Planète notre - UN CC:Learn
←
→
Transcription du contenu de la page
Si votre navigateur ne rend pas la page correctement, lisez s'il vous plaît le contenu de la page ci-dessous
notre
planète
BAN KI-MOON
Le ciel est la limite
LARS LØKKE RASMUSSEN
Dernier délai : Copenhague
Revue du Programme des Nations Unies pour l’environnement - Decembre 2009
Bharrat Jagdeo
Une vérité qui
ne dérange pas
MOHAMED NASHEED
Un danger imminent
GORDON BROWN
Le moteur de la croissance
HILLARY RODHAM CLINTON
Assumer ses responsabilités
et passer à l’action
le changement
climatique
Copenhague : Scellons l’accordNotre Planète, la revue du Programme des Nations Unies pour l‘environnement (PNUE)
PO Box 30552 Nairobi (Kenya)
Tél : (254 20)7621 234
Fax : (254 20)7623 927
Mél : uneppub@unep.org
Les numéros de Notre Planète peuvent être consultés sur le site du PNUE
www.unep.org/ourplanet
ISSN 101 - 7394
Directeur de publication : Satinder Bindra
Rédacteur : Geoffrey Lean
Coordonnatrice : Geoff Thompson
Collaborateur spécial : Nick Nuttall
Assistante d’édition : Wambui Munge
Responsable marketing : Manyahleshal Kebede
Graphisme : Amina Darani
Editeur : Division de la communication et de l‘information du PNUE
Impression : Progress Press
Distribution : SMI Books
Les articles figurant dans cette revue ne reflètent pas nécessairement les opinions ou les
politiques du PNUE ou des rédacteurs; ils ne constituent pas non plus un compte rendu
officiel. Les appellations employées dans la présente publication et la présentation des
données qui y figurent n‘impliquent de la part du PNUE aucune prise de position quant au
statut juridique des pays, territoires, ou zones ou de leurs autorités, ni quant au tracé de
leurs frontiéres ou limites.
* Dollars ($) s‘entend des dollars des Etats-Unis.
Photo de couverture : © Atlantide Phototravel/Corbis
Le PNUE encourage
les pratiques respectueuses de
l’environnement au niveau mondial et dans
ses propres activités. Cette revue est imprimée
sur du papier 100 % recyclé, en utilisant des encres
d’origine végétale et d’autres pratiques respectueuses
de l’environnement. Notre politique de distribution a
pour objectif de réduire l’empreinte carbone du PNUE.
2 PNUE notre planète Scellons l’accordBan Ki-Moon : Le ciel est la limite page 6
Décrit les opportunités offertes par le changement climatique ainsi que les dangers qu’il représente.
LARS LØKKE RASMUSSEN : Dernier délai : Copenhague page 8
Aborde le problème mondial des changements climatiques et la manière dont nous devons y réagir ensemble.
BHARRAT JAGDEO : Une vérité qui ne dérange pas page 10
Explique comment la conservation des forêts permet de lutter contre les changements climatiques et
lance un appel en faveur d’un nouvel engagement mondial pour la faciliter.
MOHAMED NASHEED : Un danger imminent page 12
Décrit comment les Maldives sont menacées par les changements climatiques et
comment elles se proposent d’être le premier pays du monde neutre en carbone.
GORDON BROWN : Le moteur de la croissance page 16
Explique comment le passage à une économie à faible intensité de carbone offrira des avantages
économiques considérables tout en luttant contre le changement climatique.
et aussi
HILLARY RODHAM CLINTON : Assumer ses responsabilités et passer à l’action page 20
livres page 4 Décrit l’engagement qu’ont pris les Etats-Unis de lutter contre le changement climatique.
réflexions page 5
people page 14
verbatim et chiffres page 19
produits page 22 YVO DE BOER : Un moment décisif page 23
prix et événements page 26 Expose les conditions du succès à Copenhague.
www page 33
star PAGE 34
TASNEEM ESSOP : N’oubliez pas les pauvres page 27
Explique que la pauvreté et la crise climatique sont les deux côtés de la même médaille.
DURWOOD ZAELKE : La moitié négligée du problème page 30
Comment des stratégies à effet rapide visant à combattre les causes du changement climatique PNUE notre planète Scellons l’accord 3
autres que le CO2 pourraient retarder le réchauffement de quelque 40 ans.livres www.unep.org/publications
An Assessment of Assessments: Findings of the Group
of Experts (Une évaluation des évaluations : conclusions du
Groupe d’experts)
Ce Rapport est une phase de démarrage dans la voie d’un « processus périodique
» d’établissement de rapports mondiaux et d’évaluation de l’état du milieu
marin. Il a son origine dans l’accord auquel étaient parvenus les gouvernements
au Sommet mondial de 2002 sur le développement durable quant à la nécessité
de traiter le problème des lacunes importantes dans notre compréhension
des processus vitaux mais complexes à l’œuvre dans les océans et les mers
de la planète et dans la manière dont nous les gérons. Ce rapport est une
recommandation faite à l’Assemblée générale des Nations Unies au sujet de la
stratégie à appliquer pour le Processus d’évaluation périodique. Il prévoit un
Environmental Assessment Towards Sustainable Production and Use of mécanisme reposant sur des institutions et des méthodes mondiales, régionales
Resources: Assessing Biofuels
of the Gaza Strip Following et nationales et intégrant en même temps toutes les informations disponibles,
the Escalation of Hostilities in (Sur la voie de la production et de l’utilisation
durables des ressources : évaluation des notamment des données socio-économiques, sur l’utilisation réelle que nous
December 2008
biocarburants) faisons des mers et des océans.
