Cristóbal Balenciaga, Mode et Patrimoine - Conversations - Cristóbal Balenciaga Museoa

 
Cristóbal Balenciaga, Mode et Patrimoine - Conversations - Cristóbal Balenciaga Museoa
cristóbal balenciaga museoa

Cristóbal
Balenciaga,
Mode et
Patrimoine

Conversations
Cristóbal Balenciaga, Mode et Patrimoine - Conversations - Cristóbal Balenciaga Museoa
Cristóbal Balenciaga,
Mode et Patrimoine

exposition. 24 / 03 / 2018 — 27 / 01 / 2019

                                                     Il y a 50 ans, en 1968, le Maître de la haute couture
                                                     se retirait. Cette année 2018 — Année européenne du
                                                     patrimoine — est l’occasion de réfléchir sur la valeur que
                                                     l’œuvre de Cristóbal Balenciaga acquiert soudain en tant
                                                     que patrimoine à partir de la fermeture de ses salons
                                                     et de l’arrêt de l’activité de ses ateliers à Paris, Madrid,
                                                     Barcelone et San Sebastián.

                                                     Ce moment où les créations de Balenciaga cessent
                                                     de fréquenter les rues et les salons, pour peupler les
                                                     archives, les galeries et les musées, est le point de départ
                                                     choisi pour l’exposition Cristóbal Balenciaga, Mode et
                                                     Patrimoine. Désormais, elles ne servent plus à embellir
                                                     des corps et à être admirées pour ce qu’elles sont, pour
                                                     leur beauté intrinsèque. Elles abandonnent les premières
                                                     pages des magazines de mode pour occuper celles des
                                                     revues d’art et perdent leur vernis d’exclusivité pour
                                                     devenir accessibles à tous les publics, à toutes les classes
                                                     sociales.

                                                     Dans ce dialogue entre Mode et Patrimoine, nous voulons
Mode et Patrimoine, un                               explorer les deux chemins parcourus par les créations
                                                     depuis le moment où les deux convergent, en cette année
dialogue presque impossible                          1968. L’un nous mène jusqu’à aujourd’hui, pour dévoiler
qui oppose l’éphémère au                             au public ce sentier de consolidation patrimoniale
                                                     intimement lié à notre raison d’être en tant que musée,
permanent, tout ce dont                              et l’autre débute en 1917 — date d’ouverture du premier
l’existence tient au moment                          atelier de Balenciaga à San Sebastián — jusqu’à la
                                                     fermeture de ses maisons, pour nous aider à comprendre
contre ce qui reçoit sa valeur                       depuis les tout débuts la progression, l’évolution et la
du passé. Une conversation                           révolution créative du grand couturier.
qui pourtant devient fluide                          Une conversation que le musée entreprend avec Judith
lorsqu’il s’agit de Cristóbal                        Clark, commissaire d’expositions de mode réputée. Le
                                                     discours de l’exposition et la sélection des pièces qui
Balenciaga.                                          l’accompagnent, de même que la conceptualisation
                                                     spatiale et sa conception, sont le fruit de la collaboration
                                                     entre l’équipe du musée Cristobal Balenciaga et la
                                                     commissaire britannique.

                                                     L’exposition est basée sur les collections du musée
                                                     et bénéficie du soutien indispensable des Archives
Cristóbal Balenciaga au travail. Année 1968.         Balenciaga, Paris (Balenciaga, s.a., groupe kering).
© Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos / Contacto

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L’exposition

« Pourquoi ? Qu’est que Balenciaga apporte ? Qu’est-ce qui le distingue ?
  Qu’est-ce qui le rend révolutionnaire, atemporel, architectural,
  moderne ? Pourquoi considérons-nous son œuvre comme un
  patrimoine ? Nous pensons que ce sont les questions auxquelles le
  musée Cristóbal Balenciaga doit aspirer à répondre à travers son
  espace d’exposition, c’est pourquoi nous envisageons cette exposition
  comme un espace de référence et de mise en contexte pour toute autre
  exposition ou collection de Balenciaga extérieure au musée. »
 miren vives, Cristóbal Balenciaga Museoa

                                                   Perfection, atemporalité, avant-garde ou tout simplement
                                                   art, sont des concepts que les professionnels de la mode,
                                                   la presse spécialisée ou les chercheurs de l’histoire de la
                                                   mode ont souvent identifiés à l’œuvre d’un des créateurs
                                                   les plus influents du xxe siècle, convertissant Balenciaga
                                                   en un couturier culte de son propre temps.

