PLAN D'ACTIONS EN FAVEUR DE LA SAUVEGARDE DES CHAUVES-SOURIS DU MARAIS POITEVIN

 
PLAN D'ACTIONS EN FAVEUR DE LA SAUVEGARDE DES CHAUVES-SOURIS DU MARAIS POITEVIN
Projet : Protection des chiroptères
Maître d’ouvrage : Ligue pour la Protection des Oiseaux
Action A 25 : Rédaction d’un plan d’actions pour les chiroptères
Date : décembre 2007

       PLAN D’ACTIONS EN FAVEUR DE LA

   SAUVEGARDE DES CHAUVES-SOURIS DU

                    MARAIS POITEVIN

      Connaissance, étude et protection des
                 chiroptères
PLAN D'ACTIONS EN FAVEUR DE LA SAUVEGARDE DES CHAUVES-SOURIS DU MARAIS POITEVIN
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PLAN D'ACTIONS EN FAVEUR DE LA SAUVEGARDE DES CHAUVES-SOURIS DU MARAIS POITEVIN
PLAN D’ACTIONS EN FAVEUR DE LA
   SAUVEGARDE DES CHAUVES-SOURIS DU
             MARAIS POITEVIN

Connaissance, étude et protection des chiroptères

                       Rédaction

                 Philippe Jourde – LPO

                 avec la participation de

                   Alain Texier – PIMP
                Sandrine Bracco – DSNE
              Julien Sudraud – LPO Vendée

                       Juin 2007

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PLAN D'ACTIONS EN FAVEUR DE LA SAUVEGARDE DES CHAUVES-SOURIS DU MARAIS POITEVIN
Sommaire

Remerciements ___________________________________________________________ 5
Objectifs du plan d’action __________________________________________________ 5
Résumé _________________________________________________________________ 5
Présentation sommaire des chauves-souris ___________________________________ 6
 Les chauves-souris en France métropolitaine _______________________________________ 6
 Les chauves-souris du Centre-Ouest ______________________________________________ 7
Description de la zone d’étude ______________________________________________ 8
   Historique du territoire __________________________________________________________________9
   Remarque sur le périmètre d’étude _______________________________________________________10
Connaissance des chauves-souris du Marais poitevin__________________________ 11
 Méthodologie d’inventaire ______________________________________________________ 11
 Analyse et traitement de l’information ____________________________________________ 14
Espèces observées dans le Marais poitevin et statut patrimonial _________________ 15
Pression d’observation et résultats des prospections __________________________ 17
 Pression d’observation_________________________________________________________ 17
 Recherche de gîtes dans les ouvrages d’art _______________________________________ 18
 Recherche de gîte dans les églises_______________________________________________ 21
 Recherche de gîte dans le bâti privé ______________________________________________ 23
 Recherche de gîtes dans les arbres creux _________________________________________ 24
 Détection ultrasonore __________________________________________________________ 25
 Opérations de capture temporaire________________________________________________ 26
 Sollicitation du public __________________________________________________________ 26
Répartition et statut de conservation des espèces _____________________________ 27
 Fréquence des espèces ________________________________________________________ 27
 Répartition des contacts _______________________________________________________ 27
Commentaires, Menaces et facteurs limitants _________________________________ 29
Objectifs et proposition d’actions ___________________________________________ 31
Fiches actions___________________________________________________________ 34
Bibliographie____________________________________________________________ 59
Annexe 1 - Carte de répartition des chauves-souris du Marais poitevin ____________ 60

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PLAN D'ACTIONS EN FAVEUR DE LA SAUVEGARDE DES CHAUVES-SOURIS DU MARAIS POITEVIN
Plan d’action en faveur de la sauvegarde des
          chauves-souris du Marais poitevin

Connaissance, étude et protection des chiroptères

                                       REMERCIEMENTS

Nous remercions les partenaires financiers au programme LIFE pour leur soutien ainsi que tous
les contributeurs à la collecte des données de terrain : Olivier Allenou, Anne Boisseau, Sandrine
Bracco, Nicolas Cotrel, Tibo Dieuleveut, Christophe Drapeau, Perrine Dulac, Charles Dupé,
Jocelyne et Cyril Gueydan, Alain Isnard, Estelle Kerbiriou, Olivier Laluque, Thibault Laurent, David
Lazin, Thomas Luzzato, Fabien Mercier, Etienne Ouvrard, Jean-Paul Paillat, Angélique Parpaillon,
Benoît Perrotin, Florian Picaud, Hélène Quénéa, Emmanuel Séchet, Julien Sudraud, Gratien
Testud, Alain Texier, Théophane You, François Varenne et Julien Verdier.

                              OBJECTIFS DU PLAN D’ACTION

Le plan d’action en faveur de la sauvegarde des chauves-souris du Marais poitevin vise à dresser
l’état des connaissances des chauves-souris dans le Marais poitevin, à déterminer le statut de
conservation des espèces inventoriées et à proposer des actions en faveur de leur protection.

                                            RESUME

D’importantes prospections de terrain ont permis d’inventoriés 1103 localités à la recherche des
chauves-souris du Marais poitevin,. Ces recherches ont consisté en prospections systématiques
des ponts, des églises, en détections ultrasonores et en recherches de gîtes en milieu bâti.

Au total, 19 espèces de chauves-souris, dont 7 de l’annexe II de la directive Habitats-Faune-Flore,
ont été inventoriées. Eglises, ouvrages d’art et milieux boisés humides s’avèrent présenter des
densités de peuplement chiroptérologiques remarquablement faibles.

Un faisceau de facteurs sont probablement la cause de cette faible densité. Carence en gîtes,
altérations des milieux naturels, de la qualité et de la ressource en eau, disparition des corridors
écologiques influent sans doute de façon néfastes sur les chauves-souris.

Face à ce constat, des objectifs de conservations sont élaborés et des propositions d’action
proposées pour améliorer le statut des chauves-souris du Marais poitevin.

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PRESENTATION SOMMAIRE DES CHAUVES-SOURIS

                       LES CHAUVES-SOURIS EN FRANCE METROPOLITAINE
Les chauves-souris sont des mammifères de l’ordre de Chiroptères. Il existe près de 1 000
espèces dans le monde mais seules 33 ont été observées en France métropolitaine.
Nos chauves-souris se répartissent en trois familles distinctes :
• les rhinolophidés, représentés par quatre espèces. Ces espèces se caractérisent par la
  présence d’un masque facial en forme de fer à cheval ;
• les molossidés, représenté par une espèce méridionale ;
• les vespertilionidés, représentés par 28 espèces se répartissant dans les genres Eptesicus et
  Vespertilio (sérotines), Nyctalus (noctules), Plecotus (oreillards), Pipistrellus (pipistrelles),
  Hypsugo (vespères), Barbastella (barbastelle) et Miniopterus (minioptères).

     •      La Barbastelle est une des espèces les plus fréquentes du Marais poitevin.

