MALI HITT Inception Analysis

 
MALI HITT Inception Analysis
HITT Inception Analysis
        MALI

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MALI HITT Inception Analysis
Table des matières

                                                                                      Page

Présentation du Mali
Sommaire                                                                                4

Première partie
Analyse de la situation du tourisme au Mali

    •   Facteurs économiques                                                            6
    •   Démographie et pauvreté
    •   Environnement politique et juridique                                            7
    •   Environnement des affaires                                                      8
    •   Croissance économique & Potentiels                                              9
    •   Analyse économique de la chaine de valeur tourisme au Pays Dogon
    •   Destinations Touristiques
    •   Structure de l'industrie du tourisme                                           16
    •   Emploi du tourisme                                                             22
    •   Climat d'investissement touristique                                            24
    •   Tendances de la demande touristique au niveau du pays                          26
    •   Segmentation du marché                                                         29

Deuxième partie:
Evaluation des besoins de formation des bénéficiaires finaux et des
institutions de formation

    •   Rappel des principaux objectifs du programme HITT                              31
    •   Sous-secteurs d’intervention du Programme
    •   Méthodologie utilisée
    •   Résultats de l’évaluation des besoins de formation
    •   Analyse de la priorisation des formations par les trois Régions                34
    •   Recommandation issues du dialogue privé public pour un système de              36
        formation professionnel basé sur le marché

Abréviations

CAK              Centre de Formation Professionnelle Aoua Keita (partenaire du programme)
CSLP             Cadre Stratégique de croissance et de Lutte contre la Pauvreté
DED              Deutscher Entwicklungsdienst
FCFA (XOF)       Franc Communauté Française d’Afrique (1 FCFA = 655,9€)
GIZ              Fusion de DED et GTZ
GSTA             Global Sustainable Tourism Alliance
Hitt             High Impact Tourism Programme
MAT              Ministère de l’Artisanat et du Tourisme
OMATHO           Office Malien du tourisme et de l’hôtellerie
PNUD             Programme des Nations Unies pour le Développement
RAMSAR           Convention Internationale de protection des zones humides à haut potentiel ornithologique
SNV              Netherlands Development Organisation
UICN             Union Internationale pour la Conservation de la Nature
UEMOA            Union Economique et Monétaire Ouest Africaine
UNESCO           Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture

                                                                                                             2
MALI HITT Inception Analysis
Présentation générale du Mali

                                                                                  Situé au cœur de l'Afrique Occidentale, le
                                                                                  Mali couvre une superficie de 1 241 000 km².
                                                                                  Il partage ses frontières avec 7 Etats soit au
                                                                                  total 7 000 km de frontières communes avec
                                                                                  ses voisins. Le pays subit l'influence de trois
                                                                                  zones climatiques du nord au sud, ce qui
                                                                                  offre plusieurs variétés de paysages. La
                                                                                  première zone est de type saharien avec
                                                                                  quelques précipitations. La deuxième est de
                                                                                  type sahélien avec une zone de steppes et
                                                                                  une saison des pluies de juin à septembre. La
                                                                                  troisième est de type soudanaise (ou
                                                                                  soudano-guinéenne) avec une zone de
                                                                                  savane et cinq mois de saison de pluies, de
                                                                                  juin à octobre. Deux fleuves importants, le
                                                                                  Sénégal et le Niger, traversent le pays.
                                                                                  Avec une économie encore essentiellement
                                                                                  rurale, le Mali, pays enclavé, fait partie des 49
                                                                                  pays les moins avancés en termes de
                                                                                  développement socio-économique.

Terre de vieille civilisation, le Mali a été successivement le berceau des empires médiévaux du Ghana, du Mali, du
Songhoy, des royaumes bamanan de Ségou et du Kaarta, des Etats théocratiques Peul et Toucouleur. Il tient son
nom de l'empire qui a le plus fasciné son époque par l'image d'un pays aux richesses en or, l'empire du Mali. Ces
longues nuits historiques ont fait du Mali un pays de contact entre le Nord Saharien et le Sud forestier et humide ;
entre noirs sédentaires, cultivateurs et nomades blancs, éleveurs.

Avec 14 517 176 habitants en 2009, la population malienne est constituée de différentes ethnies, dont les
principales sont les Bambaras, les Bobos, les Bozos, les Dogons, les Khassonkés, les Malinkés, les Minianka, les Peuls,
les Sénoufos les Soninkés (ou Sarakolés), les Sonrhaïs, les Touareg, les Toucouleurs. Le français est la langue
officielle, mais la population parle majoritairement les langues nationales, le bambara étant la plus utilisée.

Après l'invasion par la France en 1883, le Mali devient une colonie française sous le nom de Soudan français. Le
4 avril 1959, le Sénégal et le Soudan se regroupent pour former la Fédération du Mali, qui accède à l'indépendance
le 20 juin 1960. Deux mois plus tard, le Sénégal se retire de la fédération et proclame son indépendance. Le 22
septembre 1960, le Soudan proclame à son tour son indépendance sous la conduite de Modibo Keïta, tout en
conservant le nom de Mali. En 1968, Modibo Keïta est renversé par un coup d'État conduit par un groupe d'officiers
ayant à leur tête Moussa Traoré, qui instaure une dictature. En 1991, celui-ci est renversé à son tour par le général
Amadou Toumani Touré. Après une période de transition, ce dernier restaure la démocratie avec l'élection d'Alpha
Oumar Konaré en 1992. Il est réélu en 1997. En 2002, Amadou Toumani Touré, qui a quitté l'armée pour se
présenter, est élu président de la République du Mali, et réélu en 2007.

