Perspectives économiques et des marchés pour 2019 de Vanguard : croissance plus lente
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Perspectives économiques et des
marchés pour 2019 de Vanguard :
croissance plus lente
Recherche de Vanguard Décembre 2018
■ Alors que l’économie mondiale entame la dixième année de son cycle d’expansion dans la foulée
de la crise financière mondiale, les craintes d’une récession imminente se multiplient. Bien que
plusieurs facteurs feront augmenter le risque de récession en 2019, un ralentissement de la
croissance – dicté par les États-Unis et la Chine – ponctué d’épisodes de crainte à l’égard de la
croissance demeure l’issue la plus probable. En bref, la croissance économique devrait ralentir,
sans toutefois s’éclipser.
■ Les perspectives précédentes de Vanguard avaient prévu que les forces à long terme de la
mondialisation et des avancées technologiques rendraient l’atteinte d’une inflation de 2 % plus
difficile aux États-Unis, en Europe, au Japon et ailleurs. En 2018, nous avons prévu avec exactitude
un raffermissement cyclique de l’inflation de base à l’échelle de différentes économies. En 2019,
nous ne voyons pas de risque important causé par d’autres fortes hausses de l’inflation de base,
malgré des taux de chômage plus bas et des salaires plus élevés. En effet, il est peu probable que
les salaires plus élevés se soldent par une augmentation des prix à la consommation, puisque les
attentes d’inflation demeurent bien ancrées.
■ Alors que l’inflation se rapproche de la cible, que les risques pour la stabilité financière augmentent
et que les taux de chômage se rapprochent ou tombent en dessous des estimations du plein-emploi,
les banques centrales maintiendront leur normalisation progressive. Aux États-Unis, nous nous
attendons à ce que la Réserve fédérale atteigne le taux final de ce cycle à l’été 2019, ce qui établirait
la fourchette du taux directeur entre 2,75 % et 3 %, avant d’interrompre les hausses
supplémentaires compte tenu de l’inflation stationnaire et du ralentissement de la croissance des
chiffres d’affaires. Les autres banques centrales des pays développés commenceront cependant
seulement à relever les taux d’intérêt par rapport au plancher d’après-crise.
■ Étant donné le ralentissement de la croissance, les taux d’inflation disparates et la normalisation
continue des politiques monétaires, la volatilité des marchés financiers devrait s’accentuer.
Nos prévisions de rendement sur dix ans restent prudentes en raison des valorisations élevées et
des faibles taux sans risque des principaux marchés.Principaux auteurs Vanguard Investment
Strategy Group
Équipe Global Economics
and Capital Markets Outlook de Vanguard
Joseph Davis, Ph. D., économiste en chef mondial
Joseph Davis, Ph. D. Roger A. Aliaga-Díaz, Ph. D.
Économiste en chef mondial Économiste en chef, Amériques Amériques
Roger A. Aliaga-Díaz, Ph. D., économiste en chef
pour les Amériques
Harshdeep Ahluwalia, M. Sc.
Kevin DiCiurcio, CFA
Joshua M. Hirt, CFA
Jonathan Lemco, Ph. D.
Peter Westaway, Ph. D. Qian Wang, Ph. D.
Vytautas Maciulis, CFA
Économiste en chef, Europe Économiste en chef, Asie-Pacifique
Darrell Pacheco
David Pakula, CFA
Andrew J. Patterson, CFA
Jonathan Petersen, M. Sc.
Ashish Rajbhandari, Ph. D.
Asawari Sathe, M. Sc.
Andrew J. Patterson, CFA Harshdeep Ahluwalia, M. Sc.
Adam J. Schickling, CFA
Économiste principal Stratège principal en placements
Christos Tasopoulos, M. Sc.
Haifeng Wang, Ph. D.
Europe
Peter Westaway, Ph. D., économiste en chef pour l’Europe
Jack Buesnel
Alexis Gray, M. Sc. Jonathan Lemco, Ph. D.
Ankul Daga, CFA
Économiste principale Stratège principal en placements
Alexis Gray, M. Sc.
Note du rédacteur William Palmer
La présente publication est une mise à jour des Perspectives Shaan Raithatha, CFA
économiques et des marchés de Vanguard pour 2019 couvrant
les principales économies mondiales. À l’aide des simulations Giulio Renzi-Ricci, M. Sc.
du Vanguard Capital Markets Model et d’autres analyses, nous
prévoyons aussi le rendement futur d’un large éventail de
catégories de titres à revenu fixe et d’actions. Asie-Pacifique
Qian Wang, Ph. D., économiste en chef
Remerciements pour l’Asie-Pacifique
Nous remercions Kristen M. Storti, Donald B. Foote III et Matthew C. Tufano
Andrew S. Clarke, CFA, pour leur importante contribution dans
la rédaction du présent document et reconnaissons le travail Beatrice Yeo
de l’équipe Global Economics and Capital Markets Outlook.
De plus, nous aimerions remercier le Vanguard Investment
Strategy Group pour son travail et ses efforts soutenus qui ont
permis de donner vie à ce document.
