Jérôme Ferrari, Sermon sur la chute de Rome

 
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Lectures 2014 - Poches - Romans

Jérôme Ferrari, Sermon sur la chute de Rome
Le Prix Goncourt 2012 doit son titre aux quatre Sermons sur la chute de Rome dans lesquels en 410 Saint
Augustin, après le sac de la ville par les Visigoth, considère la fin du monde comme un phénomène naturel.
La Corse en est le décor, comme la plupart des romans de l'auteur d'Où j'ai laissé mon âme (Babel). Nous
sommes dans un village dont le bar, suite à plusieurs expériences malheureuses, est repris par deux
anciens étudiants en philosophie. L'un d'eux, Matthieu, est le petit-fils de Marcel, né à Sartène en 1919
et dont on suit en alternance le parcours au fil du XXe siècle. Notamment pendant la Deuxième Guerre
mondiale qui l'éloigne de son île. Au style dialogué, familier, mais pas relâché du premier récit, répond
l'écriture lyrique, construite en longues phrases sans retour à la ligne du second. Intervient aussi Aurélie,
petite-fille aimante de l'un et sœur exaspérée de l'autre. L'art de Ferrari est d'entremêler habilement ces
différents personnages, époques et lieux. (Babel)

                   Jean-Philippe Toussaint, La Vérité sur Marie
Après Faire l'amour (2002) et Fuir (2005, Prix Médicis), La Vérité sur Marie (2009, Prix Décembre) est
le troisième et avant-dernier (le dernier, Nue, est paru l'an dernier) tome du «Cycle sur Marie». L'histoire
entre le narrateur et son amie racontée par cette tétralogie, c'est celle de leurs ruptures et retrouvailles.

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A l'entame de La Vérité sur Marie, ils ne vivent plus ensemble, et si le narrateur rejoint son ex-compagne
dans leur ancien appartement commun, c'est parce que l'amant du moment de la jeune femme y est mort
subitement. Ce Jean-Christophe de G. (en réalité prénommé Jean-Baptiste), un homme d'affaires travaillant
dans le milieu de l'art, occupe dès lors la partie centrale du livre. Sont évoqués sa rencontre avec Marie
à Tokyo, dans la galerie où elle expose ses photos, suivie par l'exfiltration difficile du Japon de son pur-
sang défait lors d'une course prestigieuse et suspecté de dopage. Marie, on la retrouve finalement sur l'île
d'Elbe, un an après l'enterrement de son père. Où, comme l'été précédent, la rejoint le narrateur. Et où un
gigantesque incendie va de nouveau les rapprocher. Mais jusqu'à quand? (Minuit Double) - voir aussi ici

                   Didier Daeninckx, Le Banquet des affamés
Il n'est pas étonnant que l'auteur engagé de Meurtres pour mémoire ou de Cannibales se soit intéressé
à Maxime Lisbonne (1839-1905). Cet homme de presse et de théâtre célèbre de son vivant, mais
complètement oubliée aujourd'hui, fut l'un des acteurs de la Commune de Paris dont il fut colonel.
Condamné à mort trois fois, il est exilé, comme Louise Michel, en Nouvelle Calédonie. A son retour à Paris
après la loi d'amnistie (notamment défendue par Hugo), il dirige les Bouffes du Nord, reprend L'Ami du
peuple, le journal fondé par Marat sous la Révolution dans lequel il brocarde les politiciens de son temps. Il
ouvre un cabaret-spectacle, La Taverne du bagne, qui imite le bagne, tenues comprises, et met sur pied un
Banquet des affamés, table ouverte pour les déshérités qui connaît un formidable succès. Celui qui signait
«Proscrit de la Commune» meurt dans une relative indifférence. Donnant la parole à son héros, Daeninckx
rend hommage à un authentique révolutionnaire qui, jamais, n'abdiqua de ses idées progressistes et
généreuses. Et, ce faisant, il signe l'un de ses meilleurs livres. (Folio)

