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LA MOBILITÉ INTERNATIONALE DE LA JEUNESSE
UNE VÉRITABLE PRIORITÉ
Mémoire préparé par
Monsieur Alfred Pilon
Secrétaire général, section du Québec
Office franco-québécois pour la jeunesse
présenté à
Madame Monique Gagnon-Tremblay
Ministre des Relations internationales du Québec
et ministre responsable de la Francophonie
dans le cadre de l’élaboration du nouvel
Énoncé de politique d’affaires internationales
du gouvernement du Québec
MAI 2005Le 17 mai 2005
Madame Monique Gagnon-Tremblay
Ministre des Relations internationales du Québec
et ministre responsable de la Francophonie
525, boulevard René-Lévesque Est, 4e étage
Québec (Québec) G1R 5R9
Madame la Ministre,
Le 6 avril dernier, vous avez demandé à l’Office franco-québécois pour la jeunesse
de vous soumettre un mémoire relatif au nouvel Énoncé de politique d’affaires
internationales du gouvernement du Québec.
Après avoir pris acte de votre intention claire et non équivoque d’accorder une place
prépondérante à la jeunesse québécoise dans la nouvelle politique, nous avons
entrepris une réflexion rigoureuse dont nous sommes honorés et fiers de vous
soumettre les fruits.
Le mémoire que nous vous présentons aujourd’hui fait suite à des consultations auprès
de membres québécois du conseil d’administration et de l’équipe de permanents de
l’Office. Il traite de la mobilité internationale des jeunes, du rôle de l’Office à l’égard de
ceux et celles qui désirent vivre une expérience qualifiante à l’étranger ainsi que des
éléments relatifs à une offre intégrée de services.
Je profite de l’occasion pour vous remercier de la possibilité que vous nous avez
donnée de contribuer à cette importante réflexion gouvernementale.
Espérant le tout à votre entière satisfaction, je vous prie d’agréer, Madame la Ministre,
l’assurance de ma respectueuse considération.
Le secrétaire général, section du Québec,
Alfred Pilon
p. j. (1)Table des matières
Sigles, acronymes et abréviations ................................................................................................................. vii
1. De l’importance de l’international........................................................................................................... 1
1.1 Le Québec dans la mouvance internationale ........................................................................... 1
1.2 Des relations directes et privilégiées avec la France ........................................................ 1
1.3 L’axe Europe-Amériques ............................................................................................................................. 2
1.4 L’essentielle mobilité internationale ................................................................................................. 3
1.5 L’intérêt manifeste des jeunes adultes ............................................................................................ 4
2. L’Office franco-québécois pour la jeunesse ............................................................................. 7
2.1 Les axes d’action prioritaires ................................................................................................................. 7
2.1.1 La diversité culturelle et la francophonie ............................................................................ 7
2.1.2 L’employabilité et l’entrepreneuriat .......................................................................................... 8
2.1.3 La citoyenneté ......................................................................................................................................... 8
2.1.4 Le développement durable ............................................................................................................ 9
2.2 Les axes opérationnels ................................................................................................................................ 9
2.2.1 L’unicité de l’Office................................................................................................................................ 10
2.2.2 L’information et la communication ............................................................................................ 10
2.2.3 Les réseaux et les partenariats .................................................................................................... 11
2.2.3.1 Les institutions et les organismes .................................................................................. 11
2.2.3.2 Les entreprises et les partenaires privés .................................................................... 12
2.2.3.3 L’internationalisation et la Francophonie .................................................................... 12
2.2.3.4 Les régions du Québec ......................................................................................................... 12
2.2.3.5 Les régions françaises : la coopération décentralisée ........................................ 13
2.2.4 Une offre moderne, adaptée et flexible................................................................................... 13
2.3 L’OFQJ, un outil indispensable ............................................................................................................. 14
3. Mieux s’ouvrir au monde .................................................................................................................................... 17
3.1 L’état de l’offre ........................................................................................................................................................ 17
3.1.1 Les organismes ....................................................................................................................................... 18
3.1.2 La qualité de l’offre ............................................................................................................................... 19
3.1.3 Les possibilités de mise en commun ...................................................................................... 22
3.1.3.1 Communications ...................................................................................................................... 22
3.1.3.2 AQWBJ-OFQJ ............................................................................................................................ 22
3.1.4 Recommandations relatives à une offre intégrée ............................................................... 24
3.2 Des pistes pour demain ................................................................................................................................ 25
Références .................................................................................................................................................................................... 27
vSigles, acronymes et abréviations
AFAA Association française d’action artistique
AIF Agence intergouvernementale de la Francophonie
AQOCI Association québécoise des organismes de coopération internationale
AQWBJ Agence Québec Wallonie Bruxelles pour la jeunesse
BIJ Bureau International Jeunesse
CALQ Conseil des arts et des lettres du Québec
CCIFQ Centre de coopération interuniversitaire franco-québécoise
CJD Centre des jeunes dirigeants d’entreprise
CJE Carrefour jeunesse-emploi
CRÉ Conférence régionale des élus
DECAS Direction des entreprises commerciales, artisanales et des services
DOM/TOM Départements français d’outre-mer/Territoires français d’outre-mer
e. g. Exempli gratia (par exemple)
ERAI Entreprises Rhône-Alpes International
HEC Hautes études commerciales
ibid. Ibidem (au même endroit, dans le même ouvrage)
INTIF Institut francophone des nouvelles technologies de l’information et de la formation
MRI Ministère des Relations internationales (Québec)
OFAJ Office franco-allemand pour la jeunesse
OFQJ Office franco-québécois pour la jeunesse
OIG Organisation intergouvernementale
ONG Organisation non gouvernementale
OQAJ Office Québec-Amériques pour la jeunesse
PECUF Poursuite d’études collégiales et universitaires en France
QSF Québec sans frontières
SEMA Société d’encouragement aux métiers d’art
SODEC Société de développement des entreprises culturelles
TIC Technologies de l’information et des communications
UNESCO Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture
NOTE AUX LECTEURS
Dans ce document, le genre masculin est utilisé sans discrimination,
dans le seul et unique but de faciliter la lecture et la compréhension du texte.
