Déchets Chiffres-clés - Ademe
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ADEME
20, avenue du Grésillé
BP 90406 | 49004 Angers Cedex 01
Étude réalisée par In Numeri :
Laurence Haeusler, Juliette Talpin, Mathieu Hestin
Coordination technique :
Christian Mathery, ADEME - Direction Économie circulaire
et Déchets, Service Mobilisation et Valorisation des Déchets
Suivi d’édition :
Agnès Heyberger-Paroisse, ADEME - Direction Mobilisation pour
la Transition écologique, Service Mobilisation des Professionnels
Crédits photo : ADEME - Depositphotos
Création graphique :
Welko Communication
Brochure réf. 010690
EAN numérique : 9791029712128
Dépôt légal : ©ADEME Éditions, mars 2019
Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consen-
tement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite selon le Code
de la propriété intellectuelle (Art L 122-4) et constitue une contrefaçon réprimée
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sous réserve, toutefois, du respect des dispositions des articles L 122-10 à L 122-12
du même Code, relatives à la reproduction par reprographie.
PAGE 2 Déchets chiffres-clés - L’essentiel 2018Sommaire
Les chiffres-clés Déchets font peau neuve !........... 4 3 – Les déchets de construction ......... 21
Temps forts 2017-2018............................................. 5 3.1 – Les déchets de construction à la loupe ......21
Les flux de déchets en un coup d’œil..................... 7
3.2 – Une meilleure valorisation dans les travaux
publics par rapport au bâtiment ..................22
1 – Les déchets municipaux ...................... 8 3.3 – Mieux trier sur les chantiers ...........................22
1.1 – Les déchets municipaux à la loupe ................8
1.2 – Le meilleur déchet est celui 4 – Les déchets : un gisement
qu’on ne produit pas ! .......................................9 de matériaux et d’énergie .............. 23
1.3 – Les actions soutenues par l’ADEME 4.1 – Le recyclage, au cœur
pour la prévention des déchets ménagers ...9 de l’économie circulaire .................................23
1.4 – Sans collecte séparée, pas de recyclage ! ...11 4.2 – Le recyclage, une source de matière
première indispensable à l’industrie
1.5 – Les installations de traitement ......................13 française ............................................................25
1.6 – Combien ça coûte ? .........................................14 4.3 – De nombreux bénéfices
environnementaux ..........................................26
2 – Les déchets des activités 4.4 – Hausse de la valorisation
économiques, hors BTP ..................... 16 des déchets organiques .................................27
2.1 – Les déchets des activités économiques 4.5 – Une économie de 1,6 milliard de litres
à la loupe ...........................................................16 de fioul grâce à l’énergie des déchets .........27
2.2 – Où vont les déchets des entreprises ? .........18 4.6 – Une fiscalité incitative pour réduire
l’enfouissement et l’incinération .................28
2.3 – Moins de déchets et mieux valorisés,
c’est gagner en compétitivité ! ......................18 4.7 – Plus de valorisation énergétique
avec les CSR .....................................................28
2.4 – Entreprises, administrations :
tous responsables, tous exemplaires ! ........19 Conclusion .............................................................. 29
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Déchets chiffres-clés - L’essentiel 2018 PAGE 3Revenir au sommaire
Les chiffres-clés Déchets
font peau neuve !
Depuis 2005, la brochure
Déchets chiffres-clés Cet ouvrage destiné Une ambition renforcée
principalement aux acteurs
publiée par l’ADEME, réunit de la filière constitue une
pour l’économie
circulaire en 2018
l’ensemble des statistiques référence statistique sur
les déchets. La publication Déchets chiffres - clés-
du secteur des déchets L’essentiel 2018, intervient dans un
L’ADEME souhaite s’adresser
et de certains volets également à une cible plus large par
contexte de forte évolution du cadre
réglementaire européen et national.
de l’économie circulaire. le biais de ce document synthétique,
Déchets chiffres-clés - L’essentiel, Le paquet économie circulaire
qui sera désormais disponible européen adopté le 22 mai 2018
annuellement. Cette synthèse marque une nouvelle ambition pour
rappelle les faits marquants et le recyclage et la valorisation, avec
analyse les évolutions récentes des objectifs européens renforcés :
dans le domaine des déchets et
55
de l’économie circulaire. Après
une présentation de la prévention % des déchets
municipaux
et de la production des déchets recyclés en 2025
(« Qui produit quoi ? »), elle montre
comment les déchets participent à la
production de matière et d’énergie, 60 % en 2030 & 65 % en 2035
et les marges de progression de
65
cette valorisation.
des emballages
% recyclés
d’ici 2025,
et 70 % d’ici 2030
10 % maximum de
déchets municipaux
mis en décharge
d’ici 2035
Baisse de des biodéchets
50 % en 2030 par une
réduction du
gaspillage
alimentaire.
À l’échelle française, en phase avec
les objectifs européens, la feuille
1
https://www.ecologique-solidaire. de route économie circulaire dite
gouv.fr/sites/default/files/ « FREC », présentée le 23 avril 2018
Feuille-de-route-Economie- par le Gouvernement, a renforcé le
circulaire-50-mesures-pour- cadre législatif national en proposant
economie-100-circulaire.pdf 50 mesures 1.
PAGE 4 Déchets chiffres-clés - L’essentiel 2018Revenir au sommaire
Temps forts
2017
2018
Feuille de route économie circulaire
Événement phare de l’année 2018, la nos consommations, en réduisant
feuille de route économie circulaire les matières premières utilisées (éco-
(FREC) présente 50 mesures, décidées conception, prévention, limitation du
après plusieurs mois de concertation, gaspillage) et en optimisant la valorisation
pour passer d’un modèle économique des déchets.
linéaire « fabriquer, consommer, jeter » Quelques orientations majeures de
à un modèle circulaire qui ambitionne cette feuille de route sont présentées en
de limiter au maximum l’impact de page suivante.