                                                   Balenciaga, Mode et Patrimoine nous propose un parcours
                                                   diachronique pour montrer l’évolution de l’œuvre du
                                                   couturier au fil de ses étapes successives et aspire à se
                                                   convertir en référence pour une meilleure compréhension
                                                   et une connaissance en profondeur du patrimoine créé
                                                   par Cristóbal Balenciaga : d’où il vient, qu’est-ce qu’il
                                                   apporte à son temps et ce qu’il nous transmet aujourd’hui.

                                                   Le discours chronologique, compréhensif et contextualisé,
                                                   construit à partir d’une perspective patrimoniale de la
                                                   collection du musée sur laquelle est basée l’exposition,
                                                   se conçoit comme une proposition ouverte, vivante
                                                   et évolutive, qui s’enrichira peu à peu de nouvelles
                                                   connaissances.

                                                   Dans cet esprit, l’exposition Cristóbal Balenciaga, Mode
                                                   et Patrimoine cherche à présenter une double lecture de
 Cristóbal Balenciaga introduit la « marinière »   l’œuvre de Balenciaga, en tant que Mode en son temps et
 en février 1951.                                  Patrimoine aujourd’hui.
 © Center for Creative Photography,
 The University of Arizona Foundation /
 vegap, Gipuzkoa, 2018
 Photographie : Louise Dahl-Wolfe

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L’exposition

« Nous voulons nous plonger dans l’histoire des Maisons et dans
  l’évolution créative de Balenciaga pour que le public comprenne
  dans son contexte ce qu’il nous apporte du point de vue technique,
  esthétique et conceptuel, et tout en même temps démontrer que cette
  histoire et cette évolution, qui sont en permanence au cœur de notre
  travail de recherche, n’est pas terminée et n’a pas fini d’être contée. »
 miren vives, Cristóbal Balenciaga Museoa

                                            Ainsi, cette exposition prend la forme d’un work in
                                            progress, à l’image de la propre collection ou du musée,
                                            et se présente donc comme un espace intermédiaire
                                            entre le temporaire et le permanent, comme une série
                                            de conversations, entre les fonctions d’Exposition et de
                                            Conservation, entre la collection de Balenciaga et son
                                            étude, entre le discours et sa muséographie, entre le
                                            musée et son public.

                                            Quelques chiffres
                                            L’exposition occupe 900 m2 du musée depuis le 24 mars
                                            2018 et sera en place jusqu’au 27 janvier 2019. Elle se
                                            compose de 80 références, entre vêtements, documents
                                            et patrons. Sur les soixante pièces d’habillement, quatre
                                            proviennent des Archives Balenciaga de Paris et près de
                                            la moitié n’ont jamais été exposées auparavant.

                                            L’exposition est structurée de manière chronologique en
                                            quatre sections thématiques, dans lesquelles les grands
                                            événements de la biographie du grand couturier sont
                                            en relation avec le discours et les caractéristiques de la
                                            collection du musée. Ces sections abordent l’œuvre de
                                            Cristóbal Balenciaga dans ses différentes étapes : les
                                            débuts et les influences (1917–1937), l’exploration des
                                            formes (1937–1951), l’évolution et la révolution (1951–1959)
                                            et l’épuration et l’abstraction (1960–1968).

                                            Les pièces sélectionnées nous renvoient au processus
                                            créatif de Balenciaga : l’exploration des formes à partir
                                            de la maîtrise de la technique et du tissu, l’innovation à
                                            travers l’introduction de nouvelles silhouettes à habiller,
                                            et avec elles, de nouvelles conceptions de la féminité, et
                                            le perfectionnement évolutif qui caractérise le travail du
                                            maître suivant un cycle de progression constante tout au
                                            long de sa carrière.

                                            Ces pièces s’accompagnent d’autres ressources, telles
                                            que documentation, images, objets, patrons et tissus, qui
                                            nous connectent avec le contexte vital et professionnel du
                                            créateur.

                                            La technologie aussi est présente, facilitant l’interactivité,
                                            à travers des numérisations qui nous permettent
                                            d’observer le détail d’une pièce et d’obtenir sa vision à
                                            360ºc, ou des infographies sur sa construction technique,
                                            ou encore grâce à l’application avec ses différents
                                            parcours thématiques.

