Projet de Paysage Aménagement et Urbanisme - Les nouveaux paysages de l'énergie solaire Mémoire fin d'études, soutenu le 21/06/19 - hypotheses.org
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2019 Directeur de mémoire : Jean-Noël CONSALES Etudiante : Adeline MOULY Les nouveaux paysages de l’énergie solaire [Mémoire fin d’études, soutenu le 21/06/19] Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional – Aix-en-Provence Projet de Paysage Aménagement et Urbanisme
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Illustration de couverture :
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Figure 1 : Parc photovoltaïque à Tavernes (Auteur : Adeline Mouly)
Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional d’Aix-en-Provence
Projet de Paysage Aménagement et UrbanismeRemerciements
Ce mémoire est le résultat d’une réflexion établie sur plusieurs mois, depuis mon arrivée en PACA en
août 2018, jusqu’au stage de fin d’études au sein du service développement photovoltaïque de
l’entreprise ENGIE Green. La majorité de ce travail a été réalisé en parallèle des cours grâce aux
lectures qui m’ont permis de m’immerger dans le monde de l’énergie et d’en acquérir le vocabulaire.
Les visites de sites, avant et pendant mon stage, m’ont permis de confronter mes idées à la réalité du
terrain. Par la suite, le stage m’a permis de donner une vision plus objective et concrète à mes écrits.
Néanmoins, un regret persiste dans le fait de ne pas avoir pu profiter davantage de mon expérience
au sein d’ENGIE Green pour donner une vision plus approfondie à la réflexion entamée dans ce
travail.
En outre, diverses personnes m’ont ainsi accompagné tout au long de ce mémoire.
Je tiens donc à remercier Jean-Noel Conzales et Benoit Romeyer, enseignants à l’Institut d’Urbanisme
et d’Aménagement Régional d’Aix-en-Provence, pour leurs conseils et leur soutien lors de cette
année.
Je remercie également Joris Masafont, doctorant à l’Ecole Nationale Supérieure de Paysage de
Marseille pour son regard avisé et ses encouragements lors de ces derniers mois.
Je remercie enfin mes collègues de l’équipe de développement photovoltaïque ENGIE Green à
Rousset, pour l’accueil, la sympathie, le temps et la pédagogie qu’ils me portent.
Merci à Aline, Céline, Julien, Laurent, Ludmila, Olivier, Romain et Vincent.
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Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional d’Aix-en-Provence
Projet de Paysage Aménagement et UrbanismeListe des abréviations
ABF = architecte des bâtiments de France, a pour mission de veiller à l’application des législations sur
l’architecture, les sites, les monuments historiques et leurs abords.
Ademe = Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie
AIE = Agence internationale de l'énergie
CDNPS = Commission Départementale de la Nature, des Paysages et des Sites
EBC = Espace Boisé Classé
EnR = Energies renouvelables
EPCI = Établissement public de coopération intercommunale
GES = Gaz à effet de serre
Ktep = Kilo tonne d’équivalent pétrole
KWh = kilowatt-heure
Mtep = Million de tonnes équivalent pétrole
MW = Mégawatt
MWc = Mégawatt crête
ONG = Organisation non gouvernementale
ONU = Organisations des Nations unies
PC = Permis de Construire
PCAET = Plan Climat Air Energie Territorial
PCET = Plan climat énergie territorial
PIB = Produit intérieur brut
PLU = Plan local d’urbanisme
PNR = Parc Naturel Régional
PNUE = Programme des Nations unies pour l'environnement
POPE = Programmation fixant les Orientations de la Politique Énergétique
PPE = Programmation pluriannuelle de l’énergie
PPI = Programmation pluriannuelle des investissements
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RUP = Région ultrapériphérique
Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional d’Aix-en-Provence
Projet de Paysage Aménagement et UrbanismeSAR = Schéma d’aménagement régional
SCOT = Schéma de cohérence territoriale
SRCAE = Schéma Régional Climat Air Energie
SRE = Schéma régional éolien
UE = Union européenne
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Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional d’Aix-en-Provence
Projet de Paysage Aménagement et UrbanismeContenu
Remerciements...................................................................................................................................................................... 2
Liste des abréviations ......................................................................................................................................................... 3
Introduction............................................................................................................................................................................ 7
La transition énergétique, concept clef pour un futur soutenable ... 8
1/ Un modèle énergétique instable et nuisible ........................................................................................................ 8
a/ Un système basé sur le fossile à l’origine d’un avenir incertain ............................................. 8
b/ L’évolution du climat, problématique fondamentale dans le développement des sociétés....10
c/ Vers un changement de modèle nécessaire ........................................................................12
2/ Une transition énergétique multi-scalaire......................................................................................................... 14
a/ Un accord international indispensable menée par une Europe moteur ................................14
b/ Un engagement national fort pour une politique énergétique .............................................16
c/ La montée en puissance des autorités locales et des territoires ...........................................18
3/ Les énergies renouvelables au cœur de la transition énergétique........................................................... 20
a/ Des énergies produites à partir de ressources naturelles.....................................................20
b/ Les filières renouvelables vertueuses mais pas sans inconvénients ......................................22
c/ La situation en France .......................................................................................................24
Les nouveaux paysages de l’énergie ................................................... 26
1/ Les énergies renouvelables liées au paysage .................................................................................................... 26
a/ La notion de paysage énergétique .....................................................................................26