Déchets chiffres-clés - L’essentiel 2018 PAGE 5Revenir au sommaire
Temps forts
2017-2018
Simplifier le tri
des déchets ménagers
> Extension des consignes de tri pour la
collecte des emballages recyclables,
avec l’acceptation de tous les
emballages en plastique dans le bac
jaune d’ici 2022.
> Présence du logo Triman sur tous les
produits soumis à une consigne de tri
et destinés aux ménages en 2021.
> Expérimentation d’une « collecte
innovante et solidaire » pour les
bouteilles en plastique et les canettes,
en complément du bac jaune
accompagnée d’un soutien reversé à
‘‘
une association à vocation sociale ou
environnementale.
Orienter l’acte d’achat
vers des produits plus Fin des couverts jetables
robustes ou réparables en plastique en 2020
Rendre le recyclage
> Utiliser le levier de la garantie légale plus compétitif que La loi de Transition énergétique pour la
pour favoriser l’éco-conception croissance verte d’août 2015 prévoit, à
des produits.
la mise en décharge
‘‘ partir du 1er janvier 2020, l’interdiction des
gobelets, verres et assiettes jetables en
> Créer un affichage simple sur la
plastique. La loi Alimentation adoptée le
possibilité ou non de réparer un
30 octobre 2018 ajoute à la liste les pailles,
produit.
couverts, piques à steak, couvercles à
> Généraliser la mise en place de critères Développer les filières verres jetables, plateaux-repas, pots à
de modulation sur l’écocontribution glace, bâtonnets mélangeurs… À partir
à responsabilité élargie de juillet 2021, les produits vendus à
versée par les fabricants aux éco-
organismes pour stimuler l’éco-
des producteurs (REP) emporter devront être contenus dans
conception et l’incorporation de des matériaux recyclables.
> De nouvelles filières REP en préparation :
matières recyclées. À compter de 2025, les cantines scolaires
emballages commerciaux et industriels,
> Déployer l’affichage environnemental jouets, articles de sport et de loisir, de et universitaires, et les établissements
volontaire des produits et services dans bricolage et de jardin, filière des déchets d’accueil d’enfants de moins de 6 ans
cinq secteurs pilotes (ameublement, de pêche. ne pourront plus réchauffer les plats
textiles, hôtels, produits électroniques dans des contenants en plastique
> Étude d’un dispositif financier d’ici 2019 (2028 dans les communes de moins de
et produits alimentaires).
pour inciter au retour des téléphones 2 000 habitants).
portables usagés.
Rendre le recyclage
plus compétitif que > Étude d’un dispositif de type filière Interdiction des cosmétiques
REP pour la reprise des déchets du à microbilles en plastique
la mise en décharge bâtiment. (loi Biodiversité)
> Hausse de la taxe générale sur les activités
polluantes (TGAP) pour les décharges Le 1er janvier 2018, est entrée en vigueur
et incinérateurs à l’horizon 2021. la mesure de la loi pour la reconquête
de la biodiversité, de la nature et des
> Baisse de la TVA sur le recyclage.
paysages (août 2016) visant à interdire les
> Soutien aux collectivités engagées cosmétiques contenant des microbilles
dans la tarification incitative. en plastique.
Le 1er janvier 2020, l’interdiction portera
sur les cotons-tiges avec bâtonnets en
plastique.
PAGE 6 Déchets chiffres-clés - L’essentiel 2018Revenir au sommaire
Les flux de déchets
en un coup d’œil
En 2016, nous avons produit Les déchets, une ressource
4,6 tonnes de déchets par habitant pour l’industrie française
Le recyclage approvisionne :
Ménages Entreprises Construction
66 %
de l’industrie
papetière
50 %
de la
sidérurgie
(Déchets ménagers (hors construction)
et assimilés / DMA)
568 700 3400
kg kg kg
58 6
% %
- 0,3 % en 10 ans - 8 % en 10 ans + 2 % en 10 ans
de l’industrie de la
du verre plasturgie
Élimination Mais aussi
29 %
17
- 15 % en 10 ans millions de tonnes
QUE de matières premières
évitées
DEVIENNENT
Recyclage/ -ILS ?
20
remblayage millions de tonnes
Valorisation
65 % énergétique de CO2, évitées
par le recyclage
+ 13 % en 10 ans 6%
11
+ 59 % en 10 ans
millions de barils
de pétrole évités par la
valorisation énergétique
Sources : Eurostat – Production
108 000
de déchets des entreprises
emplois
2006 à 2016 ;
directs
ADEME – Enquête Collecte 2015 ;
ADEME – Bilan du recyclage
2005-2014 ;
SDES – Les éco-activités
et l’emploi environnemental
en 2016
Déchets chiffres-clés - L’essentiel 2018 PAGE 7Revenir au sommaire
1 Les déchets
municipaux
1.1 – Les déchets municipaux à la loupe
Les collectivités ont collecté
en 2015 l’équivalent Les déchets municipaux sont les Les collectivités collectent également
de 568 kg/habitant dont : déchets collectés par ou pour les 55 kg par habitant et par an de
514
collectivités. Ils comprennent : déblais et gravats, portant le total à
kg/hab. 568 kg par habitant et par an.
> les déchets des ménages, y
compris les encombrants ; Parmi les déchets gérés par
de déchets municipaux (DM) les collectivités, environ 78 %
> les déchets produits par les petites proviennent des ménages et 22 %
hors déblais et gravats
entreprises (ou administrations) et
(- 4,6 % en 10 ans), sont produits par des entreprises ou
parmi lesquels : collectés en même temps que les organismes publics.
déchets des ménages (déchets dits
« assimilés ») ;
437
kg/hab. > les déchets des communes
(entretien des espaces verts,
nettoyage de la voirie, déchets des
pour les ménages seuls
(- 3,3 % en 10 ans) marchés).