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Cristóbal Balenciaga, Mode et Patrimoine

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Cristóbal Balenciaga, Mode et Patrimoine - Conversations - Cristóbal Balenciaga Museoa
Conversations

« L’exposition reconfigure certains espaces du musée et
  identifie des “outils” associés à l’esthétique contemporaine
  des archives, à travers un jeu d’associations : les drapés
  utilisés dans la nouvelle boutique Balenciaga de Los Angeles,
  la sélection d’éléments historiques en pierre, la compilation
  d’anciennes expositions, qui constitue actuellement un
  trait caractéristique des cours de muséologie, les multiples
  legs/voix de ce projet, sont incorporés comme des détails
  et des commandes, tout en maintenant le vêtement et son
  évolution au centre de l’exposition. »
 miren vives, Cristóbal Balenciaga Museoa

                                            Le musée engage un dialogue avec Judith Clark, créatrice
                                            d’expositions et professeure de muséologie au London
                                            College of Fashion de Londres, pour aborder une
                                            exposition qui met en évidence l’aspect qui tient à la
                                            valeur patrimoniale des pièces qui donnent corps à cette
                                            histoire et au travail de recherche et de conservation
                                            préalables qui les ont amenées à faire partie de cette
                                            exposition.

                                            L’installation de Clark prend la forme d’une conversation
                                            entre cette approche du musée et sa propre contribution
                                            au projet et consiste à proposer, intégrés dans la
                                            conception de l’exposition, des liens et des références
                                            aux muséologies antérieures qui, en rendant hommage à
                                            Balenciaga, évoluent et révolutionnent ces monuments de
                                            l’histoire de l’habillement.

                                            Ainsi, le visiteur sera interpelé tout au long de son
                                            parcours par des allusions aux regards de nombreux
                                            commissaires, chercheurs et historiens de la mode,
                                            comme Diana Vreeland, Mari Andrée Jouve, Pamela
                                            Goldwing, Kaat Debo, Miren Arzalluz, Hamish Bowles ou
                                            Olivier Saillard, qui ont cherché de nouvelles approches
                                            au legs de Balenciaga, montrées ici sous forme de
 Croquis pour référence muséographique.     scénographies et de contextes.
 © Judith Clark Studio

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Cristóbal Balenciaga, Mode et Patrimoine - Conversations - Cristóbal Balenciaga Museoa
plante 2 27 mai / 2017 — 25 FÉVRIER / 2018

                                             L’esthétique de l’exposition évoque l’atmosphère blanche
                                             et immaculée des archives et des laboratoires de
                                             restauration, avec la présence constante du matériel de
                                             conservation et des modes de travail de cet espace privé et
                                             intime du musée, habituellement invisible au visiteur et
                                             pour cela même, quelque peu mystérieux et romantique.

                                             À propos de Judith Clark
                                             Judith Clark est commissaire et créatrice d’expositions.
                                             Elle est professeure de mode et muséologie au London
                                             College of Fashion (lcf) et responsable du Master en
                                             Commissariat sur la Mode. Clark est originaire d’Australie
                                             et a vécu la plupart de sa jeunesse à Rome. Elle a étudié
                                             à la Bartlett School of Architecture de Londres. En 1997,
                                             elle ouvre sa propre galerie vestimentaire dans le West
                                             London, le premier espace expérimental à but non lucratif
                                             consacré à l’exposition de vêtements. Depuis, Clark a
Robe en plastique confectionnée
pour une exposition.                         été commissaire de 40 expositions, parmi lesquelles on
© Judith Clark Studio                        relève Chloé.Attitudes, Anna Piaggi  : Fashion-ology et
                                             Spectres : When Fashion Turns Back, pour les musées
                                             Victoria & Albert, Barbican, de Londres ; ou le Palazzio
                                             Pitti de Florence, entre autres. Elle donne de multiples
                                             conférences sur la mode et sur les méthodes d’exposition
                                             des vêtements. Sa dernière publication, Exhibiting
                                             Fashion : Before and After 1971, écrite en binôme avec son
                                             amie et collègue la professeure Amy de la Haye, offre un
                                             point de vue judicieux sur l’essor des expositions centrées
                                             sur la mode.

