Document d'objectifs Natura 2000 de l'Asse Inventaires écologiques, enjeux et orientations de gestion appliqués aux chiroptères
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Master BGAE
Spécialité Ingénierie en Ecologie et Gestion de la Biodiversité
Mars-Septembre 2009
Document d’objectifs Natura 2000 de l’Asse
Inventaires écologiques, enjeux et orientations
de gestion appliqués aux chiroptères
Audrey Pichard
Sous la direction conjointe de Nicolas Borel et Benjamin Allegrini,
Naturalia
Site Agroparc, Rue Durrell –BP41223
84911 Avignon Cedex 9Remerciements Je remercie tout d’abord « mon lot d’hommes », pour m’avoir fait une petite place au bureau… Les pauvres se sentaient tellement seuls sans une fille … Individuellement, Nico, ou « l’expert fruits et légumes », mon maître de stage préféré, pour son aide précieuse et son investissement, et pour avoir essayé de me convertir à la bota l’espace de quelques jours… A Ben, « ma nounou de terrain », que je remercie pour tout ce qu’il m’apprend, pour m’avoir emmené partout, et sans qui je n’aurais jamais fait ce stage. A Eric, pour ses aides diverses, sans les citer ce serait trop long ! Et pour son soutien passager… Promis, dès mon retour je te fais un gâteau ! A Guy, le plus gentil… Merci à Mathieu, « le maitre des saucisses », pour les longues nuits de captures laborieuses. Et enfin, je remercie bien entendu « le grand chef », Olivier pour m’avoir fait confiance et permis de faire ce stage… Merci à Philippe pour toutes ses informations. A toutes les personnes qui m’ont aidé et apporté des informations lors de mes prospections de terrain ou mon travail. Merci aux quelques personnes qui ont participé à la Nuit Européenne de la chauve-souris. Merci aux P’tits rhino, seuls compatissant à notre recherche de colonies… Merci à Raphaël pour ses aimables prêts d’Anabat et sa capture exceptionnelle, entre autre… Enfin un grand merci à tous les membres du GCLR qui m’ont initié aux chauves-souris…
Lexique DOCOB : DOCument d’OBjectif FSD : Formulaire Standard de données DDEA : Direction Départementale de l’Equipement et l’Agriculture CEEP : Conservatoire-Etude des Ecosystèmes de Provence GCP : Groupe Chiroptère de Provence Espèce d’intérêt communautaire : Espèces qui, sur le territoire européen des Etats membres des Communautés européennes, sont: - soit en danger, excepté celles dont l’aire de répartition naturelle s’étend de manière marginale sur ce territoire et qui ne sont ni en danger ni vulnérables dans l’aire du paléarctique occidental ; - soit vulnérables, c’est-à-dire dont le passage dans la catégorie des espèces en danger est jugé probable dans un avenir proche en cas de persistance des facteurs qui sont cause de la menace; - soit rares, c’est-à-dire dont les populations sont de petite taille et qui, bien qu’elles ne soient pas actuellement en danger ou vulnérables, risquent de le devenir. Ces espèces sont localisées dans des aires géographiques restreintes ou éparpillées sur une plus vaste superficie; - soit endémiques du territoire considéré et requièrent une attention particulière en raison de la spécificité de leur habitat et/ou des incidences potentielles de leur exploitation sur leur état de conservation.
S OMMAIRE
I. Introduction........................................................................................................................... 1
Etat de l’art ............................................................................................................................. 1
Présentation de la structure d’accueil ..................................................................................... 2
Contexte de l’étude................................................................................................................. 3
Hypothèses et objectifs ........................................................................................................... 4
II. Matériel et méthodes ........................................................................................................... 5
II.1. Phase de préparation ....................................................................................................... 5
II.2. Gestion et concertation ................................................................................................... 5
II.2.1 Gestion d’ensemble .................................................................................................. 5
II.2.2 Le diagnostic socio-économique .............................................................................. 5
II.3. Inventaires des espèces de chiroptères ........................................................................... 6
II.3.1 Espèces cibles ........................................................................................................... 6
II.3.2 Moyens humains et calendrier .................................................................................. 7
II.3.3 Méthodes d’échantillonnage des chiroptères ............................................................ 8
II.3.4 Traitement et analyse des données ......................................................................... 10
III. Résultats ........................................................................................................................... 11
III.1. Résultats bibliographiques .......................................................................................... 11
III.2. Inventaire et cartographie des espèces de chiroptères ................................................. 11
III.2.1 Campagne de terrain : ........................................................................................... 11
III.2.2 Cas particulier du Petit rhinolophe ........................................................................ 15
III.2.3 Enquête publique .................................................................................................. 17
III.3. Gestion, concertation ................................................................................................... 17
III.3.1 Enjeux au niveau des activités humaines .............................................................. 17
III.3.2 Premiers éléments sur les enjeux hiérarchisés ...................................................... 19
IV. Discussion ......................................................................................................................... 19
IV.1. Répartition des espèces sur site ................................................................................... 16
IV.2. Biais méthodologiques ................................................................................................ 17
IV.3. Réflexion sur les objectifs de conservation ................................................................. 18
V. Conclusion .......................................................................................................................... 20Partie I Introduction
Etat de l’art
L’Europe, consciente que ce n’est qu’en intégrant la conservation de la biodiversité dans les
politiques, a pris l’initiative de développer un outil pour la préservation des espèces et des
habitats naturels : le dispositif Natura 2000. L’objectif étant d’ « enrayer la perte de la
biodiversité à l’horizon 2010 et au delà » (Com, 2006).