(Evaluation environnementale de
la bande de Gaza suite à l’escalade Blue Carbon: The Role of Healthy Oceans in Binding
des hostilités en décembre 2008) L’emploi des biocarburants est une question largement débattue Carbon (Carbone bleu : rôle d’océans salubres dans la
et il règne encore beaucoup d’incertitude quant aux risques fixation du carbone)
Ce rapport présente les premières mesures et aux avantages qu’ils présentent. Ce rapport donne un
prises par le PNUE immédiatement après la aperçu général détaillé des biocarburants, établi sur la base C’est un rapport de réponse rapide qui donne quelques chiffres sûrs concernant
cessation des hostilités dans la bande de de recherches portant sur des publications récentes et avec la le potentiel de séquestration du carbone par les écosystèmes marins –
Gaza, en janvier 2009, et donne un résumé participation de nombreux experts du monde entier. Centré sur les palétuviers, marais salins et zostères par exemple – et l’impact de la
des constatations scientifiques du processus biocarburants de première génération, il donne des informations dégradation du milieu marin sur les changements climatiques. Ainsi, il
complexe d’évaluation mené par le PNUE au de caractère politique sur leurs coûts et leurs avantages sociaux ressort des estimations que ces écosystèmes piègent et stockent la moitié
printemps et au début de l’été 2009. Il fait et environnementaux, en prenant en considérations toutes les des émissions produites annuellement par le secteur mondial du transport.
également des recommandations pour remédier applications concurrentes de la biomasse (produits alimentaires, Ce rapport donne également un aperçu de la façon dont les marchés
aux dommages causés à l’environnement fibres et combustibles). Il étudie les préoccupations suscitées pourraient commencer à rémunérer les pays en développement pour assurer
par la récente escalade des hostilités de par les faits nouveaux d’importance critique et décrit les la conservation du milieu marin et améliorer ses possibilités de piégeage du
même que pour améliorer à plus long terme possibilités d’utilisation plus durable de la biomasse et carbone et ses services de stockage; il décrit aussi les liens entre des océans
l’environnement de la bande de Gaza. des mesures propres à accroître la productivité des ressources. salubres et l’adaptation aux changements climatiques.
Integrating Climate Change Adaptation into Development
Co-operation: Policy Guidance (Intégration de l’adaptation
au changement climatique dans la coopération pour le
développement : orientation politique)
(Publication de l’OCDE, 2009)
Cet ouvrage donne des informations et des conseils cruciaux pour mieux
intégrer l’adaptation aux changements climatiques dans les processus de
développement. Il a pour but de mieux faire comprendre les conséquences
des changements climatiques sur le développement et la nécessité d’intégrer
l’adaptation à ces changements dans le développement. Il propose des méthodes
d’intégration de l’adaptation aux changements climatiques dans les politiques
de développement à tous les niveaux et suggère des solutions pratiques aux
donateurs pour aider les pays en développement qui sont leurs partenaires à 100 Per Cent Renewable: Energy
Climate Change and Energy Insecurity:
devenir moins vulnérables aux variations et aux changements du climat. The Challenge for Peace, Security and Autonomy in Action
Development (Changement climatique (100 % renouvelable : l’autonomie
Carbon Sinks and Climate Change: Forests in the et insécurité énergétique : un défi pour la énergétique est en marche)
Fight Against Global Warming paix, la sécurité et le développement) Publié par Peter Droege (Earthscan, 2009)
(Puits de carbone et changements climatiques : rôle des Edité par Felix Dodds, Andrew Higham et Richard Sherman
forêts dans la lutte contre le réchauffement de la planète) avec un avant-propos d’Achim Steiner (Earthscan, 2009) Un monde 100 % renouvelable est encore aux yeux
Colin A.G. Hunt (Editeur Edward Elgar, 2009) de beaucoup un rêve impossible à réaliser avant très
Cet ouvrage est l’évaluation internationale la plus longtemps. Néanmoins, un nombre croissant de
Dans cet ouvrage, Colin Hunt étudie de façon très complète le rôle présent et complète qui soit des problèmes et de leurs solutions projets et de plans y sont déjà parvenu. Cet ouvrage
futur des forêts dans les politiques et pratiques relatives aux changements dans le domaine de l’insécurité résultant des expose les problèmes et présente une feuille de route
climatiques. Il donne des signaux pour la voie à suivre en matière de politique changements climatiques et du rétrécissement de vers une réalité 100 % renouvelable. Il décrit une
concernant les changements climatiques et des exemples pratiques du rôle de l’offre d’énergie au niveau mondial. Il couvre un champ série d’initiatives originales et leurs auteurs ainsi que
la sylviculture dans l’atténuation de ces changements, dans les pays développés très large et réunit les principaux cerveaux des milieux les voies qui ont conduit à leur réussite. Depuis les
comme dans les pays tropicaux en développement. Il aborde notamment la mesure universitaires, gouvernementaux et de la société initiatives prises par des particuliers jusqu’aux grands
du carbone dans les plantations, les avantages de la biodiversité, le potentiel de civile pour une analyse des risques et des problèmes projets de sociétés, de communautés et de pays, il
production de biocarburants, une analyse de la complexité des marchés de la énergétiques et sécuritaires mondiaux liés aux explique comment fonctionnent ces projets sur le plan
sylviculture et une étude du fonctionnement des marchés du carbone. changements climatiques. économique avec les technologies disponibles.
4 PNUE notre planète Scellons l’accordet au relèvement de ce défi. Avec nos collègues de l’Organisation
des Nations Unies et dans des domaines tels que la science, le
commerce, l’énergie et la gestion des ressources naturelles, nous
nous sommes efforcés de mettre en évidence la richesse des
options et des choix qu’ont les gouvernements pour libérer les
marchés et stimuler l’innovation.
Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat
(GIEC), parrainé par le PNUE et l’Organisation météorologique
mondiale (OMM), est l’organisme de référence pour tout
ce qui concerne l’augmentation des émissions de gaz à effet
de serre. Dans le cadre de l’Initiative du PNUE en matière
de financement, tous les acteurs économiques (assureurs,
réflexions
banques et investisseurs) ont été mobilisés pour promouvoir des
investissements qui font évoluer les marchés vers des entreprises à
faible intensité en carbone.