Robe à queue de paon, 1958.
©Archives Balenciaga, Paris

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Cristóbal Balenciaga, Mode et Patrimoine - Conversations - Cristóbal Balenciaga Museoa
Le legs créatif de
Cristóbal Balenciaga

Le discours de cette              Les débuts et les influences (1917-1937)
exposition détaille l’évolution   Cristóbal Balenciaga entreprend son aventure commerciale
continue dans le travail de       et créative à San Sebastián, à un moment où la ville prend
                                  son essor grâce à la présence saisonnière de la Cour et
Cristóbal Balenciaga, tout au     au phénomène touristique qui envahit la Côte Basque. À
long d’un fil chronologique       ses débuts, il achète, analyse et recrée des modèles de la
                                  haute couture française, notamment de Vionnet, Lanvin
qui englobe la totalité de sa     ou Chanel. Des femmes qui habillent des femmes. Il est
carrière professionnelle. Dans    attiré, comme le veut la tendance du moment, par d’autres
                                  conceptions et sensibilités, comme celles venues d’Orient.
l’approche proposée par la        Il centre son attention sur les essais de différents types
commissaire, ce qui confère       de manches, sur l’exploration du sens du tissu, sur la
                                  minimisation des coutures, sur la simplicité des formes et
à l’œuvre de Balenciaga sa        sur l’ornementation du propre tissu.
valeur patrimoniale pourrait
être le fruit d’un processus      L’exploration des formes (1937-1951)
créatif fondé sur une maîtrise
                                  Balenciaga impressionne la critique dès sa première
rigoureuse de la technique        collection à Paris, grâce à sa maîtrise de la technique et
et des matières, qui de           aux propositions au goût espagnol qui le différencient.
                                  Malheureusement, la ii Guerre Mondiale éclate tout de
manière consistante explore       suite après et la rareté des matières, les nouveaux rôles
et développe, en la faisant       féminins, ou l’esprit patriotique, marquent durant quelques
                                  années une mode d’inspiration militaire faite pour une
évoluer et en la portant à son    société happée par l’effort de guerre. La fin du conflit met
paroxysme, une idée, une          à l’épreuve la capacité de la Haute Couture Française à
                                  reconstruire le secteur avec de nouvelles idées conformes
conception de la féminité qui     à des temps meilleurs. Des contextes que Balenciaga vit et
se traduit dans la pratique       auxquels il participe. En 1947, il présente simultanément
                                  des modèles qui sont dans l’air du moment - tailles fines
par de nouvelles silhouettes      et jupes volumineuses - et de nouvelles propositions
révolutionnaires.                 comme les lignes « tonneau » et «  ballon » qui s’écartent de
                                  l’esthétique dominante.

                                  Évolution et révolution (1951-1959)
                                  Les premiers pas de la recherche d’une nouvelle
                                  silhouette, entamée par Balenciaga dans la décennie
                                  antérieure, se manifestent en 1951 avec la présentation
                                  de propositions qui, au lieu d’accentuer, estompent les
                                  courbes féminines, notamment la taille, comme le style

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Cristóbal Balenciaga, Mode et Patrimoine - Conversations - Cristóbal Balenciaga Museoa
Le legs créatif de Cristóbal Balenciaga

                                                     « midi », la « marinière » et le « semi-ajusté ». Certains
                                                     de ces modèles évoquent des silhouettes des années
                                                     vingt, à la taille évasée, Balenciaga choisissant comme
                                                     référence la ligne des épaules et du bas des robes.
                                                     Avec eux, il donne le coup d’envoi à une succession
                                                     de nouveaux lancements qui marqueront les années
                                                     cinquante, comme les lignes « tunique », « sac » et « baby-
                                                     doll », avec lesquelles, subrepticement, il accomplit un
                                                     divorce révolutionnaire entre le corps et le vêtement pour
                                                     conférer progressivement davantage d’importance à un
                                                     troisième élément : l’air.

                                                     Balenciaga, que les différentes rédactrices de mode de son
                                                     époque définissaient comme « le couturier qui marque le
                                                     ton de l’avenir de la mode », conduit ses clientes à travers
                                                     une évolution progressive, discrète et continue à un
                                                     changement innovant de leur concept de l’idéal féminin.

