Décès de Michel Schneider (1944-2022)

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Décès de Michel Schneider (1944-2022)
© Société Psychanalytique de Paris

Décès de Michel Schneider
(1944-2022)

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                                                  « Les livres sont écrits dans le dos de
                                                  l’amour. À l’autre on réclame : “Dis-moi
                                                  que j’existe.” Il arrive qu’il réponde, et je
                                                  crains qu’il ne soit le seul à pouvoir le
                                                  faire…» ( Lu et entendu, Fil Rouge, PUF,
                                                  2013)

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https://www.spp.asso.fr/cdl_annee_article/2022/
Décès de Michel Schneider (1944-2022)
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La SPP a la très grande tristesse d’annoncer le décès de Michel
Schneider (1944-2022), psychanalyste, musicien et musicologue,
écrivain, et haut fonctionnaire.

Dans son activité de psychanalyste, Michel Schneider était proche
de l’APF, et avait travaillé avec J.-B. Pontalis à la rédaction de la
Nouvelle Revue de Psychanalyse.

Il a dirigé des séminaires cliniques et de littérature, et a occupé
une place particulière dans le monde psychanalytique ; ses
positions critiques par rapport à Lacan (Lacan : les années fauves,
2010), ses analyses sociologiques (Big Mother, 2003), se
conjuguaient avec une écriture littéraire de grande qualité. On lui
doit des romans : Comme une ombre (2011) et le plus récent,
L’homme aux livres (2021), ainsi que beaucoup d’essais
biographiques, dont celui sur Glenn Gould, (GlennGould, piano
solo, 1988) ou le « roman psychanalytique » : Marylin, dernières
séances (2006) ainsi qu’un travail sur Proust, Maman ( 1999). Prix
Medicis essai en 2003 pour Morts imaginaires, il avait écrit des
articles psychanalytiques réunis dans le volume Lu et entendu, en
2013.

Michel Schneider a eu une présence marquante auprès de ses
collègues psychanalystes, et la peine est très grande de le savoir
disparu.

Ses obsèques auront lieu le 29 juillet prochain au Crématorium du
Père – Lachaise à 14H30.

La SPP présente ses condoléances très chaleureuses à ses enfants
et à sa famille.

                                                                                  page 2 | 21

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Décès de Michel Schneider
(1944-2022)

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                                                                     La SPP a la très grande
                                                                     tristesse d’annoncer le
                                                                     décès de Michel Schneider
                                                                     (1944-2022),
                                                                     psychanalyste, musicien et
                                                                     musicologue, écrivain, et
                                                                     haut fonctionnaire.

Dans son activité de psychanalyste, Michel Schneider était proche
de l’APF, et avait travaillé avec J.-B. Pontalis à la rédaction de la
Nouvelle Revue de Psychanalyse.

Il a dirigé des séminaires cliniques et de littérature, et a occupé
une place particulière dans le monde psychanalytique ; ses
positions critiques par rapport à Lacan (Lacan : les années fauves,

                                                                                       page 3 | 21

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2010), ses analyses sociologiques (Big Mother, 2003), se
conjuguaient avec une écriture littéraire de grande qualité. On lui
doit des romans : Comme une ombre (2011) et le plus récent,
L’homme aux livres (2021), ainsi que beaucoup d’essais
biographiques, dont celui sur Glenn Gould, (GlennGould, piano
solo, 1988) ou le « roman psychanalytique » : Marylin, dernières
séances (2006) ainsi qu’un travail sur Proust, Maman ( 1999). Prix
Medicis essai en 2003 pour Morts imaginaires, il avait écrit des
articles psychanalytiques réunis dans le volume Lu et entendu, en
2013.

Michel Schneider a eu une présence marquante auprès de ses
collègues psychanalystes, et la peine est très grande de le savoir
disparu.

Ses obsèques auront lieu le 29 juillet prochain au Crématorium du
Père – Lachaise à 14H30.

La SPP présente ses condoléances très chaleureuses à ses enfants
et à sa famille.

« Les livres sont écrits dans le dos de l’amour. À l’autre on
réclame : « Dis-moi que j’existe. » Il arrive qu’il réponde, et je
crains qu’il ne soit le seul à pouvoir le faire… ( Lu et entendu, Fil
Rouge, PUF, 2013).