Natura 2000 est un réseau écologique d’espaces naturels représentatifs de la biodiversité
européenne, visant à assurer la survie à long terme des habitats les plus remarquables et des
espèces les plus menacées d'Europe. L’ambition de Natura 2000 en France étant de concilier
les activités humaines et les engagements pour la biodiversité dans une synergie faisant appel
aux principes d’un développement durable (DREAL, 2009). A terme, 20% du territoire
national devait être concerné par ce réseau.
La création de ce réseau répond à une obligation de moyens qui incombe à la Communauté
Européenne en vertu de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique adoptée
au « Sommet de la Terre » de Rio de Janeiro en 1992. Il s’appuie sur une base réglementaire
définie par deux directives, la directive «Habitats-Faune-Flore» (92/43/CEE) définissant des
Zones Spéciales de Conservation (ZSC) et la directive «Oiseaux» (79/409/CEE) définissant
des zones de protection spéciale (ZPS) de conservation des espèces d’oiseaux menacés,
vulnérables ou rares. La directive « Habitats-Faune-Flore » répertorie plus de 200 habitats
naturels, 200 espèces animales et 487 espèces végétales présentant un intérêt communautaire.
Pour chaque site Natura 2000, un COmité de PILotage (COPIL), représentatif de l’ensemble
des acteurs (collectivités, élus, associations, administrations, scientifiques…) est désigné par
arrêté préfectoral. Ce COPIL est chargé de conduire et suivre les phases d’élaboration et de
mise en œuvre du DOCument d’OBjectif (DOCOB). Pour ce faire, il désigne un président et
un opérateur chargé de la rédaction du DOCOB. Le DOCOB, fruit d’une concertation entre
les acteurs et partenaires locaux est un document de référence ayant valeur de plan de gestion
adapté au contexte Natura 2000 et précisant l’état initial de conservation des habitats et des
espèces et les objectifs de conservation du site Natura 2000. Par la suite, est désignée une
structure animatrice chargée de mettre en application le DOCOB. La France a choisi pour cela
une démarche contractuelle et volontaire. Les structures opératrices disposent de financements
européens pour réaliser les DOCOB et passer des contrats avec les acteurs locaux.
1Le territoire français compte actuellement 33 espèces de chauves-souris. Toutes ces espèces
sont protégées au titre de la directive « Habitat-Faune-Flore » (Annexe IV). Douze espèces
présentes sur le territoire français métropolitain sont considérées d’intérêt communautaire
(figurent à l’Annexe II de la directive « Habitat-Faune-Flore ») ce qui signifie que leur
présence justifie la désignation de Zones Spéciales de Conservation (Directive européenne
« Habitat-Faune-Flore », 1992).
Les chiroptères sont des mammifères dont l’écologie est très sensible et sont notamment
affectés par les bouleversements d’origine anthropique (BIOTOPE et al. 2008). A l’heure
actuelle, deux principaux types de menaces pèsent sur ces animaux : la disparition ou la
modification des gîtes et la transformation de leur domaine vital (routes de vol et terrains de
chasse) (SFEPM, 2008). Leur conservation repose donc sur la mise en place d’une politique
de protection et de gestion de leurs habitats.
Présentation de la structure d’accueil
Fondé il y a plus de 10 ans par Olivier Peyre, Naturalia est un bureau d'étude basé sur
Avignon et spécialisé en environnement et plus particulièrement sur les écosystèmes naturels
ou modifiés, leur faune et leur flore. Quatre spécialistes ayant chacun un ou plusieurs
domaines de compétences sont salariés à temps plein. Les principales activités de l’entreprise
reposent sur la conservation des milieux naturels, de la faune et de la flore qui leur sont
associées. Ainsi, Naturalia réalise :
- des inventaires d'espèces (Exemple : Synthèse bibliographique : bilan de l’état des
connaissances faunistiques de la Vallée de la Durance (84-13-04-05),
- des diagnostics et bilans écologiques et environnementaux (Exemple : Etude sur la
fragmentation de l’espace. Etude de cas en région PACA. Etude co-réaliser avec Hervé
Gomila, GCP),
- des études d'impacts (Exemple : Projet ERIDAN - Développement des capacités de
transport de gaz naturel entre St Martin de Crau (13) et St-Avit (26)),
- des évaluations d'incidences de projets ou programmes sur les sites Natura 2000
(Exemple : Evaluation des incidences du projet construction du pont de Cavaillon (84)
sur les sites Natura 2000 « Durance »),
- du conseil pour la conduite de projets (Exemple : Assistance scientifique et technique
pour l’élaboration du dossier scientifique en vue de l’élargissement de la ZPS «Plateau de
l’Arbois».)…
2Figure 1 : Carte de localistation du site de l’Asse et des sites Natura 2000 alentours.
Naturalia étudie et propose également des méthodes pour la gestion des milieux naturels
(Exemple : Réhabilitation de sites de reproduction du Pélobate cultripède dans le Nord
Vaucluse).
Contexte de l’étude
Le site de l’Asse (Figure 1) a été intégré au réseau Natura 2000 depuis le 25 janvier 2008
(DREAL PACA, 2009). Ne disposant pas d’association communale volontaire, la DDEA des
Alpes de Haute Provence (opérateur) a été choisi pour réaliser le document d’objectif
(DOCOB). N’ayant pas les compétences nécessaires pour la réalisation de l’ensemble de ce
document, un marché, soumis à appel d’offre, a été diffusé. Naturalia, bureau d’étude en
environnement, a été choisi pour en élaborer le DOCOB dans son intégrité, ce qui comprend :
- La a réalisation des diagnostics écologiques et socio-économiques,
- La définition des enjeux hiérarchisés,
- La proposition d’une stratégie de conservation.
Le budget réservé pour cette étude a été de 82624 euros TTC.
