Deux cents ans de rectorat l'académie d'Amiens

Deux cents ans de rectorat l'académie d'Amiens

Deux cents ans de rectorat l'académie d'Amiens

CRDP ACADÉMIE D’AMIENS académie Amiens Deuxcentsans derectorat pour l’académied’Amiens

Deux cents ans de rectorat l'académie d'Amiens

Réalisation : service édition du CRDP de l’académie d’Amiens. Maquette et mise en pages : Christophe Malric, François Dumont. ISBN 978-2-86615-354-0 © CRDP de l’académie d’Amiens, rectorat de l’académie d’Amiens, 2009. Dépôt légal juillet 2009.

Deux cents ans de rectorat l'académie d'Amiens

Sommaire Introduction par Anne-Sancier Chateau 7 Grandes dates de l’académie d’Amiens 8 Le recteur, une création de Napoléon maintenue par la monarchie 10 Les successions rectorales de 1809 à 1848 à Amiens 12 Le rectorat, lieu de travail du recteur 14 Le recteur et l’enseignement supérierur 16 Le recteur et l’enseignement secondaire 18 Le recteur et l’enseignement primaire 20 La fin du rectorat à Amiens (1848-1854) 22 L’action des recteurs de 1854 à 1964 24 La nouvelle académie d’Amiens 26 Les successions rectorales depuis 1964 à Amiens 28 Robert Mallet, premier recteur de la nouvelle académie d’Amiens 30 Une fonction rectorale renouvelée 32 L’académie d’Amiens aujourd’hui 34 Des relations partenariales avec les autorités locales 36 Comment s’organise le rectorat? 38 Le recteur, responsable régional du système éducatif 40 Le quotidien du recteur 42 Entretien avec le recteur Anne Sancier-Chateau 44 Deux cents ans de rectorat pour l’académie d’Amiens 46 1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008  1808 2008

Deux cents ans de rectorat l'académie d'Amiens
Deux cents ans de rectorat l'académie d'Amiens

1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008 1808-2008, l’académie d’Amiens fêtait ses deux cents ans. Cette année 2009 s’inscrit dans la continuité de ce bicentenaire puisqu’en août 1809, le premier recteur de l’académie d’Amiens, Louis-Urbain de Maussion, prenait ses fonctions. C’est pourquoi, en cette rentrée, j’invite les écoles et les établissements à prolonger la célébration de cet anniversaire par le biais d’un ouvrage qui vient compléter l’exposition itinérante 200 ans de rectorat pour l’académie d’Amiens, toujours disponible gratuitement auprès du Centre régional de documentation pédagogique (CRDP) de l’académie d’Amiens.

Réalisé, comme l’exposition, par le CRDP de l’académie d’Amiens, ce livre reprend in extenso les textes rédigés pour l’exposition itinérante par Claude Lelièvre, professeur d’histoire de l’éducation à l’université Paris V et Bruno Poucet, professeur d’histoire de l’éducation à l’université de Picardie Jules-Verne. Historique, esthétique, pratique, accessible à tous, l’ouvrage, comme l’exposition, donne à connaître l’académie et les établissements scolaires qui en sont autant les racines que le cœur. Tous deux offrent l’occasion de percevoir, au-delà des aspects de l’histoire académique, la multiplicité des efforts accomplis depuis deux siècles par l’État mais aussi par les collectivités et les élites locales pour développer les structures éducatives.

Il portera, auprès de nos élèves et de la communauté éducative et pour les prochaines décennies, la mémoire de l’académie d’Amiens. Je vous en souhaite une bonne lecture, Anne Sancier-Chateau recteur de l’académie d’Amiens.  1808 2008

Deux cents ans de rectorat l'académie d'Amiens

1802-1808 1802 : loi du 1er mai sur la création des lycées. 1803 : création du lycée d’Amiens. 1804 : création de l’école de médecine d’Amiens. 1806 : loi du 10 mai qui crée l’Université impériale. 1808 : décret du 17 mars qui organise l’Université impériale. La première académie d’Amiens (1809-1848) 1809 : nomination le 24 août du premier recteur de l’académie d’Amiens et le 15 décembre des deux inspecteurs de l’académie.

1810 : nomination du secrétaire de l’académie, début de son fonctionnement.Elle est composée des trois départements de l’Aisne, l’Oise et la Somme. Ouverture de la faculté des lettres à Amiens dans les locaux du lycée. 1811 : installation de l’académie au 13, rue royale (emplacement de l’actuel musée) dans l’ancien arsenal. 1812 : organisation du conseil académique (10 membres). 1816 : suppression de la faculté des lettres d’Amiens.

1818 : le rectorat quitte l’arsenal et s’installe rue Saint-Jacques, puis en divers lieux de la ville. 1831 : ouverture de l’école normale de garçons de la Somme à Amiens. 1833 : loi Guizot du 28 juin sur l’instruction primaire. 1833 : Ouverture de l’école normale de garçons de l’Aisne à Laon. Rattachement de l’académie d’Amiens à celle de Douai, puis de Lille 1848 : création des vingt académies républicaines par la loi du 7 septembre 1848 – l’académie d’Amiens supprimée est répartie entre l’académie de Douai (Somme), de Reims (Aisne) et de Paris (Oise).

1850 : la loi Falloux du 15 mars crée quatre-vingt- six académies départementales:Amiens, Beauvais et Laon sont siège d’une académie. 1854 : la loi du 14 juin crée seize académies. La Somme et l’Aisne dépendent de l’académie de Douai, l’Oise de celle de Paris. Création des inspections académiques de l’Aisne, l’Oise et de la Somme. 1876 : ouverture de l’école normale de jeunes filles de la Somme à Amiens.

1880-1886: loi Camille Sée sur l’enseignement secondaire des jeunes filles (21 décembre 1880), lois Ferry sur la gratuité (16 juin 1881), l’obligation et la laïcité (28 mars 1882), loi Goblet [maire d’Amiens] sur l’organisation générale de l’enseignement primaire (30 octobre 1886). 1881 : création de l’école normale de jeunes filles de l’Aisne à Laon. 1884 : ouverture des écoles normales de garçons et de filles à Beauvais.

1887 : l’académie de Douai devient l’académie de Lille, par transfert du siège de l’académie de Douai à Lille. 1919 : loi Astier du 25 juillet sur l’organisation de l’enseignement technique. 1941 : création de l’école de droit à Amiens. 1962 : le département de l’Aisne est détaché de l’académie de Lille et intégré à la nouvelle académie de Reims. La nouvelle académie d’Amiens (1964) 1959 : ordonnance Berthoin du 6 janvier portant prolongation de la scolarité obligatoire à 16 ans; loi Debré du 31 décembre 1959 sur les rapports entre l’État et les établissements d’enseignement privé. 1964 : création de l’académie d’Amiens par décret du 9 juin (Aisne, Oise et Somme).

1966-1968 : création des facultés d’Amiens : médecine, lettres, droit. 1969 : création de l’université de Picardie dont le premier président est élu en 1971. 1968 : loi d’orientation du 12 novembre, dite loi Edgar Faure sur l’enseignement supérieur. 1972 : création de l’Université de technologie de Compiègne. 1975 : loi du 11 juillet relative à l’éducation dite loi Haby sur le « collège unique ».

1989 : loi d’orientation sur l’éducation du 10 juillet dite loi Jospin. 1991 : création de l’IUFM de l’académie d’Amiens (par fusion des écoles normales et du centre péda- gogique régional créé en 1952). 2005 : loi d’orientation sur l’avenir de l’École du 23 avril 2005. 2008 : intégration de l’IUFM de l’académie d’Amiens à l’université de Picardie Jules-Verne. 1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008  Grandesdatesdel’académied’Amiens

Deux cents ans de rectorat l'académie d'Amiens

1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008  Affiche organisant le baccalauréat ès lettres dans l’académie d’Amiens, alors que la faculté des lettres a érté supprimée. AD 2T416.

Deux cents ans de rectorat l'académie d'Amiens

Àpartir de 1808, un recteur est le chef de l’académie, circonscrip- tion territoriale de l’Uni- versité impériale; elle recouvre le territoire de la cour d’appel. Celle d’Amiens comprend les départements de l’Aisne, de l’Oise et de la Somme. Le recteur contribue à unifier l’espace national et à répandre une culture commune. L’académie commence réellement à fonctionner en 1810. La fonction de recteur Le recteur gouverne l’académie et assiste aux examens des facultés, délivre les diplômes rati- fiés par le Grand Maître. Il entend les rapports sur l’administration des facultés, des lycées et des collèges: il en contrôle les dépenses et la discipline. Il doit récolter le vingtième des frais de pension versés par chaque élève des établissements secondaires: c’est souvent difficile à obtenir.

Il fait surveiller les autres établissements d’enseignement ou d’éducation par les ins- pecteurs d’académie. Il visite lui-même des établissements et fait établir un registre du personnel: ainsi en 1811, il part en tournée à Péronne, en passant par Albert, il poursuit vers Saint-Quentin et revient à Amiens en passant par Roye. En 1837, il part en tournée pendant onze jours de Montdidier à Château-Thierry, en passant par Compiègne et Soissons.

