E Ivanov - Théâtres de la Ville de Luxembourg
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Ivanov
REPRISE
ANTON P. TCHEKHOV
COMÉDIE EN QUATRE ACTES & CINQ TABLEAUX
DIMANCHE 16 MAI 2021 › 17H00
MARDI 18, MERCREDI 19, JEUDI 20, VENDREDI 21
& SAMEDI 22 MAI 2021 › 20H00
AU GRAND THÉÂTRE
Durée: 2h15 (pas d’entracte)
–
Introduction à la pièce par Monsieur Marc Rettel
1/2 heure avant chaque représentation.Avec Lvov Mathieu Besnard Chabelski Denis Jousselin Zinaïda Nicole Max Doudkine Jorge De Moura Anna Sophie Mousel Lébédev Valéry Plancke Sacha Manon Raffaelli Kossykh Raoul Schlechter Borkine Pitt Simon Babakina Anouk Wagener Ivanov Jules Werner – Mise en scène Myriam Muller Scénographie Anouk Schiltz Costumes Sophie Van den Keybus Lumières Renaud Ceulemans Musique live Jorge De Moura Assistante à la mise en scène Daliah Kentges – Traduction André Markowicz, Françoise Morvan – Production Les Théâtres de la Ville de Luxembourg
En 1887, Tchekhov écrit sa première grande pièce, Ivanov. Il a 27 ans. C’est
une pièce jeune, neuve, violente, une comédie en quatre actes et cinq
tableaux qu’il écrit en deux semaines. L’emportement se sent dans le style
qui étonne par sa crudité et son ton direct. La pièce provoque un esclandre.
En 1889, effaçant les côtés comiques, il en fait un drame qui sera joué avec
un grand succès. Se basant sur la première version, la comédie burlesque,
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l’œuvre de jeunesse de Tchekhov, Myriam Muller, dont on connaît le travail
dense et élaboré qu’elle effectue aux Théâtres de la Ville de Luxembourg,
s’entoure d’une belle distribution pour cette nouvelle mise en scène.
Ivanov est un propriétaire foncier criblé de dettes. Marié à Anna Pétrovna,
une juive, qu’il ne peut plus supporter, bien qu’elle soit en train de mourir
de phtisie. Les soirs, il cherche refuge chez un vieil ami alcoolique, Lébédev,
dont la femme lui prête de l’argent et la fille Sacha est amoureuse de lui.
Déboussolé, pris au piège de sa propre futilité, Ivanov accumulera les
erreurs.
» La grande différence est que le drrrrame, comme il l’écrivait à son frère,
le drame hhhénaurme écrit à 18 ans est devenu une comédie, dont le thème
est, cette fois encore, l’impossible installation dans la durée, l’impossible
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soumission au temps, l’usure des relations (...) chaque acte, chaque tableau
est l’évocation des stratégies de résistance désespérée de chacun au temps.
On passe de l’immobilite du domaine, à l’agitations des soirées mondaines
de provinces, aux discussions gastronomiques gargantuesques à la noce
chez les petits bourgeois... Et ces scènes, ces vies sont jouées sur fond de
mort, déjouant par le jeu, l’argent, l’alcool, la circulation des ragots ou la
prolifération des combines, l’enlise- ment de chacun dans son propre temps.
Françoise Morvan et André Markowicz, à propos d’Ivanov
(préface, Babel)» On exige du héros, de l’héroïsme, qu’ils produisent des effets scéniques. Pourtant, dans la vie, ce n’est à tout bout de champ qu’on se tire une balle, qu’on se pend, qu’on déclare sa flamme, et ce n’est pas à jet continu qu’on énonce des pensées profondes. Non! Le plus souvent, on mange, on boit, on flirte, on dit des sottises. C’est ça qu’on doit voir sur la scène. Il faut écrire une pièce où les gens vont, viennent, dînent, parlent de la pluie et du beau temps, jouent au whist, non par la volonté de l’auteur, mais parce que c’est comme ça que ça se passe dans la vie réelle. Alors, naturalisme à la Zola? Non, ni naturalisme, ni réalisme. Il ne faut rien ajouter à un cadre. Il faut laisser la vie telle qu’elle est, et les gens tels qu’ils sont, vrais et non boursouflés. Anton Tchekhov
IVANOV OU LA PERSONNIFICATION DU DRAME DE L’HOMME
USÉ PAR TROP DE LUCIDITÉ
En choisissant un nom russe aussi commun (l’équivalent de Schmidt ou
Dupont) Tchekhov nous raconte qu’Ivanov, c’est n’importe qui, vous, moi,
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le premier venu.
Ivanov a, dans sa jeunesse, voulu changer le monde, il a risqué beaucoup et
peu gagné. Maintenant au tournant de la quarantaine, la force lui manque –
le vouloir-vivre, l’énergie, le désir de vie: comment designer ce qu’il ne sait
pas designer lui-même? – et il abandonne. Tout ce qui l’entoure lui semble
se couvrir de poussière.
Il abandonne d’abord sa femme, une jeune juive, qui a tout quitté pour le
suivre, elle lui est a présent odieuse parce qu’elle se meurt et que sa
maladie le paralyse. Il reste inactif, sans compassion.
En relief et autour d’Ivanov, les personnages grotesques à la limite de
l’hystérie du vouloir-vivre – Borkine, celui qui veut faire des affaires, Zinaïda,
l’avare, Chabelski, le pique-assiette qui souhaite redorer sa fortune, Sacha,
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jeune et pure, pleine du désir de le sauver parce qu’elle croit le comprendre,
Lébédev, le faible qui se noie dans l’alcool, la bouffe et la fête, Lvov, l’idéaliste
forcené. Tous ces personnages souffrent d’un manque. Tous croient le
combler. Tchékhov décrit avec cruauté une petite bourgeoisie provinciale
en décrépitude, bête, méchante, hypocrite, antisémite et avide de ragots
pour nourrir sa vacuité tournoyant autour d’un Ivanov au ralenti.
Car Ivanov est un homme empêtré. Par sa mélancolie et surtout par sa
terrible lucidité. Une fois ouverte la boîte de Pandore, une fois que la réalité
du monde dans toute sa banalité et sa petitesse nous est révélée, il n’y a
plus marche arrière possible. Comment retrouver le goût, l’envie? Et à quoi
bon.