La collaboration au niveau de l’industrie s’est aussi accélérée : un
exemple en est une nouvelle initiative mondiale visant à accélérer
l’emploi d’ampoules électriques à faible consommation mise sur
Achim Steiner pied avec Osram et Phillips, deux leaders du marché, avec le
financement du Fonds pour l’environnement mondial (FEM).
Secrétaire général adjoint de l’ONU et Directeur exécutif du PNUE
Mobiliser l’opinion publique par des initiatives telles que la
Dix-sept ans après la signature du premier traité de Campagne pour un milliard d’arbres et la Campagne « Scellons
l’Organisation des Nations Unies sur le climat à Rio, l’accord » ont permis de se faire entendre à des millions de
la communauté internationale se réunit de nouveau à personnes qui se sentaient incapables d’agir. L’initiative pour
Copenhague pour définir son action future à un niveau un Nouvel accord mondial vert – lancé l’année dernière pour
plus élevé et plus décisif. Nul autre rassemblement faire face à de multiples crises, y compris celle des changements
de gouvernements au sujet d’un accord relatif à climatiques – a fait des adeptes dans les capitales, de Séoul à
l’environnement n’a attiré davantage l’attention Beijing, de Canberra à Londres, de Berlin et Washington.
du public. Dans le monde entier, des milliards de
personnes attendront et suivront cet évènement Le rôle central, mais souvent ignoré, des écosystèmes pour
pour voir ce que les chefs d’Etat et les ministres de plus atténuer les changements climatiques et aider les pays à s’y adapter,
de 190 nations finiront par décider. a été porté au centre de nos préoccupations. Il y a quelques
semaines seulement, le rapport du PNUE sur le carbone bleu
La Conférence de la Convention-cadre des Nations soulignait le rôle que peuvent jouer les écosystèmes côtiers et
Unies sur les changements climatiques a fédéré marins tels que palétuviers, zostères et marais salins. La réduction
les pays du monde entier comme ceci ne s’était du déboisement associée à la restauration de la couverture et
plus produit peut-être depuis la Deuxième Guerre de la santé de ces écosystèmes pourraient permettre de réduire
mondiale et elle a aussi mobilisé l’Organisation des les émissions de quelque 25 %, ce qui est nécessaire pour éviter
Nations Unies. Le Secrétaire général de l’ONU, des changements climatiques « dangereux ». Les écosystèmes
Ban Ki-moon a travaillé sans relâche pour faire d’un amélioreraient aussi les possibilités de défense des côtes, les zones
nouvel accord, scientifiquement crédible, un repère d’alevinage, la pureté de l’eau, le tourisme et les perspectives
dans les affaires humaines. Dès le début, il s’est rendu d’emploi tant dans les pays en développement que dans les
compte que les changements climatiques constituaient pays développés.
la menace la plus extraordinaire qui soit et risquaient
de compromettre la sécurité, le développement et le Si les gouvernements quittent Copenhague sans avoir conclu
bien-être de l’humanité. Mais il a également compris un accord sérieux, les changements climatiques ne vont pas
que ces changements – s’ils sont gérés rapidement et tout simplement disparaître comme s’il s’agissait d’un mauvais
intégralement – représentent une possibilité immense cauchemar. Les négociateurs peuvent bien prendre leur temps,
de catalyser une économie verte à faible intensité de mais le climat, lui, n’attendra pas. Il faut donc changer de cap
carbone, utilisant rationnellement les ressources et et agir résolument. Plus on attendra, plus les changements
capable de répondre aux besoins et aux aspirations climatiques deviendront difficiles à gérer, coûteux et nuisibles
de 6 milliards de personnes qui seront au nombre de pour l’environnement.
9 milliards d’ici à 2050.
Copenhague nous donne l’occasion de planifier l’avenir de
La mobilisation du système des Nations Unies à façon considérée et réfléchie, faute de quoi, l’avenir se planifiera
cette fin et pour obtenir un nouvel accord au titre lui-même. Et ceci risque fort de dépasser les capacités
de la Convention-cadre des Nations Unies sur les d’adaptation des institutions nationales et mondiales, en obligeant
changements climatiques n’a pas de précédent et le les sociétés à parer au plus pressé pour éviter que ne soient remis
PNUE et son personnel ont pris part à ce changement en cause les fondements-mêmes de la civilisation moderne.
PNUE notre planète Scellons l’accord 5© Janie Airey/Getty Images
Le ciel est
la limite
Vers la fin septembre, alors que plus de Ceci était le message que j’ai transmis
100 chefs d’Etat et de gouvernement aux dirigeants du monde lors du Sommet
étaient réunis à New York pour des Nations Unies sur les changements
déterminer comment réagir aux climatiques. Je leur ai dit que les
changements climatiques, près de scientifiques les plus éminents du monde
4 millions de personnes au Kenya – le entier nous avertissent qu’il nous reste
foyer du Programme des Nations Unies moins de dix ans pour mettre un terme
pour l’environnement – réclamaient une à l’augmentation des émissions de gaz
aide alimentaire d’urgence. Dans toute à effet de serre au niveau mondial si
la Corne de l’Afrique, 24 millions de nous voulons éviter les scénarios les plus
personnes étaient tributaires de l’aide catastrophiques prévus par le Groupe
alimentaire. Comme le faisait remarquer d’experts intergouvernemental sur
à l’époque Wangari Maathai, la kényane l’évolution du climat. J’ai demandé aux
Ban Ki-Moon lauréate du Prix Nobel de la Paix, dirigeants des pays industrialisés de
l’insécurité et la mauvaise gestion de prendre, les premiers, des mesures de
Secrétaire général de
l’Organisation l’environnement jouent un rôle important grande portée de façon à ce que d’autres
mais les changements climatiques adoptent de leur côté des décisions
créent un contexte universel. Au fur et audacieuses et j’ai invité les dirigeants
à mesure que leurs effets se font sentir, des pays en développement à redoubler
ils menacent de provoquer des tragédies eux-mêmes d’efforts. Si nous voulons
personnelles et une crise économique et relever le défi du climat, il faut que tous les
sociale dans le monde entier. pays fassent davantage – et tout de suite.