vii1. De l’importance de l’international
Depuis quelques décennies maintenant, les échanges internationaux s’intensifient considéra-
blement. Les idées, les biens, les personnes et les capitaux circulent de plus en plus librement
et, surtout, à une vitesse fulgurante. Dans ce monde devenu village global, les marchés ne
cessent de s’ouvrir, le commerce et l’investissement continuent à se libéraliser, la précarité socia-
le augmente sans cesse et la culture tend à s’uniformiser.
En cette ère de mondialisation que l’on peut définir comme « le local internationalisé et l’interna-
tional localisé »1, tout est désormais lié. De fait, « il ne reste plus guère aujourd’hui de secteur
de l’activité humaine qui ne soit l’objet de discussions au sein d’organisations internationales ou
régionales. De même les accords commerciaux multilatéraux ont de fortes incidences sur les
choix politiques internes et ont ainsi un impact croissant sur la vie quotidienne. »2 Les grands
problèmes n’interpellent plus les États séparément mais la planète tout entière. Phénomène
inéluctable, la tendance mondialisante a des conséquences majeures, voire dramatiques qui
mettent en lumière l’importance primordiale de s’ouvrir sans cesse davantage aux réalités inter-
nationales, aux enjeux qu’elles sous-tendent et aux nouveaux paradigmes qui en émergent.
Dans une perspective d’échanges internationaux pour la jeunesse, il ne s’agit pas ici de spéculer
sur les façons de réagir à cette tendance, mais de déterminer le meilleur cadre pour permet-
tre aux jeunes Québécois de faire « le choix d’agir et de faire partie des sociétés qui
influencent le courant de la mondialisation plutôt que de la subir. »3
1.1 Le Québec dans la mouvance internationale
Le Québec n’a nullement hésité à s’inscrire dans cette mouvance internationale. À cet égard, « les
deux axes majeurs auxquels se rattachent les principales interventions internationales du Québec
depuis les débuts de la Révolution tranquille sont la recherche incessante du progrès socioécono-
mique en même temps qu’une volonté d’affirmation toujours renouvelée de la culture et de l’identité
du Québec. »4
« Plus qu’un simple État fédéré parmi d’autres »5, le Québec a pris la place qui lui revient dans
le monde contemporain en fondant ses actions internationales sur le prolongement externe de
ses compétences internes, car aucune raison ne justifie que « le droit d’appliquer une conven-
tion internationale soit dissocié du droit de conclure cette convention »6 selon les mots de l’an-
cien ministre de l’Éducation du Québec, monsieur Paul Gérin-Lajoie. C’est dans cette continuité
historique que le premier ministre du Québec, monsieur Jean Charest, a réaffirmé que « ce qui est
de compétence québécoise chez nous, est de compétence québécoise partout. »7
1.2 Des relations directes et privilégiées avec la France
Conscient que les relations internationales « ont un effet manifeste sur la politique intérieure des
États et sur les sociétés qu’ils encadrent (et que ce) constat est encore plus vrai dans le cas du
Québec »8, tous nos gouvernements ont entretenu des relations directes et privilégiées avec la
France, la langue, la culture et l’histoire constituant à la fois le cœur de notre spécificité et l’assise
de ces liens exemplaires qui ont bien servi les intérêts du Québec.
1De fait, « la genèse de la politique internationale du Québec s’est largement produite dans le contexte
de sa relation directe avec ce pays. La renaissance contemporaine des rapports politiques franco-
québécois a permis de construire, sur presque tous les plans, l’une des relations les plus riches que
peuvent entretenir deux peuples se développant dans des espaces continentaux différents. »9
Depuis la reconnaissance diplomatique du Québec par la France et la signature des premières
ententes bilatérales entre les gouvernements français et québécois au début des années soixante,
nos deux peuples ont tissé des liens étroits qui ont permis de forger une amitié durable, stimulante
et enrichissante. La création, à la même époque, de l’Office franco-québécois pour la jeunes-
se (OFQJ) a été une initiative visionnaire qui s’est avérée judicieuse et fructueuse. À ce jour,
en 37 ans d’existence, l’OFQJ a permis à près de 110 000 jeunes de devenir des « ambassa-
deurs » efficaces du Québec en France, et de la France au Québec. Au cours des années, des
réseaux solides se sont créés et des ententes fructueuses ont été conclues.
