Encourager l'activité physique chez les enfants en toute sécurité - bfu
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Documentation technique 2.082 du bpa Encourager l’activité physique chez les enfants en toute sécurité Auteurs: Berne, 2016 Barbara Schürch, Hansjürg Thüler, Manfred Engel, Colette Knecht bpa – Bureau de prévention des accidents
Documentation technique 2.082 du bpa
Encourager l’activité physique
chez les enfants en toute sécurité
Guide à l’intention
des écoles enfantines, des écoles (à horaire continu),
des crèches, des groupes de jeu et des garderies
Auteurs: Berne, 2016
Barbara Schürch, Hansjürg Thüler, Manfred Engel, Colette Knecht
bpa – Bureau de prévention des accidentsAuteurs
Barbara Schürch
Responsable Formation, bpa, b.schuerch@bpa.ch.
Psychologue MSc, enseignante primaire et secondaire, directrice d’une école primaire qui com-
prend une école enfantine. Plusieurs années d’enseignement à tous les degrés de l’école obliga-
toire et cours de psychologie pour adultes. Depuis 2011, responsable de la section Formation au
bpa. Domaines: stratégies et outils pédagogiques pour la prévention des accidents à l’école; pré-
vention des accidents et promotion de l’activité physique chez les enfants; formation et perfec-
tionnement des enseignants et directions d’écoles dans la prévention des accidents; prévention
des accidents de la petite enfance.
Hansjürg Thüler
Responsable Sport, bpa, h.thueler@bpa.ch.
Maître d’éducation physique et de sport II, formateur d’adultes brev. féd. EP, expert en sport des
adultes et des aînés. Plusieurs années d’expérience au sein de l’entreprise individuelle «Projekte in
Bewegung» dans les conseils et projets liés au sport. Depuis 2011, responsable de la section Sport
au bpa. Domaines: stratégies visant la sécurité et la prévention des accidents de sport; responsable
du programme prioritaire «sports de montagne»; formation et perfectionnement des multiplica-
teurs dans le sport; jeux, fitness et santé dans le domaine du sport; prévention des chutes chez les
personnes âgées.
Manfred Engel
Responsable Habitat / Loisirs / Produits jusqu' en juillet 2013, bpa
Architecte HES. Etudes d’architecture à l’ISBE (Berne) suivies de plusieurs années d’expérience dans
des bureaux d’architectes privés en Suisse alémanique et romande (logements, complexes sportifs,
bâtiments administratifs et industriels, centres commerciaux). De 1997 à 2013, conseiller au bpa
pour les questions de sécurité dans le bâtiment. Principaux domaines d’activité: constructions et
aménagements extérieurs destinés aux enfants et aux aînés. Membre du comité de l'Association
suisse pour l’éclairage, membre de la commission «Garde-corps, norme sia 358» de la Société
suisse des ingénieurs et des architectes.
Colette Knecht
Spécialiste en prévention et promotion de la santé jusqu' en mars 2014, RADIX
BSc en psychologie appliquée, FHNW avec spécialisation en psychologie de la santé, directrice
d’école, enseignante, experte chez RADIX (centre de compétence en promotion de la santé et
prévention) de 2009, à 2014 coordinatrice du réseau alémanique d’écoles en santé, responsable
de la plate-forme Purzelbaum Suisse.Impressum
Editeur bpa – Bureau de prévention des accidents
Case postale
CH-3001 Berne
Tél. +41 31 390 22 22
Fax +41 31 390 22 30
info@bpa.ch
www.bpa.ch
Commande sur www.commander.bpa.ch, no d’art. 2.082
Auteurs Barbara Schürch, responsable Formation, bpa
Hansjürg Thüler, responsable Sport, bpa
Manfred Engel, responsable Habitat / Loisirs / Produits, bpa jusqu'en juillet 2013
Colette Knecht, Radix, responsable de la plate-forme Purzelbaum plus jusqu’en mars 2014
Rédaction Regula Hartmann, responsable Formation / Entreprises / Sport, membre de la Direction, bpa
Groupe d’experts Hansruedi Baumann, chargé de cours en sport et activité physique pour enseignants à la FHNW
Nathalie Clausen, collaboratrice scientifique Droit, bpa (jusqu’en octobre 2012)
Corinne Eugster, enseignante et responsable du projet Purzelbaum en ville de Zurich
Thomas Flory, Naturama Aargau, éducation à l’environnement
Fränk Hofer, ancien responsable Sport, bpa
Brigitte Ischer, Purzelbaum Bern – Institut de formation continue, HEP Berne
Daniel Lang, ECH – Association faîtière des enseignantes et des enseignants suisses
Nadine Manz, enseignante et responsable Purzelbaum aux services de santé, ville de Zurich
Astrid Marty, chargée de cours à la HEP FHNW pour les enseignants, responsable de projet
Stefan Meile, chef délégué à la sécurité, bpa
Florian Szeywerth, Österreichisches Institut für Schul- und Sportstättenbau
Nicolas Voisard, PhD en sciences du sport, HEP, Berne-Jura-Neuchâtel
Amanda Wildi, Education et accueil – Association suisse pour l’accueil parascolaire
K&F Fachstelle Kinder&Familien, Argovie
Stefan Wyss, ancien responsable du projet «L’école bouge», OFSPO
Conseils Dominique Högger, responsable du service de culture sanitaire et de prévention, HEP FHNW
Equipe du projet au bpa Barbara Pfenninger, collaboratrice scientifique Sport, bpa
Helene Leuenberger, collaboratrice administrative Formation, bpa
Section Publications / Langues, bpa
Impression, tirage Druckerei Herzog AG, Gewerbestrasse 3, CH-4513 Langendorf
3/2016/200
Imprimé sur papier FSC
© bpa 2016 Tous droits réservés; reproduction (photocopie, p. ex.), enregistrement et diffusion autorisés
avec mention de la source (cf. proposition).
