Bilan Actions Climat et ESG - Année 2016
←
→
Transcription du contenu de la page
Si votre navigateur ne rend pas la page correctement, lisez s'il vous plaît le contenu de la page ci-dessous
SOMMAIRE
Le cadre
1.1 La Feuille de route (2016-2020) de la mandature 5
Une mise en œuvre pragmatique
et progressive de la Feuille de route
2.1 Investir et mesurer 7
2.2 S’engager 25
2.3 Financer 33
2.4 Communiquer 35
2.5 Quel impact ? 37
2.6 Un portefeuille 100 % ISR 38
2.7 Perspectives 40
3BILAN ACTION CLIMAT ET ESG
Le
cadre
L’engagement de l’Ircantec s’inscrit dans une démarche globale d’investisseur responsable,
une démarche qui s’est structurée autour de textes « fondateurs » qui posent le cadre de
référence :
La charte ISR,
La politique de vote.
La feuille de route votée à l’unanimité par le conseil d’administration du 5 avril 2016 place
l’intégration des enjeux climatiques au cœur de cette démarche globale. Cette Feuille de
route entend structurer la mission de la mandature (2016-2020) ; elle vise notamment à :
renforcer la démarche d’investisseur responsable ;
s’inscrire dans une trajectoire d’investissement compatible avec un scénario 2°C en intégrant
l’enjeu climatique dans les placements et en finançant la transition vers une économie bas
carbone, en cohérence avec les engagements nationaux et internationaux de limitation du
réchauffement climatique.
4BILAN ACTION CLIMAT ET ESG
1.1 La Feuille de route (2016-2020) de la mandature
Cette feuille de route structure l’action de l’Ircantec autour des axes suivants :
Investir et mesurer Financer
Prendre en compte la Transition Énergétique L’Ircantec répond aux enjeux climatiques en
et Écologique (« TEE ») dès l’allocation renforçant la dynamique de financement des
d’actifs entreprises et des projets développant des
Ceci implique notamment d’intégrer cette solutions en faveur de la TEE. Ainsi :
dimension dans l’ensemble de la chaine • Les investissements dans les obligations
d’investissement et ceci dès le modèle vertes sont considérés comme une classe
d’allocation afin que les investissements d’actifs distincte afin d’assurer un suivi
s’inscrivent dans une trajectoire compatible
quantitatif et qualitatif
avec un scénario 2°C.
• La performance énergétique des bâtiments
Prendre en compte les enjeux climatiques du portefeuille immobilier est pilotée dans
dans l’ensemble du portefeuille une démarche de progrès continu
Faire évoluer la charte ISR en intégrant • L’Ircantec investit dans des fonds
notamment les enjeux climatiques. spécifiquement dédiés au financement de
Parallèlement, afin de renforcer l’approche la TEE.
TEE dans tous les placements, un travail
de mise à jour de la Charte ISR de l’Ircantec Communiquer
est programmé en 2017 et se nourrira des Développer la transparence et la pédagogie
différentes initiatives et travaux de l’Ircantec sur l’impact des investissements
effectués sur la période 2015-2016. Conformément à l’article 173 de la loi
relative à la transition énergétique pour la
Mesurer et rendre compte
croissance verte et à son décret d’application,
Conformément aux engagements pris en 2015, l’Ircantec publie dans son rapport annuel
l’Ircantec mesure et publie annuellement 2016 les actions mises en œuvre en faveur
l’empreinte carbone de ses portefeuilles d’une économie plus sobre en carbone. Le
avec pour objectif de la réduire à terme. rapport annuel 2015 intégrait déjà, à titre
Par ailleurs, l’Ircantec évalue également expérimental, des informations relatives aux
son exposition aux valeurs charbon et aux
nouvelles obligations légales.
énergies fossiles. Son conseil d’administration
a voté la réduction des investissements dans Le régime développe également sa
le secteur du charbon en septembre 2016. communication auprès de ses pairs et
La mesure de l’empreinte carbone étant une affiliés, notamment grâce à ses différentes
démarche évolutive, l’Ircantec contribue à publications. En adoptant une démarche
l’émergence de nouvelles méthodologies en participative et apprenante avec tous les
collaborant avec ses sociétés de gestion et acteurs de la chaîne d’investissement
avec les acteurs experts de la Place afin de (administrateurs, pairs, employeurs,
développer une évaluation plus fiable et plus bénéficiaires, recherche, gestion), l’Ircantec
complète. renforce sa capacité à innover et à influencer
son écosystème.
S’engager
L’engagement de l’Ircantec en tant Se former pour accompagner la prise de
qu’investisseur responsable s’articule autour décision
des 4 axes suivants : Les administrateurs de l’Ircantec sont
• Renforcer l’exercice des droits de vote également accompagnés pour appréhender
les évolutions réglementaires impactant
• Renforcer le dialogue avec les entreprises la gestion financière et extra-financière du
• Renforcer la coopération avec des pairs régime, comme la loi pour une République
investisseurs numérique ou la loi relative à la Transition
• Contribuer aux réflexions de Place et aux énergétique pour la croissance verte.
évolutions méthodologiques
5BILAN ACTION CLIMAT ET ESG
Une mise
en œuvre
pragmatique
et
progressive
de la Feuille
de route
6BILAN ACTION CLIMAT ET ESG
2.1 Investir et mesurer
Prendre en compte la TEE dès l’allocation d’actifs
Des premiers travaux ont été effectués dans le cadre de la mission d’audit du modèle d’allocation
stratégique par Mercer en utilisant leur méthodologie TRIP afin d’évaluer quel pouvait être
l’impact du changement climatique sur les rendements. Cet exercice a souligné l’importance de
travailler au niveau sectoriel.
Parallèlement, l’alignement du portefeuille de l’Ircantec par rapport à un objectif 2°C a été évalué
selon la méthode de 2° Investment Initiative. Le périmètre de cette analyse dans l’état du modèle
utilisé ne concerne que les actions et se concentre sur les secteurs et technologies ayant un fort
impact climatique (26 % du portefeuille, mais 70 à 90 % de l’empreinte carbone des actions).