                            Image by Crazy Joe Devola
                            ‘The land of the Dogon people’ is one of Africa’s most breathtaking regions. A trek here can last anywhere
                            between two and 10 days, and takes in the soaring cliffs of the Bandiagara escarpment inlaid with old
                            abandoned cliff dwellings. Dogon villages dot the cliffs and are an extraordinary highlight of the journey. The
                            Dogon are known for their masked stilt dancers, intricately carved doors and pueblo-like dwellings built into the
                            side of the escarpment.
                            http://www.lonelyplanet.com/australia/tasmania/travel-tips-and-articles/76228?intaffil=lpemail

                                                                                                                                           3
MALI HITT Inception Analysis
Sommaire
Voici le rapport de l’état de situation de la chaine de valeur tourisme au Mali et des 3 destinations choisies pour la
                                                                                                            eme
mise en œuvre du programme par le Comité de Pilotage, le Centre Aoua Keita (CAK) et la SNV Mali. La 2 partie
du rapport concerne l’analyse des besoins de formation. Elle est présentée à titre préliminaire car elle est en cours
et se poursuivra en janvier 2012 par la présentation et la validation des résultats de l’état de situation et de
                                                                                  eme
l’analyse des besoins de formation aux membres du Comité de Pilotage. Une 2           réunion du Comité de Pilotage
permettra d’adopter le programme de formation professionnelle qui en découlera et qui sera mis en œuvre à partir
de février 2012.

Les principales données de l’état de situation
La Mali est une destination de renommée internationale. Le pays possède des atouts considérables sur le plan
culturel, naturel, et humain. Il dispose de sites matériels classés dans la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO
dont : Djenné, Tombouctou, les Falaises de Bandiagara (Pays Dogon), le Tombeau des Askia à Gao. Plusieurs
évènements immatériels sont aussi classés dans la liste du patrimoine mondial par l’UNESCO tel les festivités de la
traversée des bœufs du Yaaral et Dégal. Grâce à l’appui de l’UICN (Union Mondiale pour la Nature), 3 sites d’une
superficie de 1 620 km², tous situés dans le Delta du Niger, ont été inscrits sur la liste de RAMSAR. En novembre
2010, le réputé guide touristique Lonely Planet a classé le trek au Pays Dogon, troisième sur les dix des meilleurs
treks au Monde, devançant le fameux treck du Camp de Base de l’Everest au Népal.

Depuis plusieurs années, le tourisme fait l’objet d’une grande attention des autorités du Mali qui y voient un moyen
efficace de lutte contre la pauvreté et un outil de développement durable. Le tourisme pèse actuellement 3% dans
le PIB et son potentiel est largement sous exploité. Le programme Hitt s’intègre parfaitement dans le Cadre
Stratégique de Croissance et de Lutte contre la Pauvreté contribuant aux mêmes objectifs tels : .

Les destinations retenues par le programme Hitt/Mali sont les Régions de Kayes, de Mopti et le District de Bamako.
Cette sélection effectuée au début du Programme par l’équipe et le Comité de Pilotage, ont été confirmés par les
acteurs privés et publics du niveau national pour les raisons suivantes:

•   La région de Mopti constitue la région phare du tourisme malien avec ses attraits de renommée internationale :
    Pays Dogon, Djenné, Tombouctou, Gourma, Delta Intérieur du Fleuve Niger, etc. C’est la Région qui souffre le
    plus de la crise sécuritaire mais c’est aussi celle où la reprise sera la plus forte lorsque la situation sera
    régularisée. De plus, elle continue d’attirer les marchés asiatiques et de la diaspora qui y sont moins sensibles.
    Le Mali est actuellement en campagne présidentielle et la question de sécurité y est débattue par tous les
    aspirants, ce qui crée une surenchère en faveur du renforcement des mesures prises afin de solutionner ce
    problème, en collaboration avec les pays voisins de la zone sahélienne ;

•   La région de Kayes constitue actuellement le pôle de croissance le plus performant et le la plus innovant en
    tourisme au pays. En faisant le pari d’attirer l’importante communauté des maliens et maliennes de la diaspora
    à travers l’organisation de festivals culturels de plus en plus nombreux, elle fait coup double et offre une
    alternative crédible au tourisme malien applicable aux autres régions. De plus, Kayes offre de nombreux
    produits éco touristiques. Elle est maintenant desservie par un aéroport international ;

•   Le District de Bamako s’avère être le centre du tourisme d’affaire qui continue de faire l’objet d’investissements
    hôteliers importants. Le Centre International des Conférences fait l’objet actuellement l’objet d’un programme
    de renforcement organisationnel pour une utilisation optimale par les autorités et partenaires du pays et de la
    sous-région. De nouvelles compagnies aériennes internationales s’y sont installées en 2011 tel la portugaise
    TAP et Brussels Air Line.

                                                                                                                    4
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Ces trois régions touristiques sont pauvres avec un grand nombre de jeunes garçons et filles désœuvrés lors de la
haute saison touristique. Le District de Bamako affiche le plus haut taux de chômage du pays qui touche des
centaines de milliers de jeunes garçons et filles désœuvrés en toutes saisons.

Les principales données de l’analyse des besoins des bénéficiaires et des institutions de formation
Le Programme Hitt Mali permettra le développement de curricula et de modules de formation pour :
• Environ 400 guides en situation informelle depuis 2005 et des centaines de plus, si la recommandation de
    créer le métier de guide villageois est acceptée ;
• au moins 200 organisateurs de festival culturel à raison de 5 personnes par festival. Les festivals culturels
    constituent un produit qui demande une planification consensuelle au niveau d’une région afin que chacune
    des périodes creuses du rythme de semence et de récoltes agricoles soit exploitée;
• plus de 600 agents et agentes d’assainissement, de gestion et de récupération des déchets évoluant pour la
    grande majorité dans le secteur informel actuellement. Les acteurs publics et privés nationaux ont insisté sur la
    pertinence de l’introduction de l’assainissement, de la gestion des déchets comme sous-secteur, tant le
    problème de l’insalubrité affecte le développement du tourisme et ce, sur toutes les destinations ;
• 7 institutions de formation professionnelle seront renforcées afin de dispenser l’ensemble de ces curricula et
    des formations qui les composent.

Finalement, le nombre de personnes concernées par les curricula sélectionnés, permettra d’atteindre l’objectif des
1 200 personnes accédant à un emploi régulier et formel grâce au renforcement de capacité et d’employabilité
offert par le Programme Hitt au Mali.

