Creative commons : Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 2.0 France (CC BY-NC-ND 2.0) ...

 
http://portaildoc.univ-lyon1.fr

Creative commons : Paternité - Pas d’Utilisation Commerciale -
     Pas de Modification 2.0 France (CC BY-NC-ND 2.0)

     http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr

                                                               FRANCOIS
                                                        (CC BY-NC-ND 2.0)
INSTITUT DES SCIENCES ET TECHNIQUES DE LA READAPTATION

                                 _____________
                    Directeur Professeur Yves MATILLON

 APPREILLAGE ET SUIVI PROTHETIQUE EN MAISON DE RETRAITE :
 INFLUENCE DES DIFFERENTS ACTEURS DE LA SANTE AUTOUR DE
                     LA PERSONNE MALENTENDANTE.

                     MEMOIRE présenté pour l’obtention du

DIPLOME D’ETAT D’AUDIOPROTHESISTE
                                      Par
                               FRANCOIS - Clélia

Autorisation de reproduction                         LYON, le
                                                     18 Octobre 2013

Pr Lionel COLLET
Responsable Formation Audioprothèse
Gérald KALFOUN                                       N° 556
Directeur Délégué à l’Enseignement

                                                                     FRANCOIS
                                                              (CC BY-NC-ND 2.0)
Président                               Vice-Président CEVU
     Pr. GILLY François-Noël                         M. LALLE Philippe

        Vice-Président CA                             Vice-Président CS
     Pr. BEN HADID Hamda                            Pr. GILLET Germain

                               Secrétaire Général
                               M. HELLEU Alain

                               SECTEUR SANTE

   U.F.R. de Médecine Lyon Est                       U.F.R. d’Odontologie
             Directeur                                    Directeur
      Pr. ETIENNE Jérôme                            Pr. BOURGEOIS Denis

  U.F.R. de Médecine Lyon-Sud              Institut des Sciences Pharmaceutiques
         Charles Mérieux                                 et Biologiques
            Directeur                                       Directrice
     Pr. KIRKORIAN Gilbert                       Pr. VINCIGUERRA Christine

Département de Formation et Centre         Institut des Sciences et Techniques de
de Recherche en Biologie Humaine                        la Réadaptation
             Directeur                                      Directeur
        Pr. FARGE Pierre                             Pr. MATILLON Yves

                                                                          FRANCOIS
                                                                   (CC BY-NC-ND 2.0)
SECTEUR SCIENCES ET TECHNOLOGIES

U.F.R. Des Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives (S.T.A.P.S.)
                                   Directeur
                            M. COLLIGNON Claude

             Institut des Sciences Financières et d’Assurance (I.S.F.A.)
                                      Directeur
                              Pr. AUGROS Jean-Claude

                                     IUFM
                                    Directeur
                               M. BERNARD Régis

                        U.F.R. de Sciences et Technologies
                                     Directeur
                             M. DE MARCHI Fabien

               Ecole Polytechnique Universitaire de Lyon (E.P.U.L.)
                                   Directeur
                             M .FOURNIER Pascal

                                  IUT LYON 1
                                    Directeur
                              M. COULET Christian

         Ecole Supérieure de Chimie Physique Electronique de Lyon (CPE)
                                    Directeur
                              M. PIGNAULT Gérard

                        Observatoire Astronomique de Lyon
                                     Directeur
                            M. GUIDERDONI Bruno

                                                                              FRANCOIS
                                                                       (CC BY-NC-ND 2.0)
REMERCIEMENTS

Ce mémoire est l’aboutissement de cette formation, et je le dois à ces personnes qui

m’ont aidé et soutenu durant ces dernières années.

Je remercie Philippe Bontoux qui m’a fait découvrir le métier et ses différents

aspects.

Merci à M. Kalfoun ainsi qu’à Mmes Sylvie Bayrou, Agnès Bellot et Caroline Révillon

pour leurs précieux conseils pendant le stage de deuxième année, pour leur

convivialité et ce merveilleux travail d’équipe.

Un grand merci, à Géraldine Perrin, ma maitre de stage de 3ème année pour son

soutien et son aide à la construction de ce mémoire. Merci pour sa confiance qui m’a

permis de me lancer dans le monde professionnel avec entrain et passion.

Je tiens également à remercier tous les audioprothésistes, notamment Whitney

Maman, les orthophonistes, les maisons de retraite et leur personnel soignant, les

médecins et les résidents, d’avoir participé à mon étude.

Merci à M. Boulud, pour m’avoir fourni des documents indispensable à mon

mémoire.

Sans oublier ma famille pour leur soutien et leur énorme travail de relecture. A mes

sœurs et mes amis, merci de tout mon cœur.

                                                                             FRANCOIS
                                                                      (CC BY-NC-ND 2.0)
SOMMAIRE

Résumé…………………………………………………………………………. 3

Introduction……………………………………………………………………. 5

Recherches théoriques……………………………………………………… 8

 I-        La personne âgée.................................................................................. 8

       •       Physiologie du vieillissement ou sénescence………………………. 8

                 Effet du vieillissement normal sur l’organisme…………………….. 9

                 Vieillissement pathologique……………………………………..........10

       •       Psychologie de la personne âgée…………………………………….. 12

                 Aspect émotionnel……………………………………………………...12

                 Aspects sociaux……………………………………………………….. 13

 II-       Les structures d’accueil pour personnes âgées………………………… 13

       •       Les hôpitaux gériatriques……………………………………………….15

       •       Foyers d’accueils de jours……………………………………………... 16

       •       Les maisons d'accueils rurales pour personnes âgées (Marpa)….. 16

       •       Les logements-foyers……………………………………………………17

       •       Les résidences services………………………………………………...17

       •       Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes,

               EHPAD…………………………………………………………………….17

                                                        1

                                                                                                        FRANCOIS
                                                                                                 (CC BY-NC-ND 2.0)
Etude de la problématique…………………………………………………..19

