N 45Printemps-été 2020 - Fondation des Artistes
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Le Fil d’Argent
Le journal
Maison
des résidents nationale
LE FIL
2
des artistes
D’ARGENT
Printemps-été 2020
N° 45En couverture :
Des sur-blouses cousues pour les équipes de la Maison nationale des
artistes, en solidarité pour les artistes !
Photographie (détail) Cathy Chotard, 2020
32 Carnet
SOMMAIRE
3 Éditorial : Réinventer demain
4 CHEZ NOUS
4-5 Pour que la vie continue à la Maison
6-7 Exposition à la Maison nationale des artistes :
Lise Déramond Follin
8-9 Expositions à la MABA : à venir
10-11 Rencontres : Christophe Martin, Isabelle Le Minh
12-14 Conférences : Toulouse-Lautrec, El Greco, Matisse
15 On ne peut plus lire ? On va se parler
16 Gazette de confinement
17-18 Un immense merci !
19 Une forme de liberté par la pensée
dans un monde confiné
20 Projet d’écriture avec les enfants Bâtisseurs de paix
21 Concerts de la Maison nationale des artistes
22 La nature s’invite à la Maison
23 Petits médiateurs à la MABA
24 HORS - LES - MURS
24 La restauration du Portrait de femme au paravent
asiatique de Madeleine Smith
25 MOMENTS CHOISIS
25-27 Vernissages, anniversaires, sorties
28 HISTOIRE(S) DE VIE(S)
28 Guy Deplus
29 Maurice Delbez
30 DATES À RETENIR
30-31 À vos agendas
1Bienvenue ! Souvenir
CARNET
En février En mars
À Mme Simone Blaison Mme Monique Chapelay
Mme Jeanine Rouyat Mme Micheline Fisher Renault
Mme Paulette Galan
En mars
M. Maurice Delbez
À Mme Claude Collet
Mme Geneviève Pérignon
En avril
Mme Claude Bassereau
Mme Monique Bézard
M. Roland Binhas
M. André Courseau
M. Bernard Guillo
M. Max Herzberg
M. Jacques Husson
Mme Jeannine Jurquet
Mme Éliane Lardier
M. Louis Mazé
Mme Ana Mortola
Mme Hélène Boishus
Mme Madeleine Leviel
M. Michel Rivier
En mai
Mme Éliane Lemaire
M. Marcel Querat
Mme Jovita Concha
Mme Marie Martzolf
Comité de rédaction : François Bazouge, Caroline Cournède, Eléonore Dérisson,
Laurence Maynier, Seval Özmen, Déborah Zehnacker
Comité de Lecture : Jacqueline Duhême, Cécile Dropsy, Dominique Bassereau,
Michel Vray
Achevé d’imprimer : juin 2020 2la situation imposait et le risque de
ÉDITO
contamination pour eux-mêmes et leurs
familles. Saluons tout particulièrement
le petit groupe de soignants qui a
assuré sans relâche la continuité du
fonctionnement de la Maison.
Nos remerciements vont aussi à
celles et ceux qui, confinés dans leurs
logements, ont suscité une formidable
mobilisation, dès le 17 mars, afin de
soutenir à distance les résidents et les
Réinventer demain personnels de la Maison nationale des
artistes. C’est l’occasion de saluer ainsi
Qui pouvait imaginer l’ampleur la belle chaîne d’acteurs de la solidarité
du séisme que nous traversons ? qui fournissent un quotidien, La Gazette
Comment aurions-nous pu envisager de la Maison, des chocolats, du muguet,
l’arrêt complet de nos activités, de des masques, des gants, des charlottes,
nos déplacements, pour vivre un qui cousent des sur-blouses, offrent
confinement ? Comment penser le des tablettes numériques et d’autres
confinement dans le confinement que équipements dans un même élan de
nous avons imposé à nos aînés, terrible générosité.
décision à prendre mais nécessaire pour
les protéger de cet ennemi invisible, le Depuis peu, vous pouvez de nouveau
Covid-19 ? retrouver le plaisir d’une promenade
dans le parc, rencontrer vos familles
Vous y avez pourtant été contraints, dès qui reprennent le chemin de Nogent-
le 21 mars, après avoir dû surmonter la sur-Marne et, a minima, sortir de vos
suspension des visites de vos familles, chambres pour faire quelques pas
celle des repas et des goûters partagés accompagnés. Nous avons, dans le
avec les autres résidents, celle des même temps, le plaisir de retrouver
activités culturelles quotidiennes, pour progressivement les collègues guéris.
vous retrouver confinés dans vos
chambres. Pourtant, rien ne sera et ne doit plus
Quelle violence à supporter par des être comme avant.
résidents que nous avons justement
pour mission d’accompagner… et à Il nous appartient d’imaginer le
assumer, par toutes les équipes de la fonctionnement de la Maison nationale
Maison nationale des artistes. des artistes pour retrouver ses
fondamentaux mais dans ce qui est, et
Nos pensées vont vers les résidents restera, une situation à hauts risques.
qui ont été emportés par ce terrifiant
virus et tous ceux qui sont partis depuis Nous ne sommes pas sortis du drame
le mois de mars. Nous adressons nos sanitaire et économique, mais c’est
condoléances les plus attristées à toutes au prix de l’évolution de notre société
les familles touchées. dans son rapport au Grand Âge, d’une
profonde solidarité et, peut-être de
À situation exceptionnelle, réaction choix que nous devrons faire sans
impressionnante. jamais perdre de vue la raison d’être de
la Fondation, que nos missions d’intérêt
Il nous faut rendre un hommage général au service des artistes sont plus
appuyé au personnel de l’EHPAD que jamais essentielles.
qui n’a compté ni son temps, ni son
énergie, ni son dévouement pour tenir Il s’agit de se souvenir pour réinventer
au cœur de la tourmente et assurer ses demain, dès aujourd’hui.
