Programme de suivi et de libération des captures accidentelles de tortues marines en République du Congo - Renatura Congo

 
Programme de suivi et de libération des captures accidentelles de tortues marines en République du Congo - Renatura Congo
Union européenne, US Fish and Wild life Service, Total E&P Congo, Disney Conservation Fund

                         Rapport Technique

                         Programme de suivi et de libération
                         des captures accidentelles de tortues
                         marines en République du Congo

   Rapport d’activité – Rénatura 2017

Renatura Congo –Programme de liberation des captures de tortues marines                                  1
Programme de suivi et de libération des captures accidentelles de tortues marines en République du Congo - Renatura Congo
Résumé
   1. Au cours de la dernière décennie, il a été reconnu que les captures accidentelles par la pêche artisanale
       sont une importante source de mortalité pour les vertébrés marins, tels que les mammifères marins, les
       oiseaux, les tortues et certaines espèces de requins.
   2. Entre septembre 2005 et décembre 2017 (n = 12,3 ans ou 148 mois), les communautés de pêche
       artisanale de la Baie de Loango en République du Congo ont été impliquées dans un programme
       participatif de suivi et de libération des captures accidentelles, dans lequel les pêcheurs artisanaux et les
       communautés locales étaient encouragés à signaler les tortues marines attrapées accidentellement dans
       les filets de pêche.
   3. En 2017, un total de 175 tortues marines a été capturé, les tortues vertes représentant une proportion
       significative de l’ensemble : 160 (≈91,4%). Les 8,6% restant sont composés de 8 tortues luths, 4 tortues
       olivâtres, 2 tortues imbriquées et 1 tortue marine d’espèce non-identifiée. En termes de taille, tortues
       vertes capturées étaient composées principalement de juvéniles (93%), tandis que l’ensemble des tortues
       olivâtres et luths était de taille adulte, et l’unique tortue imbriquée était de taille juvénile.
       Les tortues vertes représentaient donc la majorité des captures, dont 94,2% sont estimées comme de
       probables juvéniles, tandis que l’ensemble des tortues olivâtres et luths était de taille adulte, et que les
       tortues imbriquées étaient composées d’un adulte et d’un juvénile.
   4. Les comparaisons avec les données à long terme ont révélé que 2017 représentait la quatrième année
       consécutive durant laquelle le nombre de captures a diminué, avec une réduction de respectivement
       28% et 24% du nombre total de tortues marines et d’individus uniques capturés comparé aux données
       de 2016. Plus particulièrement, les captures de tortues vertes ont diminué de 94,6% depuis un pic de 2
       974 en 2012, à 160 en 2017. Des travaux supplémentaires seraient nécessaires pour comprendre les
       raisons d’une chute aussi prononcée des captures de tortues vertes.

   5. Les pêcheries artisanales sont largement répandues en République du Congo, opérant le long de
       l’ensemble du littoral. Par conséquent, les interactions entre les pêcheries artisanales et les tortues
       marines pourraient être bien plus nombreuses que celles de la Baie de Loango reportées ici. La pêche
       artisanale congolaise a donc le potentiel d’avoir un sévère impact sur les tortues marines dans la région,
       en agissant comme un point d’affaissement de la population, annulant les initiatives positives
       entreprises ailleurs le long du littoral central d’Afrique.

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                                    Table des matières

Résumé ............................................................................................................. 1

Table des matières ............................................................................................ 2

Introduction ........................................................................................................ 3

  Collecte de données participatives et le programme de libération de Rénatura

  Congo ............................................................................................................. 4

  Traitement des données ................................................................................. 5

Résultats ........................................................................................................... 6

  Composition et distribution des captures de tortues marines .......................... 6

  Distribution des tailles ..................................................................................... 7

  Tendances annuelles des captures............................................................... 10

  Tendances saisonnières des captures .......................................................... 12

Discussion ..................................................................................................... 15

Conclusion ..................................................................................................... 17

Remerciements .............................................................................................. 17

Réferences ..................................................................................................... 18