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LES CHAUVES-SOURIS DU CENTRE-OUEST
Le Centre-Ouest de la France héberge 23 espèces (70 % de la faune de France). Une espèce
d’oreillard supplémentaire, vraisemblablement nouvelle pour la science, reste à décrire1.
L’inventaire de la chiroptérofaune des départements de Charente-Maritime, des Deux-Sèvres et de
Vendée révèle une grande similarité des faunes, composées essentiellement d’espèces à large
répartition française et européenne (tableau 1). La nomenclature scientifique utilisée s’accorde
avec celle de DIETZ et al. (2007).

    Tableau 1 - Chauves-souris inventoriées dans les 3 départements du Marais poitevin.
        Nom d'espèce                Nom scientifique              Charente-Maritime   Deux-Sèvres   Vendée
Barbastelle                   Barbastella barbastellus                    1                1          1
Sérotine commune              Eptesicus serotinus                         1                1          1
Minioptère de Schreibers      Miniopterus schreibersi                     1                1          1
Murin d'Alcathoe              Myotis alcathoe                             1                1          1
Murin de Bechstein            Myotis bechsteinii                          1                1          1
Petit murin                   Myotis blythi                               1
Murin de Daubenton            Myotis daubentonii                          1               1           1
Murin à oreilles échancrées   Myotis emarginatus                          1               1           1
Grand murin                   Myotis myotis                               1               1           1
Murin à moustaches            Myotis mystacinus                           1               1           1
Murin de Natterer             Myotis nattereri                            1               1           1
Noctule géante                Nyctalus lasiopterus                        1
Noctule de Leisler            Nyctalus leisleri                           1               1           1
Noctule commune               Nyctalus noctula                            1               1           1
Pipistrelle de Kuhl           Pipistrellus kuhlii                         1               1           1
Pipistrelle de Nathusius      Pipistrellus nathusii                       1               1           1
Pipistrelle commune           Pipistrellus pipistrellus                   1               1           1
Pipistrelle pygmée            Pipistrellus pygmaeus                       1                           1
Oreillard roux                Plecotus auritus                            1               1           1
Oreillard gris                Plecotus austriacus                         1               1           1
Rhinolophe euryale            Rhinolophus euryale                         1                           1
Grand Rhinolophe              Rhinolophus ferrumequinum                   1               1           1
Petit rhinolophe              Rhinolophus hipposideros                    1               1           1
Oreillard indéterminé         Plecotus sp                                 1
                                                        Total :          24               19          21

1
 Les oreillards ont récemment fait l’objet d’études systématiques impliquant des techniques morphologiques
et génétiques. Ces travaux se sont traduits par la création de trois nouvelles espèces européennes mais,
manifestement, certains taxons demeurent méconnus, notamment dans l’ouest de la France.

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DESCRIPTION DE LA ZONE D’ETUDE

Conformément à la délimitation réalisée par le Forum des Marais Atlantiques en 1999, le Marais
Poitevin couvre une surface d’environ 100 000 ha, soit un tiers des marais littoraux atlantiques, ce
qui en fait la deuxième zone humide en France, après la Camargue.

Ce territoire est partagé entre deux régions (les Pays-de-la-Loire et le Poitou-Charentes) et 3
départements (la Vendée, les Deux-Sèvres et la Charente-Maritime), soit 95 communes.
Fortement urbanisé avec plus de 170 000 habitants, ce marais comprend de nombreuses activités
économiques : tourisme, artisanat, mytiliculture, etc., mais principalement agriculture, avec plus de
1 100 exploitations tournées vers la polyculture et l’élevage. Avec un bassin versant de 650 000
ha, la gestion de l’eau et de ses usages est un élément déterminant dans le Marais poitevin.

      Figure 1 – Localisation du site d’étude et représentation des limites communales
                                 (en orange site Natura 2000).

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Historique du territoire
Le Marais poitevin est le résultat d’un comblement récent du golfe des Pictons (il y a moins de
10 000 ans). Peu à peu, les vases marines comblent le golfe et forment une immense vasière
découverte à chaque marée. La configuration du site justifie ainsi une implantation relativement
récente de l’homme (paléolithique).

                                                          Dès lors, les premiers aménagements
                                                          du marais débutent ; au VIIème siècle,
                                                          les         moines          entreprennent
                                                          l’assèchement de parcelles, propice à
                                                          la culture et au pâturage, tout en
                                                          continuant d’exploiter les ressources
                                                          maritimes. Cette volonté s’est traduite
                                                          par l’édification de digues et canaux
                                                          face à la mer. Par la suite, ces
                                                          initiatives se sont amplifiées au XIIème
                                                          siècle, mais il faut attendre le règne du
                                                          roi Henri IV et l’arrivée d’ingénieurs
                                                          hollandais au XVIIème siècle pour
                                                          observer une véritable organisation
                                                          géométrique            du          marais.
                                                          Schématiquement, l’assèchement du
                                                          marais se poursuit pour la mise en
                                                          culture, marquant la limite entre les
                                                          marais desséché et mouillé. Le XIXème
                                                          siècle voit apparaître l’aspect actuel du
                                                          marais, après d’importants travaux de
                                                          creusements        de     canaux     pour
                                                          l’évacuation des eaux et la navigation.

                                                         A partir de 1960, les mutations de
                                                         l’agriculture moderne, avec leur
                                                         cortège      d’exigences      foncières,
                                                         techniques et hydrauliques, induites
                                                         par l’optimisation de la productivité des
                                                         exploitations, ont profondément modifié
                                                         les paysages et les terroirs du Marais
                                                         Poitevin. Ces transformations du
marais se sont traduites par un important recul des surfaces en herbe au profit des cultures de
céréales et d’oléagineux.

On peut dès lors distinguer les grandes entités géographiques suivantes :
• les marais inondables et vallées fluviales : 32 262 ha,
• les marais desséchés incluant les polders récents : 46 820 ha,
• les marais intermédiaires : 18 768 ha,

Ces trois types de paysages couvrent une superficie totale de marais de 97 850 ha, à laquelle
s’ajoutent celle des îlots calcaires sur 4 670 ha et les 9 647 ha de milieu maritime (prés salés,
vasières et dunes).

                                                                                                  9
PLAN D'ACTIONS EN FAVEUR DE LA SAUVEGARDE DES CHAUVES-SOURIS DU MARAIS POITEVIN
Les marais inondables, couramment appelés marais mouillés, correspondent aux lits majeurs
des rivières et fleuves (la Vendée, le Lay, la Sèvre Niortaise, le Curé, etc.) et font office de zones
d’épandage des crues. Voués à l’élevage, ces marais sont constitués par un bocage aux parcelles
hétérogènes, et caractérisés par des alignements simples (frênes taillés en têtard) ou doubles
(frênes têtards et peupliers). Ce bocage renferme majoritairement des prairies, qui sont délimitées
par un réseau hydraulique dense de canaux et fossés.