Les avancées du dialogue privé-public
L’an 1 du Programme Hitt a permis de développer un partenariat de haut niveau avec les structures publiques et
privées nationales et régionales. Il a permis une dynamique participative qui a produit un début très prometteur de
dialogue privé-public tel que le démontre la liste (page 32) des recommandations déjà consensuelles au niveau des
régions. L’ensemble des partenaires ont salué la pertinence de ce Programme dont les premiers résultats seront
diffusés en conférence de presse dans les médias nationaux en janvier 2012.

Les partenariats en cours
Plusieurs partenariats entre partenaires internationaux sont en cours et se poursuivent dans le secteur. D’une
certaine manière, la crise sécuritaire devient une opportunité et même une obligation de diversifier les produits et
les marchés émetteurs. Des partenariats pour la réalisation des formations dans la Région de Mopti ont déjà été
exprimés par le GSTA/USAID, la GIZ et l’OMT. La recherche de partenariat se poursuit dans la Région de Kayes en
collaboration avec la Délégation de l’Union Européenne qui y a déjà investi dans le passé. Une table ronde des
partenaires étatiques et financiers aura lieu en 2012 afin de multiplier le budget des formations afin d’augmenter
l’impact de programme.

L’analyse de la situation a permis d’identifier les contraintes et les potentialités du secteur touristique malien. En
dépit de la crise sécuritaire qui sévit actuellement, il a été constaté que les acteurs du tourisme demeurent
optimistes sur l’avenir du tourisme au Mali et que le potentiel de création d’emploi demeure positif. Ils mettent
beaucoup d’énergie à trouver des solutions alternatives afin de conquérir de nouveaux marchés : multiplication des
festivals, vente électronique des produits artisanaux, mise sur le marché de nouveaux produits afin d’attirer les
touristes des pays limitrophes de la sous-région et de la diaspora. Dans ce contexte difficile, ces efforts méritent
d’être soutenus par un renforcement technique et professionnel des capacités des différents acteurs.

Le Programme Hitt et la formation professionnelle telle une approche transversale à la SNV
Au départ, le Programme Hitt a été vécu telle une bouée de sauvetage pour les conseillers tourisme convaincu de la
pertinence de cette chaine de valeur, face à la décision corporative de se désengager du secteur. C’est ainsi qu’il a
été considéré par les autres conseillers comme un secteur exit et qu’il s’en est suivi un certain désintéressement. Le
changement de stratégie de communication afin de présenter le Hitt d’abord comme un Programme de formation
professionnelle trouve de plus en plus d’écho parmi les collègues. En effet, la décision, et maintenant le défi de
mettre la formation professionnelle en approche transversale dans nos 3 secteurs lead, place le Programme Hitt
telle une expérimentation phare de sa mise en œuvre.

                                                                                                                    5
Première partie:
Analyse de la situation du tourisme au Mali
Introduction
Le tourisme est un moyen de développement durable et de réduction de la pauvreté. Il est un secteur transversal
mettant en synergie plusieurs acteurs économiques. Le développement de l’activité touristique constitue une
grande opportunité pour le Mali en contribuant à améliorer les revenus de ses habitants.
Le présent rapport fait un diagnostic de l’activité touristique au Mali et s’intéresse à l’évaluation des besoins de
formations des acteurs du tourisme dans un contexte difficile qui permet aux acteurs de s’adapter et d’innover afin
de développer leur destination.

Facteurs économiques
                                                                                                          ème
Le Mali a un revenu par habitant estimé à 1 033 dollars US. Le pays occupe le 173                               rang mondial sur 177 pays
classés selon l’indice de développement humain du PNUD.

Part de la consommation touristique dans le PIB (les chiffres sont en million de francs CFA)
    Année                                                                                               2006
    Voyage (crédit)                                                                                   91 250
    Transport passagers (crédit)                                                                        209
    (Voy +Tpr) crédit                                                                                  91 459
    PIB                                                                                              3 201 470
    Voyage (crédit) *100/PIB (part recettes touristiques dans
    le PIB)                                                                                            2,85%
    (Voy+Tpr)©*100/PIB (part des recettes touristiques et du
    transport dans le PIB)                                                                             2,86%
Source : BCEAO, DNSI Voy= Voyage ; Tpr= Transport passager ; ©= Crédit ; PIB= Produit Intérieur Brut – Traitement : CEP/OMATHO (2007)
Les voyages, transport de passagers (crédit) sont ceux qui font rentrer des ressources dans l’économie nationale. Il s’agit notamment des voyages
effectués par des compagnies nationales

Ce tableau nous permet de mesurer ce que représente la consommation des touristes dans le produit intérieur au
Mali. La part de la consommation touristique dans le PIB est estimée à 3%. C’est une part non négligeable d’autant
plus que la rubrique voyage ne prend pas toutes les transactions touristiques comme : les exportations et
importations des biens d’équipement touristique, les dépenses d’investissement, le rapatriement des salaires des
employés touristiques.

Démographie et la pauvreté
La pauvreté au Mali touche l’ensemble des huit régions administratives du pays mais à des degrés différents. Le
                 1
rapport du CSLP indique que l’incidence de la pauvreté, mesurée comme la proportion de la population définie
comme pauvre, est passée, au Mali, de 55,6% en 2001 à 47,4% en 2006 et 43,6% en 2010 sur la base d’un seuil de
pauvreté en termes réels de 165.431 FCFA/an (252 €) en 2010. Il est observé une baisse de la pauvreté nationale de
12 points de pourcentage entre 2001 et 2010 et de 3,8 points de pourcentage entre 2006 et 2010. Les trois régions
sélectionnées par le Programme Hitt, présentent des caractéristiques de base priorisées par le Hitt, soit un
important indice de pauvreté et une économie dominée par le secteur informel. Compte tenu de la structure par
âge très jeune et des niveaux très élevés de fécondité, la population du Mali connaîtra un accroissement
démographique sans précédent. Si la densité de la population malienne est faible à cause de l’immense superficie
du pays, les surfaces propices aux activités agro-pastorales restent limitées. La population du Mali pourrait tripler
d’ici à 2035 en cas de baisse lente de la fécondité. De toute manière, la population malienne est assurée de doubler
durant les prochains 25 ans, même en cas de baisse rapide de la fécondité.
1
    http://www.unpei.depiweb.org/PDF/Mali-CSLP.pdf

                                                                                                                                               6
Environnement politique et juridique
Tourisme législation et les pratiques réglementaires

Au Mali, le secteur du tourisme est bien réglementé. Le pays a signé une vingtaine de conventions sur le tourisme et
la culture. Au plan national, il existe 28 textes réglementaires, ils touchent à tous les domaines intéressant le
secteur (voir liste en annexe).