« Le Québec a établi avec la France (…) des rapports qui, à la faveur d’un cadre institutionnel
unique, se sont étendus à tous les domaines d’activité. Ces échanges ont contribué, souvent de
manière décisive, à la mise en place de plusieurs piliers du développement du Québec, aussi bien
dans le domaine social que dans ceux de l’enseignement, de la culture, de la science, de la tech-
nologie et de l’industrie. Le volume des échanges humains a contribué notamment à donner à des
milliers de Québécois une expertise précieuse des affaires internationales. »10
Ces échanges s’articulent notamment autour de très nombreuses rencontres bilatérales entre
ministres, élus régionaux, municipaux et responsables d’organismes qui bénéficient tous
de l’impulsion donnée par les premiers ministres lors de leur rencontre annuelle alternée.
À cet égard, la création de l’OFQJ concrétise aussi un lien politique unique. Il s’agit en effet
d’un seul et même organisme, bigouvernemental, coprésidé par un ministre québécois et un minis-
tre français qui ont des échanges formels, structurants et réguliers. Son conseil d’administration,
composé de membres nommés par les gouvernements de la France et du Québec, est appuyé de
part et d’autre de l’Atlantique par deux équipes de professionnels qui s’investissent totalement dans
une seule et même cause, celle des jeunes.
Comme le ministère des Relations internationales l’a déjà reconnu, « la poursuite de l’important
investissement fait par les deux gouvernements en faveur des échanges de jeunes depuis 1968
constitue l’un des meilleurs garants du renouvellement constant de leur relation. L’Office franco-
UNE VÉRITABLE PRIORITÉ
québécois pour la jeunesse (OFQJ) représente actuellement l’un des véhicules privilégiés
LA MOBILITÉ INTERNATIONALE DE LA JEUNESSE
de cet investissement »11 qui pérennise le rajeunissement des réseaux.
1.3 L’axe Europe-Amériques
L’intégration continentale inhérente à la mondialisation est un phénomène qui touche à la fois l’Eu-
rope et les Amériques. Dans le cadre de ses relations internationales, le Québec a développé, dans
nombre de domaines, une expertise et une capacité d’intervention qui le placent dans une position
fort avantageuse, à la jonction de ces deux continents vers lesquels il déploie le plus naturellement
des activités soutenues. Le Québec et la France sont donc « l’un pour l’autre des partenaires stra-
tégiques, tous deux étant stratégiquement situés au sein d’un des deux marchés les plus importants
du monde. »12
2Pour la France, le Québec constitue un tremplin vers les Amériques; pour le Québec, la
France est la porte d’entrée naturelle pour accéder au vaste bassin européen. Il s’agit là d’un
atout stratégique indéniable dont la jeunesse québécoise doit pouvoir tirer profit afin de jouer
un rôle significatif dans l’émergence d’une mondialisation mieux maîtrisée et plus humanisée.
Dès 1991, le gouvernement du Québec affirmait que « les nouveaux rapports de la France avec
l’Europe et du Québec avec l’Amérique devraient conduire à utiliser les acquis pour articuler les
relations franco-québécoises autour des enjeux majeurs de développement, de manière à en faire
un axe important d’un partenariat Europe-Amérique. »13
Lors des travaux préparatoires du Sommet du Québec et de la jeunesse, en 1999, les membres du
chantier Élargir notre ouverture sur le monde signalaient que « l’émergence du Québec comme
interface entre l’Europe et les Amériques lui confère un avantage dans l’actuel contexte
d’internationalisation des échanges et d’élargissement des espaces économiques. Cet avan-
tage, il faut maintenant faire en sorte que les jeunes s’en imprègnent et que, par leur créativité,
leur dynamisme et leur capacité à être branchés sur les nouveaux courants culturels, ils s’en fassent
les porteurs et qu’ils les renouvellent. »14
Dans une perspective québécoise, notre relation directe et privilégiée avec la France nous permet
d’accéder naturellement au grand projet de l’Union européenne qui, en raison de notre identité parti-
culière, nous interpelle directement. Dans son dernier ouvrage15, madame Anne Legaré soutient qu’il
faut impérativement investir de façon importante les voies diplomatiques française et européenne
pour faire contrepoids à la force d’attraction quasi irrésistible de nos voisins du sud. La recherche
d’un indispensable équilibre dans la poursuite de l’objectif d’affirmation du seul État francophone
d’Amérique commande cette approche.
Pour le Québec, l’Europe est aussi porteuse d’échanges féconds et de plus en plus prometteurs
avec des États fédérés qui exercent directement leurs domaines de souveraineté à l’international.
La Wallonie et la Bavière en sont deux exemples probants, tout comme la Catalogne, quoique dans
une structure différente.
Récemment, des étudiants ont exposé leurs projets de mission commerciale « OFQJ – HEC
Montréal » aux entreprises qui allaient bénéficier d’une étude de marché outre-Atlantique. Sur douze
projets, huit ont ciblé la France comme étant la « porte d’entrée de l’Europe », tandis que trois autres
prévoyaient déjà étendre la portée de leur étude en Allemagne et en Espagne.