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                   Akli Tadjer, La meilleure façon de s'aimer
Saïd Méziane, 30 ans, est courtier en assurances. Un courtier «cynique, âpre aux gains, sans foi ni loi» dont
l'abondante clientèle est formée de musulmans de Paris - un boucher hallal, un pèlerin en partance pour
La Mecque, etc. Ce jour de mars 2011, il est pourtant sèchement remercié par les nouveaux propriétaires -
chinois - de sa société. Au même moment, sa mère, Fatima, immobile et mutique depuis près de trois mois
suite à un AVC, bouge enfin un doigt, redonnant espoir à son enfant unique. Soignée par des infirmières
sur lesquelles elle porte un regard tantôt amical, tantôt sévère, la vieille femme replonge dans son passé.
Orpheline très jeune, elle a été placée dans un orphelinat avant d'être recueillie à 10 ans par un couple
de Français. Qui, en 1962, est contraint de quitter Alger sans pouvoir l'emmener avec lui faute de l'avoir
officiellement adoptée. Saïd, de son côté, furieux d'avoir perdu son emploi et de voir sa mère dépérir, ce
qui ne facilite pas ses rapports avec son amie, rumine son propre passé. Se souvenant avoir été obligé,
suite aux attentats du 11 septembre 2001, de changer un temps d'identité afin de ne pas être regardé avec
suspicion et méfiance. (Pocket)

                   Barbara Constantine, Allumer le chat
Fille de l'acteur Eddie Constantine, l'auteure a été scripte au cinéma (chez Altman, Mocky, Klapisch, Ruiz,
etc.) avant d'écrire ce premier roman en 2007. Cette pétillante comédie villageoise met alternativement en
scène des personnages de générations différentes (plus un chat pédant!) dont les destins sont chamboulés
suite à la mort de celui qui était à la fois un mari, un amant et un fils. Les existences de Mine, Josette, Edith,

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Raymond, Remi, Momo et les autres prennent des chemins aussi imprévisibles qu'inattendus dans cette
peinture d'un quotidien transfiguré par la fraicheur du regard et l'humour chaleureux de l'écriture. Barbara
Constantine a confirmé son talent de conteuse dans plusieurs autres romans comme Et puis Paulette… ou
Tom, petit Tom, tout petit homme. (Points)

                   Marc Dugain, Avenue des Géants
Le 22 novembre 1963, le jour de l'assassinat de John Kennedy, Al Kenner, le narrateur, abat
successivement, avec la winchester reçue trois jours plus tôt pour ses 15 ans, sa grand-mère, qui la
tyrannisait, puis son grand-père pour lui éviter «une peine immense». Cet adolescent de 2,20 mètres et
de 120 kg, au QI supérieur à la moyenne, prend alors la route, non pour fuir mais pour savourer quelques
jours de liberté, avant de se rendre à la police. Envoyé en hôpital psychiatrique, libéré sous contrôle
judiciaire, il est hébergé par sa mère, femme infecte qui le déteste. Il trouve du boulot, prend son autonomie
mais un accident de moto sur l'Avenue des Géants le renverra dans le giron maternel. Et déclenchera
l'irrémédiable. Al Kenner existe vraiment, il s'appelle Ed Kemper, est un tueur en série qui purge sa peine
dans l'Etat de Californie, où il lit des livres sur CD pour aveugles et donne des cours de théologie. Nourri
des ingrédients du polar, Avenue des Géants n'en est absolument pas un. Son auteur s'attache en effet
quasi exclusivement au parcours intérieur de son héros qui jamais ne fait mention de ses crimes. Ce roman
éblouissant est aussi le portrait de l'Amérique de la fin des années 1960 avec ses hippies et des déserteurs
de la guerre au Vietnam. (Folio)

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                   Christophe Carlier, L'Assassin à la pomme verte
«Quand on a commis un crime et qu'on est comme moi quelqu'un qui n'en commet pas, on avance en
terre inconnue, on va de surprises en découvertes», constate l'un des narrateurs de ce roman faussement
policier. Le meurtre d'un Italien volubile dans un palace parisien n'est en effet que le prétexte à la prise
de parole d'un Américain et d'une Italienne venus pour affaires ainsi que d'un réceptionniste de nuit qui
s'observent l'un l'autre, regardent les événements pour tenter de les expliquer et les comprendre. Une
construction subtile et écriture très soignée couronnées par le Prix du Premier roman. (Pocket)

                   Christian Gailly, Dernier amour
Un homme va mourir. Pendant les 48 heures qu'il lui reste, il assiste au fiasco de la représentation publique
d'un morceau musical dont il est l'auteur. Puis, rentré dans sa maison en bord de mer, il ramasse la
serviette de bain qu'il croit appartenir à sa femme mais qui est la propriété d'une nageuse. Qui vient le
lui réclamer. Les phrases sont lapidaires, coupantes, troublantes. Le regard aigu. Et l'émotion est là,
omniprésente, en embuscade derrière les mots. Paru en 2004, Dernier amour est l'un des meilleurs livres
de l'auteur de L'Incident (devenu au cinéma Les Herbes folles sous la direction d'Alain Resnais), Un soir
au club (également adapté au cinéma) ou Lily et Braine, son ultime roman, mort en octobre 2013. (Minuit
Double)