Cadre stratégique du tourisme

Depuis plusieurs années, le tourisme fait l’objet d’une grande attention des autorités du Mali qui y voient un moyen
efficace de lutte contre la pauvreté et un outil de développement durable. Cet intérêt marqué est perceptible
considérant la place de choix accordée au secteur du tourisme dans les documents officiels suivants :
• le Cadre Stratégique pour la Croissance et la Lutte contre la Pauvreté, cadre unique de référence pour les
     politiques et programmes de développement 2007-2011 ;
• le Projet pour le Développement Economique et Social ;
• la Lettre de Cadrage adressée par le Président de la République au Premier ministre, Chef du Gouvernement, en
     date du 13 novembre 2007 ;
• la Déclaration de Politique Générale du Gouvernement.

Le Cadre Stratégique identifie cinq défis que devrait relever le secteur touristique :
• Bâtir une cohérence entre les actions des différents intervenants dans le secteur;
• Instaurer le contrôle des professions touristiques et hôtelières ;
• Aménager les sites touristiques ;
• Etablir un lien de confiance entre les professionnels privés et les représentants du secteur public ;
• Assurer la professionnalisation des agents du secteur tant au niveau des professionnels privés que publics.

Les indicateurs permettant de mesurer l’apport du tourisme à l’économie sont définis dans le Compte Satellite du
Tourisme. Ce sont :
- la consommation des touristes ;
- et la création d’emplois dans les industries touristiques.

Institutions publiques du secteur

Les principales institutions publiques du secteur sont :

•   Le Ministère de l’Artisanat et du Tourisme (MAT) est le premier responsable du tourisme malien. A ce titre, il
    conçoit et gère la politique de développement touristique du pays et veille au respect du cadre législatif et
    réglementaire. Il assure aussi la tutelle de l’OMATHO (Office Malien du Tourisme et de l’Hôtellerie);

•   L’OMATHO est un établissement public à caractère administratif qui est le prolongement du MAT sur le terrain.
    Il a pour mission « d'élaborer les éléments de la politique du Gouvernement en matière de tourisme et
    d'hôtellerie et d'en assurer la mise en œuvre ». De ce fait, il joue à la fois les rôles de l’Administration Nationale
    du Tourisme et assure la promotion des produits touristiques tant au Mali qu’à l’extérieur. En tant que tel, il
    doit veiller à la bonne application des textes législatifs et réglementaires en matière d’aménagement,
    d’investissement, de formation et de promotion touristiques. Il perçoit des taxes touristiques formelles
    découlant de l’hébergement, des titres de transports aériens internationaux et des recettes du casino à travers
    le trésor public.

•   Le Centre National de Promotion de l’Artisanat, est l’instrument du MAT pour l’élaboration et la mise œuvre de
    la politique de l’artisanat. Il est représenté dans 7 régions sur 8 et dans le district de Bamako.

                                                                                                                        7
•     D’autres ministères comme ceux de la Culture, de l’Environnement et de l’Assainissement, de l’Equipement et
      des Transports ont une incidence directe sur le développement du tourisme. Il en est de même des collectivités
      locales à travers la mise en place des syndicats d’initiative au niveau communal (plateforme des acteurs du
      secteur).

•     A noter qu’un comité consultatif auprès de l’OMATHO, dont l’existence est prévue par les textes et qui est
      composé d’acteurs privés, n’est pas opérationnel. Pourtant ce comité a bien sa place dans le dispositif
      organisationnel du tourisme et son opérationnalisation pourrait atténuer certaines difficultés entre acteurs
      publics et privés. D’ailleurs sa dynamisation de même que celle des cadres de concertation entre acteurs
      publics (Ministères de la Culture, de l’Environnement et de l’Assainissement, de l’Equipement et des
      Transports, de la Protection civile et de la Sécurité intérieure), figurent dans les perspectives d’évolution du
      secteur.

Environnement politique

Le Mali sera en élection présidentielle en avril 2012. Le dossier de la sécurité au Mali fait régulièrement la
manchette sur la scène nationale et internationale. Elle est ainsi devenue un enjeu important de cette campagne
présidentielle. Les différentes critiques internes et externes sur le sujet de la sécurité pour les voyageurs étrangers
ont eu un effet positif sur les renforcements des mesures de sécurité par l’équipe en place. Cette question fait
également l’objet de surenchère par les autres équipes postulant pour la présidentielle, ce qui est rassurant sur la
poursuite du renforcement de la sécurité dans le prochain mandat présidentiel.

Environnement des affaires
Classement pays du Mali par Doing Business 2012

    Doing Business 2012 Classement         Doing Business 2011 Classement          Variation dans le classement
                    146                                   148                                          2

Le rapport annuel Doing Business 2012 souligne les progrès accomplis par le gouvernement du Mali dans le cadre de
l'amélioration du climat des affaires. Les domaines concernés par ces progrès sont : la création d’entreprise,
                                                                                                                ième
l'obtention des prêts et la résolution de l’insolvabilité. Le pays progresse de deux places en passant de la 148     à la
    ième
146      place.

En dépit des progrès enregistrés, le développement touristique au Mali se heurte toujours à certaines contraintes.
Sur le plan sectoriel du tourisme, le rapport note que certains éléments structuraux se révèlent également être des
limites au développement d’un bon climat d’affaires pour le secteur touristique :
     • le manque de formation professionnelle de la main d’œuvre et l’absentéisme de celle-ci ;
     • les critères d’accès au financement bancaire formel pour les projets de nature privée et plus
          particulièrement pour les projets de PME/PMI quand bien même des progrès soient réalisés dans ce
          domaine;
     • l’accès à la propriété foncière, demeure problématique pour beaucoup d’acteurs ;
     • l’impôt sur les sociétés, plus élevé qu’au Sénégal (35% contre 25%) ;
     • une taxe touristique parmi les plus faibles de l’espace UEMOA ;
     • la taxe aéroportuaire la plus élevée de l’espace UEMOA.

