FRUITS & LÉGUMES BIOLOGIQUES - Journées techniques 24-25 janv. 2018 - Itab
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©Aude Coulombel - ITAB
24-25 janv. 2018
à Paris
Journées techniques
FRUITS & LÉGUMES BIOLOGIQUES
Qualité et conservation
www.itab.asso.frJournées techniques
FRUITS & LÉGUMES BIOLOGIQUES
24 & 25 JANVIER 2018 À PARIS
Depuis 2000, ces journées d’échanges techniques sont devenues un rendez-vous incontournable
des acteurs des filières fruits et légumes bio.
Ces journées techniques sont le lieu de rencontres et de discussions privilégiées entre tous les ac-
teurs des filières fruits et légumes : représentants de la recherche et du développement, producteurs,
transformateurs, distributeurs, jusqu’aux consommateurs.
Cet événement a un double objectif :
• Valoriser les travaux de recherche/expérimentation sur une ou plusieurs thématiques
d’intérêt pour les filières Fruits et Légumes biologiques. La thématique centrale des journées
techniques 2018 est : qualité et conservation des fruits et légumes bio.
• Identifier les leviers techniques à mobiliser pour améliorer la qualité et la conservation des
fruits et légumes bio afin d’initier et orienter des actions collectives.
Cette édition est organisée en plusieurs sessions transversales ou par filières, visites de terrain, et
ateliers. Ils mêleront des interventions scientifiques et techniques, des témoignages de praticiens,
et laisseront également une large place aux échanges.
Un événement organisé par ITAB Lab
page 2 page 3ITAB Lab, association pour la recherche et l’innovation Bio, est un collectif Une identité fondée sur des valeurs communes
d’acteurs engagés en faveur de la recherche et de l’innovation, de la coordination • Respect des principes fondamentaux d’IFOAM (santé, équité, écologie et précaution)
et de la capitalisation des connaissances en AB
• Respect des besoins des professionnels
• Rigueur scientifique
ITAB Lab : acteur de la R&D en AB
• Ouverture vers d’autres types d’agriculture, d’autres interlocuteurs
au niveau national et européen
• Fonctionnement par consensus, respect, confiance et transparence, engagement
Le rapprochement institutionnel des membres d’ITAB Lab facilite la production de connaissances
et de références. Ainsi les membres d’ITAB Lab ont ensemble impulsé des travaux et collaboré ces
5 dernières années dans une quarantaine de projets d’ampleur nationale voire européenne, sur les Les membres fondateurs
thématiques suivantes : conception et évaluation de systèmes de grandes cultures biologiques,
gestion des adventices et de la fertilité des sols, criblage variétal et sélection végétale, protection des ITAB Lab a été créé en septembre 2017 par l’ITAB, le CIVAM Bio 66, le CREAB, IBB, la Ferme de
cultures (alternatives au cuivre, biodiversité, huiles essentielles, infra-doses de sucre), références tech- Thorigné d’Anjou, la FRAB Nouvelle Aquitaine, le GRAB, et le Pôle Bio Massif Central.
niques en systèmes légumiers et maraîchers, alimentation des monogastriques, systèmes fourragers,
gestion de la santé animale, production de références technico-économiques, agroforesterie…
ITAB Lab acteur de la R&D en AB en région
Le partenariat ITAB Lab s’inscrit également dans les territoires régionaux. La connaissance des
besoins du terrain/des professionnels fait d’ITAB Lab un acteur incontournable de la R&D en AB.
A ce jour, ITAB Lab est présent dans 6 régions.
8 structures
100% impliquées
dans la recherche Bio
40 projets
nationaux ou européens
100 salariés
dans 6 régions
600 agriculteurs
impliqués
dans les projets Contact
d’expérimentation Laetitia Fourrié, ITAB, coordinatrice ITAB Lab : laetitia.fourrie(a)itab.asso.fr
230 ha
dédiés à la recherche
page 4 page 524 JANVIER 2018
SESSION INTRODUCTIVE TRANSVERSALE .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . page 8
ATELIER LÉGUMES
Quels freins techniques au développement de la filière fruits
et légumes bio ? Où en est la recherche/ expérimentation en France ? Quelques généralités sur la conservation des légumes
Muriel Millan et Prisca Pierre (Ctifl) Catherine Mazollier (Grab).. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . page 36
Conservation du potimarron : choix variétal et stratégies de stockage
SESSION « ASSOCIER FRUITIERS ET LÉGUMES Maët Le Lan et Solenn Pérennec (Chambre d’Agriculture de Bretagne). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . page 38
SUR SON EXPLOITATION » . .................................................................................................... page 9
Stockage et conservation des légumes d’hiver
Un projet pour mieux connaître les systèmes agroforestiers Fabris Trehorel (Douar Den). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . page 42
associant fruitiers et cultures maraîchères
François Warlop (Grab) et les partenaires du projet.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . page 10
Retour d’expérience verger-maraîcher : Une approche agronomique globale
Guillaume DUHA (Gabb 32).. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . page 13 25 JANVIER 2018
SESSION CONSERVATION DES FRUITS ET LÉGUMES page 14
VISITES AU MARCHÉ D’INTÉRÊT NATIONAL DE RUNGIS
.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
............................ page 44
Effect of organic production systems on nutritional quality
& postharvest performance of horticultural produce . ........................................ page 14 ATELIER ARBORICULTURE .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . page 44
Effet des pratiques culturales sur la qualité nutritionnelle
et post-récolte des fruits et légumes .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . page 17 Comment suivre simplement la biodiversité au verger ?