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                   Jean-Noël Pancrazi, La Montagne
Depuis plus de trente ans, cet écrivain dont la famille est d'origine corse signe des livres à l'écriture
extrêmement ciselée, faite de longues phrases riches en émotions et sensations puissantes. Dans celui-
ci, l'auteur des Quartiers d'hiver (Prix Médicis en 1990) revient sur un drame qui a imprégné son enfance
en Algérie, pays où il est né en 1949 et qu'il a quitté en 1962. Un jour de juin, le frère du chauffeur habituel
de la minoterie locale où son père travaille comme aide-comptable, leur propose, à lui et à ses copains,
d'aller faire un tour dans la montagne, là où, à cause des «événements», il est interdit de se rendre. Il
préfère rester, malgré les railleries des autres. La nuit, les enfants sont ramenés la gorge tranchée. Pancrazi
raconte comment il a ensuite vécu cette guerre qui ne voulait pas dire son nom. L'école de plus en plus
dangereuse, les cours de plus en plus rares. Et il revient sur le «dernier matin» avant le départ, sur ses
«retrouvailles» avec l'homme qui avait conduit ses petits camarades vers la mort. Avec ce récit traversé par
un flot d'images surgies du passé, l'écrivain semble vouloir enfin faire le deuil d'une douleur que le temps n'a
jamais pu recouvrir. (Folio)

                   Georges Perec, Le condottière
Ecrit à la fin des années 1950 mais publié en 2013, Le Condottière est le troisième roman de son auteur né
en 1936 après Les Errants (aujourd'hui perdu) et L'Attentat de Sarajevo, refusé par Maurice Nadeau et dont

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le tapuscrit est conservé à l'IMEC (Institut mémoires de l'édition contemporaine). Ne parvenant pas à faire
éditeur le Condottière, Perec l'oublie et finit par le croire perdu. Ce n'est qu'au début des années 1990 que
son biographie, David Bellos, en retrouve des exemplaires chez deux de ses proches. Ce roman s'ouvre
par un meurtre: le narrateur, Gaspard Winckler, un peintre qui, depuis plusieurs mois, réalise une copie du
Condottière peint par Antonello de Messine en 1475. Pourquoi vient-il de tuer son commanditaire? C'est ce
qu'il va tenter d'expliquer au fil d'incessants aller-retour entre sa situation présente - il s'est enfermé dans la
cave - et son passé. On trouve déjà ici la question de l'identité présente dans l'œuvre futur de l'auteur des
Choses ainsi qu'une passionnante réflexion sur le faussaire et son compagnonnage avec les morts. (Points)

                    Jean-Christophe Rufin, Le Grand Cœur
Né vers 1400, Jacques Cœur joue un rôle-clé dans une période particulièrement troublée de l'histoire de
France, la Guerre de Cent Ans. Déshérité par sa mère à la mort de son père Charles VI le «fou» au profit
du monarque anglais Henri V, Charles VII se réfugie à Bourges puis, grâce à Jeanne d'Arc, reconquiert le
nord du territoire. Il emmène avec lui un négociant berruyer revenu d'Orient dont il fait son grand argentier
et qui, tout en s'enrichissant, va assurer la prospérité du royaume. Jacques Cœur a profondément modifié le
regard porté sur l'Orient alors réduit à l'idée de croisade. A quelques exceptions près, le pape interdisait tout
commerce avec cette région. Lui passe sa vie sur les routes à une époque où elles ne sont pas sûres. Dans
son palais de Bourges, il installe un hammam et sa façade Renaissance est ornée de fruits, épices, etc.,
venus d'Orient. Cette idée d'échanges, qui remplace celle de conquêtes, annonce la Renaissance. Il est
aussi l'ami de tous les grands de l'époque. Charles VII contribue d'ailleurs à la fin du schisme de la papauté.
Monté très haut, il tombera très bas, sera jeté en prison, torturé, et pourchassé après son évasion. (Folio)

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                   Caroline Lunoir, La faute de goût
Le cadre de ce premier et bref roman paru en 2011 est une demeure familiale où l'héroïne, petite-fille de
ses actuels occupants, vient passer quelques jours de vacances au mois d'août. La nouvelle piscine est
l'attraction du moment. Chacun y barbote à son aise, et même la femme du gardien, ce qui ne va pas
sans scandaliser ces bonnes gens que la narratrice observe et écoute en laissant venir les confidences et
remonter les souvenirs. Beaucoup de choses se disent au cours des repas subtilement mis en scène. Avec
bonheur, l'auteure capte les humeurs des uns et des autres, par un petit rien, un geste, un regard, un mot.
(Babel)

