AIDE-MÉMOIRE EN CAS D'HOSPITALISATION, DE RÉPIT OU D'HÉBERGEMENT

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AIDE-MÉMOIRE EN CAS D'HOSPITALISATION, DE RÉPIT OU D'HÉBERGEMENT
Centre intégré de santé et de services sociaux de Chaudière-Appalaches

                                                                          AIDE-MÉMOIRE EN CAS
                                                                          D’HOSPITALISATION, DE
                                                                          RÉPIT OU D’HÉBERGEMENT

                                                                         Présenté par :
                                                                         Josée Pelletier, infirmière clinicienne
                                                                         Véronique Pichette, ergothérapeute

                                                                         Direction du Programme DI-TSA et DP, CRDP
                                                                         de Charny, Programme neurotraumatisme,
                                                                         équipe des blessés médullaires

                                                                         26 octobre 2018
AIDE-MÉMOIRE EN CAS D'HOSPITALISATION, DE RÉPIT OU D'HÉBERGEMENT
MISE EN CONTEXTE ET OBJECTIFS VISÉS

     Vise à informer le personnel médical des recommandations spécifiques d’un
      usager tétraplégique, voir même paraplégique dans certains cas, pour :
      • Éviter les complications médicales graves possibles
      • Assurer l’intégrité physique et le bien-être

     Manque de connaissances et de formation dans le réseau de la santé de la
      clientèle blessée médullaire

     Remis à l’usager à la fin de la réadaptation ou en cas d’hospitalisation, de
      répit ou d’hébergement

     Se veut réassurant pour l’usager et ses proches
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PRINCIPAUX SUJETS ABORDÉS

       Positionnement au lit
       Prévention des plaies
       Transferts
       Mobilisations passives
       Alimentation
       Soins urologiques
       Soins intestinaux
       Soins respiratoires
       Hypotension orthostatiques
       Suivis médicaux

3
EXEMPLE
                                         Aide-mémoire en cas d’hospitalisation
                                                     Monsieur X

         Le présent document vise à informer le personnel médical des recommandations spécifiques à monsieur X qui est
         atteint d’une blessure médullaire ASIA C C3. Ces recommandations permettront d’assurer son intégrité physique et
         son bien-être.

         Positionnement au lit :

             •   Voir les photos et les explications en pièce jointe.

         Prévention des plaies :

             •   Utiliser une surface préventive haut de gamme (ex. : V4 avec insertion de ROHO au siège et aux talons);
             •   Éviter de placer la tête de lit > 30° d’inclinaison;
             •   Réaliser des changements de position aux 3 h durant la nuit;
             •   Effectuer des relâchements de pression au FMO avec la bascule motorisée au moins deux minutes toutes
                 les heures;
             •   Vérifier régulièrement l’ajustement du coussin ROHO et le gonfler au besoin;
             •   Une plaie, un ongle incarné, une brûlure ou un coup de soleil peuvent entraîner de la dysréflexie autonome
                 (voir le document en pièce jointe).

         Transfert au fauteuil roulant motorisé (FMO) :

             1. Vérifier que le contrôle au genou gauche est escamoté (se fait avec la petite flèche rouge).

             2. Retirer l’appui-tête et basculer le FMO au maximum :
                    • Pour basculer le FMO, ouvrir le panneau de contrôle du FMO et utiliser la flèche du bas.

             3. Au lit, installer la toile en position semi-assise (tête de lit à ~70°) :
                    • Avancer le dos;
                    • Placer le centre de la toile sur la colonne vertébrale et descendre la bande inférieure jusqu’au haut
                          des fesses;
                    • Faire glisser les cuissardes de la toile le long de chaque cuisse en tirant sur le bord inférieur de la toile;
                    • Reculer le dos;
                    • Soulever une jambe pour dégager une des cuisses et permettre le passage de la toile sous la
                          cuisse. À deux, ça va toujours mieux : une personne lève une cuisse et l’autre glisse la toile en
                          dessous;
                    • Croiser les sangles l’une dans l’autre.
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             4. Abaisser la tête de lit à ~ 30°.
EXEMPLE

            5. Faire le transfert avec : Les sangles jaunes aux épaules;
                                         Les sangles noires aux jambes.