b/ Des paysages énergétiques en transformation permanente ................................................28
c/ La prise en compte croissante du paysage dans les documents d’urbanisme ........................30
2/ L’énergie solaire : un fort potentiel mais pas sans contrainte ................................................................... 32
a/ Le photovoltaïque, une énergie qui s’est démocratisée .......................................................32
b/ Différentes implantations possibles ...................................................................................34
c/ Les centrales photovoltaïques au sol pour assurer un développement rapide de la filière .....36
3/ Les exigences à l’implantation de centrales photovoltaïques au sol....................................................... 38
a/ La difficile recherche de foncier .........................................................................................38
b/ L’élaboration des projets basée sur un temps long et la participation d’acteurs multiples.....40
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c/ Des projets impactant un bien commun : le paysage ...........................................................42
Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional d’Aix-en-Provence
Projet de Paysage Aménagement et UrbanismeLe projet de paysage, un levier possible pour les projets solaires .. 44
1/ Le paysage, une prise en compte informelle, passée au second plan..................................................... 44
a/ Des enjeux de biodiversité traduits par des zonages environnementaux contraignants.........44
b/ Les projets solaires pas destinés à utiliser les territoires agricoles........................................46
c/ Des paysages de plus en plus impactés pourtant pas déterminants dans le choix des sites ....48
2/ Vers une conception positive .................................................................................................................................. 50
a/ Approche dynamique ........................................................................................................50
b/ Approche visuelle .............................................................................................................52
c/ Approche sociale...............................................................................................................54
3/ Retour sur expérience de trois parcs photovoltaïques en PACA............................................................... 55
a/ Charleval : un projet en continuité urbaine (Bouches-du-Rhône) .........................................56
b/ Gréoux-les-Bains : un projet en milieu naturel boisé (Alpes de Haute Provence)...................58
c/ La Verdière : un projet en frange périurbaine (Var) .............................................................62
Conclusion :.......................................................................................................................................................................... 65
Tableau des figures........................................................................................................................................................... 68
Bibliographie ....................................................................................................................................................................... 70
Annexe ................................................................................................................................................................................... 72
Mieux comprendre l’évolution du photovoltaïque : des conditions de financement de moins en
moins avantageuses..............................................................................................................72
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Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional d’Aix-en-Provence
Projet de Paysage Aménagement et UrbanismeIntroduction
La transition énergétique est une formule récente. En France, elle émerge dans le débat
public à la suite du Grenelle de l’environnement et a abouti en août 2015 à une loi nommée
« transition énergétique pour la croissance verte ».
Le principe de base est le passage du système énergétique actuel utilisant des ressources
non renouvelables vers un bouquet énergétique basé sur des ressources renouvelables.
Cette d’efficacité énergétique passe notamment par la diversification des sources d’énergie
via la promotion d’un « mix énergétique » et par l’exploitation de ressources naturelles telles
que le soleil, la terre, le vent ou encore les ressources en eau. Ces énergies constituent une
richesse redécouverte pour de nombreux territoires en perte d’attractivité, notamment en
zone rurale.
En PACA, le taux d’ensoleillement exceptionnel a permis la réalisation de nombreuses
centrales photovoltaïques au sol. Leur développement particulièrement rapide pendant les
années 2000, a subi un ralentissement en 2010 avec l’apport d’une règlementation plus
contraignante et plus réfléchie, posant notamment la question du paysage.
En effet, cette transition énergétique engage de fait une transition paysagère. Elle
transforme profondément le paysage tel qu’il est vu et vécu par les habitants, touristes et
divers acteurs du territoire. Elle met en jeu non seulement le cadre de vie, mais aussi les
modes de vie. Ainsi, le paysage au même titre que la biodiversité, ou l’environnement est
une composante essentielle de ce changement. Et pourtant, il est plus souvent question de
géographique, de technique, ou même de politique, que directement de paysage…
A ce titre, quelle est la place faite au paysage dans la transition énergétique ?
Comment anticiper l’impact paysager des projets solaires et notamment en
PACA avec l’implantation croissante des centrales photovoltaïques au sol ?
La thématique de ce mémoire sera donc d’exposer plus finement les bases de la transition
énergétique afin de comprendre ce qui motivent l’implantation croissante de centrales
photovoltaïques. Mais surtout, il s’agira de saisir le lien entre l’insertion de ces espaces
industrialisés et le projet de paysage. Ainsi, dans un premier temps, nous essaierons de
comprendre les enjeux, les objectifs et les politiques de la transition énergétique aux
différentes échelles. Puis, nous définirons la notion de paysage énergétique ainsi que les
diverses dynamiques et contraintes liées à l’énergie photovoltaïque. Enfin, nous nous
7
intéresserons au photovoltaïque au sol en PACA et appliquerons une démarche multiscalaire
Page
de « conception positive » pour analyser trois études de cas.
Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional d’Aix-en-Provence
Projet de Paysage Aménagement et UrbanismeLa transition énergétique, concept clef pour un futur
soutenable
1/ Un modèle énergétique instable et nuisible
a/ Un système basé sur le fossile à l’origine d’un avenir incertain
Les progrès que l’humanité a connu durant les - Une extraction généralement difficile et de
deux derniers siècles n’auraient jamais eu lieu ce fait, plus coûteuse (les gisements les plus
sans la découverte d’une source d’énergie qui faciles d’accès ont déjà été exploités)
est celle de la combustion des énergies
- Une inadéquation entre les zones de
fossiles. Celle-ci est produite à partir de
composés issus de la décomposition production et les zones de consommation, ce
qui implique la dépendance des pays
sédimentaire des matières organiques,
principalement composée de carbone. consommateurs envers les pays producteurs,
un risque de tensions géopolitiques et une
En effet, notre modèle de consommation insécurité sur l'approvisionnement 2
actuel repose essentiellement sur l’usage des
énergies non renouvelables que sont le L’Histoire de l’énergie a été fortement
pétrole, le gaz, le charbon et l’uranium. De marquée par des chocs brutaux tels que des
hausses de prix du pétrole, des accidents
plus, ces ressources présentent de nombreux
avantages : elles sont peu coûteuses, et nucléaires, ainsi que des ruptures
surtout, abondantes et facilement d’approvisionnement en gaz et en électricité.
exploitables. Cependant, les réserves Le « premier choc pétrolier » s’est structuré
d’énergies fossiles sont polluantes et en 1973 lorsque les États producteurs du
monde arabe annoncèrent un embargo contre
deviennent de plus en plus limitées. « Une
grande partie de l’énergie utilisée aujourd’hui les pays soutenant Israël. En un an, le prix du
baril fut multiplié par quatre. La révolution
dans le monde (plus de 80 %) provient de
gisements combustibles fossiles (charbon 28.1 iranienne en 1978 puis la guerre Iran-Irak en
%, pétrole 31.7 %, gaz 21.6 %) ou d’uranium 1980 provoquèrent le « deuxième choc
(4.9 %). » 1 Ces gisements qui se sont pétrolier », avec un doublement du prix.
constitués au fil de l’évolution géologique sont Depuis ces évènements, le baril monte
progressivement. Outre l’instabilité des prix
épuisables et ont généré un contexte à la fois
d’urgence et d’incertitudes. des énergies fossiles, l’avenir de l’énergie
nucléaire reste lui aussi, incertain. Le nucléaire
Les gisements d’énergies fossiles ont par n’est pas une énergie inépuisable (mines
ailleurs d’autres caractéristiques qui d’uranium limitées) et pas une énergie propre
induisent : (production de déchets à impact négatif sur
l’environnement). Les avantages du nucléaire
(production énergétique continue, problème
1Article :
8
https://www.connaissancedesenergies.org/les - 2Article : http://www.notre-
Page
chiffres-cles-de-lenergie-dans-le-monde-170926 planete.info/ecologie/energie/
Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional d’Aix-en-Provence
Projet de Paysage Aménagement et Urbanismedu réchauffement global réduit…) ont été suivantes pour le démantèlement des
remis en cause par le risque d’accident installations nucléaires et le stockage des
réévalué depuis Fukushima en 2011 (faisant déchets radioactifs.
suite à celui de Tchernobyl en 1986), par la
hausse des coûts des nouvelles centrales ainsi
que par les coûts légués aux générations
9
Figure 2 : Répartition de la consommation mondiale d'énergie primaire en 2015 (source : Connaissance des
Page
Énergies, https://www.connaissancedesenergies.org/les-chiffres-cles-de-lenergie-dans-le-monde-170926)
Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional d’Aix-en-Provence
Projet de Paysage Aménagement et Urbanismeb/ L’évolution du climat, problématique fondamentale dans le
développement des sociétés
Selon les projections de 2050, la population l’augmentation de la population mondiale et
mondiale qui s’élève actuellement à 7,6 celle de la consommation énergétique. Quand
milliards devrait atteindre 8,6 milliards en ils brûlent, tous les combustibles fossiles, tels
2030, 9,8 milliards en 2050 et 11,2 milliards en que le charbon, le pétrole et le gaz naturel
2100. 3 Les nouvelles projections incluent des produisent des polluants. Certains de ces
chiffres significatifs pour les pays émergents. polluants, comme l’anhydride carbonique ou
La Chine (avec 1,4 milliard d’habitants) et gaz carbonique, agissent comme une
l’Inde (1,3 milliard d’habitants) restent les couverture chauffante autour de notre
deux pays les plus peuplés, représentant planète et provoquent ce que l’on appelle l’
respectivement 19% et 18% de la population «effet de serre». L’atmosphère retient plus
mondiale totale.4 d’énergie, provoquant ainsi une augmentation
La consommation d’énergie par habitant dans des températures sur la terre. Les émissions
ces pays aura peu à peu triplé. Rappelons le de dioxyde de carbone (CO2) dues à l'énergie
fait que l’énergie ne soit pas à la portée de en 2017 sont estimées à 36,8 milliards de
tout le monde. En effet, Une personne sur tonnes6, dont 41 %7 est due à la production
sept n’a pas accès à l’électricité dans le d’électricité liée à la combustion du charbon,
monde 5 et ne peut donc pas profiter du par le pétrole et par le gaz naturel.