Les symptômes de cet anti-héros ne sont pas si éloignés de certains maux
contemporains qu’on appelle la midlife crisis, la dépression. Un désintérêt
pour un monde où il n’y a rien a faire, puisque l’on n’est soi-même rien.
En 1887, le docteur Tchekhov ne peut pas encore connaître de tels noms
pour les maux qu’il décrit, mais il en note les symptômes avec une terrible
acuité.À l’époque, la pièce évoquait le désarroi d’une génération d’intellectuels qui à la fin du XIXe siècle sont confrontés au déclin de la Russie tsariste où le gouvernement semble incapable de prendre les mesures qui s’imposent. Que d’échos avec notre époque... Dans une société dans laquelle l’existence est déterminée par le travail, l’argent, la réussites sociale – celui qui en est dépourvue devient vite superflu. Ivanov, l’intellectuel, le philanthrope devenu par désenchantement et malchance un inactif endetté, fait partie de ces «gens superflus». Son malheur le paralyse. Il sent déjà ses forces disparaître et ne se considère plus que comme une ombre parmi les hommes. Dans cet océan de désolation, Tchekhov contrebalance son inactivité avec cette bourgeoisie hyperactive, roublarde, avide de plaisir et d’argent et par là nous fait glisser dans la comédie burlesque. Et malgré tout, le cœur de l’œuvre reste la désolation d’Ivanov, comme une image inversée de cette agitation désespérée des autres personnages – âmes nues, archétypes grotesques. Tous personnifient sur tous les registres, allant de l’identification à l’exagération, une société au bord du gouffre, qui broie l’individu tout en laissant libre cours à la stupidité universelle. Ivanov est la personnification du drame de l’homme moderne, usé par un trop plein de lucidité. Myriam Muller
ENTRETIEN AVEC MYRIAM MULLER
RÉALISÉ PAR MARC RETTEL
Marc Rettel: Le personnage d’Ivanov a été une des nombreuses incarna-
tions à l’époque de la création de la pièce de l’intellectuel russe. Pourquoi
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avez-vous choisi cette pièce et peut-on dire que mettre en scène la pièce
en 2020 est la preuve que le personnage d’Ivanov est un personnage
intemporel?
Myriam Muller: J’avais envie de travailler Ivanov. J’ai déjà travaillé sur
plusieurs pièces de Tchekhov et j’ai joué dans de nombreuses de ses
pièces: j’ai déjà monté Oncle Vania; j’ai joué dans La Mouette, dans La
Cerisaie et Oncle Vania ainsi que dans de courtes pièces. Tchekhov est
donc un auteur qui me suit beaucoup. Quant à la pièce Ivanov, c’est
vraiment un amour de jeunesse. C’est une pièce que j’ai toujours beaucoup
aimée parce qu’elle est beaucoup plus fouillie. Elle permet de travailler
comme j’aime bien le faire, à savoir d’adapter les pièces. Comme c’est
une pièce riche et longue – il y a vingt personnages au départ que j’ai
réduits à dix –, cela implique qu’on est obligé d’être dans une démarche
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d’adaptation, sans trahir l’auteur toutefois, car je n’aime pas faire dire à
un auteur ce qu’il n’a pas envie de dire. Je pense que l’adaptation, c’est
le prisme par lequel on prend une pièce. Une pièce aussi riche qu’Ivanov,
qui a besoin d’être adaptée, demande, crie le prisme. C’est justement
tout ce que j’aime. Et puis c’est aussi un amour de jeunesse parce que
je suis profondément touchée par ce protagoniste.
Après, est-ce qu’Ivanov est un intellectuel? Il ne l’est pas nécessairement.
On peut certes le concevoir comme un tel et il l’était à son époque, sans
doute. C’était alors aussi ce combat des intellectuels qui ne se recon-
naissaient plus dans une Russie qui était comme laissée à l’abandon par
un tsarisme mollasson, et qui, tout à un coup, ne trouvaient plus leur
place comme propriétaires terriens. Ils étaient un peu des petits tsars
de province et devaient s’occuper de leurs gens. Les intellectuels et les
notables à l’époque avaient cette responsabilité-là et ils se sentaient
perdus.
Aujourd’hui c’est quoi un Ivanov? Un Ivanov c’est un homme comme
nous. On les connaît beaucoup dans nos milieux culturels où l’on travaille
beaucoup, souvent bénévolement, où l’on donne énormément pour
essayer de construire quelque chose. Et parfois on se rend compte
qu’on se bat contre des moulins à vent. Tel est le cas dans beaucoupde domaines. Dans le milieu culturel certes, mais aussi dans celui de la médecine et dans beaucoup de métiers de passion, finalement. Certes, ce sont là tous des intellectuels dans la mesure où ils ont fait des études. Mais la portée d’Ivanov est bien plus générale: c’est l’histoire du destin de quelqu’un qui, à vingt ans, veut changer le monde. Pendant vingt ans, on se donne tous les moyens pour changer le monde et puis, à quarante ans, – schématisant légèrement, certes – on se réveille et on se demande si on a bien fait. C’est alors qu’on retourne sa veste. C’est aussi l’idée que l’on a tendance à définir les gens par rapport à leur métier: je trouve que par là, Ivanov est aussi un personnage éminem- ment moderne. Si on va dans une soirée, par exemple, les gens vous demandent comment vous vous appelez, puis ce que vous faites dans la vie. L’homme et la femme sont définis par le métier qu’ils font et la réussite qu’ils ont dans ce métier, ce qui est souvent lié à une question d’argent. C’est cela aussi que l’on raconte dans la pièce: Ivanov a dépensé tout son argent pour des choses en lesquelles il a cru. Il n’a plus d’argent, il n’a pas de métier et ses terres sont hypothéquées: donc, il n’existe plus. Ivanov a tout donné, il a mal géré et maintenant il n’est plus rien aux yeux des gens, et forcément il n’est plus rien à ses propres yeux. C’est ce qu’on appellerait communément une midlife crisis. Il en a tous les symptômes: la dépression, il veut quitter sa femme pour une petite jeune, etc. C’est impressionnant qu’un auteur de vingt-sept ans ait pu écrire cela. MR: C’est donc un constat absolument amer d’un Ivanov, bien que relativement jeune, arrivé déjà à la fin de sa vie. Vous avez choisi de mettre en scène la «comédie en quatre actes et cinq tableaux» plutôt que la «tragédie», la première et non pas la deuxième version. Comment peut-on encore parler de comédie face à cette représentation tragique de la vie d’Ivanov? MM: La pièce ne se réduit pas au personnage d’Ivanov; surtout dans la première version. Certes, la pièce s’appelle Ivanov, car c’est lui qui tisse les liens entre tous les personnages et la pièce retrace son parcours. Mais c’est aussi une comédie dans laquelle Tchekhov se moque d’un monde dans lequel justement l’argent, la position sociale et les ragots ont tellement de place. L’ennui y semble insoutenable. Pour notre société aussi l’ennui est insupportable et il faut tout le temps s’amuser, faire la fête, aller au restaurant: on est dans un monde du paraître avec des parcs d’attraction à partir de l’âge de six mois et jusqu’au soixante-dix
ans. Nous sommes habitués à la consommation et au plaisir immédiat.