2Table des matières
Sommaire des perspectives mondiales........................................................................................4
I. Perspectives économiques mondiales....................................................................................6
Économie mondiale : croissance plus lente........................................................................................................ 6
Perspectives de croissance mondiale : ralentissement vers les moyennes historiques................................... 12
États-Unis : vers un atterrissage en douceur.................................................................................................... 16
Canada : les problèmes du commerce et de la consommation........................................................................ 20
Zone euro : une croissance stable pendant la normalisation de la politique monétaire................................... 22
Royaume-Uni : le Brexit reste l’inconnue.......................................................................................................... 23
Chine : de nouvelles priorités politiques sur fond de risques croissants.......................................................... 25
Japon : pas d’issue, mais plus de souplesse.................................................................................................... 28
Marchés émergents : un ensemble disparate................................................................................................... 31
II. Perspectives des marchés financiers mondiaux........................................................... 33
Marchés boursiers mondiaux : risques élevés, rendements faibles................................................................. 33
Marchés mondiaux des titres à revenu fixe : de meilleures perspectives........................................................ 36
Incidence sur le portefeuille : une trajectoire de faibles rendements .............................................................. 38
III. Annexe........................................................................................................................................................ 43
À propos du Vanguard Capital Markets Model.................................................................................................. 43
Simulations à partir d’indices............................................................................................................................. 43
Remarques concernant les distributions de rendement liées aux actifs
Les distributions de rendement liées aux actifs indiquées dans le présent document représentent l’opinion de Vanguard
concernant la fourchette possible des primes de risque au cours des dix prochaines années. Ces prévisions à long terme ne
doivent pas être interprétées comme étant une opinion à court terme. Ces rendements à long terme possibles sont générés par
le Vanguard Capital Markets Model (VCMM) et sont conformes aux opinions collectives de notre Investment Strategy Group. Les
primes de risque prévues – et l’incertitude entourant ces prévisions – comptent parmi les nombreuses données qualitatives et
quantitatives utilisées dans la méthodologie de placement et le processus de constitution de portefeuille de Vanguard.
IMPORTANT : Les projections et les autres données générées par le VCMM en ce qui concerne la vraisemblance des
résultats de placements divers sont de nature purement hypothétique; de plus, elles ne reflètent aucunement des
résultats de placement réels et ne sauraient garantir les résultats futurs. La distribution des rendements calculés par le
VCMM provient de 10 000 simulations effectuées pour chaque catégorie d’actif modélisée. Les simulations sont en date
du 30 septembre 2018. Les résultats du modèle peuvent varier à chaque utilisation et dans le temps. Pour en savoir plus,
voir la partie de l’annexe intitulée « À propos du Vanguard Capital Markets Model ».
3Méthode prévisionnelle propre à Vanguard
Pour prévoir l’avenir avec toutes les précautions voulues, Vanguard a longtemps été d’avis que les prévisions
sur les marchés devaient être envisagées dans un cadre probabiliste. Les principaux objectifs de la présente
publication annuelle sont de décrire les distributions prévues des rendements à long terme pour aider à prendre
des décisions en matière de répartition stratégique de l’actif et de présenter les raisons justifiant les fourchettes
et les probabilités des résultats possibles. La présente analyse présente nos perspectives mondiales du point de
vue d’un investisseur américain détenant un portefeuille libellé en dollars canadiens.
Sommaire des perspectives mondiales Aux États-Unis, nous nous attendons à ce que l’inflation
de base reste proche de 2 % ou en deçà jusqu’à la fin
Économie mondiale : croissance plus lente de 2019; une escalade des tarifs douaniers affecterait
Alors que la croissance économie mondiale entame seulement temporairement l’inflation de base américaine.
sa dixième année, les craintes d’une récession Au Canada, la croissance devrait baisser en dessous de
imminente se multiplient. Bien que plusieurs facteurs 2 %, principalement en raison des défis liés au commerce
feront augmenter le risque de récession en 2019, un et à la consommation des ménages. En Europe et au
ralentissement de la croissance – dicté par les États-Unis Japon, les pressions sur les prix seront susceptibles
et la Chine – demeure l’issue la plus probable. En bref, d’augmenter graduellement avec le resserrement du
la croissance économique devrait ralentir, sans toutefois marché de l’emploi, mais l’inflation de base devrait rester
s’éclipser. bien en deçà de 2 %. Une hausse des salaires est
probable, oui, mais une hausse de l’inflation, non.
Nous nous attendons à ce que l’économie mondiale
continue de croître, mais à un rythme plus lent au cours Politique monétaire : la convergence s’est amorcée,
des deux prochaines années, provoquant par moments de la Fed s’est arrêtée juste avant 3 %
soi-disant épisodes de peur. En 2019, la croissance
économique aux États-Unis devrait retomber à un taux Alors que l’inflation se rapproche de la cible, que les
plus soutenable de 2 %, car les avantages des politiques risques pour la stabilité financière augmentent et que les
monétaires et budgétaires expansionnistes taux de chômage se rapprochent du plein-emploi, les
s’estomperont. L’Europe et le Japon sont au début du banques centrales mondiales maintiendront leur
cycle économique, mais nous nous attendons à ce que la normalisation progressive.
croissance reste modérée.
Aux États-Unis, nous nous attendons à ce que la Fed
Sur les marchés émergents, la croissance de la Chine atteigne le taux final de ce cycle à l’été 2019, ce qui
demeurera aux alentours de 6 % grâce aux mesures de établirait la fourchette du taux directeur entre 2,75 % et
relance accrues mises en place pour maintenir cette 3 %, avant d’interrompre les hausses supplémentaires
cadence. Les tensions commerciales non résolues entre compte tenu de l’inflation stationnaire et du
les États-Unis et la Chine demeurent à notre avis un des ralentissement de la croissance. Les autres banques
plus importants facteurs de risque, outre le resserrement centrales des pays développés commenceront seulement
plus vigoureux que prévu de la part de la Réserve fédérale à relever les taux d’intérêt par rapport au plancher
si le taux de chômage aux États-Unis se rapproche d’après-crise. Nous attendons une première hausse de
des 3 %. taux de la Banque centrale européenne à la fin de 2019,
suivie d’une augmentation progressive très lente.