3 missions à votre service et ce, malgré
l’exceptionnel surcroît de travail que Laurence Maynier et François BazougePour que la vie continue à la Maison
CHEZ NOUS
La Maison nationale des artistes est une Dès la mi-mars, un véritable studio
maison de retraite singulière par le profil d’enregistrement en duplex a été
d’un grand nombre de ses résidents aménagé par le régisseur Sébastien
artistes. Son projet est délibérément Aubrun, dans la Bibliothèque Smith-
orienté vers l’art et la culture et elle Lesouëf, pour permettre d’assurer en
propose une programmation culturelle temps réel l’interactivité, la diffusion en
riche et variée, tout au long de l’année : salle Guy Loë de conférences, lectures,
trois expositions consacrées à des thé-philo. Ainsi, une conférence sur Les
résidents plasticiens ; une invitation d’un chants des oiseaux par Alice Rouffy et
artiste en résidence ; des rencontres, une autre sur La peinture hollandaise du
des conférences, des concerts, des XVIIe siècle par Éléonore Derisson, ont
lectures, des projections, des thé- pu être réalisées jusqu’à la décision d’un
philo… sont proposés chaque jour aux confinement en chambre.
résidents et au public extérieur.
Mais dans le même temps, les résidents
Le drame sanitaire lié au Covid-19 ont commencé de recevoir tous les
que nous traversons, nous a contraint matins la Gazette de la Maison (cf. page
à suspendre tous les projets qui 16), pour les divertir, les faire chanter,
mobilisaient des personnalités jouer et entretenir leur curiosité. L’après-
extérieures à l’établissement pour midi, des animations individuelles
protéger au mieux les résidents de comme l’écoute musicale, la lecture
ce terrible virus. Il en est ainsi de la et des moments de discussions leur
résidence de Mario d’Souza, des projets ont été proposés dans leurs chambres
intergénérationnels, des conférences, respectives. Ils ont aussi régulièrement
des lectures et des événements reçu des dessins et des mots, adressés
culturels qui ont été reportés à une date par les enfants de l’école Albert de Mun
ultérieure. Nous avons, pour autant, de Nogent, pour leur grand plaisir.
réfléchi avec toutes les équipes à de
nouveaux projets qui puissent s’adapter
aux contraintes de la situation afin de
maintenir l’esprit de la Maison. 4Toujours dans cette démarche qui pouvaient toucher. « Ça allait mieux
culturelle, deux beaux projets avec en raccrochant » m’ont dit certains
des théâtres ont été mis en place. Le résidents.
Théâtre de la Colline et le Théâtre de
la Ville s’interrogeaient sur la manière Début juillet, nous accueillerons les
de continuer à inventer le théâtre, à musiciens de l’Orchestre de Paris qui
préserver les liens en cette période de offrent un voyage musical avec L’Octuor
confinement. La Colline a ainsi organisé de Mendelssohn qui sera joué dans le
Au creux de l’oreille, début mai, pour parc, sous les fenêtres des résidents et
un grand nombre de résidents et offert pour leur plaisir… Ce concert offert par
des moments individuels et privilégiés des artistes à d’autres artistes est un joli
de lectures, de poésie, de théâtre, de cadeau : il sera filmé et diffusé comme
littérature au téléphone. Les comédiens un symbole fort de la solidarité que
ont alors lu des textes de Rainer l’épreuve de la pandémie nous révèle
Maria Rilke, Maupassant, de Jean-Luc aussi.
Lagarce, des poèmes d’Apollinaire,
d’Éluard… Les résidents ont été heureux En attendant des jours meilleurs,
de partager ces instants murmurés, d’autres rendez-vous musicaux dans le
véritables rendez-vous artistiques et parc ainsi que des événements culturels
humains. qui s’adaptent à la situation actuelle,
Les comédiens du Théâtre de la sont en cours de programmation.
Ville, avec leurs Consultations
poétiques à compter du 11 mai, Seval Özmen
ont également amené du bonheur Chargée des actions culturelles
grâce à des « remèdes poétiques
et téléphoniques » aux oreilles des
résidents... Tout commençait comme
chez le médecin, ou plutôt chez un psy,
par un « Comment ça va ? » et selon
la réponse, des poèmes s’imposaient
aux acteurs. Selon l’humeur perçue,
la comédienne ou le comédien a
su piocher les passages et les mots
5 comme de petits gestes lumineux, des
cadeaux, des petits bonheurs légers…Exposition à la Maison nationale
CHEZ NOUS
des artistes : On ira cueillir des soleils
la nuit, Lise Déramond Follin
C’est l’occasion de revenir sur cette
exposition et de continuer à découvrir
l’univers cinématographique de cette
téléaste prolifique (plus de 400 films à
son actif !), à travers d’autres films et
extraits de scénario qui n’ont pas pu
être présentés dans le cadre de cette
belle exposition.
Lise Déramond Follin a collaboré à
des émissions qui ont fait date dans
l’histoire de la télévision : en 1967 avec
Dim, Dam, Dom ; en 1970, avec une
série de 26 émissions de 3 minutes
pour Le courrier des Shadoks ; en 1973,
avec Sainte Antenne, Priez pour Nous
sur Ménie Grégoire ; entre 1984 et
1987, avec Contre-Enquête. L’un de ses
téléfilms les plus poignants est
Le devoir de Réponse, un cri de révolte
implacable contre la thèse révisionniste
niant l’existence des chambres à gaz
(1986). Lise Déramond Follin se révolte
devant l’irruption du négationnisme
et ce scandale donne naissance à
La Maison nationale des artistes est
Devoir de réponse.
fermée au public depuis le 8 mars 2020
« Les horribles négationnistes racontent
et, comme beaucoup d’événements
que les chambres à gaz n’ont pas
culturels annulés et/ou reportés à une
existé, que tout cela est une fiction.
date ultérieure, l’exposition J’emballe
Alors, soutenue par ma grande
ce précieux regard de Mythia Kolesar
amie Anne Hoang, qui produisait la
Dewasne, prévue le 22 avril, a été
courageuse émission Contre-enquête,
reportée en 2021.
j’ai interviewé, pour démonter leur
ignoble théorie, des juifs, d’anciens
L’exposition On ira cueillir des soleils
résistants, un tzigane, un homosexuel et
la nuit de Lise Déramond Follin
ils racontaient cette horreur. »
présentée du 16 janvier au 29 mars n’a
malheureusement pas pu accueillir de
Autre film remarqué, Neiges Noires
visiteurs extérieurs, durant le dernier
(1986) qui reconstitue la mort
mois de sa présentation. Elle est restée
accidentelle d’un couple de vieillards,
cependant accrochée jusqu’à l’été pour
Claudie 86 ans et Fernand 81 ans,
le plaisir des résidents et des personnels
dans la courette de leur petite maison
confinés.
ouvrière près de Lens. Un film à deux
voix, qu’elle a réalisé avec Gérard Follin,
racontant l’histoire d’amour infiniment
tendre et triste de deux personnes
mortes ensemble chez elles, dans
le bassin minier. Une 11 CV légère
traversait le champ, remplie de fleurs, 6comme pour des funérailles nationales Le film à faire :
qu’on aurait faites à Claudie et Fernand. Comment, plus de cent ans après, Paul
Verlaine peut-il encore susciter tant
Voici des extraits du scénario, qui d’amour, de haine, tant de noirceur et
montrent que cette cinéaste inclassable tant de lumière ? Comment peut-on
est arrivée au cinéma par l’écriture. songer à priver toute une commune de
son eau, de la vie en quelque sorte ?
