DONNONS DU SENS À LA VILLE city - BONOM RENDRE PIÉTONNIER LE CENTRE-VILLE DE BRUXELLES - Atenor
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Divercity
#7
DONNONS DU SENS À LA VILLE
PORTRAIT
BONOM 2
MOBILITÉ
RENDRE PIÉTONNIER LE 4
CENTRE-VILLE DE
BRUXELLES
DOSSIER
LE SPACE PLANNING 7
CONTRIBUE-T-IL
AU BONHEUR AU
TRAVAIL ?
CULTURE
BRUXELLES : 8
OÙ EST L’ART
CONTEMPORAIN ?STEPHAN SONNEVILLE
AT E N O R G R O U P
Edito
Quand la ville stimule
les idées
Au moment de terminer cette nouvelle édition de votre magazine DiverCity, les grands défis qui
attendent nos villes étaient plus que jamais à la Une de l’actualité. Au cœur des villes antiques, l’agora
était un espace public où chacun venait défendre ses projets de gestion de la Cité. Nous partageons
la même vision dans ce magazine : la ville n’est pas uniquement un sujet de débat, elle est également
le lieu qui stimule précisément ce débat.
En tant qu’acteur du développement de nos villes, Atenor a dès lors souhaité donner la parole aux
différentes parties prenantes. Chacun a ainsi pu dresser son propre bilan, exposer sa vision,
développer ses arguments et objectiver ses propos. Il en ressort des débats d’opinions animés sur
l’avenir de nos Cités qui nous éclairent sur la profondeur des enjeux. Penser la ville aujourd’hui, ce n’est
pas uniquement s’intéresser aux aspects architecturaux ou immobiliers. C’est aussi oser le pari d’une
politique ambitieuse, capable de concilier le rayonnement extérieur avec des revendications légitimes
en matière de qualité de vie, de mobilité, de diversité, de développement social, environnemental,
économique et culturel.
Tous ces aspects se retrouvent dans les différents sujets que nous abordons dans ce numéro. Comme
vous le verrez, la place de l’art dans nos rues et nos musées est une question qui oppose plusieurs
visions qui ne sont pas forcément inconciliables. De même, la mobilité nous amène à repenser la place
de chacun sur la voie publique : piétons, cyclistes, automobilistes, transports en commun. Enfin, le
monde du travail traverse également de profondes mutations qui appellent des solutions innovantes
en termes de gestion de l’espace.
Voilà autant de débats auxquels nous apporterons notre modeste contribution dans ce numéro.
J’espère que vous prendrez beaucoup de plaisir à découvrir les positions de chacun et que vous
pourrez ainsi étoffer votre propre opinion.
Bonne lecture,
Stéphan Sonneville
CEO
Atenor Group
COLOPHON
Éditeur Responsable : www.atenor.be
Concept, design, contenu éditorial et rédaction :
www.concerto.be
Octobre 2015
PHOTO DE COUVERTURE © GettyImagesProjet dévoilé pour le
Guggenheim Helsinki
Après s’être installée à New York, à Venise, à Bilbao, à Berlin et, très
prochainement, à Abou-Dhabi, la Fondation Guggenheim vient de
dévoiler le projet retenu pour son futur musée à Helsinki. Parmi plus de
1.700 participants à l’appel à projets, c’est le bureau d’architecture franco-
japonais Moreau Kusunoki Architectes (MKA) qui a été retenu. Le projet
s’étendra sur 18.000 m2 le long des quais du quartier d’Eteläsatama, dans la
capitale finlandaise. Le musée s’érigera ainsi tel une porte d’entrée culturelle
sur la Mer baltique. Toutefois, la Fondation Guggenheim n’a pas encore
communiqué de date officielle pour l’inauguration du futur musée.
© Moreau Kusunoki / ArteFactoryLab
Plus d’infos : http://designguggenheimhelsinki.org
© Voetbalbelgie.be DC
L’architecture
à l’honneur
à Venise
La prochaine édition de la Biennale d’Architecture
de Venise se tiendra en juin 2016. Parmi les
pavillons qui ont déjà été annoncés, celui des
Charleroi :
États-Unis attise déjà les curiosités. Sur le thème
« Architectural Imagination », le pavillon américain
un futur stade
présentera de nombreux projets de réaffectation
pour la ville de Detroit, en ruine depuis qu’elle a
zébré
été frappée de plein fouet par la crise. L’accent La ville de Charleroi lance un concours
sera porté sur des projets qui misent sur la d’architecture européen pour la rénovation de
créativité urbaine et environnementale. son stade de football. Parmi les conditions qui
Le thème du pavillon belge sera pour sa part sont imposées dans le cahier des charges, la ville
« The Crafts(wo)man and the city ». Il interrogera la souhaite un stade en noir et blanc, aux couleurs
manière dont les concepteurs et les constructeurs du maillot du club de foot local, le Sporting de
stimulent la cohésion sociale dans le contexte Charleroi, également surnommé « Les Zèbres ».
urbain européen d’aujourd’hui. Atenor avait L’objectif de la ville est de pouvoir disposer du
d’ailleurs sponsorisé le pavillon belge en 2014. stade rénové pour la saison 2018 – 2019.