Alignement projeté du portefeuille Ircantec 2020 avec le scénario 2°C
IRCANTEC PORTFOLIO
Over exposure vs. 2°C benchmarck (in %)
2°C MISALIGNMENT IN %
Ircantec
Renewables 20,9 %
)
folio zation
i
Electric Power
rt tal Hydro 49,1 %
po api
tc Nuclear -14,3 %
m t in
ke
d in igh
ar
Gas 9,1 %
e
(meas tive w
Coal -26,1 %
ure
Rela
Ircantec
Light Automotive
Under exposure vs. Electric -87,4 %
2°C benchmark (in%) Hybrid -82,4 %
ICE 25 %
Ircantec
Gas production 73,6 %
Fossil Fuels
Oil production 54,5 %
Coal production -89,9 %
7BILAN ACTION CLIMAT ET ESG
Évolution du Portefeuille Ircantec en capacité énergétique
issue des énergies renouvelables par rapport au benchmark 2°C
Minimum Capacity
required in a 2°C scenario
Total Renewables Capacity (MW)
Current capacity + planned
30 additions in the Ircantec portfolio
20 4,5MW over exposed to the
2°C renewable benchmark
10
0
2015 2020 2025
Year
Source : 2ii, based on GlobalData an IEA
Évolution du Portefeuille Ircantec en capacité énergétique
issue du charbon par rapport au benchmark 2°C
Maximum capacity
allowed in a 2°C scenario
Total Coal Power Capacity (MW)
30
7,5 MW under exposed to the
20 2°C coal power benchmark
Current capacity + planned
10 additions in the Ircantec portfolio
0
2015 2020 2025
Year
Source : 2ii, based on GlobalData an IEA
8BILAN ACTION CLIMAT ET ESG
Ces différentes méthodologies sont naturellement en cours d’élaboration et sont donc amenées
à s’affiner au cours du temps. Malgré le caractère partiel de leur évaluation du portefeuille de
l’Ircantec, leur utilisation permet néanmoins de progresser vers une meilleure compréhension
des impacts potentiels du changement climatique sur les placements financiers du régime.
L’Ircantec a ainsi déjà structuré son action pour inscrire ses investissements dans une trajectoire
d’investissement compatible avec un scénario 2°C :
Comptabilité des investissements avec un scénario 2°C
Limiter Privilégier les Exclure Financer
l’exposition au meilleures pratiques les pratiques la transition
risque Carbonne et les apporteurs à risque énergétique
de solutions
TIFS COM
N D’AC PA
IO TIB
AT
LE
OC
TE
ALL
E
TRAJECTOIRE
D’INVESTISSEMENT
COMPATIBLE
SCÉNARIO 2°C
Prendre en compte les enjeux climatiques dans l’ensemble du portefeuille
En 2015, l’Ircantec a travaillé en collaboration avec Allianz GI afin de prendre en compte les enjeux
climatiques au même titre que les facteurs ESG dans l’orientation de gestion d’un FCP actions.
En 2016, le régime collabore avec d’autres gérants sur des classes d’actifs plus larges dans la
même optique.
Ces différents travaux nourrissent la réflexion sur l’évolution de la charte ISR de l’Ircantec qui
devra prendre en compte les enjeux climatiques, non pas comme une simple extrapolation
de la dimension « E », mais comme un sujet à part entière. Conformément à son approche
pragmatique et progressive, l’Ircantec collabore avec ses parties prenantes afin de tester
différentes méthodologies. Le but recherché est une meilleure intégration de cette dimension,
maximisant ainsi l’impact tout en préservant la diversification de son portefeuille. Ce mode
collaboratif permet de mixer les approches quantitatives et analytiques.
9BILAN ACTION CLIMAT ET ESG
COMMENT RENDRE COMPATIBLE L’OBJECTIF DE RENDEMENT
ET LA DIMENSION CLIMAT ?
UN PORTEFEUILLE DE TRANSITION VERS UNE ÉCONOMIE
BAS CARBONE
L’Ircantec a pour première responsabilité de sécuriser le versement des retraites. C’est pourquoi
la politique de placement de ses réserves vise à optimiser le rendement sur le long terme dans
la limite des risques acceptés par l’institution. Afin d’évaluer la compatibilité entre le respect de
ses objectifs de rendement et sa volonté d’inscrire ses investissements dans un scenario 2°C,
l’Ircantec a interrogé les différentes sociétés de gestion qui gèrent ses actifs.
A l’issue de ce processus, le régime a décidé de lancer une initiative en collaboration avec
Allianz GI qui gère pour son compte un portefeuille actions de l’ordre de 1 milliard d’euros. Il a
demandé à cette société de gestion de réorienter sa stratégie d’investissement qui garde pour
objectif de surperformer un indice standard de marché sur le moyen terme, et vise à :
• protéger la valeur des investissements du portefeuille, en réduisant son exposition au risque
carbone, notamment par la maitrise de l’empreinte carbone et par un système d’exclusions
ciblées des pratiques à risque,
• accompagner la transition vers une économie bas-carbone et en saisir les opportunités en
intégrant l’impact « climat » des sociétés dans la sélection de valeurs. Le régime privilégie
notamment les sociétés qui montrent les meilleures pratiques ou des dynamiques de progrès
pour s’aligner avec les objectifs de la transition (best practice ou best effort) et celles dont
les activités, produits ou services offrent des solutions pour développer une économie bas
carbone (best solution).
BEST BEST BEST
PERFORMER EFFORT SOLUTION
Sociétés les moins émettrices Sociétés montrant des efforts Sociétés dont les activités, produits
en carbone par rapport à leurs notables pour réduire leurs ou services permettent une
pairs compte tenu d’indicateurs émissions de gaz à effet de serre réduction des émissions de gaz
spécifiques pertinents à l’industrie à effets de serre d’autres acteurs
Objectif : Objectif : Objectif :
Valoriser les bonnes pratiques dans Privilégier les acteurs qui montrent Privilégier les acteurs offrant
chaque secteur des dynamiques de des solutions pour une économie
progrès dans leur performance sobre en carbone
climat
La sélection de titres est alimentée par l’analyse combinée de plusieurs dimensions en
fonction de l’exposition des différentes industries aux enjeux du changement climatique et de
la transition énergétique. La méthodologie s’inscrit dans une logique de transition en vue de
s’inscrire dans une trajectoire vers une économie bas carbone.
