ÉgalITé FIlleS garço Sn - Guide pédagogique - Académie de ...
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Compétences pour une culture de la démocratie :
pas de démocratie sans égalité
Matthew Johnson
Directeur de la Citoyenneté démocratique
et de la Participation au Conseil de l’Europe
L
a démocratie se définit en termes d’institutions effet, il y a des choses que nous sommes probablement
et de lois, mais, concrètement, il ne peut y capables de faire mais que, pour des raisons d’ordre
avoir d’institutions ou de lois véritablement moral et éthique, nous devons nous abstenir de faire.
démocratiques que si les citoyens adoptent, dans la
pratique, les attitudes et les comportements nécessaires ■ Le modèle du Conseil de l’Europe comprend
au fonctionnement de la démocratie. C’est ce que l’on 20 compétences réparties dans quatre domaines :
appelle la « culture de la démocratie ». Valeurs, Attitudes, Aptitudes et Connaissance et
compréhension critique. Vous trouverez un schéma
■ Cette culture de la démocratie doit, à chaque au dos de cette publication.
nouvelle génération, être reconstruite et développée.
L’apprentissage de cette culture ne se compare pas à ■ Le principe de l’égalité est particulièrement présent
celui du vélo, mais plutôt à celui d’une langue : si elle dans le domaine des Valeurs. La valorisation de la
n’est pas pratiquée, elle est oubliée. C’est par le seul dignité humaine et des droits de l’homme repose sur
biais de cette culture de la démocratie que l’on peut la conviction générale que tous les êtres humains sont
favoriser l’intégration et l’inclusion. Son acquisition égaux en valeur et dignité, qu’ils ont le droit à un respect
repose en grande partie sur l’éducation, qui contribue égal, qu’exactement les mêmes droits de l’homme et
également de façon déterminante à la création et au libertés fondamentales leur sont reconnus et qu’ils
maintien d’une Europe démocratique fondée sur la devraient être traités en conséquence.
démocratie, les droits de l’homme et l’État de droit.
■ Mais le modèle met en avant également la
■ Le Conseil de l’Europe a élaboré un Modèle de valorisation de la diversité culturelle, ce qui signifie
Compétences pour une culture de la démocratie, qui que d’autres références culturelles, ainsi que la pluralité
vise à définir les principales compétences nécessaires aux des perspectives, des points de vue et des pratiques
citoyens pour pouvoir participer de manière effective à devraient être perçues de façon positive, appréciées
la société démocratique. Ce modèle a été approuvé par et valorisées. Ces références culturelles ne se limitent
les ministres de l’Éducation de nos 47 États membres pas à une personne d’un autre pays ou qui parle une
lors de leur conférence permanente à Bruxelles les 11 autre langue ; il peut s’agir d’une personne de votre
et 12 avril 2016. Dans le contexte actuel, les États ont propre pays mais qui vient d’une autre région, quelqu’un
reconnu le rôle particulièrement important de l’éducation d’une autre religion, d’un autre groupe ethnique ou
à une culture démocratique dès le plus jeune âge dans simplement de l’autre sexe que vous.
la prévention d’actes d’extrémisme et de violence.
■ Ainsi, l’égalité et le respect de l’autre sont des
éléments fondamentaux de la culture démocratique.
Qu’entend-on par « compétences » ?
■ Les compétences seront décrites à l’aide d’un
■ Le terme « compétences » renvoie à ce qu’une ensemble de descripteurs pouvant être utilisés dans les
personne sait, comprend et est capable de faire, ainsi écoles, les universités et d’autres contextes éducatifs pour
qu’à ses valeurs et à ses attitudes – c’est-à-dire pas réviser et mettre au point des curriculums, des programmes
seulement à ce qu’elle peut faire, mais aussi à ce qu’elle d’études et des méthodes pédagogiques permettant d’aider
est disposée à faire. Il est important de prendre en les apprenants à devenir des citoyens démocratiques actifs
compte les valeurs et les attitudes dans la mesure où et d’évaluer leurs progrès. Le tout dans le respect des valeurs
celles-ci peuvent influencer l’action d’un citoyen. En dont le Conseil de l’Europe est le gardien.
www.coe.int/competencesL'éDITO de Céline Pétrovic sommaire
Enseignante-chercheuse, consultante et formatrice sur le genre et Pourquoi travailler la
l'égalité fille-garçon / femme-homme question de l’égalité filles-
garçons en établissement ? 4
En formation sur le genre et l’égalité fille-gar-
çon et femme-homme, souvent les mêmes Constats 5
questionnements surviennent. Les considérer ■ Les filles réussissent mieux que les
et échanger à leur propos est essentiel, sinon garçons 5
ces questionnements peuvent se cristalliser
en doutes permanents, en résistances et faire ■ Les choix d’orientation sont sexués 5
obstacle à la réalisation effective de l’égalité. ■ L’évolution professionnelle est à la
J’ai choisi d’en aborder ici quelques-uns et de faveur des hommes 6
proposer des pistes de réponses et peut-être
contribuer à déclencher une pédagogie égali-
taire et des projets qui favorisent l’égalité ! Causes 8
« Les différences de comportements observées quotidiennement entre les ■ Les stéréotypes et rôles de sexe 8
filles et les garçons sont spontanées, donc naturelles ». ■ La construction de l'identité 8
Les enfants intériorisent et reproduisent les comportements entre les sexes obser- ■ L'ancrage de cette idéologie 9
vés depuis leur naissance (famille, dessins animés, livres, jeux, pairs…). Toutefois
cela n’est pas le cas de toutes les filles et de tous les garçons : leurs comportements Comment travailler la
varient selon les contextes culturels et périodes historiques. Aussi, les recherches
depuis une trentaine d’années montrent que les comportements sociaux ne sont
question de l’égalité filles-
pas dus aux différences biologiques, et que la façon de se comporter en tant que garçons en établissement ? 11
fille ou garçon, femme ou homme, s’apprend au cours de l’éducation et tout au Le cadre officiel 12
long de la vie.
