SOCIETE ANATOMIQUE DE PARIS

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SOCIETE ANATOMIQUE DE PARIS
SOCIETE ANATOMIQUE DE PARIS
                                                  45 rue des Saints-Pères PARIS 6ème
                                         Séance du Vendredi 18 octobre 2019
                                                             Salle Giroud
                                                              à 17heures
                                               Les communications sont de 10 minutes
                                                 suivies de 10 minutes de discussion

         1-Céline SALAUD (1,2), Cyrille DECANTE (1), Stéphane PLOTEAU (1), Antoine HAMEL (1)
                                           1)Université de Nantes, Faculté de Médecine, Laboratoire d’anatomie, Nantes
                                                    2)CHU de Nantes, Service de Neurochirurgie, 44808 Saint Herblain
 Vascularisation artèrielle de la dure-mère de la région dorso-clivale
 Dural arteries of the dorsal clival area
       Objectifs : Dans la littérature, la vascularisation artérielle de la dure-mère de la région dorso-clivale
 est très peu décrite, les descriptions sont contradictoires. Cette région est concernée par les pathologies
 tumorales et certaines malformations vasculaires. C’est pourquoi la connaissance de ces artères durales
 est très importante.
       Méthodes : Huit sujets anatomiques ont été injectés au latex coloré puis disséqués sous
 microscope.
       Résultats : La région dorso-clivale était vascularisée par trois complexes artèriels, les artères
 carotides interne (ACI) et externe (ACE) et l’artère vertébrale (AV). De l’ACI intracaverneuse
 naissaient deux artères, l’artère méningée dorsale vascularisant les deux tiers supérieurs du clivus et
 l’artère clivale médiale le dorsum sellae. De l’ACE provenaient les branches hypoglosses et jugulaires
 de l’artère pharyngienne ascendante vascularisant la partie la plus inférieure du clivus. De l’AV
 naissait l’artère méningée antérieure vascularisant la partie la plus inférieure du clivus et le bord
 anterieur du foramen magnum. De plus, il existait de nombreuses anastomoses entre ces trois artères
 dans cette région.
       Conclusion : La vascularisation de la dure-mère de la région dorso-clivale est très riche. Sa
 connaissance est importante pour les approches chirurgicales et les procédures endovasculaires.
 Mots-clés : région dorso-clivale, artère méningée dorsale, artère pharyngienne ascendante, artère
 vertébrale.

          2-Julie ROSA (1), Claire NOMINE-CRIQUI(1), Cyrille BUISSET(1), Elodie CHEVALIER(2)
                                                       Antoine FRAIX (3), Bruno LAURENT (1)
                                                        1-CHRU Nancy- Brabois, Service de Chirurgie Digestive, Nancy
                                                        2-CHRU Nancy-Brabois, Service de Médecine Nucléaire, Nancy
                                                             3-CHRU Nancy- Brabois, Service de Cardiologie, Nancy
La place du PET Choline (tomographie par émission de positions) dans la localisation des
glandes parathyroïdiennes avant chirurgie)
Interest of 18F Fluorocholine PET/CT in the location of parathyroid glands before surgery
       Objectifs : L’hyperparathyroïdie primaire est la troisième pathologie endocrinienne par ordre de
fréquence après le diabète et les pathologies thyroïdiennes. La localisation pré-opératoire est un pré
requis essentiel à l’abord mini invasif lors d’une chirurgie. Seuls les adénomes et les hyperplasies
parathyroïdiennes suffisamment volumineux peuvent être mis en évidence par les procédés actuels
d’évaluation morpho-fonctionnels de première intention à savoir l’echographie cervicale et la
scintigraphie MIBI. En cas de négativité ou de discordance, un 3ieme examen s’est progressivement
imposé : le PET scanner à la choline permettant une étude des glandes parathyroïdiennes.
       But : Etudier la sensibilité et la valeur prédictive positive (VPP) du scanner au PET choline quand
les examens de première intention sont négatifs et/ou discordants.