Le portefeuille au 31 décembre 2016 a une intensité carbone 10 % inférieure à celle de décembre
2015 qui était 39 % inférieure au portefeuille initial, et une performance financière en 2016 de
+0,47 % par rapport à son indice de référence.
10BILAN ACTION CLIMAT ET ESG
Mesurer
➢L’empreinte carbone
Conformément aux engagements pris en 2015, notamment avec la signature du Montréal
Carbon Pledge, et en anticipation de la loi relative à la transition énergétique, l’Ircantec a pour la
première fois en 2015 mesuré et rendu publique l’empreinte carbone de son portefeuille Actions
au 31 décembre 2014. Avec un résultat de 450 kg équivalent CO2 pour 1 000 euros investis1,
l’Ircantec a fixé un premier jalon dans sa démarche de suivi des émissions de CO2 résultant de
ses investissements.
Pour l’analyse du portefeuille au 31 décembre 2015 et au 31 décembre 2016, trois conseils ont été
sélectionnés pour la qualité de leur offre et la diversité de leurs approches : Carbone 4, Grizzly
et Trucost. Cette approche combinée visait à tirer le meilleur des différentes méthodologies
utilisées sur la Place pour obtenir des résultats qui permettent de préparer au mieux les décisions
ultérieures.
Le périmètre de l’étude recouvrait le portefeuille Actions et Obligations d’entreprises à fin 2016,
soit 4,5 Mds d’euros et environ 46 % des investissements de l’Ircantec.
Chacun des conseils a utilisé sa propre approche méthodologique de mesure de l’empreinte
carbone tant dans les méthodes de calcul que dans les périmètres d’analyse des émissions
(le scope). Les résultats diffèrent d’un conseil à l’autre. C’est une illustration de la diversité des
approches. Si l’interprétation des données et des résultats doit s’effectuer avec prudence, des
tendances communes apparaissent néanmoins : le portefeuille Ircantec présente une empreinte
carbone plus faible que son indice de comparaison entre 22 % et 24 %.
Émissions de CO2 (en Kg)
Grizzly Carbonne4 Trucost
pour 1 000 € investis
Ircantec 180 155 169
Indice de comparaison 237 204 217
Écart -24 % -24 % -22 %
La différence d’intensité carbone entre le portefeuille de l’Ircantec et le benchmark n’est pas
uniquement due à une réallocation sectorielle. L’effet sectoriel est en réalité très réduit. Sur les
émissions induites, l’intensité moyenne des secteurs est plus faible sur le portefeuille de l’Ircantec
que sur le benchmark. Cela traduit un choix d’entreprises plus performantes sur leurs émissions
et se recoupe avec la répartition des notes globales du portefeuille. Cet écart positif s’explique
essentiellement par la sélection des titres au sein de chaque secteur. Dans les secteurs les
plus émetteurs de CO2 (Service aux collectivités, Bâtiment et matériaux de construction, Biens
et Services industriels), l’Ircantec investit déjà dans des titres globalement moins intenses en
carbone.
1 Portefeuille de 2,4 Md€ au 31/12/2014, soit 1/3 des investissements à cette date, scope 1 et 2
11BILAN ACTION CLIMAT ET ESG
Un effet sélection de valeurs important
200
Faibles contributeur
Eau/Dechet
150
tCO2/M€ev
Agri-Agro Foret Papier
Bâtiment
100 Industrie lourde
Transport
50 Producteurs d’équipement
Mines
Énergie
0
16
g
lle
k
ar
in
20
ie
ck
hm
or
c
pi
ct
nc
te
k
se
an
Be
c
to
Irc
n
s
io
et
e
tit
ill
Eff
ar
u
p
fe
ré
te
et
r
Po
Source : Carbone4
Eff
Une trajectoire carbone bien orientée
L’empreinte carbone de l’Ircantec diminue environ de 7 % entre 2015 et 2016, contre une baisse
de 5 % pour l’indice de référence sur la même période. Cette baisse s’explique par deux facteurs :
54 % provient d’un effet de stock picking (une sélection d’entreprises moins émettrices au sein
d’un même secteur), 46 % provient d’une évolution de la répartition sectorielle.
L’Ircantec ne cherche pas à réduire son empreinte carbone de manière significative à court terme ;
il privilégie plutôt les investissements dans les entreprises engagées pour réduire leurs émissions
de CO2 et celles développant des solutions et des services pour une économie plus sobre en
carbone. Ainsi le ratio d’impact carbone calculé par Carbone 4 (CIR2, Carbon Impact Ratio), est
de 0,156 pour le portefeuille de l’Ircantec, soit 41 % plus haut que son indice de référence. Ce
ratio permet d’identifier la part du portefeuille investie dans des entreprises qui ont amélioré
l’efficacité du carbone de leurs opérations, ainsi que des entreprises qui vendent des produits
et des solutions conduisant à une réduction des émissions de GES au cours de leur cycle de vie.
2 Le taux d’impact carbone est le rapport des émissions évitées aux émissions induites.
12BILAN ACTION CLIMAT ET ESG
L’Ircantec a choisi de mesurer son empreinte carbone en utilisant 3 prestataires différents
afin de mieux analyser l’exposition de son portefeuille « entreprises » (actions et obligations
d’entreprises) au risque carbone, les méthodologies sur les autres classes d’actifs étant encore
en cours de construction.
Les résultats diffèrent d’un conseil à l’autre ; c’est une illustration de la diversité des approches :
• dans les méthodes de calcul,
• dans les périmètres d’analyse des émissions (le scope).
L’intérêt du choix de retenir trois prestataires pour la mesure de l’empreinte carbone réside
notamment dans la nécessité de pallier les faiblesses que les différentes méthodologies
peuvent comporter. L’empreinte carbone constituant une mesure des émissions à un instant
T, celle-ci doit notamment être couplée à une évaluation de la dynamique de réduction des
émissions carbone dans une optique prospective. C’est dans cette optique de complémentarité
que l’alignement du portefeuille de l’Ircantec par rapport à un objectif 2°C a été évalué selon la
méthode de l’association 2° Investment Initiative (2°ii), comme décrit précédemment.
