Étude prospective sur le développement du réseau de transport 2009-2018
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Sommaire
3 • Avant-propos
4 • Les principaux résultats de l’étude
5 • Présentation du document
6 • Un marché européen du gaz en évolution
- Contexte
- De nombreux projets d’infrastructures d’approvisionnement en Europe
- La France au confluent des transits européens de gaz
- Les enjeux du développement du réseau de transport en Europe
et en particulier en France
11 • Le rôle de GRTgaz sur le marché français
- Le réseau de GRTgaz, parmi les plus étendus en Europe
- La commercialisation du transport par GRTgaz
- Stratégie de développement du réseau et de l’adaptation de l’offre
15 • Développement du réseau de GRTgaz
- Les développements de la zone Nord
- Les développements de la zone Sud
- Le développement de la capacité entre les zones Nord et Sud
de GRTgaz
- Les développements dans le cœur de réseau
- Synthèse des capacités développées sur 10 ans
23 • Bilan de l’évolution des investissements sur 10 ans
25 • Annexe I : La demande de gaz en France
28 • Annexe II : Détermination des capacités commerciales du réseau
31 • Annexe III : Finalités des investissements de GRTgaz
34 • Annexe IV : Repères sur la réalisation des projetsPHILIPPE BOUCLY, DIRECTEUR GÉNÉRAL DE GRTgaz
AVANT-PROPOS
Madame, Monsieur,
Nous publions cette année la quatrième édi-
tion de l’étude prospective du développement
du réseau de GRTgaz. Depuis l’édition 2008,
plusieurs événements majeurs ont marqué
l’Europe et le marché gazier en particulier.
Citons en premier lieu, la crise économique et
financière qui a entraîné un ralentissement glo-
bal des investissements, de l’activité industrielle
et une baisse sensible de la consommation
d’énergie. Malgré ce contexte défavorable, la
demande de capacité supplémentaire sur le ré-
seau de transport français se confirme : au-delà
du transport de gaz destiné à la consommation
française, le développement de l’activité sur les
points d’échange de gaz Nord et Sud, conco-
mitant au lancement de la bourse du gaz, ainsi
que les besoins d’arbitrage entre les différentes
sources de production du gaz conduisent à
développer les interconnexions avec les opéra-
teurs adjacents, français ou européens. Située d’exigence en matière de transparence et
au carrefour des livraisons du gaz russe, algé- d’information, dont, en particulier, la publi-
rien, norvégien, néerlandais et de la mer du cation d’un plan décennal de développement
Nord, la France confirme sa position de plaque par les opérateurs de transport. En ayant an-
tournante sur le marché gazier européen. ticipé cette exigence depuis plusieurs années,
GRTgaz démontre sa contribution active à la
Le deuxième événement notable est sans construction du marché gazier européen et
conteste la crise russo-ukrainienne qui, en conforte par là même sa place de transporteur
début d’année, a conduit à l’arrêt du tran- de référence en Europe.
sit de gaz russe à travers l’Ukraine pendant
14 jours. Cette crise a rappelé, si besoin en Transparence et dialogue constituent deux
était, l’importance de la sécurité d’approvi- axes importants sur lesquels GRTgaz fonde
sionnement et le rôle particulier que jouent son action vis-à-vis du marché. Les nombreux
les réseaux de transport dans ce domaine : la échanges qui ont eu lieu au cours des trois
conception et le dimensionnement du réseau derniers mois dans le cadre de la Concertation
doivent permettre de faire face à ce type de Gaz au niveau national, et dans le cadre des
situation critique. En investissant dans un axe initiatives régionales au niveau européen,
Nord-Sud qui reliera le marché ibérique à celui sont pris en compte dans cette mise à jour
de l’Europe du Nord et qui complétera l’axe de l’étude prospective du développement du
Atlantique-Allemagne, GRTgaz, joue un rôle réseau : ils permettent à GRTgaz d’afficher
majeur dans l’amélioration de la sécurité d’ap- une ambition plus grande quant à ses projets
provisionnement non seulement de la France, d’infrastructure.
mais aussi de l’ensemble de l’Europe.
Vous en souhaitant une bonne lecture, je for-
Sur le plan européen, il convient enfin de mule le vœu que ce document continue d’ali-
mentionner l’adoption par le Conseil et le menter la réflexion et le dialogue avec les uti-
Parlement européens du 3e paquet énergie. lisateurs du réseau de transport français, afin
Ce pas supplémentaire vers la construction d’en développer l’attractivité et de rendre de
du marché gazier européen relève le niveau plus grands services. Q
GRTgaz • Étude prospective sur le développement du réseau de transport 2009-2018 3LES PRINCIPAUX RÉSULTATS DE L’ÉTUDE
zone Sud. Les renforcements du cœur de
réseau liés à ces projets apparaissent dès
lors de plus en plus probables.
Ces développements de capacités, s’ils se
concrétisaient, engendreraient des inves-
tissements significatifs sur le réseau de
transport. Évalués à partir de probabilités
de réalisation des projets, ils pourraient
représenter un montant d’environ 4 mil-
liards d’euros, soit de l’ordre de 60 % des
dépenses d’investissements de GRTgaz
dans les dix prochaines années.
Sur la même période, l’étude montre que le
montant des investissements visant à fiabi-
liser ou renouveler les installations et à ren-
forcer les mesures de sécurité et les normes
environnementales de ces ouvrages, confor-
mément aux évolutions des réglementations,
devrait être du même ordre de grandeur que
celui mentionné dans l’étude 2008-2017,
soit environ 2,5 milliards d’euros.
À partir de l’hypothèse retenue pour la
réalisation des investissements futurs, le
prix du transport sur le réseau GRTgaz
serait amené à croître en moyenne de
1,2 % par an, en monnaie constante.