Il préside le conseil académique et approuve la liste des ouvrages destinés aux écoles. À partir de 1816, il nomme et révoque les ins- tituteurs et partage ses compétences avec le préfet et le curé qui surveillent également les écoles primaires. Le recteur, à partir de 1824, ne contrôle plus que les aspects pédagogiques des établissements confessionnels. À partir de 1833, il doit veiller à mettre en place des écoles normales.

Le recteur, chef de l’université dans l’académie Le recteur de l’académie, placé sous les ordres du Grand Maître de l’Université, est nommé pour cinq ans et aussi longtemps que le Grand Maître le juge utile. Il réside dans le chef- lieu de l’académie. Il représente l’Université devant les autres corps constitués et participe à l’anima- tion de la vie culturelle de la cité. Il occupe la septième p l a c e d a n s la hiérarchie universitaire. Combien gagne le recteur ? Le recteur, initialement, ne devait pas être payé. Il l’a finalement été. Ses émoluments annuels de 6000 francs en font sans conteste le premier personnage de l’académie: loin devant le proviseur du lycée (classé en troi- sième classe) qui, comme l’inspecteur, gagne 3000 francs, le secrétaire 2 000 francs. À cette somme s’ajoutent des frais de tournée ou de représentation.

1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008 10 Lerecteur,unecréationdeNapoléonmaintenueparlamonarchie AD 2T1 2. AD 2T12. Compte sommaire des frais de tournées en 1836 (détail).

Deux cents ans de rectorat l'académie d'Amiens

1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008 11 AD 2T43 Lettre de Fontanes, Grand Maître de l’Université impériale, du 8 janvier 1810 au recteur sur le découpage de l’académie. Budget de l’exercice de 1836 avec les rétributions

Deux cents ans de rectorat l'académie d'Amiens

1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008 12 L’académie d’Amiens a été dirigée par onze recteurs de 1809 à 1848. Les recteurs de l’académie d’Amiens originelle (1809-1848): Oise, Somme, Aisne Louis-Urbain De Maussion (24 août 1809-10 juin 1815) Honoré Dobignie (10 juin-2 septembre 1815) Alphonse-Louis Boubée de Lespin (2 septembre 1815-avril 1818) Jean-Baptiste Dijon (avril 1818-mars 1823) Simon de Coiffier de Moret (juin 1823-février 1826) Chanoine Louis-Gabriel Dallery (mars 1826-novembre 1826) Jean-Marie Guillon (mars 1827-août 1830) Pierre Durand (août 1830-juillet 1832) Jean-Joseph Soulacroix (juin 1832-janvier 1833) Pierre Martin (juin 1833-juin 1847) LouisCamaret(octobre 1847-septembre 1848) Les recteurs restent en fonction environ trois ans, cinq d’entre eux font exception: L.-U. de Maussion (six ans), P. Martin (quatorze ans), les trois derniers pour leur brièveté (à peine trois, sept et neuf mois).

Trois des onze recteurs sont des nobles, un est ecclésiastique (le chanoine Dallery).Trois sont morts en fonction (l’abbé Dallery, J.-B. Dijon et S. de Coiffier). Quelques-uns ont poursuivi leur carrière après leur passage à Amiens: soit comme préfet (L.-U. Maussion dans la Meuse, puis membre du Conseil royal de l’Instruction publique, secrétaire général du ministère de l’Instruction publique), soit comme recteur (A.-L. Boubé à Metz, puis Orléans, J.-J. Soulacroix à Lyon, puis au ministère, L. Camaret à Douai). D’eux d’entre eux sont mis à la retraite à l’issue de leur passage à Amiens (J.-M. Guillon, P. Martin).

Trois sont titulaires d’un doctorat ès lettres (Dijon, P. Durand, L. Camaret), ou d’un doctorat ès sciences (A.-L. Boubée, J.-J. Soulacroix), d’un doctorat en théologie (l’abbé Dallery), l’un d’une agrégation d’histoire (P. Martin), deux d’une simple licence (L.-U. de Maussion et J.-M. Guillon) ou même du seul baccalauréat (S. de Coiffier, ancien député). L’itinéraire professionnel des recteurs com- prend généralement une période dans l’en- seignement (dans un collège communal ou royal, ou comme précepteur dans une famille noble), suivi d’une fonction administrative (quatre ont été proviseurs, sept inspecteurs d’académie). C’est après quarante ans que l’on devient recteur (quatre d’entre eux), ou après la cinquantaine (trois d’entre eux), voire au-delà (deux recteurs), l’accès à 37 ans est une exception, au début d’une carrière féconde (A.-L. Boubée).

Les recteurs sont aidés par un secrétaire, un garçon de bureau et un ou deux employés de bureau,chargés de tenir l’abondante correspon- dance, d’adresser les circulaires du ministre. Secrétaires de l’académie d’Amiens (1810-1848) M. de Villemagne (1810-1814) M. Puzos (1815-1816) M. Devallée, secrétaire provisoire (1817-1819) Pierre Vérany (1819-1830) Pierre François Candas (1830-1848) Louis-Urbain de Maussion (1765- 1831): une longévité inégalée Premier recteur de l’académie, originaire de l’Yonne, il est le recteur napoléonien. Licencié en droit, officier de marine, professeur d’his- toire; après avoir été recteur à Amiens, il est nommé préfet de la Meuse. Après sa retraite en 1817, il devient membre du Conseil royal de l’Instruction publique. Il est l’organisateur de la première académie.

Pierre Martin (1793-1864) Recteur pendant 14 ans (du 7 janvier 1833- au 23 juin 1847). Parisien, né en 1793, agrégé d’histoire, le rec- teur Martin, après une carrière dans divers collè- ges et lycées, doit sa pro- motion à ses qualités, mais également à ses années de préceptorat auprès de petits-neveux de Talleyrand dont il est un temps secré- taire (1818-1821). Inspecteur d’académie à Montpellier (1830-1833), il termine sa carrière à Amiens et prend sa retraite. Il met en œuvre la loi Guizot, doit faire face à l’aug- mentation de la charge de tra- vail (envoi de 3000 circulaires). Il sillonne son académie, préside les commissions d’examen. À la retraite, il se montre un adversaire de la politique religieuse italienne de Napoléon III. Lessuccessionsrectoralesde1809à1848àAmiens

1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008 13 AD 2T12. Lettre de Fontanes, 9 janvier 1809. AD 2T43. Lettre circulaire n°1 du recteur du 31 janvier 1810 annonçant sa nomination ainsi que celle des deux inspecteurs de l’académie.

1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008 14 Où loge le recteur ? Rien n’est prévu pour loger le recteur. « Il n’est dû de logement à aucune des personnes qui occupent des places dans l’académie. Si néan- moins dans le local choisi pour l’établissement, il se trouvait quelques parties où le recteur pût se loger et placer son bureau, la ville n’y mettrait pas d’obstacle; mais elle n’aurait pour cela à faire aucune dépense et elle n’entrerait pour rien dans les dispositions qui pourraient être nécessaires pour approprier, soit à cet usage, soit à quelque autre de même nature, une portion quelconque de l’édifice. » (Circulaire de Montalivet du 23 juin 1810.) Le conseil municipal de la ville d’Amiens offre le 27 juillet 1810 une indemnité temporaire de logement de 1700 F. Par ailleurs, le préfet demande au maire le bâtiment de l’arsenal 13, rue Royale (future rue de La République, ancienne rue des Rabuissons), pour loger le recteur, ses bureaux et la faculté des lettres. Déménagement Mais en mars 1816, le ministre de la Guerre réclame ce bâtiment pour le matériel de l’artillerie. Par manque d’argent, ni la ville ni l’Instruction publique ne veulent payer les dépenses. La ville espérait loger l’académie dans le collège royal (lycée, rue Frédéric-Petit) mais le proviseur, dans une lettre au préfet du 25 avril 1817 refuse: « Je ne puis vous dési- gner aucun bâtiment qui puisse être mis à dis- position de l’administration de l’académie. » Le ministre de l’Intérieur menace la ville de transférer l’administration académique: « Dans le cas où la ville d’Amiens (ce que je ne puis croire) se refuserait à assigner un local, je me verrai forcé de proposer le transfèrement de cette académie dans une autre ville de son arrondissement où elle serait assurée de jouir des avantages que les actes du Gouvernement lui ont assurés. » (Lettre du 28 mai 1818). Finalement, la ville loge provisoirement le rec- teur en face du lycée rue Watelets, puis dans le cloître de l’abbaye des Prémontrés (actuelle salle Dewailly). Le rectorat déménage de nou- veau provisoirement en 1839, puis en 1848. Le personnel rectoral Le premier recteur est aidé par deux inspec- teurs particuliers d’académie: MM. Dobignies et De Clausel. Ils sont chargés d’inspecter et de surveiller les écoles, les collèges, les insti- tutions et les pensions: examiner les mœurs, surveiller la discipline et le personnel, le pro- grès des études, veiller à la bonne adminis- tration financière des collèges, améliorer la qualité de l’enseignement primaire. C’est une fonction de suppléance du recteur.

