Één strijd meerdere symbolen - Één eeuw politieke affi ches in Europa Centre de la Gravure et de l'Image imprimée

 
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Één strijd meerdere symbolen - Één eeuw politieke affi ches in Europa Centre de la Gravure et de l'Image imprimée
24/09-18/12/2005
                   LA LOUVIÈRE

                                                    Centre de la Gravure
                                                    et de l’Image imprimée
                                                    de la Communauté française de Belgique

  Één strijd meerdere symbolen                      10, rue des Amours
                                                    B-7100 La Louvière
             Één eeuw politieke affiches in Europa   www.centredelagravure.be
Un combat, des symboles. Un siècle d’affiches politiques en Europe
                              Europalia Russie. Les affiches russes 1930-1945

                          L’affiche politique est le reflet de notre société en mouvement. Elle exprime les
                          tensions sociales, les luttes idéologiques, les progrès techniques. Elle est
                          de tous les combats, justes ou injustes. L’expression graphique change au fil de
                          l’histoire, mais, toujours, surprend, bouleverse.

                          Le Centre de la Gravure présente un parcours graphique percutant de 200
                          affiches, au fil de deux expositions qui se répondent et se complètent.
Un combat, des symboles

                          Un combat, des symboles retrace l’histoire de l’Europe, depuis la fin du 19è siècle
                          jusqu’à nos jours.
                          120 créations majeures de graphistes de réputation internationale, issues des collec-
                          tions de sept centres européens dédiés à la création graphique, dénoncent,
                          soutiennent ou commentent avec couleur et subtilité, humour et dérision un siècle
                          de luttes citoyennes allant de la propagande politique au combat humanitaire.
                          Organisé par thème, le parcours laisse une grande liberté aux images et un dialogue
                          s’instaure entre elles.

                          Des figures féminines stylisées (la Marianne libératrice) se mettent au service des
                          combats idéologiques. Des symboles et allégories sont mis en exergue: la colombe
                          de la paix, la faucille, le marteau, l’étoile rouge, l’image du héros, la main: baissée,
                          levée ou en poing, elle se fait tour à tour menaçante ou porteuse d’espoir.

                          Artistes présentés: Claude Baillargeon, Seymour Chwast, Jules Grandjouan, Alain
                          Le Quernec, Les Graphistes Associés, Uwe Loesch, Achille Mauzan, Picasso,
                          Michel Quarez, Andréa Rauch, Steinlen, Tartakover, Tomi Ungerer,...

                          Exposition constituée à partir des collections d ‘affiches d’institutions européennes regroupées au sein du
                          REAGA - Réseau européen de l’affiche et du graphisme d’auteur - composé de la Triennale de l‘affiche politique
                          de Mons (Le Manège), du Centre de la Gravure et de l’Image imprimée (La Louvière), du Mundaneum (Centre
                          d’archives de la Communauté française - Mons), de la Bibliothèque publique et universitaire de Genève (Suisse),
                          de la Bibliothèque nationale d’Autriche à Vienne, de la Maison du livre et de l’image - Les Silos (Chaumont -
                          France) et du Centre du graphisme et de la communication visuelle (Échirolles - France).

                          Cette manifestation est co-produite avec le Centre du graphisme et de la communication visuelle d’echirolles,
                          Les Silos - Maison du Livre et de l’Affiche de Chaumont et est organisée par le Reaga - Réseau
                          européen de l’affiche et du graphisme d’auteur - avec le soutien du programme Culture 2000 de l’Union
                          européenne.
L’histoire de la communication visuelle se confond, pour une bonne partie, à celle de
Un combat, des symboles

                          l’humanité. Des grottes de Lascaux à nos jours, l’homme utilise des signes pour se
                          faire comprendre, transmettre un savoir ou dominer son semblable. Si les représentations
                          animales de la préhistoire gardent une part de mystère, l’humanité s’est nourrie de mythes
                          pour raconter son histoire, ponctuées d’allégories et de symboles.