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Décès de Gérard                                                                   Jover
(1951-2022)

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C’est avec une très grande tristesse que nous apprenons le décès
de notre Collègue et ami Gérard Jover.
Gérard Jover était psychiatre, psychanalyste, pembre de la SPP et
du Groupe Toulousain depuis 1992. Il exerçait en libéral à
Toulouse notamment auprès d’enfants et adolescents et était
expert auprès des tribunaux. Durant de nombreuses années, il est
intervenu à l’AAT (Association Accueil Toxicomanie) après avoir
collaboré à la Guidance Parentale. Il partageait sa retraite entre
Biarritz et Toulouse.

Décès de Geneviève Haag
(1933-2022)

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                                                                                  grande tristesse
                                                                                  que         nous
                                                                                  apprenons       le
                                                                                  décès         de
                                                                                  Geneviève Haag.

Geneviève Haag a été une grande figure de la psychanalyse avec
l’enfant. Nous perdons une collègue estimée et une chercheuse
infatigable. Sa vitalité, sa curiosité intellectuelle et son
intérêt profond pour la psychanalyse et la psychanalyse avec
l’enfant, son appétit pour la transmission nous manqueront. A
nous de continuer à faire vivre sa pensée…

                                                                             La SPP, 6 juillet 2022

Le parcours de Geneviève Haag

                                                                         par Hélène Suarez Labat

Geneviève Haag était psychiatre, ancienne interne des hôpitaux
psychiatriques de la Seine. En 1964, elle est appelée par le Pr
Didier Duché pour rejoindre l’équipe de L’Institut Médico Educatif
Marie-Auxiliatrice à Champrosay (Essonne). Elle en deviendra le
médecin chef, et y créera, dans les années 80, des dispositifs

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innovants de soins individuels et groupaux destinés aux enfants
atteints de troubles polyfactoriels présentant des troubles
autistiques sévères.

Dans les années 60, elle rejoint le Dr Henri Sauguet à L’Institut
Claparède à Neuilly sur Seine. Elle y rencontre James Gammill qui
devient un de ses superviseurs. Il l’engage à établir des contacts
avec les psychanalystes anglo-saxons qui s’occupent d’autisme.

A l’institut Claparede, elle a occupé les fonctions de médecin
consultant et de psychothérapeute auprès des enfants qui
présentaient, pour certains, des états autistiques. Elle les recevait
avec leur famille, avec leurs frères et sœurs, s’intéressait de plus
en plus au développement du bébé en ayant bénéficié des
transmissions de Frances Tustin et de Esther Bick, dont elle fut
l’élève. Elle créa une équipe pluridisciplinaire dynamique avec
des dispositifs novateurs et une méthode de travail
psychanalytique extrêmement rigoureuse.

Infatigable chercheuse, Geneviève Haag a publié de nombreux
articles depuis 1977 où elle a présenté avec Cesar et Sara Botella
au Congrès des psychanalystes de langues romanes
une conférence princeps : « En deçà du suçotement » ; elle a
ouvert la voie à de nombreuses recherches et à la publication de
300 articles, traduits en différentes langues. En 2018, elle
a obtenu le 56ème Prix Maurice Bouvet pour son ouvrage paru
aux Puf « Le moi corporel. Autisme et développement ». Un
deuxième ouvrage paraîtra en Août 2022 qui retrace l’histoire et
l’actualité de ses recherches sur les processus de changement
dans l’autisme : « La grille d’évaluation de l’autisme » aux Puf.

Ses travaux se situent au carrefour de plusieurs chemins, où elle a

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croisé des pionniers de la psychanalyse et des espaces psychiques
primitifs, qui ont, eux aussi, défriché les voies empruntées par le
négatif. Elle avait installé un dialogue avec plusieurs
psychanalystes dont André Green, Piera Aulagnier, Didier Anzieu,
Michel Soulé, Florence Guignard, Didier Houzel, Bernard Golse,
Maria Rhode et David Rosenfeld. On retrouve également dans
ses travaux un prolongement du travail winicottien de défrichage
des relations entre soma, psyché, création des espaces
psychiques, avec lesquels elle faisait des liens avec ses
propres découvertes relatives au moi corporel et à l’image du
corps. C’est en 1983 qu’elle était devenue membre de la SPP.
C’est autour de Donald Meltzer et Marta Harris et de leur
venue régulière en France que fut créé en 1973 le Gerpen auquel
Geneviève participa activement. En 2004, elle créa la CIPPA en
demandant à M.D. Amy de la rejoindre pour l’aider à organiser
le rassemblement des psychanalystes s’occupant des personnes
autistes, à promouvoir des recherches, et à organiser des débats
avec d’autres disciplines ; aujourd’hui la CIPPA est devenue une
association au rayonnement international qui conserve l’esprit de
recherche transmis par Geneviève Haag.