Cette évolution est très proche de celle
L’étude prospective du développement du déjà estimée en juillet 2008 par GRTgaz.
réseau de GRTgaz pour la période 2009- En parallèle le dialogue a été renforcé
2018 confirme la dynamique de dévelop- avec les promoteurs de projet de déve- Ce programme amènerait GRTgaz dans
pement des infrastructures du réseau de loppement ou d’extension de terminaux les dix prochaines années à poser près de
transport de gaz en France. La plupart des méthaniers de la zone Sud. 1 600 km supplémentaires de canalisa-
projets identifiés dans l’étude 2008-2017 tions de gros diamètre et à construire ou
(terminaux méthaniers, interconnexions À terme ces demandes pourraient se tra- adapter plus de 20 stations de compres-
avec les réseaux adjacents, centrales de duire par une augmentation des capacités sion et/ou interconnexion. Pour réaliser ce
production d’électricité à partir de gaz na- d’entrée et de sortie du réseau d’environ programme ambitieux, GRTgaz s’investira
turel) se poursuivent. 2 200 GWh/j, soit un accroissement signi- particulièrement dans la qualité environne-
ficatif de plus de 65 % des capacités com- mentale de ces ouvrages et s’appuiera sur
Dans la zone Nord, une consultation du mercialisées en 2009 par GRTgaz. Les ca- une coopération renforcée avec les entre-
marché a permis de confirmer le besoin pacités d’entrée dans la zone Sud seraient prises de construction, dans un contexte
de renforcement des capacités de l’inter- pratiquement doublées à terme. Ces dé- international de forte volatilité des prix.
connexion entre la France et la Belgique, veloppements contribuent ainsi à amélio-
alors que, dans le même temps, le niveau rer sensiblement la sécurité d’approvision- Cette étude résulte de travaux et
de capacités d’entrée requises à partir des nement de la France et de l’Europe. d’échanges permanents avec les acteurs
terminaux méthaniers (en extension ou en du marché et les représentants institu-
développement) se précise dans le cadre Ces projets supposent un développe- tionnels. Publiée chaque année depuis
d’études coordonnées menées avec les ment concomitant d’une grande partie quatre ans, elle permet de faire un point
promoteurs de ces projets. du cœur de réseau de GRTgaz et notam- d’étape annuel, de contribuer au dialogue
ment le renforcement de l’axe Nord-Sud, et d’éclairer les acteurs du marché sur les
Dans la zone Sud, l’année 2010 permettra afin d’assurer la fluidité nécessaire au développements du réseau.
d’identifier les besoins de renforcement marché. Les projets d’accroissement de
du réseau, une consultation du marché capacités d’entrée et de sortie du réseau Établie à partir d’une démarche volontaire
ayant été lancée en juillet 2009 sur l’inter- ont gagné en probabilité de décision et de de GRTgaz, elle se généralisera au niveau
connexion entre la France et l’Espagne, et réalisation, même s’ils sont toujours sujets européen avec la mise en œuvre de la troi-
sur la liaison entre les zones Nord et Sud. à une incertitude, en particulier dans la sième Directive.
4 GRTgaz • Étude prospective sur le développement du réseau de transport 2009-2018PRÉSENTATION DU DOCUMENT
Cette étude prospective s’articule autour • les finalités des investissements envisa-
de quatre parties : gés sur la période ;
La première partie donne un bref aperçu • les principales phases de réalisation d’un
du contexte du marché du gaz naturel et projet de pose de canalisation et de
présente l’ensemble des éléments perçus construction d’une station de compression.
par GRTgaz comme susceptibles d’avoir
une influence notable sur le développe- L’étude prospective du développement du
ment des réseaux de transport. réseau de GRTgaz est un document indica-
tif et ne constitue pas un engagement de
La seconde partie rappelle la stratégie GRTgaz de réaliser les développements en-
d’adaptation de l’offre de GRTgaz dans visagés. Conformément à l’article 21 de la
ce contexte. loi 2003-08 du 3 janvier 2003 modifiée par
la loi 2006-1537 du 7 décembre 2006, le
La troisième partie présente les projets de programme d’investissements de GRTgaz
développement et renforcements prévus est soumis annuellement à l’approbation
ou en cours d’études, leurs conséquences de la Commission de régulation de l’éner-
en terme de capacité. gie, dans le cadre d’un budget validé par le
Conseil d’administration de GRTgaz.
Enfin une quatrième partie synthétise
les investissements que GRTgaz envisage Dans un contexte énergétique emprunt
d’entreprendre sur la période 2009-2018. d’incertitude, GRTgaz souhaite par ce
document partager avec l’ensemble des
Ce document comprend également acteurs sa vision du marché et l’impact
quatre annexes décrivant : sur le réseau des différents projets d’inter-
connexion identifiés à ce jour, ainsi que les
• les hypothèses retenues par GRTgaz hypothèses retenues pour les développe-
pour l’évolution des consommations de ments susceptibles d’être réalisés. Par ce
gaz en France ; vecteur, GRTgaz entend apporter aux ac-
teurs du marché les éléments techniques
• la méthodologie utilisée par GRTgaz et économiques qui les aideront à définir
pour déterminer les capacités commer- au mieux les besoins d’acheminement
ciales du réseau ; pour lesquels ils sont prêts à s’engager.