  I-        Evaluation de l’audition et de la situation des personnes âgées

            malentendantes admises en maison de retraite………………………...19

        •     Matériels et méthodes…………………………………………………..19

        •     Résultats et analyse……………………………………………………..20

  II-       Implication des coordinateurs, du personnel soignant des maisons de

            retraite ainsi que des audioprothésistes dans la prise en charge

            audioprothétique de la personne résidente malentendante…………… 26

        •     Matériels et méthodes………………………………………………….. 26

        •     Résultats et analyse……………………………………………………. 26

                Implication des Cadres de santé……………………………………. 26

                Implication du Personnel soignant………………………………….. 28

                Implication des Orthophonistes…………………………………….... 31

                Implication des Médecins coordinateurs………………………….…33

                Implication des Audioprothésistes……………………………………34

Discussion ……………………………………………………………………………...40

        •     Utilité de l’appareillage en maison de retraite……………………….. 40

        •     Situation actuelle en institution………………………………………... 42

        •     Solutions envisageables……………………………………………….. 44

        •     Les limites de l’étude…………………………………………………….47

Conclusion……………………………………………………………………………...48

Annexes………………………………………………………………………....50

Bibliographie…………………………………………………………………....58

                                        2

                                                                         FRANCOIS
                                                                  (CC BY-NC-ND 2.0)
Résumé

Aujourd’hui, 10% de la population des plus de 75 ans et près de 25% des personnes

de plus de 85 ans vivent en maison de retraite. Les patients admis sont entourés

d’une équipe pluridisciplinaire qui tend à répondre au mieux à leurs nouveaux

besoins. Mais cette prise en charge est-elle complète ?

Le dépistage des pertes d’audition ne fait pas partie des examens de la consultation

d’entrée. Les médecins coordinateurs ainsi que les cadres de santé ne sont pas

sensibilisés à la presbyacousie. Le résultat est, que peu de solutions sont mises en

place pour favoriser l’accès des résidents à l’appareillage. De plus, ces milieux sont

quelque peu désertés par les audioprothésistes qui rencontrent des obstacles à

l’appareillage et au suivi prothétique (rapports compliqués avec les familles et le

personnel, mauvais entretien des appareils, perte et casse). Pourtant la majorité des

cadres et du personnel soignant des structures médicalisées rencontre des difficultés

avec les personnes malentendantes, pour la dispense des soins ou pour la gestion

des appareils dont l’utilisation est généralement méconnue. Mais nous savons que

les aides auditives ont un intérêt grandissant en maison de retraite, plus encore que

de maintenir la compréhension et de faire régresser l’isolement et le repli social, elles

permettent de lutter contre les retentissements cognitifs associés à la surdité

(désafférentations). Il est ainsi démontré que le risque de développer une démence

est presque 2,5 fois plus important chez les sujets malentendants de plus de 75 ans.

Mais ces constats alarmants seraient à nuancer. En effet, nous avons constaté que

83% des sujets interrogés ne sont pas, ou peu, gênés par leur perte d’audition. Tous

ne croient pas à une amélioration de leur compréhension et à une régression de leur

isolement. Seules la plupart des personnes appareillées ont conscience de leurs

                                           3

                                                                                 FRANCOIS
                                                                          (CC BY-NC-ND 2.0)
problèmes et sont satisfaites de leurs aides auditives. Ce qui nous montre que tous

les résidents n’adhèrent pas à la solution de l’appareillage. Comme le montre une

étude GRAPSanté, le refus ne semble pas être influencé par la sévérité des troubles

auditifs mais augmente plutôt avec la sévérité des démences.

Le but de ce mémoire a été de démontrer que le développement de l’appareillage en

maison de retraite ne peut passer que par une sensibilisation des professionnels de

la santé et des résidents. Alors, nous devrions mettre en place une boucle

d’interactions réciproques entre les familles, le médecin, l’audioprothésiste et si

besoin de l’orthophoniste. Le médecin sensibilisé pourrait orienter vers une

consultation   ORL,    les     familles   prévenues   accompagneraient   l’appareillage,

l’audioprothésiste impliqué se déplacerait pour le suivi prothétique et l’orthophoniste

favoriserait la rééducation.

Pour finir, il semble que cette mission incombe aux audioprothésistes. En effet en

temps que professionnel de l’audition, la prévention n’aura d’impact que si elle est

véhiculée par un professionnel. Ainsi, l’implication grandissante de tous ces

professionnels favorisera l’appareillage en institution, voire même l’appareillage

précoce, et mènera peut-être, vers la fin de l’image négative résiduelle de

l’audioprothèse.

                                              4

                                                                                FRANCOIS
                                                                         (CC BY-NC-ND 2.0)
Introduction

En 2010 les personnes de plus de 75 ans représentaient 8,8% de la population

française métropolitaine, et d’après une étude de l’INSEE(1) (voir figure 1 p.6) cette

proportion aura quasiment doublée en 2050. Il est donc d’actualité de s’interroger sur

les besoins de ces personnes et solutions adoptées par notre société.

En effet, nous gagnons au fur et à mesure des années de vie, mais comment

vieillirons nous ? Nous savons que le chemin sera périlleux et que nous

n’échapperons pas à certaines pathologies et deviendrons peut être dépendants.

Pour répondre à cette demande croissante de prise en charge, il existe des

structures spécialisées pour les personnes âgées dépendantes communément

appelées, maisons de retraite. Aujourd’hui, 10% de la population des plus de 75 ans

et près de 25% des personnes de plus de 85 ans vivent dans ces institutions(2). Les

patients admis sont entourés d’une équipe pluridisciplinaire qui tend à répondre au

mieux à leurs nouveaux besoins. Mais cette prise en charge est-elle complète ?