                      Société anatomique de Paris vendredi 18 octobre 2019
Méthodes : Inclusion consécutive de 15 patients de février 2018 à février 2019 atteints d’une
 hyperparathyroïdie primaire, confirmée biologiquement, avec un bilan d’imagerie de première intention.
 discordant ou négatif et aussi une analyse monocentrique retrospective. Les 15 patients avaient bénéficié
 d’un PET scanner à la choline et d’une chirurgie permettant de donner la localisation exacte de la glande
 pathologique (gold standard). Tous les PET choline avaient été lus par le même sénior d’imagerie
 nucléaire, les principales données étaient le recueil de la sensibilité et la valeur prédictive positive du PET
 choline sur la localisation de la glande pathologique.
        Résultats : Les 15 patients ont eu d’une échographie cervicale, une scintigraphie MIBI, un PET
 scanner à la choline et d’une chirurgie. Une sensibilité de 92,3 % et une VPP de 85,5 % ont été retrouvées
 dans cet essai. Deux faux négatifs ont été observés avec un résultat négatif malgré la présence d’une
 glande pathologique confirmée par l’anatomopathologie et un résultat erroné sur la localisation de la
 glande malade. Dans l’ensemble le PET choline a permis une localisation exacte chez treize patients sur
 15 dont trois avec un bilan d’imagerie de première intention complètement négatif et même devant une
 localisation ectopique (ici un cas d’adénome parathyroïdien retro claviculaire droit).
        Conclusion : Cette étude montre une sensibilité de 92,3 % et une VPP de 85,5%, concordant avec
 les données actuelles de la science ainsi que son rôle bénéfique lors de résultats négatifs ou discordants
 dans les imageries de premiere intentions.
 Mots clés : glande parathytoïdienne, PET, scan à la choline, hyperparathyroïdie primaire.

                                                   3-Antoine ANDARY, Alexis GUEDON, Odile PLAISANT
                                                                   Université Paris Descartes, URDIA, EA 4465, Anatomie
Le cingulum et sa visualisation 3D de Dejerine à nos jours
The cingulum bundle and its 3D display from Dejerine to nowadays
         Introduction : En 1905, les neuroanatomistes, Jules Déjerine et Augusta Déjerine –Klumpke
publient la première partie de leur livre « Anatomie des Centres Nerveux ». Cet atlas est devenu une
référence dans l’étude de la morphologie du système nerveux. C’est pourquoi un atlas basé sur les travaux
de Dejerine a été créé, en ligne, traduit et accessible à tous. Ce travail ouvre l’intégration des faisceaux
nerveux à cet atlas avec l’étude du cingulum Appartenant au système limbique, système impliqué dans les
émotions et la mémoire ce faisceau peu compris est l’un des plus complexes du système nerveux et fait
l’objet de nombreux travaux de recherches.
         Objectifs : Etudier l’histoire de la description du cingulum en se basant sur celle de Dejerine,
vérifier leur corrélation avec les données actuelles et développer une méthode permettant l’incorporation de
ces données à l’atlas de Dejerine sous forme de modélisation 3D.
         Matériel et méthodes : Nous avons consulté les livres et articles suivants. Anatomie des centres
nerveux1, Atlas of Human Brain Connections2, nous avons consulté la base de données de la bibliothèque
anatomique des Saints Pères et enfin la base de données Track Vis pour la visualisation du cingulum.
         Résultats : Les Dejerine décrivaient le cingulum comme un faisceau arqué à direction sagittale, à
la face interne de l’hémisphère, qui formait et reliait la circonvolution du corps calleux et la circonvolution
de l’hippocampe et qui unissait le lobe limbique à d’autres lobes. Ce dernier était constitué de fibres
d’association reliant entre eux des zones corticales et sous corticales voisines au cingulum. La dissection
virtuelle in vivo chez l’homme grâce à la tractographie du tenseur de diffusion a permis de développer les
études anatomiques du cingulum. Cependant les résultats des études portant sur la fonction du cingulum
posaient un paradoxe. En effet si de nombreuses fonctions semblaient aujourd’hui être associées au
cingulum, des atteintes de ce dernier avaient peu de répercussions sur les sujets en question. A l’époque de
Déjerine, les fonctions du cingulum étaient trés peu connues, la qualité du travail et des techniques
histologiques utilisées par cet auteur offrait une description anatomique des faisceaux : le cingulum était
considéré comme une référence en neuro-anatomie.
 Conclusion : Ce travail doit être mis en relation avec l’atlas numérique de Déjerine qui dispose d’une
modélisation du cerveau. Si les faisceaux ne sont pas encore incorporés à cette modélisation, une
visualisation du cingulum a été réalisée grâce au logiciel Track Vis. Ce travail complète l’atlas de
Déjerine avec l’ajout de ces faisceaux.
Mots-clés :cingulum, Dejerine, anatomie 3D
Références
1)Dejerine J. Anatomie des centres nerveux, Paris : Masson, 1980
2)Catani M. : Atlas of neural Brain Connections, Oxford : University Press, 2012