Prologue I : La neige s’est mise à Quelle est cette fin de siècle étrange et
tomber un vendredi soir de février monstrueuse ? La nuit du 7 juin 1997…
sur un faubourg de Lens. Et elle a dû Pendant la nuit du samedi 7 juin, les
lui dire d’aller chercher du charbon murs de Coulommes sont « tagués » en
dans la cour. Il allait faire très froid, rouge et noir. Extraits des poèmes les
sûrement. Et les fins de semaine sont plus « scandaleux » de Verlaine, l’enfer
si longues, si longues. Ils s’aimaient de Verlaine dont « Mille Êtres » qui ne
depuis 38 ans. Lui, Fernand, ancien laissent aucun doute quant au goût de
mineur. Elle, Claudie 86 ans, veuve de Verlaine pour l’ensemble des hommes
mineur. Jamais ils ne s’étaient mariés. et des femmes. Penchants renouvelés
À quoi bon ? Elle 86 ans. Lui 81 ans. de civilisations antiques. Androgyne
Mais pas vraiment des « petits vieux ». universel.
Ils ne comptaient que sur eux-mêmes Après la nuit de « taguage ». Avec
et regardaient parfois par la fenêtre caméra et son tour du village encore.
(elle, Claudie avant de ne plus voir, Parole de chacun. Caméra un peu tenue
lui toujours) leur rue toute droite de comme par Melba, le dernier ours des
maisons du nord. Pyrénées ariégeoises. Visite chez les
Blanc-noir, Noir-Neige, Noirs-Neiges, descendants des « petits amis » de
ils vécurent entre terril et hiver, entre Verlaine, si blessés au fond que « LE »
Noir et Neige. Après le noir des terrils, Verlaine ait pu lutiner leur aïeul.
ils moururent dans la neige. Vie entre Aujourd’hui que le désir est revenu
Noir et Blanc. Dans ce pays noir aux et que les choses semblent moins
habitants desquels on dit : « Le charbon dénuées de sens, aujourd’hui qu’il
c’est fini ». Et ils ont donné leur vie pour y a une grande chaleur au cœur et
le charbon. C’est trop tard. La neige une faim joyeuse de vivre, il faut se
tombe pendant qu’on les raconte. La précipiter avec toute l’énergie retrouvée
neige de ces boules naïves au sein sur les établis, les cahiers, les burins,
desquelles on installe des paysages de les Mac Magic, les caméras, les
contes de fée. Le PROLOGUE est sur magnétophones, les stylos, les pinceaux
ces images. Il y a des flocons de neige pour mettre rouge sur noir ce qui nous
comme il pleut du POP CORN. reste d’envie de dire, de filmer, d’écrire,
Noir Neige, une féérie du nord. 1986 de vivre, d’aimer.
Très, très simplement. Avant tout être
simple.
La fête à Verlaine, Aléas, FR3, 1996,
durée : 8’27
7 S. Ö.Expositions à la MABA : à venir
CHEZ NOUS
Les Gens d’Uterpan, image de travail, 2020
Cécile Hartmann, image extraite du film Le Serpent Noir, 2020
8dans une exposition sur le vivant et le
mouvement, vont bénéficier de temps
pour se développer et se déployer avec
plus d’ampleur.
Désormais, notre prochain rendez-
vous ensemble sera consacré, comme
chaque automne, à l’exploration de la
scène graphique contemporaine. Cette
rentrée, la critique et commissaire
d’expositions Vanina Pinter nous
propose une sélection de travaux
de 7 graphistEs (avec un E majuscule
pour signifier que ce seront uniquement
des graphistes femmes qui seront
mises à l’honneur !). Autour des
travaux de Margaret Gray, Catherine
Guiral, Annette Lenz, Fanette Mellier,
Marie Proyart, Susanna Shannon,
Sylvia Tournerie en graviteront
d’autres, en particulier ceux de
jeunes professionnelles. Chaque
projet témoignera de comment une
Margaret Gray, graphiste a composé, peaufiné, osé,
élément de composition de la façade ou de comment des graphistes, à
des archives du Bas-Rhin, 2020 corps perdus et à têtes pensantes,
ont élaboré un acte culturel. Certains
projets n’ont pas été acceptés par les
commanditaires, d’autres paraîtront
Comme beaucoup d’autres secondaires. Pour d’autres encore, on
lieux et événements culturels, ne soupçonnera pas les heures ou les
cinémas, théâtres, musées, centres sommes de recherches en amont. Il
chorégraphiques, salles de concerts, s’agira donc de révéler les récits – les
festivals... la MABA a dû fermer et obsessions, les détails, les déroutes,
anticiper de quelques semaines la fin les desseins – rarement perceptibles
de l’exposition Ô Saisons, ô Chats ! dans l’objet finalisé, et d’entrer dans
consacrée au travail de l’artiste Alain des face-à-face avec des travaux de
Séchas. Il nous a fallu également compositions graphiques, aux écritures
reporter, en janvier 2021, l’exposition poétiques ou politiques particulièrement
Le Serpent noir de Cécile Hartmann intenses.
qui devait ouvrir à la fin du mois d’avril.