Dans la mise en scène, nous ne le thématisons pas directement comme
cela et nous n’avons pas opté, par exemple, pour l’utilisation de smart-
phones sur le plateau, mais je pense que ces appareils correspondent
à un symptôme de cette situation. De nos jours, on voit des adolescents
qui ne peuvent plus vivre sans leurs smartphones, qui permettent une
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sorte de satisfaction immédiate: on veut savoir le prénom d’un chanteur,
on peut le rechercher directement; on veut jouer un jeu, on est satisfait
immédiatement.
Bien sûr, la représentation de la société par Tchekhov a encore une
autre dimension: il se moque, comme toujours, d’un milieu provincial,
bête et méchant, antisémite en plus. Il y a d’ailleurs beaucoup d’anti-
sémitisme dans la pièce…
MR: – un antisémitisme encore plus clair dans la première version que
dans la deuxième. Au moment des grands aveux à Anna qu’elle va mourir,
Ivanov va jusqu’à la traiter de «sale youpine». La satire d’une certaine
société, étant combinée à cette cruauté, cette violence, peut-on la
qualifier encore de drôle?
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MM: C’est terrible, extrêmement noir, en effet, mais j’espère que ce
sera drôle en creux. Là, on parle du fond. Mais il y a aussi la forme, la
construction. La pièce est construite comme un vaudeville. Particulière-
ment le deuxième acte est fait de portes qui claquent, de personnages
qui se cherchent tout le temps, les uns qui rentrent, un autre qui sort…
MR: … des amants surpris…
MM: Oui, effectivement. Puis, il y a la femme mourante qui arrive et c’est
la fin de l’acte. La forme est souvent vaudevillesque et certains actes
sont carrément burlesque, avec de grandes scènes d’ensemble. Ce sont
des moments choraux; on y fait la fête parce qu’on s’ennuie trop. Après,
plus tard, à l’intérieur de scènes tragiques, on a de nouveau des soubre-
sauts comiques qui sont là, inévitables, inscrits dans la construction.MR: Seul Ivanov ne semble pas être soumis à cette logique d’excitation pour fuir l’ennui par des micro-actions de divertissement ou des bavardages. On le remarque aussi au début à travers les répliques. À part un grand monologue, Ivanov parle relativement peu. MM: Ivanov est un rôle très passif; il est tout le temps dans une posture de passivité. Il parle certes au médecin, mais on a l’impression qu’il est en consultation. En disant, par exemple, qu’il a des palpitations, il semble demander, en gros, ce qu’il a. Et après, il parlera peu jusqu’au troisième acte. Il n’arrête pas de dire qu’il ne sait pas ce qu’il a. C’est incroyable. Aujourd’hui c’est presque l’inverse; la notion de dépression est presque galvaudée. À l’époque il n’y avait pas encore de mot pour cet état. Mais je ne pense pas que ce soit pour autant antinomique avec notre époque car quand cela arrive à quelqu’un, il ne sait pas ce qui lui arrive. Tout ce qu’il sait, c’est qu’il ne va pas bien. Que l’on mette le mot «dépression» là-dessus ou qu’on l’appelle autrement importe peu. Ce n’est pas le diagnostic qui est important, mais comment quelqu’un en est arrivé jusque-là. Ivanov se demande: comment est-ce que moi, un homme robuste qui se levait tous les matins et qui avait foi en la vie, pourquoi est-ce que maintenant j’ai tout abandonné? Cela peut arriver à tout le monde. Je l’ai vu autour de moi. Les gens qui soudainement sont dans l’incapacité de faire quoi que ce soit, c’est effrayant. Et les gens qui subissent cela, ils ne comprennent pas, parce que ce n’est pas forcément un événement tragique précis qui leur est arrivé et qui en soit l’élément déclencheur. Ce serait trop facile. C’est souvent au détour de différentes choses qui font que l’on arrive à ce stade. Une fois que l’on a compris le processus, comme Ivanov commence à le comprendre au fur et à mesure que la pièce avance, on peut se résoudre à agir ou non. MR: Il n’y a pas, en effet, un événement isolé qui signe la tragédie d’Ivanov, mais un complexe de différents éléments qui l’ont conduit à ce point. Cela me fait penser à ce que Jean-Pierre Sarrazac appelle le basculement du drame-dans-la-vie, c’est-à-dire du drame bien construit (il y a quelque chose qui arrive, jusqu’à un paroxysme, puis un dénouement) au drame- de-la-vie. Mais Ivanov a tout de même ce sentiment d’une culpabilité profonde qu’il n’arrive pas à expliquer. Comment l’expliquez-vous? MM: C’est effectivement quelque chose qui revient tout le temps. Je pense que ce sentiment de culpabilité est quelque chose de très russe. Tchekhov en parle beaucoup dans ses écrits. Pour un autre projet,
je suis en train de lire beaucoup sur un cinéaste russe. Il parle également
toujours de cette culpabilité russe. Mais nous, les catholiques, nous baignons
aussi dans la culpabilité. Ivanov, effectivement, se sent tout le temps
coupable et, en effet, on peut dire qu’il est coupable d’énormément de
choses: il n’est pas assez présent pour sa femme, il ne fait rien pour son
domaine, il est coupable de ne pas faire ceci ou cela, de faire une bêtise
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après l’autre. Il se sait donc coupable, mais il est comme anesthésié. Sa
tragédie est tellement personnelle qu’elle ne signifie rien au niveau de
l’histoire de l’humanité. Mais c’est sa tragédie à lui. Elle est donc, pour
lui, évidemment énorme. Et c’est en cela que Tchekhov a mis la graine
de toute son écriture sur toutes ses pièces. Ce qu’il raconte des gens,
c’est le drame de la vie.