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Introduction
La République du Congo (Figure 1) est une région d’importance mondiale pour les tortues marines dans l’est de

l’Atlantique (Wallace et al., 2010a; Wallace et al., 2011), abritant d’importantes plages de ponte pour les

populations de tortues olivâtres (Lepidochelys olivacea) et de tortues luths (Dermochelys coriacea), ainsi que

des sites d’alimentation majeurs pour les tortues vertes (Chelonia mydas) et imbriquées (Eretmochelys

imbricata) (Godgenger et al., 2009; Witt et al., 2009; Metcalfe et al., 2015). Depuis 2011, ces quatre espèces de

tortues marines sont protégées par la loi et sont classées comme « Espèces Intégralement Protégées », qui ne

peuvent être tuées, capturées, détenues, transportées, commercialisées, importées ou exportées, à l’exception de

situation de légitime défense ou dans un but scientifique (Arrêté n°6075 du 9 avril 2011 déterminant les espèces

animales intégralement et partiellement protégées par la Loi No. 48/83 21/04/1983). Dans une perspective de

conservation, les 169 km de côtes littorales de la République du Congo sont gérés par deux organisations

distinctes. Les 60 km de plages de ponte situées au nord, à partir de la frontière Congo-Gabon, sont gérés par le

Ministère de l’Economie Forestière, du Développement Durable et de l’Environnement (MEFDDE) et la

Wildlife Conservation Society (WCS). Le reste du littoral de la République du Congo n’est actuellement pas

couvert par des mesures de conservation gouvernementales, par conséquent il fait l’objet depuis 2003 de

patrouilles de suivi quotidiennes par les équipes de l’organisation non gouvernementale (ONG) locale

« RENATURA CONGO, Association de conservation de la biodiversité » (désignée par la suite sous le nom de

Rénatura Congo).

Malgré l’augmentation des mesures de protection, les tortues marines sont toujours exposées à différentes

menaces en République du Congo, dont les captures accidentelles dans les filets de pêche en mer, la collecte

directe sur les plages de ponte, le développement côtiers et la pollution (largement associée au secteur

pétrochimique), l’érosion de la côte et la prédation des nids (Girard & Breheret, 2013). Toutefois, les

interactions avec les pêcheries ont été identifiées comme étant les plus préoccupantes au regard de la pression

considérable représentée par l’effort de pêche artisanale dans les eaux côtières et littorales de la République du

Congo (Metcalfe et al., 2016; Figure 1), ces espèces sont donc fréquemment capturées et/ou tuées dans les filets

de pêches (Girard et al., 2014). Par conséquent, pour faciliter les efforts de conservation les plus efficaces (tels

que la conception d’aires marines protégées et la gestion des pêcheries), Rénatura Congo a initié un programme

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de suivi et de libération des captures accidentelles dans la Baie de Loango (Figure 1). Ce programme a été

conçu spécifiquement pour évaluer la quantité, la composition, la répartition des tailles, ainsi que les tendances

inter et intra-annuelles (saisonnières) des captures de tortues marines associées au secteur de la pêche artisanale.

Ce rapport annuel présente donc les résultats du programme de libération de Rénatura Congo entre le 1er janvier

2017 et le 31 décembre 2017, en comparaison avec les résultats obtenus les années précédentes.

Collecte de données participatives et le programme de libération
de Rénatura Congo
La «science citoyenne» participative est souvent considérée comme un moyen efficace de renforcer

l'engagement et la sensibilisation du public dans la recherche et la conservation de la biodiversité (Silvertown,

2009), avec des programmes d’observations publiques et/ou de rapports de plus en plus adoptés pour collecter

rapidement de vastes volumes de données sur la répartition géographique et temporelle des vertébrés marins et

de leurs proies, à l’instar des cnidaires (e.g. Witt et al., 2012; Pikesley et al., 2014; Weber et al., 2014). En

septembre 2005, Rénatura Congo a initié un programme de suivi et de libération des captures accidentelles

auprès des communautés dépendantes de la pêche dans la Baie de Loango (Figure 1), dans lequel les pêcheurs

artisanaux et les communautés locales ont été encouragés à signaler les interactions entre les tortues marines et

les pêcheries, et plus particulièrement celles capturées accidentellement dans des filets de pêche. Quand une

tortue marine est signalée à Rénatura Congo, les informations de base relatives à chaque capture sont collectées

par le personnel local sur le terrain, incluant la date, l’heure, la localisation et le type et la méthode de

l’équipement de pêche associé à la capture (par exemple, le type de filet, la taille de la maille et l’emplacement

précis). L’espèce de la tortue capturée est identifiée, puis elle est sexée (dans la mesure du possible), mesurée

(longueur courbe de la carapace de l’encoche nucale à la pointe caudale – « curved carapace length notch to tip,

CCLn-t », et largeur courbe de la carapace à l’endroit le plus large de la carapace – « curved carapace width at

the widest part of the carapace, CCW » ; Bolten, 1999), et la présence de bagues d’identification sur les

nageoires est vérifiée. En l’absence de bagues d’identification, les tortues sont marquées avec des bagues

d’inconel (styles 49 ou 62, National Band and Tag, Kentucky, USA), lesquelles sont placées sur une ou sur les

deux nageoires (Balzas, 1999), puis sont relâchées le plus près possible de l’emplacement de capture original.

