Esmod La revue des expos Marie-Christine Fiévet

 
Esmod La revue des expos Marie-Christine Fiévet
Esmod
La revue des expos                                  Marie-Christine Fiévet

12/2018

                              Japon

          Vue de l’exposition Japon – Japonismes au MAD (Photo MC Fiévet)
                Tanaka Ikko, Miyake Issey : Robe Nihon Buyo Japon, 2015

Dans le cadre de la saison Japonismes 2018 : les âmes en résonnance,
de nombreuses manifestations ont lieu depuis le mois de juillet dernier et
et jusqu’en mars 2019, à Paris et en France. De quoi réjouir tous les amateurs
de culture et d’art japonais !

                                                                                 1 1
Esmod La revue des expos Marie-Christine Fiévet
Expositions d’art traditionnel, art contemporain, design, architecture, spectacles
de nô et de kabuki, de bunraku, concerts de musique traditionnelle – gagaku –
et rétrospectives de cinéma, enchantent cette saison japonaise qui célèbre le
150e anniversaire de l’ère Meiji ainsi que le 160e anniversaire des relations
diplomatiques entre la France et le Japon.
Un certain nombre d’évènements sont terminés – comme les expositions de
grande qualité Jomon, Naissance de l’art dans le Japon préhistorique à la
Maison de la culture du Japon, ainsi que Jakuchu, Le Royaume coloré des êtres
vivants qui s’était tenue au Petit Palais – mais il reste beaucoup à voir en cette
fin d’année 2018 !

. Japon – Japonismes Objets inspirés 1867-2018 au MAD Paris, jusqu’au
  3 mars 2019

  Près de 1400 œuvres d’art sont
  présentées sur 3 niveaux, des
  objets d’art et de design à la
  création de mode, en passant
  par les arts graphiques et la
  photographie : il s’agit de mon-
  trer la poésie des objets, expli-
  que Olivier Gabet, directeur du
  musée et commissaire de l’ex-
  position. C’est une exposition
  au pluriel – Japonismes – car il
  y a plusieurs Japon, celui de
  1860 n’est pas celui d’aujour-
  d’hui ; le but étant de mettre
  en avant, à chaque époque, les
  liens qui unissent la France et le
  Japon. Les relations sont denses
  avant la première guerre mon-
  diale, beaucoup moins ensuite,
  puis à nouveau très denses à la
  fin du XXe siècle et au début du
  XXIe siècle.
  Dans le catalogue de l’exposi-
  tion, Ando Hiroyasu, Président
  de la Fondation Japon, rappelle
                                         Utagawa Hiroshige Le temple de Kinryuzan à
                                         Asakusa – série des Cent vues célèbres d’Edo
                                         Estampe, Japon, 1856
                                         Musée des Arts Décoratifs © MAD Paris /
                                         Photo Jean Tholance

                                                                                        2 2
Esmod La revue des expos Marie-Christine Fiévet
Félix Henri Bracquemont (1833-1914),
             peintre graveur, François-Eugène
    Rousseau (1827-1890), éditeur marchand.
  Lebeuf Millet & Cie (1840-1876), fabrique.
            Coupe du Service Rousseau, 1866
Creil Montereau, faïence blanche polychrome
     Don de Mlles Le Pelley Fonteny, en sou-
           venir de leur mère, Mme Raymond
                      Le Pelley Fonteny, 1970
             Musée des Arts Décoratifs, Paris
                             Photo MC Fiévet

       que « c’est en 1867 que le
       Japon a participé pour la
       première fois à une Exposi-
       tion universelle, à Paris. Les
       ukiyo-e, meubles et autres
       objets exposés ont séduit les
       Européens et conduit à la
       mode du japonisme ».

                                                      Peigne (kushi) Iris
                                                      Japon, fin XIXe siècle
                                                      Ivoire, nacre et écaille
                                                      Musée des Arts Décoratifs
                                                      © MAD Paris / Jean Tholance

                                                      C’est donc tout naturelle-
                                                     ment par une belle évocation
                                                    des Expositions universelles,
                                                   autres expositions, voyageurs
                                                   et collectionneurs – qui ont
                                                   tous contribué à la connais-
                                                   sance et à l’engouement pour
                                                   l’art japonais en France – que
                                                   s’ouvre cette très vaste présen-
                                                   tation.