GRTgaz • Étude prospective sur le développement du réseau de transport 2009-2018 5Un marché européen du gaz
en évolution
Contexte dehors de l’espace économique européen
pourraient représenter environ 70 % des
Le gaz représente 24 % dans la consom- consommations.
mation d’énergie primaire de l’Union eu-
ropéenne (UE 27) en 2007 et de l’ordre Il existe de fortes incertitudes quant à
de 21 % de la consommation finale. Il est l’évolution des consommations de gaz
utilisé essentiellement comme énergie de en Europe. Le gaz est en effet en grande
chauffage pour le résidentiel, le tertiaire partie substituable dans ses usages et sa
et l’industrie. Il sert également à la pro- croissance dépend fortement de l’évolu-
duction d’électricité ; en 2007, 21,7 % tion à terme des prix relatifs des énergies
de l’électricité de l’Union européenne est primaires. Elle dépend également de la
produite à partir du gaz naturel. mise en œuvre des politiques ambitieuses
que se sont fixées les États membres en
L’Union européenne est pour l’énergie matière de maîtrise des consommations et
très largement dépendante des importa- d’efficacité énergétique.
tions. Près de 55 % de la consommation
d’énergie primaire est importée. Ce pour- De ce point de vue, cette dernière année
centage est à peu près identique pour le a été marquée par trois événements ma-
gaz. L’Union européenne a importé en jeurs qui n’ont fait que confirmer l’insta-
2007 près de 60 % de sa consomma- bilité du contexte énergétique : la grande
tion de gaz naturel, principalement de la volatilité du prix du pétrole, la crise finan-
Russie, de l’Algérie et de la Norvège. cière et l’interruption du transit de gaz
russe à travers l’Ukraine1.
La production de gaz continue de décli-
ner au sein de l’Union européenne, no- À très court terme ces trois événements
tamment au Royaume Uni, en Italie et se sont accompagnés d’une baisse ponc-
en Allemagne. À l’horizon 2020, les im- tuelle mais significative des consomma-
portations de pays producteurs situés en tions énergétiques et notamment gazières.
Par ailleurs, cet environnement perturbé a
surtout conforté les États membres dans
la poursuite de l’établissement d’une poli-
tique énergétique européenne ambitieuse
Évolution du prix du pétrole (brent front month ICE ; source Argus) visant à réduire la dépendance énergé-
tique de l’Europe, à favoriser les investis-
sements, ainsi qu’à achever la construc-
$/bl
tion d’un marché intégré assurant le libre
160
accès à une énergie fiable, compétitive et
140 respectueuse de l’environnement.
120 Plusieurs textes législatifs ont ainsi été
adoptés par le Conseil et le Parlement eu-
100 ropéens récemment :
80
• le paquet énergie-climat qui définit
60 les objectifs européens en matière de
réduction de gaz à effet de serre, de
40 développement des énergies renouve-
lables, et d’efficacité énergétique (dit
20 programme des 20-20-20) ;
0
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1. Les flux de gaz russes transitant via l’Ukraine
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furent interrompus du 6 au 20 janvier
2009. Cette interruption a affecté une ma-
jorité de pays européens directement ou
indirectement.
6 GRTgaz • Étude prospective sur le développement du réseau de transport 2009-2018Évolution des consommations de gaz dans l’UE 27 (source Global Insight)
Gm3
700,00
600,00
Autres
500,00
Transport
400,00
Production élec.
300,00
Industriels
200,00
Commercial
100,00 Résidentiel
-
07
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• le 3e paquet énergie, qui renforce no- concomitante, les investissements dans la mesures d’efficacité énergétique propo-
tamment l’indépendance des transpor- production d’électricité aux cours de la sées dès 2007 par la Commission euro-
teurs et des régulateurs et pose le cadre dernière décennie ont été relativement péenne, le taux de croissance du gaz se-
de leur nécessaire coordination au ni- faibles alors que la contrainte environne- rait en moyenne de l’ordre de 1 % sur les
veau européen. mentale sur les émissions de carbone s’est quinze prochaines années. La Commission
accrue limitant le fonctionnement futur européenne dans le cadre de la Seconde
Des consommations en croissance à des centrales existantes. Il résulte de cette Revue Stratégique de l’Énergie publiée fin
moyen terme malgré la crise situation un important besoin de renou- 2008, a envisagé dans un scénario ten-
vellement ou de développement de capa- danciel des taux de croissance annuelle
Les mesures résultant des textes précé- cités de production d’électricité. Émettant de l’ordre de + 0,5 % d’ici 2020.
dents, en particulier les objectifs fixés dans moins de CO2 que le fioul ou le charbon,
le paquet énergie-climat sont de nature à et présentant des coûts et des délais de Cette croissance serait essentiellement ti-
réduire les consommations d’énergies pri- construction très compétitifs, le cycle rée par la production d’électricité. Elle re-
maires émettrices de gaz à effet de serre. combiné gaz est la technologie retenue présenterait selon certains prévisionnistes
Cependant leur impact sur l’utilisation du par la grande majorité des promoteurs de plus de 60 % de l’accroissement de la de-
gaz est particulièrement difficile à prévoir projets de centrales électriques. mande gazière d’ici 2030. Les consomma-
compte tenu de la volatilité des prix des tions dans les secteurs résidentiel et ter-
énergies et des atouts du gaz comparé En outre la production d’électricité à partir tiaire devraient, quant à elles, se tasser du
aux autres énergies fossiles. de gaz naturel constitue, par sa disponibi- fait d’un ralentissement de la croissance
lité et sa réactivité, un complément adap- de la population et de la mise en place de
Le gaz naturel possède en effet des avan- té au développement de la production dispositifs d’économie d’énergie.
tages indéniables par la compétitivité de d’électricité à partir de sources d’énergies
son prix, ses avantages environnemen- renouvelables, qui par nature est large- Il est cependant à noter que dans certains
taux, sa disponibilité et sa souplesse ment imprévisible. scénarii, intégrant notamment un prix du
d’utilisation. C’est essentiellement pour pétrole élevé et des mesures renforcées
la production d’électricité que ses qualités Les scénarii des prévisionnistes sont de d’économie d’énergie, les consommations
sont reconnues. La demande d’électricité plus en plus nombreux et contrastés. Il de gaz pourraient diminuer de l’ordre
pourrait continuer à augmenter réguliè- ressort néanmoins de leurs travaux que 1,5 % par an en moyenne d’ici 2020.
rement, notamment du fait de l’accrois- sur la base de la tendance actuelle qui Par ailleurs de grandes disparités existent
sement des usages spécifiques. De façon prend déjà en compte tout ou partie des entre les différentes régions européennes.