La résidence d’une année menée avec Aussi profitons de l’été qui s’annonce
la Cie des gens d’Uterpan et débutée pour penser et nous reposer, car la
au mois de février a, elle aussi, été rentrée sera remplie d’activités et de
stoppée. Ces projets ont été reportés projets !
mais rien n’a été annulé : il nous faudra
juste patienter un peu plus longtemps Caroline Cournède
avant d’avoir le plaisir de les découvrir... Directrice de la MABA
D’ici là, ces projets ambitieux autour du
trajet du Keystone XL (pipeline géant
qui traverse aux USA des réserves
amérindiennes) de Cécile Hartmann,
ou autour des rythmes, des usages
de la/des Maison(s) et des corps qui
9 y habitent ou la traversent pour les
gens d’Uterpan qui se matérialiseraRencontre avec Christophe Martin,
CHEZ NOUS
auteur et metteur-en-scène
d’Auteurs Solidaires et de la Fondation
des Artistes dans une démarche
intergénérationnelle d’écriture, entre
octobre 2017 et juin 2018. Nous n’avions
pas trouvé le temps de découvrir son
univers durant cette belle aventure, il a
donc accepté de revenir pour en parler.
Lors de cette rencontre du 22 janvier, il
a raconté son parcours et a présenté les
extraits de quelques-unes de ses pièces.
Il a écrit 501 Blues à partir d’un atelier
d’écriture mené avec les anciennes
ouvrières de l’usine Levi’s de La Bassée
(Nord) à Culture Commune, scène
nationale de Loos-en-Gohelle (62) :
il y raconte le destin de ces femmes,
depuis leur entrée dans l’usine jusqu’à
sa fermeture, le chômage, la lutte pour
tenter de conserver un emploi. Les
Révoltés est une pièce qui s’attaque
avec virtuosité aux diverses formes de
Christophe Martin est l’auteur d’une
luttes armées et donne différents points
vingtaine de pièces de théâtre, mises-
de vue du « terrorisme ». En alternant
en-scène notamment par Philippe
scènes de famille, miroirs de nos
Minyana (Murjane), par Pascal
vies et celles de la lutte, de la révolte
Antonini : Vous allez tous mourir et
d’activistes, la pièce cherche à saisir « la
pas moi ; par Bruno Lajara : 501 Blues,
part d’humanité de ceux qu’on présente
Fuites, Les révoltés ; par Didier Ruiz :
comme des monstres sanguinaires,
Syndromes aériens, Le bal d’amour ;
mais aussi notre part de monstruosité,
par Kheireddine Lardjam : Bleu blanc
nous paisibles citoyens occidentaux de
vert ; par la compagnie Metalovoice :
pays en paix ».
Chemin de fer… ou bien par lui-même,
Je ne vois que la rage de ceux qui n’ont
comme ce fut le cas de Quartier de la
plus rien est un coup de projecteur sur
République.
la mondialisation à partir d’une histoire
vraie : l’histoire de 1 130 ouvrières qui
Pour les Tréteaux de France, centre
périrent dans les décombres d’une
dramatique national dirigé par Robin
usine, le Rana Plaza, l’histoire « d’un
Renucci, il collabore aux Portraits de
monde où tout est possible pour les
territoire, territoires de partage et écrit
grandes puissances marchandes.
Un théâtre sur la route dans le cadre du
Un monde où l’on fait travailler des
cycle de lectures consacré à l’aventure
ouvrières pour trente euros par mois
de la décentralisation théâtrale en
au Bangladesh, alors que les ouvrières
France. Il est aussi auteur de nouvelles,
licenciées de France vivent avec trois
de récits de vies, de scénarii et dirige
euros par jour. »
des ateliers d’écriture, de jeu, en
collaborant à des mises-en-scène.
Fascinant, troublant et intelligent sont
Christophe Martin a conduit avec
les mots exprimés par les résidents, à la
Isabelle Destrez, Christophe Botti et
découverte de son univers.
Stéphane Mercurio, le beau projet
La vie rêvée…, créé à la Maison
nationale des artistes, à l’initiative
S.Ö.
10Rencontre avec Isabelle Le Minh
notion d’originalité dans un monde
dominé par l’image.
Elle dit « avec le numérique, on passe
son temps à dire que quelque chose
s’est arrêté, alors qu’il y a toujours des
choses à réinventer ».
Diplômée de l’École nationale
supérieure de la Photographie d’Arles,
elle enseigne aujourd’hui à la Haute
école des arts du Rhin, à Strasbourg.
Lauréate du prix Révélation Livre
d’artiste de l’ADAGP en 2016 et
Placard, techniques mixtes, 2015
résidente de la Villa Kujoyama en
© Isabelle Le Minh
2019, son œuvre est exposée dans
des cadres prestigieux : au Salon de
Montrouge (2010), aux Rencontres
Isabelle Le Minh, photographe qui
internationales de la photographie
occupe un atelier de la Fondation des
d’Arles (2012), à Paris Photo (2012), au
Artistes à la Cité Guy Loë à Nogent-sur-
Centre photographique d’Île-de-France
Marne, a accepté notre invitation du
(2014), dans le cadre de la Société
12 février. Durant la rencontre, les
française de photographie (2014), ou
résidents ont eu le plaisir de découvrir
pour le Mois de la Photo à Montréal
son univers, son parcours et sa
(2015). Son travail est présent dans
démarche artistique.
des collections publiques et privées,
dont celles du Fonds national d’art
Dans les années 1990, Isabelle Le Minh
contemporain, du FRAC Normandie
quitte son emploi d’ingénieur-brevets à
Rouen, du FRAC Grand Large – Hauts
Berlin et se consacre à la photographie.
de France, de Neuflize OBC en France,
La révolution numérique l’amène à
d’Andra Spallart à Vienne, de la DZ Bank
s’éloigner de la photographie pour
à Francfort, du 21c Museum à Louisville
mener une réflexion sur l’image et
et de Dorfman Projects à New York.
étendre son champ de création à l’art
contemporain. Elle conçoit des œuvres
Elle est représentée par la galerie
conceptuelles qui prennent des formes
Christophe Gaillard à Paris.
très diverses (installations, photos,
vidéos, livres…), traite avec humour et
S.Ö.
recul de l’histoire de la photographie
et de la place du numérique, des
œuvres, des artistes les plus célèbres
(Boiffard, Ed Ruscha, Sugimoto, Bernd
et Hilla Becher). Isabelle Le Minh aime
questionner la photographie, son
histoire ou sa technique et rattacher
ce questionnement à l’œuvre d’un
artiste qui a compté dans son parcours,
comme dans la série qui s’intitule
After Cartier-Bresson. Elle s’intéresse
à des sujets sensibles de notre société
contemporaine tout en explorant la
nature de l’image, ses objets, ses
usages, ses mythes fondateurs et son
11 histoire. Elle interroge l’essence même
des images, le statut de l’artiste et laLes conférences
CHEZ NOUS
de la Maison nationale des artistes
En janvier milieux, des personnages fascinants
à qui l’on ne prêtait guère attention
Le 21 janvier, une conférence intitulée jusque-là.