Afin d’assurer un engagement continu des pêcheurs, Rénatura Congo a adopté un système de compensation,

dans lequel le matériel de pêche associé à chaque capture est examiné par le personnel local, et en fonction de

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l’ampleur des dégâts, les pêcheurs sont dédommagés : (1) soit par du fil de pêche destiné à réparer des petites

sections du filet, soit (2) par des pièces complètes de filet quand les dégâts sont substantiels.

Traitement des données
Pour décrire les tendances inter et intra-annuelles (saisonnières) des captures de tortues marines, toutes les

données collectées entre septembre 2005 et décembre 2017 (n = 12,3 ans ou 148 mois) ont été utilisées. Pour

assurer la cohérence des comparaisons de donnés entre les années, seules les données à partir desquelles des

individus uniques pouvaient être identifiés ont été utilisées dans les analyses qui suivent. Un total de 18 317

captures, composées de 17 620 individus vivants (14 806 tortues vertes, 1 308 olivâtres, 1 094 luths, 411

imbriquées et 1 tortue marine non identifiée) et de 697 tortues marines mortes (354 tortues vertes, 246 olivâtres,

45 luths, 51 imbriquées et 1 tortue marine non identifiée) a été relevé par Rénatura Congo depuis 2005. Sur ces

18 317 captures, il manquait l’identification de l’espèce de 2 tortues, et 5% des enregistrements (n = 871)

n’avait pas de bagues d’identification sur les nageoires (il manquait à la fois les bagues sur la nageoire gauche et

sur la droite) permettant d’identifier les individus, elles ont donc été exclues. Ce tri a abouti à une gamme de

données contenant 17 444 enregistrements de captures, dans lequel un numéro d’identification (ID) unique a été

assigné à chaque individu, en créant un historique de toutes les bagues d’identification connues associé à chaque

bague de nageoire gauche et droite. Chaque historique individuel de tortue a alors été vérifié pour déceler de

potentiels duplicatas d’enregistrement et d’erreurs de numéros de bagues (en utilisant la combinaison de chiffres

comme filtre et en faisant une vérification croisée avec la base de données des bagues posées connues), ainsi

que des changements dans l'identification des espèces ou des rapports d'individus enregistrés comme morts

avant la dernière rencontre (c’est-à-dire vivant, mort, vivant). Un total de 89 erreurs de base de données a été

détecté, dont 36 enregistrements ont été corrigés et 53 exclus, aboutissant à un ensemble de données contenant

17 391 enregistrements de captures, comprenant 17 377 tortues vivantes et 14 mortes. Par conséquent, le jeu de

données final comporte ≈95% du jeu de données brutes original.

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Résultats

Composition et distribution des captures de tortues marines
Entre le 1er janvier 2017 et le 31 décembre 2017, un total de 175 captures de tortues marines (100% vivantes) a

été reporté aux employés locaux du programme de suivi et de libération des captures accidentelles de Rénatura

Congo, composé de 160 (≈91,4%) tortues vertes, 4 (2,3%) olivâtres, 8 (4,6%) luths, 2 (1,1%) imbriquées et 1

(0,6%) tortue marine d’espèce non identifiée (Tableau 1). Ces données représentent 169 individus uniques,

composés de 154 (91,1%) tortues vertes, 4 (2,4%) olivâtres, 8 (4,7%) luths, 2 (1,2%) imbriquées et 1 (0,6%)

tortue marine d’espèce non identifiée (Tableau 1).

Tableau 1 : Composition des captures de tortues marines signalées à Rénatura Congo en 2017.

