Les nouvelles du sea - Les officiers Dossier
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Numero 1 2011
les
nouvelles
du sea
Bulletin trimestriel du Service des essences des armées
Dossier
Les officiers
et aussi...
Exercice Parwan 2010, les 20 ans du CFMSEA,
Sainte Barbe à la DCSEA et en OPEXedito
Une nouvelle année commence, avec son Désormais, la fonction pétrolière interarmées sera gérée
lot d’espérances et de défis. Préparer au sein d’une structure souple, transparente et simplifiée
l’avenir avec conviction et détermination est à l’extrême : une direction centrale et trois piliers (une
notre principal enjeu. direction de l’exploitation qui pilotera 40 dépôts en
Le Service est engagé dans une métropole, un pôle entraînement opérationnel/formation et
restructuration d’envergure ; celle- un pôle expertise). Chacun y aura une place précise pour
ci s’inscrit dans la logique de la conforter un ensemble fiable :
construction progressive de la fonction 50 % d’entre vous exerceront leur métier et s’entraîneront,
pétrolière entreprise au début de la 1re au quotidien, dans les dépôts et ateliers de soutien direct
guerre mondiale, il y a près d’un siècle. Le des forces,
succès de cette entreprise est le résultat 25 % seront affectés dans la formation du SEA de type
d’un engagement collectif qui s’inscrit régimentaire,
dans la durée.
20 % serviront, au sein du Service, dans les organismes
L’opérateur pétrolier unique de la défense, devenu réalité de conception, de direction, d’expertise et de conduite des
en 2010, est aussi le fruit d’une approche concertée et projets, dans différents domaines (financier, équipement,
consensuelle, gage d’adhésion, d’efficacité et source de infrastructure …),
confiance.
5 % relayeront l’action commune de l’extérieur du Service,
Ainsi, aujourd’hui, la fonction pétrolière rassemble, au sein d’une au sein du ministère ou en dehors, afin d’anticiper le
chaîne interarmées continue, depuis la recherche de la ressource besoin, de coordonner le soutien et d’inscrire notre action
jusqu’à sa distribution, tous les aspects de la fonction : logistique en cohérence avec celle du ministère, en liaison avec la
opérationnelle, expertise produits, matériels, infrastructure, profession pétrolière et dans le respect de la réglementation
gestion financière, achats, ressources humaines… au évolutive.
profit de l’ensemble des composantes des forces armées.
L’organisation de cette chaîne est en adéquation avec
l’évolution des outils de gouvernance mis en place par l’EMA, Notre défi est d’envergure mais le remarquable état d’esprit
elle est également en harmonie avec la responsabilisation qui vous anime permettra, j’en suis certain, de continuer
fonctionnelle sous-tendue par la LOLF. d’aplanir les difficultés.
Grâce à l’engagement de chacune et chacun d’entre vous
au sein d’une structure à taille humaine, le SEA sera demain
L’année 2010 a été marquée par des évolutions conséquentes.
encore plus performant au service des armées, françaises et
Malgré l’importance des restructurations effectuées, la qualité
alliées mais également de tous ceux dont les missions d’intérêt
du Service n’a pas été affectée. Ceci n’aurait pas été possible
général pourraient nécessiter notre soutien.
sans le dévouement, la cohésion et le sens des responsabilités
des militaires et des civils du SEA.
En 2011, les efforts qui vous seront demandés seront Que l’année 2011 renforce encore cette cohésion entre
encore très importants afin de finaliser la majeure partie personnels aux expériences et statuts variés qui constituent la
des restructurations annoncées. Ainsi, d’ici la fin de cette « famille SEA », qu’elle conforte cet état d’esprit si constructif
année, les trois directions régionales auront été dissoutes, au service de notre engagement commun.
30 % des dépôts existants en 2009 auront été fermés.
Les conséquences humaines de tels bouleversements sont En cette période de vœux, j’ai une pensée particulière pour
importantes. C’est à ce prix que la fonction pétrolière gagnera ceux qui, sur les théâtres d’opérations, veillent sur notre
en efficacité et en cohérence tout en réduisant son coût. sécurité et défendent des valeurs communes.
Directeur de publication : Réalisation :
Ingénieur général Vincent Gauthier M. Philippe Midon
en collaboration avec l’agence elo
Rédacteur en chef :
Mme Aurélie Richard
Impression :
Comité de rédaction : Les impressions Dohr – Nancy – N°ISSN 0298-7333
Direction centrale du Service IC1 Jean Louis Volpi
des essences des armées Mme Aurélie Richard
Cellule communication M. Sébastien Karmowski
14 rue Saint Dominique, 75700 Paris SP 07 M. Philippe Midon
01 55 58 81 79 IC2 Julie Gueneugues
com.dcsea@inet.essences.defense.gouv.fr CNE Gildas CeltonSommaire Actualités pétrolières Incendie à la réunion ………………………………………………………………………………………………………………………………. p4 Exercice incendie au CRE de Sarrebourg-Hesse ……………………………………………………………………………… p4 Gestion des crises …………………………………………………………………………………………………………………………………… p5 DEMa de Brest et Toulon ……………………………………………………………………………………………………………………… p6 Dépôt essences mixte du Raizet …………………………………………………………………………………………………………. p8 Préparation opérationnelle Exercice Parwan 2010 ………………………………………………………………………………………………………………………… p10 Dossier Les officiers ……………………………………………………………………………………………………………………………………………. p11 Expertise pétrolière Maintenance des réservoirs souples ……………………………………………………………………………………………….. p27 Construction d’un pipeline à Kaboul ………………………………………………………………………………………………….. p28 Quelques faits marquants Célébration de la Sainte Barbe …………………………………………………………………………………………………………... p30 20 ans pour le CFMSEA ………………………………………………………………………………………………………………………. p32 Chronique du personnel Personnels militaires et civils ……………………………………………………………………………………………………………… p34
[L'incendie :
une réalité à
prendre en
compte] Avitaillement
hélicoptère Fennec
Exercice incendie
Violent incendie à la Réunion : Exercice incendie au CRE de
le DLSEA.OI en soutien Sarrebourg-Hesse
Un violent incendie se déclare lundi 11 octobre vers 10 h dans la Le vendredi 15 octobre 2010 au dépôt des essences de Hesse
zone du Parc National des Hauts au Maïdo. Les flammes ravagent s’est déroulé un exercice incendie en collaboration avec le service
un secteur inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco. Les pompiers départemental d’incendie et de secours (SDIS) de Moselle.