Proposition d’indication de la Schürch B, Thüler H, Engel M, Knecht C. Encourager l’activité physique chez les enfants en
source toute sécurité. Berne: bpa – Bureau de prévention des accidents; 2016. Documentation tech-
nique 2.082 du bpa.
ISBN 978-3-906173-70-2 (version imprimée)
ISBN 978-3-906173-71-9 (PDF)
Pour une meilleure lisibilité, seule la forme masculine est employée dans le présent rapport, étant
entendu qu’elle comprend aussi les femmes. Nous vous remercions de votre compréhension.
Traduit de l’allemand. En cas de divergences, la version allemande fait foi.Sommaire
I. Introduction 7
Programmes d’encouragement de l’activité physique 7
Statistique des accidents 7
Encouragement de l’activité physique et prévention des accidents 7
Objectifs et groupes cibles 8
II. Encouragement de l’activité physique 9
Les enfants veulent bouger 9
Offres d’activité physique libres 9
III. Compétence en matière de risque 11
Compétence en matière de risque 11
1.1 Prise de conscience des dangers 12
1.2 Gestion de soi 12
Encouragement de la compétence en matière de risque 13
IV. Sécurité architectonique et technique 14
Sécurité technique 14
1.1 Extérieur 14
1.2 Intérieur 14
Sécurité technique des offres d’activité physique libres 15
2.1 Eléments mobiles 15
2.2 Choix de l’emplacement 15
2.3 Exigences statiques 15
2.4 Installations 15
2.5 Espaces de chute et revêtements de sol 16
2.6 Les bons partenaires 16
Terrains de jeu proches de la nature 17
V. Action pédagogique au service de la sécurité 18
Matériel et espace destiné à l’activité physique 18
Taille et composition des groupes 18
Règles adaptées 18
Observer, accompagner et intervenir 19
Travail avec les parents 19
Documentation technique 2.082 du bpa Sommaire 5VI. Considérations juridiques 20
Devoir de garde et de surveillance 20
Normes techniques 20
Responsabilité du propriétaire de l’ouvrage 21
Loi fédérale sur la sécurité des produits 21
VII. Safety Card du bpa 22
Niveaux de risque 23
Paramètres 24
2.1 Environnement 24
2.2 Enfants 25
2.3 Enseignants ou personnel d’encadrement 26
La Safety Card dans les différentes phases de l’enseignement 27
3.1 Préparation (avant) 27
3.2 Déroulement (pendant) 27
3.2.1 Introduction à la séquence d’activité physique 27
3.2.2 Prise en compte de la situation 27
3.2.3 Evaluation de la sécurité 28
3.2.4 Mesures 29
3.3 Evaluation (après) 29
VIII. Exemples 30
Introduction 30
Pont 30
Construction d’une tour 32
Muret 34
Forêt 36
Mon propre exemple 38
IX. Bibliographie et littérature conseillée 40
Encouragement de l’activité physique 40
Bases juridiques 41
Documentations techniques du bpa 42
Notes 43
6 Sommaire Documentation technique 2.082 du bpaI. Introduction
Programmes d’encouragement de Encouragement de l’activité phy-
l’activité physique sique et prévention des accidents
L’encouragement de l’activité physique fait de plus en Pour un développement sain au sens étendu, les en-
plus partie de l’offre pédagogique des écoles enfan- fants ont besoin d’une activité physique foisonnante
tines, des écoles (à horaire continu), des crèches, des et variée. Personne ne le conteste de nos jours. Mais
groupes de jeu et des garderies. Les activités physiques le risque d’accident augmente chez les enfants avec
ne se limitent pas aux cours de sport, mais participent un encouragement actif de l’activité physique. Un
du quotidien. La disponibilité constante de ces offres fait qu’il convient de nuancer: certains indices lais-
d’activité physique permet aux enfants d’être très sou- sent penser que des activités moins intenses n’ont
vent actifs de manière enthousiaste et ludique, de se aucun lien avec le risque de blessure voire peuvent
développer en conséquence et de tenir compte de leurs avoir un effet protecteur, tandis que de fréquentes
besoins en matière d’activité physique. activités sportives de grande intensité renforcent le
risque de fracture. Le présent guide donne des con-
Statistique des accidents seils sur la manière d’encourager l’activité physique
sans augmenter le risque d’accident.
Dans l’ensemble, les accidents sont rares dans les
écoles (y compris les écoles enfantines), les crèches, les En principe, il faudrait toujours intégrer consciem-
groupes de jeu et les garderies. Etant donné que les ment la prévention des accidents dans l’encourage-
enfants ne figurent pas dans les statistiques des acci- ment de l’activité physique au moyen de mesures
dents en Suisse, il n’existe pas de chiffres précis sur leur efficaces.