Le Japon est en retard sur les autres, et nous ne
Inflation mondiale : peu probable qu’elle dépasse 2 % prévoyons pas de hausse de taux en 2019, bien qu’un
Les perspectives précédentes de Vanguard avaient prévu ajustement du cadre de sa politique monétaire devrait
que les forces à long terme de la mondialisation et des réduire le risque croissant menaçant la stabilité financière.
avancées technologiques rendraient l’atteinte d’une Les pays des marchés émergents ne sont pas maîtres de
inflation de 2 % plus difficile aux États-Unis, en Europe, leur destin, et seront forcés de resserrer leurs taux de
au Japon et ailleurs. En 2018, nous avons prévu avec concert avec la Fed, tandis qu’en Chine le scénario le plus
exactitude un raffermissement cyclique de l’inflation de probable est une nouvelle légère dépréciation de la
base à l’échelle de différentes économies. En 2019, nous monnaie atténuée par le resserrement des contrôles
ne voyons pas de risque important causé par d’autres des capitaux.
fortes hausses de l’inflation de base, malgré des taux de
chômage plus bas et des salaires plus élevés, car
l’inflation prévisionnelle reste bien ancrée.
4Perspectives de placement : on n’a rien sans rien Les rendements des marchés boursiers mondiaux
Étant donné le ralentissement de la croissance, les taux devraient s’établir entre 3,5 % et 5,5 % pour les
d’inflation disparates et la normalisation continue des investisseurs en dollars canadiens, soit légèrement
politiques monétaires, la volatilité des marchés financiers en dessous des prévisions de l’année dernière.
devrait s’accentuer. Nos prévisions de rendement sur Cela demeure nettement inférieur aux décennies
dix ans restent prudentes en raison des valorisations précédentes et aux années après la crise, lorsque les
élevées et des faibles taux sans risque des principaux actions mondiales grimpaient de 12,7 % par année par
marchés. rapport au creux du marché. Nous prévoyons toutefois
une amélioration des perspectives de rendement des
Le rendement des titres à revenu fixe canadiens a de pays développés autres que les États-Unis grâce aux
fortes chances de se situer dans une fourchette de 2,5 % valorisations légèrement plus intéressantes (un facteur clé
à 3,5 %, stimulé par des hausses des taux d’intérêt et des primes de risque des actions) combinées à des taux
des taux de rendement sur toute la courbe pendant la sans risque plus élevés que prévu.
normalisation de la politique monétaire. Ceci se traduit
par des perspectives de croissance de 1,5 % à 3,5 %, Comme cela a été le cas l’année dernière, le risque d’une
légèrement plus élevées que l’année dernière. correction pour les actions et les autres actifs à bêta élevé
devrait être considérablement plus élevé que pour les
portefeuilles de titres à revenu fixe de grande qualité.
Indices utilisés dans nos calculs historiques
Les rendements à long terme de nos portefeuilles hypothétiques sont établis à partir de données sur des indices
de marché appropriés allant jusqu’en septembre 2018. Nous avons choisi ces indices de référence afin de disposer
des meilleures données historiques possible et avons choisi des répartitions globales qui correspondent aux
directives de Vanguard concernant la construction de portefeuilles diversifiés.
Obligations canadiennes : Bloomberg Barclays Canadian Aggregate Bond Index depuis 2002.
Obligations mondiales hors Canada : Citigroup High Grade Index (CAD Hedged) de 1971 à 1972;
Lehman Brothers US Long Credit AA Index (CAD Hedged) de 1973 à 1975, Bloomberg Barclays U.S. Aggregate
Bond Index (CAD Hedged) de 1976 à 1989, Bloomberg Barclays Global Aggregate Bond Index (CAD Hedged)
de 1990 à août 2000 et Bloomberg Barclays Global Aggregate ex Canada Bond Index (CAD Hedged) par la suite.
Obligations mondiales : de 1971 à 2002, obligations mondiales hors Canada comme défini ci-dessus. Après 2002,
60 % obligations canadiennes et 40 % obligations mondiales hors Canada, avec rééquilibrages mensuels.
Actions canadiennes : MSCI Canada Index depuis 1970.
Actions mondiales hors Canada : MSCI World Index de 1971 à 1988 et MSCI All Country World Index par la suite.
Actions mondiales : de 1970 à 1971, 100 % actions canadiennes comme défini ci-dessus. Après 1971, 30 %
actions canadiennes et 70 % actions mondiales hors Canada, avec rééquilibrages mensuels.
Inflation canadienne : indice des prix à la consommation du Canada depuis 1970.
5I. Perspectives économiques Notre analyse des fondamentaux et les facteurs de
récession historiques nous amènent à conclure qu’une
mondiales expansion continue, bien que réduite – plutôt qu’un
effondrement imminent – est le scénario le plus probable
pour l’économie mondiale en 2019. Cependant, les
prévisions ne sont pas optimistes. Le ralentissement prévu
de la croissance mondiale dans les deux prochaines
Économie mondiale : croissance plus lente années – causé par le retrait des mesures de relance
Alors que la croissance économie mondiale entame sa budgétaire américaines, la politique plus restrictive de la
dixième année, les craintes d’une récession imminente se Réserve fédérale et le ralentissement persistant de la
multiplient. Bien que plusieurs facteurs fassent augmenter croissance chinoise – est menacé par des risques
le risque de récession en 2019, un ralentissement de la économiques et de marché.