Geneviève Haag aimait les liens avec l’esthétique, elle nous laisse
une œuvre riche de découvertes et de nouvelles perspectives de
recherches à venir. Comme elle aimait souvent dire : « Nous
n’avons pas fait le tour de cette question ou de ce problème ».
Ainsi elle cherchait toujours à découvrir de nouveaux chemins
empruntés par les processus et leurs mises en sens pour penser
les intégrations du rythme et de ses fantaisies. Elle a rejoint
son mari Michel Haag avec qui le dialogue était incessant.

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LOU ANDREAS SALOMÉ –
La compreneuse

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d’Annie Anargyros

Connue pour sa beauté, sa brillante intelligence et sa réputation
de femme libre, Lou Andreas Salomé fut le grand amour de
F.Nietsche et de R.M.Rilke. Très célèbre et appréciée pour son
talent de romancière, d’essayiste et de critique d’art, elle vivait à
Berlin. Déjà féministe, elle pensait que la femme devait
revendiquer sa liberté – n’être fidèle qu’à elle-même.
C’est en septembre 1911 que se produisit pour Lou un événement
qui allait changer sa vie : elle rencontra Sigmund Freud. Elle lui
écrivit : « Depuis le Congrès de Weimar, je désire me consacrer
dans tous les sens du mot à la Cause de la psychanalyse. »
Après son installation à Göttingen, un échange de lettres fidèle,
régulier et affectueux la lie à Freud. Il apprécie tous les écrits de
Lou et les fait éditer dans la Revue Imago. Lou A. Salomé restera
une grande théoricienne. Souvent lyrique, alliant la recherche
scientifique à l’écriture littéraire, son œuvre frappe par son
audace et sa modernité.

Annie Anargyros est psychanalyste, ancien membre titulaire de la

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S.P.P., auteur de plusieurs livres sur des écrivains russes : Tolstoï,
Tchékhov, Tourgueniev.

Acheter sur le site de l’éditeur : www.editions-harmattan.fr

Données éditoriales L’Harmattan, Paris. Broché – format : 13,5 x
21,5 cm • 244 pages ISBN : 978-2-343-25058-8 — 24,50 €

Position psychanalytique
contre   le   dogmatisme
appliqué à l’autisme

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                                                                                  page 10 | 21

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El Niño de Elche. Obra de
Martin Gimenez Laborda.

Depuis des décennies il est répété en boucle par certains que les
psychanalystes ont commis des erreurs et des fautes à l’égard des
personnes autistes et de leurs parents avec des
hypothèses étiologiques non scientifiques et culpabilisantes. Ces
affirmations ne sont pas infondées mais elles ne sont plus
d’actualité et j’attends qu’un historien professionnel fasse un
travail documenté centré sur cette question complexe “les
psychanalystes et l’autisme”.
Le document en français et en anglais signé par des collègues de
plusieurs pays : Landman Patrick, Leguil François et J-C. Maleval,
est à télécharger ici.

Brochure Autisme : POSITION PSYCHANALYTIQUE CONTRE LE
DOGMATISME APPLIQUÉ À L’AUTISME

                                                                                  page 11 | 21

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Annie Anzieu, Psychanalyste
de l’enfance. Du corps aux
langages, destins de l’affect

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Sous la direction de Sesto Marcello Passone avec la collaboration
de Dominique Fessaguet.
Avant-propos de Xavier Giraut.

GROUPES, SOCIÉTÉ EUROPÉENNE POUR LA PSYCHANALYSE
DE L’ENFANT ET L’ADOLESCENT (SEPEA)

Un livre hommage à Annie Anzieu et à sa passion clinique et
théorique pour la psychanalyse de l’enfant

Plus de quinze analystes de différents pays rendent hommage à
Annie Anzieu (1924-2019), en dialoguant avec la longue et riche
expérience d’une analyste fine et déterminée. Figure significative
de la psychanalyse française, membre de l’APF, Annie Anzieu avait
pour l’enfance une authentique passion clinico-théorique.