Les marais desséchés et intermédiaires reposent sur des sols argileux, formés à partir
d’anciennes vases marines. Si les premiers sont totalement protégés des eaux de crues et des
marées par des ceintures de digues, les seconds ne sont que partiellement protégés des crues.
Ces deux types de marais possèdent des caractéristiques paysagères et biologiques assez
proches : voués à la céréaliculture et à l’élevage, ils présentent un paysage ouvert, où seuls les
alignements de Tamaris (Tamarix gallica) bordant les fossés viennent rompre la régularité du
paysage. Ces vastes espaces quadrillés de canaux jouent un rôle essentiel dans l’agro-
écosystème « Marais Poitevin ».

Les polders récents ou « prises » se situent autour de la Baie de l’Aiguillon. Ils sont
essentiellement utilisés en cultures intensives en raison du potentiel agronomique des sols.

A ces unités paysagères, n’oublions pas de citer les îlots calcaires, anciennes îles du golfe, les
milieux littoraux sableux et vaseux composés de paysages aussi divers que les plages, dunes,
lagunes, pinèdes et les estrans vaseux de la baie de l’Aiguillon et de l’estuaire du Lay.

La complémentarité des activités humaines et des caractéristiques physiques du marais (salinité
des sols, humidité, etc.) en font une zone humide d’intérêt international. Au travers des entités de
marais, on ne dénombre pas moins de 25 habitats d’intérêt communautaire. Ils se répartissent sur
l’ensemble du territoire au travers des grands ensembles : les boisements humides (3800 ha dont
1600 ha de peupleraies), le littoral, les roselières (100ha), le réseau hydraulique, les prairies
subsaumâtres, etc.

L’une des grandes originalités du Marais Poitevin réside dans la diversité des milieux prairiaux
rencontrés au sein de la zone humide. En effet, leur nature varie suivant divers facteurs, tels que le
gradient de salinité décroissant d’Ouest en Est, la gestion des niveaux d’eau, la microtopographie,
la pédologie, les pratiques agricoles (pâturage / fauche).

L’ensemble de ces habitats, et notamment les 27 000 ha de prairies, abrite plus de 100 espèces
animales des Directives Européenne de protection de la Nature (Directive habitat : annexe 2 et
oiseaux : annexe 1) et plus de 700 espèces végétales recensées à ce jour.

Ce patrimoine remarquable fait également l’objet de protections réglementaires : Site classé pour
18 553 ha, réserves naturelles de St Denis du Payré et de la Baie de l’Aiguillon pour environ 5107
ha, réserves naturelles volontaires pour environ 350 ha, APPB pour 6 570 ha et d’une manière
plus transversal, un site Natura 2000 de 68 000 ha.

Remarque sur le périmètre d’étude
Le périmètre du site Natura 2000 sur lequel se calque le périmètre d’intervention du programme
LIFE ne concerne que des zones naturelles (prairies, zones humides, boisements inondables par
ex.) et exclut villes, villages et hameaux.
Or, plusieurs espèces de chauves-souris, dont certaines de l’annexe 2 de la directive Habitats-
Faune-Flore (Grand et Petit Rhinolophe, Grand Murin, Murin à oreilles échancrées par ex), se
reproduisent préférentiellement dans les milieux bâtis.
En accord avec les instances de l’Union européenne, le périmètre d’étude des chauves-souris a
donc été étendu à l’ensemble du territoire des communes concernées par le programme LIFE afin
de mieux intégrer la problématique de conservation propre aux chauves-souris.

                                                                                                   10
CONNAISSANCE DES CHAUVES-SOURIS DU MARAIS POITEVIN

                                    METHODOLOGIE D’INVENTAIRE

Plusieurs techniques permettent de dresser des inventaires chiroptérologiques (KUNZ, 1988 ;
MITCHELL-JONES & MCLEISH, 1999 par ex.). Quatre méthodes complémentaires ont été mises
en œuvre dans le cadre de cette étude :
• la recherche de gîtes dans les ouvrages d’art, les bâtiments et les arbres creux ;
• la détection ultrasonore ;
• la capture temporaire ;
• la sollicitation du public.

Recherche de gîtes dans les ouvrages d’art
En fonction de leur mode de construction, les ouvrages d’art (ponts, tunnels, etc.) peuvent
présenter un grand intérêt pour les chauves-souris. Plusieurs espèces peuvent s’installer dans ce
type de milieu et des colonies importantes y ont parfois été découvertes.
La prospection des ouvrages d’art se fait :
• par l’inspection visuelle (voir auditive) des éventuels fissures, disjointements, joints de dilatation,
  barbacanes, caissons, etc. à l’aide de torches et, lorsque nécessaire, de jeux de miroirs
  orientables. Il s’agit de repérer la présence d’animaux et/ou de traces d’occupation (présence de
  guano, coulées d’urine par ex) ;
• par le dénombrement visuel des animaux au crépuscule lors de l’émergence (éventuellement
  assisté par l’utilisation de détecteurs d’ultrasons).

La prospection des ouvrages d’art n’est pas toujours aisée car elle implique que l’observateur
pénètre sous la structure. Or, dans le Marais poitevin, la majorité des ouvrages enjambent des
canaux. L’utilisation de barques, canots et canoës est dès lors souvent nécessaire.

Recherche de gîte dans les églises
Les églises constituent des types de bâtiments privilégiés pour l’installation des chauves-souris.
Les combles y sont souvent de grand volume, la tranquillité totale, les prédateurs peu abondants.
Les prospections se font visuellement par la recherche directe des animaux ou par la recherche de
tas de guano indiquant la localisation d’éventuels essaims.
Les inventaires peuvent aussi se faire au crépuscule, lors du départ des animaux vers les terrains
de chasse, grâce à l’utilisation de détecteurs d’ultrasons.
Les difficultés de prospections de ce milieu résident à la fois à la dangerosité de la visite
(ascension des clochers, accès aux combles, déplacement sur la poutraison souvent périlleux) et
par la difficulté de localiser des petits groupes d’animaux dans de grands volumes (oreillards
notamment).

Recherche de gîtes dans le bâti privé
Il s’agit de visiter des bâtiments, généralement occupé, pour y trouver d’éventuelles colonies de
chauves-souris. Les prospections se font soit en porte-à-porte, soit suite à des informations
collectées via le réseau SOS Chauves-souris (voir Sollicitations du public), soit par des
prospections au détecteur indiquant la présence d’une colonie à proximité des relevés.
Cette technique de recherche n’est pas toujours facile à mettre en œuvre du fait de la méfiance
des propriétaires à l’égard des naturalistes et du caractère inhabituel de leur demande, l’inquiétude
que soulève l’éventuelle présence de chauves-souris et la difficulté d’obtenir des rendez-vous.

Recherche de gîtes dans les arbres creux
Quelques arbres creux ou fissurés ont été prospectés à la recherche de chauves-souris selon la
méthode proposée par PENICAUD (2000) et PENICAUD et BOIREAU (2002). Cette technique
périlleuse est très « chronophage ». Elle n’a été pratiquée que ponctuellement, sur une trentaine

                                                                                                      11
d’arbres, essentiellement des frênes têtards de levées boisées. Le déplacement avec une échelle
dans les terrée est souvent trop problématique pour permettre une prospection rentable.