■ Le cadre européen 12
« Ce ne sont pas des inégalités mais de simples différences ».
■ Le cadre national 12
Nous sommes bien sûr tous et toutes différent.e.s. Néanmoins, certaines diffé-
rences d’attentes, le plus souvent inconscientes ou semblant légitimes, sont les ■ Le cadre régional 13
prémices des inégalités femmes-hommes futures, comme de s’attendre à une plus
grande autonomie et soin des filles et à un comportement turbulent des garçons. Le parcours Avenir 14
« Je ne fais aucune différence entre fille et garçon ». Les ressources 15
En effet, en général nous pensons et voulons traiter les enfants de façon égale. Exemples d’actions en Alsace 20
Toutefois les observations montrent que malgré la volonté explicite d’égalité,
nous avons, le plus souvent inconsciemment, des représentations et des attentes
Le réseau académique 28
vis-à-vis des filles qui ne sont pas les mêmes que pour les garçons. La certitude
d’être égalitaire est un des obstacles les plus importants à l’analyse et l’évolution ANNEXES
des pratiques pédagogiques pour favoriser l’égalité. ■ La convention régionale 30
« Est-ce à l’école de se préoccuper de l’égalité entre filles et garçons alors que ■ La fiche de recensement 34
l’éducation des enfants a lieu d’abord dans la famille ? ».
■ Bibliographie 35
L’éducation se réalise dans différentes sphères, principalement la famille et
l’école. Le rôle de l’école est de permettre à tous les enfants de s’épanouir et
d’accéder à des choix variés pour se réaliser, quelle que soit l’origine culturelle,
sociale, et quel que soit le sexe. Aussi, c’est à l’école que peuvent s’acquérir les
valeurs républicaines qui ont en leur cœur la liberté et la justice. C’est ce que
prônent les textes européens et français, trop peu connus, depuis 30 ans.
GRAND EST
« Les recherches sur le genre sont idéologiques ».
Les recherches sur le genre relèvent de la recherche scientifique et s’intéressent à
Directeurs de la publication :
décrire l’idéologie sexiste et homophobe de nos sociétés. Des rumeurs diffamant
Laurence Naert, Emmanuel Percq CSAIO
les recherches sur le genre ont été créées par des mouvements extrémistes anti-
Coordination : David Gless
démocratiques pour s’opposer aux politiques publiques d’égalité fille-garçon et Rédactrice en chef : Hélène Aubineau
femme-homme dans la société. Elles ont abouti à une rupture de confiance des Contribution : Virginie Jeltsch, Céline Petrovic,
parents vis-à-vis des équipes éducatives. Les auteur.e.s ont été condamné.e.s par élèves de 3e et enseignants du collège de l’Ill à Illfurth,
la justice. Gilles Hargous, Nicole Kneib, élèves de 4e du collège du
« Intégrer l’égalité dans les programmes et créer des projets égalité, cela de- Parc à Illkirch, Martine Heinrich, Françoise Seners, Astrid
mande du temps de travail supplémentaire ». Montavon, Johanna Liberté, Marie-Pia Oesterlé, Carole
Thirus, Stéphanie Specht
Poursuivre l’objectif d’égalité est un travail global, qui se réalise d’abord par petites Maquette et mise en page : Marie-Christine Baas
touches. Ces dernières années de nombreuses ressources pédagogiques ont vu Photo de couverture : capture d’écran du film G.I. Jane
le jour. Thématiques ou transversales, ces ressources s’intègrent souvent dans les Dépôt légal : janvier 2017
programmes actuels et sont prêtes à l’emploi. Non seulement cela ne demande
pas de travail supplémentaire, mais au contraire cela le facilite à long terme, car Imprimé en France
Imprimeur : CAR
travailler sur l’égalité c’est aussi travailler sur le respect des autres et la justice, ce qui
Tirage : 1 500 exemplaires
améliore le climat de classe.
égalite filles garçons 3POURQUOI
Fil
G
Pourquoi travailler la
question de l’égalité
filles garçons
en établissement ?
La question de l’égalité hommes–femmes n’est pas
une nouveauté, elle reste pourtant d’actualité. En
dépit de ce que l’on peut penser et des avancées
que nous avons pu observer depuis le siècle
dernier à ce sujet (droit de vote, mixité scolaire...),
beaucoup d’inégalités subsistent encore dans un
grand nombre de domaines (santé, éducation,
travail, pauvreté…).
En ce qui concerne l’éducation, et malgré l’évolution des Les objectifs d’égalité dans l’orientation et de mixité
mentalités et des pratiques, nous pouvons observer des dans les formations sont régulièrement rappelés dans
disparités dans les parcours scolaires et les choix d’orien- les textes officiels. Les enjeux se posent tout autant en
tation des filles et des garçons. termes de discrimination que d’efficience socio-écono-
Elles découlent des stéréotypes liés au sexe, encore for- mique. Il s’agit en effet d’une part de réduire les inégalités
tement répandus, consciemment ou non, dans les esprits dans l’accès à l’ensemble des formations et des métiers, et
de chacun ou de chacune. d’autre part de remédier à l’absence de mixité qui entrave
la vitalité et le dynamisme des organisations sociales et
Ces stéréotypes constituent des barrières à la réalisation économiques.