                   Paul Gadenne, Les Hauts-Quartiers
Paru en 1973 de manière posthume, cet épais roman est le septième et dernier d'un écrivain mort à
49 ans, en 1956, de la tuberculose. C'est d'ailleurs de cette maladie qu'est atteint son héros, Didier, un
écrivain mystique qui tente de terminer son étude sur les saints. En révolte contre les hauts-quartiers où vit
confortablement la bourgeoisie de la ville, il se dépouille progressivement pour atteindre une totale précarité.
Non sans avoir connu quelques femmes, et notamment Flopie qu'il a épousée et qui est la dernière à être
à ses côtés lorsqu'il meurt. Dans sa préface, Pierre Mertens se désole du peu d'écho qu'a aujourd'hui en
France l'œuvre de Gadenne (même si plusieurs de ses livres ont été réédités, tels Siloé, La Rue profonde

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ou L'invitation chez les Stirl)), constatant que «c'est bien l'oubli qui a sanctionné sa sortie de scène».
(Points)

                   Jacques A. Bertrand, Les autres, c'est rien que des sales types
De quoi s'agit-il? De vingt représentants de ces Autres qui peuplent - polluent? - le monde, et donc notre
existence- et qui sont, cela va sans dire, typiquement humains, même si le chien, nous rappelle l'auteur,
n'est jamais loin. Tout est formidablement juste et drôle. La dissertation sur les Cons, par exemple, les
grands, petits, jeunes, vieux, pauvres, dernier des, comme un balai, etc., constitue un extraordinaire
morceau de bravoure littéraire. «Quoi de plus humain que l'Imbécile Heureux? On n'en trouve dans aucune
autre espèce animale (ou alors, peut-être chez certains chiens de compagnie)», interroge le facétieux
auteur. Avant de noter qu'il n'existe pas d'Imbécile Malheureux parce qu'il «ne serait plus tout à fait un
imbécile. Il serait principalement malheureux, comme vous et moi.» Tout est de cette eau-là, qu'il soit
question du Touriste, du Philanthrope, du Parisien, du Provincial, du Psychorigide, du Voisin, du Malade, du
Pauvre, du Végétarien, de l'Enthousiaste («l'exemple même du type assommant»), du Lambda (majoritaire)
ou du Groupe («ramassis de sales types qui fonctionne comme un seul homme»). (10/18)

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                   Laurent Gounelle, Le philosophe qui n'était pas sage
Le héros est un prof de philo new-yorkais engagé dans une démarche personnelle de recherche intérieure.
Mais que vaut cette philosophie de vie face à la mort de sa femme, tuée rituellement lors d'un reportage
dans une tribu amazonienne? Il lui est devenu insupportable que ce peuple réputé comme le plus épanoui
sur Terre le demeure. Le voilà donc parti au cœur de la jungle en compagnie d'un drôle d'équipage.
Sur place, malade, refusant d'approché les indigènes, il reste reclus dans sa tente, laissant le soin à
Krakus, un ancien mercenaire, d'inoculer dans ce monde harmonieux et solidaire les virus de notre société
capitaliste: l'individualisme, le matérialisme, le consumérisme, la violence, et tout ce qui en découle: la peur
de manquer, les diktats de la mode, l'esprit de compétition, la rivalité, etc. La seule à tenter de résister est
Elianta, dotée de pouvoirs chamaniques. (Pocket)

                   Vassilis Alexakis, L'enfant grec
Si le narrateur ressemble beaucoup à l'écrivain né à Athènes en 1943 et installé en France après le coup
d'Etat des colonels de 1968, bien des situations et personnages mis en scène sont purement imaginaires.
En définitive, seul le point de départ est exact: suite à une opération à la jambe, l'auteur de La Langue
maternelle a séjourné dans un hôtel parisien près du Jardin du Luxembourg. Il a arpenté ce vaste parc à
tous petits pas et en tous sens, se liant avec ses habitants, clochards, concierge, dame-pipi ou animatrices
du théâtre de Guignol qui, à une époque, faisait vivre les personnages classiques de la littérature. Ce sont
eux, Jean Valjean, d'Artagnan, Lucien de Rubempré, Don Quichotte, Long John Silver, Tarzan ou Michel
Strogoff qui le renvoie dans son enfance grecque. (Folio)