accidentalité. Sur la base de son extrapolation actuelle,
le bpa estime que la moitié environ des accidents subis Dans le cadre de leur développement, les enfants
par les enfants dans l’habitat et durant les loisirs, à ont tendance à trouver intéressantes les activités
l’école ou pendant leur formation sont des chutes. pleines de défis. Celles-ci sont importantes dans
cette perspective dans la mesure où les enfants peu-
Même si les accidents sont rares, chaque accident vent acquérir des expériences décisives pour évaluer
grave est, chez les enfants, un événement tragique leur comportement et leur environnement, et s’y
qu’il faut éviter à tout prix. Il convient de tenir exercer. Mais les adultes trouvent parfois de tels dé-
compte du fait que chaque accident est un concours fis (trop) dangereux. Les craintes des adultes se ré-
malheureux de paramètres négatifs (p. ex., mainte- percutent souvent sur la liberté de mouvement des
nance lacunaire de l’offre d’activité physique, petite enfants, bien trop restreinte. De prime abord, cette
forme de l’enfant ce jour-là). Pour le personnel d’en- approche semble répondre aux questions de sécu-
cadrement, il s’agit donc d’avoir un impact positif rité mais, parallèlement, l’espace de jeu et d’expéri-
sur ces causes dans la mesure du possible. mentation des enfants est limité. Tant les exigences
Documentation technique 2.082 du bpa Introduction 7trop élevées que les sollicitations insuffisantes em- Objectifs et groupes cibles
pêchent l’apprentissage. Un niveau approprié en la
matière est intéressant pour les enfants et primordial Le présent guide doit contribuer à répondre aux
pour leur développement. questions liées à la sécurité et au risque en fonction
de la situation. D’une part, il s’agit d’inciter le per-
Partant, l’encouragement de l’activité physique est sonnel d’encadrement des écoles enfantines, écoles
aussi un défi pour le personnel d’encadrement, qui (à horaire continu), crèches, groupes de jeu et gar-
doit créer un environnement offrant un cadre sûr deries à offrir aux enfants un environnement sûr à
pour ce faire. Afin de tenir compte du développe- fort potentiel d’activité physique et à tolérer les ac-
ment libre et individuel des enfants, le personnel tivités pleines de défis. Cette documentation a pour
doit sans cesse se prononcer derechef: de quoi faut- objectif de soutenir la réflexion et le développement
il croire les enfants capables? Dans quels domaines du travail au niveau individuel et peut permettre de
ont-ils besoin de soutien? Qu’est-ce qui est dange- l’expliquer aux parents, collègues ou autorités.
reux? Où faut-il poser des limites?
D’autre part, la présente publication s’adresse aux
On ne prend pas en compte les aptitudes différentes délégués bpa à la sécurité, aux concierges et
des enfants en définissant un seul critère (adulte). membres des autorités qui ont à faire avec les es-
C’est par le jeu que les enfants entraînés viennent à paces des enfants dévolus à l’activité physique, sous
bout de défis que le personnel d’encadrement l’angle de la sécurité technique en particulier. Dans
trouve peut-être dangereux, car il sous-estime les ce cadre, le guide a pour objectif principal de ren-
enfants. Ceux qui n’ont pas d’expérience ou ne sont forcer la compréhension des aspects pédagogiques.
pas concentrés échouent dans des tâches que le per- Il préconise par ailleurs le dialogue entre ces deux
sonnel d’encadrement considère peut-être comme groupes cibles.
extrêmement simples, parce qu’il surestime les en-
fants.
Il est précieux de savoir que la plupart des enfants
sont capables de s’autoestimer correctement dans
un environnement qui leur est adapté. En sus de
l’encadrement et de l’accompagnement des en-
fants, le personnel doit donc aussi veiller à cet envi-
ronnement.
8 Introduction Documentation technique 2.082 du bpaII. Encouragement de l’activité physique
Les enfants veulent bouger font des expériences positives. Ils ont ainsi de
bonnes chances de persévérer dans leurs défis, de
Quand les enfants bougent, ils ne font pas du sport sorte que les progrès surviennent presque tout
au sens propre. Pour eux, le corps est d’abord l’ins- seuls – de manière ludique justement. Les enfants
trument qui leur permet de découvrir le monde, ont donc besoin des adultes pour leur donner l’es-
d’apprendre à se connaître et d’entrer en contact pace nécessaire à l’activité physique.
avec les autres – et d’y prendre plaisir. Les enfants
veulent faire des expériences et satisfaire leur curio- L’encouragement de l’activité physique est tout
sité, tester leurs ressources et vaincre des défis. Ils aussi important dans sa forme de tous les jours: aller
s’enthousiasment pour ce qu’ils observent chez les à pied à l’école (y compris l’école enfantine) au lieu
autres enfants ou pour ce que les adultes font tout d’y être conduit, faire une promenade en forêt,
naturellement. Certaines activités physiques les fas- prendre les escaliers et non l’ascenseur – à un tel
cinent, qu’elles soient passives telle la balançoire ou niveau, vaincre la passivité physique est une forme
actives tel le vélo. Et, enfin, les enfants veulent être d’encouragement de l’activité physique tout à fait
imaginatifs et inventer ensemble des jeux, des his- recommandable et sans danger.