Le recteur dispose d’une administration diri- gée par un secrétaire d’acadé- mie et un employé, aidé par deux garçons de bureau. Le secrétaire de l’académie est secrétaire du conseil acadé- mique, gardien des archives et du sceau, chef du secré- tariat de l’académie. Il tient le registre des élèves, celui des enseignants et celui de la rétribution scolaire. Lui et ses aides remplissent les tâches administratives du recteur : expédition des brevets de capacité pour enseigner à l’école primaire, procès-ver- baux d’examens, cir- culaires aux comités cantonaux, aux maires des communes et aux instituteurs, lettres et rapports au ministre de l’Instruction publique, aux proviseurs et aux principaux.

Lerectorat,lieudetravaildurecteur 1R 29 /1 . Le secrétaire général n’est pas logé, protestation, 1823.

1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008 15 Gravure de l’arsenal, fonds Duthoit. Arc hiv es dép arte me nta les. Plan du rectorat.

La fondation de l’Université impériale entraîne l’ouverture de deux facultés auprès de chaque lycée du chef-lieu acadé- mique: une de sciences, une de lettres. Les facultés délivrent le baccalauréat, la licence et le doctorat, l’un des trois grades nécessai- res pour appartenir à l’Université impériale. Pour remplacer les professeurs de lycée partant à la retraite, malades ou absents, le concours de l’agrégation (qui remonte à 1766) est réaffirmé. Le nouveau concours ne sera mis en place qu’à partir de 1821, d’abord académiquement (deux à Amiens en 1825 et 1827) puis nationalement à partir de 1830. Un conseil académique assiste le recteur. Enseignement supérieur La faculté des lettres, située dans le lycée impérial, fonctionne à partir de 1810. On y enseigne la philosophie, les lettres latines et grecques. Les professeurs sont les mêmes que ceux du lycée. Cette faculté, supprimée en 1815, sera remplacée par une commission des lettres d’Amiens faisant office de jury du baccalauréat.

Une école pratique de santé est créée en 1804 à l’hôtel-Dieu (ruines près de l’actuel CRDP, à Amiens). Elle prépare au diplôme d’officier de santé et non de médecin. L’enseignement dure cinq ans. Cette école se transforme en 1806 en cours pratiques de médecine, de chirur- gie et de pharmacie. C’est la seule institution d’enseignement supérieur qui subsiste dans l’académie jusqu’à nos jours. Au jardin botanique, des cours botaniques sont délivrés. Enfin, une école de commerce a ouvert brièvement ses portes, mais a dû les refermer par manque d’élèves. Des cours de dessin, de droit, de chimie, de langues sont donnés, sur initiative privée ou municipale, à Amiens et dans d’autres villes de l’académie (Saint-Quentin, par exemple).

Un concours d’agrégation à Amiens en 1825 et 1827 Trois places sont mises au concours de l’agré- gation de grammaire en 1827. Le jury est com- posé de cinq personnes (le recteur, les deux inspecteurs de l’académie, M. Hubert profes- seur de rhétorique, l’abbé Vincent professeur de seconde). Le jury a classé les quinze candi- dats présents: Bedel (1er , bachelier ès sciences et droit, licencié ès lettres, répétiteur à Paris), Cadart Ferdinand (2e , né en 1800, bachelier en 1821, régent de rhétorique au collège de Saint-Pol), Delalleau Adolphe (3e , né en 1801, bachelier en 1822, régent au collège de Maubeuge, nommé professeur de sixième au collège d’Amiens, il est provisoirement chargé en 1831 de la chaire d’histoire et souhaite se présenter à l’agrégation d’histoire en 1832), Joly (4e , régent de classe de sixième au collège d’Armentières), Bardin (5e maître d’études à Saint-Louis), Rothman (6e , maître élémentaire au collège de Rennes). « Le jury exprime son vœu pour qu’une correc- tion soit rapportée aux décisions qui ont fixé à trois seulement le nombre d’agrégés de gram- maire à donner dans le présent concours… S’il n’est pas possible que tous soient déclarés agrégés, le jury demande que les six premiers au moins jouissent de ce titre. » Rapport du jury, 28 septembre 1827: le ministre refuse d’accéder à cette demande. 1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008 16 Lerecteuretl’enseignementsupérieur Affiche pour l’école de médecine, 1847. AD2 T42 7.

1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008 17 AD2T19. Arrêté de nomination des membres du bureau d’administration du collège de l’arrondissement académique d’Amiens, 1810.

L’enseignement secondaire public et privé est peu développé et décerne moins de cent diplômes de bachelier par an, en moyenne, dans l’académie. Il est payant et la préoccupation du recteur est de faire rentrer la rétribution universitaire dans les caisses de l’académie: l’affaire demande beaucoup d’énergie et de démarches. L’enseignement secondaire est donné dans les lycées (pris en charge par l’État), les collèges communaux (pris en charge par les communes), les éco- les secondaires ecclésiastiques (à la charge de l’évêque), les institutions et les pension- nats (par des personnes privées). Il prépare au seul baccalauréat. C’est un enseignement humaniste où littérature française, latin et grec occupent la place principale, les sciences étant réduites à peu de chose.

Les institutions d’enseignement en 1804 Le lycée impérial d’Amiens est le premier lycée créé dans l’académie en 1804. La première rentrée n’a lieu qu’en 1806 dans l’ancienne abbaye Saint-Jean des Prémontrés, rue des Loriots (actuelle rue Frédéric-Petit). Il remplace l’école centrale située dans l’ancien collège d’Amiens (en face de l’actuelle statue du Maréchal Leclerc). Il existe dix collèges com- munaux:Abbeville, Beauvais, Château-Thierry, Clermont de l’Oise, Compiègne, Laon, Péronne, Roye,Saint-Quentin,Soissons,Vervins.Les col- lèges particuliers comme celui de Montdidier et le collège Saint-Vincent de Senlis. On trouve les écoles secondaires ecclésias- tiques dans l’Aisne à Bucy-le-Long, Crouy, Oulchy-le-Château, Laon, Notre-Dame de Liesse, Soissons; dans l’Oise à Beauvais, Compiègne, Noyon, Saint-Germer, Saint- Lucien; dans la Somme à Montdidier, Saint- Acheul, Saint-Riquier, Roye. Dans ces éta- blissements, en principe, on se prépare à être prêtre, mais une partie des élèves envi- sage uniquement de passer le baccalauréat.

Il existe des institutions dans l’Aisne (Laon, Saint-Quentin, Soissons, Marle, Pontavert, La Fère, Vervins, Flavy-le-Martel, Chevregny, Mortefontaine, Guise), dans l’Oise (Beauvais, Menneville, Noyon, Senlis, Crépy-en-Valois), dans la Somme (Abbeville,Amiens, Flixecourt, Léalvillers, Moreuil, Nesle, Roye, Péronne, Saint-Valery-sur-Somme). Le baccalauréat Jusqu’en 1830, cet examen se passe unique- ment à l’oral, devant une commission de pro- fesseurs de facultés qui enseignent également au lycée de garçons. Les dates d’examen sont variables, en fonction de la disponibilité des candidats et des examinateurs. Ainsi, entre septembre et novembre 1809, sept élèves ont obtenu dans l ’ a c a d é m i e leur diplôme de bachelier.

Les bacheliers en 1809 Herbette François (le 20 septembre) Horlier (le 5 octobre) Lamotte (le 3 octobre) Henriet, principal du collège de Château- Thierry (le 31 octobre) Jean-Baptiste Charlet (le 15 novembre) Gérard Hanquet (le 15 novembre) Claude Pignon (le 15 novembre) En 1842, soixante-dix-huit diplômes sont décernés, mais soixante-dix candidats sont ajournés. On relève les noms d’Édouard Branly (a fait des études « domestiques », il est né le 12 avril 1816 dans le Pas-de-Calais à Prétefin), Jules Baudelocque (né le 17 mars 1823 à Montdidier, études au collège royal et à l’insti- tution de Montdidier),Alfred Duméril (20 février 1825, élève au collège royal d’Amiens). 1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008 18 Lerecteuretl’enseignementsecondaire AD2T 416. Affiche pour le baccalauréat à Amiens, 1845.

1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008 19 AD2T291. Le diplôme de bachelier ès lettres décerné au sieur Charlet, en 1821.

L’école primaire est payante, mais pas obli- gatoire. Il existe aussi, dans certaines villes de plus de 6000 habitants, des écoles primai- res supérieures. En 1833, l’académie d’Amiens dispose de 2 700 écoles (1 025 dans la Somme, 752 dans l’Aisne et 983 dans l’Oise). Si la qualité des maîtres s’est progressivement améliorée, la fréquentation scolaire est irrégulière : trop souvent, les enfants travaillant aux champs ou à l’usine, ne fréquentent pas l’école pendant toute l’année ou le font pendant une durée trop limitée. Les maîtres, mal payés, mènent une vie difficile: beaucoup préfèrent ignorer ces absences ou être payés en nature plutôt que voir les parents retirer leurs enfants de l’école. Instituteurs et curés constatent aussi que la loi sur le travail des enfants de 1841 n’est pas respectée. Ainsi, en 1844, le recteur estime que 40000 enfants sont excessivement pau- vres et dépourvus de tout livre élémentaire. Organiser une administration Le recteur doit organiser une administration nouvelle. En 1830, les comités d’arrondisse- ment dans la Somme et les comités cantonaux (Aisne et Oise) ne lui permettent pas de fournir au ministre un état exact des écoles. À partir de 1836, le recteur est aidé dans sa tâche par trois inspecteurs primaires et autant de sous- inspecteurs, non sans résistance de la part de certaines écoles congréganistes. Recruter Au début du xlxe siècle, il faut répondre à la demande d’instruction élémentaire: toutes les bonnes volontés sont acceptées. L’ordonnance de février 1816 impose théoriquement la p o s s e s s i o n d’un brevet de capacité mais dans la plupart des départe- ments, il n’y a pas d’école de formation pro- fessionnelle. Le jeune maître apprend sur le tas ou au sein de cours ratta- chés à une ins- titution privée. Former Beaucoup d’instituteurs sont recrutés et for- més par leur congrégation: Frères des écoles chrétiennes, religieuses de la Sainte-Famille d’Amiens, sœurs de la Providence de Laon. Pour la formation des laïcs, la grande affaire, c’est la création en 1831 à Amiens de l’école normale, puis plus tard de celle de Laon. Mais les instituteurs de Beauvais sont formés à l’école normale de Versailles jusqu’en 1882. Comme les écoles normales ne sont ouver- tes qu’aux garçons, à Amiens, les institutri- ces fréquentent le pensionnat normal de la Sainte-Famille.