Détection ultrasonore
La détection ultrasonore consiste à utiliser les écholocations des chauves-souris comme base
d’identification. Les chiroptères disposent d’un système sonar pour se forger une image de leur
environnement et détecter leurs proies. La majorité des espèces émettent des sons
caractéristiques pouvant aboutir, dans des circonstances favorables, à l’identification.
Si la détection permet la localisation immédiate d’espèces qu’il est souvent difficile de capturer,
elle ne permet cependant pas d’identifier toutes les chauves-souris françaises au niveau
spécifique. Dans de bonnes circonstances, 18 espèces sur les 22 identifiées en Centre-Ouest
peuvent être nommées de façon fiable (tableau 2). Les autres doivent être maintenus dans des
groupes taxonomiques qui pourront être bi- ou plurispécifiques.
Cela dit, le nombre d’informations écologiques collectées au détecteur est considérablement
supérieur à ce qui est obtenu par la pose de filets (LUSTRAT, 1997). La grande mobilité de
l’opérateur permet en outre d’obtenir rapidement des informations sur l’utilisation du milieu par les
diverses espèces et ainsi de déterminer quels sont les habitats utilisés préférentiellement par les
chauves-souris (VAUGHAN et al., 1997 ; MOESCHLER et BLANT, 1990).
Deux types de sonomètres de trois modèles différents ont été systématiquement utilisés
simultanément dans le cadre de cette étude. Le Batbox III de Stags Electronics®, et le D200 de
Pettersson Elektronik®, ne permettent que la détection hétérodyne. Ils restituent un son différentiel
audible, issu de la comparaison des ondes sonores reçues avec celles générées - et ajustables -
du détecteur.
Le Pettersson D980 peut travailler en hétérodyne et en expansion de temps. Cette dernière
possibilité permet d’enregistrer le signal reçu en
digital et de le restituer en analogique ralenti 10
ou 20 fois, ce qui le rend audible. Le son
conserve donc son enveloppe et sa structure.
Son analyse devient dès lors possible.
L’identification des écholocations se base sur la
méthode auditive développée par BARATAUD
(1992, 1994, 1996 et 2002) et intègre les
dernières techniques d’identification des
espèces délicates (JOURDE et BARATAUD,
2005 ; BARATAUD, 2005 ; LIMPENS et al.,
2005 , BACH et al. 2005 par ex.).
Dans les cas les plus complexes, des
enregistrements de signaux ont été réalisés sur
un walkman professionnel analogique (Sony®
WM-D6C) et/ou d’enregistreurs minidisc
digitaux (Sony® MZ-R909 et Sony® MZ-RH1),
puis analysés     sur informatique grâce au
logiciel BatSound-Pro version 2.1, développé
par Pettersson Elektronik®.

                                        Figure 2 – Exemple d’analyse informatique des signaux
                                                              acoustiques des chauves-souris

                                                                                                  12
Tableau 2 – Possibilités d’identification et détectabilité des chiroptères du Centre-Ouest.
                                 Possibilité                   3
          Espèce                               2 Détectabilité                   Commentaire
                              d’identification
Grand Rhinolophe                   ☺                à
Rhinolophe euryale                 ☺                à
Petit Rhinolophe                   ☺                à
Grand Murin                                         ☺                   Indifférentiable du Petit Murin
Petit Murin                                         ☺                  Indifférentiable du Grand Murin
Murin à oreilles échancrées                         
Murin de Natterer                  ☺                 
Murin de Bechstein                                  
Murin à moustaches                                  
Murin d’Alcathoe                                    
Murin de Daubenton                                 ☺à
Oreillard gris                                     ☺à                Indifférentiable de l’Oreillard roux
Oreillard roux                                     ☺à                 Indifférentiable de l’Oreillard gris
Sérotine commune                   ☺                 ☺
Noctule de Leisler                 ☺                 ☺
Noctule commune                   ☺à                ☺              Confusion possible avec Grande Noctule
Grande Noctule                    ☺à                ☺             Confusion possible avec Noctule commune
Pipistrelle commune                ☺                 ☺
Pipistrelle de Kuhl                ☺                 ☺
Pipistrelle de Nathusius           ☺                 ☺
Pipistrelle pygmée                 ☺                 ☺
Barbastelle                        ☺                 ☺
Minioptère de Schreibers           ☺                 ☺
      Légende :         ☺ = bonne                = moyenne                    = Faible

Opérations de capture temporaire
Seuls les naturalistes détenteur d’une autorisation préfectorale de capture sont habilités à mettre
en œuvre cette technique d’inventaire.
Il s’agit de capturer les chauves-souris à l’aide de filets verticaux disposés transversalement à des
corridors de déplacement, voire sur des terrains de chasse, classiquement le long de lisières
boisées ou de layons sous voûte.
Les filets font l’objet d’une surveillance permanente et tout animal pris est immédiatement
démaillé. La chauve-souris est ensuite sexée, âgée, mesurée et pesée. Après identification et
éventuellement marquage temporaire (vernis à ongle comestible apposé sur la griffe d’une des
pattes), elle est relâchée dans son milieu. Le marquage coloré permet la reconnaissance
d’individus précédemment capturés dans la nuit. Il s’efface rapidement et n’est plus visible après
un à deux jours.

2
  Les possibilités d’identification acoustique des chauves-souris varient en fonction des types d’écholocation
émis. Dans certaines circonstances, plusieurs espèces de murins peuvent émettre des signaux quasi
identiques. Ils ne sont donc pas toujours identifiables.
3
  Il s’agit de la distance à laquelle une chauve-souris peut être détectée. La détectabilité varie en fonction
des espèces et des types de signaux émis. Le signal de chasse d’un oreillard, par exemple, n’est perceptible
qu’à moins d’un mètre alors que son émission de vol de croisière l’est à 15 m. Un Petit Rhinolophe n’est
détectable qu’à 3 m alors qu’une Noctule commune peut être repérée à 100 m.

                                                                                                               13
Cette technique permet d’aboutir à une
identification fiable, de déterminer le statut de
reproduction des femelles (femelle gestante,
allaitante, etc.), d’obtenir des informations sur
l’état de santé des animaux (évaluation de
l’adiposité, abondance des parasites externes),
d’attribuer à une espèce des contacts
acoustiques indéterminables (oreillards par
ex.). Elle est donc très complémentaire à la
détection ultrasonore. Malheureusement, le
rendement de cette technique est assez faible.
Le nombre de captures sur terrain de chasse
est généralement faible, la majorité des
animaux détectant la présence des filets.

                                              Figure 3 – Détermination en main d’une pipistrelle
                                                       lors d’une séance de capture temporaire.

Sollicitations du public
Le grand public est sollicité pour contribuer au programme d’inventaire par de nombreux biais :
• campagnes de presse (écrite, radiophonique et télévisée) ;
• affichettes d’informations disposées dans les lieux publics ;
• courriers d’information et de sensibilisation aux communes ;
• réseaux SOS chauves-souris ; il s’agit d’un service de conseil et d’assistance proposé au public
  pour répondre aux diverses sollicitations relatives aux chauves-souris (demande d’information,
  problèmes de nuisance ou de cohabitation, information par rapport à la protection des
  espèces…) ;
• animations organisées dans les trois départements lors de la Nuit européenne de la Chauve-
  souris.