toires voire des mondes imaginaires entiers. Ils veu-
lent concrétiser leurs idées, définir les règles de leur Offres d’activité physique libres
jeu. Les jeux moteurs, de construction et de rôles
sont souvent étroitement liés. Les enfants vivent volontiers leurs activités de ma-
nière enthousiaste et ludique. Dans des séquences
En règle générale, les enfants bougent suffisam- d’activité physique guidées, l’enseignant ou le per-
ment de leur propre chef pour leur bon développe- sonnel d’encadrement montre un exercice (p. ex.,
ment – grâce à leur propension à jouer, bouger, dé- un exercice du «Purzelbaum» ou un parcours d’obs-
couvrir et créer. Il est cependant fréquent que leurs tacles). De telles séquences sont tout à fait appro-
besoins d’activité physique se heurtent à des obs- priées, et les enfants les apprécient. Chaque enfant
tacles: la peur, l’incompréhension et les interdictions s’enthousiasme ou se passionne pour une activité
des adultes, les jouets, agencements intérieurs et es- quelque peu différente. A la différence des sé-
paces favorisant peu l’activité physique, les distrac- quences d’activité physique guidées, les offres d’ac-
tions telles que la télévision ou les jeux informa- tivité physique libres ont donc pour objectif de lais-
tiques. Si l’on veut faire bouger les enfants, il faut ser à chaque enfant la possibilité de réaliser ses
commencer par supprimer ces obstacles. propres idées et de reconnaître son rythme. Les
enfants peuvent ainsi s’épanouir en fonction de
La richesse du choix a presque automatiquement leurs aptitudes et idées, et combler spontanément
pour conséquence que les enfants bougent selon un leurs besoins. L’enseignant ou le personnel d’en-
niveau d’exigences approprié, prennent plaisir et cadrement aménage des coins propices à l’activité
Documentation technique 2.082 du bpa Encouragement de l’activité physique 9physique, met du matériel adéquat à disposition et Partant, les tâches du personnel d’encadrement accompagne les enfants en conséquence. Ce changent dans une offre d’activité physique libre: il matériel ne sert pas uniquement aux fins prévues, fait preuve de plus de réserve pour accorder une mais peut être utilisé de multiples façons. C’est donc place importante à l’individualité des enfants. Mais une invitation et une incitation. Mais il doit aussi il doit quand même être présent pour pouvoir réagir permettre aux enfants d’évaluer et de comprendre de manière appropriée. Il joue donc un rôle em- l’effet de leurs propres actions. Il ne doit receler preint de tolérance, d’observation et d’encadre- aucun danger latent. Dans l’idéal, les nouveaux ment. Le rapport entre laisser-faire, encadrement et éléments plus exigeants sont explorés soigneuse- intervention peut seulement se définir au cas par ment en compagnie du personnel d’encadrement. cas, tout comme les mesures nécessaires pour ga- Si celui-ci n’est pas suffisamment doté, l’offre d’ac- rantir la sécurité. Le présent guide aide le personnel tivité physique doit gagner en simplicité et en sé- à relever ce défi. curité. Les offres d’activité physique libres permettent à plusieurs enfants de s’adonner à des activités diffé- rentes: certains sont plus courageux ou adroits, cherchent toujours de nouveaux défis et ont sans cesse de nouvelles idées, tandis que d’autres préfè- rent la clarté et sont séduits par la même idée tout au long d’une journée. Illustration 1 Offre d’activité physique dans la nature Source: Högger D, Baumann H, Projet «Kinder in Bewegung» 10 Encouragement de l’activité physique Documentation technique 2.082 du bpa
III. Compétence en matière de risque
Compétence en matière de risque Il ne faut pas confondre la compétence en matière
de risque avec la compétence motrice. Les enfants
La compétence en matière de risque se compose de moins adroits sur le plan moteur sont aussi en me-
la prise de conscience des dangers et de la capacité sure d’évaluer une situation de manière appropriée
à se gérer seul: et de (ré)agir grâce à cette compétence en matière
La prise de conscience des dangers décrit la ca- de risque. A l’inverse, il est possible qu’un enfant
pacité à percevoir ou identifier les dangers et à adroit sur le plan moteur se surestime et prenne un
les évaluer de manière appropriée. trop grand risque. Pour le personnel d’encadrement,
Par gestion de soi, on entend la capacité à déci- il est donc important de ne pas perdre de vue la prise
der soi-même comment aborder les dangers de de conscience des dangers et le contrôle de soi des
la manière la plus sûre possible et à adapter son enfants. Il doit notamment s’occuper des enfants
comportement en conséquence. qui n’ont pas des capacités suffisantes dans l’un ou
l’autre de ces domaines, voire les deux.
Les enfants qui ont acquis cette compétence con-
naissent leurs possibilités et leurs limites sans se
mettre en danger. Ils abordent de nouveaux défis
avec prudence. Ils se rendent compte quand ils doi-
vent abandonner ou modifier un dessein et quand
ils doivent se sauver d’une situation périlleuse. Au
besoin, ils demandent une aide ciblée ou modifient
une situation donnée pour qu’elle soit gérable.
Illustration 2
Compétence en matière de risque
Compétence de perception
Prise de conscience
des dangers
Compétence d’évaluation
Compétence en
matière de risque
Compétence de décision
Capacité de gestion
de soi
Compétence d’action
Source: bpa
Documentation technique 2.082 du bpa Compétence en matière de risque 111.1 Prise de conscience des dangers 1.2 Gestion de soi
La prise de conscience des dangers se fait en deux Avec les expériences qui se multiplient et les alter-
étapes: natives croissantes en termes d’action, un enfant
Avec une prise de conscience aiguë des dangers, peut décider avec le temps comment aborder un
l’enfant identifie les risques liés à la situation risque potentiel de manière appropriée: il peut parer
dans laquelle il se trouve. aux dangers mineurs, mais doit désamorcer les si-
La prise de conscience anticipée des dangers per- tuations moyennement périlleuses par le biais de
met à l’enfant d’identifier les risques d’une situa- mesures correspondantes et éviter les dangers sé-
tion avant qu’ils ne se présentent. rieux. Pour l’enfant, il s’agit d’adapter effectivement
le comportement en fonction de ces alternatives. Les
Pour évaluer les dangers, il est nécessaire, d’une facteurs suivants peuvent néanmoins compromettre
part, de pouvoir évaluer ses propres capacités et cette adaptation:
compétences mais, d’autre part, de prendre en Pression extérieure: en raison de la pression du
compte les conditions situationnelles (autres en- groupe ou de l’influence des camarades, les en-
fants, infrastructure, etc.) dans l’évaluation. fants se laissent entraîner dans des activités trop
risquées le cas échéant, à l’encontre de leur véri-
Il est important de savoir qu’un enfant peut évoluer table intention.
à plusieurs stades de développement en fonction de Motivations internes contraires: le principe de
la situation: dans les situations familières et appré- plaisir ou la paresse intérieure peuvent empêcher
ciables, il parvient bien plus facilement à percevoir des mesures préventives ou des changements de
ou identifier de même qu’à évaluer les dangers que comportement.
dans des situations inconnues ou trop complexes. Distraction: toute distraction (p. ex., bruit, évé-
nements soudains) peut avoir des répercussions
négatives sur la concentration ou la focalisation
sur le comportement préventif.