Au regard des espèces visées dans le FSD (Annexe 1), les inventaires naturalistes se
concentrent principalement sur les habitats naturels et les chiroptères, et secondairement sur
les poissons, le Castor d’Europe, l’Ecrevisse à pattes blanches et les insectes (cf Annexe 1).
Présentation du site d’étude
A l’interface entre climat méditerranéen et montagnard, le site de l’Asse se situe au cœur des
Alpes de Haute Provence. Ce département est reconnu pour sa richesse faunistique et
floristique, ce qui lui a valu la création de 27 sites Natura 2000 (entièrement ou partiellement
dans le département). Le site de « l’Asse » (FR9301533) est bordé de cinq sites Natura 2000,
il permet donc de renforcer la cohérence du réseau sur ce secteur (Figure 1). Ce site est un
Site d’Importance Communautaire (SIC), désigné au titre de la directive Habitats. Avec une
superficie de 21890 ha, le site s’étend sur le territoire de 20 communes. Il recouvre
l’ensemble de la rivière « Asse », et de ses bassins versants, depuis sa source (en amont du
Verdon) jusqu’à son embouchure avec la Durance (Figure 1).
L’Asse est une rivière encore libre de tout aménagement hydraulique ce qui favorise un
fonctionnement naturel et lui donne une configuration de lit en tresse typique des faciès
méditerranéens. Cette rivière a donc un rôle fonctionnel majeur dans le réseau hydrologique.
3L’Asse (Mézel)
La richesse de ce site est caractérisée par un nombre élevé d'habitats naturels qui accueillent
de nombreuses espèces d'intérêt communautaire, essentiellement de chauves-souris. Sept
espèces inscrites à l’annexe II de la directive « Habitat-Faune-Flore » sont répertoriées sur le
FSD (document de référence sur les espèces potentiellement présentes au regard des grands
ensembles sur le site). Les habitats de l’annexe 1 les plus représentés sont les forêts
mésophiles, les landes et garrigues, les pelouses sèches ou d’altitude et les prairies humides.
Le travail réalisé au sein de la structure d’accueil s’est situé à plusieurs échelles. La première
phase a été la mise en place d’une stratégie d’action dans la réalisation du DOCOB de l’Asse.
La seconde phase du travail a été de participer à la réalisation des inventaires des chiroptères
et des activités socio-économiques sur ce site. Enfin, l’achèvement de ces deux premières
phases a permis de soulever des axes de conservation qui seront proposés dans le DOCOB.
Hypothèses et objectifs
Cette étude vise à dresser un état initial de la présence et de la répartition des espèces, de leur
état de conservation, et des activités socio-économiques sur le site. Il en ressort que l’objectif
majeur est de définir les enjeux sur le site et les activités anthropiques potentiellement
favorables et défavorables aux espèces, en particulier à long terme, dans le but de proposer
des mesures ou des orientations de gestion appropriées.
Conformément au contexte du site et aux habitats et espèces listés dans le FSD, nous pensons
retrouver de forts enjeux au niveau des milieux forestiers et agricoles.
Dans cette étude, nous aborderons la démarche Natura 2000 au travers du DOCOB de l’Asse.
Nous verrons comment se déroule l’élaboration d’un DOCument d’OBjectif, et tenterons de
donner un exemple de gestion conservatrice à travers le cas des chauves-souris.
4Tableau I : Quantification du travail par volet d’étude
Volet d’étude Nombre de jours prévus
Cartographie des habitats Natura 2000 30
Chauves-souris 42
Poissons et Ecrevisse à pattes blanches 19
Castor d’Europe 7
Invertébrés : Lépidoptères, Odonates 9 : 6, 3
Total DOCOB 130
Figure 2 : Diagramme précisant l’intervention des personnes participant à chacune des tâches
Rédaction
DOCOB
Coordination des
Réunions inventaires écologiques : Diagnostic socio-
d’organisation N.Borel économique
Natura 2000 A.Pichard
MRE GEEM Naturalia Consultants
Inventaires Inventaires M.Faure indépendants
piscicoles entomologiques B.Allegrini Cartographie
A.Pichard des habitatsPartie II
Matériel et méthodes
II.1. Phase de préparation
Cette partie du travail est essentielle pour cibler les inventaires de terrain et faire une première
analyse du site. Un premier travail de recherche sur les espèces et habitats, la configuration du
site, ses paysages, ses activités, a été fait à l’aide des documents existants (FSD, Atlas des
paysages des Alpes de Haute Provence, DOCOB…) et d’audit de personnes.
Par la suite, un second travail de recherche internet a permis de déterminer tous les acteurs
locaux utilisant ou intervenant sur le site Natura 2000.
II.2. Gestion et concertation
II.2.1 Gestion d’ensemble
II.2.1.1 Organisation du travail :
Conformément au planning fixé par la DREAL PACA et la DDEA des Alpes de Haute
Provence, Naturalia a estimé à 22 mois de travail la réalisation de la totalité du DOCOB de
l’Asse, soit à partir du mois de mai 2008 jusqu’au mois de février 2010. Au regard des
espèces et habitats répertoriés dans le FSD, le travail a été découpé comme tel pour la
recherche bibliographique et les inventaires de terrain (Tableau I)
Naturalia s’est entouré de professionnels extérieurs ayant les compétences régionales
nécessaires pour réaliser sérieusement les inventaires faune et flore pour le DOCOB de l’Asse
(Figure 2).
II.2.1.2 Méthode de réalisation :
Les DOCOB étant des documents réglementaires, leur cadre de rédaction et de réalisation est
définie dans différents guides méthodologiques. Le CCIB (Cahier des Charges des Inventaires
Biologiques), réalisé par la DREAL PACA en concertation avec le CSRPN, donne les
orientations en termes d’inventaire et rendus cartographiques. Le « Guide pour une rédaction
synthétique des DOCOB », document établi par l’ATEN selon les nouvelles
recommandations de la DREAL PACA, oriente la conception d’un DOCOB.