Dr Maria Luisa Amodio (Université de Foggia, Italie) François Warlop (Grab)
Témoignage d’un arboriculteur en Ile de France
L’autoconstruction paysanne : le fait-maison des systèmes thermiques Jean-Marc Gaillard
Jonas Miara, architecte (Atelier Paysan) .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . page 18
Forum de Campagne
Auto-construction de chambres froides en matériaux naturels : témoignage Diane Pellequer (Fnab), Gilles Libourel et Claude-Éric Parveaud (Grab)
de Philippe Bilocq, arboriculteur et viticulteur biologique
Philippe Bilocq (agriculteur).. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . page 20
SESSION BIO-ELECTRONIQUE DE VINCENT (BEV) :
DE LA THÉORIE À LA PRATIQUE ...................................................................................... page 46
ATELIER FRUITS
Bioélectronique de Vincent : bases scientifiques, domaines d’application
Recherche et expérimentations pour optimiser la date de cueillette et limiter et difficultés méthodologiques d’après O.Husson (Cirad)
les pertes de fruits après récolte. Que fait le CRA-W ? Rodolphe Vidal & Bruno Taupier-Letage (Commission Qualité Itab)
Audrey Pissard, Laurent Jamar, Vincent Baeten, Marc Lateur (Cra-W).. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . page 24 Mathieu Conseil (Pôle Légumes Itab)
Techniques post-récolte pour désinsectiser et désinfecter les fruits
Sébastien LUROL (Ctifl) - Florence CHARLES (Université d’Avignon) -
Marc CHILLET et Catherine BRABET. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . page 30
Douchage en ligne post-récolte à l’eau chaude pour réduire
les monilioses sur pêches et nectarines
Lorenzo CROVARA (Crovara) et Sébastien LUROL (Ctifl). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . page 33
page 6 page 7JOURNÉES TECHNIQUES SESSION
24 JANVIER 2018 À PARIS « ASSOCIER FRUITIERS
ET LÉGUMES SUR SON
EXPLOITATION »
La demande d’accompagnement pour la
SESSION Quels freins techniques création de « vergers maraîchers » est im-
portante. Elle résulte de plusieurs facteurs
INTRODUCTIVE au développement de la conjugués : relocalisation agricole, explosion
des circuits courts, production en AB ou sans
TRANSVERSALE filière fruits et légumes bio ? intrants phytosanitaires, foncier restreint...
Cet accompagnement nécessite d’avoir suf-
Où en est la recherche/ fisamment d’éléments techniques de terrain,
Recherche - expérimentation en Fruits et Légumes
Biologiques : travaux réalisés et adéquation avec expérimentation en France ? mais il est très délicat de proposer des réfé-
rences standard pour l’ensemble des vergers
les besoins de la filière
maraîchers, étant donnée la grande disparité
de ces systèmes innovants et encore peu fré-
En 2017, à la demande du Comité Bio d’Inter- quents.
fel, le Ctifl a mené une étude visant à réaliser Le projet SMART (Systèmes Mixtes Agrofo-
un état des lieux des besoins techniques et restiers : création de Références Techniques
des travaux de recherche et d’expérimenta- et économiques) a permis de construire une
tion dans le domaine des fruits et légumes en expertise sur les vergers maraîchers en hy-
Agriculture Biologique en France (ou intéres- bridant les connaissances de producteurs, de
sant l’AB), en stations d’expérimentation ou conseillers et de chercheurs. Il répond ainsi
chez les producteurs. à cette demande de références et a aussi
Cette étude complète une précédente datée permis de recueillir un certain nombre d’ex-
de 2013. Elle vise à formuler des recomman- Muriel Millan et Prisca Pierre (Ctifl)
Contacts : millan@ctifl.fr ; pierresp@ctifl.fr périences intéressant les maraîchers ou por-
dations techniques aux instituts techniques et teurs de projet souhaitant développer sur leur
organismes de recherche concernant les pro- ferme une production de légumes associée à
grammes de recherche-expérimentation en Résumé de l’intervention une production fruitière.
AB, afin d’accompagner le développement
de la production biologique de F&L. Le développement de la production et de la
consommation française de fruits et légumes
biologiques, soulève un certain nombre de
problématiques techniques tant de production
que de commercialisation.
Les travaux menés en France peuvent concou-
rir à y répondre de manière directe ou indirecte
sans qu’il existe une stratégie de recherche/
expérimentation spécifique à cette filière.
Le comité Bio d’Interfel a donc souhaité iden-
tifier les verrous techniques et technologiques
de son développement, connaître les efforts
de recherche/expérimentation pouvant ac-
tuellement y répondre afin d’identifier les do-
maines lacunaires.
Pour cela le Ctifl avec l’appui de plusieurs ex-
perts a réalisé un diagnostic des recherches/
expérimentations menées d’intérêt pour la
filière bio en France en 2017, afin de pouvoir
établir une stratégie de développement de la
recherche/expérimentation de la filière fruits
et légumes biologiques.
Dessin Philippe Leclerc
Références Dessins Philippe Leclerc
Pas encore de publication.
page 8 page 9JOURNÉES TECHNIQUES Résultats
24 JANVIER 2018 À PARIS La finalité centrale du projet est de produire
plus de connaissance et d’échange sur les sys-
été mis en ligne[1] et largement diffusé pour faire
un inventaire des fermes. Il a permis de collec-
tèmes agroforestiers de type verger-maraîcher ter plus de 145 réponses à ce jour, dont certains
en France. Des fermes en agroforesterie asso- projets encore en gestation. Ce questionnaire a
ciant maraîchage et fruitiers existent en France permis de tirer des premiers enseignements sur
et il était nécessaire de les recenser pour mieux les parcelles existantes et de créer une cartogra-
les connaître. Dès 2013, un questionnaire a donc phie des parcelles dès le printemps 2014.
Un projet pour mieux Introduction
connaître les systèmes L’agriculture française doit relever un grand
nombre de défis. Elle doit profondément évoluer
agroforestiers associant pour alléger son empreinte environnementale,
tout en restant viable et performante.
fruitiers et cultures Plusieurs constats nous ont conduits à réfléchir à
l’intérêt d’étudier l’association des fruitiers et des
maraîchères cultures maraîchères :
• les fruitiers sont parmi les cultures les plus
fragiles et donc les plus traitées ;
• certains maraîchers diversifiés et organisés en
circuits courts souhaitent augmenter leur
gamme de produits en vente, et introduire des
fruits dans leurs paniers ;
• un certain nombre de travaux existent en zone
tropicale où les systèmes agroforestiers
incluant des fruitiers ont été maintenus, mais
pas en zone tempérée ou méditerranéenne ;
• les travaux menés en Europe portent surtout A partir de ce recensement, des entretiens plus Les agriculteurs interrogés sur leurs attentes vis-
sur les essences d’arbre pour produire du bois approfondis ont été menés en 2014 auprès des à-vis du projet SMART semblent également très
François Warlop (GRAB) d’œuvre ou des plaquettes, pas des fruits ; agriculteurs volontaires, afin de former un demandeurs d’échanges entre pairs : visites de
et les partenaires du projet • de nombreux porteurs de projets s’installent en groupe d’agriculteurs prêts à participer au projet, parcelles, groupes techniques, formations tech-
Contact mail : francois.warlop@grab.fr maraîchage (demandant un investissement d’identifier leurs attentes principales en termes niques sur la gestion de ce type de système...
