Déclaration de l'OMM sur l'état du climat mondial en 2013 - OMM-N 1130
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OMM-N° 1130 © Organisation météorologique mondiale, 2014 L’OMM se réserve le droit de publication en version imprimée ou électronique ou sous toute autre forme et dans n’importe quelle langue. De courts extraits des publications de l’OMM peuvent être reproduits sans autorisation, pour autant que la source complète soit clairement indiquée. La correspondance relative au contenu rédactionnel et les demandes de publication, reproduction ou traduction partielle ou totale de la présente publication doivent être adressées au: Président du Comité des publications Organisation météorologique mondiale (OMM) 7 bis, avenue de la Paix Tél.: +41 (0) 22 730 84 03 Case postale 2300 Fax: +41 (0) 22 730 80 40 CH-1211 Genève 2, Suisse courriel: publications@wmo.int ISBN 978-92-63-21130-9 Chaque année, depuis 1993, l’OMM publie avec l’aide de ses Membres une déclaration sur l’état du climat mondial. La présente déclaration est publiée en collaboration avec le Centre Hadley du Service météorologique national et la Section de recherche sur le climat de l’Université d’East Anglia (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord), le Centre de prévision du climat (CPC), le Centre national de données climatologiques (NCDC), le Service national d’information, de données et de satellites pour l’étude de l’environnement (NESDIS), le Centre national des ouragans (NHC) et le Service météorologique national (NWS) relevant de l’Administration américaine pour les océans et l’atmosphère (NOAA) (États-Unis d’Amérique), le Goddard Institute for Space Studies (GISS) relevant de l’Administration américaine pour l’aéronautique et l’espace (NASA) (États-Unis d’Amérique), le Service météo- rologique japonais (JMA), le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT) (Royaume-Uni), le Centre mondial de climatologie des précipitations (GPCC) (Allemagne), le Global Snow Laboratory de l’Université Rutgers (États-Unis d’Amérique), le Centre national de données sur la neige et la glace (NSIDC) (États-Unis d’Amérique), le Colorado Center for Astrodynamics research de l’Université du Colorado à Boulder (États-Unis d’Amérique), le Polar Science Center de l’Université de Washington (États-Unis d’Amérique), le Programme de recherche marine et atmosphérique de l’Organisation de la recherche scientifique et industrielle du Commonwealth (CSIRO) (Australie) et l’Université de technologie de Vienne (Autriche). Ont également collaboré les Services météorologiques et hydrologiques nationaux ou organismes climatologiques équivalents des pays suivants: Afrique du Sud, Allemagne, Argentine, Arménie, Australie, Bélarus, Bosnie-Herzégovine, Brésil, Bulgarie, Canada, Chine, Chypre, Danemark, Espagne, Estonie, États-Unis d’Amérique, Fédération de Russie, Fidji, Finlande, France, Guinée, Hongrie, Inde, Iran (République islamique d’), Irlande, Islande, Israël, Japon, Jordanie, Kenya, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Maroc, Mexique, Monténégro, Nigéria, Norvège, Pakistan, Portugal, République de Moldova, République tchèque, République-Unie de Tanzanie, Roumanie, Royaume-Uni, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Thaïlande, Tunisie, Turquie et Ukraine. Le Centre climatologique régional pour la surveillance du climat relevant du Conseil régional VI (Europe) de l’OMM, le Centre africain pour les applications de la météorologie au développement (ACMAD, Niamey), l’Observatoire de Hong Kong (HKO), Hong Kong, Chine, le Centre d’excellence pour la science du système climatique relevant du Conseil australien de la recherche (ARC), Université de Melbourne (Australie) et le Centre international de recherche sur le phénomène El Niño (CIIFEN, Guayaquil, Équateur) ont aussi apporté leur contribution. Photo de couverture: Praveen Agrawal / WFP NOTE Les appellations employées dans les publications de l’OMM et la présentation des données qui y figurent n’impliquent, de la part de l’Organisation météorologique mondiale, aucune prise de position quant au statut juridique des pays, territoires, villes ou zones, ou de leurs autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites. La mention de certaines sociétés ou de certains produits ne signifie pas que l’OMM les cautionne ou les recommande de préférence à d’autres sociétés ou produits de nature similaire dont il n’est pas fait mention ou qui ne font l’objet d’aucune publicité. Les constations, interprétations et conclusions exprimées dans les publications de l’OMM portant mention d’auteurs nommément désignés sont celles de leurs seuls auteurs et ne reflètent pas nécessairement celles de l’OMM ou de ses Membres.
Table des matières
Avant-propos . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
Préface . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Principaux résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
Températures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
Pluie, neige et glace . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
Océans . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Dans les régions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Activité cyclonique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
Gaz à effet de serre et substances nocives pour l’ozone . . . . . . . . . . . . . . . . 17
Principaux phénomènes météorologiques et climatiques survenus dans
le monde en 2013 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
Été 2012/13 et chaleur record de 2013 en Australie: explication . . . . . . . . . . . . . 20Avant-propos
Tout au long de 2013, la variabilité du climat et le que la moyenne, ou pourquoi les vents sont plus
changement climatique ont eu des répercussions tempétueux que la normale.