                          Les progrès techniques et économiques aidant, de nouvelles formes de représentations
                          sont apparues au fil des siècles. L’affiche s’est considérablement développée au milieu du
                          XIXè siècle, grâce à la rencontre de l’art, de la presse satirique en plein essor à cette
                          époque et de la révolution industrielle. Les mythes de l’Etat-nation et celui du progrès
                          trouvent, là, un relais efficace auprès du plus grand nombre.

                          Dans l’immédiat après-guerre, la propagande fait son apparition comme système organisé
                          de manipulation en URSS, en Italie et en Allemagne. Parallèlement la démocratie résiste.
                          L’affiche est enrôlée dans ce combat politique et idéologique.

                          Les progrès techniques s’accompagnent de mouvements sociaux durement réprimés.
                          Le militant exhibe ses muscles, et montre le poing levé que représente l’union des ouvriers
                          et paysans, une force sociale considérable à même de combattre l’ennemi social:
                          le capitalisme.

                          D’autres symboles apparaissent: la faucille, le marteau, l’étoile rouge… La lutte idéologi-
                          que s’intensifie. Les affiches traduisent la violence des oppositions. Le poing nazi écrase
                          en 1940 la France, la Grande Bretagne et la communauté juive. Fascisme et nazisme
                          s’emparent de la propagande enrôlant l’affiche dans un système porté à une perfection
                          meurtrière. Les bras se tendent, les mains s’ouvrent à un salut fasciste surgi de l’imagerie
                          de l’empire romain germanique.

                          Après la 2ème Guerre mondiale, la guerre froide prolonge les oppositions, avive les discours
                          politiques manichéens. Décolonisation, mouvements de contestation contre la guerre du
                          Viêt-Nam (1964-1975) ou de contestation sociale (1968) se succèdent et régénèrent les
                          discours politiques et par contre coup l’art de l’affiche. De nouveaux combats apparaissent
                          liés à des comportements sociaux: liberté sexuelle, droit à l’avortement, lutte pour
                          l’égalité femme/homme…

                          La chute du mur de Berlin en novembre 1989 marque une nouvelle étape.
                          L’économie se mondialise, les affrontements idéologiques semblent s’atténuer, l’Europe
                          «élargie» se construit. D’autres combats sont à mener contre la faim dans le monde,
                          contre le SIDA, pour la protection de l’environnement et une économie équitable…
                          L’affiche politique continue de tendre son miroir aux tensions sociales, aux luttes et combats
                          nationaux ou internationaux.
Procédés graphiques de l’affiche de propagande

                          Les années 30 sont largement représentées dans les affiches de cette exposition.
Un combat, des symboles

                          C’est pendant cette décennie que les partis et les idéologies totalitaires déploieront leur
                          propagande à grand renfort de communication graphique. Les affichistes mettront tout
                          leur talent en œuvre pour construire de véritables publicités des différents messages
                          idéologiques, des images simples et fortes conçues pour convaincre et motiver les
                          siens ou au contraire terroriser l’ennemi. Placardée partout dans les lieux publics,
                          l’affiche de propagande a occupé une place de choix dans la guerre psychologique,
                          menée parallèlement à la guerre militaire. L’objectif était le même d’un pays à l’autre:
                          entretenir le moral de la population et convaincre celle-ci de la justesse du combat. Pour
                          atteindre son but, le propagandiste va employer certains procédés, jouant de leur
                          Signifiant/Signifié. Les voici :

                          Les emblèmes et symboles
                          Le recours à l’emblème du parti est l’instrument le plus efficace de la propagande.
                          Élément d’identification et de représentation collective, l’emblème rassemble et délimite;
                          il peut se reproduire partout, à toute échelle et avec peu de moyen. La faucille et le
                          marteau, adoptés par le PC soviétique en 1918, furent repris par tous les PC dès 1919
                          et ce jusqu’aux années 90. Les symboles, propres à chaque nation, viennent renforcer
                          l’appartenance patriotique par l’association d’idée et le signifié. Le drapeau national
                          est à considérer comme un symbole officiel et nombreuses sont les affiches qui le
                          reproduisent flottant au-dessus des armées en signe de protection.