modeste) et sur des surfaces réduites en raison de connaissance de leurs parcelles.
du prix ou de la disponibilité du foncier : Les années 2015 et 2016 ont été consacrées à
Résumé l’intensification des pratiques est une façon de Il ressort des entretiens menés que les objectifs la mise en place des suivis sur près de 40 sites
Le nécessaire processus de relocalisation lever cette contrainte. principaux qui sont recherchés par ces agricul- retenus dans les trois régions concernées. Ces
d’une partie de la production agricole, dans Depuis plusieurs années, nous rencontrons donc teurs sont : augmentation de la biodiversité, di- suivis ont été discutés et validés entre techni-
un contexte foncier tendu, suscite une forte une forte demande pour des références tech- versification de la production pour améliorer l’au- ciens, scientifiques et agriculteurs du projet, et
demande pour des systèmes agricoles éco- niques et économiques concernant des sys- tonomie, esthétique paysagère, confort du travail pensés pour être réalisés en partie par les agri-
logiquement intensifs, associant les cultures tèmes associant les fruitiers et les légumes (ou à l’ombre... culteurs, afin de permettre la continuité des suivis
(entre autres) sur de petites surfaces. les plantes aromatiques). C’est cette demande après la fin du projet...
Ils sont par ailleurs demandeurs d’une meilleure
L’association de l’arboriculture et du maraî- professionnelle qui a généré l’idée du projet compréhension de leur système : mon système Le « kit » de suivis adressé à l’agriculteur lui
chage pour des producteurs valorisant au SMART (Systèmes Mixtes Agroforestiers : Réfé- favorise-t-il la biodiversité ? quelle est sa renta- permet de contribuer au projet de façon ponc-
détail ou en demi-gros nécessite un accom- rences Techniques et économiques). bilité ? Comment mes arbres interagissent avec tuelle, ou plus régulière et significative. Différents
pagnement technique et méthodologique mes cultures ? suivis sont proposés : observations empiriques
Ce projet a été soumis au Ministère et accepté pour
pour la conception de systèmes rustiques et sur le fonctionnement du système, protocole de
un financement sur 3 années, de 2014 à 2017.
économiquement viables. Le projet SMART comparaison du rendement selon l’éloignement
a permis une mise en réseau des maraî- Il a réuni une quinzaine de partenaires répartis des arbres, suivis de biodiversité (protocoles
chers agroforestiers, et le suivi participatif de sur 3 grandes régions. de l’OAB[2]). Des entretiens complémentaires
quelques indicateurs de performance (biodi- ont permis de mieux chiffrer les aspects écono-
versité, organisation du travail, interactions) miques et de temps de travaux.
sur un échantillon de fermes. Il a permis aux
partenaires de produire des outils d’appren-
tissage au profit des porteurs de projet : vi-
déos, fiches « ferme », guide de conception, [1] http://doiop.com/inventaire_smart
compte-rendu de visites... [2] http://observatoire-agricole-biodiversite.fr/
page 10 page 11JOURNÉES TECHNIQUES Retour d’expérience Les différents types de haies fruitières
rencontrées :
24 JANVIER 2018 À PARIS verger-maraîcher : • systèmes haie fruitière en conduite libre
(porte-greffe vigoureux ou semi-vigoureux),
une approche • systèmes en haie fruitière palissée
(porte-greffe nanifiant),
agronomique globale • différentes associations végétales sur le rang
de fruitiers (fruits rouges, vigne, espèces
sylvestres).
Plus de biodiversité dans Quelle rentabilité ? Les techniques agronomiques
les vergers-maraîchers ? Les données économiques collectées semblent alternatives
Les outils de l’OAB[3] utilisés montrent une abon- converger avec celles qui concernent les mi- Au cours des suivis réalisés, les Bios du Gers
dance plus forte en faune du sol (carabes, fourmis, cro-fermes maraîchères. Ainsi la rentabilité éco- ont observé une forte dynamique dans la mise
araignées…), et en abeilles sauvages, par rapport nomique de ces systèmes diversifiés n’est ni en œuvre de techniques agronomiques alterna-
à des vergers ou des cultures maraîchères clas- dans les priorités absolues des agriculteurs ren- tives en plus de l’adoption de l’association entre
siques. Néanmoins l’effet dominant est peut-être contrés (qui parlent plus de projet de vie), ni dans arbres fruitiers et cultures légumières sur les
davantage lié à la taille réduite des parcelles et des leurs points forts. A noter que beaucoup sont en fermes suivies.
fermes, ainsi qu’à l’environnement relativement phase de lancement avec un système encore Ces techniques sont multiples :
préservé, ou encore au fait que les agriculteurs évolutif et perfectible. Le revenu est donc un in-
utilisent très peu d’intrants, plutôt qu’à la modalité dicateur pour lequel une majorité de maraîchers • utilisation courante des couverts végétaux,
Guillaume DUHA • apports diversifiés de matière organique
agroforestière de la parcelle. sont encore insatisfaits.
(les Bios du Gers – GABB32) végétale,
Le temps de travail en systèmes mixtes est le Contact mail : technique@gabb32.org • non travail du sol (total ou occasionnel),
Comment interagissent arbres & goulot d’étranglement pour beaucoup d’agri- • traction animale.
cultures ? culteurs, qui tendent à sous-estimer le temps à Le retour d’expérience présenté est issu de Sur d’autres fermes non SMART qui possèdent
Les suivis de rendements sur un réseau de consacrer aux arbres les premières années pour l’accompagnement des producteurs suivi un verger-maraîcher on observe également l’em-
parcelles, et dans des configurations variées les installer et les former, sachant que ce temps dans le cadre du CASDAR SMART (Système ploi de techniques agronomiques alternatives,
(régions, culture, exposition...) permettent de doit augmenter encore avec des arbres en pro- Maraîchers en Agroforesterie : création de plus respectueuses de l’environnement :
dégager des tendances et de montrer qu’une duction. C’est un point de vigilance récurrent. Références Techniques et économiques). • développement de la culture en planches per-
plantation trop proche des arbres nuit aux rende- Le projet SMART s’est terminé en juin 2017, Cette présentation concerne principalement manentes (outil atelier paysan).
ments dans une majorité de cas, en dépit d’effets avec des livrables diversifiés : les 6 maraîchers suivis par les Bios du Gers.
synergisants potentiellement attendus (fertilité, Protection et valorisation du patrimoine
ombrage, service de régulation naturelle...). Des • un réseau de parcelles agroforestières fruitier local
suivis plus fins en conditions plus « standardi- • une typologie de ces fermes Le profil des maraîchers suivis
Participation des vergers maraîchers à la préser-
sées » permettraient d’aller plus loin sur ce point. • une vingtaine de fiches « ferme »
vation des espèces fruitières patrimoniales.