considérables dans le monde entier. La Déclaration
de l’OMM sur l’état du climat mondial en 2013 La prévision du temps, en particulier des tempêtes
donne un aperçu de l’évolution du temps et du et autres phénomènes dangereux, a beaucoup
climat à l’échelle mondiale et régionale pendant évolué ces dernières années. En octobre 2013, on
l’année écoulée et met en lumière certains des a pu voir dans le cas du cyclone Phailin, deuxième
phénomènes extrêmes les plus significatifs. cyclone tropical le plus violent qui ait frappé
l’Inde depuis le début des observations météo-
L’année 2013 se classe au sixième rang des rologiques modernes, comment des prévisions
plus chaudes, ex aequo avec 2007, qui aient été de meilleure qualité conjuguées à des politiques
observées depuis 1850, lorsqu’on a commencé gouvernementales visant à accroître la capacité
à effectuer des observations météorologiques à d’adaptation des populations et à leur offrir des
l’échelle du globe. Bien que le climat varie natu- abris peuvent sauver un grand nombre de vies
rellement d’année en année, il apparaît clairement humaines. Il n’en reste pas moins que les phéno-
que la tendance générale est au réchauffement. mènes extrêmes peuvent toujours semer la mort
Le XXIe siècle compte déjà treize des 14 années et la destruction. Aussi devons-nous continuer de
les plus chaudes jamais observées, et chacune mettre l’accent sur la prévention, de renforcer les
des trois dernières décennies s’est révélée plus systèmes d’alerte précoce et de privilégier une
chaude que la précédente, la décennie 2001–2010 approche multidanger de la réduction des risques
battant tous les records. Comme le souligne de catastrophes.
le Groupe d’experts intergouvernemental sur
l’évolution du climat dans son cinquième Rapport La présente déclaration se fonde sur les informa-
d’évaluation, ce réchauffement soutenu est causé tions fournies par les grands instituts de recherche
par l’augmentation des concentrations de gaz à et par les Services météorologiques et hydrolo-
effet de serre rejetés dans l’atmosphère par les giques des Membres de l’OMM. Elle est publiée
activités humaines. dans les six langues officielles de l’Organisation de
façon à toucher un public aussi large que possible.
Le changement climatique d’origine anthropique J’invite toutefois celles et ceux que cela intéresse
livre peu à peu ses secrets, et les climatologues à se reporter au rapport détaillé qui figure sur le
sont de plus en plus à même de déterminer l’in- site Web de l’OMM.
fluence que la configuration à grande échelle des
températures et de la pression atmosphérique
peut avoir sur le temps. Le phénomène El Niño/
Oscillation australe (ENSO) dans le Pacifique, qui
se répercute sur les régimes météorologiques
du monde entier par des téléconnexions, est la
plus connue de ces perturbations climatiques,
mais l’on peut citer aussi l’oscillation nord-
Atlantique, l’oscillation arctique, les courants-jets
et un certain nombre de phénomènes récurrents
qui permettent souvent d’expliquer pourquoi il fait (M. Jarraud)
plus chaud, plus froid, plus sec ou plus humide Secrétaire général
2Préface
La présente déclaration se fonde sur les jeux de Déclaration, en réponse à l’appel à contribution
données et informations communiqués pour 2013 lancé par l’OMM. Beaucoup d’autres ont mis à
par les Membres et les partenaires de l’OMM et disposition leurs données et rapports climato-
évalués dans leur contexte géographique mondial logiques sur leurs sites Web, que l’on a pu ainsi
et régional. Des comparaisons ont été établies consulter suivant le besoin. En cas de doute au
avec les moyennes et les relevés climatologiques sujet de certains faits ou chiffres, l’OMM a com-
(base historique) chaque fois que cela s’est révélé muniqué avec la source nationale compétente
possible ou approprié. afin de vérifier l’information avant de l’inclure
dans la Déclaration. Les Régions se définissent
L’évaluation de la température du globe repose suivant la structure régionale de l’OMM, à savoir:
sur trois jeux de données distincts tenus à jour
respectivement par le Centre Hadley du Service • Afrique (Région I),
météorologique national et la Section de recherche • Asie (Région II),
sur le climat de l’Université d’East Anglia • Amérique du Sud (Région III),
(HadCRU), au Royaume-Uni, par le Centre national • Amérique du Nord, Amérique centrale et
de données climatologiques (NCDC) relevant de Caraïbes (Région IV),
l’Administration américaine pour les océans et • Pacifique Sud-Ouest (Région V),
l’atmosphère (NOAA), aux États-Unis d’Amérique • Europe (Région VI).
et par le Goddard Institute for Space Studies
(GISS) relevant de l’Administration américaine Pour la surveillance du système climatique, l’OMM
pour l’aéronautique et l’espace (NASA), également se fonde sur les variables climatologiques essen-
aux États-Unis d’Amérique. Le jeu de données tielles définies dans le cadre du Système mondial
HadCRU remonte jusqu’à 1850, tandis que les d’observation du climat (SMOC). L’observation est
jeux de données du NCDC et du GISS (et donc le ainsi assurée pour une cinquantaine de variables
jeu de données combinées) remontent jusqu’à dans le monde, considérées comme fondamen-
1880. D’autres jeux de données ont également tales. La présente déclaration rend compte des
servi à un supplément d’analyse. évaluations de l’état du climat mondial et des
extrêmes observés qui ont été décelés à partir des
Le contenu a été élaboré puis révisé par plu- données et produits sur ces variables, notamment
sieurs experts rattachés à des instituts, centres la température de l’air, les précipitations, l’ozone
et programmes climatologiques internationaux stratosphérique et les gaz à effet de serre persis-
et régionaux, ainsi que par les Services météo- tants (variables atmosphériques); l’enneigement,
rologiques et hydrologiques nationaux (SMHN) les nappes glaciaires et l’humidité du sol (variables
du monde entier, autrement dit par les principaux terrestres); ainsi que la banquise, la hausse du
fournisseurs des observations et informations niveau de la mer, la température de surface de
indispensables sur le climat. Plus d’une cinquan- la mer et l’acidification des océans (variables
taine de SMHN ont contribué directement à la océanographiques).