                          La répétition d’éléments
                          Que ce soit un alignement de drapeaux identiques, des profils répétés à l’infini ou
                          des poings levés, la répétition signifie l’unisson, la puissance numéraire, l’infinité des
                          ressources et en fin de compte l’invincibilité.

                          Le découpage de l’espace
                          La construction diagonale est fort présente, instaurant une dynamique et une ouverture,
                          l’idée d’un mouvement qui aboutira à la victoire.
                          NB : Ces deux procédés ont été largement utilisés par S.M. Eisenstein, cinéaste russe
                          de génie, dans des films tels que Le Cuirassé Potemkine (1925) ou Alexandre Nevski
                          (1938), engagés et prémonitoires.

                          La typographie
                          De style Art Nouveau, gothique ou typographique international, le lettrage participe au
                          signifié de l’affiche. Arrondie ou anguleuse, humanistique ou sans âme, manuscrite
                          ou tapuscrite, la lettre revêt la force, la stabilité, la fragilité, devient la voix du héros.
                          La typographie suit souvent les innovations artistiques et reflète ainsi son époque.
                          L’Allemagne emploiera beaucoup la lettre gothique - utilisée entre le XIII et le XVIe
siècles - opérant un retour conservateur et réactionnaire face à l’art moderne dit «
Un combat, des symboles

                          dégénéré « d’ailleurs interdit sur son territoire.

                          Le photomontage
                          L’évolution mondiale du photomontage s’est faite selon deux tendances: l’une vient de
                          la publicité américaine et a été utilisée par les dadaïstes et les expressionnistes: c’est
                          le photomontage formaliste. La seconde tendance s’est formée sur le terrain de la vie
                          sociale et politique de l’Union Soviétique: c’est le photomontage d’agitation politique.
                          L’art d’agitation réclamait une représentation réaliste, une technique extrêmement précise
                          et un engagement socialiste profond. La photographie allait trouver un nouvel emploi,
                          devenant un moyen, allié à la typographie et à la construction de l’espace, pour atteindre
                          un but précis.

                          Dans l’affiche de propagande européenne, le photomontage est employé pour renforcer
                          la terrible réalité des bombardements par l’authenticité de la photographie et l’impact
                          de mots choisis dont la typographie restitue la gestuelle du langage. C’est lors de la
                          guerre d’Espagne que les graphistes nationaux créèrent des affiches tirées à grandes
                          échelles, dans plusieurs langues et diffusées à l’étranger dans des manifestations de
                          solidarité à l’Espagne. Les affiches reproduisant une mère affolée serrant son enfant ou
                          le cadavre d’un garçon et son numéro d’identification, les deux sur fond d’avion ennemi
                          ou de bombes, ont ainsi fait appel au code moral, à la civilisation abrutie par la guerre.
L’exposition Un combat, des symboles s’accompagne d’un large volet didactique.
                          Voici quelques extraits des panneaux qui ponctueront le parcours: La faucille et le
                          marteau, Femmes dans la tourmente et l’oiseau de paix.

                          La faucille et le marteau
Un combat, des symboles

                          Attribut de nombreuses divinités agraires telles que Kronos et Démeter chez les Grecs,
                          Saturne et Cérès chez les Romains, la faucille est souvent comparée au croissant de Lune,
                          à la fois symbole de changement de forme et de retour à la même forme.
                          Pendant du Soleil, la Lune ne fait que refléter la lumière de l’astre. C’est la source de la
                          lumière et de la connaissance indirectes, de la réflexion, de la pensée.
                          La faucille symbolise aussi une coupure entre deux ordres temporels: le temps historique et
                          le temps cosmique, coupure qui n’est pas une destruction mais la fin d’un état et le passage
                          à une autre forme d’organisation liée à la vie. On connaît l’usage rituel de la faucille d’or
                          chez les Celtes, pour la cueillette du gui, symbole d’immortalité.
                          Les armes recourbées sont également signes de féminité et de fécondité.