croissance – dicté par les États-Unis et la Chine – demeure
l’issue la plus probable. Les estimations des risques les plus importants pour 2019
(voir la figure I-5 à la page 10) proviennent de notre équipe
Nos perspectives économiques mondiales sont fondées sur d’économistes de l’Investment Strategy Group.
les éléments suivants :
Cycle économique mondial
• une évaluation de l’étape du cycle commercial dans
laquelle se trouve chacune des principales économies L’inquiétude relative à une récession mondiale imminente
mondiales (figure I-1); repose souvent sur l’hypothèse que l’expansion
américaine – qui compte parmi les plus longues de
• une évaluation des effets que les mesures de politique l’histoire – est clairement entrée dans les dernières phases
récentes et prévues (budgétaires, monétaires et du cycle économique. Pendant un cycle économique
commerciales) auront sur la croissance économique et typique, l’économie traverse différentes phases : le début
l’inflation, entre autres, en 2019 et par la suite (voir les de cycle marqué par une forte reprise qui suit une
perspectives régionales); récession; le milieu de cycle, pendant lequel l’économie
approche puis dépasse la pleine capacité et la croissance
• les probabilités des différents facteurs de risques et
atteint un sommet; et la fin de cycle, pendant laquelle
hypothèses pouvant modifier notre scénario de base
l’économie ralentit et retombe dans une récession.
(voir la figure I-5 à la page 10).
FIGURE I-1
À quel moment de leur cycle économique en sont les pays?
Début de Milieu de Phase finale de Fin de
supérieure au potentiel
l’expansion l’expansion l’expansion l’expansion
Croissance du PIB
É.-U.
Royaume-Uni
Zone
euro Chine
Australie Canada
Inde Mexique
Japon Russie
Brésil
Croissance du PIB
inférieure au potentiel
Fourchette des Afrique
cycles des du Sud
différents
pays
La taille du cercle correspond au PIB du pays (2017).
Remarques : L’axe vertical représente le taux de croissance du PIB par rapport au taux de croissance potentiel de chaque pays, représenté par la ligne horizontale. Il n’y a pas de
limite de durée inhérente à chaque phase; différentes économies traversent les phases à différentes vitesses. La fin de l’expansion est marquée par une croissance inférieure à la
moyenne, ce qui peut ne pas correspondre à la définition courante d’une récession caractérisée par deux trimestres consécutifs de croissance négative du PIB réel.
Sources : Vanguard et le Fonds monétaire international (FMI).
6Cependant, la figure I-1 montre que les États-Unis ne font Un des moyens d’évaluer le risque d’une récession
que s’approcher des derniers stades de l’expansion, pendant américaine est d’évaluer la distance qui sépare l’économie
lesquels les déséquilibres s’accentuent, la croissance de son point de bascule dans le cycle. La figure I-2 présente
commence à ralentir et les risques de récession augmentent. une évaluation quantitative du stade actuel du cycle
Les autres principales économies, comme l’Europe et le économique des États-Unis. Les cercles indiquent que
Japon, sont plus loin derrière, car leur retour à la pleine l’économie vient à peine d’entrer en phase de transition vers
capacité a été plus lent. les dernières étapes de l’expansion, malgré la longueur
presque record de la reprise. En d’autres termes, les
Les États-Unis étant la première économie mondiale, ils fondamentaux actuels, comme la demande des
jouent évidemment un rôle essentiel dans l’évolution du consommateurs, les bilans des ménages, l’inflation des prix
cycle économique mondial, si bien que la majorité des et la position actuelle de la politique monétaire, suggèrent
récessions américaines font partie des récessions mondiales. que la reprise américaine pourrait continuer au moins
jusqu’en 2020.
FIGURE I-2
Encore trop tôt pour parler d’une récession aux États-Unis
Comparaison du niveau actuel des fondamentauxavec ceux des cycles économiques précédents
a. L’indice cyclique se rapproche seulement maintenant des b. Plusieurs indicateurs ne présentent pas d’extrêmes
niveaux des dernières étapes du cycle
2,5 Situation actuelle 2007 2001
2001
2,0
Fourchettes des niveaux de l’indice à différents moments
Capacités
excédentaires
1,5
Situation actuelle
du cycle économique (résultats à zéro)
Pressions
1,0 sur les prix
2007 0,5 Demande
0
Humeur
–0,5
Endettement
–1,0
Bénéfices
–1,5
Services
–2,0 financiers
–2,5
Prix des actifs
Début du cycle Milieu du cycle Fin du cycle
Politique
monétaire
Remarques : La figure I-2a montre les fourchettes historiques d’un indice cyclique à divers moments du cycle économique. L’indice est représenté au niveau zéro et est pondéré en
fonction des principales composantes de 25 indicateurs économiques (ci-dessous). Le cycle économique est déterminé par des observations historiques de l’écart de production.