                            Société anatomique de Paris vendredi 18 octobre 2019
4-Nicolas MALMEJAT, Vincent DELMAS, Richard DOUARD, Jean-Marc CHEVALLIER
                                                                   Université Paris Descartes, URDIA, EA 4465, Anatomie
Photogrammétrie sur région sterno-cléido-mastoïdienne
Photogrammetry on sterno-cleido-mastoid région
        Introduction : La photogrammétrie est une technique qui permet de réaliser une reconstruction 3D,
copie exacte de la réalité et ceci en utilisant le parallaxe (angle entre deux axes optiques visant le même
point). Il s’agit du même procédé utilisé pour réaliser des plans topographiques grâce à la
« photogrammétrie aérienne » née dans les années 30. Cette méthode, se révélant prometteuse fut utilisée
dans divers domaines comme celui de la médecine.
        Objectifs : Réaliser la photogrammétrie de la région sterno-cléido-mastoïdienne afin de pouvoir
montrer les avantages ainsi que les inconvénients de cette méthode utilisée à des fins pédagogiques en
médecine.
        Matériels et méthodes : La dissection a été réalisée sur un sujet anatomique de sexe féminin, âgée
de 88 ans, en suivant les directives données parHenri Rouvière. Aucune cicatrice visible ne laissait présager
une éventuelle intervention chirurgicale qui aurait pu modifier l’anatomie normale. Différents instruments
furent utilisés pour la dissection : un bistouri, un porte aiguille, du fil pour recoudre, des ciseaux, des
pinces, des écarteurs de Farabeuf ainsi que d’un champ opératoire. Les photos ont été réalisées grâce à un
appareil photo Panasonic Lumix DMC-FZ200 possédant un capteur CMOS « haute sensibilité » de 12
Mpx. La modélisation a été effectuée à l’aide du logiciel Recap Photo (anciennement Remake Pro) proposé
par Autodesk. Les dessins ont été réalisés grâce à un stylo noir Uni-ball et des feutres de la marque
Promarker.
        Résultats : Les photos prises pendant la dissection ont permis de créer trois modélisations
représentant chacune le plan superficiel, moyen et profond ainsi que trois dessins correspondants.
        Conclusion : La photogrammétrie représente une opportunité dans le processus pédagogique des
études de médecine. Elle permet, en l’état actuel, de travailler l’anatomie sur un support en trois
dimensions sans temps de préparation. Cependant, elle n’égale pas les dissections dans certains domaines.
Mots-clés : photogrammétrie, 3D, dissection, région sterno-cléido-mastoïdienne, dessin.
Références
Rouvière H, Précis d’anatomie et de dissection, Paris : Masson, 1974