des choix individuels et contribuent à la persistance des
inégalités en influençant les choix des filières d’éduca-
s
tion, de formation ou d’emploi, la participation aux tâches
r e n s avoir plu
domestiques et familiales et la représentation aux postes Pou
décisionnels. Ils peuvent également affecter la valorisa- arçons
tion du travail de chacun ou de chacune. Filles et gin de l’égalité
m
sur le che
re de
L’école a un rôle majeur à jouer et compte parmi ses Le ministè nationale
u cati o n
l’éd que une
missions fondamentales, celle de garantir l’égalité des rend publi atistiques
série d e st
chances entre les filles et les garçons. Dans ce cadre, il est ignent sur
qui rense comparée
indispensable de permettre aux élèves de suivre un par- la réussite t des
cours de vie libéré de l’influence exercée par leur appar- des filles eepuis l’école
tenance sexuelle. garçons, d trée dans la
n
jusqu’à l’e
.
vie active
4 égalite filles garçonsPOURQUOI
l l =e s s
Garçon Les filles
90
86 %
réussissent 85
81 %
mieux que 80
les garçons 75
76 %
Les filles réus- 72 %
sissent nettement
70
mieux que les gar-
çons à l’école, dès 65
le primaire, elles Français Sciences
redoublent moins, Pourcentage d'élèves qui maîtrisent les
obtiennent de compétences du socle en fin de collège en 2013
meilleurs résultats scolaires et leur taux de réussite aux
examens est supérieur. Elles poursuivent des études
plus longues et plus de 45 % d’entre elles obtiennent
un diplôme d’enseignement supérieur contre 37 % seu-
lement des garçons. A l’inverse, 12 % des garçons de 17
ans connaissent des difficultés de lecture et 22 % d’entre
eux sortent de formation initiale sans diplôme.
On observe chez les filles les indicateurs de réussite
suivants :
● une plus grande rapidité du cursus scolaire (moins de
redoublement et plus d’années d’avance) ;
● une meilleure performance (notamment en français) ;
● un passage plus fréquent en 2de GT ;
● un taux de réussite supérieur au bac.
© Jérôme Pallé/Onisep
Les choix d’orientation sont sexués
Aujourd’hui, les filles et les garçons ont les mêmes possi-
bilités d’accès aux différentes voies et secteurs de forma-
tion, pourtant, on observe encore une différence marquée
Constats dans les choix scolaires et professionnels en fonction de
l’appartenance sexuelle.
‘‘ L’examen de la réussite comparée des
filles et des garçons, depuis le primaire
On observe les choix d’orientation suivants :
➜ une moindre ambition des filles à opter pour les filières
jusqu’à l’entrée dans la vie active, les plus sélectives, à résultats scolaires comparables à
illustre la persistance de parcours très ceux des garçons ;
différenciés entre filles et garçons. Ils ➜ les filles sont moins nombreuses à accéder aux filières
se caractérisent tant par une moindre scientifiques et techniques que les garçons et à y rester
réussite scolaire des garçons que après l’obtention du bac ;
par une réussite scolaire des filles ➜ les garçons, eux, font les choix les moins diversifiés ;
en trompe-l’œil puisque celles-ci ➜ les garçons se concentrent dans les secteurs de la pro-
s’orientent sur un nombre de filières duction, les sciences et les techniques ;
plus limité et, à diplôme équivalent, ➜ les filles se concentrent sur le secteur des services, le
s’insèrent moins bien en emploi. C’est littéraire et les sciences de la vie et de la terre.
ainsi que sont alimentées les inégalités
Les choix sexués persistent chez les filles comme chez les
professionnelles entre les femmes et
garçons. Il est le reflet de l’intégration précoce des stéréo-
les hommes, dont souffre notre pays.
NAJAT VALLAUD-BELKACEM Ministre de
’’ types de genre. Faire progresser les garçons, donner de
l’assurance aux filles, les encourager à s’engager résolu-
l’Éducation nationale, de l’Enseignement
supérieur et de la Recherche / ment dans des études scientifiques et technologiques
THIERRY MANDON Secrétaire d’État chargé de constituent autant de défis à relever dans les années qui
l’Enseignement supérieur et de la Recherche viennent pour notre système éducatif.
égalite filles garçons 5POURQUOI
Au lycée
A la rentrée 2014,
54,1 % des lycéen.ne.s
scolarisé.e.s sont des filles.
Pourtant, leur représen- Garçons
tation n’est pas toujours
Filles
équivalente selon les sé- 90,2
78,9
ries de bac. Par exemple, 69 67,1
elles sont sous-représen-
46,4
tées en terminale S, STI2D
et dans les CAP et bac pro 19,5
11,8
de la production et surre- 7,1
présentées en terminale S L STI2D ST2S CAP CAP services Bac pro Bac pro
L, ST2S et dans les CAP et production production services
bac pro des services. Pourcentage de filles en terminale selon la série
En formation supérieure
A la rentrée 2014, 55,2 % des étudiant.e.s sont des filles. Encore une fois, la répartition n’est pas toujours
égale selon le type de formation préparée.
Garçons
Filles
84
75
59 63 60
42 39
27
CPGE Formations DUT Université Ecoles paramédicales Ecoles vétérinaires Ecoles de journalisme Ecoles supérieures
d'ingénieurs et sociales et écoles littéraires artistiques et culturelles
Pourcentage de filles selon le type de formation
L’évolution masculins stéréotypés sont davan-
tage assimilés aux qualités de pres-
Les choix d’orientation des uns
et des autres et l’implication plus
professionnelle tige, d’indépendance, de confiance importante des femmes dans les
est à la faveur des en soi et de responsabilité, et les tâches domestiques induisent des
traits féminins à l’affectif, la com- différences que l’on peut observer
hommes munication, les sentiments. D’après par la suite, au niveau de l’emploi.