C’est en toute conscience des écueils méthodologiques que l’Ircantec se voit conforté dans
sa démarche pragmatique et progressive, intégrant plusieurs outils complémentaires. Les
améliorations méthodologiques que la mesure de l’empreinte carbone a connues depuis
deux ans sont telles qu’il est permis de penser que nous connaîtrons dans les années à venir
des avancées permettant de mieux mesurer et d’appréhender les enjeux climatiques d’un
portefeuille.
Les 3 prestataires sont donc arrivés aux résultats suivants3 :
Comptabilité des investissements avec un scénario 2°C
TRUCOST
PTF Indice de %
Méthodologie Écart Scope
Ircantec référence PTF analysé
Méthode revenus (KGCO2e/EUR
267 344 -22,3 %
1 000 de CA) Scope 1 et 2
95 %
Méthode par million investi et fournisseurs directs Scope 3
169 217 -22,0 %
(KGCO2e/EUR 1 000 investi)
GRIZZLY
PTF Indice de %
Méthodologie Écart Scope
Ircantec référence PTF analysé
Intensité valeur d’entreprise
180 237 -24,1 % Scope 1 et 2 ainsi que le Scope 3
(KGCO2e/EUR 1 000 investi)
96 % usage pour le secteur
Intensité chiffre d’affaires automobile
230 292 -21,3 %
(KGCO2e/EUR 1 000 de CA)
CARBONE 4
Indice de %
Méthodologie PTF Ircantec Écart Scope
référence PTF analysé
Entreprises à fort enjeux :
Émissions induites scope
155 204 -24,0 % 91 % Scope 1, 2, et 3 ;
1, 2 et 3 en teqCO2/M€
Scope 1 et 2 pour les autres
3 Benchmark : Indice composite MSCI EMU, MSCI World ex EMU, Barclays Euro Aggregate.
13BILAN ACTION CLIMAT ET ESG
Sur ce périmètre, la répartition géographique des investissements est la suivante :
Portefeuille Entreprises (actions et obligations d’entreprises)
50 %
40 %
30 %
20 %
10 %
0%
s s
nce ag
ne -Ba Un
is
Ita
lie
ag
ne
tag
ne
bo
urg gique lande uisse nd
e
tre
Fra l em Pays ats- Esp e Bre e m B el Ir S F inla Au
A l É t x
nd Lu
gra
Les dix principaux émetteurs de gaz à effet de serre en portefeuille représentent près de 45 % des
émissions financées par le portefeuille pour seulement 7,8 % du poids, selon Trucost.
Sans ces dix entreprises, l’empreinte carbone du portefeuille par millier d’euros de revenus
s’améliorerait de 34,6 %.
Ces valeurs sont essentiellement présentes dans les services aux collectivités, la construction, la
chimie, les ressources de base ou l’énergie. Que l’analyse porte sur un périmètre scope 1 & 2 ou
qu’elle inclue une dimension plus large, il apparait que les émissions carbone sont concentrées
sur un nombre réduit de valeurs.
Outre le fait que leurs services ou produits sont nécessaires à l’économie, il est intéressant de
constater que certaines de ces valeurs participent également à la transition énergétique et
écologique en ayant un chiffre d’affaire « verts »4 important par rapport à leur chiffre d’affaires
total. C’est le cas de Veolia Environnement SA, deuxième contributeur en termes d’empreinte
carbone, ou d’Enel et Iberdrola, ou même HeidelbergCement AG.
Il est également important de souligner que, selon la méthodologie utilisée, la liste des plus
gros contributeurs à l’empreinte carbone peut différer. Si l’on retrouve les mêmes valeurs liées
à la construction, la chimie, les ressources de base ou l’énergie dans les premières valeurs
contributrices à l’empreinte carbone selon Grizzly5, les valeurs « automobile » telles que Peugeot
ou Renault sont très présentes. Ainsi, selon cette méthodologie, le secteur automobile serait
le 3e contributeur devant la construction et le secteur pétrolier.
4 Suivant la taxonomie de Trucost.
5 Scope 1 et 2 ainsi que le scope 3 usage pour le secteur automobile.
140
1
10
100
1 000
10 000
Basic Ressources
Utilities
Average of VA CI
Automobiles & Parts
Construction & Materials
Oil & Gas
Chemicals
Average of Sales CI
Travel & Leisure
Foods & Beverage
Real Estate
Retail
Performances Sectorielles 2016
Industrial Goods & Services
Average of MV CI
Telecommunication
Technology
Personnal & Household Goods
Health Care
Average of EV CI
Media
Financial Services (Supersector)
Banks
Insurance
15
Average of TLSC CI
BILAN ACTION CLIMAT ET ESGBILAN ACTION CLIMAT ET ESG
C’est la poche obligations qui affiche la meilleure performance relative au benchmark, par millier
d’euros investi.
Empreinte carbone du portefeuille consolidé et performance
relative au benchmark, méthodologie par millier investi
- 5%
250 227,98 217,16
- 7%
200 182,15
169,28
150
100
Une intensité carbone du portefeuille
50 consolidé 22 % inférieure à son indice de
référence en 2016. La baisse entre 2015
0 Portefeuille Benchmark et 2016 est évaluée à 7 %, contre 5 % pour
2015 2016 l’indice de référence.
Intensité carbone de la poche actions et du benchmark par année,
méthodologie par millier investi
- 5%
250 - 7% 227,98 217,16
200,33
200 186,81
(KgCO2e/EUR/1 000)
150
Intensité carbone
100
50
Une intensité carbone sur la poche action de
0 -14 % par rapport à son indice de référence
Poche Actions Benchmark
(émissions directes et fournisseurs de
2015 2016 premier rang).
Intensité carbone de la poche obligations et du benchmark par année,
méthodologie par millier investi
- 5%
250 227,98 217,16
200
(KgCO2e/EUR/1 000)
- 11%
140,08
150
Intensité carbone
124,59
100
50
L’intensité carbone sur la poche obligation
0 est de -43 % par rapport au benchmark
Poche Obligations Benchmark
agrégé (MSCI EMU, MSCI ex EMU, Barclays
2015 2016 Euro Aggregate).