confort, de la mobilité et de la productivité de
l’énergie moderne. Par ailleurs, d'après le 4e rapport du Groupe
En effet, la croissance de la consommation d'experts intergouvernemental sur l'évolution
sera en grande partie tirée par les pays du climat (GIEC), créée par l’Organisation des
émergents, dont certains, comme la Chine ou Nations Unies (ONU), "le réchauffement du
l’Inde, connaissent une croissance climat ne fait aucun doute et est désormais
économique très importante. Or, ces grands attesté par l'augmentation observée des
utilisent essentiellement des centrales à températures moyennes de l'air et de l'océan,
charbon pour produire leur électricité. la fonte généralisée de la neige et de la glace
et l'augmentation du niveau moyen de la
Les énergies actuellement exploitées génèrent mer". Ainsi, la température moyenne à la
dans leur grande majorité des conséquences surface du globe a déjà augmenté de + 1,1°C
environnementales et ce, en parallèle avec depuis l'époque préindustrielle. Ce
réchauffement climatique s’est imposé dans
3Rapport de l’ONU juin 2017, les années 90, comme une composante
https://www.un.org/development/des a/fr/new nouvelle de la problématique énergétique et,
s/population/world-population-prospects-
2017.html
6Article :
4Rapport de l’ONU juin 2017, https://www.planetoscope.com/co2/261-
https://www.un.org/development/des a/fr/new emissions-mondiales-de-co2-dans-l-
s/population/world-population-prospects- atmosphere.html
2017.html
7Article : https://www.planete-
5Article : https://www.inegalites.fr/Une- energies.com/fr/medias/decryptages/la-
10
personne-sur-sept-n-a-pas -acces -a-l-electricite- production-de-l-electricite-et-ses-emissions-de-
Page
dans-le-monde?id_theme=26 co2
Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional d’Aix-en-Provence
Projet de Paysage Aménagement et Urbanismedurant la décennie suivante, comme une
donnée cette fois majeure et incontournable.
Aujourd’hui, la trajectoire est mal engagée
pour limiter la hausse à 1.5°C d’ici 2100 8 .
Même si les Etats respectent leurs
engagements, ce qui n’est pour l’instant pas le
cas pour la majorité des pays, la planète se
réchaufferait d’au moins 3 °C d’ici à la fin du
siècle 9 provoquant une augmentation du
niveau de mers, des glaciers qui continueront
de fondre, des canicules et fortes
précipitations plus fréquentes, des cyclones
plus intenses, une biodiversité altérée et des
déplacements de populations importants
consécutifs aux sinistres.
Figure 3 : Anomalies observées des températures moyennes annuelles (1850-2012) (source : Guide pratique, Le changement climatique
en 10 questions, mai 2018, ADEME)
8D’après les objectifs de l’accord de Paris en
décembre 2015
9https://www.ecologique-
solidaire.gouv.fr/quil-faut-retenir-du-rapport-
11
du-giec-sur-rechauffement-climatique : résumé
Page
du rapport du GIEC, octobre 2018
Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional d’Aix-en-Provence
Projet de Paysage Aménagement et Urbanismec/ Vers un changement de modèle nécessaire
Les tendances actuelles impliquent de • La dépendance et la difficulté
réfléchir à des choix énergétiques, des formes d’approvisionnement liée aux énergies
de production, mais aussi des modes de épuisables (pétrole, gaz naturel, uranium…)
consommation différents. L’enjeu est double : • L’augmentation du coût de l’énergie (et
consommer moins d’énergie (sobriété) mais ainsi éviter la précarité énergétique)
aussi mieux (efficacité énergétique). Il faut • Les changements climatiques, provoqués
apprendre à partager, abandonner par les émissions de gaz à effet de serre
l’exploitation et la consommation abusive (GES) d’origine anthropique
pour revenir à des modes de vie plus réfléchis
quant à nos besoins en tant qu’humains de D’après le scénario négaWatt 12 , il apparaît
passage sur une terre qu’il convient de faire possible de diviser par deux la consommation
durer pour les générations futures. Sans plus d’énergie. Grâce aux principes de sobriété et
réfléchir, on use de four, machine à laver, d’efficacité, il est possible de diminuer
ordinateurs… On profite de ce confort significativement notre consommation
quotidien comme d’une évidence mais en d’énergie en priorisant les besoins essentiels
oubliant que ce sont des éléments de confort dans les usages individuels et collectifs de
récent, au point de parler aujourd’hui de l’énergie par des actions de sobriété (éteindre
« droit à l’énergie ». les vitrines et les bureaux inoccupés la nuit,
contenir l’étalement urbain, réduire les
La sobriété énergétique consiste à emballages, etc.) et en diminuant la quantité
questionner nos besoins puis agir à travers d’énergie nécessaire à la satisfaction d’un
nos habitudes et l’organisation collective sur même besoin grâce à l’efficacité énergétique
nos différents usages de l’énergie, pour (isoler les bâtiments, améliorer le rendement
privilégier les plus utiles, restreindre les plus des appareils électriques ou des véhicules...).