En général certaines études, les qualités d’intel-
Les choix d’orientation différenciés ligence, de confiance en soi et de
selon le sexe n’ont pas toujours de responsabilité sont reliées dans la
s
voir plu
lien avec la réussite scolaire des uns conscience collective au prestige et
r e n s a
et des autres. Le phénomène se
poursuit par la suite, lors de l’accès à
à un statut social élevé, ce qui expli- Pou té réelle
li
querait que les hommes occupent Vers l’égammes et les hommes
l’emploi et de l’évolution profession- l’essentiel des positions hiérar- entre les
fe
re des fa-
r le ministè
nelle des filles et des garçons, pour- chiques et que les femmes ont des Réalisé pa nfance et de
l’e
quoi ? milles, de femmes.
fonctions professionnelles associées d ro it s d e s
Les stéréotypes liés au sexe avan- ent dresse
aux soins des autres (postes médi- Ce docum s lieux des
un é ta t d e
tagent les garçons en leur attribuant caux), aux relations sociales (presse, réalisées
et
des compétences et caractéristiques avancées qu’il reste
relations publiques, accueil) et à in
du chem pour at-
r
nécessaires à l’occupation de postes l’éducation des enfants. » à parcouri lité réelle
in d re l’é ga les
à responsabilité. En effet, « les traits Pascaline Gaborit, 2009. te mmes et
tre le s fe
en
hommes.
6 égalite filles garçonsPOURQUOI
Quelques chiffres :
■ Un taux d’activité Dans la fonction publique
plus faible chez les Depuis 70 ans, tant dans le champ politique que dans le champ
femmes (en particu- économique et social, une révolution silencieuse a vu les femmes,
lier après un 3e en- non seulement s’affirmer comme citoyennes et responsables po-
fant) litiques, mais également entrer en grand nombre dans le monde
du travail salarié, jusqu’à représenter plus de 60 % des 5,4 millions
d’agents de la fonction publique.
Néanmoins, cette révolution reste, dans de nombreux domaines,
inachevée. L’égalité des droits – garantie à tous par la Constitu-
tion, et dans le champ de la fonction publique, par la loi du 13
juillet 1983 – reste à construire dans les faits. En effet, y compris
dans la fonction publique, des inégalités persistantes peuvent
être constatées, tant dans le déroulement des parcours profes-
sionnels qu’en matière de rémunérations, et cela en dépit d’un
statut général des fonctionnaires protecteur qui vise à promou-
voir l’égalité entre les agents publics, quel que soit leur sexe.
■ Un écart de salaire important entre les Marylise Lebranchu, Ministre de la Décentralisation et de la Fonction
femmes et les hommes publique, 2014
■ Une chance moindre pour les femmes
d’être cadres
s
r e n s avoir plu sionnelle
Pou nuel sur l’égalité profelas fonction
dans
n
Rapportfeammes et les homm
es
entre leuse
publiq
re de la
■ Une probabilité plus importante d’exercer Le ministè ation et de la
déce ntra lis édité ce
ublique a
un emploi non-qualifié pour les femmes fonction p 2014.
rapport en des données
Il présente des analyses sur
t
sexuées e nts de la fonction
le s 3 ve rs a
publique.
égalite filles garçons 7POURQUOI
Causes
Les stéréotypes et rôles
de sexe
En général, les choix d’orientation différenciés
des filles et des garçons sont attribués à des dif-
férences d’intérêts et d’aptitudes, éliminant par là
les problématiques de genre sous-jacentes. Dans
la réalité, nous intégrons dès la naissance des
rôles de sexe liés aux stéréotypes véhiculés par
la société. Le regard de la société et la volonté
de l’entourage de nous y conformer nous amène
à faire des choix qui correspondent à ce que l’on
attend de nous.
Les stéréotypes
Les stéréotypes de sexe sont présents depuis tou-
jours dans la conscience collective, ils déterminent
les représentations sociales et individuelles que l’on
a des filles et des garçons, des rôles de
sexe et donc du masculin et du féminin.
Les rôles de sexe
« Les stéréotypes constituent des « Les rôles de sexe définissent des
Les qualificatifs modèles de la féminité et de la mas-
obstacles à la réalisation des choix
individuels, tant des hommes que stéréotypés généra- culinité dans une culture donnée,
des femmes. Ils contribuent à la persis- lement associés aux et sont relatifs à la fois aux traits psy-
tance des inégalités en influant sur les hommes chologiques et aux comportements
choix des filières d’éducation, de for- (ce que doit être et comment doit être
mation ou d’emploi, sur la participation un garçon, une fille, un homme, une
aux tâches domestiques et familiales et femme), mais aussi aux rôles sociaux
sur la représentation aux postes déci- monotâche volage et activités réservés à l’un ou à l’autre
sionnels. » (Commission Européenne, courageux sexe » (Cendrine Marro, 1998).