Une différence de dix points entre le Mali et Sénégal peut être très préjudiciable à l’attractivité du tourisme malien.
Il en est de même de la taxe aéroportuaire. Une différence notable avec les taux pratiqués par les voisins, peut
influer négativement sur la desserte malienne.
Par contre la taxe touristique, normalement réversible aux entreprises touristiques, sans être prohibitive, doit
s’aligner sur celle des marchés concurrents, notamment ceux de la sous-région afin de ne pas priver, là encore,
l’industrie hôtelière de ressources qui lui sont nécessaires.

                                                                                                                       8
A noter cependant que des mesures allant dans le sens de l’allègement des charges fiscales liées aux
investissements privés nationaux et étrangers ont été prises. Il s’agit du nouveau Code des Investissements révisé et
de la Loi sur les avantages spéciaux aux entreprises touristiques. Le premier encourage les investissements dans
tous les secteurs à l’exception du Commerce, des mines et du pétrole. Le second exonère d’impôt sur le bénéfice et
de paiement de la patente pendant 7 à 10 ans voire pour une durée plus longue si l’investissement à lieu dans une
zone désignée.

La portée de ces mesures est limitée par la présence d’une TVA dont le taux reste élevé (18%), surtout si on la
compare à celle des destinations touristiques concurrentes de la sous région. Au Sénégal la TVA a été ramenée de
18 à 10% par souci de compétitivité et en Afrique du Nord, 7% au Maroc et en Tunisie. L’ensemble des questions
liées au climat des affaires sont abordées et seront poursuivies sereinement dans le cadre du dialogue privé – public
que permet le Comité de Pilotage Hitt au niveau national et dans les trois régions du programme.

Croissance économique & Potentiels

L’économie malienne enregistre depuis près d’une décennie, qu’un taux de croissance moyen de 5%. Cependant,
face à une croissance démographique de 3,3%, il est impératif de propulser cette croissance à 7% notamment par le
développement du tourisme et l’artisanat dans les Régions touristiques du pays.
Aujourd’hui le secteur est structuré autour d’entreprises privées, dont la plupart travaillent dans l’informel, avec un
                                                                                              ème
encadrement plus ou moins efficace des services centraux ou déconcentrés. Durant la 3 république, de 1992 à
nos jours, la gestion de la destination devint plus efficace avec la création en 1995 de l’Office Malien du Tourisme et
de l’Hôtellerie, un établissement public à caractère administratif, chargé de l’accompagnement des investisseurs
touristiques privés et aussi chargé de la promotion touristique du Mali tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. L’expansion
des activités touristiques sur toute l’étendue du territoire malien depuis 2002 avec l’avènement de la Coupe
d’Afrique des Nations, obligea l’OMATHO à créer dès 1999 des bureaux régionaux de tourisme et aussi des antennes
dans certaines localités. Pour mieux ancrer le tourisme dans l’objectif du développement local avec l’avènement de
la décentralisation, certains Syndicats d’Initiatives Touristiques furent créés dans quelques communes. Leur rôle
principal est de fédérer tous les acteurs privés dont l’activité peut bénéficier directement ou indirectement de
retombées du tourisme. Les collectivités territoriales perçoivent des taxes de façon informelle auprès des
structures d’hébergement ou même des visiteurs se rendant sur des sites touristiques implantés dans leurs
communes. Tout compte fait aujourd’hui le secteur privé joue un grand rôle dans la promotion de la destination
malienne car c’est le secteur privé qui détient les hôtels, les agences de voyages et les compagnies de transports
(aériens, fluviaux, ferroviaire, routiers).

Analyse économique de la chaine de valeur tourisme au Pays Dogon. 2
Cette analyse pro poor permet d’illustrer la structuration économique d’une chaine de valeur tourisme de la Région
de Mopti relativement applicable aux autres régions du pays.

En 2009, la SNV démarre un programme régional d’appui au secteur du tourisme avec une priorité sur la réduction
de la pauvreté (Bénin, Mali, Guinée Bissau, Ghana). L’analyse de la chaine de valeur doit surtout permettre de
récolter des données quantitatives robustes sur l’impact économique du tourisme au Pays Dogon et plus tard au
sein des autres zones géographiques d’intervention de la SNV. Ce faisant, l’analyse de la chaine de valeur du
tourisme offre aux destinations une base de données complète permettant d’identifier les opportunités existantes
et d’en comparer aussi bien la faisabilité que l’impact potentiel.
Ce travail procure ainsi une représentation de l’impact économique local du tourisme au Pays Dogon et des
éléments d’intervention pour une meilleure redistribution de la rente touristique au profit des populations les plus
vulnérables. Le développement du Pays Dogon passe avant tout par la création d’un tissu socio-économique local

2
    http://www.snvworld.org/en/countries/mali/ourwork/Documents/Rapport%20final%20VCA%20Tourisme%20Dogon%20-Mali2010.pdf

                                                                                                                           9
fort, condition sine qua non à la durabilité du processus. Car si le Mali, et le Pays Dogon, souffrent actuellement des
conséquences des problèmes d’insécurité rencontrés dans le Nord du Pays, c’est également du fait de sa
dépendance au tourisme international et de la faiblesse du tourisme national et sous régional.
A l’heure actuelle, il importe donc en priorité et urgemment de regagner la confiance des touristes internationaux
pour ce qui est des zones considérées comme dangereuses. En effet, avec 353,849 arrivées enregistrées dans la
région de Mopti entre 2002 et 2009, les dépenses touristiques incluant le Pays Dogon avoisinent cinquante milliards
de Francs CFA pour cette même période. La baisse actuelle des flux touristiques n’est donc pas sans conséquences
pour les populations locales et en particulier les plus vulnérables.

En effet, si l’impact du tourisme en termes de réduction de la pauvreté avoisine aujourd’hui 18.6% au Pays Dogon,
en utilisant cette donnée comme base, le volume financier du tourisme au profit des personnes les pauvres sur la
région de Mopti se situerait aux alentours 9 milliards de FCFA pour les huit dernières années. Hors la pauvreté a
diminué au Mali et plus particulièrement au Pays Dogon signifiant que la part du tourisme aux personnes pauvres
est relativement supérieure à cette donnée. Comment dès lors, ne pas considérer le tourisme comme un puissant
facteur de réduction de la pauvreté !?

