PLAN D'ACTION RÉGIONAL - 2018-2019 ÎLE-DE-MONTRÉAL Direction régionale de Services Québec Ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité ...

 
PLAN D'ACTION RÉGIONAL - 2018-2019 ÎLE-DE-MONTRÉAL Direction régionale de Services Québec Ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité ...
SERVICES QUÉBEC ÎLE-DE-MONTRÉAL

   PLAN D’ACTION RÉGIONAL
          2018-2019

          Direction régionale de Services Québec
                    ÎLE-DE-MONTRÉAL

Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale

                           Mars 2018
PLAN D'ACTION RÉGIONAL - 2018-2019 ÎLE-DE-MONTRÉAL Direction régionale de Services Québec Ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité ...
Avis au lecteur

       « Le 22 mai 2018, le Premier ministre et le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale dévoilaient
       la première Stratégie nationale sur la main-d’œuvre 2018-2023
       (https://www.mtess.gouv.qc.ca/publications/pdf/Strat-nationale_mo.PDF), laquelle prévoit des
       investissements de plus de 1,3 G$. Des consultations régionales tenues en 2016 et en 2017 dans
       toutes les régions du Québec ont permis de jeter les bases de cette Stratégie nationale qui se veut
       adaptée aux réalités régionales.

       Nonobstant le plan d’action régional qui suit et qui a été élaborée avant le dévoilement de la
       Stratégie nationale, la Direction régionale de Services Québec de l’Île-de-Montréal s’engage à
       mettre en œuvre la Stratégie par les actions et les mesures, nouvelles ou bonifiées, qui permettront
       de faire face aux nouvelles réalités du marché du travail.

                               La directrice régionale de Services Québec de l’Île-de-Montréal,
                               Johanne Beaulieu

                                                                                                              2
PLAN D'ACTION RÉGIONAL - 2018-2019 ÎLE-DE-MONTRÉAL Direction régionale de Services Québec Ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité ...
Table des matières

1. Mot du président du Conseil régional des partenaires du marché du travail de l’Île-de-Montréal ........... 4

       Mot de la directrice régionale de Services Québec de l’Île-de-Montréal et secrétaire du Conseil régional

       des partenaires du marché du travail de l’Île-de-Montréal ....................................................................... 5

2. Présentation de la direction régionale de Services Québec ........................................................................ 6

3. L’évolution de l’environnement et les principaux enjeux qui interpellent la direction régionale de

      Services Québec ........................................................................................................................................... 9

                3.1. Portrait et tendance du marché du travail montréalais .......................................................... 9

4. Priorités régionales et axes d’intervention en lien avec les principaux enjeux ......................................... 17

                4.1. L’adéquation entre les besoins des entreprises et les compétences de la main-d’œuvre
                     dans un contexte où la rareté de la main-d’œuvre et le chômage coexistent ..................... 18
                4.2. L’autonomie financière et l’inclusion sociale du plus grand nombre possible de
                     personnes ................................................................................................................................ 27
                4.3. Une prestation de services adaptée aux besoins des clientèles ........................................... 29

5. Annexes...................................................................................................................................................... 35

                5.1. Budgets du Fonds de développement du marché du travail................................................. 35
                5.2. Indicateurs de résultats et cibles ............................................................................................ 35
                5.3. Facteurs de contingence pour l’atteinte des indicateurs de résultats ciblés ........................ 35
                5.4. Organigramme de la direction régionale de Services Québec .............................................. 36
                5.5. Composition du Conseil régional des partenaires du marché du travail .............................. 37
                5.6 Définitions………………………………………………………………………………………………………………….....38

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1. Mot du président du Conseil régional des partenaires du
   marché du travail de l’Île-de-Montréal

À titre de président du Conseil régional des partenaires du marché du travail de l’Île-de-Montréal (Conseil
régional), c’est avec une grande fierté que je vous présente le volet emploi et main-d’œuvre du Plan d’action
de la Direction régionale de Services Québec de l’Île-de-Montréal. Ce plan s’inscrit dans le Plan d’action
concerté en adéquation formation compétences emploi de la Commission des partenaires du marché du
travail.

L’année 2017 aura été une bonne année pour la région de Montréal au chapitre de l’emploi. Pour une troisième
année consécutive, nous avons assisté à une hausse du nombre d’emplois, ce qui a porté à plus d’un million
le nombre de personnes en emploi et résidant sur l’île de Montréal. De plus, avec un taux de chômage de
8,2%, il s’agit du plus bas taux observé en 30 ans.

Bien que réjouissantes, ces données ne doivent pas masquer les enjeux liés à la main-d’œuvre et les défis
que cela comporte pour notre région.

Ainsi, pour continuer sur cette lancée, nous comptons approfondir la connaissance des professions présentant
des signes de déséquilibre dans la région de Montréal. Ceci témoigne de notre volonté de dresser un portrait
fidèle du marché du travail, de définir les besoins des employeurs en matière de développement de la main-
d’œuvre et de desservir judicieusement nos travailleuses et travailleurs ainsi que nos entreprises.

De surcroît, nous allons travailler en étroite collaboration avec le Conseil emploi métropole (CEM) et d’autres
partenaires de la région afin de développer une vision prospective des compétences du futur.

Nous miserons dans le présent plan d’action sur des stratégies d’intervention pour favoriser l’insertion en
emploi des personnes prêtes à intégrer le marché du travail, incluant les personnes faisant partie de groupes
sous-représentés, entre autres par un soutien au développement des compétences et un accompagnement
jusqu’à l’insertion en emploi.

L’accompagnement des entreprises dans une gestion des ressources humaines optimale afin d’améliorer leur
productivité est tout aussi crucial au sein d’un marché du travail en mutation.

Enfin, je tiens à remercier l’ensemble des intervenants de la Direction régionale pour la qualité du travail
accompli et du service offert aux citoyennes et citoyens, et aux entreprises de la région.