            6. Remettre le FMO à 0° de bascule, soit bien droit :
                  • Utiliser la flèche du haut sur le panneau de contrôle du FMO.

            7. Retirer la toile. Comme pour l’installation, à deux ça va toujours mieux : Une personne soulève une jambe
               et l’autre retire la cuissarde de la toile sous la cuisse. Avancer le dos pour que la toile soit complètement
               retirée.

            8. Attacher les ceintures : La ceinture aux cuisses;
                                        La ceinture au tronc (doit être du côté noir).

            9. Installer la table en plexiglass pour bien supporter les bras. Placer la main droite sur le pommeau (ouvrir la
               main autour du pommeau).

            10. Placer le panneau de contrôle à gauche de la table en plexiglass, le plus central possible.

            11. Replacer le contrôle au genou gauche.

        Transfert au lit :

            1. Positionner le FMO à 0° de bascule, soit bien droit :
                  • Pour ce faire, ouvrir le panneau de contrôle du FMO et utiliser la flèche du haut.

            2. Escamoter le contrôle au genou gauche (se fait avec la petite flèche rouge).

            3. Tourner le panneau de contrôle vers la droite.

            4. Retirer la table en plexiglass.

            5. Détacher les ceintures : La ceinture aux cuisses;
                                        La ceinture au tronc.

            6. Installer la toile :
                   • Avancer le dos;
                   • Placer le centre de la toile sur la colonne vertébrale et descendre la bande inférieure jusqu’au haut
                         des fesses;
                   • Faire glisser les cuissardes de la toile le long de chaque cuisse en tirant sur le bord inférieur de la toile;
                   • Reculer le dos;
                   • Soulever une jambe pour dégager une des cuisses et permettre le passage de la toile sous la
                         cuisse. À deux, ça va toujours mieux : une personne lève une cuisse et l’autre glisse la toile en
5                        dessous;
                   • Croiser les sangles l’une dans l’autre.
EXEMPLE

             7. Lever la tête de lit à ~ 30°.

             8. Faire le transfert avec : Les sangles jaunes aux épaules;
                                          Les sangles noires aux jambes.

             9. Retirer la toile. Comme pour l’installation, à deux ça va toujours mieux.

         Mobilisations passives :

         Afin de prévenir les risques de contractures et maintenir les amplitudes articulaires actuelles aux membres
         supérieurs et inférieurs, il est important de les mobiliser passivement, trois à quatre fois par semaine, en évitant les
         zones d’abutement aux épaules (abduction combinée avec la rotation interne de l’épaule).

         Alimentation :

         En raison du niveau de sa blessure médullaire, monsieur est à risque d’étouffement. Ainsi, afin de réduire le risque
         d’aspiration, il est recommandé :

             •   D’alimenter monsieur au FMO, si possible, en s’assurant qu’il ne soit pas basculé vers l’arrière. Sinon,
                 s’assurer que sa tête de lit soit au moins à 45°;
             •   D’avoir un rythme d’alimentation sécuritaire (pas trop rapide).

         En respectant ces principes, monsieur est jugé sécuritaire à toutes textures et consistances.

         Soins urologiques :

         Le port d’une sonde urinaire est nécessaire en lien avec une vessie neurogène. Toutefois, cela augmente le risque
         d’infections urinaires, de calculs vésicaux et d’atrophie de la vessie à long terme. Il arrive qu’une infection
         chronique s’installe sans manifester de symptômes aigus. Dans ce cas, aucun traitement n’est prescrit à moins
         d’exacerbation des symptômes. En voici la liste :

             •   Signes de dysréflexie autonome (voir le document en pièce jointe);
             •   Urine brouillée et nauséabonde pouvant contenir des résidus ou traces de sang;
             •   Fièvre, frissons et tremblements sans cause apparente;
             •   Sentiment d’inconfort et de fatigue générale;
             •   Céphalée;
             •   Spasticité accrue;
             •   Nausées, vomissements, perte d’appétit;
             •   Transpiration abondante.

         La sonde est à changer au mois. Le prochain changement de sonde est prévu le _______________________.