Niveau de pauvreté absolue et relative des salariés du tourisme

                                                                                          PAUVRETE        PAUVRETE
 CATEGORIES                                                                                ABSOLUE         RELATIVE
 Pas pauvres                                                                                               23.2%
                                                                                           18.5%
 Moins pauvres                                                                                              0.9%
 Presque pauvres                                                                                           63.4%
 Bien pauvres                                                                                               5.4%
                                                                                           81.5%
 Très pauvres                                                                                               7.1%

La chaine de valeur du tourisme au Pays Dogon simplifiée en 2009
La figure ci-dessous propose d’isoler dans une chaine de valeur simplifiée les étapes (souligné et en rouge) où une
partie des dépenses des touristes peuvent atteindre les personnes d’origine pauvre.

Ce schéma souligne que les pauvres ne sont que rarement les premiers bénéficiaires du tourisme. Ce constat
logique fait, il reste à déterminer les bénéfices qu’ils tirent précisément du développement touristique. En ce sens,
l’analyse de la chaine de valeur offre un outil technique et statistique permettant d’évaluer à chaque niveau de la
chaine de l’offre la part des dépenses touristiques au profit des populations les plus vulnérables.

                                                                                                                    10
Le schéma simplifié de l'impact économique du tourisme au Pays Dogon en 2009

Le tourisme et les bénéfices non comptabilisés
Enfin, cette approche ne prend pas en compte la remarquable philanthropie ou l’élan de solidarité des touristes qui
a pris place au Pays Dogon. A titre d’exemple, sur la commune de Kani Kombolé, Cercle de Bankass, on compte en
termes de projets mis en place ou offerts par les touristes : six écoles, un centre de santé, vingt-quatre puits sur
quarante existants, sept motos ambulances, mille livres et des céréales pour les cantines scolaires. Aussi bénéfique
qu’elle puisse être, de par l’absence de gestion au niveau communal et régional, cette philanthropie a par ailleurs
créée de fortes divergences entre et au sein de certaines Communes.

Distribution des dépenses touristiques - impact économique local et réduction de la pauvreté

Pour les quatre principaux secteurs bénéficiaires des dépenses touristiques, le pourcentage d’impact économique
local est inversement corrélé au niveau de dépenses. Il en est quasiment de même pour l’impact local en terme de
réduction de la pauvreté. Ainsi, le secteur des transports reçoit une majorité des dépenses touristiques mais il
bénéficie pourtant moins à l’économie locale. La différence existante entre les dépenses et les recettes en transport
s’explique particulièrement par la location de voitures en dehors du Pays Dogon.

Un résultat intéressant de ce travail est l’existence de niveaux d’impact différent entre les touristes indépendants et
ceux en voyage organisé. Cette différence provient notamment de la proximité que peuvent avoir les touristes
indépendants avec les populations locales en ce sens ou, à titre d’exemple, les « touristes sac à dos » vont utiliser

                                                                                                                    11
plus régulièrement les services de porteurs ou de charretiers. De même, les chauffeurs des touristes indépendants
ont en général plus de chances d’être embauchés localement (idem pour les guides). A l’inverse, de nombreux
voyages organisés partent de Bamako pour parcourir le Mali, dont le Pays Dogon. Avec toutefois des exceptions, ces
voyages sont généralement organisés avec un seul guide et chauffeur. Par contre, cela a un effet négatif en termes
de vulnérabilité des touristes à des problèmes divers dans un environnement inconnu. Les différences observées
dans les niveaux de satisfaction reflètent justement ce point.

Evaluation des impacts relatifs des deux types de tourisme au Pays Dogon

                                             IMPACT DIRECT SUR LA REDUCTION       IMPACT TOTAL SUR LA REDUCTION
      IMPACT ECONOMIQUE LOCAL
                                                     DE LA PAUVRETE                      DE LA PAUVRETE
       Touriste                                 Touriste                            Touriste
     indépendant           Voyage organisé    indépendant       Voyage organisé   indépendant       Voyage organisé
       79.42%                  72.37%           13.52%              5.12%           21.65%              10.37%
                   76.6%                                    10.2%                               18.6%

De manière générale, l’impact économique local des dépenses effectuées à l’intérieur du Mali atteint une moyenne
de 76.6%. Maintenant, si l’on considère l’ensemble des dépenses d’un touriste (billet d’avion, tour opérateur,
séjour, etc.) approximativement 50% de celles-ci devraient bénéficier à la destination touristique. Cette différence
s’explique en majorité par la gestion internationale du tourisme au Mali (compagnies aériennes, agences de
voyage…).

L’impact direct sur la pauvreté est quant à lui de 10.2% et atteint 18.6% lorsque l’on prend en compte son impact
indirect (IRP), c’est à dire le second round des dépenses des touristes au sein de l’économie locale. La mesure
utilisée pour le calcul des niveaux de pauvreté est absolue en ce sens où elle décrète un niveau de revenu par jour
et par personne en deçà duquel une personne ne couvre pas ses besoins essentiels. Une analyse comparative avec
une mesure absolue (pauvreté ressentie), i.e., prenant en compte l’accès à l’eau, à l’éducation, à la santé a
également permis d’observer le rôle joué par la philanthropie dans les villages Dogons avec la construction d’école,
de puits et de centre de santé. Ainsi on relève que la pauvreté ressentie est bien inférieure à la pauvreté absolue.
On note également que respectivement 67.5% et 45.6% des salariés et guides pratiquant une autre activité (38% et
64%) le font dans l’agriculture pendant environ cinq à six mois par an.

Distribution des dépenses et impact sur la pauvreté par secteur

Le guidage est de manière relative le secteur avec le meilleur impact en termes de réduction de la pauvreté. Cette
analyse de la chaine de valeur permet de situer où sont les personnes pauvres et peu qualifiées de la chaine
tourisme. Elle identifie également quelles dépenses des touristes ont le plus d’impact économique en terme de
réduction de la pauvreté. Comme le montre ce dernier graphique les impacts les plus importants sont localisés dans
les sous-secteurs sélectionnés par le Programme Hitt.