© L a Biennale di Venezia, ASAC, Fototeca,
Allestimenti : Fundamentals, fotografo Francesco Galli Plus d’infos : http://www.labiennale.org Plus d’infos : http://www.charleroi.be
4 scénarios pour la Côte d’ici 2100
L’info a fait l’effet d’une bombe dans les médias qui n’en ont retenu qu’un scénario catastrophe : inonder une
partie de la Côte. Pourtant, l’étude « Metropolitaan Kustlandschap 2100 » va plus loin et présente quatre
pistes pour redessiner le littoral à l’horizon 2100. Ces pistes passent notamment par une urbanisation accrue
des grandes villes côtières comme Ostende, Zeebruges ou Knokke, la création d’une Baie de l’Yser plus
sauvage sur le modèle de la Baie de Somme ou encore le renforcement des transports en commun. Outre
les aspects paysagers et environnementaux (comment faire face à la montée des eaux ?), l’étude aborde
également la problématique du futur développement économique et touristique de la Côte. Au-delà de la
polémique qu’elle a pu susciter, elle a l’avantage de mettre sur la table de nombreuses questions auxquelles
nous devrons répondre si la Belgique souhaite pérenniser son littoral.
Plus d’infos : http://mkl2100.laboruimte.be/
© DR
Focus D I V E R C I T Y # 7 / 1© Aurore Martignoni
Portrait
Bonom,
l’artiste qui n’a
pas peur du vide
© Albin Wantier
RECONNAISSANCE DIFFICILE
Le Street Art peine encore à être reconnu comme discipline à part entière. Le célèbre
grapheur anglais Banksy voit désormais certaines de ses créations affoler les enchères et
s’arracher pour plus d’un million d’euros. Mais il fait figure d’exception. Ainsi, à Porto, de
nombreuses œuvres de Hazul et Costah, deux figures incontournables du Street Art
portugais, ont été recouvertes de peinture jaune par les autorités communales. Celles-ci
voyaient dans les œuvres peintes sur les bâtiments un facteur d’insécurité. Les défenseurs
du Street Art leur rétorquent qu’au contraire, les peintures de Hazul et Costah amenaient un
peu de couleur dans des rues souvent balafrées par des chancres urbains laissés à l’abandon.
Question de point de vue… La situation a atteint des sommets de surréalisme lorsque Hazul
lui-même a inauguré en 2013 une exposition qui lui était consacrée… à 500 mètres à peine
des murs où ses œuvres venaient d’être recouvertes par le pouvoir local.© Patricia Mathieu
© Aurore Martignoni
Bonom s’exprime par l’intermédiaire BEN DURANT,
PROFESSEUR D’ART CONTEMPORAIN
de son bestiaire et grâce à la
À L’INSTITUT ROYAL D’HISTOIRE
DE L’ART DU CINQUANTENAIRE ET
DIRECTEUR DE L A GALERIE QUADRI.
complicité de la nuit. Son œuvre a
provoqué des réactions multiples Interview
passant des débats juridiques aux Quelle est l’origine du Street
vagues de soutien. Mais, au final, à qui Art ?
Ben Durant, Professeur d’art
appartient l’espace urbain ? Et quel sens lui contemporain à l’Institut Royal
d’Histoire de l’Art du Cinquantenaire
accordons-nous ? et directeur de la galerie Quadri. :
« Naissant comme moyen
d’expression entre gangs, les
graffitis partent d’un geste spontané
et authentique. Malgré l’anonymat
En quelques années à peine, Bonom est devenu Glowinski) et poursuivre sa carrière de manière de l’artiste, ils restent néanmoins
une légende vivante à Bruxelles. La ville regorge plus classique. Il a offert à Bruxelles trois derniers l’expression de son égo. »
à présent de nombreux et imposants animaux dessins en guise de testament : un autoportrait à Selon vous, le Street Art doit-il
effrayants qui ont surgi en l’espace d’une nuit sur l’Hôtel des Monnaies, un vieil homme nu à la Porte être considéré en tant qu’art ou
nos façades. L’artiste affirme être toujours ému de Hal et enfin une femme dans une position pour dégradation ?
quand il découvre la ville d’en haut, la nuit, depuis le moins explicite surplombant la Place Stéphanie.
les toits. Ben Durant : « Certains graphes
Son public c’est nous tous, âges et classes sociales donnent de la couleur à la ville
Il recherche la perfection dans ses dessins et, confondus. Et c’est justement ce qu’a déclaré tout en mettant en valeur sa
s’il en rate un, le considère comme une vulgaire l’artiste dans une de ses rares interviews : selon personnalité. Dans d’autres cas
dégradation. lui, la confrontation avec les passants, c’est cela ils sont plus proches d’actes
même qui fait vivre l’œuvre. Elle n’existe pas s’il de vandalisme. La vérité est à
ART VANDALE ? n’y a que quelques personnes pour la voir. Bonom rechercher dans le bon sens.