2008). « Très tôt, dès la fin de la deuxième
bricoleur année, les enfants commencent à pré-
Pour combattre les stéréotypes, il est impu senter des comportements sexués qui
lsif
nécessaire de savoir les repérer, les se traduisent par des préférences pour
identifier et les maîtriser. Ce n’est pas les jouets associés à leur groupe de
tâche facile car depuis toujours, la so- sexe et par des choix affiliatifs privilé-
ciété attribue des traits de personna- giant les interactions avec les pairs de
lités, compétences et comportements Les qualificatifs même sexe qu’eux. Cette appropria-
particuliers aux individus selon leur stéréotypés généra- tion des rôles de sexe a lieu à la même
sexe et il est difficile de s’en détacher. période de développement que l’éta-
lement associés aux blissement de l’identité sexuée, c’est-
« Ces préjugés découleraient de l’idée
que les différences entre les sexes femmes à-dire du sentiment d’être une fille ou
viennent d’un déterminisme biolo- un garçon. » (Manuel Tostain et Joëlle
gique. Les femmes seraient « naturel- Lebreuilly, 2006)
fidèle
lement » incapables de lire une carte sensible
routière, alors que les hommes se- capricieuse La construction de
raient nés bons en maths. » (Catherine
Vidal, 2006). Les différences physio- l’identité
logiques inhérentes au sexe existent, intuitive L’identité sexuée
elles sont néanmoins minimes et ne sentimentale « Notre appartenance de sexe est une
doivent pas être confondues avec la composante fondatrice de notre iden-
notion d’égalité. tité individuelle et sociale. Dès la nais-
8 égalite filles garçonsPOURQUOI
et usages du groupe (manière de l’influence du mâle hellénique, pas
s’habiller, de parler, goûts musicaux, plus que la philosophie. Plus qu’un
choix de filières d’orientation, de mé- fait de nature, l’idéologie de la domi-
tiers…). A l’âge où la confiance en nation masculine, comme l’éternel
soi fait souvent défaut, transgres- féminin, procède de la culture, donc
ser une norme relative à son genre de l’histoire. Quelques millénaires
est alors très difficile. » d’écriture suffisent à édifier une
(Onisep Auvergne, 2011) fausse vérité basée sur les idéologies
et mythes ancestraux. Les hommes
se sont octroyés toutes les libertés,
L’ancrage de cette tout en privant les femmes qui, dans
nombre de sociétés humaines d’hier
idéologie et d’aujourd’hui, jouissent de moins
de libertés que les femelles chim-
panzés. » (Pascal Picq, 2006)
Les justifications scientifiques
« Cette idéologie a longtemps été
confondue avec l’acceptation impli-
cite qu’hommes et femmes sont
© Brigitte Gilles de la Londe/Onisep
« naturellement » différents, et que
© Brigitte Gilles de la Londe/Onisep
finalement, l’ordre social ne fait que
Les origines refléter un ordre biologique. En effet,
sance, de manière plus ou moins mar- « L’idéologie de la domination la tentation est toujours présente de
quée, garçons et filles sont éduqués et masculine découle d’une construc- mettre en avant des raisons « natu-
socialisés en fonction de ces modèles tion culturelle prenant pour pré- relles » pour expliquer les différences
de masculinité/féminité qu’ils vont ap- texte des différences de nature entre les sexes. Les gènes, les neu-
prendre très vite à identifier. L’enfant liées au sexe, à la reproduction et à rones, les hormones sont censées
puis l’adolescent va alors adopter l’éducation […] Les fondements de nous apporter des réponses objec-
les conduites et les activités de sa cette idéologie émergent au Néoli- tives et neutres sur la vraie nature
« culture » de sexe et élaborer une thique et se renforcent avec les pre- des hommes et des femmes. L’argu-
identité en phase avec les rôles mières civilisations du bassin médi- ment est imparable et permet d’éva-
et les stéréotypes de son groupe terranéen. […] Au cours des premiers cuer les raisons sociales et culturelles
d’appartenance afin de combler millénaires, la chasse et la collecte aux inégalités entre les sexes, autre-
son désir d’être comme on attend qu’il constituent une part importante de ment plus complexes à cerner. Les
soit. » (Françoise Vouillot, 2002) l’économie, ce qui signifie que les arguments scientifiques d’hier et
femmes sortent des villages. Puis, de maintenant sont régulièrement
la collecte des nourritures sauvages détournés pour leur faire jouer un
« Ainsi, notre société profile les garçons
régresse en faveur des espèces végé- autre rôle. Ainsi, les approches phi-
à occuper les fonctions masculines
tales cultivées, mais pas la chasse. losophiques, anthropologiques,
d’autorité et de pouvoir et les filles à
L’espace économique des femmes se neurobiologiques, préhistoriques,
prendre en charge les enfants, le foyer,
resserre sur le village. […] La dépen- génétiques, psychologiques et
le mari. » (Christian Baudelot, 2000)
dance des femmes est double, dé- sociologiques ont souvent intégré
pendance à la production (assurer les l’idéologie des rôles de sexes dans
La fragilité de l’adolescence récoltes) et dépendance à la repro- leurs hypothèses et conclusions de
L’adolescence constitue une période duction (assurer les bras nécessaires recherches. Leurs résultats biaisés
critique dans la vie de chacun.e, la aux récoltes). L’attribution de tâches et orientés ont contribué à perpé-
construction de l’identité est réin- entre les sexes s’accompagnera par tuer les stéréotypes de sexe en les
terrogée et renforcée. Il est question la suite de changements profonds appuyant par une explication scien-
pour les jeunes de s’affirmer tout en dans les représentations du monde, tifique, donc fiable.» (Catherine Vidal,
s’intégrant dans la société dans la- des divinités et par conséquent, des 2006)
quelle ils évoluent. Lors de ce proces- relations hommes-femmes. Les pre- Exemple de postulats ayant perduré
sus, les jeunes cherchent à adopter mières écritures rassemblées dans les longtemps dans la communauté