                                                Badoit commanditaire
                                                Eventail St Galmier – Badoit, vers 1900
                                                Bambou, papier, métal, aquarelle,
                                                gouache
                                                Don Anne et Michel Lombardini, 2013
                                                Musée des Arts Décoratifs, Paris
                                                Photo MC Fiévet

                                                                                    3 3
Esmod La revue des expos Marie-Christine Fiévet
Puis sur les trois niveaux du musée, une mise en scène thématique bien conçue
           permet de faire dialoguer passé et présent. S’y mêlent des objets de typologies
           très différentes selon des thématiques successives : la nature, le temps, le
           mouvement et l’innovation, qui concerne autant les nouvelles techniques que
           les nouvelles formes.
           Avec plus de mille objets sortis de ses réserves, le Musée des Arts Décoratifs,
           fondé en 1864, montre qu’il a été pionnier dans l’initiative de conserver et pré-
           senter l’art japonais en France. Il organise dès 1869 la première grande expo-
           sition d’art oriental et notamment japonais.

Emile Gallé : Vase La Carpe, Nancy, 1878         Henri Lambert, François-Eugène Rousseau : Assiette
Verre bleuté, dit clair de lune, soufflé-moulé   Service Lambert-Rousseau, Paris, 1873-1875 – faïence
et émaillé                                       Paris, Musée des Arts Décoratifs
Musée des Arts décoratifs                        Achat François-Eugène Rousseau, 1885
MAD Paris / Jean Tholance                        Photo MC Fiévet

          Ses riches collections, auxquelles s’ajoutent certains prêts, permettent au
          musée de confronter œuvres d’art japonais et inspirations dans l’art français,
          dans des domaines aussi variés que l’affiche, l’illustration, le papier peint,
          l’art du livre, la céramique, les boîtes, les vases, le design, les éventails, les
          peignes et bien sûr la mode qui n’est pas oubliée au fil des différents thèmes.

                                                                                                    4 4
Esmod La revue des expos Marie-Christine Fiévet
Eugène Ogé : Affiche Thé Lombart Importation
Directe, Paris, 1901
Musée des Arts Décoratifs
MAD Paris / Jean Tholance

    Le 3e étage est consacré à l’innova-
    tion dans le design, le jouet d’enfant
    et la mode. Un grand espace accueil-
    le mobilier, luminaires et autres objets
    de design.
    Quant à la mode, elle est représentée
    par des tenues de couturiers japonais
    contemporains : Kenzo Takada, Yohji
    Yamamoto,

  Charlotte Perriand Chaise longue basculante,
  Japon, 1940
  Musée des Arts Décoratifs
  MAD Paris / Jean Tholance

    Rei Kawabuko pour Comme des
    Garçons, et surtout les collabora-
    tions d’Issey Miyake avec le gra-
    phiste Ikko Tanaka, grâce aux
    prêts de la maison Issey Miyake.

Sato Oki Cabbage
Siège, éditions Nendo – Japon, 2008
Musée des Arts Décoratifs
Photo MC Fiévet

                                                 5 5
Esmod La revue des expos Marie-Christine Fiévet
Kenzo Jap par Kenzo Takada
                                      Chemisier, printemps-été 1972
                                      Voile de coton imprimé
                                      Musée des Arts Décoratifs
                                      Photo MC Fiévet

Tanaka Ikko, Miyake Issey
Vêtements Bokugi
Japon, 2016 – Lin
Musée des arts Décoratifs
Photo MC Fiévet

                                 Yohji Yamamoto Pantalon large,
                                 ensemble 2 pièces, printemps-été 2008
                                 Gabardine de coton noir
                                 Musée des Arts Décoratifs
                                 MAD Paris / Jean Tholance

                            Comme des Garçons par Rei Kawakubo
                            Ensemble veste et jupe, automne-hiver 2016
                            Façonné de nylon et toile nylon imprimée
                            Musée des Arts Décoratifs
                            MAD Paris / Jean Tholance

                                                                 6 6
Esmod La revue des expos Marie-Christine Fiévet
. Trésors de Kyoto Trois siècles de création Rinpa au Musée
                       Cernuschi, Musée des arts de l’Asie de la Ville de Paris,
                       Jusqu’au 27 janvier

 Ogata Korin, inscription de Keishu Dorin
Deux éventails avec décor de pins enneigés
                     et lierre, XVIIIe siècle
           Encre, couleurs et or sur papier
  Rouleau vertical – collection particulière