cherche à toucher un public le plus large possible, Mon avis sur la question diverge
Dans le Street Art, la créativité est délimitée par et sortir l’art de l’espace confiné des galeries. en fonction des cas. C’est très
les espaces urbains, la forme et les dimensions
subjectif. »
des murs. La discipline amène à la réflexion et
STREET ART CONNECTÉ
questionne notre rapport à l’espace public, à Un exemple de Street Art qui
l’heure où nous sommes chaque jour stimulés par Avec le boom des smartphones, les fans de donne du sens à la ville ?
des dizaines de messages publicitaires au format Bonom ont créé le site www.bonom.be où ils
toujours plus imposant. postent des photos de ses œuvres ainsi que leur Ben Durant : « La ville de Valparaiso
géolocalisation. C’est donc une chaîne sans fin : au Chili où le Street Art est
Et pourtant la frontière entre art et dégradation très bien intégré. Chez nous,
l’artiste s’approprie l’espace urbain, le public se
reste poreuse. C’est ainsi qu’en 2010, Bonom le village de Doel a connu une
réapproprie son œuvre et la ville acquiert ainsi un
a été poursuivi pour « dégradation volontaire impressionnante vague de graffiti
nouveau sens en ouvrant de nouveaux débats.
d’immeubles ». Suite à ces accusations, l’artiste sur les habitations abandonnées
a dû effectuer des travaux d’intérêt public suite à une expropriation
pour reprendre ensuite son vrai nom (Vincent foudroyante. »
Portrait Bonom DIVERCIT Y#7 / 3Mobilité
Bruxelles :
à l’aube
d’une révolution ?
© Aurore Martignoni
Bruxelles et son centre-ville vont-ils bientôt connaître
une vraie rupture urbaine ? Des changements majeurs
s’annoncent en tout cas avec le plan de réaménagement du
centre-ville, la piétonnisation des boulevards du centre et le plan
de circulation actuellement en test. Quels sont les enjeux ? Voici
quelques pistes de réponses illustrées par plusieurs visions du futur
bruxellois.
Réappropriation des espaces publics par le RENDRE LA VILLE ET SES PLACES patrimoine architectural et la redynamisation du
citoyen, qualité de vie, mobilité, redynamisation PUBLIQUES AU CITOYEN commerce du centre-ville. Nous voulons réduire
économique, patrimoine architectural… Les enjeux le trafic de transit dans cette zone du centre-ville
du développement urbain de Bruxelles sont Quels sont les grands axes du plan de en encourageant les moyens de mobilité douce :
nombreux et bien souvent intimement liés. Et sur réaménagement du centre ville ? Els Ampe, création de 3 kilomètres de pistes cyclables,
le terrain, les choses bougent, avec la récente Échevine de la Mobilité à Bruxelles : La zone optimisation de la desserte STIB, pentabus – c’est
présentation des projets d’aménagement du piétonne est doublée et passe à 50 hectares, de à dire un bus entièrement dédié à la circulation
centre-ville qui doivent être finalisés en 2018… la place Fontainas jusqu’au boulevard Adolphe à l’intérieur du pentagone - circulant le long de
et depuis ce 29 juin un premier test de 8 mois Max. Notre objectif est de rendre la ville et ses la zone piétonne… Nous prévoyons aussi des
du plan de circulation lié à la piétonnisation des places publiques au citoyen. Plus de convivialité dépose-minutes, par exemple devant les écoles et
boulevards du centre. donc, notamment avec des espaces verts sur les hôpitaux, et un accès automobile conditionné
les boulevards qui passent d’une surface de pour les riverains du pentagone. »
200 à 3250 m2, mais aussi la mise en valeur du
4 / D I V E R C I T Y #7 Mobilité Bruxelles : à l’aube d’une révolution ?ET AILLEURS ?
Berlin, Madrid, Turin, Bordeaux,
Zurich… D’autres grandes villes
européennes ont déjà réussi le défi
de la piétonnisation. C’est aussi le
cas de Strasbourg, l’autre capitale
européenne. Au programme :
une politique de dissuasion de
l’automobile en centre-ville couplée
à un réseau de tram efficace à un
prix défiant toute concurrence, mais
aussi un aménagement fort en faveur
des cyclistes. Marco D’Orazio est
un consultant IT qui a effectué une
mission de plus d’un an à Strasbourg,
après plusieurs années passées à
Bruxelles : « J’ai été assez surpris
par la qualité des transports en
commun à Strasbourg, notamment
par rapport à Bruxelles : ponctualité,
fréquence élevée, clarté du plan
des lignes… Autre fait marquant :
la place du vélo dans la ville, avec
l’omniprésence de pistes cyclables, la
possibilité de louer des vélos à l’heure,
à la journée, à la semaine, au mois ou
même à l’année. »
Aujourd’hui, à Strasbourg, 15 % des
déplacements en centre-ville se font
effectivement à deux roues. Seul
revers de la médaille ? Le piéton se
sent à l’étroit dans ce « tout au vélo ».