II.2.2 Le diagnostic socio-économique
L’originalité du dispositif Natura 2000 français vient de sa démarche de concertation. Outre la
nécessité d’identifier les activités humaines sur le site, l’intérêt est aussi d’impliquer les
5Tableau II : Liste des acteurs impliqués dans la gestion du site Natura 2000 Asse
Domaine
Acteurs rencontrés
d’intervention
Fédérations Départementales des chasseurs et des pêcheurs,
Chambre d’Agriculture des Alpes de Haute Provence,
ONEMA,
Socio-professionnel
ONF, CRPF,
ONCFS,
Conseil Général des Alpes de Haute Provence
Direction Départementale de la Jeunesse et des Sports,
Agence de Développement Touristique,
Activités récréatives
Réserve géologique des Alpes de Haute Provenceacteurs locaux dans la protection de leur territoire. Entretiens privés, réunions publiques,
conférences, diffusion de plaquettes d’informations, ou simple discussion sont autant de
moyens de communication mis en oeuvre pour sensibiliser le public à la démarche Natura
2000.
II.2.2.1 Premier état initial :
Afin de réaliser un inventaire complet des activités sur le site, tant professionnelles que
récréatives, les maires de chaque commune ont été rencontrés individuellement dans un
premier temps. Par la suite, l’ensemble des acteurs locaux du territoire ont été rencontrés
(Tableau II).
II.2.2.2 Les ateliers thématiques :
La phase «concertation » du DOCOB prévoit des rendez-vous nommés « ateliers
thématiques », dont l’objectif est de réunir un maximum d’acteurs locaux, afin de débattre des
problématiques soulevées lors de nos rencontres individuelles. Compte tenu du contexte
géographique du site, les problématiques identifiées sur le site lors des rencontres sont
extrêmement différentes entre la partie aval, qui ne concerne que l’Asse et sa ripisylve, et la
partie amont, qui a été étendue aux bassins versants de l’Asse.
Nous avons donc choisi de fractionner les rencontres en trois thématiques:
Secteur Thématique
Aval Conservation des espèces de l’Asse aval
Aval Gestion hydraulique de l’Asse
Amont Conservation des milieux naturels par les activités de montagne (élevage, chasse,
pêche, sylviculture, loisirs…)
Ces réunions, qui seront reconduites prochainement, sont un lieu d’échange entre les
différents acteurs, dont la finalité est de nous permettre de cerner les problématiques et les
actions de gestion les plus pertinentes afin de proposer par la suite des contrats Natura 2000.
II.3. Inventaires des espèces de chiroptères
II.3.1 Espèces cibles
Le DOCOB Natura 2000 fait l’état des lieux des espèces inscrites aux annexes II et IV de la
directive Habitats. Parmi les espèces inscrites à l’annexe II de la directive « Habitat-Faune-
Flore », 7 sont signalés dans le FSD (Tableau III).
6Tableau II : Espèces cibles : inscrites à l’annexe II et listées au FSD
Population
Espèces Présence sur le site
relative (2
Barbastelle d’Europe (Barbastella barbastellus) Etape migratoire C
Murin de Bechstein (Myotis bechsteinii) Etape migratoire C
Minioptère de Schreibers (Miniopterus schreibersii) Etape migratoire C
Murin à oreilles échancrées (Myotis emarginatus) Etape migratoire C
Petit murin (Myotis blythii) Etape migratoire C
Grand murin (Myotis myotis) Etape migratoire C
Reproduction. Hivernage.
Petit rhinolophe (Rhinolophus hipposideros) C
Etape migratoire
Grand rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum) Etape migratoire C
(2)
Population relative : taille et densité de la population de l'espèce présente sur le site par rapport aux populations
présentes sur le territoire national (en %). A=site remarquable pour cette espèce (15 à 100%); B=site très important pour
cette espèce (2 à 15%); C=site important pour cette espèce (inférieur à 2%); D=espèce présente mais non significative.Les inventaires des chauves-souris se déroulent en hiver et en été. Les prospections hivernales
sont ciblées sur les cavités (grottes, tunnels, aqueducs…) et nous permettent d’identifier les
gîtes d’hivernage. Les prospections estivales sont plus conséquentes. En effet, la période
estivale étant la période d’activité des chauves-souris (période de reproduction) elle est le
moment idéal pour identifier la fréquentation du site par les différentes espèces (identification
des territoires de chasse, recherche de gîtes de reproduction…).
II.3.2 Moyens humains et calendrier
Calendrier des prospections :
Mois novembre 2008 mai 2009 juin juillet août
Jours Du 24 au 27 7,8,11 29,30 Du 1er au 31 Du 3 au 14
Contraints par un calendrier limité en temps à cause du climat montagnard (Laguet, 2008), ces
prospections estivales ont réellement débuté à partir du début du mois de juillet. Trois
personnes étaient chargées de participer à la réalisation des inventaires, dont une coordonnait
l’ensemble de ce volet d’étude.