                           ANALYSE ET TRAITEMENT DE L’INFORMATION
Toutes les données collectées par les observateurs de terrain ont été géo-référencées (soit sur le
terrain à l’aide de GPS, soit sur cartes numériques à l’aide du logiciel CartoExplorer 3.1 de Bayo®).

Les informations ont été centralisées au niveau des structures départementales et saisies dans
une base de données relationnelle développée sous le logiciel Access de Microsoft®. Après une
première vérification de leur validité, les données sont transmises à la coordination interrégionale.

Une nouvelle vérification de l’intégralité du lot de données est effectuée à ce niveau. Elle vise à
contrôler la pertinence naturaliste des données ainsi que la conformité des saisies par rapport aux
exigences demandées.

Les données définitivement validées sont finalement injectées dans un Système d’Information
Géographique (MapInfo Pro version 8.0 de MapInfo Corportion®) pour analyse et cartographie.

                                                                                                  14
ESPECES OBSERVEES DANS LE MARAIS POITEVIN ET STATUT PATRIMONIAL

La présence de 19 espèces de chauves-souris est confirmée dans le périmètre d’étude du Marais
poitevin. Ces espèces sont listées ci-dessous selon l’ordre systématique utilisé par DIETZ et al.
(2007)

Rhinolophidae
Grand Rhinolophe Rhinolophus ferrumequinum (Schreber, 1774)
Petit rhinolophe Rhinolophus hipposideros (Bechstein, 1800)
Vespertilionidae
Murin de Bechstein Myotis bechsteinii (Kuhl, 1817)
Murin de Daubenton Myotis daubentonii (Kuhl, 1817)
Murin à oreilles échancrées Myotis emarginatus (Geoffroy, 1806)
Grand murin Myotis myotis (Borkhausen, 1797)
Murin à moustaches Myotis mystacinus (Kuhl, 1817)
Murin de Natterer Myotis nattereri (Kuhl, 1817)
Noctule commune Nyctalus noctula (Schreber, 1774)
Noctule géante Nyctalus lasiopterus (Schreber, 1780)
Noctule de Leisler Nyctalus leisleri (Kuhl, 1817)
Pipistrelle commune Pipistrellus pipistrellus (Schreber, 1774)
Pipistrelle pygmée Pipistrellus pygmaeus (Leach, 1825)
Pipistrelle de Nathusius Pipistrellus nathusii (Keyserling & Blasius, 1839)
Pipistrelle de Kuhl Pipistrellus kuhlii (Kuhl, 1817)
Sérotine commune Eptesicus serotinus (Schreber, 1774)
Barbastelle Barbastella barbastellus (Schreber, 1774)
Oreillard roux Plecotus auritus (Linnaeus, 1758)
Oreillard gris Plecotus austriacus (Fischer, 1829)

Statut patrimonial des espèces observées
Le statut patrimonial est définit par l’inscription d’une espèce :
• à/aux annexe(s) de la directive Habitat-Faune-Flore (n°92/43/CEE du Conseil du 21/05/92
  concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages).
  L’annexe 2 dresse la liste des espèces animales d’intérêt communautaire dont la conservation
  nécessite la désignation de Zones Spéciales de Conservation. L’annexe 4 dresse la liste des
  espèces animales d’intérêt communautaire qui nécessitent une protection stricte.
• à la liste des espèces protégées au niveau national (arrêté du 23 avril 2007 fixant la liste des
  mammifères terrestres protégés sur l'ensemble du territoire et les modalités de leur protection) ;
• à la liste rouge mondiale des espèces menacées rédigée par l’UICN (Union Internationale
  pour      la   Conservation      de      la     Nature    -  European Mammal        Assessment :
  http://ec.europa.eu/environment/nature/conservation/species/ema/. Version téléchargée du 15
  mai 2007) ;
• à l’inventaire de la faune menacée en France (MAURIN & KEITH, 1994).

                                                                                                 15
Tableau 3 – Statut patrimonial des chauves-souris détectées en Marais poitevin
          Nom d'espèce               Nom scientifique            DHFF 2 DHFF 4 PN UICN LR
   Barbastelle                 Barbastella barbastellus            1      1     1  VU V
   Grand Murin                 Myotis myotis                       1      1     1  LC V
   Grand Rhinolophe            Rhinolophus ferrumequinum           1      1     1  NT V
   Murin à moustaches          Myotis mystacinus                   1      1     1  LC S
   Murin à oreilles échancrées Myotis emarginatus                  1      1     1  LC V
   Murin de Bechstein          Myotis bechsteinii                  1      1     1  VU V
   Murin de Daubenton          Myotis daubentonii                         1     1  LC S
   Murin de Natterer           Myotis nattereri                           1     1  LC S
   Noctule commune             Nyctalus noctula                           1     1  LC V
   Noctule de Leisler          Nyctalus leisleri                          1     1  LC V
   Noctule géante              Nyctalus lasiopterus                       1        DD   I
   Oreillard gris              Plecotus austriacus                        1     1  LC S
   Oreillard roux              Plecotus auritus                           1     1  LC S
   Petit Rhinolophe            Rhinolophus hipposideros            1      1     1  NT V
   Pipistrelle commune         Pipistrellus pipistrellus                  1     1  LC S
   Pipistrelle de Kuhl         Pipistrellus kuhlii                        1     1  LC S
   Pipistrelle de Nathusius    Pipistrellus nathusii                      1     1  LC S
   Pipistrelle pygmée          Pipistrellus pygmaeus                            1  LC
   Sérotine commune            Eptesicus serotinus                        1     1  LC S
                                                         Total :   7      18   18      18
Légende : DHFF 2 = annexe 2 de la directive Habitat-Faune-Flore ; DHFF 4 = annexe 4 ; PN = protection
nationale ; UICN = statut Liste Rouge Mondiale : NT = quasi menacé ; VU= vulnérable ; LC =
préoccupation mineure ; DD = manque de données ; LR = statut Liste Rouge Nationale ; V = vulnérable ; S =
à surveiller ; I = indéterminé

         Bâtiment privé abritant une colonie de Pipistrelle commune sous sa toiture.

                                                                                                      16
PRESSION D’OBSERVATION ET RESULTATS DES PROSPECTIONS

                                  PRESSION D’OBSERVATION
Entre 2005 et 2006, 1 383 données réparties en 1 103 localités ont été collectées sur l’ensemble
du Marais poitevin (figure 4). Les prés salés et les vasières, défavorables aux chauves-souris,
n’ont pas fait l’objet de prospections.
Quatre cent quatre vingt données concernent des observations de chauves-souris, dont 334
déterminées au niveau spécifique (figure 5).

