PANORAMA DES BIOTECHNOLOGIES EN FRANCE - Edition de février 2006 Avec le soutien de - Kooperation ...
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Etude réalisée sous la direction de Pierre KOPP Professeur à l’université de Panthéon-Sorbonne (Paris 1) - pkopp@univ-paris1.fr Avec la collaboration de : Philippe Cramer, MCL, France Biotech, qui a apporté un soutien précieux dans l’analyse des données financières de la quatrième partie. Nicolas Costes, doctorant à l’université de Panthéon-Sorbonne (Paris 1) Céline Cortot, France Biotech Bernard-Henri Nicot, SIRIUS Réseau FTEI – France Technopole Entreprises et Innovation. Romain Pierlot, dans le cadre de son stage à France Biotech Remerciements Nous tenons à remercier les entreprises ayant répondu à l'enquête annuelle 2005, les relais régionaux, technopoles et incubateurs qui nous ont aidé à diffuser le questionnaire aux entreprises, ainsi que le Comité de Pilotage du Panorama et de l'Observatoire des Biotechnologies. Ce Comité de Pilotage regroupe France Biotech, France Technopole Entreprises et Innovation, la Caisse des Dépôts (CDC ENTREPRISES), le CNRS, le Comité Biotechnologies du Leem et le Ministère de la Recherche. L'étude présentée ici est appelée à être actualisée chaque année, de façon à suivre le développement de l’industrie des biotechnologies en France et en Europe. Composition du Comité de Pilotage Philippe Cramer, Molecular Cytogenetics Lab., France Biotech Alain Clergeot, Chugaï Pharma, Comité Biotechnologies - Leem Jean Derégnaucourt, Isabelle Diaz, Ministère de la Recherche Angelita de Francisco, France Biotech Denis Lucquin, Sofinnova Partners, France Biotech Chahra Louafi, CDC Entreprises Jean-François Mouney, Genfit, France Biotech Daniel Pardo, CNRS, France Biotech Edwige Schaepelynck, Atlanpole, FTEI 2
SOMMAIRE RESUME 4 PREMIERE PARTIE : L’ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL 5 1 – INTRODUCTION 5 2 – UNE TIMIDE REPRISE 5 3 – LA FAIBLESSE DES MARCHES BOURSIERS EUROPEENS FREINE L’ESSOR DES BIOTECHNOLOGIES 6 4 – LA REPRISE DES IPOs 7 5 – FUSIONS ET ACQUISITIONS 11 6 – REGULATION 11 DEUXIEME PARTIE : PANORAMA DES BIOTECHNOLOGIES FRANÇAISES EN 2004 13 1 – INTRODUCTION 13 2 – EFFECTIFS ET EMPLOIS 13 3 – LES PRODUITS ISSUS DU SECTEUR DES BIOTECHNOLOGIES 15 4 – LES TECHNOLOGIES DEVELOPPEES DANS LES ENTREPRISES DE BIOTECHNOLOGIE FRANCAISES 20 5 – STRATEGIES DE BREVETS DANS LES SOCIETES DE BIOTECHNOLOGIE FRANÇAISES 20 6 – LES « BUSINESS MODELS » DES ENTREPRISES DE BIOTECHNOLOGIE 22 7 – LES RELATIONS INTERFIRMES ET LES CLIENTS 23 8 – CARACTERISTIQUES ADMINISTRATIVES DES ENTREPRISES FRANÇAISES DE BIOTECHNOLOGIE 26 9 – LE CLASSEMENT DES ENTREPRISES FRANCAISES DE BIOTECHNOLOGIE 28 TROISIEME PARTIE : LE FINANCEMENT DE LA BIOTECHNOLOGIE FRANÇAISE (2004-2005) 31 1 – INTRODUCTION 31 2 – LES MONTANTS LEVÉS EN FRANCE 32 3 – LES AIDES PUBLIQUES 38 QUATRIEME PARTIE : LES REFORMES 40 1 – INTRODUCTION 40 2 – FINANCEMENT 40 3 – FISCALITE 42 4 – REFORME DE LA RECHERCHE PUBLIQUE 44 CONCLUSION 46 INDEX DES TABLEAUX ET GRAPHIQUES 54 3
RESUME Cette quatrième édition du « Panorama des biotechnologies en France » décrit les principales évolutions du secteur de l’industrie des biotechnologies durant l’année 2004 et au début 2005. Pour l’essentiel, le rapport exploite les données d’une enquête menée par France Biotech. Le périmètre d’inclusion dans l’étude exige qu’une entreprise remplisse trois critères : exercer une activité dans les sciences de la vie en France, réaliser des dépenses de recherche représentant au moins 15% de ses charges totales, ne pas être une division d'un laboratoire pharmaceutique, d'un groupe industriel ni une filiale de commercialisation d'une entreprise de biotechnologie non française. Plus de 300 entreprises ont été interrogées par questionnaire, 113 ont répondu et 110 ont été incluses dans l’échantillon. Toutefois, nous avons également collecté des données directement auprès de différentes banques de données et auprès d’interlocuteurs qualifiés. La 4ème édition de l’enquête annuelle réalisée par France Biotech auprès des entreprises du secteur confirme de manière aiguë au niveau national les problèmes déjà constatés au niveau européen : l’absence de relais boursier bloque à la fois l’aval et l’amont de la chaîne de financement des entreprises innovantes et l’écart se creuse entre l’Europe et les Etats-Unis. En 2005, on constate en France un effondrement des fonds levés par les entreprises aux stades de l’amorçage (€ 51 millions en 2005 contre € 70 millions en 2004) et des 2e tours (€ 30 millions contre € 159 millions en 2004) du fait de la crainte, fondée, des investisseurs de ne pouvoir sortir de leur investissement à l’occasion d’une introduction en bourse. Cependant, un « paradoxe français » d’un genre nouveau se révèle quand on observe le dynamisme des entreprises dans cet environnement de disette. L’emploi dans les entreprises se maintient, ainsi entre 2003 et 2004, on recense toujours une proportion de 60% de chercheurs dans l’effectif total. L’effet du statut de Jeune Entreprise Innovante (J.E.I) est notable. Dès la fin 2004 : les 2/3 des entreprises de biotechnologies ont pu opter pour ce régime qui leur assure, sous réserve de maintenir des dépenses de R&D à un niveau supérieur à 15% de leurs dépenses totales, des exonérations de charges sociales sur leurs effectifs de personnels impliqués dans un projet de recherche et développement, soit une économie moyenne de 20% de la masse salariale. Ces exonérations sont immédiatement réinvesties par les entreprises dans la recherche et développement : 74% ont recruté du personnel de R&D, 51% ont engagé de nouveaux projets de R&D et 49% ont acheté des