Et la ville a d’ailleurs récemment
réaménagé ses trottoirs pour donner
plus d’espace aux piétons, et donc
éviter les conflits avec les cyclistes !
BRUXELLES SYMBOLIQUEMENT LE POINT DE VUE MITIGÉ DE L’ARAU
RÉUNIE
Si le principe de la piétonnisation ne semble
La piétonnisation du centre-ville permettra-t-elle pas poser problème, certains avis sont plus
à Bruxelles de s’inscrire dans un changement de critiques pour d’autres aspects du projet.
paradigme déjà expérimenté ailleurs ? Patrick C’est notamment le cas du côté de l’Atelier de
Bontinck est CEO de visit.brussels, l’agence Recherche et d’Actions Urbaines. « Depuis 1969,
de communication du tourisme de la Région l’ARAU défend le droit de vivre en ville dans de
bruxelloise, et a un avis clair sur la question. « Il bonnes conditions », explique Isabelle Pauthier,
s’agit d’une formidable opportunité pour la ville sa directrice. « Paradoxalement, le plan de la ville
et la région de Bruxelles. Pourquoi ? Parce que risque de privilégier l’accès à la zone piétonne en © GRACQ - www.gracq.org
cela permet à l’humain de se réapproprier la ville, voiture, à cause notamment de l’absence d’un
en occupant l’espace des grands boulevards et accord complet avec la STIB, mais aussi de la
de ses artères qui, depuis 1958, était de plus création de nouveaux parkings alors qu’il existe
en plus réservé à la voiture. Ici, la volonté de déjà 20.000 places dont le taux d’occupation
marquer une réelle différence est bien présente : culmine à 60 %. Le plan de circulation comprend Nous préconisons un mix de mobilité douce : de
la piétonnisation ne se limite pas à quelques une boucle à sens unique, ce qui facilite la vitesse, vraies infrastructures pour les déplacements
ruelles. Elle réunit le centre-ville et le canal, qui comme on le constate déjà sur les boulevards cyclistes entre le Nord et le Sud et dans lesquelles
étaient jusqu’alors séparés par un grand axe Jacqmain et Max. Par ailleurs, la volonté les piétons auront aussi leur place, mais également
routier. Cette symbolique d’homogénéisation est de développer prioritairement l’attractivité un tram de surface omnibus entre le Wiels et
importante pour notre capitale. Bien évidemment commerciale, touristique et événementielle du Tour & Taxis pour retrouver le contact avec
et comme dans tout grand projet de changement centre-ville posera problème si elle se fait au les commerces du centre. Quant aux lignes
à long terme, il y aura peut-être des difficultés détriment d’autres axes, comme celui de la qualité souterraines du pré métro, elles pourraient dès lors
ponctuelles. Mais il est essentiel que Bruxelles ne de vie. Nous déplorons également les études non limiter leurs arrêts aux seules stations desservies
soit pas dans quelques années une des dernières conformes au prescrit légal, le mode autiste de par le métro (Midi, De Brouckère et Rogier). »
grandes villes européennes dont le cœur historique consultation et l’absence d’enquête publique qui
est traversé par une artère automobile. » explique le recours introduit au Conseil d’État.
Mobilité Bruxelles : à l’aube d’une révolution ? DIVERCIT Y#7 / 5DE L’APPEL DIGITAL AU PIQUE-NIQUE
URBAIN
Cependant, nous avons conscience
D’autres formes de revendications résolument qu’un tel projet de redéploiement
dans l’air du temps se sont aussi cristallisées urbain ne peut se faire en un jour.
autour de la question du piétonnier. « Le point Avec les riverains, les commerçants,
de départ de Picnic the streets, c’est une carte les experts et les techniciens engagés
blanche de Philippe Van Parijs appelant la sur le projet, nous allons tirer les
génération numérique à se mobiliser en faveur leçons de l’usage effectif, depuis
d’un Bruxelles à l’échelle du citoyen », explique le 28 juin 2015, de la nouvelle
Bram, l’un des initiateurs du mouvement. « Un zone piétonne et de ses alentours.