                          Héphaïstos, assimilé à Vulcain chez les Romains, a le marteau et l’enclume comme
                          attributions. Personnification divine du feu, il devint le dieu de la Métallurgie et le forgeron
                          officiel des dieux et des héros. Installé au fond des volcans ou des îles volcaniques, comme
                          Hiéra, Imbros, assisté des Cyclopes et des Cabires, Héphaïstos, avec un art et un génie
                          consommés et inimitables, forgea ainsi l’armure d’Achille, le trident de Poséidon, la cuirasse
                          d’Héraclès, le sceptre et l’égide de Zeus.
                          Le marteau, forgé à partir du feu terrestre ou métallurgique, représente la foudre
                          (le faisceau enflammé de Zeus). En tant que générateur de la foudre et de l’éclair, il est en
                          relation avec la source de la claire Connaissance, la lumière directe, le Soleil.

                                                                   Dans la sphère communiste, on voit apparaître la fau-
                                                                   cille et le marteau dès les années 20: ensemble, ils
                                                                   symbolisent l’union et la lutte des classes de tra-
                                                                   vailleurs contre l’oppression: l’ouvrier et le paysan,
                                                                   base sociale de l’état soviétique. Le 25 décembre 1991,
                                                                   le président Mikhaïl Gorbatchev démissionnait.
                                                                   Sur le Kremlin, le drapeau rouge frappé de l’étoile jaune,
                                                                   de la faucille et du marteau, était remplacé par la ban-
                                                                   nière blanche, bleue et rouge de la Russie.
                                                                   C’était la fin du régime soviétique.
                                                                   En Autriche, la faucille et le marteau figurant sur les
                                                                   armoiries depuis 1919 n’ont, pendant plusieurs décen-
                                                                   nies, posé aucun problème, même pendant le guerre
                          froide. C’est au début des années 90 que l’on a commencé à remettre en cause ce symbole
                          ambigu. Le premier à réagir fut Jörg Haider (FPÖ) que l’on connaît moins soucieux quand
                          est arboré le drapeau nazi.
                          Alors que le commissaire européen Frattini, chargé de la Liberté et de la sécurité, veut
                          interdire les symboles nazis dans l’Union européenne, deux eurodéputés, un lituanien et
                          un hongrois, proposent l’interdiction de l’emblème de la faucille et du marteau, se justifiant
                          par l’Histoire et par la situation d’instabilité actuelle dans les pays d’Europe de l’Est qui
                          ont souffert du stalinisme. Ils affirment que la Seconde Guerre mondiale était le fruit du
                          Pacte germano-soviétique de 1939 et que les États-Unis ont à la fois vaincu le nazisme
                          et le communisme.
                          La Commission Européenne a rejeté cette proposition car les symboles nazis, représentent
                          clairement des signes de racisme et d’antisémitisme, alors que des emblèmes comme la
                          faucille et le marteau, qui restent utilisés par les partis communistes dans l’Union, ont une
                          autre histoire. Il ce serait difficile d’expliquer une telle loi et imprudent d’essayer de la faire
                          appliquer au niveau européen.
Femmes dans la tourmente

                          Depuis l’aube de l’histoire, la femme fut pour les imagiers un sujet de prédilection.
Un combat, des symboles

                          Entre la représentation réaliste, quasi-documentaire, et celle imaginaire, exclusivement
                          masculine, il y a la lacune d’un autoportrait qui rétablirait l’équilibre. Ainsi, force est de
                          constater, tirées des rapports masculin-féminin, que trois figures obsessionnelles ont
                          hanté l’esprit des mâles lorsqu’ils imaginaient la femme: la figure de la partenaire dans
                          les jeux de l’amour, celle de la mère, protectrice et consolante et celle de l’associée
                          indispensable, toutefois maintenue en situation subalterne et soumise.