équipements de R&D. Plusieurs investisseurs étrangers ont d’ailleurs apporté des capitaux à des sociétés françaises précisément en raison de ce statut attractif. Enfin, les médicaments en développement au sein de l’industrie française sont en nombre significatif et témoignent de l’importante productivité de cette industrie : avec 87 produits en essais cliniques, dont 46 en phase II et III, le pipeline a grossi entre 2004 et 2005. Dans ce contexte, les récentes introductions d’Exonhit Therapeutics sur Alternext et de BioAlliance Pharma et d’Ipsen sur Euronext sont aussi des signes encourageants pour le marché français. Après le succès du lancement de la Jeune Entreprise Innovante (JEI), plusieurs réformes restent à mettre en œuvre pour faciliter le financement en fonds propres des entreprises de biotechnologie : la réforme du marché boursier et le statut de la Jeune Entreprise Innovante Cotée (JEIC) notamment qui restent à venir, les promesses de financement de l’assurance vie qui restent à concrétiser. Tableau 1 – Nombre de produits thérapeutiques dans le pipeline (2004-2005) Phase 2004 2005 Phase I 30 41 Phase II 32 39 Phase III 7 7 Source : Compilation de données 4
PREMIERE PARTIE L’ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL 1 – INTRODUCTION Les années 2004 et 2005 aux Etats-Unis confirment les espoirs de reprise pressentis en 2003, mais aucun effet positif ne se fait encore sentir sur le Vieux Continent. L’industrie de la biotechnologie est encore trop jeune pour que les effets d’entraînement jouent. A contrario, capitaux et talents se déplacent, accentuant la concurrence. Faute d’avoir consolidé sa place sur le marché mondial, le sort de la biotechnologie française demeure profondément instable et dépendant de l’achèvement des réformes entreprises dans les différents pays européens et au sein de l’Union Européenne. Pourtant aucun signe ne vient démentir l’intérêt que représentent les biotechnologies pour l’avenir. Au contraire, les chiffres les plus récents montrent qu’en 2003, aux Etats-Unis, 40% des nouveaux médicaments proviennent des biotechnologies, contre seulement 20% en 1999. 2 – UNE TIMIDE REPRISE Le secteur mondial des biotechnologies a connu entre 2000 et 2003 un grave ralentissement, marqué par l’effondrement des valorisations boursières, la raréfaction des introductions en bourse (7 aux Etats-unis en 2003, contre 4 en 2002 et 58 en 2001), et de faibles investissements (19,3 milliards de dollars en 2003, contre 11,5 milliards de dollars en 2002 et 38 milliards de dollars en 2000). Après une période difficile, le secteur commençait, aux Etats-Unis, en 2003, à se rétablir porté par une conjoncture internationale plutôt favorable. Les signes de relance de l’industrie des biotechnologies au niveau mondial, que nous notions dès 2003, se sont confirmés tout au long des années 2004 et 2005. Malheureusement, comme en 2003, la France et l’Europe semblent encore passer à côté du courant porteur. Le chiffre d’affaires mondial des biotechnologies a atteint un niveau de plus de 54 milliards de dollars en 2004 contre 46,6 en 20031 (Burrill 2005 et Biocentury 2005), soit une hausse de 17%. Les Etats-Unis qui impriment la tendance globale ont connu une croissance certaine du secteur. Le chiffre d’affaires s’est ainsi élevé à 42,7 milliards de dollars en 2004 contre 35,9 en 2003, soit une hausse de 19,2%. Le Canada a également relevé la tête en 2004. Le chiffre d’affaires du secteur a augmenté de 21%, passant de 1,7 (en 2003) à 2,1 milliards de dollars en 2004. A contrario, en 2004, le chiffre d'affaires global de l'industrie des biotechnologies européenne s'est élevé à seulement 11,33 milliards d'euros (13, 92 milliards de dollars US) alors que l'année précédente, celui-ci se situait à 11,27 milliards (13,84 milliards de dollars US), soit une légère diminution, une fois prise en compte l’inflation. L'Europe est donc la seule région du monde où le volume d’affaires de la biotechnologie ne progresse pas. En effet, en dehors de l'Europe, des Etats-Unis et du Canada, certains pays sortent du lot. Nous pouvons ainsi citer l'Australie et le Japon qui sont suivis par des pays émergents tels que l'Inde et la Chine. Ces pays sont dotés d’un réel potentiel qui devrait leur permettre de devenir de puissants acteurs du marché. Par ailleurs, des pays comme Taiwan, Singapour, la Corée et la Nouvelle-Zélande continuent de conforter leur place sur le marché. Ainsi, en 2004, le chiffre d'affaires total de la zone Asie-Océanie se serait élevé à 2,1 milliards de dollars soit une hausse de près de 36% par rapport à 2003. 1 Chaque année, Steven Burrill publie un rapport sur l’état de la biotechnologie dans le monde intitulé « Annual Biotechnology Industry Report » http://www.burrillandco.com/bio/biotech_book. Biocentury est une lettre spécialisée qui fait autorité dans le domaine des biotechnologies. www.biocentury.com 5
