VÉHICULES ÉLECTRIQUES : LE FEU PASSE AU VERT - TEMPS FORT P. 5 DÉCRYPTAGE P. 2 CONSOMMATION : VOICI LA PARTIE CACHÉE DE L'ICEBERG ! - Ademe
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NO 119 • OCTOBRE 2018 LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE EN ACTIONS
TEMPS FORT P. 5
VÉHICULES
ÉLECTRIQUES :
LE FEU PASSE
AU VERT
DÉCRYPTAGE P. 2
CONSOMMATION : VOICI LA PARTIE
CACHÉE DE L’ICEBERG !
RECHERCHE P. 4
VERS DES BATÎMENTS RESPONSABLES
À L’HORIZON 2020DÉCRYPTAGE
2 N O 119 • OCTOBRE 2018
DÉCRY PTAGE
« CONSOMMATION :
VOICI LA PARTIE
CACHÉE DE
L’ICEBERG ! »
Évaluer le « poids carbone » et
le « poids matière » des produits
du quotidien et autres biens
d’équipement des Français :
c’est l’objet d’une étude approfondie
de l’ADEME, publiée en
septembre. Éclairage.
Pourquoi s’intéresser à ces biens
durables ou semi-durables ?
Pierre Galio : Les ménages français
consomment toujours plus d’équipe-
ments : pour leur maison – meubles et
électroménager –, leurs loisirs ou leur
communication digitale. Les impacts envi-
ronnementaux de ces équipements sont
jusqu’alors peu ou pas connus, surtout
dans leur ensemble. Or, pour mettre en
œuvre des plans d’action de réduction des
émissions de CO2, il faut disposer de don-
nées précises. De même que pour dimi-
nuer la quantité des ressources utilisées et
celle de déchets produits, il est nécessaire
de connaître la composition et l’ensemble
des matières mobilisées. Nous avons donc
souhaité étudier de plus près l’impact glo-
bal de ces biens.
Comment avez-vous procédé ?
En nous basant sur notre mode de vie – je
m’habille, j’équipe ma maison, je commu-
nique… –, nous avons sélectionné 45 caté-
gories de biens : les appareils électriques
PIERRE GALIO
© Jean Chiscano
CHEF DU SERVICE CONSOMMATION
ET PRÉVENTION À L’ADEMEDÉCRYPTAGE / STRATÉGIE 3
6T
à forte et à faible composante électro- ments, moins on les surdimensionne – en
nique, dont les téléphones, téléviseurs et particulier les écrans –, moins on produit
ordinateurs ; les textiles, habillement et de carbone et de GES, et moins on prélève DE C02
chaussures ; les meubles ; de ressources. SONT ÉMISES PAR LA
les équipements de FABRICATION DES
sport... Pour chacun, nous
« Il faut Quel message faut-il ÉQUIPEMENTS D’UNE
avons calculé son « poids réinterroger nos retenir ?
MAISON
carbone », autrement dit modes de vie, Il faut peut-être prendre
les émissions de CO 2 du recul, réinterroger
basés sur
engendrées sur l’en-
semble de son cycle de
vie : fabrication, transport,
la consommation
de masse »
nos modes de vie, basés
sur la consommation
de masse, la vente en
2,1 T
DE MATIÈRE MOBILISÉE ,
POUR UN LAVE-LINGE
distribution… Puis nous volume et le suréquipe-
DE 79 KG
avons évalué l’ensemble de la matière ment. Les Français ne se rendent pas clai-
mobilisée pour le produire : des tonnes de rement compte de ce qu’ils accumulent. Ils
terre excavées, par exemple, pour les
quelques grammes de minerai présents
dans les puces de nos smartphones. Cette
pensent, par exemple, posséder 34 équi-
pements électriques et électroniques, en
moyenne, par foyer. En réalité, ils en
+ de
étude a duré deux ans. détiennent 99, dont 6 qu’ils n’utilisent pas.
Pour ce qui est de la garde-robe, nous
600 KG
DE C02
Que vous a-t-elle appris ? avons même abandonné l’idée de tenter ÉMIS POUR UN ÉCRAN
Les transports ou l’habitat ont jusqu’ici été un décompte ! Ne pouvons-nous pas chan- DE 60 POUCES, CONTRE
considérés comme les secteurs les plus ger nos habitudes ? Sans renoncer au plai- 300 POUR UN ÉCRAN
impactants sur le changement climatique. sir, n’est-il pas possible de privilégier une DE 30 POUCES (SUR
L’ENSEMBLE DU CYCLE
Mais l’accumulation des équipements et consommation utile, juste et responsable ?
DE VIE)
leur renouvellement parfois trop fréquent, Acheter moins souvent mais des produits
sont loin d’être négligeables en la matière. plus robustes et plus éthiques, faire durer,
Ils représenteraient jusqu’à un quart des réparer, faciliter le réemploi… Cette
émissions annuelles de CO2 pour un Fran-
çais… Par ailleurs, on se focalise souvent
démarche est en outre source d’emplois
non délocalisables. 63 %
à 99 %
sur la dépense énergétique liée à l’usage.
Or, c’est souvent la phase de fabrication Qu’attendez-vous de cette étude ?
qui consomme le plus d’énergie. De même, Nous espérons qu’en apportant des D’IMPACTS EN MOINS
les ressources mobilisées dépassent large- chiffres et des éléments concrets, elle fera POUR UN COTON RECYCLÉ
ment ce que l’on imagine. Les écrans, par prendre conscience au grand public, VERSUS UN NON RECYCLÉ
exemple, sont très émetteurs en gaz à comme aux acheteurs professionnels,
effet de serre (GES) et très gourmands en publics ou privés, de la nécessité d’opter
matière. Tout comme les textiles, qui pour une consommation plus durable.
ajoutent des kilomètres de transport aux Mais les fabricants et les distributeurs ont
tonnes d’engrais, de coton, de cuir ou également un rôle important à jouer dans
d’hydrocarbures utilisées. Pour un télévi- la conception d’offres moins impactantes.
seur de 11 kg ou pour 50 kg de vêtements Il est possible de promouvoir un modèle
et de chaussures, ce sont 2,5 tonnes de économique générateur d’emplois et de
matières qui ont été mobilisées en amont. bien-être. L’évolution de nos modes de vie
Mais ces proportions sont difficiles à per- et des modèles économiques dominants
cevoir. Moins on renouvelle nos équipe- doit se réaliser de concert.
