2017 L'exploitation cinématographique en région Hauts-de-France - Acap
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Sommaire
02 04
Glossaire 4
AVANT-PROPOS 6
PRÉSENTATIOn 8 L’exploitation Les actualités
cinématographique des de la filière 38
Hauts-de-France 21
01 A. La fréquentation 22
A. Les postes de médiateurs
culturels en salle de cinéma 39
Le parc régional B. La programmation 26 B. Le parc de matériel de protection
de cinémas des
C. Les publics 28 numérique dans les cinémas
Hauts-de-France 9
des Hauts-de-France 40
D. Les dispositifs d’éducation
Cartographie des salles de cinémas
aux images 30 C. Les aides destinées
des Hauts-de-France 10
aux salles de cinéma 41
Chiffres-clés 11
A. La composition 12 03 05
B. Les catégories d’exploitation 14 L’exploitation
cinématographique Annexes 42
C. La structuration du parc 16
dans les départements
D. Le parc Art et Essai 18 Hauts-de-France 31 Liste des salles de cinéma
des Hauts-de-France 43
E. Les évolutions actées 20 A. Aisne 33
Liste des communes de projections
F. Les projets à venir 20 B. Nord 34
des circuits itinérants des
C. Oise 35 Hauts-de-France 45
D. Pas-de-Calais 36 Données comparatives entre
F. Somme 37 parcs cinématographiques
régionaux 46
3Glossaire
• Établissement actif d’Art et d’Essai (AFCAE), hors temps scolaire ou opérations finan-
cées par ailleurs telles que Collège au Cinéma.
Un établissement cinématographique actif est un établissement
ayant transmis au moins un bordereau de recette au CNC au cours ►►Le label « Patrimoine et Répertoire » est octroyé aux établisse-
de l’année. ments diffusant des films recommandés Art et Essai sortis pour la
première fois en salles il y a au moins 20 ans. Dans le cadre de
l’attribution des labels, une attention particulière est portée à la
• Classement Art et Essai
qualité, à la régularité et à l’identification de ces diffusions spéci-
Le classement Art et Essai d’un lieu de projection cinématogra- fiques. Le classement Art et Essai et l’attribution des labels sont
phique repose : effectués par la Présidente du CNC, après avis de la Commission
►►sur un indice automatique indiquant la proportion de séances du cinéma d’Art et Essai. Le mode de classement Art et Essai fait
réalisées avec des films recommandés Art et Essai par rapport au l’objet d’ajustements réguliers. Comme l’année précédente, des
total des séances offertes ; le niveau exigé s’accroît avec la densité ajustements techniques dans les dossiers de demande d’aide et
démographique. dans la prise en compte de certains indicateurs ont été mis en
►►sur une pondération de cet indice automatique par deux coeffi- place. Ces modifications peuvent avoir une incidence sur les évolu-
cients. D’une part, un coefficient majorateur apprécie le nombre de tions qui sont exposées ci-après.
films proposés, la politique d’animation, l’environnement sociolo-
gique et cinématographique, d’autre part, un coefficient minorateur • Catégories
prend en compte, le cas échéant, le mauvais état de l’établisse-
Les cinémas sont classés selon leur niveau d’entrées. Trois tranches
ment, la faiblesse de la diversité des films Art et Essai proposés
ont été établies : moins de 80 000 entrées par an, entre 80 000
et les discontinuités de fonctionnement (exemple : nombre de
et 450 000 entrées et 450 000 entrées ou plus. Il n’est plus tenu
semaines et de séances hors période de travaux, en regard de la
compte dans la méthodologie de l’appartenance ou non à un circuit
population).
de plus de 50 écrans.
Le classement se fait par établissement et la référence géogra-
phique est l’unité urbaine dans laquelle se situe l’établissement.
• Typologie
Selon la zone d’implantation, il existe cinq catégories d’établisse-
ments classés Art et Essai, de A à E. ►►Mono-écran,
►►Complexe : de 2 à 7 écrans,
• Labels ►►Multiplexe : 8 écrans ou plus.
Trois labels peuvent être attribués par le CNC aux établissements
selon leur spécificité. Ces labels doivent être demandés par l’ex- • Habitudes et publics
ploitant lors de l’envoi de sa candidature. Ils peuvent être cumulés. Les spectateurs assidus vont au moins une fois par semaine au
►►Pour bénéficier du label « Recherche et Découverte », il est cinéma, les spectateurs réguliers y vont au moins une fois par mois
nécessaire de programmer un nombre suffisant de films qualifiés (et moins d’une fois par semaine) et les occasionnels au moins une
de « Recherche et Découverte » par le sous-groupe du Collège de fois par an (et moins d’une fois par mois). Les habitués du cinéma
recommandation des films. regroupent les assidus et les réguliers. Les CSP+ désignent les in-
►►L’attribution du label « Jeune Public » repose sur la program- dividus exerçant une profession de catégorie supérieure : artisans,
mation d’un nombre suffisant de films qualifiés comme tels par le commerçants, chefs d’entreprises, cadres et professions intellec-
groupe « Jeune Public » de l’Association Française des Cinémas tuelles supérieures, professions intermédiaires. Les CSP- désignent
4les individus exerçant une profession de catégorie inférieure : ou- de la différence entre les coûts de fabrication d’une copie 35 mm et
vriers, employés, agriculteurs. Les inactifs désignent les individus d’une copie numérique. En France, ce mécanisme a été avalisé par
n’exerçant pas d’activité professionnelle : retraités, élèves et étu- la loi du 30 septembre 2010 (n°2010-1149), qui impose aux dis-
diants, personnes sans emploi. tributeurs de film une contribution due, au titre de chaque salle, lors
des deux premières semaines suivant la date de sortie nationale de
• Indice de fréquentation l’œuvre cinématographique pour la première mise à disposition de
l’œuvre dans l’établissement.
Rapport entre le nombre d’entrées et la population d’une zone géo-
graphique donnée.