du Grand Bénare sont rapidement rejoints par leurs collègues de L’objectif était de simuler un accident majeur répertorié dans
l’île pour faire face aux deux foyers déclarés. l’étude de dangers de ce site classé SEVESO seuil haut. Le scénario
retenu était l’inflammation d’une nappe de carburéacteur suite
Etant donné l’ampleur de l’incendie et la difficulté du terrain, à une perte de confinement lors du chargement d’un camion-
des renforts arrivent tout au long de la semaine. 60 agents de citerne. Afin de simuler la rupture du flexible lors du chargement,
l’Office nationale des forêts sont également mobilisés, ainsi que un ensemble semi-remorque Kérax/Magyar a été déployé sur
des militaires appelés par le préfet de la Réunion. l’aire de chargement.
L’intérêt commun d’un tel exercice est bien sûr la conservation
des réflexes face à un incendie pour les personnels du dépôt et
Le DLSEA, sur demande de concours émanant de la préfecture,
la connaissance du site pour les pompiers.
est sollicité le 15 octobre pour faire le plein des hélicoptères
militaires (FENNEC et EC 145) venus en renfort pour transporter Le SDIS a déployé des moyens lourds d’intervention et effectué
le matériel et les hommes. Il faudra « monter », c’est bien le la coordination des différents équipages :
terme, un avitailleur TOE du DEA de Gillot jusqu’au PC des
sapeurs pompiers soit 2 200 m de dénivelé d’une route difficile 2 Fourgons Pompe Tonne des centres de Sarrebourg et
d’accès. Une rapide analyse de l’itinéraire, une escorte par les de Lorquin
pompiers et le lendemain de l’appel du chef de la DIVLOG de l’Etat-
Citerne de 3 m3 d’eau
major des FAZSOI, c’est chose faite. Il effectuera le premier jour
11 pleins pour 1 570 litres de produits délivrés et restera sur Pompe de 300 m3/h
zone pour effectuer les missions de distribution alors qu’un autre
TOE effectuera les navettes pour le transport du carburant. 1 Fourgon Poudre Mousse du centre de Phalsbourg
Les trois militaires du rang du dépôt se relayeront, durant 2 cuves d’émulseur de 500 l chacune
8 jours. Bilan 47 avitaillements et 8 550 litres distribués.
1 Camion-Citerne Forestier Super du centre de Gondrexange
Quand ils ne sont pas employés sur les hauts, c’est pour
Citerne de 8 m3 d’eau
s’occuper entre autre de l’avion bombardier d’eau DASH-8
arrivé en renfort de la métropole pour lequel ils assureront tous Pompe de 120 m3/h
les avitaillements jusqu’au 4 novembre.
1 Fourgon Mousse Grande Puissance du centre de Saint-Avold
Le 22 novembre, le dispositif se lève pour nous. Citerne de 5 m3 d’eau
Réserve de 1 500 l d’émulseur (pouvant être complétée
Entre fumée, poussière, hurlement des sirènes, odeurs de par une cellule de 8 m3 d’émulseur)
kérosène et les bruits des moteurs des machines, les 3 Pompe de 240 m3/h
personnels du DEA ont été mis à contribution pour soutenir le
dispositif militaire, dans des délais très courts et dans une plage
horaire très large. Pour le CRE, il s’agissait de déclencher le plan d’opération interne
(POI) en alertant notamment la sous-préfecture de Sarrebourg
Le général de brigade Jean-Marc Nebout, commandant et les communes avoisinantes, pour ainsi contrôler l’efficacité de
supérieur des FAZSOI a souligné l’engagement de tous les l’équipe de première intervention.
militaires et remercié chaleureusement tous ceux qui ont
contribué à sauver le parc, sans oublier de citer le SEA. Cet exercice s’est déroulé de manière la plus réaliste possible,
le stress du feu en moins en offrant par ailleurs un RETEX riche
grâce aux interventions des personnels et des observateurs.
D’après les informations du CDT Christophe Cavarlé
Dlsea.Oi
AT Xavier Nagel
4 Les Nouvelles du SEA - numéro 1 / 2011Camion-citerne SEA avitaillant l'Elysée
[Gestion
des crises]
Si les actions du SEA sont passées inaperçues au sein du grand public, elles n’ont pas échappé aux pouvoirs publics.
La crise d’octobre
La crise sociale de fin d’année 2010, dont une des manifestations les plus visibles a été la pénurie de carburant suite aux blocages
des circuits d’approvisionnement pétrolier, a permis de conforter la défense dans ses choix stratégiques et politiques opérés en
matière de doctrine et de logistique pétrolière.
L’aviation militaire sauvée du froid
Outre l’enneigement des aéroports de Paris perturbant le trafic aérien,
le mois de décembre particulièrement froid a eu pour conséquence
inattendue une rupture des approvisionnements en liquide de
dégivrage au sol pour aéronefs. Un phénomène passé inaperçu pour
les forces armées. En effet, dans le souci de répondre au mieux aux
besoins souvent urgents des bases aériennes, le délai de livraison a
été systématiquement inférieur au délai contractuel d’une semaine,
grâce à une action rapide des différents acteurs : commandement
du soutien des forces aériennes (CSFA) – DCSEA et DELPIA – société
ABAX, titulaire du marché.