les caractéristiques de leur groupe textes sacrés apparaissent au cœur scientifique et dans la population :
d’appartenance. « Pour se structurer, d’une période ayant déjà consacré
l’adolescent.e se compare à ses pairs la domination masculine. Puis arrive « Il est permis de supposer que la
de même sexe pour ajuster son com- l’antiquité grecque et machiste, les petitesse relative du cerveau de
portement aux normes, traditions grandes religions n’échappant pas à la femme dépend à la fois de son
égalite filles garçons 9POURQUOI
infériorité physique et de son infé- cas, conformes aux rôles sociaux de pas le même selon le sexe des élèves,
riorité intellectuelle. » (Paul Broca, sexe. De nombreux parents ont en ef- on comprend alors ce qui contribue
neurochirurgien, 1861) fet des représentations marquées par à maintenir leur caractère fortement
L’idée selon laquelle les cerveaux les stéréotypes de sexe, sur ce qu’est sexué. De plus, ces mécanismes
des femmes et ceux des hommes et sur ce que doit être un garçon ou d’auto-sélection des filles seraient
seraient différents est encore forte- une fille et ils se comporteraient en renforcés par les biais dans les déci-
ment répandue aujourd’hui, pour- conséquence. Cette socialisation dif- sions d’orientation proposées par les
tant, de nombreuses études ont férentielle et asymétrique des sexes enseignant.e.s : les filles obtiennent
montré que tous les cerveaux étaient n’aurait pas seulement lieu en famille, moins souvent que les garçons
différents et qu’il était impossible de mais se répèterait et se renforcerait l’orientation vers les filières scien-
dégager des traits propres à un cer- durant tout le développement de l’en- tifiques sélectives et vers les lycées
veau masculin ou féminin. (Catherine fant au moyen d’autres relais comme professionnels (Bernadette Dumora &
Vidal, 2006) les médias, les groupes de pairs et à Lydia Lannegrand, 1996). »
l’école ». (Nicole Mosconi, 1999)
Le Droit français Le poids des médias
Les femmes n’ont pas toujours eu Le rôle de l’école « La publicité et le marketing ont une
accès aux mêmes droits que les grande influence sur les efforts que
hommes et les évolutions en la ma- fait la société pour rendre hommes
tière sont finalement très récentes. et femmes plus égaux. Beaucoup de
1944 : les femmes obtiennent le gens ne réalisent pas à quel point
droit de vote. les images qui nous entourent nous
1965 : les femmes peuvent exercer influencent. La publicité est partout :
une activité professionnelle sans au- à la maison, dans les espaces publics,
torisation de leur mari. les magazines, la télévision, etc. Si on
1975 : la mixité scolaire est obliga- représente l’homme et la femme
toire (loi Haby). de manière stéréotypée, il sera
1983 : toute discrimination profes- plus difficile de voir les capacités
sionnelle en raison du sexe est inter- « A l’école, les attentes et les évalua- de l’un ou de l’autre dans d’autres
dite (loi Roudy). tions seraient plus favorables aux domaines que celui qui leur est tra-
2000 : la loi sur la parité en poli- garçons dans les disciplines scienti- ditionnellement dévolu. C’est de
tique tend à favoriser l’égal accès des fiques ; les enseignant.e.s ayant ten- cette manière que les filles et les gar-
femmes et des hommes aux mandats dance à considérer que les garçons çons sont influencés dans leurs choix
électoraux et aux fonctions électives. sont plus à l’aise dans les disciplines éducatifs et de carrière » (Svensson,
2003 : chaque liste électorale des scientifiques et les filles plus à l’aise Présidente de la Commission des droits
conseillers régionaux et députés dans les matières littéraires (Whyte, de la femme et de l’égalité des genres
européens doit comporter autant 1986). » Or, « on sait que les diffé- au parlement Européen, 2008).
d’hommes que de femmes. rences de comportement avec les
2006 : la loi relative à l’égalité salariale élèves peuvent activement contri- Le traitement de l’information
entre les hommes et les femmes vise à buer à créer ou à renforcer un intérêt, Les informations qui nous entourent
supprimer les écarts de rémunération une motivation, et, par conséquent, sont extrêmement nombreuses
dans le secteur privé et à faciliter l’arti- une vocation professionnelle. Ainsi, et de nature diverse. De manière
culation entre l’activité profession- les différences de traitement et de à ne pas se trouver submergé par
nelle et la vie personnelle et familiale, comportement vis-à-vis des élèves, cette somme d’informations, notre
ainsi que l’accès à la formation profes- et, de manière plus générale, la di- cerveau utilise des stratégies, des
sionnelle et à l’apprentissage. vision sexuée implicite des savoirs procédures, qui, si elles permettent
2013 : abrogation de la loi interdisant et des compétences partagée par une simplification des informations
aux femmes de porter des pantalons ! de nombreux acteurs ou de nom- entrantes, ont également pour
breuses actrices de l’école (parents conséquence de créer des stéréo-
La transmission par la famille et enseignant.e.s) auraient pour effet types. Les individus sélectionnent,
«Dès la naissance, les filles et les gar- de conditionner des projets d’avenir filtrent l’immense quantité d’in-
çons vivent une socialisation très différents et d’induire les élèves à formations qui leur provient de
différente. Dans le cadre de l’envi- investir différemment les filières de l’environnement et simplifient
ronnement familial, les pratiques formation. On observe que garçons leur traitement en ayant recours à
parentales varient selon le sexe et filles valorisent les professions des catégories d’objets ou de per-
de l’enfant et les modèles d’identi- dans lesquelles ils sont principa- sonnes. Ce phénomène adaptatif
fication proposés aux filles et aux lement majoritaires. Le degré d’at- amène les individus à déformer leur
garçons sont, dans la majorité des traction pour les professions n’étant environnement.