• ZIC
• Taux d’occupation des fauteuils Zone d’influence cinématographique (ZIC) : délimitée par la géo-
Rapport entre le nombre d’entrées et le nombre de places dispo- graphie et les axes de circulation à 10 minutes en voiture du ciné-
nibles, calculé en multipliant le nombre de séances par le nombre ma pour la zone première et 20 minutes pour la zone secondaire.
de fauteuils pour chaque écran.
• Délimitation des unités urbaines
Une unité urbaine (ou plus communément une agglomération) est
un ensemble d’une ou de plusieurs communes dont la plus grande
partie de la population réside dans une zone bâtie d’au moins 2
000 habitants. Les unités urbaines sont délimitées par l’INSEE en
plusieurs étapes, sur la base du recensement de la population. La
dernière délimitation, effectuée en 2010, est appuyée sur le recen-
sement de 2009.
• Les films inédits
Les films inédits ou les premières exclusivités sont les longs mé-
trages nouvellement sortis en salles.
L’ensemble des films nouveaux regroupe les œuvres ayant fait
l’objet d’une sortie commerciale en France.
• FCV
Le mécanisme financier des frais de copies virtuelles (FCV) est
un concept venant des États-Unis : les Virtual Print Fee (VPF), qui
concerne l’économie de la distribution de films de cinéma en nu-
mérique et leur exploitation en salles. Ce mécanisme financier a
pour but de permettre aux salles de cinéma de financer leurs équi-
pements de projection numérique, grâce au reversement direct ou
indirect par les distributeurs d’une partie des économies provenant
5Avant-propos
Le cinéma est un loisir de masse qui mobilise for- a eu pour conséquence d’augmenter la capacité d’ac-
tement les spectateurs et fait de la salle de ciné- cueil par écran. Ces nouvelles enseignes s’installent au
ma un axe fort de l’aménagement culturel d’un coeur des villes mais également, et toujours, en zone
territoire. péri-urbaine d’agglomérations à faible densité de po-
pulation. Cette dernière tendance résulte la plupart du
La salle du cinéma est la cheville ouvrière. Elle est non temps d’un mouvement de métropolisation - développe-
seulement la première étape de l’exploitation d’un film ment des pôles urbains et des zones qui les entourent
mais également un lieu de culture et de loisir, intégré - attirant, entre autres, les populations jeunes, par les
dans la cité, où se rencontrent les spectateurs. Une opportunités d’emplois qu’il représente et le nouveau
salle, un film, un public sont les trois composantes du potentiel résidentiel qui s’y adjoint. Cette dynamique
métier d’exploitant de cinéma. prouve la stabilité du parc des grandes agglomérations,
et respecte les besoins de proximité des publics par ail-
Avec 2 046 établissements actifs en 2017, le cinéma est
leurs. Dans le même temps, les espaces d’implantation
le deuxième équipement culturel le mieux implanté en
se sont resserrés. La concentration s’est renforcée, et
France, après les bibliothèques. La sortie au cinéma est
il devient fréquent de voir des indépendants se faire
la première pratique culturelle des Français depuis de
racheter par des groupes qui privilégient des projets de
nombreuses années. Proximité, sociabilité et attache-
plus petite taille, mais plus nombreux.
ment en sont les raisons. C’est une histoire qui s’écrit
de longue date, sur tout le territoire français. Selon les Dynamiques et volontaires, les salles assurent une offre
derniers chiffres du CNC, 67,7% des Français sont allés culturelle et éducative qu’elles savent alimenter, faire
voir au moins un film en 2017 et 76,3% fréquentent évoluer avec les spectateurs et défendre auprès - et
toujours la même salle. grâce - au soutien des pouvoirs publics. Lieux structu-
rants pour les communes, de sociabilité pour les specta-
Avec 11 établissements supplémentaires, dont 9 multi-
teurs, leur proximité au coeur des territoires fait la force
plexes, la France poursuit son mouvement d’intensifica-
de toute la filière, tout en créant un modèle spécifique
tion du maillage territorial du parc de salles. Les salles
et unique. Cette même filière, connaît pourtant des bou-
s’attachent à nourrir leur territoire d’implantation de la
leversements. En effet, les technologies évoluent, les
diversité des cinématographies mais parfois avec diffi-
pratiques des publics changent et le grand écran doit y
culté. La forte production de films et la sur-médiatisa-
faire face et les accompagner.
tion de certains titres opèrent un resserrement de leur
secteur économique vers les plus gros équipements. Ce Les craintes sur le « tout plateforme », la montée en
modèle du cinéma «mutliplexe» est celui qui croît le plus puissante de la SVOD, les renégociations de la chro-
depuis 10 ans (de 164 à 218 établissements), ce qui nologie des médias, associées à un piratage qui n’est
6toujours pas circonscrit, font peser beaucoup d’inquié- régionale des circuits itinérants) mais aussi par de nom-
tudes et d’incertitudes. Ces facteurs montrent l’impé- breuses associations locales, en sus de l’implication des
rieuse nécessité d’une réflexion collective et intégrée. exploitants, depuis les équipes bénévoles jusqu’aux élus
territoriaux. L’ensemble de ces acteurs oeuvre locale-
De plus, à court terme, l’un des défis majeurs auquel ment à la cohésion socioculturelle de leur territoire afin
tous les exploitants vont devoir faire face est le renou- de garantir un service public du cinéma pour le plus
vellement du parc de matériel de projection numérique. grand nombre. Aujourd’hui, et ce dans une période où
En effet, les contributions des distributeurs au rembour- les budgets sont contraints, force est de constater que
sement du 1 parc de projection numérique se termine-
er
les actions mises en place afin de garantir une équité
ront fin 2020. Le surcoût lié à la projection numérique culturelle sur les territoires doivent être envisagées en
a été sous-estimé, dans le contexte de mutation, vécue lien avec les questions d’investissement. Une telle dyna-
profonde à cette période, laissant un certain nombre mique devra nécessairement questionner l’implication
d’exploitants dans de sérieuses difficultés économiques des publics des salles. Modernisation des lieux, offres
et, donc, dans l’incapacité d’envisager sereinement le de services en salle, renouvellement des publics... ne
renouvellement de leur matériel de projection. Cette pourront s’imaginer, ni se faire, sans la participation
problématique est étroitement liée à celle de l’attrac- collective des habitants et des partenaires publics dans
tivité des salles. C’est pourquoi, des évaluations sont une région fortement marquée par la présence de struc-
en cours afin d’identifier les besoins et imaginer des tures de proximité.
solutions qui n’accentueraient pas les fractures écono-
miques et technologiques entre les différentes exploita-
tions. Cet état des lieux régional, porté par l’Acap - Pôle
régional image et en collaboration avec De la suite dans
les images, pourra contribuer à envisager un accom-
pagnement du renouvellement du parc de matériel à
l’instar des mesures mises en oeuvre lors du passage
au numérique.