                                                                         5- Antoine CHRETIEN, Jean-François UHL
                                                                        Université Paris Descartes, URDIA, EA 4465, Anatomie
 Modélisation 3D vectorielle des muscles de la face et de l’ensemble œsophage, estomac, duodenum
 à partir de coupes anatomiques de Korean Visible Human (KVH)
 3D modeling of face’s muscles and esophagus, stomach duodenum (Korean visible human)
        Introduction : La visualisation dans les trois plans de l’espace est primordial en anatomie. C’est
 pourquoi des projets de création d’atlas 3D du corps humain se sont lancés. Ce travail est réalisé à partir
 de la base de données des Coréens : le Korean Visible Human.
        Objectifs : Réaliser une reconstruction 3D des muscles de la face de l’ensemble œsophage,
 estomac, duodénum de l’homme à partir des coupes anatomique du « Korean Visible Human » dans un
 but pédagogique de recherche.
        Matériel et méthodes : les coupes anatomiques d’un homme agé de 33 ans décédé ayant fait don de
 son corps, ont été réalisées en 2010 après une IRM et un scanner. Des coupes de 0,2 mm d’épaisseur ont
 été réalisées sur le corps congelé grâce à une scie spéciale (cryomacrome). Concernant la modélisation
 des muscles de la face, seules les coupes numérotées de 220 à 1260 (soit1040 coupes) ont été utilisées.
 Celles pour la modélisation de l’ensemble œsophage, estomac duodenum étaient numérotées de 1450
 à    3440 (soit 1990 coupes). Une segmentation par contourage manuel de chaque élément
 anatomique a été effectuée à l’aide du logiciel Winsdsurf version 3.5 sur un PC portable fonctionnant
 sous windows 7 muni d’une Ram de 1 Giga octet.
       Résultats : Ce travail a permis de modéliser l’ensemble œsophage, estomac, duodenum et de
 nombreux muscles de la face : cutanés des paupières et des sourcils, du nez, des lèvres (superficiel et

                            Société anatomique de Paris vendredi 18 octobre 2019
profond). En revanche, certains n’ont pas pu être représentés car ils n’étaient pas clairement identifiables
 sur les coupes. La revue de la littérature montrait que l’utilisation de ces techniques virtuelles ne
 permettaient pas aux étudiants d’obtenir de meilleurs notes à leurs examens. Cependant ils comprenaient
 l’importance de la connaissance tridimensionnelle des structures et étaient satisfaits de l’utilisation de ces
 outils.
         Conclusion : Ce travail participe à la réalisation d’un outil pédagogique pour l’étude de l’anatomie.
 Il peut aussi servir d’atlas 3D à des fins d’entrainement et de simulation pour des gestes thérapeutiques.
 Mots-clés : muscle face, œsophage, duodenum, korean visible human, modélisation

             6-Lucas RABAUX(1), Sylvie BEAUDOIN (1), Laureline BERTELOOT(2), Aline BROCH(1)
                                               Sabine SARKANI (1) Nazhia KHEN DUNLOP (1)
                             1)Hôpital Necker Enfants Malades, Service de Chirurgie infantile viscérale et urologique, Paris
                                              2) Hôpital Necker Enfants Malades, Service de radiologie pédiatrique, Paris
Malformations pulmonaires macrokystiques et scissures accessoires
Congenital cystic malformations of the lung and accessory fissures
         Objectifs : Chez les patients atteints de malformations macrokystique du poumon la résection
chirurgicale est recommandée entre 6 et 18 mois. La technique chirurgicale utilisée est plus ou moins
économe en parenchyme, depuis la résection atypique, enlevant uniquement la lésion visible
macroscopiquement, à la lobectomie, emportant tout le lobe de la malformation. Le choix entre ces deux
techniques est débattu. Du fait de constatations d’anomalies de scissures lors des chirurgies de ces
malformations, nous évaluons l’anatomie lobaire.
         Méthodes : Cette étude de cohorte rétrospective monocentrique portait sur les patients pris en
charge pour une malformation macrokystique du poumon d’avril 2011 à février 2019. Un scanner
préopératoire à visée étiologique permettant de localiser la lésion dans le parenchyme pulmonaire était
réalisée dans tous les cas. La répartition des scissures était analysée pour chacun d’entre eux à partir de
cette imagerie.
         Résultats : Trente trois patients étaient inclus. L’âge médian à la réalisation du scanner
préopératoire était de 5 mois (0.03-45 mois). L’âge médian à la chirurgie était de 13 mois (0.1-47 mois). 23
scanners ont été réalisés avec injection et 10 sans injection. Au total 15 patients (45 %) avaient des
scissures pulmonaires et 7 patients (22%) avaient des scissures modales. Pour 11 patients (33%) les
scissures n’avaient pas pu être identifiées avec fiabilité.
         Conclusion : Dans cette étude, des scissures accessoires sont retrouvées dans près de la moitié des
cas alors que celle-ci sont rapportées dans 10 à 40 % chez la population générale. Bien identifiées, elles
remettent en cause la stratégie d’exérèse de ces malformations, toujours vers une optimisation de l’épargne
tissulaire et une limitation du risque de lésion résiduelle. L’acquisition des images avec des scanners basses
doses chez le jeune enfant reste une limite importante pour cette évaluation.
Mots- clés : malformations adénomatoïdes kystiques pulmonaires, scissures accessoires, tomodensitometrie

