Indicateurs de développement durable en Champagne-Ardenne
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Insee Champagne-Ardenne
10, rue Édouard Mignot
51079 Reims cedex
Tél : 03 26 48 66 60
www.insee.fr/champagne-ardenne
Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement
et du logement de Champagne-Ardenne (Dreal)
40, boulevard Anatole France
BP 80556
51022 Châlons-en-Champagne Cedex
Tél : 03 51 41 62 00
www.champagne-ardenne.developpement-durable.gouv.fr
Arcad Champagne-Ardenne
105, rue Denis Mougeot
BP 99
52103 Saint-Dizier cedex
Tél : 03 25 94 41 18
www.arcad-ca.fr
La réalisation de cet ouvrage a été coordonnée par Benoît Jacquemot (Insee), Frédéric Sailly (Arcad)
et François Mathonnet (Dreal)
Ont contribué à la rédaction des fiches :
Insee : Audrey Déjoie-Larnaudie, Benoît Jacquemot, Cyril Pluym, Sandrine Rigollot, Monique Saliou, Séverine Weidmann
Dreal : David Batchelet, Marine Bongat, Ludivine Boutineau, Florence Caron-Robert, Patricia Chollet, Florent Colin, Virginie Da
Silva, Anne-Laure De Rosa, Thierry Dehan, François Mathonnet, Marie-Georges Mercelot, Odile Schoellen, Marie-Laure Tanon,
Jean-Marie Valdenaire
Ademe : Antoine Chiron
Nous remercions les organismes qui ont fourni des données et/ou contribué à l'analyse.
Dossier publié par l'Institut national de la statistique et des études économique (uniquement en ligne) :
Direction régionale de Champagne-Ardenne
10, rue Edouard Mignot - 51079 Reims cedex - tél : 03 26 48 66 60
Directeur de la publication : Patrick Redor, directeur régional de l'Insee
Chef du Service Études et Diffusion : Françoise Courtois-Martignoni
Rédaction en chef : Sandrine Rigollot
Secrétaires de fabrication : Hervé Bourgeois, Mireille Chasseigne
Création de l'image virtuelle : 5pointcom
ISBN : 978-2-11-058861-6 - Copyright Insee 2011Indicateurs de développement durable en Champagne-Ardenne
Éditorial
L e développement durable est au cœur des préoccupations des acteurs publics, qu’il s’agisse de l’État ou des collectivités territoriales.
Les engagements de la France pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, notamment au travers des lois Grenelle ou encore le Plan
Climat Énergie mis en place par notre région Champagne-Ardenne, en sont autant d’illustrations.
Le développement durable ne se résume pas à un modèle de développement plus respectueux de l’environnement : il doit aussi prendre
en compte une économie qui soit plus efficace et une société plus équitable. Ainsi, doit-on pouvoir évaluer et agir sur les trois dimensions
du développement durable : la préservation de l’environnement, le progrès économique et la justice sociale.
Dans le prolongement des travaux engagés en 2010 au niveau régional et des 31 fiches thématiques de l’nsee dossier paru à cette occa-
sion, l'agence régionale de la construction et de l’aménagement durables (Arcad), la direction régionale de l’environnement, de l’aména-
gement et du logement (Dreal) et l’Insee ont décidé de mettre en place un tableau de bord du développement durable pour la
Champagne-Ardenne.
Ces fiches présentent les indicateurs les plus pertinents, parmi tous ceux possibles, pour apprécier les évolutions et avancées des politi-
ques de développement durable dans la région, tout en restant au plus près des préoccupations quotidiennes des populations. elles sont
issues de travaux conjoints entre le ministère de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement et l’Insee pour
élaborer des indicateurs territoriaux du développement durable.
Ce tableau de bord et ces fiches thématiques doivent aider à une meilleure prise de conscience des enjeux du développement durable et
éclairer les progrès à accomplir.
Le directeur de la Dreal Le directeur régional de l'Insee Le président de l'Arcad
Jean-Christophe Villemaud Patrick Redor Jean-Claude DanielIndicateurs de développement durable en Champagne-Ardenne
Éditorial 3
Contexte économique et social 7
ü Les ressources naturelles et culturelles
ü Le produit intérieur brut par habitant et par emploi
ü Le chômage
Défi 1 : Consommation et production durables 15
ü L’agriculture biologique
ü Les prélèvements en eau
ü La production de granulats
ü Les déchets ménagers et assimilés et leur traitement
ü Les investissements de l’industrie pour l’environnement
ü Les déchets dangereux
Défi 2 : Société de la connaissance 29
ü Les créations d’entreprise et leur survie
ü L’activité et l’emploi
ü L’effort de recherche et développement
Défi 3 : Gouvernance 37
ü Les agendas 21 locaux
Défi 4 : Changement climatique et énergies 41
ü La contribution de la région à l’indépendance énergétique de la France
ü Les émissions de gaz à effet de serre
ü Les énergies renouvelables
Défi 5 : Transport et mobilité durables 49
ü Le transport de marchandises par rail
ü Le périurbain
ü Les déplacements domicile-travail
Défi 6 : Conservation et gestion durable de la biodiversité et des ressources naturelles 57
ü L’artificialisation du territoire
ü La biodiversité
ü La qualité des eaux
Défi 7 : Santé publique, prévention et gestion des risques 65
ü L’espérance de vie et le vieillissement de la population
ü Les risques professionnels
ü Les risques technologiques
Défi 8 : Démographie, immigration, inclusion sociale 73
ü La composition des ménages
ü La pauvreté et l’exclusion sociale
ü Les difficultés à l’écrit
ü Les personnes handicapées sur le marché du travail
ü L’économie sociale
ü L’accessibilité aux commerces
Insee dossier nº 34 Indicateurs de développement durable en Champagne-Ardenne 5Contexte économique et social ü Les ressources naturelles et culturelles ü Le produit intérieur brut par habitant et par emploi ü Le chômage Insee dossier nº 34 Indicateurs de développement durable en Champagne-Ardenne 7
Les ressources naturelles et culturelles
L a Champagne-Ardenne couvre 4,7 % du territoire de France
métropolitaine. Avec 2,2 % de la population métropolitaine, elle
champagne au titre de patrimoine mondial de l’humanité de
l’Unesco.