La figure I-2b affiche les composantes sous-jacentes de l’indice cyclique présenté dans la figure I-2a, lequel compare le niveau actuel aux données historiques observées. Les points
de données de 2007 et 2001 indiquent la position de l’indice et des composantes 12 mois avant le début de la récession. Indicateurs sous-jacents : Capacité excédentaire = écart de
production, écart du taux de chômage entre U3 et U6 par rapport au TCIS. Pressions sur les prix = dépenses personnelles de consommation (DPC), DPC de base, salaires horaires
moyens, coûts unitaires du travail. Demande = mise en chantier de nouvelles maisons, investissements résidentiels, investissements non résidentiels, consommation de biens
durables. Humeur = optimisme des entreprises, humeur des consommateurs, confiance des consommateurs. Endettement = ratio des obligations financières des ménages, dette
non financière des entreprises, Senior Loan Officer Opinion Survey de la Réserve fédérale sur les conditions de prêt aux consommateurs, aux entreprises commerciales et
industrielles. Bénéfices = profits des entreprises. Données financières = indice des conditions financières de Vanguard, courbe des taux (mesurée comme la différence entre les
taux des obligations du Trésor américain à échéance constante à 3 mois et 10 ans). Prix des actifs = juste valeur du ratio CBCC de Vanguard, écart de rémunération des titres de
société et des titres à rendement élevé corrigé des effets de la clause de remboursement anticipé. Politique monétaire = taux des fonds fédéraux par rapport au taux neutre estimé
selon le modèle Laubach-Williams (2003). Période des données : du premier trimestre 1980 à aujourd’hui.
Sources : Vanguard, Data Buffet de Moody’s Analytics, Federal Reserve Bank of St. Louis, Laubach-Williams (2003).
7D’autres indicateurs, cependant, montrent clairement un cas, la croissance rapide des prêts à effet de levier, qui
ralentissement de la croissance et un risque plus élevé de représente environ 50 % de la totalité des titres de créance
récession, y compris des marchés du travail tendus et des de sociétés émis en 2018 selon le Fonds monétaire
valorisations élevées (comme les ratios cours/bénéfice et international (FMI), est particulièrement alarmante. À mesure
les faibles écarts de taux). que le cycle économique continuera de mûrir et que les
conditions financières deviendront progressivement plus
Selon la figure I-2, les probabilités d’une récession aux strictes en 2019, l’économie mondiale sera moins en
États-Unis qui ferait dérailler la croissance de l’économie mesure de soutenir une telle croissance du crédit (Chen et
mondiale sont d’environ 30 % à l’aube de 2019. Kang, 2018). La figure I-3 montre que la rapide expansion
La croissance aux États-Unis en 2019 devrait ralentir, sans du crédit finira par s’essouffler entraînant ainsi des
toutefois passer au-dessous de zéro. ralentissements économiques.
La croissance de l’endettement mondial est un risque Même si de nombreuses économies des marchés
modéré, quoique persistant, qui menacera l’économie émergents sont vulnérables, la Chine est le principal facteur
mondiale en 2019 (et par la suite). En partie en raison de la de risque en raison de la taille de son économie, de
politique monétaire mondiale extrêmement accommodante, l’endettement très élevé des entreprises et de
des niveaux d’endettement qui ont rarement été aussi, voire l’augmentation rapide de la dette des ménages. Le profil de
plus, élevés à l’échelle mondiale et qui pourraient engendrer crédit de la Chine s’est légèrement stabilisé en 2017 et 2018,
la prochaine crise. Le ratio mondial de la dette sur le PIB grâce à une reprise de la croissance nominale et à la
s’élève à 220 % pour 2018, en hausse par rapport à campagne de désendettement financier du gouvernement.
175 % en 2008. De plus, une crise de la dette des marchés émergents
typique qui serait déclenchée par le retrait du financement
Deux segments des marchés mondiaux de la dette sont étranger est peu probable, étant donné que 90 % de la dette
particulièrement inquiétants : la dette des pays émergents chinoise est nationale. Parallèlement, comme la croissance
libellée en monnaie forte et la dette non financière des menace de ralentir, le gouvernement chinois a mis en place
entreprises aux États-Unis et en Europe. Dans le dernier de nouvelles mesures d’assouplissement monétaires
FIGURE I-3
La majorité des booms du crédit finissent par ralentir la croissance, ce qui constitue un défi
pour 2019
2
1
Variation en points de pourcentage
0
de la croissance du PIB
–1
–2
–3
–4
–5
–6
–7
–8
30 80 130 180 230 280
Variation en points de pourcentage du ratio crédit/PIB
Marchés développés
Marchés émergents
Remarques : Un boom du crédit est défini comme une période pendant laquelle le ratio de crédit sur le PIB augmente à un rythme d’au moins 30 % sur une période mobile
de cinq ans. La variation du ratio de crédit sur le PIB est la différence entre le ratio de crédit sur le PIB au début du boom et celui au pic de croissance du taux, encore une fois
sur une période mobile de cinq ans. La variation de la croissance du PIB est l’écart de croissance moyenne entre la période de cinq ans postérieure au boom et la période de
cinq ans antérieure au boom.
Source : Calculs de Vanguard, fondés sur des données de Bloomberg, du FMI et de la Banque des règlements internationaux.
8et budgétaires. Ces mesures de relance, ainsi que les Comme l’inflation dans la majorité des marchés développés a
contrôles accrus du capital, permettront très probablement baissé à des niveaux plus souhaitables depuis le début des
d’éviter une crise à court terme en Chine et une propagation années 1990, principalement en raison de l’importance
à l’économie mondiale. Même si la Chine retardera accordée par les banques centrales aux cibles explicites ou
probablement d’importantes réformes à long terme, sa implicites d’inflation, les sources (ou les facteurs) des replis
croissance à court terme ne devrait pas chuter. mondiaux ou régionaux ont dépassé les pressions habituelles
liées à l’inflation, tout comme dans les années 1970.
D’où pourrait venir la prochaine récession?