3 – LA FAIBLESSE DES MARCHES BOURSIERS EUROPEENS FREINE L’ESSOR DES BIOTECHNOLOGIES La reprise des investissements en capital observée aux Etats-Unis (8,5 milliards de dollars – 0,073% du PIB2 – en 2004 contre seulement 7,6 milliards de dollars en 2003 – 0,069% du PIB) marque le pas en 2005 et se stabilise aux mêmes niveaux que l’année précédente (8,5 milliards de dollars – 0,068% du PIB-). Ainsi, l’Europe affiche de meilleurs résultats, avec une progression des investissements totaux de 35% entre 2005 et 2004, soit un total de 2,5 milliards de dollars (0,019% du PIB), contre 1,9 milliard en 2003 (0,018% du PIB). Malgré cette évolution positive, les biotechs américaines reçoivent encore 3,3 fois plus de fonds que leurs homologues européennes. Malgré un rattrapage certain en 2005, la part des investissements apportés par le capital risque reste prépondérante en Europe (plus de la moitié du total), les marchés boursiers européens ne jouant pas le rôle de relais de financement crucial de leur homologue américain, le Nasdaq. Graphique 1 – Le financement des biotechnologies (2003/2005 ; M$ US) Marché boursier Venture Capital 4757 4836 3432 3769 1223 3640 2897 695 425 1200 1332 809 Europe Etats-Unis Europe Etats-Unis Europe Etats-Unis 2003 2003 2004 2004 2005 2005 Source: BioCentury 2005 En 2004, au Canada, ce sont 128 millions de dollars qui ont été investis en capital-risque dans le secteur. Début 2005, 185 millions de dollars ont déjà été levés, soit une augmentation de 44,5%. Le mois de mai 2005 a été particulièrement prolifique avec cinq tours de table réussis, portant sur des sommes comprises entre 38 millions et 50 millions de dollars, alors que l'année précédente, seul Aspreva Corp avait dépassé les 20 millions. Mis à part, l’Europe et l’Amérique, courant 2004, peu de pays situés en dehors de ces zones ont réussi à attirer les investissements. Les seules exceptions sont situées en Australie (4) (Acrux Ltd, Mesoblast Ltd, Regenera Ltd Sur l'ASX et Norwood Immunology Ltd sur le LSE), au Japon (1) (Sosei Co. Ltd à Tokyo) et en Inde (1) (Biocon Ltd sur le BSE et le NSE). Début 2005, seuls Apollo Life Sciences Ltd, EvoGenix Pty Ltd, et NeuroDiscovery Ltd, soit à nouveau des entreprises australiennes, ont levé des fonds sur le marché boursier australien. La difficulté à trouver des fonds pour financer les entreprises de biotechnologie affecte directement les stratégies de ces dernières. Certains observateurs considèrent qu’il est vital de réduire les coûts de développement des produits. L’amélioration de l’efficacité de la chaîne de développement de la biotechnologie constitue ainsi un facteur crucial qui émerge au cœur des débats récents. La Fédération européenne des industries pharmaceutiques (EFPIA) indique, à partir de données portant sur 10 grandes industries bio pharmaceutiques, en Europe et aux Etats-Unis, entre 1991 et 2000, que 38 % des produits en 2 PIB exprimé aux prix et taux de change courants. 6
développement sont abandonnés en phase I3; 63 % de ceux qui atteignent la phase II sont abandonnés par manque d’efficacité, 45 % des candidats restants échouent en phase III et 23 % de ceux qui satisfont aux essais cliniques ne sont pas autorisés par la FDA. Le taux d’échec est ainsi de 90 %. C’est pourquoi les investisseurs attendent désormais une amélioration, si possible précoce, des taux de succès. Graphique 2 – Succès du développement des produits % 70 Taux d'échec 63 62 60 Taux cumulé de succès 50 45 38 40 30 23 23 20 13 10 10 0 Phase 1 Phase 2 Phase 3 Autorisation 4 Source : EFPIA 4 – LA REPRISE DES IPOs Le financement des entreprises sur le marché boursier constitue un chaînon clef de la bonne marche d’un secteur comme celui des biotechnologies, où le capital-risque doit pouvoir céder la place aux investisseurs institutionnels notamment avant de pouvoir se lancer dans un nouveau cycle de financement. De ce point de vue, 2004 se caractérise par une augmentation significative des montants levés lors des introductions en bourse (Initial Public Offerings — IPOs) aux Etats- Unis. En effet, le montant de ces dernières est passé de 482,6 millions de dollars, en 2003 à 1,712 milliard de dollars en 2004, soit une hausse de 254%. Toutefois les chiffres américains du début de l’année 2005 sont inquiétants. On observe, en effet, un retard par rapport à 2004, où la majorité des IPOs avait déjà eu lieu avant septembre, alors qu’en juillet 2005, on ne recensait que huit levées de fonds. Cependant, avec plus de 400 millions de dollars levés, 2005 a presque rattrapé le chiffre de 2003. La tendance reste toutefois hésitante : 2005 restera-t-elle comme une année où le volume total levé aura été satisfaisant mais où le nombre d’introductions aura été trop restreint ? Le Canada, après une année blanche, en 2003, où aucune IPO n’avait pu être finalisée, voit quatre entreprises réussir à lever des fonds pour un montant de plus de 90 millions de US dollars (Adaltis Inc., Chemokine Therapeutics Corp., MethylGene Inc. et SemBioSys Genetics Inc.). En revanche, 2005 n'a été marquée que par une seule levée de fonds (Aspreva Pharmaceuticals Corp.), mais avec près de 80 millions de US dollars levés, le retard par rapport à 2004 est presque comblé5. Le graphique suivant reprend les grandes données, par pays, relatives aux IPOs. La France fait pâle figure6. 3 Biocentury, 5 septembre 2005 4 EFPIA (The European Federation of Pharmaceutical Industries and Associations) http://www.efpia.org/1_efpia/keymessages.htm 5 http://strategis.ic.gc.ca/epic/internet/inlsgpdsv.nsf/vwapj/Bioindustry_FrenchJan05.pdf/$FILE/Bioindustry_FrenchJan05.pdf 6 Nous ne prenons pas en compte l’IPO de BioMérieux qui n’est pas une biotechnologie, au regard de nos critères (voir la présentation de la méthodologie de ce rapport). 7