Dans un premier temps, les écoles norma- les diffusent la méthode mutuelle (apparue à Amiens dès 1816, mais également à la cam- pagne, à Caulincourt, à La Fère). Dans un second temps, le choix est fait de promouvoir la méthode simultanée. En 1833, le recteur organise des conférences pour les instituteurs de l’académie. Elles ont lieu à Amiens, puis ensuite également à l’école normale de Laon: la participation est déce- vante. Des conférences cantonales sont alors progressivement mises en place.

Contrôler Le recteur peut également prendre des mesu- res disciplinaires à l’encontre des instituteurs: suspension et plus souvent révocation. Ivresse ou ivrognerie, libertinage ou inconduite, sont les motifs les plus fréquents. Il s’agit plus rarement de motifs idéologiques, comme l’ir- réligion (à Jouy-sous-Thelle en 1821, Beauvais et à Compiègne en 1823, à Biarre en 1820, à Saint-Léger-lès-Domart en 1822, Ecquencourt en 1829) ou encore de menées politiques (à Villers-Vermont en 1816, à Beauvais en 1830).

1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008 20 Lerecteuretl’enseignementprimaire Brevet de capacité d’enseignement primaire, 1831. AD 2T447.

1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008 21 AD 2T190. Arrêté créant une école normale primaire à Amiens, 1831.

En septembre 1848, le rectorat dispa- raît à Amiens. L’académie d’Amiens, démembrée, est répartie sur celles de Douai, Reims et Paris. Lors de la suppres- sion de l’académie de Reims, l’Aisne rejoint la Somme dans l’académie de Douai; l’Oise est intégrée dans la grande académie de Paris. Il ne reste plus que dix- neuf académies au lieu de vingt-sept en France métropolitaine. De 1850 à 1854, l’académie d’Amiens réta- blie n’a plus qu’un seul département. Chaque département comportant une académie, Beauvais et Laon deviennent des chefs lieux d’académie. La France en compte quatre- vingt-six! On parle des « petits recteurs ». Leur rôle est essentiellement de contrôler et de surveiller étroitement le corps enseignant. Ces recteurs ne sont pas exclusivement issus de l’enseignement public. Il suffit de posséder un titre de licence ou d’avoir exercé pendant dix ans une responsabilité administrative pour être nommé par le Président de la République, puis par l’Empereur, en 1852. Le recteur prête serment de fidélité entre les mains du préfet. Il est également surveillé par l’évêque du dio- cèse. La fonction rectorale sort très affaiblie de cette période.

Les académies républicaines (septembre 1848-15 mars 1850) La Somme est intégrée dans l’académie de Douai:HenriBraive(1848-février 1849), Louis Camaret (février 1849-septembre 1852). L’Aisne est intégrée dans l’acadé- mie de Reims : Jacques Edom (1848- décembre 1849), Bernard Forneron (décembre 1849-mars 1850). L’Oise est intégrée dans l’acadé- mie de Paris : Hippolyte Rousselle (février 1848-mars 1850). Les petites académies départementales (15 mars 1850-juin 1854) S o m m e : Jean-Baptiste Allou (mars 1850-juin 1854). Aisne: Achille François (mars 1850-1852), Charles-Joseph Hubert (1852-juin 1854). Oise : Pierre Laville (mars 1850-novem- bre 1853), Jean-Baptiste Labastide (novembre 1853-juin 1854). L’académie d’Amiens disparaît (1854-1964) La loi du 14 juin 1854 réaffirme le pouvoir de l’État sur l’Instruction publique: la France com- prend seize circonscriptions académiques. Jusqu’en 1964, l’administration académique est assurée pour la Somme et l’Aisne par l’académie de Douai, puis de Lille (à partir de 1887-1888), puis brièvement par celle de Reims pour l’Aisne (1962-1964), pour l’Oise par l’académie de Paris.

Le recteur dirige les établissements d’ensei- gnement supérieur, il inspecte l’enseignement secondaire; il surveille aussi l’enseignement secondaire libre. Jusqu’à la Libération, le pré- fet conserve la haute main sur des instituteurs, mais le recteur veille sur leurs méthodes péda- gogiques. Signe de son importance retrouvée, il doit désormais être docteur. Et il reste sou- vent en place très longtemps: Georges Lyon, Albert Châtelet ou Guy Debeyre, ont occupé à Lille la fonction de recteur pendant 21, 13 et 17 ans.

AM 1R29/1. Lettre du maire d’Orléans soutenant la protestation des élus d’Amiens à propos de la suppression de l’académie d’Amiens, 1848. A D 2 T 1 2 . 1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008 22 LafindurectoratàAmiens(1848-1854)

Lettre du 28 septembre 1848 sur l’apurement des comptes de l’académie supprimée. 1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008 23 AD 9T3616. Première page d’un rapport mensuel du recteur départemental de la Somme au ministre, 1850.

Dans leur académie, les recteurs de Douai (puis de Lille) ou de Paris ont poursuivi le développement de l’Instruction publique. Bénéficiant d’un pouvoir retrouvé grâce à la loi de 1854 et d’une longévité dans la fonc- tion, ils ont pu jouer un rôle important, non seulement en matière éducative, mais aussi en matière culturelle. Ils ont affirmé les pré- rogatives de l’État en matière éducative par rapport à l’Église catholique, en arbitrant la concurrence, parfois rude, existant entre les établissements publics et privés. Le recteur rédige pour le ministre un rapport mensuel sur les établissements secondaires, il exerce la présidence du conseil académique et du conseil d’université (après 1896), il ins- pecte les établissements secondaires publics. Il doit aussi faire face aux circonstances exceptionnelles: occupation prussienne, puis allemande à trois reprises, programmes de reconstruction des nombreux établissements scolaires, détruits pendant les deux guerres mondiales. L’action du recteur a été particuliè- rement efficace pour l’enseignement féminin: création des lycées de jeunes filles d’Amiens (1883), de Laon, de Saint-Quentin (1897), des cours secondaires, puis des collèges d’Ab- beville, de Château-Thierry (1880), d’Hirson (1881), de La Fère (1878), un peu plus tard de Péronne, Saint-Quentin, Soissons. Création des écoles normales de jeunes filles dans les trois départements.

De nouveaux établissements scolaires On crée de nouveaux lycées, répondant ainsi aux vœux souvent anciens de villes, telles Saint-Quentin, Compiègne, Beauvais ou Laon (1883). De nombreux collèges communaux sont construits ou reconstruits à Abbeville, Château- Thierry, La Fère, Péronne, Soissons. Des écoles primaires supérieures sont également créées ou développées, par exemple à Abbeville, Corbie, Péronne, Villers-Bretonneux. Le recteur a relayé les nombreuses enquêtes lancées par le ministère en matière d’ensei- gnement: la plus connue est l’enquête parle- mentaire de 1899, à l’initiative du député du Pas-de-Calais, Alexandre Ribot, qui aboutit à la réforme de l’enseignement secondaire de 1902.

En revanche, l’enseignement supérieur, à l’exception de l’école préparatoire de médecine d’Amiens (1804), s’est développé essentiellement soit grâce à des initiatives communales (école de droit à Amiens en 1941, puis école supérieure de sciences et de lettres), soit à des initiatives privées – individus ou organismes (école de commerce à Amiens, école d’agri- culture à Beauvais, sur l’initiative des Frères des écoles chrétiennes). Par ailleurs, des initiatives indivi- duelles, comme celle d’un avocat, donnent naissance à Amiens, en 1854, à des cours de droit com- mercial. Pour poursuivre leurs études supérieures, les étudiants de Picardie doivent fréquenter les facultés lilloises ou parisiennes. Pour une nouvelle académie Dans les années 1950, nombre d’édiles locaux, d’industriels, voire de responsables préfecto- raux, souhaitent que renaisse une académie à Amiens afin de développer l’enseignement supérieur. Par ailleurs, la gestion de plus en plus lourde des académies de Lille et de Paris, l’explosion des effectifs scolaires à partir des années 1940, font que les recteurs sont favorables à une redéfinition du périmètre de leur académie. L’académie d’Amiens pouvait renaître.