Certes, certaines pathologies sont très bien prises en charge, les personnes sont

soignées et aidées au quotidien dans la gestion de ces maladies. Mais qu’en est-t-il

de leur audition ? Les troubles auditifs sont-ils dépistés ? Met-on en place des

solutions ? Car finalement, à tout âge, l’audition n’est-elle pas synonyme de vie

sociale ?

Le but de ce mémoire est, dans un premier temps de rappeler les caractéristiques

générales du vieillissement normal et pathologique et de décrire les différentes

institutions spécialisées qui existent en France.

(1) INSEE. Projection de la population pour la France métropolitaine à l’horizon 2050, la population continue de
croître et le vieillissement se poursuit. Insee Première N°1089 - juillet 2006

                                                        5

                                                                                                       FRANCOIS
                                                                                                (CC BY-NC-ND 2.0)
Figure 1 : Évolution de la population de la France métropolitaine de 1950 à 2050
(scénario central de projection)

           Population                                                Solde           Solde
Année           au                                                  naturel        migratoire
                                 Proportion (%) des :
           1er janvier                                                (en             (en
          (en milliers)                                             milliers)       milliers)

                              0-     20-    60-     65   75
                             19      59     64     ans  ans
                             ans     ans    ans    ou + ou +

1950          41 647         30,1    53,7    4,8    11,4     3,8     + 327,8           + 35

1990          56 577         27,8    53,2    5,1    13,9     6,8     + 236,2           + 80

2000          58 796         25,6    53,8    4,6    16,0     7,2     + 243,9           + 70

2005          60 702         24,9    54,3    4,4    16,4     8,0     + 243,5           + 95

2010          62 302         24,3    53,0    6,0    16,7     8,8     + 199,4           + 100

2015          63 728         24,0    51,4    6,2    18,4     9,1     + 163,6           + 100

2020          64 984         23,7    50,1    6,1    20,1     9,1     + 135,3           + 100

2025          66 123         23,1    49,0    6,2    21,7    10,5     + 119,2           + 100

2030          67 204         22,6    48,1    6,1    23,2    12,0     + 111,1           + 100

2035          68 214         22,2    47,2    6,1    24,5    13,3      + 81,7           + 100

2040          69 019         22,1    46,9    5,4    25,6    14,3      + 27,9           + 100

2045          69 563         22,0    46,4    5,8    25,8    15,0      – 13,3           + 100

2050          69 961         21,9    46,2    5,7    26,2    15,6     – 26,4*           + 100

* Chiffre pour l’année 2049. Les projections s’arrêtent au 1er janvier 2050. Le solde naturel de l’année
2050, différence entre les naissances de 2050 et les décès de cette année, n’est donc pas
projeté.Champ : France métropolitaine.Source : Insee, situations démographiques et projections de
population 2005-2050, scénario central.

                                                   6

                                                                                              FRANCOIS
                                                                                       (CC BY-NC-ND 2.0)
La deuxième partie consiste à observer l’audition de personnes âgées résidant en

maison de retraite et d’évaluer leur gêne à ce niveau dans leur vie de tous les jours.

L’implication des différents intervenants est aussi importante, pour le dépistage des

troubles auditifs et leurs prises en charge. Médecins coordinateurs, cadres de santé,

personnel soignant, orthophonistes et audioprothésistes ont accepté de répondre à

nos questions.

Après l’étude de leurs interactions réciproques et une mise en relation avec des

études récentes, nous proposerons des solutions accessibles à notre échelle et

pourrons estimer le travail futur à mettre en place avec ces structures médicalisés,

pour espérons le, optimiser le confort de nos ainés.

(2) Statistique disponible sur http://www.lesmaisonsderetraite.fr (Consulté le 20/01/2013).

                                                        7

                                                                                                     FRANCOIS
                                                                                              (CC BY-NC-ND 2.0)
Recherches théoriques

   I-      La personne âgée.

D’après le Larousse, le vieillissement est l’affaiblissement naturel des facultés

physiques et psychiques du à l'âge. C’est un processus complexe, lent et progressif,

qui implique divers facteurs biologiques, psychologiques et sociaux. Ces facteurs

sont en partie génétique (vieillissement intrinsèque), et en partie liés à l’histoire de

chacun (facteurs externes de vieillissement, acquis ou subis). Chez l’Homme, par

convention, on parle de vieillissement à partir d’un certain âge (l’âge « mûr »), avant

de différencier le 3ème âge (65-89 ans) du 4ème âge ou grand âge (supérieur à 90

ans). De tous ces éléments, il semblerait utile de définir plus en profondeur ce

processus de vieillissement et d’en connaitre les aspects physiologiques et

psychologiques.

   •    Physiologie du vieillissement ou sénescence

Par souci de pertinence, nous ne décrirons dans cette partie que les aspects du

vieillissement auxquels les audioprothésistes sont confrontés et auxquels ils doivent

s’adapter lors d’un appareillage auditif.

Le vieillissement s'accompagne d'une diminution des capacités fonctionnelles de

l'organisme. D'une façon générale, cette altération est la plus manifeste dans les

situations qui mettent en jeu les réserves fonctionnelles (effort, stress, maladies

aigües). Il faut souligner que cette réduction fonctionnelle est très variable d'un

organe à l'autre (vieillissement différentiel inter-organe). De plus, à âge égal,

l'altération d'une fonction donnée varie fortement d'un individu âgé à l'autre

(vieillissement inter-individuel). La population âgée est ainsi caractérisée par une

                                            8

                                                                                FRANCOIS
                                                                         (CC BY-NC-ND 2.0)
grande hétérogénéité. En effet, les conséquences du vieillissement peuvent être très

importantes chez certains sujets âgés et être minimes, voire absentes, chez d'autres

individus du même âge. Nous pouvons donc parler de vieillissement réussi, de

vieillissement usuel et de vieillissement avec maladies.