Les résultats ne sont toutefois pas toujours gé- • des vidéos de ferme et par entrée technique Présentation des maraîchers suivis et
Remise à la vente de certaines variétés peu ou
néralisables. • un guide de conception et de conduite de leur ferme plus vendues.
du verger-maraîcher
5 maraîchers installés à titre principal : Organisation de pépinières de reproduction
Tous ces livrables sont accessibles à partir de la • 3 maraîchers en collectif (GAEC) : passage au des espèces fruitières :
page : http://www.grab.fr/le-projet-smart-9497 GAEC en cours de suivi (ou très prochainement • pépinière individuelle,
pour 1). Les systèmes se développent et pré- • pépinière collective.
sentent une stabilité économique.
• 2 maraîchers en individuel. La dynamique Sud-Ouest
1 maraîcher cotisant solidaire Présentation de la dynamique Sud-Ouest obser-
vée autour des verger-maraîchers au cours des
Les différents types de verger-maraîcher années de suivi.
Les différents types de verger-maraîcher Présentation de la continuité locale du travail :
rencontrés : • mission service civique Bios du Gers,
• Verger maraîcher à faible écartement, • formation verger-maraîcher Bios du Gers.
verger maraîcher à écartement large.
• Verger maraîcher « cloisonnés ».
Références complémentaires
Elaboration d’un projet de poursuite de travail inter-partenaire
en cours (finalisation courant 2018) : plusieurs réunions de
travail prévues dans le Sud-Ouest avant fin juin 2018 (2 à 3).
[3] http://observatoire-agricole-biodiversite.fr/
page 12 page 13JOURNÉES TECHNIQUES Short Abstract by regulations (i.e., Reg n.889/08 in UE and the Na-
tional Organic Program in U.S.). Therefore, organic
24 JANVIER 2018 À PARIS Organic standards include a well-defined set of prac-
tices and a list of technical tools that are permitted
and conventional farming cannot indeed be defined
as two isolated and well defined clusters of agronomic
by regulation, resulting in very different systems of practices. On one hand, it is possible to have reduced
production. Organic products are mainly purchased input intensity for conventional farming systems as for
for their safety and absence of synthetic pesticide re- instance the restricted use of chemical inputs by pri-
sidues, and for claims about their high value. In our vate standards, such as for “zero pesticide residues”
previous studies we confirmed the higher antioxidant labels. To the other hand, organic farming may also be
content of organic kiwifruits and table grapes com- managed with a simple input substitution based on
SESSION Effect of organic pared to conventional fruits, at harvest and during
storage. In subsequent researches agro-ecological
the replacement of chemical fertilizers and pesticides
with organic-allowed inputs, without any complex
CONSERVATION production systems and long term strategies for the soil fertility manage- management of the agro-ecosystem. In the scientific
ment in organic farming (AGROMAN based on cover literature, this process in known as “conventionaliza-
DES FRUITS on nutritional quality & crops and animal manure, and AGROCOM based on tion” of the organic farming (Goldberger, 2011) which
vegetable sources) have been compared to conven- may be summarized as the development of organic
ET LÉGUMES postharvest performance tionalized system (namely ‘SUBST’, off-farm synthetic farming practices that might not be sustainable but
that are not excluded by organic regulations. In par-
La qualité de nombreux fruits et légumes of horticultural produce inputs are substituted with off-farm organic inputs.
Moreover, strawberry was used as model crop to ticular, the case of organic greenhouse production is
évolue fortement après la récolte, ce qui peut realize a comparison study on the effect of different a clear example of this. The high intensive production
induire de nombreuses pertes entre le pro- organic versus a conventional production systems. level recorded in greenhouse systems requires high
ducteur et le consommateur, quel que soit le Generally yield did not vary among compared sys- availability of nutrients to sustain the crop growth; as
circuit de commercialisation envisagé. tems, suggesting that with agro-ecological systems it a consequence organic growers simplify the crop ro-
was possible to synchronize the mineralization rates tation, exclude cover crops and use easily soluble or-
Pour les producteurs de fruits comme de
of organic amendments with the needs of the plants, ganic fertilizers. Focusing to the fertility management,
légumes, la maîtrise de l’effet des pratiques
and to obtain similar yields and quality of simpler and the fertilization influences not only crop performance
culturales et des différents modes de conser-
less sustainable systems (SUBST). Organically grown and crop yields, but also crop quality (taste, firmness,
vation sur la qualité et la conservation est un internal quality, storage performance). The production
strawberries resulted in higher nutritional content at
enjeu fort mais complexe, car les conditions Dr Maria Luisa Amodio techniques contribute in defining the quality characte-
harvest and maintained their initial quality better than
optimales sont très différentes au sein des (Université de Foggia, Italie) conventional strawberries. As for lamb’s lettuce, initial ristics of fresh fruits and vegetables at harvest, but a li-
gammes de fruits et légumes. Néanmoins, Contact mail: marialuisa.amodio@unifg.it differences preserving the reduced form of ascorbate mited amount of researches investigated whereas the
connaitre et maitriser les différents facteurs in presence of organic amendmens, were lost during production system may affect the postharvest evolu-
en jeu est essentielle pour réduire les pertes Dip.to di Scienze Agrarie, degli Alimenti storage. Possible explanations for the effects of pro- tion of the initial quality. Moreover, if organic-conven-
et allonger les périodes de commercialisation e dell’Ambiente, Università di Foggia, duction system on nutritional quality and postharvest tional system only varied in the type of nutrient or
de nombreux F&L. Via Napoli 25, 71122, Italy performance of fresh produce can be therefore attri- pesticide input, without any modification of agricultu-
Au sein de l’atelier « Arboriculture », nous butes to the production and mainly to the fertilization ral practice, this should also be considered. Recent
aborderons particulièrement l’effet des pra- Co-authors: system, acting on the accumulation of secondary me- studies, suggest that organic farming management
tiques culturales et des modes de conserva- Dr. Francesco G. Ceglie, tabolites as plant stress response. may create moderate stress conditions for the plants,
tion. Dans l’atelier « Légumes », ce sont les Organic Agriculture Dept., Mediterranean that in response to this, accumulate sugars and se-
méthodes de conservation qui seront princi- Agronomic Inst. of Bari - condary metabolites, such as vitamin C and phenolic
palement abordées. CIHEAM-IAMB - Via Ceglie, 9, Extended abstract compounds improving the nutritional quality of orga-