Qu’y a-t-il dans nos poubelles ?
Les ménages ont produit Nos poubelles, celle de la collecte > 50 % de matériaux recyclables
9 % séparée (généralement jaune) et celle dont 33 % de déchets d’emballages
des déchets en mélange (généralement (70 % des déchets d’emballages
grise), contiennent (chiffres 2007) : sont collectés dans la poubelle
de l’ensemble des jaune ou les conteneurs à verre,
déchets français > un tiers de déchets organiques 30 % restent dans la poubelle grise).
(principalement alimentaires) ;
s
t
l
a
r
t
.
4
a Chiffres-clés
Source : ADEME – enquête collecte
. Figure 1
5 Source : ADEME – MODECOM® 2007
s
e
. PAGE 8 Déchets chiffres-clés - L’essentiel 2018Revenir au sommaire
1.2 – Le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas !
La prévention constitue
une priorité des stratégies
européenne et française
sur l’économie circulaire.
Dans la continuité des
politiques engagées
depuis le début des
années 2000, la France
s’est fixé un nouvel
objectif de réduction
de 10 % des déchets
ménagers et assimilés
entre 2010 et 2020.
Des résultats encourageants 1.3 – Les actions soutenues par l’ADEME
Depuis 2007, la production de déchets
pour la prévention des déchets ménagers
municipaux par habitant (hors déblais et
gravats) est en baisse régulière. Elle est Un potentiel de réduction qui reste considérable
passée de 543 kg par habitant à 511 kg De nombreuses actions permettent de et par an le poids de nos poubelles !
par habitant entre 2007 et 2016, soit une réduire considérablement nos quantités Sans compter la possibilité pour nos
baisse de 6 %. Ce recul a été favorisé par de déchets. Par exemple, un simple jardins, espaces verts et maraîchage de
une stagnation de la consommation des composteur (ou lombricomposteur) profiter du compost produit !
ménages de 2007 à 2014. Néanmoins, la permet de réduire de 160 kg par habitant
tendance se maintient à la baisse, alors que
la consommation est à nouveau en hausse.
Figure 3. Classement des actions en fonction du gisement
d’évitement exprimées en kg par habitant et par an
Gestion domestique des biodéchets 161,5
Produits peu générateurs de déchets 78
Compostage partagé biodéchets 74,9
Consigne verre 28
Réemploi et réutilisation du mobilier 26
Réemploi et réutilisation des DEEE 20,4
Figure 2
Sources : ADEME d’après Stop pub 13,6
Couches lavables 9,4
INSEE – Évolution du PIB et de
Réemploi et réutilisation des TLC 9,2
ses composantes, population
Eurostat – Déchets municipaux Eau du robinet 2,9
Vente en vrac 2,4
Sacs à usage unique 1,3
Figure 3
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180
Source : ADEME – Étude
d’évaluation des gisements
d’évitement, des potentiels de
réduction de déchets et des
impacts environnementaux
évités, janvier 2016
Déchets chiffres-clés - L’essentiel 2018 PAGE 9Revenir au sommaire
Réutiliser plutôt que jeter
Réutiliser plutôt que jeter, le réflexe
commence à s’installer, comme en
témoignent les quelque 100 millions de
biens échangés en 2017 sur les sites et
plateformes en ligne.
Le volume de biens réemployés ou
réutilisés 2 est passé de 780 000 à
1 million de tonnes entre 2014 et 2017
(+ 28 %).
Le secteur est en plein développement
puisqu’il compte désormais 6 700 structures
(hors sites Internet et petites annonces)
qui emploient 34 000 ETP 3 dont 21 000 qui
relèvent de l’économie sociale et solidaire.
La réparation pour allonger la durée de vie des produits
En 2015, les ménages ont consacré dépenses par habitant diminuent depuis le
35,2 milliards d’euros de dépenses de début des années 2000. La loi de Transition
consommation à la réparation et à énergétique pour la croissance verte du
l’entretien de leurs biens, soit 530 € par 18 août 2015 inscrit la réparation parmi
habitant (- 9 % par rapport à 1990). Après les priorités des actions de prévention de
avoir augmenté dans les années 1990, ces production de déchets.
Alimentation : un gâchis de 150 kg par habitant
Chaque année, 10 millions de tonnes Tous les maillons de la filière sont concernés
de produits alimentaires sont perdues puisque 33 % de ces tonnages sont perdus
ou gaspillées, soit 18 % des tonnages lors de la phase de consommation,
alimentaires. Le gaspillage alimentaire 32 % lors de la production, 21 % lors de la
coûte 16 milliards d’euros par an et génère transformation et 14 % lors de la distribution.
15,3 millions de tonnes de CO2 inutiles, soit
2
Réutilisation : déchet converti 3 % des émissions nationales. La France s’est engagée à réduire de
en matériel réutilisable, éventuellement moitié le gaspillage alimentaire d’ici 2025
hors son usage initial (Pacte national de lutte contre le gaspillage
Réemploi : usage d’un bien dans sa alimentaire).
fonction initiale, sans passer par
le stade de déchet.
3
Équivalent temps plein.