                                    Nbr.        Pourcentage          Nbr.         Pourcentage
     Espèce                                                                                            Ratio
                                  Captures       Captures          Individus       Individus

     Tortue verte
                                     160            91.4%              154            91.1%            0.96
     (Chelonia mydas)

     Tortue olivâtre
                                       4             2.3%               4              2.4%                1
     (Lepidochelys olivacea)

     Tortue imbriquée
                                       2             1.1%               2              1.2%                1
     (Eretmochelys imbricata)

     Tortue luth
                                       8             4.6%               8              4.7%                1
     (Dermochelys coriacea)

     Non identifiée                    1             0.6%               1              0.6%                1

     Total                           175               -               169               -             0.97

Les tortues vertes représentent donc une importante proportion des captures de tortues marines signalées en

2017, dont environ 91% sont associées à des individus uniques (Tableau 1), soulignant que certains individus

ont été capturés à plus d’une occasion (NB : un ratio de 1 indique que toutes les captures sont des individus

uniques). De plus, sur les 175 tortues marines capturées en 2017, 159 (90,9%) ont été attrapées à Pointe

Indienne, les 16 (9,1%) captures de tortues marines restantes étant réparties entre Bibanga, Bas Kouilou, Djeno,

Matombi, Songolo and Tchilassi (Figure 1).

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Figure 1 : Distribution des captures de tortues marines dans la Baie de Loango (indiquée par le carré noir) en pourcentage

des captures totales en 2017, d’après les données relatives aux pêcheries artisanales de Metcalfe et al. (2016). Les données

des pêcheries artisanales représentent la somme du nombre moyen d’heures par séjour en mer pour tout le secteur de pêche

artisanale (artisanal et semi-artisanal), issues de trackers GPS déployés le long de la côte. Les pointillés rouges indiquent la

limite de la zone réservée exclusivement à la pêche artisanale, les pointillés bleus indiquent les contours de la zone

bathymétrique de 200 m à 1000 m. Notez que la zone économique exclusive du Congo est associée à la ligne

bathymétrique de 1500 m.

Distribution des tailles
La distribution des tailles de tortues marines est basée sur la taille (CCLn-t en centimètres) à la première capture

des tortues vivantes (quand les données de mesure étaient disponibles), ce qui signifie que chaque tortue a

contribué seulement une fois à la distribution. Pour nous permettre de déduire le stade de maturité à partir de la

longueur de la carapace des individus capturés, nous avons utilisé les données non publiées sur la taille

minimale (CCLn-t) des tortues marines femelles adultes relevées durant la ponte en République du Congo, pour

différencier les juvéniles des adultes possibles (Tableau 2) et calculé la taille moyenne (CCLn-t) lors de la

première capture pour chaque espèce (Tableau 3).

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Tableau 2 : Données non publiées sur la taille (CCLn-t en centimètres) des femelles adultes de tortues vertes, olivâtres,

luths et imbriquées relevées durant leur ponte en République du Congo. Statistiques descriptives présentées sous la forme

minimum-maximum et moyenne ± écart type (ET).

                                    Gamme de tailles                                                  Taille de
      Espèce                                                           Taille moyenne (cm)
                                       (min – max; cm)                                              l’échantillon

      Tortue verte
                                                70 – 108                      81 ± 11.9                     14
      (Chelonia mydas)

      Tortue olivâtre
                                                 56 – 84                      71 ± 2,9                   944
      (Lepidochelys olivacea)

      Tortue imbriquée
                                                 58 – 79                      70 ± 11,2                     3
      (Eretmochelys imbricata)

      Tortue luth
                                               112 – 180                      149 ± 7,5                  1428
      (Dermochelys coriacea)

Source des données : Wildlife Conservation Society (WCS), Parc Nationale de Conkouati-Douli, République du Congo.

Tableau 3 : Distribution des tailles à la première capture.

                                    Gamme de tailles                                                  Taille de
      Espèce                                                           Taille moyenne (cm)
                                       (min – max; cm)                                              l’échantillon

      Tortue verte
                                               34.5 – 82.5                    54.3 ± 9.0                 154
      (Chelonia mydas)

      Tortue olivâtre
                                                 65– 69                       67.6± 1.9                     4
      (Lepidochelys olivacea)

      Tortue imbriquée
                                                40.5 - 61                    50.8 ± 14.5                    2
      (Eretmochelys imbricata)

      Tortue luth
                                                140 - 168                    152.4 ± 9.6                    8
      (Dermochelys coriacea)

Pour les tortues vertes, la longueur courbe de la carapace (CCLn-t en centimètres) de l’ensemble des individus

à la première capture allait de 34,5 à 82,5 cm (moyenne ± ET 54,3 ± 9,0 cm ; médiane : 55,1 cm ; écart

interquartile (EI) : 47,75 - 60 cm ; n = 154 individus ; Tableau 3 ; Figure 2). Considérant que la taille minimale

(CCLn-t) relevée sur les tortues vertes en ponte en République du Congo est de 70 cm (Tableau 2), nous

estimons que 94,2% des individus étaient de possibles juvéniles lors de leur première capture.