GRTgaz • Étude prospective sur le développement du réseau de transport 2009-2018 7Un renforcement indispensable des Deuxième Revue Stratégique de l’Énergie de canalisations ou de développement
infrastructures gazières (novembre 2008) plusieurs mesures aptes d’infrastructures de gaz naturel liquéfié
à renforcer la sécurité d’approvisionnement restent nombreux.
Pour faire face à cette demande et de l’Europe. Parmi ces mesures, il convient
compte tenu de la décroissance attendue de mentionner l’harmonisation et l’accrois- Concernant les projets de gazoducs, peu-
de la production européenne, les impor- sement des marges de sécurité en termes vent être cités notamment :
tations pourraient être amenées à croître de stockages et de capacités d’importation,
de l’ordre de 50 % dans certains scénarii ainsi que le caractère prioritaire de certains • le « Nord Stream », qui reliera directe-
à l’horizon 2020. Des nombreuses infras- investissements communautaires amélio- ment la Russie et l’Allemagne par la mer
tructures gazières en particulier des gazo- rant la sécurité d’approvisionnement éner- Baltique avec la mise en service prévue
ducs d’importation internationaux mais gétique de l’Europe. d’un premier gazoduc en 2011 d’une
également transnationaux pourraient capacité initiale de 27,5 Gm3/an pouvant
donc être nécessaires. Parallèlement la Commission européenne être portée à 55 Gm3/an avec la mise en
a mis en œuvre un programme de relance service d’un second gazoduc d’ici 2013 ;
Selon les estimations de la Commission pour l’énergie en organisant l’attribution
européenne, d’ici à 2030, il faudra consa- de subventions pour soutenir et éventuel- • le « Nabucco » reliant la Turquie à l’Au-
crer prés de 150 milliards d’euros aux lement accélérer le développement de ces triche par gazoduc d’une capacité de
réseaux de gaz, à l’exception des gazo- investissements prioritaires. 8 Gm3/an dont la mise en service est
ducs d’importation depuis les pays tiers, prévue pour 2013 (capacité susceptible
et ce notamment pour rétablir les marges d’être portée à 31 Gm3/an à terme) ;
d’arbitrage et de sécurité qui devraient De nombreux projets
décroître fortement dans les prochaines d’infrastructures • le « South Stream », qui reliera en
années au vu de la tendance actuelle d’approvisionnement 2013 la Russie à l’Europe (Italie, Grèce,
de l’évolution attendue des capacités, en Europe Autriche) via la Bulgarie avec un gazo-
comme le montre le graphique ci-dessous. duc d’une capacité de 30 Gm3/an ;
La nécessité d’accroître les importations
Le contexte de tension financière actuelle extra-européennes et de diversifier les • le « Trans Adriatic Pipeline (TAP) » d’une
et de crise russo-ukrainienne a conduit les sources d’approvisionnement appelle un capacité de 10 Gm3/an reliant la Grèce et
instances européennes à mettre l’accent sur développement significatif de nouvelles l’Italie via l’Albanie avec une mise en ser-
la sécurité d’approvisionnement et le finan- infrastructures d’acheminement du gaz vice prévue en 2012 et l’« Interconnector
cement des interconnexions. En particulier, vers l’Europe. En dépit du contexte très Greece Italy (IGI) » d’une capacité
la Commission européenne a listé dans sa perturbé cette dernière année, les projets comprise entre 8 et 10 Gm3/an reliant
Comparaison de la demande européenne et des capacités (source GTE+, juillet 2009)
4000
3500
Capacités d’émission
des terminaux
3000 méthaniers
en millions de m3/jour
2500 Capacités
de production
2000
Capacités d‘émission
des stockages
1500
Capacités
1000 d’importation
par canalisation
500
Scénario de demande
0
2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018
8 GRTgaz • Étude prospective sur le développement du réseau de transport 2009-2018Principaux projets d’infrastructures gazières en Europe au 1er août 2009 (source GRTgaz et GIE)
Gazoducs existants Terminal méthanier existant
Projets de gazoducs
Zone majoritairement alimentée en Terminal existant en cours
gaz de Russie et d’Asie centrale d’extension
Zone majoritairement alimentée en Terminal en construction
gaz de mer du Nord
Projet d’extension
Zone majoritairement alimentée en
gaz gazeux d’Afrique du Nord Projet de nouveau terminal
Zone majoritairement alimentée en
am
gaz naturel liquifié (GNL) Usine de liquéfaction
re
St
Teesside
rd
Shannon Port Meridian
.ODLSHGD
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Anglesey Rostock
Eemshaven
Milford Haven Isle of Grain Rotterdam 6winoujVcie
Wilhelmshaven
Canvey
Dunkerque
Antifer Zeebrugge
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El Ferrol Le Verdon
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Alpi Adriatico cc
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Adriatic
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Panigaglia
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Toscana
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Marmara
Sagunto Civitavecchia
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Fier
Huelva Brindisi TAP
Carthagène
Ga Taranto
Medgaz IGI Aliaga
Porto Empedocie
également la Grèce et l’Italie avec une dernières années. Le transport par métha-
mise en service prévue en 2012 ; nier, lorsqu’il est possible, est en effet plus
économique que le transport terrestre
• le « GALSI », gazoduc d’une capacité pour relier les zones éloignées de produc-
comprise entre 8 et 10 Gm3/an entre tion aux zones de consommation. Il offre
l’Algérie à l’Italie via la Sardaigne qui des possibilités d’arbitrage intercontinen-
serait mis en service en 2012 ; tales et permet, en outre, de diversifier les
routes d’importation du gaz. Pour l’Eu-
• le « Medgaz » reliant l’Algérie et l’Es- rope, c’est un levier important d’amélio-
pagne avec la mise en service d’un ga- ration de la sécurité d’approvisionnement.
zoduc d’une capacité de 8 Gm3/an pré-
vue fin 2009. Les façades maritimes des pays situés à
l’ouest et au sud de l’Europe sont propices
L’année passée a été marquée par l’avan- au développement de terminaux métha-
cée des travaux sur les projets Medgaz et niers. C’est pourquoi la plupart des pro-
Nord Stream et des discussions nourries jets de terminaux méthanier se situent au
entre les différentes parties prenantes aux Royaume Uni, aux Pays-Bas, en Espagne,
projets reliant l’Europe aux productions en Italie et en France.
d’Asie Centrale et du Moyen Orient.