                                                     Épuration et abstraction (1960-1968)
                                                     Dans les années soixante, les silhouettes de Balenciaga
                                                     deviennent de plus en plus abstraites. Les grands volumes
                                                     qu’on voit surgir de ses différents ateliers (tailleurs,
                                                     modistes,…), s’inspirent des innovations avec lesquelles
                                                     il a lui-même marqué les années cinquante, en révisant
                                                     les patrons du sac, de la tunique et du semi- ajusté.
                                                     Certaines des nouvelles silhouettes, présentées au
                                                     cours de cette décennie, émanent de la combinaison de
                                                     ces innovations qui configurent de nouveaux modèles
                                                     esthétiques. Le minimalisme conceptuel et technique,
                                                     inhérent à sa carrière, est mis en évidence dans les
                                                     formes enveloppantes réalisées avec des tissus assez
                                                     rigides, comme le gazar, le zagar et la zibeline, qui créent
                                                     des silhouettes abstraites et des volumes géométriques à
                                                     partir du cercle et du carré.

                                                     En 1968, Cristóbal Balenciaga annonce sa décision de se
Deux exemples du legs créatif de Cristóbal
Balenciaga : la robe « midi » et la « baby-doll ».   retirer. Une décision que l’âge et la fatigue justifient à
                                                     elles seules, après 52 ans de travail ininterrompu et une
                                                     moyenne de 200 nouvelles créations présentées à chaque
                                                     saison. « Une vie de chien », confesserait-il dans la seule
                                                     interview qu’il accorda dans toute sa vie. Par ailleurs,
                                                     les importantes transformations sociales, politiques et
                                                     culturelles du moment — mai 68, le printemps de Prague,
                                                     la crise des missiles de Cuba, les émeutes raciales ou
                                                     les manifestations contre la guerre du Vietnam… — la
                                                     rendent pratiquement inévitable. Dans cette nouvelle
                                                     société de 1968, plus accélérée et immédiate, plus rebelle
                                                     et combative, le « prêt-à-porter » a démocratisé la mode.

                                                     Balenciaga accepte la commande d’Air France pour
                                                     créer et produire les uniformes de son personnel, seule
                                                     incursion qu’il réalisera dans cette nouvelle couture aux
                                                     tailles prédéfinies. Après cette expérience, et fidèle à lui-
                                                     même, il décide d’abandonner un monde dont il sent qu’il
                                                     ne fait plus partie.

                                                     Pour lors, la dimension, la présence, l’influence, la
                                                     reconnaissance et le prestige dont jouit Balenciaga sont
Uniformes pour les hôtesses d’Air France, 1968.      tels que beaucoup voient dans sa dernière collection la fin
© Cristóbal Balenciaga Museoa                        d’une ère.

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Liste des expositions
consacrées à l’œuvre de
Cristóbal Balenciaga

Cristóbal Balenciaga se retira       À partir de ce moment, les premières collections
                                     privées —  de studio le plus souvent — commencent à se
en 1968. Après 52 ans de             former alors que de nombreuses expositions sont peu
travail sans relâche, avec plus      à peu organisées à travers le monde : le créateur de
                                     tissus Gustav Zumsteg — collaborateur étroit du grand
de 200 nouvelles créations           couturier  — lui consacre une première exposition au
présentées à chaque saison,          musée Bellerive de Zurich en 1970. Un an après sa
                                     mort, en 1973, l’éditrice de mode Diana Vreeland met sur
la fin d’une ère arrive avec         pied la première grande rétrospective au Metropolitan
l’irruption du « prêt-à-porter »,    Museum of Art de New York, musée auquel le propre
                                     Cristóbal Balenciaga avait déjà fait don d’une partie de ses
et avec elle, la fermeture de ses    créations avant son départ.
salons, l’arrêt de l’activité dans
                                     Ci-après sont référencées beaucoup d’autres jusqu’aux
ses ateliers de Paris, Madrid,       plus récentes : Balenciaga, l’œuvre au noir, au Musée
Barcelone et San Sebastián.          Bourdelle de Paris, Balenciaga Shaping Fashion au
                                     Victoria & Albert de Londres, et Rachel L. Mellon
                                     Collection au Musée Cristóbal Balenciaga l’an dernier.