Plus d’infos : Pour en savoir plus :
> pierre.galio@ademe.fr > www.ademe.fr/modelisation-evaluation-impacts-environnementaux-produits-
consommation-biens-dequipement et www.ademe.fr/modelisation-evaluation-
poids-carbone-produits-consommation-biens-dequipement4 DÉCRYPTAGE / RECHERCHE N O 119 • OCTOBRE 2018
Les appels à projets
FRENCH MOBILITY 2018
TRANSITION ÉNERGÉTIQUE Cet appel à projets s’inscrit dans
VERS DES BÂTIMENTS
une démarche globale favorisant
la mise en œuvre par les territoires
de projets de mobilité quotidienne,
RESPONSABLES durable, pour tous, innovante
sur le plan technique et/ou sociétal
À L’HORIZON 2020 et/ou de la gouvernance du point
de vue des projets déjà développés
sur le territoire, répondant
à un besoin local. Les réponses
L’ADEME a sélectionné les 11 lauréats de la 4e édition de son des territoires peu denses, ruraux
appel à projets « Vers des bâtiments responsables à l’horizon et de montagne, feront l’objet
d’une attention particulière.
2020 ». L’enjeu ? Encourager des initiatives efficaces et Clôture : 31 octobre 2018
reproductibles en faveur de la réduction de la consommation
énergétique des bâtiments. ZONES À FAIBLES
ÉMISSIONS (ZFE)
Les collectivités lauréates
Une cinquantaine de consor- de cet appel à projets seront
tiums ont répondu au nouvel accompagnées financièrement
appel à projets « Vers des bâti- par l’ADEME pour préfigurer la mise
ments responsables à l’horizon
en place d’une ZFE, identifier les
conditions de réussite de sa mise
2020 », lancé cette année et
en œuvre et assurer la concertation
créé en 2013 par l’ADEME. « Le
et l’animation autour de ce projet.
soutien à l’innovation est une
L’objectif est d’approfondir
activité historique de l’ADEME,
les connaissances sur les impacts
rappelle Nicolas Doré, chef
et/ou mieux prendre en compte
adjoint du service Bâtiment à
les spécificités locales dans la mise
l’ADEME. Avec cet appel à pro- en œuvre d’une ZFE.
jets de R&D, notre ambition est
© iStock
Clôture : 18 décembre 2018
de préparer le secteur du bâti-
ment, neuf et existant à la tran-
sition énergétique. » L’enjeu est important : la filière est responsable de près de I N V E S T I S S E M E N T S D ’AV E N I R
la moitié de la consommation d’énergie nationale et d’environ un quart des
émissions de gaz à effet de serre en France.
« Tous les acteurs économiques pouvaient candidater, mais aussi les acteurs
ERA-NET SMART ENERGY
académiques et les maîtres d’ouvrage (bailleurs sociaux, collectivités…), sous la
SYSTEMS
Cet appel à projets a pour objectif
forme de consortiums de trois ou quatre partenaires. Nous veillons à soutenir
de financer les partenaires français
l’innovation technique mais aussi, et de plus en plus, l’innovation organisation-
de projets européens collaboratifs
nelle et sociale », explique Nicolas Doré. Parmi les 11 lauréats, qui ont reçu une
de démonstrateurs et briques
subvention moyenne de 200 000 euros, le projet Promevent consiste à vérifier
technologiques dans le domaine
les systèmes de ventilation des bâtiments tertiaires existants. Autres exemples,
des réseaux énergétiques optimisés.
Firelec vise à faciliter le réemploi des matériaux de construction, et PPERP Ces solutions peuvent être de
encourage l’isolation en paille dans les bâtiments recevant du public. différentes natures, notamment
Face à l’effervescence d’initiatives innovantes, l’ADEME envisage de sélection- technologiques, économiques,
ner 10 nouveaux lauréats en 2019 issus de ce même appel à projets. organisationnelles ou juridiques.
Clôture : 2 novembre 2018
Contact :
> nicolas.dore@ademe.fr
Avec le fil d’actu, suivez l’info par courriel en vous inscrivant sur Consulter tous les appels à projets :
www.ademe.fr/actualites/appels-a-projets
www.ademe.fr/ademeetvous-abonnementTEMPS
T EMP S FORT
5
FORT
VÉHICULES
ÉLECTRIQUES :
LE FEU PASSE
AU VERT
Passer à l’hybride ou au tout électrique ? Dans l’esprit
des particuliers comme dans celui des entreprises propriétaires
de flottes ou des gestionnaires de transports en commun, l’idée
fait son chemin. Le nombre d’immatriculations est en croissance,
encore modérée mais prometteuse. Afin d’accélérer cet essor,
indispensable à la réduction des gaz à effet de serre et à
l’amélioration de la qualité de l’air, les acteurs de l’écosystème
multiplient les initiatives. Objectif : un million de véhicules zéro
émission en circulation en 2020.
À lire dans ce dossier
ZOOM SUR… REGARDS REPORTAGE AVIS D’EXPERT
Lithium : un CROISÉS Mobilité : Vers une
métal au cœur La bonne des spécificités recharge
de la transition recharge au bon locales qui intelligente
énergétique moment : une changent tout P. 11
P. 8 question cruciale P. 10
P. 9
© Shutterstock6 TEMPS FORT N O 119 • OCTOBRE 2018
© iStock
VÉHICULES ÉLECTRIQUES :
UN CHOIX D’AVENIR
Pour préserver notre environnement, pouvoirs publics et acteurs qualité de l’air sans la mobilité électrique »,
de la filière mettent tout en œuvre pour accélérer le développement souligne Cécile Goubet, secrétaire générale
de la mobilité électrique. de l’Avere (Association nationale pour le
développement de la mobilité électrique). Or,
avec moins de 150 000 véhicules électriques
Élargissement de la gamme, autonomie à batterie et quelque 30 000 véhicules
record, déploiement des infrastructures de hybrides rechargeables en circulation
recharge… l’année 2019 marquera-t-elle un aujourd’hui, la France est encore loin des
tournant pour le secteur du véhicule élec- volumes nécessaires pour faire baisser ces
trique ? Ces supporteurs l’espèrent vivement, émissions. « En augmentation de 12 % par
car le transport reste la principale source de rapport à 2017, les chiffres des ventes de 2018
gaz à effet de serre (GES) : à l’origine notam- ne sont pas mauvais. Mais ils devraient
ment de près de 35 % des émissions de CO2 atteindre 30 % pour suivre la trajectoire pré-
et de 32 % de la consommation d’énergie en vue par le contrat de la filière 2018-2022,
France. « On ne peut pas atteindre les objec- signé en mai dernier par les acteurs du sec-
tifs climat de l’accord de Paris et améliorer la teur automobile et l’État. » Quant aux véhi-
Avec le fil d’actu, suivez l’info par courriel en vous inscrivant sur
www.ademe.fr/ademeetvous-abonnementTEMPS FORT / 7
35,4
cules à hydrogène, ils totalisent seulement moteur et véhicule à l’IFP Énergies Nouvelles
quelques milliers d’exemplaires… dans le (IFPEN), responsable d’une étude sur l’im-
monde. pact de l’électrification par segment, menée
KM PAR JOUR, avec l’ADEME (voir encadré).