Les salles de cinéma bénéficient par ailleurs d’une réelle
dynamique en matière d’accompagnement : aides des
pouvoirs publics, aides des collectivités, soutien à l’ac-
tion culturelle et à la programmation Art et Essai porté
dans les Hauts-de-France par l’Acap - Pôle régional
image, De la suite dans les images, l’ARCI (association
7Présentation
L’Acap - Pôle régional image, association conven- recueillies par l’Acap grâce à son dialogue constant et
tionnée avec l’État (Ministère de la Culture - DRAC aux actions communes menées avec les salles.
Hauts-de-France) et la Région Hauts-de-France, L’analyse par catégories d’exploitation détaille une
porte un projet de développement culturel de ter- approche plus économique, et ces chiffres proviennent
ritoire en matière de cinéma et d’audiovisuel qui uniquement de la Géographie du cinéma du CNC.
s’articule autour du pilotage d’actions, de l’ac-
compagnement des porteurs de projets autour Ainsi, les données présentent un instantané sur une
de l’image (formations, ressources, ingénierie) et année. Tel projet (ouverture de lieu, fermeture pour tra-
d’une mission d’observatoire pour le territoire. vaux) ou conjoncture ponctuelle (passage d’un cinéma
d’une catégorie d’exploitation à l’autre) influe sur les
Parmi ses missions, au plus proche du réseau de salles données de masse, lesquelles ne décrivent pas forcé-
et de ses partenaires de l’exploitation cinématogra- ment la réalité fine de l’exploitation en région. C’est
phique, la dimension d’observatoire est essentielle et pourquoi chaque fois que possible, l’Acap a introduit
transversale. des correctifs dans les données générales du CNC.
Le travail d’animation de réseau porté par l’Acap nour-
rit une expertise permettant un accompagnement des
politiques publiques en matière de cinéma grâce aux
études, notes et états de lieux réalisés.
Le présent document établit une photographie de l’ex-
ploitation en région Hauts-de-France en s’appuyant sur
les statistiques et données établies annuellement par le
CNC dans la Géographie du cinéma.
Cette étude repose sur les derniers éléments chiffrés de
l’exercice 2017 ; ceux de 2018 ne seront disponibles
qu’en septembre 2019.
De nombreuses données proviennent du travail de veille
que mène l’Acap tout au long de l’année. Les données
concernant les trois typologies (mono-écran, complexe
de 2 à 7 écrans, multiplexe de plus de 8 écrans), qui
apportent un éclairage en terme d’équipement, sont
8Salles de cinémas des
Hauts-de-France 2017 Bousbecque
Halluin
Roncq
Bray-Dunes Tourcoing
Dunkerque
Coudekerque- Marcq-en-
Baroeul Roubaix
Calais Grande- Branche
Armentières Wasquehal Leers
Gravelines Synthe
Lambersart
Coquelles Lomme
Villeneuve-
d’Ascq
Lille
Santes
Boulogne-
sur-Mer Saint-Omer
Hazebrouck Bailleul Templeuve
Desvres
Aire-sur- Merville
Neufchatel-Hardelot la-Lys
Le Touquet
Auchel
Thumeries
Courrières
Berck- Montreuil- Bruay-la- Harnes
sur-Mer sur-Mer Buissière Saint-Amand-les-Eaux
Beaurainville Liévin Avion Hénin-
Fort-Mahon Saint-Pol- Beaumont
sur-Ternoise Douai Maubeuge
Valenciennes
Aniche
Quend
Arras Douchy- Jeumont
les-Mines
Crécy-en- Hautmont
Ponthieu
Cambrai Solre-le-
Doullens Château
Caudry Avesnes-
Abbeville Le Cateau- sur-Helpe
Mers-les-Bains Cambresis
Saint-Ouen
Fourmies
Albert
Bohain-en-
Vermandois
Péronne
Corbie Hirson
Amiens Guise
Saint-Quentin Vervins
Poix-de-Picardie Moreuil
Ham
Tergnier Montigny-
Montdidier Roye sur-Crécy
Chauny
Saint-
Noyon Gobain Laon
Coudray-
St-Germer Saint-Just-
en-Chaussée Thourotte
Beauvais
Clermont Jaux
Soissons
Creil Pont-Sainte-Maxence
Montataire Villers-
Cotterêts
Méru Senlis Crépy-en-
Chantilly
Valois
Chambly La Ferté-
Orry-la-Ville Milon
Légende
Château-Thierry
Mono-écran
Complexe
Multiplexe
Circuit itinérant
10Chiffres-clés
119 établissements dont 62 mono-écrans,
4 circuits itinérants, 34 complexes et 19 multiplexes : 13,7% de taux d’occupation des fauteuils (National : 13,9%)
431 écrans (National : 5909) 49 établissements sont classés Art et Essai (National : 1 204)
85 488 fauteuils (National : 1 118 624) 54,5% des écrans appartiennent à des multiplexes
613 400 séances (National : 8 161 241)
1 fauteuil pour 70 habitants (National : 57 / fauteuil)
16 251 000 entrées (National : 209 399 642)
104 211 000 € de recettes (National : 1 380 581 395€) Fréquentation 2017 en recul de 1,7% (National : -1,8%)
Fréquentation Art et Essai en augmentation
de 0,4% (National : +2%)
Indice de fréquentation de 2,71 (National : 3,26)
Repères
Rang Hauts-de-France / Informations
France métropolitaine complémentaires 2017
Superficie 8e rang 31 813 km2
2e en densité : 189 hab./ km2 * Essentiellement concentrée dans le Nord-Est de la
Population
3e région la plus peuplée région (métropole lilloise et ancien bassin minier)
Communes équipées 11e rang 103 communes équipées
Cinémas 9e rang 119 établissements
Multiplexes 6e rang (Nord = 3e département de France)
431 écrans.