6 PNUE notre planète Scellons l’accordL’idée des conséquences qu’aurait décennies ou davantage pour ralentir et
un échec remplissent d’effroi. Les inverser les tendances.
changements climatiques menacent
les marchés, les économies et les «Un accord à Copenhague Les changements climatiques sont
acquis du développement. Ils peuvent peut – déjà là. Ils frapperont les nations les
épuiser les ressources en eau et en et doit – plus vulnérables en premier et le plus
produits alimentaires, provoquer des donner les signaux politiques fortement. Au Sommet de septembre
conflits et des migrations, déstabiliser sur les changements climatiques, les
les sociétés fragiles et même
nécessaires à sa conclusion. dirigeants du monde ont discuté la
faire tomber les gouvernements. Il doit aussi soutenir des mise en place d’un mécanisme de
Hyperbole? Certainement pas pour mesures d’adaptation car, pour financement rapide de mesures
les bergers appauvris du nord du aussi d’adaptation, de même que la création
Kenya ni pour les cultivateurs d’un fonds de 100 milliards de dollars
californiens confrontés toujours plus
innovantes et ambitieuses que par an pour répondre aux besoins en
à de grandes difficultés. Pas pour soient les mesures d’atténuation matière d’atténuation et d’adaptation au
les habitants des Maldives qui se que cours de la prochaine décennie.
demandent déjà pendant combien de nous appliquons,
temps encore ils auront un pays ni pour il n’en reste Au lieu de subir les effets des
les dizaines de millions d’habitants changements climatiques, les pays
de villes aussi éloignées que Shanghai pas moins en développement comme ceux de
et la Nouvelle-Orléans, Amsterdam que nous avons lancé l’Afrique de l’Est peuvent contribuer
et Karachi, qui risquent d’être des processus qui risquent de à leur solution. Ainsi, le Kenya a des
inondées suite à l’élévation du niveau prendre des décennies ressources géothermiques abondantes
des mers. Pas pour les centaines qui peuvent servir à produire de
de millions de personnes les plus
ou davantage pour ralentir et l’électricité; celle-ci peut alimenter à
déshéritées du monde qui sont sans inverser les tendances.» son tour un programme d’électrification
défense face aux tempêtes, aux susceptible de constituer la base de
inondations et aux sécheresses qui, Bon nombre des mesures d’incitation progrès importants dans la réalisation
chaque année, semblent s’intensifier. prises par les gouvernements et de ses objectifs nationaux de
conçues à l’aube de la récession développement pour le Millénaire. Ce
Selon le Département des affaires économique mondiale comprennent pays a de hautes terres boisées qui, si
humanitaires de l’ONU, les une forte composante verte. Des pays elles sont protégées et remises en état,
catastrophes d’origine climatique ont tels que la Chine, les Etats-Unis et peuvent assurer l’approvisionnement
contraint 20 millions de personnes le mien, la République de Corée, ont en eau de ses villes, de son agriculture
à quitter leur foyer l’année dernière, reconnu qu’en s’efforçant de réduire et de son secteur du tourisme. Cette
à peu près quatre fois le nombre de les émissions de gaz à effet de serre histoire se répète ailleurs en Afrique.
celles déplacées par des conflits. il est également possible de stimuler Le Rwanda a des réserves substantielles
Ces statistiques montrent que les la création d’emplois et de donner de méthane et il a choisi d’investir
changements climatiques sont la un coup de fouet aux industries de fortement dans la croissance verte. La
question géopolitique prédominante l’avenir. D’autres pays se tournent République démocratique du Congo
de notre ère. C’est tout à la fois vers l’immense potentiel des forêts et collabore avec la Banque mondiale pour
une crise alimentaire, une crise autres écosystèmes pour absorber les produire de l’énergie hydroélectrique en
humanitaire et une crise financière. émissions de carbone. Scientifiques, quantités susceptibles, théoriquement,
entrepreneurs et décideurs du d’approvisionner une bonne partie
Et pourtant, c’est aussi une monde entier se rendent compte de l’Europe. Des projets similaires
opportunité. Au fur et à mesure qu’il existe des possibilités presque d’exploitation du potentiel d’énergie
que l’on se rend compte que illimitées pour atténuer les effets des solaire du Sahara sont également
l’immobilisme n’est plus une option, changements climatiques et assurer à l’étude.
les meilleurs cerveaux du monde durablement la prospérité. Avec les
font des heures supplémentaires mesures d’incitation appropriées, une Avec un peu d’imagination, le ciel est la
pour trouver des solutions créatrices. économie verte est à notre portée. limite. Nous devons exploiter la volonté
Les ingénieurs comptent sur des politique nécessaire pour surmonter
toits blancs pour rafraîchir les villes Un accord à Copenhague peut – et l’inertie et réaliser ces transformations
et sur des algues pour absorber le doit – donner les signaux politiques et d’autres. Le changement climatique
carbone. Les entrepreneurs se hâtent nécessaires à sa conclusion. Il doit aussi est le seul que nous devrions
d’exploiter la demande croissante soutenir des mesures d’adaptation car, craindre. C’est pourquoi il restera
d’énergies propres et renouvelables. pour aussi innovantes et ambitieuses en tête de liste de mes priorités tant
Les experts en politiques étudient que soient les mesures d’atténuation que nous n’aurons pas trouvé une
l’impact des subventions à l’énergie que nous appliquons, il n’en reste solution politique ambitieuse, juste et
et le potentiel des marchés pas moins que nous avons lancé des globale au problème déterminant de
du carbone. processus qui risquent de prendre des notre génération.