70010 Valenzano (BA), Italy; nic production (Winter and Davis, 2006; Lairon, 2010).
The overall quality characteristics of fresh produce are These hypothesis were confirmed in our previous stu-
the result of the interactions among genotype, environ- dies finding a higher antioxidant content of organically
Prof. Giancarlo Colelli, mental conditions, cultural practices and postharvest
Dip.to di Scienze Agrarie, degli Alimenti grown, compared to conventional kiwifruits (Amodio
handling. Proponents of organic methods, claim the et al., 2007) and table grapes (Amodio, unpublished)
e dell’Ambiente, superior quality of fresh fruits and vegetable produced
Università di Foggia, Via Napoli 25, at harvest and during storage. On the other side, or-
in organic farming systems, and consumer seems to ganic products were found to be more perishable in
71122, Italy trust this hypothesis. However, the scientific basis of comparison to conventional one, as a consequence
the differences between organically and conventio- of the suffered stress and to the eventual higher mi-
nally produced fruit and vegetables are under debate, crobial load, since defence methods applied for orga-
and especially the postharvest stage is slight conside- nic system may be less efficient than other chemical
red in comparison studies. alternatives.
Presently, organic standards include a well-defined In addition, we further investigated the effect of three
set of practices and a list of technical tools that are different organic soil fertility systems implemented un-
permitted by the Regulations and that shall be com- der the same environmental conditions on quality at
plained to certify as organic any produce. Organic harvest and during storage of strawberries, tomatoes
techniques can rely on complex agro-ecosystem and lamb’s lettuce These fertility systems included: i)
management or they can just replace chemical ferti- a simplified organic production system based on or-
lizers and pesticides with allowed inputs, as defined ganic commercial fertilizers (SUBST); ii) and organic
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Dessin Philippe LeclercJOURNÉES TECHNIQUES Effet des pratiques
24 JANVIER 2018 À PARIS culturales sur la qualité
nutritionnelle et
post-récolte des fruits
et légumes
production system based on cover crops and animal of perishable product, had a much evident effect on
manure amendment (AGROMAN), and iii) and organic conventionally then on organically grown strawberries
production system based on vegetal sources inputs under reported experimental circumstances. Organic
like cover crops and on-farm compost (AGROCOM). strawberries showed better buffer capacity against
Résumé Remerciements
Initial quality was assessed and monitored during sto- oxidation due to secondary metabolites accumulated Le cahier des charges AB inclut un ensemble Nous remercions le CIHEAM de Bari pour la conduite des
rage, applying the recommended postharvest condi- during pre-harvest period. de pratiques et d’outils autorisés, qui abou- parcelles expérimentales du projet MORE GREEN (Mediter-
tions for each species. Moreover, strawberry was Possible explanations for these effects of production ranean Organic Greenhouse long term research experiment)
tissent à une forte diversité de systèmes de financé par le Bureau de l’Agriculture Biologique du Ministère
used as model crop to realize a comparison study on system on initial and postharvest quality have been production. Les produits biologiques sont Italien de l’Agriculture, dans le cadre de leurs actions pour
the effect of different organic versus a conventional related to plant stress response to moderate nutrient
surtout recherchés pour leur qualité sanitaire, développer les produits biologiques.
production system, managed in the same pedoclima- deficiency which was due to the diverse mineralization Nous remercions aussi Fabio Tittarelli et Giancarlo Mimiola
et leur absence de résidus de pesticides de
tic conditions. rate of fertilizer and amendment supplied in the three pour leur aide.
synthèse, et pour leur haute valeur.
In terms of quantity two years of strawberries and one systems. Other possible factors shall be further inves-
year of tomatoes production resulted in similar yield tigated about the interaction among the exogenous Dans des travaux précédents, nous avons
among the systems. As for initial quality, different soil organic matter decomposition, microbial community montré un taux plus élevé d’antioxydants
fertility management practices resulted in different of the soil and the root uptake and signaling to sink dans des kiwis et raisins biologiques, à la ré-
quality at the harvest. For organic lamb’s lettuce de- organs of the plant. However, the balance between colte et en conservation. Dans des travaux
hydroascorbic acid and phenols resulted higher in primary and secondary metabolic pathways seems to qui ont suivi, des stratégies agroécologiques
SUBST than in the other two systems; also for breaker be an effective key to re-discuss the complex interac- et de long terme de gestion de la fertilité du
and pink tomatoes dehydroascorbic acid and phenols tion of genotype, environment and agricultural prac- sol ont été comparées à une gestion clas-
resulted higher in SUBST than in AGROCOM system, tices which lead to different quality and postharvest sique. De plus, la fraise a été utilisée comme
with AGROMAN in between. (Ceglie et al., in print). As performance of fresh fruits and vegetables. modèle d’étude pour comparer ces gestions
for strawberries, AGROMAN and AGROCOM allowed organiques et minérales.
to obtain fruits with better characteristics in terms of
color and higher phenolic content than SUBST fruits References Globalement, les rendements n’étaient pas
(Tittarelli et al., 2016). Moreover, for strawberries was • Amodio, M.L.; Colelli, G.; Hasey, J.K.; Kader, A.A. différents selon les systèmes, ce qui suggère
possible to set up a comparison with conventionally A comparative study of composition and postharvest que le système agroécologique a pu synchro-
grown fruits of the same variety, grown locally in the performance of organically and conventionally grown niser les apports organiques et la minérali-
kiwifruits. J. Sci. Food Agric. 2007, 87, 1228–1236.
same pedoclimatic conditions. At harvest, organically sation avec les besoins de la plante, abou-
grown strawberries resulted in higher ascorbic acid • Ceglie, F.G.; Mimiola, G.; Dechiara, M.L.; Amodio, M.L.; tissant à un résultat économique équivalent
than conventional strawberries that resulted also in Colelli, G. A comparative study of quality and post-harvest
performances of organically and conventionally grown straw-
au système conventionnel moins durable. Les
lower TSS, glucose and fructose than SUBST system berry (Fragaria × ananassa DUCH. ”Festival“). In Proceedings fraises biologiques ont montré un contenu
(Ceglie et al., 2014). of the 2nd Congress of the Italian Network for Research in nutritionnel supérieur à la récolte (par rapport
For all the experiments, these differences reported at Organic Farming—RIRAB, Rome, Italy, 11–13 June 2014. au conventionnel) et ont mieux maintenu leur
harvest were monitored during storage in refrigerated • Ceglie, F.G.; Muhadri, L.; Piazzolla, F.; Martinez- qualité initiale.