Après avoir introduit la psychanalyse avec l’enfant à l’Hôpital de
la Pitié Salpêtrière – à l’invitation de Daniel Widlöcher, en 1994 –
Annie Anzieu fonde, avec Florence Guignard, la Société
européenne pour la Psychanalyse de l’enfant et de l’adolescent
(SEPEA), lieu d’échanges pluriels, de recherche et de transmission

                                                                                  page 12 | 21

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unique dans ce domaine en Europe.

Les contributions présentes dans ce volume, sous la plume de
collègues, élèves et lecteurs, témoignent de l’intérêt des apports
théorico-cliniques et de technique psychanalytique d’Annie Anzieu
dans la cure de l’enfant. La place originaire du corps et celle des
affects occupent le premier plan dans l’écoute psychanalytique
ainsi que leurs destins de transformation en langages symboliques
pour le soi en devenir parmi les autres.

Des thématiques devenues celles d’une psychanalyse
contemporaine ; elles concernent tout âge et toute cure
analytique, des enfants comme des adultes.

AUTEURS : Maria Luisa Algini, Christine Anzieu-Premmereur,
Loïse Barbey-Caussé, Myriam Boubli, Dominique Fessaguet,
Teresa Flores, Annette Fréjaville, Xavier Giraut, Bernard Golse,
Florence Guignard, Didier Houzel, Agnès Lauras-Petit, Nicole
Llopis-Salvan, Sesto-Marcello Passone, Rémy Puyuelo, Luis
Rodriguez de la Sierra, Hélène Suarez Labat, Manuela Utrilla
Robles.

 Lire le sommaire Annie Anzieu, Psychanalyste de l’enfance

Voir sur le site de l’éditeur

Données éditoriales Éditions In Press                                             ISBN/EAN
978-2-84835-746-1 – 250 pages — 20,00€

                                                                                    page 13 | 21

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25-26 Juin 2022. Week-end
de travail à l’Institut de
Psychanalyse de Paris : « Le
Channel project ».

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                                                                     Le “Channel project” est
                                                                     une initiative commune
                                                                     dont le but est de favoriser
                                                                     des échanges stimulants et
                                                                     créatifs au sein de l’IPSO
                                                                     entre des analystes en
                                                                     formation de la British
                                                                     Psychoanalytical Society et
                                                                     ceux      des     sociétés
                                                                     psychanalytiques
                                                                     françaises de l’IPA. Dans le
                                                                     contexte actuel de remise
                                                                     en question de notre
                                                                     discipline, doublé d’un
                                                                     certain repli sur soi, il nous

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                                   semble important de
prolonger la tradition psychanalytique qui existe depuis de
nombreuses années, en créant du lien entre les différents
instituts de l’IPA.

Nous avons donc créé un petit groupe de travail afin de partager
notre clinique et les similitudes et différences de nos cursus
respectifs, avec plusieurs rencontres annuelles par zoom et deux
week-ends par an, l’un à Paris et l’autre à Londres, une journée
étant consacrée à la clinique ( deux cas, l’un « français » , l’autre
« anglais ») et l’autre à la lecture d’un texte. Samedi dernier, nous
avons eu la chance de commencer notre première
journée avec Ellen Sparer à nos côtés, qui a commenté la clinique
d’une de nos collègues de la BPS, suivie d’un déjeuner dans un
bon restaurant italien de la Butte aux Cailles.

C’est une première expérience qui, nous l’espérons, suscitera le
désir chez nos collègues de futurs travaux communs entre la
France et le Royaume Uni.

Les Néosexualités, autour
de   l’œuvre   de   Joyce
McDougall

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Auteur(s) : Laure Bonnefon-Tort
Mots clés : Joyce McDougall

Conférence de Laure Bonnefon-Tort donnée le 12 mai 2022 dans
le cadre des Conférences d’Introduction à la Psychanalyse de
l’Adulte

            Compte rendu écrit par Keren Shemesh, membre de la S.P.P.

Laure Bonnefon-Tort, qui a eu la chance de connaître Joyce
McDougall et de l’avoir eue comme superviseuse, nous a parlé,
avec enthousiasme et émotion, de sa pensée novatrice, de sa
sensibilité à la souffrance humaine ainsi que de sa liberté d’esprit.