                   Louis Arsenault, Président du Conseil régional
                   des partenaires du marché du travail
                   de l’Île-de-Montréal

                                                                                                             4
Mot de la directrice régionale de Services Québec de l’Île-de-
Montréal et secrétaire du Conseil régional des partenaires du
marché du travail de l’Île-de-Montréal
C’est avec plaisir que je vous présente le Plan d’action régional de Services Québec de l’Île-de-Montréal 2018-
2019. Les enjeux et les stratégies régionales priorisés se veulent en concordance avec les orientations
présentées dans le Plan stratégique 2015-2019 du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale
(MTESS) et de la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT).

Avec ses 1 942 040 de résidents, soit 23,8 % de la population totale de la province en 2016, et ses 65 700
entreprises, représentant le quart de l’ensemble des entreprises du Québec, l’Île de Montréal est assurément
le premier pôle industriel et économique du Québec.

Les conditions du marché du travail sont les plus favorables de ces dernières années, en témoigne la réduction
annuelle soutenue du nombre de personnes ayant recours à l’assurance emploi ou à l’aide financière de
dernier recours. Les données relatives au portrait de la clientèle, présentées dans ce Plan d’action régional,
sont éloquentes à cet égard. Comme partout au Québec, la forte croissance économique observée et la très
bonne performance des entreprises constituent à la fois un défi et une opportunité pour l’intégration au travail
des chercheurs d’emploi. Dans ce contexte, nos services d’emploi sont proactifs et interviennent d’une part
pour développer les compétences, la préparation et le maintien en emploi des clientèles sous-représentées
sur le marché du travail, et d’autre part à soutenir les entreprises dans la gestion des ressources humaines.
Les actions qui en découlent s’inscrivent en cohérence avec l’enjeu national concernant l’adéquation entre le
profil des compétences de la main-d’œuvre et les besoins du marché du travail.

La poursuite des engagements pris dans le cadre du Rendez-vous national sur la main-d’œuvre ainsi que la
réalisation des actions sous la responsabilité du MTESS dans le cadre de la Stratégie nationale sur la main-
d’œuvre, qui sera dévoilée au printemps 2018, viendront appuyer l’offre de nos services d’emploi. Notre
collaboration avec les acteurs des secteurs communautaires et gouvernementaux favorisera une plus grande
portée de nos interventions et le soutien du Conseil régional des partenaires du marché du travail de l’Île-de-
Montréal garantira le caractère évolutif de notre prestation de services.

La Direction régionale de Services Québec de l’Île-de-Montréal (Direction régionale) réalisera les actions sous
sa responsabilité inscrites aux différentes stratégies clientèle et au Plan d’action gouvernemental pour
l’inclusion économique et la participation sociale 2017-2023. Au premier avril 2019, sera mis en place le
Programme objectif emploi, visant à intervenir auprès des nouveaux demandeurs de l’aide financière de
derniers recours afin de favoriser leur intégration en emploi, et ce en étroite collaboration avec les organismes
spécialisés en employabilité et les établissements de formation.

La Direction régionale poursuivra la modernisation de sa prestation de services, et continuera le déploiement
des bureaux de Services Québec sur son territoire afin d’offrir des services diversifiés, accessibles et
simplifiés aux citoyennes, citoyens et aux entreprises dans leur relation avec l’État.

Nous tenons à souligner notre volonté de collaborer avec la Ville de Montréal dans le cadre du « Réflexe
Montréal » et de la Stratégie gouvernementale pour assurer l’occupation et la vitalité du territoire.

En terminant, Je tiens à remercier l’ensemble du personnel et nos partenaires pour leur contribution dans la
mise en œuvre des stratégies présentées dans ce plan d’action et pour leur engagement indéfectible.

                          Johanne Beaulieu, directrice régionale
                          de la Direction régionale de Services Québec
                          de l’Île-de-Montréal

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2. Présentation de la direction régionale de Services Québec de
   l’Île-de-Montréal

La Direction régionale est responsable de la gestion des services d’emploi et de solidarité sociale offerts aux
citoyens et aux entreprises sur tout le territoire de l’île de Montréal. Depuis que le gouvernement du Québec
a confié la mise en œuvre de Services Québec au ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale,
de nouveaux services sont offerts, axés sur l’accessibilité et la simplification des relations des citoyennes, des
citoyens et des entreprises avec l’État. Ainsi, les services de renseignements généraux sur les services
gouvernementaux, le Registraire des entreprises et du Bureau de la publicité des droits sont intégrés à la
prestation de services de certains bureaux de l’Île-de-Montréal. Le déploiement de l’offre de Services Québec
dans les centres locaux d’emploi se poursuivra en 2018-2019. Plus de 967 employées et employés en
moyenne travaillent à la Direction régionale, et sont répartis dans différents corps d’emploi. La Direction
régionale comprend un bureau régional qui regroupe des directions administratives et de support opérationnel,
des centres locaux d’emploi, des bureaux de Services Québec et des centres et points de service spécialisés
offrant des services directs à la population et aux entreprises :

 la Direction régionale (bureau de la directrice régionale);

 la Direction des services administratifs;

 la Direction de la planification et de l’information sur le marché du travail;

 la Direction du soutien opérationnel aux services gouvernementaux;

 la Direction régionale adjointe des ressources externes et de la mesure de formation aux individus,
  composée :
    du Centre des opérations aux ressources externes;

 la Direction régionale adjointe aux opérations, mesures et services aux entreprises, composée :
    du Centre des services aux entreprises – secteur du soutien à la gestion;
    du Centre des services aux entreprises – secteur d’intégration en emploi;

 Une direction régionale adjointe aux opérations, composée :
    de treize centres locaux d’emploi (CLE) offrant la gamme complète des services;
    de deux points de services (salle multiservice);
    de deux centres des services spécialisés pour les clientèles prestataires d’une aide financière qui
     présentent des contraintes sévères à l’emploi;
    de deux centres des enquêtes et de la conformité (Est et Ouest);
    du Centre spécialisé des demandeurs d’asile, des garants défaillants et des services aux parrainés;
    de trois bureaux de Services Québec et d’un point de service;
    de quatre bureaux libre-service de Services Québec localisés à la Bibliothèque et Archives nationales
     du Québec, à la bibliothèque d’Ahuntsic, à la bibliothèque de Montréal-Nord et à la bibliothèque de
     Pointe-aux-Trembles.