Écrans 7e rang
La région n’en a jamais compté autant.
Cinémas Art et essai 11e rang 49 établissements
Habitants/fauteuil 7e rang 70 habitants/fauteuil
13,7% des places sont effectivement
Taux d’occupation 9e rang
occupées lors d’une séance
Entrées 6e rang 16,26 M
Recette moyenne par entrée (RME) 8e rang 6,41€
* Selon l’Insee (2017), le solde migratoire décroît. La région, qui était la troisième plus peuplée de France, devrait passer à la cinquième position d’ici 2050.
11A. La composition
Généralement, le nombre d’établissements cinématographiques, d’écrans
et de fauteuils varie selon la taille, le dynamisme, le nombre d’habitants
des communes. La zone d’implantation, le maillage et la vitalité des ciné-
mas alentours influent également. En dix ans, le parc cinématographique des Hauts-de-France a évolué
de 11%, là où celui de la Nouvelle Aquitaine a augmenté de 39% et celui
En France, les 2/3 des cinémas se situent dans les petites communes, dont
d’Auvergne-Rhône-Alpes a fait un bond de 59% (voir données comparées
50% dans les communes de moins de 10 000 habitants. Depuis 2007,
entre régions page 46).
les communes de moins 20 000 habitants sont celles qui ont perdu le
plus d’établissements. Les communes de 20 000 à 50 000 habitants sont Le nombre de création d’établissement dans les Hauts-de-France ne s’est
celles qui ont vu leur nombre d’écrans le plus augmenter. Les communes accéléré que depuis 2013 et on observe une baisse du nombre des petits
de 50 000 à 200 000 habitants ont vu leur nombre de cinéma baisser. établissements au profit des plus grands.
La région des Hauts-de-France reflète ce constat. Elle dispose d’un parc Depuis 2007, on compte 4 cinémas de la petite exploitation en moins, 3
cinématographique diversifié, à l’image de ses caractéristiques géogra- cinémas supplémentaires dans la moyenne exploitation et 6 cinémas en
phiques et démographiques. S’agissant d’un territoire vaste et plutôt rural, plus dans la grande exploitation.
le réseau des salles est logiquement composé de cinémas de proximité.
Les projets du versant nord de la région sont davantage tournés
Région très peuplée, mais de façon inégale, son réseau de multiplexes se
vers la création de nouveaux établissements que dans le versant
concentre dans l’Oise, du fait de la proximité Francilienne, et dans le Nord,
sud, plus orientés sur la modernisation ou l’extension. La tendance
l’un des départements les plus peuplés de France.
chez les mono-écrans est d’augmenter leur capacité d’accueil,
quand cela est possible, par des extensions de salles ou la démul-
tiplication des séances quand des travaux ne peuvent être envisa-
gés. Le modèle du multiplexe gagne du terrain dans toute la région
et en France.
Composition du parc régional
(Données CNC 2017)
Communes Établissements Écrans Séances
Fauteuils
équipées actifs actifs (milliers)
Aisne 14 15 43 6 774 53
Nord 37 46 178 37 988 267
Oise 16 17 69 13 502 101
Pas-de-Calais 20 22 100 19 088* 153
Somme 16 19 41 8 136 40
Hauts-de-France 103 119 431 85 488* 613,4
France 1 660 2 046 5 909 1 118 624 8 161
* nombre mis à jour par l’Acap.
12Typologie des exploitations cinématographiques régionales
(Données Acap 2017)
Hauts-de-
Aisne Nord Oise Pas-de-Calais Somme
France
Circuits itinérants 1 0 1 1 1 4
Mono-écrans 6 26 8 9 13 62
Complexes 7 12 5 7 3 34
Multiplexes 1 8 3 5 2 19
Total 15 46 17 22 19 119
Répartition par typologie
(Données Acap 2017)
Mono-écrans
3,4%
16% Multiplexes
52,1%
Complexes
28,6%
Cinémas itinérants
Les cinémas itinérants
Dans les Hauts-de-France, ils représentent 3,4% des cinémas (National : 5,1%), 0,7% des entrées et 210 lieux de projections répartis par département :
AISNE : OISE : SOMME :
►►Le circuit FRMJC (Fédération Régionale ►►Le circuit Ciné Rural 60 compte 88 com- ►►Le circuit Ciné en balade 80 est adminis-
des Maisons des Jeunes et de la Culture) munes adhérentes. La salle active est basée tré par la FRMJC basé à Laon. 20 communes
compte 36 communes adhérentes. La salle au Coudray-Saint-Germer. sont adhérentes. La salle active est basée à
référente et déclarée comme active auprès du Moreuil.
CNC est basée à Montigny-sur-Crécy. PAS-DE-CALAIS :
►►Le circuit CinéLigue compte 25 com-
NORD : munes adhérentes. La salle active est basée
►►Le circuit CinéLigue compte 41 com- à Beaurainville.
munes adhérentes. Il n’y a pas de salle décla-
rée comme active, les séances et entrées sont
comptabilisées sur celles du Pas-de-Calais.
13B. Les catégories
d’exploitation
Répartition du nombre d’établissements, d’écrans et de fauteuils par catégorie d’exploitation
(Données CNC 2017)
Petite exploitation Moyenne exploitation Grande exploitation
82 24 13
Établissements + 1,2 % + 4,3% 0%
(69%) (20%) (11%)
111 140 180
Écrans + 5,7 % + 2,9% 0%
(25,5%) (32,5%) (42%)
22 040* 22 325 41 123
Fauteuils + 5,6 % + 1,8% - 0,1%
(26%) (26%) (48%)
* nombre mis à jour par l’Acap.