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Figure 3 : Taille à la première capture des tortues vertes attrapées en 2016. Les barres en gris clair et gris foncé

représentent respectivement les juvéniles et les adultes (les valeurs représentent la taille moyenne à la première capture

pour chaque classe d’âge). Les tirets rouges (et la valeur) représentent la taille minimale enregistrée pour une tortue femelle

adulte en ponte en République du Congo (70cm CCLn-t).

Pour les tortues olivâtres, la longueur courbe de la carapace (CCLn-t en centimètres) de l’ensemble des

individus à la première capture allait de 65 à 69 cm (moyenne ± ET 67,6 ± 1,9 cm ; médiane : 68,3 cm ; EI :

66,9 - 69 cm ; n = 4 individus ; Tableau 3). Considérant que la taille minimale (CCLn-t) relevée sur les tortues

olivâtres en ponte en République du Congo est de 56 cm (Tableau 2), nous estimons que 100% des individus

étaient des adultes possibles lors de leur première capture.

Pour les tortues imbriquées, la longueur courbe de la carapace (CCLn-t en centimètres) de l’ensemble des

individus à la première capture allait de 40,5 à 61 cm (moyenne ± ET 50,8 ± 14,5 cm ; médiane : 50,8 cm ; EI :

45,6 - 55,9 cm ; n = 2 individus ; Tableau 3). Considérant que la taille minimale (CCLn-t) relevée sur les

tortues imbriquées en ponte en République du Congo est de 58 cm (Tableau 2), nous estimons que 50% de ces

individus étaient des adultes possibles.

Pour les tortues luths, la longueur courbe de la carapace (CCLn-t en centimètres) de tous les individus à la

première capture allait de 140 à 168 cm (moyenne ± ET 152,4 ± 9,6 cm ; médiane : 149,1 cm ; EI : 146,5 -

159,3 cm ; n = 8 individus ; Tableau 3). Considérant que la taille minimale (CCLn-t) relevée sur les tortues

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luths en ponte en République du Congo est de 112 cm (Tableau 2), nous estimons que 100% de ces individus

étaient des adultes possibles.

Tendances annuelles des captures
Pour décrire les tendances inter-annuelles des captures, nous utilisons le nombre total de tortues et le nombre

d’individus uniques capturés chaque année pour chaque espèce. Les données analysées révèlent qu’entre 2005 et

2017, le nombre total de captures chaque année s’étend de 175 en 2017 à 2 999 en 2012 (moyenne ± ET 1 338 ±

947 captures ; médiane : 1 436 captures ; EI : 353 – 2 135 captures ; n = 12,3 années ; Figure 3A), pour un

nombre d’individus uniques attrapés chaque année allant de 169 en 2017 à 1 973 en 2012 (moyenne ± ET 1 031

± 659 individus ; médiane : 1 217 individus ; EI : 317 – 1 628 individus ; n = 12,3 ans ; Figure 3A). En

comparaison avec 2016, les données de 2017 révèlent une diminution de respectivement 28% et 24% du nombre

total de tortues marines et d’individus uniques capturés. Cependant, les analyses interannuelles révèlent que

malgré ces changements, les tortues vertes représentent systématiquement une proportion significative des

captures signalées chaque année, comparées aux tortues olivâtres, luths et imbriquées (proportion moyenne ±

ET au cours des 12,3 ans : 0,84 ± 0,25 ; 0,09 ± 0,14 ; 0,05 ± 0,10; et 0,03 ± 0,04 respectivement pour les tortues

vertes, olivâtres, luths et imbriquées ; Figure 3B).

Figure 3 : Tendances interannuelles du (A) nombre total de tortues marines et des individus uniques capturés chaque

année, et, (B) proportion de tortues vertes, olivâtres, luths et imbriquées capturées au cours de chaque année.