Effet du vieillissement normal sur l’organisme.

Approche fonctionnelle :

   •   Effet du vieillissement sur le système nerveux : Le vieillissement du système

nerveux central se traduit par une augmentation des temps de réaction et par une

réduction   modérée     des      performances     mnésiques    concernant     notamment

l'acquisition d'informations nouvelles. En revanche, cette réduction, objectivée au

moyen de certains tests, n'est pas à même d'expliquer les troubles de la mémoire

ayant un retentissement sur la vie quotidienne.

   •   Effets sur la fonction circulatoire : l’hypertension artérielle augmente avec l’âge

et l’artériosclérose apparaît.

   •   Effets sur la fonction locomotrice : le vieillissement osseux est caractérisé par

une diminution de la masse osseuse qui débouche sur, le vieillissement articulaire

caractérisé par l’arthrose et le vieillissement musculaire qui entraîne une diminution

de la force musculaire. La répétition d’effort est plus difficile, mais la force et

l’endurance se conservent plus longtemps que la résistance, la vitesse, la souplesse

et la coordination des mouvements.

   •   Effets sur les capacités perceptives : diminution des capacités sensorielles

entraînant l'instabilité de la posture, ainsi qu’une altération de la vue (presbytie,

cataracte, pouvant toutes deux être aujourd'hui résolues par opération dans

beaucoup de cas). L’altération de l’audition se traduit par la presbyacousie, qui est

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                                                                                  FRANCOIS
                                                                           (CC BY-NC-ND 2.0)
une détérioration de l'audition en rapport avec le vieillissement physiologique des

structures auditives périphériques et/ou centrales.

Aspects psychomoteurs :

On constate :

   •     Une atténuation des réflexes au niveau des muscles et des articulations,

   •   Des troubles de l’équilibre en station debout entraînant une démarche moins

assurée,

   •   Des tremblements séniles (tête et membres supérieurs), notamment quand on

passe de l’état de repos à l’action,

   •     Des troubles praxiques (acte volontaire),

   •     Des troubles de la connaissance de son corps, du langage et de l’écriture.

Ces troubles sont souvent les conséquences d’un accident vasculaire cérébral

(AVC).

Vieillissement pathologique.

Certaines maladies ou syndromes dont la fréquence augmente avec l’âge ont

longtemps été confondus avec l’expression du vieillissement.

Il en est ainsi : de l’insuffisance cardiaque, longtemps considérée comme le témoin

du vieillissement cardiaque, de l’athérosclérose comme celui du vieillissement

artériel, de l’incontinence vésicale comme la conséquence du vieillissement urinaire

et de la maladie d’Alzheimer à début tardif comme l’expression du vieillissement

cérébral.

En fait, on sait aujourd’hui que ces troubles sont en rapport avec des processus

pathologiques, certes très fréquents chez les personnes âgées, mais non

                                            10

                                                                                FRANCOIS
                                                                         (CC BY-NC-ND 2.0)
obligatoires. La maladie d’Alzheimer représente la cause la plus courante de

démence et serait à l’origine de 60-70% des cas.

La démence, en générale, est l’une des causes principales de handicap et de

dépendance parmi les personnes âgées dans le monde. C’est un syndrome, souvent

chronique ou évolutif, dans lequel on observe une altération des fonctions cognitives

plus importante que celle que l’on pourrait attendre du vieillissement normal. La

démence touche différemment chaque personne atteinte, selon les effets de la

maladie et la personnalité d’origine du patient. Les signes et les symptômes liés à la

démence peuvent être classés en trois stades :

   •   Stade    initial :   il   passe   souvent   inaperçu,   la   maladie    apparaissant

graduellement. Les symptômes courants sont notamment : avoir tendance à oublier,

perdre conscience du temps et se perdre dans des endroits familiers.

   • Stade intermédiaire : à mesure que la démence progresse vers le stade

intermédiaire, les signes et les symptômes se précisent et deviennent plus visibles.

Le malade peut entre autres : oublier les événements récents et le nom des gens, se

perdre à la maison, avoir plus de difficultés à communiquer, nécessiter de l’aide pour

les soins d’hygiène personnelle, présenter des changements de comportement, par

exemple errer ou répéter les mêmes questions.

   • Dernier stade : le dernier stade de la démence est caractérisé par une

dépendance et une inactivité presque totale. Les troubles de la mémoire sont

importants et les signes et symptômes physiques deviennent plus évidents. Les

symptômes sont notamment : la perte de conscience du temps et du lieu, la difficulté

à reconnaître les proches et les amis, la nécessité d’une aide accrue pour les soins

d’hygiène personnelle, la difficulté à marcher, des changements de comportement, le

patient pouvant aller jusqu’à l’agression(3).

                                              11

                                                                                     FRANCOIS
                                                                              (CC BY-NC-ND 2.0)
Parmi d’autres pathologies, l’audioprothésiste pourra être confronté à la maladie de

Parkinson (troubles du mouvement) et aux différents types de diabètes.

    •    Psychologie de la personne âgée

Il est difficile de distinguer les modifications psychologiques directement induites par

le vieillissement de celles accompagnant parfois les conséquences de celui-ci.

Toutefois, il est important dans le métier d’audioprothésiste de comprendre la

personne âgée devant nous, pour répondre au mieux à des attentes que nous ne

comprenons pas toujours.

Aspect émotionnel

Sur le plan émotionnel, le vieillissement peut s’accompagner de l’émergence

de sentiments multiples comme par exemple l’inutilité, la sensation d’être une charge

pour les autres, la solitude et l’abandon, la sensation de posséder un corps devenant

incontrôlable. Trois aspects se dégagent : la personne âgée tend vers une maîtrise

passive de l’environnement, une réduction de son activité et une préoccupation

grandissante        de      son     monde        intérieur.      On     observe        classiquement            un

désinvestissement de la réalité extérieure et un investissement de soi accentués par

l’approche de la mort.