Ainsi, la société Abax, a pu assurer 20 livraisons (de 10 à 18 m3)
en vrac (soit 300 m3) en décembre tandis que son client principal,
l’aéroport d’Orly consommait simultanément des quantités
conséquentes de ce produit.
Les incidents connus sur l’aéroport de Roissy, soutenu par un autre
fournisseur, ont ainsi pu être évités.
Déverglaçage d'un Mirage 2000
Les Nouvelles du SEA - numéro 1 / 2011 5[Les DEMa de DEMa de Brest
Accueilli les 8 et 9 septembre par le Lcl Le Grignou, chef de
Brest et Toulon] dépôt de Brest, l’IG1 Gauthier a pu se rendre sur les différentes
emprises du dépôt, rencontrer les autorités militaires locales
(le préfet maritime, le commandant de la base navale et
En septembre dernier, le directeur central du SEA a visité les le commandant d’ALFAN Brest) et s’entretenir avec les
dépôts essences marine (DEMa) de Brest et de Toulon. représentants du personnel.
Ces visites ont été l’occasion de présenter les différentes
missions de soutien pétrolier de la Flotte, ainsi que les Le DEMa Brest en quelques chiffres :
particularités et spécificités des deux DEMa. Approvisionnement par pétrolier (entre 12 000 et 14 000 m3
par livraison)
En effet, depuis le 1er juillet 2010, le SEA a repris les missions 5 emprises (25 km de canalisations) :
de soutien pétrolier de la Marine Nationale sur les Bases Maison Blanche : 74 000 m3 (F-76 et F-44) / dépôt
Navales de Brest et de Toulon qui étaient auparavant assurées SEVESO seuil haut,
par le Service du matériel et du commissariat de la Marine
Dépôt annexe : 2 700 m3 (F-76, F-44 et eaux de cales),
(SERMACOM).
Dépôt du Portzic : 16 550 m3 (en cessation d’exploitation)
Magasin de lubrifiants / station de transit : 1 000 m3
d’huile en vrac / 5 000 fûts,
Dépôt de la Batterie de Sept : 25 m3 F-67 sous-douanes.
Activité moyenne annuelle :
F-76 Distribution : 32 000 m3 / remise : 5 000 m3,
F-44 Distribution : 330 m3,
F-67 Distribution : 100 m3 par jerricans,
IPDE Distribution : 900 t dont 400 t en vrac,
Eaux de cales Récupération : 3 000 t,
Déchets 250 t (producteur de déchet pour la marine).
Mode de distribution : bornes automatiques, bouches à
quai, camion-citerne, citernes flottantes (mise en oeuvre
par la base navale)
DEMa de Brest Effectif : 35 personnels (2/1/0/32)
Déballastage pétrolier ravitailleur sur le parc du Lazaret
6 Les Nouvelles du SEA - numéro 1 / 2011— Parc de Missiessy
Les différentes missions du DEMa sont assurées par une
soixantaine d’agents, cinq cadres militaires et quatre TSEF qui
assurent les fonctions de chefs de parcs ou de services.
Le changement d’exploitant ainsi que l’adaptation des savoir-faire
de la Marine et du SEA se fait progressivement et s’inscrit dans
le processus de restructuration de la Défense et du Service des
essences des armées. Lors de la visite, le directeur central du SEA
a souligné les compétences des personnels sur place, la nécessité
de maintenir une excellente qualité de prestation et l’apport
pour la fonction pétrolière qui résulte d’un rapprochement des
compétences existantes notamment en matière d’infrastructures
pétrolières. Le SEA est très optimiste devant de telles possibilités
de synergies qui seront ainsi développées.
DEMa de Toulon
D’après les informations recueillies auprès du LTN Grégory Pique
Durant les deux journées du 14 et 15 septembre, le directeur et du LCL Michel Le Grignou
a pu visiter les différents parcs d’hydrocarbures composant le
dépôt essences marine de Toulon. Il a également eu l’occasion
de s’entretenir avec le personnel militaire et civil et leurs
représentants.
Le DEMa possède ainsi une capacité de stockage de 260 000 m3,
répartie dans des réservoirs type caverne sur les Arènes, des
réservoirs aériens sur Missiessy et des bacs semi enterrés sur
le parc du Lazaret.
Les principaux clients sont les bâtiments de la Force d’Action
Navale auxquels le DEMa délivre plus de 70 000 m3 de produit
par an. Le second pôle de compétence est celui de la protection
de l’environnement et la gestion des déchets spéciaux, c’est à ce
titre que le Dépôt collecte et traite annuellement 15 000 tonnes
d’eaux mazouteuses.
Rade de Toulon —
Le DEMa se
compose de 3 parcs
d’hydrocarbures
et d’un parc aux
huiles répartis sur
4 sites différents :
Le parc d’hydrocarbures du Lazaret situé sur la
presqu’île de Saint-Mandrier,
Le parc d’hydrocarbures de Missiessy situé sur la
Base Navale de Toulon,
Le parc d’hydrocarbures des Arènes situé dans le
quartier de l’Escaillon de la commune de Toulon,
Le parc aux huiles situé dans l’enceinte de la
Base Navale de Toulon.
Les Nouvelles du SEA - numéro 1 / 2011 7[Le dépôt essences mixte
du Raizet ferme ses portes]
Le 1er août 2010, le dépôt essences mixte du Raizet a définitivement fermé ses portes, marquant
ainsi le départ physique du SEA de l’île de la Guadeloupe aux Antilles françaises.