7Forêt mésophile
Prairie humide
© B.Allegrini
Rivière Asse
De haut en bat : Barbastelle d’Europe (Barbastellus barbastella), Murin de Bechstein (Myotis bechsteinii), Petit
rhinolophe (Rhinolophus hipposideros), Grand murin (Myotis myotis), Minioptère de Schreibers (Miniopterus
schreibersii), Murin de Capaccini (Myotis capaccini).II.3.3 Méthodes d’échantillonnage des chiroptères
II.3.3.1 Recherche bibliographique :
Une première consultation bibliographique a permis d’évaluer l’état de l’existant sur le site et
ses abords. La publication « Inventaires des Chauves-souris de la Réserve naturelle de
géologie des Alpes de Haute Provence » (Noblet, 1995) et la base de données de Naturalia ont
apportés quelques éléments sur le secteur. Une consultation auprès des structures
environnementales ou naturalistes est venue compléter nos informations :
- ONF des Alpes de Haute Provence (Daniel - Philippe Favre, chiroptérologue dans le
Reboul) département
- CEEP (Lionel Quelin) - Alexandre Haquart, chiroptérologue dans le
- PNR Verdon (Dominique Chavy) Var (Biotope)
- GCP (Emmanuel Cosson)
II.3.3.2 Repérage
Dans un second temps, un premier passage hivernal au cours du mois de novembre 2008,
dans le but de répertorier les espèces et gîtes d’espèces en période d’hibernation, a permis une
lecture des habitats et du contexte écologique du site.
II.3.3.3 Communication
Avant toute prospection estivale, nous avons conduit une campagne de recherche par
affichage public incitant les résidents à nous informer de l’éventuelle présence de chauves-
souris dans leurs habitations. Cette même campagne à été insérée à la lettre d’information du
site e l’Asse (cf Annexe 7) et diffusée auprès des mairies et administrations.
II.3.3.4 Prospections estivales des Chiroptères
L’objectif des inventaires Natura 2000 est de déterminer et de situer les espèces qui utilisent
le site, que ce soit en période de reproduction ou d’hivernation. Il s’agit donc ici d’identifier
les gites et les terrains de chasse. Les techniques d’inventaires ont donc été adaptées à cette
demande (CCIB, 2007 ; Mitchell-Jones A.J. et McLeich A.P, 2004). Sachant que les
chiroptères sont des animaux à large domaine vital nous avons aussi échantillonné en
périphérie du site. Les inventaires estivaux des chauves-souris se déroulent sous forme de :
Prospections de jour :
Elles sont ciblées sur la recherche de colonies dans les gîtes en cavités, sous les ponts, tunnels
ou bâtiments. Les bâtiments ont été prospectés par commune, lorsque cela était possible
(Figure 3). Les principaux bâtiments visés sont les cabanons agricoles ou les vieilles maisons.
8Figure 3 : Carte de l’effort d’échantillonnage des prospections de jour
Nous avons aussi demandé une autorisation de visite des bâtiments communaux (églises,
écoles et autres bâtiments). Toutes les communes ayant répondu favorablement ont été
visitées (12 communes sur 20 au total), et les prospections dans les autres communes se sont
limitées aux ponts, cabanons, bâtiments privés. Au total, 217 gîtes potentiels ont été
prospectés (Figure 3). Afin de récolter de plus amples informations sur les gîtes potentiels,
nous avons interrogé les personnes vivant sur place lors des prospections.
Prospections de nuit :
Les prospections de nuit permettent de détecter les espèces fréquentant le site, de déterminer
leurs habitats de chasse et d’en estimer la fréquentation. L’analyse de la configuration
biogéographique du site a permis d’adapter l’effort et la stratégie d’échantillonnage par
grands ensembles (Tableau IV). La majorité de la zone est couverte par le milieu forestier
(35% du recouvrement total), les pelouses occupent 15% du recouvrement, les prairies 10% et
la rivière et sa ripisylve 15%. Les cultures n’occupent environ que 5% sur le site mais sont
très représentées en bordure de la partie aval. Pour chaque point d’échantillonnage, le milieu a
été identifié et relevé à l’aide de la typologie d’habitat mise au point par le Museum National
d’Histoires Naturelle dans le cadre du programme vigie-nature.
Les méthodes utilisées pour les inventaires de nuit sont :
- La capture à l’aide de filets (Figure 4, Figure 1 Annexe 3) dont l’intérêt est de confirmer
la présence des espèces sur les lieux de rassemblement (plans d’eau, corridors…). Les
chauves-souris sont des animaux protégés par la loi, qui en interdit la capture. Par conséquent,
Naturalia dispose des autorisations préfectorales nécessaires à cette pratique. L’identification
des espèces s’est faite à l’aide de la clé de détermination des chauves–souris de Dietz (2004),
document le plus récent sur ce sujet. La capture des individus en main permet d’identifier les
espèces à l’aide de critères de mesures bien spécifiques. La capture d’individus est la méthode
la plus fiable pour la détermination d’espèce et permet aussi la recherche d’indices
biologiques de l’espèce sur site (recherche d’indices de reproduction).
- L’acoustique : les chauves-souris sont des animaux qui se repèrent en émettant des ultra-
sons, l’étude de leurs cris d’écholocation est par conséquent une méthode très utilisée pour
déterminer les espèces (Barataud, 2002). Il existe différents détecteurs d’ultra-sons utilisés par
les chiroptérologues :
9Tableau IV : Tableau récapitulatif des milieux échantillonnés
Milieu Méthode acoustique Capture
forêt de feuillus 2 1
forêt de résineux 6 6
forêt mixte 1 1
prairie de fauche 4 0
ripisylve, dont lit mineur 13, dont 11 12, dont 11
milieu agricole 2 2
urbain 2 0
Figure 5 : Dessin d’un filet de capture Figure 6: Photographie d’un
détecteur Anabat SD1⇒ Le PETTERSSON D240X (Annexe 3 Figure 3), fonctionne selon deux modes :
l’hétérodynage et l’expansion de temps. L’hétérodynage transforme le signale, perçu à la
fréquence d'intensité maximum. L’expansion temporelle étire le signal dans le temps (x10), il
devient alors possible d’entendre des détails du son.