Le bureau régional a la responsabilité de définir des orientations à l’ensemble des unités administratives de la
direction régionale relativement aux cibles et aux objectifs fixés par les autorités du Ministère. Il offre d’ailleurs

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un soutien aux intervenantes et intervenants locaux en matière d’intervention, de répartition des cibles
opérationnelles, des budgets d’intervention et d’administration et du suivi de ces activités.

Le bureau régional est aussi responsable de la production d’information sur le marché du travail et de la
diffusion de celle-ci, tant au sein de la direction régionale qu’auprès des différents partenaires externes. Il
assure enfin la formation du personnel ainsi que le soutien normatif et opérationnel auprès du personnel de la
direction régionale, notamment en ce qui concerne l’application des mesures et services d’Emploi-Québec, de
la Solidarité sociale et de Services Québec offerts aux citoyennes et citoyens et aux entreprises. Il coordonne
et supporte le déploiement progressif de Services Québec dans la région.

L’ENVIRONNEMENT PARTENARIAL

Dans le souci d’assurer la complémentarité des interventions et des expertises, de même que d’améliorer la
persévérance et la réussite des participantes et participants aux mesures d’emploi, la Direction régionale mène
ses actions en étroite collaboration avec ses partenaires des secteurs de l’éducation, du développement de
l’employabilité et du développement économique. Parmi ses partenaires, mentionnons :

  le Conseil régional des partenaires du marché du travail de Montréal (Conseil régional);
  la Commission des partenaires du marché du travail (Commission);
  les organismes externes spécialisés dans le développement de l’employabilité et le Forum régional des
   ressources externes en développement de l’employabilité;
  les établissements d’enseignement du réseau de l’éducation;
  le Conseil emploi métropole;
  les comités sectoriels de main-d’œuvre et les comités consultatifs;
  le milieu syndical;
  le milieu des affaires;
  la Ville de Montréal et ses instances de concertation régionales et locales;
  les ministères et organismes gouvernementaux du Québec et du Canada.

LES RESSOURCES FINANCIÈRES

Emploi Québec est doté, pour offrir les services publics d’emploi, d’un budget d’intervention annuel établi en
fonction des ententes avec le gouvernement fédéral et des objectifs financiers du gouvernement québécois.
Les orientations budgétaires peuvent être ajustées régionalement, selon l’état du marché du travail et des
priorités fixées. Conformément à son mode de gestion, les attentes relatives aux services publics d’emploi et
aux cibles visées sont établies en concordance avec le budget d’intervention accordé. Le ministère du Travail,
de l’Emploi et de la Solidarité sociale compte également sur un budget de transfert pour assurer l’aide
financière de dernier recours et pour offrir d’autres programmes spécifiques liés aux services de solidarité
sociale.

LES SERVICES PUBLICS D’EMPLOI

Le budget d’intervention du Fonds de développement du marché du travail est utilisé pour financer les mesures
actives des services publics d’emploi. Ce budget s’élève à (à venir) M$ pour l’année 2018-2019, ce qui
représente près de 30% de l’ensemble des budgets accordés aux directions régionales.

Ce budget inclut des crédits de (à venir) M$ provenant de l’Entente Canada-Québec relative au marché du
travail (1998), lesquels doivent être utilisés pour l’aide aux participantes et aux participants de l’assurance-
emploi ou pour assurer les mesures de soutien au Service national de placement. Il comprend également (à

                                                                                                              7
venir) M$ provenant de l’Entente Canada-Québec sur le marché du travail 2014-2020 visant le transfert des
sommes du Fonds canadien pour l’emploi, concernant les mesures et services d’emploi et de formation de la
main-d’œuvre destinés aux personnes sans emploi qui ne sont pas des participantes ou participants de
l’assurance-emploi ainsi qu’aux travailleuses et aux travailleurs qui ont besoin d’une formation de base ou qui
n’ont aucune qualification reconnue.

LES SERVICES DE SOLIDARITÉ SOCIALE

Pour l’année 2017-2018 (avril 2017 à janvier 2018), les prestations versées aux fins du Programme d’aide
financière de dernier recours s’élevaient à 734,3 M$, ce qui représente une moyenne mensuelle de
73,4 millions de dollars. Il s’agit essentiellement d’une enveloppe centrale dont les sommes sont administrées
régionalement en fonction des prestations auxquelles les ménages ou les personnes ont droit en vertu de la
Loi sur l’aide aux personnes et aux familles et de son règlement d’application.

LES RESSOURCES HUMAINES

La Direction régionale compte 967 employées et employés dans son réseau d’unités opérationnelles ainsi
qu’au bureau régional. Le tableau suivant présente la répartition de l’effectif par catégorie d’emploi.

