire). Normalement, la surface des vérandas couvertes
prévoit que les volières ne peuvent contenir plus de quatre n‘est pas incluse dans le calcul de la surface au sol dispo-
niveaux, et qu’elles doivent permettre le libre mouvement nible pour les poules car ces vérandas ne sont accessibles
entre les étages. Cependant, les autorités compétentes de que pendant la journée (CIWF, 2012a).
certains États membres autoriseraient des systèmes dans
lesquels jusqu‘à trois volières de quatre étages seraient
empilées les unes sur les autres, séparées par des couches
© Eyes on Animals/Jack Tummers
de béton, et formant ainsi des structures à douze niveaux
(ANDA Animales, communication personnelle).
Comme dans tout système au sol, la densité animale maxi-
male s’élève à 9 oiseaux/m2 d’espace utile. Si la taille du
cheptel peut varier de quelques centaines (production à
petite échelle) à plusieurs dizaines de milliers de poules
(production à grande échelle), les volières sont cependant
le plus souvent utilisées pour des productions d’œufs à
grande échelle, notamment en raison de coûts d’installa-
tion élevés.
15© Vier Pfoten 16
Example of a covered veranda.
UN MOT SUR LES SYSTÈMES DE LOGEMENT
LES BÂTIMENTS MOBILES COMBINÉS (« COMBI »)/CONVERTIBLES
Les bâtiments mobiles sont un système de logement qui Les systèmes de logement combinés (« combi ») réunissent
est généralement employé pour des petits cheptels les caractéristiques des volières et celles des cages. Il s’agit
élevés en plein air (entre 200 et 2000 poules) et dans le généralement de structures à plusieurs niveaux, munies
cadre d’une production biologique. Ils se présentent sous de portes à chaque étage. Les poules ne peuvent se dépla-
la forme de « polytunnels » équipés, montés sur patins ou cer librement que lorsque les portes sont ouvertes. Lors-
sur roues. Utilisant une ventilation naturelle, leur disposi- qu’elles sont fermées, le système combiné présente exac-
tion interne est similaire à celle des systèmes de logement tement les mêmes caractéristiques que celles des cages
à un niveau (Nicol et al., 2017). La caractéristique princi- aménagées, avec une densité de peuplement comparable.
pale de ce système est son sol en caillebotis suspendu. Il
permet de déplacer régulièrement le bâtiment dans les dif- Les cages combinées sont fabriquées dans l’UE par des
férentes bandes de champ ou de pâturage. entreprises telles que Big Dutchman (Allemagne) et Farmer
Automatic (Allemagne) (Alonzo, 2016). Certains produc-
Cette solution permet de contribuer à la bonne santé des teurs peuvent voir un intérêt dans ces systèmes, qui leur
animaux, notamment en réduisant la présence de parasites permet de passer d’un élevage au sol à un élevage en cage,
(CIWF, 2016b). Notons que dans ce système, une bonne en fonction de la demande du marché. Cependant, le lo-
ventilation, un contrôle correct de la température ainsi que gement combiné ne peut en aucun cas être considéré
le nettoyage et la désinfection des bâtiments sont autant comme un système hors-cage conforme au bien-être
de points d’attention importants si l’on veut maximiser le animal, car la fermeture régulière des portes peut aggra-
bien-être animal2. Contrairement aux bâtiments statiques, ver les comportements négatifs des poules, qui passent
qui sont raccordés au réseau d‘égouts, les eaux usées po- constamment d‘un environnement de volière à une cage
tentiellement contaminées peuvent ici se répandre direc- fermée. Lorsque les cages sont fermées, les oiseaux sont
tement dans le sol (Giersberg et al., 2017). privés d’importantes ressources et possibilités pourtant
bénéfiques à leurs comportements naturels, tels que la
recherche de nid et le grattage du sol, puisque les équipe-
© Brian Johnson & Dane Kantner
ments de ces systèmes lorsqu‘ils sont utilisés en tant que
cages aménagées ne satisfont pas au bien-être animal. En
outre, le transfert des poussins de la volière vers les cages
peut leur causer de la frustration (CIWF, 2017b). Pour
toutes ces raisons, les systèmes combinés ne seront pas
abordés en plus amples détails dans ce dossier.