Source Trucost
16BILAN ACTION CLIMAT ET ESG
En termes de trajectoire, la dynamique du portefeuille de l’Ircantec se compare également
favorablement à son indice de référence sur la période 2010-2016. Les valeurs en portefeuille ont
d’ailleurs une dynamique positive en termes d’amélioration générale de l’intensité carbone du
chiffre d’affaires depuis 2010, portée à la fois par une amélioration de la croissance et l’amélioration
de la performance carbone pure des sociétés.
Portfolio Trajectory 2010-2025
120
100
80
60
40
20
0
2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025
Portfolio Carbon Intensity (Real) Portfolio Carbon Intensity Target (2010: Base 100)
Prolonged (Real) Prolonged (Target)
Linéaire (Portfolio Carbon Intensity (Real)) Linéaire (Portfolio Carbon Intensity Target (2010 : Base 100))
Linéaire (Prolonged (Real))
Source Grizzly (calculé en termes de d’intensité carbone du chiffre d’affaires)
Le dilemme fondamental pour tout investisseur, dès lors qu’il n’est pas dans une logique
ni d’exclusion pure, ni thématique, est de savoir s’il veut réduire son empreinte en se retirant
des secteurs très fortement émetteurs, et donc jouer sur l’effet d’allocation sectorielle, ou s’il
souhaite privilégier les choix intra-sectoriels, sachant que les secteurs fortement émetteurs
seront souvent ceux où les régulations sur les enjeux climatiques peuvent créer à la fois le plus
de risques et… d’opportunités.
Cet effet de levier est permis en restant investi dans des valeurs et des secteurs « à enjeux » qui,
malgré leur empreinte carbone élevée, permettent un impact plus fort dans la transition vers
une économie bas carbone (et non d’un portefeuille bas carbone), notamment via l’engagement
auprès des émetteurs de ces secteurs.
En cohérence avec la volonté de l’Ircantec d’inscrire la gestion de l’ensemble de ses réserves
dans une trajectoire d’investissement compatible avec un scénario 2°C, et donc d’investir pour
une économie plus sobre en carbone, le portefeuille « entreprises » de l’Ircantec est surexposé
en valeurs ayant une contribution positive à la transition énergétique.
17BILAN ACTION CLIMAT ET ESG
Distribution of global ratings
1,06 1,47
% %
7,13 7,74
% %
Incompatible
Contribution limitée
13,40 18,43
% %
Faible contribution
Le portefeuille de l’Ircantec
Contribution significative détient une plus grande
7,30 proportion d’entreprises
% 6,38
ayant une contribution forte
% Forte contribution
et significative pour limiter
4,54 3,95 le réchauffement climatique
% % et favoriser la transition
énergétique.
Portefeuille Benchmark
Ircantec
L’exposition au charbon
Le conseil d’administration de l’Ircantec a voté en septembre 2016 le désinvestissement des
valeurs « charbon ». Les critères d’exclusion sont :
Pour les entreprises minières, exclusion de toute entreprise dont le chiffre d’affaire lié au
charbon représente plus de 1 % de la part de marché global (soit 2 entreprises).
Pour les entreprises productrices d’énergie, exclusion de toute entreprise dont le mix
énergétique lié au charbon est supérieur à 30 % ou dont l’intensité carbone dépasse
500 gCO2/kwh (soit 10 entreprises).
Pour les deux secteurs considérés, le chiffre d’affaires lié au charbon ne devra pas être
supérieur à 20 % au chiffre d’affaires global.
Toutefois, il pourra y avoir un accord au cas par cas, notamment si l’entreprise fait preuve
d’un engagement fort en matière de transition énergétique. Par exemple, une obligation
verte (GreenBond) émise par une entreprise répondant aux critères de désinvestissement
peut être souscrite dès lors qu’elle permet une amélioration du mix énergétique de l’activité.
Ce désinvestissement s’accompagne d’une démarche d’engagement et de vigilance.
46 M€ ont été désinvestis sur 18 valeurs en Europe et à l’international. Parmi ces valeurs, 12 ont été
totalement désinvesties (AGL Energy Ltd, Anglo American, EDP finance BV, Endesa SA, Glencore
Plc, Origin Energy, Pinnacle West , Southern Co, Teck Cominco Ltd, The AES Corp, Uniper, Xcel
Energy Inc). 6 valeurs étaient « à la frontière » et ont été désinvesties par certaines sociétés de
gestion mais pas par d’autres. Cette différence d’analyse s’explique par deux raisons. La première
est la différence de date de référence pour l’analyse des activités des sociétés.
18BILAN ACTION CLIMAT ET ESG
En effet, des valeurs comme BHP Billiton Plc, E.On SE, Enel Spa et SSE Plc ont modifié leur portefeuille
d’activités en 2016, notamment pour baisser fortement leur propre exposition au charbon. Ainsi,
selon que l’analyse de l’exposition charbon a été réalisée en utilisant des données publiées au
31 décembre 2015 ou en utilisant les dernières données disponibles, les sociétés de gestion se
sont désinvesties ou non. Une autre raison expliquant la différence d’analyse réside dans les
sources utilisées, ce qui fut le cas pour National Grid et Rio Tinto.
L’exposition aux énergies fossiles
Les activités liées aux énergies fossiles représentent une part moins importante du poids et des
revenus du portefeuille consolidé en comparaison avec l’indice de référence.
Exposition aux énergies fossiles
9% 1 800
Émissions potencielle (tCO2/EUR 1 000)
8% 1 600
7% 1 400
6% 1 200
5% 1 000
4% 800
3% 600
2% 400
1% 200
0% 0
Poche actions Poche obligations Portefeuille composite Benchmark
Poids des énergies fossiles % des revenus dérivés des énergies fossiles Émissions potentielles
19BILAN ACTION CLIMAT ET ESG
L’exposition du portefeuille consolidé aux énergies fossiles est inférieure à celle du benchmark
sur tous les indicateurs et en baisse comparée à 2015.