PNUE notre planète Scellons l’accord 7Dernier délai :
CopenhagUE
Lars Løkke Rasmussen
Premier Ministre danois
L’appel lancé pour que des mesures soient
prises d’urgence à l’échelon mondial pour
lutter contre les changements climatiques
est net et clair. L’inaction n’est plus
possible. J’espère très sincèrement que la
communauté internationale se montrera
à la hauteur de ses responsabilités à la
Conférence des Nations Unies sur les
changements climatiques (quinzième
session de la Conférence des Parties) qui se
tiendra en décembre 2009 à Copenhague
et que celle-ci restera dans les mémoires
comme un évènement marquant dans les
efforts que nous déployons pour inverser
les tendances. A la quinzième session de
© Bruno Perousse/thebiggerpicture
la Conférence des Parties nous devrons
faire un choix. Ce sera le moment ou
jamais. Nous pourrons soit saisir cette
occasion – soit la laisser passer. Quel que
soit notre choix, il ne fait aucun doute
que les générations futures nous jugeront
à l’aune de notre capacité de faire en
© Panoramic Images/Getty Images
8 PNUE notre planète Scellons l’accord«Le secteur danois des technologies
sorte que cette quinzième session de l’élévation potentielle du niveau de
la Conférence des Parties apporte un la mer. Le bien-être et la sécurité du vertes est également prospère.
changement décisif. monde sont en péril. Les technologies propres,
qui représentaient environ
Personne, aucune communauté, aucun Copenhague n’est pas un
Etat ne peut aujourd’hui échapper aux aboutissement, mais un point de
10 %
effets des changements climatiques, départ. Il convient, en effet, de de toutes les exportations danoises
qui ne connaissent pas de frontières et replacer les changements climatiques en 2008,
se font sentir dans le monde entier. dans une perspective à plus long sont actuellement
terme dans laquelle, si tout va bien,
Pour lutter contre les conséquences Copenhague marquera le début l’un des secteurs d’exportation
négatives des changements climatiques, d’un regain d’efforts pour réaliser les plus dynamiques.»
une démarche universelle s’impose. un avenir à faible intensité de
La communauté internationale, carbone dans le monde entier. prospère. Les technologies propres, qui
les pays à titre individuel, le secteur Les pays industrialisés doivent représentaient environ 10 % de toutes
privé et la société civile doivent montrer la voie à suivre en les exportations danoises en 2008,
travailler de concert pour lutter s’engageant à procéder à des sont actuellement l’un des secteurs
contre les changements climatiques réductions ambitieuses. Nous devons d’exportation les plus dynamiques.
avec résolution et détermination. offrir des incitations appropriées
pour que tous les pays s’engagent Sur le plan international, le Danemark
Il est possible de constater les effets sur la voie du développement à faible s’efforce activement de promouvoir
des changements climatiques de intensité de carbone. des technologies et une croissance
bien des manières et, si des mesures vertes, contribuant ainsi à mettre
ne sont pas prises pour les atténuer, Au-delà de toute considération en place les outils nécessaires pour
ces changements représenteront climatique, l’efficience énergétique assurer le passage à des économies
de sérieuses menaces pour nous et la réduction des émissions sont à faible intensité de carbone. Les
tous. S’ils se poursuivent au rythme en elles-mêmes extrêmement investissements dans des technologies
actuel, le développement économique bénéfiques. L’énergie a un coût de vertes et l’offre d’énergies durables,
et social en sera entravé. Nous revient et les mesures d’économie abordables et stables sont d’importance
pouvons déjà observer des conditions d’énergie font partie de la réponse cruciale. S’engager à assurer une
météorologiques plus extrêmes, à la crise financière et économique croissance verte et à investir dans
intenses et imprévisibles comme des actuelle. Les efforts d’atténuation des technologies vertes n’aide pas
sécheresses prolongées, des inondations devraient donc être considérés seulement à réduire les émissions de
plus fréquentes et de plus fortes pas seulement comme un fardeau CO2; c’est aussi un investissement
tempêtes. Même si les températures économique mais aussi comme judicieux dans notre avenir, qui
se stabilisaient à 2°C de plus qu’à une opportunité pour l’avenir. Les conduira à une croissance économique
l’époque pré-industrielle, on verrait programmes de reprise écologiques véritablement durable.
quant même l’apparition de nouveaux ont le potentiel nécessaire pour
schémas météorologiques qui auront stimuler l’investissement privé dans Un « accord mondial vert » est une
des répercussions à l’échelle mondiale. des technologies à faibles émissions excellente perspective pour l’économie
de carbone, créant ainsi de nouvelles et pour le commerce. Il n’y a pas
C’est un paradoxe injuste – mais possibilités d’emploi, d’innovation de contradiction entre croissance
néanmoins un fait – que les pays qui et de richesse. économique et efficacité climatique.
produisent le moins d’émissions de En fait, la seule façon de parvenir à une
gaz à effet de serre seront de loin les L’histoire de la croissance croissance vraiment durable est d’éviter
plus touchés par les changements économique du Danemark au cours les changements climatiques. Il n’y a
climatiques. Ce sont aussi ceux qui des dernières décennies témoigne du pas non plus de contradiction inhérente
ont le moins de ressources pour s’y fait qu’il est possible de rechercher entre résoudre la crise financière
adapter. C’est une réalité douloureuse une croissance à faible intensité et lutter contre les changements
et manifeste qu’un grand nombre des de carbone sans pour autant la climatiques. Bien au contraire, les
pays parmi les plus pauvres du compromettre. L’économie danoise politiques nécessaires pour faire face
monde en font déjà l’expérience. a augmenté de 78 % pendant les aux changements climatiques sont
Bien souvent ces pays dépendent dans trois dernières décennies alors que exactement celles qui peuvent aider à
une large mesure de l’agriculture, la consommation d’énergie est restée relancer nos économies.
secteur particulièrement sensible au pratiquement constante. Depuis
climat. Et, dans ces pays, le danger les années 80, la part des énergies A Copenhague, la communauté
que courent les femmes et les enfants, renouvelables dans la consommation internationale devra traduire la prise de
les populations autochtones et autres énergétique totale a augmenté de conscience de cette réalité en mesures
groupes importants est souvent encore façon continue et est actuellement concrètes. La quinzième session de la
plus grand. L’existence même des d’environ 20 %. Le secteur danois Conférence des Parties est le dernier
petits Etats insulaires est menacée par des technologies vertes est également délai qui nous reste.