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                   Patrick Deville, Peste & Choléra
Couronné en 2012 par le Femina, ce roman raconte la vie du Suisse Alexandre Yersin (1863-1943) resté
largement méconnu bien qu'il a, en 1894, découvert le bacille de la peste à Hong Kong sur des cadavres de
soldats anglais et qu'il a ensuite inventé le vaccin contre cette maladie. Mais il arrête ensuite la bactériologie
pour se mettre à la médecine vétérinaire, à la botanique et à l'astronomie. Déjà présent dans un précédent
roman de l'auteur, Kampuchéa, Yersin fut aussi explorateur professionnel et cartographe. Il est par exemple
le premier à avoir relié par voie de terre la Mer de Chine à Phnom Pen. A 26 ans, après avoir notamment
travaillé sur la tuberculose et la diphtérie au sein de l'Institut Pasteur nouvellement créé, il laisse tomber une
carrière prometteuse de génie scientifique et embarque pour l'Asie. Mais très vite il s'ennuie et s'installe à
Nha Trang, un village côtier situé à 500 km de Saigon où il ouvre en 1895 un Institut Pasteur. - et où son
chalet existe toujours, seulement habité par ses quatre gardiens. Cet ancrage vietnamien ne l'empêche pas
de revenir de temps à autre à Paris ou d'être à plusieurs reprises envoyé en mission, en Chine, où sévit
une épidémie de peste, à Madagascar ou à Bombay. Il est le premier à se lancer dans la production de
caoutchouc et mène des études sur la quinine. Et pourtant, il meurt oublié en 1943, à une époque où le
monde a autre chose à faire que de s'occuper de sa postérité. (Points)

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                   Valérie Tong Cuong, L'Atelier des miracles
Délaissée par ses parents, supportant douloureusement une culpabilité enfantine, Millie est une jeune fille
assez paumée. Lorsqu'une nuit, son immeuble prend feu, elle se jette par la fenêtre de son appartement.
A son réveil à l'hôpital, elle feint l'amnésie avec l'illusion de parvenir ainsi à tirer un trait sur son passé.
Monsieur Mike est un militaire qui a déserté suite à «des choses par racontables». Quitté par sa femme,
relégué sous un porche, il a été tabassé par d'autres SDF. Mariette, enfin, est une quadragénaire mariée
à un député arriviste et imbu de lui-même, qu'elle n'aime plus depuis longtemps, et mère de jumeaux ados
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qui ne lui témoignent que du mépris. «Persécutée» par la classe de 3         à qui elle enseigne l'histoire-
géo, elle gifle le «meneur» qui se retrouve au bas de l'escalier. Là-voilà en centre de repos. Tous trois sont
«recrutés» par le directeur de l'Atelier, une association caritative venant en aide aux personnes en grandes
difficultés. Mais cet homme altruiste et généreux dissimule une blessure profonde. Ce roman touche avec
une stupéfiante justesse à notre humanité commune, à ce besoin de solidarité, d'entraide. A cette certitude
que quelque part quelqu'un existe pour nous et, par son amour, son affection, va nous aider à vivre. Et tout
cela est merveilleusement dit. (J'ai lu)

                   Emmanuelle Marie, Le Paradis des tortues
C'est en 2000 qu'Emmanuelle Marie, auteure de plusieurs pièces de théâtre née à Boulogne en 1965 et
qui mourra d'un cancer sept ans plus tard, écrit ce premier roman (le seul publié de son vivant, Les Cils de
l'ange a paru en 2008). Les tortues du titre, ce sont les «tordues», des enfants handicapés physiques qui
vivent, en guise de «paradis», dans un hôpital érigé sur la Côte d'Opale. C'est dans cet univers où «t'as que

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ta peau et les copines» qu'arrive, un peu effrayée, la narratrice de «presque 12 ans» qui a «une jambe qui
pousse plus vite que l'autre». Mais «la nouvelle» apprend vite et, bientôt, demander du «rab de frites» n'est
plus un problème, même au restaurant avec ses parents. L'auteure raconte magnifiquement ce monde en-
dehors du monde, ces vies parallèle aux autres. Ces enfants qui, comme tous les enfants, rêvent leur avenir
mais, en attendant, se sauvent par un humour mordant, se singularisent par le regard franc, sans fard et
souvent impitoyable qu'ils portent sur leur condition. Alternant les scènes dialoguées et les pensées de son
héroïne, Emmanuelle Marie signe un roman d'une humanité aussi exceptionnelle que rare. (Minos)