Je pense que, finalement, l’époque est révolue où l’on montait Tchekhov
avec des silences à rallonge, où on jouait l’ennui. Mon choix de mettre
en scène la première version réside aussi dans l’intérêt pour ce théâtre
très actif, au contraire; Tchekhov dépeint cette société hystérique, cette
hystérie ambiante avec des gens qui n’arrivent pas à s’ennuyer une
seule seconde. Je pense que Tchekhov racontait l’activisme forcené de
cette petite bourgeoisie.
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MR: C’est un théâtre qui est dans une sorte d’hystérie qui se traduit par
des micro-actions. Mais ce n’est plus la grande action. D’où le fait qu’il est
difficile de résumer la pièce. On revient souvent à ce qui s’est passé avant
le lever du rideau. C’est d’ailleurs ce qui est toujours évoqué par des bribes
de narration dans le texte. Mais dans l’immédiat, il n’y a pas d’action à part
les petites, à part le fait qu’on joue aux cartes, qu’on se plaint qu’on n’a
pas assez d’argent, qu’on essaie de payer quelqu’un ou que quelqu’un
comme Borkine, par exemple, essaie d’imaginer ce qu’on qualifierait
aujourd’hui de new business models…
MM: Oui, et en même temps, Borkine n’en fait rien, jamais, il ne va jamais
jusqu’au bout de quoi que ce soit. Il a tout le temps des idées, mais il n’en
fait rien. Lui non plus, il n’a pas trouvé sa place. C’est incroyable, si on
regarde le parcours de tout le monde, ce sont tous des Ivanov. La seule
qui est encore jeune et fraîche et pleine d’illusions, c’est Sacha. Elle arrive
au quatrième acte et Ivanov lui dit: en un an, tu as vieilli de plus de cinq
ans. La pièce est terrifiante.
Notre option de présenter la pièce dans une disposition quadrifrontale
ne permet aucun filtre. C’est la représentation de gens qui sont «là».MR: Vous les exposez sciemment avec tous leurs travers. MM: Avec tout. Ils ne peuvent se cacher de rien. Ils sont tout le temps exposés et c’est ce qui est terrible. Ils sont à nu, tout le temps. C’est évidemment difficile car il faut une excellence de jeu permanente. Tous les acteurs doivent trouver leur ligne d’action tout en faisant partie d’un ensemble, d’un orchestre. Ils continuent à vivre et évoluer sans cesse sur le plateau quadrifrontal et ils ne peuvent même pas se cacher derrière un voilage. MR: Au metteur en scène de trouver l’équilibre dans ce mobile de personnages qui entourent Ivanov dans une sorte de danse macabre alors qu’il est comme un vide central. MM: Oui, effectivement, parce qu’Ivanov ne tire aucune scène. Il se contente de réagir, mal, mais il réagit néanmoins aux autres. Il y a sans doute plein de manières de monter cette pièce, mais j’avais personnelle- ment envie de la monter en essayant de trouver une forme de naturalisme, de faire une pièce sans technique, sans fard et arriver à cette épure-là. Il n’y a que du brut, de l’humain sur scène.
| THÉÂTRE DES CAPUCINS
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BIOGRAPHIES
ANTON TCHEKHOV (1860-1904)
Auteur
Né en 1860 à Taganrog en Crimée, fils de marchand et petit-fils de cerf,
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Anton Pavlovitch Tchekhov fut élevé dans cette ville avant de faire des
études de médecine à Moscou. Il délaissa pourtant ses études pour la
littérature et commença par publier des contes humoristiques avant de
trouver sa voie, celle de romancier et dramaturge passionné par les
brûlants problèmes de la personnalité et de la vie humaine. En 1989,
parut sa première pièce dans sa deuxième version, Ivanov, qui connut
le succès après plusieurs tentatives malheureuses. L’existence de
Tchekhov, à partir de ce moment-là, ne comporte plus d’événements
saillants, à l’exception d’un voyage jusqu’à l’île Sakhaline, fait par la Sibérie
à l’aller, et le long des côtes de l’Inde au retour. Il laissa des documents
sur ce périple dans ses nouvelles L’Île Sakhaline (1891) et En déportation
(1892). Durant la famine qui, en 1892-1893, dévasta la Russie méridionale,
il prit part à l’œuvre de secours sanitaire. Ensuite, il passa de nombreuses
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années dans sa petite propriété de Melikhovo, proche de Moscou, où il
écrivit la plus grande partie de son œuvre. Après un échec au théâtre
Alexandrinski de Saint- Pétersbourg, sa pièce La Mouette connut un
succès remarquable au Théâtre d’Art de Stanislavski et de Némirovitch-
Datchenko de Moscou. Cette pièce scella la collaboration fructueuse
entre ces trois hommes au Théâtre d’Art où virent le jour Oncle Vania
(1899), Les Trois Sœurs (1900) et La Cerisaie (1904). Le nombre de ses
récits, auxquels il dût de gagner une popularité toujours croissante en
tant qu’interprète des dispositions et des états d’âme de son temps,
s’était considérablement augmenté. Dans ses pièces comme dans ses
nouvelles, on relève une atmosphère spéciale, que Korolenko a excellem-
ment définie comme l’état d’âme d’un «joyeux mélancolique». Atteint
de la tuberculose, Tchekhov dut se retirer en Crimée d’où il se rendit
à plusieurs reprises en Allemagne et en France pour se faire soigner.
En 1903, il se maria avec Olga Knipper, jeune actrice du Théâtre d’Art.