                                                                                 Entrepôts du
                                                                                 Musée Cristóbal
                                                                                 Balenciaga.
                                                                                 © Cristóbal
                                                                                 Balenciaga Museoa
                                                                                 Photographie :
                                                                                 Iñigo Ibáñez

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Relación de exposiciones

—    Bellerive Museum, Cristóbal Balenciaga, Zurich, 1970.
—    Metropolitan Museum of Art, The World of Balenciaga, New York, 1973.
—    Palacio de Bellas Artes de Madrid, El mundo de Balenciaga, Madrid, 1974.
—    Musée Historique des Tissus, Homage à Balenciaga, Lyon, 1985.
—    Fondation de la Mode, Cristóbal Balenciaga, Tokio, 1987.
—    Palacio de la Virreina de Barcelona, Homenaje a Balenciaga, 1987.
—    Palacio Miramar, Homenaje Internacional a Cristóbal Balenciaga, Saint-Sébastien, 1987.
—    National Gallery of Victoria, Balenciaga: Masterpieces of Fashion Design, Melbourne, 1992.
—    Museo Nacional de Escultura, Cristóbal Balenciaga, Valladolid, 2000.
—    Kutxaespacio del Arte, Paristik Donostiara. Balenciaga, Saint-Sébastien, 2001.
—    ivam Instituto Valenciano de Arte Moderno, Carta de amor a Cristóbal Balenciaga, Valencia, 2001.
—    Fundación Cristóbal Balenciaga, Cristóbal Balenciaga y la marquesa de Llanzol, Getaria, 2004.
—    Fundación Cristóbal Balenciaga, Balenciaga: El lujo de la sobriedad, Getaria, 2006.
—    Musée des Arts Décoratifs, Balenciaga París, París, 2006.
—    Meadows Museum, Balenciaga and his Legacy, New Haven, Texas, 2006.
—    Château de Haroué, Cristobal Balenciaga, Philippe Venet, Hubert Givenchy
     au château des princes de Beauvau Craon, París, 2010.
—    Queen Sophia Spanish Institute, Balenciaga: Spanish Master, New York, 2010.
—    Museo de Bellas Artes de Bilbao, Balenciaga. El diseño del límite, Bilbao, 2010.
—    De Young Fine Arts Museum of San Francisco, Balenciaga and Spain, San Francisco, 2011.
—    Palais Galliera, Cristóbal Balenciaga: Collectionneur de mode, París, 2012.
—    Cristóbal Balenciaga Museoa, Balenciaga y la Alta Costura en Barcelona, Getaria, 2013.
—    Cristóbal Balenciaga Museoa, El arte de Balenciaga, Getaria, 2014.
—    Cristóbal Balenciaga Museoa, La experiencia del lujo, Getaria, 2015.
—    Cristóbal Balenciaga Museoa et Cité International de la Mode et la Dentelle,
     Balenciaga à travers la dentelle , Calais 2015, Getaria, 2016.
—    Cristóbal Balenciaga Museoa, Carbón y Terciopelo: Miradas de Ortiz Echagüe
     y Balenciaga sobre el traje popular, Getaria, 2016.
—    Victoria & Albert Museum, Balenciaga, Shaping Fashion, Londres, 2017.
—    Palais Galliera, Balenciaga, l’œuvre au noir, París, 2017.
—    Cristóbal Balenciaga Museoa, Rachel L. Mellon Collection, Getaria, 2017.

                                             Cristóbal
                                             Balenciaga en su
                                             maison de París.
                                             © Juan Gyenes.
                                             Biblioteca Nacional
                                             de España

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Cristóbal Balenciaga, Mode et Patrimoine

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Cristóbal Balenciaga, Mode et Patrimoine

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Les jalons biographiques

dbuts et influences  (1917–1937)                     1924	 Il dissout l'entreprise précédente et
                                                            déplace ses opérations à l'Avenida nº 2 au
1895 Cristóbal Balenciaga est né à Getaria, un              premier étage de la même ville sous le nom
     petit village de pêcheurs situé dans le                «  Cristóbal Balenciaga ».
     nord de l'Espagne. Fils d'un marin et d'une
     couturière, il a eu dans sa ville natale         1927 Il fonde en tant que deuxième marque
     accès au contexte florissant de la résidence          «  Martina Robes et Manteaux » -Martina
     d’été royale du début du siècle sur la côte           était le nom de sa mère-, une marque
     basque.                                               qui en Octobre de cette même année est
                                                           transférée à « eisa costura », encore
1906 Il fait une première robe pour la Marquise            un nom lié à sa mère — de son nom
     de Casa Torres, mentor de Cristóbal                   Eizaguirre  —, située au n° 10 de la rue
     Balenciaga qui employait sa mère comme                Oquendo à Saint-Sébastien.
     couturière pendant les longues saisons
     d'été que la famille passait à Getaria.          1933 Cristóbal Balenciaga ouvre une maison à
                                                           Madrid, rue Caballero de Gracia, au nº 42,
1907 Balenciaga s'installe à Saint-Sébastien -             sous le nom d’« eisa b.e ».
     selon le recensement municipal, il réside
     dans la capitale de Guipúzcoa depuis             1935 Il établit une seconde succursale d’«  eisa
     cette année-là - et il semble logique de              b.e.  », au numéro 10 de la rue Santa Teresa
     supposer qu'il a été formé dans certaines             de Barcelona.
     des maisons existantes importantes,
     probablement Casa Gómez, New England             1936 Lorsque la Guerre civile éclate, il
     et Almacenes Au Louvre, avec des relations            abandonne l’Espagne et s'établit à Paris. Il
     avec la mode parisienne qui œuvraient                 cesse temporairement l'activité normale de
     dans la ville de Saint-Sébastien.                     ses maisons de Madrid et Barcelone.