superflues et supprimer les plus nocives.10 Le
principe de sobriété, il consiste à réduire les La transition énergétique serait donc avant
besoins qui induisent des consommations tout une question sociale et sociétale
énergétiques. Par exemple, réduire les (changement des modes de vie et des modes
déplacements subis pour le travail, voire d’organisation des sociétés). En effet, nous ne
télétravailler. réduirons pas nos émissions de CO2 sans
consommer considérablement moins
Elle se distingue de l’efficacité énergétique qui d’énergie. Ces actions permettent alors
consiste à agir, essentiellement par des choix d’engager le processus du changement de
techniques en remontant de l’utilisation modèle de consommation, basé
jusqu’à la production, sur la quantité principalement sur la consommation accrue
d’énergie nécessaire pour satisfaire un service de ressources épuisables et polluantes.
énergétique donné. 11 Cette maîtrise de la
consommation d’énergie permettrait
notamment d’en réduire les impacts, dont
notamment :
12 Rapport de Nagawatt :
12
10 Données : https://negawatt.org/ https://negawatt.org/IMG/pdf/scenario-
Page
negawatt_2017-2050_essentiel-4pages.pdf
11 Données https://negawatt.org/
Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional d’Aix-en-Provence
Projet de Paysage Aménagement et Urbanisme13
Figure 4 : Illustration du caricaturiste Red ! (https://www.agirpourlenvironnement.org/campagne/arguments/1-ce-n-est-qu-un-debut-
Page
continuons-le-debat)
Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional d’Aix-en-Provence
Projet de Paysage Aménagement et Urbanisme2/ Une transition énergétique multi-scalaire
a/ Un accord international indispensable menée par une Europe moteur
Pour définir les moyens de stimuler le pas contraignant 13 et seuls 4 objectifs ont
développement durable au niveau mondial, enregistré « des progrès significatifs ».
quatre rencontres décennales appelées
L’ambition de la Conférence de Paris (COP 21)
Sommets de la Terre ont été organisées
depuis 1972 par l’ONU. Par ailleurs, les pays qui s’est tenue à Paris fin 2015 était
précisément de trouver un accord global qui
signataires de ce type de traité organisent,
une fois par an en général, une conférence soit juridiquement contraignant. L’objectif est
des parties (COP en anglais). de limiter à 2°C l’augmentation de la
température du globe par rapport au début de
Les premiers sommets de la Terre ont permis l’ère industrielle.
de poser les principes et de souligner
l’urgence à laquelle les pays sont confrontés, Au niveau européen, en 2008, la Commission
a présenté le « paquet Climat-Énergie », avec
notamment sur les questions écologiques.
Cependant, la plupart d’entre eux reste des ambitions claires et des objectifs chiffrés.
pauvre en termes de réalisation concrète. Les Son adoption fait de l’UE la première région
sommets suivants furent dédiés au au monde à s’être engagée en faveur
renouvellement de l'engagement en faveur du d’objectifs aussi ambitieux et à avoir mis en
place les mesures nécessaires à leur mise en
développement durable et la maîtrise des
GES. Ils précisent aussi que les pays œuvre. Il a pour objectif de permettre la
réalisation de l'objectif « 20-20-20 » : faire
industrialisés portent une responsabilité plus
importante sur la concentration de GES. Mais passer la part des énergies renouvelables dans
les observateurs du sommet parlent le mix énergétique européen à 20 % ; réduire
les émissions de CO2 des pays de l'UE de 20 %
davantage d'intentions que d'objectifs précis
et contraints. par rapport à 1990 ; accroître l'efficacité
énergétique de 20 % d'ici à 2020.
Adopté pendant la COP3 en 1997, le protocole
La partie de l’énergie provenant de sources
de Kyoto est le premier accord international
contraignant sur des engagements chiffrés de renouvelables dans la consommation finale
réduction des émissions de GES aux pays brute d’énergie a presque doublé au cours des
développés. Son ambition était de réduire de dernières années, passant d’environ 8,5 % en
5 % en moyenne les émissions globales par 2004 à 17,0 % en 2016 14. Elles doivent donc
être encore augmentées et cet objectif se voit
rapport au niveau de 1990, sur une période
allant de 2008 à 2012 et ce, pour l’ensemble
des signataires, selon la situation du pays. 13 Article :
http://www.connaissancedesenergies.org/fiche-
Afin de poursuivre les objectifs fixés pour la pedagogique/protocole-de-kyoto
période 2008-2012, une seconde période 14 Article :
d'engagement du protocole a été fixée lors de https://ec.europa.eu/euros tat/statistics-
14
la Conférence de Doha (COP 18) en décembre explained/index.php?title=Renewable_energy_st
Page
2012. Par ailleurs, l’accord n’est légalement atistics/fr
Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional d’Aix-en-Provence
Projet de Paysage Aménagement et Urbanismedésormais décliné sous forme d’objectifs Au-delà, la Commission Européenne a produit,
nationaux contraignants. Tous les États se en 2011, une feuille de route pour l’énergie à
voient ainsi imposer une augmentation de l’horizon 2050. Celle-ci présente les différents
5,75% des énergies renouvelables, le reste scénarios permettant de réaliser l'objectif de
étant modulé en fonction du Produit intérieur réduction de 80 à 95% des émissions de CO2
brut de chaque État, en vertu du principe de d'ici 2050 par rapport à 1990, tout en
solidarité. Selon ce procédé, en France, les renforçant la compétitivité de l’Europe et la
énergies renouvelables devront représenter sécurité de l'approvisionnement.