La mobilité internationale des jeunes s’adapte très rapidement aux changements géopolitiques et
aux nouvelles opportunités qui en découlent. Indéniablement, la jeunesse a un rôle à jouer dans
la démarche d’ouverture et de reconnaissance du Québec à l’international. Les perspectives
en ce sens présentent un potentiel de développement renforcé par la proximité des échanges entre
les jeunes de la France et du Québec, de même que par l’ouverture de l’OFQJ aux pays tiers, telle
que confirmée par la modification de ses statuts en 2003.
1.4 L’essentielle mobilité internationale
Dans le document de consultation de la Stratégie d’action jeunesse 2005-2008 qu’il vient tout juste
de rendre publique, le gouvernement du Québec signale que « les jeunes Québécois ont un appétit
insatiable pour le monde. Leurs aspirations à l’égard de la société dans laquelle ils veulent vivre
3témoignent de leur préoccupation constante pour des sujets internationaux tels que la solidarité qui
devrait exister entre pays ou régions du monde. De toute évidence, les jeunes du Québec sont
prêts à participer à la transformation du monde.
Il est possible d’appuyer de différentes manières les jeunes dans leur volonté de s’engager dans le
monde. L’une d’elles consiste à soutenir le développement de leurs compétences afin qu’ils puissent
mieux comprendre le monde et y participer selon leurs valeurs. On peut aussi faciliter chez eux
le développement d’aptitudes personnelles, professionnelles, scolaires, linguistiques, sociales et
citoyennes, favorisant ainsi le rôle qu’ils ont à jouer dans le monde. Finalement, on peut leur offrir
diverses occasions de vivre des expériences enrichissantes, telles que des stages d’étude, d’aide
ou de bénévolat à l’étranger. »16
Pour relever avec succès les défis de la modernité, autrement dit pour vivre, pour grandir et pour
s’épanouir dans un monde en transformation constante sur lequel ils veulent légitimement influer,
les jeunes adultes d’aujourd’hui ont besoin d’outils. L’accès à l’international est une voie incontour-
nable pour acquérir de nouveaux savoir-faire et pour approfondir l’indispensable compréhension
des enjeux économiques, sociaux, culturels et politiques, sans laquelle il ne peut y avoir de pouvoir
réel d’infléchir sur les décisions et le cours des choses. Bref, pour obtenir une place de choix dans
les processus décisionnels qui les concernent et, ultimement, pour devenir des citoyens engagés
et responsables.
De plus, comme l’a signalé avec beaucoup d’à-propos la Commission des communautés euro-
péennes dans son livre blanc Un nouvel élan pour la jeunesse européenne, « La mobilité, l’atout
premier de la construction européenne (…) est de plus en plus répandue. Sa valeur ajoutée
est désormais largement reconnue. Qu’elle soit définie entre plusieurs pays ou entre le monde
rural et le monde urbain, qu’elle s’adresse aux millions d’étudiants européens ou aux jeunes en
formation, qu’elle concerne les jeunes souffrant de handicaps, ou issus des minorités ou de milieux
défavorisés, la mobilité apporte ouverture sur le monde et enrichissement des expériences. »17
1.5 L’intérêt manifeste des jeunes adultes
Le bien-fondé de la mobilité internationale et les besoins particuliers de la jeunesse à cet égard ne
sont plus à démontrer. Mais qu’en est-il de la volonté des principaux intéressés de participer à une
expérience de mobilité internationale?
UNE VÉRITABLE PRIORITÉ
Peu d’études québécoises ont été menées sur ce sujet. Un sondage pancanadien, réalisé en 2004
LA MOBILITÉ INTERNATIONALE DE LA JEUNESSE
par la firme Ipsos-Reid18 auprès de 1 200 répondants âgés entre 18 et 35 ans, fournit des données
utiles et éclairantes :
• 75 % des répondants ont manifesté de l’intérêt pour vivre une expérience proposée par
un programme d’échanges à l’international ;
• les jeunes Québécois sont plus nombreux à se dire très intéressés par une expé-
rience à l’étranger, soit 53 % par rapport à 44 % pour le reste du Canada ;
• découvrir la vie et la culture d’autres pays, de même que vivre une expérience de travail,
sont les principales motivations ; 91 % croient qu’il est important de connaître et de partici-
per à d’autres cultures ;
4• une très forte majorité de jeunes anticipent des bénéfices personnels à la suite d’une telle
expérience ; ils sont même convaincus que les retombées sont bonnes pour la société en
général ;
• l’Europe est de loin la « région » du monde la plus prisée; la France arrive en tête
avec 22 %, suivie de la Grande-Bretagne (18 %), l’Allemagne (14 %), l’Espagne (12 %) et
l’Italie (12 %); les États-Unis sont le choix de 8 % des répondants ;
• les jeunes adultes Québécois sont deux fois plus nombreux à privilégier la France ;
• la principale barrière pour partir à l’étranger est de nature économique : plus les revenus
sont faibles, plus l’intérêt est grand envers les programmes de mobilité internationale.
Une conclusion s’impose d’elle-même : dans la nouvelle économie du savoir, les jeunes ont
développé une véritable culture de la mobilité internationale qu’ils considèrent comme un
élément indispensable à la valorisation de leur cheminement personnel et professionnel
ainsi que de leur cursus académique.