Émissions potentielles en portefeuille et dans le benchmark composite
(tCO2/EURm)
Benchmark 2015 2 221,04
Benchmark 2016 1 642,85
Portefeuille consolidé 2015 2 258,10
Portefeuille consolidé 2016 1 343,20
0 500 1 000 1 500 2 000 2 500
Source Trucost
Le portefeuille consolidé présente donc une intensité en émissions futures inférieure à celle
de l’indice de référence et finance donc, en moyenne, moins d’émissions futures liées à la
combustion des réserves fossiles.
Les principaux risques « carbone » du portefeuille de l’Ircantec résident dans :
Udévaluation
ne exposition aux « actifs échoués » ou « stranded assets » (actifs qui font face à une
potentielle due aux enjeux de la TEE, comme la valorisation des réserves
d’énergie fossile). Les principaux contributeurs en termes d’émissions futures financées par
le portefeuille consolidé sont :
Émissions futures
Ratio émissions futures
attribuables au Types Valeur détenue
Entreprise par million investi (EURM)
portefeuille de réserves
(tonnes/eurom)
(OOOTCO2)
Rio Tinto Ltd. 29,76 5,06 Charbon/pétrole/gaz 0,17
BP Plc 26,34 119,58 Pétrole/gaz 4,54
BHP Billiton Ltd. 19,95 26,54 Charbon/pétrole/gaz 1,33
Eni SpA 9,48 164,54 Pétrole/gaz 17,35
Statoil ASA 9,31 72,63 Pétrole/gaz 7,80
Repsol SA 6,63 102,16 Pétrole/gaz 15,42
Total SA 4,00 485,44 Pétrole/gaz 121,30
Marathon Oil Corp. 3,05 9,22 Pétrole/gaz 3,02
BASF SE 1,59 47,97 Pétrole/gaz 30,26
Royal Dutch Shell Plc 0,64 12,44 Pétrole/gaz 19,36
20BILAN ACTION CLIMAT ET ESG
L45es%dix principaux émetteurs de gaz à effet de serre en portefeuille représentent près de
des émissions financées par le portefeuille pour seulement 7,8 % du poids.
Sans ces dix entreprises, l’empreinte carbone du portefeuille par millier d’euros de revenus
s’améliorerait de 34,6 %.
Contribution
Intensité carbone Poids Poids àl’empreinte
Rang Entreprise Secteur en dans le Part
(kgCO2e/€ 1 000) portefeuille carbonedu verte
benchmark
portefeuille
1 ENGIE SA Utilities 2 528,70 0,76 % 0,51 % -9,80 % 13 %
Veolia Environnement
2 Utilities 1 709,67 0,65 % 0,22 % -5,19 % 93 %
SA
HeidelbergCement Construction
3 2 467,74 0,22 % 0,25 % -2,95 % 17 %
AG & Materials
4 Enel SpA Utilities 1 191,90 0,47 % 0,60 % -2,66 % 72 %
5 Air Liquide SA Chemicals 429,74 1,28 % 0,87 % -2,65 % 0%
6 Iberdrola SA Utilities 495,51 1,18 % 0,63 % -2,58 % 40 %
7 Solvay SA Chemicals 920,37 0,54 % 0,16 % -2,39 % 0%
8 ArcelorMittal SA Basic Ressources 6 201,16 0,07 % 0,24 % -2,29 % 0%
9 Total SA Oil & Gas 489,10 2,61 % 2,07 % -2,20 % 0%
Babcock International Industrial Goods
10 34,53 0,03 % 0,00 % -1,93 % 0%
Groupe Plc & Services
Quelles perspectives pour la mesure ?
La mesure de l’empreinte carbone étant une démarche évolutive, l’Ircantec contribue à
l’émergence de nouvelles méthodologies en collaborant et en favorisant le dialogue entre ses
sociétés de gestion et les acteurs experts de la Place.
21BILAN ACTION CLIMAT ET ESG
LES PRINCIPAUX ENSEIGNEMENTS
DE LA CONFÉRENCE DU 4 OCTOBRE
CONFÉRENCE
2016, ORGANISÉE PAR L’IRCANTEC
04 SUR LA MESURE DE L’EMPREINTE
OCT
MESURER L’EMPREINTE CARBONE
du portefeuille d’investisseurs institutionnels
2016 CARBONE :
Les réponses aux questions que vous vous posez
L’Ircantec s’est engagée, dès 2014, à évaluer les émissions de gaz à effet de serre indirectes
générées par les entreprises dans lesquelles elle détient des actions. Le régime fait partie des
L’ensemble des intervenants se sont accordés sur les
pionniers qui, en tant que signataire du Montréal Carbon Pledge se sont lancés dans un défi
méthodologique sans précédent.
constatations suivantes :
En France, les investisseurs institutionnels y sont encouragés par l’article 173 de la loi pour la
transition énergétique et la croissance verte.
C’est pourquoi l’Ircantec organise, dans le cadre du fil vert de la Semaine de la finance I) L’empreinte carbone mesure les émissions à un moment
donné. Il est important de prendre également en compte
responsable, une après-midi d’échanges autour des méthodologies de mesure d’empreinte
carbone en deux temps :
• Première partie : confrontations méthodologiques entre quatre spécialistes de la mesure de la dynamique de réduction des émissions carbone,
l’empreinte carbone : Carbone 4 (J.Y. Wilmotte - manager), Grizzly (V. Lucas-Leclin - président
analyste fondateur), Trucost (J.F. Helfre - responsable du développement France), 2 Degrees notamment dans une optique prospective, comme l’a
Investing Initiative (S. Dupré - directeur éxecutif).
• Seconde partie : discussion entre signataires du Montréal Carbon Pledge autour des pratiques montré A. Faller de CPR AM dans sa présentation.
de mesure et de leurs choix méthodologiques : CPR (A. Faller - directeur des investissements),
Allianz Gl (M.S. Connan - analyste ESG senior, spécialiste du secteur énergie), Mirova (H. Guez -
II)
Il faut relier l’empreinte à la trajectoire, donc au
directeur de la recherche), Pictet AM (E. Borremans - expert en investissement durable).
budget disponible d’ici 2050. Cependant les scénarii long
Les débats seront animés par A.C. Husson-Traoré, directrice générale de Novethic.