                   Guy Goffette, Géronimo a mal au dos
«Géronimo a mal au dos.» Par ces mots, le père de Simon répondait à celui qui demandait comment il allait.
A sa mort, l'enfant devenu adulte, double de l'auteur, revient au village. Tandis qu'il veille le corps, il se
souvient de cet homme qui dissimulait son amour derrière une forme de rudesse. Pendant des années, il
a par exemple remis en état son château-fort mystérieusement disparu fin novembre et que Saint-Nicolas
lui apportait remis à neuf. Ce roman évoque par petites touches quelques moments puisés dans ce jeune
âge d'un garçon vif et débrouillard qui préfère la vie au grand air plutôt que l'école. Grandissant dans une
maison sans livre, voyant même son premier confisqué puis perdu par son père, l'enfant découvre le plaisir
de lire, puis d'écrire, grâce à son instituteur qui aimait la poésie. Et la découverte à 15 ans de Rimbaud est
une révélation. Après avoir imaginé être boxeur (comme Cerdan), puis coureur cycliste (comme Bartali ou
Robic), il veut devenir peintre suite à une exposition de nus à la mairie, Et c'est pour accomplir ce désir que,
très jeune, il se marie et quitte le cocon familial. (Folio)

La collection Poésie/Gallimard reprend aussi trois recueils poétiques de Guy Goffette, Un manteau de
fortune (2001), L'adieu aux lisières (2007) et Tombeau du Capricorne (2009), ainsi que volume consacré à
Paul de Roux, Entrevoir, que préface le poète belge. Il y insiste sur l'attention portée par l'auteur aux «plus
petites choses de la vie ordinaire», aux «faits les plus ténus», aux «moindres variations du paysage», aux
«figures de rencontre», aux «lectures», sources de son inspiration poétique.

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                   Tatiana de Rosnay, A l'encre russe
Il a 29 ans et tout pour lui. Paru trois ans plus tôt, son premier roman, L'Enveloppe, a connu un succès
planétaire: trente millions d'exemplaires vendus, un film auréolé par un Oscar pour son interprète principale.
Que de temps passé depuis la table de la cuisine de son petit appartement parisien où, indéfectiblement
soutenu par sa femme Delphine, ce prof de philo racontait une histoire inspirée de celle de sa famille ! Il
est aujourd'hui reçu avec tous les honneurs dans un hôtel de luxe de la côté toscane, le Gallo Nero, où il
est venu se prélasser quelques jours avec sa petite amie, Malvina, très jolie fille, mais aussi extrêmement
jalouse, qui fête ses 22 ans. Il est d'autant plus convaincu de son attractivité que cet accro aux réseaux
sociaux reçoit des SMS particulièrement torrides d'une femme mariée rencontrée lors d'une séance de
dédicaces à Berlin. Mais voilà: non seulement tombent plusieurs fois par jours, sur sa page Facebook des
photos de lui prises par un énigmatique Alex Brunel, mais ses proches le battent froid: ni sa mère, ni son
copain d'enfance qu'il a «oublié» de contacter ces dernières années, ne répondent à ses messages, et sa
tante lui raccroche au nez. La seule à accepter d'encore lui parler, outre son éditrice, est sa femme qui,
pourtant, l'a quitté, ne supportant plus «la créature médiatique» qu'il était devenu. Alors, finalement, il doit
admettre qu'il n'est peut-être pas l'homme heureux qu'il croit être devenu. D'autant plus qu'il n'écrit plus car il
n'a rien à écrire. (Le Livre de Poche)

                   Yves Ravey, Un notaire peu ordinaire
Ce quinzième roman de l'auteur d'Alerte ou d'Enlèvement avec rançon fait preuve d'une parfaite maîtrise
littéraire. Martha, son héroïne, s'inquiète du retour en ville de son cousin Freddy qui sort de quinze ans
de prison pour viol. Veuve depuis quelques années, elle craint pour sa fille adolescente qui, par ailleurs,
traîne un peu trop souvent avec le notaire dont le fils est plus ou moins son petit copain. Mais rien n'y fait:

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libéré pour bonne conduite, Freddy, nouveau jardinier municipal, peut aller et venir à sa guise. Yves Ravey
ne souligne rien, laissant le lecteur se mettre dans la tête de cette femme volontaire pour comprendre
ses sentiments et, partant, ses réactions. Dans cette petite cité dont les notables, imposant leur morgue
aux classes moyennes et populaires, croient jouir d'une totale impunité, elle fera preuve d'une grande
intelligence lorsqu'elle sera confrontée à un choix crucial. (Minuit Double)