Ils sont parfaitement conscients qu’une formation est dorénavant plus complète, plus appropriée et
davantage considérée si elle est enrichie par des parcours à l’étranger, que ce soit pour perfection-
ner leur connaissance et leur maîtrise de langues secondes, pour accroître leur autonomie person-
nelle, pour s’immerger dans un contexte culturel différent, ou encore pour mieux se préparer à des
carrières qui se déroulent désormais au sein d’équipes internationales, ici certes, mais aussi à la
grandeur de la planète.
La mobilité internationale est désormais un axe structurant de formation. Elle est devenue
une exigence de plusieurs programmes académiques de collèges et d’universités, de même qu’un
préalable pour plusieurs employeurs. À cet effet, plusieurs spécialistes sont d’avis qu’au-delà des
échanges de savoirs et de connaissances, elle permet aux jeunes adultes :
• de développer ou de renforcer leur autonomie et leur indépendance, leur sens de l’initiative
et leur capacité d’adaptation à des environnements pluridimensionnels ;
• d’apprendre à maîtriser le stress inhérent à des situations inconnues ;
• d’accroître leur confiance en soi.
On comprend dès lors encore mieux pourquoi la mobilité des jeunes adultes soit maintenant un
impératif de notre monde moderne.
52. L’Office franco-québécois pour la jeunesse
Au moment de la signature de « la nouvelle alliance franco-québécoise », en mai 2003, les
premiers ministres de la France et du Québec ont réaffirmé de façon claire et non équivoque
l’importance que les deux communautés portent à une relation bilatérale privilégiée.
« Les premiers ministres se sont réjouis de la signature du nouveau Protocole d’entente de l’Office franco-québécois pour
la jeunesse, organisme phare de la coopération qui célèbre cette année le 35e anniversaire de sa création. Les premiers
ministres se félicitent que ce nouveau protocole de l’Office favorise une plus grande ouverture vers la coopération avec
des pays tiers tout en gardant le cap sur la mise en valeur des intérêts franco-québécois. »19
Afin de remplir adéquatement et efficacement sa mission dans ce contexte élargi, l’OFQJ articule
ses interventions sur un certain nombre d’axes prioritaires et opérationnels.
2.1 Les axes d’action prioritaires
Au sein de l’OFQJ, les jeunes Français et les jeunes Québécois ont une remarquable capacité de
mobilisation autour de problématiques communes et contemporaines. Cette capacité module le
cadre d’intervention de l’OFQJ et, par le fait même, ses priorités stratégiques qui s’appuient sur
quatre grands axes d’action en adéquation avec les valeurs des jeunes adultes ainsi que les orien-
tations gouvernementales. Ces axes sont :
• la diversité culturelle et la Francophonie ;
• l’employabilité et l’entrepreneuriat ;
• la citoyenneté ;
• et le développement durable.
2.1.1 La diversité culturelle et la Francophonie
L’un des principes énoncés dans la Déclaration universelle de l’UNESCO sur la diversité cultu-
relle rappelle que « source d’échanges, d’innovation et de créativité, la diversité culturelle est,
pour le genre humain, aussi nécessaire qu’est la biodiversité dans l’ordre du vivant. »20
Pour tout individu, s’ouvrir à des réalités autres que les siennes propres est une condition sine
qua non de sa capacité à participer à l’interaction sociale créatrice d’identité et de commune
humanité. Il en va de même pour les peuples. Ainsi, le Québec et la France sont engagés, eux
aussi, dans un combat commun en vue de contrer les risques d’homogénéisation culturelle
inhérents à la mondialisation.
Renforcer le sentiment d’appartenance à une identité nationale et assurer sa persistance s’avè-
rent un précieux atout pour nourrir une alternative à l’omniprésence du modèle états-unien.
La vitalité et la richesse des échanges entre nos jeunes consolident le rôle primor-
dial de la France et du Québec au sein de la Francophonie et y favorise les actions
communes. En plus de marquer une indéfectible appartenance à une langue et à des valeurs
communes sur lesquelles s’appuie une vision différente de la mondialisation, la Francophonie
est un formidable creuset d’échanges propices à une mobilisation concertée en faveur d’une
véritable diversité culturelle.
72.1.2 L’employabilité et l’entrepreneuriat
L’employabilité, c’est la « capacité individuelle à acquérir et à maintenir les compétences
nécessaires pour trouver ou conserver un emploi. »21 L’emploi est une priorité pour la France
et le Québec qui doivent contrer un taux de chômage plus élevé chez les jeunes et faciliter
leur intégration au marché du travail et à la société en général.
Contraintes d’évoluer dans une économie qui se globalise et dans des marchés qui se mondia-
lisent, et d’affronter une concurrence de plus en plus forte qui s’internationalise, la très grande
majorité des entreprises, peu importe leurs tailles, exigent désormais une main-d’œuvre
sans cesse plus qualifiée, plus polyvalente, plus mobile et plus sensible aux valeurs
entrepreneuriales. Le leadership, la confiance en soi, la vision, l’indépendance, l’autonomie,
la responsabilité, la flexibilité, le sens de l’organisation, la capacité d’adaptation au change-
ment et la tolérance au stress, figurent parmi les principales caractéristiques recherchées.