(3) Définition OMS disponible sur http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs362/fr/index.html

                                                       12

                                                                                                         FRANCOIS
                                                                                                  (CC BY-NC-ND 2.0)
Aspects sociaux

On constate une diminution importante du réseau social chez la personne âgée. Des

pertes relatives à la capacité de déplacement et à celle d’interaction avec

l’environnement (vue et ouïe) sont subies par la personne âgée et l’amènent à limiter

ses contacts avec l’extérieur et à se renfermer sur elle-même. Par exemple, le

caractère du malentendant va s’en trouver modifié et sa relation avec autrui prend

un tour agressif, insatisfait, le rendant difficile à vivre. La gêne sociale qu’entraine

toujours    la   presbyacousie       est   facteur    d’isolement      et   de    dépression.      Le

déménagement en institution accentue cette diminution du réseau social.

Selon des chiffres fournis par France Prévention suicide fin 2010, c'est dans la

tranche des plus de 85 ans que l'on observe les taux de suicide les plus élevés, 39,7

morts par suicide pour 100 000 habitants de plus de 85 ans, soit un taux deux fois

supérieur à celui des 25-44 ans. Dans 90% des cas, ces suicides sont liés à un état

dépressif qui est sous-diagnostiqué(4).

    II-     Les structures d’accueil pour les personnes âgées

Toutes ces structures présentent à peu près les mêmes modes de fonctionnements.

On pourrait définir l’organisation comme décrite dans la figure 2 p.14.

(4) MICHELE DELAUNAY. «Les suicides des personnes âgées sont sous-évalués». Le 20 minute, par Delphine
Bancaud, publié le 10 Septembre 2012.

                                                 13

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Figure 2 : Hiérarchie d’une structure d’accueil

                                          14

                                                         FRANCOIS
                                                  (CC BY-NC-ND 2.0)
•   Hôpitaux gériatriques

Le court séjour : les unités de gériatrie aigüe

Ce service prend en charge en phase aigüe des patients âgés souffrant le plus

souvent de pathologies multiples et complexes pour leur apporter des soins

médicaux adaptés et préserver leur autonomie. Les personnes soignées sont

destinées à retourner chez elles ou à être dirigées vers le moyen séjour, long séjour

ou des structures d’accueils adaptées.

Le moyen séjour : les soins de suite et de réadaptation (SSR)

Les SSR ont pour mission la rééducation, la réadaptation, et la réinsertion des

patients. Ils assurent une prise en charge globale qui intègre les dimensions

physiques, psychologiques et sociales du soin.

L'entrée en SSR se fait traditionnellement après une hospitalisation en soins de

courte durée, mais elle peut parfois intervenir directement à partir du domicile ou

d’une maison de retraite. Afin de faciliter la rééducation et le retour à domicile des

personnes âgées, les séjours en soins de suite et de réadaptation sont organisés sur

la base d’un projet de soins et d’un projet de vie.

Le long séjour : les unités de soins de longue durée (USLD)

Lorsque l'état de la personne âgée ne s’améliore pas ou qu’il se dégrade au cours de

l’hospitalisation ou du passage en moyen séjour, le patient peut être orienté en

USLD. Ces structures accueillent des personnes dont l'état nécessite, en principe,

une surveillance médicale constante.

                                            15

                                                                               FRANCOIS
                                                                        (CC BY-NC-ND 2.0)
Pour être admis dans une USLD, il faut tout d'abord présenter des signes de perte

d’autonomie importante (impossibilité de se laver, de se lever, de s'habiller et de se

nourrir seul) mais aussi avoir besoin de soins médico-techniques continus.

La durée moyenne de séjour y est d'une année et demie.

   •   Foyer d’accueil de jour

L’accueil de jour est destiné à des personnes vivant à domicile. Il permet de les

accueillir pour une période allant d’une demi-journée à plusieurs jours par semaine.

Les accueils de jour sont situés dans des hôpitaux gériatriques, dans des maisons

de retraite ou sont autonomes. Les personnes âgées bénéficient d’activités visant à

les stimuler et à maintenir leur autonomie.

Il existe des structures d’accueil de jour spécifiques pour les personnes souffrant

d’une maladie d’Alzheimer ou apparentée. L’admission en centre d’accueil de jour se

fait après un diagnostic établissant l’existence de troubles neuro-dégénératifs, au

cours d’une consultation mémoire.

L’accueil de jour permet également aux aidants de la personne âgée de profiter de

moments de répit.

   •   Les maisons d'accueil rurales pour personnes âgées (Marpa)

Les Marpa sont des maisons de retraite implantées en milieu rural. Imaginées par la

Mutualité sociale agricole (MSA) au milieu des années 1980, elles ont pour but de

permettre aux personnes âgées issues de milieu rural de continuer à vivre dans leur

environnement familier.

Les Marpa proposent des logements à usage privatif et des espaces de vie collectifs,

qui sont gérés par un responsable de Marpa aidé d'une équipe de professionnels

                                          16

                                                                               FRANCOIS
                                                                        (CC BY-NC-ND 2.0)
pour la prise en charge des personnes âgées. Ces structures accueillent aussi bien

des personnes valides que des personnes en légère perte d’autonomie.

   •   Les logements-foyers

Les logements-foyers sont des établissements qui proposent des logements adaptés

au vieillissement sans incapacité.

Les résidents louent un studio ou un deux-pièces vide, ce qui leur permet de

conserver une indépendance de vie, et peuvent par ailleurs bénéficier de services

collectifs dont l’usage reste facultatif : restauration, infirmerie, blanchissage,

permanence nocturne...