conditions. Much of the initial diversity diminished due Hernandez, G.B.; Amodio, M.L.; Colelli, G. Quality and
to the deterioration processes during postharvest and postharvest performance of organically grown tomato (Lyco- Comme pour les travaux sur mâche, les dif-
the differences among organic production systems persicon. Esculentum L. ”Marmande”) under unheated tunnel férences initiales préservant les formes ré-
in Mediterranean climate. Acta Hort. 2015, 1079, 487–494. duites de l’ascorbate avec les amendements
became less important over time, for all the studied
products. • Goldberger, J.R. Conventionalization, civic engagement, organiques, ont été perdues pendant la
and the sustainability of organic agriculture. J. Rural Stud.
As for lamb’s lettuce, AGROMAN and AGROCOM conservation. Les explications sur les effets
2011, 27, 288–296.
showed less quality changes over time than SUBST, du système de production sur la qualité nu-
• Lairon, D. Nutritional quality and safety of organic food. A
whereas regarding the effect of packaging AIR condi- review. Agron. Sustain. Dev. 2010, 30, 33–41.
tritionnelle et la performance en conservation
tions succeeded to maintain the initial quality attributes des produits frais peuvent être liées direc-
• Tittarelli, F.; Ceglie, F.G.; Ciaccia, C.; Mimiola, G.;Amodio,
for a longer period in comparison to the modified at- M.L.; Colelli G. Organic strawberry in Mediterranean green-
tement à la production, et notamment à la
mosphere package that, at 11 day despite the produc- house: Effect of different production systems on soil fertility stratégie de fertilisation, qui joue un rôle sur
tion system, developed off-odors under the threshold and fruit quality. Renewable Agric. Food Syst. 2016, 1-13. l’accumulation de métabolites secondaires,
of acceptability. In case of strawberries, the oxidative • Winter, C.K.; Davis, S.F. Organic foods. J. Food Sci. 2006, agissant sur la réponse des plantes au stress.
conditions which normally are faced during storage 71, R117-R124.
page 16 page 17JOURNÉES TECHNIQUES Parmi eux, les démarches varient selon leurs
affinités avec le bricolage, selon leur capa-
d’une volonté personnelle des agriculteurs,
et d’une contrainte socio-économique de la
24 JANVIER 2018 À PARIS cité technique et organisationnelle, selon le
temps qu’ils libèrent, ou encore selon leur
profession. Reste que le maitre mot qu’ils
nous clament à l’unisson est « l’autonomisa-
ressource et leur entourage. L’autoconstruc- tion des fermes ».
tion est un acte politique lorsqu’il s’agit de
Lorsque l’on s’aperçoit de l’étendue des in-
s’affranchir de ce que le commerce nous
géniosités dont les paysans et paysannes
propose, lorsque l’usager est maitre de la
font preuve, on se rend compte que presque
conception de son espace de production et
rien n’a été laissé de côté, que ces savants
qu’il ne se plie plus aux nombreux prérequis
L’autoconstruction Aujourd’hui, la coopérative travaille principale-
ment sur trois différentes échelles : que l’industrie de la construction leur sou-
bricoleurs ont essayé de tout faire. Il en va de
même avec les systèmes permettant de faire
paysanne : le fait-maison • L’accompagnement à la recherche
met. Et l’autoconstruction peut aussi être un
chemin personnel, celui du rêve de construire
du froid et du chaud afin de conserver les
précieuses récoltes tout au long de l’année.
des systèmes thermiques
et développement sur les agroéquipements sa ferme et de réaliser en bois, en pierre ou
• La transmission de savoirs et de savoir-faire Certains ont réalisé des mécanismes effecti-
en brique l’édifice de toute une vie. Mais ce
• La diffusion et le portage politique vement fonctionnels et optimisés en termes
qui regroupe tous les autoconstructeurs pay-
d’usage, d’ergonomie, de méthode construc-
En 2009, ce n’est qu’une poignée de paysans sans et paysannes c’est cette approche qui
tive, ou même de consommation d’énergie.
et de techniciens de l’agriculture biologique qui consiste à créer leur outil idéal, à faire par
Et c’est la démarche de la société coopéra-
s’unissent autour de cette thématique. Désormais, soi-même, à avoir connaissance des moindre
tive à intérêt collectif (SCIC) l’Atelier paysan
des paysans autoconstructeurs installés ou en recoins que cachent tous les problèmes tech-
que de recenser, d’accompagner et d’aider à
phase d’installation en agriculture biologique font niques d’une ferme.
réaliser ces réalisations faites pour et par les
communauté avec l’équipe de l’Atelier Paysan, Quand bien même la démarche est louable, paysans.
ceci toutes filières confondues. elle est généralement la conséquence et
Regard sur le monde de l’autoconstruction…
Résumé
Figure 1 : Bâtiment autoconstruit de la ferme « Le jardin de la petite Perrière »
Les outils de travail des fermes sont omnipré-
sents dans le quotidien des paysans et pay-
sannes. Ils sont les instruments qu’ils utilisent
Jonas Miara, architecte (Atelier Paysan) pour produire, à plus forte raison lorsqu’il
Contact mail : j.miara@latelierpaysan.org s’agit du bâtiment agricole qui regroupe les
fonctions de stockage, de conservation, de
transformation, de vie, et souvent le bâtiment
est l’emblème de la ferme aux yeux de ceux
Présentation de la structure qui passent et de ceux qui y vivent.