Son originalité, à la fois en tant que théoricienne et clinicienne,
est certainement liée à son parcours singulier : Née en Nouvelle
Zélande, elle fut formée à Londres, chez Anna Freud, puis en
France, où elle devint, en 1961, membre titulaire de la SPP.

Joyce McDougall est à la recherche du sens à partir du vécu
émotionnel de l’enfance et elle met l’accent sur le lien entre
psychose et création (son premier livre, Dialogue avec Sammy
(1960/84), préfacé par Winnicott, est le premier compte rendu
d’une psychanalyse d’un enfant psychotique). Contrairement à
Lacan, qui met l’accent sur la structure psychique, on retrouve
plutôt chez Mc Dougall l’idée freudienne du continuum entre les
structures, entre le normal et le pathologique.

Elle découvre le lien entre la création des pièces de théâtre
intérieures dans l’enfance et la sexualité de l’adulte. Dans
Plaidoyer pour une certaine anormalité (1978), livre qui lui donne
sa renommée internationale, elle interroge « le mythe de la

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normalité ». Bien qu’elle y emploie les termes de « perversion » ou
de « déviance », comme il était d’usage à son époque, elle montre
une très grande ouverture d’esprit et associe la normalité à la
« face cachée de la lune ».

Le travail avec McDougall, comme en témoigne Laure Bonnefon-
Tort, apprend à rester fidèle à la neutralité bienveillante qui ne
rime en aucun cas avec l’indifférence. Il s’agit de mettre entre
parenthèses nos jugements de valeurs. En effet, dans certains
domaines, et surtout quand il s’agit de la sexualité, nos jugements
sont inconsciemment infiltrés par des normes.

Dans les années 70, l’homosexualité est encore souvent classée
parmi les perversions (la dépénalisation de l’homosexualité en
France date de 1982 et sa sortie du DSM seulement de 1973).
Pour Laure Bonnefon-Tort, McDougall est pionnière de par son
approche libre de la sexualité ; elle cite également Évelyne
Kestemberg qui, à l’époque, a également critiqué toute attitude
moralisatrice envers l’homosexualité, soulignant cependant,
qu’elle pense que celle-ci proposait une vision édulcorée et
normative de l’homosexualité féminine. Laure Bonnefon-Tort se
demande d’ailleurs si l’association entre féminité et maternité ne
serait pas à l’origine de la suppression de tout élément de
masculinité quand il s’agit de l’homosexualité féminine.

Pour nous donner une idée du style de McDougall, Laure
Bonnefon-Tort nous propose un extrait de l’analyse de Jason, un
cas clinique figurant dans Éros aux 1001 visages : initialement, la
demande d’analyse de cet homme est centrée sur des obsessions
qui envahissent sa vie ainsi que sur des pratiques sexuelles
sadomasochistes compulsives. Dans cet extrait, Jason, qui aime,
entre autres, se faire pénétrer par les femmes, veut être reconnu

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comme homosexuel alors qu’il ne se sent pas attiré par les
hommes. Il exprime sa colère envers son ancien analyste qui lui
disait qu’il n’était pas homosexuel car il n’avait jamais couché
avec un homme. Voici l’intervention de McDougall : « Il me semble
qu’il y a deux Jason qui parlent ici : l’un est homosexuel et veut
qu’on lui donne un pénis afin de devenir un homme et l’autre,
hétérosexuel, veut faire l’amour avec une femme, avec le fantasme
de se voir attribuer par elle le pénis. » (Eros, p.248). Faisant le
lien avec la clinique actuelle, Laure Bonnefon-Tort remarque que
nos patients d’aujourd’hui, investissant une identité de genre plus
fluide, ne cherchent plus forcément à déterminer s’ils sont
« homo ou « hétéro. »

Le regard neutre de McDougall est un prolongement du regard
original de Freud, tel qu’il l’exprime dans les Trois essais. Freud
mettait en cause la représentation courante selon laquelle les
deux sexes sont naturellement attirés l’un vers l’autre, soulignant
que la pulsion n’a ni objet ni but naturel. Pourtant, certains
analystes ont rejoint un discours conservateur et moralisateur.
Selon McDougall, le choix de l’objet sexuel ne permet en rien de
déterminer un fonctionnement psychique : il existe autant de
variété d’actes et de formes de relations homosexuelles
qu’hétérosexuelles. Elle va même plus loin et refuse de ranger les
patients dont les pratiques sexuelles sont jugées comme
particulières dans la catégorie des « pervers » et propose
d’introduire le terme de néosexualité pour décrire tous les
comportements qui s’écartent des normes homosexuelles et
hétérosexuelles, et cela pour plusieurs raisons : tout d’abord pour
éviter le terme de perversion, de nature morale, ayant une
connotation péjorative et par là une influence sur la relation entre
l’analyste et son patient (via le contre transfert). La deuxième