¼¼ Example of a mobile shed.
2
https://www.proof.net.au/Mobile-Hen-Housing
173.
OPTIMISER LE
BIEN-ÊTRE DES
POULES DANS
LES SYSTÈMES
HORS‑CAGE
L’ONG Compassion in World Farming (CIWF) (2012b ; d’après sentiels, peuvent également nuire au bien-être et, au bout
les nombreux travaux de Fraser et Broom, 1990) identifie du compte, aggraver l‘état de santé en altérant les fonc-
trois éléments clés qui constituent le bien-être animal : tions immunitaires.
• Le bien-être physique/physiologique, déterminé par
Le tableau 3-1 présente un aperçu des principaux facteurs
la mesure dans laquelle l’environnement de l’animal
influençant le bien-être des poules pondeuses, sur la base
permet le déroulement des processus biologiques de
de recherches documentées. La section suivante décrit
celui-ci ;
plus en détails chacun de ces aspects, et fournit quelques
• Le bien-être mental, déterminé par les émotions de recommandations générales sur la manière de gérer les
l’animal, son ressenti ; risques et d‘améliorer le bien-être animal.
• La vie naturelle, déterminée par la mesure dans la-
quelle un animal vit et se comporte comme il le ferait
dans la nature.
Ces trois composantes sont largement interdépendantes :
une mauvaise santé implique un mal-être et peut même
entraîner la mort ; mais le stress et la frustration, ou bien
l‘impossibilité d’exprimer des comportements naturels es-
18© Vier Pfoten
Outre les facteurs mentionnés ci-avant, citons également • Le ramassage, la manipulation et le transport – à la
ces questions, qui n’entrent pas dans la phase de produc- fin de la période de ponte, les poules sont ramassées et
tion d’œufs à proprement parler mais qu’il convient de transportées vers l’abattoir. La durée du transport est
prendre en compte : généralement plus longue pour les poules pondeuses
que pour les poulets de chair car la mise à mort des
• Le traitement des poussins mâles – le sexage des
poules doit se faire dans des abattoirs spécialisés, qui
poussins se déroule après leur éclosion. La pratique
sont donc moins nombreux (FCEC, 2012) ;
courante dans l‘industrie consiste à éliminer immédia-
tement les poussins mâles d‘un jour, généralement par • L’abattage – dans la plupart des États membres, les
gazage ou broyage ; poules sont suspendues la tête à l’envers et étourdies
par une immersion dans un bain électrique avant d’être
• Le système de logement des poulettes – les pou-
abattues.
lettes ne sont pas toujours élevées dans des systèmes
similaires à ceux dans lesquels elles pondront ensuite.
Ce changement peut causer des problèmes comporte- La section 4 fournit des recommandations pour ces diffé-
mentaux et/ou physiques permanents (peur, picage dé- rentes phases.
létère, frustration) ;
19Table 3-1: Les principaux facteurs influençant le bien-être des poules pondeuses
Facteur Commentaires
Alimentation et eau Concerne la qualité et l’accessibilité de l’eau et de la nourriture (quantité, forme, position,
fonctionnement des points d‘alimentation et d‘abreuvement, espace autour de ces ressources,
concurrence éventuelle, etc.)
Caractéristiques physiques Ces caractéristiques comprennent, entre autres, les périodes d‘éclairage et le climat/la
de l’environnement température. La gestion de la litière et du fumier peut également avoir une influence.
Liberté de choisir Concerne la disponibilité, l‘accessibilité et l‘attractivité des espaces extérieurs ou des vérandas
entre différentes zones couvertes et des zones de grattage, la conception des perchoirs et des nids, et la qualité des
fonctionnelles matériaux constituant les nids et la litière. Aussi la possibilité de voler dans les volières (selon
leur conception).