3Principaux résultats
Figure 1. Champs
90N
d’anomalies de la
température (°C) à la
surface du globe (terres
émergées et océans)
45N
en 2013, par rapport à
la période de référence
1961–1990
(Source: Centre Hadley du
Service météorologique 0
national et Section de
recherche sur le climat de
l’Université d’East Anglia,
Royaume-Uni) 45S
90S
180 90W 0 90E 180
–10 –5 –3 –1 –0,5 –0,2 0 0,2 0,5 1 3 5 10
Figure 2. Anomalies de
la température moyenne
entre 1850 et 2013 pour
l’ensemble du globe, par TEMPÉRATURES Les phénomènes El Niño et La Niña, connus res-
rapport à la période de
pectivement pour réchauffer ou refroidir le climat,
référence 1961–1990.
Les jeux de données sont
L’année 2013 se classe au sixième rang des font partie des principales causes de la variabilité
le HadCRUT4 du Centre plus chaudes, ex aequo avec 2007, qui aient été naturelle de ce dernier. Ils ont été notoirement
Hadley et de la Section observées depuis 1850, lorsqu’on a commencé absents en 2013, qui fait partie des quatre années
de recherche sur le à effectuer des observations météorologiques à les plus chaudes qui aient été caractérisées par
climat (courbe noire et
l’échelle du globe. La température moyenne à la des conditions ENSO neutres. Avec 2013, le XXIe
zone grise, représentant
la moyenne et la marge
surface du globe pour 2013 présente une anomalie siècle compte déjà treize des 14 années les plus
d’incertitude avec un seuil de +0,50 °C ± 0,10 °C (0,90 °F ± 0,18 °F) par rapport chaudes jamais observées. Le record est détenu
de confiance de 95 %), à la normale calculée pour la période 1961–1990 par 2010 et 2005, suivies de 1998. Des conditions
celui du Centre national de et de +0,03 °C (0,05 °F) par rapport à la moyenne caractéristiques du phénomène El Niño ont prévalu
données climatologiques
de la décennie 2001–2010. L’année écoulée a été pendant les premiers mois de 2010 et 1998, et un
relevant de la NOAA
(en rouge) et celui du
plus chaude que 2011 et 2012 qui accusaient elles- épisode El Niño de faible intensité a persisté de
Goddard Institute for mêmes respectivement une anomalie de +0,43 °C 2004 au premier semestre de 2005.
Space Studies (en bleu). et de +0,46 °C malgré la présence d’un épisode
(Source: Centre Hadley du La Niña qui a normalement pour effet d’abaisser Pour obtenir ces chiffres, l’OMM se base sur la
Service météorologique
les températures. moyenne des trois principaux jeux mondiaux de
national et Section de
recherche sur le climat de
données sur les températures, qui sont gérés sépa-
l’Université d’East Anglia, rément et selon des méthodologies différentes.
Royaume-Uni) Les résultats obtenus à partir d’autres jeux de
données présentent des similitudes, mais sont
légèrement différents. Par exemple, d’après une
0,6
Centre Hadley et Section de recherche sur le climat (Royaume-Uni) analyse effectuée par le Service météorologique
Centre national de données climatologiques (NOAA)
japonais, 2013 se classerait au deuxième rang
Anomalie de la température moyenne (°C)
0,4
Goddard Institute for Space Studies (NASA)
des années les plus chaudes jamais constatées,
0,2
pour l’ensemble du globe
et selon les données de réanalyse produites par
0
le Centre européen pour les prévisions météo-
rologiques à moyen terme (CEPMMT), 2013 se
–0,2 classe au quatrième rang, à égalité avec 1998, des
années les plus chaudes qui aient été enregistrées
–0,4
depuis 1958.
–0,6
La capacité d’absorption de chaleur n’est pas la
–0,8
même selon qu’il s’agisse des terres émergées ou
1850 1900 1950 2000
Année des océans, et l’air a donc tendance à se réchauffer
plus vite au-dessus des terres. Si l’on ne prend
4Figure 3. Anomalies de la
température à la surface du
2010
0,6
2005
1998
0,4
2013
2003
globe (terres émergées
2002
2007
2006
2009
Écart de la température (°C) par rapport
0,2
à la moyenne calculée pour 1961–1990
2012
0,0 et océans), classées par
2004
2001
2011
0,6 –0,2
ordre décroissant, pour les
2008
1997
–0,4
–0,6 50 années les plus chaudes
1995
1999
2000
–0,8
depuis 1850 (en médaillon,
1990
1991
0 50 100 150
0,4 Classement général toujours classées par ordre
1988
1996
1994
1987
1983
décroissant, figurent les
1981
1993
1989
1944
anomalies de toutes les
1980
1992
1878
années depuis 1850). La
1880
1973
1986
1977
1953
1941
1979
1940
0,2
1943
1963
taille des barres correspond
1942
1982
2011–2013
1984
1958
1969
1961
1962
1985
2001–2010 à la marge d’incertitude
1991–2000 des valeurs moyennes
1971–1990 pour chacune des années
0,0 1951–1970 considérées, avec un
1931–1950
seuil de confiance de
1911–1930
95 %. Il s’agit de moyennes
1850–1910
–0,2 arithmétiques annuelles
pondérées par région.
10 20 30 40 50 (Source: Centre Hadley du
Années les plus chaudes (par ordre décroissant) Service météorologique
national et Section de
recherche sur le climat de
l’Université d’East Anglia,
en compte que les terres émergées, la tempéra- Royaume-Uni)
ture moyenne de l’air en 2013 est supérieure de
0,85 °C ± 0,17 °C à la normale calculée pour la 0,60
période 1961–1990, et de 0,06 °C à la moyenne de la El Niño La Niña Neutre
0,50
décennie 2001–2010, ce qui la classe au quatrième
rang des plus élevées jamais observées. Cela est 0,40
Anomalie de température (°C)
dû en partie au fait que la période novembre- 0,30
décembre a été la plus chaude jamais enregistrée, 0,20
à l’exception de 2006. Si l’on ne considère que
0,10
les océans, la température en surface se classe
au sixième rang, à égalité avec 2004 et 2006, des 0,00
plus hautes jamais constatées, dépassant de –0,10
0,35 °C ± 0,07 °C la normale calculée pour la
–0,20
période 1961–1990.