23% de la consommation totale d’énergie d’ici
2020. Au-delà, le « Winter Package », nouveau
paquet énergie de la Commission européenne
En 2014, la Commission européenne a adopté pour mettre en œuvre les accords de Paris,
une nouvelle série d'orientations en révisant donne des objectifs plus contraignants comme
son «Paquet Climat-Energie». L’objectif était encourager de façon prioritaire l’efficacité
de donner un cadre en matière de climat et énergétique, parvenir au premier rang
d'énergie à l'horizon 2030 : mondial dans le domaine des énergies
renouvelables, renforcer le pouvoir des
• une réduction d'au moins 40% des consommateurs…
émissions de GES par rapport au niveau de
1990 Avec l’adoption d’un « paquet Climat-Energie
» et d’une feuille de route à l’horizon 2050,
• une part d'au moins 27% d'énergies l’UE se place ainsi en position de pionnière,
renouvelables à atteindre au niveau sans attendre qu’une stratégie oriente
européen clairement les efforts mondiaux.
• l'amélioration de l'efficacité énergétique
de 27%.
15
Figure 5 : Cadre d'action en matière de climat et d'énergie à l'horizon 2030 - Grands objectifs fixés (source : https://www.cre.fr/La-CRE-dans-
Page
le-monde/En-Europe/Cadre-legislatif-europeen)
Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional d’Aix-en-Provence
Projet de Paysage Aménagement et Urbanismeb/ Un engagement national fort pour une politique énergétique
En France, les années 2000 marquent 2 », a été promulguée en 2010 17 et a décliné
l’apparition d’une nouvelle politique de manière claire les orientations du «
énergétique initiée par des directives Grenelle 1 ». Ces mesures mises en place
européennes sur l’ouverture des marchés et depuis 2008 ont d’ailleurs été reprises dans le
par la prise de conscience des enjeux plan d’action national en faveur des énergies
environnementaux. Elle est marquée par un renouvelables.
engagement fort de l’Etat. Concernant le
développement des énergies renouvelables, Après un débat national sur les interrogations
les objectifs ne cessent d’être modifiés au fil énergétiques, la loi relative à la transition
du temps, passant d’un objectif de satisfaction énergétique pour la croissance verte (TECV) a
ainsi été adoptée en 2015 18. Cette évolution
de 10% de nos besoins énergétiques à partir
d’énergies renouvelables dans la loi de 1995, à législative s’inscrit dans la lignée des actions
initiées depuis 2007 (Grenelle de
32% en 201515.
l’environnement et transposition du Paquet
Marquant le début de l’engagement officiel de Energie Climat européen qui fixaient les
la France dans une politique de soutien aux objectifs à 2020). Par ailleurs, la loi prolonge
énergies renouvelables, la loi POPE a été suivi et renforce les objectifs à une échéance plus
d’une concertation nationale dite « Grenelle poussée, à savoir 2030 et 2050. Les grands
de l’environnement » pour définir ensemble objectifs 19 de la loi sont de :
une politique environnementale et de
développement durable en France qui a • Réduire de 40 % des émissions de gaz à effet
permis d’effectuer la traduction nationale du de serre en 2030 par rapport à 1990.
20-20-20 européen en 2007. Cette • Diminuer de 30 % la consommation
concertation a rassemblé l'ensemble des d’énergies fossiles en 2030 par rapport à
acteurs (État, collectivités locales, entreprises, 2012.
organisations syndicales et associations) et a
été admise comme une première étape • Porter la part des énergies renouvelables à
majeure pour les décisions à venir en matière 32 % de la consommation énergétique finale
de développement durable sur le territoire d’énergie en 2030 et à 40 % de la production
national. Par la suite, un groupe de travail d’électricité.
s'est réuni et a établi un scénario de référence
• Réduire la consommation énergétique finale
pour atteindre l'objectif de 23% d’énergies
de 50 % en 2050 par rapport à 2012.
renouvelables dans la consommation totale
d'énergie finale 16 d’ici 2020. • Diminuer de 50 % le volume de déchets mis
en décharge à l’horizon 2050.