Enrichissement/ Dépend de la disponibilité et de la qualité des ressources : permettent-elles aux poules de picorer
possibilité d’exprimer des et de fouiller le sol à la recherche de nourriture, de prendre des bains de poussière, de se
comportements naturels percher, de se reposer, de battre et de se lisser les ailes ?
et de confort
Santé • Blessures par picage et épointage du bec, état du plumage
• Fractures osseuses et ostéoporose
• Parasites internes et externes (poux, coccidies, vers)
• Maladies bactériennes et virales
• Troubles des pattes
• Hygiène générale
Manipulation et gestion Concerne la formation des opérateurs, la fréquence et la qualité des inspections des troupeaux,
des cheptels ainsi la manière dont les oiseaux sont manipulés par le personnel lors de phases telles que les
inspections, le ramassage, le chargement, etc. ; tout cela influence directement le bien-être des
animaux.
Densité de peuplement Un manque d’espace peut donner lieu à une situation de surpopulation, de concurrence pour les
ressources, de manque de repos.
Sources : AgraCEAS, d’après des sources diverses telles que CIWF, AssureWel, LEI Wageningen, GAP, Beter Leven.
3.1
MESURER LES RÉSULTATS EN
MATIÈRE DE BIEN-ÊTRE ANIMAL
Il ne suffit pas de choisir un certain système d‘élevage et comparative du bien-être des poules pondeuses dans les
d‘hébergement et de fournir certaines ressources aux systèmes d‘élevage et de logement3. Les décideurs poli-
poules pondeuses pour garantir leur bien-être. En fin tiques et les éleveurs peuvent obtenir des conseils d‘ex-
de compte, ce bien-être doit être évalué en étudiant les perts sur ces protocoles d‘évaluation auprès d‘institutions
animaux eux-mêmes (EFSA, 2015). En règle générale, les ou de consortiums de recherche et/ou d‘organisations
protocoles d‘évaluation du bien-être animal mesurent de défense des animaux. Dans certains pays, les éleveurs
plusieurs paramètres : les ressources disponibles (espace, peuvent également participer à des programmes d‘assu-
enrichissement, etc.), la gestion de l‘élevage (épointage rance agricoles qui intègrent ces évaluations du bien-être
du bec, programmes de vaccination, etc.) et plusieurs animal, et ensuite vendre leurs produits (en l‘occurrence
données observées sur les animaux (comme leur com- des œufs) avec un étiquetage clairement identifiable par
portement normal, leur santé et leur état émotionnel). les consommateurs4.
Il existe différents protocoles de mesure et d‘évaluation
3
Citons par exemple AssureWel, Welfare Quality®, et les protocoles d’évaluation de la RSPCA.
4
Citons par exemple Beter Leven aux Pays-Bas, RSPCA Assured au Royaume-Unie, Für Mehr Tierschutz en Allemagne, etc.
20Dans les systèmes d’élevage à haut niveau de
bien-être, il est important d’assurer aux poules la
présence d’un espace libre autour des mangeoires
et des abreuvoirs, un accès à volonté et équitable
à l’eau et à la nourriture, ainsi que la possibilité
d’exprimer un comportement de recherche de
nourriture.
3.2
L’ajout de fibres insolubles à l’alimentation peut
prévenir un comportement délétère de picage des
L’ALIMENTATION ET L’EAU plumes.
L’impact de l’alimentation et de l’eau sur le bien-être des
animaux dépend essentiellement de trois paramètres :
ces ressources doivent être adéquates, suffisantes et ac- La composition de l’alimentation peut influencer les pa-
cessibles. L’accessibilité peut dépendre de la conception ramètres de santé, en particulier le comportement délétère
du système de logement, tandis que l’adéquation et la de picage de plumes. En effet, une nourriture pauvre en
quantité sont déterminées par la gestion de l’élevage. Les fibres ou en acides aminés peut entraîner un picage im-
poules pondeuses doivent pouvoir accéder à volonté à la portant des plumes. Une supplémentation en fibres peut
nourriture et à l’eau. L’accessibilité peut être rendue plus donc s’avérer nécessaire (Nicol et al., 2017). Répandre du
aisée en scindant le cheptel en plusieurs groupes. grain et de la nourriture fibreuse au sol est une bonne idée :
les poules peuvent ainsi compléter leur alimentation tout
en exprimant un comportement de recherche de nourri-
ture. L‘ajout de grit insoluble (gravier) à l‘alimentation peut
également contribuer à un système digestif plus sain.