Graphique 3 – Montants moyens levés lors des IPO en 2004 (en M$ US) 60 57,09 51,5 50 39,54 40 30 25,69 22,98 20 10 0 0 Royaume-Uni Allemagne France Europe Etats-Unis Canada Source : Biocentury Une autre manière de mettre en relief le particularisme du marché européen des biotechnologies consiste à présenter les résultats cumulés des IPOs entre 1996 et 2004. A l’évidence, les montants obtenus lors des introductions boursières nord-américaines sont incontestablement bien plus importants que ceux levés en Europe. Toujours en écartant BioMérieux, il ressort que si le Royaume-Uni et l’Allemagne ont été capables de développer une industrie des biotechnologies qui pèse dans le marché mondial, ce n’est pas encore le cas de la France. Graphique 4 – Nombre d’IPOs et montant moyens levés entre 1996 et 2004 Nombre d'IPO Millions de Dollars 250 140 Nombre d'introductions 217 Montant moyen levé 120 200 116 100 150 80 63,55 60 100 89 50,68 55,94 43,87 41 40 32,71 50 27 16,75 20 14 7 7,1 3 5 0 0 Royaume- Allemagne France Europe Etats-Unis Canada Suisse Suède Uni Source : Biocentury La répartition géographique des IPOs les plus récentes est toujours préoccupante. Si, en 2003 et selon Biocentury, il n'y eut qu'une seule IPO en Europe (Sinclair Pharma plc UK), 2004 a été légèrement plus prolifique avec douze entrées en bourse dont huit après octobre. Remarque importante : ces douze IPOs ne concernent que quatre pays dont le Royaume-Uni (9), l'Allemagne (1), la Suisse (1) et la France (1), à condition de considérer BioMerieux comme une biotech, ce que fait Biocentury. 8
En 2005, et en date de parution de ce rapport, il y a déjà eu quatorze IPOs. On retrouve comme en 2004: le Royaume-Uni (7), l'Allemagne (1) et la Suisse (1), mais aussi le Danemark (1), l'Autriche (1), l'Italie (1) et la Belgique (2). On peut détailler les récentes introductions boursières par pays et par montant. On observera sur le tableau précédent qu’aucune des principales IPOs de l’année 2004 n’a eu pour cadre l’Union Européenne. L’introduction réussie de Basilea Pharmaceutica AG, en Suisse, constitue une exception pour le Vieux Continent. Déjà faibles en nombre, les IPOs qui se déroulent en Europe, ne portent que sur des montants limités. En moyenne, le montant levé lors de l’IPO des plus grosses opérations européennes est proche du tiers des plus importantes au niveau mondial. Tableau 2 – Les principales IPOs dans le monde (2004) Entreprise Activité Nationalité Montant €M Basilea Pharmaceutica AG Maladies Suisse 132,95 infectieuses Eyetech Pharmaceuticals Inc Ophtalmologie USA 116,01 Ark Therapeutics Ltd Cancer UK 80,74 Sosei co Ltd Genito-urinaire Japon 76,86 Cytokinetic Cancer USA 76,26 Theravance Inc Auto-immune USA 72,71 Corgentech Inc Cardiovasculaire USA 70,94 Mankind corp Metabolic USA 64,66 GTx Inc Cancer USA 57,86 Barrier Therapeutics Inc Dermatologie USA 55,43 Montant moyen 80 Source: Critical I Biotechnology in Europe : 2005 Comparative study. Les firmes européennes sont pratiquement inexistantes dans le groupe des IPOs les plus importantes, bien qu’aient eu lieu en 2004, sur le London Stock Exchange (LSE) ou sur le Swiss Exchange (SWX), quelques belles opérations. Observons au passage que l’éclatement des places de marché en Europe constitue l’un des facteurs aggravants des difficultés des capitaux risqueurs à intéresser les investisseurs institutionnels à entrer dans des secteurs technologiques perçus comme risqués. On peut observer aussi (argument majeur en faveur du statut de la JEIC ou Jeune Entreprise Innovante Cotée) qu’une IPO sur un marché non réglementé tel l’Alternative Investment Market (AIM) ne permet pas de lever autant de fonds qu’une IPO sur un marché réglementé tel le LSE : les montants moyens levés sur l’AIM représentent une levée de fonds moyenne auprès des capitaux-risqueurs... Ceci milite en faveur de la création du statut de la JEIC; la création d’Alternext, si elle constitue une solution pour le financement d’entreprises traditionnelles peu consommatrices de capitaux, ne répond pas aux besoins de financement des entreprises de R&D, plus importants, de l’ordre de la centaine de millions d’euros. 9
Tableau 3 – Sélection des IPOs en Europe (2004-2005) en M€ Nom Pays Bourse Montant 2004 Basilea Suisse SWX 119,9 Ark Therapeutic LTD UK London LSE 76,3 Epigenomics AG Allemagne Franckfort 38 Inion Finlande Londres LSE Vectura Group Plc UK Londres AIM 27,2 BioMérieux SA France Euronext 24 Allergy Therapeutic UK Londres AIM 21,3 VASTox pic UK Londres AIM 19,9 Synairgen plc UK Londres AIM 13,3 Evoluted Group plc UK Londres AIM 7,8 Sareum Holdings plc UK Londres AIM 2,7 Physionomics plc UK Londres AIM 1,1 Eirix Irlande Londres AIM 1,1 2005 Intercell Autriche Vienne 46,8 Paion Allemagne Franckfort 40 Ardana UK Londres LSE 30,4 Proximagen UK Londres AIM 21 Plethora UK Londres AIM 14,5 Montant moyen 30 Graphique 5 – Entreprises cotées et capitalisation boursière (2005) 350 319 450000 300 400000 Société cotées 2005 350000 Nb d'entreprises 250 Capitalisation boursière 300000 200 250000 150 200000 105 150000 100 42 100000 50 15 50000 4 0 0 Etats-Unis Europe Royaume-Uni Allemagne France Source : Biocentury 12/08/2005 10
5 – FUSIONS ET ACQUISITIONS Le mouvement des fusions acquisitions qui s’était ralenti depuis 2003, reprend avec un certain dynamisme. Le dernier dossier particulièrement significatif pour l’industrie française en matière de fusion et acquisition reste celui de l’opération concernant Epimmune et IDM SA, dont on se rappelle les vicissitudes. Une première tentative d’introduction, en octobre 2004, sur le marché parisien avait été annulée au dernier moment, faute de pouvoir être menée à bien en raison du très faible engagement des investisseurs institutionnels nationaux. IDM a donc finalement fusionné avec Epimmune, société cotée sur le NASDAQ, la nouvelle entité américaine IDM Pharma Inc a vu le jour le 16 août 2005. La leçon pour le marché français est sans appel. Si une même société, à quelques mois d’intervalle, ne trouve pas de fonds à Paris mais est bien accueillie par le marché américain, c’est que le marché parisien est trop étroit et les comportements des investisseurs trop timorés. Tableau 4 – Fusions et Acquisitions (2004-2005) Acquéreur Pays Cible Pays Prix (€M) UCB Pharma Belgique Celltech Group plc UK 1921 Amgen USA Tularik* US 961 Esperion Pfizer Corp USA Therapeutics US 961 Genzyme