                   Christian Oster, En ville
Ils sont cinq, la soixantaine bien sonnée: Georges, Paul, Louise, William et Jean, le benjamin, et narrateur.
Ils se retrouvent bientôt à quatre, après le décès du plus âgé. Et peut-être même trois, il est question
d'une séparation. Ou quand même quatre, qui sait?, suite à une heureuse rencontre. En réalité, ils ne se
connaissent pas très bien, se voient d'ailleurs peu pendant l'année, mais, depuis deux ans, ils prennent
des vacances estivales ensemble. Après la Corse et Malte, ce sera cette année une île grecque, à défaut
de la Toscane. Ou peut-être l'Hérault, finalement, on n'y est pas encore. Car dans l'intervalle, il se sera
passé pas mal de chose: une mort, une possible désunion et une rencontre amoureuse donc, mais aussi un
déménagement en bord de Sein et de voie rapide et une paternité aussi inattendue que peu souhaitée. Un
roman subtil et limpide qui ravit. (Points)

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                   Claude Pujade-Renaud, Dans l'ombre de la lumière
Il fut un temps où saint Augustin s'appelait Augustinus. Il n'était pas encore le vénérable barbu
généralement représenté, ni évêque d'Hippone, ni Père de l'Eglise, ni auteur des Confessions, ni, par
conséquent, un saint. Il était au contrait un beau et ardent jeune homme, de surcroît manichéen - religion
considérée comme hérétique reposant sur la distinction entre les royaumes de la lumière (le Bien) et des
ténèbres (le Mal) -, refusant l'idée même de l'incarnation. A cette époque, il vivait sobrement à Carthage
avec une épouse qu'il aimait et dont il avait eu un fils, mais qu'il répudiera. C'est à cette femme oubliée par
l'histoire, qu'elle nomme Elissa, que Claude Pujade-Renaud donne la parole. Choix peu surprenant chez
une écrivaine qui s'est souvent penchée sur les destins féminins, ceux d'Anne-Marie des Ursins, Françoise
de Joncoux ou Sylvia Plath notamment. D'une plume extrêmement sensible, l'auteure du Désert de la grâce
rend compte d'une fin de siècle, le IVe, riche en bouleversements, le Dieu chrétien remplaçant notamment
les dieux païens dont les défenseurs se voient à leur tour persécutés. Augustin s'engage alors sur la voix
mystique, mais aussi dogmatique, qui fera sa gloire. (Babel)

                   Scholastique Mukasonga, Notre-Dame du Nil
La Prix Renaudot surprise décerné à ce roman couronne une écrivaine rwandaise née en 1956, aujourd'hui
assistante sociale en Normandie, dont la famille a été massacrée lors du génocide. Et notamment sa mère
à qui elle a consacré le digne et émouvant La femme aux pieds nus (Folio) paru en 2008. Ici, elle met en
scène, dans les années soixante, la vie d'un lycée pour filles de familles aisées situé sur les hauteurs de

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Kigali et dont les enseignants sont Européens. «Heureux le professeur qui a le bonheur d'enseigner au
Rwanda, écrit-elle. Il n'y a pas d'élèves plus calmes, plus dociles, plus attentifs que les élèves rwandais.»
Mais ce lycée exemplaire n'accepte que 10% de Tutsis et bientôt le poison de la division franchit ses murs.
Derrière cette chronique enjouée, où l'on apprend par exemple que la fille du président va être donnée à
Baudouin et Fabiola, où un vieil excentrique affirme que les tutsis descendent des pharaons noirs, plane un
climat de plus en plus lourd qui débouchera sur le génocide de1994. (Folio)

                   Patrick Modiano, L'Herbe des nuits
En 1964, le héros, un jeune homme de 19 ans (l'âge de Modiano à l'époque), arpente, en compagnie
d'une certaine Dannie, les rues de Paris en tous sens au grès des hôtels ou appartements qu'ils occupent
ou ont occupé, transitant par différents cafés ou par la maison de campagne où le garçon oublie son
premier manuscrit. Cette femme semble liée à un groupe d'hommes qui seront les responsables l'année
suivante de l'enlèvement à de l'opposant marocain Ben Barka. Plusieurs d'entre eux ont également sévi
sous l'Occupation, principalement celui qui se fait appeler Georges B. pour Boucheseiche, truand lié à la
Gestapo française de la rue Lauriston, ainsi que cette énigmatique Dannie, en réalité Mireille Sampieri
(ou Sampierry) qui fut la maîtresse d'Henri Lafont, le chef de la Gestapo française fusillé en 1944. L'Herbe
des nuits s'arrime donc, une fois encore, à une époque historique qui, depuis La Place de l'Etoile en 1968,
imprègne l'ensemble de l'œuvre de Patrick Modiano, fils d'un juif séfarade aux accointances douteuses sous
l'Occupation et d'une actrice anversoise. (Folio)