   •   Les résidences services

Comme dans les foyers-logements, les personnes âgées vivent dans un logement

indépendant et peuvent choisir de bénéficier de services collectifs. Les personnes

âgées peuvent être propriétaires ou locataires de leur appartement. Il s’agit de

résidences commerciales, qui offrent des prestations de luxe. Elles sont

généralement peu, voire pas du tout, médicalisées.

   •   Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes

       EHPAD.

Les Ehpad sont des maisons de retraite qui accueillent des personnes âgées en

perte d'autonomie. Ces établissements ont obligatoirement conclu une convention

avec le département et l’État (convention tripartite(5)).

                                            17

                                                                           FRANCOIS
                                                                    (CC BY-NC-ND 2.0)
Les Ehpad constituent aujourd’hui la majorité des établissements d’accueil pour

personnes âgées. Il existe actuellement 6 850 Ehpad, ce qui représente plus de

500000 places d’hébergement.

Ce sont des établissements médicalisés, et ils disposent 24 heures sur 24 d’une

équipe soignante chargée d’assurer les soins nécessaires à chaque résident en

fonction de sa situation personnelle. Un médecin, le médecin coordonnateur, qui

peut être généraliste ou gériatre, assure la coordination et la formation des différents

professionnels intervenant auprès des résidents afin de garantir la qualité et la

continuité des soins.

(5) Les maisons de retraite. http://www.maisons-de-retraite.fr/ « Cette convention signée pour 5 ans concrétise
l’engagement des partenaires dans une démarche qualité. Cette signature permet à l’établissement de bénéficier
de financements en contrepartie de leurs obligations juridiques et du respect de normes rigoureuses.
Elle détermine les différents tarifs de l’établissement qui fait l’objet de contrôles rigoureux. »

                                                      18

                                                                                                    FRANCOIS
                                                                                             (CC BY-NC-ND 2.0)
Etude de la problématique

   I-     Evaluation de l’audition et de la situation des personnes âgées

          malentendantes admises en maison de retraite.

Matériels et méthodes

Dans un premier temps, nous nous sommes intéressés à l’audition des résidents des

maisons de retraite et à la proportion des différentes pertes auditives. Puis, nous

avons voulu savoir si les personnes présentant une surdité étaient appareillées,

l’avaient été ou si elles n’avaient jamais porté d’aides auditives. Par le biais d’un

questionnaire simple, nous avons aussi cherché à évaluer la situation des résidents

par rapport à leur audition dans la vie de tous les jours. De plus, nous avons essayé

de mettre en évidence les éléments qui pourraient entraver un processus

d’appareillage.

Quatre structures d’accueils ont accepté notre étude. Nous nous sommes déplacés

dans trois EHPAD, la Résidence du Château à St Priest, la Résidence Ambroise

Paré à Lyon 8ème, le Clos Casaï à Marignier (Haute-Savoie) et dans un hôpital,

l’Hôpital gériatrique de Fourvière à Lyon 1er. Nous avons proposé des audiométries

de dépistage à 46 résidents de plus de 68 ans appareillés ou non, à l’aide d’un

audiomètre portatif. Les personnes testées nous furent indiquées par les cadres de

santé, elles ne présentaient pas de démence ou une démence légère de stade 1 à 2.

Nous avons exclu les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer par la difficulté

de la mise en place des tests. Ces tests se sont déroulés dans les chambres des

patients qui présentaient une insonorisation correcte. Pour évaluer la marge d’erreur

nous avons comparé les audiométries de patient réalisées en laboratoire

                                         19

                                                                              FRANCOIS
                                                                       (CC BY-NC-ND 2.0)
d’audioprothèse et en maison de retraite, nous avons constaté un écart maximal de 5

dB donc une marge d’erreur d’environ 4%.

Résultats et analyse

Refus de participation : 10 résidents ont refusé le test auditif et le questionnaire. Les

raisons ont été la fatigue, le déni de leur surdité et le désintéressement à l’étude.

Moyenne d’âge : 85,58 ans. Min 68 ans. Max 101 ans

Figure 3 : Proportion des pertes auditives des résidents soumis au test auditif.

                                 2%

                           11%

                                                             Légère (n=1)
                  30%                                        Moyenne (n=26)
                                           57%
                                                             Sévère (n=14)

                                                             Profonde (n=5)

NTOT=46

Des 46 audiométries proposées, nous remarquons que seule 2% de la population

testée présente une perte légère et nous n’avons détecté aucune audition normale.

La majorité des pertes auditives est donc de type moyenne (57%) et sévère (30%),

mais peu de résidents présentent une perte de type profonde (11%).

A ce constat, nous nous sommes interrogés sur la proportion de personnes

appareillées en maison de retraite. Après une enquête auprès des résidents et du

personnel de soin nous obtenons les résultats suivant :

                                            20

                                                                                    FRANCOIS
                                                                             (CC BY-NC-ND 2.0)
Constat d’appareillage.

 Jamais appareillé            Echec               Appareillé             NTOT
                          d’appareillage
        29                       5                    12                  46

Nous avons pu constater que sur les 46 personnes interrogées, cinq sont en échec

d’appareillage. Seulement 26% des résidents sont appareillés lorsque 98% des

personnes testées présentent une surdité de type moyenne à profonde qui pourrait

nécessiter un appareillage.

Nous avons donc recherché les raisons de ce constat. Nous savons qu’en maison de

retraite nous avons affaire à des personnes dépendantes et souffrant parfois de

démence. Ce paramètre entre-t-il en jeu dans la réussite de l’appareillage ?

1-Démence chez les sujets testés non appareillés.

 Aucune démence           Démence, stade        Démence, stade           NTOT
                              initiale           intermédiaire
        15                      12                    7                   34

2-Démence chez les sujets appareillés.