⇒ L’ANABAT SD1 (Figure 6 et Annexe 3 Figure 2). Ce détecteur enregistre les ultrasons
en un mode appelé « division de fréquence » (il transforme tout le domaine ultrasonore en
sons audibles et conserve l’amplitude du signal transformé qui est équivalente à celle du
signal ultrasonore original). Il permet d’enregistrer de manière automatisé et en continue.
Bien que ce soit un outil construit pour la détermination d’espèce, certains auteurs s’accordent
à dire que ce détecteur n’est pas adapté à ce type de mission (Fenton, 2000). Cet outil a donc
été principalement utilisé pour estimer la fréquentation sur le site et détecter les espèces dont
l’identification n’est pas compromise par ce procédé (cas des Rhinolophes). L’analyse des
signaux enregistrés se fait à posteriori sur ordinateur à l’aide du logiciel AnalookW. Pour la
détermination des signaux, plusieurs documents ont été utilisés (Haquart, 2008; Barataud,
2002).
II.3.4 Traitement et analyse des données
II.3.4.1 Cartographie des résultats
Les informations collectées sur le terrain ont été reportées sous SIG, à l’aide du logiciel
couramment utilisé pour la réalisation de cartographie professionnelle, MapInfo 8.0. Les
documents suivants ont été nécessaires pour le traitement de données : bd ign 2004, carte bd
occsol CRIJ 2006, carte du périmètre Natura 2000, carte des communes de l’Asse.
II.3.4.2 Outils de bioévaluation
Afin de déterminer l’enjeu de l’espèce sur le site, nous utilisons la méthode établie par le
CSRPN Languedoc-Roussillon de hiérarchisation des enjeux sur le site à l’aide d’une analyse
multi-critères. Elle prend en compte la situation de l’espèce au niveau régional, son statut au
niveau national et sa représentativité sur le site (cf Tableaux I à III Annexe 4).
10Figure 7: Carte des données historiques des inventaires de chauves-souris inscrites en annexe II de la directive Habitats Figure 8 : Carte de la répartition totale des espèces inscrites en annexe II de la directive Habitats
Partie III
Résultats
Cette partie illustre les résultats obtenus sur les trois aspects traités dans ce document:
synthèse bibliographique, inventaire et cartographie des espèces ainsi que la phase de
concertation.
III.1. Résultats bibliographiques
Le site d’étude a fait l’objet de très peu de publications, toutefois nous avons pu obtenir des
informations à l’aide de documents comme l’étude « Inventaire des Chauves-souris de la
Réserve naturelle de géologie des Alpes de Haute Provence » (Noblet, 1995) le DOCOB FR
9301540-« Gorges de Trevans », le DOCOB FR9301530-« Cheval Blanc », le DOCOB
FR9301589-« Durance ».
L’étude bibliographique nous a apporté peu d’informations sur le site en lui-même, mais plus
en périphérie. Notons la concentration de données au niveau du site Natura 2000 des Gorges
de Trevans (Figure 7).
III.2. Inventaire et cartographie des espèces de chiroptères
III.2.1 Campagne de terrain :
Nous avons recensé sur le site 24 espèces de chauves-souris, dont 7 inscrites à l’annexe II de
la directive Habitats et 56 contacts ont pu être dénombrés. Ci-dessous la synthèse des résultats
(la priorité étant donnée aux espèces de l’annexe II, nous ne donnerons qu’une description
rapide des espèces de l’annexe IV) :
Nom de l’espèce Statut Méthode de Répartition sur le site
détection
La Barbastelle d’Europe, bien qu’aucun gîte
n’ait été recensé, semble bien représentée sur le
site. En effet, huit contacts sur le site et en
périphérie et deux individus capturés ont été
obtenus sur le site ou à proximité en période de
capture,
Barbastelle d’Europe II, IV reproduction (Figures 8).
(Barbastella barbastellus) détection Ces informations ne nous renseignent
malheureusement que sur le passage ou les
habitats de chasse de l’espèce. Notons tout de
même que les observations se situent pour la
plupart à l’interface entre forêt et milieu
agricole (prairie ou champ cultivé) (Figure 9).
11Figure 9 : Carte de la répartition de la Barbastelle et du Petit rhinolophe Figure 10 : Carte des gîtes de Petits rhinolophes observés.
Les quelques contacts dont une capture d’un
individu laissent supposer que l’espèce est
capture,
Minioptère de Schreibers II, IV présente sur le site (Figure 8). Aucune colonie
(Miniopterus schreibersii) détection n’est identifiée à ce jour sur le site. Toutefois le
manque de cavité est un facteur limitant.
L’espèce est présente sur le site. En revanche
Murin à oreilles échancrées II, IV détection aucune colonie n’a été identifiée.
(Myotis emarginatus)
La capture d’un individu atteste que l’espèce est
capture, présente sur le site. Toutefois elle y semble rare.
Petit murin (Myotis blythii) II, IV Pourtant le site présente des habitats de chasse
détection
potentiels (prairies).
Durand la phase d’inventaires, l’espèce n’a été
contactée que deux fois. Toutefois en couplant ce
capture, résultat avec les données bibliographiques, nous
Grand murin (Myotis myotis) II, IV pouvons distinguer sur la carte une concentration
détection
des observations au centre du site (Barrême). La
présence d’une colonie peut être supposée.
Il s’agit de l’espèce phare du site, avec une
quarantaine de gîtes (hivernaux et estivaux) au
total, 556 individus recensés entre 2000 et 2008 et
219 durant l’été 2009 répartis en 33 gîtes
découverts lors des prospections. C’est l’espèce
capture, pour laquelle nous avons obtenu le plus de
données
Petit rhinolophe II, IV détection, Et la seule dont nous avons détecté la présence en
(Rhinolophus hipposideros) gîte gîte à plusieurs reprises (Figure 10).