En plus de l’acquisition ou de la consolidation de ces atouts stratégiques, les expériences
à l’étranger permettent très souvent de faire le pont entre l’école et le travail, d’accroître la
qualification et d’élargir les compétences. Pour certains jeunes entrepreneurs, elles sont l’oc-
casion de tisser des liens économiques et d’affaires avec des partenaires potentiels pour bâtir
ou consolider leur entreprise. Pour d’autres, en l’occurrence les demandeurs d’emplois ou les
jeunes en difficulté, elles sont aussi un précieux outil d’insertion sociale et professionnelle.
L’OFQJ s’avère un lieu tout désigné pour élargir ses horizons et s’engager résolument dans
la voie de l’accomplissement personnel et de la réinsertion professionnelle. La structure
bipolaire de l’Office représente un atout exceptionnel pour optimiser l’offre de stages
professionnels outre-Atlantique. En France et au Québec, les équipes de l’OFQJ
mettent en commun leurs moyens afin de combler les besoins réciproques. Ces efforts
sont récompensés par un impressionnant taux de réintégration en emploi ou aux études – plus
élevé que pour des stages domestiques – dès le retour des participants chez eux.
2.1.3 La citoyenneté
Dans son rapport annuel sur l’état et les besoins de l’éducation en 1998, le Conseil supérieur
de l’éducation rappelait que « la citoyenneté fait référence à des qualités, des attitudes, des
comportements qu’ont ou devraient avoir les individus. »22
UNE VÉRITABLE PRIORITÉ
LA MOBILITÉ INTERNATIONALE DE LA JEUNESSE
À l’occasion d’une communication aux participants à l’Université du Nouveau Monde qui s’est
tenue en août 2004, le directeur général de l’Institut du Nouveau Monde, M. Michel Venne,
rappelait que :
« Un citoyen, c’est d’abord quelqu’un qui a le souci des autres. C’est quelqu’un qui est cons-
cient d’appartenir à une communauté, à une nation. Conscient du fait que l’on a besoin des
autres pour régler les problèmes, relever les défis, qui nous sont communs et qui nous dépas-
sent comme individus. Être un citoyen c’est contribuer, participer, dire : Je suis présent. Je
refuse de me défiler devant les défis que pose pour ma société l’évolution du monde. »23
Pour être profond et solide, l’engagement citoyen doit être ancré dans une vision globale qui
transcende la dimension locale. Cet engagement s’apprend de façon concrète, sur le terrain,
8à travers des contacts, des échanges, et à l’intérieur de groupes et de réseaux. Aller à l’exté-
rieur, s’ouvrir sur le monde est une voie propice pour stimuler la curiosité intellectuelle, pour
développer ses connaissances, ses sensibilités et un esprit d’entente mutuelle et de respect
interculturel. L’OFQJ, c’est aussi une école de la solidarité.
Dans la mesure où ils sont soigneusement planifiés, encadrés et réalisés, les projets menés
outre-Atlantique permettent cet apprentissage, souvent en provoquant des changements de
perceptions et d’attitudes salutaires. En d’autres mots, mieux qu’aucune autre formation, ils
favorisent la maturité des individus qui y participent.
Les jeunes Français et les jeunes Québécois sont appelés à répondre à des problématiques
communes (par exemple, le faible taux de participation au processus électoral) et à définir
ensemble de nouvelles façons de s’engager. L’ouverture sur le monde permet cette
conscientisation citoyenne.
2.1.4 Le développement durable
Le développement durable est un défi crucial et exigeant. En effet, comme la Commission
mondiale sur l’environnement et le développement l’a défini, en 1987, il interpelle notre capa-
cité de satisfaire « aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations
futures de répondre aux leurs. »24
À l’évidence, une compréhension profonde de l’interdépendance des nations, des
cultures et des peuples, de même que de la précarité de l’équilibre de notre planète,
est un préalable pour relever avec succès le défi du développement durable. En plus
de stimuler une conscience aiguë de ces liens, accéder au vaste savoir du monde, c’est aussi
échanger des connaissances et des expertises, et être en mesure de doter le Québec d’un
formidable effet de levier pour son rayonnement.
L’OFQJ soutient des projets, des interventions spécifiques et favorise des participations à des
actions ciblées ou à diverses activités de sensibilisation au développement durable qui interpelle
notre capacité collective à respecter le principe fondamental de l’équité intergénérationnelle.
2.2 Les axes opérationnels
Organisme de mission, l’OFQJ met sans cesse à profit son dynamisme et sa souplesse pour cons-
truire et consolider différents partenariats qui s’avèrent nécessaires, voire indispensables à l’atteinte
d’un de ses principaux objectifs, soit d’accorder une place prépondérante et primordiale aux
jeunes adultes au cœur même de ses structures et de son fonctionnement.
Pour ce faire, l’équipe de l’OFQJ met continuellement l’accent sur l’information et la communication,
notamment par le biais de standards élevés de gouvernance et par une approche proactive dans
l’élaboration et la conclusion de nouveaux partenariats susceptibles de permettre une diversification
des alliances et un accroissement des ressources financières. C’est à ce prix que nous sommes
– et demeurerons – en mesure d’enrichir notre offre de programmes et de services aux jeunes
adultes.