                          On a pu lire par ailleurs que dès les premières affiches politiques, la femme figure en
                          bonne place, incarnant, pour la France du XVIIIe Siècle, la révolution et la Liberté.
                          De l’image d’une femme belle, jeune, pleine d’une force tranquille et appelant le combat
                          pour la liberté, l’affichiste politique du XXe Siècle positionne la femme dans le rôle
                          traditionnel de l’épouse et de la mère, courageuse mais ayant besoin de protection.

                          Pendant l’entre deux guerres, sa représentation se décline en trois concepts graphi-
                          quement stéréotypés.
                          La première est celle de la femme épanouie, souriante, aimante; elle apparaît avec ses
                          jeunes enfants, sur fond de reconstruction des cités, au travail agricole dans des champs
                          abondants ou à côté d’un homme, beau, jeune et souriant lui aussi: l’espoir de temps
                          meilleurs passe dans leurs yeux.

                                                        La deuxième, celle de la mère seule au foyer, alors que
                                                        l’homme est dans les rangs de l’armée, que le chômage
                                                        et la misère règnent, dépeint l’image de femmes souffrant
                                                        devant leurs enfants dénutris, leur mari, frère ou père revenu
                                                        invalide, devant les bombes qui menacent dans le ciel.
                                                        Le registre est de l’ordre du pathos, d’une certaine impuis-
                                                        sance face à la folie guerrière.

                                                        La dernière enfin, dans le rôle de l’infirmière de la Croix
                                                        Rouge. La voici austère dans son uniforme blanc mais ras-
                                                        surante, soignante, penchée sur les blessés, apportant des
                                                        victuailles et du réconfort. Les affichistes vont ici en faire
                                                        une nouvelle allégorie du courage. Alors que les hommes
                                                        révèlent leur fragilité au combat, celle de leur chair déchi
                          quetée, la femme-infirmière porte l’espérance de l’organisation de la Croix-Rouge et
                          participe au combat, non pas destructeur celui-là, mais humanitaire. Portant le blessé
                          comme une Pietà, foulant à ses pieds les serpents du mal ou poignardant le fléau de la
                          tuberculose sur le globe terrestre, la femme prend place et engage sa libération sociale.

                          Pendant que l’homme fait tourner la machine de guerre - d’un côté ou de l’autre, sous une
                          forme ou une autre - la femme tente le pari réussi de remplacer l’homme absent. Dans les
                          bureaux, dans les usines, aux champs, elles permettent une économie vitale à leur nation.
                          Organisatrices de secours, de cantine, d’hôpitaux, elles mettent en place un système
                          d’aide aux plus démunis. Les femmes ne continuent pas moins de rester séduisantes et
                          ainsi d’incarner les promesses d’un bonheur à retrouver, celles de la paix et de l’amour.
                          Songeons à Marlène Dietrich et à ses concerts donnés devant les soldats américains sur
                          la ligne du front en Europe; l’actrice recevra la Medail of Freedom pour son rôle au côté de
                          l’armée américaine ainsi que, en France, la Légion d’Honneur.
                          Une femme parmi tant d’autres, anonymes ou héroïne, de papier ou de chair, qui aura
                          contribué à mener le combat pour la Liberté.
L’oiseau de paix

                          Tout au long de la symbolique judéo-chrétienne, la colombe est fondamentalement un
Un combat, des symboles