Corp USA Ilex Oncology US 739 QLT Inc Canada Atrix Laboratories US 554 Bayer's blood NPS Biothérapeutics USA product business All. 436 Invitrogen USA BioReliance Corp US 370 Genzyme Corp USA Impath Inc US 159 Bradley Bioglan Pharmaceuticals USA Pharmaceuticals UK 135 Source: Critical I Biotechnology in Europe: 2005 Comparative Study. * : Amgen ne possède que 80% de Tularik On pourrait étoffer les commentaires sur les fusions et acquisitions, par exemple en observant l’entrée d’un labo pharma classique, le belge UCB Pharma, déjà partenaire de Genfit, sur le marché des biotechnologies, via l’acquisition d’une grosse biotech britannique, Celltech. En marge des grands courants d’affaires, il est intéressant d’observer que la Chine commence à développer des alliances avec des partenaires étrangers, tant aux Etats-Unis, qu’en Allemagne ou en Norvège. L’Inde suit le même chemin et ces deux pays commencent à développer une stratégie de défense de leur propriété industrielle plus agressive. 6 – REGULATION La recherche pharmaceutique a connu de graves déboires en 2004-2005. Les retraits du Vioxx® (Merck), fin 2004, puis du Bextra®, de manière volontaire par Pfizer début 2005 constituent une suite d’événements qui fragilise l’image et la santé financière de cette industrie. Ces retraits n'ont, en effet, pas seulement affecté Pfizer et Merck mais l’ensemble du marché des inhibiteurs sélectifs COX-2 qui semblait pouvoir porter le renouveau des AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens), voire plus globalement l’image, déjà peu favorable dans l’esprit du grand public, de l’industrie pharmaceutique. Ces retraits ont paradoxalement été bénéfiques à l'industrie biotechnologique, car les laboratoires pharmaceutiques sont désormais plus enclins à s'allier avec une biotechnologie possédant déjà 11
une molécule en développement avancé. En 2004, comme précédemment en 2003, la FDA a approuvé un plus grand nombre de NMEs (New Molecular Entities) biologiques que de NME chimiques. En 2003, dix-huit NMEs sont sorties des biotechnologies, contre seize, des approches classiques. La tendance s’approfondit en 2004 avec vingt NMEs contre onze en faveur des produits issus des biotechnologies. En 2005, les prévisions tournent autour de trente contre vingt. Ceci est d'autant plus significatif que l'écart des dépenses de R&D entre les deux industries est impressionnant. En 2004, les industries pharmaceutiques ont dépensé 50 milliards de dollars en R&D contre 20 milliards pour les biotechnologies. Ces chiffres reflètent une grosse différence de productivité entre les deux industries : l'une fondant tous ses espoirs sur la recherche et consacrant une part importante de ses effectifs à la recherche et au développement, l’autre ne faisant plus de la R&D interne la clef du développement. Graphique 6 – La productivité des biotechnologies (1998-2005) Milliards de Nombre de Dollars molécules 60 R&D Biotech R&D Gdes Entr. Pharmaceutiques 30 Nouvelles molécules Biotech Nouvelles molécules Pharma. 50 25 40 20 30 15 20 10 10 5 0 0 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 Source : Ernst & Young 12
DEUXIEME PARTIE PANORAMA DES BIOTECHNOLOGIES FRANÇAISES EN 2004 1 – INTRODUCTION Cette partie du rapport décrit l’industrie française des biotechnologies telle qu’elle se dégage de l’enquête en 2005. Rappelons qu’un questionnaire a été adressé à plus de 300 sociétés répondant aux critères d’inclusion7; 113 sociétés ont répondu ; 110 d'entre elles ont été incluses dans le périmètre de l'enquête. Ce questionnaire porte sur tous les aspects de la vie d’une entreprise de biotechnologie. Pour des raisons de confidentialité, la présentation des résultats oblitère le nom des sociétés, sauf accord express de celles-ci. 2 – EFFECTIFS ET EMPLOIS Avant que les effets de la crise des hautes technologies de 2001 ne se fassent sentir, le secteur connaissait une croissance forte de l’emploi. Entre 2001 et 2002, malgré la conjoncture défavorable, l’emploi dans les biotechnologies françaises était en hausse de plus de 40% avec près de 70% de l’effectif total affecté aux activités de R&D. Le décalage dans la conjoncture économique entre les Etats-Unis et la France et la diffusion des effets de la crise ont entraîné une moindre croissance des effectifs (+ 22%) entre 2002 et 2003 reflétant bien le marasme financier de cette période. Bien que l’emploi continue de croître confirmant la résistance et le dynamisme du secteur des biotechnologies françaises face à la conjoncture économique, l’évolution entre 2003 et 2004 semble indiquer un nouveau ralentissement, l’effectif passant de 2890 emplois en 2003 à 3067 emplois en 2004 dans l’échantillon analysé. La part des employés en R&D reste stable, autour de 60 à 70% du total, et ce malgré toute la prudence dont nous devons faire preuve dans l’utilisation des données de cette année compte tenu de leur incomplétude. Le total des effectifs du secteur des entreprises de biotechnologie peut ainsi être estimé à environ 5000-6000 personnes et 3000-3500 chercheurs, données corroborées par les estimations du Leem (Les Entreprises du Médicament), qui évalue l’emploi « biotech » dans la filière du médicament à environ 20 000 personnes, effectifs de l’industrie pharmaceutique et autres sociétés non focalisées sur la R&D compris. 7 Le périmètre d’inclusion dans l’étude exige qu’une entreprise remplisse trois critères : exercer une activité dans les sciences de la vie en France, réaliser des dépenses de recherche représentant au moins 15% de ses charges totales, ne pas être une division d'un laboratoire pharmaceutique, d'un groupe industriel ni une filiale de commercialisation d'une entreprise de biotechnologie non française. Plus de 300 entreprises ont été interrogées par questionnaire, 113 ont répondu et 110 ont été incluses dans l’échantillon. 13