Tableau 1 : Répartition de l’effectif de la direction régionale (données au 28 février 2018)

       Catégorie                                                                               Effectifs            Pourcentage (%)

       Cadres                                                                                        36                 3,7%

       Personnel administratif a                                                                    203                 21 %

       Attachées et attachés d’administration                                                        65                6,7 %

       Agentes et agents de recherche et de planification socioéconomique b                          13                1,3 %

       Agentes et agents d’aide socioéconomique                                                     596                61,6 %

       Enquêtrices et enquêteurs                                                                     54                5,6 %

       Total                                                                                        967                100 %

  a.    Est compris un ensemble de corps d’emploi assurant le soutien aux opérations, tels les agentes et agents de bureau, les
        techniciennes et techniciens en administration, les techniciennes et techniciens en informatique ainsi que les agentes et
        agents de secrétariat.
  b.    Sont compris plusieurs corps d’emploi exerçant des fonctions d’analyse et de conseil, particulièrement en matière de
        planification et d’information sur le marché du travail, tels les analystes du marché du travail, les économistes ainsi que les
        conseillères et conseillers à la diffusion de l’information sur le marché du travail.

                                                                                                                                          8
3. L’évolution de l’environnement et les principaux enjeux qui
   interpellent la direction régionale de Services Québec de
   l’Île-de-Montréal

     3.1. Portrait et tendance du marché du travail montréalais

UNE RÉGION JEUNE ET COSMOPOLITE

La région de l’île de Montréal est la région la plus populeuse du Québec : avec ses 1 942 040 habitants en
2016, elle représente 23,8 % de la population totale. L’île de Montréal se trouve au cœur d’une région
métropolitaine comptant près de 4,1 millions d’habitants, soit près de la moitié de la population québécoise
(47,4 %).

    Tableau 1 : Population de l’île de Montréal selon le groupe
    d’âge                                                                  Montréal est l’une des régions les plus jeunes du
                                                                           Québec et la plus cosmopolite. L’arrivée de jeunes
        Âges                            %
                                                                           adultes en raison de la présence de nombreux
        0-14 ans                        15,7                               établissements d’enseignement collégial et
        15-19 ans                       5,0                                universitaire conjuguée à celle de personnes
        20-44 ans                       37,2                               immigrantes ayant en majorité entre 15 et 44 ans
        45-54 ans                       13,3                               vient atténuer le vieillissement de la population
        55-64 ans                       12,2                               montréalaise. À Montréal, 37,2 % de la population
                                                                           a entre 20 et 44 ans comparativement à 31,5 %
        65 ans ou plus                  16,7
                                                                           dans l’ensemble du Québec.
    Source : Statistique Canada, Recensement de 2016.

La croissance de la population montréalaise est essentiellement due à l’immigration internationale puisque
Montréal connaît un solde migratoire interrégional négatif dans tous les groupes d’âge à l’exception des 15 à
24 ans. Ainsi, entre 2006 et 2016, la population montréalaise née à l’extérieur du Canada a progressé d’environ
20 %, alors que celle née au Canada a baissé de près de 4 %. En raison du pouvoir d’attraction qu’elle exerce
sur la population immigrante, Montréal est de loin sa première région d’établissement : 60,8 % des personnes
immigrantes admises au Québec, entre 2011 et 2015, résidaient dans la région de l’île de Montréal en 2017 1.
Enfin, environ 42 % des personnes de 15 ans ou plus sont nées à l’extérieur du Canada.

La région se démarque par une plus forte présence de personnes en âge de travailler : les 20-64 ans
représentent 62,7 % de la population montréalaise, soit la proportion la plus élevée de toutes les régions du
Québec.

UN MARCHÉ DU TRAVAIL INTÉGRÉ ET DAVANTAGE AXÉ SUR LES SERVICES

Montréal est le pôle industriel le plus important au Québec et elle peut être considérée comme une ville de
classe mondiale. Elle génère environ 35 % de l’activité économique au Québec 2. Cette activité économique
se déroule à l’intérieur d’un marché du travail et d’une économie fortement intégrés à sa région métropolitaine.

1
  Ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, « 2017 – Présence et portraits régionaux des personnes immigrantes admises au
Québec de 2006 à 2015 », novembre 2017
2 Institut de la statistique du Québec, « Produit intérieur brut régional par industrie au Québec », Édition 2017 (révisée), décembre 2017
                                                                                                                                                 9
En outre, le fait que près des deux tiers des emplois de la région métropolitaine soient localisés à Montréal
confirme son statut de centre économique régional.

Avec ses 65 700 3 entreprises, la région de l’île de Montréal concentre le quart de l’ensemble des entreprises
du Québec et plus du tiers des entreprises de 100 employées et employés ou plus. La très grande majorité
(89 %) de celles-ci produit des services et ces dernières occupent 87 % des travailleurs et travailleuses de la
région.

L’économie de Montréal est aussi caractérisée par la forte présence de petites et de moyennes entreprises.
Un peu plus de la moitié des entreprises comptent moins de 5 employées et employés et 94 % des entreprises
comptent moins de 50 employées et employés. Les entreprises de 100 employées et employés ou plus, quant
à elles, ne représentent que 3 % des entreprises et emploient plus de la moitié des travailleurs et travailleuses.

LE CONTEXTE ÉCONOMIQUE ET L’ÉVOLUTION DU MARCHÉ DU TRAVAIL

Croissance attendue de l’économie québécoise, mais l’incertitude demeure présente

L’économie québécoise a enregistré en 2017 sa meilleure performance des dernières années. Cette per-
formance repose notamment sur les dépenses des ménages, ce qui n’est pas sans lien avec la bonne tenue
du marché du travail, ainsi que les investissements non résidentiels des entreprises. Selon la majorité des
analystes, les conditions sont en place pour que l’économie poursuive cette tendance favorable. La croissance
économique devrait donc être au rendez-vous en 2018. La confiance des ménages et des entreprises est
élevée, ce qui devrait soutenir les dépenses de consommation et l’investissement des entreprises. La
croissance de l’économie en 2018 s’appuie également sur une progression des exportations internationales.
Toutefois, certaines incertitudes économiques et géopolitiques planent toujours, notamment les risques
inhérents à la recrudescence du protectionnisme américain et les renégociations de l’ALÉNA entre le Canada,
les États-Unis et le Mexique.