 Le musée Cernuschi consacre
 une exposition au style Rinpa,
 courant de la peinture décora-
 tive japonaise apparu à Kyoto
 au XVIIe siècle, au début de l’époque Edo, et perdurant jusqu’à la fin de l’ère
 Meiji. Le parcours présente ces trois siècles de création particulièrement inven-
 tive tant sur le plan du style que des techniques utilisées. Les artistes livrent
 leur interprétation de la nature en simplifiant les formes. L’un des plus en vue,
 Korin, réalise au XVIIIe siècle des œuvres décoratives originales qui vont être

         Watanabe Shiko Cerisiers en fleurs à Yoshino, paravent gauche, XVIIIe siècle
              Paire de paravents à 6 panneaux – Encre et couleurs sur feuille d’or
     Avec l’aimable autorisation du musée national de Tokyo – Image : TNM Image Archives

 collectionnées bien plus tard par les impressionnistes et les Nabis. Un certain
 nombre de paravents peints sont exposés, dont ceux dûs à Korin, mais aussi
 d’autres, en provenance de musées japonais ou de collections particulières.
 Ne pas rater cette exposition séduisante, c’est un grand moment de beauté et
 de raffinement !

                                                                                           7 7
Esmod La revue des expos Marie-Christine Fiévet
. Meiji Splendeurs du Japon impérial au Musée national des arts asiatiques
  Guimet, jusqu’au 14 janvier

   Vue d’ensemble du quartier français de Yokohama Utagawa Kuniteru II (1829-1874)
   Estampe (ukiyo-e, nishiki-e), Japon, 1872 – Paris, MNAAG, don Komorimiya (1999)
                  © RMN-GP (MNAAG, Paris) / Thierry Ollivier

  L’exposition montre la transformation du Japon à l’ère Meiji avec un parcours
  de trois cents objets d’art issus de toutes disciplines : photo, peinture, cérami-
  que, textile, bronze, orfèvrerie… De 1868 à 1912, l’empereur Meiji fait entrer
  le Japon dans la modernité en le sortant de son isolement ; l’empereur quitte
  Kyoto pour Edo, qui devient alors Tokyo et le Japon s’ouvre à l’Occident.
                                                     La première partie de l’exposi-
                                                     tion témoigne de la modification
                                                     des paysages urbains, suivie du
                                                     rayonnement des arts japonais
                                                     vers les pays occidentaux, notam-
                                                     ment par l’intermédaire des expo-
                                                     sitions universelles, ce qui provo-
                                                     que un véritable engouement au-
                                                     près des artistes et des amateurs
                                                     d’art avec la grande vogue du
                                                     japonisme.

                                                        Promenade à bord d’une barque
                                                        Illustration du chapitre Ukifune
                                                        Dit du Genji
                                                        Emaux cloisonnés – Japon, vers 1901
                                                        Londres, collection Khalili
                                                        © The Khalili Collection of
                                                        Japanese Art

                                                                                          8 8
Esmod La revue des expos Marie-Christine Fiévet
. Fendre l’air Art du bambou au Japon au musée du quai Branly
                      Jacques Chirac, jusqu’au 7 avril

                                                C’est un aspect moins connu des arts
                                                japonais que l’on découvre au musée
                                                du quai Branly : les vanneries en
                                                bambou.
                                                Le parcours plein de poésie raconte
                                                l’histoire des paniers de bambou, de-
                                                puis les modèles anciens tressés pour
                                                l’ikebana accompagnant la cérémonie
                                                du thé – ces derniers copiant d’abord
                                                les formes chinoises – jusqu’aux créa-
                                                tions contemporaines pleines de déli-

             Catalogue de l’exposition
             Editions Skira – 60€

                                           Morigami Jin Cosmo 2, 2013
                                           Beppu (préfecture d’Oita), région de Kyüshu
Hanakago Karamono-Utsushi : Vannerie       Bambou madake et laque
pour l’ikebana de style chinois            © Musée du quai Branly – Jacques Chirac
Japon, fin du XIXe siècle                  photo Tadayuki Minamoto
Bambou, rotin et laque                     Collection NAEJ
© Musée du quai Branly – Jacques
Chirac – Photo Claude Germain

                                                                                         9 9
Esmod La revue des expos Marie-Christine Fiévet
catesse. Sept vanniers contem-
         porains exposent ici leurs créa-
         tions qui deviennent des sculp-
         tures aériennes. Superbe !