Chaque établissement cinématographique fait l’objet d’un classement, en
petite, moyenne ou grande exploitation, en fonction de son niveau annuel
d’entrées. Les cinémas réalisant moins de 80 000 entrées sur une année En 2017, les Hauts-de-France comptent 10 écrans supplémentaires,
relèvent de la petite exploitation, ceux qui enregistrent entre 80 000 et soit 431 écrans, pour une moyenne de 3,61 écrans par établissement
450 000 entrées, de la moyenne exploitation, les autres étant classés contre 3,59 en 2016.
dans la grande exploitation. Cependant, par convention, tous les établisse- Depuis 2010, la capacité des établissements cinématographiques
ments exploités par des entreprises propriétaires de 50 écrans au moins régionaux a progressé de 8,2% en nombre de fauteuils (7,9 % au
sont classés dans la grande exploitation, indépendamment de leur niveau national). Cependant, entre 2016 et 2017, celle-ci n’a pas varié de façon
d’entrées. significative. En ce qui concerne la capacité d’accueil, ce ratio a baissé
pour atteindre 718 fauteuils par salle (1 point de moins qu’en 2016).
Selon les catégories d’exploitation le constat diffère.
L’année 2017 semble avoir été plus profitable à la petite exploitation
qui n’a pas connu une telle augmentation de son nombre d’écrans depuis
2013. Cette hausse est trompeuse car elle est uniquement imputable
à la création du multiplexe d’Abbeville, qui avec 1 mois d’exploitation
en 2017, est comptabilisé dans cette catégorie.
La réalité pour la petite exploitation régionale, relève, ces dix der-
nières années, d’une tendance à la baisse continue : -10% des fau-
teuils, -9,8% des écrans, -4,6% établissements. Seules les entrées se
maintiennent, +8,5%, au prix d’une intensification des séances de +8%,
avec un pic en 2017 de + 2,3%.
14Façade du cinéma Paradisio à Noyon
Avec un établissement et 4 écrans supplémentaires, la moyenne exploi-
tation progresse sur tous les indicateurs en 2017. Cependant, sur
La spécificité de l’équipement cinématographique des Hauts-de-
une période de dix ans le constat est plus nuancé : -19,9% des fauteuils,
France réside dans une surreprésentation en établissements de
-10,9% des écrans, +14,3% d’établissements, -6,8% de séances pour un
la grande exploitation, avec 11% contre 6,3% au niveau national.
quasi maintien du niveau de fréquentation.
La catégorie de la moyenne exploitation représente 20% des cinémas
La grande exploitation a connu quant à elle une nette progression ces dix
(2 points en dessous du niveau national à 22%).
dernières années : +54,7% des fauteuils, +66,7% des écrans, +85,7%
La catégorie de la petite exploitation est relativement bien répartie géogra-
d’établissements. Dans cette catégorie en 10 ans, le nombre de séances
phiquement sur l’ensemble du territoire mais reste sous-représentée, avec
a fait un bon de +88% pour un nombre d’entrées augmenté de 51%.
69% des cinémas quand la moyenne nationale est de 75%.
Néanmoins, cette tendance s’est ralentie en 2015 et stagne, voire
décroît, depuis. En France, le nombre de multiplexes a augmenté de
En outre, en dix ans, l’optimisation du parc cinématographique des
4,8% entre 2016 et 2017 (+38% en 10 ans).
Hauts-de-France a donc permis une augmentation globale de 25%
de la fréquentation, mais celle-ci est essentiellement concentrée
dans la grande exploitation.
15C. La structuration
L’exploitation cinématographique peut s’exercer sous différentes formes
juridiques. L’exploitation française reflète cette diversité : exploitants en
nom propre, sociétés commerciales, associations ou encore salles exploi-
de structures peuvent être considérés : les cinémas privés et les cinémas
tées en régie directe par les municipalités. Néanmoins, deux grands types
municipaux. Si en région, un grand nombre de salles appartiennent à leur
commune d’implantation, leur gestion peut varier : gestion municipale,
associative ou privée sous délégation de service public.
Statuts des salles - Hauts-de-France
(Données Acap)
Salles municipales et interco. (EPIC, SPL,
SPIC inclus) 38
Salles privées à gestion privée 36
Salles municipales à gestion associative 26
Salles municipales à gestion privée 14
Salles privées à gestion associative 5
42% des cinémas sont gérés par des en- 32% des cinémas sont municipaux et 26% des cinémas sont gérés par des as-
treprises privées et représentent 80% des représentent 11% des écrans et 12% des sociations et représentent 9% des écrans
écrans et 79% des fauteuils. fauteuils. et des fauteuils.
Gestion du parc Hauts-de-France
(Données Acap 2017)
Privée
42%
Municipale
80% 79% Associative
32%
26% 11% 12%
9% 9%
Nombre de
Écrans Fauteuils
cinémas
16Avec l’arrivée du groupe CGR Cinémas (une création et plusieurs reprises
d’exploitation), la région n’avait pas connu une si forte implantation d’un
groupe national sur le territoire depuis des décennies.
Le groupe est désormais en France, comme dans les Hauts-de-France, À noter : les trois premiers circuits français (Gaumont-Pathé, CGR,
au coude à coude avec Gaumont-Pathé en ce qui concerne le nombre UGC) détiennent 33% des écrans en Hauts-de-France (30% au
d’écrans. niveau national).
Nombre d’écrans par circuit de programmation
(Données Acap 2017)
Pathé Gaumont 68
CGR 52
Cinéode 32
Ociné 32
Majestic 30
UGC 26
C2L 24
Kinepolis 23
Megarama 14
Cinéville 12
Cinémovida 6
73% des écrans ont 4
Noé Cinéma
un programmateur national
La concentration et le monopole dans le secteur de l’exploitation sont sou-
vent pointés du doigt. La moitié des recettes est concentrée sur quelques
grands groupes, nuisant de fait à une « bonne répartition des films sur les
écrans » (cf. « Le cinéma à l’épreuve des phénomènes de concentration », La concentration horizontale, qui consiste dans le rachat des sociétés pour
Pierre Kopp, 2016). proposer une programmation uniforme sur le territoire, doit être encadrée
Les données régionales et leur comparaison avec celles d’autres régions pour conserver une accessibilité à une offre cinématographique diversifiée
reflètent ce constat et par conséquent les Hauts-de-France manquent pour les publics.
d’établissements, d’écrans et de fauteuils (cf tableau récapitulatif annexe Aussi, des soutiens à la reprise ou la construction de nouvelles salles
p46). par des exploitants indépendants seraient un gage de diversité pour les
publics. (cf données comparées entre régions page 46)
17D. Le parc
Art et Essai Nombre de cinémas Art et Essai
par département
Le classement Art et Essai est un dispositif de soutien aux salles de cinéma
qui proposent des films recommandés Art et Essai. Valorisé financièrement, il
encourage la diffusion et l’exposition des films d’auteurs, dits « fragiles » ou 9
difficiles d’accès. Cette valorisation permet aux salles de proposer une diver-
sité cinématographique et de développer une politique d’animation adaptée.