                                                                                            7-Jean-Marie LE MINOR
                               Institut d'Anatomie / UMR CNRS 7357 ICube, Faculté de Médecine, Université de Strasbourg
                                                                                et Hôpitaux universitaires de Strasbourg
Anatomie et botanique. À l'occasion du 400e anniversaire de la création du Jardin botanique de
Strasbourg (1619-2019)
Anatomy and botany. On the occasion of fourth centenary of the foundation of the botanical garden in
Strasbourg [Alsace, France] (1619-2019)
       Parmi les premiers jardins botaniques figurèrent ceux créés en Italie au seizième siècle, à Padoue
(1545) [site classé au patrimoine mondial de l'UNESCO comme le plus ancien jardin botanique encore
existant], à Pise et Florence (1545), et à Bologne (1568). Dès l'origine, la plupart de ces jardins eurent des
relations étroites avec les institutions universitaires, la première chaire de botanique paraissant celle de
Padoue créée en 1533. Les grandes villes commerçantes de l'Europe du Nord organisèrent progressivement
les leurs, avec parmi les plus célèbres ceux de Hambourg (1540), Zurich (1560), Cassel (1567), Vienne et
Berlin (1573), Gœttingen (1576), Leipzig (1580), Kœnisberg (1581), Jena (1586), Breslau (1587), Bâle
(1589), Leyde (1590), et Heidelberg (1593). Pour le royaume de France, le premier jardin botanique fut