Cependant, des projets sont également en
Les projets de terminaux méthaniers s’ex- cours d’étude dans d’autres pays comme
pliquent, quant à eux par le fort dévelop- l’Allemagne, la Pologne ou la Croatie, essen-
pement du gaz naturel liquefié (GNL) ces tiellement afin de diversifier les importations.
GRTgaz • Étude prospective sur le développement du réseau de transport 2009-2018 9La France au confluent des consomme provient historiquement du tension. D’autre part en cas de perturba-
transits européens de gaz Maghreb, de la Russie et de la Mer du tions des chaînes d’approvisionnement in-
Nord ; il est transporté par gazoduc mais ternationales, plus de solutions alternatives
Dans ce contexte, et compte tenu des également par méthanier. Cette diversité a s’offrent aux fournisseurs impactés. La sécu-
enjeux énergétiques européens, la France été favorisée par la position géographique rité d’approvisionnement pour les consom-
dispose de nombreux atouts. de la France. Ouverte largement sur l’At- mateurs des zones fortement interconnec-
lantique, la Manche et la Méditerranée, tées est donc grandement améliorée.
Des prévisions de consommation en elle s’est ainsi dotée de deux importants
légère hausse terminaux méthaniers (à Fos et à Montoir). C’est principalement pour ces raisons
Par ailleurs, ayant des frontières avec cinq qu’un accroissement de capacités d’inter-
La France occupe une place importante autres pays européens situés au nord connexion des zones de consommations
dans le marché européen du gaz naturel comme au sud de l’Europe, elle bénéficie en Europe est jugé nécessaire par les
avec des consommations résidentielles et d’interconnexions gazières importantes, y utilisateurs, qui manifestent clairement
industrielles de l’ordre de 50 Gm3/an, soit compris avec l’Italie, via la Suisse. leur intérêt pour ces développements,
près de 10 % de la consommation eu- et par les États membres et les instances
ropéenne. Comme dans le reste de l’Eu- À la jonction entre le nord de l’Europe, le européennes qui ont rappelé avec force
rope, la consommation française pourrait sud de l’Europe et les nouveaux flux de récemment l’importance du dévelop-
croître de l’ordre de 1,5 % par an en GNL provenant du bassin atlantique ou pement de ces nouvelles infrastructures
moyenne sur la période 2009-2020. Cette des pays du Golfe, la France se place de pour la sécurité d’approvisionnement de
augmentation traduit essentiellement le fait comme un point clé du renforcement l’Europe et pour l’achèvement d’un mar-
développement soutenu de la production solidaire de la sécurité d’approvisionne- ché gazier intégré en Europe.
d’électricité à partir de gaz naturel et de ment des États membres, encouragé par
l’utilisation accrue du gaz pour le raffi- les instances européennes. Par nature l’activité de transport est for-
nage et la grande industrie (cf. annexe I). tement capitalistique et s’envisage sur le
Elle dispose en outre d’une géologie parti- long terme2. Il est dès lors légitime de s’in-
La production d’électricité en France du culièrement propice qui lui permet de dis- terroger sur la pérennité du besoin et sur
fait de l’importance de la production nu- poser de capacités de stockage parmi les sa pertinence économique.
cléaire utilise peu le gaz naturel. Les préoc- plus importantes dans les pays d’Europe
cupations environnementales conjuguées occidentale. Si la crise financière et la volatilité du prix
à une demande d’électricité croissante des énergies peuvent questionner mo-
font du gaz naturel en France une éner- Forte de ces atouts, la France constitue un mentanément les initiatives de dévelop-
gie d’avenir pour la production d’électri- territoire naturel d’arbitrage, non seulement pement, le contexte énergétique tel que
cité. Les nombreux projets en cours (une pour ce qui est des flux de gaz sur l’axe décrit aux paragraphes précédents justifie
quinzaine à ce jour) ou envisagés dans la Ouest-Est, mais également sur l’axe Nord- un besoin durable de nouvelles infrastruc-
Programmation pluriannuelle des investis- Sud. Ce constat est partagé par la majorité tures de transport de gaz en Europe. En ef-
sements de production d’électricité sur la des énergéticiens européens. En effet, cinq fet, la consommation, tirée par la produc-
période 2009-2020 traduisent l’intérêt des projets de nouveaux terminaux méthaniers tion d’électricité, continue de croître alors
acteurs pour cette solution. ou d’extension de terminaux existants ont que la production européenne décroît à
émergé en France ces dernières années (à terme fortement et que beaucoup de pays
Les facteurs d’évolution de la consomma- Dunkerque, Antifer, Montoir de Bretagne, européens, très dépendants de quelques
tion française sont néanmoins identiques au Verdon et à Fos sur Mer) et de nombreux zones de production, souhaitent disposer
à ceux de l’évolution des consommations acteurs manifestent un intérêt croissant d’un approvisionnement moins fragile.