Tchekhov mourut en 1904 à Badenweiler en Allemagne lors d’un
voyage de cure.MYRIAM MULLER Mise en scène Comédienne de formation, elle a joué de nombreux rôles en français, allemand, luxembourgeois et anglais. Molière, Shakespeare, Strindberg, Coward, Ibsen, Bergman, Hanokh Levin, Sophocles, Kroetz, Tchekhov, Claudel. Elle a aussi réalisé deux courts métrages sélectionnés dans de nombreux festivals. Myriam Muller a co-signé trois mises en scène avec Jules Werner: Angels in America de Tony Kushner (2008), Un garçon impossible de P.S. Rosenlund (2010) et La Longue et Heureuse vie de M et Mme Toudoux (2011) d’après Feydeau aux Théâtres de la Ville de Luxembourg. Elle a également mis en scène Le Misanthrope de Molière (2012) et La Leçon de Ionesco (2012) au Théâtre du Centaure. Elle a monté toujours aux Théâtres de la Ville de Luxembourg et en copro- duction avec La Comédie de St-Etienne Pour une heure plus belle (2013) d’après trois courtes pièces de Daniel Keene et Blind Date (2014) de Théo van Gogh en création mondiale en langue française. Ce spec- tacle s’est aussi joué au NEST, CDN de Thionville. Ses dernières mises en scènes sont Dom Juan (2015) de Molière aux Théâtres de la Ville de Luxembourg et en tournée en France, Oncle Vania (2015) de Tchekhov, Love & Money de Dennis Kelly et Cassé de Rémi de Vos, Rumpelstilzchen d’après les Frères Grimm de Ian De Toffoli, Anéantis de Sarah Kane aux Théâtres de la Ville, ainsi que Mesure pour Mesure de Shakespeare au printemps 2018. En 2019 elle a monté Breaking the Waves d’après le scénario de Lars von Trier aux Théâtres de la Ville et en tournée en France et Belgique. Sa dernière mise en scène était Terreur de F. von Schirach pour le Théâtre du Centaure. Elle est directrice artistique du Théâtre du Centaure depuis 2015 et chargée de cours au Conservatoire de Luxembourg depuis 1998. ANOUK SCHILTZ Scénographie Anouk Schiltz est une scénographe et costumière luxembourgeoise. Diplômée de l’École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris en 2005, elle travaille avec différents metteurs en scène, notamment Charles Muller pour Fin de partie de Beckett (Théâtre d’Esch, Théâtre national de Sibiu), La Vérité m’appartient de Nathalie Ronvaux (Théâtre des Capucins, Théâtre d’Esch) et Déi bescht Manéier aus der Landschaft ze verschwannen de Guy Rewenig (Théâtres de la Ville de Luxembourg, CUBE 512, Trifolion Echternach) ainsi qu’avec Anne Simon pour son
adaptation de Don Quichotte (Théâtre national du Luxembourg,
Ruhrfestspiele de Recklinghausen) et Georges Dandin de Molière
(Théâtre du Centaure, Maison de la culture de Niederanven, Centre
culturel de Kinneksbond). Elle signe les décors et les costumes des
spectacles Bric à Brac de Marie-Lune (Festival OFF d’Avignon), Tsiganes
du collectif MASKéNADA, Hedda Gabler de Henrik Ibsen mis en scène
| GRAND THÉÂTRE
par Gerhard Weber (Théâtre de Trèves), Les Sorcières de Salem d’Arthur
Miller mis en scène par Douglas Rintoul (Queen’s Theatre de Hornchurch,
Théâtres de la Ville de Luxembourg), Nain Tracassin d’après les Frères
Grimm mis en scène par Myriam Muller (Théâtres de la Ville de Luxembourg,
Théâtre d’Esch, Centre des arts pluriels d’Ettelbrück) et La Dispute
de Marivaux mis en scène par Sophie Langevin (Théâtre national du
Luxembourg, Théâtre d’Esch, Centre des arts pluriels d’Ettelbrück).
Récemment elle signe les costumes pour l’opéra Les Mille Endormis
du compositeur Adam Maor, mis en scène par Yonatan Levy, direction
musicale Elena Schwarz une commande du Festival d’Aix-en-Provence
et des Théâtres de la Ville de Luxembourg (création mondiale au Théâtre
du Jeu de Paume/tournée: Théâtres de la Ville de Luxembourg/Calouste
Gulbenkian Foundation (Lisbon), Théâtre Royal De La Monnaie/De
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Munt (Bruxelles).
SOPHIE VAN DEN KEYBUS
Costumes
Née en Belgique, Sophie Van den Keybus a fait ses études à l’Académie
Royale de Beaux Art à Anvers. Elle s’y est formée comme plasticienne
et designer de costumes. Depuis elle et vit et travaille entre le Luxembourg
et la Belgique. Elle commence sa carrière en Belgique chez Piazza dell
Arte, un collectif d’artistes où elle s’est développée comme designer de
costumes et de concepts visuels pour performances et installations.
Ensuite elle crée les costumes pour des pièces de théâtre, des films et
des séries télévisées dans différents pays. Parallèlement elle conçoit des
projets personnels résultant dans des séries de photos ou des installa-
tions théâtrales comme Maison Jumeau, Metanoia, Les Petits et BOS.RENAUD CEULEMANS Lumières Renaud Ceulemans est né à Bruxelles le 6 février 1968. Plasticien au départ il se tourne rapidement vers la lumière. Il débute sa carrière d’éclairagiste aux côtés de la compagnie des Ateliers de l’Échange en 1989. Depuis lors, il travaille dans le domaine des arts de la scène, du théâtre jeune public à la danse, avec notamment Agnès Limbos, Peggy Thomas, Alexandre Tissot, Louise Vaneste, Frédéric Dussenne, Pauline d’Ollone, Lorent Wanson, Jamal Yousfi, Lara Ceulemans, Myriam Muller, Virginie Strub… Artiste tout-terrain, il a travaillé dans à peu près tous les théâtres de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il reçoit le prix de la critique Théâtre/Danse de la Fédération Wallonie-Bruxelles en 2007-2008 pour ses éclairages dans Nuit avec ombres en couleurs mis en scène par Frédéric Dussenne au théâtre de l’Ancre. Depuis quelques années il travaille également dans le milieu de l’art contemporain, éclairage d’exposition, installation plastique, cours de peinture. DALIAH KENTGES Assistante à la mise en scène Daliah Kentges est née en 1985 à Esch-sur-Alzette. En 2012, parallèlement à ses études doctorales, elle commence à travailler avec Anne Simon en tant qu’assistante à la mise en scène. De nombreuses collaborations avec différents metteurs en scènes suivront, notamment avec Max Claessen, Frank Feitler, Jérôme Konen, Stefan Maurer, Charles Muller, Myriam Muller, Reto Nickler, Laura Schroeder et Laurent Delvert. En 2019 elle signe sa première mise en scène au Théâtre des Casemates: Les Trois Sœurs de Tchekhov. Depuis 2015 elle est la responsable de la coordination du Fundamental Monodrama Festival.