C’EST LE TRAJET DES FREINS À LEVER
QUOTIDIEN MOYEN Passer du marché émergent au marché de UN SECTEUR QUI S’ADAPTE
DES FRANÇAIS,
masse est toutefois possible, estiment les Dans les deux ans à venir, le développement
40,2 KM EN ZONE
RURALE experts, à condition de lever quelques freins : de la gamme devrait par ailleurs permettre à
le surcoût d’un véhicule à l’achat, de l’ordre de chacun de trouver le modèle idéal. Enfin, la
Source : www.insee.fr/fr/ 10 000 euros pour le tout électrique, malgré mobilisation de l’État, des collectivités et des
statistiques/1280781
un amortissement à l’usage ; la difficulté à acteurs économiques privés (voir p. 9 et 10)
trouver le modèle idéal par rapport à ses lèvera sans doute les dernières appréhen-
besoins ; la peur de la panne par manque d’in- sions ou difficultés des conducteurs en
23 000
POINTS DE RECHARGE,
frastructures de recharge ; la méconnais-
sance de ces véhicules… Grâce au bonus
matière de recharge. Avec une majorité
d’entre elles situées au domicile et sur les
écologique de l’État – jusqu’à 6 000 euros lieux de travail, le nombre de points de
10 000 STATIONS DE
pour un tout électrique –, s ouvent renforcé charge ouverts au public atteindrait 100 000
RECHARGE ÉLECTRIQUE
EN FRANCE par des aides locales, la question du surcoût en 2022 pour 1 million de véhicules élec-
se résout aujourd’hui plus facilement. « De triques et hybrides rechargeables en circula-
nombreuses villes accordent aussi des avan- tion. De son côté, l’État travaille avec la filière
tages aux conducteurs, tels que des heures électromobile à l’amélioration du droit à la
de stationnement gratuit, généralement deux prise et impose le pré-équipement des par-
heures mais p arfois beaucoup plus », explique kings pour les bâtiments neufs, ainsi qu’à une
Cécile Goubet. À terme, la baisse du prix des meilleure prise en charge des coûts de rac-
batteries et la maturation de la filière offriront cordement des bornes.
en outre une meilleure compétitivité aux véhi- L’ADEME alimente ces réflexions par ses mul-
cules. « Notons que les véhicules hybrides, tiples éclairages : études, évaluations techno-
dotés de batteries plus petites, coûtent moins logiques, expérimentations ou projets à
cher à l’achat et contribuent aussi à réduire caractère industriel, soutenus notamment
les émissions de GES », précise Fabrice Le par le biais des Investissements d’Avenir.
Berr, chef de projet Simulation système Publiée en septembre dernier, son étude E4T
apporte ainsi aux décideurs des informations
très concrètes sur le prix, d’achat et d’usage,
VÉHICULES ÉLECTRIFIÉS : des véhicules électrifiés, ainsi que sur leur
DES SEGMENTS À LA LOUPE impact environnemental réel, fabrication
Consommation, coût, bilan environnemental de incluse. Un avis de l’ADEME met par ailleurs
l’électrification : entre 2016 et 2017, les différents segments en évidence d’autres atouts du véhicule élec-
du transport ont fait l’objet d’une étude approfondie de trique : son adéquation aux nouveaux modes
l’IFPEN (E4T), accompagnée par l’ADEME. Conclusions : de mobilité qui contribuent aux évolutions
l’électrification au sens large, intégrant les véhicules
comportementales, comme l’autopartage,
électriques, hybrides et hybrides rechargeables, contribue
bien à la réduction des émissions de gaz à effet de serre mais aussi la possibilité de contribuer à la
(GES), avec des nuances selon les véhicules. « Le coût régulation du réseau électrique et au déve-
environnemental de la fabrication de la batterie est un loppement des énergies renouvelables (voir
point faible, surtout lorsqu’elle est de taille conséquente, p. 11), via sa batterie. « L’électromobilité se
souligne Fabrice Le Berr, pilote de l’étude à l’IFPEN. Ce conçoit comme un écosystème à part entière,
coût peut s’amortir sur le long terme ou par une utilisation associant constructeurs automobiles, opéra-
importante du véhicule, comme pour les bus. L’adaptation
teurs de recharge, fournisseurs de services et
de la taille de la batterie à l’usage effectif du véhicule
devient primordiale. Pour des distances régulières limitées, utilisateurs, résume Maxime Pasquier, chef
inférieures à 50 km, la technologie hybride rechargeable adjoint du service Transports et mobilité de
peut s’avérer un bon compromis pour réduire les GES et la l’ADEME. Il s’agit d’une véritable filière dont
pollution locale si elle est rechargée quotidiennement. » la pertinence économique et la viabilité envi-
En ce qui concerne le prix, il deviendra progressivement ronnementale apparaissent de manière
plus compétitif pour les deux technologies. encore plus importante dans cette approche
systémique. »
Plus d’infos :
> maxime.pasquier@ademe.fr8 TEMPS FORT / ZOOM SUR… N O 119 • OCTOBRE 2018
LITHIUM : UN MÉTAL AU CŒUR
DE LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE
DES CONSOMMATEURS
© iStock
Le salar d’Uyuni, en À RESPONSABILISER
Bolivie, est l’une des plus
importantes réserves L’impact écologique de l’exploitation du
mondiales de lithium.
lithium pourrait aussi freiner l’essor de
cette activité dans certains pays, comme la
Bolivie, qui compte des gisements impor-
tants mais ne les commercialise pas encore.
« On peut miser sur des progrès à venir en
matière de procédés d’extraction ou de
performances des batteries. Mais, pour le
moment, la production de ce composant
reste gourmande en espace, en eau et en
énergie », constate Marine Simoën, qui
note au passage la quasi-absence de recy-
clage de ce composant à l’échelle mon-
diale. « Indépendamment du type de
véhicule utilisé, cela devrait nous inciter à
plus de sobriété en termes de transports,
via l’autopartage et le covoiturage, souligne
Emmanuel Hache. Nous ne pouvons pas
Léger et électropositif 1, le lithium même avec un scénario d’électrification très nous contenter de décaler le problème
poussée, en Chine et en Inde notamment, environnemental à l’extérieur de nos fron-
est un composant essentiel des
nous n’aurions utilisé que 85 % de ces tières. »
batteries de véhicules électriques, réserves actuelles en 2050. » Présentes dans À condition de ne pas se limiter à la seule
mais aussi une source potentielle les roches lithinifères et plus majoritairement production de matière première mais de
de vulnérabilité pour l’ensemble dans les saumures des salars d’Amérique du savoir monter en gamme, plusieurs pays,
du marché. Des caractéristiques Sud, les ressources déjà identifiées attein- comme le Chili ou la Bolivie, pourraient
qui ont poussé l’IFP Énergies draient, quant à elles, 52,3 millions de tonnes. cependant profiter de ces nouveaux
Le prix du lithium ne semble pas non plus besoins pour accélérer leur développe-
nouvelles (IFPEN) à intégrer
constituer un problème majeur. « Ce métal ment. Représentatif des enjeux de la tran-
cette question dans l’étude E4T ne représente que 3 % de la masse de la bat- sition énergétique, au même titre que le
menée en partenariat avec terie », explique Marine Simoën. cuivre ou le cobalt, le cas du lithium ouvre
l’ADEME. ainsi un vaste champ de réflexion sur les
DES ACTEURS TOUT-PUISSANTS points de vigilance à garder en tête pour
« Si un risque devait apparaître en termes favoriser l’essor de transports plus propres,
d’approvisionnement, il serait plutôt dû à la au bénéfice de tous.