Notons que les observations par détection (soit en
chasse), sont pour la plupart situées en milieu
agricole ou à végétation rase ou arbustive. Des
observations subsistent en milieu forestier, mais à
proximité d’un milieu ouvert telle qu’une prairie
ou un milieu à végétation clairsemée.
Le Grand Rhinolophe a été noté deux fois sur le
site et est connu en hibernation en périphérie du
Grand rhinolophe détection,
II, IV site. Aucune colonie de reproduction n’est connue
(Rhinolophus
vue sur le site. Le manque de cavités est également un
ferrumequinum)
facteur limitant sa présence sur le site (cf Bd
Cavités).
L’analyse de la bibliographie a permis de
Murin de Capaccini (Myotis
II, IV gîte mentionner une donnée d’un individu en
capaccini) périphérie du site. Aucune colonie n’a été recensée
sur le site.
Le Murin de Bechstein n’a pas été détecté sur le
Murin de Bechstein (Myotis site. L’état des populations ne peut donc pas être
II, IV Aucune estimé suite aux inventaires de terrain. Or l’espèce
bechsteinii)
figure à l’inventaire du site des Gorges de Trévans
et probablement sur le site du Cheval-Blanc.
Deux nombreux contacts ont été obtenus. C’est
Murin de Daubenton (Myotis
IV Capture, gîte une espèce commune le long des réseaux
daubentoni) hydrologiques.
Pipistrelle pygmée Détection, Cette espèce est régulièrement contactée et semble
IV commune sur le site.
(Pipistrellus pygmaeus) capture
12Quelques contacts épars sont signalés sur
Murin de Natterer (Myotis
IV capture l’ensemble du site. Cette espèce ne semble pas rare
nattereri)
Cette espèce a été détectée une fois au centre du
Murin de Brandt (Myotis IV détection site, en ripisylve. Il s’agit d’une des espèce les plus
rares de Provence.
Murin à moustaches (Myotis Il est noté en quelques points et ne semble pas rare
IV capture sur le site.
mystachinus)
Oreillard gris (Plecotus L’Oreillard gris a fait l’objet de 7 contacts
IV capture principalement en zone forestière. Des femelles en
auritus)
gestation ont été capturées.
Oreillard roux (Plecotus L’Oreillard roux n’a été que peu capturé. L’espèce
IV capture semble assez rare.
austriacus)
L’Oreillard montagnard, quant à lui, a été capturé
Oreillard montagnard
IV capture à trois reprises dans la partie amont du site, en
(Plecotus macrobularis) altitude et en zone forestière principalement.
Vespère de Savi (Hypsugo capture, Le Vespère de Savi a été contacté régulièrement
IV sur le site. C’est une espèce commune.
savii) détection
Noctule de Leisler (Nyctalus détection, La Noctule de Leisler est contactée régulièrement,
IV elle est commune sur le site.
Leisleri) capture
Noctule commune (Nyctalus L’espèce a fait l’objet de cinq contacts. Elle est
IV détection connue des SIC des Gorges du Verdon et du
noctula) Cheval blanc.
Pipistrelle de Nathusius Capture, Cette espèce a été capturé tard en saison, au
IV moment de la dispersion, et contacté a plusieurs
(Pipistrellus nathusii) détection
reprises, mais sans être abondante.
Sérotine commune L’espèce est abondante sur le site.
IV détection
(Eptesicus serotinus)
Molosse de Cestoni L’espèce a été contactée plusieurs fois sur le site,
IV détection sans y être abondante.
(Tadarida teniotis)
Pipistrelle de kuhl détection, Cette espèce est régulièrement contactée et
IV semble commune sur le site.
(Pipistrellus kuhlii) capture
Pipistrelle commune Détection, Cette espèce est régulièrement contactée et
IV semble commune sur le site.
(Pipistrellus pipistrellus) capture
III.2.2 Cas particulier du Petit rhinolophe
Lors des prospections, 164 gîtes potentiels ont été prospectés (cabanons agricoles ou
d’entrepôt, maisons habitées ou non, ruines avec une toiture, gîtes ONF, petites grottes). Sur
ces 164 lieux de prospection, 22 étaient occupés de Petits rhinolophes (Figure 11). Les plus
13Figure 11 : Typologie des gîtes de Petit rhinolophe
5%
10%
36%
15%
15%
21%gros effectifs se situent dans les cabanons (plus d’un tiers de l’ensemble des gîtes), les
anciennes maisons ou maisonnettes inhabitées ou les pièces inoccupées de maisons habitées.
III.2.3 Enquête publique
L’enquête par affichage a permis de découvrir deux gîtes à Petits Rhinolophes, l’un d’une
trentaine d’individus, l’autre d’une quinzaine, et un gite à Pipistrelles de Kuhl.
III.3. Gestion, concertation
III.3.1 Enjeux au niveau des activités humaines
Les rencontres lors du diagnostic socio-économique ont permis dans un premier temps
d’identifier les problématiques et les secteurs à enjeux potentiels. Les inventaires de terrain
viennent compléter ces premières informations. A ce jour, les problématiques identifiées sont
principalement centrées sur l’agriculture et la sylviculture.
Activité Description de l’activité
En aval :
- principalement céréalière (maïs, blé, tournesol). Les enjeux se situent donc au
niveau de l’entretien des cultures et du caractère intensif de l’activité (Figure 12).
Bien qu’apparemment l’utilisation de produits phytosanitaires ne soit pas abusive,
ces produits polluent les cours d’eau, qui nuit à l’entomofaune. De plus, de façon à
Agriculture gagner en taille de parcelle, le remembrement est souvent pratiqué.
Dans la partie amont :
- elle se concentre sur l’élevage, principalement ovin, et les milieux agricoles sont
représentés par les prairies de fauche, ou des pelouses d’altitude pâturées. Ces
milieux sont souvent de bonne qualité mais parfois sur-pâturés, entrainant une
banalisation de la flore et ainsi la raréfaction de l’entomofaune.