92.2.1 L’unicité de l’OFQJ
L’OFQJ s’appuie sur deux entités dirigées par deux secrétaires généraux, tous deux étant
nommé par les gouvernements concernés. Pour réaliser le plein potentiel d’un organisme
bigouvernemental et bipolaire, les deux secrétaires généraux actuels ont remanié, au début
de 2004, les structures et les modes de fonctionnement des bureaux de Paris et de Montréal
de façon que leurs actions soient encore mieux arrimées à l’unicité de l’OFQJ, et ce, confor-
mément à sa mission.
En plus des nouvelles synergies fructueuses qui ont émergé des outils conjoints mis en
place sur les plans opérationnel et communicationnel, l’image d’un seul OFQJ s’est raffermie,
conférant à celui-ci un avantage concurrentiel non négligeable lorsqu’il s’agit d’approcher de
nouveaux partenaires et de traiter avec les médias.
Cet environnement s’est avéré avantageux à plusieurs égards. En effet, chacune des équipes
continue à bénéficier de la souplesse inhérente à leur autonomie de gestion, tout en jouant à
fond la carte de l’appui mutuel quant à l’élaboration conjointe de projets et à la mise en
contact avec des réseaux outre-Atlantique. Autrement dit, l’OFQJ, ce sont deux bureaux,
mais un seul organisme et une seule et unique préoccupation : rapprocher les jeunes adultes
Français et Québécois, tout en leur permettant de s’ouvrir aux réalités du monde moderne.
2.2.2 L’information et la communication
Afin d’améliorer l’information et l’accompagnement des jeunes qui soumettent des projets,
l’OFQJ a entrepris, en 2004, une analyse approfondie des pratiques et des changements
découlant de l’utilisation massive des TIC.
En plus de l’investissement consenti pour le développement du site Internet, des efforts
ont été déployés afin d’homogénéiser l’ensemble des outils de communication (signa-
ture institutionnelle, format, charte graphique) et de lancer une lettre électronique commu-
ne aux deux sections — OFQJ info — visant à promouvoir les projets emblématiques
portés par les jeunes. Une image graphique rajeunie, des rubriques communes ainsi que
des contenus mis à jour quotidiennement ont permis d’augmenter considérablement les
consultations des sites québécois et français. De plus, un forum de discussion permet
de rester à l’affût des besoins exprimés par les jeunes publics et de développer de
nouveaux services mieux adaptés, notamment une banque d’information pour les besoins
UNE VÉRITABLE PRIORITÉ
logistiques (par exemple, les ressources d’hébergement disponibles) et un accès en ligne aux
LA MOBILITÉ INTERNATIONALE DE LA JEUNESSE
rapports de stages.
D’autres initiatives permettront d’élargir la banque de stages en ligne aux publics étudiants et
de mettre au point de nouveaux outils dynamiques facilitant l’inscription et l’administration en
ligne. Une seconde étape est présentement en cours, afin de moderniser nos outils Internet.
Elle débouchera, en 2006, sur le lancement d’un site unique de nouvelle génération.
Afin d’accroître sa visibilité auprès des jeunes, l’OFQJ continue à s’associer à plusieurs
concours et événements élaborés en concertation avec ses partenaires. Tout en favorisant
le développement de jeunes carrières, les prix de l’OFQJ lui permettent d’augmenter sa noto-
riété dans les secteurs professionnels visés ainsi que dans les médias.
102.2.3 Les réseaux et les partenariats
Les projets de coopération menés par l’OFQJ reposent sur une approche partenariale très
ouverte et proactive avec l’ensemble des acteurs (actuels ou potentiels) de la coopération
franco-québécoise. Ces partenariats, dont plusieurs existent depuis plusieurs années, cons-
tituent la clef de voûte de l’élaboration et de la mise en œuvre des projets et des échanges.
S’il est un moyen par lequel l’OFQJ peut appuyer concrètement la progression de la mobilité
internationale des jeunes adultes, c’est bien celui du vaste réseau qu’il a su constituer et
consolider dans tous les secteurs d’activité.
La force exceptionnelle de ce réseau repose essentiellement sur la richesse d’une équipe qui
maintient des standards très élevés de soutien et de formation à toutes les étapes des proces-
sus. La prospection de nouveaux partenaires pouvant accueillir et soutenir des stages, l’orga-
nisation d’activités phares telles que des universités d’été sur le patrimoine, l’entrepreneuriat
ou l’Union européenne, l’étendue et la richesse des contenus des rencontres préparatoires,
la pertinence et la profondeur des conseils personnalisés, ne sont que quelques-uns des
éléments sur lesquels repose la réputation fort enviable de l’OFQJ auprès de 110 000 anciens
« ofqjistes » français et québécois qui forment un réseau de contacts uniques, précieux et
toujours disponibles pour aider les nouveaux stagiaires.
Ces milliers de partenaires, voire de mentors potentiels sont actifs dans tous les secteurs
d’activité. Ce sont des hommes et des femmes qui croient d’autant plus à la mobilité interna-
tionale qu’ils l’ont expérimentée et qu’ils en apprécient toujours les retombées concrètes et
précieuses pour eux-mêmes et pour l’avancement de la société québécoise. En plus de ces
personnes, nombre d’organismes, d’institutions et d’entreprises collaborent et appuient géné-
reusement l’OFQJ.