Pour comprendre les facteurs pouvant causer une récession Cependant, l’économie mondiale n’a pas vécu de chocs
mondiale aujourd’hui, il est utile d’examiner les facteurs ayant mondiaux importants liés à l’inflation pendant les quarante
accéléré les replis dans le passé (figure I-4). Une analyse dernières années. La raison derrière la forte baisse des
plus systématique, incluant un échantillon historique de récessions liées à l’inflation depuis les années 1980 est que
108 récessions ayant eu lieu dans 23 marchés développés au les banques centrales ont appris à agir de manière préventive
cours des 60 dernières années, montre que la longueur de dans le cas de chocs causés par l’inflation, en anticipant les
l’expansion est une condition essentielle, mais pas suffisante, flambées inflationnistes des prix et des salaires et en gérant
d’une récession. En conséquence, la durée de la reprise offre mieux les attentes du marché.
peu d’information sur les causes, l’ampleur, voire le moment,
de la prochaine récession. En 2019, nous n’entrevoyons pas de risque important d’une
forte augmentation de l’inflation de base, malgré des taux de
chômage plus bas et de salaires plus élevés, à condition que
l’inflation prévisionnelle reste bien stable.
FIGURE I-4
Les facteurs d’inflation varient
Facteurs de récessions spécifiques de 108 paysdepuis 1960
1960 à 1989 1990 à aujourd’hui
Inflation
Pressions externes
21 récessions sur 23 ont Les causes des 85 récessions
Déséquilibre financier
engendré de l’inflation sont plus variées
Chute des prix des produits de base
Autre
1960 1970 1980 1990 2000 2010
Remarques : Les récessions sont définies comme deux trimestres consécutifs de croissance négative du PIB réel. Nous avons examiné 23 économies développées
depuis 1960, ou depuis les premières données trimestrielles disponibles. Les récessions sont classées en fonction de divers indicateurs macroéconomiques et d’une analyse
historique. Les récessions inflationnistes sont celles où l’inflation régionale moyenne est supérieure à 4 % dans les 12 mois précédant le début de la récession. Les pressions
externes correspondent à des récessions causées par la faiblesse de la demande d’exportation. Le déséquilibre financier correspond principalement à une mauvaise répartition
du capital, soit en raison du niveau non viable des titres de capitaux, des prix des maisons ou des titres de créance qui exerce une pression élevée sur le secteur financier.
L’effondrement des prix des produits de base est plus susceptible de toucher les économies fondées sur l’exportation de produits de base. Parmi les exemples de facteurs
idiosyncrasiques (autres), citons les événements météorologiques, les augmentations des taxes et les événements politiques.
Source : Calculs de Vanguard, d’après des données de Thomson Reuters, de Data Buffet de Moody’s Analytics et d’Associated Press.
9Fiche d’évaluation des risques de Vanguard Dans l’ensemble, le risque principal qui menace nos
Même si nous ne prévoyons pas une récession mondiale prévisions est celui d’une Réserve fédérale trop brutale qui
dans notre scénario de base, un grand éventail de causes continuerait à augmenter les taux au-delà de 3 % en 2019,
pourrait déclencher un repli mondial. peut-être en raison d’une augmentation temporaire de
l’inflation de base ou des salaires. Ce risque, s’il se
La figure I-5 décrit certaines des inquiétudes mondiales concrétise en 2019, augmenterait de façon importante les
au centre des préoccupations des investisseurs à l’aube chances d’une récession aux États-Unis en 2020. Cela aurait
de 2019. Pour chaque risque potentiel, elle indique les également une incidence négative sur les pays des marchés
probabilités des scénarios de hausse, de baisse et de base émergents qui dépendent de financement en dollars et sont
en fonction de notre évaluation des risques. à la merci d’une appréciation du dollar. Les autres risques
sont accompagnés de plus faibles probabilités, même si
certains d’entre eux sont corrélés.
FIGURE I-5
Risques mondiaux menaçant les perspectives
Évaluation des risques de Vanguard
2019
Risques mondiaux Description Scénario négatif Scénario de base Scénario positif
27 % 52 % 21 %
Normalisation La nature extrême des Erreur politique aux Atterrissage en douceur Atterrissage en douceur
des politiques mesures de relance États-Unis : La Fed des États-Unis de 2,75 % des États-Unis à 3 % ou
monétaires actuelles, le caractère continue de resserrer sa à 3 %. La normalisation plus. Le bond de
mondiales inédit du resserrement politique au-delà du progressive de la Banque productivité entraîne une
quantitatif et l’incertitude facteur R et la courbe des centrale européenne et de accélération de la
au sujet du caractère taux se renverse. la Banque d’Angleterre a croissance sans inflation
neutre de la politique La Banque centrale débuté. La croissance et fait augmenter le
(facteur R). européenne ou la mondiale ralentit et revient facteur R. La croissance
Banque d’Angleterre aux normales historiques. tendancielle mondiale
suspend son programme augmente sans inflation
de normalisation, mondiale.
augmentant ainsi la
divergence des taux
directeurs à
l’échelle mondiale.
18 % 53 % 29 %
Guerre La guerre commerciale La guerre commerciale La guerre commerciale Les États-Unis et la Chine
commerciale et bilatérale entre les États- dépasse les droits de s’intensifie et le niveau trouvent une entente
protectionnisme Unis et la Chine continue douane et évolue en des droits de douane et bilatérale. Les droits de
de s’envenimer. Les restrictions quantitatives, de la couverture des douane diminuent.
droits de douane peuvent boycottages, etc., avec importations augmente.
être augmentés et des représailles musclées Incidence de 30 à
remplacés par des de la Chine. Les risques 50 points de base sur
barrières non tarifaires. géopolitiques augmentent. l’économie mondiale.
L’incidence sur la
croissance du PIB pourrait
dépasser les 100 points
de base.