10 égalite filles garçonscomment
© Jérôme Pallé/Onisep
COMMENT travailler la question
de l’égalité filles-garçons
en établissement
C’est pour lutter contre ce schéma, qui enferme filles et l’enseignement supérieur et la recherche de juillet 2013
garçons dans des rôles et représentations stéréotypés, et ont fondé les bases d’une politique de l’égalité qui prend
pour donner à chacun et à chacune une liberté de choix de l’ampleur et qui se matérialise dans la feuille de route
que la loi confie aux écoles, collèges, lycées et établisse- pour l’égalité, dont nous avons l’ambition pour 2016.
ments d’enseignement supérieur la mission de favoriser Elle s’appuie sur le plan et les outils pour l’égalité entre
la mixité et l’égalité entre les hommes et les femmes, no- les filles et les garçons à l’école, mis en place à la rentrée
tamment en matière d’orientation. 2014. Désormais, elle peut aussi prendre appui sur les
Cette exigence de mixité et d’égalité est une obligation
nouveaux programmes scolaires, dont l’EMC, et les nou-
pour notre système éducatif qui découle du principe
veaux dispositifs (le SPRO, les parcours d’excellence, les
d’égalité inscrit dans notre Constitution. Elle est aussi un
parcours éducatifs en particulier le parcours Avenir...).
choix volontaire qui exige de chacun des acteurs du sys-
tème éducatif une attention aussi bien pour le parcours
des filles que pour celui des garçons, à l’école mais au- Ces outils sont autant de leviers pour que chacun.ne, à
delà, dans la vie sociale et professionnelle. son niveau, puisse agir sur les préjugés. À chacun.ne de
nous d’ouvrir enfin à toutes et tous le champ des pos-
Dans cette mobilisation collective, la contribution de sibles et de donner aux filles et aux garçons les meilleures
l’école et de toute la communauté éducative est fonda- chances de réalisation de leurs potentialités et de leurs
mentale. La loi sur la refondation de l’école et la loi sur aspirations.
égalite filles garçons 11COMMENT
Le cadre officiel
Le cadre européen hommes et femmes et lutter
contre une conception stéréo-
Le Pacte européen
typée des rôles sur le marché
pour l’égalité entre les du travail ;
hommes et les femmes - promouvoir un meilleur équi-
Pacte européen du Conseil
libre entre vie professionnelle
européen 23 – 24 mars 2006
et vie privée pour tous ;
Le Conseil européen a adopté
un pacte européen visant à - renforcer la gestion des af-
encourager les États membres faires publiques grâce à une in-
et l'Union à agir dans les do- tégration du principe de l'éga-
maines suivants: lité entre hommes et femmes
- combler les écarts entre et à un meilleur suivi.
Le cadre national aussi la prévention des comporte-
ments et violences sexistes. Elle a
Le code de l’éducation et de pour finalité la constitution d’une
Les grands axes sont
l’égalité des chances culture de l’égalité et du respect mu-
Les enjeux de l’égalité filles garçons tuel. ➊ Acquérir et transmettre
une culture de l’égalité entre
L'égalité des filles et des garçons est
la première dimension de l'égalité Dans le cadre des Comités d’édu- les sexes.
des chances que l'école doit garantir cation à la santé et à la citoyenneté
aux élèves : il s'agit d'une obligation (CESC), les établissements déve- ❷ Renforcer l’éducation au
légale et d'une mission fondamen- respect mutuel et à l’égalité
loppent des actions de sensibilisa-
tale. entre les filles et les garçons,
tion et de formation pour apprendre
Deux approches de la question les femmes et les hommes.
le respect de l’autre. Le socle com-
sont privilégiées : mun de connaissances et de com-
- aider à la diversification des choix pétences identifie précisément le
❸ S’engager pour une plus
d'orientation des filles et des gar- grande mixité des filières de
respect de l’autre sexe et le refus formation et à tous les niveaux
çons ; des stéréotypes parmi les compé-
- assurer une formation à la connais- d’étude.
tences sociales et civiques que tout
sance et au respect des droits de la élève doit acquérir. Les établisse- Signée pour la période 2013-
personne ainsi qu'à la compréhen- ments sont incités à inscrire cette 2018, la convention intermi-
sion des situations concrètes qui y préoccupation dans leur règlement nistérielle pour l’égalité entre
portent atteinte. intérieur. les filles et les garçons, les
femmes et les hommes dans le
La loi d’orientation et de La convention système éducatif a comme ob-
programme pour l’avenir de jectif prioritaire une approche
interministérielle pour globale de l’éducation à l’éga-
l’école l’égalité entre les filles et les lité des sexes.
Loi du 8 juillet 2013 pour la refonda-
tion de l’École
garçons, les femmes et les Elle est porteuse d'une vision
Cette loi rappelle que la transmis- hommes dans le système partagée : la réussite de tous et
sion de la valeur d’égalité entre les éducatif 2013 - 2018 toutes, élèves, apprenti.e.s ou
filles et les garçons, les femmes et les Parue au Bulletin Officiel de l'Educa- étudiant.e.s, qui est au cœur
hommes, se fait dès l’école primaire. tion Nationale (n° 6 - 7 février 2013) de la mission du service public,
L’apprentissage de l’égalité entre les cette convention manifeste l’enga- suppose de créer les condi-
garçons et les filles est une condition gement de six ministères (dont tions pour que l'école porte
nécessaire pour que, progressive- celui de l’Education nationale, de à tous niveaux le message de
ment, les stéréotypes s’estompent et l’Enseignement supérieur et de la l'égalité entre les filles et les
d’autres modèles de comportement Recherche) à construire la société garçons et participe à modi-
se construisent. Basée sur le respect de l’égalité réelle entre les femmes fier la division sexuée des rôles
de l’autre sexe, cette politique édu- et les hommes. dans la société.
cative en faveur de l’égalité implique
12 égalite filles garçonscomment
Préambule
La convention interministérielle pour l'égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes dans le
système éducatif 2013-2018 signée le 7 février 2013 rappelle que :
« Depuis 1989, « les écoles, les collèges, les lycées et les établissements d'enseignement supérieur [...]
contribuent à favoriser la mixité et l'égalité entre les hommes et les femmes, notamment en matière d'orientation.