groupe Facebook a été créé et s’est rapidement Analyser la situation sur le terrain
transformé en événements, à savoir des pique- et être à l’écoute de la Ville, de ses
niques géants organisés au centre de Bruxelles, habitants est primordial pour pouvoir
piétonnisé par la force des choses. Mais cette offrir un nouveau cœur urbain qui
partie visible de notre action n’est pas une fin soit le plus adapté aux besoins de
en soi. Nous défendons la création d’espaces et chacun. »
des politiques pour une vraie réappropriation
citoyenne de l’espace urbain. Notre avis sur le Votre implication personnelle
plan ? Oui mais non ! Oui, car nous sommes pour dans ce dossier a été très forte,
la piétonnisation, mais non à cause du côté bling au risque de vous exposer à
YVAN MAYEUR
bling du projet ciblant principalement les touristes BOURGMESTRE DE BRUXELLES. la critique. Pensez-vous que
et les consommateurs et qui est trop favorable à Bruxelles, et la Belgique de
l’automobile ». manière plus générale, a pu parfois
souffrir d’un manque d’initiatives
Interview fortes pour forcer son destin ?
UNE INITIATIVE AUDACIEUSE
« Le changement fait peur car il est
Quel que soit le sort qui sera réservé au piétonnier
Quels enseignements tirez- synonyme de renouveau, d’inconnu,
bruxellois, l’initiative a le mérite de susciter le
vous des premières semaines mais aussi de modifications de
débat. « Il en est toujours ainsi, aussi bien soit
d’expérimentation du piétonnier nos habitudes, de notre routine
préparée la décision, aussi consensuelle soit
dans le centre-ville de Bruxelles ? quotidienne. Pourtant, il faut oser le
l’approche. Il en est toujours ainsi dans une ville
changement pour faire évoluer une
qui bouge, une ville qui ose, une ville qui tente, « Deux mois après le lancement ville. Peut-on encore, au 21e siècle,
une ville qui se réinvente. Essai, erreur, adaptation, du piétonnier, nous constatons vivre dans une ville bâtie sur un
n’est-ce pas là les étapes naturelles qui rythment un apaisement en ville, un modèle du 19e ?
le chemin du succès ? », observe Stéphan changement dans le comportement
Sonneville, CEO d’Atenor, qui salue l’audace dont des usagers du centre-ville et Nos modes de vie ont changé, nos
ont besoin les villes comme Bruxelles pour réussir une toute nouvelle atmosphère besoins également. C’est donc la
leur nécessaire mutation. Il poursuit en guise de qui s’y dégage : loin du stress, façon d’appréhender le « vivre en
conclusion : les promeneurs se posent sur ville » dans son ensemble qui doit
les boulevards, profitent des être repensé. Bien plus qu’un projet
« Je tairai ici ce que je pense du piétonnier de
infrastructures temporaires de mobilité, ou de réaménagement
Bruxelles, un avis nuancé assurément, pour être
déployées, des activités organisées. urbain, c’est un projet de vie
plus catégorique sur la démarche. Oui, Bruxelles,
Nous avons l’impression que les que la Ville de Bruxelles souhaite
plus que toute autre ville, a besoin de responsables
citoyens prennent plus le temps et construire pour ses habitants. Les
qui prennent des risques, qui décident, qui mettent
ne parcourent désormais plus le adaptations sont encore récentes,
en œuvre. Oui, il faut parfois reconsidérer ce qu’on
centre-ville dans l’empressement. les aménagements définitifs doivent
pensait immuable pour découvrir de nouveaux
débuter au printemps 2016. D’ici
possibles. Ce piétonnier est un projet controversé, Grâce à la météo clémente cet l’inauguration définitive du nouvel
mais sous-tendu par une vision forte d’une été, le centre-ville a vu la présence espace piéton réaménagé, en 2018,
ville agréable et attirante pour les habitants, des Bruxellois, des visiteurs belges la Ville poursuivra son travail auprès
les visiteurs, les entrepreneurs, etc. En cela, le ou étrangers, augmenter de des habitants, des commerçants, des
lancement du piétonnier s’apparente à un acte façon considérable. C’est ce que acteurs culturels et économiques
d’entreprise audacieux. Plus que la richesse, le nous voulons bâtir à terme pour du centre-ville pour fournir une
bien-être des uns est une valeur qui se crée par Bruxelles : un foisonnement culturel réponse cohérente et adaptée à leurs
l’audace, la vision et le courage de certains. » et économique. Une ville doit vivre, besoins. »
être animée, dynamique et non être
désertée par les habitants.
6 / D I V E R C I T Y #7 Mobilité Bruxelles : à l’aube d’une révolution ?Dossier
Space planning :
le bonheur au bureau ?
© DR
Google, Microsoft, Siemens, Swift… les exemples d’entreprises
qui ont complètement repensé leur espace de travail sont
nombreux. Au-delà de l’effet de mode, le space planning répond
également à une préoccupation plus fondamentale : notre lieu de
travail doit s’adapter aux évolutions de nos habitudes
professionnelles.