Le classement peut être assorti d’un label selon le caractère particulier de
20
certaines cinématographies au prorata de leur exposition : Jeune public,
Recherche et Découverte, Patrimoine. 3
51% des films sortis en France en 2017 sont recommandés Art et Essai
(354) et la part de marché moyenne des cinémas classés Art et Essai dans la
fréquentation globale est de quasi 30%. 7
L’implantation des cinémas classés Art et Essai augmente à mesure que
l’unité urbaine réduit. Ainsi, en 2017 en France, 53% des cinémas Art et
10
Essai sont implantés dans des unités de moins de 20 000 habitants ou zones
rurales.
Entre 2007 et 2017, le nombre d’établissements Art et Essai situés dans des
zones de moins de 20 000 habitants a augmenté de 23% et a baissé de 15%
dans les zones de plus de 200 000 habitants.
Chiffres clés
Avec 41% (-4%) de ses cinémas classés Art et Essai, la région Hauts-
de-France est la 11e en nombre d’établissements (National : 59%)
49 établissements classés Art et Essai :
mais 5e en nombre d’entrées.
70% des complexes sont classés,
31% des multiplexes sont classés,
27% des mono-écrans sont classés.
178 écrans, 1circuit itinérant, 28 860 fauteuils,
4 cinémas ont perdu leur classement. 254 900 séances, 5 638 000 entrées,
►►Ceci est dû à plusieurs facteurs : la ventilation de programmation 33 762 000 M€ de recettes,
entre différents écrans d’un même exploitant, des problèmes d’accès
14,1% de taux d’occupation des fauteuils (National 13,9%).
aux films, la concurrence face à un multiplexe qui cherche à s’ins-
taller, et parfois un changement de catégorie d’unité urbaine prise
1 fauteuil pour 208 habitants (France 150).
en compte pour le classement - de E à C comme à Merville (Nord). 24 classements sont assortis du label Jeune Public (JP),
3 des cinémas concernés sur 4 sont des mono-écrans (1 dans l’Oise, 2 10 du label Recherche et Découverte (RD),
dans le Nord).
16 du label Patrimoine (P).
2 cinémas ont obtenu leur classement. La fréquentation 2017 des salles Art et Essai des Hauts-
►►Le Palace de Cambrai (5 écrans) et Les 3 As au Touquet-Paris-Plage de-France augmente de 0,4% (National +2%) par
(5 écrans). Tous deux sont sans label à ce jour.
rapport à 2016 et le taux d’occupation de 0,7%.
L’Art et Essai dans les Hauts-de-France : 34,7% des entrées
(National : 32,7%), 32,4% des recettes,
41,5% des séances (-0,2) contre 36,7% au national.
18Soutien CNC
614 867€ ont été versés par le CNC aux cinémas des Hauts-de-France L’enveloppe financière nationale du classement Art et Essai des salles
ayant obtenu ce classement assorti ou non de label(s). Les subventions étant fixe, en 2017 les subventions ont été écrêtées de 7% en moyenne.
versées peuvent aller de 930€ pour un mono-écran en zone rurale (moins
de 10 000 habitants) à 69 053€ pour un complexe en zone urbaine de 200
000 habitants et plus.
Synthèse des établissements classés Art et Essai des Hauts-de-France
(Données CNC 2017)
Évolution
% moyen du
2017 % du parc régional Hauts-de-France
parc français
2016-17
Établissements 49 41% -4% 58,9%
Écrans 178 41% + 2,9% 45,7%
Fauteuils 28 860 33% + 0,5% 42,1%
Séances (milliers) 254,9 41,5% + 3,7% 36,7%
Entrées (millions) 5,64 34,7% + 0,4% 32,7%
Recettes (M€) 33,76 32,4% + 2% 28,1%
RME (€) 5,99 5,99 + 1,5% 5,67€
Indice de fréquentation 0,94 0,94 + 1% 1,03
Taux d'occupation
14,1 14,1 + 0,7% 13,9%
des fauteuils (%)
Établissements Art et Essai et leurs Nombre de cinémas classés Art et Essai
labels par département (Données CNC 2017)
(Données CNC 2017)
3 labels
4 2 labels Classés - 3 labels 7
2
4 1 label
Classés sans label
Classés - 1 label 8
Non classés
20
1 Classés - sans label 19
3
3 1
2 1 1
4 Classés - 1 label
9 3 24
2 (Jeune Public)
26 10 7
16
13
7 8 Non classés 70
Nord Pas-de- Oise Somme Aisne
Calais
19E. Les évolutions F. Les projets
actées à venir
Aisne Nord
►►Le groupe CGR a fait l’acquisition du groupe Cap’Cinéma, en novembre ►►La CDAC de mai 2018 a validé le transfert d’activité du cinéma de
2017, devenant ainsi le premier groupe français en nombre d’établisse- Marcq-en-Baroeul autorisant la création du M’Ciné de 3 écrans pour
ments. Pour les Hauts-de-France, cela concerne les cinémas de Laon remplacer l’actuel Colisée Lumière (1 écran).
(5 écrans), Saint-Quentin (11 écrans), Soissons (6 écrans). ►►La CDAC du 7 septembre 2018 a validé la création d’un multiplexe
Pathé de 15 écrans dans le sud de Lille.