Construit entre 1982 et 1983, le dépôt essences mixte du Le DEM du Raizet soutenait par ailleurs l’ensemble des unités
Raizet était stationné au sein de la zone aérienne du même nom des forces armées aux Antilles (FAA) présentes en Guadeloupe :
située à côté de l’aéroport de Pointe à Pitre. Il comprenait un 41e BIMa, RSMA de Guadeloupe et directions de service. Ses
ensemble de trois réservoirs de 1 000 litres de carburéacteur personnels ont été impliqués dans tous les exercices des FAA
ainsi que deux cuves de gazole associées à une station de qui se déroulaient pour la majeure partie dans l’archipel de la
distribution située à l’intérieur du dépôt. Il était équipé d’un Guadeloupe, terrain particulièrement propice aux manœuvres
hydrant système permettant d’avitailler deux gros porteurs sur interarmées et interalliés, ainsi qu’au cours des quelques
le parking de la zone aérienne militaire. opérations menées dans la région, en particulier la dernière,
« Séisme Haïti 2010 ».
Armé par un sous-officier chef de dépôt et deux personnels
civils ouvriers anciens EVSEA, le dépôt disposait de deux Après presque 30 années d’existence, au cours desquelles
camions-citernes avitailleurs et d’une remorque « oléoserveur » treize chefs de dépôts se seront succédés, le dépôt essences
permettant d’avitailler les quatre DC 8 qui faisaient escale sur la mixte du Raizet a cessé son activité en août dernier et sera
plateforme du Raizet avant de rejoindre la Polynésie Française démantelé à l’horizon 2013.
au temps de la direction des centres d’essais nucléaires
(DIRCEN). A cette époque, le dépôt distribuait jusqu’à plusieurs
centaines de mètres cubes de carburéacteur par semaine. Son
ATC Loïc Brunet
activité a ensuite décliné avec la fin des essais nucléaires en
Polynésie et le regroupement des aéronefs de Guadeloupe en Chef du DEM du Raizet (2008-2010)
Martinique en 1994. Ces dernières années, seuls 3 hélicoptères
respectivement de l’armée de l’air, de la gendarmerie nationale
et de la sécurité civile étaient stationnés à Pointe à Pitre si bien
que les quelques dizaines de mètres cubes à peine distribués
chaque mois ont enclin le SEA à fermer le dépôt en 2010.
8 Les Nouvelles du SEA - numéro 1 / 2011On ne peut évoquer le DEM du Raizet sans se souvenir des deux
complices qui, durant 20 ans, ont assuré ensemble, sans jamais
défaillir, la permanence de l’avitaillement. Connus et appréciés de
tous sur la zone aérienne militaire comme au camp Dugommier,
ils ont contribué par leur professionnalisme, leur enthousiasme
et leur bonne humeur à donner la meilleure image du Service.
Né en 1953 à Saint-Esprit en Martinique, Alfred Fonrose
a commencé sa carrière militaire au sein du Service de santé
avant de rejoindre comme brigadier-chef en 1977 la 2e division
d’oléoducs de l’OTAN à Amiens. Après 19 années de service
dans le domaine de la gestion du personnel militaire et quatre
OPEX au Tchad, il est affecté au DEM du Raizet et met fin à sa
carrière militaire en 1991.
Embauché alors comme ouvrier auxiliaire groupe IV au sein
du DEM en qualité de conducteur de véhicules option citernier
avitailleur d’aéronefs, il restera durant près de 20 ans à ce poste,
occupant la fonction de responsable équipement du dépôt.
Ouvrier de groupe VI, titulaire de la médaille de bronze du travail, Alfred Fonrose Emile Loudac
Alfred Fonrose a décidé de prendre une retraite bien méritée
et de se consacrer à ses nombreuses activités associatives et Embauché en 1987 comme ouvrier auxiliaire groupe III au DEM
sportives en Guadeloupe où il s’est installé définitivement. en qualité de conducteur avitailleur d’aéronefs, il achèvera sa belle
carrière au SEA en tant que chef d’équipe groupe VI. Occupant
les fonctions de responsable exploitation du dépôt, il a décidé de
Engagé à vingt-trois ans au titre du centre d’instruction
faire profiter le GSBDD de Guadeloupe de ses connaissances
des essences à Chalon-sur-Saône, Emile Loudac, originaire de
pétrolières au sein de la cellule carburant - énergie.
Marie-Galante, rejoint ensuite la 708e compagnie des essences
dans la même garnison pour 13 années au cours desquelles il
effectuera 9 séjours au Sénégal, 1 séjour au Tchad et 1 séjour Titulaire de la médaille de bronze du travail, Emile Loudac
au Liban. Affecté au DEM du Raizet en 1986, il commence une a transmis le flambeau à son fils, stagiaire au 2e RSMA qui
nouvelle carrière de personnel civil du SEA. souhaite rejoindre la BPIA en 2011, 38 années après son père.
Les Nouvelles du SEA - numéro 1 / 2011 9[Parwan 2010] 1. Déploiement du module de reconnaissance Guépard1 du GSP ;
2. Déploiement du module 1 2002 sur la zone de stockage.
Début novembre 2010, l’exercice Parwan est lancé. Il va durer Le déploiement terminé la 2e phase de l’exercice peut débuter.
près d’un mois. Il s’agit d’un exercice national d’évaluation Les missions opérationnelles de transport et de ravitaillement
opérationnelle, pour améliorer la coopération entre les s’enchaînent à un rythme soutenu : chargement en F-63 des
différentes fonctions logistiques interarmées. Il implique la camions-citernes polyvalents (CCP) 10 m3 Scania de l’armée de
1re brigade logistique (BL) et plusieurs régiments de l’armée terre, avitaillement de Puma et de Gazelle du 3e RHC, missions
de terre. Le soutien pétrolier est assuré par le SEA et son de transport de F-35 au profit d’une base aérienne projetée
groupement de soutien pétrolier (GSP) de la Base pétrolière (simulée par le DEA de Tours).
interarmées (BPIA).