1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008 24 L’actiondesrecteursde1854à1964 AD 99T396584. Enquête parlementaire de 1899.

1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008 25 AM1R29/1 Annonce par le recteur de Douai de la rentrée des facultés, 1866.

1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008 26 Depuis 1848 – 116 ans exactement – la Picardie avait cessé d’être le siège d’une académie. La création de l’académie estlerésultatd’unevolontépolitiquenationaleetd’unevolonté politique locale désireuse de contribuer au développement de la région au moment où l’on commence à parler de déconcen- tration et de régionalisation: le préfet Henri Larrieu, les maires des villes d’Amiens, Beauvais et Saint-Quentin, le président du conseilgénéraldelaSomme,desuniversitaires(lesprofesseurs Perdu, Moreau, Lebesgue), la chambre de Commerce et d’In- dustrie. En 1960 est née la circonscription d’action régionale de Picardie, après bien des hésitations du pouvoir central. Le recteur de Lille soutient également ce projet. L’effectif scolaire lui paraît de plus en plus difficile à gérer, compte tenu de la taille de son académie: outre deux départements picards sur trois, elle inclut les Ardennes.

Une création difficile, mais voulue localement La décision de création d’une nouvelle académie et – à terme – d’une université, est rien moins qu’évidente: si le pouvoir central avait fait le choix de déconcentrer les universités pari- siennes en créant des académies à Nantes, Reims et Orléans en 1962, en revanche, il a hésité sur le périmètre à donner à la nouvelle académie d’Amiens. Dans une étude de 1961, est prévue la création d’une académie de Rouen regroupant les départements de Seine-Maritime, Somme, Eure, Oise, le dépar- tement de l’Aisne restant rattaché à l’académie de Reims dont il relevait depuis 1962. Un tel projet affirmant la non-existence de la région picarde.

Il ne pouvait rencontrer l’assentiment des élites locales qui avaient contribué, en 1941, sous l’impulsion du docteur Perdu, au développement de l’école de médecine et de pharmacie (fondée en 1804), à la création d’une école supérieure de droit en 1941, d’une école de notariat et d’une école de commerce en 1942, puis d’un collège scientifique universitaire en 1957 et d’une école de lettres l’année suivante. Cinq cents étudiants étaientainsirépartisdansleslocauxdel’ancienévêchéouceux de l’abbaye des Prémontrés, ancien lycée d’Amiens. La crois- sance des effectifs était rapide, puisqu’en 1962, on comptait 1500 étudiants. La ville d’Amiens prenait en charge l’essentiel des dépenses de fonctionnement et d’investissement et avait consenti à un effort financier important sous l’impulsion de Camille Goret, puis de Maurice Vast. Naissait ainsi, en 1958, le Centre universitaire de Picardie (CUP): en 1961, il organi- sait sa première rentrée solennelle. Toutefois, cette structure était uniquement d’ordre symbolique, car les écoles étaient scientifiquement et juridiquement subordonnées à la maison mère,l’universitédeLille.Sonprésident,lerecteurGuyDebeyre, pouvait ainsi en inaugurant le collège scientifique universitaire déclarer « qu’il [était] satisfait de voir son université s’agran- dir » (Courrier Picard du 21 décembre 1957).

L’acte de fondation, enfin La section permanente du Conseil supérieur des universités émet,le17 décembre1963,unavisfavorableàlacréationd’une académie à Amiens et à Rouen. Pour autant, certains édiles de l’Aisne auraient souhaité que le siège de l’académie soit à Saint-Quentin, voire que l’Aisne restât attachée à Reims. Le 3 juin 1964, le Conseil des ministres prend un décret de création des académies d’Amiens et de Rouen, signé le 9 juin 1964 et publié au Journal officiel le 10 juin 1964 sous le n° 64-525, avec effetau1er octobredelamêmeannée.Le17 juin1964,lerecteur est nommé: il s’agit de l’universitaire Robert Mallet, doyen et créateur de la faculté des lettres de Tananarive. La situation à laquelle il doit faire face est difficile.

Une situation scolaire difficile « Les effectifs du niveau du second degré dans les établisse- mentspublicsetprivéss’élevaienten1958-1959à45416élèves pour les trois départements picards; ils traduisent un taux de scolarisation beaucoup plus faible que celui de la moyenne française (25,87 % au lieu de 39 %). Le rang occupé par chaque département rend compte de cette sous-scolarisation: l’Oise en effet se place au 72e rang de l’ensemble des départements de la France métropolitaine avec un taux de 27,6 %, l’Aisne au 76e rang avec 26,1 % et la Somme au 86e rang avec seulement 24,1 ( Plan d’action régionale « Picardie » AD 80 31W15.) Lanouvelleacadémied’Amiens

1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008 27 Collection particulière. Col lect ion par ticu lièr e. Copie d’étudiant de l’école de droit, 1944. Enveloppe à en-tête de l’école de droit. Organigramme du rectorat (1971). Collection particulière.

1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008 28 Lessuccessionsrectoralesdepuis1964àAmiens Brillants élèves, un certain nombre de recteurs sont pas- sés par l’École normale supérieure. Tous sont docteurs soit d’État,soithabilitésàdirigerdesrecherches.Presquetoussont agrégés du second degré. Quelques-uns (dans les disciplines pharmaceutiques ou juridiques) sont agrégés de l’enseigne- ment supérieur. Il n’y a jamais eu à Amiens de recteur médecin, professeur de sciences et techniques du sport, professeur de mathématiques ou de philosophie. Un recteur est donc un lit- téraire ou un juriste, sauf exception. Seulement trois femmes sur dix-neuf ont exercé la fonction, dont l’une très brièvement, à cause de l’alternance gouvernementale.

Même si la plupart d’entre eux ont enseigné brièvement dans le second degré avant d’être, pour la plupart, profes- seurs d’université (dix-sept), ils ont très vite exercé des fonctions administratives avant d’être nommés à Amiens: que ce soit comme recteurs d’autres académies (six), pré- sidents d’université (quatre), doyens de faculté ou direc- teur d’école supérieure (trois), responsables d’administra- tion centrale (deux), voire inspecteurs généraux (deux). Quelques-uns, après leur rectorat, ont fait carrière dans la politique, en occupant souvent des fonctions de chargé de mission ou de conseiller technique dans un cabinet ministé- riel, ou auprès du maire d’une ville importante, voire auprès d’un Premier ministre (Edouard Bridoux auprès de Jean-Pierre Raffarin). Seul le recteur Sparfel, en devenant adjoint au maire de Nantes, a tenu une fonction élective. Le parcours du recteur Prieur est, lui, très atypique: il n’a jamais exercé dans l’en- seignement supérieur, mais a fait carrière dans l’inspection avantdedevenirbrièvementsecrétaired’ÉtatauxArméesavant d’accéder au rectorat.

Le plus jeune recteur avait 41 ans à sa nomination, le plus âgé 63 ans: la moyenne d’âge est de 50 ans. Les recteurs restent en fonction environ trois ans. L’académie d’Amiens, dans sa configu- ration actuelle, a été dirigée par dix- neuf recteurs depuis 1964. Robert Mallet (1915-2002), recteur de 1964 à 1969, professeur de littérature française. Marius-François Guyard (né en 1921), recteur de 1969 à 1970, professeur de littérature française. Renaud Paulian (1913-2003), recteur de 1970 à 1972, professeur de sciences naturelles. Marcel Bonvalet (né en 1928), recteur de 1972 à 1975, professeur de sciences de l’ingénieur. Raymond Prieur (né en 1921), recteur de 1975 à 1978, docteur en sciences politiques, inspecteur général de l’Instruction publique. Loïc Sparfel (né en 1937), recteur de 1978 à 1981, professeur de pharmacie.

Christian Gras (né en 1935), recteur de 1981 à 1984, professeur d’histoire contemporaine. Claude Mesliand (né en 1928), recteur de 1984 à 1985, professeur d’histoire contemporaine. Jean Gallot (né en 1934), recteur de 1985 à 1986, professeur de physique. Édouard Bridoux (né en 1945), recteur de 1986 à 1990, professeur d’électronique. Jérôme Chapuisat (né en 1943), recteur de 1990 au 20 mai 1992, professeur de droit.

Françoise Renversez (née en 1933), recteur du 20 mai 1992 au 13 octobre 1993, professeur d’économie. Claude Gour (né en 1930), recteur du 13 octobre 1993 à 1995, professeur de droit. Alain Morvan (né en 1944), recteur de 1995 au 3 juillet 2002, professeur d’anglais. Michel Leroy (né en 1948), recteur du 31 juillet 2002 au 15 juillet 2004, inspecteur général de l’Éducation nationale. Marie-Danièle Campion (née en 1953), recteur du 15 juillet 2004 au 23 mai 2007, professeur de pharmacie.

Tanneguy Larzul (né en 1962), recteur du 13 juin 2007 au 25 juin 2008, professeur de droit. Ahmed Charaï (né en 1957), recteur du 25 juin au 19 novembre 2008, professeur de physique. Anne Sancier-Chateau (née en 1946), recteur depuis le 19 novembre 2008, professeur de lettres modernes. Avec l’appui des secrétaires généraux d’académie M. Daumasson de 1964 à 1965 Jacques Mouha de 1965 à 1971 Jean Mazel de 1971 à 1982 Alain Bellet de 1982 à 1987 Serge Ronchin de 1987 à 1996 Alain Plaud de 1996 à 1999 Brigitte Bruschini de 1999 à 2003 Laurent Gérin de 2003 à 2008 Louis Masliah depuis 2008.