eurpéennes. Ils sont liés notamment à pour l’augmentation des capacités d’inter-
la crise économique et à l’atteinte des connexion avec les pays adjacents. Par ailleurs, le coût du transport en France
objectifs ambitieux en termes de déve- n’a qu’un poids modéré dans le prix final
loppement durable et de maîtrise de du gaz naturel. Il ne représente en effet
l’énergie (loi Grenelle 1, promulguée en Les enjeux du développement en moyenne que 7 % du prix du gaz livré
août 2009). du réseau de transport au client3. À ce titre, un plan d’investis-
en Europe et en particulier sements ambitieux bénéficie surtout au
Un marché attractif en France consommateur final du fait de l’accroisse-
ment de la concurrence qu’il engendre sur
La France présente trois particularités no- Le transport au sein même de l’Europe per- les marchés de gros.
tables, qui lui permettent de se position- met essentiellement de relier les sources
ner comme un marché majeur du gaz au gazières d’un pays (respectivement d’une
cours des prochaines années. région) à un autre pays (respectivement
une autre région). Deux effets en résultent.
La France est depuis longtemps un pays D’une part les consommateurs ont accès à 2. Il faut un minimum de 5 à 6 ans pour
fortement importateur de gaz naturel, ce un plus grand nombre de fournisseurs, dis- construire une nouvelle canalisation de grand
transport (cf. annexe IV).
qui l’a conduit à mettre en œuvre une po- posant eux-mêmes d’un plus grand choix
3. Pourcentage communiqué par la Commission
litique volontariste de diversification de ses de sources d’approvisionnement. La concur- de régulation de l’énergie pour un client
approvisionnements. Le gaz naturel qu’elle rence s’en trouve accrue et les prix mis sous chauffage individuel en France.
10 GRTgaz • Étude prospective sur le développement du réseau de transport 2009-2018Le rôle de GRTgaz sur le marché français
Le réseau de GRTgaz, parmi d’interconnexion avec les réseaux de spécifiquement à l’acheminement du gaz
les plus étendus en Europe transport adjacents, les terminaux mé- en provenance d’une entrée ou à desti-
thaniers et les stockages. Ce réseau est nation d’une sortie.
Avec plus de 32 000 km de canalisations composé de canalisations de diamètre
à haute pression, le réseau de GRTgaz important, presque toujours supérieur Le réseau régional est composé des élé-
a permis d’acheminer en 2008 près de ou égal à 600 mm. Une part importante ments du réseau qui permettent d’ache-
680 TWh de gaz naturel et ainsi de sa- de ce réseau est maillée et constitue le miner le gaz depuis le réseau principal
tisfaire une consommation de l’ordre de « cœur du réseau ». Dans cette partie jusqu’aux plus gros consommateurs ou
475 TWh, couvrant plus de 80 % de la du réseau principal, le gaz peut circuler jusqu’aux réseaux de distribution des
demande française. dans les deux sens, selon la configuration villes. Sauf cas particulier, le réseau ré-
des entrées et sorties de gaz aux inter- gional fonctionne en « antenne », car le
Le réseau de GRTgaz est interconnecté : connexions. Le sens du flux peut ainsi gaz y circule dans un seul sens depuis le
varier d’une journée à l’autre, voire au réseau principal jusqu’au consommateur.
• aux frontières avec les réseaux de trans- sein de la même journée. Le corollaire Ce réseau est composé de canalisations
port belge, allemand et suisse ; de cette spécificité est qu’un ouvrage de diamètre presque toujours inférieur à
du cœur de réseau ne peut être affecté 600 mm.
• dans le sud-ouest de la France avec le
réseau de TIGF, lui-même interconnecté
avec le réseau espagnol ;
Principales artères du cœur de réseau (source GRTgaz)
• en façade maritime avec les termi-
naux méthaniers de Fos et de Montoir,
ainsi qu’avec le réseau norvégien de
BELGIQUE
GASSCO ;
• avec des stockages souterrains répartis Nord ALLEMAGNE
LUX.
sur chacune des deux zones de GRTgaz ;
Vexin
Marches du Nord-Est
• avec des réseaux de distribution en
aval, qui acheminent le gaz jusqu’aux Beauce Seine
consommateurs finals.
Nord-Est
Sologne
Physiquement, la quasi-totalité du gaz
Vendômois
naturel consommé en France étant im- Berry Bourgogne
porté, le gaz naturel entre dans le réseau Centre SUISSE
aux points d’interconnexion aux frontières
et sort en aval vers les réseaux de distri-
bution, ou encore directement vers de Centre-Est Est-Lyonnais
Guyenne
grands clients industriels. Le gaz naturel
ITALIE
qui entre dans le réseau de GRTgaz et qui
n’est pas consommé en France, transite
Rhône
vers les réseaux adjacents. Enfin une part
importante du gaz naturel acheminé sur
Midi
le réseau de GRTgaz est injectée et sou-
tirée dans les stockages de gaz naturel,
principalement pour couvrir la modula-
tion climatique des consommations mais
aussi, de plus en plus, pour bénéficier des ESPAGNE
différentiels de prix dans le temps (arbi-
trages économiques). Ouvrages du cœur du réseau
On distingue le réseau principal de trans- Autres ouvrages du réseau principal
port et le réseau régional de transport.
Terminal méthanier
Le réseau principal est composé des élé-
ments du réseau qui relient les points Site de stockage
GRTgaz • Étude prospective sur le développement du réseau de transport 2009-2018 11La commercialisation réciproquement tout fournisseur sur un
du transport par GRTgaz point d’entrée peut alimenter n’importe
quel consommateur de la zone ;
GRTgaz commercialise l’acheminement
sur son réseau sous la forme d’accès à • corollaire de cette fluidité, les volumes de
des zones entrée / sortie. Une fois entré gaz, une fois présents sur la zone, peuvent
dans la zone, le gaz est acheminé en tout être échangés sans indication de la source
point de façon libre et transparente pour ni de la destination, et les capacités sous-
le client (fully unrestricted entry-exit). Ce crites sont également échangeables sans
modèle permet aux utilisateurs du réseau contrainte entre expéditeurs ;
d’ignorer les liens physiques entre les
points d’entrée et les points de sortie de • les capacités demandées peuvent être
chaque zone et autorise ainsi un fonction- souscrites, à hauteur des quantités dispo-
nement souple et concurrentiel du mar- nibles, quelle que soit la finalité envisagée.
ché gazier. Il offre en effet les fonctionna-
lités suivantes : C’est par ailleurs au sein de chacune de
ces zones que chaque expéditeur doit
• tout consommateur de la zone peut équilibrer ses entrées et ses sorties de gaz.