Tableau 1 : Prévisions des variations annuelles du PIB réel, 2017-2021
                                                                                                                    TCAM
                                          2017           2018          2019           2020           2021
                                                                                                                    2017-2021
            Ensemble du Québec1           2,7 %          2,0 %         1,6 %          1,4 %          1,3 %          1,8 %

Source : Ministère des Finances du Québec, « Le plan économique du Québec – Mise à jour de novembre 2017 », moyenne
         de onze institutions du secteur privé en date du 17 octobre 2017.

PIB : produit intérieur brut

TCAM : taux de croissance annuel moyen

3
    Ce nombre réfère aux emplacements statistiques, soit la plus petite entité de production exerçant une activité économique à partir d’un
    seul emplacement physique ou d’un groupe d’emplacements. À titre d’information, plusieurs emplacements peuvent appartenir à une
    même entreprise, et chaque entreprise possède au moins un emplacement. Source : Statistique Canada, Registre des entreprises de
    décembre 2016.
                                                                                                                                       10
Création d’emplois et recul du chômage

                                       Évolution de l'emploi
                                                                                                   La croissance de l’emploi a été au rendez-vous en
                                         île de Montréal
              1 050,0                                                                    1 035,9
                                                                                                   2017 dans la région de Montréal pour une
              1 030,0
                                                                                                   troisième année consécutive. La région affiche
              1 010,0                                                                              ainsi une hausse annuelle de 38 900 emplois,
               990,0                                                                               dont une augmentation de 34 400 emplois à
               970,0                                                                               temps plein et de 4 500 emplois à temps partiel.
   milliers

               950,0    938,8                                                                      Ainsi, selon le bilan annuel de 2017, la région
               930,0                                                                               récolte plus de 40 % de l’ensemble des emplois
               910,0                                                                               créés au Québec et un plus de la moitié de la
               890,0
                                                                                                   création d’emplois à temps plein. Les gains
               870,0
                                                                                                   d’emplois ont amené une baisse du chômage sur
               850,0
                        2008    2009    2010   2011   2012   2013   2014   2015   2016    2017     l’île de Montréal.

                                                                                                   Le taux de chômage est ainsi passé de 9,5 % en
                                                                                                   2016 à 8,2 % en 2017 et on y compte 11 400 chô-
                                                                                                   meurs de moins qu’en 2016.
                                                                                                   C’est le plus faible taux observé depuis que la sé-
                                                                                                   rie chronologique est disponible (1987). Il est par
                                                                                                   ailleurs inférieur au taux de chômage moyen des
                                                                                                   dix dernières années (9,7 %). C’est cependant le
                                                                                                   deuxième taux de chômage le plus élevé au
                                                Moyenne = 9,7%
                                                                                                   Québec, après celui de la Gaspésie–Îles-de-la-
                                                                                                   Madeleine, qui affiche un taux de 11,7 %.

La durée moyenne du chômage s’est aussi réduite entre 2016 et 2017 dans la région de Montréal et dans
l’ensemble du Québec. Les épisodes de chômage demeurent plus longs à Montréal : ces derniers y durent
en moyenne 22,4 semaines contre 20 semaines dans l’ensemble du Québec.
Par ailleurs, la région a enregistré une hausse de sa population active (personnes en emploi ou à la recherche
d’un emploi) alors que 27 500 personnes ont joint ses rangs en 2017. D’ailleurs, le taux d’activité montréalais
s’est hissé à un taux sans précédent de 66,5 %.

                                                                                                                                                         11
Tableau 2 : Variation de l’emploi et du taux de chômage

                                             Variation de l’emploi                     Taux de chômage
                                                                                                           Variation
                                             2016-2017                 2015-2016       2017
                                                                                                           2016-2017

      Île de Montréal                        + 38 900                  + 28 000        8,2 %               -1,3 p.p.
      Reste de la région métropolitaine      + 35 900                  + 2 100         5,0 %               -1,0 p.p.
      Ensemble du Québec sans la
                                 + 15 400                              + 6 000         5,5 %               -1,0 p.p.
      région métropolitaine
      Ensemble du Québec                     + 90 200                  + 36 100        6,1 %               -1,0 p.p.
      Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active.

      p.p. : point de pourcentage

Hausse de l’emploi dans le secteur des services

En 2017, la création d’emplois a été menée par le secteur des services avec l’ajout de 38 600 emplois,
principalement dans le secteur des services aux producteurs, suivi de celui des services gouvernementaux.
Bien que l’emploi dans le secteur de la production de biens varie peu dans son ensemble, le secteur de la
construction et celui de la fabrication complexe ont contribué à la hausse de l’emploi.

Tableaux 3 : Nombre d’emplois et variation de l’emploi par secteur d’activité économique

Île-de-Montréal
                                                                              Variation        Variation
                     Secteur d’activité économique                2017
                                                                              2016-2017        2015-2016
                     Production de biens                          139 100     0,2 %            -0,8 %
                     · Construction                               29 600      4,6 %            -12,9 %
                     · Fabrication                                104 800     -1,4 %           6,5 %
                          •    Fabrication traditionnelle         55 900      -5,4 %           5,5 %
                          •    Fabrication complexe               46 400      4,3 %            8,0 %
                     Services                                     896 800     4,5 %            3,5 %
                          •    Services aux producteurs           355 100     7,1 %            2,1 %
                          •    Services aux consommateurs 302 200             1,5 %            7,5 %
                          •    Services gouvernementaux           239 500     4,7 %            0,6 %
                     Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active.

                     Note : La définition des regroupements de secteurs est présentée en annexe.