Robert Mallet (1915-2002), recteur de 1964 à 1969, professeur de littérature française. 15 juillet 2004 au 23 mai 2007 13 juin 2007 au 25 juin 2008 25 juin au 19 novembre 2008 19 novembre 2008… 1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008 Marie-Danièle Campion Tanneguy Larzul Ahmed Charaï Anne Sancier-Chateau

1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008 30 Inventer une administration Le rectorat s’installe provisoirement dans le pavillon Duvauchelle de la maison de retraite Saint-Charles, boulevard Maignan-Larivière. en attendant de rejoindre le futur campus. Cela ne se fera pas. Le rectorat emménage en 1977 à la Croix- Rompue puis, en 1990, boulevard d’Alsace-Lorraine. Une administration rectorale est à créer: des quarante per- sonnes la première année, on atteint vite la centaine l’année suivante.

Développer les enseignements scolaires La démocratisation de l’enseignement en cours, les réformes continues, les transformations pédagogiques demandent une attention constante. Denombreuxétablissementsscolairessontinaugurésouagran- dis (collèges d’enseignement général d’Amiens-Nord, Chauny, Soissons, Charly-sur-Marne, Laon). Il faut faire face au manque d’enseignants, de places dans les cars scolaires, de locaux. Les classes sont surchargées: un effectif de quarante à qua- rante-cinq élèves n’est pas rare. On comprend ainsi que les syndicats manifestent leur mécontentement.

Créer un véritable enseignement supérieur Le décret du 24 octobre 1968 crée l’université de Picardie, résultat d’une longue aventure et de la ténacité de quelques pionniers, hauts fonctionnaires, responsables économiques locaux (comme Roger Dumoulin), administrateurs (comme Max Arniaud) et enseignants. En 1964, il y a 1724 étudiants; en 1966, 4600; en 1969, 6640; en 1974, 8500; quatre-vingt-quatorze professeurs en 1964, 359 en 1969 et quatre-vingt-quatre agents administratifs. La municipalité d’Amiens a construit ou aménagé des locaux en centre-ville pour accueillir les implantations universitaires. Mais l’intervention de l’État est nécessaire. « L’enseignement supérieur vit une phase transitoire avant son expansion future et son implantation définitive. » Recteur Robert Mallet.

Les possibilités d’hébergement sont insuffisantes, alors que la rési- denceuniversitaire Le Bailly n’est pas encore ouverte. Des solutions de fortune sont recherchées: chez l’habitant, ou mêmeàlacolonie scolaire de Dury. Seul le restaurant universitaire de la Veillère fonc- tionne. L’Unef réagit souvent et rappelle ses revendications en la matière. La grande affaire du recteur Mallet, c’est la création d’un cam- pus à la périphérie de la ville. À l’horizon 1985, onprévoit50000 étudiants, d’où la nécessité d’abandonner la structure univer- sitaire classique.

Préserver l’avenir sans renier le passé Le recteur est gestionnaire, bâtisseur, mais aussi prospec- tiviste: ainsi il accueille dans les murs de la cité scolaire le Colloque d’Amiens, en mars 1968. Il déclare d’entrée de jeu: « La meilleure façon d’éviter les révolutions, c’est encore de les faire. » Recteur Robert Mallet, allocution d’ouverture. Le recteur est aussi un veilleur, un « passeur culturel ».Membre de multiples sociétés savantes, il suscite des groupements (dontilestmembre)crééspoursauvegarderteloutelaspectdu passé:lescanauxàSaint-Leu(Amiens),lesmursgallo-romains à Beauvais, la maison de Jean Racine à la Ferté Milon. RobertMallet,premierrecteurdelanouvelleacadémied’Amiens Collectio n particul ière.

1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008 31 Co lle ct io n pa rt ic ul iè re . Actes du colloque d’Amiens. Le colloque d’Amiens Pour une école nouvelle a réuni du 15 au 18 mars 1968 à la cité scolaire d’Amiens six-cents personnes pour réfléchir sur la formation des maîtres et les recherches en éducation.

1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008 32 Êtrerecteurn’estpasungrade:c’estunemissiontemporaire. Lorsqu’il est mis fin à ses fonctions de façon discrétionnaire par le Président de la République, l’ancien recteur retrouve sa fonction d’origine: professeur des universités le plus souvent, inspecteur général parfois, etc. Le Courrier Picard, 11 juin 1966. Une fonction en évolution Depuis le milieu des années 1960, la fonction de recteur a évo- lué: ses responsabilités se sont accrues. Il est moins le pres- tigieux notable universitaire d’avant-guerre que davantage le gestionnaire de la première administration de la région – en personnel et en moyens de financements. Il doit ainsi gérer une administration de plus en plus complexe, pré- sider une multitude de commissions. La politique de déconcentrationpuislesloisdedécentralisationontfait surgir de multiples partenaires avec lesquels le recteur doit travailler. Il doit aussi dialoguer de façon régulière avec les partenaires sociaux, mais également avec le président du conseil régional, les présidents des conseils générauxetlesmaires,enmatièred’investissementetde formation. Il partage certaines de ses prérogatives avec le préfet de région et l’inspecteur d’académie: il a donc pour tâche de rendre exécutoire dans le ressort acadé- mique la politique éducative du gouvernement en étant l’intermédiaire entre les différentes structures, dans le cadredecompétencespartagées.Leschémaprévisionnel desformationsestledocumentquiexprimepourlarégion la mise en œuvre de la politique gouvernementale. La fonction rectorale, une exception française Le recteur représente le ministre de l’Éducation nationale: il doit ainsi veiller à l’exécution des décisions prises ainsi qu’à la mise en œuvre de toutes les dispositions législatives et régle- mentaires relatives à l’enseignement.

Il renseigne le ministre sur la situation de son académie et sur la manière dont sont accueillies les diverses mesures. Il dispose de pouvoirs propres qui résultent de la déconcentration admi- nistrative: il organise et répartit les moyens administratifs, d’enseignement et d’éducation qui lui sont alloués par l’État. Le recteur représente le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche auprès des établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel.

La fonction rectorale reste en définitive une « exception fran- çaise »: c’est le seul pays au monde où l’État garde des préro- gatives aussi importantes en matière éducative. Dans la plu- part des autres pays, la fonction de recteur existe, mais elle revêt une tout autre signification: c’est le président élu de son université. Unefonctionrectoralerenouvelée

1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008 33 AD 31W45 . AD 31W45. Cahier de doléances établi par le SNES à l’attention des autorités et de l’opinion publique. Le 17 janvier 1967, l’inspecteur d’académie Henri Chauchoy, accuse réception au préfet de la Somme du cahier de doléances du SNES (ci-contre) et lui fait part de ses remarques.

34 L’Éducation nationale, le service public de proximité le plus présent sur le territoire et le premier employeur de Picardie. Nombre d’établissements (publics et privés) 2263 écoles primaires 215 collèges 70 lycées généraux 64 lycées professionnels 2 établissements régionaux d’enseignement adapté 6 établissements d’enseignement supérieur dont 2 universités Près de 425000 élèves, apprentis et étudiants Près de 30000 enseignants Près de 6000 personnels non enseignants Chefsd’établissement,conseillersprincipauxd’éducation, conseillers d’orientation-psychologues, infirmiers, assis- tantes sociales, assistants de vie scolaire, personnels de surveillance, assistants d’éducation, personnels adminis- tratifs, d’encadrement, techniques, inspecteurs… Un budget d’environ 1700000000 a Données de la rentrée scolaire 2007-2008. L’académied’Amiensaujourd’hui L’académie est la circonscription administrative de l’Éduca- tion nationale en région (en général), portée par une struc- ture institutionnelle: le rectorat.

Il en existe trente en France pour vingt-deux régions car les régionsimportantesregroupentplusieursacadémies.Parexem- ple, la région Île-de-France regroupe trois académies: celle de Paris, celle de Versailles et celle de Créteil. L’académie, sous l’autorité du recteur, s’organise: < au niveau local avec les établissements scolaires: écoles primaires, collèges, lycées, établissements d’enseignement supérieur, gérés par des directeurs d’école, des chefs d’éta- blissement et des présidents d’université, sous l’autorité du recteur. Un maillage dense, présent sur tout le territoire régio- nal et au cœur de chaque famille; < au niveau départemental avec les inspections académiques, dirigées par des inspecteurs d’académie – directeurs des servi- ces départementaux de l’Éducation nationale, et placées sous l’autorité du recteur, qui coordonnent l’Éducation nationale dans les départements, avec une compétence particulière sur les écoles primaires et les collèges; < au niveau régional avec le rectorat qui coordonne l’Éduca- tion nationale en région et exerce une pleine compétence sur les lycées.

académie Amiens 1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008

1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008 35

Action éducatrice Compétence de l’Éducation nationale > La pédagogie > Les programmes > Les diplômes > L’orientation > La gestion de la plupart des personnels (les enseignants notamment) 1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008 36 Le rectorat est responsable et gestionnaire de l’action édu- catrice. Le rectorat travaille en partenariat avec les autorités locales: < Pour une gestion partagée avec les collectivités territoriales.