Indispensable à la fabrication des batteries concentration du marché », remarque
pour les véhicules électriques, les téléphones Emmanuel Hache. Cinq pays produisent
et les ordinateurs portables, le lithium pour- majoritairement du lithium, aujourd’hui :
rait-il devenir le maillon faible du marché de l’Australie, l’Argentine et le Chili, à hauteur de
la mobilité bas carbone ? Nous en sommes 90 %, la Chine et les États-Unis pour les 10 % 1. Le lithium cède facilement un de ses électrons,
une caractéristique essentielle dans la chimie
loin, assurent Emmanuel Hache et Marine restants. Son extraction et sa transformation des batteries. Les batteries Li-ion ont ainsi la
Simoën, économistes à l’IFPEN, co-auteurs sont principalement aux mains de cinq particularité d’avoir une forte densité massique,
du rapport2 sur ce métal, publié en sep- grandes entreprises fournissant en majorité c’est-à-dire de pouvoir restituer une quantité
d’énergie importante par rapport à leur masse.
tembre dernier : « Les réserves mondiales les pays leaders en électronique : la Chine, la 2. Ce rapport est l’un des volets de l’étude E4T
sont estimées à 16 millions de tonnes. Et Corée du Sud, le Japon et les États-Unis. menée en partenariat avec l’ADEME.
Plus d’infos : En savoir plus :
> emmanuel.hache@ifpen.fr > « Quelle criticité du lithium dans un contexte d’électrification du parc automobile mondial ? »
> marine.simoen@ifpen.fr d’Emmanuel Hache, Gondia-Sokhna Seck et Marine Simoën.TEMPS FORT / REGARDS CROISÉS 9
PASCAL HOUSSARD,
DIRECTEUR GÉNÉRAL
ADJOINT DU SYDEV
VENDÉE
MIHAI PETCU,
DIRECTEUR GÉNÉRAL
DE CODA STRATÉGIES
© DR
© DR
LA BONNE RECHARGE AU BON MOMENT :
UNE QUESTION CRUCIALE
L’équipement du territoire en infrastructures de recharge fait partie des leviers essentiels
de l’essor des véhicules électriques particuliers. Comment ? Pour quels usages ?
Analyse et retour d’expériences de deux spécialistes.
Où en est le déploiement envisagions d’en déployer 349. Nous avons économies significatives sur les coûts d’in-
d’infrastructures de recharge en France ? redimensionné notre projet, parce que le vestissement.
Mihai Petcu : D’une manière générale, grâce marché progressait moins vite que prévu,
à différentes politiques de soutien, dont les et que certaines bornes, mal placées, P.H. : Les infrastructures existantes peu uti-
Investissements d’Avenir, la France va dans étaient sous-utilisées. lisées pourraient stimuler leur fréquenta-
le bon sens. L’Europe fixe le ratio d’un point tion grâce à des services de type
de charge pour 10 véhicules, le nôtre est de Quelles réponses peut-on apporter ? autopartage. Pour financer les bornes les
1 pour 5,7 véhicules. Mais la couverture ter- M.P. : En zone urbaine, on peut imaginer plus puissantes, des opérateurs privés
ritoriale reste inégale et les dispositifs pas des hubs de charge rapide, comme des apparaissent.
toujours adaptés aux différents usages. stations-service, pour les recharges du quo-
Pour les trajets domicile-travail, les plus tidien, des équipements dans les garages En conclusion ?
courants, la recharge à domicile suffit collectifs et la voirie. Pour ces infrastruc- P.H. : Il faut s’adapter sans se précipiter, et
généralement. Mais il faut trouver des solu- tures en voirie, la tendance, par exemple, en installer les points de charge au bon
tions pour les 12 millions de logements qui Norvège et aux Pays-Bas, est d’en installer endroit : surtout pas au bord d’une route
n’en disposent pas, parce qu’ils se situent à la demande. passante, dangereuse pour les enfants, ou
en habitat collectif et/ou parce qu’ils n’ont isolée lorsque la recharge est longue…
pas de parking privatif. Pour les courses et P.H. : Nous envisageons ce modèle en Ven- Attention aussi aux tarifs de la charge : la
les déplacements en ville, des bornes de dée, en multipliant les points de recharge majorité des conducteurs de véhicules
puissance moyenne sont utiles en centre- avec des puissances moyennes. Nous cher- électriques cherchent à faire des écono-
bourg ou sur les parkings des enseignes chons aussi à réduire les coûts en tirant mies de fonctionnement. Ils y sont très sen-
commerciales. parti des multiples points de raccordement sibles.
à l’éclairage public.
Pascal Houssard : La quantité n’est en effet M.P. : Il est important de rassurer l’utilisa-
pas le seul critère à prendre en compte. M.P. : En France, le parc total avoisine teur potentiel tout en trouvant des modèles
L’emplacement et la puissance des infra 10 millions d’unités. Sous certaines condi- économiques et des partenariats perti-
structures jouent aussi. En Vendée, nous tions, une partie limitée pourrait servir de nents. Là encore, nous sommes globale-
disposons de 95 bornes. En 2014, nous support aux points de recharge, avec des ment sur la bonne voie.