e
se classe au 18 rang des régions. Frontalière avec la Belgique au
nord, la Bourgogne au sud, la région parisienne à l’ouest et la Lor- Avec une densité moyenne de 52 habitants au km², la Cham-
raine à l’est, la Champagne-Ardenne est depuis toujours un lieu pagne-Ardenne présente des paysages essentiellement ruraux.
de transit de marchandises et voyageurs dans l’espace national et Le tiers du territoire régional est couvert par la Champagne cen-
européen. trale, majoritairement composée par les paysages de la Cham-
Mise à profit dès le Moyen Âge avec les célèbres foires de Cham- pagne crayeuse. Répartie sur les départements de l’Aube, la
pagne, cette situation privilégiée en Europe occidentale continue Marne et la Haute-Marne, la Champagne crayeuse présente un
de servir les intérêts économiques de la région. La Cham- sol pauvre, facile à travailler et apte aux engrais chimiques. Ses
pagne-Ardenne possède un réseau varié d’infrastructures de vastes plaines sont dédiées à l’agriculture intensive tandis que le
transport dont 634 kilomètres de canaux soit près du dixième du relief de ses coteaux accueille le vignoble.
réseau fluvial national. Intégrant les enjeux énergétiques et éco- Les paysages des plateaux occidentaux situés dans l’ouest de la
nomiques du développement du transport fluvial, la région pro- Marne, initialement orientés vers l’élevage, sont aujourd’hui
jette de raccorder ses ports et canaux au
réseau de la future liaison fluviale
Seine-Nord mise en service à l’horizon 2015. Grands ensembles paysagers de la Champagne-Ardenne
Outre le domaine commercial, la localisation
de la Champagne-Ardenne a également
influencé son histoire et sa culture. L’iden-
tité de la région reste marquée par les
conséquences de sa position sur le chemin
des invasions. Les fortifications de Vauban à
Sedan, les ruines de la première guerre mon-
diale (117 communes de la Marne furent
détruites à plus de 50 %) ou la forte pré-
sence des camps militaires (Mourmelon,
Suippes…) sont autant de témoignages de
ce passé.
Patrie de Rimbaud et Colbert, la Cham-
pagne-Ardenne compte cinq villes d’art et
d’histoire et trente musées de France. La
cathédrale Notre-Dame de Reims, où furent
couronnés les rois de France pendant huit
siècles, est inscrite au patrimoine mondial
de l’humanité, au même titre que cinq autres
édifices régionaux décisifs dans l’histoire du
pays (cf. définitions). En 2007, la Région a
consacré 29 millions d’euros à l’entretien de
ses 1 421 monuments historiques protégés,
la plaçant au 16e rang national.
La Champagne-Ardenne se caractérise par
une riche histoire industrielle, héritage de
son savoir-faire artisanal ancestral. La fon-
derie marque la Champagne du Nord tandis
que la Champagne du Sud se distingue par
les activités historiques de la verrerie, la
coutellerie et du textile. Le vignoble, avec
ses traditions et fortunes, confère à la région
Sources : Atlas régional des paysages, Direction régionale de l’environnement de Champagne-Ardenne, Conseil régional
un rayonnement mondial et soutient le tou- de Champagne-Ardenne - 2003
risme. Pour préserver ce terroir d’exception
de 31 500 hectares, la Région propose
depuis 2008 le classement des paysages du
Insee dossier nº 34 Indicateurs de développement durable en Champagne-Ardenne 9reconvertis dans la production céréalière.
En regard de la contribution du secteur agricole à la richesse pro- >> Définitions
duite ou aux emplois, la Champagne-Ardenne est une des régions Les villes d’art et d’histoire sont reconnues par le ministère de la
les plus agricoles de France. Par la pollution qu’elle peut générer Culture pour œuvrer activement à la valorisation et à l’animation de
sur les milieux aquatiques et naturels, l’agriculture constitue un leurs richesses patrimoniales et architecturales. La Cham-
enjeu de développement durable, exigeant une gestion plus res- pagne-Ardenne compte cinq villes d’art et d’histoire : Sedan, Reims,
ponsable des écosystèmes et forêts. Châlons-en-Champagne, Langres et Troyes.
La Haute-Marne méridionale et ses paysages diversifiés restent
Le patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco comporte
préservés de l’agriculture intensive. Le plateau de Langres,
des biens du patrimoine culturel et naturel mondial ayant une valeur
source de nombreux cours d’eau (la Marne, la Meuse, la Seine et universelle exceptionnelle. Cinq sites sont concernés en Cham-
l’Aube), est traversé par la ligne de partage des eaux « Mer du pagne-Ardenne : la basilique et l’ancienne abbaye Saint-Rémi de
Nord - Méditerrannée ». Reims, la cathédrale Notre-Dame de Reims, le palais du Tau de
L’Arc humide, territoire au sol lourd avec de multiples variations Reims, la basilique de l’Épine et la collégiale Notre-Dame-en-Vaux
topographiques, se compose essentiellement de la Champagne de Châlons-en-Champagne.
humide, paysage marqué par les espaces ouverts des cultures et
Le réseau Natura 2000
les espaces humides de bois et de prairies.
Au nord, les Ardennes sont couvertes aux deux tiers par les pay-
sages diversifiés des « pays ardennais ». Les forêts du massif
ardennais représentent un tiers de l’espace forestier du départe-
ment.
Au sud, les plateaux du Barrois, à cheval sur les départements de
la Marne et la Haute-Marne, sont des espaces également très
boisés.