                        Société anatomique de Paris vendredi 18 octobre 2019
celui de Montpellier (1593). Des liens privilégiés entre anatomie et botanique sont anciens comme le
démontre, par exemple, l'octroi par le roi Henri IV à Pierre Richer de Belleval (v.1564-1632) d'une
« régence » avec pour mission d’enseigner à Montpellier « l’anatomie en tems d’hiver et l’explication des
simples et plantes, tant estrangères que domestiques, le printemps et l’ésté », fonctions de professorat se
traduisant dans le blason du nouveau professeur où figurent une jacinthe et un fémur croisés. Par la suite,
les créations se poursuivirent avec notamment Copenhague (1600) et Giessen (1609).
       Dans ce contexte, un jardin botanique [Hortus medicus] fut créé à Strasbourg en 1619. Depuis le
treizième siècle Strasbourg était une ville libre d'Empire [Freie Reichstadt], relevant du Saint-Empire
romain germanique, passée au protestantisme lors de la Réforme ; la langue pratiquée était donc l'allemand
(ce n'est qu'en 1681 que la ville sera rattachée à la France par Louis XIV). Une Académie y avait été
instituée en 1566, habilitée à délivrer le baccalauréat et la licence (pour le doctorat, il fallait s'inscrire dans
une Université, les plus proches étant alors celles de Heidelberg et de Bâle). L'enseignement de la médecine
était assuré par deux professeurs titulaires, l'un de médecine théorique [Theoricus], et l'autre de médecine
pratique [Practicus]. Les statuts académiques prévoyaient que : « Ces deux professeurs doivent
alternativement ou selon leur convenance et le bon vouloir de la Faculté, professer, toujours à côté de leurs
cours sus-indiqués, la botanique et l’anatomie. À cette fin, ils pourront s’adjoindre des gens compétents
surtout dans les exercices anatomiques » [art. 3 des Statuts], et encore : « Tous les deux en hiver, si
l’occasion se présente, donneront une démonstration publique d’anatomie dans l’amphithéâtre destiné à cet
usage... et en été, si on leur demande, ils expliqueront les plantes d’une utilité journalière, et les simples
employés en pharmacie » [art. 5]. En réalité, le professeur de médecine pratique était plus particulièrement
chargé de l'anatomie et de la botanique. Le nouveau jardin botanique, créé par le Magistrat de la ville
principalement dans l’esprit d’un usage pédagogique, fut installé dans le quartier de la Krutenau, sur une
parcelle de terrain cédée par le couvent Saint-Nicolas-aux-Ondes (emplacement identique jusqu'en 1870, et
correspondant à celui de l'actuelle École des arts décoratifs).
       Johann Rudolph Salzmann (1574–1656) fut nommé premier directeur du jardin botanique de
Strasbourg en 1619. Il avait commencé ses études à l'Académie de Strasbourg et les avait poursuivi à
l'Université de Heidelberg, puis principalement de Bâle, en particulier auprès de Felix Platter (1536–1614)
et de Caspar Bauhin (1550–1624), professeurs de renommée internationale. J.R. Salzmann avait soutenu sa
thèse de doctorat en médecine à Bâle en 1597 sur l'hydropisie [De hydrope]. Après son doctorat, un voyage
académique – tradition à l'époque – l'avait mené à travers l'Europe : en France à Paris, Montpellier, et
Salon-de-Provence, en Italie à Padoue, Bologne, Rome, et Venise, et enfin un retour par Vienne et Ulm. En
1611, il avait été nommé professeur de médecine à l'Académie de Strasbourg et, de plus, médecin-
physicien de la ville. Il fut le premier enseignant à développer réellement l'anatomie et les dissections. J.R.
Salzmann connaissant la plupart des grands jardins botaniques d'Europe eut un rôle essentiel dans la
création de celui de Strasbourg. Son effort porta tout particulièrement sur la constitution de collections de
plantes médicales et il insista sur l'intérêt d'une collection botanique et d'une classification systématique
pour la connaissance de types nombreux et variés. Deux ans plus tard – en 1621 – l'Académie de
Strasbourg était transformée en Université avec les quatre Facultés traditionnelles (théologie, philosophie,
droit, et médecine), pouvait dès lors délivrer le grade de docteur.
       Le jardin botanique strasbourgeois connut un développement remarquable et rapide, puisqu'en 1623
déjà, l'illustre Bauhin – dont J.R. Salzmann avait été l'élève à Bâle – dédiait son ouvrage majeur de
botanique “ΠΙΝΑΞ theatri botanici” [grec πιναξ /pinax : catalogue] à Adam Zorn von Plobsheim (1559-
1623), « préteur » et scholarque de la nouvelle Université de Strasbourg. Caspar Bauhin, nommé professeur
d'anatomie et de botanique à Bâle en 1588, avait fondé le jardin botanique de cette ville en 1589, et avait
publié, en 1605, un manuel d'anatomie “Theatrum anatomicum”, qui connu un immense succès avec de
nombreuses rééditions (son nom est longtemps resté attaché à la valvule iléocæcale, dite de Bauhin).
Bauhin décrivait, dans la préface de son ouvrage, le jardin de Strasbourg comme « splendissime »
[“Accedit & illud non minimum, quod prudenti consilio, Medicæ Facultatis commodo summo juvandi
studio, Hortum Medicum splendissimum instruxisse vos audiverim...”], et, dans la liste des contributeurs
ayant donné des plantes ou des graines [“Nomina eorum qui plantas vel semina communicarunt”], citait
J.R. Salzmann [“Poliater & Medic. professor Argentinæ”, “Argentina” étant l'une des dénominations
latines de Strasbourg].
       Les liens entre l'anatomie et la botanique apparaissent donc comme une tradition européenne
ancienne. Au Jardin royal des plantes médicinales ou « Jardin du Roy » créé en 1640 à Paris (futur Muséum
national d'histoire naturelle) fut ainsi également instituée une chaire d'anatomie. À Strasbourg, lors de la