                                                                                                                       12
Hausse de l’emploi chez les deux sexes et dans tous les groupes d’âges

Les hommes et les femmes ont profité de la hausse de l’emploi en 2017 avec l’ajout de 29 600 postes du côté
des hommes et de 9 400 postes du côté des femmes. Cela a entraîné une réduction de leurs taux de chômage
respectifs. Chez les hommes, cette baisse est plus marquée avec le recul de 1,9 point de pourcentage pour
se situer à 8,3 %, soit le niveau le plus bas enregistré depuis que la série chronologique est disponible (1987).
Le taux de chômage chez les femmes se situe à 8,2 % et c’est la première fois que l’écart entre le taux de
chômage des hommes et celui des femmes est aussi faible.

En 2017, une hausse de l’emploi s’observe parmi tous les groupes d’âge, et particulièrement chez les
personnes de 25 ans ou plus. D’ailleurs, la création d’emplois a fait reculer le taux de chômage chez tous les
groupes d’âges, et notamment chez les personnes de 15 à 24 ans (une baisse de 5 points de pourcentage)
car en plus des gains d’emplois chez ce groupe, le nombre de jeunes qui se sont joints à la population active
diminue.

Tableau 4 : Évolution du nombre d’emploi et du taux de chômage selon le sexe et le groupe d’âge, Île
de Montréal, 2016-2017

                                                      Emploi en milliers                              Taux de chômage
                                                                           Variation                                    Variation
                                             2017                2016                          2017         2016
                                                                           2016-2017                                    2016-2017
Personnes de 15 ans ou plus               1 035 900         997 000         + 38 900          8,2 %         9,5 %        - 1,3 p.p.
Femmes                                     491 000          481 600         + 9 400           8,2 %         8,7 %        - 0,5 p.p.
Hommes                                     544 900          515 300         + 29 600          8,3 %        10,2 %        - 1,9 p.p.
Personnes de 15 à 24 ans                   129 200          124 200         + 5 000          12,1 %        17,1 %        - 5,0 p.p.

Personnes de 25 à 54 ans                   711 100          690 200         + 20 900          7,8 %         8,3 %        - 0,5 p.p.

Personnes de 55 à 64 ans                   154 000          145 800         + 8 200           7,2 %         9,3 %        - 2,1 p.p.

Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active.

p.p. : point de pourcentage

Finalement, les gains d’emplois se concentrent parmi les postes de niveau professionnel 4, avec une aug-
mentation de 27 200 postes. D’ailleurs, plus du quart des emplois de la région requièrent un diplôme d’études
universitaires. Les postes de niveau technique sont demeurés relativement stables (+600 emplois). Quant à
l’emploi de niveau intermédiaire et élémentaire, sa variation globale en 2017 reflète une évolution contraire :
les emplois de niveau élémentaire ont augmenté (hausse de 3 700 postes), alors que ceux de niveau
intermédiaire ont diminué (baisse de 4 900 postes).

Gains d’emplois chez les personnes immigrantes

En 2017, les personnes immigrantes ont contribué à la croissance de l’emploi sur l’île de Montréal avec un
gain de 19 100 emplois, soit davantage que la hausse enregistrée par les personnes nées au Canada (hausse
de 16 600). Bien que la proportion de personnes immigrantes en emploi demeure plus faible que celle des
personnes nées au Canada (58,3 % vs 63,1 %, en 2017), le taux d’emploi de la population immigrante atteint
le niveau le plus élevé depuis que la série est disponible (2006). Par ailleurs, quelle que soit leur période

4
.   Les niveaux de compétence dont il est question ici sont ceux établis par la Classification nationale des professions (CNP). Les
    emplois de niveau professionnel exigent généralement une formation universitaire, ceux de niveau technique, un diplôme d’études
    collégiales ou d’études professionnelles, ceux de niveau intermédiaire, un diplôme d’études secondaires, alors que ceux de niveau
    élémentaire n’exigent aucun diplôme.

                                                                                                                                   13
d’immigration, les personnes immigrantes ont participé à la création d’emplois en 2017, à l’exception des
immigrants de plus de 5 ans et moins de 10 ans.

                                                                    Le taux de chômage des personnes immigrantes
                                                                    a connu une baisse, passant de 11,6 % en 2016
                                                                    à 10,2 % en 2017. Ce dernier demeure
                                                                    néanmoins largement supérieur au taux de
                                                                    chômage des personnes nées au Canada (7 %).
                                                                    Toutefois, le taux de chômage des immigrants de
                                                                    moins de 5 ans a augmenté passant de 15,3 % à
                                                                    17,2 %. En effet, malgré une progression de
                                                                    l’emploi pour ce groupe, l’augmentation de la
                                                                    population active est plus forte, expliquant une
                                                                    hausse de son taux de chômage.

Hausse du taux d’emploi parmi tous les groupes sous-représentés sur le marché du travail

Pour la première fois depuis 1987, le taux d’emploi des 15 ans et plus de Montréal est supérieur à celui de
l’ensemble du Québec. À l’image de la population des 15 ans ou plus de la région de Montréal, les clientèles
sous-représentées sur le marché du travail ont toutes connu une hausse de leur taux d’emploi entre 2016 et
2017. Toutefois, lorsque seule la clientèle sous-représentée est considérée, les taux montréalais demeurent
inférieurs à ceux de l’ensemble du Québec. La seule exception concerne les personnes de 55 à 64 ans dont
le taux d’emploi reste supérieur à celui de l’ensemble des Québécois et des Québécoises de ce groupe d’âge.
D’ailleurs, le taux d’emploi des Montréalaises et Montréalais de 55 à 64 ans a atteint un nouveau sommet en
2017. Enfin, les femmes sont toujours moins présentes sur le marché du travail que les hommes : en 2017,
leur taux d’emploi à Montréal est de 57 %, contre 65,2 % pour les hommes. Comme plusieurs d’entre elles se
trouvent parmi les clientèles sous-représentées sur le marché du travail, elles sont souvent doublement
défavorisées.