L’Atelier Paysan est une Société Coopérative Partant du principe que les utilisateurs sont
à Intérêt Collectif (SCIC) qui est née d’un ceux qui éprouvent la fonctionnalité et l’ergo-
constat : les agroéquipements commercialisés nomie d’un outil, les agriculteurs se réappro-
contraignent les paysans dans leur méthode de prient parfois leur outil de travail en le conce-
travail, de par leur taille, leur fonction, leur prix et vant et le construisant eux-mêmes. Ce sont
leur durée de vie. Par ailleurs, les paysans bien ceux qui ont un niveau d’exigence quant à
que soumis à ce qu’ils trouvent chez leur four- l’adéquation entre leur instrument de produc-
nisseur, sont eux-mêmes une force d’innovation tion, les méthodes agronomiques et les tech-
et de débrouille incroyable, notamment via l’au- niques qu’ils utilisent. Tantôt, leur motivation
toconstruction. Ils inventent, innovent et réalisent vient de la singularité de leur mode de pro-
en puisant dans le savoir qu’ils ont de leur travail duction, tantôt ils fabriquent leurs outils par
et de la terre. De là, le point de départ de la coo- intérêt économique. Par cette indépendance
pérative a été établi : donner les clefs pour l’auto- technique qu’ils mettent en place, que ce soit
nomisation technique des fermes et le dévelop- en réhabilitant, en rénovant ou en réalisant en-
pement des outils paysans (machines et bâtis), tièrement leur espace de travail, ces paysans
low tech, diffusés librement en open source, et et paysannes se retrouvent dans le rang de
adaptés à l’agriculture paysanne et biologique. ceux qu’on appelle « les autoconstructeurs ».
Références
• Site de l’Atelier Paysan : https://www.latelierpaysan.org/
• Forum de l’Atelier Paysan : http://forum.latelierpaysan.org/
page 18 page 19JOURNÉES TECHNIQUES L’auto-construction • Dépôt d’un dossier AGIR (Action Globale
Innovante pour la Région) à la région PACA,
des chambres froides :
24 JANVIER 2018 À PARIS du projet au concret
appel à projet : vers 100 exploitations et
coopératives agricoles exemplaires, grâce
à l’aide de Bio de Provence.
Deux chambres froides étaient nécessaires afin • Juillet 2011 : Permis de construire accepté
de ne pas mélanger pommes et poires. Avant • 2012 : Orage de grêle détruisant à 95%
cette construction, je louais une chambre froide la production de pommes et poires : arrêt
assez vétuste, à 4km de l’exploitation. du projet de construction au profit d’un
investissement en filets Alt’Carpo.
Auto-construction Le domaine Saint André,
Chronologie de la mise • 2013 : Agrandissement du hangar
une exploitation cultivant
de chambres froides la diversité en route du projet
+ couverture totale isolante
• 2014 : Chapes lisses sur 680m2
en matériaux naturels : Le domaine Saint André est une exploitation
• 2010
• Juin 2015 : Auto-construction de la chambres
froides + isolation des parois. Hangar
témoignage de Philippe
• Réflexion pour l’agrandissement
biologique arboricole et viticole en zone de mon- en panneau OSB + ouate de cellulose.
du hangar à matériel existant (620m2)
tagne, à 600 mètres d’altitude, sur la commune • Fin Août 2015 : Démarrage des deux
Bilocq, arboriculteur de la Saulce (Hautes-Alpes, région PACA). Facile
pour atteindre 1060m2 avec la construction
de deux chambres froides + salle de
chambres froides
d’accès, le domaine est situé à 2km de la sortie • Février 2016 : Bâtiment isolé et fermé
et viticulteur biologique de l’autoroute A51 et à 18km au sud de Gap.
calibrage + quai + stockage de produits
transformés.
Après 10 ans de travail salarié comme conseiller
de gestion en milieu agricole, j’ai l’occasion en
1992 de m’installer sur 5.5ha de terre nues en lo-
cation. Je plante l’ensemble en pommier et poi-
Coûts des investissements HT
riers de variétés diversifiées, avec déjà comme
objectif de faire de la vente directe afin de mieux 2013 Agrandissement du hangar de 440m2 + divers 76 000 € 172 €/m2
valoriser. Isolation toiture en panneaux Sandwich 10 cm sur 885m2
52 000 € 59 €/m2
Dès 1993, je convertis tous mes vergers à l’AB, (avec dépose de l’ancienne toiture)
cela correspond à ma manière d’appréhen- 2014 Chapes lisses sur 680m2 19 750 € 33 €/m2
der l’agriculture : respect de l’environnement,
des ressources, de la planète en général. De 2015 Ossatures OSB + Bois (45x145) + Bardage bois 67 039 € 99 €/m2
toute façon, l’AB devient une évidence écono-
mique car dès 1992, chute vertigineuse des Isolant ouate de cellulose (9750kg à 38kg/m3) 5 850 € 5.5 €/m2
Mr Philippe Bilocq prix d’achats des pommes conventionnels (0.20 Portes et fenêtre (hors frigo) 24 130 € 36 €/m2
Domaine Saint André Gandières francs/kg). Puis au fur et à mesure l’exploitation a
05110 La Saulce des opportunités d’agrandissement, le domaine 2016 Local saisonnier + bureau (64m2) + local de vente (16m2) 32 793 € 410 €/m2
Contact mail : philippebilocq@hotmail.com compte aujourd’hui 7.20ha de vergers (5.7ha
de pommiers et 1.5ha de poiriers) et 3.2ha de
vignes, soit 10.40ha dont 60% en location.
Coûts des deux chambres froides HT en auto-construction
Le parcellaire est regroupé autour de la maison
d’habitation et du bâtiment d’exploitation, ex- en OSB + ouate de cellulose. Juin 2015
ceptées pour les parcelles de vignes situées sur
des coteaux plein Sud, entre 1 à 7km. A plein Matériel frigorifique + électricité + portes 27 467 €
temps sur l’exploitation et aidé par mon épouse Fournitures Cloisons 28 826 €
à mi-temps ainsi que de plusieurs saisonniers, le
temps de travail représente au total 3.5 UTH sur Ouate 2 866 €
l’année. Charpente (isolée) 23 220 €
Une grande diversité de variétés et de cépages Chapes (135m2) 4 455 €
(18 en pomme, 5 en poire et 9 en vigne) me per-
met un étalement de la récolte et de la vente en Main d’œuvre pour cloisons et portes 960h x 13€ 12 480 €
circuit court. TOTAL CHAMBRES 99 314 €
Volume intérieur : 12.5 x 10.0 x 5.40 = 675 m3 soit 147 €/m3
page 20 page 21JOURNÉES TECHNIQUES Auto-construction des chambres froides en image
étape 2
24 JANVIER 2018 À PARIS
étape 1
Plan du projet d’extension du hangar en deux chambres froides
Travaux d’agrandissement du Préparation des fouilles
hangar par l’entreprise Borey avant coulage de la dalle lisse
étape 3 étape 4
is du frigo côté nord Construction des cloisons OSB
Début de construction des paro
étape 5 étape 6 étape 7
Future plateforme Ouate de cellulose Jusqu’au résultat final !