–0,30
1950 1955 1960 1965 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010
En début d’année, dans l’hémisphère Nord, les Année
régimes météorologiques ont été largement
influencés par l’oscillation arctique, raison pour
laquelle une grande partie de l’Europe, le sud-est d’air froid de l’Arctique vers l’Europe centrale et Figure 4. Anomalies de la
des États-Unis, le nord-ouest de la Fédération de occidentale. température à la surface
Russie et certaines régions du Japon ont connu du globe (terres émergées
et océans) de janvier à
au printemps des températures anormalement Dans l’hémisphère austral, l’été fut extrêmement décembre entre 1950 et
basses. En revanche, dans le même temps, les chaud, la température moyenne de janvier dépas- 2013, par rapport aux
températures ont été nettement supérieures à sant de 5 °C la normale dans certaines régions normales de 1961–1990;
la moyenne dans l’Arctique ainsi que dans une d’Australie. Les températures ont été par ailleurs les années qui ont
grande partie de l’Afrique centrale et de l’Afrique exceptionnellement clémentes durant l’hiver, le plus commencé par un épisode
La Niña modéré à fort déjà
du Nord, en Méditerranée orientale, dans le sud chaud qu’ait connu la Nouvelle-Zélande depuis le en place sont signalées en
de la Fédération de Russie et dans une grande début des relevés. Le début de l’été austral 2013/14 bleu; les années qui ont
partie de la Chine. Le schéma «Arctique chaud/ a été torride dans certaines régions d’Amérique du commencé par un épisode
continents froids» est caractéristique de la phase Sud, où la température moyenne de décembre a El Niño modéré à fort déjà
négative de l’oscillation arctique, qui a accusé en atteint de nouveaux records. En raison de la chaleur en place sont signalées en
rouge; les autres années
2013 des valeurs négatives records pour un mois persistante observée tout au long de l’année dans sont indiquées en gris.
de mars. La situation s’est répétée à la fin du une partie de l’hémisphère Sud, 2013 s’est avérée
printemps, lorsque de hautes pressions au-dessus l’année la plus chaude qui ait été enregistrée en
du Groenland conjuguées à de basses pressions Australie et se classe respectivement au deuxième
au sud ont entraîné à nouveau un écoulement et au troisième rang des plus chaudes qu’aient
5Figure 5. Anomalies 90N
annuelles de précipitations
pour 2013 sur les zones
continentales, résultant
de l’analyse aux points de 60N
grille (maille de 1,0°) de
données pluviométriques
exprimées en mm/mois
(par rapport à la période 30N
de référence 1951–2000)
(Source: Centre mondial
de climatologie des
précipitations, Service 0
météorologique allemand)
30S
60S
90S
180 120W 60W 0 60E 120E 180
–70 –50 –30 –10 10 30 50 70
connues l’Argentine et la Nouvelle-Zélande. Des 830 000 km2 à la normale, se classant au dixième
expériences de modélisation ont été menées dont rang des plus étendues jamais observées en cette
les résultats donnent à penser que le changement saison sur ce continent; c’est aussi la plus étendue
climatique anthropique avait multiplié par cinq la qui ait été constatée depuis 1997.
probabilité que l’été australien soit marqué par
une chaleur record (voir la page 20 et la figure Pendant cette même période, la couverture
correspondante). neigeuse hivernale sur le continent eurasien dépas-
sait de 1 710 000 km2 la moyenne de la période
PLUIE, NEIGE ET GLACE 1981–2010, ce qui la classe au troisième rang des
plus étendues pour cette région; c’est aussi la
Selon l’Administration américaine pour les océans plus étendue qui ait été constatée depuis 2003.
et l’atmosphère (NOAA), en 2013, à l’échelle du Au printemps, la couver ture neigeuse s’est
globe, les précipitations étaient égales à la moyenne considérablement réduite, accusant un déficit de
calculée pour la période 1961–1990, qui est de 430 000 km2 par rapport à la normale et se classant
1 033 mm. Ce chiffre cache cependant de fortes au quatorzième rang des moins étendues qui aient
disparités régionales. On relèvera par exemple que été observées en cette saison. En mai, l’étendue du
les précipitations ont été supérieures à la normale manteau neigeux s’est abaissée à 7,3 millions de
dans la majeure partie du Groenland ainsi que km2, soit un nouveau minimum record pour ce mois.
dans le sud de la péninsule arabique, le centre de
l’Inde et l’ouest de la Chine. En revanche, elles ont Nouvelle illustration de la réaction rapide de la
accusé un déficit dans l’ouest des États-Unis, une cryosphère arctique à la hausse des températures
grande partie du Canada septentrional, le nord atmosphériques: l’étendue du manteau neigeux de
de la Sibérie et l’intérieur de l’Australie orientale. l’hémisphère Nord en juin diminue actuellement
plus vite que l’étendue de la banquise de l’Arctique
La couverture neigeuse hivernale en Amérique à son minimum estival, suivant un rythme qui
du Nord a été très variable ces dernières dépasse les prévisions établies par les modèles
années. Pendant l’hiver 2012/13, elle a dépassé de climatiques. Elle se classait en 2013 au deuxième
500 000 km2 la moyenne de la période 1981–2010, rang des plus faibles, derrière le minimum record
se classant au quatorzième rang des plus étendues de 2012.