L’exercice simule une mission de stabilisation, dans un pays
comme l’Afghanistan encore fragilisé par une période de conflit, Durant cette phase a lieu, à la demande de la 1re BL, la
dans le cadre du déploiement d’une force 5 000 sous mandat journée de la logistique organisée le 18 novembre. Les unités
de l’ONU. La dénomination de l’exercice provient d’ailleurs de la de la logistique ont présenté leurs missions et leurs moyens
région de Parwan, située au nord de Kaboul. déployés au sein d’un BATLOG au profit des forces. Le SEA a,
pour sa part, déployé un module 200 et présenté une gamme
étoffée de véhicules pétroliers : tracteur Kerax blindé, CCP 10
La 1re phase débute le 3 novembre 2010 : le GSP est mis en m3 Scania, CCP 3,6 m3 Unimog qui ont particulièrement attiré
alerte pour préparer le déploiement opérationnel d’un dépôt l’attention des autorités présentes. Le directeur central adjoint,
projetable sur le camp de la Courtine. Cette phase prévoit l’IG2 Audisio, accompagné de l’IC1 Noviant, chef du bureau
la montée en puissance du GSP, que ce soit pour la partie « soutien opérationnel et relations internationales » de la direction
matériels (chargement des modules opérationnels adaptés à la centrale du SEA ont profité de cet évènement pour rendre visite
mission, perception du carburant au centre de ravitaillement de au détachement.
Gergy, …), ou pour la partie effectifs (préparation des dossiers
des personnels, …).
Dernière phase de Parwan 2010 : le déploiement et l’évaluation
du PC du GSP, sous forme d’un scénario d’entraînement des
postes de commandement CPX (Command Post eXercise).
Profitant des moyens mis en place par la 1re BL pour le contrôle
de deux de ses régiments, le GSP déploie son PC à proximité de
celui du BATLOG. Durant 2 jours, les cadres du GSP ont répondu
à toutes les sollicitations de l’équipe d’évaluation du SEA pour
mener à bien les missions complexes ou délicates imposées.
Toutes les composantes du soutien pétrolier ont été testées au
travers d’incidents nombreux et variés.
Au bilan, les phases de déploiement et de réalisation des
missions se sont déroulées dans de bonnes conditions, malgré
les conditions météorologiques difficiles et le PC va s’avérer
réactif, efficace et opérationnel lors de l’exercice CPX.
IC1 Cuquel et IG2 Audisio
D’après les informations recueillies par l’IC1 Jean Charles Burle
Le déploiement se fait à partir du 8 novembre, sur la zone de
desserrement (l’hélistation) de la Courtine et conformément à la
1
Le module Guépard est composé de camions citernes polyvalents, de capacités
de stockage et de matériels d’exploitation capable d’assurer le soutien pétrolier
procédure retenue il se fera en 2 étapes : d’une force 1 000.
2
Le module 1 200 (4 réservoirs souples de 300 m3) permet la réception, le
stockage et la livraison de carburant (comprend des réservoirs souples, des
groupes de filtration, des groupe motopompe, etc.).
Tracteur Renault Kerax version cabine blindée
10 Les Nouvelles du SEA - numéro 1 / 2011dossier
- Les officiers -
Qu’ils appartiennent au corps des ingénieurs militaires des essences ou au corps technique et
administratif, les officiers du SEA sont au cœur de l’esprit interarmées fortement ancré dans
la petite communauté qui œuvre au service du soutien pétrolier du ministère de la défense. Un
souffle que favorise un recrutement essentiellement interne au sein des armées.
Leur formation et leurs parcours au SEA, au ministère, voire hors ministère, sont les clés d’une
expertise sans équivalent chez nos alliés et d’une capacité à dialoguer d’égal à égal avec les
partenaires du monde professionnel de la logistique pétrolière.
Les postes occupés à tous les niveaux ainsi que dans les filières soutenant le cœur de métier,
assurent la cohérence d’ensemble de la fonction et surtout la réactivité indispensable à un service
aux dimensions marginales mais aux commandes d’une fonction de soutien de portée stratégique.
Les Nouvelles du SEA - numéro 1 / 2011 11La diversité
des origines
Le recrutement, essentiellement en interne au ministère de la défense, est un atout
Officiers IME - Promotion 2009-2010 dans la mesure où il est une préfiguration des passerelles entre soutenus et soutenants
actuellement recherchées dans le cadre des réformes en cours.
Le recrutement des ingénieurs militaires des essences (IME) en particulier s’effectue
exclusivement en interne parmi les capitaines des armées diplômés ingénieurs. Compte
tenu des conditions de candidature, les IME ont un parcours d’au moins dix ans dans leur
armée ou direction d’origine. Ce flux permet un entretien aisé de la connaissance des milieux
à servir et constitue un débouché, certes étroit, pour une seconde carrière sous l’uniforme.
Recrutés en interne pour les deux tiers en moyenne, les officiers du corps technique et
administratif (OCTA) contribuent également à asseoir l’esprit interarmées nécessaire à
l’intégration naturelle du Service au sein des forces en toutes circonstances. L’apport est
complété à hauteur du tiers restant par un recrutement externe de jeunes officiers dont
le parcours universitaire permet d’armer une majorité des postes de filières spécialisées
appuyant le cœur de métier.