S’inscrire Horaire & Lieu Accès
termes ne sont pas stabilisés et évoluent à mesure que la
connaissance de ces sujets s’affine. De plus, passer d’une
Accès libre sur inscription
préalable jusqu’au 30/09/16
De 15h à 19h
dimension micro-économique, au niveau de l’entreprise
Caisse des Dépôts - Paris
Amphithéâtre Bloch Lainé
• Bus 89, quai de la gare
• Métro 6, quai de la gare
• Métro 5,10, gare d’Austerlitz
Cliquer ici ! Paris 13ème
à des scénarios macroéconomiques est potentiellement
2 avenue Pierre Mendès France,
source d’erreurs, comme l’a souligné E. Borremans de
Pictet AM qui est par ailleurs vice-président du IIGCC
(Institutional Investors Group on Climate Change), réseau
de plus de 120 membres, représentant 13 000 Md€ d’actifs, dont le but est de promouvoir une
approche proactive de la gestion des risques et opportunités liés au changement climatique.
III) Le chemin de la transition n’est pas le même pour tous les secteurs. L’intensité carbone de
l’économie définit un chemin propre à chaque secteur, compte–tenu :
d e la croissance économique et la demande
d es avancées technologiques
d es réalités physiques
d es coûts d’investissement et les priorités
Ainsi par exemple, dans les scénarios de l’Agence Internationale de l’Énergie, il est prévu un
effort de baisse des émissions CO2 plus important pour le secteur de la production d’énergie
dans lequel existent des substituts aux productions fortement carbonées. A par rapport à
celui requis pour la production de ciment, pour lequel il n’existe pas à ce jour de substitut
économiquement viable. Cela montre qu’il peut y avoir une différence entre l’empreinte
carbone d’un investissement (le ciment a une empreinte carbone élevée) et la trajectoire 2°C.
Par ailleurs les nomenclatures boursières utilisées ne reflètent pas toujours la réalité des
secteurs économiques « réels » et peuvent être très hétérogènes au regard des enjeux
climatiques.
IV) Le lien entre empreinte carbone et risque financier carbone n’est pas établi. Ainsi
par exemple MS Connan, Analyste Senior chez Allianz AGI, a cité l’exemple des valeurs
parapétrolières. Dans le secteur « pétrole et gaz » des nomenclatures boursières, les
parapétrolières ont une empreinte plus faible que les grandes entreprises. Cependant leur
22BILAN ACTION CLIMAT ET ESG
modèle économique repose uniquement sur l’exploitation des réserves fossiles, alors que les
grandes entreprises pétrolières sont surtout des distributeurs, la grande majorité des réserves
mondiales étant détenues par des compagnies étatiques. Par ailleurs, du fait de leur taille
et de leur capacité d’investissement, ces valeurs peuvent avoir une action sur la transition
énergétique.
V) Les méthodologies ne sont pas matures, et bien qu’en progrès constant, elles sont à ce
stade insuffisantes pour donner une vision exhaustive des risques carbones et climatiques et
de l’alignement d’un portefeuille avec une trajectoire 2°C. C’est pourquoi il est important de
s’inscrire dans une démarche pragmatique et progressive : les améliorations méthodologiques
que ce domaine a connues depuis 2 ans sont telles, qu’il est permis de penser que nous
connaîtrons dans les années à avenir des avancées permettant de mieux mesurer et
appréhender les enjeux climatiques d’un portefeuille.
VI) Enfin, l’innovation financière au service de la transition énergétique existe également,
comme l’a souligné Hervé Guez, directeur de la recherche ISR chez Mirova. Ce fut le cas pour
les obligations vertes, dont la création est récente. D’autres instruments pourront voir le jour
dans le futur pour aider les institutionnels à prendre en compte les enjeux climatiques dans
leurs investissements.
Les limites de la démarche
En cohérence avec sa tradition de pragmatisme et de progressivité, l’Ircantec s’est intéressé aux
différentes méthodologies qui apparaissent pour appréhender l’impact des enjeux climatiques
sur son portefeuille de placement. L’Ircantec a fait appel à 3 cabinets de mesure de l’empreinte
Carbone, qui ont également étudié l’exposition aux énergies fossiles dont l’exposition charbon.
2°ii a également fait un travail d’évaluation de l’adéquation du portefeuille de l’Ircantec avec une
trajectoire 2°C. Enfin, dans le cadre de l’évaluation de son modèle d’allocation d’actifs, l’Ircantec a
utilisé le modèle TRIP de Mercer pour commencer sa réflexion sur le chantier d’une « allocation
d’actifs compatible avec un scénario 2°C », comme son conseil d’administration l’a décidé dans
la feuille de route 2016-2020.
Toutes ces approches ont nourri la réflexion du conseil d’administration, bien qu’elles aient
certaines limites :
Une première limite commune aux différentes approches provient de leur caractère nouveau
et nécessitant à ce titre un temps d’adaptation pour s’approprier les données, leurs différents
biais et incomplétudes, leur signification et leurs subtilités. Comme pour tout travail de
modélisation, il est important d’allier la prudence, la rigueur et la volonté de progresser. Par
ailleurs, toutes ces approches sont des modélisations d’une réalité complexe (la transition
énergétique) dont les implications ne sont pas entièrement connues à ce stade.
L’approche « empreinte carbone » apporte des informations intéressantes mais ne
correspond pas pleinement à la vision de l’Ircantec qui est d’accompagner la transition
vers une économie plus sobre en carbone. D’une part, il est important de prendre en
compte la dynamique de réduction des émissions carbone notamment dans sa dimension
prospective. D’autre part, une trajectoire 2°C n’implique pas le même niveau de baisse des
émissions carbone pour chaque secteur. Par ailleurs, l’empreinte carbone n’a été calculée
à ce stade que sur le portefeuille « entreprises ». Elle ne prend pas en compte dans le
calcul des émissions évitées, les investissements en infrastructures d’énergie renouvelable
et d’efficience énergétique, ni celles des greenbonds.
23BILAN ACTION CLIMAT ET ESG
L’approche d’évaluation de l’adéquation du portefeuille de l’Ircantec avec une trajectoire
2°C effectuée par 2°ii porte uniquement sur certains secteurs de la part actions OCDE des
investissements. Les résultats ne prennent donc pas en compte l’impact des obligations
d’entreprises, des greenbonds ou de la politique d’investissement en infrastructures «
vertes » de l’Ircantec.