►►Projet en cours d’étude à Caudry pour la création d’un complexe dans
Nord
la zone périurbaine.
►►L’Hippodrome à Douai après 5 mois de travaux a réouvert le 13 sep- ►►Projet en cours d’étude d’un complexe pour le transfert d’activité des
tembre 2017. deux salles actuelles de Templeuve.
►►La CDAC de novembre 2017 a donné son aval au projet de création
d’un cinéma de 3 écrans et 456 fauteuils à Fourmies. Cineode sera en
Pas-de-Calais
charge de la DSP.
►►La CDAC du 28 juin 2018 a validé la création d’un établissement
Oise Mégarama de 14 écrans et 2 070 fauteuils, pour transférer l’activité du
cinéma Les Stars de Boulogne.
►►Le Majestic à Jaux a réduit la capacité d’une salle afin d’accueillir une ►►Le cinéma Ociné de Saint-Omer ouvrira une 9e salle.
salle ICE de CGR. La « Ice by Majestic » est la première salle indépendante ►►Ouverture attendue du Étoile Cinémas de Béthune (9 écrans et 1 500
a acquérir cette technologie dans les Hauts-de-France. fauteuils).
►►La Salle Saint Gobain à Thourotte est ouverte depuis février 2017 au ►►Projet en cours d’étude d’un complexe de 2 écrans et 360 fauteuils à
sein de la salle de spectacle. Bapaume.
►►Le Nouveau Cinéma Paradisio à Noyon (4 écrans) a ouvert ses portes ►►Le cinéma Les Étoiles de Bruay-la-Buissière accueillera une Micro-
le 27 septembre 2017. folie. Le dispositif prévoit un musée numérique, un simulateur de réalité
►►Le groupe CGR a fait l’acquisition du Cinespace de Beauvais le 15 virtuelle, un fablab et un espace scénique.
novembre 2017.
Somme
►►La salle Les Docks à Corbie a connu un incendie en décembre 2017.
L’exploitation n’a pas repris depuis.
►►Le groupe CGR a ouvert un multiplexe à Abbeville (8 écrans), 1 209
sièges le 13 décembre 2017.
►►Le Rex à Abbeville est devenu une régie publique, renommé pour
l’occasion « Rex - Centre culturel ».
2002. L’exploitation cinématographique des Hauts-de-France
A. La fréquentation
Fréquentation en millions
71,57
par unités urbaines en 2017
(Données CNC 2017)
52,87 Après une année 2016 exceptionnelle (+4%), la fréquentation nationale
2017 a été plus modeste (-1,8%), mais toujours au dessus du seuil « d’an-
xiété » des 200 millions d’entrées. Elle reste donc à un niveau très élevé,
la troisième plus haute des cinquante dernières années.
« Si les Français viennent toujours aussi nombreux dans les salles,
c’est grâce à une politique volontariste d’innovation des salles et
23,66
d’amélioration de l’offre au spectateur, en plus, bien sûr, de la qua-
19,79
17,42 lité des films. Les spectateurs viennent trouver au cinéma une expé-
11,58 rience collective comme nulle part ailleurs. »
8,83
R.Patry, Président FNCF, Congrès des exploitants, Deauville 2017
3,58
La fréquentation, surtout pour les salles de cinéma de proximité, est
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très dépendante des succès nationaux. En ce sens, 2017 aura été plus
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favorable aux cinémas situés en zone rurale (+1%). Seules les zones
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de moins de 10 000 habitants enregistrent une légère hausse de la
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de
à
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fréquentation. Les zones urbaines de 100 000 habitants et plus enre-
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oi
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10
20
M
50
0
10
gistrent la plus forte baisse, entre 3 et 4% de leur fréquentation, touchant
majoritairement des multiplexes dont les deux tiers sont installés dans ces
unités urbaines. Malgré cette baisse, près des deux tiers des entrées et des
recettes françaises sont réalisées par ces mêmes établissements dans ces
zones qui concentrent la majorité de la population.
File d’attente
devant le cinéma Vox
à Fort-Mahon-Plage
22La fréquentation des Hauts-de-France atteint 16,251 millions d’entrées
en 2017, soit 1,7 % de moins qu’en 2016, ce qui classe la région en
sixième position en terme de fréquentation. Les circuits itinérants, relevant Un habitant des Hauts-de-France est allé en moyenne 2,71 fois au
de la petite exploitation, réalisent 0,7% des entrées régionales (National : cinéma en 2017 (la moyenne du spectateur français est de 3,26). Avec
0,6%). plus de 16,259 millions d’entrées, le public des Hauts-de-France a dépen-
La région est dans le trio de tête national des entrées dans la caté- sé plus de 104,211 millions d’euros en entrées de cinéma. C’est 0,6% de
gorie grande exploitation (hors Paris), catégorie qui a subi la plus forte plus qu’en 2016.
perte d’entrées en 2017. Les Hauts-de-France font partie des régions Si les cinémas des Hauts-de-France ont augmenté d’une centaine
ayant le mieux résisté. Pour certaines régions, la baisse de fréquentation a de milliers leur nombre de séances, cela n’a pas eu pour effet de multi-
pu dépasser les 3 points (-3,8% en Auvergne-Rhône-Alpes). plier les entrées. C’est un déficit d’appétence de la part du public que l’on
constate également dans la baisse de l’indice de fréquentation (-1,5%),
et qui explique la diminution du taux d’occupation des fauteuils. Par ail-
leurs, les recettes moyennes par entrée ont augmenté de 1,1% passant
à 6,41€TTC.