Ces dernières années, les habitudes de travail pour des espaces collaboratifs où chacun peut ouverte, là où d’autres préfèrent maintenir une
ont considérablement évolué, en écho aux faire profiter ses collègues de son expertise afin certaine distance vis-à-vis de leurs collaborateurs.
profondes mutations qui frappent nos sociétés. de mener à bien les différents projets. Il n’est plus
Les personnalités doivent aussi être prises en
L’accessibilité du lieu de travail, l’équilibre entre rare aujourd’hui de voir des entreprises où les
compte. « L’open space n’est pas la panacée,
vie privée et vie professionnelle, l’informatisation espaces collaboratifs représentent plus de 30 %
poursuit Guillaume Decock. Beaucoup de gens
généralisée de nombreuses tâches figurent de la surface de travail totale. »
sont encore très attachés à leur petit espace privé,
parmi les préoccupations les plus importantes
Les apports du space planning se concrétisent avec la photo de leurs enfants à côté de l’écran.
des travailleurs. En parallèle sont apparues de
donc par la diversification des espaces proposés, Ces profils-là sont très réticents au changement. »
nouvelles pathologies purement liées aux modes
chacun répondant à une fonction bien spécifique :
de travail : le burn-out (l’épuisement lié à un « L’élément central dans la réussite d’un projet
des bureaux propices à la concentration, des lieux
surmenage professionnel) et, à l’autre extrême, de réaménagement de l’espace de travail repose
de réunion pour stimuler les échanges, des coins
le bore-out (une forme aiguë de ras-le-bol qui sur la capacité du middle management à insuffler
dédiés à la détente et aux rencontres informelles,
traduit un ennui professionnel profond). cette culture du changement, enchérit Thomas
des espaces vitrés, d’autres fermés, etc. Ainsi, « le
Loward. L’espace de travail reflète en effet
On évoque d’ailleurs le concept de « NWOW » lieu de travail s’inspire de plus en plus de notre
la culture de l’entreprise. Par exemple, si les
pour qualifier ces « new ways of working », lieu de vie, où chaque pièce joue son propre rôle »,
managers se réservent les bureaux périphériques
autrement dit les réponses que les employeurs ajoute Guillaume Decock, gérant de Berhin, une
et captent toute la lumière naturelle pour ne
développent pour soigner l’épanouissement et société qui vend du mobilier depuis 90 ans et qui
laisser aux niveaux hiérarchiques que l’éclairage
le bien-être de leurs collaborateurs : le travail à offre également des services de space planning à
artificiel, c’est un choix qui en dit long sur le style
temps partiel, le télé-travail, les bureaux partagés, ses clients professionnels.
de leadership. »
etc. Sur ces questions vient en outre se greffer
une autre préoccupation des employeurs : le prix UNE QUESTION DE CULTURE La diversification des espaces de travail, si elle
des bureaux au mètre carré. correctement réfléchie et si elle s’appuie sur une
Élément central de toute politique de space analyse approfondie de la culture d’entreprise,
planning : la culture d’entreprise. Il ne suffit pas peut toutefois donner des résultats étonnants.
REPENSER L’ESPACE DE TRAVAIL
de réaménager les bureaux pour améliorer le « Un projet de space planning réussi aboutit à
« On doit pouvoir concevoir les bureaux comme bien-être au travail… et donc les performances. une situation où, malgré la réduction de l’espace
un véritable outil de gestion au service de la Il convient aussi d’analyser en profondeur les accordé à chaque travailleur, celui-ci finit par
stratégie de l’entreprise, explique Thomas besoins de chacun : certaines tâches demandent se sentir plus libre et plus performant », conclut
Loward, Workplace Consultant et Partner chez plus de concentration, d’autres requièrent au Guillaume Decock.
DPM Global. Les métiers sont de plus en plus contraire des débats d’idées. De même, certains
spécialisés, ce qui implique un besoin croissant managers laissent toujours la porte de leur bureau
Dossier Space planning : le bonheur au bureau ? DIVERCIT Y#7 / 7Culture
Bruxelles : où est l’art
Le projet de réaffectation du Garage Citroën, près d’Yser,
a relancé le débat autour de la place de l’art à Bruxelles.
Comment l’absence d’un musée d’art contemporain d’envergure
internationale dans la capitale de l’Europe doit-elle être interprétée
par les visiteurs et autres curieux ? « Circulez, il n’y a rien à voir ? »
Sûrement pas. Suivez le guide.