1917   Cristóbal Balenciaga commence son              1937 Il transfère « eisa costura » à Avenida
       aventure entrepreneuriale et créative.              nº 2, deuxième étage, sous le nom de « eisa
       Le couturier établit sa première maison             costura ».
       appelée « C. Balenciaga » au nº 2 de la rue
       Vergara à Saint-Sébastien. Sept ans plus
       tard, en 1924, après divers changements        exploration de nouvelles lignes (1937–1951)
       corporatifs, il transfère ses opérations à
       Avenida n°2 dans la même ville sous le         1937 En juillet, il rejoint la Chambre, Syndicale
       nom de « Cristóbal Balenciaga ».                    de la Haute Couture et ouvre, avec ses
                                                           partenaires, Wladzio d'Attainville et Nicolás
1918   Il fonde « Balenciaga y Cía » avec les sœurs        Bizcarrondo, « balenciaga Sociedad
       Lizaso, constituant une société à durée             Limitada », une maison de haute couture
       limitée.                                            qui marquera un avant et un après dans
                                                           l’Histoire de la mode.

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Les jalons biographiques

1939 Cristóbal Balenciaga présente une                1958 Cristóbal Balenciaga présente la robe
     collection profondément influencée par                « baby doll », caractérisée par la simplicité
     l’historicisme avec de claires réminiscences          de sa silhouette trapézoïdale qui élimine
     de la mode du xviième siècle et du Second             la taille, et les robes en queue de paon,
     Empire français. Le succès de ses robes               plus larges à l'arrière qu'à l'avant. Le
     «  Infante » est foudroyant.                          Gouvernement français lui remet le titre de
                                                           Chevalier de la Légion d'honneur pour ses
1947 En février, Balenciaga présente la ligne              services à l'industrie de la mode. La presse
     « tonneau » qui s'éloigne de l'esthétique             internationale le sacre « Maître de la haute
     dominante des figures corsetées et mise               couture ».
     sur la fluidité de son design. C'est la même
     année que Dior présente le « tailleur bar ».
                                                      purification et abstraction  (1960–1968)
1949 Inauguration de la première boutique
     de rue conçue par Christos Bellos. La            1960 Balenciaga dessine la robe de mariée de
     décoration de celle-ci est marquée par                Fabiola de Mora y Aragón, petite-fille de la
     un caractère austère, sans abandonner                 marquise de Casa Torres et future reine de
     l'élégance ni le luxe, et intègre des meubles         Belgique.
     et des éléments décoratifs qui marquent
     leur origine espagnole.                          1962 Balenciaga introduit des formes toujours
                                                           plus pures et abstraites. Le minimalisme
                                                           conceptuel et technique, inhérent à sa
volution et révolution (1951–1959)                        carrière, se manifeste dans les enveloppes
                                                           réalisées dans des tissus d'une certaine
1951   Cristóbal Balenciaga introduit le costume           rigidité, tels que le gazar, le zagar et la
       « semi-ajusté » (février), la « marinera »          zibeline, créant des silhouettes abstraites et
       (février) et le « midi » (août). Ces modèles        des volumes géométriques.
       rappellent les silhouettes des années vingt
       dans lesquelles la taille est décontractée,    1968 Cristóbal Balenciaga accepte la commande
       établissant comme référence la ligne des            pour concevoir et produire les uniformes
       épaules et le bas des robes.                        d'Air France, la seule incursion qu'il
                                                           réalise dans le prêt-à-porter. Suite à
1952 A partir de cette année, les vitrines sont            cette expérience, il présente sa dernière
     conçues par Janine Janet, créant des                  collection de février et annonce deux mois
     sculptures dans lesquelles les produits               plus tard sa retraite, ainsi que la fermeture
     sont intégrés ou directement invisibles               de toutes les maisons de Paris, Madrid,
     pour les passants, en raison des matériaux            Barcelone et Saint-Sébastien. Il accorde la
     avec lesquels ils sont fabriqués et de leur           seule interview de sa vie au magazine Paris
     caractère nettement artistique.                       Match.