Avec 692 000 hectares de bois et forêts en 2006, soit plus d’un >> Pour en savoir plus
quart de sa superficie, la région détient un atout économique. Les Champagne-Ardenne : une région à la recherche de son identité,
entreprises sylvicoles, d’exploitation forestière ou de services J.Domingo, G.Dorel et A.Gauthier, Bréal Editeur, 1987.
forestiers occupent 16 % des effectifs de la filière forêt-bois, près
du double de la moyenne nationale. Leur chiffre d’affaires pèse Histoire de la Champagne, Maurice Crubellier, Edouard Privat Edi-
pour 5 % du chiffre d’affaires national, plaçant ainsi la Cham- teur, 1975.
pagne-Ardenne au 5e rang des régions françaises. Le bénéfice de
Profil environnemental de la Champagne-Ardenne, Dreal Cham-
ce potentiel s’accompagne de mesures gardiennes de la qualité
pagne-Ardenne, 2009.
de ces milieux : 23 des 101 sites Natura 2000 de la région sont des
sites forestiers, représentant un tiers de la surface totale Natura Atlas des paysages de la région Champagne-Ardenne, Direction
2000 (voir fiche Biodiversité). n régionale de l’environnement de Champagne-Ardenne, Conseil régio-
nal de Champagne-Ardenne, 2003.
10 Insee dossier nº 34 Indicateurs de développement durable en Champagne-ArdenneLe produit intérieur brut par habitant et par emploi
ü Pertinence
Le produit intérieur brut (PIB) mesure au cours d’une année l’ensemble des richesses produites dans un espace géographique donné.
Pour situer le développement économique d’une région par rapport aux autres, il convient de rapporter le PIB produit dans cette région
au nombre de ses habitants. Le PIB par habitant n’est cependant pas un indicateur de richesse individuelle pour la population résidente,
car il ne tient pas compte des revenus de transferts, indemnités chômage, allocations familiales, minima sociaux, allocations loge-
ment… Il ne préjuge en rien de la redistribution de richesses au sein de sa population, ni des disparités de revenus qui peuvent y être
constatées.
Le PIB peut également être rapporté au nombre d’emplois pour tenir compte de la part d’inactifs et de chômeurs d’une région. Il permet
ainsi d’approcher la productivité des actifs occupés et l’efficacité économique du système productif régional.
ü Analyse
Depuis 1990, la Champagne-Ardenne se classe dans le premier tiers des régions de France métropolitaine
pour son produit intérieur brut (PIB) par habitant. Cet indicateur de richesse apparaît en décalage avec
d’autres indicateurs économiques et sociaux, plutôt défavorables à la région. En Champagne-Ardenne, les
performances de la viticulture et de la champagnisation participent largement à la création de richesses, et
expliquent le bon classement de la région en terme de PIB par emploi ou de PIB par habitant. Néanmoins, sur la
période 1990-2008, c’est la baisse démographique qui contribue le plus au maintien du PIB par habitant à un
niveau élevé.
E e
n 2008, la Champagne-Ardenne est la 5 région la plus riche de
France métropolitaine en termes de PIB par habitant. Loin derrière
Pourtant, la région maintient sa position alors que la croissance
de sa valeur ajoutée est l’une des moins élevées des régions
l’Île-de-France, la région avec 27 900 euros par habitant, dépasse métropolitaines, avec la Picardie et la Lorraine. Les évolutions de
de 1 100 euros la moyenne de France de province. Sur la période population expliquent ce résultat. Entre 1990 et 2008, la popula-
e e
1990-2008, elle se maintient entre la 4 et la 7 place, excepté en
e
2003 où elle recule à la 10 place.
PIB régionaux par habitant
Cependant, au vu d’autres indicateurs, la situation économique et
sociale de la Champagne-Ardenne paraît en décalage avec la
richesse créée. En 2008, elle fait partie des cinq régions de France
métropolitaine les plus touchées par le chômage. Le taux d’enca-
drement des salariés est inférieur au niveau national, avec en
© IGN - Insee 2011
conséquence une faible qualification de la main-d’œuvre. En
matière de dépense intérieure consacrée à la recherche et déve-
loppement (DIRD), la région fait partie des cinq régions de France
métropolitaine où le poids de la DIRD rapporté au PIB est le moins
élevé en 2007.
Dans un contexte économique et démographique peu favorable,
le maintien du PIB par habitant à un haut niveau doit être expliqué
en analysant distinctement l’évolution du PIB, dont la composante
en euro
principale est la valeur ajoutée, et celle de la population. Entre
28 000 ou plus
1990 et 2008, le PIB champardennais en valeur progresse de de 26 770 à moins de 28 000
2,9 % en moyenne annuelle, moins rapidement qu’au niveau de 25 000 à moins de 26 770
moins de 25 000
national (+3,6 %), soit l’une des plus faibles progressions parmi
les 22 régions métropolitaines. Champagne-Ardenne : 27 900
France de province : 26 800
France métropolitaine : 30 700
Source : Insee, comptes régionaux semi-définitifs 2008
Insee dossier nº 34 Indicateurs de développement durable en Champagne-Ardenne 11tion diminue de 0,7 % dans la région, alors qu’elle augmente de
9,8 % en France métropolitaine. Évolution du PIB en valeur
En 2005, la Marne contribue à hauteur de 49 % à la valeur du PIB Base 100 en 1990
190
champardennais, contre 47 % en 1996. Au cours de cette période, 180
le poids de la Haute-Marne (12 % en 2005) et surtout celui des 170
France métropolitaine
Ardennes (17 %) se sont réduits, au profit de l’Aube (21 %) et 160
encore plus de la Marne. Le PIB par habitant marnais se situe au 150
8e rang des 96 départements de métropole, avec 29 400 euros par 140
130
habitant. Il est près d'une fois et demie supérieur au PIB arden-
120
nais, situé au 83e rang avec 20 300 euros. Dans cette fourchette 110
Champagne-Ardenne
se situent l’Aube avec 24 100 euros, puis la Haute-Marne avec 100
21 400 euros. 90
1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004 2006 2008
Source : Insee, comptes régionaux semi-définitifs 2008
Le PIB par habitant peut s’interpréter comme le produit du PIB par
emploi et de la densité d’emploi, qui correspond au nombre d’em-
plois rapporté à la population. Les densités régionales d’emploi PIB régionaux par emploi
étant proches, les régions ayant un PIB par habitant supérieur à la
moyenne doivent ce résultat à un niveau élevé de productivité
apparente du travail. Cette dernière peut être approchée par le
PIB par emploi. Avec 71 200 euros par emploi en 2008, la Cham-
pagne-Ardenne se classe en 4e position, derrière l’Île-de-France,
Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte-d’Azur. La spécialisation de
© IGN - Insee 2011
l’économie régionale dans des activités à haute valeur ajoutée
explique ce bon positionnement. L’industrie des boissons, qui
inclut la champagnisation, et l’agriculture affichent une producti-
vité apparente du travail dépassant 100 000 euros par emploi,
plus de deux fois supérieure au niveau national.n
en euro
72 000 ou plus
de 69 139 à moins de 72 000
de 66 000 à moins de 69 139
moins de 66 000
Champagne-Ardenne : 71 222
France de province : 69 139
France métropolitaine : 75 929
Source : Insee, comptes régionaux semi-définitifs 2008
>> Définitions
>> Pour en savoir plus
Produit intérieur brut (PIB) : le PIB est un agrégat représentant le
résultat final de l’activité des unités productrices résidentes. Champagne-Ardenne :
Il peut se définir de trois manières : « La Champagne-Ardenne face à la crise - Agriculture et industrie :
- le PIB est égal à la somme des valeurs ajoutées brutes des diffé- freins ou moteurs de la croissance ? », Insee flash, n ° 117, février
rents secteurs institutionnels ou des différentes branches d’activité, 2010.