PNUE notre planète Scellons l’accord 9© Frans Lanting/Corbis
Une vérité
qui ne dérange pas
Le problème des changements de carbone atmosphérique, à savoir les
climatiques n’est pas insurmontable. océans, forêts et autres écosystèmes.
L’heureuse vérité est en effet que
les systèmes naturels qui se sont Les forêts qui recouvrent les trois
développés pendant des millions quarts de la superficie du Guyana sont
d’années sur notre planète offrent sa contribution à cette solution. Il nous
des moyens de le résoudre. Mais serait possible de gagner des centaines
Bharrat Jagdeo si nous voulons tirer parti de ce que de millions de dollars par an en les
Président de nous avons, il nous faut tout d’abord abattant agressivement pour faire place
la République du Guyana être pragmatiques face au prix à payer à l’agriculture et à d’autres activités
pour réduire les émissions et réalistes commerciales, mais nous contribuerions
dans la manière dont nous voyons et alors à une accélération des changements
utilisons les ressources mondiales. climatiques dont l’économie mondiale
ferait les frais.
Le pragmatisme dont nous devons
faire preuve consiste à accepter que La principale raison qu’a le Guyana de
nous n’avons pas d’autre choix que s’attaquer aux changements climatiques
de réduire considérablement les est évidente. Son développement
émissions industrielles mondiales, économique est intrinsèquement lié à sa
avec les difficultés économiques capacité d’aider la planète à combattre
à court terme que cela comporte. ces changements. Chaque année, les
Faute de quoi, nous nous rendrons inondations lui font perdre environ
responsables de la dégradation de la 10 % de son produit intérieur brut et
planète et des souffrances indicibles les mesures d’adaptation nécessaires
qui en résulteront pour des millions pour y remédier peuvent coûter jusqu’à
de personnes. Mais nous devons 1 milliard de dollars.
aussi faire preuve d’esprit pratique et
prendre des mesures afin de protéger Il y a 18 mois, j’ai fait connaître la
les ressources et mécanismes que Stratégie de développement à faible
la nature a mis à notre disposition intensité de carbone de mon pays.
pour éliminer et stocker le dioxyde Elle repose essentiellement sur la
10 PNUE notre planète Scellons l’accordconviction que, laissées sur pied, qu’il soit économiquement plus rentable
les forêts du Guyana et des autres de conserver nos forêts en l’état que de
nations en développement peuvent être les couper.
d’une plus grande utilité à l’ensemble
de l’humanité et que si la communauté La réunion relative à la Convention-
internationale était prête à rémunérer cadre des Nations Unies sur les
leur conservation, les revenus qu’on changements climatiques qui doit
© Duncan Walker/iStockphoto
en tirerait pourraient à la fois aider le se tenir à Copenhague nous offre
Guyana à s’adapter aux changements une occasion historique de prouver
climatiques et à transformer son que l’évolution du climat n’est pas
économie par une série d’investissements inéluctable. Si elles sont acceptées, les
dans des entreprises à faibles émissions propositions de réduction des émissions
de carbone. liées au déboisement et à la dégradation
des forêts (REDD) procureront des
Depuis la présentation de cette stratégie, avantages allant bien au-delà de la simple
la planète a perdu une superficie de réduction des émissions de carbone,
forêts plus grande que celle de mon pays car elles permettront de préserver les
tout entier. Cela a non seulement libéré sources d’eau douce, aideront à assurer «... faire en sorte qu’ il
dans l’atmosphère plus de carbone que la sécurité alimentaire et fourniront soit
tous les véhicules à moteur du monde des opportunités de développement
au cours de la même période, mais aussi économique à des pays tels que le économiquement plus
réduit l’aptitude du globe à éliminer Guyana. rentable de conserver
cette pollution.
En ayant la clairvoyance de les adopter
nos forêts en l’ état
La destruction anarchique des forêts et de convenir non seulement de que
n’est pas due à la malveillance ou à financer la REDD de manière adéquate de les couper.»
l’ignorance mais au fait que la plupart mais aussi de réduire énormément les
des pays qui en possèdent n’ont d’autre émissions provenant de l’industrie, les
choix que de les exploiter pour en tirer Parties feront passer aux générations
des revenus. Il n’y a véritablement qu’un futures le message que nous avons été de
seul moyen de l’éviter : faire en sorte dignes intendants de notre planète.
PNUE notre planète Scellons l’accord 11© Jupiterimages/Getty Images
Un danger
imminent
Mohamed Nasheed
Président des Maldives,
s’entretient avec Notre Planète
Pourquoi vous, qui êtes le Président des Vous avez dit que les changements fondamentaux. Si l’augmentation
Maldives, vous exprimez-vous avec climatiques constituaient un problème des températures n’est pas maîtrisée,
tant de force pour la lutte contre les sécuritaire autant qu’un problème humain les pays de basse altitude seront
changements climatiques? et écologique : pourquoi? submergés, certaines des grandes
villes côtières du monde inondées
Lorsque vous vivez aux Maldives, où Les changements climatiques ne sont et des millions de personnes tuées
l’altitude la plus élevée est à plus de pas un problème environnemental ou déplacées.