être alimenté en gaz par n’importe Ces zones entrée / sortie sont ainsi égale-
quel point d’entrée de la zone, et ment appelées zones d’équilibrage.
L’existence de plusieurs zones entrée /
sortie traduit les limitations de capacité
physique qui existent dans le cœur du ré-
seau principal de transport et l’impossibi-
lité dans certains cas d’assurer la livraison
d’un consommateur de gaz d’une zone à
Schéma tarifaire (source GRTgaz) partir d’un point d’entrée situé dans une
autre zone entrée / sortie.
BELGIQUE Au 1er janvier 2009, GRTgaz a profondé-
ment remodelé son offre en :
ALLEMAGNE • réduisant le nombre de zones entrée /
LUX.
Intercon- sortie de quatre à deux ;
nexions
Terminaux
GNL
PEG • proposant une interconnexion unique
Nord Consom-
entre la zone Nord et la zone Sud de
mation
Stockages GRTgaz ;
Liaison Nord-Sud
• proposant une interconnexion unique
entre la zone Sud de GRTgaz et la zone
SUISSE
TIGF, opérée en coordination étroite par
Stockages les deux transporteurs et commerciali-
sée de façon conjointe.
Intercon-
PEG
nexions Sud Consom-
mation ITALIE Ces évolutions ont permis une simplifica-
tion importante de l’accès au réseau et au
Terminaux
GNL
marché, sur tout le territoire, pour tous
les expéditeurs et consommateurs et un
TIGF accroissement des potentialités de diversi-
fication des sources de fourniture de gaz
pour l’ensemble des acteurs.
PEG = Point d’Échange Gaz
De plus, sur chaque zone, les expéditeurs
ESPAGNE disposent, pour optimiser l’achemine-
ment, de services complémentaires aux
fonctionnalités d’entrée et de sortie :
• un service d’accès à un Point d’Échange
Gaz (PEG) par zone où des transac-
tions d’achat / vente de gaz peuvent
12 GRTgaz • Étude prospective sur le développement du réseau de transport 2009-2018être enregistrées, associé depuis no-
vembre 2008 à une bourse4 d’échange
de gaz ;
• des services de conversion de gaz de
qualité H (Haut pouvoir calorifique) vers
B (Bas pouvoir calorifique), ainsi que de
B vers H ;
• une gestion du déséquilibre de bilan des ex-
péditeurs (écart entre les entrées et les sor-
ties) basée sur des mécanismes de marché ;
• l’accès à des services de stockage portés
par l’opérateur de stockage ;
• la possibilité de vendre, d’acheter ou
d’échanger des capacités d’achemine-
ment sur un marché secondaire porté par
une plate-forme, baptisée capsquare,
commune avec le gestionnaire de trans-
port de gaz belge.
Pour déterminer les capacités de trans-
port commercialisables dans le cadre du
modèle entrée / sortie, GRTgaz réalise des
simulations de flux de gaz, sous-tendues
par des hypothèses standards (démarche Stratégie de développement stockage et échanger avec le minimum
décrite en annexe II du présent document). du réseau et de l’adaptation de contraintes des volumes de gaz avec
de l’offre d’autres négociants.
À cet égard, GRTgaz a été en mesure
d’acheminer le 7 janvier 2009 sur son ré- Dans la période antérieure à l’ouverture L’enjeu majeur auquel doit répondre le
seau les quantités de gaz correspondant à du marché, le transport de gaz naturel transporteur est d’apporter au marché
un pic de consommation (145 000 MW), consistait essentiellement à acheminer les capacités de transport et les services
alors que dans le même temps, était enre- des flux réguliers et connus longtemps à nécessaires, en temps et en heure, dans
gistrée une quasi-interruption des arrivées l’avance (globalement la consommation des conditions économiques compatibles
de gaz naturel à Obergailbach, le point prévue et quelques transits réguliers) à avec la qualité attendue par les utilisa-
d’entrée du gaz d’origine russe sur son partir des points d’entrée sur le territoire teurs du réseau.
réseau de transport. français et du portefeuille d’approvision-
nement de l’opérateur historique. Pour ce qui est du développement du
Les efforts entrepris par GRTgaz pour réseau régional, cet enjeu se décline sim-
assurer une plus grande fluidité des Depuis l’ouverture des marchés de l’éner- plement. En effet, le développement du
échanges de gaz naturel à travers le dé- gie, cette activité a considérablement réseau régional reste basé sur la couver-
veloppement d’une offre et d’outils com- évolué. Il s’agit toujours de garantir, sous ture des besoins de transport à la pointe
merciaux adaptés se sont traduits non certaines conditions climatiques, l’ache- de consommation, très généralement
seulement par une augmentation signi- minement du gaz pour la consommation, la pointe de froid. Pour déterminer ces
ficative du nombre d’expéditeurs actifs mais également d’offrir à chaque expédi- besoins et les qualifier dans le temps,
sur le marché en 2008 (passé de 37 à teur un service lui permettant d’optimiser GRTgaz élabore ses propres hypothèses
50 entre le 1er janvier et le 31 décembre son portefeuille d’achats et de ventes de concernant l’évolution des consomma-
2008) mais également par des quantités gaz, selon des critères qui lui sont propres tions desservies par son réseau, en volume
totales transportées en hausse de prés de (coût, disponibilité des ressources…). et en pointe (cf. annexe I).