augmentée des impôts moins les subventions sur les produits (les- « Le PIB par habitant de Champagne-Ardenne : la baisse
quels ne sont pas affectés aux secteurs et aux branches d’activité) ; démographique et les performances du champagne maintiennent la
- le PIB est égal à la somme des emplois finals intérieurs de biens et région en bonne position » Insee flash, n° 107, juillet 2009.
de services (consommation finale effective, formation brute de capi- « La Champagne-Ardenne : une région riche et ses habitants ? »,
tal fixe, variations de stocks), plus les exportations, moins les impor- Insee flash, n° 69, octobre 2006.
tations ; « Évolution du produit intérieur brut : une croissance sensible aux
- le PIB est égal à la somme des emplois des comptes d’exploitation résultats de sa filière agricole », Insee flash, n° 63, mai 2006.
des secteurs institutionnels : rémunération des salariés, impôts sur
la production et les importations moins les subventions, excédent France :
brut d’exploitation et revenu mixte. « Produits intérieurs bruts régionaux et valeurs ajoutées régionales »,
Le PIB est exprimé aux prix du marché c’est-à-dire avec les niveaux Comptes régionaux annuels : les séries de la base 2000 (1990-2008),
de prix des différents biens et services constatés lors de l’année en Insee, novembre 2009.
cours. Performances économiques et progrès social - Les suites du rapport
La valeur ajoutée est la différence entre la valeur des biens et ser- Stiglitz, novembre 2009.
vices produits par une entreprise ou une branche et celle des biens Au delà du PIB, à la recherche d'indicateurs synthétiques - La prise en
et services utilisés pour la production (appelés « consommations compte du bien-être, Actes du 12e colloque de l’Association de comp-
intermédiaires »). tabilité nationale, juin 2008.
Rapport de la commission sur la mesure des performances
économiques et du progrès social, septembre 2009
12 Insee dossier nº 34 Indicateurs de développement durable en Champagne-ArdenneLe chômage
ü Pertinence
Le chômage est un indicateur d’exclusion temporaire ou durable de l’emploi. Il est aussi bien influencé par le dynamisme de l’emploi que
par le niveau d’instabilité des emplois, par des problèmes d’adéquation ou d’adaptabilité entre le profil des demandeurs et les offres
d’emploi, voire par des conditions d’emploi peu attractives.
Le chômage de longue durée, qui qualifie les demandeurs d’emploi inscrits depuis un an ou plus à Pôle emploi, augmente le risque d’ex-
clusion sociale et peut déboucher sur des situations de précarité. C’est pourquoi les politiques nationales et européennes en matière
d’emploi visent à partir des années 1990 à favoriser l’accès et le maintien dans l’emploi de ceux qui en sont le plus souvent exclus. Le
dispositif d’insertion est bâti sur le principe de contrats de travail dont certains s’adressent spécifiquement à cette population-cible. Il
s’agit, de réinsérer, par le travail, des personnes qui, à des degrés divers, sont menacées de rupture du lien social.
ü Analyse
Fin 2010, 9,4 % des actifs résidant en Champagne-Ardenne sont au chômage. Avec ce taux, le 7e plus élevé des
régions de France métropolitaine, la région se situe 0,2 point au-dessus de la moyenne nationale. Les
Ardennes paient le plus lourd tribut avec 11,2 % des actifs au chômage. Fin 2010, 37,6 % des demandeurs
d’emploi champardennais sont inscrits à Pôle emploi depuis plus d’un an, à peine plus qu’au niveau national
(37,4 %). Avec la crise, le chômage de longue durée s’est fortement accru tant en Champagne-Ardenne qu’au
niveau national. Dans les Ardennes, il touche quatre demandeurs d’emploi sur dix.
F in 2010, le taux de chômage de la Champagne-Ardenne s’élève à
9,4 % de la population active, 0,2 point au-dessus de la moyenne
Évolution du taux de chômage
nationale. Le chômage, en baisse de 2,2 points entre début 2006 et
début 2008, n’a cessé de progresser jusqu’au milieu de l’année
2009. Depuis, il diminue très lentement pour retrouver à la fin de
l’année 2010 son niveau de début 2009 et se rapprocher du taux
national.
e
Fin 2010, la région connaît le 7 taux de chômage le plus élevé des
régions de France métropolitaine. Il se situe 1,7 point au-dessus du
taux de Bretagne, région la plus épargnée par le chômage et 3,3 Source : Insee, données corrigées des variations saisonnières
points en dessous de celui du Nord-Pas-de-Calais, région la plus
touchée. Taux de chômage localisé
Avec un taux de 11,2 %, les Ardennes comptent historiquement par département
parmi les quinze départements de France métropolitaine les plus
affectés par le chômage. L’Aube et la Haute-Marne ont un taux de
chômage proche de la moyenne régionale.