12 Compétence en matière de risque Documentation technique 2.082 du bpaEncouragement de la compétence le fassent souvent remarquer mutuellement
en matière de risque lorsqu’une situation semble dangereuse. La compé-
tence en matière de risque implique aussi que l’on
La compétence des enfants en matière de risque évo- peut décider et agir de manière autonome et en
lue en partie automatiquement, de pair avec leurs mul- fonction de ses propres possibilités. Aussi est-il es-
tiples expériences. Un apprentissage par la découverte, sentiel de donner aux enfants le courage de prendre
les succès et les échecs permettent, avec le temps, des décisions impopulaires, comme p. ex. dire
d’apprécier correctement les situations. Il est important «non» quand tous les autres poussent à prendre
que les enfants puissent faire des expériences, mais part. De plus, l’enfant a aussi besoin des bons mo-
toujours dans un cadre donné. dèles pour agir correctement dans des situations à
risque modéré.
Par ailleurs, on encourage la compétence en matière
de risque en regardant avec les enfants de nouvelles
offres d’activité physique et en leur montrant les
dangers éventuels et le moyen judicieux de les ap-
préhender. Introduire des règles simples mais claires
permet d’apprendre aux enfants à aborder les
risques et à adopter un comportement adéquat en
termes de protection. Si parler des risques devient
une habitude, il y a fort à parier que les enfants se
Illustration 3
Espace de jeu approprié pour les expériences
Source: Högger D, Baumann H, Projet «Kinder in Bewegung»
Documentation technique 2.082 du bpa Compétence en matière de risque 13IV. Sécurité architectonique et technique
Sécurité technique 1.2 Intérieur
Au premier chef, il importe de protéger les enfants Qu’une école (y compris une école enfantine), une
des dangers qu’ils n’identifient pas ou difficilement crèche ou un groupe de jeu disposent ou non
comme tels. Plusieurs mesures le garantissent. Satis- d’offres favorisant l’activité physique, la sécurité
faire aux exigences techniques offre le gain le plus doit, de manière générale, être adaptée aux circons-
fiable en termes de sécurité. D’une manière géné- tances (dans la mesure du possible), par exemple:
rale, il s’agit donc de viser des solutions techniques Le sol ne doit pas être glissant ou trop rugueux.
qui permettent de réduire à la fois la probabilité Les murs doivent si possible être lisses et pas trop
qu’un accident survienne et la gravité des blessures. rugueux.
Il est nécessaire de prendre des mesures techniques Le verre des fenêtres, portes ou miroirs doit être
de base en matière de sécurité dans chaque école incassable.
enfantine ou crèche. Assurer les fenêtres des étages supérieurs pour
que les enfants ne puissent pas les ouvrir seuls.
1.1 Extérieur Arrondir les bords des meubles ou des étagères
et protéger les radiateurs.
A l’extérieur, il faut s’assurer qu’il n’y ait aucun élé- Fixer les étagères et autres installations (risque
ment dangereux ou pointu (enclos tels que clôtures, qu’elles basculent).
plantes à épines, etc.) sur le terrain. Si des engins Assurer les prises contre toute utilisation sans
mobiles sont proposés aux enfants, il est indispen- autorisation.
sable de procéder à une analyse du risque sur la base Les matelas, draps et étoffes devraient être en
de la «Safety Card du bpa» (voir l’exemple de la matériaux difficilement inflammables.
construction d’une tour en p. 32).
Si des équipements fixes (installés de manière du-
rable) tels que toboggans, balançoires ou équipe-
ment à grimper sont à disposition sur les aires de
jeux, il est nécessaire de remplir des exigences tech-
niques accrues: les engins et les revêtements de sol
antichocs doivent être conformes aux normes SN
EN 1176:2008. L’entretien et la conservation de la
valeur doivent être garantis.
14 Sécurité architectonique et technique Documentation technique 2.082 du bpaSécurité technique des offres d’acti- 2.3 Exigences statiques
vité physique libres
Les données statiques d’un ouvrage, à l’instar des
En cas d’offre d’activité physique étendue, il est in- poutres, éléments porteurs ou plafonds, doivent
dispensable de mettre en œuvre d’autres mesures être examinées par un spécialiste de la construction.
techniques de sécurité. Les dispositifs d’accrochage au plafond et aux murs
ont une capacité de charge suffisante. Les crochets
2.1 Eléments mobiles ne doivent en aucun cas se détacher. Il faut spora-
diquement en contrôler la solidité. Le délégué bpa à
Dans les espaces intérieurs encadrés, les offres les la sécurité de la commune concernée peut répondre
plus diverses sont envisageables. De nombreuses aux questions liées à la sécurité.
installations, caisses, balles, anneaux, cordes et
autres proposent des distractions passionnantes et 2.4 Installations
ne doivent pas répondre à de grandes exigences
techniques. Le personnel d’encadrement peut pro- Si des éléments servant à l’activité physique tels que
céder à une analyse du risque sur la base de la «Sa- murs d’escalade, espaliers, toboggans, filets ou
fety Card du bpa» (voir le chap. VII). autres sont installés (de manière fixe) dans l’espace
à disposition ou attachés au bâtiment, il convient
2.2 Choix de l’emplacement d’observer des exigences techniques accrues. Les
Illustration 4
Dans la plupart des cas, une cage d’escalier n’est pas Installation de mur d’escalade
un endroit approprié pour des éléments fixes servant
à l’activité physique. On donne de mauvais signaux
en proposant par exemple des éléments d’escalade
dans une cage d’escalier. Par contre, il est tout à fait
opportun de se mouvoir librement ou de monter et
descendre régulièrement les escaliers de manière ci-
blée en lieu et place de l’ascenseur.