MATHIEU BESNARD
Lvov
Formé à l’INSAS dont il est diplômé en 2009, Mathieu Besnard collabore
dès sa sortie avec les metteurs en scène Thibaut Wenger, Sophie Maillard,
Léa Schwebel. Il a travaillé avec Thibaut Wenger sur L’Enfant froid,
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Woyzeck, Platonov ou presque, La Cerisaie et Nora. En 2015, il est élu
meilleur espoir masculin aux Prix de la Critique Théâtre & Danse pour
ses rôles dans La Cerisaie mis en scène par Thibaut Wenger et L’Enfant
Colère mis en scène par Sophie Maillard. Membre actif de la compagnie
Rafistole Théâtre et Premiers Actes. Tout récemment, Mathieu Besnard
a joué dans Breaking the Waves mis en scène par Myriam Muller, ainsi
que dans Détester tout le monde mis en scène par Thibaut Wenger.
DENIS JOUSSELIN
Chabelski
Après avoir sillonné les mers comme skipper, les continents comme
curieux, exercé différents métiers, il revient en France et se consacre
alors aux métiers du théâtre. Il se forme à l’École Claude Mathieu de
| STUDIO
1990-1992. Il crée la compagnie La Tribu à Paris, entre 1993 et 2006,
et gère un lieu de productions de spectacles (Le Duplex). Metteur en
scène de plusieurs spectacles, il s’essaie à la production de spectacle
musical (La Guinguette a rouvert ses volets – 3 nominations Molières en
2005). Puis il se consacre plus particulièrement au métier de comédien.
Il jouera en France pour Catherine Schaub, Alexandre Zloto, Jérôme
Imard. Il travaille au Luxembourg avec: Carole Lorang, Marc Olinger,
Sophie Langevin, Marion Poppenborg, Valérie Bodson, Marja-Leena
Junker, Myriam Muller, Yuri Kordonsky, Charles Muller, Jérôme Konen,
Stéphane Roussel, Jérôme Varanfrain, Catherine Schaub, Thierry Mousset
pour le théâtre et joue trente pièces entre 2005 et 2020; pour Jonathan
Demme, Bertrand Tavernier, Jean-Baptiste Andréa, Bravo Defune,
Robin Erard, Cécilia Guichard, Filippo Meneghetti, pour le cinéma.
NICOLE MAX
Zinaïda
Née au Luxembourg, elle vit à Paris depuis les années 80 où elle a fait
sa formation d’art dramatique. Depuis elle a participé à de nombreuses
productions théâtrales en France et au Luxembourg, en français,
allemand et luxembourgeois sous la direction notamment de Emmanuel
Demarcy-Mota, Daniel Benoin, Jean-Louis Benoit, Julia Vidit,Jean-Jacques Blanc, Marja-Leena Junker, Sophie Langevin, Marc Olinger, Hansgünther Heyme, Renate Ourth, Marion Poppenborg, Claude Mangen, Eva Paulin… Depuis 2013 elle fait partie du groupe de théâtre L’Atelier RL sous la direction de René Loyon, Paris. On l’a vu récemment dans Cassé de Rémi De Vos dans une mise en scène de Myriam Muller au Théâtre du Centaure et dans Versetzung de Thomas Melle, mis en scène par Max Claessen au Théâtre des Capucins. Le cinéma et la télévision lui ont offert des partitions importantes, dont les films Tausend Ozeane de Luki Frieden, Perl oder Pica de Pol Cruchten, La dernière fugue de Lea Pool, Doudegen Wénkel de Christophe Wagner, Fieber de Elfi Mikesch et dernièrement la série télévisuelle Capitani. JORGE DE MOURA Doudkine & Musique live Jorge De Moura est un musicien polyinstrumentiste, compositeur et chanteur dans plusieurs formations: Grizz-li, Humph, Trioman Orchestri. Il travaille également pour d’autres artistes en tant que musicien mais aussi bruiteur ou comédien: Laura Adammo (chanson française), Les 5 affreux Claps, Sales Gosses, Robert(s) (théâtre). Il conçoit aussi depuis peu des installations sonores interactive (La beat box) et des instruments de lutherie sauvage pour différents spectacles. Il transmet régulièrement sa passion dans les écoles lors d’ateliers destinés aux amateurs, et en IME (institut médico éducatif) auprès d’enfants en situation de Handicap. SOPHIE MOUSEL Anna Sophie Mousel va suivre dès l’âge de 6 ans une formation intense de pianiste avec Maurice Clement et David Ianni. Après son bac littéraire, elle s’installe à Paris pour faire une licence de Lettres Modernes (Sorbonne IV) et commencer en parallèle les Cours Florent, où elle sera admise en Classe libre en 2013. À Paris elle a joué Guenièvre dans Merlin ou la terre dévastée (Théâtre 13), Élena dans Oncle Vania (Bouffes du Nord) et tourné dans Le Correspondant et Nicky Larson etc. Au Luxembourg, elle a joué récemment dans Le Jeu de l’amour et du hasard et dans Rabonzel. À l’écran on a pu la voir dans la série Capitani, De Butték, Paprika (clip) et prochainement, Skin Walker.
VALÉRY PLANCKE
Lébédev
Ancien athlète de haut niveau (natation), formé au métier d’acteur à la
classe libre du Cours Florent sous la direction de Vincent Lindon, Redjep
Mitrovista, Jean-Louis Trintignant (master class). Stages avec Oskaras
| GRAND THÉÂTRE
Korsuonovas et Michel Massé. Metteur en scène et comédien dans la
Compagnie Roland Furieux, il joue dans Un caprice et On ne badine pas
avec l’amour de Musset, Exterminez toutes ces brutes de Lindquist, et
met en scène Quartet d’Heiner Müller. Comédien pour le Théâtre du
Jarnisy, il joue dans L’Orélie de Claudine Galéa, Encyclopédie de l’intime,
Juste la fin du monde, La bonne âme de Setchouan de Brecht. Comédien
également pour Carlos Dogman La Mouche de Vadim Levanov; pour
Radu Afrim Mansarde à Paris avec vue sur la mort de Visniec; pour
Ladislas Chollat La cantatrice chauve d’Ionesco; pour Marja-Leena
Junker Je suis Adolph Eichmann de Yutinen; pour Illia Delaigle Douleurs
fantômes de Sigariev, Bertrand Sinapi, Augustin Bécard, et la Compagnie
des Bestioles dans L’hidenboy et La danse de Gengid Cohn. Performances
voix, chant, corps, image, son.
| STUDIO
MANON RAFFAELLI
Sacha
Manon Raffaelli est née en 1989 à Paris. Après avoir obtenu sa licence
d’études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle, elle se concentre sur la
pratique du jeu et entre, en 2010, à l’Edt 91 dirigée par Christian Jehanin.