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Pour les tortues vertes, le nombre de captures chaque année s’étend de 122 en 2005 à 2 974 en 2012 (moyenne ±

ET 1 130 ± 944 captures ; médiane : 750 captures ; EI : 348 – 1 702 captures ; n = 12,3 ans ; Figure 4A), pour

un nombre d’individus uniques capturés chaque année allant de 118 en 2005 à 1 951 en 2012 (moyenne ± ET

856 ± 647 individus ; médiane : 606 individus ; EI : 313 – 1 376 individus ; n = 12,3 ans ; Figure 4A).

Pour les tortues olivâtres, le nombre de captures chaque année s’étend de 0 en 2014 à 558 en 2007 (moyenne ±

ET 96 ± 182 captures ; médiane : 8 captures ; EI : 4 – 88 captures ; n = 12,3 ans ; Figure 4B), pour un nombre

d’individus uniques capturés chaque année allant de 0 en 2014 à 431 en 2007 (moyenne ± ET 81 ± 147

individus ; médiane : 8 individus ; EI : 4 – 75 individus ; n = 12,3 ans ; Figure 4B).

Pour les tortues luths, le nombre de captures chaque année s’étend de 0 en 2015 à 774 en 2007 (moyenne ± ET

81 ± 212 captures ; médiane : 9 captures ; EI : 7 – 15 captures ; n = 12,3 ans ; Figure 4C), pour un nombre

d’individus uniques capturés chaque année allant de 0 en 2015 à 628 en 2007 (moyenne ± ET 68 ± 172

individus ; médiane : 9 individus ; EI : 7 – 15 individus ; n = 12,3 ans ; Figure 4C).

Pour les tortues imbriquées, le nombre de captures chaque année s’étend de 1 en 2014 et 2016 à 173 en 2006

(moyenne ± ET 30 ± 52 captures ; médiane : 10 captures ; EI : 2 – 24 captures ; n = 12,3 ans ; Figure 4D), pour

un nombre d’individus uniques capturés chaque année allant de 1 en 2014 et 2016 à 143 en 2006 (moyenne ±

ET 26 ± 43 individus ; médiane : 9 individus ; EI : 2 – 23 individus ; n = 12,3 ans ; Figure 4D).

Pour chaque espèce, l’analyse des données disponibles depuis 2005 révèle qu’il y a une tendance générale à la

diminution du nombre de captures rapportées chaque année (Figure 4A). Celle-ci est plus notable pour les

tortues vertes qui ont vu un déclin de 94,6% des captures depuis un pic de 2 974 en 2012 jusqu’à 160 en 2017

(Figure 4A).

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Union européenne, US Fish and Wild life Service, Total E&P Congo, Disney Conservation Fund

Figure 4 : Tendances interannuelles du nombre total de tortues et d’individus de (A) tortues vertes, (B) olivâtres, (C) luths,

et (D) imbriquées capturées en République du Congo entre 2005 et 2017. Notez que l’axe y diffère entre les graphiques.

Tendances saisonnières des captures
Les analyses saisonnières du nombre total de captures rapportées chaque mois soulignent le fait que novembre

et décembre sont typiquement associés à un pic de captures de tortues marines (Figure 5A), qui est largement

constant au fil des années durant lesquelles le programme de suivi et de libération des captures accidentelles a

opéré (Figure 5B).

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Figure 5 : Tendances intra-annuelles (saisonnières) du (A) nombre total de captures enregistrées chaque mois (les

pointillés noirs indiquent la moyenne), et (B) la proportion mensuelle de tortues capturées chaque année en République du

Congo entre 2005 et 2017. Les boîtes à moustaches indiquent l’écart interquartile, les lignes pleines et les points montrent

respectivement les valeurs médianes et moyennes. Les tirets noirs représentent la ligne régression locale (LOESS) pour

mettre en évidence les caractéristiques de saisonnalité des captures de tortues marines. Les mois sont organisés de juillet à

juin afin de tenir compte de la saison de pontes des tortues olivâtres et luths dans cette région.

L’analyse saisonnière du nombre de captures de tortues vertes révèle deux pics de captures (décembre et juin,

Figure 6A) et un seul pour les tortues olivâtres et luths (respectivement novembre et décembre ; Figure 6B et

Figure 6C), lequel correspond au pic de ponte de ces espèces dans la région (Godgenger et al., 2009; Metcalfe

et al., 2015). Cependant, il y a très peu de variations saisonnières notables dans les captures de tortues

imbriquées (Figure 6D).