Figure 4
Source : ADEME – Panorama
de la deuxième vie des produits
en France, novembre 2017
Figure 5
Source : ADEME – Pertes et gaspillages
alimentaires : l’état des lieux et leur
gestion par étapes de la chaîne
alimentaire, mai 2016
PAGE 10 Déchets chiffres-clés - L’essentiel 2018Revenir au sommaire
Les programmes locaux
de prévention des déchets :
FOCUS
communication et action
Dans les territoires, 400 programmes L’ADEME agit pour la prévention des déchets
locaux de prévention des déchets (PLP)
volontaires ont été mis en œuvre entre Voici quelques exemples d’actions conduites par l’ADEME pour réduire la
2010 et 2015 avec le soutien de l’ADEME production de déchets à la source :
(deux Français sur trois étaient concernés).
Depuis 2015, ces programmes sont devenus > réalisation de monographies des > évaluation de 10 dispositifs de
obligatoires. Ils déclinent les priorités et les PLP volontaires pour en dégager les réemploi-réutilisation d’emballages
actions nationales au niveau local, et ont principaux facteurs de réussite ; ménagers en verre. Sous certaines
contribué au recul des quantités de déchets conditions, ces dispositifs ont
> accompagnement de 567 écoles et un impact moins important sur
municipaux ces dernières années.
451 collèges dans des diagnostics et l’environnement et un coût plus
Les PLP sensibilisent les publics à la actions de lutte contre le gaspillage avantageux sur l’ensemble du
prévention des déchets par les actions alimentaire (opération « 1000 écoles cycle de vie que les systèmes avec
de communication, les ambassadeurs et collèges » entre 2016 et 2018). Les emballage en verre à usage unique.
de prévention et l’éco-exemplarité des actions mises en place ont permis
collectivités. Parmi les actions qui ont connu de réduire le gaspillage de 20 % ;
un fort développement, citons la gestion
de proximité des biodéchets, la lutte contre
le gaspillage alimentaire et le recours aux
couches lavables.
1.4 – Sans collecte séparée, pas de recyclage !
Les PLP les plus performants sont ceux qui
associent des actions de gestion des déchets
aux actions de prévention : réduction de
Comment sont collectés nos déchets ?
la fréquence de collecte, changements de Les collectes séparées se font en porte-à-
bacs, instauration d’une redevance spéciale porte, dans des points d’apport volontaire
261
pour les entreprises, permettant des taux de
réduction de déchets de plus de 15 % !
ou en déchèteries.
kg/hab.
En 2015, si l’on ne tient pas compte des
gravats :
51 104
des déchets
% sont collectés kg/hab.
en mélange dans
la poubelle grise.
20 149
% sont collectés kg/hab.
triés par les
ménages
en porte-à-porte dans
7 % la poubelle jaune ou verte
& Malgré des progrès réguliers, les marges de
progression pour la gestion des déchets
dans des bacs
13 % en apport volontaire restent importantes. Une amélioration du
tri pourrait permettre la collecte de tous les
matériaux recyclables. La collecte séparée
29 % des déchets organiques permet de les
sont apportés
valoriser par compostage ou méthanisation.
Focus en déchèterie
Source : ADEME – Analyse de
10 dispositifs de réemploi-
réutilisation d’emballages
ménagers en verre, octobre 2018
Déchets chiffres-clés - L’essentiel 2018 PAGE 11Revenir au sommaire
Figure 6. Évolution des quantités de déchets municipaux collectés
45
Des déchets davantage triés 37,7 37,8 38,5 37,7 37,9
40
36,1
En dix ans, entre 2005 et 2015, la collecte 35
des déchets municipaux a gagné en
Milliers de tonnes
9,4 Déchèteries (+ 44 %) 13,5
séparation à la source : les déchets en 30
mélange ont reculé de 15 % en tonnage et 25
de 20 % en kg par habitant.
20
Dans le même temps, les tonnages triés 15 Collecte d’ordures ménagères résiduelles (- 15 %) 17,4
20,5
par les ménages ont augmenté de 19 % et
les tonnages envoyés en déchèteries (hors 10
gravats) de 44 %. 5
4,3 Collecte séparée de matériaux secs et verre (+ 19 %) 5,1
0 2 Collecte séparée d’encombrants et de déchets verts (- 7 %) 1,9
2005 2007 2009 2011 2013 2015
Que fait-on du contenu de nos poubelles ?
Simplifier le tri pour
> Les poubelles grises (ordures Actuellement, pour la poubelle grise, il n’y a doubler les quantités
ménagères résiduelles / OMR) : pas de solution de recyclage pour tous les
de plastiques recyclés
62 % vont en valorisation énergétique, déchets, notamment pour les emballages
29 % en décharge, 7 % en compostage qui s’y trouvent encore. Seulement 24 % L’extension des consignes de tri à tous les
ou méthanisation. des déchets municipaux sont orientés en emballages en plastique, pots de yaourt,
recyclage. Pour atteindre un recyclage films, etc. est un levier important pour
> La collecte séparée : 77 % sont maximal de nos déchets, il est fondamental
envoyés en centre de tri ou recyclage, simplifier le tri et augmenter ainsi les
d’améliorer les collectes séparées. quantités d’emballages collectées. Cette
17 % en valorisation organique.
démarche concerne aujourd’hui un quart de
> Les déchèteries : 29 % vont en la population française et sera généralisée
compostage, 34 % en recyclage ou d’ici 2022 à tout le territoire. Les retours
réemploi, 30 % en décharge et 7 % en d’expérience montrent que, si elle est bien
valorisation énergétique. accompagnée, l’extension des consignes de
tri augmente les quantités triées pour tous
les matériaux, y compris ceux qui étaient
déjà triés auparavant.
Ce nouveau gisement offre alors des
perspectives d’augmentation des taux de
recyclage. L’extension des consignes de
tri pourrait ainsi permettre de doubler les
tonnages de plastique recyclé d’ici 2030.