Effectifs officiers :
238 dont 63 IME et 175 OCTA Au MinDef et hors SEA : 14
Au SEA : 214 Hors MinDef : 10
On ne renie pas ses origines
Jérôme Lafitte - Base Dijon C’est en 1998 que j’ai choisi de rejoindre le SEA après une
première partie de ma carrière passée au sein de l’armée de
l’air. Officier mécanicien, j’avais occupé un poste en escadron
(2/2 Côte d’Or), effectué un cursus EMSST (enseignement
militaire supérieur) en recherche opérationnelle au sein de
l’ENSTA et mis cette formation à profit au sein de l’état–
major de l’armé de l’air. Je terminais à cette époque le cycle
du CPC (cycle au perfectionnement au commandement) et
m’interrogeais sérieusement sur mes opportunités de carrière
future dans l’armée de l’air ; c’est alors qu’un de mes camarades
de l’EMAA et un camarade de promotion ont postulé et intégré
le SEA, service que j’avais côtoyé lors de mon affectation
en escadron mais que je connaissais finalement très peu.
Renseignements pris, je découvris un service à taille humaine, au
professionnalisme reconnu qui proposait un cursus d’ingénieur
militaire dont la diversité des postes et des responsabilités
offertes m’attira immédiatement. Objectivement, le potentiel
de développement personnel et professionnel offert par le SEA
m’a d’emblée séduit. Les faits n’ont pas trahi cette première
impression puisque le Service m’a offert successivement un
emploi technique (laboratoire), un emploi opérationnel dans
l’exploitation qui m’a permis quelques aventures pétrolières
hors métropole, un poste de chef de bureau informatique,
une expérience fort enrichissante dans le domaine financier
et actuellement une ouverture plus affirmée sur les domaines
interarmées et interalliés au travers d’un poste d’officier de
liaison en état-major.
Au-delà du potentiel de carrière offert, le Service, riche de
la diversité de ses personnels, apporte une ouverture très
intéressante sur les autres armées. Au travers du prisme du
soutien pétrolier, nos horizons respectifs se sont élargis pour
aboutir à une vision plus globale et à une compréhension plus
affinée des problématiques de chaque armée.
IC1 Jérôme Lafitte
12 Les Nouvelles du SEA - numéro 1 / 2011De l’interarmes à l’interarmées
J’ai rejoint le SEA en 2006 par la voie du concours sur titres
après avoir servi dans l’armée de terre et avoir commandé une
compagnie d’approvisionnement dans l'arme du matériel. Mon
choix s’est porté sur le SEA car son caractère interarmées
et tourné vers le soutien des forces en opération, m’offrait
l’opportunité de poursuivre une 2e partie de carrière au sein
de l’institution, avec la possibilité d’accéder rapidement à des
postes à responsabilités aussi intéressants que divers et avec Eric Jaillard
une spécialité à fort pouvoir fédérateur. L’expérience de la
logistique en opération que j’ai acquise dans l’arme du matériel,
a été précieuse pour m’intégrer rapidement à un service
pétrolier qui est une véritable spécificité française, passant d’une
Envie de logistique opérationnelle
culture interarmes à un mode de fonctionnement parfaitement Après presque 6 belles et riches années passées en Allemagne
interarmées. dans une unité mixte de la Brigade franco-allemande, j’ai eu
Naegellen Roy le bonheur d’intégrer l’École militaire du corps technique et
L’interarmées devient très vite un impératif et une réalité
administratif en 1995.
concrète au SEA où la notion de service est ancrée et sa qualité
est conditionnée par la bonne connaissance des armées que Cette promotion m’obligeait à faire le choix d’une nouvelle
nous soutenons. « branche professionnelle ». Je souhaitais cependant ne pas
laisser derrière moi mes motivations premières : servir au plus
J’ai pu me rendre compte lors des travaux que j’ai pu conduire
près des opérations, la volonté de détenir des responsabilités
aussi bien sur l’ensemble des théâtres d’opérations qu’au sein
de commandement et enfin exercer un métier technique et
des états-majors français ou internationaux, combien la fonction
logistique. Mon choix pour le Service des essences des armées
pétrolière devait être comprise et répondre en permanence aux
s’est donc fait facilement sur ces critères.
besoins des forces.
L’ouverture à l’international de mes premières années
allemandes s’est rapidement élargie à d’autres horizons,
IC2 Olivier Naegellen Roy
souvent maritimes et aériens avec d’une part l’opportunité de
servir en opération extérieure, et puis surtout des affectations
dans des univers variés en interarmées.
Comme beaucoup d’officiers du SEA de ma génération, les
Balkans ont été le lieu de nos premières armes en opération
avec des expériences fortes comme un poste de chef de section
exploitation au Kosovo en 1999 : l’installation du dépôt de
l’APOD de Pristina, la réception du premier train de gazole à la
gare de Teretna…
Les opérations extérieures ont également été l’opportunité
d’exercer pleinement des responsabilités : chef de détachement en
Bosnie et enfin adjoint interarmées de soutien pétrolier au Tchad.
Enfin, la vocation interarmées du SEA, je l’ai vécue clairement dans
mes différentes affectations : chef du dépôt essences aéronaval
de Lann-Bihoué et pour finir officier de liaison du SEA à l’État
major opérationnel–Air. Ces postes m’ont donné la possibilité
d’appréhender tant au quotidien qu’en exercice ou en opération les
attentes en termes de soutien pétrolier de nos différents clients.
IC1 Ferré
CDT Eric Jaillard
Journal de bord d’un ex-marin reconverti
J’ai passé la moitié de ma vie professionnelle dans la marine, l’autre au sein du Service des essences des armées. J’ai trouvé au SEA
ce que je suis venu chercher : l’opportunité de redémarrer une carrière dans la continuité de mon expérience et de mon ancienneté, en
réorientant mon activité dans le domaine du service aux forces. Certes, le challenge expose moins aux ors de la république mais il apporte
d’autres satisfactions tout aussi gratifiantes.