Graphique 7 – Emploi dans les biotechnologies +6% +22% Effectifs totaux 3067 Effectifs R&D 2890 2376 1890 1680 1514 2002 2003 2004 Selon les analyses effectuées par France Biotech fin 2004-début 20058, un quart des sociétés concentre 50% des effectifs totaux, les 40 sociétés les plus « importantes », filiales de sociétés américaines comprises, comptant entre 20 et 250 personnes au maximum. Dans ce quart supérieur, 75% des entreprises comptent entre 20 et 50 personnes seulement. La majorité des entreprises (81%) attribuent des primes individuelles en fonction des résultats obtenus, 23% d’entre elles attribuent des primes collectives. La quasi-totalité des entreprises rémunère leurs dirigeants avec un mélange de salaire et de stock-options. Seules 8% des entreprises analysées proposent des systèmes d’intéressement ou de participation, ce qui n’est pas très surprenant pour des sociétés qui ne seront profitables que dans un laps de temps variant entre 10 et 15 ans, pour la plupart. Avec une moyenne d’âge de 34 ans, le personnel des sociétés de biotechnologies est jeune, notamment au sein des sociétés qui développent des outils pour la R&D et pour le diagnostic. Une étude, menée aux Etats-Unis9, identifie et quantifie les différentes externalités positives associées au développement du secteur des biotechnologies outre-atlantique. Selon celle-ci, ce seul secteur serait à l’origine de la création de près d’un demi-million d’emplois dans l’économie américaine, dont environ 1/3 est directement associé au secteur (effet direct) et près de 2/3 induit dans les secteurs amont ou aval, par l’activité du secteur biotechnologique (effet d’entraînement). 8 Enquête sur les rémunérations dans les entreprises de biotechnologie de plus de 40 personnes – France Biotech (Octobre 2005) 9 The Economic Contribution of the Biotechnology Industry to the U.S. Economy, Ernst & Young Economics Consulting and Quantitative Analysis, May 2000. 14
3 – LES PRODUITS ISSUS DU SECTEUR DES BIOTECHNOLOGIES L’analyse des « familles de produits » dans lesquelles les entreprises françaises de biotechnologies exercent une activité permet d’affiner notre connaissance de la production des entreprises et confirment leur forte orientation en faveur des activités relatives à l’homme et à sa condition. L’enquête 2005 révèle en effet que 66% des entreprises ont au moins une activité orientée vers l’homme (santé humaine, cosmétique, alimentation humaine) contre 59% en 2004 et que 65% sont actives dans le domaine de la santé, humaine et animale (60% en 2004). Graphique 8 – Les familles de produits des sociétés de biotechnologie Matériel et équipement pour la recherche 3% 2% 5% 9% Santé humaine 2% 5% Santé animale 9% Cosmétique Alimentation humaine Alimentation animale 13% Production végétale 52% Environnement Informatique Plus précisément, 52% des entreprises ont au moins une activité dans le domaine de la santé humaine contre 48% en 2004, 13% dans celui de la santé animale, 9% dans les cosmétiques, 5% dans l’alimentation humaine, 2% dans l’alimentation animale et 9% d’entre elles produisent du matériel pour la recherche. Cette dernière composante de l’activité productive des entreprises de biotechnologie retrouve son niveau de 2003 après avoir connu une croissance importante en 2004, année durant laquelle 15% des entreprises déclaraient produire du matériel destiné à la recherche. Par ailleurs, alors que la part des entreprises exerçant au moins une activité dans les domaines de l’alimentation animale et de la production végétale a fortement baissé avec seulement 2% des entreprises contre 6% dans chacun des deux domaines en 2004, la santé humaine, l’environnement et l’informatique constituent les trois familles de produits pour lesquelles les entreprises de biotechnologies françaises ont éprouvé le plus grand regain d’intérêt. Produits de santé humaine : thérapeutique et diagnostic Selon les déclarations des entreprises, le pipeline est assez conséquent puisque 195 nouveaux médicaments sont en développement au sein des entreprises françaises de biotechnologie, dont plus de 87 en phase de développement clinique, ventilés en 2005 entre les différentes phases comme suit 41 produits en Phase I, 39 en Phase II, 7 en Phase III et 7 produits commercialisés. 15
Graphique 9 – Pipeline de produits thérapeutiques 108 103 France 2004 France 2005 41 39 30 32 7 7 Pré- Phase I clinique Phase II Phase III L’évolution du Pipeline des entreprises françaises de biotechnologie entre 2003 et 2005 confirme la vitalité du secteur, le nombre de médicaments en développement ayant en effet augmenté de plus de 13% par rapport à 2004 et de près de 22% par rapport à 2003. Néanmoins, le passage de la phase II à la phase III, qui préfigure l’arrivée de nouveaux médicaments sur le marché, semble de plus en plus difficile puisque moins de 1/5e des phases II, passe en phase III (moins de 1/4 en 2004) contre près des 3/4 au niveau européen. Parmi les produits proches de la commercialisation, BioAlliance Pharma a ainsi développé le miconazole Lauriad dans le traitement de la candidose oropharyngée, pour lequel une demande d’AMM en Europe a été déposée en septembre 2005 au terme d’essais cliniques de Phase III. Les autres produits commercialisés sont les 4 produits de greffe autologue de la société TBF, Banque de Tissus (cartilage et chondrocytes notamment) ou bien des produits commercialisés sous licence par OPI dans des indications orphelines. Les entreprises de biotechnologies actives en santé humaine (médicaments et diagnostic médical) se consacrent en majorité à la cancérologie (17% des produits thérapeutiques en développement et 16% des projets dans le diagnostic), aux maladies infectieuses (11% et 13%, aux maladies du système immunitaire (10% et 9%), ainsi qu’au système nerveux central (10% et 8%). Selon l’étude publiée en juin 2005 par le Comité Biotechnologies du Leem (Les Entreprises du Médicament), en 2004, 90 biomédicaments étaient à la disposition des patients français. Des produits variés, allant de l’insuline recombinante dans les traitements du diabète aux anticorps monoclonaux ou aux récepteurs solubles dans les traitements de maladies articulaires graves, en passant par l’érythropoïétine, qui permet de traiter les anémies dans l’insuffisance rénale ou les cancers. 