Collecte séparée
des biodéchets
Au 1er janvier 2016, 125 collectivités en
France réalisent une collecte séparée
des biodéchets pour les ménages et/ou
les professionnels, 3,3 millions d’habitants
sont concernés. L’objectif est de valoriser la
matière organique en énergie et fertilisant
par traitement biologique, et de limiter de
fait les tonnages de déchets résiduels.
Figures 6 & 7
Source : ADEME – Enquêtes Collecte La loi de Transition énergétique pour la
croissance verte prévoit la généralisation du
tri et de la collecte séparée des biodéchets à
tout le territoire à l’horizon 2025.
PAGE 12 Déchets chiffres-clés - L’essentiel 2018Revenir au sommaire
1.5 – Les installations de traitement
Figure 8. Évolution des tonnages traités dans les installations
de traitement des déchets municipaux
En 2016, 28 % des 25
déchets reçus dans les
21,7
installations de traitement 20,8
20,2
21,4
20 18,7
pour déchets municipaux 17,2
sont encore dirigés Millions de tonnes
16,5
14,5
vers les centres de 15 14,0
13,4
stockage. Toutefois, cette 12,3 13,1 12,6 13,0 13,2 13,7 13,3
11,3
proportion est en baisse
régulière et se situe pour 10
9,7
10,4
11,1
8,3
la première fois sous la 6,3 6,4 7,2
5,2 7,7
part des déchets destinés 5
4,9
7,2
8,1
6,2
à l’incinération (31 %). 3,8 4,0 4,6 5,1 5,3
0,5 0,6 0,8
0,1 0,2 0,2 0,1 0,2 0,9
0
2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012 2014 2016(p)
Évolution depuis 2000 / Évolution depuis 2010
Déchets stockés (- 39 % / - 23 %)
Déchets compostés (+ 103 % / + 23 %)
Déchets incinérés (+ 24 % / + 6 %)
Déchets méthanisés (x 8 / + 100 %)
Déchets triés (+ 126 % / + 34 %)
Les déchets municipaux sont accueillis Le graphique ci-dessus représente les - 39 % entre 2000 et 2016. À l’inverse, tous les
dans près de 1 500 installations. La nature déchets primaires envoyés en traitement, traitements préparatoires à une valorisation
du parc retrace l’histoire du traitement des c’est-à-dire en excluant les refus de accueillent des quantités croissantes de
déchets municipaux depuis la fin des Trente traitement. L’envoi de déchets en centres de déchets.
Glorieuses. Initialement constitué d’unités stockage recule régulièrement depuis 2000 :
d’élimination, incinérateurs et décharges,
le parc se diversifie à partir du début du
XXIe siècle pour répondre aux besoins de
valorisation des déchets : tri avant recyclage,
compostage pour valoriser les déchets
verts ou organiques. De plus, incinérateurs
et décharges ont été équipés de manière
à permettre la valorisation énergétique
(électricité, chaleur, gaz) et modernisés
afin d’éviter les rejets dans l’atmosphère.
Ces installations traitent non seulement
les déchets municipaux mais également
certains déchets d’activités économiques,
les déchets non dangereux et non inertes,
qui ne sont pas envoyés en recyclage.
Figures 8 & 9
Source : ADEME – Enquête ITOM
Déchets chiffres-clés - L’essentiel 2018 PAGE 13Revenir au sommaire
FOCUS
Les filières REP, Textiles et chaussures usagés
piliers de l’économie circulaire 195 000 t Piles et accumulateurs
192 000 t
Pneumatiques
Le principe de la responsabilité élargie 436 000 t
du producteur (REP) existe dans la loi
française depuis 1975. Il prévoit que les Déchets d’équipements Emballages
électriques & ménagers
entreprises qui mettent sur le marché électroniques (DEEE)
VOLUMES COLLECTÉS 3 Mt
des produits qui deviennent ensuite 622 000 t PAR LES PRINCIPALES
des déchets, doivent prendre en charge FILIÈRES REP
leur gestion en fin de vie. Avec ses
17 filières REP, la France est assurément Déchets de véhicules
un des leaders mondiaux. Aujourd’hui, automobiles
les filières REP couvrent un gisement 1,2 Mt
d’environ 15,5 millions de tonnes de
Papiers graphiques
déchets, dont 7,8 millions de tonnes ménagers
sont orientées vers le recyclage. 1,4 Mt
Outre le soutien conséquent apporté fin de vie, les fabricants sont incités à
à la collecte et au recyclage des les concevoir de façon à réduire ce coût,
déchets, la REP introduit le principe et donc à proposer des produits à plus
d’internalisation des externalités longue durée de vie, plus facilement
environnementales : puisqu’ils paient réparables et recyclables. La boucle est
pour le recyclage de leurs produits en bouclée !
1.6 – Combien ça coûte ?
En 2014, le service public de gestion des
déchets coûte en moyenne 93 € HT à
chaque habitant. Il s’agit du coût « aidé »,
après déduction des recettes et des soutiens
des éco-organismes. Les recettes, ventes
de matériaux ou d’énergie, s’élèvent à
7 € HT par habitant. Les éco-organismes
contribuent à hauteur de 11 € HT par
habitant.
Figure 10
Source : ADEME – Référentiel
national des coûts
du service public des
déchets en 2014
PAGE 14 Déchets chiffres-clés - L’essentiel 2018Revenir au sommaire
Réduction des volumes de déchets collectés
La tarification incitative : avant et après la mise en place
jusqu’à 70 % de déchets non triés en moins de la tarification incitative
Historiquement, et pour la majorité des La tarification incitative, c’est faire Ordures ménagères Déchets municipaux
résiduelles
Français, le service public de prévention payer l’usager en fonction des quantités
et de gestion des déchets (SPPGD) est de déchets qu’il produit. Bien conçue et
financé par la taxe d’enlèvement des bien accompagnée, elle peut conduire non
ordures ménagères (TEOM), dont le seulement à une diminution des quantités
montant dépend de la valeur locative de de déchets, mais aussi à une amélioration - 49 kg/hab.
l’habitation. Elle est donc sans rapport nette de la qualité du tri par les habitants.
avec le volume de déchets collectés ! - 91kg/hab.