Les collectivités territoriales participent au fonctionnement des établissements. Cette gestion est répartie selon les niveaux d’enseignement et les compétences des collectivités: commu- nes pour les écoles; les départements, pour les collèges; la région, pour les lycées. À ce titre, les collectivités territoriales gèrent les personnels techniques, ouvriers et de service puisque la construction, l’entretien et la rénovation des bâtiments sont de leur respon- sabilité, de même que les transports scolaires. Les collectivités territoriales interviennent, en complément du rectorat, pour développer les actions périscolaires dans le domaine des technologies de l’information et de la com- munication pour l’éducation (TICE), culturel, sportif, de l’accompagnement scolaire… Enfin,lacompétencedelarégions’exerceégalementenmatière d’élaboration de la carte des formations professionnelles. < Pour contribuer à l’action globale de l’État en région. Le recteur, responsable de l’action éducatrice, et le préfet de région, représentant de l’État en région, travaillent en étroite collaboration pour mettre en œuvre l’action globale de l’État, notamment pour développer les politiques de l’emploi,d’action culturelle,dedéveloppementéconomique…Cettecollaboration s’ajoute aux actions menées par les collectivités territoriales dans ces domaines.

Signature d’une convention entre le ministère de l’Éducation nationale et le rectorat de l’académie d’Amiens. Réunion des lycées avec la Région Picardie. Desrelationspartenarialesaveclesautoritéslocales

Le recteur et le préfet de région sont tous deux nommés par le Président de la République, chacun pour exercer une mission spécifique: le recteur pour organiser l’Éducation nationale en région; le préfet pour organiser tous les autres services de l’État en région: culture, environnement, sécurité, social, agriculture… 1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008 37 Tanneguy Larzul, recteur du 13 juin 2007 au 25 juin 2008.

1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008 38 Rectorat de l’académie d’Amiens 20, boulevard d’Alsace-Lorraine 80063 Amiens Cedex 9 Lerectoratestplacésouslaresponsabilitédurecteur, secondédanssatâcheparlesecrétairegénéralde l’académie,ledirecteurdecabinet,desinspecteurs d’académie,desconseillerstechniques,descorps d’inspectionetuneadministrationrectorale.Latutelle administrativeetpédagogiquedesécolesprimaireset descollèges,ainsiquelagestiondesprofesseursdes écolessontassuréesauniveaudépartementalparchaque inspectionacadémique.

Le rectorat, c’est plus de 400 personnes pour organiser l’Éducation nationale dans toute l’académie! Comments’organiselerectorat? Le rectorat est la structure institutionnelle qui administre l’académie: c’est la « représentation » des Ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Missions des services du rectorat – organisation scolaire des collèges et des lycées; – gestion des enseignants en collège et en lycée; –appuiadministratif,juridiqueetfinancierauxétablissements scolaires; – pilotage et contrôle pédagogique des lycées; – gestion et contrôle des actions de formation continue et de l’apprentissage; – organisation des examens et des concours; – pour l’enseignement privé: gestion des per- sonnels et contrôle des collèges et lycées sous contrat; – contrôle de la gestion admi- nistrative et financière des universités.

L’association des personnels du rectorat d’amiens (APRA) Créée en 1966 par Robert Mallet, premier recteur de l’académie d’Amiens,cetteassociationapourobjectifdefavoriserlesliens de sympathie et de solidarité entre les personnels. De nom- breuses actions sociales, culturelles et de loisirs sont menées pour les personnels et leurs familles. On peut citer: l’arbre de Noël, le voyage des enfants, la journée « académique » entre collègues, les activités sportives diverses… et depuis 1990 la gestiondelacafétériadespersonnels« L’Escale ».Aveclesou- tien de son administration de tutelle, l’association valorise le lien social indispensable entre les personnels d’une structure aussi importante que le rectorat d’Amiens. Le livre En toute amicalité publié en novembre 2006 retrace les nombreuses activités menées depuis sa création.

1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008 39 Médiateur académique Conseillers du recteur Cabinet du recteur Inspecteurs généraux Inspecteurs d’académie, directeurs des servi- ces départementaux de l’Éducation nationale Aisne, Oise, Somme Recteur, chancelier des universités Secrétaire général de l’académie Secrétaire général d’académie adjoint Directeur des relations et des ressources humaines Ministre de l’Éducation nationale Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche Pôle administratif DETOS | Division des établissements et de l’organisation scolaire DPE | Division des personnels enseignants DPAE | Division des personnels d’administration et d’encadrement DAFOP | Division des actions de formation pour les personnels DBU | Division du budget et du contrôle de gestion DAF | Division des affaires financières DEC | Division des examens et concours DESR | Division de l’enseignement supérieur et de la recherche DEPP | Division de l’évaluation, de la prospective et du pilotage DAJ | Division des affaires juridiques et du conseil aux ÉPLE DI | Division Informatique DLS | Division de la logistique des services académiques Pôle pédagogique DPF | Direction des parcours de formation DES | Direction de l’environnement scolaire DAP | Direction de l’apprentissage DPC | Direction de la pédagogie et de la contractualisation DECEP | Direction de l’égalité des chances et de l’éducation prioritaire DESRI | Direction de l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation DAI | Direction des affaires internationales DFLV | Direction de la formation tout au long de la vie DSPH | Direction de la santé, de la prévention des conduites à risques et du handicap Organisation fonctionnelle 2008-2009

Un projet pour la réussite de tous les élèves pour donner à chaque jeune picard une formation initiale de qualité, indispensable à une insertion professionnelle et sociale réussie. • Se recentrer sur les apprentissages fondamentaux pour garantir à tous les élèves la maîtrise des compétences de base au terme de la scolarité du primaire et du collège Soclecommundesconnaissances•LiaisonentrelesclassesdeCE2- CM1-CM2 et la sixième • B2i… • Ouvrir l’académie et les élèves sur le monde Optimisation de la maîtrise des langues vivantes étrangères • Mobilité des élèves et des enseignants… • Instruire, éduquer, éveiller Éducation à la santé • Éducation à la citoyenneté • Éducation artistique et culturelle… • Améliorer la performance scolaire en éducation prioritaire Accompagnement des élèves en difficulté avec les partenaires de l’Éducation nationale… • Faciliter la scolarisation des élèves handicapés Renforcement des dispositifs d’accompagnement • Rationalisation du réseau • Formation des enseignants… • Encourager la poursuite d’études Dispositifs d’éducation à l’orientation • Accompagnement des élèves dans leur choix d’orientation • Réduction des sorties sans qualification • Passeport collégien-lycéen… • Renforcer les liaisons école-parents et la cohérence des actions éducatives partenariales Partenariats avec les collectivités territoriales, les entrepri- ses et les branches professionnelles • Approfondissement des liaisons entre école et parents… • Optimiser l’offre de formation initiale et développer la formation des adultes Accèsfavoriséversl’enseignementsupérieur•Miseenadéqua- tion de l’offre de formation avec les évolutions des métiers et des qualifications… Son action, conjuguant politiques nationale et académique, est présentée dans le projet académique. Quelques objectifs du projet académique 2006-2009 40 Lerecteur,responsablerégionaldusystèmeéducatif Le recteur de l’académie est nommé par le Président de la République en Conseil des ministres. Il représente, dans l’académie, le ministre de l’Éducation nationale et le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Les fonctions du recteur Le recteur est le responsable régional du système éducatif, à la fois pour les enseignements et pour la plupart des personnels (notamment les enseignants), de la maternelle à l’université. • Il assure l’application des dispositions législatives et régle- mentaires se rapportant à l’Éducation nationale dans l’en- semble des établissements d’enseignement et des services de l’académie.

• Il a compétence sur la gestion des personnels et des établissements. • Il définit les objectifs de la politique académique, en parti- culier la nature des formations et les conditions d’orientation et d’affectation des élèves. • Il informe les ministres de l’Éducation nationale et de l’En- seignement supérieur et de la recherche sur l’académie qu’il dirige. • Il est responsable des relations avec les milieux politiques, économiques, socioprofessionnels et notamment avec les col- lectivités territoriales.

• Il intervient dans le programme régional de formation conduit par le conseil régional. • En tant que chancelier des universités, il assure la coordina- tion des établissements d’enseignement supérieur. Il exerce aussi ses responsabilités dans le domaine de l’ensei- gnement privé sous contrat. 1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008

1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008 41 Le recteur veille à la réussite éducative des élèves, de la maternelle à l’université, en développant dans l’académie la politique nationale en matière d’éducation, de formation, d’enseignement supérieur et de recherche.