75% de ces médicaments ont été mis sur le marché dans les dix dernières années, et depuis le lancement en 1984 du premier biomédicament en France (une insuline recombinante), l’arrivée des nouveaux produits se poursuit à un rythme soutenu. Les biomédicaments ont ainsi constitué une part croissante de l’innovation thérapeutique, représentant sur les 4 dernières années entre 30 et 40% des nouvelles molécules. Prés de 60% de ces produits sont d’origine américaine (découverte et détention du brevet d’origine). Le Danemark et la Suisse suivent avec 10% chacun, la France arrive au 4e rang. La nature de traitement de pointe d’une large majorité de ces médicaments est corroborée par l’analyse de leur mode de prescription et de leur évaluation. 63% des biomédicaments sont prescrits pour la première fois à l’hôpital, et un tiers est réservé à un usage hospitalier strict. Si l’on exclut insulines et vaccins, 84% de ces traitements sont délivrés sur prescription hospitalière initiale ou systématique. Enfin sur les 10 biomédicaments qui réalisent les chiffres d’affaires les plus importants, en France, 8 ont obtenu la reconnaissance d’une Amélioration du Service Médical Rendu (ASMR) majeure (niveau 1). 16
Médicaments de pointe, traitements ciblés (30% des biomédicaments traitent des populations de malades très étroites, ou atteintes de déficiences génétiques héréditaires), les biomédicaments apportent de plus en plus de solutions innovantes, dans des pathologies souvent lourdes. L’année 2005 devrait permettre de mettre à disposition des malades français 11 nouveaux médicaments produits par génie génétique, dont 4 sont issus d’entreprises françaises. Graphique 10 – Produits thérapeutiques en développement dans les sociétés de biotechnologies Cancérologie 17% Maladies infectieuses 11% Système immunitaire 10% Système Nerveux Central 10% Appareil digestif et métabolisme 7% (diabète, obésité) Maladies génétiques 5% Rhumatologie / Appareil locomoteur 5% Dermatologie 5% Sang et organe hématopoïetiques 5% Autres domaines 4% Graphique 11 – Outils de diagnostic en développement dans les sociétés de biotechnologie Cancérologie 16% Maladies infectieuses 13% Système immunitaire 9% Système Nerveux Central 8% Sang et organe hématopoïetiques 8% Maladies génétiques 7% Appareil digestif et métabolisme 7% (diabète, obésité) Rhumatologie / Appareil locomoteur 6% Appareil Cardio-Vasculaire 6% Autres domaines 4% Autres domaines d’application Parmi les autres domaines d’application des entreprises non relatifs à la santé humaine, l’analyse, le contrôle et la traçabilité sont les segments pour lesquels les entreprises ont le plus fort intérêt. 17
Graphique 12 – Segments d’activité dans le domaine de l’environnement et autres applications industrielles 29% 19% 14% 12% 10% 10% 5% 2% 0% Analyse, Productions Chimie fine Traitement des Amélioration Biomatériaux Bioremédiation Biocatalyse Autres contrôle, biologiques eaux / de process traçabilité industrielles effluents / industriels déchets Graphique 13 – Segments d’activités dans le domaine de l’alimentation animale 32% 23% 23% 11% 6% 6% 0% Diagnostic Analyse, Produits Sélection Probiotiques Production Autres contrôle, thérapeutiques génétique d'acides aminés traçabilité Graphique 14 – Productions végétales 47% 40% 13% 0% Semences Produits de Phytosanitaire Autres thérapeutique humaine 18
Graphique 15 – Nutrition, cosmétique & alimentation humaine 36% 30% 18% 15% Analyse, contrôle, Cosmétique Produits Nutrition traçabilité, sécurité nutraceutiques alimentaire Graphique 16 – Informatique-Bioinformatique ; Matériels et réactifs & Nanobiotechnologies 21% 18% 18% 13% 13% Data Management Structuration de Production de Matériels et réactifs Nanobiotechnologies bases de données logiciels bio- informatiques 19
4 – LES TECHNOLOGIES DEVELOPPEES DANS LES ENTREPRISES DE BIOTECHNOLOGIE FRANCAISES La convergence de multiples disciplines et technologies propres aux biotechnologies se reflète parfaitement dans la variété et l’hétérogénéité des domaines d’activité cités par les entreprises françaises. Le graphique ci-dessous semble néanmoins confirmer la prépondérance au sein des domaines de prédilection des entreprises des domaines d’excellence français : la découverte de candidats médicaments, les vaccins, l’immunologie, la protéomique et l’ingénierie des protéines. Graphique 17– Diversification technologique des entreprises de biotechnologie Banques de matières Biochimie 2% Bio-informatique 1% biologiques 3% Biologie cellulaire 1% Anticorps monoclonaux Biocapteurs 3% Biologie moléculaire 4% Bio-process Analytique (RMN, SM...) Biotechnologie végétale Autres 10% 1% Virologie 1% Chimie 1% Chimie médicinale 2% Vectorisation 4% Clonage Vaccins 8% Contrôle des procédés 1% Thérapie génique 3% Criblage haut débit 2% Culture de cellules ou de tissus Réactifs 2% Diagnostic 3% Purification-séparation Drug discovery 9% 1% Enzymologie Protéomique 5% Évolution dirigée (DNA Pharmacologie 3% shuffling) 2% Pharmacogénomique 1% Fermentation Peptides Galénique Modélisation moléculaire 1% Ingénierie des glucides Génomique 3% Modèles animaux 4% Ingénierie des protéines Hématologie 5% Microbiologie Immunologie 6% Ingénierie des tissus 2% Matériel scientifique 5 – STRATEGIES DE BREVETS DANS LES SOCIETES DE BIOTECHNOLOGIE FRANÇAISES Le dépôt de brevets et l’utilisation de licences sont à l’origine de 44% des relations partenariales et constituent ainsi la principale modalité de relation des entreprises de biotechnologies avec le monde extérieur. Il apparaît cependant que 41% des sociétés ne déposent aucun brevet [graphique 18a] parmi lesquelles 61% ont plus de trois ans. 20