‘‘
Avant : 2 ans avant la mise en place
de la tarification incitative
En 2018, la tarification incitative est en Français sont actuellement concernés
6,7 millions œuvre ou en cours de mise en œuvre par la tarification incitative. Rappelons
de Français concernés auprès de 6,7 millions de Français4 que l’objectif fixé par la loi de Transition
(+ 2,5 % par rapport à 2016). En incluant énergétique pour une croissance verte
par la tarification les collectivités qui ont engagé des est de 15 millions d’habitants en 2020,
‘‘
incitative4 études préliminaires, 16 millions de puis 25 millions en 2025.
4
Tarification du service en fonction
de la quantité de déchets produits,
pour inciter les usagers à davantage
trier et à réduire le gaspillage.
Figure 11
Source : ADEME – Enquête ITOM
Déchets chiffres-clés - L’essentiel 2018 PAGE 15Revenir au sommaire
2 Les déchets
des activités
économiques,hors BTP
2.1 – Les déchets des activités économiques
à la loupe
Les activités économiques
autres que la construction
génèrent l’équivalent de Sont considérés comme déchets > de l’agriculture et de la pêche ;
des activités économiques (DAE), les > des services de collecte et
700
kg/hab. déchets issus : traitement des déchets, de
> des entreprises industrielles l’assainissement.
et artisanales ;
de déchets en 2016 > du tertiaire (services, hôtels
et restaurants, administrations
et services publics, commerces) ;
Cela représente
15 %
de l’ensemble des
déchets français
Si l’on exclut le secteur du BTP, secteur du traitement des déchets :
la production de déchets des + 9 millions de tonnes en dix ans.
activités économiques augmente La moitié des déchets de ce secteur
légèrement depuis une dizaine sont des déchets dits « secondaires »,
d’années. Elle est passée de liés aux efforts de valorisation qui se
60 millions de tonnes en 2006, à traduisent par des refus de tri ou de
Figure 12 70 millions de tonnes en 2016. compostage plus importants.
Source : Eurostat L’augmentation principale vient du
PAGE 16 Déchets chiffres-clés - L’essentiel 2018Revenir au sommaire
Les services : forte croissance
et moins de déchets
À l’inverse, la production de déchets
du tertiaire est en net recul, passant de
25 millions de tonnes en 2010 à 20 millions
de tonnes en 2016, alors que ce secteur
affiche une forte croissance (+ 27 % dans
la même période). Dans le même temps, la
production de déchets de l’industrie (hors
production d’énergie) reste stable autour
de 24 millions de tonnes.
Les déchets des activités économiques Malgré le recul de l’activité industrielle, la de la collecte des déchets minéraux et
ont évolué : moins de déchets recyclables production d’un million d’euros de PIB par une modification de la nature des
(- 12 %), métaux, verre ou papiers-cartons, génère toujours sensiblement les mêmes déchets industriels : moins de déchets
davantage de déchets organiques, quantités de déchets en 2016 qu’en des industries manufacturières mais
chimiques et surtout minéraux. 2006. Il n’y a pas de découplage sensible davantage de déchets des industries
On y retrouve la conséquence du recul par rapport à l’activité économique. chimiques.
de l’industrie et de la bonne santé des Ceci s’explique par une amélioration
industries chimiques et pharmaceutiques.
Figures 13, 14 & 15
Source : Eurostat
Déchets chiffres-clés - L’essentiel 2018 PAGE 17Revenir au sommaire
2.2 – Où vont les déchets des entreprises ?
Que les déchets soient issus des recyclage des déchets municipaux, et et rentables. Pour autant, la situation
industries ou du commerce, l’essentiel s’explique par le fait que les déchets des est très différente en fonction des
(plus de 90 %) est orienté vers des filières entreprises sont généralement produits secteurs, des types de déchets ou de
de valorisation. En particulier, entre de façon moins diffuse, générant des la taille des entreprises, et le potentiel
60 % et 70 % des déchets sont orientés gisements importants de matières d’amélioration reste très important, ce
vers le recyclage. Cette performance homogènes, et dont la collecte et la qui justifie des actions ciblées.
contraste avec le faible taux de récupération peuvent être optimisées
Figure 16. Destination des déchets non dangereux des industries et des commerces
Incinération sans Mise en INDUSTRIE COMMERCE
valorisation énergétique décharge
1%
Recyclage, méthanisation
valorisation matière, épandage
Élimination 9 %
Valorisation 90 %
Centre de tri 8% 60 %
ou déchèterie
10 %
Valorisation
énergétique
10 % 11 Mt
ENVOYÉES EN Valorisation 91 % 4 Mt
4% TRAITEMENT 5%
Valorisation Mise en décharge
organique
5% Élimination 10 %
3%
67 % Incinération
sans production
Recyclage,
Incinération
avec production
27% d’énergie
valorisation d’énergie
matière
Centre de tri
ou déchèterie
2.3 – Moins de déchets et mieux valorisés, c’est gagner en compétitivité !
En 2015, en partenariat avec dix organismes gestion des déchets, celles-ci conduisant Après le succès de cette opération
professionnels, l’ADEME a sélectionné, à des économies substantielles, et ayant test, l’ADEME déploie le dispositif
diagnostiqué, puis accompagné durant de ce fait un effet positif immédiat sur la à grande échelle avec l’opération
une année 49 PME de toute la France et rentabilité. « TPE & PME gagnantes sur tous les coûts !5 »
de différents secteurs d’activité, industrie et propose aux entreprises de certains
comme hôtellerie. Cette opération a Pour les entreprises accompagnées, les secteurs d’activité un accompagnement de
démontré l’intérêt pour un établissement bénéfices les plus importants ont été 12 mois pour réaliser des économies
d’identifier et de mettre en œuvre des réalisés dans les entreprises qui avaient d’énergie et de matière.
actions de prévention et de meilleure réussi à réduire fortement leurs déchets.