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                   Fanny Chiarello, Une faiblesse de Carlotta Delmont
En concert à Paris, la cantatrice américaine Carlotta Delmont disparaît soudainement. Son impresario et
compagnon, sa gouvernante, le chanteur lyrique (très amoureux), tous sont dans l'expectative. Et puis elle
réapparaît aussi subitement qu'elle s'était évaporée. Mettant en danger sa carrière et son amour. Cette
histoire qu'elle aurait pu raconter «normalement», Fanny Chiarello la reconstruit sous des biais différents:
lettres, articles de journaux, télégrammes, confessions, un journal de bord et même une pièce de théâtre.
C'est extrêmement stimulant et témoigne d'une belle créativité littéraire. (Points)

Romans historiques

                   Alexandra Lapierre, Je te vois reine des quatre parties du monde
Même chez elle, elle est inconnue. Et pourtant, Dona Isabel Barreto occupe une place de choix dans
l'histoire espagnole puisqu'elle fut la première et seule amirale de l'armada armée par Philippe II au XVIe
siècle. Au début du roman, nous la découvrons âgée d'une quarantaine d'années, expiant une mystérieuse
faute dans un couvent réputé de Lima tandis que son mari est sur les mers. Pour tenter de comprendre les
raisons de cette mortification, sa sœur Pétronille se plonge dans les registres relatant la terrible expédition
menée treize ans plus tôt vers une hypothétique Australia incognita. Mais l'entreprise a échoué. Après avoir
accosté aux iles Marquises et Salomon, l'armada a bifurqué vers les Philippines. Et des quatre navires
partis des côtes péruviennes, un seul est revenu à Acapulco, au Mexique, en décembre 1596. Sans son

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commandant. Alvaro de Mendana est en effet mort l'année précédente en confiant par testament sa charge
à sa femme, s'éteignant sur cette ultime phrase, «Je te vois reine des quatre parties du monde». (Pocket)

                   Jean-Paul Desprat, Rouge de Paris
Après Bleu de Sèvres et Jaune de Naples, Rouge de Paris est le dernier volume de la trilogie consacrée
à la célèbre Manufacture qu'Adèle Masson, engagée comme peintre d'oiseaux, tente de maintenir à
flot sous la Révolution. Pendant cinq ans, l'entreprise va vivoter, fabricant notamment des médaillons
révolutionnaires. C'est le paiement d'une dette par Catherine II de Russie un an avant sa mort en 1795 qui
la sauvera. Mirabeau est l'autre figure centrale de cet ample roman. Aristocrate député du Tiers-Etat, il lutte
contre les privilèges tout en souhaitant le maintien d'une aristocratie. Il pense en effet que la monarchie ne
doit plus être basée sur le droit divin mais sur le consentement populaire et prône une égalité des pouvoirs
entre le roi et la représentation nationale. Il est en avance sur son temps puisqu'il s'élève contre la peine de
mort, souhaite la nationalisation des biens du clergé et le mariage des prêtres, défend la liberté de la presse
et l'éducation pour tous. Et s'oppose à la traite des Noirs. Autre personnage-clé de la Révolution, Danton
sera, malgré son immense popularité, conduit à l'échafaud le 5 avril 1794 avec ses amis, tels le journaliste
Camille Desmoulins et le poète Fabre d'Eglantine. (Points)

                   Jean-Claude Lattès, Le dernier roi des juifs
Le héros de ce roman qui retrace un siècle d'histoire de la Judée et de la Palestine sous domination
romaine est un personnage historique que l'ancien éditeur Jean-Claude Lattès regarde vivre sans rien

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inventer de ses faits et gestes et en mettant dans sa bouche des choses qu'il a effectivement dites. Petit
fils d'Hérode, intime de quatre empereurs romains (Auguste, Tibère, Caligula et Claude), disciple du
philosophe Philon d'Alexandrie, père de Bérénice (célébrée par Racine et Corneille), Agrippa a permis à son
peuple de vivre en paix pour la première fois de son histoire. Roi de Palestine, où vivent un million de Juifs,
il l'est aussi des quatre millions disséminée dans l'Empire romain - soit 10% de la population - où ils sont
souvent persécutés. Notamment à Alexandrie où a lieu le premier pogrom de l'Histoire. Ce sont les juifs de
Jérusalem qui sont venus le chercher face aux excès du procurateur Ponce Pilate. Après sa mort en 1944,
la Judée, minuscule province qui n'a cessé d'être occupée, sera rayées de la carte. (Pocket)

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