      Figure 4 – Carte de localisation des sites prospectés (site Natura 2000 en jaune)

   Figure 5 – Localisation des données de localisation de chauves-souris (en rouge) par
          rapport aux localités prospectées (en gris) (site Natura 2000 en orange)

                                                                                             17
RECHERCHE DE GITES DANS LES OUVRAGES D’ART
Entre 2005 et 2006, 875 ponts ont été prospectés dans le Marais poitevin. Seuls 13,1 % se sont
avéré occupés par des chauves-souris (tableau 4 et figure 6).

                      Tableau 4 – Taux d’occupation des ponts du Marais poitevin.
  Statut d'occupation                    Nombre de ponts           Prospection de pont
Occupés                                       115
Favorable                                     100
Défavorable                                   466
Indéterminé                                   194
                 Total :                      875

                                          Occupés
                                            13%
        Indéterminé
            22%

                                                    Favorables
                                                       11%

                         Déf avorables
                              54%

Onze espèces ont été observées au moins une fois dans des ouvrages d’art (tableau 5). Deux
espèces sont régulières dans ce type de milieu : le Murin de Daubenton et le Murin de Natterer. Le
Murin de Daubenton a été identifié dans près de 5 % des ponts mais cette espèce représente près
de 44 % des contacts de chauves-souris dans ce milieu. Le Murin de Natterer a été déterminé
dans 1,4 % des ponts mais représente 12 % des contacts.

Il est à noter que 34,8 % des contacts n’ont pas pu être déterminés au niveau spécifique. Dans
17,4 % des cas, les observations se rapportent à des murins de petite taille et concernent
vraisemblablement des Murins de Daubenton ou de Natterer.
Ce fort pourcentage de contacts non déterminé au niveau spécifique tient au fait que les chauves-
souris se tiennent généralement profondément enfoncées dans les disjointements et sont rarement
observées dans des conditions favorables. La hauteur des voûtes, la mobilité des embarcations
sur lesquelles se tiennent les observateurs et l’inconfort de ce type de prospection accentuent
encore les difficultés de détermination.
Dans un certain nombre de cas, les observations ont été faites à l’émergence des animaux, au
crépuscule. Dans ces conditions, la reconnaissance visuelle est impossible et les détecteurs
d’ultrasons ne permettent pas d’effectuer des déterminations fiables entre les murins de petite
taille.

                                                                                               18
L’utilisation des ponts par les autres espèces s’avère plus anecdotique bien que certaines puissent
se reproduire dans ce type de milieu (oreillards, pipistrelles par ex).

            Tableau 5 – Fréquentation des ouvrages d’art par les chauves-souris
             Nom scientifique                 Nom d'espèce               Nb ponts   %
       Murin de Daubenton            Myotis daubentonii                     44    38,26
       Murin sp                      Myotis sp                              20    17,39
       Chauve-souris indéterminée Chiroptera sp                             16    13,91
       Murin de Natterer             Myotis nattererii                      12    10,43
       Sérotine commune              Eptesicus serotinus                    4      3,48
       Pipistrelle commune           Pipistrellus pipistrellus              4      3,48
       Oreillard indéterminé         Plecotus sp                            3      2,61
       Petit Rhinolophe              Rhinolophus hipposideros               3      2,61
       Pipistrelle commune           Pipistrellus pipistrellus              2      1,74
       Pipistrelle de Nathusius      Pipistrellus nathusii                  2      1,74
       Noctule de Leisler            Nyctalus leisleri                      1      0,87
       Pipistrelle de Kuhl/Nathusius Pipistrellus kuhlii/nathusii           1      0,87
       Grand Murin                   Myotis myotis                          1      0,87
       Oreillard gris                Plecotus austriacus                    1      0,87
       Pipistrelle de Kuhl           Pipistrellus kuhlii                    1      0,87
                                                                 Total :   115    100,00

Colonies de reproduction
Sept colonies de reproduction ont été découvertes lors de la prospection des ponts et la
reproduction est possible dans sept autres ouvrages occupés par des chauves-souris (figure 7).
En ne considérant que les colonies certaines, le taux de colonisation des ponts n’est que de
0,81 %.

Les colonies concernent toutes le Murin de Daubenton. Les effectifs varient entre 4 et 77 individus
avec une moyenne de 29,7 individus.

Joint de dilatation d’un pont abritant une colonie de Murin de Daubenton (noter la présence
                                  de traces d’urine noirâtre.

                                                                                                19
Figure 6 – Localisation des ponts occupés par des chauves-souris en Marais poitevin (en
                                        rouge)

 Figure 7 – Importance des colonies de reproduction trouvées dans les ouvrages d’art

                                                                                       20
RECHERCHE DE GITE DANS LES EGLISES
A l’échelle du marais, 120 églises et chapelles ont fait l’objet de recherches chiroptérologiques.
Quarante d’entre elles (33 %) sont occupées par des chauves-souris (tableau 6 et figure 8).

                  Tableau 6 – Niveau d’occupation des églises par les chauves-souris.
  Statut d'occupation               Nombre d'églises       Prospection du clocher d’une église
Occupées                                  40
Favorables                                32
Défavorables                              15
Indéterminé                               33
                 Total :                 120

       Indéterminé
           27%
                                              Occupées
                                                33%

   Défavorables
       13%

                                 Favorables
                                    27%

Huit espèces fréquentent les églises du Marais poitevin. Les plus fréquentes sont la Pipistrelle
commune, qui s’installe souvent dans les murs et les façades et la Sérotine commune qui
fréquente les toitures et les combles.

Colonies de reproduction
Seules cinq colonies de chauves-souris ont été localisées. Elles concernent :
• la Pipistrelle commune : 117 et 26 femelles ;
• la Sérotine commune : 57 femelles ;
• le Murin à moustaches : 40 animaux.

La reproduction d’animaux est possible dans six autres églises mais les observations réalisées lors
des inventaires concernent peu d’animaux alors que les gîtes de ces espèces sont généralement
populeux :
• Sérotine : 1 individu ;
• Grand Rhinolophe : 5 individus ;
• Murin indéterminé : 4, 2 et 4 individus ;
• Pipistrelle indéterminée : 5 individus.

                                                                                                21
Tableau 7 – Fréquentation des églises par les chauves-souris.
           Nom d'espèce                Nom scientifique         Nb d’églises     %
   Pipistrelle commune           Pipistrellus pipistrellus           10         25,0
   Sérotine commune              Eptesicus serotinus                  7         17,5
   Oreillard gris                Plecotus austriacus                  4         10,0
   Oreillard indéterminé         Plecotus sp                          4         10,0
   Chauve-souris indéterminée Chiroptera sp                           3          7,5
   Murin sp                      Myotis sp                            3          7,5
   Murin à moustaches            Myotis mystacinus                    3          7,5
   Pispistrelle indéterminée     Pipistrellus sp                      2          5,0
   Pipistrelle de Kuhl           Pipistrellus kuhlii                  1          2,5
   Grand Rhinolophe              Rhinolophus ferrumequinum            1          2,5
   Murin à oreilles échancrées Myotis emarginatus                     1          2,5
   Murin de Bechstein            Myotis bechsteinii                   1          2,5
                                                                     40         100,0

Figure 8 – Localisation des églises prospectées (gris) et occupées par des chauves-souris
                  (rouge et orange en fonction du statut de reproduction)

                                                                                        22
RECHERCHE DE GITE DANS LE BATI PRIVE
Cent soixante bâtiments ont été prospectés dont 107 ont permis l’observation de chauves-
souris (figure 9). Les prospections ont visé :
• des sites particulièrement favorables ;
• des sites pour lesquels la présence des chauves-souris nous a été signalée ;
• des sites visités en « porte à porte » dans des secteurs potentiellement favorables.