Yonezawa Jiro Daruma (Bodhidharma), 2018
Bambou madake, acier et laque
© Musée du quai Branly – Jacques Chirac
Photo Claude Germain
Commande du musée du quai Branly – Jacques
Chirac

                                             Morigami Jin Ounabara (Grand océan),
                                                    2017 – Bambou madake et laque
                                             © Musée du quai Branly – Jacques Chirac
                                                          Photo Tadayuki Minamoto

Tanabe Chikuunsai Connexion
 entre le passé et le futur, 2018
             Bambou kurochiku
       © Musée du quai Branly
                 Jacques Chirac
     Photo Tadayuki Minamoto
  Commande du musée du quai
        Branly – Jacques Chirac

                                                                                  1010
. Vagues de renouveau Estampes japonaises modernes 1900-1960 à la Fondation
       Custodia (121 rue de Lille, 75007), jusqu’au 6 janvier

        Une exposition particulièrement remarquée !
        Les estampes exposées proviennent du musée Nihon no hanga à Amsterdam,
        qui regroupe la collection qu’Elise Wessels a constituée au cours des 25 derniè-
        res années. Les estampes qui y sont conservées offrent un aperçu exhaustif de
        la création artistique japonaise au XXe siècle. L’intégralité de cette collection

Yamamura Köka (Toyonari) (1885-1942) Danse à      Uehara Konen (1878-1940) Dotonbori, 1928
l’Hôtel New Carlton, à Shanghai, 1924             Gravure sur bois en couleurs
Gravure sur bois en couleurs – Collection Elise   Collection Elise Wessels – Nihon no hanga,
Wessels – Nihon no hanga, Amsterdam               Amsterdam

       est une donation promise au Rijksmuseum d’Amsterdam dans quelques années.
       Dès la fin du XIXe siècle, l’estampe traditionnelle japonaise (ukiyo-e) fait face
       à une crise due au changement de contexte culturel. La tendance est à la moder-
       nité, et, dans les ventes aux enchères – principalement à New York – les estam-
       pes d’artistes contemporains surpassent en valeur celles des maîtres tels que
       Hokusai, Utamaro et Hiroshige.
       Au début du XXe siècle la « nouvelle estampe » (Shin banga) voit le jour.

                                                                                               1111
Ito Shinsui (1898-1972)
                                Miroir à la main, 1954
                                Gravure sur bois en couleurs
                                Collection Elise Wessels – Nihon no hanga,
                                Amsterdam

                                  Nouvelles techniques et nouveaux
                                  thèmes favorisent une renaissance
                                  de l’estampe : portraits de femmes
                                  soucieuses de leur beauté, femmes
                                  indépendantes tournées vers la mo-
                                  de occidentale, paysages urbains
                                  faisant état de la modernisation
                                  et de l’occidentalisation des villes,
                                  notamment lors de l’émergence
                                  d’un nouveau Tokyo après les
                                  ravages causés par le grand trem-
                                  blement de terre du Kanto en 1923.

Azechi Umetaro (1902-1999)
   Pluie, issue du calendrier
                Nissan, 1957
Gravure sur bois en couleurs
   Collection Elise Wessels
Nihon no hanga, Amsterdam

                                                                             1212
Architecture :

               . Tadao Ando Le défi au Centre Georges Pompidou –
                 Galerie 3, niveau 1 – jusqu’au 31 décembre
                 « Trésor vivant » de l’architecture japonaise, Tadao Ando
                 fait l’objet d’une belle rétrospective dévoilant cinquante
                 projets, illustrés par 180 dessins, 70 maquettes ainsi que des
                 diaporamas

Art contemporain :

. Kohei Nawa Throne Pyramide du Louvre, jusqu’au 14 janvier
  Un géant doré et futuriste sous la Pyramide du Louvre !

. Sugimoto Versailles au Trianon, jusqu’au 17 février

       L’artiste et photographe japonais
       Hiroshi Sugimoto est invité à ex-
       poser dans le domaine de Trianon,
       notamment dans le petit salon octo-
       gonal du Belvédère où il a installé
       Surface of Revolution, modèle ma-
       thématique.