Dans la Marne, la situation est moins défavorable avec un chômage
concernant 8,5 % des actifs. Le département se classe à la 39e
place des départements au taux de chômage le moins élevé.
Les disparités territoriales du chômage sont encore plus marquées
entre zones d’emploi. Ainsi, dans la Vallée-de-la-Meuse, bassin
industriel du nord des Ardennes, le chômage touche 11,7 % de la
population active. Au contraire, dans la zone d’emploi d’Épernay,
zone la moins affectée, 7,0 % des actifs sont au chômage.
Source : Insee, 4e trimestre 2010
Insee dossier nº 34 Indicateurs de développement durable en Champagne-Ardenne 13En Champagne-Ardenne, le nombre de personnes inscrites à Pôle Taux de chômage localisé par zone d'emploi
emploi en catégories A, B et C (cf. définitions) passe de 69 600 fin
2007 à 87 200 fin 2010 (+25 % contre +31 % au niveau national).
Au cours de cette période, la dégradation du marché du travail
concerne au premier chef les demandeurs d’emploi de longue
durée (cf. définitions) : leur nombre augmente de 47 % dans la
région et de 49 % à l’échelon national. Leur part dans l’ensemble
des inscrits à Pôle emploi progresse de 5,5 points en Cham-
pagne-Ardenne et de 4,7 points au niveau national. Fin 2010, dans
la région, 37,6 % des demandeurs d’emploi sont inscrits à Pôle
emploi depuis plus d’un an. Les Ardennes, avec 41,8 % des
chômeurs inscrits, se placent au 8e rang des départements de
France métropolitaine les plus affectés par le chômage de longue
durée.
Avec la crise, touchant surtout l’industrie, le chômage a davan-
tage concerné les hommes que les femmes. En Champagne-
Ardenne, les inscriptions des hommes à Pôle emploi progressent
de 34 % entre fin 2007 et fin 2010, pendant que chez les femmes
la croissance est de 17 %. Aussi, la part des femmes dans la
population des demandeurs d’emploi passe de 53 % à 50 % sur la
même période. Les inscriptions des jeunes de moins de 25 ans
augmentent de 16 % sur cette même période, un rythme deux fois
moins rapide qu’au niveau national.n
Sources : Insee, Pôle emploi, Dares, 4e trimestre 2010
Part des demandeurs d'emploi
de catégories A, B et C inscrits à Pôle emploi
depuis plus d'un an
>> Définitions
Chômage de longue durée : Un chômeur de longue durée est un
demandeur d’emploi inscrit à Pôle emploi depuis plus d’un an.
Demandeurs d’emploi de catégories A, B et C :
catégorie A : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs
de recherche d’emploi, sans emploi ;
catégorie B : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs
de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite courte (78
heures ou moins au cours du mois) ;
catégorie C : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs
de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite longue
(plus de 78 heures au cours du mois).
Chômeur au sens du Bureau international du travail (BIT) : En
application de la définition internationale adoptée en 1982 par le
Sources : Dares, Pôle emploi, décembre 2010
BIT, un chômeur est une personne en âge de travailler (15 ans ou
plus) qui répond simultanément à trois conditions :
- être sans emploi, c’est-à-dire ne pas avoir travaillé, ne serait-ce
qu’une heure, durant une semaine de référence ;
- être disponible pour prendre un emploi dans les 15 jours ;
>> Pour en savoir plus - avoir cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en
Bilan économique et social 2010 - Chômage, Insee dossier n°33, Mai avoir trouvé un qui commence dans moins de trois mois.
2011
Insee flash conjoncture - Chômage Taux de chômage au sens du BIT : Le taux de chômage au sens
« Le chômage augmente dans la région depuis 1980 » , Marché du tra- du BIT est le rapport du nombre de chômeurs au sens du BIT à la
vail en Champagne-Ardenne d'hier à demain, DRTEFP et Insee Cham- population active au sens du BIT.
pagne-Ardenne, 2006.
Site de l'Insee. Taux de chômage localisés : Les taux de chômage localisés
Site de la Direction de l'animation de la recherche, des études et des (régionaux et départementaux) s’appuient sur l’interprétation euro-
statistiques (Dares). péenne du concept de chômage au sens du BIT.
14 Insee dossier nº 34 Indicateurs de développement durable en Champagne-ArdenneDéfi 1
Consommation et production durables
ü L’agriculture biologique
ü Les prélèvements en eau
ü La production de granulats
ü Les déchets ménagers et assimilés et leur traitement
ü Les investissements de l’industrie pour l’environnement
ü Les déchets dangereux
Insee dossier nº 34 Indicateurs de développement durable en Champagne-Ardenne 15L'agriculture biologique
ü Pertinence
L’agriculture biologique vise à produire des aliments de qualité, en respectant la santé, l’environnement et préservant les ressources.
Elle constitue un mode de développement alternatif de l’agriculture, qui contribue à respecter les équilibres naturels, maintenir la biodi-
versité et garantir le caractère durable de l’activité agricole. Elle exclut l’usage de produits chimiques de synthèse et d’organismes
génétiquement modifiés et cherche à valoriser la spécificité de ses produits. Elle nourrit les animaux avec des aliments provenant de l’a-
griculture biologique en prenant davantage en compte leur bien-être.
L’agriculture biologique contribue à élargir le rôle de l’agriculture à une « multifonctionnalité » environnementale, paysagère et sociale,
en complément de sa fonction de production.
L’agriculture biologique apparaît officiellement en France en 1981 avec la création d’une commission nationale chargée de l’organisa-
tion et du développement de l’agriculture biologique et de l’homologation des cahiers des charges. Le plan « Agriculture biologique :
Horizon 2012 » du ministère de l’Agriculture et de la Pêche vise à tripler les surfaces consacrées à l’agriculture biologique entre 2007 et
2012 pour atteindre 6 % de la surface agricole utilisée (SAU).