2.2.3.1 Les institutions et les organismes
Parmi les institutions gouvernementales québécoises, en plus du ministère des Relations
internationales, le ministère du Conseil exécutif (Secrétariat à la jeunesse – Défi de l’entre-
preneuriat jeunesse), de même que le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport et le
ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale, soutiennent directement trois de nos program-
mes. D’autres ministères collaborent à des degrés divers, soit le ministère de l’Immigration et
des Communautés culturelles, le ministère de la Culture et des Communications ainsi que le
ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation.
Des projets innovants, notamment dans le secteur culturel, sont en place depuis plusieurs
années, en collaboration avec le CALQ et l’AFAA, ou avec l’appui de la SODEC, de la SEMA
et de la DECAS. Les réalisations que ces projets ont permis peuvent être étendues à d’autres
secteurs d’activité.
Tous ces partenaires bénéficient des retombées inhérentes à la mobilité internationale
de la jeunesse : échanges d’expertises, vitrines culturelles, nouveaux marchés, etc. Bref,
toute une panoplie de retombées significatives de part et d’autre de l’Atlantique.
De très nombreux partenaires éducatifs, sociaux, culturels et communautaires collaborent
également avec l’OFQJ, et ce, sur différents plans qui peuvent aller d’un projet spécifi-
que touchant l’insertion en emploi jusqu’à la très médiatisée Semaine d’action contre le
racisme. Tous ces partenaires enrichissent l’offre déjà importante de programmes et de
services de l’OFQJ.
112.2.3.2 Les entreprises et les partenaires privés
La coopération franco-québécoise s’appuie sur un réseau économique dense. Plusieurs
passerelles sont déjà établies entre les entreprises et l’OFQJ, notamment grâce au program-
me Formation et Emploi et à des concours valorisant la création d’entreprises, comme le
Concours québécois de l’entrepreneurship, le concours « Talents » et les prix CJD en France.
Une seconde étape structurante a été récemment franchie avec la mise en place d’un
partenariat avec des entreprises privées afin de cofinancer le nouveau programme
Synergie Entreprise.
En collaboration avec des organismes et des entreprises partenaires, l’OFQJ décerne au
Québec des bourses Synergie Entreprise qui sont destinées à soutenir de jeunes entrepre-
neurs ou porteurs d’un projet de création d’entreprise. L’attribution de ces bourses est possi-
ble grâce au soutien financier d’Air Transat, d’Alcan, de l’Autorité des marchés financiers,
de Bombardier, de Power Corporation, de Saputo, d’Algorithme Pharma, de Bell Canada
Entreprises, de Bell Helicopter Textron, de Béton provincial, de PriceWaterhouseCoopers,
d’Ubisoft, du Groupe Desgagnés Inc. et d’Ultramar, en l’occurrence de très précieux partenai-
res qui permettent à l’OFQJ de diversifier son financement.
2.2.3.3 L’internationalisation et la Francophonie
Les premières tentatives pour valoriser l’expérience franco-québécoise sur le terrain d’une
coopération élargie à d’autres pays ont été définitivement entérinées dans le nouveau protoco-
le de l’OFQJ signé en mai 2003 par les gouvernements français et québécois. Cette nouvelle
mission élargie, pour laquelle l’OFQJ dispose d’un important réseau de partenaires potentiels
(AIF, INTIF, OFAJ, OQAJ, AQWBJ, BIJ, Agence européenne de la jeunesse, etc.), constitue
un vaste champ de réflexions et d’actions possibles.
Le développement de la mobilité internationale des jeunes Québécois ne repose pas
sur la création de nouvelles structures. Elle dépend essentiellement d’une collaboration
accrue avec des partenaires qui couvrent d’autres territoires. Cette mise en réseau laisse
entrevoir des ouvertures intéressantes vers l’Allemagne avec l’OFAJ, ailleurs en Europe avec
l’Agence européenne de la jeunesse, ou dans des pays de la Francophonie comme cela s’est
déjà produit avec l’AIF. Notre « double nationalité », particulièrement la française dans le cas
précis de l’Europe, est un atout indéniable pour établir de nouvelles collaborations.
La « nouvelle alliance » agréée par les premiers ministres français et québécois en mai 2003
a d’ailleurs consacré le principe de missions économiques conjointes France-Québec en pays
tiers, par exemple à Mexico en novembre 2004, une première dans les relations internationa-
UNE VÉRITABLE PRIORITÉ
les du Québec à laquelle l’OFQJ a été associé.
LA MOBILITÉ INTERNATIONALE DE LA JEUNESSE
2.2.3.4 Les régions du Québec
L’OFQJ s’est donné le mandat d’être présent et accessible dans toutes les régions du
Québec. Au-delà des visites de son site Internet, de l’inscription et du paiement en ligne ainsi
que de toutes les autres possibilités du réseau virtuel, l’OFQJ tient à maintenir un contact
privilégié et « à visage humain » avec tous ses usagers.
C’est ainsi que nous allons accroître notre visibilité auprès des médias et des organismes
régionaux. À cet égard, il faut souligner la collaboration exceptionnelle de 75 agents de sensi-
bilisation répartis dans autant de CJE à la grandeur du Québec, et ce, grâce au Défi de
l’entrepreneuriat jeunesse. Un de ces agents, qui a déjà participé à une mission de sensibi-
lisation en France, a organisé la récente tournée régionale du secrétaire général de l’OFQJ
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