           Hiroshi Sugimoto Surface of Revolution,
                          2018 – aluminium, acier
                     Courtesy de l’artiste © Tadzio

                                                      Hiroshi Sugimoto Napoleon Bonaparte
                                                      1999 – tirage argentique
                                                      Courtesy de l’artiste © Tadzio

                                                                                            1313
Manga :
               . Manga – Tokyo à la Grande Halle de la Villette, jusqu’au
                 30 décembre

Art brut :
. Art brut japonais à la Halle saint-Pierre, jusqu’au 10 mars

               Photographie :
               . Couleurs du Japon par Hidenobu Suzuki Les Maisons du
                 Voyage (75006), jusqu’au 19 janvier

                      Les expositions    Foujita

Après la belle rétrospective présentée au printemps 2018 au musée Maillol à
Paris, plusieurs musées consacrent des expositions au peintre japonais, natura-
lisé français – pour commémorer les 50 ans de son décès – explorant les diffé-
rents aspects de son œuvre et les périodes successives de sa vie.

. Foujita Œuvres d’une vie (1886-1968) à la Maison de la culture du Japon à Paris,
  du 16 janvier au 16 mars

                                               Sont réunies ici 37 peintures repré-
                                               sentatives de l’évolution de l’artis-
                                               te, choisies parmi les collections
                                               de musées français et japonais.
                                               Foujita obtient un succès considé-
                                               rable dans le Paris des années folles,
                                               lorsqu’il met au point ce style très
                                               personnel caractérisé par la descrip-
                                               tion minutieuse des objets et par
                                               une gamme chromatique réduite
                                               aux tons très sombres et surtout au
                                               blanc.
                                               Personnage excentrique, il devient

                                             Mon intérieur, Paris (Nature morte au
                                             réveille-matin), 1921
                                             Huile sur toile – Musée national d’art
                                             moderne, Centre Georges Pompidou, Paris
                                             © Fondation Foujita / Adagp, Paris, 2018

                                                                                        1414
Nu à la toile de Jouy, 1922 – huile sur toile – Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
                        © Fondation Foujita / Adagp, Paris, 2018

la coqueluche du Tout-Paris, participe à toutes les réjouissances, se faisant
remarquer par ses tenues vestimentaires, et bien sûr par ses peintures de
nus à la chair laiteuse dans un style mêlant Orient et Occident. Il peint
ses compagnes, et les modèles en vogue à Montparnasse, telle Kiki de
Montparnasse représentée dans ce Nu à la toile de Jouy.

              . Foujita L’étoffe d’un peintre au Musée de la Toile de Jouy,
                Jouy-en-Josas, jusqu’au 13 janvier

                                                    Comme on vient de le voir, Foujita
                                                    affectionne la toile Jouy, au point
                                                    de la représenter dans ses tableaux.
                                                    Le Musée de la Toile de Jouy a donc
                                                    eu la bonne idée de concevoir une
                                                    exposition pour présenter des exem-
                                                    ples de toiles de Jouy en regard des
                                                    œuvres du peintre où celles-ci sont
                                                    représentées. Foujita sélectionne des
                                                    toiles imprimées en monochrome, ce
                                                    qui lui permet d’utiliser, comme à

                                                   Affiche de l’exposition
                                                   Foujita, l’étoffe d’un peintre

                                                                                            1515
son habitude, une gamme de
     couleurs réduite.
     L’autre partie de l’exposition
      est consacrée aux tissus, costu-
     mes et vêtements créés par le
     peintre : dessins textiles et
     tenues vestimentaires obtien-
     nent un franc succès auprès
     du microcosme mondain.
     De nombreux objets figurant
     ici sont prêtés par la Maison
      atelier Foujita de Villiers-le
     Bâcle, son dernier atelier.

                    Grand tsutsugaki thé
                   Maison Atelier Foujita

Importance particulière des manifestations consacrées au peintre franco-japonais
à Reims, ville pour laquelle l’artiste, converti au catholicisme, a conçu la chapelle
Notre-Dame-de-la-Paix – dite « chapelle Foujita » – ouverte en 1966. Le peintre
et sa dernière épouse y sont inhumés.
Outre une visite de la chapelle qui s’impose, on peut voir à Reims :

. Foujita artiste du livre à la Bibliothèque Carnegie, jusqu’au 12 janvier

          Foujita Le chat, extrait de Amal et la lettre du roi de R. Tagore, 1922
              © Fondation Foujita / ADAGP Paris 2018 / photo BM, Reims

                                                                                    1616
A l’occasion de cette présentation de la 1ère collection publique française des
  éditions illustrées par Foujita, la bibliothèque Carnegie propose la découverte
  de son génie créatif en tant que virtuose de la gravure sous toutes ses formes.
  L’exposition présente une cinquantaine d’éditions différentes, couvrant toute
  la carrière de l’artiste et retraçant son ambition : faire la synthèse des deux
  cultures découvertes dès l’enfance, celles de l’Extrême-Orient et de l’Occident.