que ce continent ait connues depuis le début des
relevés, en 1966. Au printemps, la couverture L’humidité du sol est un indicateur clef du système
neigeuse en Amérique du Nord était supérieure de climatique dans la mesure où elle conditionne les
6échanges d’eau et d’énergie entre la surface des
terres et l’atmosphère. Ainsi, les inondations qui 16
ont frappé des régions comme la Russie orientale,
le nord-est de la Chine, l’Inde, les Philippines et
14
l’Europe centrale ont été favorisées par la forte
humidité du sol causée par des phénomènes hydro-
Étendue (millions de km2)
météorologiques. À l’opposé, des anomalies sèches
12
de cette variable pour 2013 ont été constatées
dans l’hémisphère Sud, où l’Australie, l’Amérique 10
du Sud et l’Afrique australe ont connu une grave
sécheresse pendant la première partie de l’année. 8
L’étendue de la banquise arctique a atteint le 6
15 mars son maximum annuel, 15,13 millions de
2013
km2, soit 0,5 million de km2 de moins que l’éten- 4 2012
due maximale moyenne calculée pour la période Moyennes 1981–2010
1981–2010, ce qui la classe au sixième rang des 2
maximums les plus bas depuis le début des janv. févr. mars avril mai juin juill. août sept. oct. nov. déc.
mesures par satellite, en 1979. Pendant la saison Mois
de croissance 2012/13, l’étendue de la banquise
arctique a augmenté de 11,72 millions de km2,
soit la plus forte croissance saisonnière jamais Février a marqué la fin de la saison de fonte de la Figure 6. Étendue de la
observée. Celle-ci peut s’expliquer par le minimum banquise antarctique en 2013. Celle-ci a atteint le banquise arctique en 2013,
saisonnier record de septembre 2012. L’étendue 20 février son minimum saisonnier, 3,68 millions comparée à 2012 et à la
moyenne de 1981–2010
de la banquise arctique, à son maximum de mars, de km2, ce qui la classe au deuxième rang des mini-
(Source: Centre national de
recule au rythme moyen de 2,6 % par décennie. mums annuels les plus étendus pour l’Antarctique. données sur la neige et la
En outre, l’étendue de la banquise a atteint pour la glace (NSIDC), États-Unis
Une autre manière d’évaluer l’état de la banquise deuxième année consécutive un maximum record, d’Amérique)
arctique consiste à estimer l’âge de la glace, celle 19,57 millions de km2 le 1er octobre, soit 2,7 % de
de première année étant la plus fine et la plus plus que la moyenne de la période 1981–2010.
susceptible de fondre. La proportion de glace
âgée de quatre ans ou plus est passée de 18 % en En fait, l’étendue de la banquise antarctique, à son
mars 1984 à 2 % en mars 2012, puis a augmenté maximum de septembre, augmente au rythme
légèrement pour passer à 3 % en 2013. En mars moyen de 1,1 % par décennie. De l’avis des
1984, 56 % de la banquise était composée de scientifiques, les changements observés dans la
glace de première année, alors qu’en mars 2013, circulation atmosphérique depuis 30 ans, qui ont
lorsqu’elle était à son maximum, ce pourcentage entraîné un affaiblissement des vents qui tournent
était de 78 %. autour de l’Antarctique, pourraient être une des
causes. L’extension de la banquise peut être aussi
La banquise arctique a atteint le 13 septembre liée aux modifications de la circulation océanique et
son minimum saisonnier, 5,1 millions de km2, soit à une accumulation d’eau douce froide à la surface
18 % de moins que l’étendue minimale moyenne de l’océan Austral du fait de l’accroissement des
calculée pour la période 1981–2010, ce qui la classe précipitations et de la fonte des barrières de glace.
au sixième rang des minimums les plus bas jamais
observés. Les sept étendues minimales records de Le processus de fonte à la surface de l’inlandsis
la banquise arctique qui ont été constatées depuis le groenlandais a été beaucoup moins spectaculaire
début des observations par satellite correspondent en 2013 qu’en 2012, où il avait atteint des niveaux
aux sept dernières années, c’est-à-dire les années records. Il a culminé à la fin du mois de juillet,
2007 à 2013. L’étendue de la banquise arctique, à touchant plus de 44 % de la surface de l’inlandsis
son minimum de septembre, a reculé au rythme d’après les observations satellitaires. Cette situa-
moyen de 13,7 % par décennie. Le volume de la tion a coïncidé avec la chaleur record observée
banquise à son minimum, déterminé grâce aux dans le sud-ouest de l’île, où une température de
mesures de l’étendue des glaces et aux simulations 25,9 °C a été relevée le 30 juillet à Maniitsoq, ce
numériques de leur épaisseur, était plus important qui constitue un record de chaleur absolu pour le
en 2013 qu’en 2010, 2011 et 2012 mais plus faible Groenland. La dernière décennie a été marquée
qu’en 2007 et bien inférieur à la moyenne calculée par une accélération de la fonte de la banquise et
pour la période 1979–2012. de la perte de masse de l’inlandsis groenlandais.
7du fait de l’expansion thermique des océans et
60°N de la fonte des glaciers et des calottes glaciaires.
Depuis qu’on a commencé à le mesurer en 1993, le
30° niveau de la mer augmente de 2,9 à 3,2 mm par an
environ (selon deux estimations distinctes, avec
EQ pour chacune une marge d’incertitude de ±0,4 mm
par an), avec une certaine variabilité interannuelle.
30° Entre 2001 et 2010, le rythme d’augmentation
avoisinait 3 mm par an, soit environ le double de
60°S celui observé pour l’ensemble du XXe siècle, qui
90°E 180° 90°W 0° est de 1,6 mm par an.