2 % en 2008 par rapport à 2007.
Ainsi, pour rester compétitif et renforcer Le développement du réseau principal
la sécurité de leurs approvisionnements, est en revanche plus complexe, car il fait
les expéditeurs doivent pouvoir diversi- souvent intervenir de nombreux acteurs,
fier leurs fournisseurs et les horizons de et entraîne des études techniques plus
temps de leurs contrats, tout en tirant au sophistiquées en raison du modèle décrit
4. La bourse est opérée par Powernext SA, en-
mieux parti des opportunités offertes par précédemment (p. 12).
treprise créée en 2001 disposant du statut de
Système Multilatéral de Négociation qui as- les producteurs. Il leur faut aussi pouvoir
sure la gestion de marchés organisés, transpa- exporter plus largement des quantités Ainsi, sur la base d’un besoin de déve-
rents et anonymes, dans le domaine de l’élec-
tricité et du gaz. GRTgaz est entré au capital reçues en France vers des marchés voi- loppement de capacité supplémentaire
de Powernext en mai 2008 à hauteur de 5 %. sins, accéder aisément aux services de en entrée ou en sortie de chaque zone,
GRTgaz • Étude prospective sur le développement du réseau de transport 2009-2018 13Développer l’offre en GRTgaz est amené à se concerter avec • les instances de concertation mises en
les opérateurs adjacents, pour définir le place sur le marché français depuis l’au-
concertation avec le dimensionnement des interconnexions tomne 2008 ;
marché : le dispositif et le planning de mise en œuvre. À partir
Concertation Gaz du dimensionnement de cette intercon- • les différentes instances mises en
nexion, GRTgaz étudie alors les besoins place pour organiser la concertation
de renforcement du cœur du réseau de la au niveau européen, en particulier les
GRTgaz et TIGF ont renforcé leur pro- zone concernée pour continuer à en ga- Initiatives Régionales animées par l’ER-
cessus d’écoute clients et ont mis en rantir la fluidité. GEG (European Regulators’ Group For
place un dispositif commun de concer- Electricity and Gas) ;
tation fin 2008. La capacité est ensuite commercialisée dans
le cadre de consultation du marché, géné- • le développement coordonné du réseau
Le dispositif repose sur 2 niveaux : ralement sous la forme d’open-seasons, de transport avec le développement des
• un comité d’orientation de la concer- qui permettent de confirmer, par le biais terminaux méthaniers.
tation, qui organise le programme d’engagements long terme des clients, le
de travail en le basant sur une vision niveau exact de la demande et son adé- GRTgaz engage ensuite le processus de dé-
moyen / long terme des enjeux du mar- quation avec les investissements envisagés. cision liée à la réalisation de l’investissement.
ché du gaz. Ce comité est constitué de Deux consultations de ce type sont en cours Ce processus suppose une validation préa-
représentants des principaux segments d’instruction par GRTgaz : il s’agit du déve- lable du budget des investissements par l’ac-
d’acteurs sur le marché s’engageant à loppement des capacités entre la France et tionnaire et par l’autorité de régulation, ainsi
contribuer activement au processus ; la Belgique et entre la France et l’Espagne, qu’une confirmation des conditions de ré-
cette dernière étant également associée à munération du projet. Le cas échéant, la dé-
• des groupes de travail qui traitent, en
une consultation sur le développement des cision de réalisation de GRTgaz est prise si-
mode projet, les sujets spécifiques qui
capacités entre les zones Nord et Sud. multanément avec les opérateurs adjacents.
leur sont confiés par le comité d’orienta-
tion sur la base d’un cahier des charges.
En complément de ces démarches, GRTgaz Notons enfin que le transport par gazoduc
étudie l’impact de l’évolution de la pro- est reconnu pour être un des moyens de
Les groupes de travail suivants ont été
duction d’électricité à partir du gaz sur le transport les plus performants en terme de
constitués dès fin 2008 :
dimensionnement du réseau compte tenu sécurité mais aussi d’impact sur l’écologie et
• évolution de la structure contractuelle des consommations supplémentaire et des la biodiversité. Dans le cadre de leurs inves-
du réseau, avec dans un premier temps besoins de modulation intrajournalière. tissements, il appartient aux gestionnaires de
une étude des pistes pour améliorer transport de gaz, et en particulier à GRTgaz,
l’accessibilité de la zone Sud ; Le dialogue avec le marché est un point clé de maintenir, voire d’amplifier cet aspect,
• fonctionnement des centrales à cycles du processus ; GRTgaz s’appuie fortement pour répondre aux exigences et aux enjeux
combinés, pour travailler sur la prise sur les dispositifs de concertation suivants : en matière de développement durable.
en compte dans l’acheminement des
spécificités de fonctionnement de ces
installations ;
• équilibrage, dont le premier sujet à court
terme a porté sur la coexistence de la
plate-forme d’équilibrage « Balancing
GRTgaz » avec la bourse du gaz ;
• allocation des capacités, pour traiter
des problématiques liées aux règles
d’allocation des capacités et qui s’est
focalisé dans un premier temps sur la
bonne mise en œuvre de la plate-forme
d’échange de capacités sur le marché
secondaire capsquare ;
• clients industriels, qui poursuit les tra-
vaux du 3CTG (Comité de Concertation
des Consommateurs du Réseau de
Transport de Gaz) notamment sur les
offres aux consommateurs raccordés au
réseau de transport ;
• coordination du système d’information
afin d’associer les clients à la mise en
œuvre du programme TRANS@actions,
programme de rénovation du système
d’information Clients de GRTgaz.
14 GRTgaz • Étude prospective sur le développement du réseau de transport 2009-2018Vous pouvez aussi lire