                                                                                                                      12
Destinations Touristiques
Ce chapitre met en exergue les principales données concernant les trois destinations sélectionnées par le
Programme.

Proportions des Arrivées et des Nuitées par régions en 2010
Régions                     Arrivées                 Parts en %         Nuitées           Parts en %

Bamako                            119 064                  58,04%            235 994            66,55%
Kayes                              9 222                    4,50%             12 945             3,65%
Koulikoro                          3 486                    1,70%             3 486              2,14%
Sikasso                            5 276                    2,57%             5 276              2,93%
Ségou                             15 446                    7,53%             15 446             6,14%
Mopti                             47 403                   23,11%             47 403            16,32%
Tombouctou                         3 332                    1,62%             3 332              1,61%
Gao                                1 763                    0,86%             1 763              0,54%
Kidal                               132                     0,06%              459               0,13%
Total                          Total 205 124            Total 100,00%     Total 354 606      Total 100,00%
Source : OMATHO

                                                                                                             13
Evolution du Tourisme dans le District de Bamako

   Evolution des arrivées des touristes au Mali et au District de Bamako de 2006 à 2010

      Année                                                                         Arrivées des Touristes
                                                                                                               Parts District
                                           Nombre au Mali                             Nombre District Bamako     Bamako
       2006                                   200 003                                        91 381            45,69
       2007                                   221 328                                        99 762            45,07
       2008                                   234 490                                        146 006           62,27
       2009                                   204 006                                        127 286           62,39
       2010                                   205 124                                        119 064           58,04

Les arrivées du District de Bamako représentent en 2010, 58,04% des arrivées soient plus de la moitié pour
l’ensemble du pays. L’évolution de ces chiffres démontre que le niveau d’accroissement est légèrement négatif en
2009 et tend à se stabiliser en 2010. Cette situation qui commence en 2009, est la conséquence directe de la crise
sécuritaire amplifiée par la décision des autorités françaises d’interdire aux ressortissants français (plus de 50% des
touristes visitant le Mali), tout séjour dans une grande partie du Mali. Il faut cependant noter que la baisse des
arrivées est relativement faible. Premièrement le tourisme d’affaires est peu touché par la crise sécuritaire parce
que les activités ont lieu dans des espaces bien sécurisées et deuxièmement le niveau de sécurité est plus élevé à
Bamako que dans les régions nordiques du pays qui sont en moyenne à plus de 1 000 kilomètres des zones
sensibles.

Evolution du Tourisme dans la région de Kayes

Evolution des Arrivées des touristes au Mali et en région de Kayes de 2006 à 2010
                                              Arrivées des Touristes
                          Nombre au Mali                 Nombre en Région Kayes                  Parts Région Kayes
    Années
     2006                  200 003                             3 715                            1,86
     2007                  221 328                             2 400                            1,08
     2008                  234 490                             5 229                            2,23
     2009                  204 006                             7 412                            3,63

     2010                  205 124                             9 222                            4,50

La destination Kayes représente 4,5% des arrivées du Mali. Cependant en termes d’évolution, on peut dire qu’elle
représente une valeur sûre pour l’avenir du tourisme malien. En cinq ans, la part des arrivées a plus que triplé passant
1,86 à 4,5%. La région a connu une évolution que l’on peut qualifiée de fulgurante au regard de la situation nationale.
Les arrivées de la Région de Kayes sont essentiellement imputables aux festivals culturels.

Le Festival de Kayes-Médine Tamba (Mali, Sénégal) a déjà permis de nombreuses réalisations : travaux de
restauration du bâtiment principal du Fort de Médine, avec la contribution d'experts et de compagnons spécialisés
dans la restauration des monuments historiques en France, développement de nouvelles structures hôtelières et
l'amélioration de l'existant pour mieux accueillir les touristes, inauguration du Syndicat d'initiatives de Kayes,
création de clubs "jeunesse et développement" à Kayes, Bamako et Tambacounda pour aider les jeunes à créer des
entreprises viables et lutter ainsi contre l'émigration clandestine.

                                                                                                                          14
Evolution du Tourisme dans la région de Mopti

Evolution des Arrivées des touristes au Mali et en région de Mopti de 2006 à 2010

Années          Nombre au Mali            Nombre en Région Mopti                    Part Région Mopti
2006                   200 003                           63 950                                     31,97
2007                   221 328                           71 140                                     32,14
2008                   234 490                           43 898                                     18,72
2009                   204 006                           40 272                                     19,74
2010                   205 124                           21 778                                     10,62

La région de Mopti a vu la part de ses arrivées baissée tout comme au niveau national. Ce chiffre traduit une
situation imputable aux effets néfastes de la campagne du gouvernement de la France à l’endroit du Mali,
désormais interdit à ses ressortissants. Les enlèvements de Hombori et de Tombouctou viennent de recaler le début
de reprise que le secteur démontrait en ce début de haute saison.

Les artisans de Mopti quant eux, ne voyant pas les touristes venir, leur ont proposé les articles et produits
artisanaux par internet. Aujourd’hui le e-commerce est devenu à Mopti une réalité qui, petit à petit, s’installe dans
la durée. D’où le choix, par l’ensemble des acteurs du secteur touristique de la région, de la formation technique
comme priorité.