L’art contemporain serait-il le mal aimé de la directrice d’Arkadia, une asbl qui vise à mettre « Selon moi, Bruxelles figure parmi les villes qui
capitale de l’Europe ? New York a son MoMA, en valeur le patrimoine architectural et l’art comptent le plus grand nombre de collectionneurs
Londres son MOCA, Paris son Centre Pompidou, contemporain à Bruxelles via des visites guidées, d’art contemporain au mètre carré, ajoute Thierry
Bilbao son Guggenheim. Les exemples ne des conférences, des ateliers pédagogiques, Lambot, fondateur du groupe de collectionneurs
manquent pas. Ailleurs en Belgique, Gand a le etc. Heureusement, il existe de nombreux Neos et conseiller pour les investisseurs qui
S.M.A.K., Charleroi le BPS 22, le Grand Hornu autres espaces où l’on peut apprécier de l’art souhaitent acquérir des œuvres d’art. Et malgré
a le MACs et Anvers le MuKHA. Mais quid de contemporain. Mais il s’agit souvent d’initiatives cela, il est pratiquement impossible d’admirer
Bruxelles ? Le constat est pourtant sans appel : privées ou commerciales. » Le paradoxe, c’est la moindre œuvre contemporaine majeure dans
la capitale du Royaume n’a plus de véritable qu’au niveau international, Bruxelles jouit nos musées. En France, les musées débordent
musée d’art contemporain. Depuis 2011 et plutôt d’une solide réputation en matière d’art de chefs-d’œuvre contemporains. Chez nous,
l’ouverture du Musée Fin de Siècle, la collection contemporain. Le public est réputé fin connaisseur c’est exactement l’inverse : si un visiteur venu
contemporaine des Musées royaux des Beaux arts et surtout très curieux de nouveautés ; les de l’étranger me demande où voir de l’art
connaît un bien triste destin : elle est entreposée galeries se multiplient en raison de la disponibilité contemporain, je suis obligé de l’aiguiller vers des
dans les caves du bâtiment. de vastes espaces et de loyers modérés en collections privées. »
comparaison avec ceux qui se pratiquent à Paris
« C’est une situation regrettable pour une ville
ou Londres. De nombreux artistes viennent
du rang de Bruxelles, déplore Jacinthe Gigou,
d’ailleurs s’y installer.
8 / D I V E R C I T Y #7 Culture Bruxelles : où est l’art contemporain ?contemporain ?
FLICKR © Françoise Lecomte
© Kay Gaensler - www.ensler.de
Un tremplin
économique ?
Selon les estimations de la Région de Bruxelles Capitale,
le projet de musée dans le Garage Citroën pourrait attirer
500.000 visiteurs par an. L’intérêt d’un grand musée d’art
contemporain n’est pas que culturel ou touristique. Il est aussi
d’ordre économique. Ainsi, l’exemple du Centre Pompidou-
Metz, inauguré en 2010, devrait à lui seul convaincre du bien
fondé des projets culturels ambitieux. Dès 2012, le cabinet
indépendant Quali Test a publié une première étude sur les
retombées économiques du projet. Pour un investissement
public total de 250 millions d’euros, la ville de Metz a déjà
pu engranger un retour sur investissement de l’ordre de
70 millions d’euros dès la première année. En outre, la ville a pu
se réjouir d’une hausse des investissements privés, notamment
dans le secteur des équipements urbains, qui ont métamorphosé
la ville. Le phénomène avait déjà marqué la ville de Bilbao, après
l’inauguration de son Musée Guggenheim en 1997. Pour un
investissement initial de 150 millions d’euros, le Musée a généré
plus de 1,5 milliard d’euros de retombées économiques et la
création de 45.000 emplois sur les 10 années qui ont suivi son
ouverture. Plus important encore : la ville basque a saisi cette
opportunité pour moderniser ses infrastructures routières,
portuaires et ferroviaires et profondément transformer son tissu
économique en misant sur les PME. Un calcul gagnant sur le (très)
long terme…
Culture Bruxelles : où est l’art contemporain ? DIVERCIT Y#7 / 9Culture
BELGIQUE PASSÉISTE ? bâtiment industriel, car Bruxelles porte toujours
Jacinthe Gigou,
ce patrimoine. C’est essentiel pour notre héritage
Comment expliquer cette situation ? Certes, identitaire, mais à mon sens il manque toujours
Directrice d’Arkadia
l’argent reste le nerf de la guerre et la situation © Morgane Delfosse à Bruxelles un grand projet de construction
actuelle des finances publiques n’est pas novatrice, à vocation culturelle, qui marquerait les
particulièrement favorable aux grands chantiers esprits. »
culturels. Mais comment expliquer que ce qui
reste du domaine du possible en dehors de nos
frontières ne trouve pas écho chez nous ? Pour OFFRE PLÉTHORIQUE
Thierry Lambot, l’explication serait à chercher Faut-il donc fuir Bruxelles pour voir de l’art
dans une culture tournée vers le passé. « Nous contemporain ? Certainement pas ! L’absence
comptons de nombreux musées sur nos terres. d’un musée emblématique est compensée par
Mais la plupart du temps, ils mettent en valeur de nombreuses initiatives d’envergure parfois
le patrimoine existant avec une vision tournée plus modeste, qui ont vocation à faire découvrir
vers le passé. Nous n’avons pas de grande l’art contemporain à Bruxelles. Parmi celles-ci,
politique muséale d’acquisition tournée vers le centre d’art contemporain WIELS à Forest
la découverte et la prise de risque. En matière fait figure d’escale incontournable, avec une
d’art contemporain, il n’y a pas de mystère, programmation internationale de haute volée dans
il faut acheter des artistes émergents ou en Thierry Lambot,
fondateur du collectif
un lieu typiquement bruxellois : une ancienne…
devenir, avant qu’ils ne deviennent impayables. d’art contemporain Neos. brasserie ! Bruxelles propose en outre une offre
Personne ne demande à nos musées de débourser © DR intarissable en matière de galeries d’art, avec en
aujourd’hui des millions pour acquérir un Warhol. permanence de nouveaux espaces qui voient le
Mais si, à l’époque, on avait eu la vision d’investir jour. Certains artistes et collectionneurs présents
quelques milliers de dollars dans quelques artistes dans la capitale n’hésitent parfois pas à ouvrir
aux Bruxellois, au cœur d’un quartier en plein
prometteurs, on pourrait exposer du pop art dans leurs portes aux curieux. Les visites guidées
développement », poursuit Jacinthe Gigou. « On
nos musées. Or, aujourd’hui, le constat est clair : d’ateliers ou de collections privées rencontrent
peut imaginer qu’un tel projet donnerait une
il n’y a pas de pop art dans les musées belges. » d’ailleurs un franc succès.