Dans le secteur des vestiaires, il est possible de pro-
poser des éléments servant à l’activité physique –
engins mobiles ou fixes – s’il y a assez de place, mais
il faut suffisamment arrondir les bords des bancs et
protéger les patères. Il ne doit y avoir aucun objet
dur ou arête dans l’espace de chute. Un revêtement
de sol antichoc (p. ex. un tapis) est nécessaire selon
l’activité.
Source: Högger D, Baumann H, Projet «Purzelbaum»
Documentation technique 2.082 du bpa Sécurité architectonique et technique 15engins ne peuvent par exemple pas présenter de similaire. Par ailleurs, il faut tenir compte du fait que
points de coincement pour la tête, le cou ou les les enfants se trouvent soudain à une hauteur d’où
doigts. Lors du choix des installations, il convient de ils sont proches des luminaires et peuvent se brûler
faire montre d’un grand soin et de se laisser con- en les touchant. Ici aussi, des mesures de prévention
seiller par un spécialiste. Il faut faire attention à ce s’imposent.
que le montage ne donne lieu à aucun point de
coincement ou autre danger entre les installations 2.6 Les bons partenaires
et les murs ou plafonds.
Si des modifications de l’ouvrage ou des équipe-
2.5 Espaces de chute et revêtements de ments de jeu sont prévues, il est recommandé d’y
sol associer le bon partenaire. Dans tous les cas, le con-
cierge et la gérance doivent être impliqués dans la
Des exigences techniques accrues sont nécessaires planification et l’installation, car ils assurent généra-
en présence d’éléments d’escalade ou dynamiques, lement l’entretien. La commune ou l’autorité sco-
comme des toboggans. Le risque de chute existe laire peuvent donner des renseignements sur les
toujours. Pour en réduire les conséquences, des me- autorisations nécessaires aux modifications de bâti-
sures sont impératives: dans les espaces de chute, ments.
par exemple, il ne doit y avoir aucune arête ou objet
(lavabos, meubles, escaliers, etc.). Le revêtement de
sol doit être couvert de matelas ou d’une protection
Illustration 5
Aménagement sûr des installations et de l’espace de chute
Source: Weber S, www.swebfoto.ch
16 Sécurité architectonique et technique Documentation technique 2.082 du bpaTerrains de jeu proches de la nature Les enfants doivent faire l’expérience de l’eau sous
diverses formes, et pas uniquement l’eau potable:
70% de nos enfants grandissent dans un environ- ruisseau ou filet d’eau, étang, flaque ou fondrière.
nement urbain n’offrant que des possibilités limitées Ce faisant, il faut veiller à ce que la pente ne soit pas
de découvrir la nature et de bouger. Elles sont donc trop forte près de la rive et que la profondeur de
d’autant plus importantes. l’eau n’excède pas 20 cm. Si les enfants ont le droit
de faire du feu, c’est uniquement sous la houlette et
Les enfants adorent bouger dans la nature alentour, la surveillance d’adultes.
qui satisfait à de nombreux critères des offres d’ac-
tivité physique libres. Partant, les espaces extérieurs De tels espaces requièrent un entretien et un soin
des écoles (y compris des écoles enfantines), crèches en conséquence. Il vaut la peine de faire participer
et groupes de jeu aménagés dans un esprit de proxi- les enfants.
mité de la nature offrent d’excellentes occasions en
l’espèce. La matérialisation et la plantation de l’es-
pace extérieur doivent être adaptées aux besoins pé-
dagogiques avec circonspection et à bon escient. Par
ailleurs, la zone doit être délimitée des routes, places
de parc, voies ferrées, eaux profondes ou sources de
danger similaires par des clôtures.
Illustration 6
Tenir en équilibre comme sur des troncs d’arbres
Source: Högger D, Baumann H, Projet «Kinder in Bewegung»
Documentation technique 2.082 du bpa Sécurité architectonique et technique 17V. Action pédagogique au service de la sécurité
Une pédagogie favorisant la sécurité revêt une im- ne puissent pas glisser. Dans l’idéal, les enfants sont
portance primordiale pour l’encouragement de informés sur la manière d’appliquer eux-mêmes les
l’activité physique. Les aspects suivants jouent no- mesures de sécurité en toute simplicité.
tamment un rôle important en l’espèce: le choix du
matériel adéquat et l’aménagement judicieux des Taille et composition des groupes
offres d’activité physique libres (voir chap. II), la
composition des groupes, l’établissement de règles Les situations dangereuses surviennent souvent lors-
adaptées, l’observation des enfants et, si néces- que nombre d’enfants jouent ensemble dans un es-
saire, le recours à des interventions et le travail avec pace restreint. Les enfants ont envie de plaire aux
les parents. Le personnel d’encadrement devrait autres, voire de les impressionner de temps à autre.
planifier avec prévoyance et anticiper l’évolution Ils se laissent déjà aller à des activités téméraires à
possible. peine sont-ils observés par des enfants de leur âge,
ou ils se laissent distraire et leur concentration en
Matériel et espace destiné à pâtit. Aussi faut-il veiller à ce qu’ils ne soient pas
l’activité physique trop nombreux à la fois dans la même zone dévolue
à l’activité physique. Il est aussi conseillé de compo-
Pour l’aménagement des offres d’activité physique ser les groupes avec des enfants qui ne s’encoura-
libres, il faut choisir petits appareils et matériel en gent pas mutuellement à entreprendre des activités
connaissance de cause, en sus du respect de la sé- dangereuses.