Les destinations touristiques choisies dans le cadre du Programme HITT

Sur le plan strictement touristique, le Mali a des atouts considérables sur le plan culturel, naturel, et humain. Voici
les 3 destinations retenus par le Programme :

•   Le District de Bamako est le centre du tourisme d’affaire du pays et à ce titre il est peu touché par la crise
    sécuritaire. Il joue le rôle de pivot dans l’accueil des touristes au Mali grâce à son aéroport international, ces
    centres de conférences et ses établissements d’hébergement de toutes catégories. Plusieurs hôtel de haut
    standing sont en construction et le Centre International des Conférences fait l’objet d’un appui institutionnel et
    organisationnel afin d’être plus attractif et rentables. Le potentiel de création de nouveaux emplois demeure
    élevé ;

•   La Région de Mopti est la principale destination touristique du pays avec comme attraits principaux : le Pays
    Dogon, Mopti, Djenné, Tombouctou, que l’on appelle le triangle touristique. Plusieurs évènements immatériels
    sont aussi classés dans la liste du patrimoine mondial par l’UNESCO : festivités de la traversée des bœufs du
    Yaaral et Dégal ; la pêche du Sankhé Môh. En outre le delta intérieur du Fleuve Niger abrite des zones humides
    d'importance internationale comme habitats des oiseaux d'eau peu exploitées qui sont pourtant répertoriées
    dans la Convention Internationale RAMSAR. Ce segment comporte d’énormes potentiels de développement
    dont les Pinassiers et les agences de voyages de Mopti en sont les premiers opérateurs. La Banque Mondiale
    investit actuellement dans le développement de l’écotourisme dans le Gourma. Les artisans et artisanes afin de
    s’adapter à la baisse des touristes développent de nouveau marchés par internet. Le potentiel de création de
    nouveaux emplois est moyen et se produira surtout dans la filière artisanale. Le focus est ici sur la préparation
    de la reprise et le développement de nouveaux produits et de nouvelles compétences.

    •    La région de Kayes n’est presque pas affectée par la crise sécuritaire qui sévit au nord ; elle continue
         d’attirer beaucoup de touristes. La dynamique du secteur est axée sur la tenue de festivals culturels
         mettant en valeur les cultures des nombreuses ethnies de la Région. Son autre spécificité est que la
         majorité des touristes qui y séjournent sont issues de sa diaspora qui est peu influencée par la crise
         sécuritaire. Autre atout de la région est qu’elle est co organise des festivités avec les opérateurs du
         Sénégal et profite de leur secteur mieux organisé et elle attire également de leurs touristes. Le potentiel de
         création d’emploi est moyen. La spécificité de Kayes et son succès malgré la crise en font actuellement la
         Région phare à imiter.

                                                                                                                    15
Structure de l'industrie du tourisme
L’industrie touristique du Mali est composée de plusieurs dizaines de milliers d’acteurs opérant dans les domaines
de l’hôtellerie, des transports, du guidage, de la restauration, de l’artisanat, etc.

En plus des acteurs ci-dessus mentionnés, la plupart des activités économiques et sociales sont rattachées plus ou
moins directement au tourisme du fait de son caractère transversal. Il s’agit des acteurs privés et publics opérant
dans l’hygiène et l’assainissement, le maraîchage, la production de nourriture, de boisson locale et industrielle, les
artistes, etc.

L’ensemble de ces acteurs sont regroupés en associations d’acteurs elles-mêmes regroupées en faîtières. Nous
passerons en revue chaque groupe d’acteurs animant le tourisme.

Les fournisseurs d'hébergement

En 2009, il y avait 551 établissements d’hébergement et 323 bars restaurants et espaces de loisirs. Le tableau
suivant permet d’en apprécier la répartition entre les régions du pays.

Répartition spatiale des établissements d’hébergement, de restauration et d’animation

        Régions           Nombre          Pourcentage       Nombre de bars et restaurants,          Pourcentage
                         d’hôtel en                         pâtisseries et espaces de loisirs
                            2009              (%)                       en 2009                          (%)

Bamako                      297               54                          253                            78

Kayes                       27                 5                           10                             3

Koulikoro                   35                 6                           16                             5

Sikasso                     36                 7                           2                              1

Ségou                       32                 6                           20                             6

Mopti                       85                15                           15                             4

Tombouctou                  22                 4                           2                              1

Gao                         15                 3                           5                              2

Kidal                        2                 0                           0                              0

Total                       551               100                         323                            100

Il ressort de ce tableau une répartition très inégalitaire des hôtels, bars restaurants et espaces de loisirs. Plus de la
moitié (54%) des hôtels et 78% bars restaurants et espaces de loisirs sont concentrés à Bamako.

A noter toutefois que ce tableau ne fait pas ressortir les campements villageois qui constituent un maillon essentiel
du tourisme culturel, la référence de la destination Mali et le mode prédominant dans la région de Mopti et en
forte émergence dans la région de Kayes.

                                                                                                                      16
Au-delà du constat de l’évolution positive du parc hôtelier national avant la crise (7,2% de rythme annuel moyen
entre 2008 et 2009, comme le montre le tableau ci-après, on voit bien que les taux d’accroissement annuel les plus
élevés et de loin, ont été enregistrés à Kayes (12,5%, le double de celui de Bamako) et Mopti à 10,39% :

Accroissement annuel du parc hôtelier par région Source : Omatho

Régions                                 2008                       2009              Taux d’accroissement annuel
Bamako                                   278                       297                           6,83

Kayes                                    24                        27                           12,50
Koulikoro                                32                        35                           9,38
Sikasso                                  36                        36                           0,00
Ségou                                    32                        32                           0,00
Mopti                                    77                        85                           10,39
Tombouctou                               22                        22                           0,00
Kidal                                     2                         2                           0,00
Total                                    514                       551                          7 ,20

La performance des activités touristique est mesurée au Mali avec quelques indicateurs clés (voir tableau ci-
dessous). Suivant ces indicateurs, nous constatons que le secteur du tourisme a connu une croissance spectaculaire
entre 2001 et 2009. Le nombre d’hôtel a plus que quadruplé en moins d’une décennie, celui des chambres a triplé,
tandis que le nombre des arrivées dans les hôtels augmentait de 46%, et les nuitées de 41%.

A noter que ces performances très appréciables sont imputables au mouvement de fonds impulsé par la Coupe
d’Afrique des Nations (CAN) 2002, organisée au Mali. Au bout d’une décennie, ce coup de starter marque le pas, les
agrégats connaissent un net ralentissement dans leur évolution. Les investissements ont quant à eux commencé à
baissé bien avant la crise. Bien que nous ne disposions pas de chiffres sur la « période CAN » c’est-à-dire de 2001 à
2005, il est aisé de comprendre que les investissements ont été plus élevés en ce moment. Une bonne partie des 74
milliards de CFA investis lors de l’événement étaient destinés aux infrastructures sportives et d’hébergement dont
le pays était dépourvu.

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