Avec 35% de recouvrement forestier, la sylviculture est l’activité essentielle du site.
Une grosse partie de la forêt est réservée à l’exploitation et l’essence exploitée est
principalement du Pin noir. Cependant, la place est petit à petit laissée à la
régénération des feuillus, sans pour autant en abandonner la culture du Pin noir.
Sylviculture Une prise en compte de la biodiversité se met en place dans gestion forestière. Le plan
d’action 2005-2012 prévoit donc de réserver d’importantes surfaces à l’évolution vers
le vieillissement des massifs et au renouvellement naturel. Le maintien des essences
feuillues, des clairières et des trouées de végétation sont autant d’objectifs envisagés
en faveur de la biodiversité.
Activités
La moto est une activité qui se pratique sur tous les chemins, de façon diffuse.
motorisées
14Figure 12 : Carte des zones agricoles à enjeux
Spéléologie L’absence de cavités favorables rend la pratique de la spéléologie limitée sur le site.
Cette activité n’est donc pas pratiquée sur le site.
La fréquentation touristique est modérée et ne se ressent qu’en seconde partie de la
Tourisme période estivale. Ces activités ne font donc pas l’objet d’une attention particulière dans
les enjeux.
III.3.2 Premiers éléments sur les enjeux hiérarchisés
III.3.2.1 Evaluation des enjeux :
A la suite des inventaires sur le site, nous pouvons estimer les enjeux pour la plupart des
espèces (Tableau V)
III.3.2.2 Bioévaluation de la population de Petits rhinolophes :
A l’aide du document du CSRPN LR définissant une méthode pour la hiérarchisation des
enjeux (cf Annexe 4 Bioévaluation des populations), nous attribuons une note régionale de 3 à
l’espèce. La représentativité du site par rapport à la région est d’environ 15%, soit 4 points.
En couplant cette valeur avec la note régionale, nous obtenons une note finale de 7. Ce qui
signifie que cette espèce constitue un enjeu fort sur le site.
15Tableau V : Evaluation des enjeux pour les espèces inscrites à l’Annexe II et au FSD
Etat actuel des
Enjeux sur
Espèces populations sur le Problématiques
le site
site
Aménagements Fort
Petit rhinolophe Très bon
Pratiques agro-sylvo-pastorales
Fort
Barbastelle Bon Pratiques sylvicoles
Aménagements Modéré
Petit murin Peu d’informations
Pratiques agro-pastorales
Aménagements, Modéré
Grand murin Moyen
Activités pastorales
Minioptère de Aménagements Modéré
Peu d’informations
Schreibers Démoustication
Non
Murin de Bechstein Aucune information Pratiques sylvicoles évaluable
Murin à oreilles Aménagements. Faible
Peu d’informations
échancrées Pratiques agro-sylvo-pastorales
Grand rhinolophe Aménagements.
Peu d’informations Faible
Activités pastorales
Aménagements
Murin de Capaccini Aucune information Gestion des milieux aquatiques d’eau libre Faible
DémousticationPartie IV
Discussion
IV.1. Répartition des espèces sur site
Les connaissances écologiques sur le groupe des chiroptères sont encore faibles, ce groupe
était encore peu étudié jusqu’à présent. Leur rythme d’activité, leur moyen de déplacement et
leur rapidité sont autant de facteurs qui compliquent l’échantillonnage (Tillon, 2008; Jones et
al., 2000). Ainsi, des moyens comme la capture d’individus et la détection ultrasonore ont été
développés (Ministry of Environment, Lands and Parks, Resources Inventory Branch. 1998;
Bat workers manual, 2008). Bien que l’identification sur critères morphologiques ou
acoustiques soit usuelle (Dietz, 2004; Barataud, 2002; Jones et al. 2000), des incertitudes
persistent. Toutefois, de nombreux efforts commencent à être mis en œuvre (suivi
télémétriques, suivi de colonies, développement de méthodes acoustiques…) par les
Universités, des structures associatives, des bureaux d’études… pour améliorer les études de
ce groupe.
Cette difficulté d’échantillonnage est accrue en milieu forestier (Lustrat, 1997), milieu auquel
on s’intéresse depuis peu de temps (Penicaud, 2000). L’activité des chauves-souris en forêt est
très aléatoire et dépendante de la disponibilité en proies, elle-même dépendante des conditions
climatiques, des peuplements… (Tillon, 2008). De plus, ce milieu fermé, dont les lieux de
rassemblement sont rares et difficilement accessibles (points d’eau, corridors), rend complexe
la capture mais aussi l’écoute (cf §IV.2). De même la recherche de gîtes, arboricoles et
inaccessibles (Penicaud, 2000), à chiroptères « à l’aveugle » n’est pas envisageable.
L’expertise en milieu forestier doit donc se limiter aux suivis (Tillon, 2008). Le milieu
montagnard est tout aussi complexe, soumis à de grandes fluctuations, et dont l’activité
chiroptérologique évolue très rapidement durant l’été (Barataud, 2001; Laguet, 2008). Au
regard de nos inventaires, il est donc tout à fait possible que certaines espèces soient passées
au travers de notre échantillonnage.
L’étude révèle tout de même des effectifs intéressants de Petits rhinolophes, qui utilisent le
bâtit comme gîte de reproduction, comme le signalaient Cosson et.al (2003). Le rôle des
cabanons dans la conservation de cette espèce est démontré puisqu’ils représentent plus du
tiers des gîtes utilisés par l’espèce. La Barbastelle représente aussi un fort enjeu sur le site. En
effet, au regard de la population régionale, dont le nombre de données est de 157 (GCP in
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