2 mètres au-dessus du niveau de « abstrait ». Ils sont de plus en
la mer, il est difficile de nier que plus perçus comme un facteur Les Maldives prennent la tête de la
le climat ne change pas. Tous les multiplicateur de risque « réel » au réduction des émissions de gaz à effet
jours, nous subissons les effets de sens militaire du terme. Selon un de serre avec un plan pour arriver à la
ce changement qui est, en partie, rapport établi en 2007 par la CNA neutralité carbone en dix ans. Pourquoi les
responsable de l’érosion des côtes d’un Corporation, groupe de réflexion Maldives font-elles ceci alors que leur taux
tiers de nos îles inhabitées. Cette financé par le Pentagone, dont d’émissions est relativement très faible?
érosion cause la perte de terres et de les auteurs sont une douzaine
biens fonciers et elle contamine les d’anciens généraux américains, si L’opinion courante qui veut que
eaux souterraines. les émissions de dioxyde de carbone les petits pays en développement
ne diminuent pas rapidement, les ne devraient pas réduire leurs
Les Maldiviens vivent sur ces terres changements climatiques « seront à émissions de gaz à effet de serre
depuis plus de 2 000 ans. Nous l’origine de catastrophes naturelles et me laisse sceptique. Je suis aussi
ne voulons pas échanger ces îles humanitaires répétées à une échelle contre le fait de montrer du doigt les
magnifiques contre un camp de de loin supérieure à celles pays développés. Les changements
réfugiés écologiques. La défense des que nous connaissons aujourd’hui ». climatiques sont notre problème à
Maldives est ma priorité première Ces catastrophes risquent de tous et, par conséquent, nous devons
et nous n’avons plus le temps de déstabiliser des régions entières, tous nous unir pour trouver une
refiler la responsabilité du climat aux « favorisant des conditions propices solution au niveau mondial.
générations futures. aux conflits internes, à l’extrémisme
et à un mouvement conduisant à En ce qui concerne les Maldives,
Les Maldives sont un Etat qui est un autoritarisme croissant et à des nous savons que les émissions de gaz
en première ligne dans la bataille idéologies radicales ». à effet de serre que nous produisons
contre les changements climatiques. sont insignifiantes et que les efforts
Mais ces changements ne menacent Facteur multiplicateur au niveau que nous déployons au niveau de
pas seulement les Maldives; ils nous sécuritaire, les changements l’environnement ne suffiront pas à eux
menacent tous. Si nous n’arrivons climatiques pourraient balayer seuls à mettre fin au réchauffement
pas à sauver les Maldives aujourd’hui, des décennies de développement de la planète. Néanmoins, nous avons
nous ne pourrons pas sauver Tokyo, dans les pays les plus pauvres et décidé de donner l’exemple et de
New York ou Hong Kong demain. remettre en cause les droits humains devenir le premier pays du monde
12 PNUE notre planète Scellons l’accordMark Lynas et Chris Goodall. « des effets catastrophiques
D’après ce plan, 155 turbines et irréversibles » sur l’ensemble de
éoliennes de 1,5 mégawatt la planète.
couvriraient entièrement les besoins
en électricité de la nation. Un demi- Nous avons déjà dépassé ce chiffre,
kilomètre carré de panneaux solaires puisque la concentration est
et une centrale électrique alimentée actuellement de 385 ppm et ne cesse
en biomasse fourniraient l’énergie d’augmenter. Pour les Maldives, les
de réserve. changements climatiques sont plus
qu’une source de contrariété vague ou
Le plan propose aussi que les éloignée mais bel et bien un danger
Maldives achètent des crédits imminent pour notre survie. Mais les
carbone à l’Union européenne pour Maldives ne sont pas un cas à part,
compenser les émissions dues aux elles ne sont qu’un signal d’alarme pour
transports, en particulier les vols le reste du monde. Les pays asiatiques
internationaux de tourisme. voisins comme le Bangladesh
Les déchets organiques peuvent être souffrent déjà de l’ingression d’eau
utilisés pour produire des engrais salée due à l’élévation du niveau de
et les autres déchets peuvent être la mer; l’Australie et le Sud-Ouest
incinérés afin de réduire la pollution de l’Amérique sont frappés par une
et de produire de l’électricité. sécheresse endémique; les forêts de
la partie occidentale de l’Amérique
Vous avez relevé qu’il y a encore de l’espoir du Nord sont la proie de parasites qui
et qu’il est possible d’inverser la tendance prolifèrent dans la chaleur toujours
au réchauffement de la planète. Que plus forte. Et tout ceci s’accompagne
faut-il faire pour qu’il en soit ainsi? de hausses de température de moins de
1°. Pourquoi donc aurions-nous
neutre en carbone. Ce faisant, nous Nous pouvons résoudre la crise 2° comme objectif?
voulons mettre au point un système climatique mais, pour ce faire, des
de survie – un manuel sur la neutralité mesures radicales s’imposent. Le Nous avons les ressources et le
carbone – que d’autres pourront groupe des pays industrialisés, le G8, savoir-faire technologique nécessaires
reproduire, nous mettant ainsi tous à s’est engagé à faire en sorte que les pour réduire massivement les
l’abri de cette catastrophe imminente. températures mondiales ne montent émissions de gaz à effet de serre au
pas de plus de 2°C par rapport aux niveau mondial. Ce qui fait défaut,
Devenir neutre en carbone, ce n’est pas niveaux de l’ère préindustrielle, ce ce ne sont pas les connaissances
seulement la chose à faire; c’est aussi qui signifie que la concentration de scientifiques mais la volonté politique.
valable du point de vue économique. dioxyde de carbone dans l’atmosphère Beaucoup d’hommes politiques
Les ressources en pétrole sont en ne dépassera pas 450 parties par font des efforts louables pour lutter
train de s’épuiser et l’évolution des million. Il y a environ deux ans, cet contre le réchauffement de la planète.
cours du pétrole est imprévisible. objectif aurait été jugé louable. Les Cependant, la plupart d’entre eux ne
Les énergies renouvelables diminuent études scientifiques récentes et les prendront pas de mesures radicales si
notre dépendance à l’égard du pétrole évènements survenus sur le terrain leur électorat ne l’exige pas.