Dans les pas de Toulouse-Lautrec à
Montmartre s’est tenue en salle Guy Peintre, lithographe, dessinateur
Loë. La conférence de Geneviève de presse, illustrateur et affichiste,
Guitard, arrière-petite-nièce de François Toulouse-Lautrec, l’artiste inclassable,
Gauzi, condisciple et biographe de s’est attaché à des modes d’expression
Toulouse-Lautrec, était une invitation variés : « Des œuvres qui reflètent un
à la promenade dans ce Montmartre monde de fêtes avec une immense
qui fut un lieu de vie et une source mélancolie, imposant un regard lucide,
d’inspiration pour le peintre, pendant grave, drôle et moderne au Paris des
sa courte vie (1864-1901). années 1890… ».
Durant sa conférence, Geneviève
Guitard a évoqué les ateliers et les En février
domiciles de l’artiste, de ses maîtres
ou de ses amis, mais aussi les cafés, Gérard Alaux, ancien directeur de
les restaurants, les établissements la Fondation des Artistes, a initié un
de spectacles, immortalisés par ses nouveau cycle de conférences qui
œuvres : Moulin rouge, La Goulue, permettra de découvrir les grandes
1891, Au salon de la rue des Moulins, – ou plus modestes – expositions en
1894, Le Divan Japonais, 1892… cours à Paris, ou ailleurs. Pour ouvrir
Il y représentait les artistes célèbres ce cycle, le 28 février dernier, il a parlé
de son temps comme Jane Avril, la de l’exposition El Greco présentée au
Goulue au Moulin Rouge ou Yvette Grand Palais (16 octobre 2019 – 10
Guilbert au café-concert, y compris des février 2020).
scènes de maisons closes et des nuits
montmartroises. Il a dessiné et peint
de nombreux anonymes de tous les
Domenikos Theotokopoulos, dit
El Greco (1541-1614), a laissé dans 12l’histoire de l’art une marque bien corps de danseuse, tout concourt à
singulière. Peintre d’icônes en Crète, il ce que la blonde sibérienne devienne
approfondit l’originalité de sa manière le modèle que Matisse va peindre
auprès des maîtres italiens à Venise et dessiner exclusivement pendant
et Rome, puis à la cour de Philippe II quatre ans de 1935 à 1939, puis par
d’Espagne. Il s’établit enfin à Tolède périodes pendant les quinze années
où il trouve une clientèle lettrée et suivantes. Jusqu’en 1939, Matisse
humaniste ; son talent s’y épanouira enchaîne les dessins et les peintures
à travers des portraits exceptionnels avec limpidité et selon des rythmes
et des compositions religieuses arabesques d’après cette femme aux
magistrales. canons de beauté idéale. Les peintures
sont des orchestrations de couleurs de
Durant la conférence, le public a ce modèle souvent vêtu de robes que
découvert le parcours autour d’œuvres Matisse collectionnait, environné de
connues, ou moins connues et plus fleurs et de tissus.
intimes, en s’arrêtant sur l’analyse de
L’Agonie du Christ au jardin des oliviers, Fille unique d’un médecin, Lydia
synthèse de sa vision et de son style Delectorskaya est née à Tomsk (Russie)
audacieux. le 23 juin 1910. Orpheline à l’âge de
12 ans, elle part vivre chez sa tante en
Mandchourie. Elle émigre en France
En mars et s’installe à Nice en 1928. Le hasard
aidant, en 1932, elle trouve du travail
Le 3 mars, Dominique Szymusiak, auprès d’Henri Matisse qui œuvre alors
ancienne conservatrice en chef du à l’immense panneau de La Danse pour
musée Matisse du Cateau-Cambrésis le Dr Barnes. Aide d’atelier puis garde-
était à la Maison nationale des artistes malade et dame de compagnie de
pour une conférence intitulée Lydia, Madame Matisse, peu à peu elle pose
muse et modèle de Matisse. pour Matisse qui en fait son modèle
La grâce, l’élégance, la prestance de privilégié et crée une exceptionnelle
13 Lydia, son visage pur et majestueux,
sa chevelure blonde et bouclée et son
relation triangulaire peintre, modèle,
tableau. Après la grave opération queCHEZ NOUS
subit Matisse en 1941, elle devient sa des peintures de canaux, de lacs gelés
précieuse assistante. Lydia s’occupe et de bateaux naviguant. Catherine
de lui trouver les modèles et de lui montrait aux résidents certains détails,
fournir les conditions matérielles et au fil des évocations de la conférence.
les fournitures dont il a besoin pour Éléonore était, quant à elle, installée
créer à Vence. Elle gère la maison, à son domicile devant son ordinateur
l’approvisionne pendant la guerre, et, grâce à une application, voyait les
s’occupe de la santé de Matisse et se résidents filmés, tandis que ces derniers
dévoue jusqu’à la fin de sa vie. la voyaient sur le deuxième écran.
À la fin de la conférence, Dominique Les deux conférences ont duré un
Szymusiak a invité Jacqueline Duhême, peu plus d’une heure chacune avec
l’illustratrice qu’elle connaît depuis les échanges avec les résidents,
longtemps et à qui elle voue une qu’Éléonore était heureuse de retrouver.
admiration et une affection sans limites, Des anecdotes ont été partagées,
à évoquer ce qu’elle a personnellement notamment avec Mme Müller qui a
vécu chez Matisse. C’était passionnant raconté ses souvenirs de patin à glace
d’entendre Jacqueline Duhême, qui sur les lacs gelés des Pays-Bas, un pays
vit à la Maison nationale des artistes, où tous les enfants savent patiner dès le
raconter à son tour sa vie chez Matisse plus jeune âge !
qu’elle a si bien décrit et dessiné !
Les résidents et le public ont été ravis
Les 19 et 20 mars derniers, alors que le de ces conférences. Un grand merci
confinement venait d’être décidé par le à Geneviève Guitard, Gérard Alaux,
gouvernement afin de lutter contre le Eléonore Dérisson et Dominique
Covid-19, Éléonore Dérisson a donné Szymusiak pour ces moments
une conférence en deux parties sur L’art passionnants.
de la marine et les vues aquatiques,
dans la peinture hollandaise du XVIIe S.Ö.
siècle, en visioconférence, grâce à l’aide
précieuse de Catherine Guéripel et de
Sébastien Aubrun. Deux écrans avaient
été installés en salle Guy Loë : sur le
premier, se déroulait un diaporama avec 14On ne peut plus lire ? on va se parler !