                         Société anatomique de Paris vendredi 18 octobre 2019
création d'une troisième chaire à la Faculté de médecine, dévolue à l'anatomie, celle-ci resta officiellement
couplée à la botanique. En 1708, elle devint chaire d'anatomie et de chirurgie, la botanique étant désormais
rattachée à la chaire de matière médicale, mais dans d'autres Universités cette séparation fut bien plus
tardive, jusqu'au milieu du dix-neuvième siècle. Si ce lien entre les deux disciplines peut s'expliquer pour
de simples raisons d'organisation des enseignements pratiques au fil des saisons – l'anatomie en hiver et la
botanique en été – un lien plus profond, scientifique et biologique, existe aussi, c'est l' « anatomie des deux
Règnes » (Règne végétal et Règne animal) comme l'indiquera plus tard, par exemple, le sous-titre des
“Annales des Sciences d'Observation” de Saigey et Raspail (1829). Les travaux de Henri-Marie Ducrotay
de Blainville (1777-1850) démontrèrent, en particulier, ces liens essentiels entre les deux règnes, entre
l'anatomie humaine et comparée et la botanique : « En outre du principe de finalité, si anciennement et si
légitimement accrédité, qui domine tous les faits de l'anatomie comparée la plus générale, il est de la plus
haute importance de recourir actuellement au principe posé par M. de Blainville dans la science de
l'organisation des animaux. Ce principe logique, que nous croyons être rationnellement applicable à la
science générale des corps organisés, nous semble devoir être formulé ainsi dans son application à
l'anatomie des deux règnes : ‘Forme extérieure traduisant le fond des organismes et les conditions
extérieures de leur existence’. La science est redevable à M. de Blainville d'avoir posé et démontré toute
l'importance du grand principe de la forme qui se lie si intimement à celui de la finalité » [Dictionnaire des
sciences naturelles, Suppl. t. 1, Paris-Strasbourg, 1840, p. 197]. Nommé professeur titulaire de la chaire
d'anatomie et de zoologie de la Faculté des sciences de Paris en 1812, Blainville devint, en 1832, titulaire
de la prestigieuse chaire d'anatomie comparée du Muséum d'histoire naturelle, succédant à Georges Cuvier
(1769-1832).
Mots-clés : histoire de l'anatomie, histoire de la botanique, sciences morphologiques, sciences
d'observation, patrimoine scientifique.
Références :
1 - Rioux JA. Le Jardin des plantes de Montpellier. Quatre siècles d'histoire. Graulhet, Odyssée éd., 1994.
2 - Gagnieu A. La botanique universitaire en Alsace, au jardin, au laboratoire, dans Les sciences en Alsace 1538-1988.
Strasbourg, Oberlin éd., 1989, p. 239-257.
3 - Hennick J. Le jardin botanique de Strasbourg et ses directeurs aux XVIIe et XVIIIe siècles. Thèse doct. méd.
Strasbourg, 1990.
4 - Le Minor JM. Les sciences morphologiques médicales à Strasbourg du XVe au XXe siècle. Strasbourg, Presses
universitaires de Strasbourg éd., 2002.
5 - Laget PL. Le développement paradoxal de l'anatomie et de la chimie dans un sanctuaire de la botanique : le Jardin
royal des plantes médicinales. In Situ. Revue des patrimoines. 2017; 31.

                          Société anatomique de Paris vendredi 18 octobre 2019
AGENDA ANATOMIQUE

                     La Société anatomique tient ses séances
              Le 4eme vendredi du mois (hors vacances universitaires)

Jeudi 17 et vendredi 18 octobre 2019          Planches Collège d’Anatomie, Saint-Pères
Vendredi 18 octobre 2019                      Société anatomique de Paris
Jeudi 27 et vendredi 28 novembre 2019         Planches Collège d’Anatomie, Saint-Pères
Vendredi 29 novembre 2019                     Société anatomique de Paris

Jeudi 23 et vendredi 24 janvier 2020          Planches Collège d’Anatomie, Saint-Pères
Vendredi 24 janvier 2020                      Société anatomique de Paris

Jeudi 24 et vendredi 28 février 2020          Planches Collège d’Anatomie, Saint-Pères
Vendredi 28 février 2020                      Société anatomique de Paris

Jeudi 12 au samedi 14 mars 2020               102 iéme Congrés de l’Association des Morphologistes
                                              Faculté de Médecine de Grenoble
                                              https : //www.alphavisa.com/histo-morpho/2020

Jeudi 23 et vendredi 24 avril 2020            Planches Collège d’Anatomie, Saint-Pères
Vendredi 24 avril 2020                        Société anatomique de Paris

Jeudi 27 et vendredi 28 mai 2020              Planches Collège d’Anatomie, Saint-Pères
Vendredi 28 mai 2020                          Société anatomique de Paris

Jeudi 25 et vendredi 26 juin 2020             Planches Collège d’Anatomie, Saint-Pères
Vendredi 26 juin 2020                         Société anatomique de Paris

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