 Aucune démence           Démence, stade        Démence, stade           NTOT
                              initiale           intermédiaire
         9                       3                    0                   12

Le premier tableau nous montre les types de démences auxquelles nous avons été

confrontés. En revanche, le deuxième tableau nous renseigne sur l’état général des

patients appareillés. Ils sont certes dépendants physiquement mais conservent leur

intégrité cognitive. Deux tiers des personnes portant des aides auditives, ne

                                           21

                                                                               FRANCOIS
                                                                        (CC BY-NC-ND 2.0)
présentent pas de démence associée. Les autres souffrent d’une démence au stade

initiale.

Ce qui nous amène au questionnaire soumis aux résidents.

Question 1 : Ressentez vous une gêne auditive ?

Figure 4 : Gène auditive percue par les personnes intérogées.

                      4%    13%
                                                       Oui, je suis géné (n=6)
            26%

                                                       Non, je ne suis pas géné
                                                       (n=26)
                                  57%                  Un peu, mais c'est les autres
                                                       qui le disent (n=12)

                                                       Je ne sais pas (n=2)

NTOT= 46

Nous observons que 57% des personnes interrogées
                                     interrogées ne ressentent pas de gêne au

quotidien. D’autres, 26% (dont la moitié est appareillée) sentent une baisse auditive

qui ne les dérange pas personnellement mais qui est plutôt une constatation de

l’entourage. Les personnes qui reconnaissent avoir une gêne sont les résidents

porteurs d’aides auditives, 13%. Les patients n’ayant pas conscience d’une perte

d’audition présentent une démence de stade intermédiaire installée. Le constat

d’appareillage est donc à nuancer avec ces réponses.

                                         22

                                                                               FRANCOIS
                                                                        (CC BY-NC-ND 2.0)
Question 2 : Un ORL, un médecin ou un audioprothésiste, a-t-il déjà constaté votre

perte d’audition durant ces dernières années ?

                              Oui                 Non            Ne sais pas          NTOT

  Médecin ORL                 16                   28                  2                46
    Médecin                   7                    37                  2                46
   généraliste
Audioprothésiste              15                   29                  2                46

Les personnes qui ont répondu oui sont les personnes appareillées qui sont au

nombre de 12, les réponses en plus viennent des résidents qui ont des antécédents

ORL au niveau de l’audition. Nous constatons alors qu’environ 68% des patients

n’ont pas fait contrôler leur audition ces dernières années, ni par un Oto-rhino-

laryngologiste, ni par un médecin et un audioprothésiste.

Question 3 : Pour les personnes appareillées. A quel moment avez-vous eu besoin

d’un appareillage auditif ?

    Avant d’entrer en               Une fois résident en               NTOT
   maison de retraite                maison de retraite
             7                               5                             12

Des cinq personnes appareillées en maison de retraite trois l’ont été par

l’audioprothésiste de l’Hôpital de Fourvière, les deux autres patients, par des

audioprothésistes des autres EHPAD. Ces résultats ne sont pas très significatifs du

fait du cas exceptionnel de Fourvière, mais il était intéressant de poser la question.

                                             23

                                                                                   FRANCOIS
                                                                            (CC BY-NC-ND 2.0)
Question 4 : Pour les personnes appareillées. Votre audioprothésiste se déplace-t-il

ou est-ce vous qui vous vous déplacez en centre d’audioprothèse ?

  Il se déplace à          Il ne se déplace          Quand je ne peux             NTOT
    chaque fois                    pas              pas y aller, il vient
          3                            7                     2                      12

Les trois personnes dont l’audioprothésiste se déplace sont à l’Hôpital de Fourvière,

et les deux ou l’audioprothésiste se déplace quelques fois sont celles qui ont été

appareillées en maison de retraite. Il reste néanmoins sept patients appareillés qui

doivent se rendre dans les laboratoires d’audition pour le suivi. En les interrogeant,

nous avons constaté que ces personnes n’était pas allées entretenir leurs appareils

depuis plus de six mois voire un an. Ce déplacement nécessite l’intervention de la

famille et parfois d’un transport adapté pour les personnes à mobilité réduite.

Question 5 : Le personnel soignant tient-il compte de vos problèmes auditifs ?

                                       Patients appareillés        Patients non appareillés
                                              n=12                          n=34
Il parle plus fort                              9                            16
Il m’aide à mettre mes                          5                             -
appareils
Il m’aide à changer les                         3                             -
piles
Il ne change pas de                             2                            14
comportement
Il me parle moins                               1                             4
NTOT=54, questions à choix multiple.

Nous voyons que plus de 54% des personnes âgées interrogées (appareillées ou

non) déclarent que le personnel soignant leur parle plus fort, et huit sur douze
                                                24

                                                                                         FRANCOIS
                                                                                  (CC BY-NC-ND 2.0)
porteurs d’aides auditives reçoivent une aide pour les appareils. Malheureusement,

environ 35% des personnes présentant une perte d’audition ne constatent pas

d’adaptation du comportement de la part des personnes soignantes et même cinq

résidents déplorent une diminution notoire de leur conversation avec elles.

Question 6 : Que vous apporte ou vous apporterais au quotidien l’appareillage

auditif ?

                                      Patients appareillés   Patients non appareillés
                                             n=12                     n=34
Un confort d’écoute                           12                       10
pour la télévision
Une meilleure                                  9                       12
compréhension en
conversation
Moins d’isolement et de                       10                        9
solitude
Peu de chose                                   2                       26
NTOT=112, question à choix multiple

La majorité des résidents appareillés sont plutôt satisfaits de leur appareillage, ils

conviennent d’un bénéfice réel apporté par les aides auditives ; 83% reconnaissent

un gain de confort à la télévision et en conversation ainsi qu’un recul de leur

isolement. En revanche, les non porteurs d’appareils ont du mal à se rendre compte

de l’efficacité que pourrais avoir les systèmes d’écoute. En effet, environ 65% ne

croient pas à une amélioration de la compréhension et par extension, plus de 73%

ne pensent pas améliorer leur relation sociale (moins d’isolement et de solitude).