Évolutions entre 2016-2017 de l’exploitation des Hauts-de-France
(Données CNC 2017)
2016 2017 % France
Séances (milliers) 613,3 613,4 +0,01% 816,2
Entrées (millions) 16,54 16,25 -1,7 % 209,4
Recettes (M€) 104,91 104,21 -0,7 % 1380,5
RME (€) 6,34 6,41 +1,1% 6,59
Indice de fréquentation 2,75 2,71 -1,5 % 3,26
Taux d'occupation des fauteuils (%) 13,8 13,7 -0,7 % 13,9
Part des entrées départementales Part des entrées régionales Part des recettes départementales
en fonction du type de cinéma et des recettes en fonction en fonction du type de cinéma
(Données CNC 2017) du type de cinéma (Données CNC 2017)
(Données CNC 2017)
8000000 60000000
7000000 100%
50000000
6000000
75% 40000000
5000000
4000000 30000000
50%
3000000
20000000
2000000
25%
10000000
1000000
0 0% 0
Aisne Nord Oise Pas- Somme Entrées Recettes Aisne Nord Oise Pas- Somme
de- de-
Calais Calais
Multiplexes Complexes Mono-écrans Itinérants
23Petite exploitation
Recette moyenne par entrée (€)
(Données CNC 2017)
(Données CNC 2017)
2016 2017 Évolution 6,96€
Séances (milliers) 77,2 75,4 + 2,3%
6,11€
Entrées (millions) 1,89 1,87 -1 %
Recettes (M€) 8,33 8,24 -1 %
4,40€
Recette Moyenne
4,40 4,40 0%
par Entrées (€)
Indice de fréquentation 0,32 0,31 -3,1 %
Taux d'occupation
14,0 13,7 -2,1 %
des fauteuils (%)
Petite Moyenne Grande
exploitation exploitation exploitation
Moyenne exploitation
(Données CNC 2017)
Taux d’occupation des fauteuils (%)
2016 2017 Évolution (Données CNC 2017)
Séances (milliers) 215,1 219,9 + 2,2%
14,4%
Entrées (millions) 4,86 4,94 + 1,7% 13,7% 13,3%
Recettes (M€) 29,45 30,18 + 2,5%
Recette Moyenne
6,06 6,11 + 0,8%
par Entrées (€)
Indice de fréquentation 0,81 0,82 + 1,2%
Taux d'occupation
14,2 14,4 + 1,4%
des fauteuils (%)
Petite Moyenne Grande
Grande exploitation exploitation exploitation exploitation
(Données CNC 2017)
2016 2017 Évolution
Séances (milliers) 321,0 318,1 -0,9 % Entrées par catégorie
Entrées (millions) 9,79 9,45 -3,5 % (Données CNC 2017)
Recettes (M€) 67,13 65,78 -2 %
12%
Recette Moyenne
6,86 6,96 +1,5%
par Entrées (€)
Indice de fréquentation 1,63 1,57 -3,7 % 60% 26%
Taux d'occupation
13,6 13,3 -2,2 %
des fauteuils (%)
Petite exploitation
Moyenne exploitation
Grande exploitation
Ci-contre
Visages Villages d’Agnès Varda et JR. Guy Bourdin photographié
par Agnès Varda en 1954 sur la plage de Saint-Aubin. Collage
24 de JR sur le bunker de Saint-Aubin-sur-Mer en 2016.25
B. La programmation
Une salle de cinéma est un lieu social, culturel et de loisir à dimension
commerciale qui répond à une demande de son public selon une offre
qui la caractérise. C’est grâce à cette proposition sans cesse renouvelée Avec 2,8% de séances consacrées aux films étrangers, hors améri-
qu’une salle crée une identité et fidélise son public. Pour ce faire, l’ob- cains et européens, les Hauts-de-France est une région qui expose peu de
tention des copies de films est un enjeu majeur pour l’exploitant. Or, les diversité cinématographique (Moyenne nationale : 3,2%).
logiques des distributeurs de films ne relèvent pas forcément du même Chaque année, on observe une concentration de programmations de plus
principe, même si l’objectif du « plus grand nombre d’entrées » est parta- en plus forte. 21% des films réalisent 68% des entrées. 2017 a été
gé. Selon le nombre de copies, d’écrans à servir, de durée d’exploitation et une des années les plus difficiles pour les distributeurs qui proposent uni-
de taux de location, les conditions d’accès à un film ne sont pas identiques quement des films recommandés Art et Essai sur un nombre restreint de
selon le potentiel du cinéma (emplacement, taille, ZIC …). En ce sens, copies. Cette faible capacité d’exposition sur ces films a poussé certains
l’équité territoriale n’est pas de mise et l’économie de marché portée par à cesser leur activité (Belle company, Hapiness Distribution). L’écart se
le modèle du multiplexe domine malgré les diverses formes de régulation creuse entre la programmation de films dits généralistes et ceux d’Art et
et les politiques publiques volontaristes mises en place. Essai, dans le sens où les films qui relèvent de la tranche la plus pointue
Sont considérés comme en première exclusivité, les longs métrages nou- de la catégorie trouvent de moins en moins d’écrans, de séances et de
vellement sortis en salles. L’ensemble des films nouveaux regroupe les durée, pour être diffusés.
œuvres ayant fait l’objet d’une sortie commerciale en France.
En 10 ans, le nombre de films a nettement augmenté (+21%) et
leur durée de vie en salle est passé de 8 à 5 semaines. 54,7% Part de marché
En 2017, 693 films en première exclusivité ont été programmés dans des films exploités dans
les Hauts-de-France
les salles de cinéma françaises (13 films en moyenne chaque semaine)
(Données CNC 2017)
soit 359 films français et 124 films américains. Parmi ces films, 354 sont 33,7%
recommandés Art et Essai.
Le nombre de films inédits en 2017 a légèrement diminué (-23).
Les 39 premiers films, dont 8 français, réalisent 50% des entrées.
9,7%
Seulement 18 films français réalisent plus d’un million d’entrées
(la comédie Raid dingue en tête) contre 32 films américains. Seuls 4 films, 1,9%
sur les 60 premiers ayant réalisé le plus d’entrées, ont été recommandés
Américains Français Européens Monde
Art et Essai.
Dans les Hauts-de-France, 1 850 films ont été programmés dont 588
inédits.
La part des films américains exploités dans la région est de 5
points au dessus de la moyenne nationale, qui elle, est en baisse. Mode de programmation
des établissements publics
La part de marché des films français est en augmentation et at-
(Données Acap 2017)
teint 33,7%.
Ententes et
programmateurs 18
régionaux
Indépendante 16
Programmateurs
nationaux
4
Le mode de programmation
d’une salle influe sur la diversité
de ses propositions.
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