Sur les entreprises accompagnées
97
actions ont été engagées générant
un total de 1,8 M€ d’économies
800
t/an
de déchets ont été valorisés
13 500
de matières ont été économisées
t/an
5
www.gagnantessurtouslescouts.fr
Figure 16
Source : INSEE – Enquête sur
la production de déchets non
dangereux dans l’industrie en 2012,
Enquête déchets non dangereux
dans le commerce , 2012
PAGE 18 Déchets chiffres-clés - L’essentiel 2018Revenir au sommaire
2.4 – Entreprises, administrations : tous responsables, tous exemplaires !
La collecte des biodéchets
Le tri des déchets devient Depuis le 1er janvier 2012, les entreprises agroalimentaires, des cantines et
une obligation pour les qui produisent ou détiennent une restaurants, des marchés. Les seuils ont
entreprises. Fers de quantité importante de biodéchets ont progressivement été abaissés. Depuis le
l’obligation de les trier et de les faire 1er janvier 2016, ce sont les professionnels
lance du dispositif : la valoriser dans des filières adaptées de produisant plus de 10 tonnes par an de
collecte séparée des compostage ou de méthanisation. biodéchets, et plus de 60 litres par an
biodéchets des gros Sont concernés principalement les
pour les huiles, qui sont concernés. Cela
producteurs mise en correspond par exemple aux marchés
entreprises d’espaces verts, de la de gros, aux restaurateurs, aux petites
œuvre progressivement grande distribution, des industries surfaces de distribution alimentaire.
depuis 2012, et le « Tri
5 flux », issu de la loi de Le « Tri 5 flux » : une obligation depuis 2016
Transition énergétique Depuis le 1er juillet 2016, les entreprises, > leur permettre ainsi de réaliser des
pour la croissance verte. commerces, collectivités et administrations 6 économies ;
ont l’obligation de trier à la source et de > limiter l’utilisation de ressources grâce
valoriser cinq flux de déchets : papier, métal, au recyclage des déchets collectés.
plastique, verre et bois.
Pour les plus petites structures
L’objectif est triple : (entreprises et administrations comptant
> faire prendre conscience aux acteurs moins de 20 salariés « de bureau »),
publics et privés des quantités jetées l’obligation de tri et de collecte porte
par type de flux pour susciter des seulement sur les papiers (imprimés,
actions de réduction à la source ; livres, publications de presse, articles
de papeterie façonnés, enveloppes et
pochettes postales, papiers à usage
graphique).
FOCUS
L’ADEME agit pour les achats responsables en entreprises
Les achats responsables permettent de
Exemple de l’entreprise Lesieur
réaliser des économies « intelligentes »
48,5
au plus près du besoin, en incitant à
la sobriété en termes d’énergie et de % des produits vendus
110
ont un emballage
ressources.
plastique en PET t de PET
Dans le cadre d’un appel à candidatures recyclé
national, l’ADEME a sélectionné vingt
évitées grâce à un allégement
48
entreprises témoins pour mesurer
les impacts de leurs politiques % de baisse des gaz des préformes réalisé en parte-
d’achats responsables. Résultat : à effet de serre grâce nariat avec le fournisseur, soit
à l’intégration de PET 360 teq CO2 évitées par an
les bénéfices sont multiples sur les
recyclé dans les
plans économique, environnemental emballages
et humain notamment.
6
Sont concernés tous les producteurs
et détenteurs de déchets qui sont
collectés par un prestataire privé
ou ceux qui sont collectés par le
service public des déchets
et qui génèrent plus de 1 100 litres
par semaine de déchets.
Déchets chiffres-clés - L’essentiel 2018 PAGE 19Revenir au sommaire
Quels dispositifs
dans l’Administration ?
L’État a réalisé entre 2008 et 2012 un Entre autres résultats, citons :
premier programme « État exemplaire »
sur le développement durable. Pour la > 60 % des restaurants du ministère de > taux moyen d’utilisation de papier
période 2015-2020, chaque ministère la Justice et 78 % de ceux du ministère recyclé de 6,2 % en 2015 (non
applique un plan « administration de la Transition écologique et solidaire disponible en 2016). Objectif : 25 %
exemplaire » comportant 16 indicateurs réalisent le tri des biodéchets ; imposés par la loi depuis janvier 2017.
de performance en termes d’économies
d’énergie, de ressources et de réduction
des déchets, ainsi que de mobilité durable
et de préservation de la biodiversité.
ZOOM Les entreprises et les emplois consacrés à la gestion des déchets
8 800
entreprises
19,3
milliards d’euros
108 000
emplois directs
de CA
Zoom
Source : INSEE – Caractéristiques
des entreprises 2016 - Enquête
annuelle de production 2016 (EAP) ;
SDES – Les éco-activités et l’emploi
environnemental en 2016 : premiers
résultats, DataLab, mai 2018
PAGE 20 Déchets chiffres-clés - L’essentiel 2018Revenir au sommaire
3 Les déchets
de construction
3.1 – Les déchets de construction à la loupe
Le secteur du bâtiment Les entreprises du BTP ont produit > 80 % des déchets de construction
et des travaux publics génère 227,5 millions de tonnes de déchets en sont des déchets inertes 9. Cette
l’équivalent de
2014. La baisse de 10 % par rapport à proportion est de 97 % dans le
3 400
2008 s’explique par le recul de l’activité secteur des travaux publics.
kg/hab. du secteur sur cette période.
en 2014
> 81 % proviennent des travaux publics
et 19 % du bâtiment (dont 31 millions
de tonnes pour le gros œuvre 7 et
Cela représente 12,2 pour le second œuvre 8).