                                               25

                                                                                FRANCOIS
                                                                         (CC BY-NC-ND 2.0)
II-    Implication des coordinateurs, du personnel soignant des maisons de

          retraite ainsi que des audioprothésistes dans la prise en charge

          audioprothétique de la personne résidente malentendante.

Matériels et méthodes

Nous avons proposé des questionnaires adaptés à chaque professions : pour les

cadres de santé (coordinateurs), les médecins coordinateurs, le personnel soignant

(infirmier(e)s, aides soignant, auxiliaires de vie), les orthophonistes et les

audioprothésistes. Le but étant d’avoir une vision générale de l’implication de ces

différents professionnels par rapport à la surdité et à l’appareillage auditif en

institutions spécialisées.

Nous avons interrogé les cadres de santé et le personnel soignant dans les maisons

de retraite ou nous avons pu nous déplacer. Les médecins coordinateurs, les

orthophonistes rattachés à la structure et les audioprothésistes ont été contactés par

téléphone et par mails.

Pour étendre nos populations, nous avons aussi contacté des cadres de santé, des

médecins et des orthophonistes d’autres maisons de retraite dans la région Rhône-

Alpes.

Résultats et analyse

Implication des cadres de santé.

Nombre de maisons de retraite contactées : 53 dont 4 visitées.

Population de 6 hommes et de 11 femmes, NTOT=17 cadres de santé.

                                         26

                                                                               FRANCOIS
                                                                        (CC BY-NC-ND 2.0)
Temps d’activité en maison de retraite.

     [1-5] ans             [5-10] ans              [10-15] ans           NTOT
          3                    5                       9                   17

Question 1 : A l’exercice de votre profession, rencontrez-vous des difficultés avec les

personnes malentendantes ?

    Oui           Non             NTOT     Un peu plus de 70% nous ont répondu oui,
    12             5               17
                                           car les personnes malentendantes, dont

celles appareillées, nécessitent plus d’organisation car elles sont plus dépendantes

du fait de leur tendance à l’isolement. De même pour la gestion de leurs appareils.

Question 2 : Au constat d’une perte auditive handicapante de l’un de vos résidents,

quelles solutions mettez-vous en place ?

Information des         Bilan avec le           Prise de contact   Pas de protocole
    familles              médecin                   avec un             défini
                        coordinateur            audioprothésiste

          12                 10                        3                    2

Plus de 70% des cadres de santé en informent la famille, mais moins de 60%

mettent en place une consultation avec le médecin coordinateur et environ 18%

prennent contact avec un audioprothésiste. Nous avons aussi constaté que deux

maisons de retraite interrogées n’avaient pas de protocole particulier à suivre face à

une perte d’audition.

Nous avons obtenu d’autres informations avec cette question, à savoir si la mise en

place de ces solutions se faisait souvent. Plus de 88% ont répondu « très rarement ».

                                           27

                                                                                FRANCOIS
                                                                         (CC BY-NC-ND 2.0)
Question 3 : Travaillez-vous avec des audioprothésistes et des orthophonistes ?

                                Oui                  Non                 NTOT
Audioprothésistes               15                    38                  53
Orthophonistes                  38                    15                  53

Pour cette question nous avons pu interroger toutes les maisons de retraite

contactées, d’où notre total de 53 réponses. Nous observons alors qu’environ 28%

des structures travaillent avec des audioprothésistes et plus de 71% avec des

orthophonistes. Les maisons de retraite n’ayant pas de contacts avec ces

professionnels n’avaient pas forcément de demande pour leurs patients appareillés

ou non.

Implication du personnel soignant.

Population de 12 hommes et de 21 femmes, NTOT= 33.

     Infirmière         Aide Soignant          Auxiliaire de vie        NTOT
          10                    16                    7                  33

Temps d’activité en maison de retraite.

  ≥ de 2 mois       [1-5] ans         [5-10] ans          [10-15] ans      NTOT
      10                11                7                   5               33

Le personnel soignant des maisons de retraite change souvent, en effet, 30 %

travaillent dans l’établissement depuis moins de 2 mois, et souvent en intérim. 33 %

sont embauchés et travaillent avec les personnes âgées depuis 1 à 5 ans, et 37 %

depuis plus de 5 ans.

                                          28

                                                                               FRANCOIS
                                                                        (CC BY-NC-ND 2.0)
Question 1 : A l’exercice de votre profession, rencontrez vous des difficultés avec les

personnes malentendantes ?

      Oui              Non           NTOT        La majorité a répondu oui à plus de 63 % car
      21                12            33
                                                 la     surdité       de     leurs    patients        rend    la

communication très difficile et fatigante pour la dispense des soins et finalement

rend les résidents plus dépendants car ils s’isolent. Les personnes ayant répondu

qu’elles n’avaient pas de problème étaient généralement les soignants qui

travaillaient depuis longtemps avec les résidents et se sont habitués à parler fort et

en face.

Question 2 : Les personnes porteuses d’aides auditives vous demandent-elles de

l’aide par rapport à leurs appareils ?

                                     Oui                      Non                               NTOT
Pour les mettre                       26                          7                              33
Pour l’entretien                     14                           19                             33
Pour le changement                   22                           11                             33
des piles
Pour contacter un                     9                           24                             33
audioprothésiste

Figure 5 : Type d’aide fournie par le personnel soignant, NTOT=33

 30
 25
 20
                                                                                                       Oui
 15
 10
                                                                                                       Non
  5
  0
            Pour les mettre   Pour l'entretien   Pour le changement        Pour contacter un
                                                       des piles           audioprothésiste

                                                   29

                                                                                                      FRANCOIS
                                                                                               (CC BY-NC-ND 2.0)
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