Plus d’infos : En savoir plus :
> p.houssard@sydev-vendee.fr > L’étude IRVE sur les infrastructures de recharge, réalisée par l’État et l’ADEME avec Coda Stratégies
> mihai.petcu@codastrategies.com10 TEMPS FORT / REPORTAGE N O 119 • OCTOBRE 2018
MOBILITÉ : DES SPÉCIFICITÉS
LOCALES QUI CHANGENT TOUT
© DR
© DR
© DR
CAPACITÉ GLOBALE DES COMMUNES DE PACA TAUX DE PÉNÉTRATION DU VÉHICULE ÉLECTRIQUE
À ADHÉRER À LA MOBILITÉ ÉLECTRIQUE - BATTERIE DANS LES ALPES-MARITIMES
Les principaux centres urbains de la région se rangent dans la classe ayant En région PACA, le taux moyen de pénétration du véhicule électrique a été
le potentiel d’adhésion à la mobilité électrique le plus bas. Cela s’explique de 1,33 %, en 2017, de 1,5 % dans les Alpes-Maritimes. Mais les écarts sont
par des scores faibles ou médiocres dans la facilité de la recharge, en raison importants entre les communes, notamment entre celles de la zone littorale,
de la structure du bâti, essentiellement collectif. Avec un fort taux de maisons et celles de l’arrière-pays. La présence de bornes de recharge n’a pas de lien
individuelles et des revenus élevés, leurs périphéries, en revanche, ont un systématique avec la vente de ces véhicules, certains propriétaires n’utilisant
potentiel très important. que la recharge à domicile.
Développé en région PACA, construire un système expert, capable de DES LOGIQUES SPATIALES
le projet Catimini démontre faire ressortir les tendances locales, à QUI ÉMERGENT
l’importance de la prise en compte l’échelle de la région comme de la com- L’exercice a permis d’identifier, par com-
mune, et de mettre en évidence les obsta- mune ou à une échelle plus grande, sous
du territoire dans la politique de cles à surmonter. forme de cartes, la possibilité d’un territoire
déploiement des infrastructures à aller vers l’une ou l’autre mobilité propre.
de recharge. UN FAISCEAU DE VARIABLES Il permet ainsi d’identifier des ressem-
Baptisé Catimini (pour Capacité des terri- blances de comportement entre zones simi-
toires à intégrer la mobilité innovante) et laires et… de battre en brèches plusieurs
Tous les territoires offrent-ils la même capa- financé par l’appel à projets de recherche idées reçues. « On constate par exemple
cité à répondre aux politiques publiques de Énergie durable de l’ADEME de 2016, le pro- que certaines stations de ski, anticipant les
réductions des émissions de CO2 et à adhé- gramme a d’abord consisté à recenser les changements de comportement des vacan-
rer aux innovations en matière de mobilité variables de chaque commune, accessibles ciers, se sont bien équipées en bornes élec-
électrique ou hydrogène ? Certainement en open data, y compris l’existence d’éner- triques, explique Christine Voiron. Mais aussi
pas, affirme Christine Voiron, professeure gies renouvelables mobilisables. En paral- que les grandes villes et les centres urbains
de géographie, chercheuse au sein de l’unité lèle, les chercheurs ont établi une base de sont moins bien positionnés que leurs cou-
ESPACE1 du CNRS et de l’université Nice- connaissances, avec l’aide d’une dizaine ronnes, à cause de la structure de leur habi-
Sophia-Antipolis : « Rarement prise en d’experts : constructeurs, syndicats d’éner- tat, essentiellement collectif, et du niveau de
compte par les analyses, toute une série de gie, associations d’usagers, collectivités… vie moyen plus faible de leurs habitants. »
variables influence leurs comportements : « Nous voulions comprendre comment les Un dernier volet de l’étude, à l’échelle plus
organisation spatiale, relief, prédominance variables interfèrent les unes avec les autres fine des quartiers, sera finalisé d’ici à la fin
du rural ou de l’urbain, nature de l’habitat, et le poids de chacune dans différents scé- de l’année.
individuel ou collectif… » En s’appuyant sur narios, afin d’établir des “verdicts” : une
l’exemple de la région PACA, en collabora- forte facilité de recharge pour l’usager, par
tion avec le laboratoire EIFER, l’équipe de exemple, pour telle variable avec tel scéna- 1. Étude des structures, des processus
l’unité ESPACE s’est donc attachée à rio… », détaille Christine Voiron. d’adaptation et des changements de l’espace.
Plus d’infos :
> christine.voiron@unice.frTEMPS FORT / AVIS D’EXPERT 11
VERS UNE RECHARGE
INTELLIGENTE
Dans le futur, il sera possible de recharger de plus en plus de véhicules
électriques, à condition de maîtriser les moments où cette activité
se déroule. C’est le rôle de la recharge intelligente.
© DR
MATTHIEU L’essor des véhicules électriques s’accom- km1, cette opération, après une journée
MEFFLET-PIPEREL pagnera d’une hausse de la consommation d’utilisation, prend une à deux heures sur
INGÉNIEUR - SERVICE d’électricité. Si la France est capable d’ab- une prise classique. Vite amortis grâce aux
TRANSPORTS ET MOBILITÉ sorber cet accroissement, compensé en économies réalisées sur l’abonnement et le
À L’ADEME partie par d’autres économies, elle peut en coût de l’électricité, les boîtiers de recharge
revanche, se trouver confrontée à des pics domestiques (wallbox) permettent de
de demande difficiles à gérer, aux heures de recharger plus rapidement qu’une prise
pointe. Pour la majorité des conducteurs, le classique (7 kW au lieu de 3,7 kW) et
réflexe naturel est de brancher sa voiture à offrent également cette possibilité. Le
sa borne, en fin d’après-midi, quand chacun second permet de moduler la puissance de
rentre du travail, met en marche le lave- charge pour l’adapter aux contraintes du
linge, allume le four...D’où l’intérêt des réseau électrique et/ou pour optimiser l’uti-
bornes « intelligentes » permettant de lisation d’énergies renouvelables. Bien
moduler judicieusement les flux d’énergie. adaptée aux flottes d’entreprises, cette
Ces équipements sont de différents types. solution lisse l’appel de puissance en fonc-
Le premier, basique mais méconnu, consiste tion des heures creuses. Si les flottes sont
à décaler le temps de la recharge aux importantes ou si les prises se situent dans
heures creuses, grâce à un simple program- un immeuble collectif, il peut s‘avérer néces-
mateur, d’ailleurs présent dans certains saire de redimensionner le point de livraison
ordinateurs de bord. Le déplacement quo- d’électricité ou d’en créer un nouveau. En
tidien domicile-travail moyen étant de 35,4 répartissant mieux les horaires et les puis-
sances de charge, les bornes intelligentes
évitent ces frais supplémentaires.