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Union européenne, US Fish and Wild life Service, Total E&P Congo, Disney Conservation Fund

Figure 6 : Tendances intra-annuelles (saisonnières) de la proportion mensuelle de (A) tortues vertes, (B) olivâtres, (C)

luths et (D) imbriquées capturées chaque année entre 2005 et 2017. Les boîtes à moustaches indiquent l’écart interquartile,

les lignes noires et les points montrant respectivement les médianes et les valeurs moyennes. Les tirets noirs représentent la

régression locale. Les mois sont organisés de juillet à juin pour tenir compte de la saison de pontes de tortues olivâtres et

luths dans cette région. Notez que l’axe y diffère entre les graphiques.

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Union européenne, US Fish and Wild life Service, Total E&P Congo, Disney Conservation Fund

Discussion
Les préoccupations concernant l’impact des pêcheries artisanales sur les populations de tortues marines dans le

monde entier augmentent (Lewison et al., 2004; Lewison & Crowder, 2007; Soykan et al., 2008; Moore et al.,

2010; Wallace et al., 2010b). Les analyses des données du programme de suivi et de libération des captures

accidentelles fournies par les communautés locales dépendantes de la pêche de la Baie de Loango en

République du Congo, apportent un argument supplémentaire à cette affirmation, avec 175 captures de tortues

marines signalées en 2017 (et une moyenne de 1 338 captures par année depuis l’initiation du projet en 2005).

Les analyses des données à long-terme ont mis en évidence que l’ensemble des 4 espèces (tortues vertes,

olivâtres, luths et imbriquées) présentes dans les eaux congolaises est susceptible d’être capturé par le matériel

de pêche utilisé par les pêcheries artisanales (filets fixes et filets maillant dérivants). Ces résultats soulignent

ainsi qu'il existe un recoupement considérable entre les zones utilisées par les pêcheurs et les tortues marines, en

particulier à Pointe Indienne, qui est constamment liée au plus grand nombre de captures chaque année.

Cependant, depuis l’initiation du programme en 2005, la représentation des espèces capturées a changé de façon

spectaculaire, avec près de 100% des captures de tortues marines signalées chaque année composées désormais

de tortues vertes (91,4% en 2017), alors que les trois autres espèces (tortues olivâtres, luths et imbriquées) sont

signalées et/ou rencontrées moins fréquemment par les engins de pêche de la Baie de Loango d’année en année

depuis 2008. Le plus préoccupant toutefois réside dans le fait que 2017 représente la cinquième année

consécutive depuis le pic de 2012 durant lesquelles les captures de tortues marines ont chuté. La cause de ce

déclin est inconnue actuellement, cependant il est possible que les chiffres aient diminués, entraînés par

l’altération de la disponibilité et/ou de la qualité des ressources de cette aire d’alimentation (éventuellement à

cause d’une augmentation d’épisodes de pollutions et/ou de changements des conditions environnementales)

entraînant un déficit de la capacité de production de la Baie de Loango.

Il se peut que les captures accidentelles ou directes et la mortalité associée n’aient pas été issues d’un mode de

pêche durable. De même, il pourrait s’agir d’une diminution de l’effort de pêche et/ou de la déclaration des

captures par les pêcheurs.

Des recherches supplémentaires sont donc nécessaires pour tester ces hypothèses.

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Union européenne, US Fish and Wild life Service, Total E&P Congo, Disney Conservation Fund
En termes de distribution des tailles des captures signalées depuis 2017, 94,2% des tortues vertes étaient de

possibles juvéniles à leur première capture, alors que les tortues olivâtres, luths et imbriquées étaient composées

à 100% d’adultes. De plus, les analyses des tendances intra-annuelles (saisonnières) de captures fournissent des

informations supplémentaires à propos de la taille adulte des tortues olivâtres et luths, avec une proportion

significative des captures de ces espèces coïncidant avec la saison de ponte, qui commence typiquement en

septembre et se termine en avril (Godgenger et al., 2009; Witt et al., 2009; Metcalfe et al., 2015). On observe

très peu de saisonnalité dans les captures de tortues imbriquées, ce qui suggère qu’elles sont probablement

présentes tout au long de l’année en petits nombres. En revanche, une certaine saisonnalité a été observée chez

les tortues vertes avec des pics de captures associés à décembre et juin, ce qui pourrait être lié : (1) aux

variations saisonnières de l’effort de pêche, lequel est connu pour fluctuer au fil de l’année, (2) à la disponibilité

des ressources, et/ou (3) au recrutement depuis la haute mer vers les aires d’alimentation néritiques situées dans

la Baie de Loango.