En premier lieu, la maison est petite, elle n’a donc pas d’autre choix que de vous exposer rapidement à de vraies responsabilités.
En outre, on n’oublie pas votre passé : l’expertise d’une vie antérieure est exploitée dès que nécessaire, ce qui ajoute encore à
votre reconnaissance. Quoi de plus mobilisant en effet que d’échanger avec un sapeur ou un mécanicien d’armes sur les concepts
logistiques. L’évolution constante des structures fait de chaque expérience et des réseaux personnels des apports précieux, et le
Service sait en user. Par exemple, l’intégration des dépôts pétroliers de la marine au Service des essences m’a permis d’exposer et
donc de faire prendre en compte, de la meilleure façon possible, les contraintes du milieu maritime et ses implications sur le soutien.
Aujourd’hui, la voie est inéluctablement interarmées. Rares sont ceux à douter encore de ses vertus tant économiques
qu’opérationnelles. Le chemin est maintenant tracé et le sens est unique.
Le Service des essences s’inscrit pleinement dans cette perspective car il est, par nature et par obligation, interarmées. Son efficacité
opérationnelle est désormais reconnue, elle s’étend même au-delà du périmètre militaire français. Chacun d’entre nous sait, sentiment
rare au sein des armées, qu’il a œuvré pour cette reconnaissance ; charge à tous de maintenir, voire d’accroître cette notoriété.
IC1 Jean-Charles Ferré
Les Nouvelles du SEA - numéro 1 / 2011 13La formation
Le but principalement recherché dans la formation des officiers est de doter le SEA de cadres polyvalents. Ils doivent
tous être aptes à tenir des postes pétroliers permettant de répondre au contrat opérationnel du Service, tout en
occupant en métropole ou outremer des postes de commandement, de management ou à vocation technique ou
administrative.
Le SEA s’appuie dans la mesure du possible sur l’externalisation. Pour les IME, eu égard au parcours déjà réalisé dans
les armées, il s’agit d’une formation de spécialisation conduite en deux temps :
un premier temps à l’école nationale supérieure du pétrole des moteurs pour l’obtention d’un diplôme d’ingénieur soit
dans la filière moteur et utilisation des hydrocarbures, soit dans la filière économie pétrolière ;
un deuxième temps conduit par la base pétrolière interarmées (BPIA) et visant la connaissance du Service et les
applications spécifiques au soutien pétrolier de la défense avec une étude concrète débouchant en fin de parcours
sur l’obtention du brevet technique.
Pour les OCTA, le SEA s’appuie sur l’EMCTA1 des écoles de Coëtquidan pour la formation initiale. La formation de
spécialité est ensuite assurée par la BPIA dont le partenariat avec l’université de Nancy-Lunéville permet d’offrir une
formation valorisante par l’obtention de diplômes reconnus dans le monde civil.
Au bilan, ces formations permettent une intégration rapide des impétrants dans le soutien pétrolier du ministère. La
capacité immédiate à assumer des responsabilités de bon niveau dès la sortie d’école est facilitée par l’acculturation
au monde de la profession pétrolière, le fil conducteur de ces parcours.
Maintien en condition opérationnelle
14 Les Nouvelles du SEA - numéro 1 / 2011Recensement d'un bac
[Les ingénieurs
militaires des
essences]
Le corps des ingénieurs militaires des essences est le corps
de direction du SEA et comporte une soixantaine d’officiers,
principalement recrutés sur titres parmi les capitaines des
trois armées et de la direction générale de l’armement titulaires
d’un diplôme d’ingénieur délivré par une école agréée ou sur
épreuves pour les autres officiers.
Après deux années de formation, dont une passée à l’école
nationale supérieure du pétrole et des moteurs (ENSPM ou
IFP School2), les ingénieurs principaux (grade équivalent à celui
de commandant), obtiennent le brevet technique. Ils occupent
comme premiers emplois au SEA des fonctions de rédacteurs
puis de chefs de section en administration centrale, ou bien
des postes opérationnels au sein des échelons de proximité
(EPEE) ou au commandement de planification et de conduite
des opérations (CPCO). Ils peuvent aussi accéder à des postes
techniques au laboratoire du SEA, à la direction de l’exploitation
et de la logistique pétrolières interarmées (DELPIA) ou à la base
pétrolière interarmées. En tant qu’ingénieurs principaux, ils
sont projetés au moins une fois en opération extérieure comme
adjoint interarmées du soutien pétrolier.
Par la suite, ils occuperont en tant qu’ingénieurs en chef, des
postes de direction au sein des organismes du SEA : chefs
de détachement outremer ou à l’étranger, chefs de bureaux
à la direction centrale, officiers de liaison du SEA auprès des
états-majors nationaux ou internationaux (OTAN) puis de sous-
directeurs en direction centrale, sous-directeurs à la DELPIA,
directeur du LSEA ou de la base pétrolière interarmées (BPIA).
Ils peuvent également être détachés dans des organismes
pétroliers civils ou militaires (société Trapil, direction générale
de l’énergie et du climat, agence des pipelines de l’OTAN, etc.)
Ayant une bonne connaissance interarmées de par leurs origines
et leurs emplois, les IME mènent des carrières riches et variées,
occupant successivement des postes de commandement
ou de management dans des domaines tels que la logistique
opérationnelle, les techniques pétrolières (produits pétroliers,
infrastructure, équipement, prévention) ou des domaines plus
généraux (ressources humaines, finances, contrôle de gestion).