ü Analyse
L’agriculture biologique est peu implantée en Champagne-Ardenne, malgré une progression du nombre
d’exploitations agricoles ayant opté pour ce mode de production. La Champagne-Ardenne fait partie des six
régions de France métropolitaine où la part de la surface agricole utilisée en mode biologique est la moins
élevée, loin des régions du Sud de la France. Cette moindre présence de l’agriculture biologique concerne les
grandes cultures, plus difficilement convertibles au mode biologique, mais aussi la viticulture, très implantée
dans la région, ainsi que les productions animales.
E n 2008, la superficie consacrée à l’agriculture biologique
atteint 7 577 hectares en Champagne-Ardenne, soit 0,5 % de la Nombre d'exploitations et surface agricole utilisée en
surface agricole utilisée (cf. définitions) de la région. Cette part mode biologique en Champagne-Ardenne
est moins élevée que la moyenne nationale (2,1 %), et place la
e
Champagne-Ardenne au 19 rang des régions françaises. Comme
dans cinq autres régions, toutes situées dans le Nord de la
France, le poids de l’agriculture biologique est modeste comparé
à l’Ouest et au Sud de la France. À l’instar de la Cham-
pagne-Ardenne, la part de SAU biologique ne dépasse pas les
0,5 % en Picardie, Haute-Normandie ou en Nord-Pas-de-Calais.
Dans ces régions de grandes plaines, propices aux grandes
exploitations, les cultures sont souvent orientées vers la produc-
tion intensive de céréales et de plantes industrielles (betteraves,
pommes de terre...), un mode de production moins compatible
Source : Agence bio
avec le mode de production biologique. À l’inverse, l’agriculture
biologique représente respectivement 7,7 % et 5,0 % de la sur- Évolution du nombre d'exploitations agricoles
face agricole utilisée en Provence-Alpes-Côte d’Azur et dans le en mode biologique
Languedoc-Roussillon. Base 100 en 1995
400
L’agriculture biologique s’est fortement développée au cours des 350
France métropolitaine
dernières années : entre 1995 et 2008, les surfaces agricoles qui 300
lui sont dédiées ont été multipliées par quatre dans la région, par 250
cinq en France métropolitaine. 200 Champagne-Ardenne
150
Au cours de cette même période, le nombre d’exploitations biolo-
100
giques (cf. définitions) a été multiplié par 3,4 dans la région,
50
progression similaire à celle de la France, passant de 51 unités en
0
1995 à 172 exploitations certifiées ou en conversion en 2008. Ces 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008
exploitations produisent des céréales, des fourrages, cultivent la Source : Agence bio
Insee dossier nº 34 Indicateurs de développement durable en Champagne-Ardenne 17vigne ou associent ces cultures. Les exploitations de la région Part de la surface agricole utilisée
représentent 1,3 % de l’ensemble des exploitations biologiques en agriculture biologique
françaises, poids identique à celui de la SAU biologique régionale
dans la SAU biologique nationale. Après s’être stabilisé entre
2002 et 2007, le nombre progresse de 16,2 % entre 2007 et 2008,
augmentation supérieure au niveau national (+10,1 %).
© IGN - Insee 2010
En 2008, en Champagne-Ardenne, les cultures fourragères occu-
pent 61,1 % de la surface agricole utilisée en mode de production
biologique, dont 43,6 % de surfaces toujours en herbe. Les céréa-
les représentent 27,0 % des superficies « biologiques », les
vignes, 2,5 %, le reste se répartissant entre cultures oléagineu-
ses, protéagineuses, légumières…
en %
Les surfaces consacrées au mode de production biologique sont
5 ou plus
sous-représentées au regard du poids de la région dans les cultu- de 2,1 à moins de 5
res conventionnelles : la région représente 1,9 % des surfaces de 1,3 à moins de 2,1
consacrées aux grandes cultures biologiques en France métropo- moins de 1,3
litaine et 8,2 % des surfaces en cultures conventionnelles. Il en Source : Agence bio, 2008, Agreste - statistique agricole annuelle
est de même pour les vignes (200 ha), qui ne représentent que
0,7 % des surfaces biologiques métropolitaines et 3,7 % des
cultures conventionnelles. Pour la viticulture, les régions du Sud
sont privilégiées : les conditions climatiques y sont nettement > > Pour en savoir plus
plus favorables à la vigne qu’en Champagne, en exigeant moins L'agriculture biologique française, chiffres 2008, Agence bio.
de traitements phytosanitaires. Contrôler les maladies fongiques
(mildiou et oïdium) sans produits de synthèse exigerait d’accepter Baromètre de consommation et de perception des produits
biologiques en France, Agence bio, édition 2009.
une baisse de rendement, à l’instar de l’Alsace où la viticulture
biologique est beaucoup plus développée. Site de l'Agence bio
En matière de production végétale hors viticulture, le handicap de GraphAgri 2009, Ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la
l’agriculture biologique champardennaise provient de la structure Pêche.
même des exploitations. La région se caractérise par des exploi-
tations agricoles orientées vers les grandes cultures (céréales et
cultures industrielles). Ces systèmes de grandes cultures sont >> Définitions
plus difficilement convertibles à l’agriculture biologique, princi-
palement parce qu’il n’y a pas d’amendement fourni par les L’agriculture biologique recourt à des pratiques culturales et d’éle-
animaux présents sur l’exploitation. Comme les engrais de vage soucieuses du respect des équilibres naturels. Elle se définit par
l’utilisation de pratiques spécifiques de production (emploi d’engrais
synthèse ne peuvent être utilisés en agriculture biologique, la verts, lutte naturelle contre les parasites), l’utilisation d’une liste
fertilisation est limitée. Les surfaces en céréales cultivées en limitée de produits de fertilisation, de traitement, de stockage et de
agriculture biologique le sont souvent dans des exploitations de conservation. En élevage, à l’alimentation biologique s’ajoutent les
polyculture-élevage. De plus, la Champagne crayeuse nécessite conditions de confort des animaux (limites de chargement notam-
des apports de fertilisants importants, qui sont aujourd’hui appor- ment) et des traitements, en cas de maladie, à base de phytothérapie,
tés par des engrais minéraux. Sans ces fertilisants, le sol est très d’homéopathie et d’aromathérapie. Ainsi, le passage d’une agricul-
ture conventionnelle à biologique nécessite une période de conver-
pauvre et les rendements très faibles. Enfin, la région a déve-
sion des terres de deux ou trois ans et une période de conversion pour
loppé des filières de transformation pour traiter des volumes les animaux variable selon les espèces.