                          symbole de pureté, de simplicité, de paix, d’harmonie et d’espoir retrouvé. La colombe de
                          la paix, cette expression si fréquente de nos jours, provient de la Bible. Pour voir la fin du
                          déluge et donc la fin de l’épreuve, Noé envoie une colombe. Il l’envoie trois fois. Si elle trouve
                          où se poser, elle ne reviendra pas dans l’arche. De fait, la première fois elle revient, car l’eau
                          n’est pas descendue. La seconde fois, la colombe revint vers lui sur le soir et voici qu’elle
                          avait dans le bec un rameau tout frais d’olivier ! Ainsi Noé connut que les eaux avaient
                          diminué à la surface de la terre. Il attendit encore sept autres jours et lâcha la colombe, qui
                          ne revint plus vers lui (Genèse 8,11-12). Dans le Nouveau Testament, la colombe représente
                          le Saint Esprit, se manifestant lors du baptême du Christ, symbolisant alors l’âme de Dieu.
                          Par extension, elle représente souvent ce que l’homme contient d’impérissable, c’est-à-dire
                          le principe vital, l’âme.

                          Dans sa représentation païenne, l’oiseau blanc d’Aphrodite valorise la notion de pureté,
                          l’associant à l’amour charnel, et représente l’accomplissement amoureux du couple.
                          La beauté et la grâce de cet oiseau, sa blancheur immaculée, son doux roucoulement, sa
                          fidélité dans le couple et sa longue nidification en ont fait un symbole universel de paix et
                          d’amour.

                                                  Aussi, du Cantique des Cantiques au langage populaire, nous trou-
                                                  vons le terme de colombe comptant parmi les plus universelles méta-
                                                  phores célébrant la femme.

                                                  Bien évidemment, un tel symbolisme ne pouvait qu’être associé à
                                                  son antagonisme, la violence et la guerre. De nombreuses affiches,
                                                  dessins de presse, emblèmes de groupes défendant la paix et la
                                                  nature se sont emparés de sa silhouette, en faisant une messagère
                                                  internationale de la paix dans le monde.

                                                  Après la Seconde Guerre, et pendant la Guerre Froide, le Parti com-
                                                  muniste français organise, en 1949, un premier Congrès mondial des
                                                  partisans de la Paix. Louis Aragon, militant ardent du PC, trouve chez
                                                  Picasso, autre membre du PC, le dessin d’une colombe blanche et
                                                  s’en empare pour illustrer l’affiche du Congrès. Cette même année,
                                                  Picasso devient père d’une petite Paloma, signifiant colombe en espa-
                                                  gnol. L’oiseau figurera sur la série d’affiches réalisées par l’artiste de
                                                  1949 à 1962.

                          Dans le même temps, le groupe anticommuniste Paix et Liberté, formé en 1950, dénonce
                          l’hypocrisie de l’Union soviétique, qui d’un côté parle de paix et de l’autre investit des sommes
                          colossales dans l’armement dont le nucléaire. Une première affiche répond à celle illustrée
                          par Picasso: la colombe est cuirassée de métal, comme un char, et estampillée du sigle
                          communiste. Le texte en est: La colombe qui fait BOUM. Une autre affiche - Jo-Jo-la Colombe
                          - nous montre un Joseph Staline, en partie caché par un pan de mur, brandissant un panneau
                          Paix et exhibant une colombe portant collier et liée à sa ceinture alors que le bras resté
                          dans l’ombre, tatoué du marteau et de la faucille, tient une redoutable masse d’arme… Ces
                          caricatures cherchaient à montrer aux soutiens du PCF qu’ils étaient des …pigeons !

                          Outre de nombreux emplois dans de la propagande anti-guerre, la colombe est associée à la
                          Jeunesse, peuple en devenir, désireuse de construire un avenir pacifique, comme le suggère
                          la très belle affiche graphique de Malecki.
Le REAGA - un Réseau Européen de l’Affiche et du Graphisme d’Auteur

Invités par Diego Zaccaria au mois du Graphisme d’Échirolles en 1997, Catherine de
Braekeleer, La Louvière, Frieder Mellinghoff, Essen, Patrick Giraudo, Chaumont, et moi-
même, passions une partie de la nuit, dans le bar de l’hôtel, à imaginer la création d’un
réseau favorisant la circulation de l’affiche et du graphisme d’auteur.