                Tableau 8 – Fréquentation des bâtiments par les chauves-souris
          Nom scientifique                Nom d'espèce          Nb de bâtiments    %
    Chauve-souris indéterminée Chiroptera sp                           56         52,3
    Pipistrelle indéterminée      Pipistrellus sp                      16         15,0
    Barbastelle                   Barbastella barbastellus             7           6,5
    Petit Rhinolophe              Rhinolophus hipposideros             6           5,6
    Sérotine commune              Eptesicus serotinus                  5           4,7
    Pipistrelle commune           Pipistrellus pipistrellus            4           3,7
    Grand Rhinolophe              Rhinolophus ferrumequinum            4           3,7
    Pipistrelle de Kuhl           Pipistrellus kuhlii                  2           1,9
    Oreillard gris                Plecotus austriacus                  2           1,9
    Murin sp                      Myotis sp                            2           1,9
    Murin à moustaches            Myotis mystacinus                    2           1,9
    Oreillard indéterminé         Plecotus sp                          1           0,9
                                                                      107         100,0

Douze colonies de chauves-souris ont été trouvées dans les bâtiments. Elles rassemblent 1033
individus (tableau 9). Seize gîtes complémentaires concernent de probables colonies de
reproduction mais aucune preuve formelle de mise-bas n’a pu y être obtenue.

     Tableau 9 – Effectif des colonies de reproduction certaines trouvées en bâtiments
                 Nom français              Nom scientifique              Effectif
                 Pipistrelle indéterminée Pipistrellus sp                  213
                 Pipistrelle commune       Pipistrellus pipistrellus       175
                 Pipistrelle indéterminée Pipistrellus sp                  107
                 Pipistrelle indéterminée Pipistrellus sp                  100
                 Pipistrelle indéterminée Pipistrellus sp                  80
                 Pipistrelle commune       Pipistrellus pipistrellus       74
                 Pipistrelle indéterminée Pipistrellus sp                  60
                 Barbastelle               Barbastella barbastellus        58
                 Pipistrelle commune       Pipistrellus pipistrellus       52
                 Pipistrelle indéterminée Pipistrellus sp                  46
                 Pipistrelle de Kuhl       Pipistrellus kuhlii             40
                 Sérotine commune          Eptesicus serotinus             28
                                                                 Total : 1033

                                                                                          23
Figure 9 – Bâtiments privés prospectés (gris) abritant des chauves-souris (rouge).

                         RECHERCHE DE GITES DANS LES ARBRES CREUX
Trente deux arbres ont fait l’objet de prospections. Il s’agit
pour l’essentiel de frênes têtards, inspectés dans les
environs de La Ronde (Charente-Maritime). Cette recherche
a été vaine.

Des recherches de gîtes au détecteur d’ultrasons ont permis
la découverte de treize postes de chant et gîtes
d’accouplement de Noctules de Leisler et de Pipistrelle de
Nathusius. Le résultat de ces recherche est présenté au
chapitre « Détection ultrasonore ».

                                                 Figure 10 – Exemple d’arbre creux offrant des
                                             potentialités importantes pour les chauves-souris.

                                                                                            24
DETECTION ULTRASONORE

Deux cent cinq données de présence de chauves-souris, dont 181 déterminées au niveau
spécifique, ont été obtenues en 2005 et 2007. Elles concernent des milieux divers mais la plupart
ont été collectées dans des milieux boisés (inventaire de la réserve de Nalliers, marais bocager de
Saint-Hilaire-la-Palud, Passage de La Ronde notamment).

     Tableau 10 – Nombre de données par espèce, collectées au détecteur d’ultrasons.
                 Nom d'espèce               Nom scientifique            Nb de données
       Pipistrelle commune           Pipistrellus pipistrellus                48
       Barbastelle                   Barbastella barbastellus                 25
       Sérotine commune              Eptesicus serotinus                      25
       Murin de Daubenton            Myotis daubentonii                       17
       Pipistrelle de Kuhl           Pipistrellus kuhlii                      17
       Noctule de Leisler            Nyctalus leisleri                        15
       Pipistrelle de Nathusius      Pipistrellus nathusii                    9
       Grand murin                   Myotis myotis                            6
       Murin de Natterer             Myotis nattereri                         4
       Murin à oreilles échancrées   Myotis emarginatus                       3
       Noctule commune               Nyctalus noctula                         3
       Grand Rhinolophe              Rhinolophus ferrumequinum                3
       Murin de Bechstein            Myotis bechsteinii                       1
       Pipistrelle pygmée            Pipistrellus pygmaeus                    2
       Noctule géante                Nyctalus lasiopterus                     2
       Petit rhinolophe              Rhinolophus hipposideros                 1
                                                                Total :      181
       Murin de Daubenton/Bechstein Myotis daubentonii/bechsteinii            3
       Oreillard indéterminé         Plecotus sp                              11
       Pipistrelle de Kuhl/Nathusius Pipistrellus kuhlii/nathusii             1
       Murin sp                      Myotis sp                                3
                                                                Total :       18

Deux naturalistes lors d’une
campagne de détection de
chauves-souris    dans     le
Marais poitevin.

                                                                                                25
Figure 11 – Localisation des secteurs prospectés par détection ultrasonore (points rouges).
 Un point peut une simple opération de détection où à des opérations impliquant plusieurs
                                        détecteurs.

                            OPERATIONS DE CAPTURE TEMPORAIRE

Trois séances de captures ont été effectuées permettant la prise de 17 animaux de 8 espèces.

    Tableau 11 – Bilan des trois opérations de capture menées dans le Marais poitevin.
               Nom commun                Nom scientifique         Effectif
        Barbastelle                  Barbastella barbastellus         4
        Murin de Bechstein           Myotis bechsteinii               1
        Murin de Daubenton           Myotis daubentonii               5
        Murin à oreilles échancrées Myotis emarginatus                1
        Grand Murin                  Myotis myotis                    1
        Murin de Natterer            Myotis nattereri                 2
        Oreillard roux               Plecotus auritus                 1
        Oreillard gris               Plecotus austriacus              2

                                   SOLLICITATION DU PUBLIC
La sollicitation a permis la localisation de plusieurs gîtes et maisons occupés par des chauves-
souris. Les fruits de cette source d’information sont inclus dans les chapitres relatifs aux
prospections de bâtiments ou aux détections ultrasonores.