23 % 57 % 20 %
Instabilité de Les inquiétudes Les flux de capitaux De nouvelles mesures La signature d’une
l’économie concernant la possibilité s’intensifient sur fond de d’assouplissement entente commerciale
chinoise d’un atterrissage brutal nouvelle escalade de la monétaire et budgétaire entre les États-Unis et la
en Chine redoublent, en guerre commerciale et de soutiendront la demande Chine ou la mise en place
raison des répercussions hausse des taux intérieure, alors que les d’une politique trop
négatives du directeurs de la Fed. risques menaçant la conciliante sont
désendettement financier Les décideurs ne stabilité financière susceptibles d’augmenter
et de la détérioration parviennent pas à créer resteront sous contrôle. les probabilités de
continue anticipée des une relance suffisante. La croissance globale croissance.
relations entre la Chine et La croissance globale est devrait baisser à 6 % ou
les États-Unis. inférieure à 6 %. 6,3 % pour 2019.
10L’accroissement des tensions commerciales entre les Nous pensons également qu’en Europe, une escalade du
États-Unis et la Chine et un nouveau ralentissement de la conflit entre le gouvernement italien et les législateurs
croissance économique de la Chine sont deux facteurs que européens qui pourrait pousser l’Italie à sortir, in extremis,
nous avons pris en compte dans notre scénario de base de la zone euro, pose un risque important de perturbation
pour 2019. Ces deux facteurs (corrélés) freinent déjà de l’activité économique. Les risques liés au Brexit
légèrement la croissance mondiale dans notre scénario de continuent de freiner l’économie du Royaume-Uni et, dans
base, mais le risque est qu’ils sont susceptibles de une moindre mesure, celle de l’Europe, mais nous ne
continuer de ralentir la demande mondiale et, au final, la considérons pas cela comme un des risques majeurs
croissance mondiale. susceptibles d’entraîner un repli mondial.
FIGURE I-5 (suite)
Risques mondiaux menaçant les perspectives
Évaluation des risques de Vanguard
2019
Risques mondiaux Description Scénario négatif Scénario de base Scénario positif
16 % 68 % 16 %
Une aggravation des
Risque Le gouvernement italien Le gouvernement italien Le gouvernement italien
tensions causées par
d’éclatement de maintient une politique revoit sa politique fait complètement
l’Italie. Le risque est que
la zone euro budgétaire accommodante budgétaire et respecte machine arrière et établit
la Commission
ce qui entraîne des les règles de l’UE et les un plan d’austérité
européenne applique des
sanctions de l’Union tensions commerciales budgétaire qui entraîne
sanctions à l’Italie, ce qui
européenne, déclenchant s’estompent, mais le une baisse plus rapide
accentue le ressentiment
une crise politique et un désendettement des que prévu de la dette
des Italiens vis-à-vis de
départ éventuel de la zone secteurs public et privé publique et les
l’Union européenne et
euro. Cette sortie reste minime. Les inquiétudes relatives à
conduit le pays à sortir de
provoquera une crise plus inquiétudes relatives à l’éclatement de la zone
la zone euro.
généralisée dans la zone un éclatement de la zone euro disparaissent.
euro et le départ euro diminuent, mais
d’autres pays. ne disparaissent pas.
24 % 57 % 19 %
Crises liées à Les principaux facteurs Les guerres Les crises liées à Le niveau du dollar
l’endettement des cycles des marchés commerciales, un l’endettement des marchés américain se normalise,
des marchés émergents sont la ralentissement de émergents se limitent à car les banques centrales
émergents divergence monétaire l’économie chinoise ou un quelques cas particuliers. des marchés développés
mondiale, l’effet du dollar renforcement du dollar La convergence monétaire ont entamé une
américain sur la dette américain en raison de la mondiale et la stabilisation normalisation. Le contexte
libellée en dollars et la divergence persistante de l’économie chinoise favorable au risque
demande mondiale et des politiques monétaires réduisent le risque d’une permet aux marchés
chinoise de produits pourraient avoir des contagion à tous les émergents de traverser
de base. répercussions et entraîner marchés émergents. une période de
des crises généralisées « reprise en v ».
dans les marchés
émergents.
Remarque : Les probabilités de chaque scénario sont fondées sur les réponses moyennes à un sondage de l’équipe Global Economics and Capital Markets Outlook de Vanguard.
Source : Vanguard.
11Perspectives de croissance mondiale : Les indicateurs négatifs (rouges) sont associés à la
ralentissement vers les moyennes historiques balance commerciale, le revenu personnel disponible et
les demandes d’hypothèques. Les permis de
Tableaux de bord des principaux indicateurs construction et les ventes de nouveaux véhicules sont
économiques de Vanguard et croissance économique inférieurs aux moyennes historiques, mais montrent des
implicite pour 2019 signes de progression (indicateurs jaunes).
États-Unis : au-dessus de la moyenne, mais en baisse À l’aide d’une analyse de régression, nous avons établi
Notre tableau de bord exclusif des principaux indicateurs une distribution des scénarios possibles pour la
américains est un modèle statistique fondé sur plus de croissance de l’économie américaine en 2019 à partir de
80 principaux indicateurs économiques des grands nos indicateurs exclusifs (figure I-6b). La probabilité que
secteurs de l’économie des États-Unis. Comme le la croissance atteigne ou dépasse 3 % en 2019 (38 %)
montre la figure I-6a, en dépit de la grande proportion est nettement plus faible que la probabilité qu’elle
des indicateurs verts (données supérieures à la ralentisse (62 %). Notre scénario de base est que la
moyenne) du tableau à l’heure actuelle, un début croissance américaine devrait ralentir pour se rapprocher
d’augmentation des indicateurs rouges signale le début de sa tendance à long terme de 2 %.
d’un ralentissement graduel de l’économie américaine.