L’affiche, ce support éphémère souvent instrumentalisé par la publicité marchande pour
atteindre ses objectifs commerciaux, est aussi un support utilisé en Europe et dans le
monde pour défendre des démarches citoyennes et une esthétique engageant l’homme
dans la voie de la conscience. Au-delà des activités propres aux institutions que nous
représentions, nous nous sommes engagés ce soir-là à favoriser la circulation d’affiches
d’auteur en Europe.

                         En 1998, un premier dossier est proposé et accepté par la Commission
                         européenne. Le Centre culturel de Mons porte le projet avec le Centre
                         de la gravure à La Louvière, le Musée de l’Affiche d’Essen, la Maison
                         du livre et de l’affiche Les Silos à Chaumont, auxquels s’ajoutent le
                         Musée international d’histoire sociale d’Amsterdam et le Mundaneum
                         à Mons. L’exposition de l’affichiste Michel Quarez qui est organisée à
                         Echirolles circule en France et en Belgique. Le graphiste belge Van
                         Malderen est accueilli en France, la triennale de l’Affiche politique
                         de Mons en Allemagne. Le Mundaneum accueille pour sa part une
                         exposition proposée par le Musée d’Histoire Sociale d’Amsterdam.
                         Ce premier projet est initié conjointement à la création officielle du
                         REAGA (Réseau Européen de l’Affiche et du Graphisme d’Auteur).
                         Le centre du Graphisme et de la Communication visuelle d’Échirolles
                         lui donne un dynamisme nouveau. Le réseau s’enrichit par la suite de
                         la Bibliothèque Nationale d’Autriche à Vienne avec Marianne Jobst, de
                         la Bibliothèque publique et universitaire de Genève avec Jean-Charles
                         Giroud.

En 2003, un projet est introduit et accepté par la Commission européenne dans le cadre du
programme culture 2000. Il s’agit de donner une nouvelle impulsion à l’association en favo-
risant notamment la création d’un site Internet propre au REAGA permettant entre autres
l’accès au fonds d’affiches des partenaires. Cela permet également le développement d’une
série d’actions communes, comme l’accueil d’expositions telles Grandjouan à Mons et
Un cri persan à La louvière; la mise sur pied de l’exposition intitulée Un combat, des
symboles réalisée à partir des collections des membres du REAGA.
D’autres institutions, qui apprécient comme nous l’affiche d’auteur, nous rejoindront, je
l’espère. Car comme tout acte de création et de liberté, l’affiche politique démontre que
les résistances aux pensées dominantes sont nombreuses partout en Europe et dans le
monde. (1)

Henri Cammarata,
Président du REAGA

(1) Michel voiturier, la politique s’affiche in flux news N°36
Dès son origine, l’image occupe une place essentielle dans la propagande soviéti-
La propagande soviétique 1930-1945

                                     que. Dans les années ‘30, les portraits lénifiants de Staline abondent; la femme, la
                                     famille, la jeunesse, le sport et l’industrie sont les symboles de la nouvelle nation.
                                     Dans les affiches anti-fascistes de l’entre-deux-guerres, l’étoile rouge, la faucille et
                                     le marteau encouragent les sentiments patriotiques et nationalistes des citoyens
                                     soviétiques, jusqu’aux plus illettrés. Lorsque la guerre éclate, les images de soldats
                                     appelés à rejoindre l’Armée rouge, des femmes et des enfants suppliant leurs héros
                                     se partagent la propagande avec les caricatures de Hitler en chien, en loup ou
                                     en porc...

                                     Une cinquantaine d’affiches d’artistes tels G. Klutsis, A. Deineka, N. Vatolina,
                                     Kukryniksy et V. Deni, complète le propos engagé par l’exposition ‘Un combat, des
                                     symboles-un siècle d’affiches politiques en Europe’, présentée simultanément au
                                     Centre de la Gravure et de l’Image imprimée.