Elle rencontre plusieurs intervenants dont Jean-Louis Hourdin, Valérie
Blanchon, Gilles David, Sonia Barcet ou encore Jean Edouard Bodziak
avec qui elle découvre le masque. En 2012 Manon intègre la promotion
26 de l’École Nationale supérieure de la Comédie de Saint-Etienne et
continue son apprentissage auprès d’Arnaud Churin, Valère Novarina,
Caroline Guiela N’Guyen, Mathieu Cruciani, Claire Aveline, Alain Françon
et Marion Aubert qui écrit leur spectacle de sortie, Tumultes, toujours
en tournée (Avignon off 2020). Depuis sa sortie, Manon a travaillé avec
Marc Paquien dans Les Fourberies de Scapin et Arnaud Meunier dans
Truckstop qu’elle crée dans le cadre du Festival d’Avignon 2016. Depuis
trois ans, Manon intègre différents projets de compagnies émergentes
et découvre le plaisir de la création collective ainsi que l’écriture de
plateau. Elle interprète Sacha dans Ivanov monté par Myriam Muller
au Grand Théâtre de Luxembourg.RAOUL SCHLECHTER Kossykh Après sa formation d’acteur sous la direction d’Andréas Voutsinas, Raoul Schlechter a débuté sur les planches du Théâtre National du Luxembourg dans la production Hamlet de Frank Hoffmann en 2005. Dès lors, on a pu le voir dans différents spectacles, dont dernièrement: De la démocratie mis en scène par Laurent Gutmann, Intervention mis en scène par Sandra Reitmayer, Les héros sont fatigants mis en scène par Jacques Schiltz ou encore Dealing with Clair mis en scène par Anne Simon. Ivanov est sa cinquième collaboration avec la metteuse en scène Myriam Muller, après Le misanthrope, Love & Money, Rumpelstilzchen et Terreur. Au cinéma et à la télévision, on a pu le voir entre autres dans Sous le Figuier d’Anne-Marie Etienne, L’enquête de Vincent Garenq, Eng nei Zäit de Christophe Wagner et dernièrement dans la série Capitani. PITT SIMON Borkine À partir de 2001, Pitt Simon effectue une formation de comédien aux Ateliers du Sudden à Paris, école d’art dramatique dirigée par Raymond Acquaviva. À partir de 2004, il joue ses premiers rôles au Sudden Théâtre (Molière, Shakespeare, Musset…). Il participe ensuite à de nombreux projets de différentes troupes parisiennes, notamment Le Théâtre ambulant Chopalovitch (m.e.s.: Roch-Antoine Albaladejo), Le malade imaginaire (m.e.s.: Léonard Matton) et Le Café des jours heureux (m.e.s.: Johanna Boyé), pièces représentées dans le cadre du Festival OFF d’Avignon. Depuis 2006, on peut le voir régulièrement sur les scènes luxembourgeoises, où il travaille e.a. avec des metteurs en scène comme Marc Baum (Zoo Story, Terroristen), Claude Mangen (Professor Unrat), Anne Simon (Dow Jones, La Putain respectueuse, Prometheus, Den UBU als Kinnek, Viel gut essen, Weisser Raum, Georges Dandin), Rafael Kohn (Flaschenbrand), Jill Christophe (Music-Hall, Peanuts) Carole Lorang (Weird scenes inside the goldmine, Minidramen, Wilhelm B, Bérénice, La Folle de Grace), Wolfram Mehring (Von der Liebe Augenblick), Laurent Gutmann (Le Prince), Linda Bonvini (Séisme), Thierry Mousset (Oh du do uewen), Sophie Langevin (Illusions, Révolte), Max Claessen (Tom auf dem Lande), Charles Muller (Déi bescht Manéier…, Rabonzel) et Myriam Muller (Rumpelstilzchen, Mesure pour mesure).
ANOUK WAGENER
Babakina
Née en 1988 au Luxembourg, Anouk Wagener a terminé en 2012 ses
études théâtrales à l’Institut Max Reinhardt de Vienne. De 2013 à 2015,
elle est membre de l’ensemble du Theater und Orchester Heidelberg.
| GRAND THÉÂTRE
Elle travaille par la suite dans différents théâtres au Luxembourg, tels
les Théâtres de la Ville, le Kasemattentheater, le Théâtre du Centaure et
le Théâtre National. En Allemagne, elle s’est produite régulièrement aux
Ruhrfestspiele Recklinghausen. Au cinéma, elle a joué dans des films de
Pol Cruchten, Anders Morgenthaler, Max Jacoby et Luc Feit.