Les indicateurs les plus positifs (verts) sont ceux
associés à une confiance accrue des entreprises et des
consommateurs, à un resserrement du marché du travail
et à un renforcement du secteur manufacturier.
Figure I-6
a. Indicateurs économiques américains b. Distribution estimative des probabilités de croissance
de l’économie américaine
Probabilité
Probabilité d’un Croissance d’une
ralentissement en 2018 accélération
Croissance du PIB réel (sur 12 mois)
Indicateurs supérieurs/inférieurs
100 % 10 %
62 % 18 % 20 %
8
75 6 22 %
à la tendance
4 18 %
50 2 13 % 12 %
0 9%
8%
25 –2
–4
0 –6
2000 2006 2012 2018
Récession : moins de 0 %
Croissance supérieure à la tendance : Ralentissement : de 0 % à 1 %
confiance des entreprises et des consommateurs,
Fléchissement : de 1 % à 2 %
activité manufacturière, production industrielle
Inférieur à la tendance récente : de 2 % à 3 %
Indicateurs inférieurs à la tendance, mais
Croissance en 2018 : de 3 % à 4 %
momentum positif : permis de construire,
ventes de nouveaux véhicules Accélération : de 4 % à 5 %
Surchauffe : plus de 5 %
Indicateurs inférieurs à la tendance et
momentum négatif : balance commerciale,
revenu personnel disponible, demandes de
prêts hypothécaires
Croissance du PIB réel sur 12 mois (droite)
Remarques : La distribution de la croissance a été obtenue au moyen d’un autoamorçage appliqué aux résidus d’une régression effectuée à partir d’un ensemble
exclusif d’indicateurs économiques avancés et de données historiques; elle a été estimée de 1960 à 2018 et corrigée en fonction du taux de croissance tendancielle
variable dans le temps. La croissance tendancielle correspond à l’évolution de la croissance estimative future.
Source : Calculs de Vanguard, d’après des données de Moody’s Analytics Data Buffet et de Thomson Reuters Datastream.
12Canada : Ralentissement inférieur à la tendance et l’absorption des hausses d’intérêt par les
Nous prévoyons que la croissance baisse en dessous de consommateurs. Tout comme dans le passé, l’Ontario et
2 % en 2019, principalement en raison des défis liés au le Québec resteront les principaux moteurs de
commerce et à la consommation des ménages. Notre croissance de l’économie canadienne.
tableau de bord exclusif des principaux indicateurs
canadiens est fondé sur 30 principaux indicateurs La figure I-6d montre les probabilités des scénarios de
économiques des grands secteurs de l’économie des croissance possibles au Canada en 2019. La projection
États-Unis. Comme le montre la figure I-6c, il montre un de croissance du PIB de 2,1 % de la Banque du Canada
ralentissement de la croissance. Les indicateurs les plus tombe dans la fourchette de notre tendance centrale.
positifs (verts) sont ceux associés à une forte confiance La probabilité que la croissance se situe en deçà de la
des entreprises et du secteur manufacturier. Les tendance centrale est supérieure à celle qu’elle
indicateurs négatifs (rouges) sont associés aux salaires augmente au-dessus de 3,5 %. Les principaux risques
hebdomadaires, aux ventes au détail, au logement et aux extrêmes à surveiller comprennent la baisse des
prix des produits de base. Les nouvelles commandes et exportations, la baisse de la consommation des
la confiance des consommateurs demeurent à des ménages et un ralentissement du secteur immobilier.
niveaux modérés (indicateurs jaunes), mais devraient
fléchir en 2019 avec le ralentissement des exportations
Figure I-6 (suite)
c. Indicateurs économiques canadiens b. Distribution estimative des probabilités de croissance
au Canada
Probabilité d’un Croissance Probabilité
Croissance du PIB réel (sur 12 mois)
100 % 8% ralentissement en 2018 d’une accélération
Indicateurs supérieurs/inférieurs
6 40 % 39 % 21 %
75 4
à la tendance
2
50
0 25 %
–2 15 %
25 12 %
9%
–4
0 –6
2000 2006 2012 2018
Croissance supérieure à la tendance : Récession : moins de 0 %
confiance des entreprises, activité manufacturière Ralentissement : de 0 % à 1,5 %
Indicateurs inférieurs à la tendance, mais Croissance en 2018 : de 1,5 % à 3,5 %
momentum positif : nouvelles commandes, Accélération : de 3,5 % à 4,5 %
stocks, confiance des consommateurs
Surchauffe : plus de 4,5 %
Indicateurs inférieurs à la tendance et
momentum négatif : salaires hebdomadaires,
emplois, ventes au détail, permis de construire,
mises en chantier de maisons, prix des produits de base
Croissance du PIB réel sur 12 mois (droite)
Remarques : La distribution de la croissance a été obtenue au moyen d’un autoamorçage appliqué aux résidus d’une régression effectuée à partir d’un ensemble
exclusif d’indicateurs économiques avancés et de données historiques; elle a été estimée de 1960 à 2018 et corrigée en fonction du taux de croissance tendancielle
variable dans le temps. La croissance tendancielle correspond à l’évolution de la croissance estimative future.
Source : Calculs de Vanguard, d’après des données de Data Buffet de Moody’s Analytics et de Thomson Reuters Datastream.
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