                                                                                               26
REPARTITION ET STATUT DE CONSERVATION DES ESPECES

                                   FREQUENCE DES ESPECES

L’espèce la plus fréquemment détectée au cours de l’étude effectuée dans le Marais poitevin est le
Murin de Daubenton. Cette espèce n’est cependant présente que dans 15,4 % des localités où
des chauves-souris ont été détectées et seulement 5,7 % des localités prospectées.
La plus abondante des espèce de l’annexe II de la directive Habitats-Faune-Flore est la
Barbastelle, détectée dans 28 localités (6,9 % des sites occupés par des chauves-souris et 2,5 %
des localités prospectées).

                Tableau 12 – Nombre de localité par espèce ou groupe d’espèces.
                                                                        Fréquence Fréquence
                                                                 Nb
       Nom scientifique                  Nom d'espèce                    localités sur toutes
                                                              localités
                                                                        occupées    localités
Chiroptera sp                  Chauve-souris indéterminée        66        16,2        6,0
Myotis daubentoni              Murin de Daubenton                63        15,4        5,7
Pipistrellus pistrellus        Pipistrelle commune               54        13,2        4,9
Eptesicus serotinus            Sérotine commune                  37         9,1        3,4
Barbastella barbastellus       Barbastelle                       28         6,9        2,5
Myotis sp                      Murin indéterminé                 27         6,6        2,4
Pipistrellus kuhli             Pipistrelle de Kuhl               18         4,4        1,6
Pipistrellus sp                Pipistrelle indéterminée          16         3,9        1,5
Plecotus sp                    Oreillard indéterminé             16         3,9        1,5
Myotis nattereri               Murin de Natterer                 15         3,7        1,4
Nyctalus leisleri              Noctule de Leisler                13         3,2        1,2
Rhinolophus hipposideros       Petit Rhinolophe                  13         3,2        1,2
Pipistrellus nathusii          Pipistrelle de Nathusius           9         2,2        0,8
Plecotus austriacus            Oreillard gris                     9         2,2        0,8
Rhinolophus ferrumequinum      Grand Rhinolophe                   7         1,7        0,6
Myotis mystacinus              Murin à moustaches                 6         1,5        0,5
Myotis myotis                  Grand murin                        5         1,2        0,5
Myotis emarginatus             Murin à oreilles échancrées        4         1,0        0,4
Myotis daubentoni/bechsteini Murin de Daubenton/Bechstein         3         0,7        0,3
Nyctalus noctula               Noctule commune                    3         0,7        0,3
Myotis bechsteini              Murin de Bechstein                 2         0,5        0,2
Nyctalus lasiopterus           Noctule géante                     2         0,5        0,2
Pipistrellus pygmaeus          Pipistrelle pygmée                 2         0,5        0,2
Pipistrellus kuhli/nathusii    Pipistrelle de Kuhl/Nathusius      1         0,2        0,1
Plecotus auritus               Oreillard roux                     1         0,2        0,1

                                  REPARTITION DES CONTACTS
Les contacts chiroptérologiques par espèces sont présentés dans une série de cartes rassemblées
en annexe 1.
La répartition des espèces n’est pas homogène au sein du Marais poitevin. La plus grande
diversité s’observe aux confins des départements de la Charente-Martitime, des Deux-Sèvres et
de la Vendée (Venise Verte).
Peu d’espèces fréquentent les marais desséchés ou mis en culture.

                                                                                               27
Tableau 13 – Liste des communes où plus de quatre espèces ont été inventoriées
            Code INSEE            Commune             Nb d'espèces
               17303               La Ronde                15
               79257         Saint-Hilaire-la-Palud        13
               17182         La Grève-sur-Mignon           12
               17267            Nuaillé-d’Aunis            11
               17201               La Laigne                6
               17132             Cramchaban                 6
               17142          Dompierre-sur-Mer             6
               79010                Arçais                  5
               17315           Saint-Christophe             5
               85159                Nalliers                5
               85162           Nieul-sur-l'Autise           5

                                                                                 28
COMMENTAIRES, MENACES ET FACTEURS LIMITANTS

L’important travail de prospection mené dans le Marais poitevin permet de tirer quelques
conclusions relatives au statut de conservation local des chauves-souris.

Une bonne diversité mais des densités de chauves-souris extrêmement faibles
Avec 19 espèces contactées, la diversité chiroptérologique du Marais poitevin est bonne. Il ne fait
guère de doute que des prospections complémentaires pourraient permettre de détecter la
présence de nouvelles espèces (Murin d’Alcathoe par ex.).
Néanmoins, les densités de peuplement semblent extrêmement faibles. Les opérations de
détection des chauves-souris ont permis d’obtenir des données quantitatives permettant des
comparaisons avec d’autres sites de physionomie comparable (tableau 14).

     Tableau 14 – Comparaison du nombre de contacts de chauves-souris par heure de
     détection dans des milieux comparables sur trois zones humides du Centre-Ouest
                         Marais poitevin Marais de Rochefort Val de Charente/Seugnes
        Sources          P. Jourde (Life MP) P. Jourde (Life MR) P. Jourde (Docob Val de Charente)
 Marais desséché                 0,4                 6                          17
 Nb heures d'écoute               9                  11                         19
 Marais mouillé bocager          5,3                48,5                       128
 Nb heures d'écoute              49                  39                         19
 Boisement inondable             9,3                 32                        112
 Nb heures d'écoute              12                  17                         52
    Indice total moyen :         5,0                28,8                       85,7

Les densités de chauves-souris sont globalement extrêmement faibles relativement d’autres zones
humides de la région, quels que soient les milieux prospectés. Il s’agit même des densités les plus
faibles que nous avons enregistrés en 10 ans de détection !

Une gestion sylvicole inadaptée à la préservation des chauves-souris
Le nombre de contacts de chauves-souris obtenus dans les boisements humides est
étonnamment faible alors que la ressource alimentaire est manifestement là (abondance de
moustiques et de moucherons notamment).
En outre, paradoxalement, les espèces forestières sont peu abondantes dans ce milieu, ce qui
traduit manifestement une inadéquation des modalités de gestion forestière.
Traditionnellement les boisements inondables sont exploités en têtards bas. Les coupes
d’exploitation (recépage) se font entre 80 cm et 1,50 m de haut. Si les troncs sont épais, leur faible
hauteur rend toute éventuelle cavité accessible aux prédateurs et donc défavorable aux chauves-
souris.
Les tiges de rejets à partir de l’épaississement sommital sont exploitées régulièrement et n’offrent
aucune possibilité de gîte pour les chauves-souris (étroitesse des branches, absence
d’anfractuosité).
En conclusion, il apparaît que les boisements humides étudiés n’offrent pas la disponibilité en
gîtes indispensable au maintien de populations de chauves-souris, et notamment de
chauves-souris sylvicoles.

Des gîtes potentiels peu occupées
La prospection des églises n’a pas permis la découverte de colonies importantes de chauves-
souris de l’annexe II (Grand Rhinolophe, Grand Murin, Murin à oreilles échancrées notamment).
Cette absence tient à la fois à l’architecture locale des églises (absence de combles, de clochers
de nombreuses petites églises) mais aussi à des mesures quasi systématiques de fermeture des

                                                                                                   29
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