Violette (je modifie les prénoms) est
heureuse : sa fille a pu déposer pour
elle à l’accueil quelques-uns de ces
magazines pleins d’images de mers qui
lui permettent de s’évader.
Marguerite me raconte le potager de
son fils, les promesses de tomates…
Ce serait si bon, quelques légumes
savoureux, pour compléter les repas qui
arrivent froids à des heures bizarres.
Eh oui, le personnel en sous-effectif
fait ce qu’il peut, se débat avec les
masques, les charlottes, les visières…
Merci à ces précieuses auxiliaires de
vie, acceptons le dîner trop tôt servi !
Rose fulmine contre les fake news, saine
colère qui l’aide à tenir le coup. Pour
changer de la télévision, elle redécouvre
la radio. Sa préférée c’est France
Culture, puissante alliée contre l’ennui
et la bêtise. Elle a un projet : chausser
Pendant le confinement, plus de
ses baskets et courir devant la façade.
lectures à haute voix. Comment faire
Le confinement la fait grossir, dit-elle,
pour maintenir le lien ? Une idée
soucieuse de sa ligne…
me vient : téléphoner de temps en
temps à quelques résidentes de ma
Violette aime que je lui lise un poème,
connaissance…
deux fois : la première pour découvrir,
l’autre pour savourer. Marguerite n’a
Dans l’après-midi, tous les trois ou
pas tellement la tête à la poésie. Elle
quatre jours, j’appelle la Maison.
me donne les nouvelles de la maison.
J’appelle les grands arbres du parc,
Avec Rose, nous parlons cinéma, de
la façade baignée de la lumière d’un
ces chefs-d’œuvre grâce auxquels nos
avril qui se prend pour l’été, les stores
émotions trouvent un chemin pour
baissés à l’heure de la méridienne,
s’exprimer positivement.
l’escalier solitaire, les salons désertés,
j’appelle les chambres meublées
D’une façon plus individuelle et plus
d’objets chers où, fenêtre ouverte,
souterraine, nos rendez-vous habituels
chacune de mes correspondantes
ont donc perduré. Ces petits moments,
essaie de profiter à sa manière du
s’ils ont distrait mes interlocutrices,
printemps, gymnastique douce, concert
sachez bien qu’ils m’ont aussi nourrie et
classique, rêverie les yeux fermés.
aidée à traverser ce temps suspendu.
La conversation s’engage, nous
partageons les menus événements du
Soyez-en remerciées, Marguerite,
jour, un sourire s’esquisse, un rire fuse,
Violette et Rose, qui les avez accueillis.
juste un peu fêlé.
Chantal Péroche
Lectrice bénévole
15La Gazette de la Maison
CHEZ NOUS
Éléonore, Déborah, Alice et Gérard, Cette gazette est écrite à 8 mains et
ce sont les prénoms des membres du nous sommes bien souvent aidés par
comité de rédaction qui réalise, depuis d’autres acteurs du secteur culturel,
le lundi 30 mars, les Gazettes de la médical, d’enseignants ou de simples
Maison. Nous nous connaissons, nous connaisseurs d’art qui souhaitent, eux
nous sommes rencontrés à l’occasion aussi, à travers leur contribution, être
de conférences, d’animations et de avec vous.
visites. Salariées, volontaire en service
civique et ancien directeur de la Nous espérons ainsi au fil des jours
Fondation des Artistes, nous travaillons et des gazettes, maintenir le lien,
respectivement à la conservation vous divertir, vous faire chanter, jouer,
des collections, avec les publics de découvrir et nous cultiver, en attendant
la MABA, à l’inventaire de la faune et de vous retrouver en salle Guy Loë avec
la flore du parc, le centre d’art de la Seval ou en atelier avec Catherine.
Fondation, ou encore à donner des
conférences ponctuelles à la Maison Parce que l’ensemble des maisons de
nationale des artistes. retraite et des EHPAD sont concernés,
sachez que la Gazette est aussi partagée
Pendant cette terrible période de dans 17 établissements dans toute la
pandémie, nous avons été, comme la France, bien sûr sans les menus, ni les
majorité des Français confinés chez anniversaires qui ne concernent que
nous et nous souhaitions garder le notre maison…
contact avec vous, vous divertir et
continuer d’être curieux ensemble. Nous ne savons pas encore, au moment
Avec l’accompagnement précieux du où nous écrivons ces quelques mots,
personnel de la maison, nous avons quand nous pourrons nous retrouver
donc commencé à vous adresser une physiquement, mais une chose est sûre,
gazette, un petit quotidien, pour tenter nous avons toutes et tous hâte de vous
de pallier l’isolement. revoir et d’échanger avec vous.
Ce journal se compose de quatre
parties : « Détour au parc » un focus À très vite,
sur la faune et la flore de notre parc et Éléonore, Déborah, Alice et Gérard
d’ailleurs, « Un jour une œuvre » une
analyse d’œuvre d’art, un jeu ludique ou
culturel, ainsi qu’une page de poésie,
de paroles de chansons, de dessins, de
photographies, d’œuvres ou d’images
de film.
16Un immense merci !
Une chaîne de solidarité exceptionnelle Pour la confection de surblouses,
pour soutenir la Maison nationale des de calots et de masques cousus à la
artistes… machine, ainsi que l’impression 3D de
Alors que les fournisseurs de matériel visières et accessoires :
médical connaissent des difficultés Cathy Amouroux, Céline et Laure
dans leurs approvisionnements et que Barbin, Gaëlle et Cathy Chotard,
les personnels de la Maison nationale Amandine Clémençeau et tout le réseau
des artistes ont, comme tant d’autres « Black Blouse », Annie Cordonnier,
professionnels de santé, besoin Stéphanie Coudert, Bernadette
d’équipements pour se prémunir de Crampont-Courseau, Joëlle Dejonckere,
l’épidémie du Covid-19, les équipes Patricia Dupont, Anne Ferrer, Céline
ont pu profiter de matériel mis à leur Girault, Richard Hooft, Sophie Larger,
disposition ou confectionné par des Madame Leygnac, Sylvie Lombart et le
familles de résidents, particuliers service de l’habillement de la Comédie
bénévoles, artistes, restaurateurs du Française, Isabelle Mazin, Jeanne Niang,
patrimoine, institutions culturelles, Mireille Noël, Alice Renaud, Vincent
entreprises, réseaux de couturiers Rengeard et Odile de Ruffray avec tous
et couturières créés au cœur de les couturiers et couturières d’ « Over
l’épidémie, qui ont tous souhaité the Blues », Marie-Hélène Thouin,
exercer leur solidarité avec les Annabelle Valverde, Véronique et les
soignants lors de cette période inédite, membres d’ « Une blouse pour mon
et leur permettre d’assurer leurs infirmière », ainsi qu’Anne Watel.
missions auprès des résidents.