Plus complexe, le troisième niveau
TROIS PROJETS INTELLIGENTS réside dans le « Vehicule-to-grid »,
ACCOMPAGNÉS PAR LE PROGRAMME « Vehicule-to-building » ou « Vehicule-to-
home ». Le principe : permettre au véhicule
INVESTISSEMENTS D’AVENIR branché de refournir son électricité en stock
au réseau – où à l’immeuble, à la maison …
Infini Drive : un projet pilote destiné notamment à – où il est connecté, lorsque le réseau est
développer un logiciel de gestion de flottes, contraint. Le flux s’inverse quand la puis-
sance est disponible ou que les énergies
communiquant avec le véhicule, la borne et le réseau
renouvelables sont fortement produites.
pour améliorer la performance d’exploitation. Outre cette réduction des contraintes
BienVenu : une initiative collaborative dédiée aux imposées au réseau, ce dispositif pourrait
immeubles collectifs. Elle propose un outil de gestion permettre de rémunérer les propriétaires
intelligente de la recharge, capable de prendre en compte des véhicules. Des expérimentations sont
en cours en France, au Danemark, aux Pays-
les contraintes du bâtiment.
Bas, aux États-Unis ou au Japon.
Eco2charge : un programme qui vise à mutualiser
la production, la consommation et les capacités de
stockage stationnaire de l’énergie, au sein des bâtiments 1. En excluant les déplacements des personnes
tertiaires, des campus et des éco-quartiers. habitant et travaillant dans la même commune.
Plus d’infos :
> matthieu.mefflet-piperel@ademe.frFAITS ET CHIFFRES
12 N O 119 • OCTOBRE 2018
FA I TS E T CHIFFRES
LES COMPTEURS LINKY
60 MILLIONS Fin 2017
de compteurs communicants
Mi-2018
12 MILLIONS
en France sous le nom
électriques en Europe. de Linky. Objectif :
remplacement des
35 millions de compteurs
700 MILLIONS planifié jusqu’en 2021*.
dans le monde.
DES BÉNÉFICES POUR DES BÉNÉFICES
LES CONSOMMATEURS COLLECTIFS
MAÎTRISE DE SA CONSOMMATION
ET DE SA FACTURE • Des données agrégées,
permettant aux collectivités
• Accès à l’historique détaillé de locales de suivre plus
ses consommations. précisément les politiques
• Facturation sur la consommation énergétiques.
réelle du mois, abonnement plus
adapté (vérification de la puissance • La production d'électricité
souscrite, possibilité de souscrire photovoltaïque résidentielle
des paliers de 1 kVA) et des tarifs facilitée : le compteur
plus avantageux (par exemple sur peut mesurer l’électricité
les heures creuses). consommée mais aussi
l’électricité produite.
ÉCONOMIES D’ÉNERGIE
• Meilleur suivi de sa consommation : • Des émissions de CO2 évitées.
jusqu’à 8 % d’économies en moyenne
et 10 % pour les gros consommateurs.
LA PÉDAGOGIE
POUR CONCRÉTISER
CES BÉNÉFICES
© Antoine Dagan
• Des économies d’énergie grâce à • Un rôle à jouer par chaque acteur
un accompagnement des particuliers du système énergétique, notamment
par les conseillers FAIRE. les collectivités locales.
* Le remplacement des compteurs est obligatoire et réalisé par les gestionnaires de réseaux de distribution.
Pour en savoir + : presse.ademe.fr/wp-content/uploads/2018/09/Avis-de-lademe_Compteurs-communiquants_Septembre2018.pdf
Avec le fil d’actu, suivez l’info par courriel en vous inscrivant sur :
www.ademe.fr/ademeetvous-abonnementTERRAIN
13
T ERR A IN
OÙ ?
À Châteaulin (29)
POURQUOI ?
Pour alimenter en énergie la ville de
Châteaulin
QUAND ?
Inaugurée en mai 2018
QUELS PARTENAIRES ?
© Pascal LÉOPOLD
ADEME, Agence de l’Eau Loire
Bretagne, conseil départemental du
Finistère, Banque Populaire Grand
Ouest, Crédit Coopératif et Arkéa
Banque Entreprises et Institutionnels
ÉNERGIE
UNE CENTRALE BIOGAZ
À CHÂTEAULIN
Inaugurée en mai dernier, la centrale biométhane de Kastellin,
soutenue par l’ADEME dans le cadre du plan Biogaz1, est chargée
d’approvisionner la ville de Châteaulin (Finistère) et ses 6 100 habitants.
À Châteaulin, sur une superficie de 3 lysé avant chaque campagne d’épan-
hectares, la centrale du groupe Vol-V
biomasse, développeur de projet de 4 060
TONNES DE CO2 ÉVITÉES,
dage par Vol-V.
La centrale biométhane de Kastellin par-
méthanisation, est le premier site d’injec- ticipe ainsi à une meilleure valorisation
SOIT LES ÉMISSIONS ANNUELLES
tion de bioméhane dans le réseau de DE 2 000 VOITURES NEUVES des déchets organiques produits sur le
transport de GRTgaz en Bretagne. territoire et au recyclage local des élé-
L’ADEME a financé à hauteur de ments fertilisants. Au total, l’émission de
900 000 euros ce projet, dont l’objectif dehors de la production de biométhane, 4 060 tonnes de CO 2 sera évitée chaque
de production est de 2 250 000 m 3 de l’unité Vol-V produit aussi un fertilisant année, ce qui correspond aux émissions
biométhane, soit 22 GWh/an. La nouvelle organique riche en azote, appelé diges- annuelles de 2 000 voitures neuves.
centrale peut ainsi, chaque année, valo- tat. Celui-ci sera épandu sur les quelque
riser 30 000 tonnes de déchets orga- 2 000 hectares des 45 agriculteurs
niques, composées essentiellement de locaux partenaires de l’opération, leur 1. Soutenu par l’ADEME et les régions Bretagne
lisier, fumier et déchets végétaux, dont permettant d’économiser sur l’achat et Pays de la Loire depuis 2007, le plan Biogaz
vise l’émergence de projets de méthanisation
60 % de substrats d’origine agricole et d’engrais minéral tout en optimisant la agricole ou multi-partenariale en codigestion,
35 % d’origine agro-industrielle. En fertilisation avec un produit qui sera ana- insérés dans leur territoire.
Plus d’infos :
> claire.schio@ademe.fr14 TERRAIN N O 119 • OCTOBRE 2018
OÙ ?
Usine Nestlé de Dieppe
POURQUOI ?
Pour répondre aux objectifs de réduction
de la consommation énergétique du
groupe Nestlé
QUAND ?
L’échangeur de récupération est en
service depuis l’été 2017
QUELS PARTENAIRES ?
Nestlé France et l’ADEME
© DR
RÉCUPÉRATION DE L’ÉNERGIE FATALE
L’USINE NESTLÉ DE DIEPPE RENFORCE
SON AUTONOMIE ÉNERGÉTIQUE
Valorisation de l’énergie fatale, retraitement des déchets et chaudière biomasse : en diminuant
son empreinte écologique, l’usine de Dieppe, en Normandie, fait également des économies
d’énergie.