42 Les missions du recteur se traduisent au quotidien par: – des rencontres régulières avec les acteurs des différents niveaux d’enseignement, allant de la maternelle à l’univer- sité; – des relations suivies avec les partenaires (collectivités terri- toriales, services déconcentrés de l’État, monde professionnel, international…); – la présidence de conseils d’administration (CROUS [centre régional des œuvres universitaires et scolaires], CRDP [centre régional de documentation pédagogique], GIP [groupement d’intérêt public]) et de com- missions consultatives; –destempsdetravaileninterneaveclesser- vices du rectorat, les corps d’inspection; – la participation à des événements publics; – des visites d’établissements scolaires; – des réunions avec les minis- tres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Lequotidiendurecteur …PRÉSIDENCE… …COMITÉ… … RÉFLEXION… … I N T E R V E N T I O N … … I N S P E C T I O N … …DÉJEUNER… … RÉUNION DE TRAVAIL… … A U D I E N C E … … SIGNATURE… … R EN D EZ - VO U S … … VISIOCONFÉRENCE… … E N T R E T I E N … 1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008

43 Extrait de l’agenda du recteur Larzul 1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008

1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008 44 Anne Sancier-Chateau a été nommée recteur de l’académie d’Amiens, chancelier des universités par le Président de la République le mercredi 19 novembre 2008. Quelle est l’action du recteur dans la gestion des établissements scolaires? Chaqueannée,lerecteurdéfinitlastructurepédagogiquegéné- rale des établissements secondaires. Pour les écoles primaires, la gestion des moyens est prise en charge par les inspections académiques.Ildécidedel’offredeformation(collèges,lycées etétablissementsrégionauxd’enseignementadapté)etrépartit les moyens d’enseignement – attribués par le ministère –, les crédits d’équipement et de pédagogie en fonction des besoins. Il gère, dans ces établissements, les carrières de la plupart des personnels: enseignants, personnels administratifs et person- nels de direction. Le recteur travaille en collaboration avec les inspecteurs d’académie, les principaux en collège et les provi- seurs en lycée pour la mise en œuvre des politiques nationale et académique au sein des établissements. Et dans le quotidien des élèves? En qualité de premier responsable de l’offre éducative, il intervient directement pour l’organisation de l’enseignement d’abord, afin de donner à chacun une formation de qua- lité indispensable à une insertion professionnelle et sociale réussie!

Il assure le pilotage pédagogique des actions en faveur de la réussite scolaire des élèves. Dans ce cadre, il nous faut suivre avec vigilance les principaux indicateurs académiques dont les résultats sont encourageants ces dernières années : taux d’ac- cès et taux de réussite au baccalauréat, diminution du nombre de sorties du système éducatif sans qualification, etc. Le recteur définit les objectifs de la politique d’orientation (taux de redoublement, flux des différentes filières, moda- lités d’admission dans les sections de techniciens supérieurs des lycées…) et ceux de la politique d’information sur les for- mations et les métiers (tutelle de la délégation régionale de l’Onisep – Office national d’information sur les enseignements et les professions). Il est aussi de mon ressort d’organiser les examens et concours, et de délivrer les diplômes nationaux au nom du ministre. L’attribution des bourses étudiantes est une autre responsabilité, comme l’est aussi la présidence d’orga- nismes dédiés aux élèves tels que l’UNSS (Union nationale du sport scolaire).

Quel est votre rôle en tant que chancelier des universités? L’État, via le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, confie au recteur, chancelier des universités, le soin d’assurerlacoordinationdesformationspost-baccalauréatset de veiller à la légalité des décisions prises par les universités. Le recteur représente le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche auprès des établissements universitaires. Le recteur veille ainsi, au nom de l’État, à la garantie de quelques exigences fondamentales: le caractère national des diplômes, le respect des frais d’inscription fixés par le ministre, l’égalité de traitement des usagers, etc. Tout en respectant l’autonomie reconnue aux universités.

Quelle est votre situation par rapport au ministre de l’Éducation nationale? Le recteur est le représentant du ministre de l’Éducation natio- nale qui l’investit ainsi directement d’une mission. À ce titre, le recteur doit rendre compte de sa gestion de l’académie. La réunion mensuelle des recteurs d’académie présidée par le(s) ministre(s), et les contacts fréquents avec les collabora- teurs et les services ministériels permettent au recteur d’être informé des décisions nationales et des réformes à venir, et ainsi, de favoriser leur mise en œuvre au niveau académique. Le recteur se doit de renseigner le ministre sur la situation de sonacadémieetsurlamanièredontsontaccueillieslesdiverses mesures.

EntretienaveclerecteurAnneSancier-Chateau

45 Anne Sancier-Chateau Le recteur doit rendre compte au ministre de la situation de sa gestion de l’académie…

1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008 46 Deux cents ans de recorat pour l’académie d’Amiens se situe dans le cadre de la commémoration du second centenaire de la fondation de l’Université impériale. Trois colloques ont eu lieu à Paris sur ce thème. Dans le but d’organiser une commémoration des deux cents ans des recteurs dans l’académie d’Amiens, le recteur Marie- DanièleCampionachargédeuxuniversitaires–ClaudeLelièvre, professeur d’histoire de l’éducation à l’université Paris V et BrunoPoucetprofesseurdesciencesdel’éducation,spécialiste d’histoire de l’éducation à l’université de Picardie Jules-Verne – de définir un projet. Trois initiatives ont été retenues : un colloque,quiaeulieuenavril2008;uneexpositionàdestina- tiondesclasses,achevéeen2008 ;unouvrage,quivoitlejour en 2009. Des médailles commémoratives ont également été réalisées : reprenant une face de la médaille éditée en 2004 pour le quarantenaire de la nouvelle académie, la médaille du bicentenaire valorise la devise académique Picardorum natio per Naturam Scientiamque nutrix – Nation des Pi- cards, nourricière par la Nature et par la Science. Le recteur Tanneguy Larzul, nommé le 13 juin 2007, a repris et précisé le projet qui fut finalisé par Anne Sancier-Château, nommée recteur le 19 novembre 2008.

Le colloque Il s’est tenu le mercredi 2 avril 2008 au CRDP de l’académie d’Amiens. Le colloque « 200 ans de rectorat pour l’académie d’Amiens » a ouvert la célébration du bicentenaire de l’acadé- mie : évolutions historiques et fonctionnelles, grandes figures rectorales ou encore relations avec les partenaires territoriaux ont été abordées par des universitaires spécialisés, mêlant re- pères nationaux et déclinaisons dans l’académie. Les actes ont été publiés dans le numéro 26 de la revue Carrefours de l’éducation.

L’exposition L’exposition itinérante, à destination des établissements sco- laires de l’académie, permet aux élèves et à leurs professeurs, Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens de découvrir quelques aspects de l’histoire de l’académie d’Amiens, et de ses divers établissements. Elle permet de per- cevoir la multiplicité des efforts qu’accomplissent, depuis deux siècles, l’État ainsi que les collectivités et les élites locales pour développer les structures éducatives. Qu’est-ce qu’une académie ? ; Comment fonctionne un rectorat ? ; Les missions d’un recteur, chancelier des universités ; Les relations avec les autorités locales ; Le projet académique ; Histoire et évo- lution de l’académie d’Amiens ; Chronologie des recteurs de l’académie d’Amiens… autant de thèmes expliqués dans cette exposition itinérante de vingt panneaux à destination des éta- blissements scolaires.

Les textes des panneaux 1 à 13 et 20 ont été rédigés par Bruno Poucet, relus et corrigés par Jean-François Condette, Claude Lelièvre et Yves Verneuil. Les panneaux 14-19 ont été réalisées sous la responsabilité de Dorothée Trancart, directrice de la communication au rectorat de l’académie d’Amiens.

1808 Deuxcentsansderectoratpourl’académied’Amiens 2008 47 LesdocumentsillustrantlespanneauxproviennentdesArchives départementales de la Somme, des archives de l’université de Picardie Jules-Verne, des archives communales d’Amiens, du rectorat de l’académie d’Amiens et de documents fournis par des particuliers. Le traitement graphique et l’impression de l’exposition ont été effectués par le service éditorial du CRDP de l’académie d’Amiens.

L’ouvrage Il donne corps à l’exposition itinérante, « 200 ans de recto- rat pour l’académie d’Amiens» créée en 2008, dont il reprend in extenso les textes. Les pages 8 à 33 correspondent aux pan- neaux 1 à 14 ; les pages 35 à 45 aux panneaux 15 à 19. Le recteur Anne Sancier-Chateau a préféré, à l’ouvrage d’art et de prestige initialement envisagé mais abandonné pour des raisons de coût, la publication d’un livre historique, avant tout pratiqueetaccessibleàtous.Publiédansune édition limitée de 3500 exemplaires, il est disponible, à la rentrée 2009, dans les éco- les, les collèges, les lycées ainsi que dans les établissements d’enseignement supérieur de l’académie d’Amiens. Dans ce cœur de la vie de l’Éducation nationale que forment les élèves et la communauté éducative, il a pour mission de porter, pour les décennies à venir, la mémoire de l’académie.

Imprimé sur les presses de l’imprimerie Yvert-Impam, 145, rue de Paris 80036 Amiens Cedex en juillet 2009. Textes de : – Bruno Poucet, professeur de sciences de l’éducation à l’université de Picardie Jules- Verne, spécialiste d’histoire de l’éducation, avec l’aide de Jean-François Condette, pro- fesseur d’histoire contemporaine à l’uni- versité de Lille III, IUFM, Claude Lelièvre, université Paris V et Yves Verneuil, maître de conférences en histoire contemporaine à l’université de Reims, IUFM ; – Dorothée Trancart directrice de la commu- nication, rectorat de l’académie d’Amiens.

Vous pouvez aussi lire