                                     Les affiches présentées proviennent du Rosizo State Museum Exhibition Center et
                                     du State Central Museum of Modern Russian History

                                     Coproduction: Europalia, Centre de la Gravure et de l’Image imprimée
Activités éducatives et culturelles:
Parcours commenté et chanté
Le trio «Color» (Marie-Véronique Brasseur, Cristina Marchi, Cayenne Seydel)
ponctuera la visite de l’exposition de chants de lutte.
Dimanche 27 novembre à 11h (entrée + 6€)

Visites guidées pour individuels les les 2èmes dimanches du mois à 15h:
9 octobre, 13 novembre et 11 décembre (entrée + 4€).

Visites guidées pour groupes adultes, scolaires (ateliers de gravure,
d’images imprimées...)

Stage pour adultes sur le thème du symbole dirigé par Bruno Hellenbosch.
Les 31 octobre, 2, 3 et 4 novembre (vacances de Toussaint).
Prix: 115 euros

Ateliers pour scolaires
Atelier 1: Langage symbolique. Lors de la visite guidée de
l’exposition, réflexion et recherche autour des différents symboles
serviront de préambule à la conception d’une affiche.
Atelier 2: La ligne de partage. Travail sur les symboles et leur
contraire (guerre et paix, solidarité et racisme, aigle et colombe...)
et mise en confrontation.

Renseignements et réservations:
Service éducatif: T 064 27 87 21 - Courriel: edu@centredelagravure.be

Appel à concours:
Concours d’Images numériques pour jeunes 15-25 ans - «Un combat, des
symboles - Silence, la violence!»
Destiné à deux catégories d’âge - 15-18 et 19-25 -, ce concours veut
être une ouverture vers un public imaginatif, curieux d’expériences et
de nouveautés, prêt à réfléchir sur un thème citoyen : la Paix. Les
participants seront invités à présenter 3 images numériques gravées sur
CD et également imprimées. Un jury désignera les lauréats et les
travaux qui seront exposés au Centre de la Gravure en janvier 2006.
Infos : 064 27 87 25.
Infos pratiques
Exposition du 24 septembre au 18 décembre 2005
Du mardi au vendredi de 11 à 18h00. Fermé tous les lundis.
Entrée gratuite le 1er dimanche du mois.

Centre de la Gravure et de l’Image imprimée de la Communauté française
de Belgique
10, rue des Amours - B-7100 La Louvière
T +32 64 27 87 27. F +32 64 27 87 29
accueil@centredelagravure.be
www.centredelagravure

Tarifs:
Individuels
Adultes: 5 euros
Seniors, louvièrois, profs: 4 euros
Etudiants, chômeurs: 3 euros
Enfants de - de 12 ans accompagnés: gratuit

Ecoles maternelles, primaires, secondaires
Entrée: 2 euros
Entrée + visite guidée (1h): 3 euros
Entrée + visite guidée (1h): 3 euros
Entrée + visite guidée + atelier (2h): 4 euros

Enseignement supérieur, académie
Entrée: 2 euros
Entrée + visite guidée (1h): 5 euros
Entrée + visite guidée (1h): 5 euros
Entrée + visite guidée + atelier (2h): 6 euros

Groupes (10 à 20 personnes/guide)
Adultes: 4 euros
Seniors: 3 euros
Visite guidée en semaine: 44 euros
Visite guidée les weeks-ends et jours fériés: 50 euros
Visite guidée en néerlandais, anglais, italien (semaine, week-end et
jours fériés): 50 euros

Direction: Catherine de Braekeleer

Photos de presse disponibles sur demande.
Contact presse: Julie Scouflaire

Le Centre de la Gravure bénéficie du soutien permanent de la Communauté française de
Belgique, de la Loterie nationale, de la Région wallonne et de la Ville de La Louvière.

L’exposition «Un combat, des symboles» est produite avec le soutien du programme
Culture 2000 de l’Union européenne.
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