[...] Ils assurent une formation à la connaissance et au respect des droits de la personne ainsi qu'à la
compréhension des situations concrètes qui y portent atteinte. [...] Les écoles, les collèges et les lycées assurent
une mission d'information sur les violences et une éducation à la sexualité. » (article L. 121-1 du code de
l'éducation).
La mission première du système éducatif est la réussite de chacun et chacune, fille et garçon, de la maternelle à
l'enseignement supérieur.
La déclinaison au niveau régional de la convention pour l’égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les
hommes dans le système éducatif se concrétise par des modalités d’actions et d’intervention en lien étroit avec :
PRÉFET • les objectifs du projet d’académie 2012-2015, notamment ceux relatifs à l’ambition scolaire, à l’équité
DE LA RE
scolaire pour un parcours personnel de réussite et à l’insertion dans la société par la maîtrise des codes
GION AL
SACE et culturels.
sociaux, langagiers
• le plan d’action pluriannuel de la mission académique « égalité » entre les filles et les garçons.
• le plan régional stratégique en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes dont l’élaboration a
été placée sous la responsabilité de la Déléguée régionale aux droits des femmes et à l’égalité et qui
porte sur la période 2012-2014.
• le plan régional Priorité jeunesse qui inclut également une dynamique propre à l’égalité des filles et
des garçons.
Conven
•
tion
le Projet Régional de l'Enseignement Agricole 2009-2014 en Alsace, en particulier le volet Egalité
entre le régionale pour
des Chances, qui vise à mettre en œuvre des actions de promotion de l'Egalité Filles/Garçons auprès
des apprenants.
s filles l’égalité
le s fel'Egalité et les etgles Hommes,
• la charte pour mmConférence
entre les Femmes
es et ledes Grandes arç on(CGE) signée par la Conférence des Présidents
s et la Conférence des Directeurs des
Ecoles d
d'Université (CPU), la
ans led'Ingénieurs s havec
o
Ecoles
© Onisep Alsace Françaises
syMinistère(CDEFI)
stèmdese Droits
é
mmes de l'Enseignement Supérieur et de la
le Ministère
Recherche (MESR) et le
2013-20 d des Femmes.
u catif
18
L’élaboration de cette convention répondant aux trois objectifs de la convention nationale, les parties
conviennent et fixent ce qui suit :
Article 1 La présente convention a pour objectif de promouvoir l’égalité entre les filles et les garçons, les
femmes et les hommes dans le système éducatif en Alsace.
Le rapport de l’inspection générale de
l’éducation nationale sur « l’égalité entre Le préfet
de la ré
gion Al
sace, pr
éfet
entre
du dépa
rtement
les filles et les garçons dans les écoles et les Le recteu
r de l’aca
démie de
Strasbou
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du Bas-
Rhin 2
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établissements » Le direct
eur régi
onal de
et
lier des
universi
tés d’Al
sace
l’alimen
Rapport – n°2013-041 de mai 2013 tation, de
l’agricul
ture et de la fo
rêt d’Al
Ce rapport trace le tableau de la situation actuelle de l’éga- sace
lité et des inégalités entre filles et garçons dans les écoles
et établissements ; il décrit le contexte où agit l’école en 1
ce domaine ; il dresse un bilan des textes publiés et des
actions engagées ; il appelle l’attention sur les freins et
blocages, sur les effets pervers (notamment le risque de Le cadre régional
penser séparément l’expérience des filles et des garçons) ; La convention régionale pour
il désigne les possibles leviers d’une politique d’égalité
l’égalité entre les filles et les garçons,
entre filles et garçons.
les femmes et les hommes, dans le
système éducatif, 2013 – 2018
La feuille de route 2016
Signée le 13 septembre 2013
pour l’égalité entre les femmes et les hommes Signée par le préfet de région, le recteur et
du ministère de l’Éducation nationale, de le directeur régional de l’alimentation, de
l’Enseignement supérieur et de la Recherche l’agriculture et de la forêt, cette convention
Publiée le 8 mars 2016 engage un grand nombre d’acteurs dans la
Cette feuille de route constitue la 4e édition de l’exercice mise en œuvre d’actions et d’interventions
interministériel initié en 2012 pour structurer le dialogue pour l’égalité entre les filles et les garçons, les
autour des enjeux de l’égalité entre les femmes et les femmes et les hommes, dans le système édu-
hommes. Elle couvre l’ensemble du champ ministériel catif. Elle concerne tous les élèves, étudiant.e.s
et définit un cadre stratégique pour assurer une intégra- et apprenti.e.s mais aussi les parents et bien
tion plus forte des actions conduites pour l’égalité par les évidemment, tous les membres de l’équipe
acteurs ou les actrices du champ scolaire, de l’Enseigne- éducative des différents ministères. Les objec-
ment supérieur et de la Recherche. Cette feuille de route tifs fixés correspondent à ceux énoncés dans
dresse un bilan de l‘action volontariste conduite par le la convention interministérielle. Les actions
ministère, acteur majeur de la stratégie intégrée de l’éga- visées sont les suivantes :
lité mise en place par le Gouvernement depuis 2012. Des - actions de formation et de sensibilisation au-
résultats concrets et substantiels sont visibles désormais près de tous les publics visés ;
dans tous les champs d’intervention. Le ministère prolon- - interventions en établissement auprès des
gera en 2016 les actions structurantes déjà engagées et jeunes ;
porte des chantiers nouveaux destinés à franchir de nou- - actions ponctuelles et manifestations en éta-
velles étapes vers l’égalité réelle entre les femmes et les blissement ou sur site.
hommes. Voir annexe 1.
égalite filles garçons 13Vous pouvez aussi lire