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raison est liée à la pertinence clinique. Face au nombre infini de
variants, McDougall refuse les étiquettes issues des classifications
standards. Le troisième point : ce nouveau terme lui permet de
mettre en valeur l’aspect novateur, la « réinvention de l’acte
sexuel », chez certains, en lien avec leur histoire et éventuels
traumas. Laure Bonnefon-Tort cite McDougall dans Plaidoyer :
« Si on répugne à être « ordinaire » on ne désire pas pour autant
être anormal ». La quatrième raison précise et restreint le terme
de « perversion », il est donc réservé uniquement aux cas où il
s’agit d’une relation sexuelle imposée à un individu non
consentant ou non responsable, agissements sexuels qui sont par
ailleurs condamnés par la loi.

McDougall nous invite à nous interroger sur l’origine de nos
propres jugements et à nous poser certaines questions par rapport
à notre choix du métier d’analyste, et Laure Bonnefon-Tort la cite :
« Avons-nous remplacé notre désir voyeuriste de surprendre les
secrets de la scène primitive par l’admirable désir de savoir ? Ou
encore avons-nous substitué à notre désir de posséder à la fois la
fertilité masculine et féminine de nos parents celui de créer des
théories explicatives concernant nos analysants ? Avons-nous
remplacé notre culpabilité d’avoir fantasmé des attaques contre
les objets significatifs de notre monde interne par le besoin de
réparer et de guérir le monde psychique des autres?… » (Eros,
p.273). Luttant contre la standardisation et le passage par des
schémas tout faits, McDougall nous rappelle qu’il est en fait aussi
compliqué d’expliquer comment on devient hétérosexuel
qu’homosexuel ou néosexuel…

Comment donc faire la part des choses entre sexualités et
néosexualités ? Le seul critère de distinction, selon McDougall, est

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la souffrance du sujet, à nouveau, elle évite les étiquettes. Depuis
Plaidoyer, l’idée centrale de McDougall, peut se résumer ainsi :
névrose, psychose, perversion, œuvre d’art, maladie
psychosomatique sont à entendre comme des créations du sujet.
La créativité à l’œuvre en chacun est au service de la recherche
d’une solution psychique. Cette solution, cette tentative d’auto-
guérison revient à éviter une catastrophe. Fidèle à la métaphore
théâtrale, McDougall nous invite donc à reconstruire avec nos
patients, lorsqu’ils sont en souffrance, le sens caché des mises en
scène complexes qu’il ont créées dans leur sexualité mais dont la
signification leur échappe. Comme elle le rappelle dans Théâtres
du Je, il s’agit de pièces de théâtre lacunaires, dont l’auteur lui-
même a perdu le sens originel. Elles constituent des solutions
psychiques face aux angoisses primordiales des sujets. Afin
d’illustrer ce travail de reconstruction analytique, Laure
Bonnefon-Tort nous apporte plusieurs exemples cliniques, tirés
des œuvres de McDougall, nous démontrant ainsi la richesse
clinique de sa pensée.

À la fin de sa conférence, Laure Bonnefon-Tort cite le dernier
chapitre du dernier livre de McDougall, qui s’intitule « En quête
d’un nouveau paradigme pour la psychanalyse ». Celui-ci
témoigne de sa clairvoyance et de sa capacité d’anticipation car
elle y souligne que l’axe du travail analytique semble se déplacer
du « droit d’aimer et de travailler », à celui du « droit d’exister »
(Eros, p298).

Pour conclure, soulignons que la riche discussion qui a suivi a
permis de préciser quelques points supplémentaires, notamment,
le lien, sur lequel insiste McDougall, entre sexualité et trauma, un
trauma universel, né souvent de la découverte de la différence des

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sexes. La solution néosexuelle serait donc une manière de
surmonter une angoisse. McDougall, qui était moins silencieuse
que d’autres analystes de sa génération, proposait un holding par
la parole et dans une attitude très bienveillante accordait une
attention particulière au contre transfert, y compris au contre
transfert corporel.

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