Graphique 18 – Age de la société et dépôts de brevets a : sociétés ne déposant aucun brevet (41%) 10% 19% 10 ans 21% b : sociétés déposant des brevets (59%) 3 à 5 ans 1 à 3 ans < = 1 an 13% 13% 14% 25% 29% 13% 25% 29% 13% 7% 75% 21% 25% plus de 10 ans 5 à 10 ans 13% 15% 1 4% 13% 2 3 46% 8% 4 5 12% 63% 13% >5 0% 15% Parmi les sociétés déposant des brevets (59%) [Graphique 18b], l’âge demeure une variable explicative du nombre de brevets déposés. Plus l'entreprise devient mature, plus l’innovation se transforme en propriété intellectuelle susceptible d’être valorisée. Il est par ailleurs intéressant et encourageant de noter que les très jeunes entreprises (moins d’un an) ont eu tendance à déposer davantage de brevets au cours de leur première année d’existence que lors de nos précédentes enquêtes. Même si elle diminue par rapport à 2004, la proportion de sociétés ne déposant pas de brevet demeure importante (41% contre 45% en 2004) et reste un facteur préoccupant puisque c’est précisément l’existence d’une propriété intellectuelle forte qui est indispensable afin d’attirer les investisseurs. Cette faiblesse de la propriété industrielle peut donc expliquer, pour une part, les réticences des investisseurs vis-à-vis du secteur. Les entreprises de biotechnologie peuvent exploiter les brevets qu’elles déposent ou au contraire utiliser des brevets qu’elles ont en licence et encore en licencier certains. 21
Graphique 19 – Pourcentage des entreprises de l'enquête selon les catégories de brevets 43% 37% 12% Brevets délivrés à la Brevets exploités par Brevets licenciés à société la société des tiers Le graphique ci-dessus confirme une tendance que nous avions déjà mise en évidence lors de nos précédentes enquêtes ; seules 12% des entreprises ont licencié des brevets à des tiers contre 14% en 2004 et 36% en 2003. 6 – LES « BUSINESS MODELS » DES ENTREPRISES DE BIOTECHNOLOGIES L’analyse de l’évolution des business models des entreprises de biotechnologie entre 2003 et 2005 au sein de l’échantillon étudié révèle une contraction de la part de R&D propriétaire et de la R&D partenariale au profit de la fourniture de produits et de services. Cette évolution vers des business models hybrides pourrait résulter des difficultés rencontrées par les entreprises pour se financer auprès du capital risque, et de la nécessité qu’elles ont de générer des revenus par de la fourniture de produits ou de services. Graphique 20 – Les business models des sociétés de biotechnologie 2003-2005 20% 15% 14% R&D partenariale 53% 52% R&D propriétaire 56% Fourniture de produits Fourniture de services 13% 15% 9% 15% 19% 19% 2003 2004 2005 Cette évolution doit cependant être nuancée par une analyse entre l’âge de la société et leurs business models en 2005, deux hypothèses pouvant être formulées : soit les domaines d’activités des sociétés de plus de cinq ans reflètent l’époque où le business model centré sur la recherche et le partenariat semblait s’imposer, les sociétés les plus jeunes étant davantage orientées vers un modèle hybride ; on admet alors que l’adoption d’un business model est directement influencé par la conjoncture économique. soit la maturité (et non la conjoncture) conduit l’entreprise à se focaliser sur la R&D propriétaire et abandonner un modèle hybride qui, s’il peut permettre à une jeune entreprise de démarrer son activité, ne permet pas de développer un potentiel de croissance important. 22
On peut encore considérer que l’absence de PI forte n’attire pas les investisseurs et donc pousse la société à développer un modèle hybride le temps qu’elle fasse évoluer sa recherche et donc par conséquent renforce sa PI. La société adopte ensuite un modèle simple sous la pression probablement des investisseurs qu’elle a attirés. L’évolution du modèle se fait après 3-5 ans. Il aurait été intéressant de croiser le graphe ci- dessous avec celui de la PI (N°18) pour confirmer les hypothèses. Graphique 21 – Business models et âge de la société (2005) 100% 4% 14% 11% 14% 20% 90% Partenariat recherche 80% Recherche propre 49% Fourniture de produits 70% 47% 52% Fourniture de services 60% 60% 54% 50% 40% 12% 15% 30% 18% 11% 20% 21% 26% 29% 10% 18% 17% 6% 0% moins de 1 an 1 à 3 ans 3 à 5 ans 5 à 10 ans 10 ans et + 7 – LES RELATIONS INTERFIRMES ET LES CLIENTS Les entreprises du secteur des biotechnologies se caractérisent par l’importance des relations interentreprises qu’elles établissent au niveau intra et inter sectoriel. Lorsque nous nous intéressons aux clients des entreprises de biotechnologies, nous constatons qu’elles sont leur principal partenaire, avant l’industrie pharmaceutique, l’industrie cosmétique et les sociétés de matériel médical. Cette constatation est logique et corrobore nos précédents résultats puisque 65% des entreprises de biotechnologies sont actives dans le domaine de la santé et que nous connaissons l’importance de leur fonctionnement en réseau. 23
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