21© Vier Pfoten
Les poules pondeuses doivent disposer de périodes
continues de lumière naturelle et d’obscurité
(généralement huit heures continues d’obscurité).
Des systèmes de ventilation et de chauffage sont
nécessaires au maintien de la qualité de l’air et de la
température appropriées.
L’installation et l’utilisation de tapis à fumier peuvent
améliorer les paramètres de qualité de l’air.
La température et l’humidité sont deux facteurs impor-
3.3 tants car ils déterminent le confort thermique des animaux
LES CARACTÉRISTIQUES PHYSIQUES et la qualité de l‘air. On peut parler de conditions de confort
pour les poules lorsque la température est comprise entre
DE L’ENVIRONNEMENT 18 et 27°C (Wageningen UR, 2004), avec une zone de neu-
tralité thermique (très confortable pour les poules) com-
Les paramètres environnementaux suivants ont un impact prise entre 20 et 25°C pour des animaux en bonne santé
direct sur la santé et le bien-être des animaux, ainsi que sur (Nicol et al., 2017). Une ventilation adéquate (naturelle ou
la productivité : forcée) est essentielle pour évacuer la chaleur, les odeurs et
l‘humidité excessives. Le chauffage des bâtiments est né-
• le régime d’éclairage ;
cessaire dans les climats plus froids car une température
• la température et l’humidité ; inférieure à 10°C entraîne déjà une souffrance pour les
• la qualité de l’air. poules pondeuses (ibid.). Ces mesures s‘appliquent égale-
ment aux bâtiments mobiles employés dans les petits éle-
La directive poules pondeuses stipule que le régime vages en plein air ou biologiques, qui doivent en outre être
d’éclairage doit « comprendre une période d‘obscurité suf- équipés d‘une bonne isolation (DEFRA, non daté).
fisante et ininterrompue, à titre indicatif à peu près un tiers
de la journée, pour permettre aux poules de se reposer ». La qualité de l‘air (présence de poussière, d‘endotoxines
Les certifications visant un plus haut niveau de bien-être provenant de bactéries, d‘ammoniac, etc.) influence non
animal imposent généralement de respecter des périodes seulement la santé des animaux, mais aussi l‘empreinte
et des niveaux minimaux et continus de lumière (natu- environnementale de l‘élevage et la santé des travailleurs
relle), en alternance avec ces périodes minimales conti- (voir section 6). Les systèmes de volières (à étages) munis
nues d‘obscurité (RSPCA, 2017 ; KAT5). Si la lumière du jour d‘un tapis pour évacuer le fumier permettent habituelle-
favorise certains comportements actifs, une période inin- ment de maintenir une meilleure qualité de l‘air6 que les
terrompue et suffisante d‘obscurité est en effet nécessaire systèmes avec fosses à fumier, présents dans la plupart des
pour le repos des animaux. Notons que les systèmes offrant logements à un niveau. Cependant, la température exté-
un accès à l‘extérieur ou à des vérandas couvertes peuvent rieure peut rendre difficile le maintien d‘une bonne qualité
fournir une exposition à la lumière naturelle du jour. de l‘air, indépendamment du système de logement (Nicol
et al., 2017).
5
https://www.was-steht-auf-dem-ei.de/en/kat-association/cooperation-partners.php ; les critères ont été développés en collaboration avec
l’organisation Deutscher Tierschutzbund.
6
Généralement, les certifications visant un niveau plus élevé de bien-être animal ne prévoient pas de paramètres spécifiques pour les systèmes
de ventilation mais des objectifs en matière de qualité de l’air (par exemple concernant l’ammoniac – généralement 20 ppm ; la poussière –
généralement 10 mg par m3 ; et, dans certains cas, le dioxyde et le monoxyde de carbone).
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