Par la suite, la loi portant engagement
national pour l’environnement, dite « Grenelle
17Dossier Climat Air et Energie, Chiffres-clés,
ADEME, 2018
15Dossier Climat Air et Energie, Chiffres-clés, 18Dossier Climat Air et Energie, Chiffres-clés,
ADEME, 2018 ADEME, 2018
16
16L'énergie finale est l'ensemble des énergies 19Dossier Climat Air et Energie, Chiffres-clés,
Page
délivrées prêtes à l'emploi à l'utilisateur final. ADEME, 2018
Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional d’Aix-en-Provence
Projet de Paysage Aménagement et Urbanisme• Diversifier la production d’électricité et première période de trois ans (2016-2018),
baisser à 50 % la part du nucléaire à l’horizon puis une seconde période de cinq ans (2019-
2025 2023). En tant que dispositif opérationnel
pour atteindre les objectifs définis par la loi, la
Ainsi, la décision du gouvernement est de ne PPE permet de diriger le système énergétique
plus dépendre entièrement du nucléaire mais du territoire français tout en tenant compte
de la conserver dans le mix énergétique. de l’évolution des techniques, du contexte
Objectif que va appuyer, en 2017,
économique, des enjeux sociaux et
l’établissement d’un nouveau Plan Climat pour environnementaux locaux. En outre, les PPE
atteindre la neutralité carbone à l’horizon contiennent des outils de conduite financière,
2050. en définissant notamment des enveloppes
Afin de décliner de façon concrète les choix de indicatives maximales de ressources publiques
la politique énergétique fixée par la loi, les mobilisables.
pouvoirs publics ont développé un outil : la
programmation pluriannuelle de l’énergie
(PPE). Cette première PPE va couvrir une
17Page
Figure 6 : Tableau récapitulatif des principaux textes de référence et objectifs (source : Dossier Climat Air et Energie, Chiffres-clés, ADEME, 2018)
Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional d’Aix-en-Provence
Projet de Paysage Aménagement et Urbanismec/ La montée en puissance des autorités locales et des territoires
Les autorités locales sont devenues des Les collectivités dont le nombre d’habitants
acteurs majeurs au niveau national, dans le est supérieur à 50.000, devaient rédiger un
cadre de la transition énergétique. Cette Plan Climat Energie Territorial (PCET), qui
échelle semble être au plus près des réalités, permettait de définir les objectifs stratégiques
faisant le lien entre les objectifs nationaux et et opérationnels de la collectivité afin
le citoyen-consommateur. d'affaiblir et de lutter efficacement contre le
réchauffement climatique, tout en proposant
L’intégration des collectivités territoriales au un programme d’actions. Ils doivent être
développement des énergies de sources
compatibles avec les SRCAE.
renouvelables est devenue une nécessité face
au pouvoir centralisé. Elles ont donc pris des La loi relative à la transition énergétique pour
compétences dans quatre domaines relatifs à la croissance verte actualise les PCET par la
l’énergie : la concession du service public de mise en place du Plan Climat Air Energie
distribution d’énergie, la production Territorial (PCAET). Ce dernier est porté par
d’énergies de sources renouvelables, les intercommunalités de plus de 20 000
l’aménagement du territoire et la habitants. Cette réduction d’échelle pourra
sensibilisation. permettre d’avoir une approche précise sur
des territoires plus réduits afin de développer
Déjà engagées dans les économies d'énergie un programme d’actions spécifiques.
et les réseaux de distribution de l'énergie en
collaboration avec d’autres acteurs, les Plus récemment, en 2015, la loi NOTRe (loi
collectivités sont en plus intégrées à la portant une nouvelle organisation territoriale
planification du développement des énergies de la République) cible et renforce le rôle
renouvelables, voire à la production d'énergie. planificateur de l’institution régionale, en
Depuis la loi Grenelle 2, chaque région doit créant le Schéma Régional d’Aménagement,
avoir un Schéma Régional du Climat, de l’Air et de Développement Durable et d’Egalité des
de l’Energie (SRCAE) en collaboration avec Territoires, le SRADDET. Ce document
l’Etat. Ce schéma permet de dresser un état d’orientation est chargé d’organiser la
des lieux régional à travers un bilan stratégie régionale à moyen et long termes
énergétique et doit définir, à partir de cet état (2030 et 2050). Il fusionne plusieurs
des lieux, des objectifs qualitatifs, quantitatifs documents sectoriels ou schémas existants
et des orientations aux horizons 2020 et 2050, dont le SRCE et le SRCAE. Les régions
notamment concernant le développement des paraissent correspondre à l’échelle de
énergies renouvelables, le contrôle des décentralisation adéquate au développement
consommations énergétiques, la réduction de ces énergies, mais toujours sous l’influence
des émissions de GES. La loi Grenelle 2 précise de l’Etat, qui conserve son rôle de garant de la
par ailleurs qu’un Schéma Régional Eolien bonne mise en œuvre de cette politique. Il
(SRE) doit être annexé aux SRCAE. Le SRE est apparait en effet que l’intervention du préfet
un outil régional de promotion du dans le contrôle de la gestion locale de la
développement de l’énergie éolienne et a politique énergétique soit omniprésente.
pour mission d’indiquer les secteurs Toutefois, de nouvelles initiatives prises à
18
géographiques qui apparaissent les plus l’échelle de collectivités plus locales
adaptés à l'implantation de ce type permettent de développer des projets plus
Page
d'installation. décentralisés.
Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional d’Aix-en-Provence
Projet de Paysage Aménagement et UrbanismeEn outre, il apparaît que les collectivités ce document le premier outil des collectivités
réunissent davantage de compétences dans le locales sur le sujet, devant le Plan Climat-
domaine des énergies renouvelables, au sein Energie Territorial.
des Plans Locaux d’Urbanisme (PLU) et des
Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT). Elles D’autres dispositifs permettent aux
ont dorénavant la possibilité de définir dans collectivités et aux territoires d’agir plus
leurs documents d’urbanisme des secteurs localement pour mettre en marche la
transition énergétique. Par exemple, la loi de
dans lesquels les constructions nouvelles
devront respecter des performances transition énergétique permet aux
énergétiques et environnementales collectivités (communes, départements et
consolidées. Cependant, si l’état des lieux et régions) d’entrer au capital de sociétés
les intentions sont bien présents au niveau du anonymes dont le but est la production
d’énergies renouvelables sur leur territoire.
diagnostic et du projet d’aménagement et de
développement durable, il est encore rare de Pour agir localement, ces collectivités peuvent
s’intégrer dans des Sociétés d’Economie Mixte
retrouver leur transcription dans les volets
réglementaires. Pourtant, 70% 20 des (SEM) ou encore des Sociétés Publiques
communes citent le PLU parmi les outils Locales (SPL) afin de pouvoir être acteur au
utilisés pour mener une politique de lutte niveau local.
contre le changement climatique, faisant de
19
20Source : enquête Gazette des communes,
Page
2015
Figure 7 : Schéma explicatif des relations entre les principaux documents de référence des énergies renouvelables (source :
http://outil-cactus.parc-golfe-morbihan.bzh/niveaux-national-et-regional/)
Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional d’Aix-en-Provence
Projet de Paysage Aménagement et Urbanisme3/ Les énergies renouvelables au cœur de la transition énergétique
a/ Des énergies produites à partir de ressources naturelles
Les énergies renouvelables sont toutes les • L’énergie éolienne
ressources « illimitées » de la planète. Leur
renouvellement naturel est assez rapide pour Une éolienne est un dispositif qui permet de
qu'elles puissent être considérées comme convertir l’énergie cinétique du vent en
inépuisables car elles sont issues directement énergie mécanique. Cette énergie est alors
de phénomènes naturels, réguliers ou transformée en électricité.
constants. Elles constituent ainsi des solutions Elle permet d’électrifier des sites isolés
nouvelles à exploiter. géographiquement sans consommer
Fournies par le soleil, le vent, la chaleur de la beaucoup d’espace. Mais, leur impact sur
terre, les chutes d’eau, les marées ou encore l’environnement et surtout visuel est
la croissance des végétaux, les énergies discutable. En outre, leur rendement dépend
renouvelables sont au cœur de la transition totalement du vent et de son intensité.
énergétique. En effet, outre le fait que ces - L’énergie de biomasse
énergies se renouvellent rapidement ou
semblent inépuisables à l’échelle humaine, La biomasse est une source d'énergie qui
elles participent à la lutte contre l’effet de dépend du cycle de la matière vivante
serre et les rejets de CO2 dans l’atmosphère, végétale et animale. Cette énergie permet de
facilitent la gestion raisonnée des ressources fabriquer de l'électricité grâce à la chaleur
locales, et génèrent même des emplois. dégagée par la combustion de ces matières
(bois, végétaux, déchets agricoles, ordures
Ainsi, les énergies renouvelables présentent ménagères organiques) ou du biogaz issu de la
des vertus évidentes mais elles ne sont pas fermentation de ces matières, dans des
sans inconvénients. Les principales énergies centrales biomasses.
sont détaillées ci-dessous :
Elle a l’intérêt de pouvoir être stockée et
• L’énergie hydraulique – hydroélectricité d’avoir des ressources disponible de manière
abondantes. Cependant, si on recourt de
Cette énergie utilise la force motrice des cours
d’eau, des chutes, et des marées, afin de manière intensive dans des milieux boisés, il y
produire de l’électricité. a un risque de déforestation et d’érosion des
sols.
Elle a l’avantage de fournir de fortes
puissances pour un coût d’exploitation - L’énergie solaire
relativement faible. De plus, il est possible de L'énergie solaire transforme le rayonnement
la stocker grâce aux retenues d’eau. solaire en électricité ou en chaleur, selon les
Néanmoins, les différents ouvrages technologies. On différencie l'énergie solaire
hydrauliques coûtent très chers et perturbent photovoltaïque, qui produit de l'électricité via
l’équilibre écologique. De plus, il y a un risque des modules photovoltaïques et l'énergie
20
minime de rupture pouvant être solaire thermique qui produit de la chaleur et
particulièrement dangereux.
Page
qui peut être utilisée pour le chauffage
Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional d’Aix-en-Provence
Projet de Paysage Aménagement et Urbanismedomestique ou la production d'eau chaude que par intermittence. Son rendement
sanitaire. Il existe aussi l'énergie solaire dépend du climat et de la situation
thermodynamique qui elle, produit de géographique.
l'électricité via une production de chaleur.
Les énergies renouvelables sont donc
L’énergie photovoltaïque (plus répandue) peut théoriquement inépuisables mais elles
être implantée dans des sites isolés ou non présentent des contraintes telles que
reliés à un réseau électrique important. Mais, l’intégration paysagère ou une production
elle consomme beaucoup d’espace et produit instable …
21 Page
Figure 8 : Projet Methelec en Auvergne qui mutualise la production d'énergie photovoltaïque et de biogaz (source : www.langa.fr)
Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional d’Aix-en-Provence
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