En 2010, le groupe Nestlé a pris des enga-
gements ambitieux en matière de perfor- 60 % de l’ADEME nous a permis de diminuer le
temps de retour sur investissement d’envi-
mance environnementale et prévoyait de DE RÉDUCTION ron dix mois », explique Minh-Hiep Nguyen,
réduire de 35 % ses émissions de CO2, de DES ÉMISSIONS DE CO2 chef de projets énergie chez Nestlé France.
DEPUIS 2016 AVEC LA CHAUDIÈRE
valoriser 100 % de ses déchets et de réduire
BIOMASSE
sa consommation d’eau de 35 %. Avec ... ET DES DÉCHETS
l’aide de l’ADEME, l’usine de Dieppe a mis Depuis juin 2016, l’usine de Dieppe a égale-
en place un système de récupération de la Nestlé France a donc réalisé un audit éner- ment réduit de 60 % ses émissions de CO2,
chaleur ainsi qu’une chaudière biomasse gétique afin de constituer un dossier de en mettant en œuvre une chaudière bio-
afin de renforcer son autonomie énergé- demande d’aide auprès de l’ADEME, dans masse utilisant comme combustible le
tique. le cadre d’un appel à projets de l’ADEME marc de café et le bois. Grâce à cette tech-
Normandie. L’objectif : valoriser cette éner- nique, l’usine a totalement abandonné sa
RÉCUPÉRATION DE L’ÉNERGIE gie fatale afin de réduire sa consommation consommation de charbon, réduisant ainsi
FATALE… énergétique. En décembre 2016, un échan- considérablement son empreinte écolo-
De nombreuses activités de production geur de récupération d’une puissance de gique. Le marc de café était déjà utilisé
génèrent nécessairement de la chaleur et 400 kW a été installé dans l’usine, avant depuis une vingtaine d’années, dans une
donc de l’énergie, habituellement perdue. d’être mis en service à l’été 2017. Il récupère optique de retraitement des déchets. La
C’est le cas de la tour d’atomisation de 2500 kWh par an, qui sont réintroduits dans capacité de cette chaudière s’élève à 28 T/h
l’usine de Dieppe, qui intervient dans la une boucle d’eau, utilisée pour le fonction- et produit l’intégralité de l’énergie néces-
fabrication des produits Nescafé. En 2015, nement des installations de l’usine. « L’aide saire à l’usine.
Plus d’infos : En savoir plus :
> eddy.poitrat@ademe.fr > www.youtube.com/watch?v=2RK5k6EUQGITERRAIN 15
DÉVELOPPEMENT DURABLE
DOMOFRANCE S’ATTAQUE AUX ÉMISSIONS DE GES
En 2016, Domofrance a reçu avec l’ALEC (Agence locale
la certification ISO 50001 sur de l’énergie et du climat) afin de
le management de l’énergie, une déployer des expérimentations
norme internationale en faveur en Gironde sur la maîtrise de
d’une gestion responsable l’énergie.
de l’énergie. Depuis, elle a En droite ligne avec ses
notamment adopté une série engagements RSE, Domofrance
de mesures phares telles que : s’inscrit également pleinement au
• la rénovation énergétique sein de la transition énergétique
de 4 000 logements d’ici à 2023 des territoires en participant à de
© Paul Robin
et la rénovation énergétique grands projets d’aménagement
des logements classés E, F et G ; de quartiers durables, avec par
• l’optimisation du suivi de la exemple la mise en place d’un
L’atrium de la résidence En Nouvelle-Aquitaine, consommation des chaufferies système de chauffage innovant
Blanqui, à Bordeaux,
a été conçu de manière Domofrance, acteur majeur du patrimoine collectif par 100 % écologique au sein de
à créer un espace inter- du logement social et filiale le déploiement d’un plan de l’éco-quartier Les Portes du Pyla
climatique, permettant
une optimisation d’Action Logement Immobilier, comptage énergie ; ou une expérimentation de smart
de l’aération et • le déploiement des énergies grids multi-énergies au cœur de
du chauffage des
s’est engagé en faveur de la
logements. transition énergétique avec renouvelables dans la l’îlot Amédée Saint-Germain, à
l’objectif d’améliorer, d’ici à conception de ses résidences ; Bordeaux. En décembre 2017,
2023, de 15 % la performance • le déploiement en test, dès la certification a été renouvelée,
énergétique de son parc HLM, 2018, de thermostats intelligents confirmant les engagements de
et de faire baisser ainsi par l’instrumentalisation de l’entreprise.
la facture énergétique de 500 logements ; Plus d’infos :
ses locataires. • la signature d’une convention > eric.aufaure@ademe.fr
COUP DE COEUR
UNE SCULPTURE POUR DÉNONCER LA DÉRIVE CONSUMÉRISTE
Le 17 septembre, à l’occasion de C’est aussi une parabole du
l’inauguration des nouveaux locaux du réchauffement climatique.
site parisien de l’ADEME à Montrouge, Cet ours a chaud ! Il est également vêtu
une création artistique représentant d’une carapace censée le protéger.
un ours, réalisé à partir de déchets
plastiques, a été installée dans Quels matériaux avez-vous utilisés
l’espace coworking. Entretien avec son pour la réaliser ?
auteur, le sculpteur Gilles Cenazandotti. Ma palette est composée des
innombrables plastiques que
Cette sculpture répond-elle à une je récolte dans les rochers, près
commande précise de l’ADEME des plages, où personne ne va.
ou aviez-vous carte blanche ? Ce sont les emprunts d’un voyage
L’ADEME a été touchée par mon travail en mer qui a commencé sur Terre.
et ma liberté artistique, qui permettent C’est l’ensemble de ces histoires qui
de sensibiliser le grand public aux en fait la matière.
problématiques environnementales.
J’ai donc eu la possibilité de casser les Quels messages véhicule-t-elle ?
codes avec mon esthétique singulière. C’est l’étonnement d’une rencontre
improbable et pourtant réelle.
Que représente-t-elle précisément ? Une interrogation sur cette réalité
Elle dénonce notre dérive consumériste affirmée de la dérive des objets
© DR
qui touche des espèces menacées. du quotidien.
En savoir plus :
> gilles-cenazandotti.com16 KIOSQUE N O 119 • OCTOBRE 2018
K IOSQUE
P U B L IC AT IO N S ademe.fr/publications
F O R M AT IO N S
L’INFORMATION SUR LES SOLS EN FRANCE :
QUELS OUTILS DISPONIBLES POUR QUELLES UTILISATIONS Les énergies renouvelables
citoyennes
Piloté par l’Association pour la Relance Les modules de formation sur les projets
citoyens d’énergie renouvelable proposés
Agronomique en Alsace avec le soutien de
par l’association Énergie Partagée
l’ADEME, ce document fournit aux utilisateurs s’adressent à un large public (collectivités,
potentiels des bases de données « sols » élus, structures d’accompagnement
et un large éventail des utilisations possibles. des projets, porteurs de projets…).