nouvelle impulsion au quartier, à l’instar de ce qui
Face à cette situation, le projet de réaffectation s’est produit autour du WIELS. » Et malgré tout, Bruxelles repose donc sur un terreau
du Garage Citroën à Yser pour en faire un musée tout aussi salutaire qu’il soit, ce projet parviendrait extrêmement fertile en matière d’art
d’art contemporain bruxellois prend tout son sens. mal à faire oublier le manque d’ambition de contemporain. Il ne lui manque plus qu’un écrin à
Au-delà des visions politiques qui s’affrontent Bruxelles en la matière : « Il manque un geste la hauteur des attentes du public. Nul doute que
autour du dossier, ce musée aurait le mérite architectural fort, enchaîne immédiatement ce n’est qu’une question de temps…
de replacer Bruxelles sur la carte mondiale de Jacinthe Gigou. De nouveau, on se trouve
l’art contemporain. « C’est un projet qui parle dans un projet de réaffectation d’un ancien
Pour les centre d’art. La programmation met en avant
les grandes œuvres et mouvements de l’art
LE CAB, À IXELLES
curieux… moderne et contemporain des soixante Ouvert en 2012 pratiquement sur les rives des
dernières années. étangs d’Ixelles, ce centre d’art contemporain
prend ses quartiers dans un ancien bâtiment
Infos : www.lapatinoireroyale.com industriel des années 30 de style Art Déco. Le
Voici une sélection non exhaustive et centre organise deux grands projets par an,
totalement subjective d’espaces bruxellois à chaque fois supervisé par un curateur choisi
conseiller aux amateurs d’art contemporain.
GALERIE BARONIAN, À IXELLES
dans le monde des musées et des galeries
Albert Baronian a ouvert sa première galerie en belges et internationales.
WIELS, À FOREST 1973. Située à deux pas de la Place Stéphanie,
sa galerie se présente comme un espace de Infos : www.cab.be
Ni un musée, ni une galerie, le centre d’art rencontre entre le public et des artistes belges
contemporain WIELS se présente comme un et internationaux. ART)&(MARGES, À BRUXELLES
laboratoire international pour la création et
la diffusion de l’art contemporain. Le WIELS Infos : www.albertbaronian.com Situé sur la Rue Haute, ce musée insolite fait
combine les fonctions de présentation, de la part belle à « l’art outsider », autrement dit
production et d’éducation, notamment LA MAISON PARTICULIÈRE, des œuvres créées par des artistes, souvent
à travers plusieurs expositions annuelles À IXELLES autodidactes, souffrant de troubles mentaux,
d’envergure internationale. sociaux ou psychologiques. L’endroit présente
Construite en 1880 et rénovée en 2010, une collection permanente ainsi que de
Infos : www.wiels.be la Maison Particulière est un lieu qui se nombreuses expositions temporaires.
visite comme une maison privée : au gré des
pièces, le visiteur découvre une sélection de Infos : www.artetmarges.be
LA PATINOIRE ROYALE,
À SAINT-GILLES collectionneurs invités à présenter les œuvres
de leur choix. ARKADIA
Inaugurée en avril dernier sur le site de l’ancien
« Royal Skating », une patinoire couverte Infos : www.maisonparticuliere.be Visites d’ateliers d’artistes et de galeries.
construite en 1877, la Patinoire Royale se
Infos : www.arkadia.be
veut à la fois un musée, une galerie et un
Avenue Reine Astrid, 92 Tél. : + 32 2 387 22 99 www.atenor.be
B-1310 La Hulpe Fax : + 32 2 387 23 16 info@atenor.be www.linkedin.com/company/atenor-groupVous pouvez aussi lire