Globalement, les pêcheries artisanales apportent une importante contribution aux économies locales et

nationales avec leur rôle essentiel pour la sécurité alimentaire, l’emploi et la réduction de la pauvreté

(Chuenpagdee et al., 2006). En République du Congo en particulier, les pêcheries artisanales comprennent la

majorité des pêcheurs et des pêcheries (Belhabib et al., 2015), par conséquent il est important de reconnaître la

nécessité de promouvoir une pêche durable et de minimiser leurs impacts sur la biodiversité et les ressources

marines. La Baie de Loango est l’une des deux seules aires d’alimentation très bien décrites le long de la côte

d’Afrique Centrale pour la tortue verte, la seconde étant la Baie de Corsico dans le Gabon voisin. Les données

collectées par le programme participatif de suivi des captures accidentelles soulignent la nécessité d'accroître les

efforts visant à réduire les prises accidentelles de tortues marines, dont 90% des captures en 2017 ont eu lieu à

Pointe Indienne. Par conséquent, il y a un sérieux potentiel pour que la Baie de Loango, sans plan de gestion,

agisse comme un point d’affaissement de la population de tortues marines, annulant ainsi les initiatives positives

entreprises ailleurs dans la région. De plus, ces déductions sont basées sur les données collectées auprès d’un

petit nombre de communautés dépendantes de la pêche artisanale de la Baie de Loango, et ne prend pas en

considération les captures accidentelles de la flotte industrielle. Ainsi, le nombre d’interactions entre les

pêcheries et les tortues marines pourraient être d’une ampleur bien supérieure à celles reportées ici.

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Union européenne, US Fish and Wild life Service, Total E&P Congo, Disney Conservation Fund

Conclusion
Si la République du Congo a pour objectif d’éliminer les captures de tortues marines conformément à la

législation existante, tout en assurant un impact minimal sur la valeur économique des retombées (en particulier

pour les communautés dépendantes de la pêche), il y a une nécessité évidente d’effectuer plus de recherches sur

: (1) l’évaluation plus détaillée du matériel de pêche spécifique responsable des captures accidentelles, (2) les

alternatives possibles à l’utilisation des filets maillants employés actuellement dans le secteur de la pêche

artisanale, (3) les interventions pouvant être mise en place pour atténuer et/ou réduire le nombre de captures.

Des initiatives prometteuses pour l’utilisation des filets maillant incluent l’augmentation de la visibilité des filets

(pour les tortues mais non pour les espèces ciblées) par l’illumination et les matériaux de la ligne, la réduction

de la hauteur des filets verticaux, l’incorporation de silhouettes en forme de requin, et en modifiant les

caractéristiques des flotteurs, leur nombre, ou en les éliminant des lignes principales (Gilman et al., 2010; Wang

et al., 2010; Mangel et al., 2016), et (4) une meilleure compréhension de la façon dont les animaux utilisent la

région pouvant être obtenue par des enquêtes d'observation en mer et des technologies de suivi utilisées sur les

navires (pour comprendre les habitudes de pêche et les prises accessoires) et les tortues (pour comprendre

comment elles utilisent l'habitat en trois dimensions).

Remerciements
Rénatura Congo remercie les organisations suivantes pour leur soutien financier : l’Union Européenne, United

States Fish and Wildlife Service (U.S. Department of the Interior), et Total E&P Congo.

L’Université d’Exeter a reçu le soutien financier de la Darwin Initiative (Projets; 20-009 and 23-011) à travers

le Department for Environment, Food and Rural Affairs (Defra) et le Department for International Development

(DFID) au Royaume Uni.

Rénatura Congo tient à exprimer toute sa reconnaissance au Ministère de l'Economie Forestière (MEF) de la

République du Congo pour son soutien continu, aux employés locaux travaillant sur le terrain, ainsi qu’aux

communautés locales impliquées dans la collecte et la transmission des données.

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Union européenne, US Fish and Wild life Service, Total E&P Congo, Disney Conservation Fund

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