                 . Regards sur… Foujita L’élégance du trait au musée des
                   Beaux-Arts, jusqu’au 11 février

                    L’exposition du musée des Beaux-Arts propose un dialogue
                    entre dessins et œuvres préparatoires conservés dans ce musée,
                    avec des estampes extraites de La Rivière Enchantée, livre de
                    bibliophile sur Paris, illustré par Foujita en 1951, et considéré
                    comme son chef-d’œuvre dans ce domaine.

Léonard Foujita, planche XVIII La Place       Planche XVIII, La Place Vendôme – dessin
Vendôme – eau-forte pour La Rivière           pour La Rivière enchantée de René Héron de
enchantée de René Héron de Villefosse,        Villefosse, 1951 – Bibliothèque municipale
1951 – Bibliothèque municipale de Reims       de Reims © Fondation Foujita / Adagp, Paris
© Fondation Foujita / Adagp, Paris 2018 /     2018 / Photo BM
Photo BM

                      Grâce à la générosité des neveux de Kimiyo, sa dernière
                      épouse, les œuvres préparatoires et recherches graphiques
                      de ce livre ont été confiées par donation au musée des
                      Beaux-Arts.

                                                                                            1717
Les autres expositions en France

. Japon & Jouy Dialogues entre Sarasa et Indiennes au Musée de la Toile de
  Jouy, à Jouy-en-Josas, jusqu’au 13 janvier

   Les étoffes arrivées en Eu-
   rope sous le nom d’Indien-
   nes ont également été adop-
   tées au Japon sous le nom
   de Sarasa, dès le XVIe siè-
   cle. Au Japon comme en
   Occident une production
   locale naît de cet engoue-
   ment et donne naissance
   à un nouveau langage tex-
   tile. L’exposition propose
   un dialogue entre Jouy et
   le Japon, entre Indiennes
   et Sarasa.

                    Tsushima Kimono
         Motifs en tsutsugaki, Meiji
Appartient à la collection Ana Berger

                   . Le goût du Japon voyages et collections à l’ère Meiji au Musée
                     Saint-Remi, Reims, jusqu’au 13 janvier

                                                 Nouvelle halte rémoise, direction
                                                 le Musée-abbaye Saint-Remi qui,
                                                 à l’occasion de la saison japonaise,
                                                 met en valeur sa riche collection
                                                 d’objets japonais donnée par l’entre-
                                                 preneur rémois Alfred Gérard parti
                                                 faire fortune à Yokohama à la fin du
                                                 19e siècle. Plus de 250 objets d’arts

                                               Masachika Netsuke : singe mangeant un kaki
                                               Osaka, seconde moitié du XIXe siècle
                                               Buis, incrustations de corne
                                               Signature : Masachika
                                               Don Hecht, 1974

                                                                                            1818
Kitagawa Utamaro (1753-1806) Pèlerinage à Enoshima, Edo vers 1790-1800
    Impression sur papier nikishi-e – triptyque format ôban – signature : Utamaro hitsu
                Editeur : Maruya Jimpachi – Legs P. Neveux, 1940

décoratifs japonais des 18e et 19e siècles sont présentés ici, en huit sections,
céramiques, œuvres sur papier, bronzes, armes ainsi qu’un palanquin de dame.
Le plus petit objet exposé ? Un Netsuke de 4,2 cm – Singe mangeant un kaki –
en buis et corne.

              . Yokainoshima Esprits du Japon au musée des Confluences,
                Lyon, jusqu’au 25 août

                 Présentation conjointe des objets provenant des collections du
                 musée, rapportés par Emile Guimet en 1876, et des photogra-
                 phies de Charles Fréger spécialiste des reportages sur des
                 communautés diverses ; après ses séries de portraits sur les majo-
                 rettes, les gardes républicaines et royales, les mascarades, les
                 Bretonnes…et bien d’autres, ce sont ses photos des rituels
                 japonais à travers les représentations des êtres surnaturels qui
                 sont montrées ici.

                     °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

                                                                                          1919
Vous pouvez aussi lire