Tableau 5 : Évolution du taux d’emploi de certains groupes sous-représentés sur le marché
            du travail, ensemble du Québec et île de Montréal, 2016-2017

                                                          Île-de-Montréal                    Ensemble du Québec
                                                          2017              2016             2017        2016
     Personnes de 15 ans ou plus                          61,1 %            59,3 %           60,9 %      60,0 %
     Femmes                                               57,0 %            55,9 %           57,4 %      57,0 %
     Personnes de moins de 25 ans                         50,4 %            49,4 %           59,8 %      58,8 %
     Personnes de 55 à 64 ans                             63,8 %            59,3 %           59,6 %      57,8 %
     Personnes de 15 à 64 ans peu       scolarisées1      41,7 %            35,1 %           52,0 %      47,9 %
     Personnes immigrantes                                58,3 %            56,7 %           61,7 %      59,5 %
    1. Les personnes peu scolarisées sont celles qui n’ont pas terminé leurs études secondaires.

                                                                                                                       14
Baisse du nombre de prestataires de l’assurance-emploi et du nombre de prestataires de l’aide sociale

Le nombre de prestataires de l’assurance-emploi actifs et aptes au travail a diminué en 2017 sur l’île de
Montréal, enregistrant des niveaux inférieurs à ceux historiquement faibles affichés en 2008, soit avant la
dernière récession de 2009. Quant au nombre de prestataires de l’aide sociale, il a poursuivi sa tendance à la
baisse en 2017, brisant des niveaux historiquement faibles. Il en est de même pour le taux d’assistance sociale
(8,3 % pour les 0 à 64 ans en décembre 2017) qui demeure toutefois parmi les plus élevés au Québec, soit
au deuxième rang.

       Figure 1 : Évolution du nombre de prestataires actifs et aptes au travail de l’assurance-emploi
                  et du nombre de prestataires de l’aide sociale, île de Montréal, 2007-2017

    60 000
                                                                       90 000
    55 000                                                             85 000
                                                                                                         Prestataires de l'aide
    50 000                                                             80 000                                          sociale
                                         Prestataires de               75 000
    45 000
                                     l'assurance-emploi
                                                                       70 000
    40 000
                                                                       65 000
    35 000
                                                                       60 000
    30 000
                                                                       55 000
    25 000
                                                                       50 000
             juin-08

             juin-09

             juin-10

             juin-11

             juin-12

             juin-13

             juin-14

             juin-15

             juin-16

             juin-17
             déc.-07

             déc.-08

             déc.-09

             déc.-10

             déc.-11

             déc.-12

             déc.-13

             déc.-14

             déc.-15

             déc.-16

             déc.-17

                                                                                juin-08
                                                                                juin-09
                                                                                juin-10
                                                                                juin-11
                                                                                juin-12
                                                                                juin-13
                                                                                juin-14
                                                                                juin-15
                                                                                juin-16
                                                                                juin-17
                                                                                déc.-07
                                                                                déc.-08
                                                                                déc.-09
                                                                                déc.-10
                                                                                déc.-11
                                                                                déc.-12
                                                                                déc.-13
                                                                                déc.-14
                                                                                déc.-15
                                                                                déc.-16
                                                                                déc.-17
Notes :      Les prestataires de l’aide sociale excluent les prestataires qui sont enregistrés au Centre spécialisé des
             demandeurs d'asile (CLE 297).

Sources : Statistique Canada, Emploi et Développement social Canada et ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité
          sociale.

LES TENDANCES DU MARCHÉ DU TRAVAIL MONTRÉALAIS

Croissance économique en 2018

Depuis 2015, l’économie montréalaise connaît une croissance plus soutenue que celle de l’ensemble du
Québec 5. Elle devrait poursuivre son expansion en 2018 en raison, entre autres, de la croissance des
secteurs du tourisme, des technologies de l’information et des communications ainsi que des projets
d’envergure tels que ceux liés au Réseau express métropolitain (REM), à l’échangeur Turcot, etc.
Par ailleurs, selon les perspectives d’emploi par profession 2015-2019 d’Emploi-Québec, la majorité des
postes dans la région seront à pourvoir en raison notamment de départs à la retraite. Enfin, 60 % des postes
à doter sur cette période nécessiteront une main-d’œuvre qualifiée (études professionnelles, collégiales ou
universitaires).

Persistance des difficultés d’intégration au marché du travail
Bien que les conditions sur le marché du travail soient relativement plus favorables que dans les années
1990, la population montréalaise connaît globalement toujours des difficultés à intégrer le marché du travail.
En effet, le taux de chômage dans la région de Montréal est supérieur à celui de l’ensemble du Québec. De
même, historiquement, la durée du chômage est plus longue dans la région montréalaise que dans le reste

5
    Selon la variation du PIB nominal. Source : Études économiques Desjardins, études régionales, Région administrative de Montréal,
    décembre 2017 (Tableau 1)
                                                                                                                                       15
de la province. Selon les perspectives d’Emploi-Québec, ces écarts persisteront vraisemblablement, malgré
le recul du taux de chômage. Ces difficultés toucheront particulièrement certains groupes de la population,
dont les jeunes de 15 à 24 ans, les personnes peu scolarisées, les femmes et les personnes immigrantes.

Vieillissement de la main-d’œuvre plus atténué dans la région de Montréal qu’ailleurs au Québec

Le vieillissement de la main-d’œuvre s’accentuera dans la région de Montréal au cours des prochaines
années, mais son effet sera de moindre ampleur qu’ailleurs au Québec :

   Le vieillissement de la population de la région s’effectue à un rythme moins rapide grâce à l’apport de
    l’immigration et à l’attraction qu’elle exerce sur les jeunes de 15 à 29 ans venant des autres régions.
    Conséquemment, la part des 15 à 64 ans diminue moins rapidement dans la région de Montréal que
    partout ailleurs au Québec.