étranger, réduisant ainsi notre montrent maintenant que cet objectif
incertitude au minimum et renforçant de 2° est tout à fait insuffisant. Il est indispensable de déclencher un
notre sécurité énergétique. Par mouvement universel pour obtenir
ailleurs, si les infrastructures à mettre Après la fonte rapide des glaces de rapidement un changement. A cette
en place pour exploiter les énergies l’océan Arctique en été 2007, les fin, l’Organisation des Nations Unies
renouvelables sont assez coûteuses, scientifiques se sont rendu compte a lancé une pétition mondiale que tout
une fois qu’elles sont là les frais que la planète se réchauffait un chacun peut signer en ligne, priant
d’exploitation sont inférieurs à ceux beaucoup plus vite et sur une bien instamment les dirigeants du monde de
des infrastructures d’exploitation des plus grande échelle qu’ils ne l’avaient « sceller l’accord » sur les changements
combustibles fossiles parce que les prévu. Où qu’ils regardent glaciers de climatiques à la Conférence de
matières premières comme le soleil, haute altitude, cycles hydrologiques, Copenhague, en décembre prochain.
le vent et les vagues sont gratuites propagation des moustiques – ils Et des organisations de militants telles
et permettent donc de faire des ont vu que des changements se que 350.org organisent de grandes
économies à long terme. produisaient des décennies plus tôt manifestations pour protester et
que prévu. En janvier 2008, James faire en sorte que les gens ordinaires
Comment parviendrez-vous à la Hansen, climatologue de renommée puissent se faire entendre des
neutralité carbone? mondiale, a publié une série d’articles négociateurs à Copenhague. Les
montrant que le seuil limite actuel de changements climatiques sont trop
La décision de parvenir à la neutralité sécurité carbone dans l’atmosphère importants pour être laissés aux
carbone se fonde sur un plan était tout au plus de 350 parties par politiciens et aux négociateurs seuls. Il
écologique élaboré par les experts million. Tout ce qui dépasse cette appartient à chacun de faire entendre
britanniques du climat et de l’énergie, limite, avertit Hansen, pourrait avoir sa voix et de dire comment voter.
PNUE notre planète Scellons l’accord 13people Connie Hedegaard
Une des grandes voix de la scène internationale, Connie
Hedegaard a aidé à attirer l’attention du monde entier sur
les conséquences visibles du réchauffement de la planète
Gisele BÜndchen et sur la nécessité, pour tous les pays, d’agir d’urgence
pour combattre les changements climatiques. Aux niveaux
Le visage de certains des produits les plus exclusifs national et international, Hedegaard, Ministre danois du
du monde est devenu dorénavant le nouveau visage climat et de l’énergie, a été un ardent défenseur de la
de l’action mondiale en faveur de l’environnement. croissance économique viable, des sources d’énergie durables
En septembre 2009, Gisele Bündchen, le super et de solutions écologiques et économies en énergie. Elle a
mannequin d’origine brésilienne, l’un des top-modèles été la force motrice des politiques énergétiques de premier
les plus célèbres de tous les temps, a été nommée plan au niveau mondial adoptées dans son pays, ce qui prouve
Ambassadrice itinérante pour le Programme des que la lutte contre les changements climatiques n’est pas
Nations Unies pour l’environnement (PNUE). Dans un programme anti-croissance. En sa qualité de Ministre,
ce nouveau rôle, Gisele, écologiste engagée et Hedegaard a un autre rôle important à jouer au niveau du
passionnée depuis longtemps, aidera le PNUE dans leadership dans le domaine des changements climatiques
sa mission de sensibilisation et de promotion de : accueillir la conférence mondiale des Nations Unies sur
mesures propres à protéger l’environnement, en les changements climatiques à Copenhague – un sommet
attirant l’attention sur certains des dangers les plus mondial ayant pour but de trouver le moyen de rassembler le
sérieux qui menacent la planète : les changements monde entier autour d’un plan à la fois juste et efficace sur les
climatiques et la dégradation de l’environnement. changements climatiques.
Yumi Someya
Entrepreneur écologiste de Tokyo, Yumi Somera produit du
Bill Weihl carburant pour voitures et de l’électricité à partir d’huile
de cuisine de rebut. Au début des années 90, sa famille
Bill Weihl est le « tsar de l’énergie verte » de Google qui conduit le possédait une société de recyclage qui, avec l’Université
géant de l’Internet vers l’énergie propre et la neutralité carbone. d’Hokkaido, a produit le premier biodiesel du monde à partir
Sous la direction de Weihl, Google avance à grands pas dans la voie de l’huile jetée chaque jour par les cuisiniers. Aujourd’hui,
de l’économie des énergies renouvelables. La société a non seulement ce biocarburant novateur, appelé carburant diesel végétal
réduit sa propre consommation énergétique de plus de 50 %, mais (VDF), alimente les véhicules de la société qui recueillent
elle a investi des centaines de millions de dollars dans les énergies les huiles usées, ainsi que certains des autobus et véhicules
renouvelables – tant en fournissant un capital de départ à de petites de service de Tokyo; et il produit aussi de l’électricité pour
entreprises d’énergie solaire et éolienne qu’en soutenant un laboratoire des concerts et manifestations culturelles de la ville.
où travaillent ses propres chercheurs. Avec ses économies d’énergie, Le gaz d’échappement de ce carburant diesel végétal
l’utilisation d’énergies renouvelables et des compensations carbone comprend moitié moins de particules que le diesel
soigneusement choisies, la société est devenue neutre en carbone. En conventionnel, il n’ émet pas du tout d’oxyde de soufre et
hommage à sa contribution, le Time Magazine a conféré à Weihl, ancien son odeur rappelle davantage celle d’une cuisine que celle
professeur à l’Institut de technologie du Massachussets, le titre de d’une voiture. Le Time Magazine a nommé Someya Héros de
Héros de l’environnement pour 2009. l’environnement pour 2009.
14 PNUE notre planète Scellons l’accordVous pouvez aussi lire