81 %
de l’ensemble des
déchets français
7
Gros œuvre : éléments constitutifs
de la structure de l’ouvrage
8
Second œuvre : travaux qui
n’influent pas sur la structure
et la stabilité de l’ouvrage
9
Déchets qui ne se décomposent pas,
ne brûlent pas, ne réagissent
ni physiquement, ni chimiquement
bétons, terres cuites, enduits…
Figure 17
Source : SDES – Enquête Déchets
et déblais produits par l’activité de
construction en 2014
Déchets chiffres-clés - L’essentiel 2018 PAGE 21Revenir au sommaire
3.2 – Une meilleure valorisation dans les travaux 3.3 – Mieux trier sur
publics par rapport au bâtiment les chantiers
En 2014, le taux de déchets Au total, 61 % des déchets inertes Conformément aux directives européennes,
directement valorisés ou réutilisés du BTP sont réutilisés sur un la loi de Transition énergétique pour la
en sortie de chantier est plus autre chantier, ou dirigés vers des croissance verte fixe comme objectif de
important dans les travaux publics installations de recyclage ou des valoriser 70 % des déchets du BTP d’ici
(63 %), où les déchets sont surtout carrières (où ils sont utilisés en 2020. Les déchets du second œuvre du
des déchets inertes, que dans le remblaiement) dès leur sortie de bâtiment constituent une cible prioritaire
bâtiment (46 %) qui doit gérer les chantier. Cette proportion est en d’amélioration. Leur valorisation nécessite
déchets des matériaux diversifiés – hausse par rapport à 2008 où ils ne de prendre en compte une très grande
bois, plastiques, déchets dangereux. représentaient que 49 %. diversité de matériaux et d’équipements.
Lors de la démolition ou de la réhabilitation
d’un bâtiment, des solutions existent mais
nécessitent une démarche de dépose
sélective.
Les déchets inertes (terres excavées, > le PVC, pour lequel le programme
sables, graviers, pierre, béton, terre européen VinylPlus vise le recyclage de
cuite, etc.) sont facilement réutilisés sur 800 000 tonnes par an en 2020. En 2016,
d’autres chantiers pour des travaux de 70 000 tonnes ont été recyclées en France ;
terrassement, transformés pour être
réincorporés dans des matériaux de > le plâtre, pour lequel 160 points de
construction neufs ou encore utilisés en collecte ont été déployés sur le territoire.
remblai dans des carrières. 91 000 tonnes ont été recyclées en
2017 contre 10 000 en 2008 selon les
Les autres matériaux (métaux, plastiques, professionnels de la filière ;
plâtre, verre, etc.) nécessitent d’être
triés pour pouvoir intégrer des filières > le verre plat, pour lequel les
de valorisation. Plusieurs filières professionnels de la filière se
sont engagées dans des démarches sont engagés à collecter et trier
volontaires pour améliorer la valorisation, 40 000 tonnes en 2020, puis
par exemple : 80 000 tonnes en 2025 sur les
200 000 tonnes de déchets annuels.
Figure 18
Source : SDES – Enquête Déchets
et déblais produits par l’activité de
construction en 2014
PAGE 22 Déchets chiffres-clés - L’essentiel 2018Revenir au sommaire
4 Les déchets :
un gisement de
matériaux et d’énergie
4.1 – Le recyclage, au cœur de l’économie circulaire
La France a pour ambition de découpler matières premières secondaires et
progressivement la croissance de sa sur la diminution de la production
consommation de matières premières de déchets. En effet, le côté intrant, à
et sa production de richesse. Elle s’est gauche, montre que 1 113 millions de
fixée comme objectif une hausse de tonnes de matières sont transformées
30 % du rapport entre son produit en énergie ou en produits chaque
intérieur brut et sa consommation année. Seules 167 millions de tonnes
intérieure de matières entre 2010 et proviennent du recyclage. Du côté
2030. sortant, le graphique indique que, sur
Pour y parvenir, elle prévoit notamment les 305 millions de tonnes de déchets
d’augmenter la part de déchets faisant générés, 199 millions de tonnes
l’objet d’une valorisation sous forme sont réintroduites dans le système
de matière, pour qu’elle atteigne sous forme de matières recyclées ou
55 % des déchets (non dangereux, non de produits pour remblayage. Les
inertes, mesurés en masse) en 2020 et matières restantes, soit 105 millions
65 % en 2025. On parle de circularité de tonnes (y compris BTP), sont
de la matière telle qu’illustrée dans la perdues pour la fabrication, même
figure 19 en page suivante. si elles peuvent faire l’objet d’autres
valorisations, comme la valorisation
Cette figure présente une vue énergétique.
d’ensemble de la circulation des
matières en France en 2016, conforme Dans une logique d’économie
au cadre de suivi de l’économie circulaire, la valorisation de la matière
circulaire élaboré par la Commission par le recyclage est essentielle pour
européenne 10. diminuer le prélèvement de matières
naturelles, augmenter l’indépendance
Elle illustre le potentiel considérable sur ces ressources et améliorer la
d’amélioration, notamment sur compétitivité de l’industrie.
la part de matières recyclées en
10
Communication de la Commission au
Parlement européen, au Conseil,
au Comité économique et social
européen et au Comité des régions
relative à un cadre de suivi pour
l’économie circulaire - 16-01-2018.
Déchets chiffres-clés - L’essentiel 2018 PAGE 23Vous pouvez aussi lire