L’approche TRIP dessine une première esquisse du chemin à parcourir pour intégrer la
dimension climatique dans les travaux qui déterminent l’allocation stratégique. Cette
approche est riche pour pouvoir nourrir cette réflexion mais n’est pas une approche
d’évaluation d’un portefeuille puisqu’elle repose sur l’allocation sectorielle (uniquement
actions) et non sur les valeurs sélectionnées.
Cependant, chaque approche apporte une analyse sur des aspects complémentaires d’une
réalité complexe et permet au conseil d’administration de l’Ircantec d’avancer dans sa Feuille
de route et de réaffirmer sa volonté d’avoir un portefeuille de placements compatible avec une
trajectoire 2°C.
Ce fut ainsi le cas, par exemple, pour la politique charbon. Le service gestionnaire de l’Ircantec a
travaillé avec les 3 conseils ainsi qu’avec 2°ii afin d’analyser l’exposition charbon du portefeuille. La
confrontation des différentes approches a permis de nourrir la réflexion du conseil d’administration
de l’Ircantec qui a voté la réduction des investissements dans le secteur du charbon en septembre
2016 (critères détaillés p16).
Les limites de la démarche
La feuille de route 2016-2020 se fixe comme orientation d’inscrire la gestion de l’ensemble des
réserves dans une trajectoire d’investissement compatible avec un scénario 2°C. Il s’agit pour
l’Ircantec d’accompagner la transition vers une économie bas-carbone en prenant en compte les
trajectoires sectorielles spécifiques et la réalité des différents actifs. L’Ircantec développe donc
un dialogue avec ses sociétés de gestion sur l’ensemble des classes d’actifs.
La part verte totale du portefeuille6 (stricte + élargie7) est de 14 % contre 12 % pour le benchmark
composite. La part verte stricte du portefeuille (Energies Renouvelables et Alternatives) est de
3,6 %, i.e. supérieure à celle du benchmark (1,8 %).
La part verte du portefeuille consolidé 2016 est supérieure à la part verte du portefeuille consolidé
2015 (12,6 %). Cette amélioration est principalement due aux additionnels investissements dans
les énergies alternatives et renouvelables.
Répartition de la part verte par secteur (%)
35 %
Portfolio Benchark
30 %
25 %
20 %
15 %
10 %
5%
0%
Énergies Énergies Distribution Bâtiment Industrie Transport Technologie Utilisation Gestion des Gestion
renouvelables alternatives de l’énergie des terres déchets et de l’eau
polluants
24BILAN ACTION CLIMAT ET ESG
2.2 S’engager
L’engagement de l’Ircantec en tant qu’investisseur responsable s’articule autour des 4 axes
suivants :
Renforcer l’exercice des droits de vote
Renforcer le dialogue avec les entreprises
Renforcer la coopération avec des pairs investisseurs
Contribuer aux réflexions de Place et aux évolutions méthodologiques
Les enjeux climatiques sont au cœur de la démarche d’engagement de l’Ircantec.
La politique de vote est stucturée en 6 chapitres :
- Gouvernance des sociétés - Approbation des comptes et de la gestion
- Rémunération des dirigeants - Affectation du résultat et gestion des fonds propres
- Droits des actionnaires - Résolutions externes
Féminisation des CA
objectif de 30% de femmes
administratrices (35% pour Rémunération des dirigeants
les sociétés françaises) définition d’un seuil « maximum
socialement tolérable » fixé à
100 fois le salaire minimum
Transparence dans les comptes des
entreprises du secteur financier et
nouvelles technologies. Pour limiter
l’abus d’optimisation fiscale avérée Montant du dividende
définition d’un « dividende
responsable » (avec notamment
un critère de cohésion sociale
Stratégie des entreprises en matière de TEE
où l’évolution du dividende
Volonté d’inciter les entreprises à développer
doit être en cohérence avec
des stratégies de TEE ambitieuses (incluant des
l’évolution de la masse
investissements R&D) avec intégration dans
salariale)
le calcul de rémunération des dirigeants des
indicateurs relatifs à cette stratégie. Le cas
échéant, l’Ircantec s’opposera aux résolutions
d’approbation des comptes, des rémunérations,
de distribution de jetons de présence
et de dividende
6 La part verte se calcule en divisant la somme des chiffres d’affaire « verts » de toutes les entreprises en
portefeuille par la somme du chiffre d’affaires total de ces entreprises, en ajustant chaque titre en fonction de la
part de l’Enterprise Value détenue par l’Ircantec.
7 La part verte « stricte » rassemble toutes les activités à bénéfice environnemental (selon la définition du label
TEEC). La part verte élargie inclue d’autres secteurs susceptibles de proposer des activités vertes mais dont
l’absence de détail sur les activités sous-jacentes empêche la classification dans la première catégorie.
25BILAN ACTION CLIMAT ET ESG
Lors de la campagne de vote 2016, l’Ircantec a fait intégrer l’évaluation de la contribution des
sociétés à la Transition Énergétique et Écologique dans ses Règles de vote. Durant la campagne
2016 d’assemblées générales, les sociétés de gestion mandatées par l’Ircantec se sont donc
vues dans l’obligation de prendre la Transition Énergétique en compte de façon systématique
dans leur exercice des droits de vote liés aux actions détenues pour le compte de l’Ircantec.
Trois thèmes de résolutions étaient concernés par de potentiels rejets au titre d’un manque de
prise en compte de la Transition Énergétique par l’émetteur :
La rémunération des dirigeants
L’approbation des comptes
La distribution de dividendes.
Le manque de prise en compte de la TEE par l’émetteur a engendré un rejet indépendamment
des autres critères habituellement considérés par l’Ircantec.
Intégration TEE dans la politique de vote
Création d’un dispositif de «contrôle de la contribution à la TEE» :
Qualification de la stratégie TEE
(SDG et Proxinvest)
Insuffisance de la contribution
à la TEE
OPPOSITION AUX
RÉSOLUTIONS
Rémunérations Approbation Distribution
des dirigeants des comptes du dividende
26Vous pouvez aussi lire