1955 Il présente la « tunique », un vêtement en       1969 Fermeture effective de la dernière Maison à
     deux pièces aux lignes droites et épurées             Saint-Sébastien.
     qui enveloppe le corps sans l'oppresser,
     dans une évolution de la ligne « midi ».         1972 Balenciaga décède à Jávea (Alicante) le 24
                                                           mars, âgé de 77 ans, et est enterré dans le
1956 Balenciaga décide de montrer ses                      petit cimetière de sa Getaria natale.
     collections un mois après le début officiel
     des défilés de haute couture auprès de
     Hubert de Givenchy.

1957 Le couturier introduit la robe « sac »
     dans ses collections, un pas de plus dans
     son expérimentation formelle, comme
     une évolution de la « marinera ». En
     collaboration avec le créateur de tissus
     Gustav Zumstet (Abraham), il développe le
     gazar, un tissu aux propriétés sculpturales
     pouvant servir pour ses créations toujours
     plus conceptuelles.

15
Le musée Cristóbal Balenciaga

                                                          Extérieur du musée Cristóbal
                                                          Balenciaga à Getaria. © Cristóbal
                                                          Balenciaga Museoa.

Le musée Cristóbal          Afin de divulguer la vie et l’œuvre de Balenciaga, son
                            importance dans l’histoire de la mode et de la création,
Balenciaga, inauguré        et la contemporanéité de son héritage, le musée a réuni
le 7 juin 2011, est situé   une collection unique. Son envergure – près de 3.000
                            pièces, qui ne cessent d’augmenter grâce aux dépôts et
dans la ville natale        aux dons – et son extension formelle et chronologique-
du grand couturier,         elle inclut par exemple les tout premiers modèles du
                            couturier– la convertissent en l’une des plus complètes,
en hommage aux              cohérentes et intéressantes de toutes celles existant à
premières années            ce jour.
de formation et de          Une autre valeur de la collection réside dans la
développement               provenance des pièces. En effet, les grandes clientes
                            internationales de Balenciaga furent des personnalités
professionnels de           sociales éminentes dans les décennies centrales du
Cristóbal Balenciaga        xxe siècle, comme Mona Von Bismarck, Bunny Mellon,
                            Patricia López Wilshaw, Barbara Hutton, la princesse
et afin de mieux            Rethy, Grace Kelly ou Madame Bricard, qui portèrent
comprendre ses              certains des modèles conservés dans les Archives.
contributions au
monde de la mode.

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Renseignements Pratiques

Pour plus d’information :
Zuriñe Abasolo Izarra
zurine.abasolo@fbalenciaga.com
T 943 004 777
M 647 410 775

HORAIRES DU MUSÉE
JUIN, SEPTEMBRE ET OCTOBRE
Mardi – dimanche, 10 h 00-19 h 00
JUILLET ET AOÛT
Lundi – dimanche, 10 h 00-19 h 00
NOVEMBRE – JANVIER
Mardi – dimanche, 10 h 00-15 h 00

VISITES GUIDÉES
Le musée propose des visites guidées gratuites d’une durée d’une
heure, les week-ends et les jours fériés. En juillet et en août, les
visites guidées sont programmées tous les jours.
Matin, 11 h 00 et 12 h 30.
Après-midi, 17 h 00 (mars – octobre).
Visites privées disponibles toute l’année.
cristóbal balenciaga museoa

Aldamar Parkea 6
20808 Getaria – Gipuzkoa – España
T 943 008 840
info@cristobalbalenciagamuseoa.com
www.cristobalbalenciagamuseoa.com

Biarritz — 71km
Bilbao — 81km
Donostia / San Sebastián — 25km
Iruña-Pamplona — 97km
Vitoria-Gasteiz — 83km

GPS
43° 18’6.92’’ N
2° 12’ 18.77’’ W
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