JULES WERNER
Ivanov
Jules Werner fait ses études théâtrales à Londres de 1998 à 2001, où il
sort diplômé de la Guildhall School of Music and Drama. Entre 2001 et
2005, il est membre de la compagnie anglaise Propeller, dirigée par
Edward Hall, où il apparaît dans Rose Rage, A Midsummer Night’s
Dream et The Winter’s Tale (West End et tournée). Au théâtre à Luxem-
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bourg, il a incarné e. a. le rôle-titre dans Dom Juan de Molière, Vladimir
dans En attendant Godot, Astrov dans Oncle Vania, Alceste dans Le
Misanthrope, Macheath dans L’Opéra de quat’sous, Clov dans Fin de
partie, Brick dans La chatte sur un toit brûlant et Prior dans Angels in
America. Il a co-mis en scène The Complete Works of W. Shakespeare –
gekierzt, Angels in America, Un Garçon impossible et La longue et
heureuse vie de M. et Mme Toudoux (une adaptation de quatre pièces
de Feydeau) avec Myriam Muller. Au cinéma, il a travaillé e. a. avec Félix
Koch (De Superjhemp retörns), Éric Rochant (Möbius), Bernard Bellefroid
(Melody), Jérôme Cornuau (La Traversée), Christophe Wagner (Doudege
Wénkel, Eng nei Zäit, Capitani), Michael Radford (The Merchant of
Venice) et Max Jacoby (Péitruss, Butterflies).| THÉÂTRE DES CAPUCINS
| THÉÂTRE DES CAPUCINS
| THÉÂTRE DES CAPUCINS
LES THÉÂTRES DE LA VILLE DE LUXEMBOURG Les Théâtres de la Ville de Luxembourg, à savoir le Grand Théâtre et le Théâtre des Capucins, ont depuis 2011 une seule direction et présentent une pro- grammation en danse, opéra et théâtre éclectique et motivée par le désir constant de répondre aux attentes et exigences d’une scène culturelle en plein essor et d’un public cosmopolite. Saison après saison, les Théâtres de la Ville s’emploient à faire honneur à leur rôle de pôle culturel en multipliant les rendez- vous du spectacle vivant et à contribuer activement au développement de la scène culturelle au Luxembourg, en associant notamment des talents locaux aux coproductions internationales et en mettant l’accent sur la création, l’émergence et le soutien aux créateurs de la place. Né de la même idée d’accompagnement et de partage, le TalentLAB, laboratoire à projets et festival multidisciplinaire, a vu le jour en 2016 et s’est mué en une plateforme vibrante pour les artistes émergents où l’expérimen- tation dans un espace sécurisé est mise en évidence. Avec la mise en place de la résidence de fin de création Capucins Libre en 2018, les Théâtres de la Ville ont souhaité encore intervenir à un autre endroit de la création et accompagner les artistes et collectifs dans la réalisation d’un projet en leur offrant le temps, l’espace et le soutien nécessaires à sa concrétisation. Finalement, des efforts considérables ont été consentis pour entretenir assidûment des partenariats avec d’autres lieux de spectacle en Europe afin de développer un modèle de coproduction nouveau axé sur l‘échange et la transmission, permettant d’un côté à des artistes de la place de participer à des projets internationaux et de l’autre à des projets locaux de partir en tournée à l’étranger. Cette stratégie consistant à associer des créations propres à des coproductions « maison » internationales a permis au Grand Théâtre et au Théâtre des Capucins d’accroître la visibilité de la création locale aussi bien dans la Grande Région qu’à travers l’Europe et de construire d’excellentes relations avec leurs partenaires. Direction Tom Leick-Burns Adjointe à la direction Anne Legill Conseils juridiques Alexandra Lux Bureau de production Nora Haeck, Antoine Krieps, Martine Kutten, Hélène Landragin, Melinda Schons, Joëlle Trauffler, Charlotte Vallé, Katja Wolf Bureau technique Pierre Frei, Laurent Glodt, Marion Mondloch, Jeff Muller Relations publiques Christiane Breisch, Yasmine Kauffmann, Manon Meier, Nadia Recken Secrétariat administratif Tamara Fascella, Thierry Kinzinger, Dominique Neuen, Valérie Peffer, Taby Thill Comptabilité Marc Molitor, Géry Schneider Audio/Vidéo Claude Dengler, Patrick Floener, Cay Hecker, Kevin Hinna, Holger Leim, Jeff Lenert, Joël Mangen, Marc Morth sr., Marc Morth jr. Lumière Anne Beckius, Carlo Cerabino, Steve Demuth, Jonas Fairon, Ralph Ferron, Pol Huberty, Kevin Kass, Gilles Kieffer, Sepp Koch, Fränz Meyers, Patrick Muller, Christian Pütz, Guy Scholtes, Marc Thein, Claude Weis, Patrick Winandy Machinerie de scène Gilberto Da Silva, Christopher Dumlich, René Fohl, Helmuth Forster, Cyril Gros, Lorent Hajredini, Patrick Hermes, Claude Hurt, Jeff Leick, José Mendes, Daniel Mohr, Eric Nickels, Paul Nossem, Joé Peiffer, Andy Rippinger, Roland Schmit, Jörg Seligmüller, Fabien Steinmetz, Frank Thomé, Yann Weirig Atelier Marc Bechen, Cristina Marques, Michel Mombach, Kevin Muller, Steve Nockels, Nadine Simon, Jérôme Thill Coordination habillage/maquillage/accessoires Michelle Bevilacqua, Claire Biersohn, Zoé Ewen, Marko Mladjenovic, Anatoli Papadopoulou Immeuble Nathalie Ackermann, Dany Ferreira, Luc Greis, François Hedin, Jeannot Jost, Jean Schutz Accueil Pierre Demuth, John Glaesener, Pit Clemen, Kurt Semowoniuk
THÉÂTRE DES CAPUCINS
VENDREDI 18 & SAMEDI 19 JUIN 2021 › 20H00
Maître Karim la perdrix
MARTIN BELLEMARE
MISE EN SCÈNE JEAN DE PANGE
AVEC (EN ALTERNANCE) VINCENT BELLÉE, LAURIANE CHEVAL-LOPEZ, THOMAS DESPORTES, GABRIEL GILLOTTE, ANTOINE HOULBREQUE, MARINE HUET,
NOA LANDON, AURÉLIA LEGRAND, MANON MAHIEU, ARTHUR PATIN, BAPTISTE PERCIER, MARGAUX VESQUE
RÉGIE GÉNÉRALE PHILIPPE HARIGA COLLABORATION ARTISTIQUE PASCALE NOÉ ADAM CONSTITUTION DE L’ÉQUIPE EN COURS
COPRODUCTION ASTROV (METZ); LA CITÉ THÉÂTRE (CAEN) AVEC LE SOUTIEN DE DRAC GRAND EST, DE LA RÉGION GRAND EST, DE LA RÉGION NORMANDIE,
DE LA VILLE DE METZ ET DES THÉÂTRES DE LA VILLE DE LUXEMBOURG DANS LE CADRE DE LA RÉSIDENCE DE FIN DE CRÉATION CAPUCINS LIBRE
INFORMATIONS & RÉSERVATIONS
WWW.LESTHEATRES.LU WWW.LUXEMBOURGTICKET.LU
@LESTHEATRESVDLIMPRESSUM
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Photos: © Boshua
Impression: Atelier reprographique
de la Ville de Luxembourg
Grand Théâtre
1, Rond-Point Schuman
L-2525 Luxembourg
www.lestheatres.lu
www.luxembourgticket.lu20 21
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