17CHEZ NOUS
Pour les dons de masques médicaux, à nos côtés et par l’octroi de moyens
de gants, de surchaussures, de gel complémentaires pour agrémenter
hydroalcoolique ou de matières leur quotidien :
premières pour la confection textile : Bodhana Aubrun, Tudor Banus, Lionel
Quoï Alexander, Nicole Cherence Bayol-Thémines, Anna Byskov, Jean-
et Patrick Palsky du Lions Clubs de Étienne Bélicard et la société Isidore
Nogent-Le Perreux, Gérard et Nicole Leroy, Paul Cerutti, Élisabeth Cibot,
Colas de Fusa Protection, Natalie Coural Pascal Colrat, Jacqueline Dauriac,
et ses amis, Moussoukoura Diarra et la Julien Dechenaud maître-chocolatier
Friperie solidaire Emmaüs de Maisons- à Vincennes, Marie-Anne Ferry-Fall
Alfort, Sabine Kessler, Ashim Khanna de l’ADAGP, Antoine de Galbert et sa
et Mathilde Monier pour Cerulean fondation, Ilanit Illouz, José Lévy et
Group, Frédérique Maurier, Mesdames la maison Duvelleroy, Julien Moreno,
et Messieurs Masson, Medjio et Merrer, Déborah Munzer du Conseil général
Laure Parot et la société Viparis, Marie du Val-de-Marne, la boulangerie La
Poisbelaud, Alain Prevet, Hari Seth Nogentaise et Catia Riccaboni de la
et le groupe Coretex, Alicia Spataro, Fondation de France.
Catherine Stojanowski, mais aussi
Marie Villette avec Jean-Philippe Leclair Pour leur aide dans la création
et Dominique Buffin du secrétariat graphique, la rédaction d’articles,
général du Ministère de la Culture de jeux et les corrections de La Gazette
ainsi qu’Olivier Zeder et Aurélie von de la Maison, le journal quotidien
Bieberstein de l’Institut national du distribué aux résidents :
Patrimoine. Gérard Alaux, Pierre Guy-Bernard,
Pauline Dellabroy-Allard, Jeanne
Pour l’aide logistique et le relai des Frommer, Brigitte, Martin et Thibault
appels à la solidarité : Geffroy, Lucile et Pauline Maitre ainsi
Isabelle Cabillic, Jean-Baptiste Corne, que Carole Zacharewicz.
Julie Farenc-Déramond, Denise et Hervé
Ferrigno, Marylise Fortin, Alix Laveau, Pour leur présence assidue
Valérie et Sangmin Lee, Lorraine Mailho, à nos côtés :
Thomas Marcotte, le Maire de Nogent- Dr Beneteau-Bachara, Dr Bonnet, Dr
sur-Marne, Jacques J.P. Martin ainsi que Dupin, Dr Haas, Dr Labesca et Dr Tang.
la chargée des relations avec les acteurs
du commerce de la ville Marie-Hélène
Tournon, mais aussi Sylvie Müller, Sigrid À tous ceux et celles qui nous ont aidés
Petit et Anne Sillinger. et nous aident encore, l’ensemble des
équipes de la Fondation des Artistes
Pour les dons de chocolats de Pâques, adresse un immense MERCI !
de muguet du 1er mai, les dessins et
les messages des artistes, le cadeau
de tablettes numériques pour les
aînés, leurs engagements sanitaires 18Une forme de liberté par la pensée
dans un monde confiné
Le Covid s’est invité à la Maison autant être dans la proximité que
nationale des artistes, modifiant nos nous avons toujours connue. Notre
habitudes, nos organisations et nos voix, nos gestes qu’ils connaissent
relations. ou reconnaissent, sont devenus le fil
conducteur de la prise en charge et
Chacun, dans son domaine de des échanges, nos masques ne nous
compétence, a cherché à s’adapter, à permettant d’être que partiellement
imaginer d’autres manières d’apporter reconnaissables.
de la douceur et du réconfort dans un
contexte si particulier. Alors, certes, nos habitudes se sont
modifiées et il a fallu bien s’adapter
Au-delà de nos fonctions propres, il a à cette vie confinée, mais nous
fallu réfléchir et mettre en œuvre des avons conservé nos valeurs et ce
actions pour que nos aînés continuent à pourquoi nous avons fait le choix
sourire au monde, pour que l’on puisse de travailler en maison médicalisée :
leur apporter de la chaleur malgré la avoir la possibilité d’accompagner
situation. nos aînés. C’est ainsi que nous avons
continué à leur offrir la prise en charge
Il a fallu aussi donner du sens à nos indispensable, mais aussi des lectures
équipements si particuliers auxquels de poèmes, des moments d’évasion,
les résidents ne sont pas habitués et des mots délicats pour les réconforter.
auxquels nous devions nous habituer Finalement, nous avons eu la possibilité,
nous-mêmes. Devoir accepter que pour par l’investissement de chacun, de
protéger l’autre, il faut se protéger permettre à nos aînés de continuer à
soi-même. ressentir une forme de liberté par la
pensée dans un monde confiné.