Des analyses préliminaires révèlent que le niveau
−30 −20 −10 0 10 20 30 moyen de la mer a atteint un nouveau record en
mm/an mars. La hausse du niveau de la mer est plus
marquée dans certaines régions que dans d’autres
(on assiste même à une baisse du niveau de la mer
Figure 7. Niveau de la mer: OCÉANS dans certaines parties du globe) car les courants
tendances relatives à la océaniques, les mouvements tectoniques et le
période 2003–2013
L’océan exerce un effet tampon efficace dans le réchauffement de l’océan présentent des variations
(Source: Unité de
recherche sur la mer et
système climatique en absorbant et en stockant locales. C’est dans la région des Philippines, bai-
l’atmosphère (CMAR) une grande partie du carbone et de la chaleur excé- gnée par l’océan Pacifique, que l’on observe l’une
de l’Organisation de la dentaires contenus dans l’atmosphère. Il a absorbé des plus fortes hausses du dernier demi-siècle, qui
recherche scientifique environ un quart du dioxyde de carbone (CO2 ) a contribué à aggraver la situation lors du passage
et industrielle du
rejeté dans l’atmosphère par les activités humaines du typhon Haiyan, qui a engendré une onde de
Commonwealth (CSIRO),
Australie)
depuis le début de la révolution industrielle. Le CO2 tempête massive et dévasté certains secteurs de
ainsi absorbé forme un acide carbonique faible l’archipel.
qui entraîne l’acidification de l’océan. Le pH de
l’océan a diminué en conséquence de 0,11, ce qui DANS LES RÉGIONS
correspond approximativement à une hausse de
30 % de l’acidité. Ce processus se révèle d’ores AFRIQUE
et déjà néfaste pour les coraux, les mollusques,
les crustacés et d’autres formes de vie marine. L’Afrique a connu dans l’ensemble une année très
chaude, qui se classe au deuxième rang – après
Bien que le rythme d’augmentation des tempéra- 2010 – des plus chaudes jamais observées. À
tures de l’air en surface se soit ralenti ces dernières Vioolsdrif, en Afrique du Sud, le mercure a atteint
années, la chaleur demeure piégée dans le sys- 47,3 °C le 4 mars, soit la température la plus élevée
tème terrestre, s’accumulant surtout dans l’océan. qui ait été mesurée en mars sur ce continent.
Environ 93 % de l’excédent de chaleur emmagasiné En Afrique de l’Ouest, c’est une température de
dans le système terrestre entre 1971 et 2000 a
été absorbé par l’océan, qui a gagné quelque 50
zettajoules (10 21 joules) de chaleur entre 1980
(environ) et 2000. Entre 2000 et 2013, le gain de
chaleur a été d’environ trois fois ce chiffre. Avant
2000, la chaleur était stockée essentiellement
entre la surface et une profondeur de 700 m, mais
depuis lors, c’est surtout entre 700 et 2 000 m de
profondeur qu’elle s’est accumulée. Ce changement
pourrait s’expliquer par l’évolution des régimes
de circulation atmosphérique et océanique dans
AGNIESZKA FLAK / REUTERS
le Pacifique tropical et par les interactions avec
les phénomènes climatiques à grande échelle tels
le phénomène ENSO et l’oscillation décennale du
Pacifique. Point d’eau au camp de réinstallation de
Chiaquelane, près de Chokwe, ville du sud
Le niveau moyen de la mer s’est élevé de 19 cm du Mozambique frappée par les inondations.
depuis le début du XXe siècle, essentiellement
8ZAMBIE Figure 8. Insécurité
Ohangwena ANGOLA
40 442 Caprivi
alimentaire due à la
Omusati Kavango
8 171 sécheresse en Namibie
Oshana
45 665
19 064
Oshikoto 80 720 (en nombre de personnes
42 858
Kunene touchées): situation
29 051
en mai 2013
330 925 personnes (Source: Bureau de la
(13 % de la population totale) Otjozondjupa coordination des affaires
ayant besoin d’une aide alimentaire 21 930
humanitaires (OCHA))
109 000 enfants de moins de
5 ans menacés par la malnutrition NAMIBIE BOTSWANA
Erongo Omaheke
11 régions ne disposent pas de 10 916 6 938
citernes pour stocker des réserves
Windhoek
supplémentaires d’eau Khomas
4 928
Nombre de personnes en situation
d’insécurité alimentaire par région
Kavango
Omusati
Hardap
Oshikoto 7 625 Légende
Ohangwena
Nombre de personnes
Kunene en situation d’insécurité
Otjozondjupa
alimentaire
≤ 10 000
Oshana
Karas 10 001 – 20 000
Erongo
Karas 20 001 – 30 000
Caprivi 12 619
Hardap > 30 000
Omaheke AFRIQUE DU SUD
Capitale
Khomas
0 20 000 40 000 60 000 80 000 100 000
Frontières régionales
43 °C qui a été relevée le 6 mars à Navrongo, au et entraîné l’évacuation de milliers de personnes
Ghana, ce qui constitue un record de chaleur absolu dans certaines régions du sud de la Somalie et de
pour ce pays. Plusieurs records de chaleur ont été l’est du Kenya. En août, des pluies abondantes ont
aussi battus au Kenya. En Tunisie, les températures causé des dommages considérables au Soudan,
du printemps et du mois d’octobre ont dépassé où elles ont fait 76 victimes et touché quelque
respectivement de 2,2 °C et 4 °C la normale, et 2013 500 000 personnes. Les villes de Bamako (Mali) et
se classe par conséquent parmi les dix années les de Marrakech (Maroc) ont été frappées elles aussi
plus chaudes que le pays ait connues depuis 1950. par des inondations.