importants, à des fins non exclusivement alimentaires, peu propi-
ces à la valorisation de produits biologiques. En matière de Surface agricole utilisée (SAU) des exploitations : notion nor-
production animale, l’agriculture biologique est, elle aussi, peu malisée dans la statistique agricole européenne. Elle comprend les
développée dans la région. Celle-ci est plus facilement menée terres arables (y compris pâturages temporaires, jachères, cultures
dans des exploitations combinant cultures et élevage, une orien- sous serre...), les surfaces toujours en herbe et les cultures permanen-
tes (vignes, vergers...).
tation qui n’est pas privilégiée en Champagne-Ardenne. n
Exploitation biologique unité économique à gestion unique indé-
pendante, produisant des produits agricoles en mode biologique et
dépassant une taille minimum (un hectare de SAU et/ou un minimun
d’animaux). Le nombre d’exploitations indiqué représente le nombre
d’exploitations engagées auprès d’un organisme de contrôle. Ce sont
donc soit des exploitations exclusivement biologiques soit mixtes, de
manière transitoire (conversion des terres par phase) ou structurelle
(culture conventionnelle sur certaines terres).
18 Insee dossier nº 34 Indicateurs de développement durable en Champagne-ArdenneLes prélèvements en eau
ü Pertinence
Indispensable à la vie, l’eau constitue une ressource naturelle qu’il convient de préserver tant en termes de quantité que de qualité pour
satisfaire des besoins multiples. Elle est prélevée dans les eaux de surface et dans les eaux souterraines, pour les activités agricoles,
industrielles, de production d’énergie, et les usages domestiques. Le profil économique de la Champagne-Ardenne induit des besoins
particuliers, avec notamment des usages importants pour la production d’énergie. Après utilisation, l’ensemble de ces prélèvements est
restitué aux milieux naturels, souvent avec une qualité altérée.
Côté ressource, la pluviométrie régionale se situe un peu en deçà de la moyenne nationale. Ainsi, il pleut annuellement à hauteur de 700
à 800 litres d’eau par m² en Champagne-Ardenne. En France, la moyenne se situe à 900 litres d’eau par m². Une grande partie des précipi-
tations est évaporée ou transpirée par la végétation (environ 80 % en Champagne-Ardenne) ; seule participe à la recharge des nappes
phréatiques la pluie « efficace » qui s’infiltre dans les sols, c’est-à-dire la différence entre la pluie et l’évapotranspiration (cf. définitions).
Des déséquilibres entre ressources et emplois peuvent survenir, de façon ponctuelle voire structurelle, et entamer la qualité des eaux,
en particulier en période estivale. Les activités agricoles peuvent conduire à une baisse des débits d’étiage voire à des assecs (cf. défini-
tions), notamment sur les cours d’eau affluents des grandes rivières (Marne, Seine, Aube, Aisne) qui traversent la région. La pression
quantitative exercée sur la ressource en eau constitue donc un enjeu important pour les générations futures. L’enjeu est de réduire les
consommations en eau, les déséquilibres locaux, occasionnels ou chroniques pour ne pas obérer la satisfaction des besoins futurs.
ü Analyse
Bien que la Champagne-Ardenne ne souffre pas de sécheresses récurrentes à l’instar des régions
méridionales, la reconstitution des réserves en eau n’est pas toujours suffisante et des restrictions d’usage de
l’eau peuvent être appliquées en période d’étiage. En 2007, les prélèvements en eau représentent 1,5% des
prélèvements de France métropolitaine, soit moins que le poids démographique ou économique de la région.
En revanche, les eaux souterraines sont davantage sollicitées du fait de la présence de la nappe de la craie, en
particulier pour les usages domestiques. Dans un contexte de légère baisse démographique, les prélèvements
totaux en eau sont en baisse au cours des années 2000, avec des gains dans les usages domestiques et
surtout industriels.
E n 2007, la Champagne-Ardenne a prélevé 496 millions de m
d’eau, soit 1,5 % des quantités prélevées en France de métropole.
3
ment d’une année à l’autre en fonction des circonstances météo-
rologiques. Les cours d’eau alimentés par la nappe de la craie
Ce résultat est à mettre en relation avec le poids démographique peuvent connaître des débits d’étiage très faibles, voire des
et économique de la région proche de 2 %, ou sa surface agricole assecs importants nécessitant une grande vigilance dans les
utilisée (6 % de la SAU métropolitaine). Si la région prélève donc prélèvements proches de ceux-ci.
relativement moins d’eau qu’au niveau national, elle sollicite Enfin, la situation géographique de la région, en amont du bassin
davantage les eaux souterraines avec 31 % des volumes prélevés Seine-Normandie pour l’essentiel de son territoire, permet des
contre 18 % en moyenne au niveau national. prélèvements en eaux souterraines de qualité, alors que la qualité
des eaux de surface est dégradée et induit des traitements
Plusieurs raisons expliquent ce constat. La région possède un coûteux.
immense aquifère crayeux appelé nappe de la craie, qui capte Exception faite des territoires riverains des grands cours d’eau qui
efficacement les précipitations, tel un buvard, du fait de sa parcourent la région et qui sont en liaison avec de puissantes
grande porosité. Ainsi, l’infiltration l’emporte sur le ruissellement nappes alluviales, la nappe de la craie constitue la seule
et explique la faible densité hydrographique de surface de la ressource aisément accessible pour de nombreux usagers de
région, et donc le moindre potentiel d’eau superficielle à prélever. l’eau situés en Champagne crayeuse. C’est pourquoi de nombreu-
Aussi, la nappe constitue, par effet de vidange, l’alimentation ses communes utilisent cette ressource de proximité pour leur
exclusive des cours d’eau, affluents des grandes rivières qui eau potable, au moyen de captages situés au bord des petites
traversent la Champagne-Ardenne. De par sa grande perméabi- rivières.