Le virus nous a obligés à concevoir
19 le prendre soin différemment :
accompagner les résidents sans pour
Karen Mechali
PsychologueUn projet d’écriture intergénérationnel
CHEZ NOUS
Comment peut-on devenir bâtisseurs des souvenirs si multiples, comme
de paix ? est un projet d’écriture engagé une rencontre impromptue avec un
à la mi-novembre en partenariat avec crocodile, des souvenirs douloureux
l’école Albert de Mun de Nogent-sur- de la Seconde Guerre mondiale, ou
Marne. Il a pris forme à partir de la encore des rencontres marquantes avec
mi-novembre 2019 avec une Giacometti ou Prévert ! Et pourtant,
classe CM2, sous la responsabilité les enfants ont réussi ce challenge et
de l’enseignante Sophie Dubois. ont écrit un livre qui raconte, entre
L’idée était de valoriser l’échange fiction et réalité, l’histoire du lieu et
intergénérationnel, le parcours de vie des résidents. Cette belle expérience a
des résidents, de partager des moments valorisé le parcours de vie des résidents
ludiques. et a permis à chacun de partager des
moments pleins d’émotions, parfois
Les enfants ont préparé chaque visite en magiques, souvent émouvants, voire
faisant des recherches introspectives, inoubliables… Jacqueline Duhême, la
l’enseignant les interrogeant alors sur grande illustratrice qui était l’imagière
leurs propres émotions, leurs meilleurs des plus grands comme J. d’Ormesson,
souvenirs, qui ont été doublées d’une R. Queneau, R. Badinter, G. Deleuze a
recherche documentaire sur l’histoire accepté d’illustrer la couverture.
de la Maison nationale des artistes,
sur l’école dans les années 30, sur Chacun des enfants et des résidents
les conséquences de la Seconde ayant participé au projet recevra un
Guerre mondiale… Nourris de ces exemplaire de ce petit livre, fruit de ce
informations aussi diverses et variées travail à plusieurs mains.
que sont les valeurs, les émotions
et les souvenirs, les enfants se sont
mis à écrire. Pas facile de réunir
S. Ö.
20Les concerts de la
Maison nationale des artistes
En février
Le 25 février, Laurent Jacquey, le
virtuose du piano est revenu sur la
scène de la Maison nationale des
artistes pour interpréter une petite partie
de son répertoire riche de six cents
titres dans tous les styles (pop, rock,
variétés française et internationale, jazz,
blues, boogie, rétro, standard, chansons
françaises, musiques de films…).
Laurent Jacquey a débuté le piano après
des études classiques durant lesquelles
il a acquis sa technique de base, puis
il s’est orienté vers une spécialité jazz
qui lui a permis de développer son
sens de la créativité grâce à la liberté
d’improvisation. Il a proposé aux
résidents de définir le programme
en choisissant leurs titres préférés
et a produit un très beau concert sur
mesure.
En mars
Le dimanche 1er mars, le duo
En janvier
L’Escarpolette composé de deux
sopranos Sylvie Epifanie et Christine
La Maison nationale des artistes a
Saint-Val, accompagnées par Corinne
accueilli, le 28 janvier, le duo La Bonne
Guérin au piano, a interprété un récital
Étoile pour un concert consacré aux
de grandes mélodies. Ce fut un après-
grands classiques de la chanson
midi placé sous le signe du charme
française : Alain Asmi et Silvère
et de l’élégance offert par le duo
Risset sont deux musiciens multi-
vêtu de magnifiques robes ; elles ont
instrumentistes qui se connaissent et
interprété Sérénade du page (extrait
jouent ensemble depuis plus de vingt
de Geneviève de Brabant d’Offenbach),
ans. Ils forment La Bonne Étoile, en
Air de Chérubin (extrait des Noces de
hommage à la belle chanson de Joe
Figaro de Mozart), un duo extrait du
Dassin. Durant ce voyage musical,
Cornette de Firmin Bernicat, Ariette
les résidents ont retrouvé le plaisir
de la princesse (extrait du Voyage
de chanter ensemble des airs connus
dans la lune d’Offenbach), Chanson
de toutes les générations avec les
espagnole de Claude Debussy,
chansons de Bourvil, Montand,
Habanera de Carmen de Georges Bizet,
Aznavour, Fréhel, Brassens, Ferrat,
El desdichado de Camille Saint-Saëns et
Dassin, Cabrel et bien d’autres.
Les Bohémiennes de Pauline Viardo.
S.Ö.
21La nature s’invite
CHEZ NOUS
à la Maison nationale des artistes !
Depuis janvier 2020, nous avons eu Après avoir expliqué l’intérêt des
l’occasion avec Seval et Catherine nichoirs et des hôtels à insectes pour
d’organiser des ateliers et des la biodiversité, nous avons organisé
conférences autour de la biodiversité plusieurs petits ateliers de construction
du parc et plus généralement autour de avec Catherine. Nous avons réalisé
la nature. quatre nichoirs, installés dans le parc, et
un hôtel à insectes, placé sur la terrasse
Nous avons commencé par la du petit salon. Seront-ils occupés ?
construction de mangeoires avec Nous l’espérons ! En tout cas, nous
huit résidents. Ces mangeoires ont avons eu l’occasion d’observer les
été réalisées avec du matériel de oiseaux au cours d’une belle matinée
récupération : des briques de lait ou du mois de mars. Et même si ils ont été
de jus d’orange ont été découpées. timides, vous avez su faire preuve d’une
Nous les avons placées de façon à magnifique capacité d’observation et
ce que vous puissiez voir les oiseaux d’une grande dose de patience !
qui viennent se nourrir des graines de
tournesol. Nous avons eu de nombreux Ma mission au sein de la Fondation
retours des résidents qui ont eu la des Artistes se termine le 15 mai.
chance d’observer des mésanges J’ai eu grand plaisir à partager mes
charbonnières, des mésanges bleues ou connaissances avec l’ensemble
encore des perruches à collier venues des résidents. Cet échange a été
se nourrir durant l’hiver. Les mangeoires particulièrement bénéfique puisque
ont été momentanément retirées pour la les résidents m’ont également appris
belle saison mais Catherine les remettra de nouvelles choses. Suite à cette
l’hiver prochain ! mission, je vais chercher un poste en
tant qu’éducatrice à la nature, car les
Plusieurs conférences ont également missions effectuées à la Fondation des
été organisées afin de mieux connaître Artistes m’ont confortée dans mon désir
l’environnement qui nous entoure : de m’orienter dans cette direction.
une conférence sur l’histoire du parc,
une autre sur l’intérêt des nichoirs Alice Rouffy
et des hôtels à insectes, une autre Volontaire en service civique
sur les arbres du parc et enfin, une à la Fondation des Artistes
dernière sur les chants des oiseaux, par
visioconférence, lorsque le confinement
a eu lieu.
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