   Comme ailleurs au Québec, le taux d’activité des personnes âgées de 55 à 64 ans de la région affiche
    globalement une tendance à la hausse et il surpasse celui de l’ensemble du Québec. Toutefois, le groupe
    des 55 à 64 ans présente toujours des écarts importants avec les 25-54 ans, soit le groupe d’âge le plus
    actif : taux d’activité et taux d’emploi plus faibles, taux de chômage plus élevé et durée moyenne du
    chômage plus longue.

Néanmoins, les départs à la retraite auront des répercussions sur le marché du travail, car ils toucheront à la
fois les employées et employés ainsi que les propriétaires d’entreprise. Ces retraites devraient représenter
plus de 71 % des besoins de main-d’œuvre dans la région de Montréal entre 2015 et 2019, une proportion
inférieure à celle de l’ensemble des autres régions (78 %).

Importance grandissante des besoins de main-d’œuvre qualifiée

Comme dans les dernières décennies, la tertiarisation de l’économie et le développement des grappes
industrielles métropolitaines intensifieront les besoins de main-d’œuvre qualifiée au cours des prochaines
années. Les prévisions montrent également que la croissance économique devrait essentiellement provenir
de la hausse de la productivité alors que la région de Montréal présente certains retards en la matière en
raison, entre autres, d’un sous-investissement en capital physique (machines et équipements) et en capital
humain (formation de base et formation continue, par exemple). Pour la période de 2015 à 2019, plus de 80 %
des emplois créés exigeront une formation collégiale ou universitaire. Ces besoins peuvent être comblés par
une population montréalaise de plus en plus scolarisée grâce à la présence de nombreux établissements
d’enseignement supérieur et à l’apport d’une population immigrante très scolarisée. Cependant, certains
signes indiquent qu’il pourrait être difficile de combler cette demande de main-d’œuvre qualifiée étant donné,
entre autres, la difficile reconnaissance des acquis et des compétences d’une partie de la main-d’œuvre
disponible.

Adéquation entre les compétences de la main-d’œuvre et les besoins du marché du travail

Le recul prévu du chômage et, conséquemment, la réduction du bassin de main-d’œuvre disponible en-
traîneront une plus forte concurrence entre les employeurs pour attirer et fidéliser la main-d’œuvre. Ils
pourraient éprouver de plus en plus de difficultés à recruter du personnel et sa rétention pourrait s’avérer plus
complexe. Déjà, des problèmes d’arrimage entre les besoins de main-d’œuvre et l’offre disponible s’observent.
La persistance des difficultés d’intégration au marché du travail, le vieillissement de la main-d’œuvre et les
besoins accrus de main-d’œuvre qualifiée risquent d’intensifier ces problèmes d’arrimage dans les prochaines
années. En conséquence, une meilleure adéquation entre les compétences de la main-d’œuvre et les besoins
du marché du travail est essentielle au développement du plein potentiel du marché du travail montréalais, y
compris à une hausse de sa productivité.

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4. Priorités régionales et axes d’intervention en lien avec les
   principaux enjeux
La planification régionale découle du contexte régional et des enjeux ci-haut mentionnés. Elle prend également
appui sur les priorités régionales ainsi que sur les orientations qui se dégagent du processus de planification
stratégique du MTESS, d’Emploi-Québec et de la Commission des partenaires du marché du travail. Enfin,
elle tient compte des responsabilités et des ressources confiées à la direction régionale de Services Québec
de l’Île-de-Montréal, des attentes de résultats qui lui sont signifiées par ses autorités.

Le présent plan d’action tient compte de la priorité gouvernementale qu’est l’amélioration de l’adéquation
formation-compétences-emploi. En 2018-2019, plusieurs initiatives touchant spécifiquement l’adéquation
entre la formation, les compétences des travailleurs et travailleuses et les besoins du marché du travail se
concrétiseront. Plus spécifiquement :
       Le Rendez-vous national de la main-d’œuvre (poursuite de la mise en œuvre des engagements pris
        dans le cadre du Rendez-vous national sur la main-d’œuvre)
       La Stratégie nationale sur la main-d’œuvre (mise en œuvre des engagements que le MTESS adoptera
        dans le cadre de cette stratégie qui devrait être dévoilée au printemps 2018)
       Le plan d’action concerté de la CPMT
       La planification stratégique de la CPMT
       les stratégies gouvernementales par secteur d’activité économique, dont la Stratégie de dévelop-
        pement de l’aluminium 2015-2025, la Stratégie maritime, la Stratégie québécoise de l’aérospatiale
        2016-2026 et le Plan d’action en économie numérique

En plus de ces stratégies gouvernementales à caractère économique, la direction régionale intervient
également auprès des clientèles faisant partie de groupes sous-représentés sur le marché du travail, plus
spécifiquement :

       Les personnes immigrantes
       Les femmes, en réalisant les actions prévues à la Stratégie gouvernementale pour l’égalité entre les
        femmes et les hommes vers 2021
       La clientèle Autochtone, en réalisant les actions prévues à la Stratégie ministérielle d’insertion
        professionnelle des Premières Nations et des Inuits
       Les personnes en situation de pauvreté en réalisant les actions prévues au Plan d’action
        gouvernemental pour l’inclusion économique et la participation sociale 2017-2023
       Les personnes handicapées, notamment en mettant en œuvre les engagements du Ministère dans la
        deuxième phase de la Stratégie nationale pour l’intégration et le maintien en emploi des personnes
        handicapées
       Les personnes itinérantes en collaborant à la réalisation des actions prévues dans le cadre du Plan
        d’action interministériel relatif à la Politique nationale de lutte à l’itinérance 2015-2020

Certaines priorités ministérielles sont aussi à considérer dans la planification 2018-2019, notamment :

       L’intensification des interventions auprès des entreprises
       Le recours aux ressources externes et aux institutions d’enseignement, notamment pour la mise en
        œuvre du programme Objectif emploi
       L’augmentation de la performance d’insertion en emploi des Services publics d’emploi

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