Il reprend de nombreux témoignages Des webinaires gratuits sont également
disponibles et accessibles librement
d’acteurs. et contribue à la prise en compte
sur simple inscription.
des sols dans les décisions d’aménagement https://energie-partagee.org/outils/
ou de gestion agricole environnementale. formations/
À télécharger gratuitement sur
www.ademe.fr/linformation-sols-france
Le MOOC “Devenir référent
énergie : les fondamentaux”
L’objectif de ce MOOC est de se
DÉCHIFFRER LES ÉTIQUETTES ACHATS
familiariser avec les différents systèmes
ENVIRONNEMENTALES énergétiques, avant d’identifier des pistes
d’améliorations pouvant être mises
Septembre 2018
en œuvre dans une entreprise. Il s’adresse
DÉCHIFFRER à tous et est piloté par l’Association
Certains biens et produits doivent obligatoirement LES ÉTIQUETTES
ENVIRONNEMENTALES technique énergie environnement (ATEE)
porter une étiquette signalant leurs impacts Des étiquettes environne en partenariat avec l’ADEME, et financé
mentales réglementaires
environnementaux (consommation d’énergie, d’eau,
permettent aux consomma (donc obligatoires)
par les certificats d’économies d’énergie.
teurs de comparer les produits
catégories en indiquant de différentes
leur niveau d’impact en
consommation d’énergie matière de
ou d’eau, d’émissions polluantes
effet de serre, de pollution ou de gaz à
émissions de CO2, de polluants, etc.). Il existe plusieurs www.fun-mooc.fr/courses/course-
sonore… Décryptage.
BON À SAVOIR
Les mesures des consommation SOMMAIRE
s
v1:ademe+135001+session01/about
des produits figurant sur
l’étiquette
Les étiquettes énergie
types d’étiquettes : les étiquettes énergie pour
énergie sont réalisées en
laboratoire sous des conditions pour l’équipement de la
Réfrigérateurs, congélateurs maison . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p.2
type (normalisées). De façon et appareils combinés .
générale, la consommation
réelle
Caves à vin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .......................
.......................
. . . . . . . . . p.3
.......................
d’énergie dépend des conditions Lave-vaisselle . . . . . . . . . . . . . . . . . .......................
.......................
.......................
. . . . . . . . . . . . . . . . . . p.3
d’utilisation du produit. .......................
.......................
Lave-linge . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .......................
l’équipement de la maison et pour les appareils de
.......................
....................... . . . . . . . . . . . . . . . . . . p.4
.......................
POUR ALLER PLUS LOIN Sèche-linge . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .......................
.......................
. . . . . . . . . . . . . . . . . . p.4
.......................
Le site www.guidetopten.fr Fours électriques ou à gaz .......................
.......................
propose .......................
. . . . . . . . . . . . . . . . . . p.5
au consommateur une sélection .......................
produits (électro-ménag de Hottes de cuisine . . . . . . . . . . .......................
.......................
.......................
. . . . . . . . . . . . p.6
.......................
er, .......................
téléviseurs, matériel informatique, Lampes et luminaires . . .......................
.......................
. . . . . . . . . . . . . . . . . . p.6
.......................
chauffage, d’eau chaude sanitaire et de climatisation ;
lampes, voitures) plus respectueux Téléviseurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .......................
.......................
.......................
. . . . . . . . . . . . . . . . . . p.7
de l’environnement. On .......................
.......................
comparer leur efficacité
peut y Aspirateurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .......................
.......................
. . . . . . . . . . . . . . . . . . p.8
.......................
énergétique .......................
.......................
et leurs performances
Renseignements par courriel :
.......................
.................. p.8
environnementales.
Les étiquettes énergie
pour les appareils
de chauffage, d’eau chaude
et les étiquettes environnementales pour l’habitat
sanitaire et de climatisati
> Inscription.formation@ademe.fr
Les chauffe-eau . . . . . . . . . . . . . . on . . . . . . . . . . . . . . . . . . p.9
.......................
.......................
Les ballons d’eau chaude .......................
.......................
. . . . . . . . . . . . . . . . p.10
.......................
Les installations de production .......................
.......................
.......................
. . . . . . . . . . . . p.11
d’eau chaude sanitaire .
Les chaudières gaz, fioul,
Retrouvez toute l’offre de formation de
.......................
. p.11
mais aussi pour les transports.
.......................
électriques et à micro-cogén
Les pompes à chaleur (PAC) ération . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
....................... . . . . p.12
Les installations de chauffage .......................
l’ADEME sur www.formations.ademe.fr
.......................
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.......................
.......................
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Les climatiseurs monoblocs .......................
.......................
. . . p.14
.......................
Les climatiseurs utilisant .......................
.......................
. . . . . . p.15
d’autres technologies . . . .......................
À télécharger gratuitement sur www.ademe.fr/
.......................
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.......................
dechiffrer-etiquettes-environnementales
Déchiffrer les étiquettes
environnementales
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M A N I F E S TAT IO N S D E L’A D E M E
DU 11 AU 12 OCTOBRE
R E N D E Z-V O U S S U R L E S I T E I N T E R N E T D E L’A D E M E ! 1er Bootcamp de la transition
écologique, énergétique et
Retrouvez sur www.ademe.fr la version en ligne du magazine économique dans les territoires
ADEME & Vous, la Lettre internationale, les lettres Recherche Lieu : Valbonne
et Stratégie. Organisateur : ADEME, CSTB (Centre
scientifique et technique du bâtiment),
LETTRE INTERNATIONALE NO 46 Mines Paris Tech (Écoles des mines
Le Plan Climat en France : point d’étape de Paris), SKEMA Business School,
Village by CA.
LETTRE RECHERCHE NO 24 Tarif : 50 €, tarif réduit pour les start-up
Le chauffage au bois, un enjeu dans la transition 30 €, gratuit pour les étudiants.
énergétique et écologique
Retrouvez toutes les manifestations sur
LETTRE STRATÉGIE NO 56 www.ademe.fr/manifestations
La transition énergétique, un levier pour le Avec le fil d’actu, suivez l’info par
développement économique et les emplois locaux courriel en vous inscrivant sur
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20, avenue de Grésillé BP 90406 – 49004 Angers CEDEX 01
Directrice de la publication Valérie Martin – Rédactrice en chef Catherine Séguin-Jacques – Photo de couverture
iStock – Conception et réalisation Citizen Press – Réf. 010377 – Octobre 2018 – ISSN 1957-1992 (imprimé) – ISSN
1955-2742 (en ligne) – Imprimé par Imprimerie Vincent sur papier Reprint 40 % pâte FSC/60 % pâte recyclée, avec des
encres végétales.Vous pouvez aussi lire