         Une infection urinaire ou un globe vésical peuvent entrainer de la dysréflexie autonome chez monsieur (voir
         document en pièce jointe).
6
EXEMPLE

         Soins intestinaux :

         Les soins intestinaux doivent être faits en lien avec des intestins neurogènes. Il serait important de respecter
         l’horaire de soins déjà établi au CHSLD pour aider à maintenir la continence sociale, un temps raisonnable pour les
         soins et éviter les problèmes de santé sur le plan intestinal (constipation, fécalome…).

         La constipation, un fécalome, un ulcère ou une appendicite peuvent entraîner de la dysréflexie autonome (voir le
         document en pièce jointe).
         Horaire des soins : Lundi, mercredi et vendredi (L-M-V)
                             Heure : 8 h 30
                             Suppositoire + stimulations anales (voir le document en pièce jointe)

         Soins respiratoires :

         Syndrome restrictif respiratoire : L’atteinte des muscles de la respiration entraîne une diminution de la capacité
         pulmonaire et des habilités à tousser. Les sécrétions sont dures à expulser et les risques d’étouffements avec
         celles-ci sont présents.

         Les soins respiratoires sont essentiels pour diminuer les risques de complications respiratoires :

             •   Cough assist 3 fois/semaine (Lun-Mer-Ven), avec poussées abdominales, avant le déjeuner et au besoin si
                 sécrétions. Se référer à l’inhalothérapeute pour évaluer la pertinence du transfert du cough assist lors d’une
                 hospitalisation et pour plus de précisions quant aux soins à offrir;
             •   Air stacking + inspiron QID (6 h 30-11 h-16 h-20 h);
             •   Si présence de sécrétions importantes : Toux + air staking + poussées abdominales.

         Hypotension orthostatique :

         Port de bas anti-embolique durant le jour.

         Suivis médicaux :

                     Spécialités                                 Noms                                     Lieu
          Pneumologie
          Physiatrie
          Urologie
          Médecin omnipraticien

         ________________________                 ________________________                  ________________________
         Josée Pelletier                          Véronique Pichette
         Infirmière clinicienne                   Ergothérapeute                            Physiothérapeute
         Tél. : 418 380-2064 poste 6061           Tél. : 418 380-2064 poste 6150            Tél. : 418 380-2064 poste

7        p.j. Photos et explications pour le positionnement au lit
              Document sur la dysréflexie autonome
              Document sur les éléments importants dans la rééducation intestinale (technique de soins intestinaux)
8
9
Éléments importants dans la rééducation intestinale

     Il est important de planifier un moment et une fréquence. Planifier un moment fixe et
     respecter l’horaire. Il est très important de s’habituer à une routine pour le bon
     fonctionnement des soins intestinaux.

     Comment faire les soins intestinaux :

        1. Prendre un repas et/ou liquide chaud puis attendre de 5 à 30 minutes (stimule
           le réflexe gastrocolique et duodénal);
        2. Vider la vessie;
        3. Positionner pour les soins intestinaux (assis ou couché sur le côté gauche);
        4. Vérifier la présence de selle dans l’ampoule rectale et les extraire doucement.
           Important pour le bon fonctionnement du suppositoire;
        5. Insérer le suppositoire avec lubrifiant (avant, mettre un peu le suppositoire
           dans l’eau chaude pour accélérer l’effet). Utiliser un lubrifiant à base d’eau
           (pas de vaséline);
        6. Attendre de 5 à 30 minutes;
        7. Procéder à une première stimulation anale (insérer le doigt vers le coccyx,
           garder le contact et stimuler, pas plus d’une minute en continu);
        8. Répéter les stimulations anales aux 5 à 10 minutes jusqu’à ce que les selles
           soient passées;
        9. Signes pour reconnaître que les soins intestinaux sont terminés :
               Pas de selle après deux stimulations espacées de 10 minutes,
               Présence de mucus sans selle,
               Le rectum est complètement fermé autour du doigt qui stimule.

     Il est important de se rendre jusqu’à cette étape, sinon il est possible que des pertes
     surviennent plus tard dans la journée ou les autres jours.
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     Autres trucs : massage abdominal pendant la stimulation; respiration profonde.
RÉSULTATS OBSERVÉS

      Moins de complications médicales et de problèmes de santé

      Facilite les communications avec l’équipe de soins

      Satisfaction de l’usager et de ses proches qui sentent que leurs besoins
       sont davantage considérés

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PÉRIODE DE QUESTIONS

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