recevant les
compresseurs
page 22 page 23JOURNÉES TECHNIQUES Un essai de conservation de fruits a été mené
à partir de la récolte réalisée en automne 2013.
est dynamique et permet d’établir des courbes
de résistance. Des valeurs rAUPC (relative Area
24 JANVIER 2018 À PARIS Il a impliqué environ deux tonnes de pommes
bio, deux frigos, deux modalités de conservation
Under Progress Curve) sont donc possibles. Les
mesures sont rapides, de l’ordre de 30 secondes
(avec ou sans module « Janny MT ») et cinq va- par échantillon. Les résultats sont directement
riétés de pomme. Pour certaines variétés, l’essai enregistrés sous forme de tableau Excel, direc-
intégrait deux ou trois dates de récolte. Les va- tement exploitables. Il existe différentes sondes
riétés concernées ont été « Topaz », « Pinova », permettant une adaptation à la consistance du
« Reinette des Capucins », « Pirouette », « Coxy- produit à analyser.
belle » (trois dates de récolte). Les dates de cueil-
ATELIER FRUITS la date de récolte. Les trois approches montrent
des résultats prometteurs pour la profession. lette des fruits se sont échelonnées suivant les
Les résultats montrent qu’après cinq mois de
conservation, on observe une plus grande fer-
variétés, du 25 septembre au 15 octobre 2013.
Le Centre wallon de Recherches agronomiques meté des fruits en module « Janny MT » (Figure
Dès la récolte, les fruits ont été placés en palox
Recherche et (CRA-W) est un établissement scientifique du standards et en module « Janny MT » (cinq/six
1 et 2). L’impact sur la diminution de maladie est
très variable d’une variété à l’autre, ce qui montre
Gouvernement de la Région wallonne en Bel-
expérimentations gique. Il emploie plus de 430 personnes dont 120
membranes ouvertes) et ensuite conduits dans
les différents frigos, pour être stockés à 2°C
l’importance d’adapter les conditions de mise en
conservation selon la variété. Parmi les critères
pour optimiser la date
scientifiques. Localisé sur trois sites (Gembloux, jusqu’au mois de mars 2014. Les modules ont
Libramont et Mussy-la-Ville), il occupe quelques physico-chimiques analysés, c’est le critère « fer-
alors été ouverts et la qualité des fruits analysée.
meté » qui montre la seule différence significative
de cueillette et limiter 300 ha de bureaux, laboratoires, serres, vergers
et champs d’expérimentation.
L’évaluation des fruits a porté sur huit critères :
incidence et sévérité des maladies, poids, ferme-
en faveur du module « Janny MT ». Parmi les
les pertes de fruits après té, pH, acidité, °Brix, mesure DA Meter ainsi que
critères issus de l’analyse sensorielle, ce sont les
critères « fermeté », « croquant », « jutosité » et
sept critères d’évaluation sensorielle. La mesure
récolte. 1 Essais de conservation de la fermeté des fruits est un critère de qualité
« appréciation globale » qui ressortent en faveur
du module « Janny MT ». Les critères « acidité »
Que fait le CRA-W ? des fruits en module essentiel. Le consommateur apprécie des fruits
et « sucre » des fruits ne semblent pas être in-
croquants, fermes et juteux. Le suivi de la ferme-
« Janny MT » té a été réalisé par le pénétromètre électronique
fluencés par le mode de stockage. Le stockage
des fruits en module « Janny MT » montre donc
à atmosphère contrôlée Lloyd. Cet appareil offre des résultats très précis,
des perspectives intéressantes pour améliorer la
nuancés et enregistre instantanément en temps
Mis au point en 2009 par la société « Janny MT » conservation des fruits.
réel la résistance à la pénétration. Cette mesure
ces modules individuels pouvant contenir 300 kg
de fruits, permettent de réguler de façon naturelle
les teneurs en oxygène et en dioxyde de carbone,
grâce à l’existence de six membranes semi-per- Figure 1 : Influence du mode de conservation en module Janny MT sur l’incidence en Gloesporiose
méables. Le principe est simple. La durée de vie et la fermeté des fruits après cinq mois de conservation en frigos. Les barres d’erreur indiquent
des fruits est allongée par ralentissement du mé- l’intervalle de confiance de la moyenne (n = 10, α = 0,05) pour la date de cueillette intermédiaire.
Audrey Pissard, Laurent Jamar, tabolisme en créant un équilibre entre oxygène
Vincent Baeten, Marc Lateur (CRA-W) et CO2. En effet, une membrane sélective laisse
Intervenant : Audrey Pissard s’échapper le CO2 issu de la respiration des fruits,
Contact mail : a.pissard@cra.wallonie.be ; tout en ne faisant pas rentrer l’oxygène dans
l.jamar@cra.wallonie.be l’enceinte fermée, créant ainsi une atmosphère
contrôlée favorable à la conservation.
Les pertes dues aux pourritures physiologiques Cependant, les conditions pratiques d’application
et fongiques des fruits à pépins au cours de la de la méthode demandent encore des travaux car
période de conservation peuvent être très im- n’est à ce jour pas bien maîtrisée. Même si la mé-
portantes. Celles-ci sont très variables selon les thode semble prometteuse, elle peut montrer de
lieux, les dates de récolte, les variétés, les condi- fortes différences d’une espèce à l’autre, d’une
tions de stockage. La mise en place de mé- variété à l’autre, d’une date de récolte à l’autre,
thodes de lutte appropriées est indispensable. d’une chambre froide à l’autre, etc.
Les recherches menées au CRA-W se focalisent
sur trois principaux axes de recherche : éva- Par ailleurs, la conservation en module « Janny
luation de méthodes de conservation des fruits MT » peut présenter plusieurs avantages :
en module « Janny MT » à atmosphère contrô- étaler la période de conservation, éviter la
lée, évaluation de l’efficacité de traitements perte de poids, maintenir la qualité gustative et
de protection à base de substances d’origine surtout, déstocker de petits volumes de fruits
naturelle appliqués en verger et la recherche procurant ainsi une méthode alternative au stoc-
de méthodes innovantes et non destructives kage en chambres froides industrielles, où il est
par spectroscopie NIR permettant d’optimiser impossible de déstocker de façon fractionnée.
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