Des précipitations supérieures à la moyenne ont ASIE
été enregistrées dans le nord du Mali et dans
les régions algériennes voisines. En revanche, L’été fut extrêmement chaud dans de nombreuses
un déficit pluviométrique a été relevé le long du régions d’Asie. Au Japon, par exemple, c’est le
golfe de Guinée, de la Côte d’Ivoire au Nigéria en plus chaud qui ait jamais été observé, et une
passant par les régions les plus méridionales du température de 41 °C a été relevée le 12 août à
Ghana, du Bénin et du Togo. Shimanto, dans la préfecture de Kochi, ce qui
constitue un nouveau record de chaleur à l’échelle
Après trois décennies ou presque marquées par des nationale. Les maxima journaliers ont atteint à de
pluies saisonnières peu abondantes et deux années nombreuses reprises des valeurs records à Hong
consécutives sans pluie, l’Angola et la Namibie ont Kong, Chine en mars et avril, le mercure dépassant
connu l’une des pires sécheresses des 30 dernières 40 °C par endroits.
années. Quelque 1,5 million de personnes ont été
confrontées à l’insécurité alimentaire dans le sud En Chine, 2013 se classe au quatrième rang des
de l’Angola et près de 800 000 en Namibie. Une années les plus chaudes depuis le début des rele-
sécheresse qualifiée d’historique a également sévi vés nationaux, en 1961. La plus forte vague de
à La Réunion de mai à septembre. chaleur depuis 1951 a sévi en juillet et août en Chine
méridionale, où les températures dépassaient
Au Mozambique, de graves inondations se sont 40 °C. La région a connu aussi une grave sécheresse,
produites en janvier qui ont fait au moins 113 vic- qui a touché quelque 78 millions de personnes et
times et entraîné l’évacuation de 185 000 personnes. plus de 8 millions d’hectares de terres agricoles;
En mars et avril, de fortes pluies ont provoqué les pertes économiques directes ont été évaluées
des inondations qui ont endommagé les cultures à 7,7 milliards de dollars.
9Royaume-Uni
Alaska, États-Unis Mois de mars et mai les plus froids depuis
Précipitations annuelles au 1962 et 1996, respectivement; printemps
troisième rang des plus le plus froid, dans l'ensemble, depuis
abondantes en 96 ans de 1962; dans le nord, il est tombé au moins
relevés dans cet État Canada
Pluies torrentielles le 19 juin provoquant dans 20 cm de neige entre le 22 et le 24 mars,
certaines zones du sud de l'Alberta des inondations soit l'épisode neigeux de fin d'hiver le
qui ont fait des milliards de dollars de dégâts. plus important depuis 1979.
Catastrophe naturelle la plus coûteuse de l'histoire Groenland
du Canada Le 30 juillet, un pic de 25,9 °C a été relevé à
Maniitsoq, soit la température de l'air la plus
États-Unis Est du Canada élevée jamais observée au Groenland. France
Tout en s'atténuant dans le Forte tempête le 21 décembre, En mai, température
sud-est et le centre, la causant des retards dans le Tempête extratropicale Christian maximale moyenne
sécheresse s'est aggravée dans trafic aérien et des accidents Des rafales de vent atteignant 111 à 129 km/h au deuxième rang des
l'extrême ouest. Année la plus de la route ont balayé le sud-est de l'Angleterre. Il s'agit plus basses depuis 1950
sèche observée en Californie et de la plus violente tempête automnale qu'ait
au quatrième rang des plus connue la région depuis 2002.
Espagne
sèches qu'ait connues l'Oregon Tempête tropicale Chantal En mars, les précipitations ont été plus
7–10 juillet de trois fois supérieures à la normale.
Vents maximums de 100 km/h Ce mois est le plus arrosé qui ait été
Saison des ouragans dans le Vitesse de déplacement d'un cyclone constaté depuis le début des relevés
Pacifique Nord-Est tropical la plus rapide qui ait été nationaux, en 1947.
Activité supérieure à la moyenne observée dans le bassin de Mali
20 tempêtes, 9 ouragans l'Atlantique au sud de 20°N depuis Entre le 9 et le 12 août, des
le début des relevés (1966) inondations causées par de fortes
pluies ont frappé les régions de
Mexique Saison des ouragans Kidal et de Ségou. Le 28 août, des
Pour la première fois depuis 1958, deux systèmes tropicaux, dans l’Atlantique pluies torrentielles ont provoqué
les ouragans Manuel (Pacifique Nord-Est) et Ingrid Activité proche de la moyenne des crues éclair à Bamako.
(Atlantique Nord), ont atteint les côtes presque 13 tempêtes, 2 ouragans
simultanément, le 15 septembre. D'abondantes pluies ont Pour la première fois depuis 1994,
causé des inondations et des glissements de terrain. aucun ouragan majeur n'a été Ghana
observé dans la zone. Nombre On a enregistré 43,0 °C
d'ouragans le plus faible qui ait été à Navrongo le 6 mars,
enregistré depuis 1982 soit un record de
El Niño/Oscillation australe (ENSO) Brésil chaleur absolu pour
Persistance de conditions neutres tout au long de l'année Précipitations inférieures à la le pays.
moyenne dans le nord-est en
début d'année; pire sécheresse des
50 dernières années dans certaines Afrique australe
régions Fort déficit pluviométrique
pendant une grande partie
de l'année au Botswana, en
Brésil Namibie et en Angola,
Fortes pluies par endroits entraînant une des plus
dans les États du sud-est en graves sécheresses de ces
décembre, provoquant 30 dernières années
Activité cyclonique – inondations et glissements de
Argentine terrain; pluviosité record pour
Vents maximums Vague de chaleur persistante à la ce mois dans de nombreux
(km/h) mi-décembre dans le nord et le centre États; la ville d'Aimorés a reçu
De nouveaux records de températures plus de 400 % des précipitations
63 – 118 maximales, minimales et moyennes mensuelles normales; les pluies
119 – 153 ont été enregistrés en décembre par torrentielles ont fait 45 victimes.