curité architectonique et technique (voir chap. IV): le
nouvel équipement ou matériel de jeu doit corres- Règles adaptées
pondre aux enfants et, dans la mesure du possible,
être essayé et exploré avec eux (tant à l’égard du Les règles doivent être adaptées aux locaux, au ma-
potentiel d’activité physique que des blessures). tériel et au groupe d’enfants. En fonction du déve-
L’environnement destiné à l’activité physique peut loppement cognitif des enfants, elles sont formulées
être aménagé et protégé facilement. Des conseils et convenues en commun dans l’idéal. Elles de-
pour tous les jours: afin de pouvoir aussi utiliser le vraient être visualisées (par des symboles ou des
vestiaire pour l’activité physique, il y a des moyens phrases simples). Le défi consiste à définir des règles
simples d’en exclure les risques potentiels. Les pa- qui protègent les enfants de blessures sérieuses et,
tères, par exemple, peuvent être protégées à l’aide parallèlement, qui permettent différentes possibili-
de balles en mousse ou de vieilles balles de tennis. tés de faire des expériences. Partant, il est conseillé
Déplacer les radiateurs et les lavabos n’est pas une de ne formuler que quelques règles claires.
mince affaire. Il est possible de les rembourrer ou de
les couvrir avec des couvertures épaisses ou des
coussins. Il est important de les attacher pour qu’ils
18 Action pédagogique au service de la sécurité Documentation technique 2.082 du bpaObserver, accompagner et rallèlement, cette approche permet de mieux éva-
intervenir luer la situation en se fondant sur la réaction de l’en-
fant et, le cas échéant, de procéder à d’autres inter-
Dans l’offre d’activité physique libre, l’observation et ventions. Encore un brin plus intensif: tenter de
l’accompagnement des enfants méritent une atten- prendre part au jeu et d’influer de la sorte, par
tion particulière. Il s’agit d’encourager les enfants exemple en proposant d’intégrer au jeu une
trop prudents et de garder les enfants trop témé- planche, un panier ou une corde.
raires à l’œil. Ce faisant, l’ensemble des enfants doi-
vent être encouragés dans leurs compétences en Dans le cadre d’une intervention attentiste, le
matière d’activité physique et de risque. Et parfois, il personnel d’encadrement se trouve à proximité
est nécessaire d’intervenir au sens de l’encourage- afin de pouvoir par exemple éviter le pire en cas de
ment, du devoir de garde et/ou de surveillance (voir chute subite. L’enfant ne remarque alors l’interven-
chap. VI): tion qu’en cas de chute. La situation est discutée
au besoin.
Les interventions directives interrompent le jeu et
permettent de parler d’une situation avec les en- Travail avec les parents
fants de manière ciblée ou de pallier un manque lié
à la construction. Certains jeux nécessitent des Il peut arriver que les parents ne connaissent pas
règles limpides qui peuvent être observées de façon l’encouragement de l’activité physique avec de telles
systématique. Le personnel d’encadrement devrait offres libres de leur enfance, possible source de ré-
néanmoins veiller à ce que les enfants ne prennent serves ou de peurs qui peuvent se transmettre aux
pas peur et ne se déconcentrent pas du fait d’une enfants. Le personnel d’encadrement peut remédier
intervention directe: une intervention trop abrupte à ce manque d’assurance en les informant sur le po-
peut, en fonction de la situation, plus nuire que ga- tentiel et l’organisation de l’encouragement de l’ac-
rantir la sécurité. tivité physique. Cette approche est particulièrement
efficace lorsque les parents peuvent observer leurs
Les enfants remarquent les interventions d’ac- enfants, par exemple lors d’une matinée de jeu en
compagnement, mais ne les vivent pas comme une commun.
interruption. Dans la variante non verbale, le person-
nel est présent et visible tout en ne parlant pas, il
tend la main à l’enfant (peu importe s’il la prend) ou
redresse par exemple une planche ou déplie entiè-
rement l’échelle double. La variante verbale de l’in-
tervention d’accompagnement vise à entrer en con-
versation avec l’enfant. Exemples: «Ça te plaît?»,
«Tu es courageux!», «As-tu besoin d’aide?» De
telles paroles n’interrompent pas l’activité, mais por-
tent sur le principe même de l’encouragement. Pa-
Documentation technique 2.082 du bpa Action pédagogique au service de la sécurité 19VI. Considérations juridiques
Devoir de garde et de surveillance Normes techniques
Le personnel d’encadrement des écoles (y compris Les bâtiments des écoles (y compris des écoles en-
des écoles enfantines), crèches, garderies et groupes fantines), crèches, garderies et groupes de jeu doi-
de jeu ont un devoir de garde envers les enfants et vent satisfaire aux dispositions cantonales et com-
adolescents qui leur sont confiés et sont ainsi res- munales de même qu’aux exigences de qualité. La
ponsables de leur intégrité. Il s’agit notamment de législation cantonale sur les constructions comprend
les surveiller et de prendre des mesures afin de les une série de dispositions qui concernent la sécurité
protéger. dans l’habitat et les bâtiments publics en général et
qui renvoient en partie directement ou indirecte-
Parallèlement, le personnel d’encadrement et les en- ment aux normes techniques.
seignants doivent veiller, dans le cadre de leur devoir
de diligence et en fonction de leurs possibilités, à ce Les normes techniques n’ont pas force obligatoire.
que les enfants et adolescents qui leur sont confiés A la différence des prescriptions officielles, leur ap-
ne causent pas de dommages. Il n’est guère possible plication se fait en principe sur une base volontaire,
de préciser la diligence requise dans le cadre de la ce qui ne veut pas dire pour autant que l’on peut
surveillance d’une manière générale. Elle dépend de tout bonnement les ignorer. Une pertinence juri-
la situation au cas par cas et de différents facteurs dique peut leur être conférée. C’est notamment le
(tels que le genre d’activité, l’âge, le développement cas lorsqu’une loi ou une ordonnance renvoie à des
ou le caractère de l’enfant). normes techniques, que des contrats de droit privé
les déclarent comme étant déterminantes pour le
Le personnel d’encadrement ou les enseignants qui rapport juridique concret ou qu’elles servent à pré-
planifient avec soin et anticipation, surveillent les en- ciser des notions juridiques imprécises telles que
fants qui leur sont confiés avec attention, respectent «état de la technique» ou «règles de l’architecture».