1
EMCTA : Ecole Militaire du Corps Technique et Administratif Formation au jaugeage
2
IFP : Institut Français du Pétrole
Les Nouvelles du SEA - numéro 1 / 2011 15Instructions sur l'utilisation des groupes moto-pompes
(ici un GMP 60 m3/heure sur remorque)
[Les officiers du corps
technique et administratif]
Les officiers du corps technique et administratif du SEA sont meilleurs d’entre eux), des postes à responsabilité au sein
recrutés sur concours par voie directe (niveau bac+3) et semi- des différents organismes du SEA. Ils choisissent soit de se
directe parmi les sous-officiers des armées et services titulaires spécialiser dans des domaines techniques pointus (exploitation
d’un baccalauréat. pétrolière, marchés pétroliers, ressources humaines,
Après deux années de formation (formation militaire générale infrastructure, équipement...) ou bien de poursuivre leur carrière
puis formation spécialisée et technique pétrolière), les jeunes dans le domaine de la logistique pétrolière opérationnelle, tout
lieutenants occupent des fonctions de chef de section à la en restant, comme leurs camarades IME, projetables au sein
BPIA, de chef de dépôts pétroliers (dépôts essences air, ALAT des états-majors interarmées en OPEX.
ou aéronaval), ou d’adjoint au sein de plus gros établissements Cadres de contact du SEA et souvent éloignés géographiquement
(centres de ravitaillement des essences et dépôts essences de leurs chefs directs, les OCTA acquièrent rapidement une très
marine). Ils sont projetés environ tous les 3 ans comme adjoint large autonomie dans de nombreux domaines d’activité. Alternant
puis chef de détachement pétrolier sur les théâtres d’opérations des postes de commandement en dépôt ou à la BPIA et des
extérieures. fonctions spécialisées et de management au sein des directions,
Ils occupent ensuite, en fonction de leur formation et de leur ils mènent des carrières variées et attractives avec également
cursus (diplôme technique puis brevet technique pour les l’opportunité de servir en détachement à l’extérieur du Service.
Installation des cuvettes de rétention
16 Les Nouvelles du SEA - numéro 1 / 2011[Les cursus]
Parcours IME
Parcours OCTA
Les Nouvelles du SEA - numéro 1 / 2011 17Des filières
spécialisées
Tous les officiers du SEA sont destinés à la base à exercer des responsabilités dans le soutien pétrolier, notamment
dans un cadre opérationnel. Certains, en fonction de leur parcours universitaire ou professionnel antérieur, peuvent
être orientés dans des filières spécialisées indispensables à la cohérence de l’ensemble par l’appui direct apporté
à la fonction soutien pétrolier : administration, infrastructure, équipement... La valorisation de ces fonctions donne
notamment aux officiers du corps technique et administratif qui en sont les principaux acteurs, des perspectives de
carrière intéressantes et de progression dans ces filières « métiers ». Elle s’inscrit dans une politique de spécialisation
de cadres acculturés à la logistique pétrolière par leur formation initiale et leur pratique du milieu dans leur première
affectation. Cette politique est le prolongement naturel de l’approche globale que le SEA adopte dans le développement
de la fonction soutien pétrolier.
Il maintient à cet effet au sein de ces filières un cursus de carrière pour cadre de haut niveau en direction centrale
et à la DELPIA. En particulier, les postes de chef de section (DCSEA) et de bureau (DELPIA) sont réservés aux cadres
militaires qui, par leur sensibilité « opérationnelle », savent privilégier, quand le contexte l’exige, les aspects d’efficacité
aux aspects purement techniques et administratifs. La proximité des différentes chaînes et la compréhension mutuelle
des enjeux que facilite la spécialisation commune pétrolière favorisent la cohérence de l’ensemble.
Mais spécialisé ou pas, l’officier du SEA reste en premier lieu mobilisable pour sa fonction d’origine : le soutien pétrolier
opérationnel pour lequel il est périodiquement entraîné.
[L’infrastructure
pétrolière n’a plus
de secret pour lui…]
Service constructeur pour les installations nécessaires à son exploitation
pétrolière, le SEA dispose d’une chaîne d’expertise complète qui maîtrise
les techniques de la construction pétrolière et réalise les travaux
correspondants. Pour cela, le SEA s’appuie sur un effectif parfaitement
qualifié dont la culture pétrolière, acquise en formation mais aussi sur
le terrain, lui permet de trouver une réponse technique adaptée aux
besoins de l’exploitant, en adéquation avec les exigences technologiques
et réglementaires du moment.
La mise en oeuvre d’une politique de gestion du risque technologique,
articulée autour de l’exploitant et pilotée au niveau central, permet, de
surcroît, de parfaire les installations pétrolières afin de contribuer à la
maîtrise du risque industriel. La force du SEA dans ce domaine est la
maîtrise totale du processus : de l’expression du besoin à l’exploitation
des installations en passant par la conception-réalisation et l’entretien.
Atelier NTI3 CSLSEA Cette maîtrise de tous les instants qui s’inscrit dans le cadre d’une
démarche d’amélioration continue, responsabilise chaque acteur et
permet de capitaliser le retour d’expérience. Elle contribue ainsi à
CDT Olivier Roussel atteindre un haut niveau d’expertise, entretenu par des liens permanents
avec le tissu scientifique et industriel, qui permet au SEA, en cas de
nécessité, d’apporter tout le conseil et l’assistance nécessaires aux
commandements qui le souhaiteraient.
Concevoir, construire, entretenir l’infrastructure au quotidien donne
donc aux acteurs de l’infrastructure SEA les savoir-faire et l’expérience
nécessaires pour tendre vers le niveau de qualité souhaité et exigé.
Cette expérience et ces acquis permettent dès lors au SEA d’intervenir
rapidement sur tous les théâtres d’opérations extérieures par la mise
en œuvre de solutions originales et adaptées aux besoins du soutien
pétrolier des forces (Confère article construction pipeline).
CDT Olivier Roussel
18 Les Nouvelles du SEA - numéro 1 / 2011Vous pouvez aussi lire