154 – 177 endroits. Chaleur anormale tout au
long de l'année, qui se classe au
178 – 208 deuxième rang des plus chaudes –
209 – 251 après 2012 – que le pays ait connues. Activité cyclonique à l’échelle du globe
> 251 Activité proche de la moyenne
94 tempêtes, 41 ouragans/typhons/cyclones
Figure 9. Anomalies climatiques et phénomènes épisodiques ayant marqué l’année 2013
(Source: Centre national de données climatologiques, NOAA, États-Unis d’Amérique)
10Norvège
Précipitations de décembre
Chine et Fédération de Russie
au deuxième rang des plus Fédération de Russie Fortes pluies en août dans certaines régions de
abondantes pour ce mois Mois de novembre et décembre les plus chauds depuis le début des l'est de la Fédération de Russie et du nord-est de
(après 1975) depuis le début relevés nationaux, en 1891; dans l'ensemble, l'année se classe au la Chine. La commune de Nankouqian (Chine) a
des relevés nationaux, en 1900 sixième rang des plus chaudes pour ce pays. reçu l'équivalent de la moitié des précipitations
Europe centrale annuelles moyennes en une seule journée, le
Dans les bassins versants du Danube et de l’Elbe, des 16 août. En Fédération de Russie, pires inondations
précipitations extrêmes ont provoqué les inondations des 120 dernières années dans plus de 140 villes
les plus importantes et les plus étendues qui aient été
observées depuis 1950, voire depuis plus longtemps. République de Corée et
Moyen-Orient Japon
À la mi-décembre, Été (juin–août) le plus chaud jamais Saison des typhons
une tempête observé; nouveau record national dans le Pacifique
de neige République de chaleur pour le Japon (41 °C) Nord-Ouest
Chine enregistré le 12 août dans la Activité supérieure
exceptionnelle islamique d'Iran En juillet et en août, le sud du pays a
a balayé l’ouest Sécheresse modérée préfecture de Kōchi à la moyenne
connu l'une de ses plus fortes vagues de 31 tempêtes, 13 typhons
de la Syrie, à extrême en août et chaleur. Des températures maximales
la Jordanie Saison la plus active
septembre à Qorveh quotidiennes supérieures à 40 °C ont
et Israël. depuis 2004
et Hamadan été relevées à plus de 300 stations.
La canicule a fait plus de 40 victimes.
Typhon Usagi
16–24 septembre
Soudan Vents maximums de 260 km/h
Du 1er au 4 août, de Le typhon a touché terre dans le nord des Philippines
fortes pluies se sont le 21 septembre, causant des dommages considérables
abattues sur une Cyclone Phailin
à l'agriculture de la région et entraînant inondations et
grande partie du pays, 4–14 octobre
glissements de terrain, qui ont fait 30 victimes.
causant d'importantes Vents maximums de 260 km/h
inondations. Tempête la plus violente qui ait
été observée dans le nord de Typhon Haiyan
l'océan Indien depuis le super
3–11 novembre
cyclone Odisha (1999)
Vents maximums de 315 km/h
Saison cyclonique dans Cyclone tropical le plus violent qui ait
le nord de l’océan Indien jamais touché terre, tous océans
Activité inférieure à la moyenne confondus; typhon le plus meurtrier
5 tempêtes, 3 cyclones jamais observé aux Philippines,
Saison cyclonique en Australie faisant plus de 6 200 victimes
Tempête tropicale Haruna Activité inférieure à la moyenne
19 février–1er mars 10 tempêtes, 4 cyclones
Vents maximums de 164 km/h
A touché les côtes de Madagascar le
22 février et a oscillé dans le canal du Saison cyclonique dans
Mozambique pendant 7 jours. Australie
Année la plus chaude qui ait été le Pacifique Sud-Ouest
enregistrée; périodes décembre–février Activité très inférieure à la moyenne
et septembre–novembre les plus 5 tempêtes, 4 cyclones
chaudes qui aient été observées et
Saison cyclonique dans le période juin–août au troisième rang
Afrique du Sud sud-ouest de l’océan Indien des plus chaudes
Le mercure a atteint 47,3 °C à Activité proche de la moyenne
Vioolsdrif le 4 mars, soit la 10 tempêtes, 7 cyclones
température la plus élevée qui Nouvelle-Zélande
ait été mesurée en mars dans Troisième année la plus chaude
toute l'Afrique. depuis le début des relevés
nationaux en 1909; juillet au
quatrième rang des plus chauds
et août le plus chaud jamais
observé; hiver (juin–août) le plus
chaud jamais enregistré
Banquise antarctique
Au deuxième rang des plus étendues en fin de période de fonte (minimum saisonnier); lors du
maximum saisonnier, la plus étendue qui ait été observée depuis le début des relevés (1979)
CYCLONES TROPICAUX
Ouragan, cyclone, typhon, ces trois termes désignent tous un seul et même phénomène qui s’accompagne
de pluies torrentielles et de vents soutenus d’une vitesse maximale d’au moins 120 km/h (près du centre).
L’appellation du phénomène varie selon les régions:
• Ouragan: Atlantique Nord-Ouest, centre et est du Pacifique Nord, mer des Caraïbes et golfe du Mexique;
• Typhon: Pacifique Nord-Ouest;
• Cyclone: golfe du Bengale et mer d’Oman;
• Cyclone tropical violent: Pacifique Sud-Ouest et sud-est de l’océan Indien;
• Cyclone tropical: sud-ouest de l’océan Indien.
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