lité, le réservoir crayeux assure l’interface entre les eaux de pluie En 2007, les quelque 500 millions de m3 prélevés dans la région
et les cours d’eau qui prennent leur source en milieu crayeux. Les sont utilisés à raison de 24 % par les ménages, 7 % par les indus-
niveaux et débits des cours d’eau de la craie sont totalement tries et 4 % par l’agriculture. Le reste des prélèvements (65 %),
tributaires du niveau de la nappe. Celle-ci assure une alimenta- sert au refroidissement des centrales thermiques, classiques ou
tion plutôt régulière des sources qui alimentent les cors d'eau et nucléaires implantées à Chooz et Nogent-sur-Seine. Le secteur
les rivières des plaines alluviales de la région. Le niveau de des énergies représente 59 % des prélèvements au niveau natio-
surface de la nappe est toutefois susceptible de varier sensible- nal. Comme dans toutes les régions, les eaux destinées à cet
Insee dossier nº 34 Indicateurs de développement durable en Champagne-Ardenne 193 ques, mais ne représentent que 11 % des prélèvements totaux
Répartition par usage des millions de m d’eaux
hors énergie. Le recours à l’irrigation est encore limité dans la
prélevées en 2007 (en %)
région, mais croît pour les cultures de betteraves et de légumes
de plein champ (notamment la pomme de terre).
Dans la région, les prélèvements en eau pour usages industriels
et domestiques sont orientés à la baisse. Les gains réalisés dans
l’industrie sont plus importants qu’au niveau national, avec par
exemple dans les fonderies, la mise en place de circuits de refroi-
dissement fermés, ou encore dans les sucreries, la diminution de
la consommation en fabrication. Pour les ménages, les prélève-
ments en eau potable par habitant diminuent tendanciellement
dans la région alors qu’au niveau national ils sont stables sur la
période 2000-2006. En 2007, ces prélèvements sont de 87 m3 par
habitant en Champagne-Ardenne, inférieurs à ceux des régions
du sud de la France et à la moyenne métropolitaine (100 m3).
Source : SOeS d'après agences de l'eau
usage proviennent des eaux superficielles. Pour chacun des trois Évolution des prélèvements annuels en eau
autres usages, la part des eaux souterraines est plus élevée en en Champagne-Ardenne
Champagne-Ardenne qu’en France métropolitaine.
Dans la région, comme en France métropolitaine, les eaux souter-
raines sont majoritairement utilisées par les ménages ; cette part
atteint 75 % en Champagne-Ardenne (63 % au niveau national).
Ces eaux souterraines sont protégées par les couches de sols et
de sous-sols. Elles sont moins vulnérables aux polluants et néces-
sitent donc moins de traitements que les eaux de surface pour les
rendre potables, ce qui constitue un avantage en terme de déve-
loppement durable.
Les eaux pour usages domestiques sont quasi exclusivement
prélevées dans les nappes d’eau souterraine (98 % contre 57 %
au niveau national), en particulier dans la nappe de la craie qui
Source : SOeS d'après agences de l'eau
dessert plus de la moitié de la population locale. Le réservoir
crayeux constitue une des ressources en eaux souterraines La fermeture de certains captages souterrains du fait de teneurs
majeures de la Champagne-Ardenne. Alimentant plus de 1 000 trop élevées en nitrate et en pesticides risque de provoquer une
points de captage déclarés sur les 1 600 répertoriés dans la concurrence accrue sur les ressources encore exploitables. Dans
région, la nappe de la craie fait l’objet d’une exploitation substan- ce contexte, certaines villes cherchent à diversifier l’approvision-
tielle. nement en eau de leurs habitants. Par exemple, la communauté
Les prélèvements en eaux superficielles représentent 343 d’agglomération de Reims, qui dispose de trois champs captant la
millions de m3, soit 69 % des prélèvements totaux. Hors énergie, nappe de la craie, prévoit d’exploiter un nouveau champ captant à
les prélèvements en eaux superficielles en Champagne-Ardenne Avaux (Ardennes), dans la vallée de l’Aisne.n
sont avant tout destinés à l’industrie (83 %). Les usages agricole
(3 %) et domestique (14 %) sont faibles par rapport à ceux obser-
vés au niveau national (41 % et 35 %).
>> Définitions
En Champagne-Ardenne, les prélèvements totaux en eau sont en
baisse au cours des années 2000, dans un contexte de légère La pluie efficace correspond à la différence entre les précipita-
tions et l’évapotranspiration réelle ; la pluie efficace alimente l’infil-
baisse démographique. Au niveau national, ils sont stables alors tration et le ruissellement.
que la population croît. L’année 2003 est atypique et marque un L’étiage est le niveau de débit le plus faible atteint par un cours
pic pour les usages agricoles dû aux fortes chaleurs enregistrées d'eau au cours de son cycle annuel.
dans toutes les régions métropolitaines. Les prélèvements agrico- L’assec est l’état d’une rivière ou d’un étang qui se retrouve sans
les sont particulièrement sensibles aux conditions météorologi- eau.
Une couche ou nappe aquifère est une couche souterraine formée
par les eaux d’infiltration.
>> Pour en savoir plus Nappe : volume d’eau contenu dans la partie saturée (en eau) d’un
aquifère.
Agence de l’eau Seine-Normandie
Un champ captant est un territoire regroupant un ou plusieurs
Tableau de bord de la nappe de la craie - Dreal Champagne-rAdenne
ouvrage(s) de captages d’eau potable souterraine, dans une même
Profil environnemental de la Champagne-Ardenne, - Dreal Cham-
pagne-Ardenne, 2009 nappe phréatique.
20 Insee dossier nº 34 Indicateurs de développement durable en Champagne-ArdenneVous pouvez aussi lire