les directives et règlements de leurs supérieurs de Par ailleurs, les tribunaux peuvent invoquer les
même que les règles déontologiques remplissent normes techniques et les recommandations d’orga-
l’essentiel de leur devoir de diligence. Le document nisations privées reconnues comme des critères dé-
Verantwortlichkeit und Haftpflicht der Lehrperso- terminants pour la diligence à observer dans le cadre
nen, publié par ECH (en allemand uniquement), des procédures en dommages-intérêts ou pénales.
contient des informations complémentaires. Aussi est-il recommandé de respecter les normes
techniques idoines ainsi que les recommandations
des organisations reconnues.
20 Considérations juridiques Documentation technique 2.082 du bpaResponsabilité du propriétaire de Loi fédérale sur la sécurité des
l’ouvrage produits
En vertu de l’art. 58 du code des obligations (CO; RS Conformément à la loi fédérale sur la sécurité des
220), le propriétaire d’un bâtiment ou de tout autre produits (LSPro; RS 930.11), les produits doivent être
ouvrage répond du dommage causé par des vices de conformes aux exigences essentielles en matière de
construction ou par le défaut d’entretien. Il doit ainsi santé et de sécurité ou correspondre à l’état des
garantir que l’état et le fonctionnement de son ou- connaissances et de la technique. Seuls peuvent être
vrage ne met rien ni personne en danger. Il y a dé- mis sur le marché ou à la disposition de tiers les pro-
faut lorsque la conception et le fonctionnement ne duits qui présentent un risque nul ou minime pour
sont pas sûrs. Celui-ci peut consister en une instal- la santé ou la sécurité des utilisateurs ou de tiers
lation, une fabrication ou un entretien défectueux. lorsqu’ils sont utilisés dans des conditions normales
La responsabilité du propriétaire de l’ouvrage est ou raisonnablement prévisibles.
une responsabilité causale qui ne présuppose pas de
faute de sa part (p. ex. responsable d’une école). En Quiconque met à disposition du matériel destiné à
règle générale, le propriétaire n’est pas responsable l’activité physique est considéré comme responsable
s’il peut prouver qu’il a pris toutes les mesures de de la mise sur le marché au sens de la LSPro. Il est
sécurité objectivement nécessaires et raisonnable- tenu d’annoncer à l’autorité d’exécution compé-
ment exigibles dans la réalisation et l’entretien de tente si ces produits présentent des risques. En cas
l’ouvrage. d’acquisition du produit à l’étranger, il doit pouvoir
fournir l’ensemble des documents techniques (p. ex.
évaluation des risques, rapport de contrôle). Si le
produit est fabriqué en Suisse ou qu’il existe un im-
portateur, le prestataire du service peut indiquer
l’adresse de référence à l’organe de contrôle.
Documentation technique 2.082 du bpa Considérations juridiques 21VII. Safety Card du bpa La Safety Card est un outil de travail développé par paramètres sont examinés à l’aune de l’échelle vert- le bpa que les enseignants et le personnel d’enca- jaune-rouge, et il est procédé aux interventions né- drement peuvent utiliser de manière ciblée avant, cessaires. pendant et après les cours. D’une part, elle permet d’évaluer, avant et pendant une activité, les risques qu’ils encourent avec les enfants et si des interven- tions sont nécessaires. D’autre part, cette réflexion peut aussi avoir lieu a posteriori afin de poursuivre le développement d’une activité en conséquence. La Safety Card du bpa montre, à gauche, les trois phases de l’enseignement «avant» (préparation), «pendant» (déroulement) et «après» (évaluation) et, à droite, les trois principaux paramètres qui in- fluent sur le risque et la sécurité: l’environnement, les enfants et les enseignants ou le personnel d’en- cadrement. Les passages de vert (risque faible) à jaune (risque dont la responsabilité peut être assumée) puis rouge (risque trop élevé) ne sont pas fixes et se fondent sur l’estimation subjective de la sécurité (échelle de sé- curité). Tant lors de la planification d’une activité que de sa réalisation et de son évaluation, les trois Illustration 7 Safety Card du bpa 22 Safety Card du bpa Documentation technique 2.082 du bpa
Niveaux de risque La zone verte correspond à la zone de confort. Elle indique que tout est en ordre et que l’activité peut se poursuivre. Le risque est considéré comme «bas» ou «contrôlable». L’activité ne présente au- cune difficulté pour les enfants. La zone jaune correspond à la zone précieuse d’apprentissage, dans laquelle l’activité ou cer- taines parties de l’activité ne peuvent plus être réali- sées «facilement et de façon détendue». Les enfants sont invités de manière contrôlée à quitter la zone de confort et à prendre un risque calculé dont la res- ponsabilité peut être assumée. Repousser avec pré- caution ses propres limites accentue l’effet d’ap- prentissage et permet d’élargir son répertoire mo- teur. Le risque contrôlé contribue dans une large mesure au développement des enfants. Ils acquiè- rent de l’expérience, apprennent à évaluer les risques de manière appropriée et développent la compétence qui consiste à agir correctement dans les situations délicates. Les tâches accomplies avec succès renforcent la confiance des enfants en eux. La zone rouge désigne la zone interdite. Si un des trois paramètres se trouve dans la zone rouge, l’activité doit être interrompue ou abandonnée. Le risque est trop élevé et incontrôlable. L’enseignant ou le personnel d’encadrement ne peut plus assu- mer la responsabilité des enfants. Documentation technique 2.082 du bpa Safety Card du bpa 23
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